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Original subtitles

Chant religieux

-12 cornettes en drap de Hollande.

-"12 cornettes." -6 robes de bure.

2 cilices. -"2 cHices."

-8 et 6, 14 et2, 16.

16 �cus de 3 livres. -"16 �cus de 3 livres."

-4 chemises de lin d'Artois.

-"4 chemises." -8 sols, 3 liards.

Cliquetis de ses cha�nes Aboiements

-Meikolondo !

Kounzouameno !Kounzouamenoko! -Doux J�sus, le diable � demi-nu !

-Vade retro, Satanas.

-Sur mon �me, c'est Belz�buth !

-Non, c'est un indig�ne. -Un indig�ne ?

-Un �tre humain. Dot� d'une �me comme vous et moi.

-Noire ? -Naturellement.

Mais bapt�me et pri�res en font la lessive.

Koumonami bouteka. Koumonami bouteka.

-Moniso koua kuou.

-Menez-le chez moi au lieu de caqueter ! Allez!

Duc de Crassac tatouteka ? -Nowabinge, nowabinge.

-H�lo�se, pas toi. S�ur Huguette, venez.

Et vous, priez.

-Vous n'avez rien � faire ici.

Vous profanez un lieu sacr� !

Il la gifle.

-O� il est, ce n�gre ? Parlez! -Jamais !

-Non,nonl

-Assez perdu de temps. Cherchez partout et trouvez-le !

Cris stridents

-H�lo�se, pour l'amour du ciel!

-Rien dans les veines, millediou ! -Et en plus, elle jure!

-Ne craignez rien. Dieu vous prot�ge.

Gzambi kokena.

Allez, allez. Asseyez-vous. Allez.

Et n'ouvrez � personne.

Comment on dit "N'ouvrez � personne" ?

Kouzouboulani.

-Kouzouboulandi. -Kouzouboulani. Kouzouboulani.

-Allez !

Allez !

Il pleure.

-Madame!

C'est l�-haut.

-Je vous interdis !

C�est un sacril�ge, vous serez excommuni�s !

Coups r�p�t�s contre la porte

-La cl� est sur elle. Fouillez-la.

-Non.

Vous ne me toucherez pas. Plut�t la mort.

Elle g�mit.

-Pourquoi tant de z�le, maladroit ?

-C'est vous. -Vous deviez seulement la fouiller.

Gentiment.

-Mon Dieu ! -Pas besoin de cl�.

Soupirs d'effort

Bris de verre

Coups port�s

Cris de rage

Il la frappe.

-Vous le paierez cher. Si mon p�re l'apprend, vous allez voir!

-Pourquoi l�avoir laiss� s'enfuir ? S'il parle, imaginez.

-� qui parlerait-il, M. le Duc ? �a sait pas 2 mots de fran�ais.

-Un n�gre dans le P�rigord!

Ces sauvages, on les d�barque aux Am�riques,

on leur fait pas visiter les provinces !

Il est robuste ?

-Tous veulent fuir. Les meilleurs partent les 1ers.

-Un n�gre de 30 pistoles. -Ou davantage.

-Nom de Dieu...

J'ai horreur de jurer, mais bon Dieu,

pourquoi approcher la c�te ?

-Pour d�barquer le chargement secret.

Ces sacs, ces caisses !

-On les aurait pris au large. -Et j�ai de la famille a c�t�.

Pas vue depuis 7 ans. C'�tait l�occasion d�une visite.

-Un homme comme vous se passe de famille 10 ou 15 ans.

Et la r�paration, le d�lai, combien ?

-Le temps n�cessaire.

Peut faire une semaine. Peut faire le double.

-Nom de Dieu !

Fracas

Et�a?

Qu'est-ce que c�est, �a ? �a ?

Mousquet de Saint-�tienne dernier cri, g�chette su�doise!

lnsurpassable ! Et ils me les foutent par terre !

Les coupables !

10 coups de fouet ! 12!

24 ! 12 devant, 24 derri�re ! 42!

Fouettez-moi tout �a ! Et le cachot pour tout le monde!

-H�lo�se, mon enfant,

je te connais comme si je t�avais faite.

Quand le Seigneur a rappel� � lui ta pauvre m�re,

ton p�re t'a confi�e � moi

pour que je t'�l�ve.

Que je te prot�ge. -C'est pourquoi j�irai � Paris.

Je reviens avec mon p�re, l�arm�e, et on les �crase !

-Non.

�coute,

la femme en rouge...

J'ai ici de quoi la faire emprisonner.

Jure-moi.

-Jur�, ma m�re.

-Les m�chants sont nombreux.

Nos petites s�urs sont faibles. Jure-moi de ne rien...

-Je ne n�gligerai rien pour votre vengeance.

-Ah non...

Elle g�mit.

-Je le jure. Serment sacr�, je vous vengerai, ma m�re.

�a a l'air bien. -Mais court de jambes.

-Le jardinier est bas du cul, le ma�tre de ch�ur ventru.

J'ai vol� pour le mieux. -On le croirait fait pour moi.

Ce que c�est agr�able. On devrait en lancer la mode.

-Des femmes en pantalon ? -Dans la rue ? Quelle horreur.

-Le bon Dieu ne supporterait pas.

-Laissez-le tranquille.

A quoi bon nous donner des jambes pour les cacher ?

J'aime assez bien les miennes. -Et les miennes ?

-Moi aussi, je peux.

-Vous voulez vraiment pas venir ?

-Non.

-ici, on mange tous les jours.

Cris du cocher

Brouhaha, rires

Roulements de tambour -Salut la jeunesse !

Si certains savent se battre et veulent servir le roi...

Courage, les mauviettes ! Il y a de l'or � gagner. Et la gloire!

Bient�t le sacre du roi. � 16 ans, il va enfin r�gner.

Finis les soldats de plomb. La guerre avec de vrais canons!

Je veux 5 volontaires.

Allez ! Signez !

La prime d�engagement...

-Gigot de Pauillac. R�gale-toi, mon gar�on.

La soupe est bonne ?

-2 francs de mieux!

Vous m'�coutez, bande de soiffards ?

Qu'on me donne un verre!

-J'ai soif aussi. -Qu�on lui donne un verre!

Mademoiselle...

Non. -II y a

d'autres avantages.

A chaque halte chez l�habitant, ce qui est a lui est a vous : lit,

pain, sel, vin... et la femme.

-Danse,

papillon, danse...

L'a m our

-En hiver, vous rentrez

faire un petit soldat et c'est reparti la fleur au fusil.

-Signez !

Touche pas � mon tambour.

-Signez pour la belle vie.

-Tu sais pas signer, une croix suffit.

-"Danse, papillon,

danse... L�amour..."

On envoie des mots doux aux gar�ons ?

On fait dans la quenouille ? -Si tu aimes les hommes,

l�arm�e t'ouvre les bras et le reste.

-Si tu sais �crire, signe.

Un beau geste et on vous colle dans la m�me chambr�e.

-Tu te rends compte ?

-Qu'est-ce qu�il fait ? -Je suis d�une maladresse.

-II a fait expr�s!

Attrape-le ! Attrapez-le !

H�, ho!

L�assiette se brise. -Mon gigot!

-Et alors ?

Elle rit.

Exclamations de la foule

Elle le frappe.

Exclamations

Il crie.

-Aidez-moi donc.

Il rugit.

-II a fait expr�s!

Brouhaha, cris

-Fine lame! -H�r�dit� !

Vous montez bien ?

-Bah,euh�. Je suis meilleur � pied.

-Allez ! Hou !

-Laisse.

-Tu as devin� tout de suite ? -L'amour n�est pas aussi aveugle.

Et comme �a, on va o� ? -Voir mon p�re, a Paris.

-J'en viens. Je connais par c�ur.

Mieux vaut que je t'accompagne.

C'est une ville ceintur�e par les marauds,

envahie par les gredins.

Tu ne sauras pas t'y d�fendre. -Et contre qui ? Toi ?

Elle rit.

Je me demande � quoi ressemble mon p�re.

-Tu ne l'as jamais vu ? -Non. C'est si loin.

-M�me pas un portrait, un m�daillon ?

-Un soldat ne songe pas � ces fadaises.

Tout le monde le conna�t. Si je te disais son nom...

-Dis toujours. -D'Artagnan.

-Et moi je suis le fils de Richelieu et de la Grande Mademoiselle!

Attends�moi !

H�lo�se, attends-moi !

Hennissement

H�lo�se rit.

-T'aurais �t� beau dans l�arm�e. Ils auraient fait une affaire!

-Les n�gres sont � la mode. La cour en est pleine.

Pas comme les mahom�tans. -C'est quoi ?

-On sait pas trop. C�est � l��tude.

On dit qu'ils ont 7 femmes dont on ne voit que les yeux.

Aux Am�riques, il y a des hommes rouges, les Peaux�Rouges.

Il leur pousserait des plumes sur la t�te.

-J'adore tes histoires.

-C'est mon m�tier. Je suis po�te.

H�lo�se. -Oui ?

-Une question. -Oui.

-Est-ce que tu m�aimes ?

Je veux dire d'amour?

-L'amour, c�est comme les mahom�tans, Quentin.

Je ne sais pas bien ce que �a veut dire.

C'est � l'�tude.

Brouhaha

-Monseigneur, la bonne aventure.

-Monseigneur !

-Oui, ma p'tite dame.

-Je cherche la rue aux ours.

-De l�eau bien fra�che ! -Tiens, c�est les derni�res.

Prie pour que la peste emporte Mazarin.

-Porteur d'eau!

-J'ai l'impression de rentrer d�exil.

Il fait toujours ce temps-l�, ici ?

-Toujours.

-Vin de Melun, fromage de Passy! Fromage de Passy ! Vin de Melun!

Il est beau, il est fleuri, le fromage de Passy !

-Harengs, mes harengs !

Et il est pour qui ce hareng, ma bonne dame ?

Harengs secs, harengs doux,

harengs coup�s, sal�s, fum�s!

-�a aussi, c�est Mazarin.

Voil� pourquoi je lui consacre des pamphlets.

Ne restons pas l�.

Ma t�te est mise � prix. Si on m'arr�te, c�est la Bastille.

-Service du cardinal! Tirez devant, tirez !

Cris de la foule

Service du cardinal!

-Au voleur!

Arr�tez-le ! Au voleur!

Au voleur!

-Guillaume, o� tu es ? -C'est l�.

-GuHMume! -Cour?er!

-Rentre tout de suite !

-Cour?erl

-Je pr�f�re y aller seule. -Courrier !

-Vous �tes en retard pour la le�on.

-Quelle le�on ?

-En garde. Marchez, fendez !

Poum ! Voil�. En garde.

Passe arri�re. Fendez !

En garde...

Fendez!

En garde...

Marchez, fendez.

En garde. Passe arri�re.

Fendez.

Constance ?

C'est fini. Revenez demain. -Ce n�est pas l�heure.

-C'est l'heure, je vous dis!

Avenante.

Gracieuse.

Gentille ?

-Heureuse.

-Un instant, je vous ai pris pour ta m�re.

H�!

Tu m'as toujours pas pay� tes le�ons.

-Ma tante am�nera les poulets.

-Non, plus de poulets. Fini. Du b�uf!

Une cloche sonne.

C�est quoi, cet accoutrement ? -C'est pour le voyage.

-J'avais oubli� que t�avais les yeux verts.

-C'est pas grave.

-Qu'est-ce que c�est que ce couvent

qui te laisse courir sans autorisation paternelle ?

La m�re sup�rieure va m�entendre.

-Elle est morte.

-Elle est morte ?

J'ignorais qu�elle f�t malade.

Planchet !

C'est la petite.

C�est H�lo�se. -H�lolse ?

La petite H�lo�se ?

La n�tre ?

-Oui, oui.

Tu as reconnu Planchet ? Un coup de vieux terrible.

Que la m�re sup�rieure soit morte ne justifie pas ta pr�sence seule

dans Paris.

Un v�ritable coupe-gorge.

Tous ces hommes sans emploi, ces femmes sans homme!

D�cid�ment, cette tenue.

-� cheval v�tue en novice, robe retrouss�e, �a t'aurait plu ?

Apr�s ces ann�es d'abandon, j'esp�rais un meilleur accueil.

M�me si j'imaginais une autre situation.

-Ma situation est excellente.

-Tu m'aurais ouvert les bras, je me serais crue dans un palais.

-Si tu veux, habite ici.

Planchet tient la boutique.

Il me fait cr�dit, sa cuisine est excellente.

-Je ne viens pas b�frer, mais chercher ton aide.

-Mon aide ?

Bris de glace

-� l�instant de mourir, elle m'a dit que toi seul pouvais agir.

-Bien s�r. Bien s�r.

La m�re sup�rieure a vu juste.

H�las, c'est tr�s provisoire, mais en ce moment...

-Quoi, en ce moment ?

Le roi ne te refusera rien. -ll veut des courtisans obs�quieux.

Moi j'ai du mal a courber l'�chine.

L'�ge, sans doute.

J'ai quitt� le service du roi.

Malgr� moi.

Enfin !

20 ans j'ai port� ma cuirasse et mon buffle, je me suis accroch�

a un grade insuffisant,

sans avancer ni reculer, sans vivre.

A 20 ans et un jour, j'ai bu quelques bouteilles de vouvray,

c�est du velours, et suis all� voir ce galopin de roitelet

pour lui dire ma pens�e, que c��tait un polisson,

un goinfre, un ingrat oublieux de ses promesses,

jaloux de son sauveur, car je l'ai sauv�!

Sa m�re, Mazarin et sa bande! -Tu lui as dit �a ?

-Oui. Si ce n�est � la lettre, c'�tait dans l�esprit.

-II ne t'a pas fait arr�ter ? -Je commandais les mousquetaires!

Il aurait fallu que j�ordonne mon arrestation.

J'aurais d�sapprouv�.

Donc d�sob�i.

Bref,

ma petite fille,

tu choisis mal ton heure. -Je ne choisis rien.

Regarde. C�est pour ceci que la m�re sup�rieure est morte.

-Montre.

Ce bout de papier, la ?

T'en as parl� � quelqu'un ? -S�rement pas.

C�est un secret d'�tat, je le sens. -Ou une liste de blanchisserie.

Avec du sang.

-Et m�re Th�r�se assassin�e, ce n�gre en sang, tous ces morts ?

C�est un complot ! Les cavaliers noirs, la femme en rouge!

-La licorne bleue et le nain vert ?

-Alors j'irai voir le roi.

On entre.

-Quentin la Mis�re!

-C'est quoi, �a ? -Un po�te.

Homme de plume.

-Mais, monsieur...

Vous interrompez les retrouvailles d�une fille avec son p�re. Sortez.

Et toi, si tu vas �la cour... -Avant de prendre cong�...

-Je vous ai dit...

-Je vous demande la main d'H�lo�se.

-ll commence � m'�chauffer les oreilles. Dehors!

-J'attends une r�ponse.

-Tu vas l'avoir, ta r�ponse !

-Si tu le tues...

-Qui parle de tuer ?

Elle rit.

-Devant ma fianc�e ? Il est fou. Vous vous prenez pour d'Artagnan ?

-Je t'avais pr�venu.

-Tu m'as seulement dit que ton p�re �tait soldat...

C'est lui ?

C'est vous ?

Je suis un fervent admirateur.

J'ai m�me �crit � la Bastille: "Toi qui croises le fer,

je te d�die ces vers."

Je vais �pouser sa fille... -Allez voir dehors

si j'y suis. -La fille de d�Artagnan !

-Quentin ! Oh !

-Tu croyais filer avec ce pitre ? -Et si je l��pouse ?

-J'interdis !

-Alors je l��pouse. -H�lolse�

Ma petite H�lo�se !

Tu t'entiches du ler homme que tu rencontres, c�est normal.

Tu sors a peine du couvent. -Tu t'es bien d�barrass� de moi.

-D�barrass� ? Ne dis pas �a.

Toujours par monts et par vaux, le cul dans ma selle,

l'�p�e �la main, comment aurais-je pu �duquer

une demoiselle ?

-Tu jouais les h�ros, moi je me morfondais.

J�ai pens� devenir s�ur. -Quelle horreur!

Tu n'es ni laide ni sotte.

-La petite H�lo�se !

Eh ben,�a pousse. -Mmm.

-Vous vous souvenez ? Elle se cachait derri�re vos bottes.

Et maintenant... -Je me souviens.

-Et quand je la bercais sous le ventre des chevaux.

Parce qu�il pleuvait. -Eh oui.

Vent d'ouest, saison des pluies.

-H�lo�se, petite H�lo�se

Vous montiez la garde. Et moi...

(Tous les deux) -Fais dodo, t�auras du lolo

D'Artagnan rit.

-Coup de vieux. Terrible. Terrible.

Bon, pas besoin

de te demander si ton Quentin la Mis�re est riche.

-Tu l'�tais en arrivant ici sur ta jument ?

-Oh ! Ma jument jaune.

Elle �tait magnifique.

Elle trottait sur la route de Meung, des marguerites plein la bouche.

-C'est pas le moment de radoter. -II ne reste que les souvenirs,

pass� un certain �ge.

Mauvais, on se flatte d'y avoir surv�cu, bons, on s'en repa�t.

J'en ai 43 dans mon cabinet.

Le mouchoir brod� d'Aramis, le fameux baudrier de Porthos.

Une dent de lait de Louis le Dieudonn�, bient�t Louis XIV,

� qui je donnais la bouillie en des temps difficiles.

Une m�che d'Athos. On avait fait l��change.

Athos...

Vous auriez tout de m�me pu me pr�venir.

Mon cher Athos.

La terre sent si bon.

Hein ?

Vous vous rappelez ce que nous disait Aramis ?

�Coquetterie de sa part pour nous attirer � elle."

Puis-je compter sur vous, moi, pour un conseil ?

Mordioux...

Quelle cagade.

Je ne sais pas vers qui me tourner avec cette enfant.

C'est ma fille, vous comprenez ?

Hein ?

Bah ! Oui, H�lo�se. Qui voulez-vous que ce soit d�autre ?

Vous la verriez.

Elle est si belle.

Tout le portrait de sa m�re, vous vous souvenez ?

La m�me gr�ce, la m�me tournure, avec en plus une flamme, un �lan.

Et un caract�re !

Je ne sais pas comment la prendre.

Je lui dis 2 mots, elle sort les griffes.

Il est loin, le joli temps des mousquetaires.

Nous quatre, toujours ensemble.

Toujours battants, jamais battus, toujours l'�p�e hors du fourreau.

Et l�... Aramis, je ne l'ai pas vu depuis des ann�es.

Porthos est perdu au fond de sa province, comme vous l'�tes

au fond de votre trou, l�.

Oh, tudieu !

Je me suis peut-�tre assis sur votre figure.

Vous n'�tiez d�j� pas tr�s bavard.

H�lo�se ?

H�lo�se !

Volaille de merde!

Je te la confie, je te dis �prot�ge�Ia",

et tu te laisses surprendre comme un bleu!

Combien ils �taient ? -C'est H�lo�se qui m'a fait �a.

J'ai eu beau me d�battre... -Je l�avais enferm�e !

-Elle sanglotait : "Mon bon Planchet, ouvre, j�ai un secret."

Alors j'entrouvre, et je vois une grosse larme

sur son petit nez.

Le reste est du domaine des suppositions.

Elle m'a �vanoui en 2 temps, 3 mouvements.

-Bougre d'�ne. Ma petite fille.

Ou peut-elle �tre all�e ? O� ?

-Mais j'en sais rien! P�tard de merde !

-Figure inconnue, pas de laissez�passer.

Marquis ou pas,

c�est non !

Brouhaha

-Duc et duchesse d�Aloigny de Bl�court d�Entraigues

etleurslees. -�a passe.

-Laissez passer.

Laissez passer M. le Duc!

-�crivain public!

-Ho, ho, ho!

Musique de chambre

-M. l�ambassadeur d'Espagne, j'ai interrompu mon trictrac

pour vous annoncer une bonne nouvelle.

Sa Majest� a d�cid� de renoncer � s�allier

� l'Angleterre de M. Cromwell.

Vous aviez tort de vous inqui�ter.

-Nous �tions convenu hier d'autre chose.

-Monseigneur m'aura mal compris � cause de mon �pouvantable accent.

Propos en italien

-Je croyais avoir compris...

-Bien s�r. Vous comprenez toujours tr�s bien.

Vous avez compris qu�il fallait nous allier

avec l'Angleterre protestante.

Bravo.

Mais nous recevons l�ambassadeur de la tr�s catholique Espagne

que cette alliance exasp�re.

Donc ce trait� avec Cromwell estoubH�.

-N'est-ce pas sournois ? -La paix est � ce prix.

Sournois, mais efficace.

Renoncer a ce trait� rassure les puissances catholiques.

Les Anglais sont sur le pied de guerre.

lmmobilisons-les jusqu'� l�hiver.

Cela donnera � M. de Turenne le temps de se pr�parer.

Et au printemps, sus � l�ennemi. Surprise, victoire. Bravo.

-N'ai-je pas d�j� sign� ce trait� ?

-II est vrai... -Puis-je renoncer � mon alliance ?

Je la trahis. -Alliance qui devait rester secr�te.

Si elle est connue, il n'y a plus d'alliance qui vaille.

Ainsi, Monseigneur n'a aucun scrupule � nier son existence.

Avec un argument suppl�mentaire:

niez l�alliance, aussit�t elle redevient secr�te.

Donc parfaitement valable.

-D�cid�ment, plus nous allons, plus j'aime la politique.

Applaudissements

C�est un don. J�ai tous les dons.

Il y a sur vos yeux des axiomes fort gracieux.

-Un compliment du roi.

-Un compliment du roi. Mademoiselle ?

-H�lo�se d'Artagnan. Je viens pour une affaire cruciale.

-D�fendre votre p�re ?

-ll serait venu lui�m�me. -Gaffe.

-Elle a gaff�.

-ll n'a pas le front de venir s'excuser

et m�envoie une ambassade ?

-Je croyais tout savoir. J'ignorais que d'Artagnan e�t une fille.

Je comprends qu�on vous cache. Vous feriez trop de jalouses.

Passons dans mon bureau.

Prenez mon jeu.

Si vous perdez,

c�est sur votre bourse. -Et si je gagne ?

-C'est mon jeu.

-Ah.

-Andiamo !

Attaquer un couvent!

On ne respecte

plus rien. -lls �taient enrag�s.

-lls osent tuer une m�re sup�rieure ?

-Le chef l'a fait sur l�ordre de la femme en rouge.

-Pourquoi ?

On ne tue pas une eccl�siastique sans un grand motif.

-Voil�, c�est �a ! Un grand motif... le complot!

-Ch�re petite, lequel ? Mes services secrets en connaissent huit.

-�a fera 9. -Mamma mia.

-Le n�gre cherchait

un document �crit par la m�re.

-Un document ? Quoi, un document ? Pour qui ?

Et pourquoi un n�gre ?

L'Afrique...

Dieu de dieu.

J'avais d�j� l�Europe sur le dos.

Un pauvre Italien s'arrange toujours avec l�Europe, mais l� c�est trop.

Attenzione, Mazarino.

Ce document est indispensable �la compr�hension des choses.

Quelle sorte de document ? -Secret et cod�. Accablant.

Il n�en reste qu�un feuillet tomb� des mains du n�gre.

On vient.

-Son Eminence a exig� qu'on la pr�vienne sur l�heure.

Monseigneur, vous n�aurez plus � redouter la Mis�re.

Le po�te auteur de pamphlets sur votre pr�tendue avarice,

lestaxes,les abus�. -Passez.

-Celui qui vous surnomme "ladre vert",

"musaraigne rouge". -Vous l�avez pris ?

-Presque. Il est rentr� dans Paris d'o� nous l�avions chass�.

On le suit. Autant dire qu'on le tient.

-Eh bien, voil�. Bastille, M. Quentin la Mis�re.

Apr�s cela, qu�on me taxe d'avarice.

Je loge gratuitement les pires ennemis!

Alors, ce fameux document ? Vous me l'avez apport� ?

-Non.

La m�re sup�rieure l'a br�l�.

Je ne voudrais pas vous d�ranger, j'ai abus� d�j�.

-Je croyais qu'elle �tait morte.

-�a n'emp�che pas de br�ler.

Si j'apprenais quoi que ce soit... Merci de m�avoir �cout�e.

A bient�t, sans doute. Nous nous revenons, je pense.

-Ces femmes sont d��tranges cr�atures.

On bavarde, elle est charmante, et soudain la mouche la pique.

Vous avez bien connu son p�re ?

-Dans une autre vie, Monseigneur.

-Vous avez remarqu� ?

Elle allait tout dire et au moment o� j'ai sign�,

subitement elle est devenue p�le.

-Pour moi, le document est sur elle.

Et votre signature lui est apparue comme � Balthazar le Babylonien

la signature de Dieu sur les murs du palais.

-Ma signature ?

Oui, ma signature. Elle l'aura reconnue.

-Ce qui, si je puis anticiper

sur votre brillant esprit de d�duction,

signifie... -Qu'elle l'a vue ?

Mais alors, o� ?

Je signe tellement de paperasses.

Sur le document.

(Ensemble) -Le document secret.

Vite, qu�on la rattrape. Je veux ce document.

Je veux savoir lequel de mes secrets ne l�est plus.

Brouhaha

-C'est �a qu�on t'apprend au couvent ? A me d�sob�ir ?

Je t'interdis de venir voir le roi, tu y cours!

-L�che-moi! -Descends.

-Tu veux un scandale ? -Tu n'en fais qu�� ta t�te.

-Toi, jamais ? -Tu es une fille, mordioux !

O� vas-tu ? -Sauver Quentin!

Exclamations de surprise

Fracas

Bris de glace

H�lo�se crie.

Esp�ces de l�ches !

Triples brutes !

Otez vos grosses pattes de l� ! Philistins !

-Je l'ai trouv�e. Le cardinal sera content.

-Vous avez �t� impoli

avec ma fille.

Tintement des fers, grognements

H�lo�se !

Je te pr�f�re

dans la tenue de ton sexe!

Une cloche sonne.

N'engage pas le fer! Parade, septime, seconde et contre.

Ne retiens pas ta riposte.

�a, c�est la botte d'Athos.

L�homme g�mit. �a, celle d'Aramis.

�a, celle de Porthos.

Peu acad�mique, mais ind�modable.

R�le de douleur

Elle pleure.

Te d�tourne pas, ma petite fille. Regarde.

Il y a dans l'�il des fibres qu�il faut savoir endurcir.

On n'est vraiment bon que quand l��il est devenu sec,

mais le c�ur rest� tendre.

C'est une robe de ta m�re ?

Je la reconnais.

Elle te va bien. -Mmm.

-Viens nettoyer tout �a. Allez.

-Moi aussi j'ai ma botte secr�te.

-C'est le message ?

-Oui, Monseigneur. Encore ti�de. Saisi sur la donzelle.

-O� est la signature ? -Le complot serait-il anonyme ?

-"Danse, papillon, danse L�amour, mademoiselle,

"A votre ressemblance Et j'y br�le mes ailes

"C'est flammes quand il vente Et que l'incendie gagne

Je suis l�ombre qui hante Vos ch�teaux en Espagne"

Trop mauvais pour un po�me. Un message cod�.

-Les flammes, l'incendie. Claire menace.

-"Je suis l�ombre..." Ombre.

Hombre...

signifie "homme" en espagnol.

-Monseigneur� -Ce couvent pill�

est bien sur les terres du duc de Crassac ?

Je le croyais retir� des conspirations

au profit de la traite des n�gres. -Sur laquelle il paie ses taxes.

-Lo so.

Je sais. Mais ce message, l'Espagne �voqu�e...

Pfff !

Croyez-en ma trop vieille exp�rience.

Tout �a pue le complot � plein nez.

Il y a Fronde sous roche.

-Votre goutte, Monseigneur. -Gardez la pose, Monseigneur.

-Come vi permettete ?

Come vi permettete ?

E questo sono io ? E questo � Mazarino ?

Reste

a savoir...

quel r�le joue d'Artagnan dans l�affaire.

Et pourquoi il nous a envoy� sa fille.

Il g�mit de douleur.

Aiutatemi.

-A 12 le�ons d�escrime par semaine,

j�en ai au moins pour 6 mois � rembourser tes d�g�ts.

-Tu ne peux plus nier le complot.

Mazarin m�envoie ses sbires. Il a partie li�e avec les conjur�s !

Quelle idiote ! A son c�t� il y avait un borgne.

Les borgnes complotent

depuis le serpent du paradis terrestre.

-Le serpent �tait borgne ? -D'apr�s les s�urs, oui.

-Dans l�affaire des ferrets dela reine, aucun borgne.

-Apr�s la jument jaune, les ferrets !

-Pas jaune, bouton d�or. -Ah oui, et alors ?

Planchet !

As-tu vu Quentin ? -Un jeune homme vous fait dire

de ne pas vous inqui�ter, il vous rejoindra en temps voulu.

-C'est tout ? Mon petit Planchet...

-C'est pas tout. Je l'ai vu passer 2 min plus tard en courant,

6 hommes de Mazarin aux fesses. -J'y vais !

-Non, reste.

Si tu veux vivre avec lui, commence par lui ob�ir.

Il te retrouvera ici, tu restes ici.

Va te pr�parer.

Planchet, parlons affaires.

J'ai envers toi une vieille dette

dont il est temps de m'acquitter.

Je te dois 1 000 livres. -2 000.

-Ah, 2 000 ? Tiens donc ? Mettons, bon.

Je ne v�rifie pas. Pose-m'en 4 sur cette table.

-De quoi ?

-Tu veux que je te rembourse, oui ou non ?

-Si vous m�expliquiez ? -Non.

Pas de th�orie, tu comprendrais pas.

La math�matique financi�re se d�montre avec du concret:

4 sacs de 1 000 livres.

-Bon.

Je pars du petit sal�... -Qu'est-ce que tu fais ?

-Je cherche ma cachette. C�est toute une combinaison.

Voil�. Le petit sal�...

Deux rangs au-dessus,

la groseille.

Je fais six pots sur la... droite.

Miel de rhubarbe. Je descends 1, 2, 3.

Filets de hareng.

Et neuf...

Neuf�.

Droite ou gauche ?

Il siffle.

Gauche.

Un, deux, trois...

Cinq, six, sept,

huit, neuf...

Pois cass�s �la du Guesclin.

-Pourquoi pas d'embl�e les pois cass�s ?

-N'�tre qu�un �picier n'exclue pas le go�t du myst�re et de l�aventure.

Vous me demandiez 4 000 livres.

Les voici.

-Bien ! Ha, ha!

Je paie ma dette. Voil�. Ouf. Je me sens mieux.

Hein ?

-Vous me payez avec... -Du retard. N'en parlons plus.

Car ces 2 000 livres ne vont pas croupir derechef

derri�re tes l�gumes �la du Guesclin.

Ils sont ta part dans une vaste entreprise o� tu seras de moiti�.

Moi 2 000 et toi 2 000.

-Non mais... Vous m��tourdissez. J'ai sorti 4 000 livres...

-Oui. Je t'en ai rendu 2.

Tu mets 2, je mets 2. 2 et 2 font 4.

C�est clair. Pourquoi tant de chichis ?

Nous partons d�jouer une conspiration, Planchet.

Dont j'attends retour en gr�ce, pension avec effet r�troactif

dont tu profiteras, et tu chipotes ?

-J'aimerais qu�on recommence devant la petite.

-Non,non.

L�argent n'est pas un sujet dont on d�bat devant les enfants.

Raisonne en philosophe, non en boutiquier.

Tu apportes le plus gros du num�raire. Certes.

Moi j'apporte ma main, mon �p�e, ma d�termination � sauver ma peau.

Mes amis. Toi, la bourse.

Moi, la vie. Partage �quitable.

-Tes amis ? Aramis sera-t-il tent� par l'aventure ? Et Porthos ?

-C'est vrai. Sans lui...

-Je doute que l'aventure tente vraiment Aramis, comme tu dis.

Donne�moi �a. Tu vas me l'ablmer.

Mais j'esp�re que notre ancienne amiti� saura vaincre sa r�ticence.

Quant � Porthos, si r�ticence il y a, ton p�t�, tes b�casses

et ton jambon le convaincront. -Ah non, pas lui!

Vous avez d�j� 6 p�t�s, 3 terrines.

-On te trouvera bien

un couvent en route.

-Encore ? Et moi qui t�apporte une conspiration sur un plateau.

Si c'est comme �a, je retourne voir le roi.

Avant que je cite ton nom, il �tait charm� et m'a m�me fait compliment.

-Tu entends �a, Planchet ?

On ne t�apprenait pas l�histoire au couvent ?

Tu ignores les maladies des rois de France ?

Fran�ois !! mal aux oreilles, Charles IX a la t�te,

Henri III au ventre!

Et le mal dont souffre le futur Louis XIV est le pire : le c�ur.

Il ne peut pas voir une jeune beaut� sans soupirer.

Je d�teste �a.

Un seul rem�de, le couvent.

Tout de suite! -Pour te d�barrasser de moi.

-Dame,ouL

Mais tu me manqueras.

Brouhaha, cris des marchands

-Dans 5 minutes, il sera calm�. Col�re gasconne. C�est rien.

Je le connais quand il est mal lun�.

Quand Richelieu... -Quentin ?

Quen�n!

-Les sbires de Mazarin sont apr�s moi.

J'ai emprunt� cette voiture.

-�a tombe � pic.

On embarque tous.

Planchet, pr�c�de-nous chez Porthos. Prends ta mule, emm�ne mes chevaux.

-M. d'Artagnan s'imaginerait-il

que je suis a sa disposition ?

Mmm ?

Est-ce qu�il m'a fait l�honneur de sa pr�sence

lors des obs�ques de ma tre femme ? Non.

A-t-il daign� �tre de mon remariage ?

De mon reveuvage ? Non plus.

M'a-t-il convi� au banquet des anciens mousquetaires gris

de M. de Tr�vise ? -Tr�ville.

-Qu'est-ce que j'ai dit ? -Oh, rien. Ca arrive.

-Mon brave Planchet,

vous savez que j'en ai bigorn� pour moins que �a ?

Vous n�avez pas oubli� mon extr�me susceptibilit� ?

Voici la r�ponse que tu porteras a ton ma�tre :

c�est non, tudieu !

Viendrait-il me supplier � genoux, le Gascon,

ce serait encore non, non et non !

Oui, oui, oui, oui, oui! Si je m'en souviens!

La jument jaune! Un canari sur 4 pattes.

Et encore, qu�elle f�t jaune n��tait pas le pire.

-Ah bon ? -Ah non ! Elie sentait l�ail.

-Elle sentait l�ail ?

-Elle ne sentait pas l'ail. Deux doigts de sancerre, mon ami.

Elle empestait l'ail!

Si vous ne me croyez pas, nous consulterons Aramis.

-Oh, Aramis...

A�e, oh...

Il sonne la cloche.

-Monseigneur, Monseigneur! -Chassez-moi ces intrus.

On ne d�range pas les m�ditations d�un �v�que.

-Ces messieurs insistent beaucoup.

(D'Artagnan et Porthos) -Aramis, faudra-t-il

que nous enfoncions votre porte, mordioux ?

-Vous, sortez. Vous, Nez-moi �a.

Grondementdutonnene -FoudroyanL

Je veux un poison foudroyant �voquant une mal�diction divine !

Pas un �lixir qui tue en 3h. -Je peux r�duire � 2h.

-Non ! Je veux pas que �a se boive ni que �a se mange!

Ce laboratoire de recherches mal�fiques me ruine et pour quoi ?

Une pommade! Je vous touche, vous �tes mort.

-Facile � dire, M. le Duc, mais... -Pas de �mais" !

Vous �tes m�decin. Une mort subite, c�est simple.

llsouphe.

Je suis d�sol�, j'ai la t�te ailleurs.

J'ai l'impression que Mazarin nous observe.

-Calmez-vous, Clovis.

Tous les hommes de votre trempe ont des hauts et des bas.

L'angoisse avant le triomphe. -Le triomphe, bien s�r.

Pourquoi cet int�r�t du cardinal pour un couvent

bouscul� �150lieues du Louvre ?

Toutes ces missives, ces questions !

C�est simple, je n'ai plus de pigeon pour envoyer mes r�ponses.

Il verse un liquide.

-La m�re sup�rieure n��tait pas femme � mourir en silence.

Si elle m�avait reconnue ? -Nom de Dieu !

-Le couvent me d�noncera.

Et moi... c�est vous.

Nous devons y mettre bon ordre. -Vous voulez dire...

-Nettoyer la place.

-Tout de m�me ! -Place nette. Plus de t�moin.

-L'autre saura. Ce putain de Rita! a des espions.

-II vous enverra un �missaire.

Pour mesurer ses chances de succ�s et le prix � payer.

C�est un homme de r�flexion.

Vous �tes un homme d'action. -Un homme d'action. C�est vrai.

J'ai trop tendance � l'oublier.

On reprend ?

-"Ch�teau en Espagne�, "ch�teau en Espagne"... Non.

"Danse, papillon, danse

"L�amour,

mademoiselle"

Je suis s�r qu�il n'y a l�-dessous ni amour, ni damoiselle.

Trois jours sans trouver rien! Ricardo!

Trois jours sans rien trouver!

Riccardo, tu m'as d�chiffr� la derni�re grille du pape, et l�...

Quels minables !

-Nous faisons pour le mieux...

-II y a eu plus dur.

-La grille du pape, une connerie!

Tu parles d�une grille! Stupide. Tr�s facile.

Une consonne pour la voyelle qui la pr�c�de, et r�ciproquement.

Bien s�r, � partir de la 7e lettre!

Un jeu d'enfant...

Je ne suis pas un amateur, Monseigneur.

�a, c�est terrible !

Effrayant ! Infernal !

Parce que �a, c'est nouveau!

-Nouveau ?

"J'y br�le mes ailes".

-Nous avons essay�. Ce n�est pas �crit � l'encre sympathique.

J'ai re�u par pigeon la r�ponse de Crassac qui pr�tend

qu'� la suite d�une temp�te un navire a �t� dross� �la c�te.

�vasion d'un n�gre, poursuite, refuge dans un couvent, bavure.

-Bavure ? -Bavure.

Une m�re sup�rieure assassin�e. -Crassac me prend pour un imb�cile.

Sa r�ponse est si stupide qu�elle me confirme dans mon id�e.

Ce type-l� trafique en dehors des esclaves.

S'il trafique sans moi, il trafique contre moi.

Cela prouve la gravit� des choses.

Tout le monde sait que je suis a vendre.

S'il n'essaie pas de n�gocier, de se couvrir de ma complicit�,

c�est qu�il ne veut pas une part du g�teau, mais tout le g�teau.

Il veut ma place!

Applaudissements Basta. No, grazie.

Croyez-moi,

ceci est la cl�.

Au travail !

-J'en termine, je crois.

"4 robes de bure,

"8 sols, 3 liards", �a nous donne au chapitre 43,

verset septi�me de J�r�mie, toujours le cinqui�me mot,

qui est... "Chorona�m".

Voil�. Chorona�m...

Souleas

Maintenant, relisons.

"Chorona�m,

ros�e, ang�lique, septante, s�r�nit�, astre, chameau."

-Obscur, surtout le chameau. -Choronalm ?

Qui est ce Chorona�m ? -Un pays, mon cher.

Prendriez-vous Le Pir�e pour un homme ? Nous approchons.

Il suffisait de se r�f�rer au code du p�re Joseph, �J�r�mie,

"proph�tie sur Moab", et la r�flexion devrait nous amener

� d�duire bient�t le sens de tout cela.

-"S�r�nit�,

ang�lique, septente" : un complot po�tique!

-Halte !

La hure de marcassin ne laissera pas le salmis de perdreau

passer devant lui.

L'estomac va se retourner, sans compter la truffe

que l'oignon peut contrarier. -Tu mets bien des artichauts

dans ton p�t� au jus ? -Toujours.

Une couche au fond, sel, poivre, 3 langues de lard,

la moiti� dela viande, 2e couche au milieu, le reste par�dessus.

-Que crains-tu ? L'artichaut fera tout passer.

-Et si �a n��tait vraiment

qu'une liste de blanchisserie ? -Vous raisonnez comme un fromage.

Croyez-vous que Mazarin aurait envoy� ses sbires

pour une simple liste de blanchisserie ?

Examinez-la bien.

En haut,

� gauche, au travers de la tache.

On distingue �voile". Et plus loin �Hollande".

-Je lis �toile de Hollande". -Hollande, donc Provinces-Unies,

donc Espagne, car elles font partie dela couronne espagnole

qu'elles ont soutenue contre Cromwell.

-Tout devient implacable. Sauf le chameau.

-Partons demain pour le couvent de Crassac.

Pour �claircir cette affaire. -A propos de couvent, H�lo�se...

-Elle viendra, �tant la seule � avoir vu

Pagresseur. Elle nous sera tr�s pr�cieuse.

Elle r�prime un cri de joie.

-Quentin ! Je pars!

Quen�n!

Ho, Quentin.

llgrogne.

Quelle mis�re, la Mis�re.

Tant pis pour toi.

-imaginez que nous sommes � Reims dans la cath�drale.

Ici le prince, le futur roi, son fr�re, sa m�re,

le cardinal, nous.

Ici l'�v�que de Soissons.

Dans sa main la sainte ampoule � laquelle l'un des n�tres,

un moine, aura substitu� celle�ci, identique.

L'�v�que prend le saint chr�me et commence les onctions

fatales au jeune roi.

Les uns y verront la main de Dieu, les autres la main du diable.

L'essentiel est que personne n'y voie la n�tre.

Sit6t la mort du malheureux Louis constat�e, ex�cution

du cardinal pr�sum� coupable

et proclamation du jeune fr�re du roi

comme h�ritier du tr�ne, et moi d�sign� comme son protecteur.

Par vous.

Tous. Nous sommes bien d'accord ? -Mais l'accident ?

La sainte onction suppos�e fatale ? Qu'est-ce exactement ?

-Aqua mysteriosa. Un poison sans merci, inexorable.

Borgiaque.

On meurt dans la minute du seul contact avec la peau.

Le poison.

Le fournisseur.

Il y en a 7, je crois ? -Oui, M. le Duc.

Le front, les tempes, les yeux...

Ah.

-Vous en saviez trop, mon pauvre ami.

Il en savait trop.

Trop, c'est trop.

-Tout de m�me, ma gentille petite femme...

-Partez sans inqui�tude, j'ai quelqu'un pour elle.

Quelqu'un de bien.

De mieux que vous.

Messieurs, plus aucun contact entre nous

jusqu'au clo�tre de Chazeilles,

o� nous serons la veille du sacre

les invit�s du pauvre roi qui ne sera pas roi.

-On pouvait garder la berline. C'�tait plus confortable.

-Et le panache, Porthos ?

On n�allait pas le laisser � Cyrano!

-Plus vite, messieurs!

-Elle est autoritaire.

-Une fois au couvent, avec les s�urs, laissez�moi faire.

J'ai la mani�re. Si elles ren�clent, je les confesse.

-Hier soir, tu as manqu�

un spectacle ravissant.

-Un spectacle ? -Mmm.

Quelque chose que tu ne verras peut-�tre plus jamais.

Comme la com�te.

Allez, messieurs, allez!

D'Artagnan r�le.

-Mon cheval est � la limite de la fourbure.

-Le mien fond.

-Changer de cheval, vous �tes bons ! Impossible.

J'en ai plus. J'ai c�d� le dernier y a pas th.

-2 mots de moi et ta licence saute.

-C'est ce qu�a dit l�homme a qui je les ai c�d�s.

Aussi connu et aussi press�. Mais borgne.

-Borgne ? Celui du Louvre... Papa, je t'en ai parl�.

-Borgne comment ?

-Avec un �il. -C'est lui!

On trouvera des chevaux plus loin.

-Ah non... Ne me dites pas que vous repartez.

-J'aurais aim� vous faire plaisir... -Mais il est pass�

un borgne. -Voil�.

-Qui a tout rafl�. -Voil�.

-� table. J'ai faim. -Bonneid�e.

-Pr�parez-nous des chambres.

-C'est-�-dire� -La maison ferme ?

-Voil�. -Tu fermes ? Il a raison ?

-C'est mercredi. -ET ALORS ?

-Dimanche, c�est le sacre du roi. J'y vais.

On ne ferme jamais. Sauf pour le sacre des rois.

-Du calme, l�abb�.

Grincements dela machine

-Je suis assez habile en salle d�armes,

mais d�s que j'engage le fer contre un ennemi, j'ai des �clipses.

-Sensibilit�, peut-�tre ? -Sensibilit�.

Dommage. �a me prive de certaines joies voluptueuses.

On ne se refait pas.

-Croyez-vous que j�aie entrepris ce voyage d�enfer pour admirer

vos dons de bretteur ?

Je sais tout.

Pourquoi jouer au plus fin ? Nous avons le message.

-Lequel?

-"Danse, papillon, danse L�amour, mademoiselle,

A votre ressemblance J'y br�le mes ailes"

�a ne vous dit rien ? -Rien. Une chanson ?

Ce qu'on �crit est si b�te. -Un peu de bonne volont�.

Nous oublierons le couvent mis � mal, la sup�rieure assassin�e.

-Vous connaissez

cette botte secr�te ?

Coup sec

-Secr�te ? La tortueuse de Cahuzac.

-Vous la connaissez ? Et celle-ci ?

Cri aigu

-Ah non, non, non!

�a ne marche qu�avec le soleil dans le dos.

Je la pratiquais � 20 ans. C�est la sournoise de Nemours.

Livrez-moi le code et je vous apprends

la fatidique de Rochechouart qui tue 2 hommes en 6 pas.

-Nom de Dieu, je d�teste jurer mais c�est l��motion,

si je savais... sur la Bible. -Ne la salissons pas!

-Que voulez-vous

savoir, � la fin ?

-Je suis un homme du cardinal, M. le Duc.

J��pie, je scrute,

je n�gocie.

Tiens, tiens, curieux.

Pourquoi ces n�gres reviennent du navire en portant des sacs...

Des sacs de quoi ?

-De rien. C�est une id�e d'une amie tr�s ch�re.

-�glantine de Rochefort,

la femme en rouge ? -D�cid�ment, vous savez tout.

-Petits trafics, petits int�r�ts. Pour l�heure je ferme les yeux.

Mais ce complot! La France enti�re sait.

-La France enti�re ? Non ?

Gardez �a pour vous.

-Voici la part

de notre cher cardinal.

4 pistoles par t�te transport�e,

1 600 doublons.

-Le compte y est ? Un re�u ? -Pas entre gens de mauvaise foi.

-Nous ferez-vous l�honneur de d�ner ici ?

-Avec plaisir. Pardon.

Pigeons ? -Pigeons ? Partis, tous!

-Mazarin ! Oh, oh!

Mazarin ! J'en fais ce que je veux du Mazarin.

J'ai plac� toute ma famille: un architecte des hospices royaux,

un ma�tre d�artillerie avec privil�ge de fondre les cloches,

et un pharmacien en chef des h�pitaux de Paris.

Une ambassade, une procure,

�a vous dirait ? -Je r�verais de fondre les cloches.

-D'accord pour les cloches.

Attention.

On va jouer � un jeu.

Je connais 3 noms du complot. Je vous les dis, vous m�en dites 3.

�a marche ? On ne triche pas.

Si nous tombons d�accord, vous aurez ce qu'il vous plaira,

sauf la main de la reine m�re que Mazarin se garde pour lui!

Alors...

Premier nom :

Crassac de Merindol.

Deuxi�me nom: Eglantine de Rochefort.

Vous, ma ch�re.

Troisi�me nom : Turenne. -Ah non !

Turenne ne fait pas partie du complot.

-Quel complot ?

Complot... Vous n'avez que ce mot �la bouche. Aucun complot.

-Hein ? Aucun.

C�est vrai, nous vivons tr�s en dehors de tous les complots.

-Si vous saviez comme la province s'ennuie pass� le dernier ang�lus.

Reprenez donc du clafoutis.

-"J'�cris le r�cit de nos exploits avec mon sang" ?

De l�encre rouge ! -Licence po�tique.

-Je n'ai pas dormi �la belle �toile

depuis le si�ge de La Rochelle.

-Vous aviez 20 ans de moins. -20 ans et le pouce.

-Moi je ne me sens pas chang�.

-Hein ? -Non, vraiment.

-J'esp�re qu'il y a 20 ans vous auriez poursuivi la route

sans vous pr�lasser. -Tr�s aga�ante !

-H�lo�se, fais-nous la gr�ce de faire boire les chevaux.

-"H�lo�se, mes bottes", "H�lo�se la boucle de mon baudrier"...

-ll suffit, mademoiselle!

Elle est jeune.

-A son �ge, Marie avait d�j� un fils, et que! fils.

-Mais le Saint-Esprit avait traficot� tout �a.

-Allons, allons. -La table est mise.

J'esp�re que vous n'avez pas faim. -Quentin, viens.

-ll reste ici.

-Pire qu�au couvent.

-Tu vas bient�t t'y retrouver! Tu m'entends ? D�s demain!

-P�re indigne.

-Devant mes amis, devant un �tranger, tu oses ?

-Je dis ce qui est. -H�lo�se !

-P�re indigne! P�re indigne!

Moi qui ai tant souhait� te retrouver.

-Moi, ce que j'aime dans le dessert, c�est les p�tes.

Parce que les cr�mes,

�a prend trop de place dans l'estomac.

-Pute borgne!

Borgnissimus puta Deo amen.

-D�coction miracle. Vous m'en direz des nouvelles.

Je fais venir la graine d'Afrique avec les n�gres. Kawa.

Prononc� � la turque "kahve". Les Italiens disent "caff�". Moi...

Une id�e de notre amie, je guigne l�exclusivit� pour la France.

J'importe et j'exploite.

Boisson insomniaque.

Un somnif�re � rebours, si vous pr�f�rez.

�a chasse les mauvais r�ves, les bons aussi.

On ne dort plus, on vit. Mais on ne s'en passe plus.

Imaginez l�effet sur un peuple si vous �tes le seul � fournir.

Votre prix sera le sien. Go�tez, go�tez.

-La couleur rebute, l'odeur intrigue.

-Ah�

-Ah oui, oui,

oui !

Voil� le trafic.

Les sacs. Oui, oui, oui, oui!

Monopole !

Je vous aide � lancer cette boisson. 10 %. 6 pour Mazarin, 4 pour moi.

-C'est trop. Beaucoup trop. -Peut-�tre.

5 pour Mazarin, 5 pour moi.

-C'est tr�s raisonnable. -�videmment,

la mort d�une des parties y met un terme.

-�videmment. -�videmment.

-Ce n'est pas que vos papotages m�ennuient,

mais vous savez ce que signifie tenir une maison.

Je dois m�occuper de nos blanchisseuses.

-Si tard ? -Pleine lune. Grande lessive.

-Je comprends, je comprends. Allez!

Nettoyez, nettoyez.

Place nette, ch�re amie, place nette.

Une maniaque dela propret�.

On les �l�ve dans les couvents et le pli est pris.

Voil�. Bon...

Vous allez voir, le kawa se marie tr�s bien

avec la goutte que nous fabriquons : armagnac.

1572, Saint�Barth�lemy. Tr�s bonne ann�e.

Il expire fortement.

-Je veux plus le revoir, c�est fini !

Qu�il me croie morte et s'use les yeux de chagrin !

-Attendons le jour. Nous allons nous perdre.

-Personne t'oblige � venir. -Une rivi�re. On fait demi-tour ?

-Pas question. Je reconnais. Le couvent est derri�re.

-ll n'y aurait pas un pont ?

-Trop loin.

Allez, Quentin! Tu te d�p�ches ?

-Je� Je sais pas nager.

-T�as pas besoin si tu restes � cheval.

Si tu crois que je vais �pouser un l�che !

-C'est pas moi, le l�che. C'est le cheval !

-Allez.

Hennissement

-Oh, c�est froid !

-Vous �crivez dans votre br�viaire ? -Parfois.

Les pens�es importantes, les rendez-vous notables.

-Et l�, c�est quoi ?

-Le message d�crypt�. A force de le lire, j'en d�couvrirai l'arcane.

-L'arcane ? -Oui, le secret.

Le myst�re, si vous pr�f�rez. C'est un terme alchimique.

-Curieux : en lisant la tre lettre de chaque mot,

cela en forme un autre. -Ah oui ?

-CRASSAC.

-CRASSAC ?

-Chorona�m, C, ros�e, R, ang�lique, A... jusqu'� CRASSAC.

-Tudieu, Crassac ! -Oui, �videmment, Crassac.

-Ma petite fille...

H�lo�se... Elle avait raison!

H�lo�se !

Ma petite fille, tu avais raison !

-Et voil�, il va se r�concilier avec elle.

Les enfants sont d�une furieuse ingratitude.

C�est pourquoi je n'en ai pas souhait�.

-Aujourd'hui je devais pr�cher devant les demoiselles

dela Divine Expiation : robes mauves, bonnets bleus.

Elles sentent le jasmin. -C'est s�r, hein.

Il va lui pr�senter ses excuses.

-H�lo�se�

Elle a fil�. A cheval, messieurs. Debout, Planchet.

-Qu'est-ce qu'il y a ?

Cris d�animaux nocturnes

Bruissement d�ailes

-�glantine de Rochefort, oui.

Et toi ?

-D'Artagnan. H�lo�se d'Artagnan.

-Que fais-tu l� ?

-Vous, vous effacez les traces de vos crimes.

EHe ?cane.

-D�cid�ment, m�re Th�r�se parlait trop. Et toi aussi.

Elles poussent des cris.

Corne de brume

H�lo�se la gifle.

-H�lo�se ?

(Il chuchote.) H�lo�se !

H�lo�se, tu boudes ?

"6 cornettes en drap de Hollande,

�2 chemises de lin..."

De la blanchisserie et rien d�autre ?

Hennissement

-Au ch�teau, avec les autres !

-H�lo�se !

H�lo�se !

Oh, c'est haut.

-H�lo�se !

H�lo�se !

-Si ce n��tait pas le bon couvent ?

-On arrive trop tard. -M. Porthos !

M. d'Artagnan ! -Quentin� Mordioux !

Alors ? On enl�ve ma fille ?

-J'ai mal. J�ai chut� d�une fen�tre.

-O� est H�lo�se ? -La femme en rouge.

J'ai mal. Prisonni�re de la femme en rouge.

-Et vous �tes libre ? -Je sais pas nager.

-O� est�elle prisonni�re ?

-La femme en rouge a d� rejoindre Crassac.

H�lo�se est chez Crassac.

-Trouvons le ch�teau... -On trouvera H�lo�se. Porthos ?

-Oui.

-Mes beaux messieurs,

tous les ch�teaux de par ici sont au duc.

Crassac le petit,

Crassac le vieux, Crassac sur B�goule.

Crassac le sec. Crassac la source.

-II y a bien un endroit o� il vit plus souvent ?

-Dame,oui! -Alors, lequel ?

-Ah oui, lequel ?

-Voil� la cargaison, capitaine.

Cris stridents

-40 pistoles. -Vous marchandez chaque t�te ?

-Chacun sa sp�cialit�. J'ai l'habitude du n�gre.

Le n�gre, j'ai l'�il. Sur la bonne s�ur, je t�tonne.

Trop malgre.

-Aux Am�riques, on aime peut-�tre les minces.

Et je ne vends pas au quintal. -60, mais j'y perds.

-Celle-l��

Rien.

Cadeau. -Cadeau ?

-J'ai mes raisons.

-�glantine de Rochefort. -�glantine de Rochefort, oui.

Que tu as fait je�ner 40 jours pour un biscuit vol�.

Fouett�e pour un mot,

renvoy�e de ce couvent pour une �illade a ton confesseur ch�ri.

Cadeau. Mais � une condition.

Qu�elle soit vendue � un Peau-Rouge.

Ils sont tr�s caressants.

-A un Peau-Rouge !

Elle sanglote.

-�a va pas �tre commode.

40 pistoles. -50.

Toi...

Tu vaux de l�or.

-300. -Elle va me rester sur les bras!

-Plaignez-vous !

-Tr�s ch�re amie, ne me bradez pas cette petite merveille.

Crassac de Merindol. -H�lo�se d'Artagnan.

-La fille du fameux... ? Il aurait une fille ? De qui ?

-De ma m�re, monsieur l'assassin. -�patante.

-Elle m'a mordu. -Nom de Dieu. Montrez�moi ces dents.

-Oh ! -Quelle vivacit�, quel aplomb.

Quel g�chis!

Je Pach�te.

Il tente en vain d'ouvrir la porte.

-Fait� Je suis fait.

Les anges, maintenant.

Chant religieux

Ce qu�il me faudrait, c�est un kawa.

Fort. Tr�s fort.

-� votre avis, Aramis ?

La garnison, combien d'hommes ? -100.

120. Mettons 150.

-Je suis le plus jeune. Je d�livrerai mon aim�e. Volontaire.

-Volontaire ?

-Pour traverser les lignes ennemies, chercher le secours.

-Quelles lignes ? Et les secours, c�est nous.

Allez !

-Et moi ?

-Tu regardes et tu pries.

Je vous en prie.

Il n'y a pas un passage plus facile ?

-Je me souviens d�avoir visit� les ch�teaux dela Loire

avec ma 2e �pouse.

Excusez-mol.

J'en avais ma claque.

Mais aujourd'hui, c�est pire.

-C'est tout de m�me plus de leur �ge.

-Ah, Seigneur... J'esp�re que je ne suis pas trop ridicule.

-Aramis,

� la force du poignet.

-Malheureusement la force du poignet s'amenuise

avec le poignet.

Je n'entendrais pas une sorte de chant ?

-Rien du tout.

-Je connais ce genre de mirage. C�est quand on a le ventre vide.

-C'est curieux, j'ai cru reconnaitre le psaume 70.

llgrogne.

-M. d'Artagnan, cessez de m�envoyer des pierres sur la t�te, par piti�.

-M. Duvallon, je fais ce que je peux, mordioux !

Une cloche sonne.

Crissements d'�p�es

Que se passe-t-il ?

-Monsieur !

Je descends. J'exige le passage.

-Je vous trouve bien impudent. Nous avons la priorit�.

Nous montons.

C'est tr�s difficile.

-Moi, je descends. C'est pire.

-Cette voix !

-Un borgne!

C�est le borgne. Le borgne de Mazarin!

-Le borgne ?

-Si fait, monsieur. En mission sp�ciale et secr�te.

-Un mort!

-Athos !

-Athos ? -Athos ?

-Vous ? Je remonte.

-J'allais

vous le demander.

-Mais Athos...

Par quel miracle ? J'ai pleur� sur votre tombe!

-Oh, d'Artagnan !

-Mon cher ami, j'ai donn� des messes pour vous.

-Je vous expliquerai. -Porthos ! Porthos !

-O� est Porthos ?

-Le ch�teau est d�sert, compl�tement d�sert.

-Voil� !

-�coutez-moi. Le ch�teau est d�sert. Aucune trace d'H�lolse.

-Tudieu ! Mon enfant!

-C'est le borgne ? -Quel borgne ?

-�a a �t� pire que les ch�teaux dela Loire.

-Si nous mangions quelque chose ? -Tr�s bonne id�e.

-Moi, je voudrais bien qu'on m�explique ce qu�on fait l�.

-On cherche

ma fille!

On ne sait pas o� elle est.

-Avec les autres. -Quels autres ?

-Les cornettes.

-Les petites s�urs !

Les petites s�urs,

ou alors les bonnes s�urs. -Si �a vous fait plaisir.

-�a ne dit pas o� elle est.

-Tenez, il est froid, mais...

-Ah, c�est du caf� ! J'en buvais �...

A Venise.

Excellent pour la m�moire. -Tenez.

Je vous propose d'en boire.

Ce qui est �patant, c�est qu�on en prend vite l�habitude.

J'ai pens� ouvrir des �tablissements o� nous aurons un monopole...

-Je les vois !

-Quoi?

-Les cornettes !

Les bonnes s�urs. L�.

-Je savais bien que je les retrouverais.

Je retrouve

toujours tout, moi.

Mon capitaine, � propos des 4 000 livres...

-Pas le temps, Planchet !

-Foutez-moi les nonnes �la cale! Larguez les amarres !

Hissez la passerelle, vite ! Il r�p�te l'ordre.

Allez !

-H�ro�que, mais absurde.

Tintement des fers, cris, hennissements

-Allez, ramasse �a !

-Je sais pas m'en servir.

-C'est simple: tu pointes et tu pousses.

-�a marche. Au fait, lisez.

-Pas le temps. C'est quoi ?

-De la blanchisserie.

-Et alors ?

-Notre message, c��tait rien que dela blanchisserie.

-Alors �a, �a m��nerve.

H�lo�se !

-H�lo�se !

-Un instant. On chante l�, non ?

Une �p�e b�nite, mon fils.

Coup de feu

Je savais qu�on chantait.

Tintement des fers, cris

-�a �nerve, �a, hein ?

�a suffit comme �a.

Dites donc, c�est pas toujours le m�me �il ?

-Pas toujours.

-Vous n'�tes pas plus borgne que mort ?

-Coutume des services secrets. C�est technique.

�a d�veloppe un �il et repose l'autre.

Il rugit.

-Je cherche H�lo�se d'Artagnan.

-De la part ? -De Quentin, son fianc�.

-Vous auriez un objet coupant ? -Que vas-tu faire avec �a ?

-Tu vas voir.

-C'est toi, l��v�que ? -�a d�pend.

A quel sujet ? -Confession urgente.

-�a peut se faire.

-Messieurs,

je vais vous montrer quelque chose de rare.

Soyez attentifs.

La vip�rine de Montparnasse. Sansissue.

L�homme g�mit.

-Comment avez-vous fait ?

-Vous n'avez pas regard�! Je reprends.

-Ah ! Il tire.

-H�lo�se !

-Elle est en main. Vous ne la revenez pas.

-Qu'est-ce qu�il dit ?

Tintement des fers, cris

-Ah !

-Toilettez votre �me. Dieu la verra bient�t.

-Sauvez donc la v�tre, monsieur le Gascon !

Je suis bless� ? Mais je meurs...

-H�lo�se�

�a ne me dit pas o� est ma fille.

-Moi, je sais.

Cet homme, le lieutenant de Bargas,

je l'ai confess�, je sais tout. -Parle donc.

-Accordez-moi d�abord la main d'H�lo�se.

-Parle sans condition. -Je veux sa main devant t�moins.

-Mais c�est du chantage ! -Oui.

-Pocapdedious, parle ! -II ne tient qu'� toi, Gascon.

-Porthos dit vrai.

-Bon.

Bon, bon, tr�s bien. Parlez, mon gendre.

-Voil�.

-Un instant!

Avant d'�tre mort, ce mort demandait un pr�tre ?

-Oui. -J'en suis un.

Usurpateur. -Vous �tiez occup�.

-On appelle! -II se mourait.

-On fait attendre.

Je veux la primeur de sa confession. �cartons-nous.

Allons.

-II est toujours d�une susceptibilit�!

Je le croyais chang�. -Oh !

Souviens-toi du mouchoir... -Ne m�en parlez pas.

-ll tire son miel du gendre.

-Reprenez-moi si je me trompe. H�lo�se est aux mains de Crassac ?

-Oui. -Elle a surpris un secret ?

-Un complot. -J'�coute.

-L'assassinat du roi.

-lmpossible. Pass� de mode. Depuis Ravaillac, personne n'a...

Il faudrait �tre fou.

Mais Crassac est fou. Parlez.

Avant le sacre de Reims il y a le clo�tre de Chazeilles

o� se r�unit la cour.

-ExacL

-D�jouons le complot, le roi est sacr�, d'Artagnan graci� et vous...

Alors je veux l'�v�ch� d'Angoul�me, Cognac et Jarnac.

-Comment voulez�vous... -C'est tr�s facile �la cour.

Un mot ici, un mot l�. Nous sommes d'accord ?

N�oubliez pas: Angoul�me, Cognac et ?

-Jarnac ?

-C'est tr�s bien.

-C'est pas le m�me �il ? -Non, pas toujours.

-C'est technique.

-Je l'autorise � dire ce qu�il sait.

Il y a du nouveau. -Quoi?

-Assassiner le roi.

-Le roi ? -Mais ma fille ?

-Au clo�tre de Chazeilles. -Chazeilles ?

-Chazeilles ? -Oh, mes reins!

-Vous n�avez pas l�impression que son bandeau est du mauvais c�t� ?

-Peut-�tre.

Cridu cocher

-Ne craignez rien,

ch�re petite.

On ne maltraite pas les otages si l'on a 2 sous d�intelligence.

-Est-ce votre cas ?

-Et de l�esprit. J�adore l�esprit. Je l'adopte et je l��pouse.

-Jamais !

-Boutade. Plaisanterie. Qu'allez-vous imaginer ?

-Clovis !

-Vous dormez jamais ?

-Pourquoi dormir ?

-Le repos.

Les r�ves.

-Mes r�ves sont pires que ma vie.

-Je sais.

Monsieur Lab�die. -Quoi, monsieur Lab�die ?

-Fallait peut-�tre pas l'empoisonner.

-Un monstre!

Il m'avait viol�e.

-R�cidiviste, condamn�e pour prostitution,

�vad�e dela prison Saint�Lazare.

-Tu sais tout �a aussi ?

M�re Th�r�se ? C�est elle qui t'a dit �a ?

-Non.

Elle vous aimait.

A sa fa�on, mais elle vous aimait.

C'est moi, j'ai lu le registre.

Les pages que vous avez d�chir�es, je les avais lues.

Personne ne trouverait le sommeil apr�s avoir fait ce qui �tait �crit.

-Ce qu�il y a de bien avec les h�morro�des,

c�est qu'on oublie ses rhumatismes.

-Allons, messieurs!

-Un instant.

Des religieuses chantent.

-Non!

H�lo�se g�mit.

-Vous permettez ?

�a me fait plaisir.

Ah ! ingrate.

-Les cloches de France vous annonceront demain sur le tr�ne.

Permettez que j'anticipe de quelques heures sur ce qui sera

bient�t r�alit�.

Permettez-moi de revenir sur quelques conseils

� l'occasion de ce dernier t�te-�-t�te.

Soyez grand. Soyez superbe.

Soyez seul.

Ne confiez les affaires qu'� de solides travailleurs.

M�me s'ils sont plus m�diocres que certains esprits flatteurs.

Prenez Colbert, Le Tellier, Louvois si vous pr�f�rez.

Gagnez Turenne, voyez Vauban. Ni Cond�, ni Rohan.

Trop de morgue.

-GondL -Non!

Trop de ruse.

Capito ?

Paris est une ville fantasque et vaniteuse. Habitez la campagne.

Tout ce qui compte viendra � vous. Versailles, ce serait bien.

Les femmes.

Je sais, vous les aimez. Trop.

Je ne dis pas que vous aimez trop les femmes, mais vous en aimez trop

et trop � la fois.

Surtout ne donnez votre c�ur a aucune.

Elle s�assi�rait dessus comme sur un tr�ne.

Vous ne pouvez �pouser l'Angleterre et l'Espagne : choisissez l'une,

mariez votre fr�re a l'autre. -Monsieur ?

-Je sais. C�est d�j� �trange de l�appeler �Monsieur".

Plus encore de songer � le marier.

Mais ce serait si bon pour le royaume,

ces alliances aux doigts de ses ennemis.

Le style. Ne vous croyez pas tenu d'en inventer un.

Louis XIII, c'est tr�s bien. -On pourrait enrichir.

Travailler le d�cor, sculpter, dorer.

-Croyez-moi : Louis XIII. -Nous verrons.

-J'essayais de sauver les meubles.

-Pourquoi ne vous aime-t-on pas, M. le Cardinal ?

-Si l'on m�avait aim�, peut-�tre me serais-je cru roi ?

Je n��tais que l'�tat. -Ne peut-on �tre les deux ?

-Vous en d�ciderez apr�s le sacre.

-Le roi, c�est moi. L'�tat, c�est moi.

Je vous regretterai, M. le Cardinal.

-J'en conclus sans orgueil que vous me remerciez.

Je vous ai toujours eu beaucoup d'amour, mon prince.

-Moi, je vous admirais. -C'est moins doux.

-Je vous aime un peu.

-J'ai oubli� l'�dit de Nantes. Ne jamais r�voquer l'�dit de Nantes.

-J'ai vu le carrosse royal, celui de Mazarin, 20 autres.

Il y a de la troupe. Beaucoup. -Protection du roi. Normal.

-Et les gardes de Crassac. -C'est moins normal.

-Mais s�il est l�, H�lo�se aussi.

Mes amis, j'ai pris ma d�cision.

C�est moi qui vous ai jet�s dans cette aventure,

qui ai laiss� mon enfant aux mains dela canaille, j�assume.

Je la d�livrerai. Seul.

-AH NON ! -Seul !

-II y a 3 hommes devant

chaque porte, des patrouilles... -J'ai mon plan.

Pour H�lo�se. Pour la France.

Pour le roi.

-Ce Gascon, tout de m�me. -Qui aurait dit, avec sa jument ?

-II y a 20 ans. -Etle pouce.

-De quelle couleur, la jument ? -Jaune.

G�missements

-Ah, mon Louis... Quel dommage, cette couronne!

Tu devrais me garder. Tu dis bien que je baise comme une reine!

-On est � ce qu�on fait et on se tait.

Elle rit.

-Oh, Louis... Louis!

Fracas m�tallique

lltousse.

-H�lo�se ?

Ah, ce n'est pas possible ! Mais comment oses-tu ?

Je te fais �lever chez les bonnes s�urs

et tu c�des au premier venu!

Oh, merde bique. Oh, pute borgne!

Oh, Majest�. -Vous �tes le sosie n�gre de...

-Mais c'est lui. C'est moi... Oh lala !

-D'Artagnan ?

-H�las� Majest�.

-J'ai jou� au cerceau avec H�lo�se,

M. d'Artagnan. -Madame,

la suite de notre conf�rence est report�e.

Regagnez le lit d'o� une jeune fille n'aurait jamais d� sortir.

-M�meroL

les hommes, c�est rien que des mufles.

-Halte, monsieur. Vous �tes trop salissant.

Vous aviez une bonne raison de surgir ?

-Excellente raison. Je cherche la personne qui m'est la plus ch�re.

Apr�s mon roi. H�lo�se, Ad�la�de, Jeanne d'Artagnan. Ma fille.

-Dans ce couvent ?

-On l'y retient.

-Sous mon toit ?

Aboiements

Ils chuchotent.

-Majest�, je vous prie d'excuser...

J�entends un bruit, je me pr�cipite...

-J'apprends dela bouche de M. d'Artagnan

de terribles nouvelles.

-L'�ge commence a vous blanchir.

-S'il vous pla�t ! Cessez vos gamineries.

Il s'agit d'un complot contre moi.

-Je sais. J�ai mon meilleur borgne sur l'affaire.

"12 cornettes en drap de Hollande.� -Non. Dites-lui.

-Une note de blanchisserie. Erreur d'interpr�tation. J'ai les preuves.

-Ah bon ?

Et "Danse, papillon, danse L�amour a ta ressemblance� ?

-Non plus.

C�est un po�me de mon futur gendre.

-Ah oui ?

-Oui, votre police, vos borgnes, vos pigeons me co�tent une fortune

et le vrai complot vous �chappe !

-Quel en serait l'objet? -La mort d'un roi. Jeune et beau.

La mort d�un ministre. Sage et rus�.

-Quand cela ? -Demain. Ici.

-ll m'a donn� la liste des conjur�s : duc, duc et reduc.

Consternant.

-ll r6de ici 100 �p�es ennemies.

-Vous avez d�j� sauv� le tr�ne.

-Monseigneur, en ce temps, je n��tais pas en disgr�ce.

-Sa Majest� vous pardonne.

Vero ? -Cessez d'agir � ma place!

Je vous pardonne, capitaine.

-Vous n'auriez pas quelque chose pour...

-Je n�exige pas la lune.

Vous avez eu la justice, vous la marine,

vous la direction des taxes.

Je veux les Flandres. Donnez�moi les Flandres.

Je suis grand chasseur et il y a l�-bas d��normes lapins.

-Soit. Mais vous n�aurez pas l'Alsace ni la Lorraine.

-Comment ? Elles me sont promises !

-II suffit ! Continuez et certains ne seront plus ducs avant peu!

Vous, continuez de chanter. Mais pas trop juste. On vous paie pour �a.

-Oui. Mais rappelez-vous votre promesse :

le couvent des Ursulines et Chaillot.

-Chaillot ? Comment ? -Chut !

-Mais mon neveu...

-Messieurs ! Nom de Dieu, vous allez chanter, oui ?

Messieurs, mes amis, unit�. Unit�, c'est notre unique chance!

Tout courant personnel nuit � la cause.

Plut�t que l��parpillement sur 10 t�tes, unit� autour d'une seule.

-La v�tre, Crassac. -J'ai mont� toute cette affaire.

Cette dynastie est �puis�e.

J'en cr�e une nouvelle. J'ai un grand projet d�union.

Une vierge. Un nom prestigieux. Petite noblesse, grande �p�e.

-Alors, son nom ? -Son nom ?

-Son nom ? -H�lo�se d'Artagnan.

Chant des religieux

Une porte s'ouvre.

-Crassac veut t'�pouser.

-Est-ce ma faute ? Moi, je refuse.

-Aujourd'hui, peut��tre. Mais demain ?

Depuis le d�but, il m'a tout promis : argent, pouvoir, amour.

-Vous aimez cet imb�cile ? -Pourquoi pas ?

Il met du bonheur autour de lui.

Ce n'est pas seulement un imb�cile.

C�est un imb�cile heureux. Et si proche du tr�ne.

-Pour cela, vous me vendriez ?

-S'il m'abandonne, je suis perdue.

Je connais trop le monde. Il y a les bons et les m�chants.

-On peut changer. -C'est juste.

Il arrive que les bons deviennent m�chants.

Le contraire, jamais.

-Si vous me tuez, vous aurez un fant�me de plus dans vos r�ves.

-Pourquoi te tuer ?

Il suffira qu�on t'oublie.

Depuis l'lnquisition, ce clo�tre est c�l�bre pour ses oubliettes.

Oubliettes... Joli mot, non ?

On dirait une friandise.

Ou une plaisanterie. -Non. Vous ne le ferez pas.

C'est trop tard.

Avant, c'�tait plus simple: humiliation, vengeance, poison.

Maintenant, vous �tes perdue.

Vous avez peur.

-Ne me provoque pas.

-Si vous m'aidez, vous serez moins seule.

-Vous �tes tous invit�s

� mon mariage avec H�lo�se d'Artagnan.

La c�r�monie se tiendra � Paris en mon palais du Louvre.

-Quelle c�r�monie ?

Il ment. Je suis H�lo�se d'Artagnan. Jamais je n��pouserai cet assassin.

-Nom de Dieu. Mais que faites-vous l� ?

Qui vous a lib�r�e ?

Eglantine ?

Mais pourquoi avez-vous fait �a ?

Vous seriez rest�e ma favorite. C'est rudement bien. Hein ? Hein ?

-En garde, M. le Duc. Je vous d�fie devant Dieu.

-Crassacl

-Je ne vais pas me battre avec une enfant.

-Un pas et je vous embroche.

Rires

Tintement des fers, cris �touff�s

L�homme pousse un cri.

P�re !

O� es-tu, p�re ? -ici, ma fille!

-�a fait mal, hein ?

-Ton message, c��tait une liste de blanchisserie.

-Et le complot, une blague ?

-C'est exasp�rant !

Elle veut toujours avoir raison.

-Mais j'ai raison.

-N'oublie pas mes le�ons, H�lo�se. Garde basse!

Tintement des fers

-Cette botte secr�te, tout le monde la conna�t.

-Pour la r�ussir il faut avoir le soleil dans le dos, imb�cile.

-Imb�cile ? C'est un peu fort.

Elle rit.

-A�e !

Cri de douleur

Tintement des fers

-Votre �p�e ne serait pas plus longue ?

Quel g�chis: vous auriez eu la moiti�

du monopole sur le caf�,

mon nom...

Les cloches sonnent 2 coups.

lila d�sarme.

Tu vas payer.

On ne refuse pas

d'entrer chez les Crassac, f�t-ce parla petite porte des cuisses.

Nom de Dieu, c�est vrai que vous aurez tout g�ch�.

Qu'est-ce que c'est, �a ?

Le coup est litigieux, capitaine.

-C'est ma fille, M. le Duc.

-Les filles...

Ah oui, bien s�r.

Sa fille.�

Crassac l�che son �p�e.

-Regarde-les, H�lo�se.

Ils sont rassur�s, nous avons �cart� tout danger.

Et la cour revient � son roi

comme la basse-cour vient � la soupe.

Enfin...

Je suis rendu.

Rompu.

Je suis cuit, mon enfant. -Tu as mal ?

-Comment, si j'ai mal ?

J'ai mal partout, oui.

Y compris en des endroits

dont je ne soup�onnais pas l'existence.

Tu m'as fait peur, tu sais.

Tu t'es battue contre des hommes qui n��taient pas des d�butants.

Cavagnac, 16 victoires homologu�es.

Choussaume l�a�n�, 26.

Le petit Percepied, au moins 30.

Ah, une peur bleue. -Toi aussi, tu m'as fait peur.

-Peun moi? -Mmm.

-Dis donc, m�me rouill�, je reste une tr�s grande lame.

Et puis j'�tais fier.

-Fier ? De moi ?

C'est vrai ?

Fier de moi ?

-ll aurait fallu �tre aveugle. Tu �tais si belle contre le soleil.

Si �clatante.

Si vivante. Il baise sa main.

Tu sais ce qui me ferait plaisir ? -Quoi?

-Si tu mettais une robe.

-Une robe ?

-Ne serait-ce que pour le sacre.

Devant le roi, une robe, c'est mieux.

A moins que tu ne sois contre cette c�r�monie.

-Voil�.

Pas de sacre, on rentrerait, je te dirais mes projets, tout.

-Tu as des projets ? -H� !

-Pour s'�tablir, une jeune fille doit coudre,

cuisiner, broder, faire les confitures.

-Les confitures, je sais. -� l'ancienne ?

-Je sais me battre. -Je te l'interdis.

-Le roi m�engagera. -� quel titre ?

-Sp�cialiste des complots. Je les d�joue mieux que personne.

-Tu les inventes ! -Je les d�couvre.

-Tu les fabriques.

-Je les trouve !

-Tu les supposes.

-Je les d�masqu�. -Tu les r�ves.

-Je les discerne, je les �trangle.

-H�lo�se ! -Papa!

H�lo�se d'Artagnan.

Quentin, mon fianc�.

A qui je resterai fid�le, je crois.

Vous connaissez mon p�re.

-Capitaine d'Artagnan pour vous servir, Majest�. Mes amis :

Athos.

Porthos.

Aramis.

-Les ennemis: Eglantine de Rochefort.

-Duc de Crassac, comte de Merindol, marquis de Blaisemont, ble... do...

Je ne sais plus. L�histoire jugera.

-C'est tout jug�.

-C'est 4 000 livres.

-Un,deux.

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