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Viens.
Ça va ?
Comment va le nouveau ?
Sa jambe va mieux.
Il est encore un peu nerveux.
À surveiller.
Ça va aller.
Je le sortirai pour vérifier la clôture après manger.
C'est bientôt prêt.
Si on mettait un peu de musique ?
C'est parti !
Oh boy.
Tu danses avec moi ?
T'adores ça, hein ?
C'est mamie et papi.
Il l'a eu.
Lorna, ma chérie, c'est trop chaud.
Je sais, j'allais vérifier.
Laisse.
Tout va bien, tout va bien.
Va te reposer.
Je te vois.
Coucou, joli cœur.
James !
George !
Où va George ?
Où est James ?
James !
L'UN DES NÔTRES
Moi, Lorna Blackledge,
je te reçois, Donnie,
je te reçois, Donald Weboy,
comme légitime époux.
Pour t'aimer et te chérir
à compter de ce jour, pour le meilleur et pour le pire.
Dans la richesse et la pauvreté,
dans la maladie et la santé.
Jusqu'à ce que la mort nous sépare.
En vertu des pouvoirs qui me sont conférés par l'État du Montana,
je vous déclare
mari et femme.
Vous pouvez embrasser la mariée.
Merci, monsieur.
J'y compte bien.
- Félicitations. - Merci, monsieur.
Tu veux du gâteau ?
Maman B.
La cuisine.
On attend d'autres meubles.
J'ai réservé des chaises.
Et voilà !
Ça te plaît ?
Ton lit te plaît ?
Je te coudrai des rideaux.
Tu reviendras nous voir bientôt.
Il n'est pas loin,
juste en ville.
Il n'est pas là.
Ce n'est pas pour toi.
Lorna !
Y a quelqu'un ?
Vous cherchez qui ?
Vous êtes la mère de la fille ?
Non.
Lorna était mariée avec mon fils.
Le garçon est mon petit-fils.
Vous les avez ratés, ils sont partis.
Partis ?
Dans sa famille à lui.
Ils ont déguerpi cette nuit.
Attendez !
Sa famille à lui ?
Celle de Donnie ?
Et ils reviennent quand ?
Pas demain la veille, à mon avis.
Ils ont tout pris.
Tu pars quelque part ?
Assieds-toi, George.
C'est mon dernier repas ?
Je vais récupérer Jimmy
pour qu'il vienne vivre avec nous.
T'es bien chargée pour aller en ville.
Assieds-toi, George.
T'as pas jugé utile
de m'en parler ?
Je t'en parle maintenant.
Quelqu'un d'autre l'a vu faire ?
D'autre que moi ?
Je te demande si t'es sûre de ce que t'as vu.
J'ai vu ce que j'ai toujours pressenti chez Donnie Weboy.
Tu le pressentais aussi, que tu le veuilles ou non.
Et j'ai vu qu'elle ne pouvait pas protéger son fils.
Et donc, tu t'imagines qu'elle va te le confier ?
C'est bien ça ?
Et quand Lorna refusera ?
Jimmy est son fils.
C'est ton petit-fils,
George Blackledge.
Et comment tu comptes les retrouver ?
Donnie vient du Dakota du Nord, je les retrouverai.
Tu sais comment je suis.
Oh que oui,
je sais.
Je ne reviendrai pas sans lui.
Non.
Et tu pars avec moi ou sans moi ?
À toi de voir.
Tu ne viens pas ?
Je coupe l'eau, je veux pas retrouver la maison inondée.
Tu sais pas quand tu reviendras.
N'essaie même pas, je sais ce que j'ai perdu.
Parfois, la vie se résume à ça, Margaret,
la liste de ce qu'on a perdu.
J'y ai droit, finalement.
Le shérif Hayden n'est plus en service, ça doit faire 7 ans.
Un type bien. Il m'a devancé.
Il m'a aidé à coffrer deux gars à l'époque,
en 1952.
Les frères Pettus.
Je m'en souviens.
C'était vous ?
- Belle prise. - Avec un peu d'aide.
Que puis-je pour vous ?
On cherche à localiser Donnie Weboy.
Sa famille vit dans le Dakota du Nord.
Je connais ce nom,
pas Donnie, mais Weboy, ça oui.
Il a épousé la veuve de notre fils.
Notre petit-fils est avec lui,
il n'a que 3 ans.
On veut juste savoir où ils sont, s'assurer qu'ils sont en sécurité.
Je vais passer quelques appels.
Alors, ce sauté de bœuf ?
Le tien est meilleur.
Tu es habitué au mien.
Vous avez des flasques de whisky ?
Ça va mieux ?
Tant que j'ai pas droit au sermon.
Je vais planquer la preuve.
Margaret !
Qu'est-ce qui t'a pris ?
- C'était si... - Qu'est-ce qui t'a pris ?
C'était si tu ne venais pas.
Tu pensais t'en servir ?
Je préférais l'avoir au cas où.
Ça faisait partie de tes arguments ?
- George, jamais je... - Il est chargé.
On trouve des Weboy à Forsyth,
des gens du cru.
Il y a une sellerie à leur nom,
en tout cas, ils ont lancé l'affaire.
C'est pas le Dakota du Nord, mais c'est un début.
On va commencer par là. Merci pour votre aide.
Auriez-vous un hôtel à nous recommander ?
Un endroit propre.
Si vous cherchez du propre, Sally s'occupe de la prison.
Les cellules sont vides,
les draps sont lavés.
Si ça peut vous convenir.
On sera comme à la maison.
- Merci, shérif Nevelson. - Je vous en prie.
Ils seraient en fuite ?
Non, pas que je sache.
Mais ils sont partis subitement,
sans dire au revoir.
Je veux juste lui accorder ça,
qu'elle puisse dire au revoir.
Rentre à la maison.
Rentre à la maison.
Et quand viendra le Jugement dernier,
vous crierez :
j'ai été sauvé !
Mais vous périrez dans un étang de feu
car vous l'aurez choisi...
Rallume, si tu veux.
On dirait ton père
assénant la Bible.
Il assénait pas que la Bible.
Bonjour.
Vos selles sont magnifiques.
Tu ne trouves pas, George ?
C'est un ami de Miles City qui fabrique les plus belles.
Très impressionnant.
Mais on ne cherche pas des selles aujourd'hui,
ni des brides ou des mors.
Dites-moi,
seriez-vous un Weboy ?
Non, madame, je suis un cousin, un Tucker.
Alors on est de la même famille.
Donnie Weboy a épousé notre ex-belle-fille,
c'est donc le beau-père de notre petit-fils.
Mon mari et moi, on était dans le coin,
je me suis dit : "Si on passait voir Lorna et Donnie ?"
Et nous voilà.
Je connais pas de Donnie, ni de Laura.
Je croyais qu'ils étaient venus ici pour ça,
pour que Donnie travaille à la sellerie de son oncle.
Qui ?
George, Lorna a bien dit ça ?
Ce serait pas plutôt Gladstone ?
Gladstone ?
Dakota du Nord, de l'autre côté de la voie.
Y a pas forcément plus de travail là-bas,
mais y a quelques Weboy.
On devrait peut-être aller voir.
Mais je ne comprends pas pourquoi Lorna et Donnie ont parlé de Forsyth.
C'est quoi votre nom, déjà ?
Vous savez qui pourrait nous aider à trouver Donnie,
si on va à Gladstone ?
Faites savoir que vous recherchez un Weboy.
Ils vous trouveront.
Toujours partant ?
Qui fait le chauffeur ?
Tu pourrais dire que tu veux le récupérer.
Je ne t'ai pas entendu le dire.
On n'est plus tout jeunes, Margaret.
On n'est pas vieux non plus.
On n'est plus tout jeunes.
Il ne te manque pas ?
Il va pas encore à l'école, il a pas eu la rougeole,
il sait pas faire du vélo.
Il est jeune,
pas nous.
Tu n'as qu'à me déposer en ville,
faire demi-tour et rentrer à la maison.
Je ferai ce que j'ai à faire.
Je prendrai le bus pour Dalton avec Jimmy.
Après que Lorna te l'a confié ?
Le sourire aux lèvres, gaie comme un pinson.
Et s'ils ne sont pas là-bas ?
Tu vas traverser le pays en bus ?
- Et s'il n'y a plus de bus ? - Je marcherai.
T'en serais capable.
Et quand t'auras compris que t'auras pas ce que tu veux,
tu feras quoi, Margaret Meloy ?
Je ferai ce que j'ai jamais su faire,
comme tu le dis toujours.
Tu répètes sans cesse que je ne sais pas renoncer.
Et ce sera à moi de ramasser les morceaux, c'est ça ?
Tu restes là, toi !
J'ai rien pris.
Vous faisiez quoi ?
Je pêchais.
Tu pêchais ?
- Autour de la voiture ? - Non, monsieur.
Je reviens de la pêche.
J'ai vu votre voiture,
je me suis demandé qui pouvait camper ici.
Qui es-tu ?
Peter Dragswolf, monsieur.
Je vis là-bas.
J'ai ma maison.
J'ai aussi de l'argent, vos affaires m'intéressent pas.
Je suis Margaret Blackledge, M. Dragswolf.
Mon époux, George.
Je m'excuse si on est sur vos terres.
Et lui, comment il s'appelle ?
Aucune idée.
Il est pas à moi.
Il était devant ma porte un matin.
J'ai cru qu'il était sauvage,
mais il doit venir de quelque part.
Il m'a trouvé.
Comme nous.
C'est peut-être son cheval.
Comme tous les chevaux.
Je montais à cheval.
Elle fait sa modeste.
Je débourrais les chevaux
avec notre fils,
James.
Puis il est mort
et j'ai perdu l'envie.
Je n'ai plus d'animaux depuis longtemps.
C'est agréable de passer du temps avec le tien.
Et toi,
t'es là depuis quand ?
3 ans.
Tout seul ? Sans famille ?
Et avant, t'étais où ?
Pensionnat pour Indiens, monsieur.
Ne m'appelle pas monsieur,
George fera l'affaire.
Tu as fini cette école ?
Quel âge as-tu ?
J'embête personne.
Si quelqu'un vient pour le cheval, il a qu'à le reprendre.
Je vends des peaux, je chasse, les poissons sont gratuits.
Je vole pas, je m'occupe de mes affaires.
Peter, viens, prends du gâteau.
Viens t'asseoir avec nous.
Tu dois connaître les environs, Gladstone.
Je sais où sont enterrés les gens qui n'ont pas de tombe.
Les Weboy ?
T'as eu affaire à eux ?
On recherche notre petit-fils, le fils de notre garçon.
Il est avec Donnie Weboy, tu connais ?
Non.
Mais si vous allez à Gladstone,
demandez Bill Weboy.
Il pourrait nous aider ?
Ça se peut.
Mais faites attention.
C'est là, la maison jaune.
M. Weboy ?
- Qui le demande ? - Margaret Blackledge.
Et mon époux, George.
Si vous êtes un Weboy, on est un peu de la même famille.
Comment ça ? Bill Weboy.
Des cousins, c'est ça ?
Ça aurait pu, mais pas exactement.
Notre ex-belle-fille a épousé Donnie Weboy.
C'est donc le beau-père de notre petit-fils.
C'est un peu compliqué.
La famille, c'est toujours compliqué.
On a appris qu'ils s'étaient installés ici.
On voudrait leur rendre visite,
voir notre petit Jimmy, vu qu'on est dans le coin.
Vu que vous êtes dans le coin
et que vous avez fait chou blanc à Forsyth.
- Vous saviez qu'on viendrait ? - Eh oui.
Un petit oiseau est venu me prévenir.
Ils sont là, oui ou non ?
Il est toujours aussi pressé ?
Mon époux va droit au but.
Comme beaucoup d'hommes, il est impatient.
Les femmes, d'expérience, prennent leur temps,
profitent du voyage.
M. Weboy...
Je vous charrie, George.
Ils sont ici, Donnie est mon neveu.
Ils sont en sécurité chez sa mère.
Si on allait appeler la propriété ?
Dites donc, vous pourriez même le voir ce matin, votre petit-fils chéri.
Salut, Mabel,
tu peux me passer le ranch ?
Blanche, c'est Bill.
Quoi ? Qu'est-ce qu'il y a ?
Ils sont là.
- Quoi ? - Il est pas fiable.
À plus tard.
On n'y arrivera pas seuls.
Des projets pour le souper ?
Absolument pas.
Ça vous dirait d'être invités par le clan Weboy au ranch ?
On veut pas déranger.
Pas du tout, ma belle-sœur veut vous rencontrer.
Elle veut échanger de vieilles anecdotes de grands-parents.
Et croyez-moi, c'est un vrai cordon bleu.
Il faudrait nous indiquer la route.
Non, hors de question.
Même avec les meilleures indications, vous trouveriez pas.
Vous vous perdriez sur la route des 4 ponts
sans jamais en voir un.
Revenez à 16 h et vous pourrez me suivre.
Merci, à tout à l'heure.
Il était temps.
L'un de vous va monter avec moi,
l'autre me suit.
Je vous dirai où on va et pourquoi,
comme ça, vous pourrez peut-être rentrer tout seuls.
Bon.
Tu vas où, là ?
Tu crois qu'il te veut comme passager ?
Non.
Bien sûr que non.
Je m'en fiche, j'y vais, tu conduis.
C'est bon, George.
Margaret, reviens.
Suis-nous de près.
Ma jolie, vous êtes sûre que votre tacot va tenir la distance ?
Vous le surveillez assez pour le savoir.
Il veut surtout pas vous perdre de vue.
Je le comprends.
Permettez ?
C'est votre voiture, pas besoin de ma permission.
Vous avez l'air du genre à ce qu'on vous demande la permission.
Monsieur est expert ?
J'en ai connu des femmes
qui exigent que les hommes demandent
avant de respirer.
On tourne là.
Mettez votre clignotant pour George.
Oui, chef.
C'est encore loin ?
Si c'est encore loin ? Vous en avez déjà marre de moi ?
On veut juste voir Jimmy.
C'est un beau petit gars
et sa mère est une bien jolie fille.
Vous savez,
Donnie m'a jamais demandé un seul conseil
de toute sa vie.
Ça alors !
Si c'était le cas,
je lui aurais dit de faire ce qu'il a fait.
"Épouse une veuve, Donnie,
elle te sera reconnaissante."
Vous auriez jamais trouvé tout seuls, pas vrai ?
Pas vrai ?
Par ici.
Blanche !
On est là.
Blanche ?
J'espère que vous aimez les côtes de porc.
- Vous êtes la mamie. - C'est moi. Margaret Blackledge.
- Blanche Weboy. - Merci de nous recevoir.
Et l'officier de police.
À la retraite.
George Blackledge.
Si on battait tous en retraite à table ?
Je vous en prie.
Qui prendra un petit verre ?
Non, merci.
Ça me gêne pas de boire seule.
À l'origine, ma famille était de l'Illinois.
Ils ont reçu des terres au nord de Gladstone,
avant que Gladstone existe.
On est une fratrie de 8.
Une sœur aînée est morte de pneumonie.
Mon frère Carl s'est noyé dans la citerne d'un voisin.
Un autre, tombé d'un camion, a passé sa vie en chaise roulante.
Ma tante Ruth
s'est retrouvée dans le blizzard, elle est morte congelée
à même pas 10 m de cette porte.
La vie rude,
c'est pas pour tout le monde.
Mes autres frères et sœurs
ont décampé
dès qu'ils ont pu,
sans jamais regarder en arrière.
Moi, je suis restée.
Quand j'ai rencontré Henry Weboy,
il parlait tout le temps
de partir en Floride.
J'imagine que j'y suis pour quelque chose s'il est resté.
Maintenant, il est enterré dans le même cimetière
que mes parents et les siens.
Mes fils sont la 4e génération de Weboy
à être née et à vivre sur le sol du Dakota du Nord.
Mais vous êtes pas venus pour m'écouter jacasser,
vous êtes venus manger !
Va chercher les garçons pour le souper.
Je reviens illico.
J'imagine que vos histoires à vous
sont pas si différentes, n'est-ce pas,
sur la famille,
les épreuves, les sacrifices,
le sang.
Ah, voilà les garçons.
Le grand, c'est Elton, l'autre, c'est Marvin.
Dites bonsoir à nos invités.
C'est à vous, le break ?
On a voulu regarder dedans, jeter un œil.
En resserrant quelques boulons, vous gagnerez des chevaux.
Où est Jimmy ? Où est le petit ?
Il est pas là.
- Il est avec son père. - Son père...
On est venus voir notre petit-fils.
Pas pour manger mes côtes de porc ?
Vous vous êtes bien moqués de nous.
Lorna dit que vous êtes un vieil ours.
Je vois bien que vous êtes pas là pour rigoler, ça non.
Allez, à table !
C'est moins bon quand c'est froid.
Votre petit-fils est avec mon Donnie.
Il a pris Jimmy pour récupérer sa mère au boulot.
Lorna ?
Elle travaille aux magasins Ward.
On aurait pu voir Jimmy et Lorna à Gladstone ?
Ça y est, je suis vexée !
Vous vous fichez de partager ce repas.
Ou alors, vous êtes juifs.
Vous mangez pas de porc.
Respirez un coup.
Je suis pas du genre à me vexer,
qu'on mange mes côtes de porc ou pas.
On espérait bien rencontrer la famille de Donnie.
Allons donc.
Eh bien, je suis ravie de l'apprendre.
Moi aussi, j'attendais cette rencontre,
qu'on papote un petit peu.
Ça aurait été mieux au mariage, mais bon.
C'était peut-être trop demander que d'inviter sa mère ou ses frères.
Ou son pauvre oncle Bill.
- Vous n'étiez pas invités ? - Vous nous avez vus ?
Et c'est notre faute ?
Vous ne vous êtes pas demandé d'où il venait,
s'il avait une famille ?
On a pensé que Donnie était un grand garçon.
Votre fils est mort,
c'est normal que vous ayez oublié.
On finit jamais de les éduquer,
de leur montrer le droit chemin.
C'est pour ça que j'ai ramené mon fils,
pour avoir l'œil sur lui.
Votre fils est parfait, maintenant.
C'est pas juste de le comparer à Donnie.
Je ne comparerais jamais Donnie à notre fils.
Il dit que, vous deux, vous n'étiez pas pour.
Comme s'il se souciait de notre avis.
Il s'est bien gardé de nous dire qu'ils partaient.
Mon fils n'a pas de comptes à vous rendre.
Non,
en effet.
Et nous n'avons pas de comptes à vous rendre.
On ferait mieux de se remplir la panse avant que cette petite réunion
tourne au bain de sang.
Et on est plus nombreux.
Voilà enfin les jeunes mariés !
Lorna ?
Bonsoir, George.
Bonsoir, Jimmy.
Je peux ?
Il a pris un peu de poids.
Je t'ai dit que tu le portais trop.
Comment il va apprendre ?
Apprendre quoi ? Il sait déjà marcher.
J'oublierais comment marcher
si on me portait partout où je veux aller.
Il est pourri gâté.
- Il ne pèse rien. - Il a mangé ?
Un burger au Ressler en attendant.
Il l'a mangé ?
À moitié.
Tu veux une côte de porc ? Des patates ?
Je te coupe un bout de viande ?
Qu'est-ce qu'on dit ?
Non, merci.
Va le coucher.
Quoi ?
Il vient d'arriver !
On se couche tôt dans cette maison.
Et on monte les escaliers sur ses deux pieds.
Tout doux, mamie.
Vous savez qui commande ici.
Y avait de la moutarde.
Il y avait de la moutarde
dans ton hamburger ?
Tu n'aimes pas ça, hein ?
Allez hop, on monte !
Allez, Jimmy.
Ça suffit.
Vous savez où nous trouver, revenez nous voir.
Merci, mais on va reprendre la route.
Hé, les Blackledge !
Pas si vite !
Vous voulez que je vous guide ?
Si vous avez semé des miettes de pain,
les coyotes les auront bouffées ou elles se seront dispersées.
Vous savez, elle l'avouera pas,
mais croyez-moi, en partant comme ça, vous l'avez blessée.
C'est elle qui est blessée ?
On a fait tout ce chemin pour voir Jimmy
et elle nous laisse 2 minutes avec lui.
Rentrez, M. Weboy.
Pourquoi votre voiture était verrouillée ?
Qu'est-ce que vous attendez ?
J'en sais fichtre rien.
On est bien vendredi ?
Oui.
Tu crois que Lorna va travailler demain ?
Ce sera plus flatteur avec celle-ci,
une belle chemise blanche.
Je la prends.
- Deux articles, donc ? - Oui, merci.
- Désolée. - Ce n'est rien.
7,50, madame.
Vous n'alliez pas partir comme ça.
Je suis comme la mauvaise herbe.
Qui garde Jimmy en attendant ?
À votre avis ?
Donnie, sa mère.
Ou vous croyiez que je l'attachais à un arbre jusqu'à mon retour ?
Tu es une bonne mère, je le sais.
Oui.
Je me demandais simplement si ça se passait bien à ton travail.
Je viens de commencer.
On veut pas que t'aies d'ennuis, ma grande.
On t'invite à déjeuner ?
Je n'ai pas de pause avant midi.
Midi pile ?
On va t'attendre dehors.
Je vous rejoindrai au Ressler, juste en face.
Je comptais vous écrire après notre installation.
Disons que le départ s'est décidé à la dernière minute.
C'est Donnie qui l'a décidé ?
Vous avez vu Blanche.
On vous a retrouvés, c'est le plus important.
C'est fou comme Jimmy a grandi.
Il sait compter jusqu'à 10.
Il connaissait les chiffres, maintenant, il les dit dans l'ordre.
Et je lui fais travailler l'alphabet.
Il sait épeler son prénom.
Il est déjà si intelligent !
Vous lui manquez, tous les deux.
Il nous manque aussi.
Vous nous manquez.
C'est pour ça qu'on voulait te parler
et je ne vais pas tourner autour du pot.
Je me souviens quand James nous a présentés.
Cette fille merveilleuse dont il parlait tout le temps, si belle
et si drôle.
Sans famille...
Vous deviez pas tourner autour du pot.
Je retourne au magasin à 13 h. Venez-en au fait.
D'accord.
Alors voilà.
Laisse Jimmy rentrer avec nous,
pas pour un temps, pour de bon.
Vous voulez que je vous confie Jimmy,
que j'abandonne mon fils ?
Il aurait un bon foyer qu'il connaît...
Arrêtez.
Tu connais les écoles, les instituteurs...
Arrêtez, je ne peux pas écouter ça !
J'ai vu Donnie
frapper Jimmy
dans la rue.
Je l'ai vu te frapper
et ça n'avait pas l'air d'être la première fois.
Un peu, beaucoup, c'est déjà trop.
Vous êtes venus le prendre.
Lorna,
on est venus vous aider.
Quelle que soit la situation,
Jimmy peut pas rester là-bas.
Il peut pas rester ici.
Il a besoin de sa mère.
Alors viens avec nous.
On prendra soin de vous deux.
Venez vivre avec nous, comme avant.
Le thon.
Venez chez nous.
Et voilà.
Il me tuerait.
Sa mère aussi.
Elle se fiche que je disparaisse de la surface de la terre,
mais elle me laissera jamais partir,
Jimmy non plus.
Donnie est parti une fois,
elle acceptera pas que ça se reproduise.
Je veux pas que Jimmy grandisse comme eux.
Je veux pas qu'il leur ressemble.
Alors tu sais quoi faire.
Ma chérie,
tu veux qu'on te conduise là-bas ?
On peut le faire dès maintenant.
Hein, George ?
Tous les trois, on prend Jimmy...
Non.
Je vous rejoindrai.
Ils dorment tous à minuit.
J'attendrai
pour être sûre.
- On devrait venir te chercher. - Non.
C'est le seul moyen, le moyen le plus sûr, croyez-moi.
C'est ce qu'on veut tous, non ?
Que Jimmy et toi, vous soyez en sécurité
et heureux.
On est au Moon Wink.
Chambre 7.
C'est bon, je sais où c'est.
On devrait y être vers 2 h,
mais il faudra partir dès que j'arrive,
sans tarder.
Merci.
Lorna, attends.
Attends !
On n'a pas toujours été d'accord.
On n'a jamais été d'accord.
Eh bien, ça va changer.
Vous dites ça pour que je vienne avec vous.
Jimmy a besoin de sa mère.
Tu aurais pu en avoir une aussi.
J'aurais pu en être une pour toi.
J'aurais dû.
Mais je ne l'ai pas été.
C'est pas grave.
Je te demande pardon, Lorna.
J'aurais dû être plus présente pour toi.
Commence pas si t'es pas sûre d'aller au bout.
Merci.
Tu peux
répondre à une question ?
Ton cheval, Fraise des Bois.
Fraise des Bois ?
J'adorais cette jument.
Pourquoi tu penses à elle ?
Le fait que tu remontes à cheval.
Je me suis toujours demandé une chose.
Quand on a dû l'abattre,
tu lui as murmuré des mots, tu te souviens ?
Oui.
Comme si tu lui confiais un secret.
Qu'est-ce que tu lui as dit ?
Je lui ai rappelé des choses,
comme elle aimait galoper dans les premières neiges.
La fois où on a fait la course
avec Ernie Dahlberg et sa jument chocolat
qu'on a laissés dans un nuage de poussière.
Je lui ai rappelé cette fois où,
j'étais au lycée, on était en octobre
et on rentrait à la maison.
La pleine lune venait d'apparaître sur la butte Dollar.
Elle s'est arrêtée,
arrêtée net pour regarder,
comme si la lune la fascinait aussi.
Et quand on a mis James sur son dos pour la première fois,
elle est restée immobile,
comme si elle savait qu'elle devait le protéger.
Je voulais qu'elle parte avec de bons souvenirs.
Je suis désolé.
Désolé ?
Pourquoi ?
Je t'ai rendue triste,
c'était pas le but.
Tu ne m'as pas rendue triste, George.
Je voulais juste te dire
ce que je garde en mémoire.
Fraise des Bois et toi.
Cette femme que j'ai épousée sans la comprendre,
qui croit pas qu'un autre monde puisse exister,
mais pense malgré tout que les chevaux ont une âme,
cette fille est faite pour moi.
Elle a accepté rapidement.
Par pitié,
ne dis rien.
Sortez.
Fichez le camp.
George !
Il nous a ouvert.
Vous croyez pouvoir vous liguer contre Lorna.
Mais quand ça vous arrive,
c'est une autre affaire.
- De quoi parlez-vous ? - C'est ça, votre tactique ?
Prétendre que vous l'avez pas coincée au travail ?
Honte à vous, honte à vous deux
qui la harcelez pour qu'elle abandonne son fils.
Heureusement pour vous, c'est pas une maman grizzly.
Si c'était le cas, vous y laisseriez une main ou pire.
Si quelqu'un voulait me séparer d'un de mes fils,
me soutirer mon enfant...
- Ce n'est pas ça. - Pas étonnant que Lorna ait refusé.
Madame la poule en chef
qui sait tout mieux que tout le monde
et te picorera jusqu'à la mort.
Je n'étais pas contre ce mariage.
J'ai pas dit le contraire.
Il a frappé le petit.
Je t'ai vu en face de l'épicerie.
Tout ce pataquès pour ça ?
Comme si t'avais jamais donné de fessée ?
Jamais de la vie ?
Il a aussi frappé Lorna.
Viens ici.
T'as frappé ta femme ?
Je l'ai vu.
Comment il a fait ?
Avec sa main.
Albert Einstein ! Je m'en doute, avec sa main,
je veux savoir comment.
Comme ça ?
C'était comme ça ?
Donnie, comment t'as fait ?
C'était plus fort.
Plus fort ?
Comme ça ?
Bon sang.
Comme ça ?
Encore plus fort.
Donnie,
tu vas devoir nous montrer.
George !
Il va bien, Margaret, ça va.
On va peut-être pouvoir reprendre cette discussion
comme des gens raisonnables ?
Ou vous préférez peut-être dormir ?
Comme ça, vous partez au petit matin.
Ou tu préfères peut-être le laisser rentrer
et toi, tu restes un peu.
Je te ramène quand tu veux.
Sauf si, entre-temps,
t'as décidé de rester.
Ça va aller.
Tout doux, ma belle.
Bouge plus.
Toi,
tu t'approches pas de nous.
Prenez-lui le flingue !
Relevez-le !
Pitié.
Donnie.
Tu veux que je fasse quoi ?
Empêche-le de nous braquer à nouveau.
Là.
Allez, Donnie.
Arrêtez.
Je t'apprends à lui apprendre.
Donnie.
Donnie, non !
T'es pas obligé de faire ça.
Pitié, Donnie !
Vas-y, fiston.
Vas-y.
Fais pas ça !
George !
Il est pas près de retirer.
Vous comprenez mieux ma famille, maintenant.
Soyez prudents sur la route.
Qu'est-ce que je t'ai fait ?
Il a besoin de morphine.
Ça va aller.
Une hache, vous dites ?
Une hachette.
La police arrive.
Je peux vous endormir ou vous préférez rester...
Conscient.
- Conscient. - Je reste conscient.
Madame, veuillez attendre dehors.
Quoi ?
J'ai interrogé les Weboy, je connais leur version.
Leur version ?
De quoi ?
Ils disent que M. Blackledge les a braqués.
C'était de la légitime défense.
Blanche m'a bien montré votre arme de service ?
Sûrement.
- Vous avez porté l'insigne. - Plus de 30 ans.
Alors vous savez comment ça marche.
Je crois savoir comment ça marche ici.
Blanche dit que le ton s'est durci
au moment de vous faire baisser votre arme.
Il lui ont tranché la main.
D'après eux, vous deux,
vous êtes venus pour retirer un enfant à sa mère.
D'abord, par des menaces,
ensuite, avec un flingue.
Lorna, la mère du petit, vous l'avez vue ?
Oui, elle était là.
Vous lui avez parlé ? Elle est terrifiée.
Elle était mariée avec votre fils ?
Oui.
Il est mort, c'est ça ?
Qu'est-ce qui s'est passé exactement ?
À vous de nous le dire.
Un accident, d'après elle.
Il est tombé de cheval, le cou brisé en deux morceaux.
Un accident.
Ça aussi, un accident.
Vous savez, Blanche est très préoccupée
par tous ces accidents dans votre famille.
Elle s'inquiète pour ce gamin dont elle doit s'occuper.
Plus vous restez dans le coin,
plus les risques qu'il lui arrive quelque chose augmentent.
Je veux même pas imaginer quelle drame ce serait.
Y a rien de plus petit au monde
qu'un cercueil pour enfant.
Sortez.
Le consensus, c'est que vous ne causiez plus d'ennuis
et puisque vous êtes de la famille, les Weboy porteront pas plainte.
Vous êtes libres de partir.
Si j'ai un conseil à vous donner...
Gardez-le.
Je dis ça pour le bien de votre petit-fils.
C'est un Weboy maintenant.
Vous feriez mieux de tirer un trait sur Gladstone,
le plus vite possible.
Arrête-toi.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Nom de Dieu,
arrête-toi.
Tout va bien ? Parle-moi.
Ça va.
J'avais besoin qu'on s'arrête.
On est où, là ?
Vous allez faire quoi ?
Je ne sais pas.
J'ai appris ce qu'ils ont fait,
mais je savais pas que c'était vous.
On raconte quoi ?
Qu'ils ont coupé un bras à quelqu'un.
Qui t'a dit ça ?
Mon oncle, à Gladstone.
Tu as donc de la famille en ville.
Un oncle et une tante.
Ils vendent mes peaux, entre autres.
Alors pourquoi tu vis ici,
tout seul ?
Tu n'es pas du coin.
Parce que je me suis enfui de ce pensionnat à Bismarck.
Les agents du gouvernement sont venus chez moi quand j'avais 8 ans.
Ils m'ont emmené et m'ont mis dans un camion.
Je croyais que j'avais fait une bêtise et que ma mère voulait plus de moi.
Mais j'ai vu qu'elle pleurait.
Toutes les mères pleuraient.
Tu avais 8 ans.
Ils m'ont coupé les cheveux,
ils m'ont lavé au kérosène
et ils m'ont frappé
pour tuer l'Indien en moi.
Ils ont réussi.
Quand je suis rentré chez moi,
je comprenais plus les mots de ma grand-mère.
"Je m'appelle Peter maintenant",
je lui répétais.
Elle me comprenait pas non plus.
Je me sens chez moi nulle part.
Ici, ça me va.
C'est un bel endroit,
mais ce n'est pas bon d'être seul.
Je suis pas seul.
Je vous parle.
J'ai une idée.
C'est pas la première.
Laisse-moi finir avant de te moquer. Au pire, ne dis rien.
Je t'écoute.
Et si on restait ?
Ici.
Peter apprécierait d'avoir de la compagnie.
On pourrait agrandir la maison, ajouter une chambre dans la cuisine
ou construire notre propre maison.
Tu tiens les planches et je plante les clous, c'est ça ?
Tu devais me laisser finir.
T'as fini, crois-moi.
Tu veux vraiment vivre au milieu de nulle part
avec un Indien et un cheval égaré,
tout ça pour aller en ville de temps en temps
dans l'espoir d'apercevoir Jimmy ?
Tu veux le suivre à l'école
et espérer qu'avec le temps,
Blanche te laissera le serrer dans tes bras plus de 30 secondes ?
Quand ils reviendront,
qu'ils me découperont en morceaux,
qu'ils te débiteront en tranches
s'il reste encore quelque chose de toi,
alors quoi ?
Et quand ils s'attaqueront à Jimmy par pure méchanceté,
comment tu te sentiras ?
La première fois que je l'ai porté, il s'est pelotonné
dans mes bras et s'est blotti contre moi.
Léger comme une plume...
Bon sang, Margaret !
Quand arrêteras-tu de te torturer ?
J'ai essayé.
Je suis désolée.
J'ai essayé, George.
Je sais.
Je n'ai pas réussi à le sauver.
Seigneur, aide-moi.
On les a perdus tous les deux.
George !
Même à pleine vitesse, vous le rattraperez pas.
S'il va où je pense, ce sera par la route.
Tu vas me montrer un raccourci.
J'y vais pas.
Si.
Du calme.
Bouge pas.
Réveille-la.
Réveille-la.
Lorna.
Quoi ?
Tu veux rentrer à Dalton avec Jimmy ?
Décide-toi : partir ou rester.
Lorna...
Pas toi.
T'as pas ton mot à dire.
C'est sa décision.
Tu sais quelle vie tu auras
ici ou là-bas, tu le sais.
C'est tout réfléchi.
Je pars.
Tu connais la voiture,
elle est au bout de l'allée, les clés sont à l'intérieur.
Va directement au bureau du shérif de Bentrock.
- Bentrock. - Shérif Nevelson.
Il saura quoi faire.
- Les affaires de Jimmy... - Non, pas maintenant.
Et vous ?
Pars, c'est tout.
Pars sans faire de bruit par la porte de devant
et cours sans t'arrêter.
Papi.
Ça sent le brûlé.
Ça sent le brûlé, vite !
T'as laissé le four allumé ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Y a le feu dans la maison.
On a senti la fumée.
Attends un peu.
Au secours !
- Lâche-le ! - Arrête !
Jimmy.
Bill...
Bill, pousse-toi, je le tiens.
Blanche, tire pas !
Donne-moi le gamin, papi !
Personne sera blessé.
Les garçons !
Y a le feu !
Rattrape Lorna, elle emmène le petit !
Maman !
Mon Dieu.
Lorna !
Jimmy.
Vous allez bien ?
Mon lapin.
Où est George ?
Il m'a dit de courir jusqu'à la voiture.
Reste avec eux.
Restez là.
Reste avec eux, Peter !
Jimmy, où est Jimmy ?
Il est en sécurité avec Lorna et Peter, ils nous attendent.
Blanche, où elle est ?
Je sais pas, il faut partir.
Vas-y.
Va-t'en.
Pas sans toi.
Allez !
Appuie-toi sur moi.
Margaret !
George !
Peter.
Pourquoi ?
Toi, va au diable !
Regarde-moi.
Regarde-moi, je suis là.
Margaret, il faut partir.
Il faut partir !
Je t'aime.
Merci.
Tu devrais rentrer.
Au revoir.
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L'UN DES NÔTRES
Sous-titres : Belinda Milosev
Sous-titrage TITRAFILM
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