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[voix d'enfant] L'histoire est racontée par les vainqueurs.
On oublie de dire qu'elle est réécrite avec le temps,
transformée par les livres,
réinventée par ceux qui ne l'ont pas vécue.
[coup de fusil]
[coup de fusil]
[coup de fusil]
[violons]
[hennissement]
[violons et clavecin]
[halète]
[voix d'enfant] Tu te diras sans doute que ce que je vais te raconter est faux.
Que c'est le cauchemar d'une enfant perdue dans le désordre du monde.
Tu te diras qu'il n'y a jamais eu de maladie.
Et que les morts ne reviennent pas à la vie.
Je m'appelle Madeleine de Montargis.
Et ceci est mon testament.
Je vais te raconter ce que j'ai vu.
Et comment le siècle des ténèbres est devenu celui des lumières.
[Madeleine] Tout a commencé à la fin de l'année 1787.
La faim et la misère s'étaient installées dans les campagnes de France.
Mais personne n'aurait pu imaginer ce qui allait se passer.
[inspire]
Autant que je m’en souvienne,
c'est son assassinat qui fut à l'origine de tout.
Elle s'appelait Rebecca
et venait à peine d'avoir 16 ans.
[bruit étrange]
C'était une fille du peuple qui rêvait d'un monde juste.
Un monde où chacun serait l'égal de l'autre.
Un monde où il n'y aurait ni tyran, ni peuple à asservir.
[halète]
[gouttes d'eau]
[grognement étrange]
[cri de terreur]
- [voix étrange] - [Rebecca halète]
[gémit]
[chair déchirée]
[Madeleine] Les livres d'histoire ne parlent pas de Rebecca.
[hurlement]
Pourtant,
comme un simple caillou peut détourner le cours d'un fleuve,
son martyr a tout changé.
[croassements]
[rires lointains]
[musique entraînante]
[Lariboise] Comtesse.
Baron.
Battre ainsi en retraite ne vous correspond guère.
Il est écrit : "Fuyez loin des ânes
ou vous pourriez braire aussi".
Je m'étonne de ne pas avoir croisé votre oncle.
Vous le connaissez, il goûte peu les mondanités.
Contrairement à votre père.
D'ailleurs, comment se porte-t-il ?
Aux dernières nouvelles, à merveille.
Vraiment ?
Des rumeurs m'ont informé qu'il a quitté Versailles il y a un mois.
Ces rumeurs sont fausses.
Il m'écrit souvent.
Étrange.
[Lariboise] Mes sources étaient sûres d'elles.
[respiration haletante]
Madeleine ?
[s'étouffe]
[Ophélie] Madeleine ?
Calme-toi.
Madeleine.
[tintements de clochette]
Ce comté a besoin de pain et d'une autorité légitime.
S'il arrivait malheur à votre père, votre oncle pourrait prétendre au titre.
Je n'envisage pas plus grande menace.
Vous devriez venir, Madame.
Maintenant !
- [Élise] Que se passe-t-il ? - [Ophélie] Votre sœur fait une crise.
Madeleine !
Je suis là, mon ange ! Calme-toi !
Ophélie !
[Élise] Appelle le médecin !
[Rebecca hurle]
[homme] Tu te souviens de ton rêve ?
[respiration forte]
Il faisait noir.
Je ne sais pas où j'étais.
J'ai vu des lueurs.
Je me suis approchée.
Et il y avait une porte.
Une porte avec une croix.
[respire difficilement]
Madeleine.
N'aie pas peur, je suis là.
Je ne voulais pas rentrer.
Mais c'était comme si j'étais attirée à l'intérieur.
Il faisait noir,
tellement noir…
C'est là que je l'ai vu.
[Charles] Qu'a-t-elle vu ?
Elle ne se souvient pas.
Son état est préoccupant.
Je croyais que c'était un simple cauchemar.
Ah oui, mais…
Madeleine est inadaptée. Sa place est dans une institution.
Vous voulez dire un asile ?
En l'absence de votre père, votre oncle peut demander l'internement.
Il en a le droit.
Veuillez partir !
- Comtesse… - Vous partez !
- Vous ne pouvez pas faire ça ! - Madeleine est malade.
Tôt ou tard, il faudra prendre une décision.
Comme vous l'avez fait avec votre femme ?
- Et maintenant avec votre fils. - Fais attention, Élise.
Vous n'avez jamais voulu d'elle ici.
Tu as raison. Elle ne fait pas partie de cette famille.
Ce n'est pas à vous d'en décider.
[sons de cloches]
[voix et hennissements]
[cris d'enfants]
[vendeur] Gazette du comté !
Paysanne assassinée. Gazette du comté !
Un cannibale arrêté.
Demandez la Gazette du comté !
Un cannibale arrêté. Demandez la Gazette du comté !
Une paysanne dévorée. Gazette du comté !
[toux]
S'il vous plaît. À votre bon cœur.
Madame.
[homme] Il vous attend en bas.
[claquement de porte]
[souffle de dégoût]
[cris de rats]
[cris lointains]
[Père Maxence] Élise.
Merci d'être venue.
- Ophélie. - Bonjour, mon Père.
Pourquoi nous sommes ici ?
Pour elle.
- Qui est-ce ? - Elle s'appelait Rebecca.
Son père est venu me voir. Il a demandé mon aide.
Ainsi que la vôtre.
[Ophélie] Je la reconnais.
Y avait son portrait dans la Gazette.
C'est la paysanne retrouvée sur nos terres.
Vous ne devriez pas.
Mon Dieu.
La maréchaussée dit qu'un vagabond lui a fait ça.
Un étranger.
Vous le connaissiez ?
[Père Maxence] L'homme qu'ils ont arrêté ?
Oui, je l'ai hébergé quand il est arrivé en ville.
Si je devais me méfier de tous ceux qui demandent asile,
mon église serait vide.
Qu'attendez-vous de moi ?
Vous êtes au courant du décret imposé par votre oncle.
La marque des rebelles.
Toute personne suspectée d'appartenir à la Fraternité…
N'a pas le droit d'être enterrée.
Sans votre accord, elle ne pourra recevoir aucun sacrement.
Pourquoi elle ferait ça ?
Ces gens souhaitent sa mort.
Ceux qui portent cette marque ont faim !
Ils ne souhaitent pas votre mort, Comtesse.
Ils veulent un toit et nourrir leurs enfants.
Elle a raison, ce que vous demandez est impossible.
Ces gens ont déclaré la guerre à ma famille.
[Père Maxence] Ils sont votre peuple.
Élise, je vous en supplie.
Faites appel à votre compassion.
Je n'ai pas de pouvoir sur les décisions de mon oncle.
Au revoir, mon Père.
[Père Maxence] La colère gronde.
Brûlez son corps et vous attiserez les rancœurs.
Enterrez-la et vous gagnerez la paix.
Vous avez pris la bonne décision.
Veillez à ce qu'elle soit enterrée dignement.
[musique mélancolique]
[Élise] Tu dis rien.
Vous auriez pas dû.
On ne peut pas souhaiter ça, même à ses ennemis.
Eux, ils vous auraient pas épargnée.
Tu aurais été là pour veiller sur moi.
Vous faites trop confiance aux gens.
Et toi pas assez.
Parce que je les connais.
[gémissements]
T'inquiète pas, c'est bientôt fini.
Ça va ?
Regarde dans mon sac. C'est pour vous.
[femme] C'est vrai ce qu'on dit ?
Que t'es comme nous ? T'as pas de parents ?
[homme] C'est vrai.
La prochaine fois, t'éviteras de voler quelqu'un qui court plus vite que toi.
Merci.
[musique palpitante]
[cris et voix animées]
- Alors, ma jolie, tu veux voir le loup ? - [détenu] Viens-là !
[gardien] Vos gueules ! Bande de vermines, avancez !
Vos gueules !
[gardien] Scélérats ! Allez !
Vos gueules, avancez !
[homme] C'est ouvert.
Posez ça n'importe où, merci.
Je n'en avais jamais vu de pareils.
Je les ai fait fabriquer.
Celui-ci ?
Il sert à quoi ?
C'est pour l'hémostase.
- Ce qui signifie… - Stopper une hémorragie.
- Vous remplacez Martin ? - Oui, c'est mon deuxième jour.
Excusez-moi si je suis indiscret, mais…
Quand je vois une femme comme vous ici…
Quand on est une femme, on apprend vite qu'il y a des prédateurs partout.
Au moins, ici, ils sont enfermés.
C'est vrai, ce qu'on dit ?
Qu'est-ce qu'on dit ?
Que vous vous êtes injecté la petite vérole
avant de l'injecter aux prisonniers.
Vous connaissez la vaccine ?
- La variole des vaches ? - Exactement.
Eh bien…
elle n'est pas mortelle pour l'homme.
L'idée c'est que si votre corps est déjà contaminé par la vaccine,
- il sait comment réagir. - Et ça vous protège
de la variole dangereuse.
J'ai compris.
Vous l'aviez déjà fait ?
Non.
Vous avez besoin d'autre chose ?
Euh…
Je m'appelle Joseph.
Katell.
[cris à l'extérieur]
[foule] C'est le cannibale ! Ils l'ont arrêté !
[homme] Assassin !
[femme] Assassin !
[homme] Pendez-le !
Pendez-le !
[violons]
[homme] Allez !
Vos gueules !
Viens là, toi !
Avance !
Bouge pas, toi.
Tu t'occuperas bien de lui.
[Pérouse] Ils sont à toi.
C'est lui, celui qui a tué la paysanne ?
Qu'il ne soit en contact avec personne.
Vous pouvez compter sur moi.
Bienvenue au tombeau.
Allez, avancez ! Allez !
Allez !
[musique palpitante]
[cris d'hommes]
Allez !
Avance ! Allez !
À genoux !
[coups]
[gardien] Ils l'ont arrêté hier soir.
- C'est quoi, ça ? - [garde] Bouge pas !
Une féticherie. [rit]
Tiens,
pour ta femme.
[garde] Merci, chef.
On sait qui il est, d'où il vient ?
C'est inscrit sur son dos.
Quand un esclave se rebelle,
son maître le marque au fer rouge.
Laissez-nous, merci.
Méfie-toi, docteur.
Un chien qui a mordu une fois,
c'est plus prudent de l'abattre.
Allez, laissez-le !
- [prisonnier grogne] - [gardien] Allez !
[hurlements lointains]
Comment vous vous appelez ?
[Joseph] Avez-vous été malade ces six derniers mois ?
Douleurs ? Fièvre ?
Hein ?
Vous êtes en France depuis quand ?
Je ne cherche pas à vous piéger.
Je m'appelle Oka.
Joseph Guillotin.
Guillotin ?
J'ai connu un homme qui portait le même nom. Un soldat.
C'est un nom très répandu.
[Oka] Il s'appelait Albert.
[musique pesante]
Albert était le prénom de mon frère.
Mais il est mort il y a 12 ans.
Vous croyez au destin, docteur ?
Non.
Docteur…
La fille, je l'ai pas tuée.
[Oka parle Yoruba]
Qu'est-ce qui s'est passé ?
Il m'a…
Il m'a attaqué, mais…
Mais quoi ?
[souffle]
Rien.
Reposez-vous.
Je repasserai tout à l'heure.
[claquement de porte]
[Joseph] Bonjour, mon Père.
[Père Maxence] Joseph.
Il s'est passé quelque chose ?
J'avais besoin de réfléchir.
Vous avez hébergé Oka, n'est-ce pas ?
Oui.
- Il avait besoin d'un toit. - Vous a-t-il dit pourquoi il était ici ?
Qu'est-ce que tu cherches ?
Vous n'avez pas répondu à ma question.
[Père Maxence] Je ne sais pas.
Nous avons très peu parlé lui et moi.
Tu sais…
Quand je vous ai recueillis, Albert et toi,
j'ai promis de vous protéger.
J'ai échoué avec Albert,
mais je me le pardonnerai pas s'il t'arrivait quelque chose.
[Joseph] Ne dites pas ça. Vous n'y êtes pour rien.
Ce sont les Montargis qui ont tué mon frère.
Et vous le savez.
[rires de femmes]
Messieurs.
- Comtesse. - Baron.
Votre présence nous sauve, Madame.
Monsieur de Lariboise allait encore nous assommer avec sa justice sociale.
J'évoquais simplement que nombre de paysans se plaignent
des taxes et des impôts.
Mauvaises récoltes, mauvaise humeur, vous le savez comme moi.
Plus on les affame, plus on nourrit la révolte.
Pull !
Enfin, Baron.
Ces rebelles qui se font appeler la Fraternité
ne sont qu'une poignée de va-nu-pieds.
[vicomte] Pull !
Une poignée que la maréchaussée ne parvient pas à arrêter.
[vicomte] Que faudrait-il faire ?
Ouvrir les greniers.
Allons donc.
Et quoi d'autre ?
Construire des logements décents.
[Élise] Supprimer les impôts qui n'ont plus de sens.
Pourquoi pas abolir nos privilèges tant qu'on y est ?
Peut-être que derrière les grilles de votre grande demeure
vous n'entendez qu'un murmure.
[Élise] Mais la colère gronde.
Je ne dénigre en rien votre intérêt pour la chose politique,
- mais c'est une affaire d'hommes. - Il a raison.
Ce qui signifie ?
Adonnez-vous plutôt à ce que les femmes aiment faire,
danser, chanter, s'amuser.
Prenez exemple sur mes filles.
[Élise] Je vois.
Vous avez raison, Monsieur le Vicomte.
Votre perspicacité me ravira toujours.
Permettez ?
Pull !
Messieurs.
- [homme] À la tienne, mon vieux. - [toux]
[rires d'hommes]
[homme] Je t'ai dit de plus foutre les pieds ici !
J'ai de quoi payer.
- Je vends plus de cadavres. - C'est pas ce que je te demande.
Qu'est-ce que c'est ?
Décoction de pavot.
Je te promets le paradis si tu me laisses entrer.
[musique de suspense]
[homme] Joseph.
Qu'est-ce que tu fais ici ?
- Je peux vous expliquer, professeur. - Sors.
- Vous devez voir ça… - Je t'ai demandé de sortir !
Un homme va être pendu à cause de vos conclusions d'autopsie.
J'en suis fier.
Après ce qu'il a fait, il mérite la potence.
Sauf que vous vous êtes trompé.
[Joseph] J'ai lu vos conclusions. Celles que vous avez données au tribunal.
Vous avez passé sous silence que Rebecca s'était débattue.
Or le prisonnier ne présente aucune griffure, aucune marque visible.
- [professeur] Cela ne prouve rien. - Si, au contraire.
On va pendre un innocent.
Tu te trompes.
- Vous n'entendez pas ? - Au contraire, j'en ai assez entendu.
Tout ce que…
- [professeur] Merci. - Merci.
Vous n'avez qu'à aller au tribunal.
Dois-je te rappeler qu'une de tes théories
t'a déjà coûté ta place à l'Hôtel-Dieu ?
- C'est différent. - Vraiment ?
- Cette fois, je sais que j'ai raison. - Tu as dit ça la dernière fois.
Non, Joseph.
Tu as toujours été un élève brillant.
Un orphelin devenu un prodige de la médecine.
Tu as tant fait d'efforts pour sortir du caniveau.
Ce serait dommage d'y retourner.
- C'est une menace ? - Une promesse.
Si tu t'obstines.
[raclement de gorge]
Parle.
Ce n'est sans doute rien, mais…
j'ai surpris l'un de mes anciens élèves à la morgue.
Il contestait mes comptes rendus d'autopsie.
Qu'a-t-il dit ?
Il prétend que l'homme arrêté est innocent.
[fredonne]
[ouverture de porte]
[claquement de porte]
[Pérouse] Quelqu'un est venu me voir.
Il m'a confié que ton innocence faisait débat.
Ici même, dans cette prison.
Je pensais qu'on s'était compris toi et moi.
Ta mort n'a jamais été une hypothèse.
Ton arrestation…
Tout ceci, ce n'est qu'un mensonge
pour précisément qu'aucune question ne soit posée.
Un jour viendra où celui à qui tu obéis te fera subir le même sort.
Je n'agis pas par obéissance.
J'agis parce que j'aime ça.
Passionnément…
Viscéralement…
Mon père a tué 17 de nos serviteurs avant d'être arrêté.
Avant de monter sur la potence,
il m'a confié que son seul regret a été de ne pas en avoir tué plus.
[Oka gémit]
- Ma famille a subi la disgrâce. - [Oka grogne]
Ma mère s'est remariée et m'a obligé à oublier jusqu'au nom de mon père.
Je n'ai pas besoin d'un nom pour savoir qu'une part de lui vit en moi.
[Oka gémit]
Chut…
[gémit]
[s'étouffe]
[respiration forte]
Et pour le médecin ?
[pas dans le couloir]
- [ouverture de porte] - Docteur !
On dit qu'il a tenté de se suicider.
[Joseph] Poussez-vous !
[Oka respire difficilement]
Donnez-moi de l'alcool. Oka !
Oka, regardez-moi !
Oka, c'est Joseph. Ouvrez les yeux.
Appuyez sur la plaie.
Attrapez une aiguille dans ma sacoche.
Dépêchez-vous, il s'étouffe !
Oka !
Oka, regardez-moi.
Attrapez une aiguille vite, s'il vous plaît. Merci.
[Katell] Vite. Il perd trop de sang.
Tenez bon, je suis là.
Vite !
Enlevez votre main. Je vais recoudre sa veine.
- Vous avez déjà fait ça ? - Non. Enlevez votre main.
Il va s'en sortir ?
Il n'a pas tenté de se suicider.
Vous êtes certain ?
Je suis allé à la morgue, j'ai vu le corps de la victime.
- Ce n'est pas cet homme qui l'a tuée. - C'est le quartier de haute sécurité.
Aucun détenu n'a pu avoir accès à cette cellule.
- Vous savez ce que ça signifie ? - [acquiesce]
C'est facile d'acheter un gardien, mais pourquoi ?
Pourquoi vouloir tuer cet homme alors qu'on va le pendre ?
Quelqu'un cherche à protéger le vrai meurtrier
et Oka sait qui c'est.
Allez vous reposer.
Vous avez été d'une aide précieuse, ce soir, Katell. Merci beaucoup.
[Katell] Vous allez où ?
[Joseph] Chercher des réponses.
[musique douce]
[Élise] Je ne pensais pas vous croiser ici.
Madame.
Joseph.
Je sais ce que je vous inspire.
[Élise] Et je sais ce que vous ressentez.
Permettez-moi d'en douter, Madame.
Albert a compté pour moi.
Il compte encore, plus que vous ne pouvez l'imaginer.
Vraiment ?
[Élise] Ne soyez pas méprisant.
Il a payé de sa vie le prix de cette affection.
Vous pensez que j'ai pas essayé de le sauver ?
Le sauver ? Il était orphelin, vous étiez comtesse.
Vous saviez qu'il n'y avait aucun espoir. Alors pourquoi ?
Je l'aimais.
Vous l'aimiez…
Si vous l'aimiez vraiment, Madame,
vous auriez repoussé son amour.
Albert aurait souffert, mais serait toujours en vie.
Je comprends votre peine, mais entendez la mienne.
Continuez à fleurir sa tombe si cela vous aide.
Mais ne prétendez pas savoir ce que je ressens.
[musique mystérieuse]
[musique s'intensifie]
[hennissement]
[sabots]
[Élise crie] Non !
Non !
[Élise] Albert !
Albert ! Non !
Albert !
Lâchez-moi ! Albert !
Lâchez-moi !
Papa, non !
Papa !
Papa, je t'en supplie !
Albert !
[coup de fusil]
Vous n'avez pas à faire semblant.
Pas avec moi.
Je sais.
[musique mélancolique]
[bruits étouffés]
[rires et bris de verre]
[musique de suspense]
- Katell. - Tais-toi.
Pourquoi il me suit ?
J'imagine que t'as vu juste.
[Katell] La maréchaussée protège le vrai coupable.
[halète]
Monseigneur, non !
Monseigneur !
Non !
[musique de suspense]
[clavecin]
[clavecin et violons]
[Madeleine] Un jour viendra où les esclaves briseront leurs chaînes,
où les damnés de la Terre s'uniront
pour faire entendre le cri de leur révolte.
Bientôt, l'Enfer sera plein.
Et quand il n'y a plus de place en enfer,
les morts reviennent sur Terre.
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