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Vagues
...
Musique mélancolique
...
-Vous êtes bientôt prêts ? -On en a encore pour 30 mn.
-Et les cheveux ? -5 minutes.
-Hello. -Bonjour.
-Ah, ça. Romain ? Regarde.
Il faut le voir. -C'est trop moche.
-C'est important.
-Je peux pas photographier ça. -Romain, je te présente.
May I introduce you Romain. Kana Michiko, a client.
-Hi.
Tu me fais une dernière mesure ? -Ouais.
-OK.
Yes.
*Musique rythmée
Alright.
Yes. Maybe you move.
Move. Come closer to me.
And now is good.
OK.
OK...
*...
OK.
Il respire difficilement.
*... ...
-Entrez. -Bonjour, docteur.
-Asseyez-vous, je vous en prie.
Alors...
Comment vous sentez-vous ? Vos examens ?
-Douloureux mais je m'attendais à pire.
Ca va mieux, maintenant. -Bon.
Je vous ai demandé de passer car j'ai reçu vos résultats..
..et ils ne sont pas très bons.
-J'ai le sida ?
-Non.
Ca n'a rien à voir avec le sida.
Vous avez une tumeur. Une tumeur maligne.
-Un cancer ?
-Une sorte de cancer, oui.
-Les lésions du foie et du poumon ?
-Oui, c'est la même maladie.
-Bah ça veut dire quoi ? Le cancer est généralisé ?
-Oui. Disséminé.
Nous allons tous faire pour vous guérir.
Mais il y a un risque important pour que la tumeur résiste..
..au traitement et continue à se développer malgré lui.
-On peut pas l'enlever ? -Non.
La tumeur se développe dans différents organes.
On ne peut pas opérer.
Les examens n'ont pas permis de localiser la tumeur primitive.
Le point de départ, si vous préférez.
-Et le traitement ?
-Des perfusions. Une radiothérapie.
-Les perfusions, c'est une chimio ?
-Oui.
-Je vous le dis, c'est hors de question.
Un ami de mes parents est mort d'un cancer y a 2 ans.
Il a perdu ses cheveux, il a souffert.
-On ne peut pas comparer.
Chaque cancer est différent.
Chaque chimio.
-J'ai combien de chances de guérir ?
-Elle est faible mais elle existe.
A 31 ans, vous allez vous battre.
-"Faible", c'est 50% ou 5% de chances de guérir ?
Bah c'est 5%, c'est ça ? -De cet ordre, oui.
-Mais c'est pas moins de 5 ?
-Malheureusement, si.
-Sans traitement, j'en ai pour combien de temps ?
-C'est difficile de vous répondre. Nous parlons de médianes.
Dans des cas semblables au vôtre,
..trois mois.
Mais ça peut être un mois, ou à l'inverse, un an.
-Je vois pas l'intérêt d'un truc lourd comme une chimio.
Et ça marchera pas. -Je ne vous jugerai pas.
Mais vous êtes jeune.
Je préférerais que vous vous battiez.
Les chances ne sont pas nulles. Même une, il faudrait la saisir.
Mais cette décision n'appartient qu'à vous.
Et je la respecterai quelle qu'elle soit.
Il sanglote.
...
-Alors, tu prends l'avion le 15 pour Tokyo.
Tu shootes à 14h pour le Vogue, la série..
..sur les maillots. Et tu prends le train pour Kyoto.
Tu m'écoutes ?
-Ouais, ouais.
-T'es sûr que tu veux y aller ? -Evidemment. Pourquoi ?
-Je sais pas. Je te trouve bizarre. J'ai l'impression..
..que plus rien ne t'intéresse. -Si, t'inquiète pas.
-Prends des vacances. On annule ça et tu reviens en pleine forme.
-C'est génial pour ma carrière, c'est un enjeu financier énorme.
-Mais pas si tu rates les shootings.
-Tu crois..
..que je peux rater ?
-Parfois, il faut savoir refuser.
Pour ne pas décevoir.
-T'as déjà mis quelqu'un d'autre ? -Non.
Jean-Baptiste est d'accord pour y aller. Au cas où.
-Qu'il aille se faire enculer. J'irai au Japon.
Je voulais vous dire que je vous aime.
Je suis très malade.
Je vais bientôt mourir.
Musique mélancolique
...
-Romain ? C'est prêt.
A table. -J'arrive.
-Pourquoi tu t'enfermes ?
Avant, tu me laissais entrer. -Ouais bah c'est fini.
-J'ai une chose à te demander. -Quoi ?
-Sois gentil avec ta soeur. Ca va pas fort avec Alain.
-Oui, t'en fais pas.
-Je veux pas me mêler de vos affaires mais tu vois,
..ta soeur souffre que tu t'intéresses pas à elle.
Tu l'appelles jamais.
-Tu me l'as déjà dit. Tu te répètes.
-Fais un effort, alors. C'est tout.
-D'accord.
-Merci.
T'as vu qu'il a grandi, hein ? -Ouais. Il est adorable.
-Il te ressemble ! -A qui ?
-A Romain. Il a son nez. -Mais non, c'est celui d'Alain.
-Ca te fait pas envie ? -Arrête, maman.
-Quoi ?
-Deux petits-enfants, ça te suffit pas ?
-Ta mère a toujours eu un amour maternel débordant.
-Je dis ça comme ça. Romain a toujours aimé les enfants. Hein ?
-Pas de chance, t'as un fils pédé. Pas de descendance de mon côté.
-Bientôt,
..on pourra adopter quelle que soit sa sexualité.
-Bon, on passe à table ? J'ai la dalle.
-J'espère que ça va marcher. -T'as tout bien préparé.
-Je le sais, mais le mec est super dur à convaincre.
-Je m'inquiète pas pour toi.
-Toi, Romain,
..quoi de neuf ?
-Rien de spécial.
-Le boulot, ça va ? -Ouais, ça va.
-Le Japon, c'est annulé ? -Ouais.
Pas intéressant, et puis j'ai à faire à Paris.
-C'est dommage.
J'aurais adoré aller là-bas.
-Mais t'étais pas invitée. -Bah oui. J'ai pas ton talent.
-Et dire qu'il a jamais pris en photo mes enfants.
-Ca, c'est vrai. Et j'aimerais bien..
..que tu nous prennes en photo, ton père et moi.
Comme dans le magazine.
Ce serait drôle. -Ca l'intéresse pas.
On est pas assez branchés.
Il préfère les mannequins. -Mais non.
Y a pas eu d'occasion, sinon Romain l'aurait fait.
-Bien sûr. -Non. Elle a raison.
-Pourquoi tu dis ça ?
-J'ai pas envie de les photographier.
-Romain. -Laisse.
-Tu sais pourquoi ? Parce qu'ils sont à toi.
C'est tes choses.
Si j'avais voulu, j'aurais eu ta gueule à côté.
Ca me donne envie de gerber. -Romain, arrête.
-Tu laisses pas de place à ton mec. T'as fait tes mômes toute seule ?
Sophie ! -Je vais le tuer !
Je vais te tuer ! -Sophie, tu arrêtes.
-Romain, arrête. -Elle est folle.
-Là, vraiment, Romain, t'exagères !
-Pourquoi tu lui dis ça ? Elle est fragile, tu sais.
-Ouais bah moi aussi, je suis fragile.
-T'as quoi ? Je t'ai jamais vu comme ça.
-Ecoute, papa, ramène-moi à la maison, je suis bourré.
-J'ai pété mes lunettes.
-Allez. Allez. C'est rien.
Sophie pleure. Allez.
Musique mélancolique ...
...
-Avec Sacha,
..ça se passe bien ?
-Normal. Ni bien ni mal.
On va sûrement se séparer. -Ah merde. Pourquoi ?
-Comme tous les couples : le désir qui se barre, les habitudes...
-Il habite toujours chez toi ? -Oui. Il bosse plus.
-Parle-lui de la chambre chez ta tante. Ca sera pas cher.
-OK. Merci.
T'as acheté quoi ? -C'est juste un peu de coke.
-T'avais pas arrêté cette merde ? -C'est de temps en temps.
Ca m'aide à bander.
Salut.
-Tu sais, Romain... -Quoi ?
-Fais pas de conneries. Ta mère ne le supporterait pas.
-Toi, tu le supporterais ?
-Bien sûr que non.
-Alors pourquoi tu parles toujours de maman ? De ses réactions ?
Comme si toi, rien ne te touchait.
-Je sais pas. Par habitude.
-C'est dommage, non ?
-Peut-être que j'ai pas appris à parler de moi.
-Y a une question que j'ai toujours voulu te poser.
-Ouais ?
-Pourquoi, avec maman,
..vous avez jamais divorcé ? -Parce qu'on s'est toujours aimés.
-Tu l'as trompée. Plusieurs fois. -Et alors ?
-Je sais pas.
Une nuit, enfant, je me suis réveillé,
..et j'ai surpris une de vos conversations dans la cuisine.
Maman avait découvert une lettre d'une femme, et elle pleurait.
Et toi, tu la consolais pas.
Je croyais que vous vous sépareriez.
-On est toujours ensemble.
-Tu le regrettes ?
-Non, je le regrette pas. Pourquoi je le regretterais ?
Tu me parles de ça à cause de Sacha ?
-Ouais, peut-être.
Je te fais peur ?
-Des fois, oui.
Salut, fils.
*Ambiance pesante
*...
*Gémissements
*...
-Salut.
-Encore à jouer à ces conneries ? T'as plus 12 ans, hein.
-T'étais où ? -Chez mes vieux.
-C'était bien ? -Ouais. Comme d'hab.
Tiens.
Gémissements de plaisir
...
-Ah !
...
-Tu m'aimes plus ?
-Je sais plus.
-Moi non plus, je t'aime plus.
-A quoi tu joues ?
-Je joue pas. Je te dis la vérité.
Je ressens plus rien.
Un vague désir, c'est tout.
Et un peu de tendresse, de temps en temps.
-Pourquoi tu me dis ça maintenant ?
-Bah parce que... c'est bien de se dire la vérité, non ?
Me dis pas que ça te fait du mal, je te croirais pas.
-Tu veux qu'on arrête ? Que je m'en aille ?
-Oui.
-Et je vais aller où ? Faire quoi ?
-Je m'en fous. Je veux que tu te casses.
-Qu'est-ce que t'as ? Tu m'as jamais parlé comme ça.
-J'en ai marre de cette situation de merde.
Tu fais rien de ta vie.
-Pour qui tu te prends ? T'es mieux, avec tes photos de merde ?
Ton air content de toi ?
-J'ai pas besoin de toi pour vivre.
Prends tes affaires et dégage !
Gémissements de lutte
...
T'es le plus fort. T'es content ?
Bah vas-y, maintenant, tue-moi.
-Un jour.
-Pardon.
Pardon.
Musique pesante
...
*Musique rythmée
*...
Musique d'opéra Gémissements de plaisir
... ...
...
-Vous avez fini ? -Oui.
Merci.
Y a pas grand-monde, aujourd'hui. -Non, c'est calme.
-Vous travaillez tous les jours ici ?
-Bah oui. Cinq jours par semaine.
Demain, week-end. Je me repose. -Ah bah, c'est bien.
-Vous, vous rentrez chez vous ? -Non, je vais voir ma grand-mère.
-Elle est malade ? -Non. Elle est en pleine forme.
-Pardon.
-Vous avez raison. Quand on va voir sa grand-mère,
..souvent, elle est mourante.
Moi, je vais lui dire que je l'aime.
-C'est gentil.
-Non. Je suis pas quelqu'un de gentil.
-Vous avez des enfants ?
-Pardon ?
-Non, je... Je dis ça comme ça.
-Non, pas d'enfant.
-Célibataire et sans enfant ? -Voilà, c'est ça.
-Mademoiselle ? -Oui.
Excusez-moi.
-Parles-en à tes parents. -J'ai essayé mais j'ai pas réussi.
-Pourquoi ?
-Je crois que personne a envie d'entendre ça.
Maman m'étoufferait encore plus et papa disparaîtrait aussitôt.
Et dans le fond, ça me plaît que personne ne sache.
D'imaginer leur tête en apprenant la nouvelle.
-T'as pensé aux remords, à la culpabilité,
..que tu vas provoquer ?
-Des fois, ouais.
Mais ça me dérange pas. Et je serai pas là pour voir.
-Mais c'est infantile, égoïste. Tiens, aide-moi.
Tu finis pas ? -J'ai plus faim. C'était très bon.
-Force-toi, il faut que tu manges. Il tousse.
T'as le droit ? -Maintenant,
..j'ai tous les droits.
-Tu m'en donnes une ? -Hmm, hmm.
-Alors, à qui t'en as parlé ? -A personne. Rien qu'à toi.
-A tes amis ? Ton travail ? -Non, j'ai rien dit.
J'ai dit que je partais en vacances.
-Et à ta soeur ?
-T'es folle, je lui ai rien dit. Elle serait trop contente.
Elle aurait pitié de moi. -Et alors ?
Y a pas de honte à faire pitié.
Ce serait peut-être une occasion de vous parler.
-J'ai pas envie. Pas avec elle.
-Et Sacha ?
-J'ai pas eu le courage.
-Et pourquoi tu me l'as dit, à moi ?
-Parce que toi, t'es comme moi, tu vas bientôt mourir.
-T'as pris tes médicaments ? -Oui.
-Ah bah tiens, moi, je vais préparer mes vitamines.
Ah mince ! On n'est pas allés se promener en forêt.
On ira demain matin, avant que tu partes.
-Non, c'est pas grave.
Je voulais revoir l'endroit de notre cabane.
-Ah oui ? Il reste des bouts. -Ouais ?
-Alors,
..regarde tout ce que je dois prendre.
Ca, c'est un antioxydant.
Ca, c'est pour la peau.
Ca, c'est..
..pour les cheveux.
Pour les os, contre l'ostéoporose. Un peu de DHEA.
Ca, c'est... un oméga quelconque.
Avec tout ça, je pourrai mourir en bonne santé.
-Dis pas de bêtise. -Mais si, c'est vrai.
Tu sais, Romain ? -Quoi ?
-Ce soir,
..j'aimerais partir avec toi.
Il sanglote.
...
-Je sais pas ce qui faut faire. Je sais pas ce qu'est bien.
Je suis mon instinct.
-Après la mort de ton grand-père,
..j'étais complètement détruite, j'ai cru que j'allais crever.
Alors je suis partie. J'ai fui.
J'ai abandonné mon enfant. Ton père.
Je pouvais plus m'occuper de lui, c'était plus possible.
Je retrouvais Jacques dans son sourire,
..son regard.
On m'a traitée de mauvaise mère. De putain, même.
Ton père m'a jamais pardonné.
Mais je sais que j'ai eu raison.
Si j'étais pas partie, si j'avais pas eu ces amants,
..je serais morte, moi aussi.
On peut appeler ça de l'égoïsme.
C'est seulement un instinct de survie.
-Pourquoi tu me racontes tout ça ?
-Parce qu'on se ressemble.
Musique mélancolique
...
Musique pesante
...
Toc, toc, toc, madame. Vous auriez à manger, par hasard ?
-Pour quoi ?
-Je n'ai pas mangé depuis 2 jours et je suis pauvre.
-Je ne vous ai donc pas invité.
...
-Tiens, Romain ? Viens voir.
-Quoi ? -Regarde.
-Oh, un lapin.
Pourquoi il bouge pas ? -Il doit être malade.
-Je peux le prendre ? On va le soigner.
-Ca sert à rien. Et on peut attraper des saloperies.
-S'il te plaît, papa. -Laisse. Allez, viens. Pose-le.
-Il va se faire manger !
-C'est la nature, Romain. Allez, viens.
Allez.
-Je te réveille ? -Non.
Qu'est-ce qui se passe ? Tu peux pas dormir ?
-Non, j'y arrive pas.
-Tu veux qu'on parle ? -Non. Je voudrais dormir avec toi.
-Tu sais que je dors toute nue ?
-C'est pas grave. Je regarderai pas.
C'est bon, je suis prêt.
-Tu veux pas rester déjeuner ? -Non, j'ai pas faim.
-Sur la route, si tu es fatigué, tu t'arrêtes.
-D'accord.
-Tiens, c'est pour toi.
Je les ai cueillies tôt ce matin.
-C'est pour mon enterrement ?
-Quand t'en veux plus, tu les jettes.
Je t'aime. -Moi aussi.
Pleure pas, sinon ça sera trop dur.
-Romain ? -Quoi ?
-Tu veux pas essayer la chimio, pour me faire plaisir ?
-On sait que ça marchera pas.
-On sait jamais. Il peut y avoir...
-Des miracles ? -Oui.
-T'y crois pas toi-même. -Mais je crois en toi.
-T'es mignonne.
Dommage qu'on se soit pas connus plus tôt.
Je t'aurais bien épousée.
-Tu vas où en rentrant ? -Je vais rester chez moi.
-Tu me téléphones ? -Oui.
Attends, je prends une photo.
-Sept euros, s'il vous plaît.
Merci.
-Merci.
-Merci, bonne journée.
Ca va ? -Oui.
Bonjour. -Bonjour.
-Vous me reconnaissez ? -Bah oui.
-Je peux m'asseoir ?
-Bien sûr.
-Je travaille en face, je suis venue voir mon mari.
-Ah, d'accord.
-On aimerait vous demander quelque chose.
-Oui ?
Musique triste
-Voilà, c'est que... mon mari a des problèmes.
-Oui ?
-Il est stérile.
-Ah...
Et alors ?
-Et alors, tous les deux, on vous trouve très beau.
Enfin...
Et...
On voulait vous demander si vous accepteriez de..
..de coucher avec moi.
Comme vous êtes jeune,
..on s'est dit que ça vous dérangerait peut-être pas trop.
Il est d'accord,
..vous en faites pas.
-Je... -Vous n'avez pas le sida ?
-Non.
-Alors... on peut essayer, si vous voulez.
Et on a mis..
..de côté un peu d'argent.
On peut vous en donner.
-Non, c'est pas la peine.
-Vous voulez pas ?
-Non, ça m'intéresse pas, j'aime pas les enfants.
Téléphone
...
Il gémit.
...
Il hurle.
Musique mélancolique
...
C'est bizarre, je fais beaucoup de rêves.
La dernière fois, c'était avec vous.
On couchait ensemble.
C'était tendre et très sexuel à la fois.
Ca me faisait du bien.
C'est marrant parce que vous êtes pas du tout mon genre.
Dans mes rêves, je couche avec n'importe qui : mon père, ma mère.
Même avec moi, enfant.
Sans doute que j'en profite avant de crever.
-"On dit que le temps apaise tout. Entre nous, ce n'est pas le cas.
"Ces derniers temps, tu as été agressif,
"..violent et méprisant à mon égard,
"..alors que j'essayais de faire des efforts, de te comprendre,
"..t'envoyer des signes,
"..peut-être maladroits, mais j'essayais.
"Je comprends pas ton attitude, et ce qui te dérange tant en moi.
"Je repense souvent à nos jeux d'enfants, et à notre complicité,
"..à nos chamailleries, à nos élans,
"..et à cet amour fraternel qui a disparu et que je regrette tant.
"J'espère de tes nouvelles.
"J'ai fait le premier pas et j'attends le tien.
"Ta soeur qui t'aime. Sophie."
Musique mélancolique
...
Téléphone
...
Allô ? *-Ouais, c'est moi.
-Romain ? *-Oui.
-Ca me fait bizarre de t'entendre.
*-Je voulais te dire que j'ai reçu ta lettre.
-Et alors ? Tu la trouves ridicule ?
*-Non.
*Non, ça m'a touché. Ca m'a fait du bien.
-Tant mieux.
*-Tu sais, Sophie, j'aimerais venir te voir..
*..mais j'ai pas la force, en ce moment.
-Tu travailles trop ?
*-Ouais. Ouais, c'est ça.
-Ca me fait déjà plaisir que tu m'appelles.
*-Je voulais juste te dire que t'es responsable de rien.
*C'est moi qui vais pas bien, qui pète les plombs.
*T'inquiète pas pour ça.
-D'accord.
*-Bon,
..je vais te laisser. *-OK.
*Si tu veux voir les enfants, rappelle-moi.
-D'accord.
C'est toi que j'aurai envie de voir, pas tes enfants.
*-Bon alors, je t'embrasse, et j'attends ton coup de fil.
-Je t'embrasse.
*-Merci, Romain.
Musique mélancolique
...
-Au nom du Père, du Fils, et du Saint-Esprit. Ainsi soit-il.
Notre Père, qui êtes aux cieux Que Votre nom soit sanctifié
Que Votre règne arrive Que Votre volonté soit faite
Sur la terre comme au ciel
Donnez-nous aujourd'hui Notre pain de ce jour
Pardonnez-nous nos péchés
Comme nous pardonnons A ceux qui nous ont offensés
Porte
Rires discrets
-On est trop petits. -On prend une chaise.
Y a quelqu'un..
..qui arrive.
Ils rient.
...
Musique mélancolique
...
-Comme nous l'avons appris,
..le Sauveur est selon Son commandement.
-Salut. -Salut.
-Tu m'attends depuis longtemps ? -Je viens d'arriver.
-T'as une de ces tronches. Ca va ?
-Ouais.
-T'as pas l'air. Tu devrais aller un peu au soleil.
-Ouais...
Et toi, ça va ? -Ca y est. Ils m'ont embauché.
-C'est génial.
-Oui, je suis content. Et c'est grâce à toi.
-Bah non. -Si, c'est grâce à toi.
T'as passé un coup de fil pour moi.
-Bah alors, si t'es au courant...
S'ils t'ont engagé, c'est que tu correspondais.
-Oui. Et toi ? Il paraît que tu t'es arrêté ?
-Ouais, j'avais besoin de souffler, et puis...
-T'as rencontré quelqu'un ?
-Pourquoi tu dis ça ? -Je te connais.
Incapable de rester seul.
Je le connais ? -Non.
-Quel âge ?
-Le mien.
-C'est ce qu'il te fallait. -Toi, t'as quelqu'un ?
-Non.
Rien de sérieux.
Des aventures d'un soir.
C'est ce qu'il me faut en ce moment.
Pas de prise de tête.
A bientôt. Tu m'appelles ? -Ouais.
Enfin, non. -Pourquoi tu dis ça ?
Qu'est-ce que t'as ?
Tu te sens pas bien ?
-J'ai oublié de te dire une chose.
-Quoi ?
-C'est pas facile à dire.
Tu me raccompagnes un peu chez moi ?
-Oui.
-Tu veux une vodka ?
-Tu bois la journée, maintenant ? -Ouais, ça m'arrive.
-OK. Une vodka.
Alors ?
-Alors euh...
Tu me manques. -Ah bon ?
C'est un peu tard, maintenant, non ?
-Ouais, je sais.
J'aimerais te demander une chose. -Quoi ?
-J'aimerais qu'on refasse l'amour une dernière fois.
J'ai envie de te toucher, de sentir ta peau.
-Moi, je... J'ai pas envie.
-Je te dégoûte, c'est ça ? -Non.
J'ai plus envie. C'est fini.
-Juste une fois. Une dernière fois.
-A quoi bon ?
-"A quoi bon"... C'est drôle que tu dises ça.
J'arrête pas de me répéter ça, en ce moment.
Ca me trotte tout le temps dans la tête.
Sauf aujourd'hui, j'y avais pas pensé.
Et c'est toi qui l'as dit.
-Tu sais quoi ?
J'aurais l'impression d'être une pute,
..de faire ça pour te remercier pour le boulot.
Et ça, je ne veux pas.
-Je comprends.
Donne-moi ta main.
Tu sens mon coeur ?
-Oui.
-Il bat encore.
Musique mélancolique
...
Bonjour. -Bonjour.
-Je suis prêt.
-Pardon ?
-Vous voulez plus, c'est trop tard ?
-Trop tard ? -Pour l'enfant ?
-Non, non, c'est bon.
-Je suis d'accord. C'est maintenant.
Gémissements de plaisir
...
Musique mélancolique
...
-Me Dargaud, notaire à Paris, soussigné,
..en présence de Mme Jany Charon et M. Bruno Charon,
..témoins instrumentaires requis,
..conformément aux articles 971 et 972 du Code civil,
..choisis et appelés par le requérant, M. Romain Brochant,
..photographe, célibataire,
..domicilié au 102, bd de la Villette, Paris 19e,
..né à Paris, le 30 mars 1973,
..a reçu le présent testament authentique.
Le dit requérant, sain d'esprit, ainsi qu'il est apparu au notaire,
..a dicté son testament de la manière suivante,
..en présence des deux témoins :
"Ceci est mon testament.
"Je déclare reconnaître l'enfant que porte Mme Jany Charon,
"..dont la naissance est prévue pour le 9 avril 2005,
"..et l'institue légataire universel,
"..donc il aura vocation à hériter de la totalité de mon patrimoine."
Ai-je bien exprimé l'intégralité de vos volontés ?
-Oui, tout à fait.
-Pour les funérailles, vous avez un souhait particulier ?
-Par incinération.
-Une cérémonie religieuse ? -Non, pas la peine.
-Bien.
Voici donc l'acte. Vous paraphez..
..la 1re page et signez la 2e.
La même chose pour les témoins, s'il vous plaît.
-Je vous invite pas à déjeuner, je suis crevé. Et j'ai pas faim.
-Nous non plus.
-Bon, je vais vous laisser.
-On vous raccompagne ? -Ca va. Je vais prendre un taxi.
-Merci, hein. Merci pour tout.
-C'est moi qui vous remercie.
-Tu demandes ?
-On a oublié de vous demander une chose mais on ose pas.
-Quoi ?
-On voulait savoir..
..pour votre maladie,
..si vous savez si c'est héréditaire.
-Non, vous inquiétez pas, c'est un cancer.
Un cancer généralisé.
-Ah, d'accord.
Bon, bah...
Appelez-nous, si vous voulez qu'on se voie,
..ou si vous avez besoin. -D'accord.
J'aimerais vous demander une chose. -Oui ?
-Il bouge ?
-Non.
Ca fait même pas deux mois.
-Alors, dès qu'il bouge, prévenez-moi,
..que je vienne toucher votre ventre.
-OK.
Bon bah... au revoir.
-Ca va aller ? -Ouais. J'espère.
-Ecoutez... Bonne chance.
Tu crois qu'il en a pour longtemps ?
-Je sais pas.
-Viens, on y va.
Gémissements de douleur
Un bébé pleure.
...
Téléphone
...
Musique mélancolique
...
Vagues
...
Sous-titrage : HIVENTY
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