All language subtitles for Les.Veces.Etaient.Fermes.De.L.interieur.1976.FRENCH.BDRip.fre

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Original subtitles

Patron.

Bonjour, commissaire.

C'est la, patron.

Eh ben, il n'est pas beau a voir.

Non.

Comment ca s'est passe ?

C'est sur un appel du concierge. Il a entendu une explosion.

Alors il est monte voir. Il a trouve la porte fermee.

Il a enfonce la porte. Il a trouve personne.

C'est la que c'est extraordinaire :

les veces etaient fermes de l'interieur.

Gaspard Gazul, employe de la RATP, mort dans ses chiottes,

seul comme un chien.

Oui.

Plutot maigre, comme indice.

C'est incroyable.

Le type s'enferme tout seul dans ses chiottes.

Solitaire, quoi.

Et paf, dans le buffet.

- C'est troublant, non ? - Oui. "C'est troublant."

Bon sang, mais c'est bien sur. Les chiottes etaient piegees.

- C'est peu probable. - Pourquoi ?

Reflechis une seconde.

La cuvette et le reservoir sont intacts,

les murs sont intacts, a part quelques taches de sang.

Tout est intact.

L'explosion a eu lieu sur lui.

Je dirais meme en lui.

Ah oui, oui. C'est le probleme de chambres closes.

C'est notre lot, mon petit Charbo, comme le reste.

Souviens-toi du Mystere de la chambre jaune.

Oui.

Sauf qu'ici, ca serait plutot Le Mystere des cabinets verts.

Bon. Il y a pas, hein ?

Impossible de rentrer si c'est ferme de l'interieur.

Il y a qu'une porte, et c'est marre.

Il y a bien cette bouche d'aeration, mais c'est trop petit.

Personne peut passer par la,

ou un singe, a la rigueur.

- Et encore, un tout petit singe. - Viens voir.

Oh, un tout petit singe.

Rene !

Oui, patron ?

Remonte ici.

J'arrive, patron.

A vos ordres.

Viens voir, mon petit Rene.

Tu vois ce musicien ? Tu vas me le filer.

Frequentations, domicile, itineraire, tout le toutim.

- C'est comme si c'etait fait. - Allez.

Patron, c'etait pas la peine de me faire remonter 3 etages.

Vous pouviez le crier par la fenetre, sauf votre respect.

Oui. Ecoute, Rene... Arre... Bon.

Bon. Tres bien.

Je crois qu'on n'a plus rien a faire ici.

Il avait du courrier.

Je sais rien. J'ai rien entendu. Je le connaissais a peine.

"J. O. 52, rue Gabriel-Peri."

J'ai l'impression qu'on va aller faire un tour

du cote du 52, avenue Gabriel-Peri.

J'allais justement vous le proposer, patron.

Ca marche, patron.

Il se doute de rien.

Rene, c'est pas un cadeau.

Mon vieux, dans la police, il y a pas de cadeau.

- Oui ? - Bonjour, madame. Police.

Vous avez un locataire avec J. O. comme initiales ?

Non. C'est un proprietaire. 2e etage.

Quelle ambiance... Pas tres cooperative.

La cooperation n'existe pas, mon petit vieux.

Dans la police, tu ne peux compter que sur toi-meme.

A ce point-la ?

Non mais, sans blague.

On va pas se faire emmerder.

C'est une Parisienne.

Je lui collerais deux baffes, moi.

- On est au service du pays. - Oui, oh...

"Odette Jeandrin."

O. J., J. O.

Elle a inverse pour brouiller les pistes.

Messieurs ?

Euh...

Bonjour... Bonjour, madame.

- Madame Odette Jeandrin ? - Oui. Pourquoi ?

On s'excuse de vous deranger...

Vous me derangez pas. C'est pour quoi ?

C'est vous qui avez ecrit cette lettre ?

Non. Pourquoi ?

Mais vous vous appelez Odette Jeandrin ?

Oui. Pourquoi ?

Vous reconnaissez pas votre ecriture ?

Non, pas du tout. Pourquoi ?

"Pourquoi ?" Non, c'est...

Qui pose les questions ? Vous ou moi ?

- Ben, c'est vous. Pourquoi ? - Oui.

Bon.

- Vous reconnaissez pas ? - Non.

Bon. Restez quand meme a la disposition de la police.

- Merci. - Oui. Pourquoi ?

"Pourquoi ?"

"Joseph Ordure."

J. O. C'est la, patron.

Entre. C'est ouvert.

C'est toi, Marcel ? Je suis la.

J'en ai pour une minute. Je suis a toi tout de suite.

Police.

Je ne vous autorise pas a me tutoyer.

Joseph Ordure, c'est bien toi ?

- Je vous avais pris pour un ami. - C'est rate.

Oh... Tiens, mon petit Charbo. Regarde.

Tiens, tiens, tiens.

Par hasard.

Dis donc, Joseph Ordure,

ca te dit quelque chose, ca ?

Et ca ?

"Ah, ah. Je t'ai bien eu, cette fois."

C'est toi qui as ecrit ca ? Ordure !

C'est toi qui as ecrit ca et ca ?

Et ca, c'est des timbres antituberculeux ? Hein ?

Qu'est-ce que c'est ? Alors, tu vas parler, Ordure ?

- Vous n'avez pas a m'insulter. - Je vais me gener !

Allons, allons. Mon petit Charbo, calme-toi.

Monsieur Ordure,

nous allons travailler dans l'amitie.

On aimerait savoir ce que vous faisiez ce matin a 9 h.

A 9 h, j'etais avec Marcel Boulanger a Aubervilliers.

Je lui ai achete cette bete-la.

C'est une belle bete,

mais ces vieux machins, ca tient pas...

On en a rien a foutre ! On veut savoir ou t'etais ce matin !

Mais je vous l'ai dit : a Aubervilliers.

Vous pouvez verifier.

Ils etaient 29 a m'apercevoir.

On va verifier tout ca.

Et ca, ca te dit quelque chose ?

Allons. On se detend. On se calme.

Monsieur Ordure, que savez-vous a ce sujet ?

Voila.

Quoi ? C'est simple.

Gaspard et moi, on fait du tir.

C'etait a celui qui mettrait le premier

les cinq balles dans le rond rouge.

Avant-hier, j'etais a la foire.

J'ai fait ce carton-la

et je lui ai envoye.

Mais, au fait, comment ca se fait que vous avez ce carton ?

C'est Gaspard qui vous l'a donne ?

Gaspard ? Ah, ah, ah !

Laisse-moi me marrer.

- Gaspard est mort assassine. - Quoi ?

Eh oui, monsieur Ordure, vous semblez l'ignorer :

votre ami Gaspard Gazul a ete trouve mort assassine

ce matin a 9 h dans son appartement.

Gaspard...

mort.

Mon vieux Gaspard...

25 ans qu'on se connaissait.

3 ans dans la marine ensemble.

On etait beaux, a 20 ans.

Tous les trois unis comme les cinq doigts de la main.

Moi,

Gaspard et Pascal.

"Pascal" ?

Parlez-nous de ce 3e doigt de la main.

Piazzorossicelli.

On s'est un peu perdus de vue.

Il s'est etabli a Marseille.

Il tient quelque chose comme un...

cafe, bar ou restaurant.

Le Tchi-Tchi, je crois.

- Le quoi ? - Le Tchi-Tchi.

"Le Tchi-Tchi."

- On va a Marseille, patron ? - C'est ce que j'allais te proposer.

Eh bien, monsieur, on va vous quitter.

Desole de vous avoir appris ce deces.

Nous avons un metier bien difficile.

Restez a la disposition de la police,

quoique je doute qu'on ait encore besoin de vous.

- Au revoir, monsieur Salete. - Ordure !

C'est encore vous ? Rebonjour.

Oui. C'est pour vous dire que vous etes innocentee

et que rien ne vous oblige

a rester a notre disposition. - J'etais disposee...

Charbo, s'il te plait.

Ce que vous pouvez etre serieux.

C'est possible. Mais on est en service,

et dans notre metier,

rien ne vaut l'amitie virile mise au service du bon droit.

Vous comprenez, n'est-ce pas ?

Et maintenant, Marseille.

Alright.

Le Tchi-Tchi. C'est bien la, patron.

Allons-y.

Piazzorossicelli, c'est bien le patron d'ici ?

1er etage, 2e porte a gauche.

Entrez.

- Ce n'est pas notre homme. - Ne crains rien, petit.

Asseyez-vous, messieurs. Je suis a vous dans une minute.

Merci infiniment.

Et excusez-nous de troubler ainsi votre toilette.

Je vous ecoute.

J'espere qu'on ne s'est pas trompes de porte.

Nous cherchions M. Piazzorossicelli,

et on nous a envoyes ici.

Vous ne vous etes pas trompes. Je suis sa femme.

Mon mari n'est pas visible, en ce moment.

Diable ! Souffrirait-il d'une indisposition ?

Nous remettrions cette entrevue a une date ulterieure.

Quand pourrions-nous revenir ?

Dans 3 ans.

Ciel, "dans 3 ans" ?

Cela ne nous arrange guere,

l'enquete risquant de pietiner passablement.

Pouvons-nous le joindre ?

Madame, ou se trouve votre mari ?

- Dans la prison des Baumettes. - "Des Baumettes" ? Ah, merde.

Dans ce cas, excusez-nous de vous avoir derangee.

Nous allons nous retirer.

- Non. - Ah, pardon.

A ton avis, Charbo, ou va-t-on, maintenant ?

Ben, aux Baumettes ?

Bravo.

Si tu continues comme ca, tu iras loin.

Nous allons aux Baumettes.

- Pascal Piazzorossicelli. - 2e etage. Cellule 17.

- On peut le voir ? - Oui. Suivez-moi.

Pascal Piazzorossicelli ?

Lui-meme. C'est a quel sujet ?

- Vous connaissez Joseph Ordure ? - Si je le connais ?

3 ans ensemble dans la marine. Je le connais bien.

Et Gaspard Gazul ?

Gazul, Ordure et moi, c'etait la fine equipe.

Pourquoi ? Il a fait quoi, Gaspard ?

Ce qu'il a fait ? Pas grand-chose. Il est mort assassine.

"Mort" ? Gaspard ?

Qui a pu faire ca ?

Demandez a Barbocelli. C'etait un ami a nous.

Il habitait rue du Panier.

- Vous auriez une cigarette ? - Oh, ecrase.

Non, mon petit Charbo. Non.

Une cigarette donnee a bon escient

vaut parfois mieux qu'un indice important.

Voila.

Pardon, madame. Vous connaissez un certain Barbocelli ?

Il n'habite plus ici. Il est au 213, chemin de Morgiou.

Charbo.

Je crois qu'on tient le bon bout.

C'est la, patron.

- Barbocelli. - Rez-de-chaussee, 1re a droite.

Et voila.

- Barbocelli ? - C'est moi. Pourquoi ?

Vous ne pouviez pas le dire plus tot ?

Vous me l'avez pas demande.

Dominique. Toi, ici ?

Pascal, merde ! Ca, c'est la meilleure.

Bon. On va pas faire 3 actes.

Vous n'avez rien a nous apprendre ?

Si. On pensait a la petite Gwendoline Kernadet.

C'est une fille qui a travaille chez Pascal il y a quelque temps.

Elle est retournee a Carnac, dans son pays.

Elle a bien connu Gaspard Gazul.

Moi, a votre place, j'irais a Carnac.

On n'a pas besoin de toi pour savoir ou on doit aller.

- Ou ca, vous disiez ? - Carnac.

- Mademoiselle Kernadet ? - Oui. C'est moi.

- Vous habitez bien Carnac ? - Oui.

- Que faites-vous a Etretat ? - Je suis en deplacement.

- "En deplacement" ? - Oui.

En deplacement. En deplacement.

Vous nous facilitez pas le travail !

Dans votre situation, c'est pas tres malin !

Comment ca ?

Commissaire Pichard.

- Inspecteur Charbonnier. - Oh non.

Vous n'etes pas de la police, au moins ?

Oh, mon Dieu.

Nous avons des questions a vous poser.

Il s'agit de Gaspard Gazul.

Vous le connaissiez.

Vous allez nous dire tout ce que vous savez,

car vous savez qu'il a ete trouve assassine dans son appartement

hier a 7 h, heure locale.

Vous allez parler ?

Non, non, non. J'ai promis de me taire.

- Parle ! - Je vous en supplie, inspecteur.

- Parle ! - Oh non, non, non !

Parle ou je te retire ta licence !

C'est bon.

Je vais tout vous dire.

Je suis une malheureuse. Voila.

J'ai connu Gaspard Gazul il y a 10 ans.

Il a toujours ete tres gentil pour moi.

C'etait un ami.

J'etais comme sa fille adoptive. Vous comprenez ?

J'y suis pour rien. J'ai rien fait !

Je l'ai aime

et je me suis vendue pour payer sa Dauphine !

- Je le note. - Je ne comprends rien !

Je vous jure...

Je vous jure que je ne l'ai pas tue.

Relevez-vous, mon enfant.

Nous vous remercions de votre gentillesse

et de vos precisions.

Restez quand meme a la disposition de la police.

Alors, Charbo,

qu'est-ce que tu en penses ?

Franchement,

avec le bruit de l'orage, j'ai rien entendu.

Moi non plus. Si, tout de meme, un mot.

Ah ouais ? Vous avez du bol.

Et quel mot vous avez entendu ?

Comment ?

"Carton a chapeau."

La, vous vous sous-estimez.

Ca fait deux mots, ca.

Ca en fait meme trois.

Carton a chapeau.

"Carton a chapeau."

Oh, patron...

Voie A. En voiture, s'il vous plait.

Attention au depart.

Pardon, madame. Ces places sont libres ?

Oui, oui.

Patron.

C'est bizarre : on en voit, des trucs sexy, dans cette enquete.

Toutes les 5 minutes, on voit une femme a poil.

C'est juste, Charbo.

Carton a chapeau...

Patron, j'ai peur.

Moi aussi, Charbo. Mais il faut continuer.

Ca va mieux.

Bon. On va essayer peut-etre de trouver ce carton a chapeau.

J'ai l'impression que ce sera pas facile.

Vous avez qu'a aller par la. Moi, je vais aller par la.

Voila.

C'est froid. Froid.

La, ca brule.

La, c'est le pole Nord.

Impossible de trouver quelque chose ici. C'est trop petit.

Il faut avoir un flair extraordinaire.

Tu me prends pour un chien policier ?

- Ce que vous avez comme flair... - Merci du compliment.

Attendez.

Faites voir.

Ne vous inquietez pas. J'en fais mon affaire.

Patron, j'ai tous les renseignements concernant le chapeau.

Il appartenait bel et bien a la victime.

Et alors ?

Oui, ca ne fait pas beaucoup avancer notre enquete.

Ca...

T'avais pas remarque ca.

C'est mignon. Qu'est-ce que c'est ?

C'est comme dans l'affaire du boxeur masque.

Ca, c'etait une enquete.

Il y avait de la... Un truc qui... Hein ?

T'as rien remarque d'autre sur la breloque ?

Si, si.

Il y a...

Il en manque un.

C'est une paire pour unijambiste. A cause de...

Tu te fies toujours a ta 1re impression.

Observe, au lieu de conclure hativement.

C'est pas un unijambiste ?

Fous-nous la paix, avec l'unijambiste.

Qu'y a-t-il ecrit la ?

La ?

"Ring Daumesnil."

Tiens, tiens, tiens. Ca me dit quelque chose, ca.

Il s'agirait pas d'un club de boxe

situe du cote de Daumesnil ?

Ca m'etonnerait qu'a moitie.

On va pas tarder a y faire un tour.

Du cote de Daumesnil ?

Bravo, Charbo. T'as devine juste. Chapeau.

Tyrolien.

Ah non ! Ca, non ! Merde !

J'en ai marre !

Oh, je disais ca pour rire.

C'est la, patron.

Patron, un unijambiste.

Je vous l'avais dit. J'en fais mon affaire.

J'ai reussi a rattraper l'unijambiste.

Facilement, d'ailleurs.

Je peux vous faire un rapport detaille sur l'affaire.

J'ai tout note.

On peut completement l'innocenter. Il n'a rien a voir avec l'affaire.

Dites donc, c'est pas bientot fini ?

Si vous entrez, faites silence, ou allez discuter ailleurs.

Allons bon ! Voila autre chose. Qu'est-ce qui se passe, encore ?

On aimerait bien jeter un coup d'oeil dans ton stadium.

- He, oh ! Vous avez un mandat ? - On a des tronches de facteurs ?

Continuez, les petits gars.

- Pardon. - Un moment.

Gaspard Gazul, vous connaissez ?

Attendez voir.

"Gaspard Gazul..."

Ah oui. C'est le poinconneur de bus.

Je l'ai connu

parce que je prenais le bus tous les jours sur sa ligne.

On etait meme devenus copains.

J'avais reussi a l'amener a la salle.

Questionnez ces messieurs. Ils le connaissent tous.

Va la-bas. Je te rejoins.

Ca vous dit quelque chose ?

Sur la photo ? Bien sur. C'est Gaspard Gazul.

C'est Gaspard Gazul. Pourquoi ?

Vous connaissez cet homme ?

Vous connaissez cet homme ?

Certainement, monsieur. C'est Gaspard Gazul.

Fais gaffe.

Gaspard.

Gaspard qui ?

Gaspard Gazul.

T'as decouvert quelque chose d'interessant ?

Rien de serieux. Mais ils le connaissent tous.

Oui. Ils le connaissent tous. Epatant.

T'as vu celui-la ?

Non.

Moi non plus. On va aller verifier.

- On peut vous poser une question ? - Oui. Bien sur.

Alors, cette question ?

Vous ne connaissez pas cet homme ?

Non. C'est la premiere fois que je le vois.

Et le nom de Gaspard Gazul, ca ne vous dit rien ?

Rien du tout.

Gaspard Gazul s'entraine ici. Tout le monde le connait.

Et vous, vous ne le connaissez pas. C'est tres logique.

Vous etes mal parti.

Je ne viens ici que depuis 8 jours. Je ne connais pas tout le monde.

C'est curieux qu'il soit le seul a pas connaitre Gazul.

- Vous avez vu son pendentif ? - J'ai vu, fiston, j'ai vu.

C'est le meme que sur le chapeau tyrolien.

Oui. J'ai remarque.

Il y a un mystere. S'il a le 2e gant de boxe,

ils se sont rencontres au moins une fois.

- Vous croyez pas ? - Eh oui, je crois, fiston.

A quelle heure ils vont nous faire bouffer ?

Tiens, ca bouge.

Je vois pas notre bonhomme.

Pourvu qu'il se soit pas barre par une sortie de secours.

Le voila.

Suis-le discretement.

Je suis gare dans le mauvais sens.

Dans les films policiers,

les bagnoles demarrent et ils sont gares dans le bon sens.

Ca arrive qu'a moi, ces conneries. J'en ai plein le cul.

Ou il va ?

- Ils foutent quoi ? - Il y a du standing.

On fait quoi ?

On cherche un numero, une adresse.

Mais ils vont nous voir.

- Numero impair, numero pair. - On cherche quoi ?

On cherche le 32.

Ils viennent sur nous.

Ah, merde.

Regarde le numero des rues.

Interesse-toi a quelque chose. Cherche ta direction.

- Merde ! Planque-toi ! Ils reculent. - Je l'avais dit.

On etait au milieu du carrefour.

Bon. Ben, demi-tour.

Vous avez une idee d'ou on est ?

Ici, Charbo. A 20 km a l'ouest de Paris.

La route est un long ruban qui defile, qui defile.

C'est qui, ce mec ? On dirait Dracula.

Ils se separent. On fait quoi, patron ?

Tu restes ici. Tu observes le manoir.

- Et le mec dans la bagnole ? - Je m'en charge.

- Passe-moi les cles de la traction. - Oui.

Patron, ca, c'est la porte. Ca, c'est le contact.

- Faites attention a l'embrayage. - Entendu.

Et n'appuyez pas trop fort sur les freins.

- D'accord. - Et dites...

Tenez le levier de vitesse. La 3e saute.

Merci bien.

Patron, patron...

Il faudrait remettre de l'huile, car elle en bouffe pas mal.

Ecoute, mon vieux : merde.

Oui. Mais qui c'est qui se fait engueuler, apres ?

Rose, on a oublie la chaussette de l'unijambiste du 57.

C'est termine ? Il y a plus rien ?

Non, non, il y a plus rien.

C'est tout ? Il y a plus de linge ?

Oui, pepe. C'est termine pour aujourd'hui.

Oh, merde...

Je crois que ca suffira.

- Raccompagnez-le. - Bien, docteur.

Gazul.

Allez, encore du cul.

L'homme en noir...

Calmez-vous. Pourquoi etes-vous ici ?

"Etes-vous ici ?"

Bordel de merde, rappelez-vous.

Vous avez explose dans vos cabinets.

C'est insense, merde.

Mort ? Moi ? Oh, ma tete... Ma pauvre tete...

- L'homme en noir ! - Criez pas.

L'homme en noir !

L'homme en noir...

L'homme en noir est la.

- Qu'est-ce que tu as ? - L'homme en noir...

Oui, c'est ca, "l'homme en noir".

- L'homme en noir, l'homme en noir... - Oui.

Mais on ne me croit jamais. L'homme en noir !

L'homme en noir, l'homme en noir,

l'homme en noir...

Calmez-vous, calmez-vous. Soulevez-le.

Chut...

Allo ?

Ah, c'est vous.

Qu'est-ce qui se passe ?

Ce soir, elle veut ?

Il y a pas moyen de remettre ?

Attendez.

Emmenez-le.

D'accord. J'arrive.

C'est cela, oui. Bonsoir.

He, la-bas ! Courez apres lui ! Courez !

Attrapez-le, nom de Dieu ! Attrapez-le !

Je le veux vivant ! Vous entendez ?

C'est fini, ce petit jeu ?

Laissez-moi. Laissez-moi.

Ma tete... Ma pauvre tete...

On s'en occupera plus tard. Pourquoi t'es ici ?

Que voulez-vous que je vous dise ? Ca fait 15 ans que je suis la.

Comment ca ? Il y a 3 semaines, t'etais poinconneur d'autobus.

Ah non, non, non. Ca, c'est Gaspard.

C'est mon frere. On est jumeaux.

Moi aussi, j'aurais bien voulu travailler sur un autobus.

Lui, il a reussi, et moi...

- Parle-moi de ce frere jumeau. - Frere jumeau, frere jumeau.

Laissez-moi. Ma pauvre tete...

Je sais qui vous etes.

- Non, je suis pas l'homme en noir. - Je sais que vous ne l'etes pas.

Vous etes le sapeur Camember.

Le sapeur Camember.

Le sapeur Camember !

Le sapeur Camember est la !

J'ai jamais vu une enquete aussi con.

Vous ?

Moi.

- D'ou vous venez ? - D'un asile.

- Je vous crois pas. - C'est la verite.

Ah ? Treve de balivernes, vous avez appris des choses interessantes ?

Mieux. J'ai vu Gaspard Gazul.

- Gazul ? Feu Gazul ? - Non. Il est bien vivant.

Il est pas mort ?

Si. Il est mort.

Ah bon ? Vous venez de dire qu'il etait vivant.

Parfois, Charbo, on peut etre mort et vivant.

- Ah ? - Eh oui, mon vieux.

C'est marrant, parce que je comprends rien du tout.

Ici, tu n'as rien remarque de suspect ?

Non, rien de special. Je vais vous dire, j'ai note.

Alors, il y a un type qui a lache un pigeon voyageur,

il y a deux filles a poil qui valsaient,

il y avait un type qui degringolait du toit

et un larbin qui s'est enfile dans un buisson.

La routine, quoi.

- En effet, rien de plus naturel. - Oui.

- Si, un truc interessant. - On peut savoir ?

L'unijambiste, patron. Il a fait sa reapparition.

Il a arbitre un pugilat, la.

- Fantastique. - Je vous le fais pas dire.

Bon, ben... On va pas rester la.

J'ai la dalle. Les pekins de cette mosquee sont pas tres catholiques.

- Eh ben, on va aller y voir. - Ah ? Bon.

Voila.

- Patron, attrapez-moi. - Oui, viens.

- Allez. - Tirez, j'y arrive pas.

Mais je ne fais que ca. Aie.

Un petit effort.

- Aie. Allez, Charbo. - Je me suis coince le pied.

Aie. Allez, Charbo.

- J'ai le pied coince dedans. - Du courage.

Chut...

Bonsoir, mere.

Enfin, te voila.

On me dit que vous voulez encore ?

Oui, j'aimerais tant.

- Angelo ne voulait pas. - Faites ce que vous voulez.

Il faut pas lui en vouloir,

il est si jeune.

Certes. N'empeche que, dorenavant, c'est a toi que je le demanderai.

Tu veux bien ?

Eh bien, satisfaisons ce petit caprice.

Dieu seul sait ou ca s'arretera.

Allo ? Bonsoir, Joseph.

Ah... Mais je ne serai pas la.

Oui. Je comprends.

Nous ferons comme d'habitude.

C'est cela, oui.

Bonsoir.

Merci, Joseph.

Tout est arrange.

Vous permettez ?

- Nous partons. Tout est pret ? - Oui, monsieur.

Alors allons-y.

- Vous venez, Angelo ? - Non.

Non. Je me sens un peu fatigue.

Et je pense que ma presence n'est pas indispensable.

Je le crois aussi.

Ou c'est qu'ils vont ?

Ah, ca, mon petit vieux...

Comme on dit chez nous : "Faut voir."

Ah ben, on se degonfle pas, chez vous.

Ben merde, ils se barrent.

Ah ben, ils se tirent, maintenant. Qu'est-ce qu'on fait ?

On les suit.

He... Euh...

Charbo.

Charbo !

- Oui ? - Saute.

Oui. Voila.

Non, j'y vais.

Aie.

Aie !

- Je t'attends. - Je me suis casse la gueule.

Aie.

Regardez-moi ca. C'est quoi, ces dingues ?

Fais voir.

Oh la la la la...

De deux choses l'une : ils sont soit fous soit completement fous.

Quelle derision.

Moi, je te les embarquerais vite fait.

- Pour quel motif ? - Ah oui, mais ecoutez...

S'il faut des preuves pour embarquer des dingues,

ou va le monde ?

Pour la police, il y a que des coupables.

On va pas passer la nuit a les regarder.

Ce manege en sait plus qu'il ne veut bien le dire.

Revenons demain matin.

Je pense a un truc, patron.

Dites ce que vous en pensez. Si on revenait demain matin ?

- J'allais te le proposer. - Je dis peut-etre une connerie.

Non.

Vous etes le patron du manege ?

Vous pourriez repondre.

Vous n'etes pas tres loquace.

On est quand meme de la police.

Bon. Ecoutez, mon vieux.

Notre enquete a ete longue et penible,

cette enquete nous a menes jusqu'a vous,

alors je vous somme de tout nous dire sur Gaspard Gazul.

Tu vas parler, ordure ?

Le type au gros cochon.

Ordure...

Primo, je vous ai deja dit de ne pas m'insulter.

Deuzio, je vous ai dit tout ce que je savais sur Gazul.

Alors maintenant, excusez-moi, j'ai du boulot.

Patron, j'ai l'impression qu'on tourne en rond.

Quoi, Charbo ? T'attends le deluge ?

Qu'est-ce que t'as ?

- Je me demande si j'en suis digne. - Quoi ?

Ben oui, quoi.

Apres un echec pareil, cette maison, ce temple

qui a vu se denouer des intrigues plus ardues,

et moi, le rate, le minable...

Comment voulez-vous que je puisse encore y mettre les pieds ?

Non. C'est cuit, pour moi.

Allez, salut.

Allo, l'Albatros ?

Raoul, salut.

Tu nous montes 2 bieres et 2 sandwichs jambon-beurre.

Et grouille, on n'a rien avale depuis 72 heures.

Oui. Je te raconterai. Salut.

2 bieres, 2 jambon-beurre.

Commissaire. Bonjour, monsieur Charbo.

Salut, vieux.

Bon.

Resumons-nous.

Premierement, le mec est mort dans ses chiottes.

Deuxiemement, les chiottes etaient fermees de l'interieur.

Et troisiemement...

Il y a pas de troisiemement.

Merde !

J'en ai marre ! J'aime pas ca.

Bon. Alors on recommence.

Il entre dans ses chiottes.

Il arrive...

Il referme le verrou.

Vous mangez pas ?

Je file a la RATP.

Plus d'embauches !

Il faut attendre qu'une place se libere.

Un Byrrh et un telephone, s'il vous plait, madame.

Merci.

Allo, Charbo ?

Convoque les chomeurs de la RATP pour cet apres-midi.

Oui. C'est ca.

Allez, salut.

- Bonjour, messieurs. - Bonjour.

Bonjour, monsieur.

Merci. Vous etes tres aimables.

- Ils sont la ? - Oui. Ils sont la.

Mon petit Lucien, tu peux y aller.

Allons-y.

Oh, Gazul...

Patron, dites-lui de s'arreter, j'ai le mal de mer.

Gazul,

je vous arrete pour meurtre.

Vous etes sur ? Vous avez pense a l'erreur judiciaire ?

Ecoute, mon vieux : merde.

Oui.

Quand meme, patron, quelle misere.

Peut-etre, mon petit Charbo, mais voila une bonne chose de faite.

Mon petit Charbo, j'ai l'honneur de te presenter Gazul.

- "Gazul" ? Le mort ? - Non, son frere jumeau.

Le frere jumeau de Gaspard Gazul. C'est bien ca, n'est-ce pas ?

"C'est bien ca", oui.

Vous etes donc sorti de la clinique.

Quelle "clinique" ?

Ah non, non. La, vous parlez de Balthazar,

qui est toujours a la clinique.

Voila... On est trois freres, hein.

Gaspard... Paix a ses cendres.

Balthazar,

et puis alors,

moi qui vous cause...

Melchior.

Les freres Gazul. Gaspard, Melchior et Balthazar.

Trois freres jumeaux.

Des triples, en quelque sorte.

Des triples. Vous avez bien brouille les pistes.

Revenons-en au crime.

Vous allez nous dire pourquoi, maintenant.

Gaspard... Gaspard...

Vous pouvez pas comprendre.

Il a toujours ete le plus fort de nous trois.

Alors Balthazar et moi, on essayait de se mettre a sa hauteur,

mais c'etait pas possible.

Alors un beau jour, Balthazar,

il a sombre dans la demence.

Il a fallu qu'on l'interne.

Et puis moi, moi, moi...

Moi, eh ben, j'ai...

J'ai jamais pu supporter sa reussite, la.

C'est comme ca qu'un beau jour, ben...

j'ai decide de le supprimer,

parce que je me disais

que ca ferait tout de meme une place libre,

que j'aurais ma petite chance.

Mais maintenant...

les carottes sont cuites.

Patron, comment vous avez su ?

Elementaire, fiston.

- Tu te souviens du bruit du hangar ? - Le petit couinement ? Oh oui.

Monsieur, ayez la bonte de vous lever

et de vous balancer.

Vous pouvez lui dire d'arreter ? J'ai le roulis.

Bon, ben... stop.

Stop. Ca va aller, Charbo ?

Dites, vous pouvez vous arreter ? J'ai mal au coeur.

Deja tout petit, je montais pas en bateau.

Ca va. Fernand, veuillez soulever la jambe de pantalon de cet homme.

Oh, merde.

- Un jambon en zinc. - Exact.

Et maintenant, regarde. Barre-toi, Fernand.

Suis-moi bien.

Melchior connaissait les habitudes de son frere

et n'ignorait pas qu'il avait le sommeil profond.

Or, un jour...

S'introduire chez lui de nuit, remplacer sa poinconneuse

a manivelle par une autre,

pieger celle-la...

n'est qu'un jeu d'enfant.

Il ne lui reste plus, mon petit Charbo,

qu'a vider les lieux.

C'est d'ailleurs a cet instant precis

qu'il perd,

et qu'il perd le boulon fatal.

Le lendemain matin, Gaspard Gazul se leve, comme d'habitude,

vaque a sa toilette, dejeune, s'habille,

et donc s'ajuste sur le ventre

sa boite poinconneuse a manivelle.

Il est pret a partir a son travail.

A ce moment precis, il se livre, selon une habitude etablie,

a un rite quasiment quotidien.

Il va uriner. Et aussi curieux que cela puisse paraitre,

probablement a cause d'une education tres stricte sur ce chapitre,

il ferme le verrou. Et que se passe-t-il, a ton avis ?

Rappelle-toi comme les temoins l'evoquaient. Tout se recoupe.

Ben oui, c'est evident. Deformation professionnelle.

Ca m'etonne que vous n'ayez pas pense a faire disparaitre son cadavre

et a le remplacer, le lendemain, sur son bus.

Apres tout, vous etes son sosie.

Merde.

C'est vrai.

Ce que je peux etre con...

Ah oui, vous etes con.

- Enfin, ce que j'en dis... - Oui, ce qu'on en dit...

Fernand, veuillez accompagner Monsieur.

C'est vrai, patron, quel homme vous faites.

Tu vas voir qu'il va sauver sa tete grace a sa jambe.

En tout cas, j'avais raison. C'etait bel et bien un unijambiste.

Moi aussi, fiston, je le savais.

Encore fallait-il savoir lequel.

Patron, l'affaire rebondit.

Allez. Viens. Viens.

Allez, entre.

Allez, allez. Rentre, salopard.

Suivant vos instructions, j'ai file le suspect numero 1.

Voici mon rapport.

"Ce jour dit, le 31 mai,

"le commissaire m'ordonne de prendre en filature le suspect

"se disant joueur d'orgue de Barbarie.

"De maniere discrete, malgre l'agitation,

"je me place a 8,40 m du pre-soi-disant coupable."

- Abrege, mon petit Rene. - Oui...

Vous voulez pas que...?

Non. Va au fait.

Bien. Bien. Voici ma conclusion.

Elle est formelle : cet individu est completement etranger a l'affaire.

Allez, fous-moi le camp.

Que je t'y reprenne plus.

Mission accomplie, patron. Un autre a filer ?

Comme tu voudras, mon petit Rene.

Bien.

Patron.

Oui ?

Si vous saviez comme je vous aime...

C'est le type le plus con que j'aie jamais vu.

C'est vrai, Charbo.

Mais c'est grace a ces humbles serviteurs de l'ordre public,

a ces modestes subalternes

que nos concitoyens peuvent vivre heureux et en paix.

Merci.

Toi aussi, un jour,

tu seras patron.

Toi aussi, un jour, tu auras un jeune a cote de toi.

Toi aussi, un jour, tu auras a denouer des machinations

diaboliques et criminelles.

Toi aussi, un jour,

tu vivras intensement.

Viens, Charbonnier.

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