All language subtitles for The.Undoing.S01E06.fr

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Original subtitles

Il faut que tu me parles.

Tout de suite.

Je l'ai trouv� dehors, dans la chemin�e.

� la maison de la plage ?

Dans la chemin�e ?

Quand ?

� notre arriv�e.

Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?

� ton avis ?

Ne r�ponds pas � ma question par une question.

Pourquoi ne m'as-tu rien dit ?

Parce qu'il l'a tu�e.

Je ne voulais pas qu'on l'arr�te.

Tu l'aurais donn� � la police.

Piti� !

C'est Alves.

Il a d� le placer l�.

Le cacher.

Il connaissait l'adresse ?

- Il a pu nous suivre. - Nous ?

Nous y allions. Elena et moi.

Dans ma maison de famille !

- Esp�ce d'enfoir� ! - Papa !

- Putain de merde ! - Arr�tez !

Nom d'un chien.

C'est peut-�tre une bonne chose. Alves.

On pourrait retrouver son ADN dessus. Peut-on le faire analyser ?

�a me disculperait.

- N'est-ce pas ? - Non.

Non.

Je l'ai mis au lave-vaisselle.

Quoi ?

Pour te prot�ger.

- Je ne l'ai pas tu�e ! - La ferme.

C'est important pour que j'aide ton p�re.

Il faut que je sache la v�rit�.

Tu l'as trouv� dans la chemin�e ext�rieure ?

Quand ?

Juste apr�s notre arriv�e l�-bas.

Et tu l'as pass� au lave-vaisselle ?

- Deux fois. - Merde !

- �coutez. - Silence.

- Attendez... - J'ai dit "silence".

Rien ne me dit qu'il s'agit de l'arme du crime.

Je ne vous dirai pas quoi en faire.

Rien ne m'oblige � pr�venir la police.

�tant donn� qu'il a �t� pass� au lave-vaisselle,

je ne pense pas qu'il aurait valeur de preuve.

- Bien s�r que... - �coutez-moi.

Si ce marteau est r�v�l� au public,

la partie est finie.

Ce sera la co�ncidence de trop.

De plus,

on arr�tera Henry pour entrave � la justice.

On n'arr�te pas un enfant qui prot�ge son p�re.

- Ils le feront. - Ils peuvent arr�ter Henry ?

Lui mettre �a sur le dos ?

Ils le peuvent et ils le feront.

De plus,

ils le traumatiseront.

Voici mon conseil.

Mon conseil est de ne pas le remettre � la police.

Vous plaisantez ?

Vous m'avez choisie pour d�fendre votre gendre.

Vous comprenez tous tr�s bien

qu'en plein proc�s, ce n'est pas le moment.

On s'arrangera avec notre morale quand ce sera fini.

Tr�s bien. Qu'est-ce que...

Que dois-je en faire ?

Je ne peux ni vous conseiller ni vous ordonner

de le cacher ou de le d�truire.

Ce n'est pas une r�ponse.

Je ne peux ni vous conseiller ni vous ordonner

de le cacher ou de le d�truire.

Je dois parler � ma femme.

Seul. Tout de suite.

Va dans ta chambre.

Va nous attendre dans ta chambre.

Est-ce possible ?

Quoi ?

C'est la seule autre explication.

- Quoi ? - Tu te poses la m�me question.

Il savait pour Elena et moi.

Il nous a vus � l'�cole. �a a pu totalement le bouleverser,

le traumatiser plus qu'on ne l'imagine.

Il a pu y aller ce soir-l�,

me voir avec elle et...

Es-tu en train de me demander

si je crois que notre fils a battu cette femme � mort ?

Il avait l'arme.

Il avait cette arme...

- Il l'a transport�e, cach�e. - C'est impossible.

Il l'a cach�e pendant trois mois.

Pourquoi la laver ?

Il veut te prot�ger.

Il te croit coupable.

On croit tous conna�tre ses enfants...

- Quoi ? - C'est peut-�tre faux.

Es-tu en train d'accuser notre fils du meurtre ?

Non, je r�fl�chis.

Arr�te.

J'ai juste la t�te qui tourne !

Et tu imagines des choses abjectes.

Je veux que tu partes.

Pardon.

Va te faire foutre.

Sois poli.

Tu m'accuses d'avoir fait �a !

Non, c'est faux.

Je t'ai entendu, putain !

Ce que tu as entendu, c'est mon esprit

qui ne tourne plus rond en ce moment.

Je ne le contr�le plus. Viens discuter.

Je suis attaqu� de toutes parts.

Tout le monde pense que je l'ai tu�e.

Mais tu m'accuses, moi !

�a ne me ressemble pas.

C'est la parole d'un homme d�sesp�r�, pas de ton vrai p�re.

Je te promets que si je surmonte cette �preuve,

et je le ferai, putain...

le vrai moi fera son retour.

Et le vrai nous aussi.

Toi et moi, on fera enfin ce dont on a tant parl�,

"Le Road trip 2". D'accord ?

Je t'aime. Pardon.

Viens l�. Je t'aime.

Nom d'un chien.

Si cet homme reste en libert�,

il fera partie de ta vie, de la vie de ton fils !

Bon sang, Grace.

Tu as toujours �t� si clairvoyante.

Tu as toujours su anticiper.

Pourquoi ne vois-tu pas la r�alit� ?

Bon sang...

Je la vois.

Je vais m'en occuper.

En appelant l'accus� � la barre, Me Fitzgerald prend un risque.

Cela montre qu'elle pense ne pas avoir d'autre solution.

D'un autre c�t�, l'interview t�l�vis�e du m�decin

s'est r�v�l�e tr�s convaincante.

Elle sent peut-�tre que son client est la cl� de son acquittement.

Ce qui est certain, c'est que la journ�e de demain

s'annonce riche en rebondissements.

Cette ambiance ne me pla�t pas.

Tout va bien.

Encore une fois : ne montrez aucune �motion.

Vraiment aucune.

�tre inhumaine. Bien compris.

- Ce n'est pas �a. - Alors quoi ?

Vos moindres r�actions seront utilis�es contre vous.

Une grimace et vous faites de lui un monstre.

Un sourire ? �a vous est �gal.

Une larme ? Vous simulez.

Vous, au contraire, ne cachez rien. Qu'ils voient tout.

La t�te haute et les yeux baiss�s.

Et tenez-vous la main.

Lorsqu'on prend en compte toutes les circonstances

et qu'on y ajoute certains faits...

C'est affreux.

J'ai menti � ma femme, ce qui fait de moi un menteur.

Je l'ai tromp�e, donc je suis infid�le.

On a trouv� mon sperme dans la victime,

ce qui fait de moi un suspect.

Je m�rite ces qualificatifs.

Mais pas celui d'assassin.

Je n'ai pas tu� Elena.

On a fait l'amour et je suis parti.

Puis je suis revenu.

Je l'ai trouv�e morte.

Vous comprenez notre dilemme.

Nous n'avons que votre parole.

Et comme vous l'avez reconnu, vous mentez.

Il n'y a aucune preuve que j'aie jamais �t� violent. Aucune.

J'ai consacr� ma vie � ce qu'on pourrait appeler

l'antith�se de la violence :

la gu�rison,

mais aussi l'empathie et la compassion.

J'ai particip� � la gu�rison

du fils d'Elena et Fernando, Miguel.

Peut-on en parler ? De quoi souffrait-il ?

De quelle maladie souffrait Miguel ?

D'une tumeur de Wilms.

C'est un cancer du rein fr�quent chez les enfants.

Miguel a �t� victime de cette statistique.

Quel fut son traitement ?

Il n'a pas eu de chance. Le traitement standard a �chou�.

Je dirigeais une �quipe

dont la sp�cialit� �tait une proc�dure

appel�e greffe autologue de moelle osseuse.

C'est une proc�dure longue et assez r�cente

qui a heureusement fonctionn� dans le cas de Miguel.

� la fin, on �tait devenus proches. Un effet du cancer.

On a beaucoup parl� de l'amour que je portais

� sa m�re,

mais je l'aime aussi.

- Miguel ? - Oui, il est devenu

comme un fils, ce qui n'est pas recommand�.

Un oncologue p�diatrique qui s'attache � un patient...

C'est le chemin assur� vers la d�pression

ou au moins l'abattement le plus total.

Mais souvent, j'ai constat� que je n'avais pas le choix.

C'�tait encore plus vrai avec Miguel.

C'est un jeune homme exceptionnel.

Vous le qualifiez toujours d'homme.

C'est un jeune gar�on.

Mais pour combattre le cancer comme il l'a fait,

avec un tel acharnement,

en gardant sa bonne humeur,

il faut �tre un homme, au fond de soi.

Apr�s son op�ration, pendant sa chimioth�rapie,

vous avez souvent dormi dans sa chambre.

Comme je l'ai dit, je me suis attach�.

Il y a eu des moments incertains et je ne voulais pas le perdre.

J'�tais vraiment d�termin�.

Il y avait une autre raison � �a.

Quelle autre raison ?

Il �tait comme mon fils.

Ce qui est arriv� � sa m�re...

Je ne pourrais jamais faire une chose pareille, ni � elle

ni � lui.

Merci.

Vous avez d�couvert la m�re de Miguel dans cet �tat.

En effet.

Et quand les policiers l'ont trouv�e le lendemain matin,

ils ont voulu vous interroger.

O� �tiez-vous ?

Dans un motel pr�s de Lake George, dans le nord de l'�tat.

- Comment y �tiez-vous all� ? - En voiture.

Vous dites que vous aimiez Elena Alves.

Vous l'avez trouv�e comme �a.

Puis-je vous demander de regarder l'�cran ?

Monsieur.

Une femme que vous aimiez.

Une femme dont vous consid�riez le fils comme le v�tre.

Vous n'avez pas appel� la police

ou une ambulance ?

D'abord, je la savais morte.

Et donc,

"filons � Lake George".

En fait, j'ai compl�tement paniqu�.

Vous �tes parti directement � Lake George ?

Non, le lendemain matin.

O� avez-vous pass� la nuit ?

- Chez moi. - Pardon ?

Chez moi.

Qu'avez-vous fait ?

Je me suis couch�.

Vous avez laiss� votre ma�tresse assassin�e,

et �tes rentr�

vous coucher.

J'�tais terrifi�.

J'�tais terrifi� � l'id�e qu'on m'accuse

et que mon infid�lit� soit r�v�l�e.

Alors j'ai...

fait un choix idiot.

Pourtant, vous n'�tes pas idiot.

Vous �tes un oncologue reconnu

habitu� aux d�cisions cruciales

prises en �tat de stress intense.

Cette fois, vous avez fait le choix

de fuir.

J'avais l'air coupable.

C'�tait vrai � l'�poque

et �a l'est encore aujourd'hui.

Si je ne suis pas le coupable, qui est-ce ?

Mais ce n'est pas moi.

Je suis la solution de facilit�.

Mais pas la bonne solution.

Les v�tements que vous portiez ce soir-l�,

un smoking, je crois...

O� est pass� ce smoking ?

Je l'ai port� au pressing.

Au pressing ?

Quand ?

En partant � Lake George.

Vous l'avez port� au pressing

en partant � Lake George...

Je ne sais pas comment tu fais pour tenir le coup.

Est-ce que �a va ?

Je sais combien vous �tes proches.

C'est la faute de papa.

Que penses-tu du fait qu'il veuille reconstruire notre famille ?

Tu l'esp�res ?

Toi, tu l'esp�res ?

Tu r�ponds encore � une question par une autre question.

Et j'aimerais que tu r�pondes en premier.

C'est ce que tu esp�res ?

Je veux ce qu'il y a de mieux pour toi.

C'est moi.

�a te dirait de venir marcher avec moi ?

Avant le petit d�jeuner ?

Tu me donnes 30 minutes ? Rosana sera l�.

Il faut que je te parle. J'ai un service � te demander.

Pourquoi toujours ce flic ?

- Ce n'est jamais son co�quipier. - Me Fitzgerald, � vous.

Merci, monsieur le juge.

La d�fense aimerait appeler � la barre...

Miguel Alves.

- M. le juge... - Il est sur votre liste de t�moins.

Ce t�moin n'a jamais �t� inclus...

Il est sur la liste et ici, s�rement parce qu'il vous est utile.

Si c'est trop dur, j'arr�terai tout.

Je suis l� pour te soutenir.

D�sol�. Je t'aime.

Jures-tu de dire toute la v�rit� et rien que la v�rit� ?

- D�cline ton identit�. - Miguel Alves.

Bien, Miguel. Assieds-toi.

Bonjour, Miguel.

Pardon de te mettre dans l'embarras.

Tout cela est assez horrible,

mais j'imagine que rien n'est pire que la perte de ta m�re.

Je te vois regarder ton p�re.

Tu en as le droit.

Si quelque chose devient trop dur ou trop effrayant,

dis-le-moi, d'accord ?

On arr�tera ou on fera une pause.

D'accord.

Je te promets que �a ne sera pas long.

Je n'ai que deux questions.

Ou plut�t des questions sur deux points seulement.

D'abord,

le soir o� ta m�re est morte,

tu �tais chez toi ?

- Avec mon p�re et ma s�ur. - O� �tait ta m�re ?

� une collecte de fonds de l'�cole.

Une vente aux ench�res.

Elle est all�e � la vente.

Te souviens-tu � peu pr�s de l'heure � laquelle tu t'es couch� ?

� environ 21 h.

� 21 h, tu es s�r ?

C'est l'heure o� je me couche. Mon p�re est strict � ce sujet.

Tu as ta propre chambre ?

O� dort ta petite s�ur ?

Dans la chambre de mes parents.

Tu t'es donc couch� vers 21 h.

� quelle heure t'es-tu r�veill� ?

� 6 h 30.

J'ai un r�veil pour l'�cole.

Entre ton heure de coucher � 21 h

et ton r�veil � 6 h 30,

t'es-tu lev� ou r�veill� dans ce laps de temps ?

Tu as dormi toute la nuit ?

Je crois.

Je me r�veille parfois pour boire ou faire pipi.

C'est arriv�, cette nuit-l� ?

Je ne crois pas,

mais je me souviens mal.

C'est normal.

Il est possible que tu aies dormi toute la nuit

de 21 h environ � 6 h 30. N'est-ce pas ?

C'est possible.

Ma prochaine question

est un peu plus difficile.

Tes parents se f�chaient-ils parfois,

se disputaient-ils ?

Parfois.

Leur arrivait-il de crier lorsqu'ils se f�chaient ?

Parfois.

De hurler ?

Ils se disputaient beaucoup ?

Je ne sais pas.

S'�taient-ils disput�s

un peu plus que d'habitude

peu avant la mort de ta m�re ?

Je ne sais pas.

�a te faisait peur, quand ils se disputaient ?

As-tu d�j� dit � quelqu'un que leurs disputes te terrifiaient ?

Je l'ai dit...

� l'un de mes professeurs.

Je suis d�sol�e.

Tu sais quoi ? On va s'arr�ter l�.

Tu t'en es tr�s bien sorti.

Mme la procureure ?

Je n'ai pas de questions, M. le juge.

Merci, Miguel. Tu peux retourner � ta place.

C'�tait ind�cent.

Je sais.

Tu trouves ?

Vraiment ?

�a va ?

Oui, �a va. Et toi ?

- Quel culot. - M. Alves...

Vous �tes ignobles, putain !

- Vous ne devriez pas �tre l�. - Vous devriez avoir honte !

- Je vais appeler la s�curit�. - Fernando...

- Vous �tes immondes ! - M. l'agent !

On y va.

Par ici.

�a va ?

- Vous �tes s�re ? - Et maintenant ?

C'est fini ?

On en reste l� ?

Ou on appelle Mendoza.

C'est tendu.

Non, �a ira.

Je suis confiante.

Et moi ?

Selon vous, c'est mon t�moignage qui est le plus fiable.

Je suis pr�te � t�moigner.

Vous avez dit que le jury s'identifierait � moi.

Je ne peux pas afficher votre ambigu�t� ainsi.

Mon ambigu�t� ?

Je vois.

Je vais simplement dire la v�rit�.

Mais quelle est votre v�rit� ? J'ai du mal � suivre.

Je ne peux pas croire que tu aies fait �a.

C'est ce que je dirai. Je suis pr�te � dire �a.

J'en t�moignerai.

Merci.

Avoir une liaison, c'est humain.

Lever la main sur quelqu'un

dans un acc�s de passion ou de col�re,

c'est humain.

Mais battre quelqu'un � mort

et continuer � frapper son cadavre encore et encore,

c'est monstrueux, Grace.

C'est l'acte d'un monstre.

Merci.

De votre gentillesse.

En Dieu nous croyons

Jurez-vous de dire la v�rit�,

toute la v�rit� et rien que la v�rit� ?

Je le jure.

Veuillez d�cliner votre identit�.

Grace Reinhardt Fraser.

Asseyez-vous.

Dr Fraser,

puis-je vous appeler Grace ?

- Vous �tes docteure. - En effet.

Dans quel domaine ?

Je suis psychologue clinicienne.

Je suis titulaire d'un doctorat

en psychologie de l'universit� de Harvard.

- Vous y avez connu votre mari. - En effet.

On s'est rencontr�s en 2002.

On s'est mari�s en 2005.

Un mariage heureux ?

Jusqu'� r�cemment, oui.

Je ne vous demanderai pas les raisons de votre pr�sence ici.

Je vous en remercie.

Votre mari et vous �tes toujours ensemble ?

Oui.

Avant la nuit de l'assassinat d'Elena Alves,

saviez-vous que Jonathan et elle avaient une liaison ?

Je l'ignorais.

Vous avez tous les deux assist� au gala de l'�cole

avant qu'il ne parte pr�matur�ment.

Selon vous, o� �tait-il all� ?

� l'�poque, je croyais

qu'il avait eu une urgence avec une patiente.

Mais � ma connaissance aujourd'hui,

il est parti...

� cause d'elle.

Elle, c'est Elena, la victime.

Il �tait amoureux d'elle et l'est peut-�tre encore.

Ce doit �tre difficile.

Oui, �a l'est.

Pourtant, vous �tes � ses c�t�s

pour t�moigner en sa faveur.

Il n'aurait pas pu faire �a.

Qu'en savez-vous ?

Nous sommes mari�s depuis 14 ans, ensemble depuis 17 ans.

Je sais pr�cis�ment qui il est et comment il est.

Je suis psychologue clinicienne sp�cialis�e en cognition.

Mes comp�tences me permettent de lire, diagnostiquer les gens,

en quelque sorte.

�tiez-vous au courant de son infid�lit� ?

C'est une chose, de se laisser berner par son adult�re.

Mais se tromper sur ce qu'il est au fond...

Qu'est-il, justement ?

Il est...

Au fond de lui, il est avant tout un gu�risseur.

Il sauve la vie de gens.

Il soigne des cancers chez des enfants.

Son amour-propre

est fondamentalement d�pendant d'une chose :

la pr�servation de la vie humaine.

L'id�e qu'il puisse en �ter une est tout simplement ind�fendable.

En tant que psychologue, vous savez

que des gens respectueux des lois,

des gens tr�s intelligents, dont des m�decins,

sont susceptibles de craquer.

Je n'ai absolument jamais vu Jonathan

se montrer violent.

Pas une seule fois.

C'est un homme doux,

dot� d'empathie.

Il ne porte pas en lui la capacit�

de faire ce dont on l'accuse.

Merci.

Vous l'aimez.

C'est vrai.

Y a-t-il quelqu'un que vous aimiez plus ?

Mon fils, Henry.

Oui, �videmment.

Je ne peux imaginer l'�preuve qu'il traverse.

Pour un enfant de 12 ans,

voir son p�re accus� de meurtre...

Vous aimeriez sans doute

rendre � Henry son p�re d'un coup de baguette magique.

Je ne suis pas l� pour �a.

Savez-vous ce qu'est un biais de confirmation ?

- Tout � fait. - De quoi s'agit-il ?

Il s'agit...

d'une tendance � voir les choses selon ses pr�jug�s.

L'accus� est l'amour de votre vie,

le p�re de votre fils.

Le voir comme un meurtrier...

Mon t�moignage est honn�te.

Vraiment ?

Vous avez affirm� ne jamais avoir vu votre mari

se montrer violent.

C'est honn�te ?

Vous a-t-il d�j� attrap�e par la nuque ?

Si vous faites r�f�rence...

Si vous parlez du soir � la maison de la plage...

En l'occurrence, oui,

du soir o� il y est entr� par effraction,

s'est approch� de vous par-derri�re

et vous a saisie.

Il voulait me parler.

Il a pos� ses mains sur ma bouche

car il voulait m'emp�cher de crier,

m'emp�cher d'avoir peur.

Il ne voulait pas effrayer mon fils qui dormait � l'�tage.

Mais avez-vous d�clar�

au lieutenant Mendoza avoir craint qu'il ne vous tue ?

Sur le moment, j'�tais terrifi�e.

Tout � coup,

il a surgi et...

j'ai �t� surprise.

Votre pr�c�dent t�moignage selon lequel

votre mari est incapable de violence

�tait inexact ?

Mes sens ont �t� bri�vement perturb�s sur le moment

par la peur.

J'ai rapidement r�alis� que je ne courais aucun danger.

Vous avez rapidement r�alis� �a

avant ou apr�s avoir appel� la police ?

Je m'appelle Grace Fraser.

Mon mari a fait effraction chez moi.

Il est recherch� pour meurtre.

C'est Jonathan Fraser.

Je suis au 361 Beach Way, Beach Way Drive.

Je suis terrifi�e.

Venez vite.

Je vous en prie.

Comme je l'ai dit, j'�tais terrifi�e.

Terrifi�e sur le moment.

Je connais mon mari.

Et sa famille ?

- Quoi ? - Sa famille.

Sa m�re, son p�re... Vous les connaissez ?

Pas bien.

Il n'a plus de contact avec sa famille.

Plus de contact ?

Pourquoi ?

� cause d'un accident.

Quel genre d'accident ?

Quand Jonathan avait 14 ans,

alors qu'il gardait sa s�ur de 4 ans,

elle est sortie de la maison et une voiture l'a heurt�e et tu�e.

Ses parents l'ont tenu pour responsable.

C'est pour �a qu'ils n'ont plus de contact ?

D'accord...

En avez-vous d�j� parl� � la m�re de Jonathan ?

- Ou � son p�re ? - J'en ai parl� � sa m�re.

Quand ?

Il y a une semaine.

Qu'a-t-elle dit ?

Objection. Ou�-dire.

D�claration compromettante.

Objection rejet�e.

Je vous en prie. Que vous a-t-elle dit ?

Pas grand-chose de plus.

Qu'� un moment,

sa s�ur �tait sortie de la maison

et qu'ensuite...

la trag�die s'�tait produite.

A-t-elle �voqu� le traumatisme de Jonathan ?

- Objection ! - Rejet�e.

Que vous a dit votre belle-m�re

au sujet du traumatisme dont il a souffert

suite au d�c�s de sa s�ur ?

Qu'il n'avait souffert...

d'aucun traumatisme.

En fait,

elle vous a dit que Jonathan

n'avait �prouv� ni remords ni chagrin.

- Est-ce exact ? - Objection ! Ou�-dire.

D�claration compromettante.

Sa m�re...

- Il n'y a... - Je peux r�cuser le t�moin.

Elle a affirm� sous serment

que l'accus� �tait une personne empathique.

- Mais elle a... - M. le juge !

Votre objection est rejet�e.

Oui ou non,

la m�re de l'accus� vous a-t-elle dit que Jonathan

n'avait �prouv� ni remords ni chagrin

suite au d�c�s de sa s�ur de 4 ans ?

R�pondez � la question, docteure.

Pas de chagrin ?

Elle pensait que �a viendrait mais...

Toute la famille l'a soutenu,

convaincue qu'une fois le choc pass�, la souffrance se manifesterait,

mais elle n'est jamais venue.

A-t-elle dit autre chose ?

C'est juste son avis.

- Ce n'est pas... - Il sera consid�r� comme tel.

R�pondez.

Qu'a-t-elle dit d'autre ?

Elle a dit...

que selon elle,

Jonathan...

�tait incapable de souffrir,

incapable d'�prouver des remords ou de culpabiliser.

Avez-vous dit � quelqu'un que selon vous, votre mari

souffrait d'un trouble de la personnalit� narcissique ?

- M. le juge, objection. - Rejet�e.

En plus d'�tre pr�judiciable, c'est hors de propos.

Je pourrais la r�cuser.

Pardon, M. le juge,

mais ce t�moin est � la barre

pour attester de l'innocence de l'accus�.

Or elle ne peut attester de rien.

- Objection ! - Rejet�e.

Asseyez-vous, Me Fitzgerald.

Regardez-moi, docteure.

Regardez-moi.

Vous avez dit � votre amie Sylvia Steinetz

que selon vous, votre mari souffrait

d'un trouble de la personnalit� narcissique.

Ce n'�tait pas un diagnostic.

C'�tait votre opinion

en tant qu'�pouse,

en tant que psychologue clinicienne.

Quelles sont les caract�ristiques de ce trouble de la personnalit� ?

Essentiellement la m�galomanie.

Quoi d'autre ?

Quoi d'autre ?

Le manque d'empathie.

Le manque d'empathie ?

Votre t�moignage selon lequel c'est un homme empathique

�tait donc un mensonge.

Un mensonge envers nous.

Et un mensonge envers vous-m�me.

N'est-ce pas ?

Je ne comprends pas.

Vraiment ?

Docteure, dans votre cabinet,

dites-vous aux patients

que parfois, ils veulent tellement croire leur partenaire

qu'ils font le choix de ne pas savoir certaines choses,

de ne pas voir certaines choses ?

Que parfois, la v�rit�

sur la nature de leur conjoint

est d�form�e par leur fantasme d�sesp�r�

de la personne qu'ils voudraient avoir �pous�e ?

C'est un ph�nom�ne r�el.

N'est-ce pas, Dr Fraser ?

Les gens ferment les yeux sur la r�alit� de leur conjoint.

Vous le dites � vos patients tr�s souvent.

N'est-ce pas ?

Je sais tr�s bien qui j'ai �pous�.

Oui, je pense que vous le savez.

M. le juge,

je demande l'annulation. Ce sont des ou�-dire.

C'est extr�mement pr�judiciable,

c'est d�loyal et scandaleux.

Si elle soutenait l'accusation, j'y r�fl�chirais,

mais c'est un t�moin de la d�fense. Vous l'avez fait venir.

Vous �tes responsable.

Vous devez savoir...

- Asseyez-vous. - Ce sont des mensonges !

Asseyez-vous.

Retournez � votre place.

Je t'aime tellement, Grace.

Bien jou�, Haley.

Elle nous a bais�s.

Je vais demander une annulation.

Vous avez essay� et il a refus�. C'est foutu.

Elle nous a bais�s ! C'est votre faute !

C'est ma faute ?

Jonathan,

elle �tait de votre c�t�.

Elle �tait dans votre camp.

C'est vous qui l'avez perdue.

En ne vous d�barrassant pas de ce marteau, putain.

Vous m'entendez ?

Vous ne vous �tes pas d�barrass� de ce putain de marteau.

Vous �tes tellement stupide.

Elle l'a fait � dessein.

Elle �tait de m�che avec l'accusation.

Si la procureure l'avait appel�e, Grace n'aurait pas eu � t�moigner

contre son conjoint.

La d�fense l'ayant appel�e,

ce droit a �t� lev�

et elle s'est trouv�e en position d'�tre r�cus�e.

C'est brillant. Elle a l�ch� une bombe...

Elle l'a fait expr�s.

Que voulais-tu qu'elle fasse ? Qu'elle mente ?

Elle aurait pu leur livrer le marteau.

Mais �a t'aurait incrimin�, toi.

Adieu, Reardon. Bonjour, prison pour mineurs.

Tu as un message.

La le�on de morale est suspendue.

Tu me manques, bonhomme.

Mauvaise nouvelle pour les parieurs.

Les bookmakers de Las Vegas ont suspendu

tous les nouveaux paris sur l'issue du proc�s,

la condamnation du Dr Fraser semblant pratiquement assur�e.

Petit d�jeuner ? Ce sera peut-�tre notre dernier.

Tu es s�r, papa ?

O� est Jonathan ?

Il n'est pas l�. Il ne me r�pond pas.

Vous avez eu de ses nouvelles ?

Bien s�r que non.

Quel connard... Je l'ai mis en garde !

Henry n'est pas � l'�cole.

Il n'est pas all� � l'�cole ?

Pr�venez la police, Haley.

C'est pas vrai...

- On va vraiment petit-d�jeuner ? - Passe ton t�l�phone.

Passe-le-moi.

Merci.

Si tu voyais ta t�te !

Bon, je l'�teins.

Essaie de garder ton calme.

Tu peux pas faire �a, papa.

Je ne fais rien, l�.

Je conduis avec mon fils.

Ta femme...

Elle est super.

Elle a �t� si gentille avec moi.

On s'est tout de suite bien entendues.

On va prendre le th� demain avec les enfants.

Je crois qu'Henry aura une bonne influence sur Miguel.

Comme un grand fr�re.

Reste � l'�cart de ma famille.

Si tu t'approches encore de ma famille,

que ce soit de ma femme ou de mon fils,

je te ferai du mal.

Tu verras, putain.

Tu ne me feras jamais de mal

et tu ne me quitteras jamais, Jonathan.

Alors, comment va Rosen-barge ? Toujours aussi barge ?

L'unit� sp�ciale a �mis une alerte enl�vement

au nom d'Henry Fraser, 12 ans.

Il mesure 1 m�tre 55

et p�se 50 kg.

Il est blanc avec des cheveux ch�tain fonc�.

Il portait ce matin un uniforme scolaire

avec un pantalon gris et une veste bleue.

Nous recherchons

un mod�le r�cent de Range Rover gris.

Le v�hicule a �t� vu quittant Manhattan

via la Henry Hudson Parkway.

Il se dirigerait vers la fronti�re canadienne.

Nous avons alert� les services autoroutiers

et la police des fronti�res.

Le Dr Fraser doit �tre consid�r� arm� et extr�mement dangereux.

Pour tout signalement,

contactez la police...

Dis-moi juste o� on va, s'il te pla�t.

Je n'en suis pas encore s�r, bonhomme.

C'est un peu un "Magical Mystery Tour",

notre fameux deuxi�me road trip.

Sans doute notre derni�re chance.

Mais papa, on ne peut pas partir en road trip maintenant.

Voyons, d�tends-toi.

Profite, chante une chanson.

C'�tait quoi, cette chanson que tu chantais, petit ?

Je mets les mains sur moi

Celle-l�.

Qu'est-ce qu'on a l� ?

Mes yeux clignants Et rien � craindre

Yeux clignants, cerveau pensant Da di da di di

Voil� ce que l'�cole m'a appris

- Tu ne me feras jamais de mal. - Tu en es s�re ?

�a fait mal, ch�rie ? Tu as eu mal ?

- Tu as eu mal ? - Arr�te !

Je mets les mains sur moi

Qu'est-ce qu'on a l� ? C'est mon...

Attrape-miettes

Et rien � craindre

Attrape-miettes, essuie-nez, Yeux clignants

cerveau pensant Da di da di di

Voil� ce que l'�cole m'a appris

Tu me quitteras pas.

- Vraiment ? - Jamais !

Je te quitte.

Il est sur la 202.

� 16 km devant nous.

� mon avis, il est presque l'heure

des palourdes frites.

Des palourdes ?

Mais pas telles que tu les connais, Terrien.

Les palourdes frites du grand Bollie, � Albany.

Les meilleures de l'univers.

Papa...

On ne peut pas manger des palourdes frites.

Tu dois me laisser sortir.

Des palourdes d'Ipswich, donc elles sont vraiment �normes,

- comme elles devraient... - Papa...

Pourquoi on le ferait pas ?

Pardon.

Excuse-moi.

�a arrive.

�a peut arriver de...

perdre son sang-froid, parfois.

On devient...

quelqu'un d'autre.

�a peut �tre caus� par la panique, la col�re ou...

parfois par l'amour.

On perd son sang-froid.

Mais �a ne change pas qui nous sommes au fond.

Sache-le.

Tu comprends ?

Ils vont raconter

que cette histoire est mon h�ritage.

Qu'ils aillent se faire foutre !

Pardon. Ce n'est pas mon h�ritage.

Mon h�ritage...

c'est toi.

Et mes patients, et ta m�re.

Tu as assassin� quelqu'un, papa.

Vraiment ?

Vraiment...

Piti� !

Piti�...

Tu as assassin� un �tre humain.

Pas le vrai moi.

Pas le p�re que tu connais.

Ce n'est rien.

Tout va bien.

Papa, arr�te-toi !

- Arr�te la voiture ! - Dans un instant.

Je veux profiter de chaque seconde avec toi.

Tu dois arr�ter, garer la voiture et me laisser sortir.

- Je t'en prie ! - Chaque seconde.

Qu'ils aillent se faire foutre !

Papa, allez !

Arr�te �a ! �a aggrave tout !

La ferme !

Laisse-moi sortir, s'il te pla�t.

S'il te pla�t.

Le voil�. Droit devant.

Voici le Wurts Street Bridge,

autrefois un majestueux monument.

Il ne l'est plus vraiment, aujourd'hui.

Un peu comme qui ?

Papa...

Le feu est rouge.

C'est rouge !

Papa !

Piti�, ne fais pas de mal � mon fils.

Papa, qu'est-ce que tu fous ?

Souviens-toi bien :

toi, mes patients et ta m�re.

Mon h�ritage. Quel est mon h�ritage ?

Reste dans ta voie !

Faites-moi sortir. Vous pouvez vous poser ?

Papa !

Fais pas �a !

Ne fuis pas !

Retourne dans la voiture.

Je peux sortir ?

Je peux ouvrir ?

Sors ! Ouvre la porte.

Jonathan, non !

- Madame, vous ne pouvez pas passer. - Arr�te !

Je t'aime.

Arr�te !

Je t'en prie !

Henry, j'arrive !

Arr�te !

Arr�te ! Regarde-moi.

Jonathan, non !

Tout va bien.

Je suis d�sol�.

Pardon, Grace.

Pardonne-moi.

Grace, viens dans mes bras.

Cours.

Parfait, Henry.

Vous �tes pr�te, madame ?

C'est fini allez, au lit !

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