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Musique douce
J' adore mon village. C'est pas le plus beau village de France,
mais c'est le mien.
J' y suis né et j'y suis resté.
De pĂšre en fils et de mĂšre en fille,
on s'est transmis un savoir-faire ancestral
envié partout dans le monde.
Faut dire qu'on avait un truc.
On utilisait un bois spécial de la région
avec lequel on fumait le saumon comme personne.
Dans notre riviĂšre,
il y en avait, du saumon et de l'écrevisse.
Bref, on était heureux.
Ăa, c'Ă©tait avant.
Un jour, la riviÚre a changé de couleur.
On s'en est pas vraiment rendu compte,
mais le poisson, lui,
il l'a vu avant nous.
Le pire, c'est que 6 mois aprĂšs,
l'usine de papier qui nous avait pollués a fermé à son tour.
L'eau de la riviĂšre est redevenue pure.
Mais c'était trop tard.
L'usine avait été démontée et avec la crise,
personne ne voulait investir chez nous.
Il y en a qui ont essayé de se battre.
- Yvon, oĂč tu vas ? A Bruxelles !
- Reviens, t'as pas pris tes bottes.
On a compris qu'il n'y avait rien Ă faire.
Tout le monde était parti.
Enfin, presque.
Bonjour, Xavi. Bonjour, Henri.
Mon virement est arrivé ?
Oui, le 5, comme d'habitude. Tu fais un petit dépÎt ?
Bon... La totalité ?
Signature.
Bonjour, Henri. - Bonjour, Denis.
Concernant le...
La totalité ? Oui.
Tu es sûr ? Oui.
Bon.
Qu'est-ce que tu veux que je te dise ?
M. le Maire. Henri.
Vous voulez tout retirer ? Tu sais bien.
Une signature.
VoilĂ .
Et pour M. Platel.
Je t'ai déjà dit. J'ai pas le droit.
Ne recommence pas. J'ai une procuration.
Cacophonie
Un million de fois...
Tu veux faire mon boulot?
Je te le répÚte...
C'EST ĂA QUE TU VEUX ?
Tu vas faire ce que je te dis.
Je suis le maire de ce village.
Je suis assermenté, nom de Dieu.
Merci.
Ta gueule.
Le tonnerre gronde.
Musique guillerette
- Mon frÚre a téléphoné pour le boulot à Madrid.
On en a parlé 100 fois. Je veux pas quitter St-Loin.
- Pourquoi pas ?
T'aimes mieux perdre ta vie à pirater l'eau, l'électricité
et Ă encaisser tes deux RSA Ă la fin du mois ?
Bon, écoute.
J' ai une procuration.
C'est écrit noir sur blanc.
M. Platel m'a investi de cette mission.
Il me fait confiance.
M. Platel est mort.
Pas officiellement.
Il va se passer de grandes choses, ici.
J' ai une touche avec des investisseurs vraiment sérieux.
J' irai pas travailler en ville.
Germain, le boulot, c'est pour moi.
Le tonnerre gronde au loin.
J' ai une réunion.
Elle marmonne.
Musique douce
Il chantonne.
Exclamation surprise
Germain Wilkinson s'élance pour la transformation.
H crie.
H rit.
Cri effrayé Bris de verre
Chut, tu vas réveiller le village.
LĂ -bas, il y a quelqu'un.
Bonsoir, Xavi.
Ah ! Salut, Germain.
Vous faites quoi ?
On part en vacances.
Avec vos meubles ?
Oui, en camping.
On aime bien notre confort.
Mon cousin m'a pistonné pour un travail en ville.
Un vrai boulot !
J' aurai une mutuelle,
des tickets resto et le 13e mois.
Je pouvais pas refuser.
J' en peux plus d'attendre, Germain.
Tous ces investisseurs promis
et qu'on ne voit jamais arriver.
Et puis un pĂšre chĂŽmeur, c'est pas un exemple.
Valérie, viens ici.
Montre-lui tes dents.
Allez ! Montre-les.
Petit cri Tu vois l'incisive
qui monte sur la canine ?
Et sa molaire qui pousse au milieu du palet.
On dirait Ribéry.
C'est qui, Ribéry ? - Une jolie princesse,
ma chérie.
En restant ici, elle aura des dents tordues,
on pourra pas la marier. - Ăa suffit, Xavi.
C'est vrai ! Regarde-toi, c'était déjà limite.
Heureusement qu'elle a pas ton nez.
Quoi, mon nez ?
Un appareil et dans 2 ans, tout sera en place.
Comment tu sais ? T'as pas de gamin.
Excuse-moi, Germain.
- Pas grave.
Ah, et puis bonnes vacances.
Eh oui.
Germain !
Si je te trouve quelque chose... Germain.
Germain !
BĂȘlements Le tĂ©lĂ©phone sonne.
- AllĂŽ ? Oui, oui, ne quittez pas.
Germain !
Germain ! Ăa va...
H ronchonne.
C'est qui ?
AllĂŽ ?
Oui, c'est moi.
Oui.
Oui, oui.
5 ans'?
Oui, d'accord. Mais c'est tout ?
Ah, parfait. Oui, parfait. Merci.
Oui, oui.
Je dis quoi Ă mon frĂšre pour le boulot?
Dis-lui qu'il se le garde. Le boulot va venir Ă nous.
On va l'avoir, notre usine. On va l'avoir.
Germain rit.
Musique intrigante Les cloches sonnent.
Bon, allez.
Chaque fois que je viens,
j'ai l'impression que c'est plus loin.
Il reculerait pas, votre village ?
C'est pas vrai !
Mais oh !
Quand vous entendez les cloches,
c'est pas pour la messe.
On n'a plus de curé depuis 7 ans.
Il y a une assemblée.
Pour une assemblée, on se rassemble.
Allez.
Aimé, donne l'exemple.
Gérard, c'est valable pour toi aussi.
Didier, laisse ton balai.
Non mais !A qui je vends, moi? - Tout d'abord,
merci d'ĂȘtre venu spontanĂ©ment Ă cette assemblĂ©e extraordinaire.
Voilà , j'ai reçu un coup de fil de Bruxelles.
Huées
Chut! Chut!
Non,
j'ai fait une demande de subvention
pour reconvertir notre usine et on l'a eue.
Ils sont d'accord pour nous aider à créer notre SCOP.
C'est quoi, une SCOP ?
Une coopérative ouvriÚre.
Bien, chérie. - Bruxelles nous a coulés
avec leur loi écolo de merde pour maintenant nous sauver ?
Approbation du public
Ces subventions, ils les donnent au compte-goutte.
Ce sera une entreprise autogérée. L'usine sera à nous.
On a pas bossé depuis longtemps. T'es sûr de toi ?
Je suis sûr de rien.
Mais j'en ai marre de me regarder le nombril.
Bon Dieu, réveillez-vous !
Qui veut du travail ?
Qui veut une raison de se lever ?
Levez la main, merde !
Qui veut dire au gouvernement qu'il garde son RSA ?
Qui veut voir revivre notre école ?
Qui veut rester Ă St-Loin ?
Musique poignante
C'est bon. Il y a juste un petit problĂšme.
Ăa nous aurait Ă©tonnĂ©s, ça.
Henri, je t'en prie.
L'Europe exige qu'on ait un docteur.
Salauds de Belges.
Il crache. - Yvon !
- On n'est pas malades.
On n'en a pas besoin.
C'est pour les assurances.
Moi, j'en connais un. Il est Ă Saint-Prest.
Mais non ! - Il a 76 ans.
Et Alzheimer. Saint-Prest, c'est Ă 35 km.
L'été, quand le col est ouvert. - C'est la loi.
Pour avoir cette usine, un docteur doit s'installer
chez nous pour 5 ans.
On est Ă Saint-Loin.
C'est pas impossible.
Depuis 10 ans, on cherche un docteur.
MĂȘme le toubib roumain est pas restĂ©. Il Ă©tait pas roumain,
il était bulgare.
Il était pas hongrois ?
Roumain.
De toute façon,
on va arrĂȘter de chercher et on va trouver.
Il existe quelque part un docteur qui veut venir ici.
J' en suis convaincu.
Il était roumain. Ta gueule, ta gueule!
Non ? Non, plus gros.
Donne.
Non. Je sais pas.
Bah...
Musique enjouée
Ah!
HĂ©!
C'est pas mal. "Mon merveilleux village."
Ouais.
- On a besoin des coordonnées de tous
les médecins de France. Grésillement
T'en as pour combien de temps Ă trouver, mon Denis ?
Roulement de l'imprimante
C'est fait.
Besoin d'autre chose ?
Tu sais faire ça ?
Oui !
Ah bravo !
DĂ©pĂȘchons si on veut pas que Bruxelles
file la subvention aux Grecs.
Quoi ?
On affronte un village grec.
- C'est chaud, ça.
Ils sont encore plus dans la merde.
Si on a un docteur, la subvention est pour nous.
T'as oublié autre chose ?
J' ai dû promettre la virginité de ta fille à un fonctionnaire belge.
Quoi ?
Une vierge par village,
c'est le quota. Pourquoi elle ?
Ăa va, je dĂ©conne.
Elle est plus vierge, ta fille.
Rires
Je vais chercher des timbres. - Je viens.
Musique guillerette
"Un cadre verdoyant,
"une nature riche et accueillante,
"un pays de terroir et de traditions."
Rires
Saint-Loin-la-Mauderne.
' Bye-bye. ' Bye-bye.
Bye-bye.
- Vous avez zéro message.
Soupir dépité
Si j'habite en ville, tu viendras me voir ?
Non.
Il se peut... J'irai pas te voir.
Je suis sérieux, Yvon.
J' irai pas te voir.
Carmen a une proposition de travailler en ville.
J' ai pas de voiture.
T'as qu'Ă prendre le car.
J' ai jamais fait ça.
Non !
- Quoi ? - T'es jamais allé en ville ?
Non ?
T'y es jamais allé ?
Bah non. Germain s'esclaffe.
T'y es jamais allé ?
Non, je suis jamais allé en ville.
Tu viendras me voir.
Je te dis que non !
T'as qu'Ă lui demander, Ă lui. - Brice !
Tu viendrais me voir en ville ? Brice ?
Brice crache. Rires
Il vient déjà pas te voir ici.
Musique techno SirĂšnes de police
Putain, putain !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Vous rouliez sur une voie de bus,
deux points.
La ceinture, trois points.
Non, la ceinture, je l'avais sur moi.
Papiers du véhicule, s'il vous plaßt.
Bien, monsieur l'agent.
Putain, ils n'ont que ça à foutre. Les fonctionnaires !
Vous venez d'oĂč ?
D'un match de cricket.
Cricket ?
Oui, de cricket.
On a gagnĂ© le championnat. Ăa m'a retardĂ© pour ma garde.
Ăa explique la voie de bus.
C'est pas bien, je sais, mais je suis docteur.
Je suis docteur, je dois avoir mes...
Vous ĂȘtes docteur ?
Oui.
En chirurgie plastique.
Nabilla, vous connaissez ?
C'est moi qui lui ai fait sa...
Ses... Enfin, sa...
Je pourrais le faire pour votre femme.
Ou pour vous. Je pourrais faire quelque chose pour vous.
Votre nez. Vous pourriez avoir un trĂšs joli nez.
TrÚs harmonieux, comme ça. TrÚs...
Vous ĂȘtes docteur ?
Sonnerie de téléphone
H ronfle.
- Oui, bonsoir.
Mais c'est formidable !
Attends, attends. Je te le passe, je te le passe.
C'est Xavi.
Quoi ? C'est Xavi qui est Ă Paris.
Il a une bonne nouvelle.
AllĂŽ ?
Chers concitoyens,
Dieu nous a entendus.
Xavi, notre demi de mĂȘlĂ©e,
nous a trouvé un docteur.
On va avoir notre usine.
On va retrouver du boulot !
Cris de joie
Bon.
Mais il va venir pendant un mois Ă l'essai.
Pourquoi Ă l'essai ? Ăa veut dire quoi?
On a un mois pour faire signer au docteur un contrat Ă long terme.
Si le docteur signe, Bruxelles signe et on a notre usine.
On a 7 jours pour avoir le plus beau village.
AprÚs ça.
on aura un mois pour que le Dr Meyer tombe amoureux du village.
Pleurs de bébé
Non, c'est pas gagné.
Faut y croire.
Un docteur ici, c'est comme la neige en été, ça tient pas.
- Changer le panneau.
- Changer le panneau. - Le panneau, oui.
- Déplacer le tracteur.
Pour le mettre oĂč ? Impossible.
C'est pas faisable.
Un joli cimetiĂšre, c'est accueillant.
Oui, c'est bien, ça. Un docteur, direct au cimetiÚre.
De toute façon,
il lui faut un coup de foudre.
Ah oui, ah oui!
Je sais ce qu'il lui faudrait.
Trouver de l'argent.
- Bonne idĂ©e. OĂč tu veux qu'il en trouve ?
Par terre. Ăa me rend
joyeux d'en trouver par terre.
Tu marches et hop... MĂȘme 5 centimes.
Ăa rend joyeux, hein ?
Tu te sens chanceux. TrÚs bonne idée...
- Attendez, les gars.
Moi, j'ai une idée.
Mettons de la drogue par terre.
On sait qu'il aime la drogue. Il serait content
et il resterait. Il en trouverait oĂč ?
Votre fille en fait pousser chez vous.
C'est des plantes exotiques.
- Pas du tout.
La marijuana. Elle m'a fait goûter, j'ai failli crever.
Ma fille aime les plantes. Elle a la main verte.
Tu dis n'importe quoi, t'es jaloux.
- Je suis pas jaloux. On l'installe oĂč ?
-Ah...
Bonne question.
Un endroit chic et moderne.
On est dans la merde.
Chez moi, c'est chic et moderne.
Non, c'est pas moderne. Ni chic.
C'est pas chic ?
Non. C'est quoi ?
C'est laid.
C'est pas laid, chez vous ?
Chez moi, c'est moderne !
En ville, on aime ce type de maison.
On verra plus tard.
Au fait, Xavi m'a dit
que le futur docteur adore le cricket.
- Le ? - Criquets ?
C'est dégueulasse. Déjà que j'aime pas les sushis.
Non, le cricket!
Le sport avec une balle et le bĂąton aplati.
Les rĂšgles du cricket.
Grésillement
- Ăa, c'est les Ă©quipements du cricket.
Ăa, c'est les costumes du cricket. VoilĂ .
Autre chose ?
Trouve-moi des photos d'infirmiĂšres.
- D'infirmiĂšres ? - D'infirmiĂšres.
D'infirmiĂšres.
VoilĂ .
Exclamations béates Non mais !
OH NON ! - Bah écoute !
Musique entraĂźnante
Allez, on lĂšve, on lĂšve !
Pardon.
- Le tracteur, il faut l'enlever.
C'est trop moche.
C'est soudé dans le sol.
Trouvez une idée. Je compte sur vous.
Musique entraĂźnante
C'est pas blanc blanc,
mais de loin, il verra pas.
Alors ?
Qu'est-ce que t'en penses ? C'est horrible.
Ăa a de la gueule, non ?
C'est un poisson. - Les gars,
on arrĂȘte lĂ , c'est parfait.
C'est le débardeur qui va sur le polo.
Ăa sera la mĂȘme tenue que les joueurs de cricket.
Ăa sera trĂšs beau.
- Bien sûr,
il faudra quelque chose
pour la protéger. Ah oui.
Musique entraĂźnante
C'est pas ça ï
C'est pas ça ï
- Ta-dam, on va mettre le docteur sur écoute.
Pourquoi t'as cette machine ?
Parce que j'aime bien bricoler.
- T'espionnes ta femme. - Ăa va pas !
Son frĂšre cause toujours derriĂšre mon dos.
Rire moqueur
Musique entraĂźnante
Vous avez tous lu les rĂšgles ? OUAIS !
Quelqu'un peut m'expliquer le jeu ?
OK.
Hubert, Martial, Aimé, toi et toi,
venez avec avec moi. Allez, suivez.
Je vous ai dit de venir ?
Non, alors allez lĂ -bas.
Je suis lanceur, batteur ou...
Tu te mets lĂ -bas. Allez.
Allez !
Le plus important, qu'on ait la balle ou pas,
c'est qu'on passe pas...
Mais écoutez, merde !
Oh oh!
"Selon que l'on possĂšde la balle ou non, du rĂŽle d'attaquant..."
Tu laisses le bĂąton, putain !
Cris
Qu'est-ce que tu fais toi ?
- Allez, Germain.
- Allez, Germain.
Rires
Tu vois rien ?
Ăa suffit !
Mugissement
OUAIS !
Oh!
Maintenant, qu'est-ce qu'on fait?
- Qu'est-ce qu'on fait?
- Sachant que la balle est partie... - On fait quoi ?
L'horloge sonne.
Je prĂȘte la maison au docteur.
On ira chez mamie.
C'est juste pour un mois.
C'est pour le bien du village. Pas d'objections ?
Non.
Bah non.
Et sinon ?
Personne n'a un truc Ă me dire ?
Lucie ?
Bon...
Musique héroïque
Klaxon
Mugissements
Ăa va, lĂ ? Oui, tu es beau.
T'es parfait, mon Germain.
- OK. Bon, j'y vais. - Allez.
Allez.
Saint-Loin, on se lĂšve.
Pardon, mais il n'y a pas de village ici.
C'est loin, Saint-Loin-la-Mauderne ?
Ah oui ! Saint-Loin, c'est loin !
Ah...
Il écrase quelque chose.
Oh, putain !
Coups de klaxon
Coups de klaxon Oh, le look !
Bienvenue. Bonjour.
Il tousse.
Ăa a Ă©tĂ©, votre voyage ? Pas trop long ?
Pas trop long.
Un TGV, un TER, deux bus et une Lada. Super!
C'est plus court d'aller aux "States".
Il paraĂźt que c'est sympa, les "States".
Vous avez vu, il fait beau chez nous.
Et on respire tellement bien.
Y a beaucoup de centenaires ici.
Et beaucoup de jeunes aussi.
Beaucoup. Les jeunes, oh lĂ .
Y en a beaucoup.
Musique enjouée
Coups de sifflet Allez, ils arrivent.
Tout le monde en place ! Vite, vite !
T'es pas lĂ . Ta gueule, ta gueule.
Hubert, enlÚve-moi ça.
Oh, excusez-moi.
J' ai failli écraser un écureuil qui traversait.
Qu'est-ce que c'est ?
- Quoi ?
Vous jouez au cricket, ici ?
Ah mais bien sûr, oui.
C'est une grande terre de cricket. Ah bon ?
- Ah oui.
On peut s'arrĂȘter ?
C'est-Ă -dire que c'est la finale,
le dernier match de la saison.
S'il vous plaĂźt, juste une manche. Non.
Non. Et un Parisien, ça va les gĂȘner.
Une autre fois, une autre fois.
S'il vous plaĂźt, juste une manche.
Bon.
Il siffle.
- Alerte, alerte !
Ils arrivent!
LĂ , on est dans la merde.
Docteur, attendez-moi.
Attendez-moi.
C'est plus civilisé que le rugby. C'est sûr.
Yvon, il faut passer au plan B.
Y a pas de plan B. Y a pas de plan B.
Y a pas de plan B.
J' ai jamais vu une équipe en défense comme ça.
Ăa, c'est la tactique
de Saint-Loin.
Le docteur risque de trouver ça particulier,
qu'on s'habille en joueurs de cricket, qu'on ait l'équipement,
mais qu'on ait aucune idée de comment jouer au cricket.
Ăa protĂšge bien le flanc gauche.
Mais le flanc droit.
Ils ont toujours eu ce problĂšme.
Trouvons un truc. On fait quoi ?
Je sais pas, moi.
Partons. Ils sont pas habitués.
- Il faut trouver une idée. Ils arrivent.
- Ils arrivent. On fait quoi ?
H hurle.
Ouais, les gars !
C'est fini. Ce sera pour la prochaine fois.
- C'est super!
Quelle équipe a gagné ?
Les deux. Les deux.
Un match nul ? Ăa, c'est rare.
Oui, c'est trĂšs rare.
C'est étrange, comme technique.
Faudrait que j'essaie.
Oui, pourquoi pas.
Et voilĂ , Saint-Loin-la-Mauderne.
Vous allez tomber sous le charme.
Acclamations Musique douce
Corne de brume
Ils sont sympas, hein ?
Je vous laisse les bagages là , dans l'entrée.
Suivez-moi.
VoilĂ .
Le mix parfait entre le neuf et l'ancien.
Sympa, hein ?
C'est moderne.
Les portables ne passent pas bien.
Sauf chez les Souillac, Ă l'autre bout du village,
entre 12 h et 14 h.
C'est une blague ?
C'est-Ă -dire que non.
Avec un vent d'est, on a un bon réseau, deux barres.
Sinon, utilisez le fixe.
La commune paie vos communications.
Euh... Nationales.
La télé ne marche pas non plus trÚs bien.
Comme c'est encaissé, depuis le passage à la TNT,
on ne capte plus rien.
Ils nous ont promis de réparer avant Noël.
Il n'y a pas le wifi ?
Non. Mais attendez, on a quand mĂȘme |'|nternet 56K Ă la poste,
entre 9h et 12h.
Et comme le chef postier est sympa,
si vous voulez, l'aprĂšs-midi, il peut vous ouvrir. Pas de souci.
Pas de souci.
VoilĂ . Plus de questions, non ?
Je vous laisse. Comme on dit chez nous :
En occitan
Bienvenue chez vous.
Musique angoissante
AllĂŽ, Katia ? C'est moi. Ăa va ?
- C'est à toi qu'il faut demander ça. Et ce voyage, mon chéri ?
J' ai pris un TER.
Ăa a durĂ© un siĂšcle. J'ai cru ne jamais arriver.
Vive la province.
- Alors ? - CHUT !
- Tu es oĂč ? - Saint-Loin-la-Mauderne.
C'est sĂ»r, c'est loin. Mais c'est loin d'ĂȘtre moderne.
On croirait un camp de gitans. Comment on peut habiter ici ?
Attention, j'ai été accueilli en grande pompe
par M. le maire "himself".
Il est gentil,
mais il est lourd avec son village claqué.
Il est claqué comme sa gueule.
Il aurait besoin d'une retouche maxillofaciale.
Oh putain !
Ăa te fait rire ?
Non. - OĂč est le son ?
- Tu touches Ă rien. - Chut, on entend rien.
Justement, c'est ce que je dis.
Larsen ArrĂȘte !
J' ai dit quoi ? J'ai à peine touché.
Chut!
- AllĂŽ, Katia ?
- C'était quoi, ce bruit horrible ? - C'est leur réseau.
Qu'est-ce que je disais ?
Ah oui ! Un truc de dingue.
Devine quoi, ils jouent au cricket ici.
- Ah bon ? - Eh ouais.
Ăa a marchĂ©.
- J 'imaginais des beaufs accros au rugby.
- Et la maison ?
Elle est jolie ?
La maison...
La maison, comment te dire ? C'est pas feng shui.
J' ai jamais rien vu d'aussi laid.
- C'est comment ? Chacun ses goûts.
- C'est mal agencé ? - Non, non, c'est trÚs bien agencé.
Mais tout est laid. VoilĂ .
Une vraie scĂšne de crime.
On lui a dit. - Yvon.
Les murs sont laids.
Les tableaux sont laids,
les tapis sont laids.
On se croirait dans "Derrick". Merci.
Il y a une photo
du type qui habite lĂ . Ăa doit ĂȘtre un cousin de Borat.
Il aurait aussi besoin...
Larsen Cris d'énervement
Touche pas Ă cette machine.
J' ai pas fait exprĂšs.
- Katia, t'es lĂ ? - Si, si.
- Il y a un problĂšme avec la ligne.
- Oui, on dirait.
Je vais dĂźner car ils doivent se coucher avec les poules.
Je te rappelle.
C'est du racisme anti-paysan.
Si tu pouvais me faire ton bĆuf Strogonoff.
- DÚs que tu rentres, mon chéri.
- Je te rappelle plus tard. A tout Ă l'heure.
- Bacio.
Son bĆuf quoi ?
Louis, au restaurant, vite ! BĆuf Strogonoff.
OK.
Musique amusante
Aboiements féroces Merde !
A l'aide, au secours !
S'il vous plaĂźt !
Dolly, va lĂ -bas, file.
Allez.
Aboiements Chut !
A qui est ce chien ?
Au village. File, Dolly. Chut.
Merci. Ăa va ?
Désolé, j'ai pas l'habitude.
Ils me font flipper. Surtout les petits comme ça.
Comme les nains, c'est les plus teigneux.
On a tous une phobie.
- Bonjour. - Bonjour.
Maxime Meyer, votre médecin pour le mois.
Eve, enchantée.
En fait, je suis un peu perdu.
Je cherche un restaurant.
Vous voulez dire "le" restaurant.
Il est sur la place, lĂ -bas, Ă gauche.
Une autre question, docteur ? Non, non.
Je vous observais.
Je pensais qu'avec une retouche du nez, des pommettes
et une liposuccion, vous seriez trĂšs belle.
TrĂšs Parisienne.
Une correction de votre langage
et l'ablation de votre arrogance,
vous seriez certainement plus agréable.
Plus provincial.
Je voulais pas vous vexer. Bon appétit.
Non, mais je voulais pas...
Bon.
Bien.
- Bonsoir.
Bonsoir.
- Bonsoir. - Bonsoir.
Il est possible de dßner ? Bien sûr, installez-vous.
Se canto Chant occitan
OĂč vous voulez.
Je vais tenter lĂ .
Docteur, qu'est-ce qui vous ferait plaisir ?
Ce qui me ferait plaisir, vous ne l'aurez pas.
Dites, on ne sait jamais.
Je rĂȘverais d'un bĆuf Strogonoff.
Je vais prendre un plat du jour.
Un plat du jour!
- Ăa marche.
Il va se régaler, le docteur.
Il est bon, le bĆuf Strogonoff ?
- Au revoir, docteur.
Au revoir.
Les cloches sonnent.
Grosse ambiance.
On va bien se marrer, ici. Putain.
Village de merde !
Hululements
Musique douce
Aboiements
Merde !
Sonnerie de réveil
Musique de la pub "Nespresso".
- Bonjour. - BONJOUR.
Allez-y, toussez. Il tousse.
Encore.
Ăa Va, ça va.
Vous avez une belle bronchite. AĂŻe, aĂŻe.
Comme vous dites.
Il y a peut-ĂȘtre une otite,
mais trĂšs loin derriĂšre les bouchons de cire.
Exclamation dépitée
Je fais le pansement moi-mĂȘme.
Mais c'est ignoble.
C'est pas drĂŽle !
Dites : "Ah".
Ils poussent un "ah" prolongé.
Angine blanche.
Comment c'est arrivé ?
Au rug... Au cricket.
Au cricket ?
Faut y aller mollo.
Vous avez un pied d'athlĂšte. Merci.
C'est un champignon. Ah bon ?
Le petit tousse la nuit. Sa sĆur fait pipi au lit.
Lui a les pieds en dedans. Elle a des problĂšmes d'amygdales.
Et lui ne fait pas ses nuits. Il arrĂȘte pas de crier.
C'est tout ?
"Presquivez-moi" la pilule.
Bonne idée. Je vais vous la "presquiver".
RĂąle de fatigue
Oh, le cauchemar!
- Ciao, sono Katia, non sono disponibile.
Leave me a message and HI cal! you back.
- Oui, ma puce, c'est moi.
J' ai terminé ma 1re journée de travail.
Enfin, de travaux forcés.
C'est l'enfer.
J' ai jamais autant travaillé de ma vie.
Je tiendrai pas une semaine !
J' en peux plus de cette verdure et de ces péquenots.
Ăa m'aurait fait du bien de t'entendre.
Je te rappelle plus tard. Je t'embrasse.
Le tonnerre gronde. Les cloches sonnent.
- Vous ĂȘtes malades ?
Le docteur a vu 60 patients en une journée.
60!
T'y es pas allée, toi ?
Il a vu tant de maladies bizarres qu'il s'est cru au Moyen-Age.
C'est comme ça que vous séduisez quelqu'un ?
Au fait, qui est-ce qui a un pied d'athlĂšte ? C'est qui ?
- C'est... - C'est qui ?
C'est quoi ?
C'est parce qu'en fait,
j'ai une souche de champignons puissante.
C'est parfait, ça ! Tu t'es dit que
le moyen de convaincre le docteur d'habiter ici,
c'est de montrer
qu'on a ici une souche de champignons ?
C'est pas ça.
Quand j'enfile ma chaussette... - Je veux pas le savoir.
Maintenant, je prends les rendez-vous du docteur. OK ?
Qui veut prendre rendez-vous ?
Bonjour.
Bonjour.
- Bonjour, Mme Hartmann.
C'est Germain Lesage. Le maire de Saint-Loin-la-Mauderne.
- Pardon ? - Saint-Loin.
Non, la Mauderne.
Je vous appelle au sujet de notre dossier d'aides pour la SCOP.
Oui, voilĂ .
Il manquait le docteur. On l'a presque. Enfin, on l'a.
Je voulais savoir quoi faire ensuite.
Oui, parfait. Oui, j'écoute.
Oui.
Oui, trĂšs bien.
Pardon ?
50 000 euros ?
Oui, c'est |'écotaxe.
Mais on a fermé à cause des pollueurs.
On doit payer pour ceux qui nous ont tués ?
Oui, on doit participer Ă l'effort environnemental.
C'est injuste ! Bordel, je le sais bien !
C'est pas moi qui fais les lois.
J' y peux rien si la région est dirigée par les Verts.
Yvon crache.
- Yvon, tu viens de cracher.
Ăcoutez, les gars, mes supĂ©rieurs...
- Quoi, tes supérieurs ?
T'es pas assez grand ?
Tu peux pas décider tout seul ?
Pas pour 50 000 euros.
On veut me remplacer par un guichet automatique.
T'en es déjà un.
Je ne suis pas un guichet automatique.
Je suis le directeur
d'une agence postale depuis 18 ans.
Je suis un rouage fondamental de la vie de cette commune.
Vous auriez pu vous habiller un peu. On est filmés.
Tu m'énerves.
Que puis-je faire pour vous ?
Henri, s'il te plaĂźt.
Donc, vous sollicitez un prĂȘt. Je vais le tuer.
De 50 000 euros.
Je vais le tuer.
Votre nom ?
Yvon hurle. Calme-toi !
Calme-toi.
Tranquille, Yvon.
Tranquille.
Donc...
Germain Lesage.
Germain. Vous pouvez épeler ?
,l,,
E...
Musique calme
L'horloge sonne.
- Bon, ça y est, tu gagnes. - Enfin.
Ăa a Ă©tĂ©, docteur ? C'Ă©tait bien bon ?
Oui, oui.
Mais on n'est pas chez Guy Savoy.
Personne ne l'aime. Une tĂȘte de con.
-HĂ©!
Docteur, et votre journée ?
Longue, trop longue.
Seulement deux clients. Je préférais avec plus de monde.
Je voulais
vous demander... - Allez-y.
C'est quand, l'entraĂźnement de cricket ?
J' aimerais y participer si ça vous embĂȘte pas.
- Non, non,
ça nous embĂȘte pas.
Il y a un problĂšme,
la saison est finie.
C'est la trĂȘve.
- Pendant 6 mois.
En attendant la reprise, on a d'autres activités.
On a la pĂȘche.
Et la chasse. LA CHASSE !
La chasse. La chasse, parlons-en.
Quelle est la différence entre la guerre et la chasse ?
A la guerre, au moins,
le lapin a un fusil.
Il rit tout seul.
C'est drĂŽle.
- Oui.
C'est de Gaulle.
C'est du général de Gaulle.
- Au plaisir. - Il faut que j'y aille.
Oh, Yvon, Yvon.
Vous finissez pas vos biĂšres ? Non.
Ils sont pas drĂŽles.
Il ne leur reste que la chasse. Faut les comprendre.
Ăa leur tient Ă cĆur.
Je ne juge pas. Ils sont libres.
La chasse ne me dérange pas. Limite, j'aime bien.
Bonsoir, Germain.
Bonne soirée, docteur.
- A bientĂŽt.
Musique paisible
Aboiements Oh putain !
Village de merde. Signal de recherche du réseau
Pourquoi ça capte pas, là ?
Le réseau, c'est au bout de la rue, la maison blanche.
Merci.
J' aimerais aider, mais j'ai peur d'abĂźmer mes Berluti.
Ce serait dommage, en effet.
Je suis navré pour l'autre fois.
Dans ma bouche, c'était un compliment pour dire que je vous trouve jolie,
avec du potentiel.
Vous ĂȘtes un vrai gentleman !
Non mais c'est vrai.
Tenez. Vous voyez la dame, lĂ ? Hum.
- Malgré ma volonté et mes mains expertes,
il n'y aura pas de miracle.
Elle restera toujours moche.
On fait pas d'un Ăąne un cheval de course.
Vous parlez de ma mĂšre.
Ah bon ? Mais en mĂȘme temps,
on voit une beauté intérieure trÚs intense.
Ne vous fatiguez pas.
Je suis désolé. C'est maladroit.
Taisez-vous, ça vaut mieux.
Sinon, qu'est-ce que vous faites, ici ?
Je suis maßtresse d'école.
Maßtresse d'école ?
Super ! J'adore les maĂźtresses.
Justement, je suis une maßtresse sans élÚves.
Enfin, avec pas assez d'élÚves.
Vous n'avez pas d'enfants ?
Ah non. Ah non, non !
Eh non, pas encore.
C'est dommage.
Vous auriez eu deux enfants, on rouvrait l'école.
Bonne journée, docteur.
Bonjour, madame.
Bonjour.
Vous allez bien ? Bah oui.
Vous avez une fille formidable.
Ma fille ?
Quelle fille ? J'ai trois gars.
Y a longtemps qu'ils ne sont plus ici.
Il aime la techno house garage.
La quoi ?
C'est de la musique électronique. Quoi d'autre ?
Il a des brûlures d'estomac. Il a pris un cachet.
Il trouve que la nourriture est trop grasse.
Je demanderai Ă Josiane de faire gaffe.
Ouais.
Elle marmonne.
Et...
Il a eu froid aux pieds.
Il est frileux.
Qu'est-ce qu'il y avait avant ?
Pourquoi ne pas juste lui demander d'ĂȘtre notre docteur ?
Sans mensonges,
sans magouilles, sans tout ça.
Carmen.
Qu'est-ce que tu me caches ?
Tu pourrais le blesser.
C'est une conversation personnelle avec sa mĂšre.
On devrait pas utiliser ces informations.
Je veux pas le blesser.
Non.
Il n'a jamais connu son pĂšre.
Germain.
Tu me promets... Carmen.
Tu me connais.
Cri d'oiseau Maxime bĂąille.
On n'est pas bien ? Maxime grommelle.
Tu m'en veux pas de t'avoir sorti du lit?
- Non.
Si tu restes, tu finiras par adorer la pĂȘche.
Ăa m'Ă©tonnerait.
Dis-moi, t'as quel Ăąge ?
33 ans.
Pourquoi ?
Mon fils aurait eu 33 ans.
Ăa me fait bizarre de pĂȘcher avec quelqu'un...
Comme... A parler de la vie, Ă parler des femmes...
A parler de tout ça.
Je suis désolé. Je savais pas.
Tu pouvais pas savoir.
C'est pas grave, fiston.
C'est pas grave.
Cri d'oiseau Coup de feu au loin
Et comment on fait avec les vers ?
Tu sais que t'es doué ?
- Ah bon ? - Ah oui, t'es doué.
Docteur, vous avez vidé la riviÚre ?
Malheureusement, non.
Bonne journĂ©e. BONNE JOURNĂE.
Il est pas bon. C'est un gars de la ville.
Ah non. Il est vraiment pas bon.
Ah merde.
Denis, tu t'y connais en musique ? Ah oui.
T'écoutes quoi ?
Obispo, MylĂšne Farmer, U2.
Notre docteur aime la techno.
Je déteste la techno.
MylĂšne Farmer a fait de la techno.
Germain, c'est hors de question.
HĂ©, Denis. Denis !
C'est une sacrée cicatrice que vous avez.
Comment vous vous ĂȘtes fait ça ? Le...
Le remplaçant.
Le remplaçant?
Il fait de son mieux.
Il fait de son mieux ?
Il fait de son mieux.
Psst, Marcel.
C'est bon ? Il t'a posé des questions ?
Oui. Tu as parlé du remplaçant?
Il hésite. Oui.
C'est bon, Marcel. Vas-y.
Tu peux y aller, c'est bon.
Vas-y, oui.
La deuxiÚme semaine s'est plutÎt bien passée.
Il salue l'assemblée.
Tout allait bien.
- Ils m'ont prĂȘtĂ© des vĂȘtements.
Notre plan fonctionnait Ă merveille.
Notre docteur semblait s'acc|imater.
Vas-y 1
Tout le monde y mettait du sien.
Musique techno
- C'est bon, hein ? - Oui.
On est entre l'école de Manchester et celle de Stockholm.
VoilĂ , c'est exactement ce que je me disais.
Ouais, ouais.
Maxime crie. Denis hurle.
Putain !
Mais au bout d'un moment,
évidemment, un couple normalement constitué commence à s'ennuyer.
Tu me manques, ma puce.
J' aimerais t'avoir prĂšs de moi.
- Ah bon ? Pour quoi faire ?
- Je sais pas.
Il faut que je réfléchisse.
- Je commencerais par te déshabiller. - Oui.
- Je te caresserais les épaules. - Oui.
- Je fembrasserais partout.
Katia respire fort.
Ancora.
Je sortirais mes outils.
Qu'est-ce qu'il a dit ?
- Ma petite boĂźte Ă outils.
Il va sortir quoi ?
Ses outils.
Donne-moi une cigarette.
Tu fumes pas. Donne-la-moi.
- Je descendrais le long de tes reins.
Je te caresserais les fesses.
- Ancora ! Carmen tousse.
Je descendrais sur tes cuisses.
Je te mordillerais les doigts de pied.
Je te lécherais le gros orteil.
- Et aprĂšs ?
Et aprĂšs ? - Oui.
Katia respire fort. Ancora.
- Que dit-il ? - Chut.
H murmure.
Monte le son !
Larsen Cris de douleur
Baisse.
Katia, t'es toujours lĂ ?
- Oui, on en Ă©tait oĂč ?
Qu'est-ce qu'il a dit aprĂšs... Elle murmure.
Oui, tu sais.
Tu sais.
Bon.
Tout a l'air de fonctionner.
J' en suis ravie.
Merci, docteur.
D'oĂč vient cette cicatrice ?
Quelle cicatrice ?
J' ai vu, lĂ . Non, c'est rien.
Comment vous avez fait ça ? C'est une longue histoire.
J' ai tout mon temps.
Je préfÚre pas.
C'est le remplaçant.
C'est pas lui.
Esteban, t'as mon saumon ?
Ton saumon ?
Merde, je l'ai vendu au fils Imanol.
Putain ! - Mais attends.
J' ai un bar de ligne. C'est aussi bon.
Tu le prends ?
Coup de feu lointain
- Germain ? - Oui.
Coup de feu Cri d'oiseau
C'est qui, le remplaçant?
C'est quoi, cette histoire ?
Hein ? Oh, lui...
On l'appelle comme ça en rigolant.
C'est un vieil ermite qui habite dans une cabane en forĂȘt.
Dans une cabane ? Hum.
Il fait quoi, exactement?
Il fait... Tu sais...
Quand ta tronçonneuse dérape ou ta hache ripe,
et que la ville est trop loin,
on va le voir, lui. On est bien obligés.
Il a des qualifications ?
Oui, quand mĂȘme. Il a Ă©tĂ© brancardier pendant la guerre, en 1939.
Non, mais ça va pas !
Il faut arrĂȘter ça.
On a arrĂȘtĂ© maintenant que t'es lĂ .
On n'est pas fous.
Oh lĂ !
Bouillonnement
- Tu as une touche. - Hein, hein ?
- Oui ! Oh lĂ ! - Qu'est-ce qui fait des bulles ?
C'est normal. C'est le poisson qui fouille la vase.
Attends un peu.
- Je fais quoi ? - Doucement.
- Je le tiens ! - Pas encore.
Je le tiens ! - Non.
Il s'énerve.
Non, attends !
OUĂ, vas-y !
Vas-y.
Germain sfesclaffe.
Merveilleux! Je l'ai eu !
- Il est énorme ! - Enorme.
Il est tout froid.
Hein ?
Il est tout froid.
Il est quasiment congelé.
Euh... Non mais c'est normal.
Les gros poissons sont au fond,
lĂ oĂč il fait trĂšs froid. Ah bon ?
Il est beau.
J' ai eu le plus gros poisson de la riviĂšre !
Yes g
Super!
Merci, Germain.
Cri de joie Musique enjouée
Le prĂȘt a Ă©tĂ© refusĂ©.
Pourquoi ?
PremiĂšrement, 50 000 euros, c'est beaucoup d'argent.
DeuxiĂšmement, vos garanties sont assez minces.
Exclamation gĂȘnĂ©e
Tu vois, Henri,
ton boulot représente plein de choses.
C'est vrai, il faut tamponner des documents.
Plein de documents.
C'est important, les documents.
Oh là là . Il y a aussi de la comptabilité,
du classement, de la relation client...
C'est du travail. Ăvidemment,
il te faut 10 min d'lnternet par jour
pour t'astiquer le bùton et déstresser.
Il halĂšte. ArrĂȘte, ils visionnent les cassettes.
- Il y a autre chose.
Il y a une partie oĂč il faut croire au projet.
Que tu t'investisses.
Un directeur d'agence postale, ça fait partie du projet.
Il doit parfois mettre sa main au feu,
sa tĂȘte sur le billot,
ses couilles sur la table.
Il doit pouvoir regarder son supérieur dans les yeux
et lui dire qu'on emmerde le formulaire.
Je sais que ce projet va marcher.
Henri.
Tu dois ĂȘtre capable de jouer ta rĂ©putation.
Pour moi, un directeur, ça fait tout ça.
Je me dis que si tu fais pas
toutes ces choses-lĂ ... Ne le dis pas.
Bah si ! Non, ne le dis pas.
T'es qu'un guichet automatique.
Germain.
Germain !
Yvon, je suis pas un guichet automatique.
Je le sais bien, moi.
Mais toi, faut que tu le prouves, maintenant.
- Tu réalises ?
Se faire recoudre dans la forĂȘt par un ermite de 90 balais.
Il leur fait des cicatrices affreuses, une boucherie.
J' ignore oĂč il va chercher ça. - On est au XXIe siĂšcle.
Ils ont le droit à un médecin, non ?
Katia acquiesce. - AllĂŽ ?
J' ai l'impression que je t'ennuie.
- Non, mais je dois te laisser.
J' ai un rendez-vous important. On s'appelle plus tard.
See you.
Bien sûr. Katia raccroche.
AllĂŽ ?
See you.
See you.
Ăa veut dire qu'il va rappeler.
En anglais. C'est de l'anglais.
Il compose un numéro.
- Docteur Shalayan. - Sandjiv.
- Salut, frérot! Son meilleur ami.
' Ăa Va, ça va.
Tu pourrais m'enregistrer Angleterre-Australie, samedi ?
- T'as pas de parabole ? Y a mĂȘme pas de trottoirs, ici.
C'est leur cricket. Qui a une parabole ?
Denis, je crois.
Qu'il l'installe au bar.
Plus sérieusement, est-ce que t'as vu Katia, récemment?
- Non, pourquoi ? - Je la trouve bizarre.
Elle est distante.
Tu pourrais jeter un coup d'Ćil ? - Pas de problĂšme.
Je te revaudrai ça.
- Tu me dois rien, tu rigoles. T'es mon frérot.
Comment ça se passe au goulag ?
- Finalement, ça se passe bien. Ils sont sympas.
C'est un trou perdu, mais c'est bien, cette pause nature.
- Ah bon ? - J'ai appris Ă pĂȘcher.
Rires - Tu te sens bien
chez les gens qui se reproduisent entre cousins.
Larsen Cris de douleur
Les cloches sonnent.
- Votre attention, s'il vous plaĂźt.
Bruxelles a téléphoné.
Huées Doucement.
C'est pour l'usine.
On a un petit problĂšme.
Vrombissement des pales
Musique intrigante
Brouhaha
Bon.
Tout m'a l'air correct. Et votre médecin ?
Il est en consultation.
Musique techno
H hurle.
J' irais bien dĂźner.
Non, un dernier. C'est trop bien ce que je découvre.
Alors un truc hyper pointu. Uniquement pour les initiés.
Waouh !
- C'est un groupe allemand. - Super.
Bon.
Il reste Ă voir le nombre d'habitants.
Au dernier recensement, vous n'étiez que 128.
Comme je l'ai dit au téléphone,
on privilégie les nouvelles usines dans des communes
d'au moins 200 habitants. C'est un problĂšme technocratique.
Le dernier recensement date de 20 ans.
Mais ce sont les chiffres officiels.
On est 220, je vous assure.
Vous préférez croire un statisticien qui n'est jamais venu
ou le 1er magistrat du village ?
Ăcoutez, Mme Hartmann,
par exemple ici, regardez.
Regardez ici, dehors, en haut.
Y a Ă peu prĂšs combien de personnes ?
Une fourchette.
Je sais pas.
Hein, combien ?
Une centaine. Une centaine, on est d'accord.
Suivez-moi.
Par ici, Ă gauche, je vous en prie.
C'est parti !
Vite ! Henri, ta casquette !
Vous voyez ? On a un trĂšs joli calvaire.
Suivez Yvon.
Il est trĂšs ancien.
Sur la gauche.
- Vite, vite, vite !
Je vais passer devant vous, il y a un peu de bazar.
Suivez-moi, suivez-moi.
- Les Hautes-Pyrénées.
Le 65.
Bingo g
Cris enthousiastes
- Notre hÎtesse va vérifier le carton.
Et lĂ , Ă votre avis, ils sont combien ?
Plus de 100.
Alors, je confirme.
Bingo, ici.
Applaudissements
Notre vainqueur
gagne un jambon de pays de 7 kg de la maison Esteban.
Applaudissements
Musique techno C'est bon, ça !
Oh lĂ !
Comme ça ! Ouais.
Maxime hurle. Denis crie d'effroi.
Putain !
- C'est une musique qui s'arrĂȘte jamais.
Maxime hurle.
Musique techno
Vrombissement des pales
Musique douce
- N'oubliez pas. 5 gouttes sur l'oreiller au coucher.
Au revoir, docteur. Merci.
Au revoir.
- Bonjour, docteur. - Bonjour, docteur.
Oh, salut, docteur!
Pile Ă l'heure pour le match.
Quel match ? La finale de cricket.
Sans déconner ? Rires
Bonjour, ça va ?
Commentaires en anglais
Frappe- - Frappe-
Frappe, frappe-
Ils répÚtent.
Il faut qu'il frappe. C'est bien frappé !
C'est un super lanceur.
C'est qui ?
Kaprowski. OUI, OUI, KAPROWSKI.
Catch, catch, catch.
CATCH, CATCH, CATCH. Oui, super!
OUI!
Et c'est récupéré.
TrĂšs belle phase de jeu.
Magnifique l
C'est rare, mais c'est beau.
Y a faute.
Ils s'énervent.
Y a faute !
Y a faute !
Leg before wicket.
Henri baragouine en anglais.
- Oui, c'est ça. - On va attendre le ralenti.
Y a le replay.
Leg before wicket.
This is not cricket.
NON 1
Josie, mĂȘme chose.
Il a une bonne descente.
Juste pour les matchs. Mais ici, il y a des champions.
Exclamations offusquées
J' en peux plus de son cricket.
On pourrait m'expliquer les rĂšgles de ce jeu ?
- Les gars,
on loupe le derby.
On change 2 secondes.
On voit le score. Bon, alors 2 secondes.
Josiane, mets le derby, vite !
- C'est bien dosé !
C'est magniïŹque ! OUI !
On mĂšne, les gars. On mĂšne.
Soupir de soulagement
- Donne !
OUI, OUI!
OUI, OUI, OUI!
Cris de joie
Oh, putain !
Asseyez-vous !
Asseyez-vous ! Asseyez-vous !
Remets-moi le cricket.
Asseyez-vous !
- J'ai loupé quoi ?
J' ai loupé un truc ?
AH...
Il s'est passé quoi ? Un beau truc.
Y a pas de ralenti ?
- Non, y en a pas.
Le score a pas bougé. Non.
Il y a eu une action vraiment...
C'était beau. Il s'est passé quoi ?
Il bafouille. Germain, c'était quoi... exactement?
Il hésite.
Euh... Yvon.
C'est-à -dire... Oui, ça...
Euh oui.
J' ai loupé quoi ?
Y a eu une action.
Le type est parti en...
Il est parti. Il a couru.
Il a été plaqué.
Ben non, non !
Il a glissé sur le wicket, ça fait qu'il a... Hop!
Mon gars, tu vois, c'était beau.
C'était beau, mais ça n'a pas fait de point.
Musique intrigante
Henri.
ArrĂȘte de boire.
Confisqué.
Maxime rit. Ils Pimitent.
Je suis d'accord.
This is not cricket.
This is "biquette".
Hop, la derniĂšre. Celle-lĂ non plus.
Ils chantent "Se canto".
Heureusement qu'on t'a accompagné.
T'aurais pas retrouvé ta maison tout seul.
Une maison moche comme ça.
MĂȘme bourrĂ©, c'est facile Ă retrouver.
Ils rient aux éclats.
On devrait pendre l'architecte.
- On est pas contre. Elle est pas...
Oh!
Chaque jour...
Chaque jour...
Des fois, c'est des billets de 10.
NON. Chaque jour.
Oh, la chance !
Chaque jour ? Ouais, ouais, ça va.
T'imagines pas la chance. Ta gueule.
Ah!
On est quand mĂȘme bien, ici.
Exclamations réjouies
Allez, allez.
Bonne nuit. - Bonne nuit, fiston.
Buenas moches.
- Merci. - Au revoir.
Bonne nuit, docteur.
A domani.
Bonne nuit, le petit docteur.
Te voilĂ , toi !
Mais oui, il est lĂ , papa.
ArrĂȘte de faire le con.
Qui a eu l'idée du biffeton ?
Qui a eu l'idée du biffeton ? Ils chantent.
- Salut, les copains.
Je vais me coucher.
Musique douce
Il a dit qu'il était heureux ici.
Il adit:
"Ah, ce qu'on est bien ici." Hein ?
Il l'a dit ou pas ? Il l'a dit.
L'affaire est dans le sac.
Non.
Si on demandait Ă Maxime de signer,
il aurait peur et il refuserait.
Mon grand-pĂšre disait : "Le poisson a mordu, mais le plus dur commence."
Maintenant, il faut ramener le poisson.
Faut convaincre le poisson que sa place est dans la nasse.
Qu'il en soit convaincu.
Pratiquement qu'il saute dedans lui-mĂȘme.
Qu'est-ce qu'on fait, alors ?
Pays de cons.
Ehoh!
Envoie, fais tourner.
Le moteur peine à démarrer.
Essaie encore.
soubresauts du moteur
Je crois que t'es coincé, Esteban.
Je reste pas dans ce trou pourri.
Comment tu fais alors ?
- Je l'ai fait réviser
la semaine derniĂšre.
Avec notre blé, t'aurais pu changer ta camionnette.
Ăa va m'aider. Merci, c'est drĂŽle.
Yvon a été chef mécano à l'usine. Il va t'arranger ça.
Hein, Yvon ?
Ouais.
T'es sûr ?
Viens boire un demi.
Je m'en serais bien passé.
- T'as de quoi te changer ? - Bien sûr que non.
Je vais te trouver un truc.
Le garagiste va m'entendre, tu vas voir.
Sans ça, il risque pas de démarrer.
Bonjour.
Rires forcés
Bonjour.
Josie, une infusion, s'il vous plaĂźt.
Allez. Tiens, Josie.
Tu nous remets une tournée ?
Denis.
Ah, docteur.
C'est pour toi.
C'est gentil. C'est quoi ?
C'est une préparation pour tes mycoses.
- Fallait pas, docteur.
Merci.
- C'est qui, le type ?
Ah, lui?
C'est le nouveau docteur.
Il devrait signer pour 5 ans.
Il paraĂźt qu'il est formidable.
C'est formidable.
Les cacahuĂštes !
Josiane, donne-moi des cacahuĂštes.
Docteur, je t'avais pas vu. Bonjour.
Demain, tu peux prendre ta journée.
Il y a le docteur Cordier qui va te remplacer.
Allez, salut.
Merci. Merci, Josie.
CacahuĂštes.
C'est pas mauvais pour la santé.
Josie, une petite infusion.
Ah oui, j'oubliais.
Bonjour.
Bien.
Bonjour, bonjour.
Bonjour, pardon.
M. le Maire. Au revoir, André.
A la prochaine. A la prochaine.
Bonjour, Germain. Vous allez bien ? TrĂšs bien.
Oui ? Ce serait sympa d'aller pĂȘcher.
Je peux pas, je suis débordé.
Je dois aider le Dr Cordier. Au suivant !
- Une prochaine fois ? - Oui, oui.
Musique guillerette
Bon chien.
Heureusement que t'es lĂ .
On est bien, tous les deux.
Aboiements - Viens ici !
- Salut!
Elle est prĂȘte, ma camionnette ? BientĂŽt.
Chut, ça suffit !
Tais-toi. J'ai dit : "Tais-toi !"
- Ciao, sono Katia. Non sono disponibile.
Leave me a message and HI cal! you back.
- Ma puce, c'est moi.
Ăa m'aurait fait du bien de t'entendre.
Je te rappelle plus tard.
Je t'embrasse.
- Ecoutez, Henri.
Je comprends pas bien votre appel.
Je suis persuadée que leurs garanties sont solides, Mme Martinez.
- J'ai le dossier sous les yeux, y a rien de solide.
Ăcoutez, ça fait 18 ans...
- Je sais que vous avez débuté avec mon pÚre.
Les choses ont changé.
La Poste est une entreprise commerciale.
Les agences comme Saint-Loin
ne sont plus une priorité.
Henri, je vais ĂȘtre franche avec vous.
On aurait dĂ» vous remplacer... Ne le dites pas !
Par un guichet automatique.
Je suis désolée.
Henri ?
Henri ?
AllĂŽ ?
Musique mélancolique
- Il est pas talonneur.
Il l'a jamais été et le sera jamais. Alors qui ?
- Je suis pas sélectionneur!
Toujours le pognon !
Qu'est-ce que c'est ?
C'est notre prĂȘt.
Je l'ai approuvĂ© moi-mĂȘme.
Ăa nous fera des mensualitĂ©s de 1141,71 euros
sur 60 mois.
C'est quoi ? C'est mon CV.
AprÚs ça, il va me falloir trouver un nouveau boulot.
Henri.
Tu m'as dit de mettre mes couilles sur le billot.
La tĂȘte, Henri.
Merci.
Merci.
Plus que jamais,
on a besoin de notre docteur.
Ăa va, Henri ?
Ăa fait du bien. Non, non. - Germain !
Venez vite !
cacophonie
On comprend rien. Recommençons.
Le Maxime, il a appelé chez Katia, sa puce.
Elle n'était pas là . Du coup, il a laissé un long message.
Comme Maxime ne trouvait pas la Katia,
il a appelé tout le monde.
Elle était chez "Ambiv", son meilleur ami.
Sandjiv.
Non, chérie. AbrÚge.
Devinez quoi ?
Ăa fait un an qu'elle le trompe avec.
AH!
- Oui, voilĂ .
Alors les deux, terminĂ©. - Ăa veut dire
qu'il n'a plus d'attaches en ville.
Du coup, il est libre, Max.
Ben oui, c'est exactement ça.
C'est ce qu'on vous expliquait.
Ăa fait 30 min! - Mais oui, mais oui !
Bravo !
Musique mélancolique
Ăa va, Max ?
Alors ?
Il a décidé de rester, votre docteur ?
Il n'a pas signé, mais c'est en bonne voie.
Je suis vraiment content pour le village.
Avec toi, ça se passait bien aussi.
On se faisait pas trop d'illusions.
On sait que ta grande carriĂšre t'attend lĂ -haut.
- Ma grande carriĂšre.
Une vie Ă faire des faux nez,
des faux seins, des fausses lĂšvres...
Tout est faux dans ma vie.
MĂȘme avec Katia, c'Ă©tait complĂštement faux.
Putain ! Mon meilleur ami.
Ăa fait un an qu'elle me trompe avec mon enculĂ© de meilleur ami.
Je savais pas, je suis désolé.
Ils devaient tous savoir, Ă l'hĂŽpital.
Ils ont dĂ» bien se marrer, mes soi-disant amis.
Ils ont dĂ» bien se foutre de ma gueule.
Quel con !
Alors ma grande carriĂšre...
Dans le fond, je suis mieux ici.
Merci, Germain.
Vous me faites du bien.
T'es ici chez toi, fiston.
Je me suis habitué à votre village.
Exclamation embarrassée
A l'air pur, aux gens...
MĂȘme Ă la pĂȘche.
Je me suis rendu compte que Saint-Loin, c'est petit.
Si si, c'est petit.
Y a pas de grands restaurants,
y a pas le tourbillon de la ville.
Mais il y a quelque chose de particulier, ici.
Quelque chose qu'on retrouve pas ailleurs.
Vous ĂȘtes vrais.
Ăa, ça fait du bien.
Alors, je me disais,
si c'est pas encore trop tard,
j'aimerais ĂȘtre votre docteur.
Ce n'est pas une décision qu'il faut prendre à la légÚre.
C'est tout réfléchi.
Je te raconterai jamais de conneries, Germain.
- Non, écoute...
Bienvenue Ă Saint-Loin, docteur.
Merci.
Merci, Germain.
Musique mélancolique
Yvon ? Hum ?
C'est qui ?
Le roi des menteurs.
Quoi ?
Il veut signer.
Bonsoir, Germain. Bonsoir, Clotilde.
Carmen, ça va ?
Carmen, ça va bien, oui.
Puis-je te demander ce que tu fais dans mon lit?
Ce sera pas long.
C'est déjà trop long.
Laisse-le. Il vient pas souvent.
Juste un petit mot et je pars.
Tu seras bien aimable.
Yvon ?
Yvon.
Tu as pensé à l'aprÚs signature ?
Tu as pensé à ce qu'il va arriver
quand il va réaliser qui on est vraiment ?
On lui a menti depuis le début.
Tout est faux.
C'est que des petits mensonges, Germain.
Ăa va le tuer.
Germain ronfle.
Musique douce
Le chien, viens. Aboiements
Allez !
Non !
Non, c'est pas chez nous. Le chien !
- Du calme !
Du calme !
Vous ĂȘtes prĂȘts
Ă jouer au village parfait, Ă ĂȘtre merveilleux ?
Les scrupules, il fallait les avoir avant, M. le Maire.
Le chien ! Le chien, viens ici.
Viens ici.
Le chien !
Vous ĂȘtes prĂȘts
Ă vivre dans le mensonge pendant 5 ans,
Ă lui raconter vos salades 24h/24.
Reviens ici !
OĂč tu es ?
Reviens ici ! Tu reviens ici !
Il ne mérite pas ça. - Tu te fous de nous ?
T'as des scrupules pour un gars
que t'as connu il y a 3 semaines.
- Il nous traite de débiles.
Il nous traitait.
- Moi, j'ai hypothéqué ma maison !
On a besoin de cette usine.
On n'a pas le choix, Germain.
- Nous, on veutjuste du boulot.
Bah oui, bah voilĂ .
- Alors, ce voyage, mon chéri ? - J'ai pris un TER.
J' aimerais que tu sois prĂšs de moi. - Pour quoi faire ?
- Sandjiv. - Salut, frérot !
- J'ai appris Ă pĂȘcher.
- Tu te sens bien chez ceux...
- AllĂŽ, Maxime ?
C'est maman.
- Je vous préviens,
j'écouterai pas cette techno pendant 5 ans.
Si un psychopathe mixe encore,
je me tire une balle.
J' irai l'écouter, moi, la techno.
ArrĂȘtez, vous deux.
ArrĂȘtez !
Ferme ta gueule !
In nomine,
Patris et Fili
et Spiritu Sancti.
Amen.
Et au cricket ?
C'est quoi, un wicket ?
Alors ?
Henri ?
C'est un petit...
C'est... Vous n'y connaissez rien.
Tiens, Denis. Il s'appelait comment,
le fils de Germain ?
- Pourquoi? Euh...
Le fils de Germain...
Euh... Antoine ?
Il ne m'a pas dit.
Il t'a pas dit?
20 ân 34 '.
Il appelle Katia. Ils font l'amour au téléphone.
22h15:
Dernier message Ă Katia puis il se couche.
Vous m'avez menti depuis le début.
Tous !
Le village merveilleux n'existe pas.
Putain, Germain ! Pourquoi personne ne me dit la vérité ?
Pourquoi ?
Maxime.
Maxime !
Ăa fait des annĂ©es qu'on vit comme des zombies.
Qu'on attend un boulot qui vient pas.
On rase les murs chaque mois pour aller chercher le RSA.
Max, regarde-moi.
T'es déjà allé chercher le RSA ?
Tu vas chercher de l'argent, mais aussi de la honte.
L'argent, t'en as pour 15 jours.
La honte, t'en as pour le mois.
Ăcoute. On a la possibilitĂ© de voir s'implanter une usine.
C'est du boulot et de la dignité pour tout le monde.
Pour les assurances, on avait besoin d'un docteur.
On a envoyé du courrier partout.
Peut-ĂȘtre que tu l'as reçu ?
Pas une seule réponse.
Pas une.
En France, l'avenir d'un village comme le nÎtre n'intéresse personne.
Et puis t'es arrivé.
Comme un miracle.
On s'est mis à y croire, à espérer à nouveau.
Pourquoi ne pas l'avoir dit au départ ?
Pourquoi ne pas avoir dit la vérité ? Tu aurais signé ?
Sans nous connaĂźtre ?
T'aurais abandonné ta carriÚre pour des péquenots ?
Non.
C'était une stratégie...
malhonnĂȘte, mais on n'avait plus le choix.
Je reconnais. Le salaud, c'est moi.
Je les ai emmenĂ©s dans la mĂȘlĂ©e.
Je voulais qu'on te plaise.
Mais la vérité, Maxime,
c'est qu'avec ta signature,
tu peux ramener 120 personnes Ă la vie.
La vérité...
c'est que sans toi, il n'y a plus de village.
Ăa servait Ă rien de me mentir.
J' aurais pu vous aimer comme vous ĂȘtes.
Vous ĂȘtes allĂ©s trop loin.
Vous n'avez pas Ă©tĂ© honnĂȘtes.
Max !
Max ! Avec nous,
tu serais devenu un vrai docteur !
Max !
Je suis désolé.
Vraiment !
Musique triste
Aboiement
Klaxons - BFM Business, Intégrale Bourse.
On refait la séance...
Klaxons
RonïŹements de moteur
Putain !
Musique triste
Klaxons
Docteur, ça va ?
On est prĂȘts.
Oui, ça va.
Ăa va.
- Il faut y aller, mon Germain.
Anda, cafmo homo, no pasa nada.
LevĂąntate y todo va a ir bien.
J' arrive.
OĂč est le contrat du mĂ©decin ?
Il est dans le dossier, non ?
Tu l'as pas mis, Henri ?
Je l'ai envoyé. Vous ne l'avez pas reçu ?
Il faut qu'il soit dans le dossier.
Vous le mettrez au dossier une fois reçu.
- Il est oĂč
votre docteur, M. le Maire ?
Il revient la semaine prochaine avec sa famille.
On signera la semaine prochaine.
Désolé, pas de médecin,
pas de signature.
- Germain.
T'apprendras le cricket ?
Non !
Denis.
tu apprendras Ă aimer
la techno ?
Jamais de la vie !
Vous m'apprendrez Ă pĂȘcher des vrais poissons ?
Oui, ça, oui ! Bah oui !
Ah oui !
Tu peux rassurer tes 120 administrés.
Je suis votre docteur.
Sûr ? Certain.
Je vous présente notre docteur.
Il a bien dit: "120 habitants"?
Non, il a dit "220".
"220" ! Ah non !
221, avec moi.
Rires
Bravo !
On lĂšve.
Bonjour, les enfants. BONJOUR.
J' ai rien pĂȘchĂ©. Tu m'invites ?
Désolée, j'ai des copies à corriger.
Prends ton temps.
J' ai 5 ans.
C'est sûr qu'une petite usine de pots en plastique,
mĂȘme biologique, c'est pas grand-chose.
Mais je vous garantis
que grĂące Ă notre SCOP,
les habitants de Saint-Loin ont retrouvé leur fierté.
Musique douce
En redevenant utile Ă quelque chose,
on peut dire qu'on a retrouvé le bonheur.
Admets que c'est pratique, non ?
Dis donc, c'est pas un zinc.
Et voilĂ .
Bips
Il m'a bouffé la carte !
HĂ©!
Il m'a bouffé la carte !
Quoi ?
Dites ce que vous voulez,
mais moi, en 18 ans, j'ai jamais bouffé la carte d'un client.
Rires Ouais, rigolez.
Pas une fois !
Ăa vous fait marrer. - Henri, Henri.
Viens boire un coup.
Musique douce
Sous-titrage : Eclair Group
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