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Original subtitles

---

Klaxon

Une cloche sonne.

Brouhaha de la rue Musique intrigante

... ...

Vrombissements de moteur

... ...

...

Un homme crie. ...

...

Il râle.

...

Grincements du rideau de fer

...

(En arabe) - Allez, vite !

Allez, putain, bouge !

- Qu'est-ce que vous foutez là ?

Hé ! Une porte claque.

Tintement métallique

Qu'est-ce que tu fous là ?

Vas-y, dégage !

Oh !

Oh !

Musique inquiétante

...

Musique angoissante

...

- Vas-y, Pépé. Fracas

... - Plein centre !

... Elle a pas voulu rentrer, celle-là.

Exclamation de frayeur

- Regarde celle-là.

- On touche au but. Elle lâche des dossiers.

On est à jour dans nos CR.

- Sans affaires,

c'est moins dur d'être à jour.

- Hé ! Langueur temporaire

causée par une occupation sans intérêt.

Ca vous parle ?

- Branlette !

- Dépourvu d'intérêt ! - Ca rentre pas.

- Ennui. - Ennui !

Ca rentre. Bien joué !

- Ca avance ce grand ménage ?

- On est à fond, là !

- J'ai un truc pour vous. Une mort suspecte.

Le parquet réclame deux observateurs.

Quelqu'un souffle. - Deux observateurs ?

C'est quelqu'un qui regarde.

Il assiste en tant que spectateur.

- On est vraiment tricards. - Amrani !

- Il a raison. Ca fait trois mois

qu'on n'a pas eu d'affaire. - C'est comme ça.

Tant que l'instruction d'Escoffier n'est pas finie,

votre groupe doit faire profil bas. Pas le choix.

C'est à Barbès. Allez !

- Laisse tomber...

- Viens avec moi.

- Vous avez pu réfléchir à ma demande ?

- Non. Non, non. J'ai pas encore pris ma décision.

C'est pas simple. Vous avez encore des choses à apprendre

avant de passer chef. - Je veux bouger.

Si c'est pas ici, à la 2, ça sera ailleurs.

A la 1, ils cherchent quelqu'un. Mon profil les intéresse.

(- Vous braquez pas !)

Vous lui en avez parlé ?

- Non, pas encore.

(- Allez !)

Grincements

...

Coups de sifflet

Voix mêlées

- Bonjour. - Bonjour.

On est de la 2. On a quoi ?

- A priori, on est sur une overdose.

- Vous avez trouvé ça où ?

- Là, par terre.

- D'accord. - Vous êtes pas censé toucher

aux indices.

*- C'est saturé. Faut relancer la circulation.

- Reçu. Je vais rétablir. - Je crois pas, non !

Rien n'établit l'overdose.

On attend l'arrivée de l'IJ.

*- Vous avez l'identité

* de la victime ?

- Oui... - Attends ! Tu fais quoi ?

Touche à rien. - On arrête tout.

On fige la scène, on attend.

- Attendez, vous êtes gentils.

Vous êtes là en observateur, non ?

- On va prendre l'affaire.

*- Qu'est-ce qui se passe ?

- Rien. - Je peux te parler ?

On en parle pas au taulier ?

- On connaît sa réponse, non ?

Bips électroniques

J'appelle le parquet.

- T'as un gant, s'il te plaît ? - Ouais.

- Merci.

Il souffle.

Musique douce

...

...

(Putain...)

...

Gémissement d'effort

Déclenchement d'un appareil photo

...

...

Bip électronique

- On a un corps "X",

masculin, type "rebeu".

Age : entre...

13, 15 ans.

Position foetale, côté gauche.

Il est dans un sèche-linge,

numéro 45.

- Il avait un téléphone.

- Il avait un téléphone dans la main droite.

On va le sortir.

- Tu prends les jambes ?

Il souffle.

Musique triste

...

...

Attention. Doucement.

Déclenchement d'un appareil photo

...

...

Bip électronique

- Il y a des papiers de bonbons dans la poche droite.

Trois tickets de métro dans la gauche.

...

On prend une photo.

Pas de trace de blessure.

On verra le reste à l'IML.

Elle coupe son magnétophone.

Musique calme

...

Roulements de l'ascenseur

...

La porte s'ouvre.

...

Brouhaha

...

- La 3, s'il vous plaît. Bip d'ouverture

Cris au loin

Musique douce

...

Le policier frappe à la porte.

Voix mêlées

Les cellules sont ouvertes de 9h à 12h

et de 14h à 17h. Vous regretterez de changer de quartier.

- Bonjour. - Salut.

...

Ca sent bon.

- Je t'ai fait un gâteau. - Ah ?

Tintements métalliques

C'est sympa, ça. - Ouais...

Tout chaud. Exclamation de délectation

Brouhaha lointain

...

- C'est mignon, ça.

Je peux en avoir, moi ?

- Il a pas l'air d'accord.

- Attention, qu'il vienne pas te peloter le cul.

- O.K., j'y penserai.

- Il adore ça.

- Rentre chez toi tranquillement.

Tu nous laisses. - T'inquiète.

Il aime que les gosses.

- Je te dis de dégager.

Rentre chez toi. - Tu crois que tu fais la loi ?

Tu crois que t'es encore flic ?

- Laisse tomber.

Musique intrigante

Allez, on y va.

...

- C'est Cisco et sa bande.

- Ouais, je sais.

- C'est ce qu'on a trouvé sur la victime.

- Impossible de le déverrouiller.

- Le numéro IMEI correspond à un boîtier japonais.

La puce a été achetée à Barbès.

- C'est un portable volé. Ca nous donnera pas son identité.

- Le gérant de la laverie,

il voit pas qui c'est ? - Il le connaît pas.

Ali souffle.

- T'as vu les disparitions d'ado ? - Rien ne correspond.

- Les fadettes ? - Je suis dessus.

- C'est quoi que vous comprenez pas dans "observateur" ?

- Ecoutez, patron...

On est tombés sur un jeune largué.

Vous auriez fait comme nous.

- Vous avez préservé l'enquête, c'est bien.

Si c'est une overdose, c'est pour les stups.

- La pipe de crack veut pas dire que c'est une overdose.

- Admettons.

Sauf que c'est un mineur,

donc c'est pour la brigade des mineurs.

- C'est notre secteur.

On est mieux placés.

- Elle pue, votre affaire.

- Si vous nous empêchez d'enquêter, on va péter un câble.

Raclement de gorge - J'ai une localisation récurrente.

Le portable borne toutes les nuits au même endroit, son domicile.

- C'est où ? - Porte de Clignancourt.

Voix mêlées au loin

...

- O.K.

Je vous laisse bosser, à une condition.

On s'enlise pas.

On prend l'affaire et on la sort rapidement.

...

Brouhaha

Bip d'ouverture

Musique calme

...

...

...

Ouverture de la porte

La porte grince.

- Ca va ?

- Et toi ? - Ca va.

- Je t'ai amené un colis. - Arrête avec tes colis.

Je fais ma lessive seul.

- C'est Laure. Elle t'a mis des pulls, cette fois.

- Comment elle va ?

- Plutôt bien.

Romy a fait ses premiers pas avec elle.

- C'est bien, ça.

- Oui.

Elle fait face. Putain ! Elle me bluffe.

Bon...

T'en es où avec Cisco ?

- Je suis dans le même quartier que lui. Voilà.

Ca va être compliqué de l'approcher. Il sait que je suis flic.

Ca aide pas à établir le contact.

- Il y a pas des mecs autour de lui, sur qui je peux bosser ?

- Il est en fin de peine. Il fait pas le malin.

Si tu veux que je t'aide,

faut m'en dire plus.

Pourquoi tu bosses sur lui ?

- Son ancien associé s'est fait buter il y a un mois.

On pense que Cisco a commandité le meurtre.

- C'est quoi l'histoire entre eux ?

- Après ses braquages,

Cisco s'est reconverti.

Il rencontre Stéphane Darmon, sa boîte de striptease carbure.

Cisco lance une opération de séduction.

Darmon lui confie la sécurité de la boîte.

Ensuite, Cisco fait pression pour récupérer ses parts.

- Le coup classique.

- Sauf que le lascar s'est pas laissé faire.

Il a découvert que Cisco détournait des sommes importantes.

Il lui a mis les flics au cul. Et Cisco finit là.

- Pour se venger,

il lui colle un contrat sur la tête.

- Des indices laissent penser ça, mais rien pour l'accrocher.

On veut savoir qui a exécuté le contrat.

- Ce qu'il te faut,

c'est le numéro de Cisco.

Les renseignements pénitentiaires devraient pouvoir t'aider.

- Ils surveillent la radicalisation. Ils brassent que ça.

Il souffle.

- Donc je me démerde seul.

- Non, attends, c'est pas ce que j'ai dit.

Il faut pas que tu te foutes dans la merde.

Tu vois ta juge aujourd'hui, non ?

- Ouais.

- Si t'as une chance de sortir,

faut surtout pas que tu la gâches.

Vaut mieux en rester là.

- Bien sûr.

Musique inquiétante

Bon...

Tu diras à Laure que...

que je l'embrasse. Brémont acquiesce.

Il frappe à la porte.

- Fais attention à toi. - Toi aussi.

Ouverture de la porte

J'ai failli t'attendre.

La porte se referme.

Il frappe.

Musique urbaine

...

- Bonjour, je suis le commandant Berthaud.

Nous sommes à la recherche d'un jeune homme.

Je vais vous montrer une photo.

Un enfant crie.

Prenez le temps de regarder.

- Excusez-moi. Police. Je cherche...

- O.K., merci beaucoup. Bonne journée !

- Tu connais pas ce gamin ?

- Ca me dit rien. - Merci, madame !

- Vous faites quoi ? Cassez-vous !

- Oh ! - C'est bon !

- Bon... Apparemment, personne le connaît.

- Vu la récurrence du bornage, il habite là.

- O.K. On élargit.

- J'ai fait les immeubles derrière, rien.

- Que dalle. (- Putain !)

- Mais c'est pas possible !

Il habitait là, personne l'a vu.

Sirènes de police

Des jeunes parlent.

- Attends, attends !

Musique intrigante

Sifflement

Des jeunes crient.

...

- Police ! - Arrête-toi !

Cris Arrête-toi !

...

Arrête-toi ! ...

Ali interpelle le jeune. - Doucement !

Tu parles français ?

Hein ?

Ali parle en arabe.

D'accord ? - On le cherche, lui.

Tu le connais ?

Ali traduit en arabe.

Il habitait ici, avec vous ? Il habitait ici ?

... Où ça ? Où ça ?

Là ? Ici ? - Où ça ?

Là ?

Ali crie en arabe.

Fracas

Il est vif.

- Ils vivent là, les mômes...

- Ils parlent marocain, c'est des clandestins.

Musique calme

...

- Ali ?

...

Ali répète en arabe.

Là ?

Le jeune garçon gémit.

... Ali répète sa question en arabe.

- Souleymane. - Souleymane ?

Exclamation interrogative

D'accord ? - Regarde.

Hé ! Regarde. Ali parle en arabe.

- Il est défoncé. - Je vois bien. Regarde !

Regarde. Tu le connais, lui ?

Il habitait ici, avec vous ?

- Tu l'as pas vu ? Il habitait ici ?

Il dort là. Souleymane souffle.

Exclamation interrogative

- Chkoun.

Chkoun.

Chkoun, ça veut dire "c'est qui".

- Regarde.

Regarde, Ali.

- Ouais...

- Hé ! Regarde !

Son profil Facebook.

Chkoun Buena Vida.

Ali acquiesce.

- J'ai remonté, ça s'arrête il y a six mois, en Espagne.

Il y a ses contacts. Que dalle, pas de famille, rien du tout.

- Hé !

Souleymane parle avec difficulté.

Quoi ?

Ali répète en arabe.

- Complètement défoncé...

- C'est à Chkoun, ça ? Hein ?

Le sac, là, c'est à Chkoun ? Ali traduit en arabe.

Exclamation interrogative

- Oui ?

- Regarde ! Un ticket d'un grand magasin.

Il y en a pour 500 balles.

Il a dû les piquer.

O.K. !

- On fait quoi ? On lui dit que son ami est mort ?

- Non !

On va attendre qu'il redescende. Ali souffle.

Dis à JP et Nico de venir récupérer les affaires de Chkoun.

Viens, on le laisse.

Musique calme

...

- Vous allez bien ? - Ca va.

Cliquetis des menottes

...

- Vous avez réfléchi ?

Je suis votre avocat, il va falloir m'écouter un peu.

J'ai parlé avec la juge.

Elle peut reconsidérer la gravité des charges.

Elle doit être sûre que vous avez agi

dans l'intérêt de l'enquête sur la mort de Herville.

- Donnez-lui des éléments.

- Je peux pas. Tout prendre sur vous

accrédite la thèse de l'enrichissement personnel.

Tant que vous refusez de dire ce qu'il s'est passé,

la juge vous croira pas.

- Je le ferai pas.

- Vous vous voyez en sauveur.

C'est beau.

Vous sauvez personne, c'est le contraire.

Votre service est grillé.

Vos équipiers sont tricards, même votre taulier a failli sauter.

Que vous le vouliez ou non, ils sont salis par votre affaire.

Personne ne peut croire que vous avez agi seul.

La rumeur les plonge dans la merde.

L'avocat souffle.

La juge va clôturer l'instruction.

C'est votre dernière chance.

- Messieurs. - Mme la juge.

Nous sommes tout à vous.

- Je ne vous en demande pas tant.

Musique douce

...

M. Escoffier, vous m'avez déjà livré

votre version des faits,

mais je pense que vous ne m'avez pas tout dit.

- Mon client est disposé à se montrer coopératif.

- Vous avez déclaré que, dans cette affaire,

vous avez agi dans le cadre d'une stratégie policière.

(- Oui.) - Pour autant, vous dites

ne pas en avoir discuté avec vos coéquipiers.

- J'étais chef.

J'ai pris mes responsabilités.

- Berthaud était en soutien

sur cette affaire ?

Elle était mobilisée par cette enquête

sur la mort de votre ancien commissaire.

Parlez-moi de votre collaboration avec elle.

- C'est une collègue.

On travaille ensemble depuis des années.

- D'après les témoins, vous êtes liés

par une très grande complicité.

Le commissaire Beckriche

parle d'un duo de flics exceptionnel.

Gilou acquiesce.

Dans ces conditions,

il est étrange que vous n'ayez pas discuté

de la stratégie. Je me trompe ?

- Je voulais pas l'impliquer. J'ai agi seul.

- Vos rapports dépassent-ils le cadre professionnel ?

- C'est le cas avec tous mes collègues.

- Je vous rappelle que vous êtes ici pour des faits de chantage

et d'extorsion de fonds.

Vous encourez une peine de 7 ans d'emprisonnement.

Vous persistez à vouloir assumer seul la responsabilité ?

- Oui.

- Très bien.

Si vous ne voyez rien à ajouter, je vais clôturer le dossier.

- Je vais déposer

une demande de mise en liberté.

Vous allez clôturer, le danger de pression

sur témoins n'existe plus.

Il présente toutes les garanties

nécessaires à sa sortie.

- Je suis pas sûre de vous suivre.

- Il faut vous justifier.

A part l'acharnement, je vois pas vos arguments.

- La vérité n'est pas établie dans ce dossier.

Il reste des parts d'ombre

que le tribunal devra éclaircir lors du jugement.

Le risque de concertation avec des collègues est réel.

L'avocat rit.

Je refuse de mettre un terme à sa détention.

Ce sera tout.

Grincement

Conversation indistincte

- C'est pas ça !

- M. le directeur. - Vous allez bien ?

- Par ici.

- Comment ça se passe dans ces nouveaux locaux ?

- C'est moins central mais on s'y fait.

- Va falloir. Le propriétaire a récupéré vos anciens bureaux.

Trop de retard de paiements.

Il veut plus entendre parler de l'administration.

- Donc, on est sur du provisoire qui va durer.

- Vous plaignez pas, vous avez des bureaux.

- C'est en haut.

Tintements métalliques

...

Roulements du train

- Vos statistiques sont bonnes.

Rien d'alarmant. Pourquoi vouloir des effectifs en plus ?

- Un groupe tourne à cinq, c'est pas normal.

- Vous connaissez

nos difficultés de recrutement.

La P.J. n'intéresse plus personne.

Courir H-24 derrière des voyous,

flinguer sa vie de famille,

ça n'excite plus les jeunes.

La lourdeur de la procédure pénale a eu raison des volontaires.

Nous n'y pouvons rien. Ni vous, ni moi.

- Peut-être, mais...

Je peux pas laisser mes gars dans cette situation.

- On parle bien de l'ancien groupe d'Escoffier ?

- Oui.

- Vous aviez un super flic, vous l'avez laissé sombrer,

puis, maintenant, vous réclamez du monde.

C'est un peu compliqué, non ?

- Je prends ma part dans cet échec.

Maintenant, il faut les relancer.

- Non.

La seule chose à faire, c'est de dissoudre ce groupe.

Escoffier prend tout sur lui, c'est parfait.

Vous savez bien qu'il n'a pas agi seul.

C'est pas sain de les laisser ensemble.

- La plupart se sont tenus à l'écart.

Le capitaine Amrani a eu un comportement exemplaire.

- Dans ce cas, misez sur lui.

Donnez-lui la tête d'un groupe.

- Il manque d'expérience d'adjoint, c'est trop tôt.

Il vient de passer capitaine.

- Pour une fois qu'un jeune veut s'investir,

faut lui donner sa chance.

Lombart prend bientôt sa retraite.

Faites-lui rapidement intégrer son groupe.

Préparez sa succession.

- On peut aussi...

ressouder le groupe autour d'une affaire qui les motive.

- Croyez-moi,

quand une pomme est pourrie, tout le panier est menacé.

Il y a une seule chose à faire :

extraire les pommes saines.

L'affaire Escoffier a failli vous coûter cher.

Je vous ai défendu car je suis convaincu

que vous pouvez gérer cette crise.

Faites les bons choix.

Musique intrigante

...

La porte se ferme.

- La vessie pleine étaye l'hypothèse de la toxicomanie.

Les analyses nous diront ce qu'il a pris exactement.

Sur le contenu gastrique, il y a des aussi des cachets.

- On a trouvé du Rivotril.

- Ca pourrait être ça.

A haute dose, ça a l'effet d'une drogue. Ca fait planer.

Vous avez une identité ? - Non.

C'est quoi la cicatrice sous le pied ?

- Une brûlure avec du plastique fondu.

C'est mélangé à la peau brûlée, j'ai jamais vu ça.

- Ils font ça dans les prisons au Maroc, comme vengeance.

- Honnêtement, j'ai rarement vu un corps d'enfant

aussi marqué. Il y a des cicatrices

assez anciennes,

des traces de plaies

mal soignées.

Là, là

et là.

Et entre les doigts, c'est la gale.

Il était à la rue depuis des semaines.

Ali acquiesce.

- Vous avez des traces de coups plus récents ?

- J'y viens, justement.

On a des traces là, là et là.

Il a dû se battre le jour de sa mort.

J'ai vu un hématome sous les cheveux.

J'ai ouvert la boîte crânienne, j'ai trouvé deux fractures.

Une superficielle et une autre mortelle,

avec enfoncement de la boîte crânienne.

Il y a eu une grosse hémorragie cérébrale.

- Vous pensez que ça l'a tué ?

Les coups sont ante-mortem. Ca a dû cogner dur,

probablement avec une barre en métal

ou une matraque. Vu l'hémorragie,

il est pas mort sur le coup.

- Vous avez une idée de l'heure de la mort ?

- J'ai analysé les lividités cadavériques.

Un téléphone sonne.

...

- Pardon.

...

(Allô ?)

- Je dirais entre minuit et une heure du matin.

(- Ouais ?) - Quand a-t-il pris les coups ?

- J'attends les résultats.

On en saura plus d'ici deux jours.

- C'est pas une overdose ? - Non.

Il s'agit d'un homicide.

Une porte grince.

La porte se ferme.

Ali souffle.

- Ali, ça va ?

Ali ?

- Oui. C'est ma femme.

Elle accouche.

Ils soufflent.

- Vas-y ! - Ouais.

Fonce ! Vas-y. File !

- Merci !

Musique calme

...

Quelqu'un parle dans une radio.

- Bonjour.

Je dois voir un détenu convoqué aujourd'hui.

Il est encore là ?

- Quel centre pénitentiaire ? - Bois d'Arcy.

- Ils sont pas encore partis. Il doit être en cellule.

C'est quel nom ? - Gilles Escoffier.

(- Escoffier...)

- Je le vois. - Attendez ! Hé !

Vous devez le voir pour quoi ?

- Je suis de la maison. - N'allez pas plus loin.

- Gilou !

- Allez, monte.

(- Tu sors ?)

- On y va !

Musique triste

Vrombissements de moteur ...

... ...

Crissements de pneus

...

Elle souffle.

...

Babillage d'enfant

- Ils commencent à être petits, ces chaussons.

Maman a un peu de mal à faire ça. T'as grandi !

Laure s'exclame.

Tu me donnes le tee-shirt ?

Il est pour Gilou, ce tee-shirt.

Il est pas pour Romy. - Non.

- Non ! Attends, je le plie. Attends.

On le remet dedans ? Ah !

On le remet dedans !

Et lui ? Tu l'aimes bien, lui aussi.

Romy babille. Oui...

La sonnette retentit.

(Qui est là ? C'est papa qui est arrivé ?)

(Papa arrive ?)

(Je vais lui ouvrir.)

Romy gazouille.

- Salut ! Ca va ?

Bises

- Ca va.

- Ca a pas l'air.

- J'ai vu Gilou au dépôt. Il sort pas.

Babillage

- Salut, toi !

- Je comprends pas pourquoi la juge s'acharne.

- Il est solide. Ca va aller.

- C'est impossible.

Je peux pas le laisser payer pour nous deux.

Brémont s'exclame, rassurant.

- Faut tenir le coup.

Elle souffle.

C'est important, ce que tu fais.

Pour Romy. - Je sais. Je sais.

- C'est important pour Gilou aussi.

...

Romy babille.

Allez. ...

- Je vais la chercher. Hein, Romy ?

Prends tes doudous. Et lui ?

- La voiture est immense ! - Faut le prendre !

- On va les mettre dans la voiture. - Papa a les mains pleines.

Tu pars avec lui.

- On va appuyer sur le bouton de l'ascenseur.

Petit rire

- Vous avez parlé ?

- Oui. Un peu.

Tu sais comment il est.

Il m'a dit de t'embrasser.

Il acquiesce.

- Merci d'aller le voir.

Ca m'aide.

- Je sais.

Ciao.

Musique dramatique

Laure inspire profondément.

Claquement de langue

Elle souffle.

...

...

...

Froissement de papier

...

- Notre dernier rendez-vous date de deux mois.

Quand même, c'est beaucoup.

J'assure le suivi de cent détenus.

J'ai du mal à voir les gens comme je voudrais.

Enfin... Comment se passe cette détention ?

- La juge a refusé ma demande de remise en liberté.

- Oui, j'ai appris ça.

Du coup, que notre rendez-vous tombe à pic.

Il faut rebondir.

Si la juge refuse votre mise en liberté maintenant,

ça veut dire

que votre détention va durer jusqu'au procès.

Avec les délais d'audiencement, ça peut durer des mois.

- Vous avez raison, c'est bien qu'on se voit. Ca me réconforte.

Elle rit.

- On doit réfléchir à la manière d'utiliser tout ce temps.

- Si vous avez des sudokus, je prends.

...

- Je pensais à quelque chose de plus constructif,

comme commencer une formation. On peut mettre un parcours en place.

- Non, merci.

- Il faut regarder la réalité en face.

Si votre peine dépasse les six mois fermes,

vous serez radié de la police.

- Je suis au courant.

- A part policier, vous avez imaginé faire autre chose ?

- Joueur de golf.

... - Sérieusement.

- Danseuse étoile.

La porte s'ouvre.

- Bonsoir. - Salut.

- Je viens voir Joséphine.

Elle est là ? - Ouais.

Entre.

La porte se ferme.

- Au revoir.

Salut.

Bises

Joséphine hésite.

Laure, une amie flic, et...

Lola, mon ancienne codétenue.

Tu veux boire quelque chose ?

- Je m'en occupe.

- Vas-y, assieds-toi.

Tintements de verre

- Gilou est toujours en taule.

La juge refuse de le sortir.

Tu sais ce qu'il se passe ? - Je peux pas t'aider.

J'ai plus accès au dossier. Je défends plus Solignac.

- Ah bon ?

- Oui. Figure-toi que...

J'ai changé de clientèle.

Je me spécialise dans les affaires de viol.

- Oui, enfin...

Elle s'occupe surtout de moi.

- J'héberge Lola quelques jours,

avant un procès important pour elle.

Enfin, pour nous.

- Mon ex-beau-père m'a violée quand j'étais ado.

(- D'accord.)

- Pour Gilou, je peux avoir des infos autrement.

C'est qui son avocat ?

- Edelman.

- Pas mal ! Pas mal.

- Pas mal ? - Noah, comme le joueur de tennis ?

- Quoi ? Ali fait semblant de rire.

- J'aime pas trop. - T'as aucun goût.

- Il est pas noir.

- Ca veut dire Noé, en anglais. "You don't speak English".

- Voilà. Et Noé va sauver l'humanité du naufrage.

- Il a du taf. - T'inquiète pas !

- Les gars, on se reprend !

Ca donne quoi le ticket trouvé dans le sac ?

- J'ai retrouvé les traces de l'achat. Attends !

Des touristes russes auraient acheté les fringues.

- Grâce aux relevés de la CB,

la banque m'a donné leur nom : Stoïanov.

On a que ça.

- Bon... Et côté empreintes ?

- L'IJ vient de me transmettre le dossier.

Par contre, ça rame un peu, là. Tac, tac, tac...

O.K., voilà !

Le gamin est fiché pour un vol à l'arraché le 18 mai 2019,

au nom de Amir Fekir.

- Voilà, on avance.

Fekir, t'écris ça comment ?

- Il y a un autre dossier avec les mêmes empreintes,

au nom de Toufik Salah.

- C'est quoi ce bordel ?

Toufik Salah ?

- Il y en a encore un 3e avec les mêmes empreintes.

C'est pas possible !

Au nom de Sofiane Neymar,

pour un vol à l'arraché le 2 avril 2019.

- On est sur une équipe de foot.

- Le môme s'est bien foutu de leurs gueules.

- Comment ils bossent ? Personne vérifie les identités ?

- Les fiches viennent du commissariat du 18e.

- On va aller les voir et on va demander des explications.

Brouhaha

Un téléphone sonne.

Brouhaha

- Vous comparez pas avec le fichier des empreintes ?

- Ca va. Vous avez une garde à vue par semaine,

nous, on en a 35 par jour.

- On a quand même 3 plaintes

visant le même gamin, il a 3 identités.

- Vous avez aucune idée

du problème, en fait ?

Ces Marocains, on en a 6 à 10 par jour en garde à vue.

Ils sont cent dans le quartier.

Le matin, vous partez bosser ? Eux, ils partent à la connerie.

- Vol à l'arraché ? - Principalement des portables.

On a aussi des bagarres, tapage nocturne, dégradations.

Ils agressent pas que les touristes. Riverains, personnes âgées.

C'est des vrais prédateurs, complètement fracassés.

Ils ont pas de papiers sur eux, on prend ce qu'ils nous donnent.

Ils ont pigé comment ça marche.

Ils disent avoir moins de 13 ans. On nous demande de les relâcher.

- Lui, vous le connaissez ?

- Je peux pas vous dire.

Ca défile tellement.

- Vous avez pas reçu une plainte de Russes ?

Un vol à l'arraché ?

- Ca me dit rien.

Ca, c'est une semaine de plainte. Vous avez qu'à vérifier.

- Ecoute celle-là.

Je rentrais avec mes chihuahuas, Jean-Jacques et Diego.

Je sortais mes clés, deux hommes ont pris mes chiens.

J'ai lâché leur laisse pour pas les blesser.

Ils sont comme mes enfants. J'espère qu'ils les ont pas mangés.

Ali rit.

- Ca vaut combien un chihuahua ?

- Comme ton salaire. 2 000 euros sur Le Bon Coin.

Sirènes de police

- Attends ! Je crois que je les ai.

Alexeï Stoïanov, c'était ça ? Alexeï Stoïanov.

Alexeï Stoïanov.

Butte Montmartre, c'est ça ? Alexeï...

"Alexeï Stoïanov, vol à l'arraché dans le quartier de la Goutte d'Or."

"Vous estimez à combien le total ? 480 euros."

"Sac de shopping de luxe... Ils étaient combien ? Un."

- Quel âge ? - 13, 14 ans.

- Voilà.

Musique intrigante

...

- Bonjour.

...

Edelman souffle.

...

Alors, comment ça va ? - C'est nouveau, ça.

Tu prends de mes nouvelles ?

Tu veux boire un truc ?

- Non, merci. - T'as raison.

Le thé est dégueulasse, ici.

Des talons résonnent.

On se croirait un peu dans un centre commercial, non ?

...

- Tu défends Escoffier ?

- Il avait besoin d'un bon avocat.

Tu défendais la partie adverse, je me suis proposé.

Mais déception, tu t'es retirée

du combat.

Moi, je suis resté. Je suis un mec fidèle.

- En attendant, t'as pas réussi à le faire sortir.

- Les nouvelles vont vite.

C'est ta copine flic qui t'envoie ?

- Il s'est passé quoi avec la juge ?

- Elle est pas conne. Elle sait que Berthaud est complice.

Comme Escoffier s'entête

à pas la mouiller, on avance pas.

Elle veut pas le laisser sortir.

Les conneries que fait faire l'amour !

- O.K...

J'ai ce que je voulais savoir.

Musique douce

...

- Je te tiens au courant si je trouve la parade.

...

Une porte s'ouvre.

Cris au loin

- Oh ! Toujours à l'ouest ! Quelqu'un marmonne.

C'est comment, là ? - Ca va, c'est très calme.

Musique angoissante

...

Une porte s'ouvre.

- C'est l'heure !

...

- Hé !

On ferme ! - Ouais.

C'est bien, "Nana" ?

- C'est pas pour les gonzesses.

- Qu'est-ce que tu racontes ? C'est l'histoire d'une pute.

- Je crois que c'est une courtisane.

- On se dépêche, là ?

- Je prends ça, j'arrive. Acquiescement

- Ta carte. - Ouais.

Tiens.

Bip électronique

Tu crois que j'ai pas vu votre manège ?

Le portable planqué.

C'est pas bien, ça. Les surveillants vont pas être contents.

T'inquiète pas, je suis pas une balance.

On va s'arranger entre nous.

Tu vas cantiner pour moi, d'accord ?

- Tu sais de qui tu parles ? Cisco.

- Qu'est-ce que j'en ai à foutre ? Il planque son portable, non ?

- Si tu me balances, il va pas aimer.

- Ah, oui ? - Oui.

- S'il est pas content, qu'il vienne me voir.

- T'es un malade.

- Donne-moi ça. C'est à moi, ça.

J'arrive, chef.

Coup de klaxon

- Ca donne quoi, ces caméras ?

- Rien à la laverie, mais grâce aux Russes,

j'ai recollé Chkoun

juste devant l'hôtel. Il est là. Touristes.

Il passe derrière, il lui arrache rapidement.

Regarde !

- Il lui éclate la gueule. - Voilà.

Il se barre et je le récupère...

- Attends !

Reviens en arrière.

Là, en haut. C'est pas le môme

du squat ? - Souleymane.

- Il fout quoi ?

- Tiens, regarde !

Là. On dirait qu'il le suit.

Il fout quoi ?

- Regarde, sous le porche. - Ouais.

- Il fouille son sac.

- L'autre arrive, derrière.

- C'est quoi le délire ?

- Et baston. Ici.

Putain ! Tom souffle.

Ils sont chauds !

- Ils se la donnent.

...

C'est la vraie bagarre. - Putain !

- Ils s'arrêtent pas. La vache !

- C'est Chkoun qui a le dessus.

- J'ai plus de vidéo car c'est des voies privées.

(- Merde !)

- Il nous a baratinés. Il était avec Chkoun le jour de sa mort.

- Sur les images, Chkoun prend pas de coup sur la tête.

- Souleymane se relève pour le courser. Il a l'air

super déterminé.

- En fait, Souleymane rattrape Chkoun.

Il le frappe violemment. Il lui arrache le sac

qu'on a retrouvé dans le squat.

- Ouais. Chkoun est sonné.

Il flippe de rentrer au squat, il se réfugie dans la laverie.

Il prend du Rivotril pour tenir le coup et...

Il meurt dans la nuit.

- C'est un môme qui a tué un autre môme.

Musique calme

- O.K., faut retrouver Souleymane.

Musique dynamique Sirènes de police

... ...

- Police ! Bougez pas !

Cris

- Montre-moi tes mains !

- Nous, on fait l'intérieur !

- Jette ça !

...

- Alors ?

- R.A.S. - "Nada".

Voix mêlées

- Ca donne quoi ? - Rien. Embarquez-les.

Ils seront plus bavards.

- Tiens-nous au courant. - On va rester à deux.

JP, tu restes ? - Oui.

- C'est bon, je reste avec toi.

- T'es sûr ? - Ouais.

Vrombissements de moteur

...

- Et ton môme ?

- T'inquiète, je gère.

- Faut que tu fasses gaffe.

Parce que les...

Les premiers temps, faut pas les rater, quoi !

Après... Tu sais plus après quoi tu cours.

Tu vois ?

- Oui mais t'inquiète pas, c'est très clair pour moi.

Ca fait trois ans que je fais chier ma nana pour avoir un gosse,

je suis...

Je suis très heureux.

T'inquiète pas.

Il se racle la gorge.

Non mais vraiment !

Musique calme

...

Il respire profondément.

...

Cri

...

- Gilou !

...

- Tu veux quoi ? - Faut que je te dise un truc.

En même temps, je sais pas trop si je dois te le dire.

- Vas-y, accouche.

Il hésite.

... Il y a Cisco qui veut te voir.

- Comment tu sais ça ?

- Tout à l'heure, en promenade, il m'a dit de te le dire.

- Il t'a dit quand je peux le voir ? - Demain matin, dans sa cellule.

Je l'aime pas, lui.

- T'inquiète.

Arrête de coller tes conneries et va te coucher.

- Encore un petit peu. - Un peu...

Gilou rit.

Bip électronique *- Z-2 à Derik-21.

- Derik-21, j'écoute.

*- Effraction sur la laverie, rue Myrha. Ca peut vous concerner.

- O.K., je me transporte sur place.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Effraction dans la laverie.

Ali gémit. On y va.

Vrombissements de moteur

Sirènes de police Musique intrigante

... ...

Vrombissements de moteur

Elle s'arrête brutalement.

...

Ils claquent les portières.

...

Laure ouvre la porte.

Grincement

Tintement métallique

- Police !

- Calme-toi. Pose la barre.

- Pose-la. Pose ! - Hé !

- Il comprend pas ? Si ? - Si.

Fracas Souleymane parle en arabe.

Ils crient tous.

Ali parle en arabe.

... C'est bon.

- Regarde. - Ca y est.

O.K. ? C'est bon. - Bouge pas. Pose la barre.

... Ca va.

Doucement.

Calme-toi.

Pose la barre ! - Souleymane !

- Calme-toi ! Fracas

- Ca va ?

- C'est bon, vas-y !

Musique intrigante

...

- Arrête !

Gémissements

Ils crient.

Ca y est, ça y est !

Chut ! Chut !

Ca y est. D'accord ? C'est bon.

Sirènes au loin

Chut ! C'est bon. D'accord ?

C'est bon. D'accord ? Qu'est-ce que t'as fait ?

Musique intrigante

...

Sous-titrage TITRAFILM

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