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Original subtitles

———.

-Ces cavaliers qui fuient au loin dans la plaine

ne sont pas des brigands.

À leur tête trouve le roi dle France, Hem'! HI,

petitnfils du glorieux François leu'.

Nous sommes en effet en 1588,

année cruciate et dramatique pour le royaume de France.

Sous la pression aie la Sainte Ligue et aies partisans dW-Ienri aie Guise,

le roi rfle pas eu üWautre ressource pour sauver sa vie

que de fuir Paris

et se jeter clans Chartres, une ales villes à lui être fidèles.

Mais Chartres n'est pas une citadelle

et reste à la merci dPun coup dle main un peu.

-En route!

-Plus bas, vers le sud-ouest,

Henri de Navarre, futur Henri IV,

attend Poccasion Œarbitrer la situation à son profit

par la ruse ou par la force.

Voici Henri HI réfugié dans Chartres,

sans argent, sans armée, sans crédit,

ÊÈ pratiquement sans royaume.

Heureusement, il a encore une mère.

Une des plus et des plus têtues

que Phistoire ait connue :

Catherine de Médicis.

-Voici le roi, madame.

-"Le roi" ?

Pour combien de temps ?

Jusqu'à ce que de Guise ait trouvé un fou pour le poignarder ?

Laissez-le. C'est arrivé par votre faute.

Allez-vous-en ! Allez-vous-en, vous dis-je.

Ce voyage vous a épuisé.

-Vous êtes bien bonne d'appeler ça un voyage.

A-t-on jamais vu courir un roi aussi vite ?

-Vous avez battu en retraite, sire. D'autres I'ont fait avant vous.

-Je n'ai pas battu en retraite.

♪ ai filé comme un chien devant le bâton.

-Peu importe. Vous êtes encore le roi de France.

Et vous |e resterez, à condition de négocier.

-Avec Henri de Guise.

On ne négocie pas avec |e diable, madame.

\ —Ce n'est pas a lui que je pense.

C'est à Henri de Navarre.

Celui-là est loyal.

-Loyal mais huguenot, ma mère.

Si je vous écoutais,

je perdrais |es derniers catholiques fidèles.

-Le temps presse, sire.

On a fait courir sur votre santé des bruits alarmants,

mais le duc de Guise n'attendra peut-être pas...

votre mort pour ceindre la couronne.

—II n'oserait pas.

«aisseznnous!

-Les troupes du duc de Guise ont encerclé Chartres.

Plusieurs régiments venue de partout

prennent position autour de la ville.

-C'est bon.

-Vous n'avez que le temps de demander de I'aide

à Henri de Navarre.

-Contre quoi ? -Votre succession.

Promettez-Iui qu'il sera dauphin.

-Jamais.

-Promettez toujours, sire. Dieu décidera.

-Admettons que j'accepte.

Trouvez-moi un homme valeureux,

qui portera |e message à travers I'armée de De Guise.

-J'en connais beaucoup.

Mais je n'en ai retenu qu'un.

-Que| est ce fou ? -Un Gascon.

-"Un Gascon" ?

-I| fera tout pour porter une bonne nouvelle au Béarnais.

Il est courageux comme un tigre et malin comme un singe, paraît-il.

-"Paraît-i|" ? Vous ne le connaissez pas ?

-Non, sire. Mais je connais son pire ennemi.

Le témoignage d'un ennemi

vaut toujours mieux que celui d'un ami.

Puis-je faire chercher le messager ? -Faites.

Faites.

Merci pour tout, ma mère.

-Maurevert ?

Mon cher, I'heure a sonné de prouver votre dévouement.

—II vous est acquis, vous le savez.

♪ ai juré de devenir I'ennemi du duc de Guise.

-I| s'agit en fait de retrouver et d'amener ici Pardaillan.

-"Pardai||an." Le maudit ?

Le duc m'a chassé \ a cause de lui.

Je |'amènerai mort ou vif. -Vif, s'il vous plaît.

C'est un espion du Béarnais.

Quand j'aurai fini de |'interroger, vous pourrez le tuer.

-J'irai en enfer, s'il le faut,

mais je vous le ramènerai.

-Nous voilà cernés par ce maudit Henri de Guise

qui veut tuer Henri de France.

Henri de Navarre, lui, veut les deux autres.

Pour moi, trots Henri, ça en fait deux de trop.

-Je suis pour Henri de Navarre.

-Bien sûr, puisque Pardaillan est pour lui.

-Et après ? Ils savent parler aux femmes.

-Cause toujours.

C'est pas eux qu'on aurait surnommés comme moi "Gueule d'amour".

-C'est avant la guerre de Cent Ans qu'on t'appelait comme ça ?

-Arrête.

Pas avant 10 h. Donne-nous plutôt à manger

et préviens Pardaillan que je I'attends.

-"Pardai||an" ? Il n'est pas rentré de la nuit.

Il a mieux à faire.

-I| est fou. Tu as entendu ?

Pardaillan n'est pas ici. -Il est ailleurs, alors.

-Bougre d'idiot ! Si Maurevert I'a trouvé ?

-C'est qu'il est en train d'enterrer M. de Maurevert.

Tiens ! Il fait jour.

-I| est en train de faire cocu le marchand de grains.

-C'est vrai ?

-I| est chez sa femme depuis hier soir.

-Ils jouent à la main chaude ?

-Où est le marchand ? -En voyage,

comme ËOUS ÎÊS COCUS.

-Il est avec la femme de ce marchand!

-I| était en voyage, le marchand de grains.

Justement, |e voilà qui revient.

-Pourquoi revient-il aujourd'hui ? C'est à croire qu'on I'a prévenu.

Mais c'est M. le marchand de grains!

Que je suis aise de vous revoir, M. le marchand de grains!

Avez-vous fait bon voyage, M. le marchand de grains ?

-Lâchez-moi. Pourquoi criez-vous si fort ?

-C'est que je suis sourd!

-Cie|, mon mari!

-Oh, les cavaliers du roi.

Et à leur tête, M. de Maurevert ! M. de Maurevert!

-Ces gens viennent pour moi.

Üest vous qui devriez filer. votre tante est bien soufirante T?

-Pourquoi ?

-Cocu et payé, par-dessus le marché.

Vous êtes en veine. C'est normal.

-Le monstre!

-Ma mie, faites vite.

-Le monstre. Se faire payer pour ça.

Je me vengerai!

-C“est déjà fait, il me.

Ils rient.

-Amenez-moi I'homme qui est Ià-haut.

S'il se défend, blessez-Ie. Mais c'est moi qui dois |'achever.

—Laissons—les entrer. \ Nous les prendrons a revers.

-Vous allez bientôt être vengé. Je vous |e promets.

-Toi ? -Toi ?

-Tu es déjà rentré ?

♪ étais chez ma tante. Elle a eu une crise.

♪ ai passé la nuit chez elle.

-A||ez ! Allez!

Par ici.

-Ma vaisselle ! Mon mobilier!

T'as eu de la visite, \ a ce que je vois.

-Sacré Pardaillan. Il tient la forme.

-Non ! Pas le lit conjugal!

-Le chevalier de Pardaillan de Gascogne vous salue.

-À votre tour.

—Descendez. \ ♪ ai a vous parler.

-C'est ça, ta tante ? -Et ça, qu'est-ce que c'est ?

-Que faites-vous chez moi ?

-Le ménage. Voyez vous-même.

\ —Descendez, j'ai a vous parler.

-Montez donc. Je vous en supplie.

-Descendez. C'est important.

-Je ne me dérobe pas à vos ordres.

Je vous attends.

-Je dois vous conduire auprès du roi.

Vous n'êtes pas surpris ? -"Surpris" ?

Vous étiez aux ordres de De Guise, et maintenant |e roi ?

Parce que de Guise vous a chassé et que vous I'avez trahi ?

Tel maître, tel valet.

Mais je vous crois.

-Je vous interdis de suivre Maurevert.

-Vous me |'interdisez ?

-Voilà qui m'encourage à |e faire, au contraire.

À cheval, Maurevert.

-Suivons-le.

Empêchons-Ie de voir Maurevert. Assomme-Ie avec ton épée.

—Je crois que je n'aurai pas \ a me donner cette peine.

-Merci, Pardaillan.

-N'essaie pas de reprendre cette bourse à ta femme,

sinon, je te jette par la fenêtre.

Pour toi, ce sera du 3e étage.

Cette fois, je te pardonne.

Va-t'en ! -Oui, oui.

-Cocu, battu... -Et trempé.

Wardaillen, on me laissé entendre que vous apparteniez

au roi de Navarre.

\ —Je n'appartiens a personne.

Des gens me plaisent, et d'autres non.

-Parfait.

\ Reste a savoir si le Béarnais vous plaît assez

pour risquer quelque chose pour lui.

-Votre vie, par exemple.

-Je dois porter au Béarnais un traité d'alliance contre de Guise ?

-Comment le savez-vous ?

-Le roi Henri ne peut plus qu'appeler au secours.

-Vous êtes très intelligent.

Le seriez-vous autant pour franchir les lignes du duc de Guise ?

-Si ça avait été facile, vous n'auriez pas eu besoin de moi.

-Vous acceptez ?

-Où est ce pli ?

-Sa Majesté va vous |e remettre en main propre.

-Un vrai plaisir,

cette petite partie de campagne.

Et ces messieurs de la Ligue

vont vous laisser passer \ le chapeau a la main ?

-Je vous répète que tout se passera bien.

-Oui.

Jusqu'au jour où quelqu'un vous transpercera de son épée.

-Trouvons un endroit tranquille. ♪ ai besoin de vous parler.

\ —Toujours a votre disposition.

Asseyez-vous donc.

-J'ai une possibilité pour vous faire traverser les lignes.

-Lesque||es ?

-Je suis parfaitement au courant de votre mission.

♪ ai I'ordre de faciliter votre passage.

-Nous partons maintenant ?

-Tous les deux seuls ? -Oui. Pourquoi ? Vous avez peur ?

-Ça vous ferait trop plaisir.

Je me permettrai quand même d'emmener mes amis.

Si I'un de nous est tué,

il en restera deux \ pour mener la mission a bien.

C'est pour |e bien du roi que je prends ces précautions.

-Faites |e malin pendant qu'il est temps.

Je dois vous faire sortir de Chartres.

Quand vous reviendrez, nous nous battrons.

C'est moi qui vous tuerai.

———.

———.

-La digue, la digue Revenant de Nantes

La digue, la digue Revenant de Nantes

\ De Nantes a Montaigu La digue, la digue

\ De Nantes a Montaigu La digue, la digue

-Rattrapez-|es.

-Crue||e folie, Pardaillan. Nous voilà bien.

-Écartez-vous. Laissez passer.

-Vous ne m'aviez rien dit.

Si j'avais su... Arrêtez!

-Taisez-vous.

-Reculons vite jusqu'à la berge. Reculons!

-"Reculer" ? Jamais. -Mais si.

-Vous êtes un traître, Maurevert.

♪ étais sûr que vous étiez un agent double.

♪ en ai la preuve. -Ça vous fait une belle jambe.

Vous êtes très fort, mais vous allez périr.

-Croyez-vous ?

———.

-Vous n'irez pas loin.

-Vous non plus.

-Je vous maudis.

Je vous retrouverai. Vous n'arriverez pas à bon port.

-J'arriverai quand même à bon port.

Je ne voudrais pas manquer notre rendez-vous.

-S'il est sauvé des eaux.

-I| manque un cheval.

Celui qui I'a pris prépare la prochaine embuscade.

-Avec nous, c'est plutôt une rigolade.

-Trêve de bêtises!

-Vous avez raison.

C'est à moi seul que cette mission a été confiée.

Je la poursuivrai seul. Je vous remercie.

-Je vous le défends.

-Cette fois, c'est vous qui dites des bêtises.

-I| faut I'empêcher de partir seul.

Mais il est tellement entêté que...

Tiens.

-Je vous apportais un bâton pour...

Au cas où votre épée...

-Casserait.

-C'est ça, "casserait".

-Merci, petit cousin. Merci.

\ —Yvan, a cheval. Pardaillan,

vous Wirez pas.

-Indéco||able.

-Pardai||an...

Mais qu'avez-vous ?

-Je me souviens d'un jeu qu'on pratique en Angleterre.

Ça s'appelle la boxe, quelque chose comme ça.

-Je ne vois pas le rapport.

-On do it tendre le menton le plus loin possible.

-Idiot.

-Que gagne-t-on ? -Rien.

-Idiots, ces Anglais.

-Essaie.

-Moi ? -Oui.

Vas-y. Il est très fort.

Ah, il est très fort.

-À vous. -Mais non.

-Mais si, mais si. Allez...

À votre tour, essayez. C'est pas mal.

Qui Va gagner ? Qui ? Qui ?

Plus vite.

Là, là...

Il ne faut jamais se moquer des Anglais.

\ Grâce a eux, je continuerai seul.

Et j'espère que |es gens de De Guise me divertiront.

Elle crie.

-N'approchez pas. Allez-vous-en. Laissez-moi.

Vous m'avez déjà tout pris.

-Si c'était le cas, je m'en souviendrais.

-Lâchez-moi.

-A||ons, calmez-vous. Ai-je I'air d'un bandit ?

-Non.

Excusez-moi. ♪ ai cru que c'étaient eux.

-"EuX" ? -Les bandits.

Ils m'ont tout pris : mon carrosse, mes bijoux.

-Pas tout.

Ils vous ont laissé vos beaux yeux pour pleurer.

-Merci, monsieur.

Voudriez-vous m'accompagner jusqu'à I'auberge |a plus proche ?

-"L'auberge la plus proche" ? Je suis un peu pressé.

-Vous n'allez pas m'abandonner ici ! Je suis déjà morte de peur.

Je vous en prie. Vous êtes bon, j'en suis sûre.

-Ce n'est pas seulement la bonté qui me ferait agir.

-Dieu a voulu que je vous rencontre.

Emportez-moi vite, chevalier. Je défaille.

-Pardai||an ne laissera pas une dame seule sur la route.

Venez, madame.

-Merci, chevalier. Vous êtes mon sauveur.

-Ne me remerciez pas, madame.

Priez pour moi. Je ne suis qu'un pécheur.

-Ce serait trop simple.

-Mon cher, vous êtes des niais.

Pardaillan a beaucoup trop de qualités pour vous.

\ Il a jeté 30 cavaliers a la rivière comme s'il buvait du vin.

Il faut le vaincre par ses défauts.

—S'il veut bien se laisser alter \ a ses penchants.

-J'ajouterai... -Les voilà.

-Disparaissez. À vos places.

Et toi aussi, |'aubergiste.

-Attendez-moi.

♪ ai une amie qui me prêtera une robe décente.

\ Je tiens a vous remercier.

-Vous pouvez le faire dans celle-là.

-J'en ai pour une minute.

-Eh bien, vous avez pris votre temps.

-En tout cas, je ne I'ai pas perdu.

Il est adorable.

-Oui, oui. Je vois.

Vous n'avez pas perdu votre temps.

Quel homme, ce Pardaillan!

-Un pichet de vin de Loire, chevalier.

-C'est que je suis un peu pressé.

Tant pis. Du vin et du pâté.

-De I'avoine et de I'eau pour le cheval ?

-Dans 5 minutes, ou je te coupe les oreilles.

-Si cela vous amuse, il vous reste une place.

-On peut bien faire deux choses à la fois.

-À vous, monsieur. Il y a un double 6 à battre.

-Pour me porter chance.

Entendre, c'est obéir.

Heureux au jeu et en amour. La vie est belle.

-Pardai||an ! Aïe!

-Tiens ! Il fait nuit.

-Pardai||an!

-I| est idiot, ce jeu anglais. Mais c'est moi le plus fort.

—Pardaillan s'est enfui. \ Vite, a cheval.

-Après |e beau temps, la pluie. C'étaient mes derniers écus.

Bonsoir.

-Un instant, chevalier.

Vous ne pouvez pas partir ainsi.

-Les poches vides ? Je I'ai déjà fait mille fois.

-Mes dettes ? -Sans payer vos dettes ?

-Votre repas et celui de votre cheval.

-Mais c'est ma foi vrai. Que faire ?

-La chance est femme, dit-on.

Et j'imagine que vous devez plaire aux femmes.

Essayez encore. On ne sait jamais.

—Malheureusement, \ je n'ai plus rien a perdre.

Ces messieurs m'ont raclé.

-I| vous reste votre épée et votre cheval.

Je vous les joue contre tout cet or.

-I| est donc à vous ?

-Ces messieurs jouaient pour mon compte.

Alors, chevalier ?

-L'or ne suffira pas.

-Si je gagne, ôtez votre masque.

♪ ai parié 1000 écus sur votre beauté.

-Avec qui ? -Avec moi.

Je me dois déjà de I'argent.

-C'est entendu. À vous I'honneur, chevalier.

-Deux 6 et un 5. Un seul point peut me battre.

-Entendre, c'est obéir.

Ah ! Trots 6.

Vous n'êtes pas dans un jour de veine.

-Mon père disait toujours :

"I| ne faut jamais jouer avec les femmes,

"sauf à |'amour."

Cette fois, j'ai tout perdu.

-Pas encore.

Il vous reste la lettre que vous portez sous votre pourpoint.

-J'ai une lettre, moi ? -Ne jouez pas au plus fin.

♪ aurais pu vous la prendre par la force,

mais je suis joueuse.

Je vous la joue.

—Votre manière de proposer les choses \ est difficile a combattre.

Et si je gagne ? Que se passe-t-il ?

-Vous sortez de cette auberge comme vous y êtes entré.

Vous avez ma parole.

-Très bien.

-Vous avez encore perdu.

Donnez-moi cette lettre.

\ Vous tenez a perdre la vie, par-dessus le marché ?

Donnez-moi cette lettre.

C'est bien le sceau du roi.

Vous êtes libre, chevalier.

Reprenez votre epee et cet argent. Vous en aurez besom,

car VOUS aurez CIGLIX FOÎS VOS ÎFOLISSGS I.

Celui de France et celui de Navarre.

-Tout cela sans même avoir eu la consolation de voir votre visage.

Vous avez raison, madame. Je suis dans un mauvais jour.

-Eh bien, essayons de I'améliorer.

Ceci afin de vous donner des regrets.

-En me prenant cette lettre, vous m'avez pris mon honneur.

Cela vaut mieux qu'une aumône.

Voilà qui est mieux.

Je vous accorde un délai pour le reste.

\ Et a vous aussi, messieurs.

-Le plus invraisemblable, dans votre histoire, chevalier,

\ c'est que vous ayez pu arriver a moi sans qu'on vous prenne cette lettre.

-Mais on me I'a prise, sire. -Quoi ?

-Enfin, on I'a cru.

♪ avais demandé au roi d'écrire deux lettres.

Je me suis fait prendre |a mauvaise pour vous apporter |a bonne.

-Vous allez me faire croire que le diable est aussi gascon.

Et s'ils ne vous avaient pas laissé repartir ?

-Vous me connaissez mal. Je repars quand j'en ai envie.

-Même mort ? -Même enterré.

-Sacré Gascon, va.

Daignerez-vous rester ici pour souper avec moi ?

-Si ce n'est pas un ordre, j'accepte volontiers.

-Sacré Gascon.

Qu'on appelle mon cuisinier.

-Je serais très honoré de souper avec le dauphin de France.

-Parce que vous connaissez le contenu de ce message ?

-J'ai exigé qu'on me le dise.

Je ne fais rien sans savoir pourquoi.

-Puisque vous semblez connaître aussi ma réponse,

je ferai tout pour tirer |e roi des pattes de ce Guise.

Je soupe ce soir avec un Gascon qui vient de loin.

Les Gascons ont les dents tongues. Que proposes-tu ?

-Des pâtés en croûte comme amuse-bouche,

des perdreaux entourés d'alouettes,

un turbot en mousseline et une volatile.

-Quelle volatile ? -Poule au pot.

-Encore ? Tu as la manie de la poule au pot ?

Tu m'en fais tous les dimanches.

-C'est M. de Sully qui fait tous vos menus.

-C'est moi qui les mange. Encore une fois, et je me fâche.

File!

Notre marche sur Chartres demandera environ un mois.

Nous partirons dans 8 jours.

Je ne pense pas que Guise

soit en mesure däntreprendre quoi que ce soit düci là

sur le plan militaire.

-D'ici là, il aura fait assassiner Henri III.

—II n'oserait pas.

-Le trône de France vaut bien cela.

-Guise est un aventurier,

mais il ne toucherait pas \ a la personne royale.

-I| a fait placer auprès du roi un tueur à gages du nom de Maurevert.

-Si ce que vous dites est vrai,

c'est moi que le peuple désignera comme assassin.

-Ne craignez rien, sire. ♪ empêcherai ce meurtre.

-Je ne vous ai donné aucun ordre, que je sache.

-Vous alliez le faire, sire.

Alors je prends |es devants. ♪ ai horreur d'obéir.

-C'est donc moi qui vous obéirai.

Pardaillan, je remets entre vos mains la vie du roi Henri III.

Voici la lettre.

-Vous avez une trop belle écriture pour en rester là.

Il fit.

-Vous avez recommencé le coup des deux lettres ?

Très amusant.

-Voici la vraie.

\ Portez-la a Henri III en passant par I'Auvergne.

Et bientôt, Henri IV sera roi de France.

-Vous allez servir de leurre. Je ne marche pas.

Vous risquez votre vie. -Ne dramatisons pas.

-Vous ne me referez plus le coup de la boxe.

Je vous ai retrouvé, je ne vous Iâcherai plus.

-Croyez-vous ? -Oui.

Mon cher Pardaillan...

À cheval!

-Cousin, où est mon cheval ?

-Vite.

Coups aile feu.

Æardaillan!

Il est mort. Mon Dieu, il est mort!

Il est...

-Mille excuses, mes amis. À bientôt.

-Tiens ! Il fait nuit.

-Pousse sur la roue. Monte sur la roue.

-Attention.

-Vous avez tort de me prendre pour une imbécile, Pardaillan.

Si vous avez quand même couru auprès d'Henri de Navarre,

c'est que vous aviez 2 lettres.

Une fausse, que j'ai prise, et une vraie.

-Votre tricherie aux dés en vaut une autre.

-J'ai épargné votre vie, Dieu sait pour quoi.

Je ne vais plus épargner quoi que ce soit.

Donnez-moi la lettre que vous portez.

-Entendre, c'est obéir. La voilà, madame.

—Celle—ci est la réponse \ a la fausse lettre.

Je veux la vraie. Vite. -I| fallait le dire tout de suite.

-Qu'est-ce que ça signifie ?

"On vous dit souffrant de I'estomac. Voici mon conseil :

"prenez une volatile dodue, plumée, vidée,

"poivrée, salée..."

-Que voulez-vous ?

C'est la recette de la poule au pot, ou bien un langage secret.

-Comment ?

-Si vous remplacez "volatile" par "Henri de Guise",

ça change tout.

Il s'agirait alors de prendre le duc de Guise,

de le plumer, de le vider et de le faire outre.

Voici qui vous éclairera, peut-être. C'est en vers.

Cellenci est en patois.

En voici une sixième en latin.

Et une qui fait 7.

Et 3 qui font 10.

Et 2 qui font 12.

Lisez-les attentivement. Peut-être découvrirez-vous la vraie.

Et en voilà une autre.

-Tous en haut!

-Tuez-le!

-En bas!

Aïe g

-En haut!

———.

Débarrassez-moi de ça.

Venez, les autres.

———.

En bas!

-Ah!

-Rendez-moi votre épée. Vous êtes pris.

-Vous êtes le plus fort.

Wttrapeznle!

Imbue en haut!

-Yvan, passe derrière.

Derrière. Passe derrière.

-A||ez, encore.

-Que| homme, ce Pardaillan!

Menez bon.

Attaquez-Ies, bande de traîtres.

Fuyez, madame, ou ils vous prendront comme otage.

-Arrêtez le com bat.

Sinon, je vous fais tous sauter.

Jetez vos armes.

Tous en bas.

-Bravo, Pardaillan.

-Rendez-vous à la prochaine auberge.

Je vais suivre à la trace la dame.

-Cela ne vous suffit pas ?

On ne se quitte plus jusqu'à Chartres.

-Mon cher, une fois de plus,

\ laissez-moi en faire a ma tête.

-Yvan, cette fois, il ne s'échappera pas.

-Mes amis, cette fois, je n'y suis pour rien.

-Non, Pardaillan ! Laissez-moi!

Laissez-moi!

Si vous voulez me tuer, faites vite.

-Je veux entrer dans Chartres, et vous m'y aiderez.

-Jamais!

-Ah si. Je me suis jeté dans votre embuscade pour cela.

-Jamais, vous dis-je.

—Réfléchissez, sinon je vous attache \ a un arbre sous la pluie.

-Non. J'ai peur de I'orage.

-C'est bon. Rentrez dans la cabane.

Mes compliments, madame.

-Je voulais faire sécher ma robe.

-Sous mon regard ?

—Trêve d'ironie, monsieur Pardaillan. \ ♪ ai une proposition a vous faire.

-Je vois.

—II ne s'agit pas de ça.

-Qu'a||ez-vous me proposer ?

De vous tourner le dos pendant que vous me poignardez ?

-Vous êtes stupide.

Si je le voulais,

je vous aurais tué |a première fois dans I'auberge.

Au contraire, je vous ai épargné.

-Pourquoi, au fait ?

-Disons que votre mort ne m'aurait procuré aucun plaisir.

Et aujourd'hui moins encore que ce jour-là.

Je suis heureuse que vous m'ayez battue deux fois.

-C'est une joie que je vous redonnerai le cas échéant.

—Pardaillan, vous n'êtes pas \ a votre place là où vous êtes,

dans le camp du Béarnais.

Il n'arrivera pas au trône. Il a les jambes courtes.

Venez avec nous.

-Je reconnais que de Guise a les jambes plus tongues.

-Venez, et vous serez riche.

Je vous promets 100000 écus

et un marquisat en Lorraine.

-Qui êtes-vous pour tant promettre ?

-Je suis Bianca Farnèse, princesse de Parme

et f tile d'AIeXandre Farnèse, 1er capitaine de ce temps.

Mon père a lié ses intérêts \ a ceux de De Guise.

\ Son armée est prête a intervenir quand il le faudra.

Venez avec nous, Pardaillan.

Je vous donnerai tout, et plus encore.

-C'est-à-dire ?

-Moi.

Je n'ai pas oublié |e baiser que vous m'avez pris dans I'auberge.

Il ne mentait pas.

-J'avoue que vous me tentez, et de plusieurs manières.

Je ne suis qu'un pauvre pécheur.

Je dois d'abord rentrer à Chartres. -Pour endormir la méfiance du roi ?

Vous y entrerez. Je vous donne le mot de passe.

"Les merles de Lorraine voleront au Louvre."

-Très poétique.

-Donnez-moi la lettre que vous rapportez.

-Encore ? Je vous en ai déjà donné 13.

-13 fausses.

Je vous la rendrai dès que je I'aurai lue.

-C'est juste. Donnant-donnant.

-Ce||e-ci sonne vrai.

Henri de Navarre

compte se mettre en route dans 3 mois

et traverser la Loire pour nous surprendre.

La surprise sera pour lui, je vous le jure.

Voici votre lettre.

-Je veux seulement votre sang.

Pour m'écrire un ordre de mission avec votre sceau.

Vous n'avez pas confiance ? -Oh si.

Mais sait-on jamais ?

Le mot de passe aurait pu être changé entre-temps.

Il ne me reste plus \ qu'à vous dire a bientôt.

-Doucement, chevalier.

Il vous reste bien encore une minute.

-Rendez-vous, Pardaillan.

-Maurevert!

Il connaît le mot de passe. Vite!

-Je dis qu'il a réussi. C'est un passe-partout.

-Et s'il a réussi,

comment ferons-nous, nous, pour passer ?

-Le voilà!

—Vite, a cheval.

-Comment avez-vous pu ? -Trop long à expliquer.

Les merles de Lorraine voleront jusqu'au Louvre.

-Laissez passer ces gentilshommes.

-Voulez-vous arrêter ?

Qu'avez-vous raconté ?

-Des merles qui se croient aigles.

Allons au château. -Un instant.

Le pli du roi de Béarn.

-Ah oui ? Le quinzième.

-I| est fou ! Que faites-vous ?

Mon, monsieur.

Je ne crois pas qu'Henri n'a pas écrit

pour donner à Sa Majesté une réponse.

-I| a eu la bonté d'en écrire 15.

-Mais elles étaient fausses. -Quoi ?

La vraie, je I'avais dans la tête.

-Vous êtes un imposteur.

-Vous me devrez des excuses quand Henri de Navarre arrivera.

Il se met en route. -Vous êtes un imposteur.

Vous n'êtes pas allé jusqu'en Béarn.

-Reconnaissez-vous

cefie bague 2?

Henri de Navarre me I'a confiée.

Catherine de Médicis la lui a offerte pour son mariage.

-Vous avez raison. Je reconnais la bague.

Pourquoi ne pas I'avoir montrée ?

-Les Gascons sont pauvres.

♪ aurais préféré la garder, en souvenir.

-Diable de Gascon. Vous êtes un malin.

Le duc de Guise a été joué avec 15 fausses lettres

et un vrai diamant.

-Qui me dit que cette lettre était la bonne T?

Il y en avait 14 fausses.

Pourquoi pas 15 ?

Mon cher, c'était la seule qui avait un sens.

Et un double cachet la distinguait.

-Pour vous la faire distinguer, \ a VOUS.

Savez-vous ce que ça me coûtera ?

Le royaume de France, et peut-être la vie.

Alors, je veux savoir. Vous entendez ?

-Vous ferez tuer le roi ?

-Sans vous, je I'aurais déjà fait.

-Je méprise le meurtre, car c'est la marque des lâches.

Un duc n'assassine pas.

La France n'acceptera pas un meurtrier.

-Relisez votre histoire. Elle en a accepté bien d'autres.

L'Angleterre aussi. L'Italie, |'Espagne...

Maurevert!

À un certain niveau, |e meurtre est de la politique.

Prenez tous les hommes qu'il faut et amenez-moi ce Pardaillan.

-Impossible. -Je voudrais bien voir ça.

-C'est I'homme le plus populaire de Chartres.

Il annonce une trêve entre le Béarnais et Henri III,

la réconciliation entre catholiques et protestants.

-Attrapez-le quand même ! Imbécile.

-Ne vous énervez pas. Laissez-moi faire.

Merci, Maurevert.

Je Pamènerai

meds et pcÿmgs “ès.

C'est une affaire entre lui et moi.

Il m'a battue deux fois, mais je |e battrai la troisième.

Je veux que vous soyez roi.

-Pour être reine ? -Mon rang me le permet.

Reine mais pas favorite.

-Merci, mes amis.

-Toute la ville veut vous acclamer.

\ —Ça marche a merveille.

-Répandre le faux bruit d'une trêve entre Henri III et le Béarnais!

Pardaillan, on ne s'amuse pas avec I'histoire de France.

-Mais cet épisode me sauve la vie.

De Guise n'oserait pas assassiner le héros.

-Toujours pas de Maurevert ? -Disparu.

Tout va bien. -C'est ennuyeux.

-Pourquoi ?

-Le Béarnais absent, le roi sera toujours en danger.

-Si Guise veut assassiner |e roi, il |e fera.

Vous ne |'empêcherez pas.

-Si. Seulement, il faudrait que Guise montre |e bout de son nez.

-Je ne vous ai jamais compris. Ça ne commencera pas aujourd'hui.

-Au berg iste!

-OI'I là ! Oh là!

Pour voir le chevalier, il faut payer.

-Nous voulons juste de la nourriture.

-Notre maîtresse donne un dîner, ce soir.

-Voilà des ambassadrices don't j'aimerais connaître la reine.

-Les pièges |es plus dangereux prennent des visages de femmes.

-Pas assez souvent.

-Ça, c'est un piège. C'est le bout du nez du duc de Guise.

-Un 30“ bout du nez.

-Pardai||an va les suivre. Il faut empêcher cela.

Tu entends ?

-Je n'entends plus rien, cousin. Je regarde.

-Non. Ça lui ferait trop mal.

Ah!

Un jambon. Voilà. Il adore le jambon.

Acclamations.

———.

Pardaillan, où allez-vous ?

-I| y a là, dehors, une dame fort intéressante.

Que faites-vous, avec ce jambon ?

'Moi ?

—Ah. —Rien.

-Rien du tout.

-Regardez ce beau chevalier. Ce qu'il est beau.

Il nous tiendra compagnie pendant qu'on festoiera.

-La duchesse ne voudra pas. -Elle ne saura pas.

Vous monterez sur le siège du laquais.

-Ne sommes-nous pas quatre jolies f tiles ?

-Ah non. Pas devant moi.

-Que veuxntu T? -Ne touchez pas à Pardaillan.

-De quoi elle se mêle ? -De quoi tu te mêles ?

Te rega rde ?

-Allons-y. -Merci, chevalier.

-Décidément, vous aimez le jambon. -Oui, j'adore le jambon.

-Eh bien, allez vous en tattler une tranche.

Tu viens avec nous ?

-Regardez ce jeune homme s'il a un joli prof ii.

-Non. Cette fois, vous ne m'aurez pas.

-Par ici, chevalier. -Et pourquoi pas par là ?

-Mais non!

-Qui vous a permis ? -J'ai horreur de dîner seul.

Je vous en prie. Vous préférez la cuisse ?

-En route.

Je vous enlève, chevalier.

♪ ai une tongue route à faire.

C'est infesté de bandits,

et on ne saurait rêver mieux que vous comme garde du corps.

-Croyez bien que c'est une des choses au monde

que je garderai le plus volontiers.

On nous poursuit. Arrêtez le carrosse.

-Ne bougez pas.

-Juste ciel!

Où les armes à feu vont-elles se nicher ?

———.

-Bon. -Descendez,rnaHnenant

-Qui meurt soudain

Pour peu qu'on ne |'attise

Le mien est prompt

Mêlé de soufre vif

Qui jusqu'à cendre

Consume, attise

Et don't mon âme

Est follement

Follement

Épfise

Alors, chevalier ?

-Un peu lent, à mon avis.

♪ avais hâte de vous revoir.

-Vous saviez que vous alliez me revoir ?

-Qui d'autre que vous aurait pu avoir I'idée

de me faire enlever par 4 soubrettes ?

-Vous êtes très malin, chevalier.

Mais vous êtes tout de même entre mes mains.

Vous n'avez pas peur ? -Pas encore.

-C'est-à-dire ?

-C'est-à-dire que si vous me vouliez du mal,

vous seriez plus tendre, comme dans la cabane.

Un baiser de plus, et adieu, Pardaillan.

-Ne soyez pas trop fier de vous.

Ce baiser aura empêché que la vie de votre souverain soit en danger.

-Henri de Navarre ? -Non. Henri III.

-Henri III sauvé par un baiser ?

Ce serait le comble.

-Cessez de plaisanter.

Henri de Guise a perdu patience.

Il ne sait rien des accords entre Henri III et le Béarnais.

De Guise est violent.

La violence lui paraît la politique la plus simple.

Encore un peu, et je ne pourrai pas éviter le pire.

Sivoustenez \ a sauver Henri III,

suivez-moi au bout d'un certain couloir.

-Ça dépend de ce que j'y trouverai.

-Vous y trouverez de Guise.

Nous sommes ici chez lui.

-Eh bien, bravo. Combien sera-t-il ?

-Vous avez peur, chevalier ?

Mais de vous seulement, madame.

Que devrais-je lui dire ? -Un mensonge.

N'importe lequel, pour |e détourner de ses pro jets de meurtre du roi.

Mais je vous fais confiance. Vous mentez admirablement.

-De votre part, le compliment me touche.

-AIors ? C'est oui, chevalier ?

-Entendre, c'est obéir.

Bien joué.

En voilà une qui ment encore mieux que moi.

———.

-Qui est là ? -Un imbécile, madame.

Je ne VOUS veux aucun mal.

-Où suis-je, exactement ? -Dans ma chambre.

-Je le vois bien. Dans la chambre de qui ?

-Qui êtes-vous, d'abord ? -Le chevalier de Pardaillan.

-"Pardai||an..."

Il me semble avoir déjà entendu ce nom.

Êtes-vous ce Pardaillan qui fait enrager mon époux ?

-Je ne pensais pas vous connaître, madame.

Qui êtes-vous ?

-Je ne vous le dirai pas, vous partiriez.

Or je veux savoir pourquoi vous êtes dans ma chambre.

-En dépit de votre beauté,

je ne m'y suis pas introduit volontairement.

On m'y a poussé. -"Poussé" ? Qui ?

-Bianca Farnèse. -Ma pire ennemie.

-Votre ennemie ?

Vous... -Catherine de Clèves.

-L'épouse du duc de Guise. Bravo, Bianca.

Madame...

Notre tête-à-tête sera bientôt interrompu.

-Comment cela ?

-Toutes les issues sont closes.

Si vous ne voulez pas être répudiée, il faudra crier.

-Pourquoi ? -Je vous le dirai plus tard.

-Vous me faites mal.

-Ayez mal en criant.

-C'est que je n'en ai pas envie.

Ce n'est pas la peine de m'attacher, Pardaillan.

-Criez ! -Mais je ne peux pas.

-Bon. -A'I'e!

-Bravo. Encore. -A'I'e!

Mais vous êtes fou ! -Vous comprendrez que non.

Criez ! -Aïe!

-Encore. -A'I'e!

Mais qu'est-ce que vous faites ?

-Bon sang, mais criez ! -Aïe!

-Enfin.

Je vous y prends, madame.

-Monsieur de Pardaillan, vous ici, dans la chambre de la duchesse ?

-Quelle surprise!

-Madame, je vous félicite.

Vous êtes notaire, donc témoin.

C'est ma femme et son amant.

Fakes votre devoh'.

-Un instant. Vous êtes si romanesque.

Moi, I'amant de Madame ? Vous rêvez ?

♪ étais venu pour tout autre chose. Pour ça.

♪ avais besoin d'argent. Une vieille dette.

-Mensonge. Pardaillan n'est pas un voleur.

-Merci de me défendre,

mais je suis pris la main dans le sac.

-Ce sont vos bijoux, madame ?

Il s'est jeté sur moi.

Il m'a frappée jusqu'a ce que je les lui donne.

-Ils sont amants. Faites votre constat, monsieur.

Pour constater, il faut que je voie et que j'entende.

♪ ai entendu cette femme crier de douleur, et non d'amour.

Je I'ai trouvée attachée, ce qui n'est pas d'usage en amour.

Et cet homme m'a remis ce coffret.

Où est I'adultère ?

Non, vraiment, je ne vois pas.

Mes respects, madame. Madame...

Mes hommages, monseigneur. Et mes regrets.

-Filez.

Irmbécile!

Je vous dois des excuses. Je vous les fais donc.

Permettez-moi d'y ajouter mes félicitations.

Je ne vous ai jamais soupçonnée d'être bête.

Quant à vous,

amant ou voleur, vous ne perdez rien pour attendre.

Maurevert!

Prenez-le,

et jetez-le dans notre plus mauvais cachot.

-Tous en bas. Descendez!

Quel homme, ce Pardaillan!

“Étant entendu que Paccusé a reconnu son crime

“sur le lieu où il a été commie,

"|e tribunal décide et ordonne que le sieur Pardaillan

\ "sera soumis a la roue et aura ensuite la tête tranchée."

-Vous serez vengé.

-La sentence est immédiatement exécutoire.

-Vous avez encore une chance de vous sauver.

-En avouant être I'amant de votre femme ?

-Si vous voulez.

Ce qui m'intéresse,

c'est le contenu de la réponse \ du Béarnais a Henri III.

-Et je pourrai mourir de vieillesse dans vos cachots ?

♪ aime mieux faire ça au grand air.

-Vous serez libre. Je vous en donne ma parole.

-Vous la reprenez aussi facilement que vous ne la donnez.

Vous me donnez la mesure de votre noblesse.

-Pour la dernière fois :

acceptez-vous la proposition que je vous fais ?

Le bourreau attend.

-Si la parole de la princesse Farnèse confirme la vôtre, j'accepte.

-Vous faites confiance aux femmes ? -Ce||e-|à, oui.

♪ apprécie mes ennemis aussi.

-Vous étiez là ?

\ —Je m'intéresse a chaque instant

de I'existence de mon ennemi intime :

M. de Pardaillan.

-Cette existence est compromise. Vous serez enfin tranquille.

À moins que je ne donne ma parole pour garantir celle du duc.

-Deux mauvaises serrures ne valent pas un bon verrou.

C'est mieux qu'une seule.

-Et si je vous giflais ? -Le duc a eu la bonté de le faire.

-Cessez vos insolences!

-I| vaut mieux que vous nous laissiez.

Vous êtes |e seul ennemi que je n'arrive pas à détester.

Il y a toujours un je ne sais quoi qui m'en empêche.

-Moi non plus, je n'arrive pas à vous détester.

À cette différence près que, moi, je sais ce qui m'en empêche.

-Parlons de nos affaires.

Si je vous garantis votre grâce et votre liberté immédiate,

vous écrirez ce qu'il a demandé ?

-Oui.

-Tout de suite, là ? Sous mes yeux ?

-J'ai simplement besoin d'être encouragé.

-"Encouragé" ?

-I| existe une manière très simple et efficace de m'encourager.

-Laquelle ?

-Vous êtes trop loin pour que je vous la dise.

Üest un secret de famille.

-Qu'est-ce qui vous fait croire que cela m'intéresse ?

-Vos yeux.

-Ils mentent peut-être.

-Je ne crois pas. Faites voir.

Approchez encore.

-Eh bien...

vous avez des secrets qui gagnent à être connus.

À tout à I'heure.

-Ne vous pressez pas.

Inutile d'aller chercher cette plume, je n'écrirai rien.

De Guise est un lâche. Il ne sera pas roi de France.

-Encore une de vos plaisanteries ?

—Vous en voulez \ \ a un condamné a mort

d'employer tous les mo yens pour gagner un baiser ?

-Imbécile!

Toutes vos fanfaronnades vous mèneront au gibet.

-E||es vous empêcheront en tout cas de régner sur la France.

-Vous parlerez sous la torture.

Vous parlerez.

Je vous jure que vous parlerez!

-Pardai||an n'est pas rentré.

-Et alors ?

\ Je commence a en avoir assez, de cette histoire.

Il rentrera demain.

Et puis, de quoi j'ai I'air, moi ?

-Yvan, à cheval. -Qui ça ?

-Nous deux. Il faut retrouver Pardaillan.

-Encore ?

Comme s'il n'y avait rien d'autre à faire dans la vie.

-Monsieur, vous êtes I'ami de Pardaillan ?

-J'ai ce redoutable honneur.

-Essayez de le convaincre, sinon, il va mourir.

-Allons-y.

-Voilà de quoi vous distraire, Pardaillan.

Quand vous sortirez, vous serez bon à faire un cadavre.

C'est moi qui vous achèverai. -Tout est bien qui finit bien.

-Là-dessus, vous chantera: une autre chanson.

-C'est vous qui allez chanter.

«Ouvrez ! Le prisonnier ÿest échappé.

Ouvrez ! Pardaillan ÿest échappé!

On frappe.

À la garde!

Ouvrez!

-Monseigneur...

-Pardaillan ÿest encore échappé. Vous le faites exprès ?

On ne s'échappe pas de mes prisons.

Tenez-vous-le pour dit.

-I| ne s'est pas enfui tout seul. Quelqu'un I'y a aidé.

La princesse Bianca Farnèse porte les mêmes, monseigneur.

-Bianca ?

C'est impossible.

-Vous, ici ? Que faites-vous en prison ?

-Pardai||an s'est échappé.

-Cela tourne au refrain.

-I| n'y a pas de quoi rire, mademoiselle ma sœur.

-Cessez de vous faire du souci, et laissez courir Pardaillan.

♪ ai ce qu'il nous faut.

Metteznle en cellule.

Je le verrai plus tard.

-C'est tout ?

Un moine pour f rapper un roi catholique ?

—II n'acceptera pas. —Vous croyez ?

Et si je lui demande gentiment ?

-I| refusera au dernier moment.

-Je ne crois pas.

Il se cache pour échapper aux persécutions qu'il a subies

ainsi que sa famille.

Il le hait autant qu'un homme puisse en haïr un autre.

Le reste est entre vos mains, Henfi.

Allez trouver le roi

et convainquez-Ie qu'il lui faut accomplir ce pèlerinage

dès demain matin.

-Je ne I'oublierai jamais.

-Si vous |'oubliiez, je vous rafraîchirais la mémoire.

-Eh ben...

-Les amis de Pardaillan. Metteznles en prison.

Nous rflavez pas le droit!

C'est indigne de vous.

-Vous avez raison.

-Pourquoi ? Ils allaient le convaincre de parler.

-Ne vous donnez pas cette peine. Pardaillan s'est échappé.

-Quoi ? Mais c'est impossible.

-N'essayez pas de me faire croire que vous |'ignoriez.

-Comment le saurais-je ?

-Montrez-|ui la clé du mystère.

N'est-ce pas une des vôtres ?

-C'est en effet une des miennes.

Je ne la lui ai pas donnée. Il me I'a prise.

-Vous étiez donc si près de lui qu'il ait pu le faire ?

Je vous souhaite un bon retour.

-Henri, écoutez-moi. -J'ai beaucoup mieux à faire.

Le roi m'attend à Chartres.

-1, 2, 3.

Je suis d'une maladresse, aujourd'hui.

-Monseigneur le duc de Guise demande audience à votre Majesté.

-"De Guise" ? Ici ?

C'est impossible.

-Rien n'est impossible à cet homme.

Il faut le recevoir.

Est-il seul ?

\ —Rien a craindre, aujourd'hui. Les astres sont formels.

-Ils I'étaient aussi quand César s'est fait assassiner.

-César était seul, et nous sommes là.

-Vous êtes là. Dieu, merci.

Alors, ma mère ?

Faites entrer M. |e duc de Guise.

-Veui||ez accepter mes hommages, madame.

\ Longue vie a vous, sire, et Dieu vous protège.

-Voilà un bien louable souhait, et qui vous fait honneur.

Mais comme disent les paysans de mon Italie natale :

"L'angui||e qui est sortie de sa nasse se méfie de |'osier."

-Vous vous méfiez de moi, cela me navre.

Des problèmes de détails ont pu surgir entre nous,

mais les torts n'étaient pas uniquement de mon côté.

Comme I'alliance secrète entre vous et le Béarnais

par I'entremise d'un certain Pardaillan.

Votre royaume est catholique, sire.

Il veut alter à la messe, et vous rêvez de I'envoyer au temple.

-C'est faux. -Les Français le croient.

Leur colère augmente chaque jour. Rassurez-les.

-Je ne demande pas mieux.

Mais comment faire ?

-Vous pouvez me confier la Iieutenance générale du royaume

et me reconnaître comme dauphin,

mais cela, je le crains, ne suffirait pas.

Il vaudrait mieux que Votre Majesté renoue avec un passé glorieux,

par une pénitence publique, par exemple.

-"Une pénitence publique" ? -Oui.

—Je devrais traverser \ Chartres a pied

en m'arrêtant devant chaque église pour recevoir une bénédiction ?

-Pourquoi pas, sire ?

-Parce qu'il y a plus de 20 églises dans Chartres,

-sans compter les chapelles.

-Vous pourriez en sauter quelques unes.

Et tout cela se terminerait par un Te Deum triomphal

dans la cathédrale de Chartres.

-Je crois que notre cousin le duc de Guise a raison.

Oui. Il vous faut accepter cette pénitence, Henri,

pour I'amour de la France.

-AIors pour la France, ma mère.

———.

-C'est pour demain, Jacques.

La troisième église avant la cathédrale.

-Vous ?

♪ en étais sûr!

Je I'ai dit. Imbécile!

-Cette fois, c'est moi. -Moi ?

-Que vont-ils faire de nous ? -Deux cadavres.

-Ainsi, nous n'irons plus à la recherche de Pardaillan.

On ouvre la porte.

Déjà ?

-Pardai||an ! -Pas si fort.

-Vous ne vous êtes pas enfui ?

-Je devais découvrir |es pro jets de De Guise.

Il y a ici I'homme qui assassinera Henri III.

-Et nous sommes prisonniers.

Vous n'empêcherez pas le cours de I'histoire de France.

-Si. Car on n'est pas prisonniers.

-Vous possédez aussi les clés du pont-Ievis du château ?

-Non. -AIors ?

-Ici, on domine les douves de 50 m. Il faudrait être des oiseaux.

-A||ons à la chapelle demander à Dieu de nous donner des ailes.

Venez.

-I| est fou.

-Les gardes.

-Rien à signaler ? -Rien.

-Pas aperçule pfisonrfler ? -Non.

-Merci, mon vieux.

Encore bravo et bonne nuit.

———.

-ParicL

-Imbécile.

-C'est haut.

-Les églises ? Toujours. -Je n'avais pas réalisé.

Ces cordes ne seront pas assez tongues.

-On se rompra les jambes.

-Le bourreau te les rompra. À toi de choisir.

-Vous appelez ça choisir ?

-On descend tous les trots ensemble.

-Mais si la corde casse ?

-Nous descendrons plus vite. Voilà tout.

Vas-y.

-Non. Tous les trots ensemble, c'est impossible.

Les gardes entendront le 1er sauter à I'eau

et ne présenteront pas les armes.

Allez-y, d'Angoulême. -Pardai||an!

-Prenez appui sur le mur, balancez-vous et lâchez.

-Nous allons nous tuer.

-Tu préfères rester pendu au bout de cette corde ?

\ —À la une, a la deux.

-Vous |es avez laissés s'échapper ? -Ce sont trots diables.

-"Trots" ? -Oui, ils étaient 3.

-Pardai||an était encore avec eux.

Battez la campagne et ramenez-les-moi, bon Dieu!

Ramenez-Ies-moi!

-Pourquoi voulez-vous me faire grimper sur cet arbre ?

-Parce qu'on ne cherche jamais les gens sur les arbres.

Et j'ai besoin d'un cheval pour rentrer dans Chartres.

-Vous êtes servi. En voilà une douzaine.

Laissons-les passer.

Un beau sauf-conduit pour entrer dans Chartres.

Mite, cousin. À cheval.

-Tout va bien. Le roi a accepté.

-Et du vôtre ? -À merveille.

Il est prêt à faire n'importe quoi.

Vous serez demain roi de France, Henri.

Regardez.

Les cloches sonnent.

-"Bonnes gens de France,

"votre roi et le duc de Guise sont réconciliés.

“Le duc assurera

"|a Iieutenance générale du royaume.

"Pour sceller la réconciliation,

"|e roi se rendra par la ville à pied

"faire pénitence

"et entendre un Te Deum dans la cathédrale de Chartres."

Clairons.

———.

\ —Mêlez—vous a la foule.

Vivats aile la foule.

———.

Je suis là avec mes hommes.

Quand ce sera fait, nous fermerons I'église.

Ici, une voiture vous attendra.

Venez avec moi. Vous ne risquez rien.

———.

-Approchez-vous

\ et demandez a Dieu pardon de vos péchés.

'Nïïpprochez pas!

-À I'assassin!

-Vite, cousin.

Allez, vite!

-Rendez-vous. Vous êtes pris.

Vous ne vous échapperez pas. -Venez me chercher.

-Tous en haut!

-Pardai||an!

-A||ez-vous-en.

Allez-vous-en.

Tant pis pour lui.

———.

-I| est là!

\ —Vous avez réussi a vous enfuir ? —Oui. Et je suis venu vous remercier.

-De vous avoir tendu un piège ?

-Non. Pour le baiser de I'autre soir

et pour le petit souvenir.

—Lequel? \ —Votre épingle a cheveux.

\ Grâce a elle, j'ai empêché qu'on assassine Henri III.

-Quoi ? Guise a osé ?

Par le truchement du moine.

—Je voulais être reine de France, \ mais pas grâce a un meurtre.

Guise recommencera.

Or |e meurtre me répugne. Guise continuera sans moi.

-Vous allez abandonner de Guise ? Allons...

-Oui. Et je vous priverai de votre meilleur ennemi.

Vous ne me croyez pas ?

Je suis sincère.

-Si vous m'embrassez, c'est que vous devez mentir.

-Pas quand je vous ai embrassé dans votre cellule.

Et de plus, pour I'épingle, je le savais.

Je vous ai laissé une chance de vous évader.

On frappe.

-Je vais vérifier tout cela.

Voilà Maurevert. Il me cherche.

Vous n'avez qu'à me livrer.

-Pardai||an est ici. -Il n'est pas là.

-On I'a vu pénétrer par votre fenêtre.

-Je vous dis qu'il n'est pas là.

-Dommage.

———.

-Vous m'avez retardé pour qu'il s'enfuie.

Vous êtes sa complice. Vous I'aimez.

Vous servirez d'otage. -Je ne vous accompagne pas.

-Ah, vous croyez ?

Elle crie.

Elle chantonne.

-Où est Pardaillan ? -Il n'est pas là.

-"I| n'est pas |à" ?

Que se passe-t-il ? -Je suis très heureuse.

Le roi I'a convoqué pour le féliciter pour son action de ce matin.

-"Le roi" ? -"Le roi " ?

-Le coup a été rude, monsieur de Pardaillan.

Et il m'a amené à prendre une décision.

Je vais me constituer une garde.

\ ♪ ai fixé le nombre a 45.

Voulez-vous me faire le plaisir d'être le 46e ?

-C'est une garde défensive ou une garde offensive ?

-Pour assurer la défense,

il se peut que nous soyons obligés de passer à I'offensive.

-C'est-à-dire, par le meurtre ?

-Le mot est bien grand.

-Grand comme de Guise.

-Vous m'avez bien compris, Pardaillan.

Guise m'a attaqué, et je vais me défendre.

Je convoque \ les états généraux a Blots,

je I'invite comme lieutenant général du royaume,

et là, Guise, sans son armée, \ sera a ma merci.

-À la merci de 45 coups de poignard.

Je ne serai pas |e 46e. Le meurtre me répugne.

-C'est bien noble de votre part, chevalier de Pardaillan.

Mais pensez que la disparition du duc de Guise

servirait les intérêts du Béarnais.

-Mais pas les miens, madame.

Permettez-moi de me retirer.

-Vous n'y pensez pas, Pardaillan.

Il vous faut accepter... ou périr.

Vous en savez trop.

—Et vous allez \ vous mettre a 6 ?

-Je n'en ai pas besoin.

-Soyez altruiste. Il faut bien que tout le monde s'amuse.

—Ce matin, je me suis amusé \ a vous sauver la vie.

Et vous vous amusez \ a me faire périr.

-Que voulez-vous, chevalier ? Ça, c'est la politique.

Alors, Pardaillan ? -Que voulez-vous ? J'accepte.

-Ah. Vous voilà redevenu raisonnable.

-Je n'ai pas le mo yen de faire autrement.

La partir,

ou je le tue sous vos yeux.

-Arrêtez!

Non, pas lui.

Laissez-le.

C'est un ordre du roi.

Je vous ai dit de le laisser tranquille.

Il le tuerait.

-Sire, ne donnez pas I'alarme avant que je ne sois sorti.

Sinon, les 45 ne seront plus que 44.

-Voilà qui peut nous coûter cher.

-Armez-vous de pied en cap. Battez la ville.

Il faut retrouver ce Pardaillan et le tuer.

-D'Angoulême...

-Ah, le voilà.

-Je viens de faire une bêtise.

-QUELLE BÊTISE ?

-J'ai refusé au roi d'assassiner de Guise.

-Comment ça, "assassiner de Guise" ?

-Nous partons.

3 rations d'avoine pour les chevaux.

Maintenant que j'ai refusé, on va essayer de me tuer.

-C'est complet. -C'est parfait.

Vous avez contre vous les gens de De Guise et d'Henri III.

Comment allez-vous faire ? -Fuir.

-Vous pensez sortir comme ça ?

Je garde toujours

ce qui est offert.

Avec de I'habileté, nous sortirons

comme nous rentrés.

-Où allez-vous ?

-Chez Bianca.

-Pour lui dire quoi ?

-Je vais prévenir de Guise qu'il risque de se faire assassiner.

C'est Bianca qui va le faire.

-Vous allez vous mettre dans la gueule du loup.

Qu'est-ce que ça vous fait qu'on |'assassine ?

-Je n'aime pas |e meurtre. C'est tout.

-C'est pour ça que vous allez retrouver Bianca ?

-Je veux m'assurer de sa sincérité.

-Mais qu'est-ce que ça peut vous faire qu'elle soit sincère ?

-Beaucoup de choses.

-J'ai voulu vous éviter vos folies. Cette fois, je renonce.

Si vous sortez vivant de chez Bianca, on prendra la route du Roussillon.

Adieu.

-Même pas de boxe anglaise ?

-Non, Pardaillan. Allez au diable. Je renonce.

-Je reviendrai. -Mais oui.

Mais oui, mais oui.

Je I'ai bien eu. Allez, nous partons.

On va le retrouver chez Bianca...

-Sauvez Pardaillan, je vous en supplie.

-ET VOILÀ QUE ÇA RECOMMENCE!

-Vous êtes tombé dans le piège, Pardaillan.

Je savais que vous reviendriez.

-Vous avez amené I'artillerie. -Tout à votre service.

Un geste, et ils tirent.

-Où est Bianca ?

-Au frats, en attendant de vous y mettre aussi.

-Si je rends au duc de Guise un très grand service,

la relâcherez-vous ?

-Vous, lui rendre service ?

Vous me croyez imbécile ? -Oui.

Mais essayez de comprendre ce que je vais vous dire.

Si de Guise se rend à Blots, il sera assassiné.

-Comment ?

-On m'a proposé de le tuer. ♪ ai refusé.

Mais cela ne changera rien. Prévenez-le vite.

A r' ' fl-en Sais assez I3 es, on reglera nos COrT1ptes_

Et pourquoi pas tout de suite ?

Ne tirez pas!

Jetez vos armes.

-Faites ce qu'il vous dit.

-Bravo. C'est malin.

-Emmenez-|es.

-Je ne vous crois pas, monsieur de Pardaillan.

Jamais le roi n'oserait m'assassiner.

-Vous avez tenté de |'assassiner.

Mais je suis un homme courageux, et le roi est un lâche.

Décider de la mort d'un homme n'est pas si facile.

Surtout quand il s'agit d'Henri de Guise.

Vous êtes un merveilleux brouilleur de cartes.

Ce serait une jolie réussite pour votre ami le Béarnais

si je manquais les états généraux.

-À votre aise, monseigneur, mais vous allez agir en imbécile,

à force d'intelligence. \ —J'irai tout de même a Blots.

Si vous aviez raison, et s'il m'arrivait malheur,

sachez que je ne mourrai pas seul.

Je possède ici un otage.

Elle a trahi ma cause pour servir la vôtre.

L'amour, peut-être. Aussi, je I'emmène à Blots.

Si je meurs, on |'eXécutera.

Acceptez-vous le risque ? -Je ne I'accepte pas.

-Pardai||an!

-Rassurez-vous. Elle ne mourra que si je meurs.

Comme cela, vous aurez eu tort d'avoir raison.

———.

-Cette clé ouvrira vos fers facilement.

Attendez que sonne |'angélus.

3 chevaux vous attendront. Le pont-Ievis sera baissé,

et j'aurai emmené toute la garnison \ a une chasse en leur honneur.

-Mais qui êtes-vous, madame ?

-Vous avez été galant. Je ne I'oublierai jamais.

\ Grâce a vous, je suis encore la duchesse de Guise.

Demain, au premier coup de |'angélus. N'oubliez pas.

Il vous restera à assommer ce gardien.

Garde!

-Le gardien!

-Le roi sera chez lui

et appellera de Guise aussitôt qu'il sera là.

Nous nous tiendrons ici et nous le frapperons au passage.

Le cri de ralliement est : "Tue ! Tue ! À mort, le tyran."

-TUE ! TUE!

———.

———.

-Suivez-moi. Cette fois, c'est un ordre.

-HARDI PARDAILLAN ! HARDI!

———.

-Le voilà!

Allez!

-C'esî vous, mon cousin 2?

ADDrochez. Approchez.

-TUE ! MORT, LE TYRAN.

-Le tyran est mort ! De Guise est mort!

Nous avons vengé le roi.

-DE GUISE EST MORT.

-Même si on s'appelle le chevalier de Pardaillan,

il est difficile de détourner le cours de I'histoire.

Regardez.

Maurevert va exécuter Bianca. -En avant!

-Madame, c'est I'heure.

Le duc de Guise vient d'être assassiné.

-Non ! Non!

-J'aurais donné ma vie pour le duc.

Ne vous attendez \ a aucune pitié.

Nous dirons que vous aimiez le duc,

que vous n'avez pas supporté sa mort.

Mon, Maurevert. Je vous en supplie.

-Ils vont la tuer.

-Du calme, mon cher, et surtout, de la méthode.

NLaissez-moi ! Non ! Non!

—Recommandez \ votre âme a Dieu.

-Parlà.

Le carrosse est là. Faites ce que je dis.

-Pardai||an, elle a atteint son carrosse.

\ —À la une... a la deux!

Tous en haut!

À la une... à la deux!

———.

Je reconnais bien là votre loyauté.

-On ne peut pas être loyal avec vous.

Vous êtes trop rusé. Je ne ferai pas de quartier.

Sortez vos pistolets.

(-Laissez-|es s'approcher. On va sauter de I'autre côté.)

-Attrapez-les!

-Au revoir.

-Et maintenant, Pardaillan,

\ a nous deux.

Seul à seul. -"Seu| à seu|." J'accepte.

Oui. Oui.

Je pourrais vous tuer.

Mais il y a eu trop de morts,

et la vôtre ne servirait pas à grand-chose.

Vous savez nager, je crois ?

Vous en sortirez plus propre.

-Je vous maudis, Pardaillan. Je vous retrouverai.

-Bravo, Pardaillan. Bravo.

-On do it se dire adieu. -Vous n'allez pas recommencer.

Nous rejoindrons Henri de Navarre.

-J'ai beaucoup réfléchi.

L'idée de me donner un maître ne me plaît pas.

Je m'entends mieux avec les femmes.

-I| est fou.

Vous êtes fou.

Bianca Farnèse

a voulu votre mort.

Qui vous voudrez, mais pas elle. -Pourquoi ?

Celle-là m'attire comme aucune autre.

L'amour prend des chemins curieux. -Je |'empêcherai.

-Chapeau et pistolet de Maurevert. "Tous en haut !"

-Pardai||an, je vous empêcherai de faire une bêtise pareille.

-Comme vous voudrez. Mais laissons le sort en décider.

Si le vent la pousse vers |'Italie, Bianca.

S'il la pousse vers les Pyrénées, Henri de Navarre.

-Très bien.

Vous trichez. Vous soufflez.

Une autre. S'il vous plaît.

-Mes amis, la séance est levée.

-Fait-il jour ou fait-il nuit ?

Hem ?

-Vous allez payer.

Vous allez tout payer.

Et surtout...

tous les mouchoirs que j'ai usés \ a pleurer en vous attendant.

Avouez que c'est moi qui remporte la dernière manche.

-En êtes-vous si sûre que cela ?

-Ah, Pardaillan ! Mais vous êtes fou ?

Sous-titrage : Eclair Group

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