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Dernier lot. Numéro 45. Violon d'attribution incertaine.
Boucle anthropomorphe sculptée...
se réfère à l'œuvre de Jacobus Steiner, vers 1670.
Conditions discrètes. Bonne facture et belle forme.
Sans défauts en ce qui concerne la couleur et le vernis.
Mise à prix : 24 mille couronnes. Qui se porte acquéreur ?
Merci. 24 mille pour monsieur.
Une offre à 26 mille ?
26 mille. 28 mille.
28 mille une fois...
28 mille deux fois...
30 mille. 30 mille une fois... 34 mille.
38 mille. Merci.
38 mille une fois... 38 mille deux fois...
50 mille couronnes pour monsieur !
50 mille une fois... 50 mille deux fois...
Une offre à plus de 50 mille ?
Adjugé à monsieur pour 50 mille couronnes !
Merci. Ceci termine la vente aux enchères.
J'espère que vous nous honorerez de votre présence...
lors de la prochaine vente aux enchères mardi à 20h...
dans cette salle. Mille merci. A bientôt.
- Merci. - Merci à vous, monsieur.
Excusez-moi, monsieur.
J'ai besoin de vous parler.
- Je suis désolé. Une voiture m'attend. - Excuse-moi, mais vous ne pouvez pas partir comme ça.
Je ne comprends pas ce qu'elle veut dire. Je ne vous connais même pas.
Ni vous à moi, monsieur.
Mais je connais ce violon.
Je vous ai dit quon m'attendait.
Vous le regretterez !
Et vous ne réussirez pas à me retrouver !
Vous avez besoin plus besoin de parler avec moi que le contraire.
Voici la preuve...
que l'homme que j'ai trouvé n'était pas un fantôme.
Mais ils m'ont dit que les morts...
trouvent d'étranges façons de parler avec les vivants.
Vous y croyez ?
Je suis vieux, mademoiselle, mais pas encore mort.
Je ne sais pas que vous répondre. - Le son de ce violon...
c'est mon unique souvenir d'enfance.
Je n'ai jamais su qui étaient mes parents.
Il est difficile d'imaginer combien...
ceux que vous ne connaissez pas vous manquent.
C'était en août 68.
Prague a vécu son printemps.
Mais cette joie...
ne m'a pas envahi.
Où es-tu, Costanza ?
Costanza, je suis ici !
Viens !
À demain !
- C'est toujours comme ça. - Tu ne sais vraiment pas ce que tu veux.
Non, je le sais très bien. L'étrange c'est toi !
- Est-ce que tu le connais ? - Non.
- Es-tu sûre de ne pas l'avoir déjà vu ? - Je te dis que je ne l'ai jamais vu.
Sortez Nous sommes tous des musiciens. Ce n'est pas nécessaire.
Je ne joue pas pour toi.
C'est pour ceux qui dans leurs yeux...
portent la mémoire du monde.
Il a perdu la tête.
- Excuse-moi ! - Tu le poursuis ?
Costanza ! Costanza, où vas-tu ?
Attendez !
J'ai déjà entendu cette musique.
Il y avait des enfants...
- C'est de qui ? - Ecoute, Costanza.
- Comment connaissez-vous mon nom ? - Par ce garçon au café.
- Mais j'étais déjà sortie ! - Oui je sais.
Mais je l'ai entendu.
- Comment tu t'appelles ? - Jeno. Jeno Varga.
Tu as dit là-bas que tu as joué pour...
"celles qui portent la mémoire du monde" dans leurs yeux.
- Qui sont-elles ? - Celles qui ressemblent...
à quelqu'un qui ne peut pas exister.
- J'ai déjà entendu cette musique. - Non, tu te trompes.
- Je n'ai pas joué de ce violon depuis des années. - C'était beau.
Est-ce que c'est le tien ?
Un jour, un homme...
s'est épris d'une femme.
Quand il est parti, il a laissé ce violon ... cette musique.
- Et moi... - Est-ce que cet homme était ton père ?
Je suis son fils.
Cette musique est un "canon inversé."
- Alors il peut être joué à l'envers. - Oui, ça te fait revenir en arrière.
À quand tu étais petite fille.
Ce violon ... ça ressemblait à un jouet.
Sa tête sculptée m'a fait peur.
Si j'en joue est-ce qu'il sonne, maman ?
Oui, mais je ne sais pas.
Tu dois étudier pour en jouer.
- Pourquoi est-ce que tu ne me montres pas? - Je ne peux pas. Maman ne connait pas de musique.
- Si c'était papa, il m'apprendrait. - Bien sûr que oui.
Il jouait du violon. Il était juif, comme nous.
Un soldat avec un violon. - Ah, j'étais garde et j'ai conquis les villes.
- Il m'a conquis. - Maman, est-ce que tu me chantes la musique de papa ?
Allez, mettez ces sacs !
Ma mère a épousé Wolf.
Elle a changé sa religion. Elle n'était pas juive comme nous.
Des cochons élevés et tués, mais Je n'ai jamais mangé de saucisses.
- Donne-le-moi ! - Non, c'est le mien !
- Ca suffit, les enfants ! - Jeno !
Tu es un bâtard, tu es un bâtard !
- Répète-le et je te tue ! - Ton père est un cochon !
Les cochons sont autres, mon père est soldat et quand il revient, il tire.
Maudit bâtard !
Jeno, Jeno !
Il est inutile que tu échappes ! Je te trouverai !
C'était vrai J'étais toujours là.
C'est pourquoi je n'avais pas peur de m'éloigner d'elle.
Finalement, mes mains étaient prêtes pour jouer du violon de mon père.
Maman !
Du Konzerthaus de Vienne...
concerto numéro 8 pour piano, violon et orchestre ...
Au piano, l'artiste française Sophie Levy.
Au violon, le maestro Samuel Müller.
Juif, maudit juif !
Truie juive !
Nous sommes désolés. Pour des raisons techniques le concert est interrompu.
- On peut savoir ce qui se passe ? - Maman !
Ils ont interrompu le concert de Sophie Leví.
- Qui est-ce ? - Peut-être qu'elle se sentait mal.
- Tu ne le comprends pas ! - La seule chose que je comprends ...
c'est que tu ne dors jamais ! Et pire, tu ne nous laisses pas dormir !
- Tu dois te lever à 4 heures ! - Je le fais tous les jours à 4 heures, maman !
Tu le sais ! D'abord le travail et ensuite le violon !
Comme convenu ! J'ai besoin de jouer, maman !
- Regarde-toi. Tu ne peux pas continuer ainsi. - C'est vrai.
Tu as raison. Je devrais m'appliquer plus.
Assieds-toi, je vais jouer pour toi.
- J'appelle Wolf ? - Non, assieds-toi un moment. Viens !
Je joue pour toi ... et pour l'enfant.
L'enfant ne peut pas t'entendre.
J'ai entendu, maman.
J'ai entendu.
Jeno,
quand est-ce que tu termineras les comptes? - Ce n'est pas facile de faire les sommes.
J'ai presque terminé.
Tiens. Est-ce que je l'entends ou je le joue vraiment ?
Oh, Dieu !
Qu'est ce que tu veux ?
Pourriez-vous me donner un autographe, s'il vous plaît ?
- Peut-être qu'il me confond avec une autre. - Est-ce que je peux dire que je rêve ?
C'est possible. Je l'ai rêvée beaucoup de fois.
Mme. Leví...
Non, oui c'est vous. Je suis éveillé. - Bon, s'il est éveillé,
va-t-en et laisse-moi en paix. - J'écoute vos concerts à la radio.
Je joue du violon. Vous ne le savez pas,
mais je joue avec vous, même à Vienne.
- Pourquoi avez-vous interrompu votre concert ? - S'il ne part pas, j'appelle le domestique.
- Je vous en prie. - Madame, s'il vous plaît !
Pourquoi boites-tu ?
Je suis tombé.
- Quand ? - Il y a trois ans. Ce n'était rien.
Tu mens.
Comme moi.
Depuis des mois, je prépare ce concert.
- Personne ne doit savoir que je suis ici. - Soyez tranquille.
Je ne le dirai à personne.
Je veux juste jouer avec vous.
Ca suffit. Madame, s'il vous plaît !
Hey toi ! Que fais-tu ici ?
- Cet endroit est seulement pour les femmes ! Dehors ! - Et que faites-vous ?
Dehors, ne reviens pas ! Les hommes ne peuvent pas entrer ici !
- Et vous oui ? - Dehors maintenant !
- Qu'est-ce qui ne va pas avec toi ? Nous devons partir ! - Excuse-moi, pardon !
- Hey, Wolf, je reste ici. - Quoi ?
Tu ne sais pas ce qui se passa.
Je viens de trouver une femme. - Ici ?
- Non, à la radio. - A la radio ?
- Oui ! - Et pour cela tu emportes le violon ?
- Bien sûr ! - Et qu'est-ce que je dis à ta mère ?
- Que je reviens vite. - Mais quand ?
Quand je l'aurai embrassée.
Et tu me laisses tes notes ?
Merci.
Wolf !
Merci !
Bonjour.
J'ai rendez-vous avec Mme Leví.
- Mme Leví n'est pas notre invitée. - Si, elle l'est.
- Je ne vois pas pourquoi... - Pour avoir le privilège d'être son mari.
Excusez-moi monsieur. Chambre 16. Premier étage.
Merci.
- Tu sais quoi faire ? - Absolument, monsieur.
Quelques nazis fanatiques ont interrompu ton concert à Vienne.
Ici il est plus tranquille. Nous sommes en Bohème.
Karl, c'est juste une question de temps.
Je suis juive.
Ton talent va gagner, Sophie.
Les billets sont épuisés.
Le public t'aime.
- Tu ne peux pas te retirer. - Non. Je n'y arrive pas !
Je ne peux pas !
Mes mains ont été immobilisées.
Depuis deux semaines je n'ai pas touché le piano.
Je te demande me laisser ici, s'il te plaît.
Je veux rester ici.
Est-ce que tu veux répondre à cette question ?
Tu t'échappes du concert ou de moi ?
J'ai très peur.
Journaux ! Journaux !
De la bière, messieurs ! Qui en veut ?
Voulez-vous le programme ?
Madamee la duchesse ! Bonne nuit, Madame.
- Non. - S'il vous plaît. Je peux payer.
Tu ne peux pas. Allez, allez.
Apportez des fleurs fraîches !
Des fleurs pour Mme Leví.
Prêt, les garçons.
- Préparez ce rideau. - Mon Dieu !
Mme Levi, vous devez entrer.
Je ne te comprends pas. Sans doute il est tard,
mais il y avait le maire. Tu aurais dû venir. - Non, je suis très fatiguée.
Je veux seulement me reposer.
Reste avec moi,
s'il te plaît. - Non. Je dois y aller.
Je serai bientôt de retour.
Hey, je suis ici !
Quel grand talent.
Cela veut dire qu'un jour...
un jour nous jouerons ensemble ?
Ce sont des moments difficiles.
Personne ne peut dire ce que nous deviendrons.
Je vais vous protéger.
Mon père était aussi musicien.
Nous avions une maison en face de la mer.
Il y avait beaucoup de fenêtres.
Mais il ne les ouvrait jamais.
Je n'ai pas compris pourquoi.
Ensuite, un jour il m'a dit :
"tout ce que tu cherches, Sophie,
tout est dans la musique.
Nous n'avons besoin de personne."
- Il t'avait, Sophie. - Mon mari va revenir. Pars !
Il s'est enfui de la maison.
Une personne qui se veut se débarrasser de toi...
il t'accompagne à la porte. - Est-ce que tu crois qu'elle t'aimait ?
Non. Je crois qu'elle avait peur...
qu'un jour ça soit le cas.
Maman ?
- Maman ! - Appelle ton père !
Maman ! Wolf !
J'ai joué pour elle...
et pour mon petit frère inconnu.
Cette musique qu'elle chantait pour dormir.
Maman !
Maman !
Maman !
Que faites-vous, salauds ?
- Un groupe de nazis ! Courez ! - Hé, arrêtez maintenant !
Mme Leví, attendez.
- Mon Dieu ! - C'est dangereux !
- Assez ! - Arrête !
S'il vous plaît, Madame.
Est-ce que ça va ?
- Oui. - Qu'est-ce qui s'est passé ?
Voulais-tu les arrêter ? Comment tu t'appelles ?
Il est nécessaire de guérir ses blessures, Ne lui pose pas de questions.
Bien sûr.
- Veuillez changer les affiches. - Oui, monsieur.
- Vous devez changer le pianiste ! - Je verrai les autres dans la rue.
Tu dis que tout est dans la musique.
Ce n'est pas vérité. J'ai perdu ma mère.
J'ai joué à son enterrement.
Je l'ai entendu très fort.
Mais ensuite,
quand j'ai terminé,
le silence...
il était plus fort,
plus de fort que moi.
Quand je suis arrivé dans ce pays,
je me suis sentie seule, comme toi.
Puis j'ai trouvé mon professeur, Samuel Hischbaum
Il m'a aidée.
Maintenant, il enseigne au Collegium Musicum.
Tu dois y aller.
Ce sera ta famille.
Un bon moyen de se débarrasser de moi.
- Non C'est un moyen de te sauver. - Ils ne m'arrêteront jamais.
Ils le feront,
si tu joues comme cette nuit dans ma maison.
Tu ne m'as pas arrêté.
- Madame est ici. - Ah oui.
L'orchestre est prêt pour un essai.
J'aimerai vous inviter au concert,
mais franchement vous semblez secoué, n'est-ce pas ?
Merci, monsieur.
C'est une école ? Cela ressemble à un monastère !
- Tu seras un prêtre ! - Quelque chose comme ça.
Tu auras besoin de moi.
Cool, Wolf. Je n'ai pas encore fait l'essai.
Je ne comprends pas la musique, mais celle qui convient...
aux cochons en les tuant, ça ira avec tout.
Ça va ?
- Comment est-il ? - Maintenant oui.
C'est froid !
Tu chantes ?
- C'est un nouveau - Non, un des nôtres. Il est circoncis.
Assis, s'il vous plaît.
Nous appelons... nous appelons...
vous.
Varga. Jeno Varga, maestro.
Venez ici, M. Varga.
Montrez à vos camarades de classe que l'argent...
dépensé par le gouvernement pour nous honorer...
par votre présence en vaut la peine.
Je vous prie d'omettre le non-sens avec lequel...
il a convaincu le directeur Hischbaum.
- Deux cigarettes. - Exécutez la chaconne.
La chaconne ?
Non, non, c'est assez !
Je crois avoir demandé...
la chaconne de Jean- Sebastien Bach, M. Varga !
Pas cette variation acrobatique qui est la vôtre.
Suivez la partition.
Suivez-la.
Non, arrêtez, arrêtez ce bruit !
Je vous supplie de vous limiter à écouter.
Ensuite, nous parlerons de la chaconne.
- Retournez à votre place. Franz ! - Oui, maestro.
Voulez-vous nous réconcilier avec la tradition ?
Les garçons, au lit ! Allez, bougez !
Au lit, allons-y ! Tu ne penses pas à dormir ?
Qu'est-ce que tu attends ? Bouge, va dormir !
Silence !
Silence !
Maestro Weigel !
- M. Varga, Vous, Vous...! - Il n'est pas ici !
Par là !
- Maestro, c'est fini ! - Non, en bas !
Comment est-ce possible ?
Non, par ici !
Attention, derrière toi !
Que diable fait-il ? Donnez-moi ça ! Je le confisque !
- Non, ce violon était à mon père ! - Ne me dites pas que ce tueur...
était capable de tenir un violon.
Et pourquoi ne devait-il pas aimer la musique ?
Tu l'aimais, mais moi, toi, non !
Excuse-moi, il y a plus de choses amusantes à répéter.
Je m'appelle David.
- Jeno. - Je sais.
Mieux vaut qu'on ne te voit pas ici, ou le prof te punira aussi.
Sans doute. Mon père paiera pour tout.
Et si ce n'est pas assez, il a déjà fait don de la bibliothèque à l'école.
C'est bon. Il avait envie d'être musicien, mais il a dû...
s'occuper des biens de la famille.
Et je veux ça, je dois être musicien.
La nuit dernière... je me suis amusé.
C'était toi ?
- Eau de Cologne. Qu'est-ce que je fais ? - Bois-la. "Eau du vodka."
- Buvons. - Pourquoi ?
Pour s'amuser.
Pour s'amuser.
Elle te regarde. Elle t'écoute.
Tu la comprends. Tu prends son énergie.
Tu la possèdes. Tu lui arraches le coeur.
Tu l'as fait tienne et tu l'interprètes.
Car elle doit toucher. - Qui est-ce qui est ? Une des cartes ?
- Non, une vraie femme ! - Ne me dis pas que tu en as une.
Dis-nous comment elle est.
La mienne est blonde, des yeux de ciel,
avec de longs... de très longs doigts.
Mais...
elle est inaccessible... comme la musique.
La musique est notre poignard,
l'épée qui va conquérir le monde.
Où nous allons, ils nous entendront !
En Chine, à Marrakesh, dans le désert du Sahara...
ou les glaces de l'Alaska ! - Sois fou ! Fou et fanatique !
C'est froid !
Allez ! Bras ! Épaules ! Jambes !
Alors !
Nous devons être forts ! Jouons avec le corps !
C'est froid, froid !
Ils me la paieront, les maudits ! Maître Weigel !
C'est comme une femme. Très utile.
Regardez son contour, son cou... La musique entre et part ici.
L'archet est ton ciel. - Je l'aurais aimé.
Oui, quand tu joues comme ça. Allez, essaie.
Maître, regardez ! Nous faisons l'amour !
- Pourriez-vous faire une pause ? - Ce ne sera pas la même chose, maestro.
Pauvre David. Trois jours de punition.
Il m'a remercié. Il m'a dit qu'il n'a jamais...
Il s'est tellement amusé. J'aurais dû être puni.
Pour la première fois, j'avais un ami.
Mais la vraie joie...
est arrivée plus tard, sans l'attendre.
C'était le Nouvel An de 1939.
- Ils ont déjà bu ! - C'est pour la vieille année.
Donc ce sera pour le Nouvel An. Avec la vodka. Santé !
- Le directeur ! A sa place ! - Je suis avec Jeno !
Chers étudiants,
pour le toast du Nouvel An, nous sommes honorés ce soir...
d'avoir une pianiste de grand talent et de renommée mondiale.
Madame Sophie Leví.
Comme vous le savez, la sélection des candidats...
pour l'essai de fin de cours va commencer dans quelques jours jours.
Madame Leví nous fera la faveur d'en être la soliste.
- Il a dit "soliste" ? - Je voulais te surprendre.
- Nous acceptons votre proposition avec enchantement... - Tu me dois une explication.
- Je l'ai donné à mon professeur. - Je suis sûr qu'ils vont donner le meilleur ...
et que les plus talentueux auront le privilège...
de se présenter avec elle.
Je n'ai pas étudié dans un conservatoire.
Il me manque cette amitié éternelle qui naît dans ces lieux.
La vie d'un musicien est faite surtout...
de solitude.
Dehors, le rythme est si précipité...
qu'il est difficile de le suivre.
Peut-être qu'ils ne le croiront pas,
mais mais j'aimerais rester avec vous.
Mais, quelquefois, quand nous jouons,
nous avons la sensation de n'être qu'un avec la musique.
Cela arrive quand le rythme correspond avec le rythme cardiaque.
Comme quand il se trouve une personne...
qui pour des raisons mystérieuses...
tu ne peux pas oublier. - Que dit-elle ?
- Elle parle de nous. - Comment sait-elle que nous sommes ici ?
Comment le dire ? Quelqu'un devient un avec toi.
C'est beau.
Les valises devant, merci.
- A bientôt et merci, Sophie. - Merci à vous, maestro.
- Nous nous verrons au concert. - Ce sera avec plaisir.
- À bientôt. - À bientôt, maestro.
Sophie ?
Ne sois pas comme ça. Tu vas la revoir.
Est-ce que tu sais ? Pour te trouver, je me suis dit...
qu'il n'y avait pas des yeux comme les siens.
Il y a des personnes qui quand ils te regardent,
ils te donnent tout sans rien demander.
David !
David, tu es là ?
Oui.
Qu'est-ce qui se passe ? L'audition commence dans 5 minutes.
- Ce n'est pas facile d'être devant la commission. - Allons-y, bouge.
- Peut-on savoir ce que tu as ? - Je me demande pourquoi c'est public.
- Ce n'est pas public ! C'est seulement les parents. - Et qu'en sais-tu ?
Tu n'as jamais peur de personne.
Ni de ton père.
Baron Blau, meilleurs voeux...
pour votre fils David. - Merci, maestro Hischbaum.
- Comtesse. - Baron Blau !
- Ca lui a plu, tu as vu ? - Cela a plu à mon père.
Grandiose.
Les finalistes sont... David von Blau et Jeno Varga.
- Je ne suis pas d'accord avec Varga. - Je ne comprends pas...
Et maintenant... nous sommes toi et moi
Excuse-moi.
Le maestro Weigel indique qu'il ne reviendra pas.
Je suis désolé. Il n'y a pas le quorum pour la commission.
L'audition finale pour désigner le soliste est reportée.
Impossible ! Ce n'est pas juste !
Il n'y a pas eu de temps pour cette audition.
Le 15 mars les troupes d'Hitler ont envahi Prague.
Une commission de surveillance est venue à l'école.
Je dirige le conservatoire depuis 5 ans.
Ma mère s'appelle Edna Golschmidt. Juive.
Le maestro Hischbaum a été licencié...
"pour raisons de santé."
Les enseignants et les étudiants ont commencé à disparaître.
Leurs noms ont disparu des registres,
comme s'ils n'avaient jamais existé.
- Qu'est-ce qui se passe maestro Hischbaum ? - Rosenbaum, Godmeier, Horowitz...
et David Blau, bien qu'aristocrate,
ile étaient tous juifs.
Tu as oublié ça.
C'est la tienne.
Je ne bois pas seul.
Moi non plus.
Que voulez-vous, monsieur Varga ? Ce n'est pas l'heure des colloques.
Pourquoi ils ne m'ont pas expulsé ? Je suis aussi un juif.
Ma mère était juive. - Dans vos documents il n'est pas dit...
qu'il a été converti. - Ils m'ont circoncis.
Si cela ne suffit pas, mon père l'était aussi.
Vous n'avez pas de père.
- Quoi bâtard ! - Vous l'êtes !
C'est ce que disent vos documents.
Pourquoi as-tu fait cela ?
Pour récupérer le violon.
- Je suis très heureux. Viens donc avec moi. - Tu l'as dit à tes parents ?
- Pourquoi ? Tu as aimé mon père. - Mais je ne lui ai même pas dit bonjour !
Il t'a entendu jouer.
- Maman ! - David !
Je suis désolée de ce qui est arrivé.
Tu entreras dans une autre école. - Oui.
Je te présente mon ami Jeno.
Pardon, Jeno. Je suis émue de voir mon fils.
Bienvenu chez nous. - Merci beaucoup.
Pourquoi n'emmènes-tu pas Jeno dans ta chambre ? Ensuite le dîner.
Je t'envie beaucoup, tu sais.
Tu n'as encore rien vu.
J'ai vu ta mère.
Viens, je vais te présenter à mes ancêtres. Je n'en trouve pas beaucoup.
- C'est peut-être la faute du peintre. - Oh non, c'est la leur.
Ils ont été peints par différents artistes à différentes époques.
Je n'aime que celui-ci. Il s'appelle Costanza.
Costanza...
Imagine. Je dois repasser l'album familial...
chaque fois que je vais à ma chambre. - Bien sûr tu les ignores.
Comment ça ? Ils me regardent fixement.
Regarde-les maintenant !
Ils ont l'air bizarre.
- Comment sais-tu que c'est ma chambre ? - Je ne sais pas.
C'est beau !
Mon lit.
Qu'est-ce que fait ce crâne sur la commode ?
Il n'y a personne à qui parler au château
C'était de mon oncle. Un médecin.
Il représente l'âme qui traverse... l'obscurité d'Avernus !
- Avez-vous préparé le dessert ? - Oui, baronne.
C'est le préféré du jeune baron.
Il a tout d'un homme, vous ne croyez pas ?
Vous ne croyez pas, baronne.
C'est David.
David.
David.
Je suis ici, maman.
- Tu croyais que c'était moi ? - Non. Je suis venu te dire ce que ton père a dit.
Il arrivera avec le maestro Hischbaum,
le directeur du Théâtre Tanz. - Sérieusement ?
Certainement pour l'essai final !
Cela signifie que cela sera fait.
Je dois en avertir Jeno !
Tu vas pas le croire...
Hischbaum vient ici !
Ici ? Alors le concert sera terminé !
A qui est ce violon ?
C'est le mien. Ils me l'avaient pris à l'école. Il était à mon père.
Tiens.
A ton père ?
Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien.
Rien.
David. David !
David !
David n'est pas venu dormir cette nuit-là.
Notre amitié a commencé à décliner,
son "canone inversé."
David. Il est tard.
Merci.
J'avais vu cette voiture,
mais je ne me souviens pas où ou quand.
Oui. A l'enterrement de ma mère.
-Maestro Hischbaum. - David, comment vas tu ?
- Le jardin est splendide, baron. - Ma femme en prend soin.
- Je ne savais pas qu'il était ton ami. - C'est Jeno. Tu l'as vu à l'école.
Baron Blau. Je m'appelle Jeno Varga.
Quelle merveilleuse coïncidence de les voir tous les deux !
Moïse, je vais vous présenter l'autre finaliste de l'essai annuel.
Jeno, M. Eggerman, directeur du Tanz Théâtre.
- Félicitations. Pauvre maestro Hischbaum.
J'étais si heureux d'annoncer le concert.
Le concert du Tanz Théâtre.
Maestro Hischbaum, cela va ressembler à une provocation...
le concert d'un compositeur juif. - Personne n'a pensé à notre culture...
avec ce compositeur. - Cela me préoccupe.
Les lois raciales de Hitler...
ne sont pas encore entrées en vigueur, baronne. - C'est seulement une question de temps.
Mon épouse a raison.
En outre, les garçons sont tellement amis...
que de penser concourir entre eux... - C'est inévitable. On doit le faire, papa.
Malheureusement, nous n'avons pas la partition de l'épreuve.
Lecture à première vue. - Nous l'avons.
C'est un "canone inversé."
- Ce n'est pas le moment, David. - Pourquoi pas, papa ?
Maman a dit qu'il était beau. Il est parfait.
Il est pour deux violons.
Je me suis demandé toujours pourquoi...
un "canon" à deux voix pour fêter...
la naissance d'un fils unique.
- Nous avons beaucoup attendu pour en avoir un autre. - Malheureusement, il n'est pas arrivé.
Peut-être il serait bien heureux d'être seul.
David, tu seras le premier violon.
Désolé.
Depuis le début...
- Une nouvelle fois. - Non. Un moment.
Jeno, essaie la première voix.
Il n'y a aucune raison de continuer, Maestro Hischbaum
Tu as gagné.
Où vas-tu...?
David.
Je connaissais la pièce.
Ma mère me la chantait petit.
Seulement mon père m'a laisse cela.
Cette pièce. Ce violon.
Et je...
Non.
Ce violon appartient à ma famille.
Il a été volé à mon père pendant la guerre. Regarde.
Wolff n'est pas mon père, David. - C'est très tard pour le dire.
Tu crois qu'il est facile d'avouer à ton meilleur ami
que c'est un bâtard ?
Je ne suis pas ton meilleur ami ! Plus maintenant !
En fait, tu es beaucoup plus.
Beaucoup plus...
Pas pour moi. Va-t'en !
Va-t'en !
Vous avez toujours su pourquoi cette pièce a été écrit pour deux voix, non ?
- Calme-toi, trésor. - Réponds à ma question !
Il y a des erreurs que nous n'avons pas faites,
mais personne ne peut nous forcer à les endosser, trésor.
Pense à toi. En toi. Seulement en toi.
- Bon voyage, maestro. - Merci.
Maestro Hischbaum,
puis-je revenir avec vous ? - Si tu veux, il y a une place.
Baron Blau. Je veux vous rendre ce violon.
- C'est le tien. - Non, désormais plus.
Ma mère m'a menti.
L'homme qui l'a laissé n'était pas mon père.
Cet homme qui a fait des avances à ta mère...
était très jeune...
et très faible. - Alors il valait mieux ne pas le connaître.
Ainsi... je peux l'imaginer mieux qu'il était.
Je peux continuer sans lui.
Je me demande s'il peut continuer sans toi.
Si jusqu'ici il a réussi...
Cela semble touchant ?
A mon âge je ne voudrais pas être trop perturbé.
Un père ne devrait pas mentir...
à son fils. Il doit le défendre.
Tu dois lui faire comprendre qui il est.
Tu as offensé ma mère.
- À ta mère ! - À moi !
Mon frère...
Pourquoi mon frère ?
- Dans combien de temps mon épouse ? - Je ne sais pas, monsieur.
Ensuite, nous penserons aux valises.
À l'ambassade pour les visas. Allons-y. - Bien, monsieur.
- Vous avez oublié cette robe, Mme Levi. - Remettez-la dans l'armoire.
- C'est votre préférée. - Désormais plus.
Je suis désolé, Karla. Je sais qu'il n'y a pas de temps pour...
Même pas pour me dire où tu vas ?
Qu'est-ce que tu fais ici ?
Ne t'en vas pas.
Ne t'en vas pas.
Je dois le faire.
Va-t-en, je t'en prie.
Je t'en prie. - Bonjour, Monsieur.
Voici votre partition.
Raccompagnez-le à la porte, s'il vous plaît.
Celle du service.
Par ici, monsieur.
Nous finissons Ne t'inquiète pas, Jeno.
Je n'irai pas ainsi au concert.
Je viens de voir mon cousin dans son appartement.
Viens, je vais aller avec toi.
Ecoute, Wolf.
Il n'y aura pas de concert. - Que veux-tu dire ?
Sophie Leví a dû partir.
Elle n'est pas unique.
Chaque jour les choses empirent pour les juifs.
Mais tu n'as pas de problèmes.
J'ai des documents qui prouvent que tu travailles pour moi.
- J'aurais dû le faire en réalité. - Ce n'est pas à dire en plaisantant !
Tu ne sais pas combien je suis fier de toi.
- Tu as une voiture. - Elle m'a coûté une fortune.
Attention Le train à destination de Paris quitte son quai.
- Ce sont de première classe, non ? - Bien sûr, monsieur.
Trésor, dépêche-toi ou on va louper le train.
Tout ira mieux, tu verras.
Non, les bagages dans l'autre wagon !
- Dans l'autre ! - Je vous demande de les surveiller.
Excusez-moi ! Là. Merci.
À bientôt
Sophie.
Montez, messieurs ! Le train part.
Où est-elle ?
- Récrivez toute cette partie, s'il vous plaît. -Oui, maestro.
- Maestro... - Ah, finalement !
- Sophie Levi est partie. - Elle est partie ?
Mais elle était ici il y a un instant !
Tu es bien comme ça ?
Plus que bien.
Je veux te présenter...
- Je suis le... - C'est mon père.
Sophie Leví.
La dame de la radio...
Jeno ! Jeno !
- Franz ! - Tu as réussi !
Félicitations !
- Je te souhaite le meilleur ! - Oui, le meilleur !
- Merci. - Nous n'avons vu David nulle part.
Qu'est-ce que je fais avec son billet ?
- Quand ... vous ont-ils parlé ? - Il a appelé du château avant son engagement.
J'étais excité ! J'espérais juste que tu réussirais.
Je voulais que tu joues avec Mme Levi.
Il ne viendra pas.
- David ! Attends ! - David !
Jeno !
Jeno !
- Jeno ! - Sophie!
C'est mon fils ! Jeno Varga est mon fils !
- Cette nuit nous sommes tous morts. - Qu'est-ce que tu dis, Jeno?
Nous mourons tous.
Sauf pour la musique, parce que elle vit toujours, Costanza.
Est-ce que tu entends ça ?
- Ils sont en train de revenir. - Qu'est-ce que c'est ce bruit ?
Tu ne peux pas t'en rappeler. Tu ne peux pas.
- Ils arrivent ! Viens ! - Prends-le, prends-le.
- Prends-le, c'est à toi. Va, va ! - Jeno !
- Allez ! - Jeno !
Jeno !
Deux jours plus tard, c'était plein de chars soviétiques.
Jeno avait disparu dans la nuit.
Et avec lui, la liberté.
Je ne l'ai jamais revu. J'ai fait l'impossible pour le trouver.
Après beaucoup de recherches, j'ai su que Sophie...
était morte dans un camp de concentration.
Mais de l'amour entre elle et Jeno...
naquit une petite fille.
Sait-on si elle a survécu ?
Cette petite fille...
c'est moi.
Je me souviens de cette musique.
Et mon père qui l'a jouée pour moi.
Pour moi ... et pour ma mère.
La même musique jouée dans ce bar.
Il ne m'a pas trouvé par hasard. Mon père...
je le cherchais.
Il m'a reconnu, tu comprends ?
Il m'a laissé son violon.
C'était lui , mais ensuite j'ai découvert quelque chose qui a tout remis en question.
Il était très malade après être revenu du camp.
Pauvre Jeno.
Ce rabbin mentait.
J'ai fêté ses funérailles
Ça ne pouvait pas être la tombe de mon père.
Je l'avais rencontré.
Il avait son violon.
Seulement vous pouvez m'aider à le trouver...
Baron Blau.
Ainsi vous avez mis le violon aux enchères...
... mademoiselle ?
Je m'appelle Costanza.
Je suis sa petite-fille.
Tu dois me croire ! Tu n'as rien à craindre.
Je ne veux absolument rien.
Je veux seulement retrouver mon père.
Ce rabbin t'a dit la vérité.
Ton père est mort.
Cette nuit ils ont arrêté tous les musiciens juifs.
- Où tu es Jeno ? - Ils l'ont pris !
Ce fut la dernière fois que David a vu... son frère.
Attends !
David !
Wolf ! Ils l'ont pris !
Ils l'ont pris !
- Je dois rendre le violon ! - Je le ferai !
Je dois le ramener, vite !
David, du calme, s'il te plait ! Je t'en prie.
Jeno et Sophie ont été déportés à Treblinka. - David !
- Que fais-tu ici ? Va-t'en ! - David ton esprit ...
a été emprisonné dans cette douleur.
Avec le temps,
il était convaincu que Jeno était son frère.
- Ce fut David qui te trouva cette nuit-là. - Mon Dieu, c'est impossible !
J'ai eu deux enfants. Ma cruauté les a séparés
et le destin les a réuni. Je suis désolé... Costanza.
J'ai tout manqué dans ma vie,
même maintenant...
Je n'aurai pas dû te dire la vérité.
Emmenez-moi avec lui. S'il vous plait.
Je ne sais pas.
Il ne veut pas me voir.
Il ne m'a jamais pardonné.
- Ca aurait été mieux. - Peut-être que maintenant c'est le cas..
Je vous en supplie.
Allons-y ensemble.
Si David est dans le coeur de son père,
je suis sa fille.
- Est-ce qu'il vit ici ? - Oui, quelquefois.
Nous faisons l'amour ! L'amour ! Oui !
Costanza...
Tu vois,
je suis désolé.
La musique est notre poignard,
l'épée qui va conquérir le monde.
Où nous allons, ils nous entendront.
En Chine, à Marrakesh, dans le désert du Sahara...
ou les glaces de l'Alaska ! - C'est fou ! Fou et fanatique !
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