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Bienvenue chez vous Baron von Seper !
BARBE BLEUE - MCMLXXII
Peter, où sont-ils ? Que font-ils ?
Que veux-tu que j'en sache ?
Que pourraient-ils... - Peter !
Tu n'aurais pas dû crier, ma colombe. - La ferme !
Peter, ils sont partis !
Dieu merci, la technique n'a pas encore atteint la perfection,
parfois, ça se détraque.
Sans cette panne, je ne vous aurais pas eu à moi une seule seconde.
Désolé que votre mère ait eu peur.
Ma mère est effrayée par n'importe quoi.
Mon père est de plus en plus heureux
à mesure que le temps passe.
Et à la soirée.
Oui, oui.
Et vous ? Qui êtes-vous ?
Moi ? Je ne sais pas.
Vraiment rien.
Je sais que je suis heureuse en ce moment,
je pourrais rire de joie.
Comment serez-vous demain ?
Demain ? Je serai probablement triste.
Autorisez-moi à venir demain, je veux que ce bonheur demeure.
Vous êtes merveilleuse, Greta. - Et vous !
Non, non.
Depuis quand l'a portez-vous ? - Quoi ?
La barbe !
Depuis la guerre seulement. - Vous ne l'avez jamais coupé ?
Non, jamais. Jamais, je ne la couperai.
Pas même pour moi ?
Je vous déplais ? - Je l'aime !
Je me demande à quoi vous ressemblez sans elle.
Oh, affreux, affreux. Ma mère, elle-même...
Au cours d'un...
combat aérien et j'ai été descendu par les russes,
et l'avion s'est écrasé,
il a explosé et j'ai mis du temps à en sortir.
Les cicatrices ne me permettent pas de me raser...
c'est à une réaction chimique
que je dois d'avoir cette couleur ridicule.
Oh, je l'aime beaucoup. Je vous assure.
ça pique ?
Essayez donc.
Pourquoi il me regarde ainsi ? Pourquoi il m'a griffé ?
C'était le chat de ma mère.
Il est jaloux ? Il ne faut pas.
Ma petite fille ! Que s'est-il passé ?
Qu'est-ce qui t'arrive ? - Rien, Maman.
Votre fille est d'un telle beauté que même les fleurs et les animaux en sont jaloux.
Viens, nous rentrons !
Où est ton père ?
Peter !
Baron, si cela ne vous dérange pas, des affaires importantes.
Vous vous amusez ? - Oh, Baron,
C'est magnifique mais nous qui sommes obligés de vivre en ville...
Rappelez-vous,
d'être heureuse demain comme ce soir. - Viens !
D'abord les ouvriers de l'acier, ensuite ceux du textile.
La grêve dure depuis une semaine ! Qui sait quand elle se terminera.
Nous pourrions les vaincre en combat singulier.
Etant des pleutres, ils essaient d'infiltrer la classe ouvrière.
Nous avons besoin d'ordres. La loi et l'ordre.
Il faut les entendre parler des syndicats,
des rapports de production, de leur part de-
Des hommes qui ne différencient pas le vin du champagne..
Le problème, mon cher Baron,
est que les Bolchéviques ont contaminé les paysans.
Nous avons besoin d'ordres ! Des ordres !
Nous avons besoin en fait, d'un homme comme vous.
Tout le monde vous respecte.
Vous êtes un héros de guerre.
On connait votre bravoure et votre désintéressement.
Vous pourriez vous-même redresser la situation.
Nous avons besoin d'ordre. La loi et l'ordre.
Peut-être que si vous leur parliez et leur rappeliez qu'ils doivent
montrer du respect pour la loi, ainsi que pour les traditions.
Leur parler ?
Ne perdons pas la tête, mes chers compatriotes.
Les discours ne seront d'aucune utilité.
Il faut trouver la bonne solution pour chaque problème.
Ils arrivent !
Non ! N'y va pas !
Maman !
Notre Seigneur salue lui-même votre éclatante beauté, chérie.
Chéri !
Chéri !
Viens, je t'en prie, chéri. C'est notre deuxième anniversaire.
Les invités s'attendent à une grande chasse.
Après toute la détermination exigée par la loi,
cette juridiction déclare que le décès de la baronne Greta von Seper,
résident dans cet arrondissement,
est dû à un tragique accident de chasse.
Et ainsi,
l'affaire Von Seper est officiellement classée.
Nous autorisons l'inhumation de la sus-mentionnée,
la Baronne Von Seper.
Oui ? - C'est moi, Sergio.
Entre.
On n'a pas connu ça à San Antonio, ma petite.
Bientôt, on aura l'Europe à nos pieds en 6 mois.
Seulement l'Europe ? - Ne fais pas ça.
Quoi ?
Surgir ainsi, je ne m'habitue pas à ce joli visage.
Tu es l'homme le plus charmant que je connaisse.
Tant qu'il y a de la vie...
Je viens de trouver une bouteille du vin que tu aimes tant.
Je gagnerai ton coeur avec de l'alcool.
C'est une vieille ruse, mais ça marche.
J'y vais.
J'espère ne pas vous déranger.
Je tiens à vous remercier pour le bonheur que votre numéro
a apporté ce soir.
Et dire...
que nous avions peur que l'Europe soit trop sérieuse,
trop raffinée pour nos danses américaines.
La culture s'incline toujours devant la grâce et la beauté.
Pardonnez-moi, je suis confuse, les mots me manquent.
De si jolis compliments,
j'en écouterais toute la soirée. Veuillez continuer.
Avec joie.
Où allez-vous souper ce soir ? Avec moi ?
Merci, Monsieur.
J'accepte de suite ou dois-je connaître votre nom d'abord ?
Quelles sont les règles du jeu en Europe ?
Il n'y a plus aucune règles depuis la guerre.
Acceptez tout de suite.
Soit le vent ou un admirateur indiscret.
Ce n'est pas toujours chic, il y a souvent un côté sordide.
Des chambres minables dans des hôtels miteux.
Les loges glaciales.
Mais c'est une vie passionnante.
Ennuyeuse et fascinante.
Vous vivez toujours ici ?
Non, je voyage mais je préfère de loin rester sur mes terres,
avec mes animaux familiers, la photographie.
Et Marka, la muette.
C'est une vieille femme étrange...
Elle fait partie des pierres, elle est toujours là.
Ne vous inquiétez pas si vous vous heurtez à elle.
Vous aimez la solitude ?
Avez-vous déjà bu du champagne légèrement sucré ?
ça vous tourne la tête, juste un peu.
On se sent libre de dire ce qui passe par la tête.
ça n'a jamais été un problème pour moi.
C'est une question stupide, non ?
Dans un endroit pareil, peut-on se sentir seul ?
Au milieu de ces merveilles.
J'adore le château !
J'adore le parc, les bois, ces tentures, ces murs,
ces meubles.
J'aime aussi ces étranges photos.
Et moi ?
Je vous plais ?
Bien sûr.
Vous êtes riche, beau, puissant.
Mais m'aimez-vous ?
Vous allez peut-être un peu vite. Mais si vous insistez.
Le pauvre.
Comment a t-il perdu un oeil ?
Oui, je promets de ne plus poser de questions.
Essayons de reprendre au début.
Où en étions-nous ?
ça doit être le sucre. J'ai la tête qui tourne.
Je vois les tableaux bouger.
Je devrais vraiment arrêter de boire.
Mais je n'en ai pas envie.
Vous aimez boire ?
Alors, buvez.
Mesdames et messieurs, mes amis, attention.
L'heure est venue de quitter nos jeunes mariés.
D'abord, à notre Baron, aujourd'hui comblé.
Merci.
Et à notre charmante Baronne.
Comme disait un de nos poètes: votre sourire est aussi délicat
qu'une chandelle mais il brille comme le soleil !
La mariée peut proposer un toast ? - Bien sûr !
A l'homme le plus merveilleux que je connaisse.
A tous ses amis,
et à moi parce que je déborde de bonheur !
Santé !
Je suis stupéfait, Messieurs.
vous qui avez fait la guerre dans les tranchées,
fait face aux mitrailleuses,
aux bombes et même aux communistes. Je conçois la réaction des dames,
mais la vôtre.
Cela te déplaît, chérie ?
Ici, rien jamais ne doit te déplaire.
Pardonne-moi, chéri.
J'ai les yeux qui se ferment.
J'ai trop bu.
Darling... - Reste tranquille, c'est parfait !
Tu es un homme de fer.
Viens ici.
Chérie.
Chérie, il faut que je développe un nouveau rouleau.
Reste là, c'est parfait. ça prendra quelques minutes.
Ne bouge pas.
Je la vois encore,
s'afférant au milieu de marmites fumantes,
telle une sorcière de conte de fées.
Elle faisait divinement les confitures et je voulais les goûter.
Je la génais le plus souvent.
Elle levait les yeux au ciel,
puis elle m'enlaçait et riait
quand je lui disais qu'elle était l'impératrice des confitures.
Qu'un prince charmant viendrait, qu'il goûterait ses confitures
qu'il l'emmènerait dans un château en or.
Ma nourrice, ma compagne de jeu, elle était tout.
Ma mère aussi aimait Marka, Dans mes souvenirs,
je les vois toujours ensemble.
elles me nourrissaient, m'habillaient.
Me donnaient tout ce que je voulais.
Si je cassais quelque chose, ça les faisait rire.
Et ton père ?
Je ne me souviens pas de lui.
Il ne reste rien qui me le rappellerait.
Ta fièvre est tombée, tu dois encore te reposer.
Chérie,
au sujet de Marka, je ne me suis pas rendu compte qu'elle était...
ça ne se reproduira pas.
J'ai fait remettre la dépouille de ma mère dans la crypte
nous prendrons des dispositions pour que Marka soit emmenée...
Ne lui fait pas de mal, elle a besoin d'aide.
Ne t'occupe plus de ça, chérie.
Oublie ce mauvais rêve.
L'important est que tu sois en bonne santé
et que tu sois heureuse.
J'ai follement envie de guérir, d'être avec toi
et de tout découvrir sur toi.
Et sur le château aussi.
Je veux le rendre gai et animé.
Serais-tu en colère si je changeais certaines choses ?
Non chérie, pas du tout. Le château est tout à toi.
Tu auras besoin d'aide.
En revenant de Vienne, je ramènerai...
De Vienne ? Tu me quittes ?
Oui, chérie. - Non, je t'en prie.
Non, je ne veux pas être seule.
T'inquiète pas, chérie, je ne pars que jeudi.
Une demoiselle de compagnie s'occupera de toi.
J'ai quelque chose à te montrer.
J'espère que tu aimeras, c'est américain, comme toi.
Alors ?
C'est beau. Merci.
Je ne peux pas lui parler.
Bonjour Mme la Baronne. Bonjour aussi, Mr le Baron.
Sainte Vierge ! - Qu'y a t-il, Rosa ?
Madame est si blanche. Elle est vraiment américaine ?
Pour elle, les américains sont noirs.
Que pensez-vous de votre patronne, Rosa ?
Elle est belle.
Tu es ravissante aussi, Rosa. - Je ressemble à une oie !
Une coiffure différente, quelques livres en moins ?
Tu ne feras jamais de Rosa, une Gloria Swanson
mais rien n'empêche d'essayer.
A plus tard, j'ai des choses à faire avant le diner.
Je vous apporte le petit-déjeuner. - Je n'ai pas faim.
Idioties ! Vous devez manger !
Regardez comme vous êtes pâle.
C'est tout ces trucs que vous prenez !
Vous ne devriez pas rester enfermée tout le temps.
Le soleil brille dehors !
Laissez-moi faire, je sais ce qui est bon pour vous.
Deux belles tartines avec deux saucisse fraîches.
Des oeufs frits et une grappe de raisins.
Rosa, tu as raison !
Je vais manger au soleil !
Je m'en veux d'avoir fait tant d'histoires.
Etrange que ton mari n'ait rien soupçonné.
Il ne voit simplement pas ce qui se passe.
Tu sais quand quelqu'un a roulé sa bosse depuis longtemps...
l'essentiel est que ce soit fini.
Marka est partie, j'ai Rosa, et sa présence me ravit.
Vive le mariage. - Pourquoi pas ?
Je suis très heureuse !
Tu te souviens de Chicago ? Des semaines sans boulot.
Et tu prétendais ne pas avoir faim.
Tu bois trop, Anne.
Tu peux rouler ton Baron mais pas moi.
Qu'y a t-il ?
Les amis, c'est pas le réconfort.
On y récupère que la vérité.
Je ne suis pas aussi heureuse que je le devrais.
Tu sais pourquoi ?
Parce que mon mariage...
Ok, lors de ma nuit de noces, j'avais sommeil.
Ensuite, j'ai eu un choc, ma dépression nerveuse.
On a toujours pas couché ensemble.
Tu comprends ?
Alors...
il est encore temps de revenir sur scène avec moi.
Non, au contraire. Il est merveilleux.
Si doux, si patient.
Il attend sans me donner de mauvaise conscience.
Je me demande. Je suis du genre méfiant.
Je suis pas...
du genre à te donner des réponses, Anne.
Je sais, désolée.
J'ai gaffé, comme d'habitude.
Je devais parler à quelqu'un.
Tu peux toujours compter sur moi. Tu le sais.
Enfin presque.
Je vais partir, Anne. - Partir ?
Ouais. Je dois rentrer aux USA.
Te chercher une remplaçante.
Je craignais ces larmes.
On n'a qu'à se dire au revoir.
Tu sais, le salut militaire traditionnel.
Non, je t'accompagne à la porte.
Tout doit être dans les règles, même le baiser d'adieu.
Tu te rappelles: "Non merci, une petite pièce".
Qu'y a t-il, Anne ?
Regarde celle-là attentivement.
Tu vois quoi ? - Rien.
Je veux pas dénigrer les talents de ton mari...
J'aime pas ce genre de... - Attends, tu vas voir.
Regarde.
Allons, Anne.
Si tu laisses aller ton imagination,
chaque dessin aura un visage.
Tu as peut-être raison.
Y a finalement peut-être des fantômes dans ce château.
Je garde le contact. Tu sais où me trouver.
Je ne veux pas y penser.
Tu as promis de revenir. - Anne !
Oh, darling !
On te cherchait justement. Sergio voulait te saluer.
Bonjour. - Bonjour.
J'ai fait le tour des caves où se trouve le vin nouveau.
C'est aussi passionnant qu'un nouveau-né.
J'aimerais votre avis.
Je n'y connais rien, c'est inutile.
Il est tard, je dois rentrer.
Oh, je vais en ville. Vous viendrez avec moi.
ça me donnera l'occasion de connaître
le meilleur ami de ma femme, un peu mieux.
Vin blanc. - Bien.
Facile, j'ai fait am, stram, gram, pic et pic et colégram.
Une bonne technique que j'utilise aussi fréquemment.
Goûtez ce vin rouge, le yeux ouverts.
Dites ce que vous en pensez ?
Etrange ! Il te rappelle quoi ?
On dirait le vin rouge d'autrefois. Celui que j'aime.
Il est honnête, ce vin.
Mais Anne a une raison de préférer le champagne.
N'est-ce pas, Anne ?
J'ai réussi à gagner sa confiance.
Difficile de vivre près de toi, sans t'aimer.
Pourquoi il pleure ? - Une souris, probablement.
Ou un fantôme.
Il n'y en a plus, nous les avons tous chassés,
n'est-ce pas, Anne ?
Venez Sergio, je vous reconduis à l'hôtel, viens chérie.
Goodbye, Sergio. - Bye.
Oh, chérie.
J'ai oublié de te donner les clés du château.
Que tu as tant envie de connaître.
Va où tu veux mais ne te sers pas de cette clé.
Ne t'en sers pas.
D'accord.
Viens, Rosa.
Oh Rosa, regarde cette robe ! - Oh, oui !
Oh, comme elle est belle ! Elle est ravissante.
Regarde la traîne. - Et ces jolies manches.
J'ai envie de l'essayer.
Sainte Vierge, j'ai oublié !
Dépêche-toi Rosa, reviens avant la nuit.
Oh, sûrement.
C'est juste des médicaments. ça prendra une heure à peine.
Anne, ma chérie ?
Anne, qu'y a t-il ? Qu'est-ce que tu as ?
Calme-toi, s'il te plaît.
Anne, je t'en prie. J'ai des nouvelles de Rosa.
Elle a eut un accident, rien de sérieux.
Elle en a pour un ou deux jours à l'hôpital.
Anne, je t'en prie. Anne. - Ici, au château...
dans les arbres... le chat...
c'était horrible.
Marka. ça doit être Marka.
Marka ?
Elle s'est échappée.
On me l'a dit en ville. On l'a vu près du château.
Anne, je me sens coupable de t'avoir laissé.
Je t'en prie, ne pleure pas. Je t'en prie.
Qu'est devenue la jeune énergique américaine que j'ai épousé,
qui n'avait peur de rien.
Tant de choses se sont passées.
J'ai peur de rester seule.
Imagine que je suis là, tout près de toi.
Tu me sens caresser tes cheveux, mon baiser sur tes lèvres.
Ma barbe t'égratigne le visage.
Brave petite.
ça va déjà mieux.
Tu sais,
je n'irai pas à Vienne ? Je reviens demain.
Oh ! - Chérie.
Je voulais te faire une surprise, chérie.
Et je t'ai fait peur, je suis désolé.
Je ne savais pas que que ta journée avait été si agitée, assieds-toi.
Je suis là et j'entends rester.
Ces histoires de spectres, c'est fini.
Que fait une bonne épouse américaine
quand son mari est fatigué, Elle lui prépare un verre, non ?
ça va, non ?
Bien. Porte-le dans l'atelier.
J'ai fait des photos de sujets audacieux,
je veux voir ce que ça donne.
2727.
Allô ? - Sergio, Dieu merci, t'es là.
Viens aussi vite que possible, je t'en prie !
Allô ? Allô ?
Chérie, j'ai soif. Ramène-moi vite ce verre.
Il y a un appareil qui est caché.
En ouvrant la porte, il prend automatiquement une photo.
Dommage,
tu n'aurais pas dû te servir de cette clé en or.
Désolé.
Je t'aime, Anne. Vraiment.
Probablement plus que n'importe quelle autre femme
que j'ai jamais aimé.
Tu le sais, non ?
Mais je dois te tuer, Anne.
Comme toutes les autres, je dois te tuer.
Tu n'as pas à avoir peur, je t'aime tellement.
Je ne parlerai pas, je te le promets.
Mais tu les as vu.
Je serai jamais certain que tu te taieras.
Je dois te tuer.
Je dois te tuer.
Oh, Anne !
Pardonne-moi, chérie.
Pourquoi, Anne ? Pourquoi avoir utilisé la clé ?
C'était une petite erreur,
ce péché te paraît-il aussi grave que les leurs ?
Les leurs ?
Ces femmes, là-haut ! Ces femmes...
pourquoi les avoir tué ?
Pour quelle autre raison ? Elles méritaient de mourir !
Oh, j'en suis sûre. Qu'avaient-elles fait ?
Tu es si gentil, si bon.
Je ne t'ai jamais vu faire quoi que ce soit sans raison.
ça devait être leur faute. - Oui, elles...
m'y ont obligé.
Je ne voulais pas les tuer, elles m'y ont obligé.
Bon sang !
Qu'elles soient maudites ! Toutes maudites !
Tu es la crême de mon café, le sel dans mon ragôut,
Je ne peux pas me passer...
Non, pas ici, mon amour.
Emmène-moi où tu veux, mais pas ici !
Je sais pas nager !
Tu... me rends folle !
Qu'ai-je fait ? Qu'ai-je fait ?
Pour toi, mes larmes embrouillent tout !
Assombrissant mes cieux !
C'est toi, oui, toi, toi.
Un jour, quand j'irai très mal, la la la...
Si jamais un jour...
j'ai le coeur...
O, mon amour.
Tu es mon sheik d'Arabie,
Ton amour m'appartient,
La nuit quand tu es endormi,
dans ton...
O, oui, oui, oui, qu'as-tu fait, fait, fait...
Chéri... !
Bon sang !
O, oui, oui, oui, je t'en supplie, plie, plie...
Amant !
Je t'entends, je t'entends...
tu prononces mon nom...
Doucement, à mon oreille, tu souffle une flamme,
amant... - Brrr !
Oh, mon amant.
Je suis à toi...
Oui, oui, oui.
Oh, mon amant.
Oh, oui, oui. Je te veux, je te veux.
Prends-moi !
Oui, oui...
Oui, oui... !
Rien ne l'aurait fait taire.
A celles qui vont mourir.
Si on dînait ? - Dînait ?
Je t'ai fait une surprise, un dessert américain.
De la gélatine. Dans le... frigidaire.
Ah, le frigidaire.
Tu as un merveilleux sens de l'à-propos, Anne.
J'apprécie, Anne. C'est sûr.
Quel dommage... - Je sais, je sais, ça suffit.
On dine ? - Pourquoi pas ?
Le dernier mets que je mangerai avec toi.
Ne pense pas à ça chéri, ça te couperait l'appétit.
Délicieux.
C'est presque aussi bon que les confitures de Marka.
Tu aurais fait une merveilleuse épouse.
ça me désole... - Ne sois pas morbide, chéri.
Au fait, en as-tu parlé à quelqu'un...
de ces femmes qui sont là ?
Tu crois que je vais raconter ça au premier venu ?
Une personne de confiance, à ton confesseur,
moi, à la rigueur.
Pourquoi ? Je ne vois pas le but ?
Je ne sais pas,
ça te permettrait de comprendre pourquoi tu les as tué.
En analysant leurs défauts !
Je les connais, elles étaient des monstres !
Seule la mort leur donnait apparence humaine.
C'est pour ça que je les ai tué.
Pour qu'elles paraissent... humaines ? - Oui.
Pour qu'elles paraissent humaines. Que l'amour puisse renaître.
Elles étaient menteuses, dépravées. Elles ne méritaient pas de vivre.
Elles paraissaient normales à première vue.
Elles s'habillaient normalement.
Même mieux quelquefois que la normale.
ça vous plaît ?
Ce n'est qu'une babiole, Erika.
Où trouver un bijou digne de votre beauté ?
Vous ne voulez rien manger ?
La nourriture m'ennuie. J'en ai perdu l'habitude.
Mon métier, sans doute.
La musique peut être aussi une nourriture, non ?
Kurt, que faites-vous ?
Désolé, on vous a touché avec une cigarette, en passant.
Vous auriez pu être brûlée.
Désolée pour l'étole. Je pourrais la remplacer.
Peu importe. J'en ai cinq autres.
Je vois.
Bonsoir. - Comme vous voudrez.
Puis-je vous reconduire ? - Non, merci.
Je ne dis pas au revoir sur les marches. - Pourquoi ?
Bonsoir.
Je vous appelle demain ? - Je vous appellerai.
Ne m'envoyez pas de fleurs. Je les déteste.
Ne venez pas me voir. Je vous ferai signe.
C'est promis.
Bonsoir. - Bonsoir.
Bonsoir. - Bonsoir.
Erika !
Vous devriez vivre dans un endroit dont la beauté est digne de la vôtre.
Regarde-moi !
Tu as peur de quoi ?
Regarde-moi.
Pas besoin d'artifices. Tu es belle naturellement.
Peut-être même encore plus belle.
J'ai vendu... le collier.
J'ai dû rembourser l'étole.
Au fourreur.
Je te donnerai la même.
En dépit du fait que tu en possèdes cinq autres.
Tu as su tout de suite que je bluffais.
Bien sûr, bien sûr.
J'étais loin de croire qu'il y aurait
un changement aussi total.
Je te préfère ainsi.
Je te veux sans apprêt, toi-même.
Je ne pensais pas que ce serait un tel désastre,
en lui disant d'être elle-même.
J'essayais de lire le journal, chérie.
Papa ne lit plus. Il s'amuse avec Erika.
Papa goûte avec Erika.
Une bouchée, tu mords ici.
Où ton bébé a mis ces adorables quenottes.
Tu l'aimes ton bébé ?
Comment tu m'aimes, papa ?
Je me sens si bien et si heureuse, chéri.
C'est la première fois.
Qui est responsable de ça ?
Toi mon mignon, mon gentil chouchou en or.
Du raisin ?
Des petits raisins offerts par ton poussin ?
Ils sont excellents.
Je te donne la becquée ?
Tu aimes ma bouche purpurine ?
Tu sais comment on l'appelle ?
Le Petit Chaperon Rouge.
Je te réserve une surprise. - Ah oui ?
Une jolie surprise.
Il te plaît ? - Oui.
Embrasse-le ?
Il s'appelle Jasmin.
C'est joli, comme nom ? - Oui, oui.
Je te laisse pas faire.
Cyclamen serait jaloux. - Qui ?
Cyclamen. - Ah, oui.
Tu préfères lequel, Cyclamen ou Jasmin ?
Dis-moi lequel, Cyclamen ou Jasmin ?
Choisis-en un.
Attention à cette barbe qui gratouille.
Ils sont si délicats.
Erika, je t'en prie... - Non !
Tu dois choisir celui que tu préfères.
Cyclamen, Jasmin, ni... l'un... L'un et l'autre.
Je t'en prie, Erika !
Pourquoi t'es en colère ? Ils sont si jolis.
Oui, magnifiques, superbes...
formidables... mais, mais... ces noms de baptème, Erika !
C'est absurde... Je ne le supporte pas !
Vous aimez ce que vous voyez ?
Moi ? - Oui.
Comment vous vous appelez ? - Pourquoi ?
C'est important ? - Je veux vous connaître.
Pourquoi ? Vous voulez m'épouser ?
Que voulez-vous, en fait ?
Je voudrais des leçons.
Des leçons ? - Oui !
Les finesses du métier.
Oh, c'était donc ça.
Il est défaillant, hein ?
Non, c'est ma faute, à moi.
Pas assez d'expérience, je suis empôtée.
J'ai de la bonne volonté mais pas pour les préliminaires.
C'est pas un problème compliqué.
Tout dépend de ce que vous avez sous cette robe
et la façon de l'utiliser.
Voyons ça. - Tout de suite ?
Je prends rendez-vous ? Où vous avez honte ?
Non ! - Non, non, avec lenteur.
Vous avez un grand miroir ? - Bien sûr.
D'abord, les chaussures. Enlevez-les.
Non, non ! Avec lenteur.
Avec grâce, comme ça.
Bravo, excellent. Vous pigez vite.
Non, attendez, pas si vite ? Ne faites que ce que je dis.
A ce stade, les cheveux.
Dénouez-les, allez-y.
La robe, ensuite.
Lentement, avancez-vous, lentement.
Ondulez.
Votre corps doit avoir l'air d'un "S",
mais de la douceur.
Chaque geste est une caresse.
Très bien.
Une pause. Jamais de précipitation, jamais.
Ouvez la bouche. Les baisers, doux d'abord.
Puis, petit à petit, plus passionnés.
Soyez excitée.
Des soupirs brefs.
Dégrafez votre soutien-gorge.
Mes seins ne lui plaisent pas. Quand je les lui ai offert...
Jamais les offrir, les monter, naturellement,
le soutien-gorge doit s'être dégrafé tout seul.
Quand vous l'embrasserez, il fermera les yeux. Etouffez un cri.
Ensuite, souriez. Un autre baiser.
Plus de soupirs passionnés.
Commencez à descendre.
Bien sûr, vous l'avez déjà caressé.
Où ça ? - ça va de soi ?
Avec un homme normal, ça fera l'affaire mais de la délicatesse.
J'ai besoin de certitudes. Où est le meilleur endroit ?
Là, là et là.
Alors, baisez-lui le cou et c'en sera fini.
Et les bas ? - Malheur à celle qui les retire.
Toute l'astuce est de conserver les bas.
Et rien d'autre.
Vous êtes nue mais pas entièrement. Ambigue.
On ôte tout sans tout enlever.
Des bas noirs, diaphanes.
Je garde mes bas ? - Jusqu'à la mort.
C'est amusant. Au lit, maintenant.
Qui a besoin d'un lit ?
Les passions meurent dans un lit.
Un fauteuil, un canapé, le tapis. C'est bien suffisant.
L'improvisation.
C'est le secret pour faire l'amour.
Rhabillez-vous, on va recommencer ensemble.
Depuis le début, avec sentiments.
D'abord les cheveux et la robe.
Lentement. Sinueusement.
Lentement.
Chaque geste est une caresse.
Entr'ouve la bouche.
Embrasse-moi.
Oh, oui, chérie.
Oh, oh, encore. Encore.
Oh, c'est bon comme ça.
Pourquoi n'ai-je pas...
Oh, oh, comme ça.
Erika.
Non !
Leurs corps possédés de vices, leurs étreintes bestiales.
Seule la mort donne recueil et dignité,
à ces horribles monstres.
Tu crois que je suis un monstre ?
Non.
Non, je comprends.
Tu le penses ? Tu le penses vraiment ?
Oh, chérie.
Je t'aime follement, mais je n'ai pas le choix.
Tu as le choix, Kurt.
Je suis là, je ne peux fuir. Tu me tueras quand tu voudras.
D'abord, libère-toi, je t'en prie.
Qu'au moins ma mort serve à quelque chose.
Dis-moi tout.
Je vais mettre du sucre dans ton champagne, tu parleras.
Parler... A quoi sert de parler ?
Je ne tiens pas à me souvenir. Je hais les bavards, je les hais !
Pour nos orphelins.
Pour nos orphelins.
Donnez pour nos orphelins.
Merci. - Soyez béni.
Mes soeurs !
Notre pauvre vie monotone,
banale, triviale ne vous intéresse pas du tout ?
Je préfère les voies du Seigneur.
On sert aussi Dieu en se mariant, en mettant au monde des enfants.
Il y a déjà tant d'enfants en quête de l'amour d'une mère.
Pourquoi tentez-vous de m'enlever au Seigneur ?
Je suis aussi un seigneur ! - Quel blasphème !
Je comprends votre pensée.
Parfois, vous me rappelez notre Sauveur.
Je vous aime profondément.
ça doit vous être évident.
Je viens ici jour après jour, depuis deux mois.
J'ai même parlé à la Mère Supérieure.
Je le sais. Mais...
Je me demande ce que vous voulez de moi ?
Il y a tant de femmes dignes de votre choix.
J'ai déjà fait mon choix.
Bien sûr, si je vous répugne...
Oh, non, je le jure. C'est moi.
Vous désirez m'épouser mais vous ne me connaissez pas.
Je crois que le mariage demande une mutuelle sincérité.
Je l'ai été.
Je vous ai parlé de ma femme qui est morte voici 5 ans.
Oui.
C'est moi... qui n'ait pas été honnête.
J'ai beaucoup de défauts. - On les voit à peine.
Ce n'est pas une plaisanterie.
Je viendrai demain. J'aurai le courage
de me confesser à vous.
Je suis entrée au couvent pour expier mes péchés.
Je dois tout vous dire.
Chérie, votre passé ne m'intéresse pas du tout.
Ne dites pas ça.
Le bonheur ne se bâtit pas sur des cachotteries.
Faisons preuve de sincérité l'un envers l'autre.
Je ne suis pas aussi intacte qu'au moment
où je suis venue au monde. - ça n'est pas important.
ça commence à m'intéresser, je vous le confesse avec humilité.
C'était un étudiant français.
Je l'ai connu à l'université de Vienne.
Il était intelligent et gentil.
Tu es heureuse ? - Oui.
Je pense que nous serons mariés dans 15 jours.
ça prend un temps fou,
ces documents religieux... - Si tard que ça ?
Il va falloir que je me dépêche.
Te dépêcher ?
Cette nuit, un souvenir m'est revenue.
Après le français dont je t'ai parlé,
un de ses amis, un autrichien.
Nous faisions l'amour sans la moindre pudeur. - Je t'en prie.
Les forêts, sur les bancs des parcs... - Chérie, arrête, je t'en prie !
Je ne tiens pas à en savoir davantage, arrête !
Tiens, un verre.
Oui, chéri.
J'ai eu 3 mois de bonheur à Londres.
C'est là qu'une femme est venue me le prendre.
Elle était anglaise.
Oh, chérie. - C'était sa femme.
Chérie, si tu parlais moins
et que tu m'embrassais. - Non.
Je dois te parler des deux italiens à Rome.
Deux frères.
On a dormi ensemble dans la même chambre.
Au début, c'était seulement pour oublier,
ensuite il a été si tendre, si gentil...
si doux, que j'ai fini par tomber amoureuse.
Il s'appelait...
Christian.
Chérie, pardonne-moi, je...
J'aimerais que tu comprennes ce que je t'ai souvent dit,
Tu es venue au monde en entrant dans ce château.
Oh ! ça veut dire que tu me pardonnes ?
Te pardonner ?
Tu n'es pas faite pour être pardonnée mais pour aimer.
Il y a eu également le hongrois,
je te jure que ça n'a duré qu'une semaine.
Oh, il y en avait encore un. Un Grec de Senonica.
Les 3 allemands avec qui j'étais me l'avait présenté à Munich.
T'as fini avec tes révélations pornographiques ?
Chéri, je veux que tu vois mon absolue...
Sincérité, oui ! Sincérité.
Je ne veux pas de ta maudite sincérité.
Je veux t'aimer et je me fous de ta sincérité !
Tu vois ?
J'étais sûre que tu ne m'accepterais pas telle que je suis.
Oh, merci.
Merci, Jesus. Merci.
De quoi le remercies-tu ?
C'est un miracle.
Un miracle.
Le Christ m'a aidé à me souvenir du dernier.
Il existait mais n'a pas compté dans ma vie.
Un soviet, un communiste. Seulement deux nuits.
Un soviet, un communiste ?
Cette fois, c'est le dernier.
Je le jure. Y en a pas eu d'autres.
Un russe et un communiste ?
Là, c'était la fin...
Un communiste !
C'en était trop. C'en était trop !
C'était une insulte aussi bien politique
que personnelle, une insulte à ma caste, à ma personne !
Pour cela, il n'y avait pas de pardon.
Elle devait être punie, un châtiment exemplaire.
Tu es d'accord avec moi ? - Que faire d'autre ?
C'est exact, quoi d'autre ?
Le cauchemar est terminé, je t'appartiens toute entière.
Maintenant si ça te plaît.
Où ça te plaît, même ici.
Tu crois que c'est l'endroit approprié ?
Oui, c'est vrai. Il comprend tout mais...
peut-être.
Oh, chéri,
Parfait, magnifique ! Là, parmi les fleurs.
Oh, mon chéri. Prends-moi, aime-moi.
Montre que tu me pardonnes.
Oh, c'est le paradis !
Oui, mon chéri.
Kurt !
Tu espérais que quelqu'un vienne à ton secours.
Kurt, crois-moi, je ne parlerai pas, je te promets !
Je vais m'en assurer, chérie.
Regarde.
C'est une sorte de chaise électrique.
En Amérique, les appareils de torture sont perfectionnés.
Viens.
Viens.
Elle tue en 1 seconde 3/10ème d'après la brochure.
Elle marche à la perfection, tu t'en es aperçue.
Si tu veux me permettre, chérie,
je reviens dès que je le peux.
Seigneur, faites que ce soit Sergio. Sergio, je t'en prie.
Chère Baronne, j'ai appris que vous étiez malade.
Vous êtes encore plus belle quand vous êtes pâle, si aryenne !
La pauvre n'a pas quitté cette chaise de la journée, pas vrai chérie ?
Je la quitterai avec plaisir.
Si l'un d'entre-vous avait l'obligeance ?
Permettez-moi, Madame ?
Pourquoi pas ?
Pourtant, j'aimerais te voir aller et venir à nouveau.
Merci mais il est préférable que je reste où je suis.
Je me sens encore mal.
Vous pourriez aller plus vite ?
Je passerai de bonne heure.
Le train de Berlin arrive à 07H00,
Herr Heinrich a un message personnel pour vous, de notre Führer.
Ne vous inquiétez pas, je suis matinal.
Bonsoir.
Ma femme part pour l'Italie demain,
je l'en voie à Venise quelques jours, ce sera idéal
pour une convalescence, non ?
N'est-ce pas dangereux ?
Une femme belle comme votre épouse avec des Italiens ?
Ils ne valent pas chers, ce sont des obsédés sexuels !
J'irai la rejoindre dans quelques jours.
Bonsoir.
Kurt, je t'en prie.
Oh, excuse-moi, chérie.
Je ne te ferais de mal pour rien au monde.
Ce serait drôle si je n'étais pas en cause.
Il est étonnant qu'un homme aussi formidable que toi
puisse ressembler à un gosse pris en faute.
Les hommes nous séduisent probablement ainsi.
Par leurs faiblesses autant que par leurs forces.
Par leurs tares... - Leurs tares?
Pourquoi tu parles de tares ? Je suis parfaitement sain !
Parlons de ça, chéri ?
Non de ta maladie, de ta santé.
Tu veux qu'on en discute ?
On a encore le temps ?
Oui, oui. On a tout le temps.
On a le temps. Jusqu'à l'aurore.
Jusqu'à l'aurore.
C'est un mot si beau mais aux sinistres raisonnances.
On guillotine à l'aurore, on fusille à l'aurore.
Anne, je t'en supplie. - Excuse-moi,
j'oubliais une de tes faiblesses.
Où en étions-nous ? Nous parlions de toi.
Pour te connaître, j'ai besoin d'en savoir davantage
sur ces femmes... là-dedans.
Il y a une fille brune.
Un visage magnifique mais dur.
Ah,
avec les cheveux ramenés ainsi sur la nuque ?
Oui, c'est ça. Qui est-ce ?
C'était Brigitt. Elle s'appelait Brigitt.
Une autrichienne, née à Linz.
La ville natale d'Hitler.
Je ne vois pas autre chose en sa faveur.
Nous devons nous rebeller contre la tyrannie du mâle !
Et prouver notre dignité en temps qu'individu !
Nous devons exclure le sexe masculin !
De notre milieu vital.
D'un certain point de vue, c'était une femme extraordinaire.
Elle ne semblait pas s'intéresser aux relations sexuelles.
Elle avait horreur des hommes.
Elle avait toujours l'air de lancer un défi.
Elle n'avait qu'un défaut, son faible
pour le vin rouge, elle se soûlait à longueur de journée.
Elle en contrôlait plus ses paroles
et quand elle s'endormait, elle ronflait.
Tu as ton utilité. Ton vin est excellent.
La prétendue faiblesse féminine est une invention masculine.
Une invention raciste.
Un arme pour s'emparer de la puissance économique.
Les hommes ont asservi les femmes depuis des siècles.
Pour éviter la compétition politique et sociale !
Tout ça est entrain de changer !
Les femmes se sont réveillées.
Cesse de boire et essaie de garder les contrôle de tes actes !
Pourquoi ? Dans le but de faire le bonheur du mâle ?
Que crois-tu ?
Sous prétexte de ton excroissance entre les jambes,
tu aurais le droit de me dire ce que je dois faire ou non ?
Je boirai si je le veux !
A ton affreux visage !
Espèce de porc ! Sale porc !
Je vais m'occuper de tes sacrés bijoux de famille !
Mon Dieu...
qu'est-ce qui m'arrive ?
C'est trop bon.
Frappe, frappe encore.
Je t'en prie, frappe encore.
Non, pas le visage !
N'importe où mais pas le visage.
Je dois rester belle pour te plaire.
N'arrête pas ! Mon chéri.
Tu es vraiment un homme !
Je ne suis rien, rien, en comparaison de toi.
Oui, oui !
Baise-moi, oui !
Baise-moi !
Et moi ? Tu vas me tuer comment ?
Je l'ignore encore.
Mais j'essaierai de ne pas te faire souffrir, Anne chérie.
Tu as ma parole.
Oh, Anne, c'est triste d'être obligé de te tuer.
Si j'avais un moyen de l'éviter.
J'ai une idée. - Anne, n'insiste pas.
Qui insiste ?
Combien de temps, il me reste ?
Jusqu'à l'aube, si tu veux.
Si je veux.
Je peux avoir à boire ? - Bien sûr.
Après l'épisode de cette pauvre créature,
ça ne te gênera pas trop ?
Oh, Anne, ne sois pas ridicule, tu n'es pas comme les autres.
De plus, le champagne n'est pas un vulgaire vin comme
ces vins épais des tavernes.
Je me sens beaucoup mieux, ton idée
de me faire parler, vider mes souvenirs,
était une idée splendide.
Je me sens libéré, serein.
Viens t'asseoir, chérie.
Ecoute-moi, il y en avait une autre, tu te rappelles ?
Jeune, presque une enfant,
un monstre comme les autres.
Je l'ai rencontré à une exposition d'art moderne.
Une exposition décadente juive.
Je ne sais toujours pas d'où elle vient, même maintenant.
Vous aimez ces saletés ?
Oui. - Pourquoi ?
Parce que j'aime ça.
C'est une bonne explication.
Vous voulez boire un verre avec moi ?
Pourquoi pas ? - Bien, bien.
Vous vous appelez comment ? - Kurt von Seper, et vous ?
Caroline.
Vous voulez visiter mon château ?
Pourquoi pas ?
Elle parlait à peine.
Elle semblait indifférente à tout.
Elle vivait et jouait comme un... animal.
J'ai gagné. Je t'ai battu.
Apporte-moi le verre de lait que j'ai gagné.
Tu bloques le soleil.
Désolé.
Elle était aussi paresseuse qu'un chat.
Rien ne l'intéressait.
C'était un caillou.
Un joli caillou au soleil.
Un caillou est un caillou !
J'ai essayé de lui donner un peu d'âme, de la réveiller.
C'est ridicule. Absolument ridicule.
Tu as fait ça par jalousie. Désolée.
Si tu voulais faire l'amour, il fallait le demander.
Viens.
Attaque !
Attaque !
Attaque ! Attaque !
Tu penses que j'aurais dû la laisser partir.
C'est ton affaire.
Je ne veux pas en discuter.
Tu t'es tournée aussi contre moi, Anne ?
Je ne suis contre personne. Mes problèmes me suffisent.
Tu es un menteur.
Moi, un menteu r?
Toi, un menteur.
Tu savais que Marka coiffait les cheveux de ta mère.
Comme tu le disais, c'est mon affaire.
De plus, ma mère aimait qu'on lui coiffe les cheveux.
Kurt, je t'en prie ! Rappelle les chiens !
T'inquiète pas, chérie. Il ne te fera pas de mal.
Je ne comprends pas pourquoi ton ami n'est pas
resté dans sa chambre d'hôtel à s'occuper de ses affaires.
Un homme devrait connaître ses limites.
T'es pas d'accord ?
J'ai dû aussi m'occuper de Marka.
Tant d'années de loyauté, et elle allait me trahir.
Elle t'avait prise en affection. Elle voulait t'avertir.
Pour te dire la vérité,
elle t'avait même écris.
La grammaire était sommaire, elle était illétrée.
En écrivant cette lettre, elle a signé l'arrêt de mort
de la seule chose qu'elle aimait. Le vieux chat blanc.
Tu l'aimais bien aussi.
Mais il aurait fini par t'amener à la cuve.
Là où repose Marka,
entrain de fermenter avec le mou.
Désolé pour ton ami.
ça doit coûter une fortune de venir ici en taxi.
Désolé que tu l'aies déchiré, chérie.
C'était mon préféré.
Pourquoi me veulent-ils tous du mal ?
C'est la seule façon
d'exprimer sa gratitude à un homme comme toi.
Anne, pourquoi m'insulter ? - Tu es un monstre !
Tu me fais frémir. Avec ton âme noire et médiocre.
Tu es un monstre, un sadique ! - Et toi une putain !
Tu es pire car tu parlais d'amour !
Je t'avais en pitié !
Plus maintenant. Je n'ai que de la haine.
Comme les autres. - Non,
les autres t'aimaient à leur façon.
Soit pour ton fric, ton nom ou ton château.
Mais je te méprise !
Plus pour longtemps, chérie.
Plus pour longtemps.
Tu sais pourquoi tu vas me tuer ?
Et pourquoi tu as tué les autres ?
C'était des monstres ! - Non, juste des femmes.
Leur seule faute était de vouloir un peu d'amour
et tu n'en étais pas capable, pas vrai ?
C'est très clair.
Je me suis demandée pourquoi tu ne couchais pas avec moi.
Tu étais malade, malade. - Pas toujours.
Et elles ? Elles étaient malades ?
Pense à ce que tu me disais. Chaque fois, chaque fois,
tu les as tué quand elles voulaient se donner à toi.
Toutes !
Non. Pas toutes.
Non, je n'ai pas tué Greta. - Oui, Greta aussi.
Oh, Greta aussi. Réfléchis.
Essaie de te rappeler.
Greta aussi.
Oh, c'est beau !
C'est si joli !
Oh, chéri, un endroit parfait pour une lune de miel.
Chéri, ferme la porte.
Oh, chéri, je n'y arrive pas. Viens m'aider, je te prie.
Oh, Kurt !
Les troubles nerveux sont normaux, quand on a vécu la guerre,
et ces expériences comme celles du Baron.
Votre mari a besoin de repos et de tranquillité.
Comme tous les héros.
Oh, chéri, je vais te soigner.
ça va mieux, chéri ?
Oui merci, un peu.
J'attends que ta santé revienne.
Je rêve que l'on fait l'amour.
Toutes les nuits.
Je déteste être une mariée vierge.
La nuit dernière encore. Toujours le même rêve.
C'est magnifique mais...
ça ne ressemble à rien de la réalité.
N'est-ce pas ?
ça va mieux aujourd'hui, chéri ?
Un peu mieux merci. Mais pas encore parfait.
T'inquiète pas chéri, je peux attendre.
Entre temps, j'ai mes rêves.
On dit que le meilleur aphrodisiaque est le caviar.
Aphrodisiaque ? Ce ne sont que des oeufs de poisson, chérie.
Kurt. - Oui ?
J'en ai assez d'être une mariée vierge.
Je viens te rejoindre.
Je ne crois pas être... tout à fait en forme.
Je vais te remettre en forme, chéri.
ça devrait aller.
Tiens ça.
Hé bien,
ma mère a omis de me dire des choses,
mais ça, j'y crois pas.
Je t'ai dit que je n'étais pas encore en forme.
Si tu ne peux pas surmonter une dépression nerveuse,
en deux ans, tu ne la surmonteras jamais.
Oh, chéri, pardonne-moi. ça ne peut être ainsi.
Oh, chéri, j'ai bien peur que ce soit inutile.
Ne prends pas cette attitude ! ça signifie beaucoup pour moi.
Désolé chérie mais j'ai bien peur que tu doives
vivre ainsi. - Vivre ainsi ?
Moi ? Tu es fou ?
Tu crois parce que tu es un héros ? Je me fous des héros.
Je veux un homme ! H-O-M-M-E !
Si tu n'en es pas un, j'irai voir ailleurs.
Je veux un homme.
Tu comprends ? Et immédiatement.
Même si ça doit causer un scandale, ou si je dois divorcer.
Voilà enfin la vérité.
Tu l'as tué,
la seule chose que tu saches faire, en guerre comme en paix.
Tu n'es qu'une moitié d'homme.
Un pathétique créature impuissante, et qui a peur de l'admettre.
La ferme, garce, la ferme.
Pourquoi ? Tu ne me tueras qu'une fois.
Laisse-moi me débarrasser de ce poids et mourir en paix.
Tu as toujours été amoureux de ta mère, Kurt.
Elle seulement.
Les portraits, Marka, le chat, ce maudit château.
Je te crache dessus, chéri !
Non parce que tu ne leur as pas fait l'amour.
C'est un problème pitoyable.
Tu me rends malade parce que tu ne veux pas l'admettre.
Tu préfères tuer plutôt que ça se sache !
Quiconque le découvre finit dans la chambre froide.
La ferme, la ferme !
Le grand héros tremblant à l'idée que son mythe va s'effondrer.
Je suis un homme ! Et je peux le prouver.
Prouve-le.
Non, ma chère.
Je sais ce que tu vaux.
Tu vas rejoindre ton ami Sergio.
Je vais te livrer à mes chiens.
La température est de quelques degrès en dessous de zéro.
ça prendra une heure et demi à deux heures,
avant de rejoindre les autres.
Adieu...
A jamais.
C'est absurde. C'est ridicule.
La Baronne doit être déjà partie pour Venise.
Et pour les obsèques ?
Il est préférable que cette pauvre fille ne revienne pas pour les obsèques.
Ce sera grandiose et historique. C'est vrai mais épuisant.
Spécialement pour une jeune veuve.
Nous lui ferons savoir que son mari est mort en héros.
Je jure qu'en ce moment, Je l'envie.
Trad: Uncle Jack 2016 !
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