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Le trajet de Noël

- Salut, papa.

- Ma fille préférée du monde entier !

- Ta seule fille.

- Je maintiens ce que j'ai dit.

- Comment ça va ?

- Ça va. Joyeux Noël ! - Joyeux Noël.

Je suis tellement contente !

J'ai reçu ton cadeau.

- Ah oui ? - Mh-mh.

- Ah, bien. Je m'inquiétais.

Tu sais, la poste, à cette période de l'année,

c'est un coup de poker.

- Tu as reçu le mien ?

- Oui, oui. J'ai vraiment hâte.

- Oui. - J'ai dû attendre.

- Ce ne sont que les premiers.

Il y en a un plus gros qui doit arriver demain.

- Vraiment ?

- Ce ne sont pas les meilleurs cadeaux.

Ne perds pas espoir. Il y a encore demain.

- D'accord.

Mais c'est quoi ?

- Le gros cadeau ? - Oui.

- C'est un secret.

- Je hais les secrets.

- Je serais quel genre de père Noël

si je te disais ce que c'était ?

Tu dois attendre.

- D'accord. L'an dernier, c'est moi qui ai commencé, non ?

Cette année, c'est toi qui ouvres en premier.

- Tu as bien emballé tout ça.

- Tu sais quoi ? Je me suis entraîné toute l'année.

Et crois-moi, les commentaires étaient horribles.

- Ça me va bien ? - Très mignon, oui.

Oui, très bien.

- Oh, c'est tellement chouette !

Voyons voir.

Oh, ça a l'air confortable.

- Oui, hein ?

Bon, à mon tour.

- Oui oui oui oui oui oui !

- Voyons voir, je veux...

Oh, regardez-moi ça !

Tu parles d'un emballage !

- Je sais, je sais, je sais.

- Bon, c'est pas de l'argent.

- Non, clairement pas.

- Et on a un... Oh, regardez-moi ça.

On a une tasse de moitié de père Noël.

- Oh.

- J'adore.

Oh, c'est mignon.

- Père Noël en pantalon sexy.

- Oui, exactement. Père Noël en pantalon sexy.

Très chouette, ma chérie. Merci.

Bon, à toi.

- D'accord, euh...

Voyons voir... Le cylindrique.

- Mh-mh.

Tu ne devineras jamais.

- Jamais ? D'accord. - Jamais.

- Je vais essayer. Une carte.

Une... - Non.

- Oh, un télescope !

- Exactement ! Pour que tu puisses voir où tu vas.

- Qui sait où je vais ?

- Qui peut le savoir ?

- Personne, je crois.

Oh, j'adore.

Oui. Merci, papa, j'en avais besoin.

- Merci.

Je me suis dit que pour la voiture...

Chaud ou froid, ça conserve ça comme il faut.

Très chaud, très froid, peu importe.

- J'adore.

- Dis-moi, c'est bien ta couleur préférée, hein ?

- Oui, c'est vert.

- Voilà.

Bon, à mon tour.

- Oui. - Oh, il y a un nœud !

- Oui, c'est tellement mignon !

- Voilà. - On est jumeaux, maintenant.

- Merci.

On est toujours amis.

Bon, c'est mieux fait, ça.

- Merci.

- Ça va.

- Le premier, c'était un essai.

- Tu sais, tu as une moitié de père Noël,

c'est assez difficile à emballer.

Bon, et qu'avons-nous...

Une boîte.

Et...

Oh, elle fait du bruit !

- Mhmh.

- Hé bien, chérie, qu'est-ce que c'est ?

Quoi ?

- C'est pour que tu puisses être joli !

Un joli arbre de Noël.

- Vraiment ? - Oui, enfile-le !

- D'accord. On va... oh, désolé.

Il va falloir améliorer ça. - Oui.

Oh, c'est tellement beau.

- Oui, hein ? Allez.

- Allez, mettons-le.

- Peut-être que si ça s'allumait, ça serait...

- Oh, tu sais,

j'aurais dû prendre celui qui coûtait plus cher.

- Non, pas la peine. C'est...

Crois-moi, c'est plus qu'assez.

- D'accord.

Joyeux Noël.

- Joyeux Noël.

- Ça fait beaucoup d'emballages.

- Mh-mh. C'est très spécial,

alors je voulais être sûr que ce soit bien emballé.

- C'est à maman ?

- Oui. Oui.

Je triais des affaires quand j'ai trouvé ça.

C'était l'une de ses chemises préférées.

- J'ai vu toutes les photos où elle la porte,

dans les années 1990, quelque chose comme ça.

- Mh-mh, oui, au Moyen Âge.

Prends-la.

- Je l'adore.

- Mh. - Elle est tout abîmée.

- Oui.

- Merci, papa.

- Je t'en prie.

Mélange pour brownie au chocolat.

- C'est ton préféré.

- Oui.

- Comme je suis pas là pour t'aider à cuisiner,

j'ai pensé que ça te rendrait les choses plus simples.

- Alors laisse-moi te dire que mes talents culinaires

se sont largement améliorés au fil des ans.

- Oh, vraiment ?

- Oui, vraiment.

- Mh-mh.

- Absolument.

- Comment ça ? Tu as fait un truc de spécial récemment ?

- Hé bien, oui, en fait. - Oh ?

- Oui. - Mh-mh.

- J'ai invité ma merveilleuse amie

et j'ai préparé un repas vraiment délicieux.

- Oh.

- Et c'était absolument et fantastiquement horrible,

car ça avait brûlé.

J'ai eu un point pour l'effort,

mais la réalisation, c'était zéro.

- Au moins, tu as essayé.

Tu as réussi.

- Oh ça oui, on a réussi...

Bon, tu sais...

Bon, crois-moi...

Maman cuisinait. Elle était incroyable.

- Oui. - Tu sais ?

On pourrait penser qu'après toutes ces années,

j'aurais réussi à apprendre quelque chose

de son génie de l'improvisation,

mais apparemment, je n'ai pas les compétences pour.

Je ne sais pas. Donc on a juste mangé des restes,

et elle m'a pardonné.

Au moins je ne l'ai pas empoisonnée, c'est déjà ça.

- Oui, elle est encore là.

- Oui, elle est encore là.

Elle traîne toujours ici.

Je l'aime bien, mon poussin.

- J'ai hâte de la rencontrer.

- Moi aussi. Moi aussi.

Ça a été... on a passé six bons mois.

J'apprécie ton aide en cette période.

- Bien entendu.

Toutes les bonnes choses de la vie font peur au début.

- Oui, comme quand tu es partie en Floride,

faisant face à tes peurs...

Bon, je crois que tu n'as jamais vraiment eu peur.

Enfant, tu étais intrépide.

Tu fonçais tête la première, à 100%.

Tout ce que tu voulais faire, bam ! Tu le faisais.

Alors, quel est ton projet pour Noël,

en-dehors de ces incroyables cadeaux que je t'ai offerts ?

- Je t'en prie.

- Je t'en prie.

- Euh, mon plan ?

En fait, je viens juste de recevoir une notification,

la nuit dernière, qui dit qu'il y a une hausse des prix

et que plein de gens veulent faire un tour. Forte demande.

Donc je me suis dit que j'allais prendre quelques personnes

pour me faire quelques sous de plus.

- Vraiment ? - Faire la luge du Père Noël.

- Quoi, tu veux travailler aujourd'hui ?

- Oui.

- Mais c'est censé être un jour de congé pour tout le monde.

Le seul.

- Bon, je sais pas.

Je suis toujours restée à la maison pour Noël.

Je ne suis jamais vraiment sortie.

- Oui.

- Mais je sais pas. J'ai déjà passé du temps avec toi.

J'ai l'impression que c'est comme ça : je te vois toi,

et après, il n'y a plus vraiment personne d'autre

avec qui passer du temps.

Alors je vais peut-être répandre la bonne humeur,

me faire quelques amis, aider des gens.

- D'accord.

- Bon, c'était chouette d'avoir de tes nouvelles, papa.

- Ça fait toujours du bien d'avoir des tiennes, chérie.

Je vais porter ça toute la journée et...

- Ça te va bien !

- Je sais. Tu sais, le rouge, c'est ma couleur.

Bon, je pense que je vais bien manger,

boire du chocolat chaud, et me reposer.

Et après, probablement aller pelleter,

parce qu'il neige toujours.

Hé, je t'aime, sois prudente.

Fais de bons choix.

- Je t'aime aussi, papa. - Bien, poussin.

- Je ferai de mon mieux.

- Bon, il faut que je trouve comment éteindre ça...

- Je vais m'en occuper. Je t'aime.

- Je t'aime plus ! Salut.

Votre journée est ce que vous en faites !

- Bonjour, baie de Tampa ! C'est Noël aujourd'hui !

Wouhou, Noël ! Préparez le chocolat chaud !

Je souhaite prendre un instant

pour remercier tous nos policiers, nos infirmiers,

nos docteurs, nos ambulanciers et nos pompistes.

Même les taxis sont de sortie aujourd'hui.

Alors si vous buvez ce soir, appelez votre taxi

pour que tout le monde rentre vivant. Soyez prudents.

Passez tous de bonnes vacances,

et appelez quelqu'un que vous aimez aujourd'hui.

Je suis sûr que ça leur fera vraiment...

- Salut ! - Bonjour.

- Salut. C'est Georgia, c'est ça ?

- Oui, oui. - Bien sûr.

- Joyeux Noël ! - Merci.

- Passe-moi ton sac, chérie. - D'accord.

- Don ? - Oui, Don et Nancy.

- D'accord, enchantée. - Enchantée.

Oh, le temps est vraiment magnifique.

- Oui, un peu chaud. - J'arrive pas à y croire.

Je crois qu'on n'est jamais allés dans un endroit chaud,

vraiment chaud, pour Noël.

- On dirait que non, en effet.

- Vous restez à New York... Euh, dans le New Jersey ?

- Hé bien, euh. - Oui, par là.

- Don est militaire.

On a dû fêter Noël dans 10 endroits différents

au fil des ans.

- Oh, waouh !

- Oui. - Oui, sacré chemin.

Oh, tu te souviens du premier Noël de Jeremy

avec le Père Noël ?

- On l'a emmené voir le Père Noël quand il avait trois mois.

Il ne pouvait pas vraiment rester assis.

Donc on l'a mis sur les genoux du Père Noël,

qui le maintenait droit, en quelques sortes.

Et lui, il s'est accroché à la barbe du Père Noël

et a commencé à tirer dessus !

Tout le monde riait, dans la queue.

Le Père Noël était là, à essayer de tenir le bébé

tout en gardant sa barbe.

C'était à mourir de rire.

- Le cauchemar !

- Vous devriez voir la photo.

Elle est tellement chouette.

On a passé de bons moments.

On vivait en Allemagne.

- Je parie que ça ressemblait à un livre d'histoires.

J'ai l'impression que c'est là que Noël a été inventé.

- Magnifique.

Ça ressemble vraiment à ce qu'on imagine.

Un petit village, avec des maisons qui ressemblent vraiment

à celles des contes de fée.

- Oh ! - Des rues pavées.

- Oui, et il y a une place appelée la Marktplatz.

Et à Noël, ils ont un marché Kris Kringle,

avec plein de vendeurs,

et on a les orteils qui gèlent,

mais on peut boire du Gluhwein,

et ça réchauffe jusqu'au bout des pieds.

- C'est du vin chaud ? - Oui, du vin épicé.

- Très bon.

- Oh, d'accord. - Très bon.

Oh, cette voiture est tellement festive ! J'adore.

- Merci.

- Oh, on dirait que c'est Noël.

- Oui, hein ? - Oui.

- C'est la luge aujourd'hui.

- Et vous devez travailler le jour de Noël.

- Au moins, ce n'est pas mon boulot quotidien.

D'habitude, je travaille avec des enfants.

Donc je me suis dit que ça serait sympa

de parler à de vrais adultes

et d'aider des gens.

- Oui, et vous pourriez faire la fête toute la journée

avec tout le monde. - Voilà.

C'est chouette de parler à des adultes

et d'aider les gens en chemin vers Noël.

- Oh, c'est chouette, oui.

- Oh, oui, merci beaucoup.

C'était très amusant.

- Et joyeux Noël à vous. - Oui, oui.

- Oh, merci.

♪ Noël, Noël ♪

♪ Noël, Noël ♪

♪ Il est né, le roi d'Israël ♪

Génial, alors, Hanukkah, c'est ça qu'on fête ?

- Hanukkah, oui. - D'accord.

- Oui, ma sœur faisait une soirée latkes.

- Latkes ? - Latkes, oui. Patates frites.

Des galettes de pommes de terre frites.

- Ça a l'air bon. S'il y a des patates, je prends !

- Oui, qui n'aime pas les patates frites ?

- J'ai mis toutes mes décorations de Noël, j'espère que...

- Ben, oui, c'est Noël, donc...

Je m'attends pas à ce que le monde entier s'y mette, quoi.

- Et si je mettais une étoile de David ?

Un peu de représentation, ça serait chouette.

- D'accord. - Je n'y avais même pas pensé.

Oh, c'est génial.

Alors, euh... Ça a déjà commencé, ou c'est aujourd'hui ?

- Oui, c'est le... c'est quoi, aujourd'hui ?

C'est le quatrième. La quatrième nuit.

- Oh, d'accord, donc vous êtes à mi-chemin.

- Oui, on en est à la moitié, oui.

- D'accord. Donc c'est huit.

Est-ce que... vous avez...

D'accord, donc vous avez huit jours.

- Huit jours, oui.

- Et il y a une fête tous les jours ?

- Non.

On allume les bougies chaque nuit. C'est la menorah.

Et chaque nuit, on allume une nouvelle bougie,

jusqu'à ce que, la huitième nuit,

toutes les bougies soient allumées.

- Mettre le feu, comme disent les jeunes.

- C'est ça ! Quoi, quoi ?

- C'est génial.

- Dit une bonne petite prière et craque une allumette.

- D'accord. Et vous avez des cadeaux ?

- Oui, on a des cadeaux. - D'accord.

- Pas grand chose, tu sais, c'est pas...

Mais quand j'étais petite,

mes amis trouvaient que c'était génial d'avoir des cadeaux,

parce que j'en avais huit. "Tu as eu huit cadeaux ?"

Et je répondais : "Oui, mais bon, c'est des chaussettes".

- Oh non, c'est horrible !

- Ou une nouvelle trousse pour l'école. Super pratique.

- Quoi ?

- C'est comme les cadeaux que dans vos chaussettes,

sauf que nous, c'est réparti sur huit nuits.

Et l'une de ces nuits,

on peut parfois avoir un truc plus sympa,

un vélo ou un gros cadeau comme ça.

- Oh non ! D'accord.

- Mais voilà, c'est pas... On n'est pas couverts de cadeaux.

- Oui, vous avez pas décroché le gros lot des fêtes.

- Non, non, c'est pas... voilà.

- Est-ce que... Vous n'aimez pas trop Noël ?

- Hé ben, euh... bon.

Hanukkah, c'est pas...

Tout le monde voit ça comme le Noël juif,

mais c'est... c'est pas ça.

- Oh, donc c'est pas si important que ça ?

- Ben c'est...

On en fait quelque chose d'important, parce que...

En immigrant aux États-Unis,

les familles ont vu tous les enfants chrétiens fêter Noël.

- D'accord.

- Et les adultes voulaient s'intégrer,

se fondre à la population.

Ils ne voulaient pas se sentir différents des autres.

Donc ils ont pris Hanukkah, en quelques sortes,

et en ont fait le Noël juif. - Oh, d'accord.

- Donc ça donnait l'impression que commercialement...

- Ça se compare.

-... on était aussi avides que tout le monde.

- Oui, ça fait vendre. On est aux États-Unis.

- Donc c'est pas, oui, c'est pas... Mais c'est un miracle.

C'est une fête du miracle,

mais c'est pas l'une des fêtes principales, comme on dit.

- D'accord.

♪ Cloches d'argent ♪

♪ C'est Noël à Tampa ♪

♪ Ring-A-Ling, entendez-les sonner ♪

♪ Bientôt, je vais aller chercher quelqu'un ♪

Shannon ?

- Oui, bonjour.

- Bonjour, c'est Georgia, oui.

- Salut. - Salut, vous !

- Oh, joli déguisement.

- Oh, joyeux Noël. - Joyeux Noël.

- J'adore vos cheveux, Georgia.

- Les miens ? - Oui.

- Oui, oh, oui, c'est moi. - C'est très festif, oui.

- Alors, vous aimez Noël ? - Oh, on adore Noël.

C'est un élément essentiel de notre relation.

- Oui, oh mon Dieu, on s'est rencontrés à Noël, c'est...

- Non ? - Si ! La veille de Noël.

- Comment on peut se rencontrer à Noël ? Lors d'une soirée ?

- Dans un aéroport.

- Oh, c'est romantique.

- En fait, moi, je trouve ça très romantique, vous savez.

- Ça l'était. On aurait pu être n'importe où.

- En fait, on s'est fiancés tout juste hier.

- Vraiment ?

- Oui, le matin de la veille de Noël.

- Oh, waouh. Waouh. - Oui, oui.

Juste ici. - Une seconde.

- Oh, j'ai fait ça au mauvais moment.

- Oui, oui, désolé, désolé.

- C'est magnifique. - Merci.

- En fait, on va l'annoncer à des amis...

Aucun ne sait, pour l'instant.

- Ils ne sont pas au courant ? - Non.

- Non, pas encore, ça va être la surprise.

- C'est trop bien !

- Je pense même pas qu'ils s'y attendent, honnêtement.

- Ah bon ? T'en as parlé à personne ?

- Non. On avait décidé de rien dire à personne, non ?

- Oui, c'est vrai. Mais pendant que tu planifiais ça ?

Mais je... ohlala, j'ai tellement hâte de voir leurs têtes !

- Je sais, moi aussi !

Ils vont être...

Ils vont être choqués !

- Et si vous vous mariiez à Noël ?

- La seule chose qui nous dérange,

par rapport à un mariage à Noël,

c'est que nos familles vivent dans des États différents.

- Oui. - Oh.

- Et on pense aux frais de déplacements pour nos familles

en pleine période de Noël.

- Oui.

- Personnellement, je préférerais un mariage

qui ne soit pas sur le thème de Noël

mais auquel toute notre famille puisse assister, tu vois ?

- Oui, bien sûr. C'est une très bonne idée.

On pourrait même faire un truc du style "Noël en juillet"

si on y tenait vraiment. Ça pourrait être marrant.

- Ça serait drôle.

- Oui. On serait clairement les premiers à faire ça.

- Absolument.

- Mais, euh, oui, je veux vraiment que sa famille soit là,

sa sœur et ses enfants.

- C'est ma demoiselle d'honneur, il faut qu'elle soit là.

- Oui, et, euh... - Et ta mère.

- Oui, ma mère.

- Elle va péter un câble si elle peut pas venir.

- Et mes 50 cousins.

La famille, c'est important dans notre vie.

On espère avoir une grande famille aussi, un jour.

- J'ai trop hâte d'annoncer ça à tout le monde ce soir !

- Moi aussi, j'ai hâte. Je suis un peu nerveux.

Tu es nerveuse ? - Ben, oui.

Même si je pense qu'ils vont juste nous hurler "enfin !"

plus qu'autre chose.

- Je pense aussi, oui, honnêtement.

- Super. - Passez une bonne soirée !

- Oh, merci beaucoup. - Merci.

- Cadeaux de départ. - Merci.

- Oh, c'est très gentil de ta part.

- Joyeux Noël. - Oh, joyeux Noël.

♪ Vous connaissez Tornade, Danseur, Furie et Éclair, ♪

♪ Comète, Cupidon, Tonnerre et Fringant, ♪

♪ Mais vous souvenez-vous du renne le plus célèbre ? ♪

- Joyeux Noël.

- Oh, joyeux Noël ! Alors, vous allez où ?

- Ah, on va au parc d'attraction, c'est ça, mec ?

- Oui. - Oh.

- Tu sais, en Floride, c'est là qu'est toute l'action.

- Oh, c'est vrai.

- Même si j'y suis allé bien trop souvent.

- C'est marrant.

- Tu y es allée ? - Oui, j'adore.

- Ah. J'ai peur des montagnes russes, alors on verra.

- Oh non, c'est le plus... d'accord.

- Mais ça va,

je lui ai dit qu'ils avaient aussi des animaux là-bas.

- Oui, oui, ils ont des animaux.

Et il y a un parcours sur l'eau aussi, je crois.

- Oh, super. J'adore ça.

- Génial. - Tu es d'ici ?

- Oui. Enfin, je suis d'ici maintenant,

mais à l'origine, je suis de New York.

Je suis venue m'installer ici il y a deux ans.

- Ah ? Qu'est-ce qui t'a amenée ici ?

- Hé bien...

Sans vouloir entrer dans les détails, un homme.

Et ça n'a pas marché, cela va sans dire.

Je pense que le déménagement, c'était beaucoup de stress,

et après, on était seuls tous les deux,

donc c'était beaucoup de pression.

- Oui, j'imagine, quand on n'est plus que deux

et qu'on doit être le meilleur ami l'un de l'autre

et tout le reste... - Oui.

- Et, oui, ça fait un peu beaucoup.

Toute votre famille est à New York ?

- Oui, mon père. Mon père est à New York.

- Ah.

- On se parle au moins une fois par semaine,

mais bon, c'est pas pareil.

- Non, non, pas du tout.

- C'est mieux que rien, quand même.

- C'est vrai, c'est vrai. Au moins, on est proches.

- On va s'amuser aujourd'hui, frère. Je te le dis.

- Oui, j'espère bien.

- Aujourd'hui, ça va être notre meilleur voyage

de ces cinq derniers Noël.

- C'est précis. Pourquoi cinq ?

- Ben, chaque année.

- Tu sais, le climat, et puis on a eu quelques problèmes

au cours des dernières années,

des trucs drôles, rien entre nous.

Mais bon, tu sais comment c'est,

quand deux mecs se retrouvent et s'amusent un peu trop.

- C'est pour ça que vous prenez le taxi. D'accord, je vois.

- Oui, c'est pour ça, oui.

On va retrouver 10 de nos potes là-bas.

- Ça fait un gros groupe. - Oui, oui.

- Oui. Avant, on était plus nombreux, mais...

- Oui, vous savez, la vie...

Parfois, ils ne peuvent pas venir tous les ans,

pour des raisons personnelles ou autres.

- Ils se marient, ou passent à autre chose dans la vie.

- Oui. Et donc vous êtes tous juste amis ?

- Oui. - Vous êtes tous d'ici ?

- Oui, on sort ensemble.

- Oh, je voulais pas savoir !

Vous êtes beaux et manucurés, alors...

- Oh. Elle essaie vraiment d'obtenir un pourboire.

- Oui, c'est clair. On voit clair dans ton jeu !

Non, on se connaît tous depuis la fac.

- Oh, d'accord. C'est logique.

Donc vous êtes tous de Tampa ?

- Non. - Non, d'un peu partout.

- Mais lui, oui. Enfin, il est du coin.

- D'accord.

- Je m'habituerai jamais au froid.

- Oui, vous vous êtes acclimaté. Votre sang est plus fluide,

ou un truc comme ça, et maintenant, vous êtes floridien.

- Oui. - Oui.

- Vous avez toujours été ici, ou bien ?

- À l'origine, je viens de Boston.

- Oh, waouh, d'accord.

Donc oui, vous vous êtes adapté au climat de la Floride.

- Je suis venu ici

et je me suis dit que toute l'action était là.

C'est un super endroit où vivre.

C'est comme des vacances de printemps toute l'année.

C'est très reposant.

- C'est génial. - Oui, absolument.

C'est pas comme le Nord-est, ça c'est sûr.

Les gens sont amicaux.

C'est... il fait chaud.

C'est vraiment le climat qui fait tout. Je comprends.

Quand le temps est morose, quand on a froid,

ça rend la vie un petit peu plus difficile.

- Oui. Et vous êtes d'où ?

- Moi ? Oh, d'un peu partout. - Oui ?

- Ohlala... je suis né à LA.

Ma mère vient d'Allemagne, et mon père de Philadelphie.

Ils ont vécu un peu partout, donc voilà.

- C'est fou.

- J'aime l'aventure, et voyager.

Et j'aime surfer, donc je suis parti au Costa Rica un jour,

et je suis jamais vraiment revenu.

- Mec, je sais que tu as déménagé genre quatre fois

depuis que je t'ai rencontré. Tu restes pas en place.

- Oh, tu sais, je sais pas, j'aime le changement.

♪ Vive le vent, vive le vent, vive le vent d'hiver ♪

♪ Qui s'en va, sifflant soufflant, ♪

♪ dans les grands sapins verts ♪

♪ Vive le temps, vive le temps, vive le temps d'hiver ♪

♪ Boules de neige et jour de l'an ♪

♪ Et bonne année grand-mère. ♪

- J'ai trop hâte.

- Moi aussi ! On va voir les animaux. Ça va être génial.

- Oui, ils seront dehors, parce qu'ils sont bien au frais.

- Parfait. - Voilà.

- Hé bien, merci beaucoup.

- Super, passez une bonne journée, les gars.

- Merci beaucoup. - Vous aussi ! Joyeux Noël.

- Merci. Oh, avant de partir, un cadeau !

- Oh, merci. - Restez au frais.

- Oui, on va faire ça. Prenez soin de vous.

- Bonnes fêtes. - Bonne journée.

- C'est une bonne soirée, mec. - Oui.

- C'était super bien.

♪ Les cloches du traîneau tintent ♪

♪ Écoutes-tu ? ♪

♪ Dans l'allée, la neige scintille ♪

♪ Quelle belle vue, nous sommes heureux ce soir ♪

♪ Marchant dans un merveilleux paysage d'hiver ♪

Comment ça va ce soir ? - Ça va. Et vous ?

- Plutôt bien.

- Super.

- Vous allez à un endroit précis ?

- Euh, oui, je vais sortir boire un verre ou deux

avec ma petite dame.

- Oh, c'est mignon.

- J'ai été très occupé dernièrement.

- Vraiment ? - Oui.

- Vous travaillez dur ?

- Oui. J'étais dehors tard hier soir.

Oui, oui.

J'imagine que vous êtes occupée en cette période.

- Oh, pour récupérer les gens ?

- Oui.

- C'est un travail en plus.

Mais oui, j'ai pas mal de boulot aujourd'hui.

Je suis surprise par le nombre de gens qui circulent dehors

le jour de Noël.

- Je ne sais pas ce qu'il y a après Noël.

On desserre un peu la ceinture.

- Généralement, les gens restent chez eux en famille, non ?

- Les familles, c'est plus ce que c'était.

- C'est vrai.

- Il y a beaucoup de grandes familles,

et parfois, on a plus d'une seule famille.

- C'est vrai.

Bien vu.

- La mienne est dans le nord.

- Oh, vraiment ? - Oui.

- C'est de là que vous êtes ?

- Oui, je viens du nord.

- Oh, mh.

- C'est drôle d'être ici et de pas avoir de neige à Noël.

- Oui, ça semble pas aussi festif.

Je suis de New York, donc oui, je comprends.

- Oh, oui.

Bel endroit. Je m'y arrête une ou deux fois l'an, oui.

- Oui ?

Mh.

C'est quoi, votre travail ? Vous faites quoi ?

- Euh... Je suis une sorte d'ambassadeur, vous voyez ?

- D'accord.

- Une sorte de porte parole.

- Oh.

- Je travaille beaucoup avec les jeunes et les enfants,

tout ça.

- C'est vraiment important, oui. C'est vraiment bien.

- Oui, j'adore ça, c'est clair.

- On dit que si on fait ce qu'on aime,

on n'a pas à travailler un seul jour dans sa vie.

- C'est bien vrai.

- Je travaille avec les enfants aussi.

Je travaille dans un magasin pour enfants, en fait.

- Oh, c'est génial.

- Donc c'est assez sympa de parler à un grand enfant,

ou à un adulte. - Oui.

Je suis rien d'autre qu'un grand enfant.

Ou un grand elfe, selon certains.

- Oui ! Aujourd'hui,

je me considère comme un petit serviteur du père Noël,

à conduire ma petite luge çà et là.

- Le père Noël a besoin de toute l'aide disponible, promis.

- J'imagine bien !

Vous avez des choses de prévues pour aujourd'hui ?

- Oui, je suis en route pour aller voir mon copain

et sa famille.

- Oh, la famille ?

- Oui. - Oh mon Dieu.

C'est la première fois que vous les rencontrez ?

- Oui, c'est ça.

J'ai hâte. Ça fait deux ans, et cette année,

on voulait que Noël soit vraiment spécial.

Donc tout le monde va être là, et je suis nerveuse.

- Je suis sûre que s'il est avec vous depuis si longtemps,

c'est qu'il vous aime assez pour vous présenter la famille.

- J'espère bien.

- C'est génial.

- Oui.

Vous avez quelqu'un ?

- Oh, non. Je...

J'avais quelqu'un, mais nos vies ne s'accordaient pas.

J'ai simplement... Je pense que c'est mieux comme ça.

J'ai mes colocataires,

même s'ils sont aussi absents en ce moment.

C'est sympa de ramasser des gens et de voir des visages.

- Oui, c'est réjouissant, clairement.

- Oui, une petite luge du père Noël.

- Oui, avec votre chapeau de père Noël et vos cheveux verts,

c'est comme le Grinch, mais c'est Noël.

- Et mon cœur a tant grandi.

Je suis prête à le partager. - Moi aussi.

- Oui, je lui ai dit que je l'aimais.

Elle m'a quittée.

- Zut, c'est dur.

- Oui.

Et vous savez ce qui m'énerve vraiment ?

Elle était censée rencontrer ma famille aujourd'hui

pour la première fois.

- Pourquoi est-ce qu'à chaque fois que ça semble marcher,

qu'on arrive à construire quelque chose,

ça s'effondre ?

- Oui. J'avais tellement hâte,

car c'était la première fois que j'avais une copine à Noël

depuis peut-être six ans.

- Zut.

- Et ma famille, ils allaient lui faire un repas spécial,

car je lui avais dit...

J'avais dit à ma mère qu'elle adorait le poulet farci.

Donc ma mère prépare un poulet farci

pour la copine qui ne sera même pas là.

Qu'est-ce que je suis censée dire ?

- Oui, c'est assez embarrassant.

- Qu'est-ce que vous diriez, si c'était vous ?

- Je serais honnête,

et j'espérerais que, je sais pas...

Qu'être avec les gens qui m'aiment allégerait ma peine.

- Noël, c'est pas la période la plus joyeuse en ce moment.

- Pas toujours.

- C'est si étrange, Noël.

À chaque fois, on dépense de l'argent pour tout le monde,

alors qu'on pourrait plutôt passer du temps ensemble.

L'idée de Noël, c'est de célébrer la joie, le bonheur, et...

♪ Une tasse de chocolat chaud ♪

♪ Le deuxième jour de Noël, mon véritable amour m'a donné... ♪

- Je peux pas me le permettre.

Comment apprécier les vacances si je peux même pas...

- Mon téléphone ! Oh mon Dieu, il va me lâcher.

Hé, excusez-moi, vous avez un chargeur ?

Je... je me sens tellement...

- Enjouée ! Oh mon Dieu, il était tellement gentil.

J'étais tellement impressionnée. C'était le vrai père Noël.

- Le consumérisme bat son plein.

J'arrive pas à croire ces gosses.

Ils ont tellement de jouets.

C'est ridicule, la façon dont ils amassent tout constamment.

Ils supplient pour avoir des choses,

ils vont voir leur mère et leur père et disent :

"Le père Noël va m'amener plein de trucs cette année.

"S'il te plaît, s'il te plaît, s'il te plaît.

"J'en veux, j'en veux plus, plus, plus".

Ensuite, ils grandissent, puis ils ont des enfants,

et ces enfants veulent plus, plus, plus.

C'est sans fin.

- Salut. - Salut.

- D'accord.

Bon, vous allez où, alors ? - Euh, juste à la maison.

- Oh, pardon, la sécurité passe avant tout.

- Vous êtes mariée ?

- Oh, non, pas du tout.

En fait, je sors juste d'une relation.

- Oh.

- Et vous ?

- Non.

Je, euh... Je sors tout juste de, euh...

Enfin pas tout juste, mais...

- C'est dur.

- Oui.

Oui, j'ai eu un fils.

- Oh.

Je peux pas imaginer.

Je suis vraiment désolée.

- Oui.

- Est-ce qu'au moins vous pouvez le voir ou autre ?

- Non.

Non, pas autant que...

Pas autant que j'aimerais.

- Je suis désolée d'entendre ça.

Vous savez, euh...

J'ai surtout grandi avec mon père,

et j'ai créé du lien avec lui, alors, je sais pas...

Il y a... ne perdez pas espoir.

- Non, elle... Oui, elle a eu la garde exclusive de...

Elle a eu sa garde exclusive.

- Oh.

Je comprends.

Enfin, je comprends pas. - Je sais.

Vous savez, c'est...

Comment est-ce qu'on peut gâcher une relation

et obtenir la garde exclusive de l'enfant ?

Comment c'est possible ?

- Est-ce que votre fils comprend votre séparation ?

- Non, c'est ça le pire.

- Il a quel âge ? - Cinq ans.

C'est juste que...

Parfois, j'arrive pas à sortir du lit.

Je ressens ce poids...

Ce n'est plus seulement moi.

Je dois penser à David.

Et je dois penser à ce qu'elle a fait,

et je dois penser, et...

Et je n'y arrive pas, je peux pas me lever.

Avant, j'adorais Noël.

Mais bon, regardez-moi. Je peux pas...

Je n'arrive pas à trouver de joie simple.

Et le fait que les gens soient heureux,

ça rend ça encore pire.

- C'est peut-être juste encore très frais en ce moment,

je sais pas.

Ça s'arrange. Ça finira par aller mieux.

Vous devez juste... Ça craint, c'est nul.

Il faut d'abord en passer par là.

- Comment vous pouvez savoir ça ?

- Je ne... Enfin, personne ne sait,

mais je pense pas que ce soit normal

de simplement vous dire que ça ne va pas.

C'est normal d'être perturbé,

et vous avez le droit d'être énervé.

Être vulnérable n'est pas une faiblesse,

c'est être humain.

Ma thérapeute m'a dit d'écrire un truc positif,

une affirmation, un truc pour me motiver, tous les jours.

Alors peut-être... essayez peut-être d'écrire un truc,

n'importe quoi.

- Vous voulez dire... quelque chose de bien ?

- Peut-être simplement ce que vous ressentez. Exprimez ça.

Ou ce que vous voulez ressentir, peut-être.

Et ce sur quoi vous vous concentrez

pourrait être ce que vous aimeriez être capable de faire.

Vous n'êtes pas obligé,

je me disais juste que ça pourrait vous aider.

- Non, ça va, je... je réfléchis, c'est tout.

- D'accord.

- Ces gens me disent tout le temps d'être un homme.

Ils me disent : "Une de perdue, dix de retrouvées".

Mais je ne sais pas comment chercher.

C'est nul.

- Ça va aller.

Contactez les personnes qui vous aiment, c'est tout.

Elles seront là pour vous.

- D'accord. Merci.

J'aime mon fils, je veux aller mieux

♪ Douce nuit ♪

♪ Sainte nuit ♪

♪ Dans les cieux, ♪

♪ l'astre luit. ♪

♪ Le mystère annoncé s'accomplit ♪

♪ Cet enfant sur la paille endormi ♪

♪ C'est l'amour infini ♪

♪ C'est l'amour infini. ♪

- Salut, poussin.

- Salut, papa.

- Hé bien, hé bien, qu'est-ce qu'il y a ?

- Je me sens très mal en ce moment.

Je pensais que j'allais répandre la joie,

voir tous ces gens, voir comment c'est dehors.

- Écoute...

C'est dur, tu sais ?

Noël, c'est un moment difficile.

Souviens-toi, tu sais,

quand maman est morte, la première année qui a suivi ?

Oui.

Tu sais, les cadeaux, le gui, la joie, toutes ces choses...

C'est super sur les cartes de vœux et dans les publicités,

et quand on regarde "Noël Blanc",

mais ça peut être dur.

Laisse-moi te dire que je suis fier de toi.

Tu y es allée avec le cœur ouvert.

Tu as essayé d'interagir avec les gens,

de leur donner de la joie, de faire preuve d'esprit de Noël.

Je suis désolé que ça ne se soit pas passé comme tu voulais,

mais, euh...

Je sais que maman serait très fière de toi aussi.

Ça t'aide ? - Un peu.

- Oui.

- Je peux en parler ?

- Absolument.

Qu'est-ce qu'il s'est passé ?

- Ça a très bien commencé.

Il y avait un vieux couple très mignon,

qui était ensemble depuis une éternité, on aurait dit.

Ça m'a donné l'espoir que peut-être, un jour,

moi aussi je serais avec quelqu'un pour toujours.

- Peut-être bien.

- Ensuite, il y a eu un super élan,

puis tout s'est arrêté brusquement

quand la réalité a fait son entrée.

Et je me suis rendu compte que tout le monde

n'était pas dans une bonne situation,

et que parfois, on arrache leur famille aux gens.

C'est pas juste.

- Non.

- Et c'est dur de dire aux gens de garder la tête haute,

de croire en eux.

Tu sais, tous ces trucs positifs qu'on dit,

c'est simplement...

Ça ne marche pas comme ça, tout simplement.

Quel intérêt ?

- L'intérêt, c'est que tu essaies,

tu sors avec les meilleures intentions,

tu essaies d'interagir.

Tu serais surprise de constater à quel point

une simple seconde passée avec quelqu'un

peut changer cette personne.

- Tu crois ? - Oh, oui.

Chaque fois que tu bouscules quelqu'un,

que tu souris à quelqu'un,

que tu cries sur quelqu'un ou ris de quelqu'un,

tu interagis avec, tu l'affectes,

et émotionnellement, ça lui fait prendre une décision

sur la façon dont il va réagir en retour.

- Oui. - Donc si tu es positive,

c'est tout ce que tu peux faire,

et espérer qu'ils aient une réaction positive

à ce que tu fais.

C'est dur, pour certaines personnes.

Certaines personnes ont du mal à accepter un sourire,

une phrase positive ou un mot gentil, parce que...

- Ils n'ont pas l'habitude.

- Certaines personnes pensent ne pas en être dignes,

ou ne pas le mériter.

Mais ce sont celles

avec lesquelles il faut vraiment passer du temps.

Ce sont celles pour lesquelles il faut prendre du temps.

- Oui.

- Quand j'allais mal et que j'avais pas envie de parler,

tu ne m'as pas laissé me vautrer dans mon malheur ou autre.

Et vice-versa.

- Tu n'étais pas seul. Ni toi ni moi n'étions seuls.

- Non. Non, on a eu de la chance, tu sais.

On avait l'un l'autre.

Mais certaines familles ne sont pas aussi proches

ou n'ont pas ce genre de relation.

Donc tout ce que tu peux faire,

c'est de leur montrer qu'il y a de l'espoir.

- Oui.

- C'est tout, vraiment.

C'est le don de Noël, non ?

Noël, c'est donner, pas recevoir.

- Oui.

C'est comme si Noël,

c'était le seul moment de l'année où on faisait une pause,

où tout le monde se rassemblait, tout simplement,

ou prenait un moment pour soi.

- Mh-mh.

- Et tout le monde semble avoir un petit peu d'espoir.

- Oui, oui.

Et pour certaines personnes, c'est dur.

- Oui.

- Et pour certaines, c'est facile.

Mais ça ne veut pas dire qu'il faut arrêter d'essayer.

- Tu as raison.

- Tu fais quelque chose de bien.

- Merci, papa.

- De rien.

- J'avais besoin de ça.

- Appelle-moi dès que tu as besoin de parler, d'accord ?

- Toujours.

- D'accord. Je t'aime. - Je t'aime aussi.

- D'accord, salut. - Salut.

♪ Les lumières de Noël, ♪

♪ Vois-les briller dans les yeux d'un enfant, ♪

♪ Laisse-les briller. ♪

♪ J'étais l'une d'entre elles. ♪

♪ Innocent arbre de Noël ♪

♪ Laisse-les briller ♪

♪ Je suis tombée sous ton charme ♪

♪ Les cloches de Noël, telle une symphonie ♪

♪ Le flamboiement de Noël dans l'air ♪

♪ Flotte une mélodie simple ♪

♪ Joyeux Noël ♪

♪ Le sentez-vous ? ♪

♪ Si vous le sentez, alors chantez avec moi ♪

♪ Je vous souhaite un joyeux Noël ♪

♪ Que tous vos rêves se réalisent ♪

- Où allez-vous ?

- À la maison. - Oui ?

Vous avez des choses de prévues pour les vacances ?

- Je sors juste du repas de famille.

- Oh.

- On s'est rassemblés pour Noël,

on a fait un bon repas, tout le monde a amené quelque chose,

et les choses ont un petit peu dérapé.

J'ai récemment appris que j'avais été adoptée, et... voilà.

Je suis sûre que j'ai beaucoup de famille

que je ne connais pas encore,

et je me demande si je veux la rencontrer.

- Waouh.

- Oui, donc...

- Waouh, c'est énorme, euh...

- Oui.

J'en ai parlé à mes parents adoptifs pendant le repas,

je leur ai demandé s'ils étaient d'accord,

ou ce qu'ils ressentiraient

si je contactais cette famille que je ne connais pas, et...

Je sais pas.

Je sais pas.

♪ Si vous le sentez, alors chantez avec moi ♪

♪ Je vous souhaite ♪

♪ Joyeux Noël ♪

♪ Que tous vos rêves se réalisent ♪

- Salut, c'est Georgia.

- George, d'accord, d'accord. Moi, c'est Indie.

- Oui. - Salut.

Bonsoir.

- Salut.

- Oh, je ne m'étais même pas rendu compte que c'était Noël.

- Oh oui, ça a surpris tout le monde, je crois.

- Oui.

Je pensais vraiment qu'il nous restait encore une semaine.

- Mh-mh.

- Ça montre bien à quel point j'ai l'esprit de Noël.

Je veux pas être celle qui compare et fait des contrastes,

mais, euh,

et si on mettait les choses côte à côte ?

Comment se passent les fêtes pour vous aujourd'hui ?

- J'ai récemment appris que j'étais adoptée.

Et aujourd'hui, j'en ai parlé à mes parents,

mes parents adoptifs.

- Sérieux ?

- Je leur ai parlé de... ils savent depuis tout ce temps

où sont mes parents biologiques,

et ils ne m'ont même pas dit que j'étais adoptée, jamais.

Et encore moins, quand je l'ai découvert,

qu'ils étaient ici.

Donc voilà, oui, je veux...

- Tu ne leur avais jamais posé la question ?

- Je ne savais pas que j'étais adoptée,

je pouvais pas demander.

Et quand je l'ai appris, c'était il y a un mois.

- Oh, waouh.

- Et ils ont fait semblant d'avoir aucune idée

de qui étaient mes vrais parents.

Et pendant tout ce temps, ils savaient qu'ils étaient là.

Donc je leur ai demandé comment ils le prendraient

si je les contactais,

et ils ont dit que j'étais simplement ingrate.

Et ils ne comprennent pas

ce dont j'aurais besoin de leur part,

et je ne sais pas vraiment. Je ne sais pas vraiment.

- Oui.

C'est dur, comme situation.

Waouh.

Comment...

Pour qui ils se prennent de dire ça à leur enfant adoptif,

qu'ils ont fait venir dans leur famille,

qu'ils ont voulu, quelle qu'en soit la raison ?

Comment... comment on peut faire ça ?

Comment c'est possible d'être aussi...

Oh mon Dieu, j'arrive pas à comprendre.

Je comprends pas cette logique, ce concept.

- Oui, ce...

Je pense qu'ils sont juste dans l'embarras

parce qu'ils voulaient que tout le monde

croie que j'étais d'eux.

Alors qu'en fait, ils vivent dans le mensonge.

- Oui.

- Pendant tout ce temps, toutes ces années.

Trente ans.

- C'est pas juste pour vous.

Ils voulaient une image précise, sans originalité,

et ils vous ont forcée à rentrer dans ce moule

sans même réfléchir à ce qui pouvait arriver.

- Oui, c'est juste...

Ça fait mal.

Ça fait vraiment mal.

- Comment... Comment...

Comment trouver une réponse à ça ?

- oui.

Oui.

Et tout le monde me demande ce qui va changer,

quand je vais découvrir qui sont mes vrais parents,

quand je vais les rencontrer,

qu'est-ce que ça va changer,

parce que j'ai une mère, un père, j'ai tout,

tout ce qu'un enfant peut souhaiter dans son enfance.

Et je...

Je sais même pas.

- Peut-être que rien ne va changer.

Mais on ne sait jamais.

- Alors c'est quoi l'intérêt ?

Est-ce que je devrais juste ignorer ça ?

Si rien ne doit changer,

et que ça va juste faire ressentir telle chose

aux parents qui m'ont élevée,

peut-être que je ne devrais pas, vous voyez ?

Peut-être que Dieu m'a mis entre de bonnes mains,

m'a donné les bons parents,

et que je devrais me satisfaire de ça.

Peut-être qu'effectivement, je me comporte de façon égoïste,

peut-être qu'effectivement je suis ingrate,

peut-être que je devrais juste laisser tomber,

mais je ne peux pas, je ne peux pas.

Je peux pas.

- Je pense que vous n'avez que de bonnes intentions.

Donc si vous voulez faire ça et répondre aux "Et si... ?",

je pense pas que ça puisse faire du mal.

Et je pense qu'ils vous doivent bien

de vous laisser explorer tout ça.

Et s'ils vous aiment vraiment, ils seront là pour vous,

même après.

- Vous avez raison.

Vous avez raison.

C'est pour moi.

C'est pour moi,

et je mérite ce que je vais en retirer.

Et votre histoire, c'est quoi ?

- Ah.

Vous avez toute une vie pour m'écouter ?

Parce que, bon...

Il y a pas mal de choses.

Et je suis assez insensible aux familles et aux fêtes,

surtout ces derniers temps.

J'ai choisi de demander à m'absenter cette année.

Et honnêtement,

s'il existe un autre monde,

je vote pour déménager là-bas.

Parce que les familles...

C'est une autre histoire.

Vous savez qu'il y a un mouton noir dans chaque famille ?

- Oui.

- Hé bien moi, je suis le mouton violet.

C'est juste que...

La question a toujours été de savoir

si je m'intégrais ou non,

mais c'est plus subtil que ça.

Il y a différents degrés de non intégration,

ou de compréhension de ma coexistence

avec certaines de ces personnes.

Surtout mon père.

Mon père est, euh...

Il est un peu surprenant, c'est le moins qu'on puisse dire.

Honnêtement, je ne sais pas vraiment

ce qui me surprend encore chez lui.

Je ne sais pas pourquoi je suis encore surprise.

Honnêtement, je ne devrais pas,

mais j'imagine que ça vient simplement de...

De la culture familiale de son côté,

et de là d'où on vient,

et des personnes sur lesquelles, historiquement,

j'ai toujours voulu en savoir plus,

et de là d'où on vient.

Et ces deux dernières années,

il est devenu étrangement politique,

avec des opinions très arrêtées à ce sujet.

Et pas du côté auquel on penserait.

Vous savez, à cette période de l'année,

on devrait être plus proche de la famille.

Et ça me convient tellement bien

d'en être le plus loin possible !

- C'est vous ?

- Oui, oui.

- Euh, merci.

- J'espère que ça ira mieux. - Oui.

- Et sinon, frappez-les !

- D'accord.

J'essaierai de les frapper.

- Tenez, c'est pour vous.

- Oh, merci. Joyeux Noël.

- Joyeux Noël. - Joyeux Noël.

C'était sympa de vous rencontrer.

- De même.

- Désolée d'avoir parlé de tout ça.

J'ai l'impression d'être en thérapie.

- Non, ça va. - En taxi.

- Oui, non, ça va, je veux aider les gens,

et parfois, ils ont juste besoin d'exprimer tout ça

pour s'en débarrasser.

- C'est vraiment le cas, pour être honnête.

Et je...

J'apprécie votre écoute. Parce que c'est du lourd.

C'était des choses assez difficiles.

- Oui.

- Je sais pas... Pour moi, les fêtes, cette année,

c'était pas très festif.

Et le moins qu'on puisse dire,

c'est qu'il n'y a pas d'esprit de Noël, pour moi,

dans quelque sens que ce soit, et...

Je sais pas, je pense qu'on ne fait que s'ajuster.

Je suis triste de ma couper de ma famille,

mais je ne le regrette pas. Je sais pas si c'est logique.

- J'ai l'impression que dans cette situation,

c'est une décision saine,

car on dirait que vous étiez manipulée.

En cette saison, on attend des gens qu'ils soient gentils

les uns envers les autres,

donc on pense qu'ils sont réellement gentils envers nous,

alors qu'honnêtement, comme vous dites, ils font semblant.

- Oui, pourquoi est-ce que...

Autant faire semblant toute l'année.

Si on veut vraiment être une famille,

autant faire semblant toute l'année

et ne pas attendre que ce soit les fêtes.

C'est presque ce que je ressentais l'an dernier,

à l'approche des fêtes.

J'ai un copain qui me soutenait beaucoup,

et sa famille et lui sont super proches, c'est très bien.

Je me suis trouvée à essayer de percevoir la même chose,

en un sens,

à l'inviter à nos réunions de famille, tout ça,

auxquelles je ne prends pas part d'habitude,

surtout au cours de l'année.

- D'accord.

- Et Noël, l'an dernier, c'était...

Les voilà, comme en photo, et c'est à-peu-près tout.

- D'accord.

- Car personne ne se soucie vraiment de ce qu'on fait,

et personne ne s'intéresse vraiment à rien,

à part notre statut ou...

Et je sais pas.

C'est juste... Je sais pas,

j'ai décidé que je voulais plus prendre part à ça.

Je ne suis pas...

C'est le genre de chose que j'écarte de ma vie.

Et si je fais ça avec mes amis,

alors pourquoi je le ferais pas avec ma famille ?

On crée sa famille.

On crée sa propre famille,

qu'il y ait des liens du sang ou non.

Et je veux juste...

Je sais pas.

Les fêtes, pour moi, c'est une excuse.

Et j'ai l'impression que,

même si ça me manque d'être joyeuse, enjouée et tout ça,

parce que j'aimais beaucoup les fêtes, enfant,

c'est devenu...

C'est devenu rien d'autre que ça : des vacances.

Pourquoi on décore ?

Parce que c'est un truc qu'on fait ensemble ?

Ou parce que d'autres personnes le font ?

Pourquoi est-ce qu'on s'offre des cadeaux ?

Parce que c'est obligé ?

Non, c'est pour dire que c'est une période de fête,

qu'on pense aux autres, comme d'habitude,

et joyeux Noël,

voici une babiole en preuve d'amour ou autre.

- Oui, ça devrait être comme ça.

- Oui.

- Dure journée ?

- Dure année.

- Je vous comprends.

Si vous avez besoin d'en parler, je suis là.

- Ma mère est morte.

- Je suis vraiment désolée d'apprendre ça.

- Ça fait vraiment mal, c'est tout.

- J'ai vécu ça.

Je le vis encore en ce moment, en fait.

- Vous pouvez me laisser ici, ça va.

- Quoi ? Non.

- Ça va, ne vous inquiétez pas. Ça va aller.

- Non non.

Je vous emmène là où vous devez aller.

Ça va, c'est pas grave.

Est-ce que...

Est-ce que quelqu'un vous attend à la maison,

en ce moment, dans votre vie ?

Vous avez de la famille ?

- Mon frère, mais il ne vit pas ici.

On n'est pas... on n'est pas proches.

- Si je puis me permettre,

de quoi est-elle morte ?

- D'un cancer.

Et la vôtre ?

- Pareil.

Ça craint.

- Je déteste ça. Je déteste tellement ça.

- Ça n'a aucun sens.

- Je ne veux plus me sentir seule.

- Écoutez, Raven, je ne veux pas que ça paraisse déplacé,

mais j'ai passé une dure journée aussi.

Je sais que je peux pas comparer ça à ce que vous vivez,

et je...

Je ne me sens pas très bien non plus en ce moment,

et moi non plus, je ne veux pas être seule.

En fait, j'ai peur d'être seule, là.

Alors...

Faisons ce trajet.

Il y a un endroit où j'ai l'habitude de me rendre

pour faire le vide dans mon esprit.

- Ça fait combien de temps qu'elle est morte ?

- Dix ans.

- Est-ce que les choses s'améliorent ?

- Non.

J'aimerais pouvoir dire que oui, mais non.

Elle est partie pour de bon.

Mais on finit par comprendre.

On réfléchit au fait qu'elle aimerait qu'on soit là,

qu'on continue,

qu'on vive la vie qu'elle n'a pas pu avoir.

Et on finit par apprendre à s'en sortir,

en quelques sortes,

à trouver l'envie de vivre,

au bout d'un moment.

Mais ça ne cesse jamais d'être horrible.

- Vous avez déjà eu l'impression

que rien de ce que vous faisiez ne faisait la différence ?

- Oui.

Au tout début, à la mort de ma mère,

j'étais juste...

Je ressentais un tel manque de contrôle,

comme si je n'avais aucun contrôle sur rien.

Je n'avais pas pu l'aider, je n'avais pas pu la sauver,

je ne pouvais pas la ramener.

J'avais juste le sentiment que, merde...

Qu'est-ce que...

- Vous vous demandiez ce que vous faisiez ?

- Oui.

C'est quoi l'intérêt, s'ils peuvent mourir demain ?

Vraiment, c'est quoi ?

Pourquoi fait-on autant d'efforts,

si ça peut s'arrêter aussi vite ?

Je vais vous dire une chose.

Même si pendant si longtemps,

je me suis sentie bonne à rien et désespérée,

j'ai enfin vu une lueur d'espoir,

j'ai vu quelque chose de bien.

Mais il m'a fallu du temps pour en arriver là.

- Je n'ai pas vu de lueur d'espoir depuis longtemps.

- Parlez-moi un peu plus de votre frère.

- On n'est pas proches.

Il est plus jeune que moi, il vit en Californie,

il travaille dans la finance.

On est vraiment différents.

Je l'aime.

J'aimerais qu'on soit proches.

Parfois, j'ai l'impression d'être une mauvaise sœur.

- Le fait que ça vous tienne à cœur, ça veut dire beaucoup.

Le fait de vouloir vous améliorer veut dire beaucoup.

Ça n'est pas la fin du monde.

Vous pouvez toujours...

Vous pouvez toujours essayer, toujours le contacter.

- J'ai peur.

- L'idée d'être rejetée est terrifiante.

- J'ai déjà fait face à tant de choses.

Vous savez,

avant la mort de mère,

je pense que tout allait bien se passer,

quoi qu'il arrive, oui.

Et d'un coup, c'était plus le cas.

Ça n'allait plus.

- Il faut...

Il faut prendre contact. Il vit ça lui aussi, vous savez ?

C'est sa mère à lui aussi.

En fait, ça pourrait même vous rapprocher, de partager ça,

de savoir que vous êtes là l'un pour l'autre.

Vous devez juste passer le cap.

Vous devez prendre le taureau par les cornes et le contacter

parce qu'il ne faut pas passer le reste de votre vie

sans lui.

Il ne faut pas regretter de ne jamais lui avoir parlé.

Il ne faut pas faire d'erreur.

- Vous pensez qu'il voudrait me voir ?

- Bien sûr.

Il veut vous voir,

probablement plus que quiconque en ce moment,

car vous êtes la seule personne qui vit ça aussi,

la seule qui peut comprendre.

- Vous avez des frères ou sœurs ?

- Y a juste mon père et moi.

Je n'ai jamais vraiment été très proche de qui que ce soit.

Toutes les personnes qui sont entrées dans ma vie

ont fini par partir.

Je n'avais personne, que lui.

- C'est chouette de l'avoir au moins lui.

- Oui, je ne l'ai pas vu depuis trois ans,

et demain, je vais enfin le revoir.

- Vous avez hâte ? - J'ai vraiment hâte.

Ça fait trop longtemps, trop longtemps, et il était seul.

Je veux dire, il a rencontré des gens, Dieu merci.

Je veux pas qu'il soit seul pour toujours, mais...

On est simplement tous trop éloignés.

- Je suis contente que vous soyez venue me chercher ce soir.

- Je suis contente que vous soyez montée dans ma voiture.

Je suis contente que vous soyez venue avec moi, parce que...

Honnêtement, je me sentais désespérée.

Je me sentais comme si...

Je peux aider tous ces gens,

mais ils ne peuvent même pas s'aider eux-mêmes.

Je conduis, je vais chercher ces gens,

et toute leur énergie m'affecte.

Et j'essaie d'être positive, j'essaie d'être enjouée.

C'est les fêtes, quand même !

Et je me sens épuisée.

J'ai l'impression de ne pas pouvoir les aider,

car ils sont trop perdus.

Ils se noient dans leurs affaires.

Et je sais que je ne suis pas censée aider tout le monde,

mais je pensais qu'un truc sympa pour les autres

rendrait la période un peu plus joyeuse.

Mais j'ai juste l'impression que...

- Vous avez fait quelque chose de sympa pour moi.

Merci.

- Merci.

C'est chouette de pas être seule.

- Oui, c'est vrai.

Vous avez déjà appelé une permanence téléphonique ?

- Oui.

Quand ma mère est morte,

il n'y avait que mon père et moi.

Au bout d'un moment,

on ne supporte plus de se parler, entre personnes tristes.

- Oui.

- Avant que ça devienne un cycle,

et que tout le monde pleure et que ce soit juste...

Sans espoir.

- Bien entendu, rien ne peut remplacer votre mère.

- Non.

- Vous connaissez le numéro ?

- 988.

- C'est tout ? - C'est tout.

Ils ont choisi un numéro court pour que ce soit plus simple.

Mais c'est tout.

- 988, je peux m'en souvenir.

- Hé, merci d'être montée dans ma voiture aujourd'hui.

Bouncy Boxer Media présente "Le trajet de Noël"

Écrit et dirigé par Stefanie Davis

Casting

Figurants

Équipe : cinématographie : Stefanie Davis ;

cadreuse B : Skyler Pursifull ; continuité : Loren Rayburn ;

conception graphique : Austin Janowsky ;

tout le reste : Stefanie Davis.

L'histoire, les noms, les personnages

et événements représentés dans ce film sont fictifs.

Toute ressemblance avec des événements ou personnes réels

serait fortuite... mais le père Noël, c'était le vrai.

Film est protégé par les lois des États-Unis et autres pays.

Copie, distribution ou projection non autorisées

peuvent entraîner des poursuites. Retenez-vous, d'accord ?

Bouncy Boxer Media est une entreprise cinématographique

indépendante et tenue par des femmes.

Merci de votre soutien aux femmes vidéastes.

Filmé à Tampa, en Floride

Si vous-même ou une connaissance lutte contre la dépression

et songe au suicide, appelez la permanence téléphonique

au 273-8255 ou au 988.

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