All language subtitles for DieToteStadt-LaMonaie_fr

af Afrikaans
ak Akan
sq Albanian
am Amharic
ar Arabic
hy Armenian
az Azerbaijani
eu Basque
be Belarusian
bem Bemba
bn Bengali
bh Bihari
bs Bosnian
br Breton
bg Bulgarian
km Cambodian
ca Catalan
ceb Cebuano
chr Cherokee
ny Chichewa
zh-CN Chinese (Simplified)
zh-TW Chinese (Traditional)
co Corsican
hr Croatian
cs Czech
da Danish
nl Dutch
en English Download
eo Esperanto
et Estonian
ee Ewe
fo Faroese
tl Filipino
fi Finnish
fr French
fy Frisian
gaa Ga
gl Galician
ka Georgian
de German
el Greek
gn Guarani
gu Gujarati
ht Haitian Creole
ha Hausa
haw Hawaiian
iw Hebrew
hi Hindi
hmn Hmong
hu Hungarian
is Icelandic
ig Igbo
id Indonesian
ia Interlingua
ga Irish
it Italian
ja Japanese
jw Javanese
kn Kannada
kk Kazakh
rw Kinyarwanda
rn Kirundi
kg Kongo
ko Korean
kri Krio (Sierra Leone)
ku Kurdish
ckb Kurdish (Soranî)
ky Kyrgyz
lo Laothian
la Latin
lv Latvian
ln Lingala
lt Lithuanian
loz Lozi
lg Luganda
ach Luo
lb Luxembourgish
mk Macedonian
mg Malagasy
ms Malay
ml Malayalam
mt Maltese
mi Maori
mr Marathi
mfe Mauritian Creole
mo Moldavian
mn Mongolian
my Myanmar (Burmese)
sr-ME Montenegrin
ne Nepali
pcm Nigerian Pidgin
nso Northern Sotho
no Norwegian
nn Norwegian (Nynorsk)
oc Occitan
or Oriya
om Oromo
ps Pashto
fa Persian
pl Polish
pt-BR Portuguese (Brazil)
pt Portuguese (Portugal)
pa Punjabi
qu Quechua
ro Romanian
rm Romansh
nyn Runyakitara
ru Russian
sm Samoan
gd Scots Gaelic
sr Serbian
sh Serbo-Croatian
st Sesotho
tn Setswana
crs Seychellois Creole
sn Shona
sd Sindhi
si Sinhalese
sk Slovak
sl Slovenian
so Somali
es Spanish
es-419 Spanish (Latin American)
su Sundanese
sw Swahili
sv Swedish
tg Tajik
ta Tamil
tt Tatar
te Telugu
th Thai
ti Tigrinya
to Tonga
lua Tshiluba
tum Tumbuka
tr Turkish
tk Turkmen
tw Twi
ug Uighur
uk Ukrainian
ur Urdu
uz Uzbek
vi Vietnamese
cy Welsh
wo Wolof
xh Xhosa
yi Yiddish
yo Yoruba
zu Zulu

Original subtitles

Prudence\h!

Ici, tout est vieux et fantomatique.

Jusqu’à hier, personne n’est entré dans cette pièce

à part lui et moi...

... durant toutes ces années qu’il a passées à Bruges.

Et hier\h?

Vous êtes son ami, monsieur Frank, je vais donc vous le dire.

Il semblait tout changé.

Il tremblait d’excitation, sanglotait et riait.

Il a crié\h: «\hLaisse entrer la lumière dans mon temple\h! »

« Les morts ressuscitent\h!\h»

Je ne l’ai jamais entendu parler ainsi.

Étrange...

Regardez, des roses et des giroflées dans la chambre où elle est morte.

Son portrait est présent partout.

C’est elle\h? Marie ?

Oui, dans la robe claire qu’il aimait tant.

Elle est belle\h!

Comme ses cheveux brillent\h!

Ils pendent ici.

Une rivière d’or, n’est-ce pas\h?

Il les a conservés\h? Curieux\h!

Tout ici parle de sa morte.

Il appelle cet endroit le «\htemple du passé\h».

Il vit toujours ainsi\h? - Oui, jusqu’à hier.

Il disait : «\hBruges et moi ne faisons qu’un.\h»

«\hNous adorons ce qu’il y a de plus beau\h: »

« le passé !\h»

Et toi, Brigitta, tu supportes ça ?

Rien ne t’attire vers la vie au-dehors\h?

J’ignore ce qu’est la vie car je suis seule.

Mais ici, il y a de l’amour, je le sais.

Et une femme aime servir là où il y a de l’amour.

Le voici\h!

Frank !

Mon ami\h!

Brigitta m’a laissé entrer dans le «\htemple du passé\h».

Le passé\h? Non !

Va demander au jardinier deux brassées de roses.

Tout doit être embrasé de roses rouges.

Tu as vu son portrait ?

Oui, elle était belle. Quelle perte\h!

Marie ! Ton souffle\h! Tes yeux\h!

Tu dis qu’elle était belle\h?

Oui !

Elle est belle\h! Elle est\h!

Dans ton imagination. - Non...

Elle est vivante.

Elle sera là bientôt.

C’est un miracle.

Je suis resté à Bruges pour être seul avec ma morte.

La femme morte et la ville morte formaient une analogie mystérieuse.

Chaque jour, j’allais au Minnewater, son ombre à mon bras.

Les yeux rivés sur l’eau, je pleurais pour revoir son image.

Son regard modeste, l’éclat de sa chevelure dorée...

Et hier, près de la grille, je rêvais encore de la disparue.

D’elle...

Marie !

Plongé dans ma vision, j’entends des pas.

J’écoute...

Une ombre glisse sur l’eau.

Je lève les yeux.

Devant moi, une femme se tient dans la lumière du soleil.

Frank ! Une femme !

Dans l’éclat de midi, la chevelure dorée de Marie resplendit.

Un sourire se dessine sur ses lèvres.

Ce n’était pas une simple ressemblance ! Mais un miracle\h!

Une grâce !

C’était elle :

ma femme !

Ma femme qui vivait et respirait !

J’ai ressenti le désir fiévreux du bonheur passé.

J’ai crié\h: «\hDieu, aie pitié de moi et rends-la-moi\h!\h»

Ce midi, je lui ai parlé, le cœur palpitant, plein de doutes.

Un miracle s’est produit\h:

la voix de Marie est sortie de sa bouche\h!

Une inconnue dans Bruges déserte ?

J’ignore qui elle est.

Je l’ai invitée dans ma solitude.

Elle vient et, avec elle, Marie, ma femme morte.

Paul, c’est un jeu dangereux.

Tu es un rêveur, tu vois des esprits.

Moi, je vois les choses et les femmes telles qu’elles sont.

Veux-tu régner sur la vie et la mort\h?

Forcer une vivante à jouer la morte\h?

Tu as été trop longtemps seul.

Ton sang proteste contre ce deuil.

Étreins une belle femme, mais laisse les morts reposer\h!

Je veux m’absorber dans le rêve du retour.

Je veux la voir passer cette porte et illuminer cette pièce...

... où flotte encore son noble parfum, où vibre sa douce présence.

Avec elle, c’est Marie, ma morte, qui vient.

Tu t’exaltes pour un fantôme\h!

J’arrive à temps.

Mon ami, tes sentiments profonds t’ont égaré.

Ils doivent aussi te guérir.

Je pars, mais je reviens bientôt.

Le mirage s’évanouira, le brouillard aussi.

Des roses... Parfait\h!

Monsieur, une dame est là...

Et tu ne disais rien\h? Fais-la entrer.

Mais les gens...

Si tu m’aimes, tais-toi et obéis.

Marie ! Une fois encore, je m’abreuverai de tes traits\h!

Je te vois, je te sens\h!

Dieu, rends-la-moi\h!

Merveilleux\h!

Oui ! Ça m’étonne...

J’ignore ce qui m’a attirée ici.

Votre demande était pressante.

Et à présent, pas un merci, pas un bonjour ?

C’est joli ici.

Vous devez être riche.

Et des roses flamboyantes !

Vous restez figé et muet\h? Comme Bruges, ce lieu mort...

On s’y sent oppressé comme dans un caveau.

J’étouffe... Mais on ne m’abattra pas.

Je suis de nature gaie, j’aime le plaisir et le soleil\h!

Le soleil rit dans ses cheveux...

Il éclaire les portraits de belles dames. Les femmes que vous avez aimées\h?

Sa voix argentine, la courbe de ses épaules...

J’enlève ma veste ! Ne suis-je pas belle\h?

Plus belle qu’elles\h?

Tout cela était beau... Vous, vous êtes belle\h!

Mon Dieu, sa robe a la même couleur, la même coupe...

Je conserve ici une parure assortie à votre robe.

Voulez-vous la mettre\h?

Voulez-vous que je sois encore plus belle\h?

Soit\h!

Cette vieille soie est si douce. Elle provoque de délicieux frissons.

Un miroir\h!

Marie !

Marie ?

Je m’appelle Marietta.

Qu’avez-vous\h?

Rien... Pardonnez-moi...

Prenez ceci...

Une vieille partition\h?

Êtes-vous un artiste en quête d’une muse\h?

C’est un air ancien à ce que je vois. - Vous chantez ?

Un peu, mais ce n’est pas mon métier.

Et je préfère les airs tristes.

Peut-être parce que d’ordinaire, je suis exubérante.

Je me lance ?

Écoutez...

Bonheur qui me reste, viens à moi, mon fidèle amour.

La nuit tombe, tu es pour moi la lumière et le jour.

Nos cœurs inquiets palpitent.

L’espoir s’élève vers le ciel.

Quelle chanson triste...

C’est la chanson de l’amour fidèle qui doit mourir.

Qu’avez-vous\h?

Je connais cette chanson.

Je l’ai souvent entendue à une époque plus heureuse.

Il y a encore une strophe.

Est-ce que je la connais encore\h?

Malgré les soucis qui m’accablent, viens près de moi, mon fidèle amour.

Incline ton visage blême, la mort ne nous séparera pas.

Si tu dois un jour me quitter, crois à la résurrection.

Cette bête chanson vous a ensorcelé.

Où traînes-tu donc, belle Marion ? - Voilà une autre chanson.

Je ne t’ai pas embrassée aujourd’hui. - Elle est moins sentimentale.

C’est Gaston. Il chante de façon amusante.

Ce sont mes amis, ils flânent avant la répétition.

Je dois aussi aller au théâtre. - Vous ?

Nous jouons ici. Je suis danseuse.

Danseuse\h? - Oui, monsieur Grincheux.

Je viens de Lille et je danse à Bruges.

Cela vous surprend\h?

Ô danse ! Ô ivresse !

Le désir monte en moi et accélère les battements de mon cœur.

Ma main hésitante et mon pied timide trahissent mon désir avide.

Un démon m’enflamme, me domine, me possède.

La danse s’accélère, j’en ai le tournis.

Mon sang bouillonne, mon désir flambe.

Ô danse ! Ô ivresse !

Mais c’est moi,\hça !

La même chevelure.

Quel rôle me faites-vous jouer\h?

Arrêtez\h!

C’est une morte…

Elle m’avertit…

Vous devez aller répéter, Marietta.

Quelle générosité\h! Il me renvoie…

Oui, je dois aller répéter, cher monsieur.

Je danse dans Robert le diable.

Mon charme s’est vite envolé.

Un autre, plus puissant, opère.

Il est temps. Je dois partir.

Qui m’aime sait où me trouver.

Nous nous reverrons au théâtre.

Ô rêve du retour, ne t’enfuis pas !

Tu es venue, et avec toi, ma femme morte, Marie.

Marietta !

Paul !

Tu es là, Marie... Je le savais !

M’es-tu encore fidèle\h?

Je te suis fidèle. Tu n’as jamais quitté cette pièce.

Je suis partie sans ma chevelure pour cette raison.

Je t’ai laissé le trésor doré que tu aimais tant.

Je le sais\h!

Ma chevelure ne meurt pas. Elle veille dans ta maison.

Notre amour fut, il est et sera.

Éternelle bien-aimée, pourquoi je ne te vois plus\h?

Pourquoi ai-je l’impression de ne plus pouvoir te voir\h?

La vie s’empare de toi. Une autre que moi t’attire.

Il faut que tu le reconnaisses.

Que m’arrive-t-il\h? Je rôde près de chez elle…

... tourmenté par la peur, le désir et le remords.

Taisez-vous, sinistres cloches\h!

Votre son lugubre s’engouffre dans la nuit.

Vous pleuriez ainsi à son enterrement.

À présent, vous tourmentez ma conscience.

Absolvez-moi, confesseurs d’airain\h!

Je goûte des joies amères, un désir cruel.

N’était-ce pas une ombre double\h?

J’ai peur quand ce n’est pas moi qui l’enlace.

Elle n’était pas au théâtre.

Ne pas la voir attise mon désir.

Mais je crains aussi de la voir.

Où allez-vous ?

Frank, c’est toi ?

Tu l’attends\h?

Avec douleur et honte.

Laisse-la\h! - Je n’en peux plus.

Je désirais l’âme de ma morte et j’ai succombé au corps d’une vivante.

Laisse-la\h! - Quel ton étrange !

Tu n’es pas celui qu’il lui faut.

Tu es partagé entre la vie et la mort.

Elle veut l’amour entier et la vie entière.

Celle-ci jaillit par toutes les fenêtres de son corps et de son âme.

Un corps et une âme de pécheresse\h!

Mais elle n’est que vie ardente, et sa beauté exalte la vie.

Elle seule vole autrement qu’en rêve, faisant de nous ses pantins.

Elle danse en se riant du péché.

Elle t’a enivré, toi aussi\h?

Laisse-la\h! Retourne près de ta morte\h!

Je l’attends ici. - Tu n’en as pas le droit.

Et pourquoi pas\h?

Parce que... je l’attends\h!

Toi\h?

J’ai aussi succombé à ses charmes. Si elle te trompe, que ce soit avec moi\h!

Que dis-tu\h? - Va-t’en !

Regarde, elle m’a donné cette clé.

Donne-moi la clé\h!

Je ne suis plus ton ami.

Bouillonne, sang du danseur\h!

Que rien ne te retienne\h!

Rêve et vogue vers Venise\h!

Voici la petite place où habite Marietta.

Magnifique mise en scène\h! Vive Victorin ! - Vive le noble mécène\h!

Pas de grabuge à Bruges ! - La police... - L’art est libre\h!

Mais les fêtes sont sans éclat quand la divine n’y est pas.

Oui, les fêtes sont sans éclat quand la joyeuse séductrice ne vient pas.

L’ensorcelante Marietta !

Entends ma triste litanie !

Avec qui m’a-t-elle trompé aujourd’hui\h?

On ne peut plus dompter son cœur inconstant.

Fidèle et stupide Pierrot ! Ton ami Gaston ne te manque pas ?

Il s’en donne à cœur joie avec elle.

Troublons leurs ébats\h!

À la balade au bord de l’eau succède la douce sérénade.

Écoute, ma beauté, le son argentin du luth.

Tes amants languissent.

Tu conduis la danse au plaisir suprême\h!

Dispense tes tendresses aux tiens, laisse cet importun\h!

Viens nous charmer, donne-toi à tous\h! - Je viens retrouver les miens.

Je laisse l’importun et m’offre à vous tous.

Vive Marietta !

Où étais-tu, Marietta ? - Je me baladais avec Gaston.

Et ton ténébreux ami\h?

J’avais besoin d’air.

Le comte Albert, ami de l’art, nous a régalés.

Que peux-tu faire d’autre, petit comte\h? - Aimer !

Ne t’en prive pas\h! Il y a du champagne.

Vous entrez\h? Non, restons dehors... Tiens, du nouveau\h!

L’art est libre\h!

Elle l’a capturé d’un seul regard. Reviendras-tu nous voir\h?

Échec à Bruges ! Et échec aux sinistres mensonges\h!

Et maintenant, musique\h! Ni trop gaie, ni trop triste.

Une musique qui se balance au clair de lune...

... qui doucement émeut et séduit.

Pierrot, tu sais y faire\h!

Toi, un Allemand du Rhin\h!

Ma reine, votre fidèle Pierrot obéit à vos ordres.

Mes désirs, mes illusions me replongent dans le passé.

J’ai gagné et perdu mon bonheur en dansant.

Quand je dansais au bord du Rhin, deux yeux bleus me fixaient intensément.

Ils imploraient\h: «\hReste, ne pars pas. »

«\hGarde le bonheur paisible en ton pays. »

L’appel du lointain a embrasé mon cœur.

La danse m’a séduit, je suis devenu comédien.

J’ai suivi cet art délicieux et j’ai appris à embrasser en pleurant.

Ivresse, détresse, illusion et bonheur\h: tel est le sort du saltimbanque.

Bravo, Pierrot, tu peux m’embrasser !

Et pour Victorin, une main !

Pour le comte, l’autre main.

Un signe de ma part, et ils accourent\h!

Et pour toi, que reste-t-il\h?

Le cou\h!

Faites de la place !

Me voilà enfin de bonne humeur\h!

Je veux danser !

Le désir monte en moi et m’embrase\h!

Je dois répéter. Dansons ma scène de Robert le diable !

Allons-y\h!

Arrête\h! Non\h!

Tu me fais une scène\h?

Tu m’espionnes\h?

Menteuse dépravée\h!

Sans aucune gêne, tu as commencé une relation avec Frank !

C’est faux\h!

Il me l’a dit, et je lui ai pris cette clé.

Quel droit as-tu sur moi\h?

Je fais ce que je veux.

Prends garde à toi\h!

Tu es grotesque.

Tu m’as avili et tu as trahi mon rêve.

Pars, je ne te retiens pas.

Crois-tu que je t’aimais\h?

Je ne désirais que ta chair et tes caresses.

Je ne t’ai jamais aimée, j’en aime une autre.

Pourtant, elle t’a chassé...

Écoute, ce qui suit va t’anéantir. Apprends mon terrible secret.

En toi, j’embrassais une morte.

Dans tes cheveux, je caressais les siens.

Dans ta voix, j’entendais la sienne.

Quand je t’enlaçais, je sentais sa peau, sa chaleur, son parfum.

C’est elle seule que j’aimais. En toi, j’aimais ma morte\h!

Ce portrait est donc le sien\h?

Ne parle pas d’elle\h!

C’était ma femme. Une sainte !

Tu lui ressembles à s’y méprendre. Tu es son indigne sosie.

Comprends-tu ce que tu étais pour moi\h?

Rien ! L’ombre vide de mon éternelle bien-aimée.

Je te méprise. Tu as souillé ma noble douleur.

J’ai sombré bien bas, mais je me suis ressaisi.

Me voilà délivré, sauvé !

C’est fini entre nous.

Paul, tu souffres.

Malgré tes insultes, j’ai pitié de toi.

Que s’est-il passé\h? Tu exagères.

Les hommes me courent après.

Je suis belle et j’ai le sang chaud.

Je suis jeune\h!

J’aime le plaisir.

Danseuse, j’appartiens au monde entier. Mon art a besoin de cette ivresse.

Que veux-tu, ingrat\h?

Ne t’ai-je pas rendu heureux\h?

Ne suis-je pas à toi\h?

Le parfum de mon corps t’ensorcelle.

Ta main se perd dans mes cheveux.

Oui, ton parfum, tes cheveux...

Tu m’aimes donc encore un peu\h!

Non, c’était juste du désir.

Tu ne veux plus de moi ?

Laisse-moi\h!

J’ai profané les droits de la morte.

Je t’ai tenue éloignée de chez elle.

Mais en venant chez toi, je l’ai profanée.

Et ce que tu m’as donné et m’as promis

a anéanti mon beau rêve.

Tu es aussi lugubre que ces eaux à peine éclairées par la lune pâle.

Les rayons de la lune et du soleil me flattent. - Bruges, je t’ai profanée, et elle aussi\h!

Mais la vie m’a aussi beaucoup donné...

... et je t’offre à présent l’argent de la lune et l’or du soleil\h!

Mon visage, que tu aimes tant, est à toi !

Mes yeux sont à toi, et ma bouche gonflée de désir\h!

Ta bouche !

La voici, prends et bois\h!

Veux-tu toujours me quitter,

me sacrifier à ta morte\h?

Femme envoûtante, tu m’as ensorcelé, tu m’as enivré.

La vie et cet amour te tiennent enchaîné à moi.

Tu as bu l’oubli à mes lèvres. - Ne me quitte pas, je t’aime\h!

Qui embrasses-tu en moi\h?

Toi seule\h!

Quels cheveux caresses-tu\h?

Les tiens\h!

Viens...

Chez toi\h!

Non, pas chez moi.

Je te veux désormais tout entier.

J’irai te voir dans la maison de la morte pour chasser à jamais son fantôme\h!

Je veux aller chez toi, pour la première fois\h!

Où tu voudras.

Abreuve-moi d’oubli\h! - Bois l’oubli dans l’ivresse\h!

C’est toi que je cherche. Il faut que je te parle.

Ne trouble pas notre paix, toi, la morte !

N’entre pas dans la vie. Laisse-nous prendre et donner.

Laisse-nous respirer et vivre, souffrir et désirer.

Laisse-nous les sources et les tempêtes, les soleils et les voluptés !

Laisse-nous l’ivresse bouillonnante du plaisir et de l’amour.

Seigneur bien-aimé, un jour, je serai près de toi.

Protégé par ton amour, je reposerai en paix.

Les enfants se rassemblent pour la procession.

Leurs paroles m’appellent loin de la morte.

Un jour, tu diras\h: «\hViens à moi au royaume des bienheureux...\h»

«\h... pour t’épanouir au ciel comme une magnifique fleur.\h»

Le chant des enfants renforce notre désir de vivre.

Toi, ici\h?

À mon réveil, tu étais parti.

La prière m’a attiré dans les rues.

Je m’ennuyais sans toi.

Je suis descendue rendre visite à ta morte.

Sors d’ici\h!

Ne m’as-tu pas reçue ici la première fois ?

Oui. Mais aujourd’hui, sors d’ici !

Non. D’ici, on voit mieux la procession.

Je t’en conjure... - Tu ne m’accordes rien.

As-tu déjà oublié ta promesse\h?

Tais-toi\h!

Tous ces gens\h! Aujourd’hui, Bruges n’est pas la ville morte.

Attention qu’on ne te voie pas\h! - Tu as toujours honte de moi\h?

J’entrouvre la fenêtre. Cache-toi derrière moi.

Je ne veux plus regarder !

Sois sage et gentille. J’avais oublié les bougies…

Mes désirs, mes illusions me replongent dans le passé.

J’ai gagné et perdu mon bonheur en dansant.

Quand je dansais au bord du Rhin, deux yeux bleus me fixaient intensément.

Pierrot chantait joliment cet air,

lui qui est tout feu tout flamme\h!

La procession ! - Laisse-moi tranquille.

Garde pour toi cette pieuse mascarade.

Quel ennui\h! Reste dans ta loge. Je vais chanter un air.

Tais-toi, Marietta, et reste ici.

Une houle de chasubles dorées.

Et, telles des gouttes de sang, les robes rouges des enfants de chœur.

Le parfum sacré s’échappe des encensoirs.

Le flot bigarré est enivrant.

Sous un dais, l’évêque porte la châsse dorée.

Une petite cathédrale ornée de pierres précieuses.

La piété emplit les rues.

La frénésie de la foi pousse tout le monde à s’agenouiller.

Comme tu es pieux\h!

Qui t’aime doit te partager avec les morts et les saints.

Mais je te veux tout entier ou pas du tout.

Oublie la procession et viens près de moi.

Je serai gentille.

L’extase te rend beau.

Embrasse-moi.

Pas maintenant, pas ici. - Précisément ici et maintenant\h!

La procession entre dans la pièce et nous menace\h!

Quelle terrible vision\h! Laisse-moi\h!

La moisissure de cette pièce et ta superstition te font voir des fantômes.

De la superstition ? Non !

Je crois en la fidélité, au sacrement éternel de l’amour.

Cette foi est sacrée.

Elle emplit cette pièce d’un rêve heureux.

Pleurant sa perte, je me prosterne devant un autel invisible.

Encore la morte\h! Tu m’humilies\h!

Elle dort et ne connaît ni l’infidélité ni l’amour.

Mais moi, je vis et je ressens l’humiliation.

Je me suis donnée à toi, mais elle, elle était ta femme.

Elle vivait à l’abri. Moi, piétinée et bafouée, je viens de la rue\h!

Le premier homme qui m’a appris l’amour m’a détruite.

J’ai lutté, osé, gagné, perdu, je me suis élevée à force de batailler.

J’ai serré les dents et échappé à un enfer.

Au prix de rudes efforts, j’ai ouvert la porte de la vie.

J’ai commencé à croire en moi.

Une morte peut-elle me prendre tout cela\h?

Elle était pure. Ne te compare pas à elle.

Hypocrite !

Tantôt, tu révérais encore mon vice sans penser à sa pureté.

Je te ferai retomber à mes pieds, toi qui me traites d’impure.

Tais-toi et va-t’en\h! - Tu désires des nuits de plaisirs interdits.

Tu me partages avec ton ami, avec le premier venu qui me plaît.

Femme impure, sors de ce lieu sacré\h!

Fou !

M’incliner devant elle\h?

Jamais !

Je lutterai avec elle, de femme à femme.

La vie contre la mort\h!

Ne suis-je pas belle\h? Mon art ne me rend-il pas puissante\h?

Ne suis-je pas supérieure au pâle reflet de ce qui était\h?

Va-t’en !

Par quel charme te retient-elle ?

Je vais le vaincre, je le jure\h!

Et ça, c’est quoi ?

Ne touche pas\h!

C’est sacré.

Ses cheveux ?

Bien sûr !

Laisse-moi comparer :

ceux-ci sont morts et sans éclat.

Les miens ne sont-ils pas plus doux, plus soyeux\h?

Prends garde !

Ne profane pas mon sanctuaire\h!

Ce colifichet inerte, un sanctuaire\h?

Tu divagues\h!

Rends-moi cette chevelure\h! Elle veille et menace...

Tu me l’offres\h?

Ce trésor qu’elle m’a laissé veille dans ma maison et réclame vengeance\h!

Prends garde\h!

Je danse le dernier flamboiement de l’amour !

Le dernier baiser\h!

Donne-moi ça ou meurs\h!

Tu me fais mal\h! Tu es fou\h!

À présent, elle lui ressemble tout à fait\h!

Ne gisait-elle pas là, défigurée, le regard éteint\h?

Sa chevelure intacte brille comme autrefois.

Que m’arrive-t-il\h? Que s’est-il passé\h?

Qu’ai-je vu ?

La dame de tout à l’heure est revenue.

Brigitta, toujours aimante et fidèle...

Me revoilà. J’ai oublié mon parapluie et mes roses.

C’est sûrement un signe que je devrais rester.

C’était donc cela le miracle\h?

Je le vois dans tes yeux.

C’en est fini.

Mon ami, je ne la reverrai pas.

Un rêve d’une amère réalité a détruit le rêve de l’imagination.

Les morts envoient ce genre de rêves quand nous vivons trop avec eux et en eux.

Jusqu’où notre deuil doit-il et peut-il aller sans nous couper du monde\h?

Cruel dilemme du sentiment...

Je repars en voyage.

Veux-tu venir avec moi\h?

Loin de cette ville de la mort ?

Je veux... Je veux essayer.

Bonheur qui me restait, adieu, mon fidèle amour.

La vie nous sépare de la mort : terrible loi !

Attends-moi au ciel. Il n’est point de résurrection ici-bas.

Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.