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Le vent souffle. Ripped by WQM
Conversation indistinctes.
*Musique électronique.
Musique inquiétante.
*Musique électronique.
Musique inquiétante.
Gémissements.
Il crie.
Cris de panique.
-Au secours !
Musique inquiétante.
*Musique douce à la radio.
-Voilà, mon lapin.
-T'es chiante.
-Comment tu veux que je t'appelle ?
Tu cours partout comme un lapin, pour rien.
-Tu l'as pas sucré, hein ?
-j'ai mis de la moutarde. -Merci.
*Musique pop.
*-sans gravité qui s'est déclaré ce matin
au 8e étage de la tour Utopia.
Le feu a pris dans un hall sans se propager,
grâce aux pompiers qui ont pu circonscrire le sinistre.
Les lieux ont été évacués par la police
qui enquête sur cet incident,
provoqué par une défaillance technique.
Selon les autorités, aucun blessé n'est à déplorer.
La tour Utopia devrait être rouverte dans la journée.
Musique inquiétante.
Brouhaha.
-Non, monsieur. Non. Silvous plaît.
C'est fermé, vous ne pouvez pas entrer.
-Laissez passer. -S'il vous plaît, reculez.
-Recu lez, recu lez.
*Annonce indistincte.
Clic de prise de photo.
-je peux vous aider ?
-En me laissant travailler, oui.
-Et vous êtes ?
-je travaille pour les assurances. j'ai du boulot.
-Vous avez une carte ?
-Vérifiez auprès de la régie.
-Oui, je vais vérifier. Venez avec moi, s'il vous plait.
*Annonce.
Mademoiselle, s'il vous plait.
Mademoiselle !
-OK, j'ai pas daccréditation.
je suis étudiante en gestion des risques.
-Et ? -je dérange personne.
-La zone est interdite. -S'ilvous plaît.
-Non. -Même les flics ont un coeur, non ?
-Carrément, oui.
Marco, tu peux raccompagner cette personne ?
-C'est nul. -Ouais.
-Allez -Lâchez-moi.
Votre nom ? Votre grade ? -On a du travail, sortez.
-Vous allez voir. -Bien sûr. Sortez !
-Connard !
*Musique classique.
Brouhaha.
-Bonjour, docteur. -Bonjour.
-Arrête ! j'en ai rien à foutre de la force.
-Calmez-vous. -Vous êtes un malade !
Me touchez pas comme ça ! -je ne vous toucherais pas
si vous nétiez pas si énervé. Calmez-vous et ça ira.
-Mais j'veux juste fumer une clope, cest tout !
-On va faire une injection. -Non!
-S'ilvous plaît. -On na pas le choix.
-On a toujours le choix. -Connard !
-Lâchez-le.
Sortez. Cest interdit de fumer ici.
-Il était agité, docteur
-Non, il était angoissé.
-Et la cigarette, cest bon pour
-Pas bon pour la santé, par rapport à ça ?
-Merci.
Bah, j'en peux plus de ce café. -C'est fait exprès.
Comme ça, personne ne glande des heures à la machine.
jaimerais que tu voies un patient, admis hier soir.
Crise d'angoisse sévère, risque élevé de passage à lacte.
Il ne me parle pas.
Peut-ètre quà toi
je savais que ça te plairait.
Et et Lucie, ça va ?
-Ca va.
-Tu veux qu'on se voie ? Ca fait longtemps.
-Merci, Hélène. Ca va.
je t'assure.
-Comme tu veux.
Il sappelle jimmy, notre patient.
Brouhaha.
-Stop !
je n'ai pas entendu dhistoire.
Pas une seule.
Des avis, des considérations sur la société,
des analyses politiques,
oui. Mais une histoire ? Non !
Personne ?
Vous avez pas la radio ?
Lincendie, au centre dUtopia, ce matin ?
Y a rien à raconter ?
-Ils cherchent
lorigine de la défaillance technique.
Mais les employés ont déjà repris le boulot.
Les infos n'en parlent plus.
Mais je continue sur la municipalité
et les déchets toxiques. -Merci, Karl.
-L'incendie, demain, ça sera déjà de la préhistoire.
Et cest chiant, sans victime.
-Comment tu sais qu'il y a pas de victime ?
Personne donc pour sauver ma journée ?
Oui ?
-C'est qui ? -Vous êtes qui, déjà ?
-Ma stagiaire Société à l'essai,
sur le dossier Mère Filles, une nouvelle relation".
-je vous écoute.
-je pense que cest un sujet intéressant, lUtopia.
je sais pas encore bien pourquoi...
mais y a quelque chose de bizarre.
Au vu des traces à l'étage,
je pense qu'ily a des blessés très graves,
peut-ètre pire.
-Ils ont oublié un cadavre sur lescalator ?
Attends, jappelle la préfecture.
Rires. -Continuez.
D'où vous tenez ça ?
Ben, je lai vu. J'y suis allée ce matin
j'écoutais la radio,
ça mintéressait. je fais ça, souvent.
-Vous étiez sur place, ce matin ?
Ah. Quelqu'un va peut-être nous raconter une histoire.
Allez-y, jeune fille.
-C'était plein de pompiers, de policiers,
de gens choqués, avec des couvertures de survie.
-Et ?
-La police refoulait tout le monde.
-Et ?
-j'ai un contact avec un témoin.
Ilva me raconter minute par minute.
Le feu, les victimes. Tout.
-OK.
Lincendie de lUtopia", cest le sujet de ?
-Louise. -Oui.
j'attends votre papier.
Quelqu'un dautre a levé le nez de ses biscottes ?
Musique de suspense.
-C'était pas la peine de venir.
Tu termines ton papier et tu pars.
-Mais François vient de dire
-Ton chef, cest moi.
je voulais une enquête psycho-socio, pas un fait div.
je dis ça pour toi.
Il faut que tu apprennes...
pour faire la différence avec les 20 autres qui attendent.
Tu comprends ?
Oublie l'Utopia et rends moi ton papier après demain.
Daccord, Louise ?
-D'accord.
-Tu es une fille intelligente.
Cest joli, ça !
-Pas facile de s'incruster, hein ?
-Ca fait sept mois
que j'enchaîne les rédacs. Y a de la place nulle part.
-Elle va te tuer. Elle adore ça.
-je sais. jessaie quand même. j'ai pas le choix.
-Ca t'arrive souvent daller mater des accidents, comme ça ?
-Oui, je cherche des idées.
-C'est bien. Lâche pas.
Karl, j'écoute. Merci de me rappeler.
Musique de suspense.
-Qu'est-ce que vous faites ici ?
-Le docteur vous a rien dit ?
-C'est vous, le patient. Pas elle, ni moi.
Parlez moi de ce qui vous amène.
Que faites-vous dans la vie ?
-je transporte les gens.
je les sors de chez eux, de leur quartier et je les ramène.
je conduis le 122...
parfois le 59, qui sort pas des cités,
mais j'aime moins.
Cest comme si je tournais en rond, j'y habite.
Alarmes.
Cest pas un château, mais cest chez moi.
Musique de tension.
j'appartiens à lendroit où je vis,
alors je laime.
Comment faire autrement, docteur ?
Il siffle.
-Monsieur le ministre !
-Oh, il est beau lui.
Vas-y, repasse cette balle.
-Faut faire avec.
Ne pas céder à la peur, ni à la colère.
Faut shabituer, vivre.
Cest ici, chez moi.
Parce que
même si Dieu mest témoin
cest quand même dur parfois, ici.
-Vous avez mal quelque part ?
-C'est comme si le néant souvrait sous vos pieds
et vous déchirait en deux.
A moitié mort, à moitié en vie.
Le sol qui se dérobe. A chaque pas.
j'ai envie de sauter...
(à chaque pas.)
-Qu'est-ce qui vous torture comme ça, jimmy ?
-La vie, docteur. Quoi dautre ?
Une porte souvre et se ferme.
Gabriel ouvre une bouteille et se sert un verre.
-Ils te proposent de jouer ?
Cest...
Cest merveilleux, Lucie.
Quand ?
-C'est dans un mois.
Mais avec mes cours, je pense pas que je pourrais.
-Tes compositeurs préférés.
Vas-y, cette fois, Lucie.
Tu peux le faire.
Elle inspire et déglutit.
-je sais pas.
-Lucie
Musique mélancolique.
*Musique rock.
Musique étouffée.
Mode vibreur. -Oh, putain
(Oh, putain.)
Elle soupire.
Vibreur. Elle coupe la musique.
Salut, maman.
Non, non, cest bon.
j'ai ce qu'il faut. Il me reste encore plein de trucs.
Mais oui, ils vont me garder.
Tinquiète.
Non. Non, cette fois, cest bon. je te jure.
Oui.
Oui, je sais.
Moi aussi.
Papa aussi. Bisous.
Musique de suspense.
*Musique techno.
j'ai pas envie d'y aller seule.
-OK. j'y vais, mais
Allez, viens.
-Ca va ? -je t'ai pas fait mal ?
-Non, et toi ? Ca va ? -Ouais.
-Tu lui as pété une côte, là.
-je suis pas infirmière, mais véto, doncje peux
-C'est bien, ça ! -Tu t'appelles comment ?
-Emma. Elle, Louise. -Salut.
-Salut. -Moi, cest Marc.
Et les gros, cest jean Phi,
Tom et Sélim.
-Ah, on arrive au bon moment.
-On vous attendait. -C'est quoi ?
-Surp?se. -A la tienne.
-One shot ! Tiens.
Iltousse.
-C'est
Toux.
-OK, jassume pas du tout.
-Oh, waouh !
-T'es pas véto.
-Si, je te jure.
-je te crois pas. -Pourquoi ?
-T'es assistante sociale ? -T'es flic ?
-On se connaît, non ?
-Tu m'as virée, tu te souviens ?
-Le centre Utopia, cest ça ?
-Vous vous connaissez ? -Non, on sest croisés.
-Ouais, vite fait. -Vous êtes flics ?
-Non. Eux oui, mais pas moi. -T'es flic !
Rires.
-Tchin ! -Allez !
-Ah ! -On va danser !
-C'est fort, quand même. -Ca va, jean-Phi ?
-Ca va. -T'es un peu éteint, non ?
-Ouais, bon
-En général, je préfère plutôt la
Tu tennuies ? -Non, tinquiète.
-On dirait que tu t'ennuies.
-Quoi? -Tu m'as invité à danser,
mais je sais pas Hé, oh, cest bon.
-Viens !
Conversations indistinctes.
-Oh ! Tu fais quoi, là ?
Cest pas ce qui était prévu. -je rentre. File moi ma thune.
Tu dois être vachement seule.
-Non, pas du tout.
Mes copines étaient pas dispos, cest tout.
-"Tes copines pas dispos..."
dis plutôt que t'as pas de potes.
-T'as ton fric ? Alors casse toi !
-Tu me payes pour jouer ta copine, tout ça pour pécho.
Pauvre fille.
*Musique techno.
La musique gagne en intensité.
Musique de suspense.
Baisers et respiration haletante.
-julia ?
-Oui ? -je peux vous offrir un café ?
-On se connait ? -Non, mais jétais
à lUtopia lautre jour.
je j'ai quelques questions à vous poser.
-j'ignore qui vous étes,
mais j'ai déjà tout dit à la police.
Au revoir.
-Ce sera pas long.
j'essaie de penser à autre chose.
j'ai pas le droit de vous parler.
-Comment ça, "pas le droit" ?
-Vous partez.
Vous partez ou je crie, là.
-je sais qui tu es, où t'habites,
t'as pas de mec, ton boulot te fait chier.
Si tu parles pas, je serais dans ta vie.
je serais pire que ton pire cauchemar.
Sauf si tu me parles. Là, maintenant, juste 5 minutes.
-Un problème, mesdemoiselles ?
-Oui. On a un gros désaccord.
Franchement, ça fait mémère, non ?
Non ?
Tu vas voir que ça fait mémère. Viens.
Déshabille-toi.
T'es à l'Utopia, au 8e étage.
-je j'attendais un rendez vous.
je répondais à mon patron.
-Et puis ?
-Et puis, j'ai senti comme un grand flash,
un éclair, un coup de chaleur, je ne sais pas,
ça sest passé en une fraction de seconde.
j'ai levé les yeux et
Et puis, je lai vu. -Vu qui ?
-Le type.
Il sest approché de moi
-Il était comment, ce type ?
-je sais pas. Normal.
j'ai pas eu le temps de voir avant que Avant que
Gémissements.
Il crie.
Il a brûlé comme si... Comme si les flammes venaient de lui.
j'ai hurlé, je crois. Tout le monde hurlait.
Il sest débattu avant de tomber par terre.
Il criait comme...
Comme un bébé.
-Merde.
Le feu, il est parti d'où ?
On a jeté un produit ? Un truc a explosé ?
-je sais pas.
-Concentre-toi.
Ca sentait le gaz, l'alcool ? Une odeur inhabituelle ?
-Non, non. je crois pas.
Il a juste pris feu.
Comme ça.
-Personne ne prend feu comme ça.
Les flics t'ont interdit de parler du type ?
-je peux partir, s'il vous plaît ?
Musique inquiétante.
-Continuez.
Que s'est-il passé ensuite ?
-j'ai roulé.
Roulé...
je conduisais mon bus.
Celui du petit matin,
celui des femmes de ménage et des gamins qui partent à l'école.
je savais ce que je faisais, mais
jétais pas vraiment...
jétais pas vraiment là. j'ai quitté mon itinéraire.
Dabord, les gens, ils se sont pas rendu compte.
Ils sont encore un peu endormis,
à cette heure là.
Et puis...
Et puis, ils ont compris.
Certains ont crié contre moi.
Mais j'ai continué quand méme.
Comme... Comme un robot.
Musique mélancolique.
j'ai roulé tout droit, jusquà la mer.
je crois que ça ma sauvé la vie.
Musique inquiétante.
-Vos chefs, ils ont réagi comment ?
-Mise à pied, obligation de soins, hospitalisation chez vous.
Si je veux retrouver mon bus -Vous voulez guérir, jimmy ?
-Gloria et moi, on aime bien regarder des films.
Ma femme, ça fait presque 20 ans.
Nous deux ensemble, on serait heureux, même en enfer.
*Chanson de vieux film.
-Qu'est-ce qui vous plait, dans ces moments-là ?
-je peux la consoler.
Elle pleure toujours.
Moi, je pleure jamais.
je ressens rien devant les histoires.
Mais ce qui me bouleverse, cest son émotion à elle.
je la sens comme si je pouvais la toucher.
Et après, en général, elle sendort.
-Et vous ?
-Moi, je dors pas.
-Que faites-vous quand vous ne dormez pas ?
Que faites-vous la nuit, jimmy ?
Musique inquiétante.
-je mange un morceau quand j'ai faim.
-Vous me direz la vérité, la prochaine fois ?
Musique mélancolique.
*-Selon ladjoint au maire chargé de l'environnement,
il ny aurait pas à sinquiéter dune pollution en mer,
lusine Atéo présentant les garanties techniques
qui permettent dexclure des rejets toxiques.
Ces déclarations sont contestées par les associations de défense
qui maintiennent leurs accusations.
Les militants mettent en avant les tests effectués
en laboratoire de prélèvements deau de mer.
Brouhaha.
-je peux te poser
une question ?
Dans le cadre dune enquête,
disons un accident,
la police peut empêcher les témoins de parler ?
-T'as désobéi à maman ?
T'es sur l'Utopia ?
-Et mentir sur le bilan des victimes ?
Cacher un mort, cest courant ?
-Qu'est-ce que tu me racontes là ?
Hein ?
-Monsieur.
je veux parler du papier sur lUtopia.
-On verra ça plus tard.
-C'est urgent. j'ai parlé à mon témoin.
La police a menti. Un homme a pris feu
-Vous avez des infos ou cest pour que je rate mon avion ?
Il est mort à lhôpital cette nuit,
suites à ses blessures. L'info date d'ily a 10 minutes.
Et ? Rien dautre ?
-Mais y a autre chose... -"Une amitié qui explose
"les normes et la morale familiale.
Tant quelles peuvent se prêter des talons hauts,
"les copines continueront à picorer, piailler
et voleter, au chaud, dans la même cage."
Pompeux, pompier creux.
On fait du journalisme, pas des poèmes.
je veux du sociologue, du témoignage.
Recommence. Pour demain.
-Vous devriez écouter votre cheffe.
Petits rires.
-Le bon gros manque de cul
est-il un corollaire de labsence de talent ?
je pose la question.
Louise ?
Quand t'es perdue, focalise sur la victime.
La victime, cest lalpha et l'oméga des histoires merdiques.
-je sais, je sais.
je peux pas m'empêcher d'y penser.
A la fac, je suis sur les protocoles de sécurité. Quand ça merde
je me sens un peu COHCGIHéG.
*-Quel est ton avis d'experte ? -j'en ai pas.
On ma viré dUtopia, tu te rappelles ?
Et toi, t'en penses quoi ?
Le type, là, la victime, cétait qui ?
-Je peux pas en parler.
C'est dur. je revois les proches demain.
Faut que je te laisse, Louise.
-je comprends. Courage.
-On se revoit bientôt ?
-Grave.
*-je t'embrasse. -Moi aussi.
Musique sombre.
-Le corps est brûlé à 80 %.
Des brûlures qu'on voit dans les explosions,
certains accidents de la route, les immolations volontaires.
Des flammes très chaudes, très vives.
j'ai cherché des combustibles : gaz, liquide inflammable,
produits, court-circuit, rien.
j'ai vérifié la matière des vêtements
pour voir si un briquet pouvait être la cause.
j'ai tout passé au crible.
-Et ?
-Toujours rien. je ne comprends pas ce qui sest passé.
j'ai jamais vu un truc pareil.
-Il sest enflammé tout seul ? Comme ça ?
-Non, j'ai pas dit ça. j'ai dit que je savais pas.
-La combustion spontanée ?
-Ca, cest toi qui le dis.
Moi, je suis scientifique, je continue à réfléchir.
-Mais qu'est-ce qu'on dit aux proches en attendant ?
-Ca, cest votre boulot, ça.
j'essaie de faire parler les morts, vous causez aux vivants.
Franchement, je suis contente d'être à ma place.
Musique sombre.
*Musique rock.
-Bonjour.
Louise joly, je suis journaliste... je
-Comment vous imaginez que je vais vous parler ?
-je peux raconter comment ça sest passé.
-Vous savez s'il a pu parler ?
Dire un dernier mot, même insignifiant ?
-Non.
-Vous cherchez quoi ?
-je sais pas encore.
La police a dit quoi ?
-Que des analyses sont en cours pour déterminer la cause du feu.
j'ai l'impression quils cachent des trucs.
-Pourquoi ?
-je le sens.
-Parlez-moi de lui.
Même dans le désordre et même si cest bizarre.
-Il a 33 ans. Il est banquier.
Il achète, vend, je sais pas trop quoi.
Me demandez pas, on parle pas trop boulot. Enfin, on parlait.
Il aimait le sport. Il avait peur de vieillir.
Il aime le cinéma, sortir entre amis,
acheter des fringues...
les vacances en Guadeloupe et moi.
Il maime, moi.
-Un mec ordinaire, quoi.
-Ne dites pas ça de lui, s'ilvous plaît.
-Pardon.
Continuez.
Quelqu'un lui voulait du mal ?
-Non, pas du tout. j'ai l'impression qu'on perd notre temps.
-Bien dans sa peau ?
-Bien sûr, oui.
-Comment ça, bien sûr" ?
Vous n'êtes pas sûr ?
-Faites pas comme les flics avec leurs insinuations.
-Quelles insinuations ?
Nicolas aurait pu se suicider ?
-C'est pratique, le suicide.
Il sest suicidé. Circulez, y a plus rien à voir."
Ca évite de poser trop de questions.
-Soyez franc.
Sinon, ça ne sert à rien.
-Vous voulez boire un verre ?
-La nuit, vous ne dormez pas ?
Alors, que faites-vous la nuit, jimmy ?
-Vous voulez savoir ?
Dispute dans lappartement voisin.
-Arrête !
-Vous avez mal aux bras ?
Vous voulez bien remonter vos manches ?
Musique inquiétante.
Cri.
Il halète.
Musique mélancolique.
Vous vous punissez...
De quoi, jimmy ?
*-La colère de Dieu
est l'expression même de son amour pour lhumanité.
Ecoutons Isaïe 66, versets 15 et 16.
Voici, en effet, le Seigneur,
"cest dans du feu qu'il vient.
"Ses chars pareils à un typhon pour régler sa dette de colère
"par de la fureur et sa dette de menaces par les flammes du feu.
"Oui ! Cest armé du feu que le Seigneur entre en jugement
avec toute chair !"
-Vous croyez en Dieu ?
-je comprends qu'on puisse en éprouver le besoin.
Mais moi, non. je n'y crois pas.
-Vraiment, docteur ?
Vous serez bien seul quand la brûlure est trop forte.
Quand le sol se dérobe sous vos pieds.
-Il essaie de comprendre ?
Ils disent quils s'occupent de tout, t'auras rien à faire.
Finalement, tu fais le sale boulot. Paul, descends !
Tu vas tomber.
En plus, il faut fermer sa gueule. je ferme plus ma gueule.
je veux qu'il sorte de ma vie. Paul, descends de là !
Attends... Attends, je te rappelle.
Musique inquiétante.
Cri de douleur.
-Y avait des hauts et des bas depuis plusieurs années.
Il a fait une tentative
avant notre rencontre, mais ça allait mieux.
-Vous en êtes sûr ? -Oui, vraiment, oui.
Il n'aimerait pas que je le dise, mais Nicolas était très douillet.
Il avait mal pour un oui ou un non,
même pour une poignée de mains, alors le feu
Il se seraitjamais infligé ça.
-Il voyait quelqu'un ? -Un psy ?
Depuis plusieurs années.
Il lui racontait tout.
Il l'appelait son sauveur.
Si quelqu'un sait tout de Nicolas, cest lui.
-Son nom ?
Musique sombre.
*-Vous, docteur, de quoi vous punissez-vous ?
De quoi vous punissez-vous, docteur ?
*-C'est vous le patient.
Cest moi qui vous pose une question.
*-Comment pouvez-vous tourner
le dos à notre Seigneur tout-puissant ?
Cest un peu risqué, vous croyez pas,
de se priver de Dieu ?
De quoi vous punissez-vous, docteur ?
-Dieu est une fiction, jimmy.
Si nous sommes damnés, cest ici et maintenant.
Ripped by WQM
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