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-Ton frère a pris soin d'aller se planquer. Ripped by WQM
-Tu l'as vu, ton frère ?
-Non.
-Tu croyais me planter comme ça ? J'ai failli prévenir Pardieu.
Tu vas venir avec moi et tout m'expliquer.
-Je te remercie.
-On me remercie ?
Il se passe quoi ? Vous allez où ? -Pardieu veut écarter la presse.
-Je suis "la presse?, moi ? D'accord.
Je vais me débrouiller. -On vient de me réintégrer.
-Tu vas la cracher, ton histoire, oui ou merde ?
C'est ton frère que tu as fait sortir
de chez l'Américaine. Oui ou non ?
-Suivez-moi. -Hm.
Ca vient d'où, l'instabilité de ton frère ?
-C'est à cause de la guerre et de la morphine.
-Ca peut réveiller des pulsions.
-Mais non.
Je le connais.
-On croit connaître ses proches, mais on se trompe souvent.
-Je sais de quoi il est capable. Mais tuer quelqu'un, jamais.
-Tu te substitues à la justice ?
Fais attention. -Si on l'arrête, ça va le tuer.
-Al0rs, prouve-moi son innocence. Je te donne 48 heures.
-C'est qui, celle-là ? -Aucuneidée.
On vient de la trouver. Blonde comme les autres.
-Elle est morte depuis plus longtemps. Au moins 2 ans.
-Ca élimine tous les soldats qui étaient sous les drapeaux.
-Saufceux qui étaient en permission.
C'est quoi ?
Un bouton
de vareuse militaire.
-33e RI, c'est le régiment de... Mon régiment.
-Ben, décidément... Mais bon,
un régiment, ça fait 3 000 hommes.
En tout cas, il va falloir que tu montres ce bouton à Pardieu.
-Chut Restez tranquille.
Reposez-vous. Voilà. Je m'occupe de tout.
J'ai pu me procurer de la morphine. Après, je ne pourrai peut-étre
avoir que de l'opium Ca suffira ?
-Je veux que vous m'aidiez. -Je vous l'ai promis.
Je veux que vous retrouviez vos forces et votre beau regard.
Celui qui met à jour la réalité.
Vous pouvez devenir un grand.
Un jour, le monde entier va célébrer votre talent.
-Je ne veux pas. Je ne peux pas. -N'ayez pas peur de la lumière.
-Je ne veux pas, je vous dis. -D'accord.
On en reparlera quand vous serez prêt.
Voilà.
-Votre barbouilleur est de retour ?
-Il va rester. Autant vous faire une raison.
-Vous pensez vraiment queje vais m'en faire une raison ?
-Je lui offre les moyens de peindre.
Il m'offre le reste de son plein gré.
-Je ne le tolérerai pas. -Si. Et vous le savez très bien.
Et ne songez pas à le faire rosser à nouveau.
Antoine va faire parler de lui. A Paris, c'est tout ce qui compte.
Notre liaison, c'est un peu de bonheur et de plaisir.
Au moins, lui, ila du talent.
-Une riche Américaine assassinée!
Demandez ?Le petit Parisien". Le point sur la situation à l'Est.
Demandez le journal.
Une Américaine assassinée. 4 femmes enterrées dans sa propriété.
-"Une riche Américaine assassinée.
"4 corps de femmes enterrés dans une de ses propriétés."
Comment a-t-il pu faire paraître ça
avant même que je sois au courant ?
-Qui ça ? -Ketoff.
Ne me prends pas pour un con.
Tu lui en as parlé -Non.
-Kerlac. Tu es un sacré flic, quand tu veux.
Mais tu obéis aux consignes
ou tu dégages pour de bon. -Je ne lui ai rien dit!
-Ca va.
Bon. Avec Céleste,
ça fait 5 victimes. Il va pouvoir rivaliser avec Landru.
Bon. Parle-moi de la dernière. Celle qu'on vient de découvrir.
Ca date de quand ?
-Bien avant les autres. Peut-ètre 2 ans.
-En pleine guerre. Donc,
il était démobilisé.
-Ou permissionnaire.
Regardez ce que j'ai trouvé.
33e RI. C'était mon régiment.
-C'est un homme de troupe. Pas un gradé.
Tu l'as peut-étre connu.
-Ketoff m'a trahie.
-Tu t'es servie de lui. Il se sert de toi.
-Je pensais qu'entre nous...
-Entre vous...
Ah ! Alors ? C'est comment, entre vous ?
Ecoute.
Je le connais. Il ne te trahira pas.
Mais cette histoire de corruption,
ça t'intéresse pour son bouquin. -Quoi?
-Il veut dénoncer la corruption des classes dirigeantes.
Il ne t'en a pas parlé ? -Non. A qui faire confiance ?
-Louise.
Je suis là, moi.
Tu peux me faire confiance, non ?
Tant que tu es réglo, bien sûr.
-Dépêchez-vous. Maman a préparé un soufflé et s'il retombe...
-Je suis désolé. J'ai déjà dîné.
-Mais le soufflé, c'est la spécialité de maman.
-N'insiste pas. -Je vais finir vieille fille.
-Oh. Va prévenir ta mère.
Je vais te montrer ta chambre.
Musique de guinguette.
-Merci pour cette danse. J'adore ça, moi, danser.
C'est rare de trouver un cavalier comme vous.
-Nos pas s'accordent Je l'ai vite su.
Mais vous étiez avec Antoine.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
-Oh, c'est...
C'est difficile à expliquer. Je l'aime beaucoup.
Mais on ne va pas ensemble. -Ca durait depuis longtemps ?
-Pas très. On s'est rencontrés pendant la guerre.
Mais depuis, ce n'était plus pareil.
J'ai besoin de quelqu'un qui partage les mêmes goûts que moi.
-Ce n'était pas le cas ?
Pas vraiment.
-J'adorerais être cet homme.
-Ben, alors ?
Tu es passée où depuis l'autre soir ?
Pourquoi tu as accusé Man Ray d'être un tueur ?
-J'avais bu.
Un copain m'a dit que le tueur était un photographe.
Quand Man Ray a sorti son appareil...
Il m'en veut ? -Mais non. On a bien ri.
Il t'a rattrapée ? -Qui ça ?
-Ketoff.
Ilen pince pourtoi.
-Ah bon ? Ben, pas moi.
Et Valbonne, tu connais ? -Oui.
Pas mal. Même si je n'aime pas les mecs qui se piquent.
Tu vas le trouver à l'Apollo.
Tout le monde est là-bas.
Elle cherche Valbonne. -Elle aussi ?
J'ai croisé Ketoff.
Il le cherche aussi. -Pourquoi ?
-Je ne sais pas.
Il rit.
-Ajenny,
dont la perte
nous réunit ce soir.
A sa liberté, à son goût pour les avant-gardes.
Que cette fête soit folle et belle, comme tu l'étais.
A]enny! -AJENNY!
-Tu lui veux quoi, à mon frère ?
Tu as pensé à moi, là-dedans ? -Je ne fais que ça.]e sais
où est ton frère. -Dis-moi.
-Tu ne le verras pas
sans moi. -C'est ce que tu crois.
-Ne fais pas l'idiote. Je t'emmène. -Poüce!
-Messieurs dames,
vérification d'identité.
Merci.
-Viens.
-Max, viens par ici. On a du monde à interroger.
-Comment tu sais qu'il est là ? -Il a débarqué chez elle.
Le chauffeur de Madame lui a ramené de l'opium
-Tu es proche de Mme Vandel ? -De son chauffeur.
Un Russe qui fréquente le même cabaret que moi.
Il l'a emmenée elle et son mari à l'opéra.
-On yva ?
Des chiens aboient.
-Les chiens
sont attachés. Le personnel va débarquer. Tu as 3 minutes.
-Antoine. Antoine.
-Hm
-Antoine.
Tu es recherché pour le meurtre deJenny Meyer.
-Moi ? Pourquoi je l'aurais tuée ?
-Tu rabattais les modèles au photographe
etJenny risquait de parler.
-Je n'ai ramené personne.]enny, je l'ai vue deux fois dans ma vie.
La dernière, elle était morte quand je suis arrivé J'ai eu peur.
-Je n'ai pas envie qu'on t'arrête. Tu peux comprendre ?
-Je suis à l'abri, ici. Personne ne viendra me chercher.
-Tu n'es ni à l'abri d'être condamné, ni d'être supprimé.
-Il faut toujours que tu exagères. -Antoine, réveille-toi !
Iltousse.
Ilvomit.
Antoine.
-Avec l'opium, il ne faut pas s'agiter.
Sinon, ça te colle la nausée. Laisse-moi tranquille.
-Qu'est-ce que tu voulais àJenny ? -Du fric.
Le soir où je l'ai rencontrée avec Serge,
elle a proposé de m'aider à sortir de la dope.
-Ca, je peux t'aider, tu sais.Je peux t'aider.
C'est qui, Serge ?
Dis-moi et je m'en vais.
-Hm.Je l'ai rencontré à l'hôpital
Ilya 2 ans.
Ilvenait d'avoir la gueule arrachée.
C'est un artiste.
Pas un tueur.
-Ses films dégueulasses, tu trouves que c'est de l'art ?
-(Tu ne sais pas de quoi tu parles.)
La guerre a bousillé sa vie.
Il est inoffensif. -Donne-moi son nom.
Donne-moi son nom ! -Pour qu'on l'embarque ?
Je ne suis pas une balance. -Antoine.
C'est un monstre ! Ilfaut qu'on l'arrête !
Antoine ! -Ca suffit. Il faut se tirer.
Viens.
Aboiements.
Alors ?
-Ilvoulait emprunter de l'argent àJenny.
-Et le nom du photographe ?
-Il n'a rien voulu cracher.
Tu récoltes les infos comme ça ? Tu aides puis tu balances tout ?
-Arrête.Je ne ferai jamais rien qui te mette en danger.
Mais le tueur, c'est mon gagne-pain.
Alors, oui. Je me suis démerdé. Je vous ai suivis.
Tu ne m'as pas averti. -Pas eu le temps.
Et ton livre,
c'est quoi ?
-Je n'ai pas eu
le temps.
-On ne se dit pas tout -Attends.
-Bonsoir.
-Je ne te fais pas la guerre. Je peux faire sortir ton frère.
Pour ça, ilfaut que tu me fasses un peu confiance.
Tu peux faire ça, tu crois ? Me faire confiance ?
-Tout va bien ?
Tout va bien ?
Quelqu'un s'est introduit ici ?
-Je dormais.
J'ai vu une silhouette.
J'ai crié.
Elle s'est enfuie.
Sans doute un rôdeur.
-Mon domestique a parlé d'un couple.
-Ah bon ?
Ila dû rêver.
-Je ne vous dérange pas plus longtemps.
Reposez-vous. -Non. Reste.
S'ilte plait.
Reste avec moi cette nuit.
-D'accord.
Mais d'abord,
ilva falloir que tu m'aides à enlever ma robe.
-Tu me fais goûter ?
J'aime bien l'odeur de tes cigarettes.
Qu'est-ce que tu as trouvé dans les archives ?
-Ca t'intéresse toujours ? -Oui.
C'est à cause de ces conserves que mon père et Berger ont été tués.
Dr Paul menace de me balancer à Pardieu.
J'aimerais savoir qui veut ma peau.
-J'ai répertorié les livraisons de conserves
etj'ai recoupé avec les victimes du choléra.
-Etalors ?
-C'est une hécatombe. Plus de 500 morts.
-Voilà pourquoi les coupables sont prêts à tout
pour se protéger.
-Demain, Launay, du ministère, va me refiler les bons de commande.
-Avec le nom du type qui vend les conserves ?
-Et la signature de celui qui s'est fait graisser la patte.
Je pense qu'il paie les flics qui ont tué ton père et Berger.
-Tiens.
Voilà ton inconnue.
-Les vêtements sont en meilleur état que son corps.
-C'est souvent le cas.
-Et le tissu est épais.
-Alors ? Ily a du nouveau ? -Oh, absolument.
Une nouvelle victime, plus ancienne. La tre.
Différente des autres.
Les suivantes étaient toutes vêtues d'une blouse blanche.
Sauf Céleste, qui s'est noyée avant que le tueur n'achève son rituel.
-Hm Et pour vous, ça veut dire quoi, ce rituel ?
-Que ce type a besoin de se venger d'une infirmière.
Ou de retrouver un plaisir pervers
qu'il a connu avec elle.
-Des informations sur le photographe ?
-Serge Vidovic. Le voilà juste avant la guerre.
Né en 1884 d'une mère française et d'un père croate.
Il commençait à se faire un nom.
-Puisqu'il a mis des blouses à ses victimes, on va chercher
du côté des infirmières.
On va localiser ses proches et les surveiller.
Au fait, Max.
Quel régiment pendant la guerre ? -Heu .
27e RI.
Pourquoi ?
-Hm Pour rien.
-Patron. Patron ! -Oui ?
-Vidovic n'a pas tué la tre victime.
-On ne peut pas se fier à un bouton.
-Patron !
Je crois que j'ai quelque chose. Depuis 18 mois, l'Américaine louait
un hangar à Villejuif.
Le Fort de Bicêtre,
c'est là.
-Bon. C'est pour nous. On y va.
Ca sent le mort, ici.
-Le même papier peint que sur les photos.
-Voilà Vidovic.
Merde !
Le salaud ferme toutes les portes.
C'était un complice. -L'assassin a fait le ménage.
-Ila de l'avance.
Ca doit faire
plus de 24 heures qu'il est là. -Bon. On interroge les voisins!
Vous avez vu ?
La balafre. La blouse d'infirmière.
-Encore une blonde.
C'est qui ? -Peut-être notre victime inconnue.
Celui qui signe "Mak",
ça pourrait bien être le tueur.
-Sûrement le peintre
qu'on a vu chezJenny.
-Qu'en penses-tu,
Kerlac ? Tu ne dis rien.
-Et l'assassin aurait laissé ce dessin qui l'accuse ?
-Une erreur. Heureusement pour nous, ils en font tous.
Il soupire.
Il est trop sûr de lui.
Bon.
De toute façon, il nous le faut, ce Mak.
-Le trait du dessin est particulier.
Je vais le montrer à des artistes.
-Tu connais des artistes ? -Oui.
J'aime bien traîner à Montparnasse.
Je m'en occupe ? Je vous le ramène ce soir.
On frappe à la porte.
-Je dois sortir pour la journée. Mais n'hésite pas à sonner
si tu as besoin de quoi que ce soit.
Ca devrait te soulager.
-Suzanne.
Ce que je veux, c'est...
une cure dans une clinique.
-Je sais. Je m'en occupe. Ca peut prendre un peu de temps.
Tu n'es pas bien, ici ?
-Mon frère est mouillé jusqu'au cou.
-Qu'est-ce que tu racontes ? -Le photographe est mort.
C'est mon frère qui a fait ce dessin.
"Mak", c'est pour ?Marc-Antoine Kerlac", son vrai nom.
C'était sa signature.
-Ca prouve juste qu'il a croisé une infirmière balafrée.
Si ça se trouve, Vidovic a commandé son portrait à ton frère.
-Je ne sais pas.
Tu crois connaitre tes proches, et puis non.
-Ecoute-moi.
Regarde-moi. Pour le moment, on va s'en tenir à mon plan.
Allez. On va s'occuper de ton frère. Reprends-toi.
Tu connais Raymond ?
Lui, c'est Vincent.
-Messieurs ! Messieurs. Je dois prévenir M. et Mme Vandel.
-Laissez-nous embarquer ce jeune homme discrètement.
-M. Vandel m'aurait prévenu. -Non.
-Antoine, on t'emmène
dans une clinique.
Tu vas t'en sortir.
Tu m'entends, Antoine ?
Vidovic est mort. C'est grave. Il faut qu'on se tire d'ici.
Antoine. Merde.
Antoine ! Antoine!
Il est dans le coma. Aide-moi !
On l'embarque. Vite!
-Laisse-les faire. Tu reviendras.
-Ce portrait, c'était pour faire accuser Antoine.
J'ai trouvé ça sur son lit.
-Il a parlé d'elle ?
-Non. Mais c'est à cause d'elle, tout ça. L'anniversaire
dont a parlé Modigliani. -"Pour toi, mon belamour. Maria."
-Tu me déposes à Cochin ?
-Oui. Lydia peut t'aider ?
-Elle connaît peut-ètre Maria.
-Je te dépose. Après, j'ai rendez-vous avec Launay.
-Je viendrai avec toi.
-Non. Personne ne doit faire le lien avec la famille Kerlac.
-Des nouvelles ?
-Non. Personne n'est au courant de l'arrestation de Valbonne.
-Vous vous moquez de moi.
Ces policiers voulaient protéger
votre réputation. -Je vous assure.
Je ne comprends pas.
-Vous et vos ambitions politiques!
Etj'en fais les frais.
Comme si votre opportunisme et vos maîtresses ne suffisaient pas.
-Inspecteur Kerlac. Ca va ?
-Je voulais te dire, je suis désolée, Lydia, pour tout
-Pas moi. Grâce à toi, j'ai rencontré un homme merveilleux.
-Max ? -Hm.
-Tu l'as revu ?
-On ne se quitte plus. On est bien ensemble.
Il veut une relation sérieuse. Il n'essaie même pas de coucher.
-Non. -Tu te rends compte ?
-Je suis heureuse pour toi.
-Et toi ? Ton journaliste ?
Ca marche ?
-Oui. Mais Antoine est recherché pour les meurtres.
-"Antoine" ? Mais il est incapable.
-Je sais. Mais trop de choses l'accusent.
Le Dr Paul accepte de la boucler à condition d'une preuve.
Tu te souviens quand Antoine
avait une pneumonie ?
-Oui.J'appelle le Dr Paul.
-Merci. Tu me sauves la vie.
-N'exagère pas -Si.
J'ai une autre question.
Une infirmière qu'Antoine aimait quand il était au front. Maria.
-Oui. Dans sa pneumonie, durant son délire, plusieurs fois,
ila hurlé "Maria". Il avait l'air épouvanté.
-Tu sais pourquoi ? -Non,
mais il associait toujours Maria à la bataille du Chemin des Dames.
-OK.
-Alors ?
-Le bordereau des conserves.
-C'est quoi, ça ?
C'est quoi, cette tache ?
Vous vous foutez de moi ? -Le registre était comme ça.
j'ai fait ce que j'ai pu. -L'encre est fraîche.
Vous en avez parlé à quelqu'un ?
-Au préposé qui gère les archives. -Vous n'avez pas été suivi ?
-Non, je ne crois pas. -Vous ne devriez pas rester ici.
Il gémit.
-Hop !Je veuxjuste discuter.
-Tu es une vraie gonzesse, toi. Les mains en l'air. La fliquette
avec le journaliste.
-Oh.
-Ils ont tué Launay. Ilfaut se tirer.
-Tu en veux un autre ?
-Hm. Ca ne serait pas raisonnable.
-Qui a envie de l'être ?
-Hm.
Tu me tires les cheveux. -Désolé.
A l'orphelinat où j'ai grandi,
on ne m'a pas vraiment appris à... exprimer mes sentiments.
-Mais tout ça, c'est fini. Tu as le droit d'être heureux.
-Hm.
Non. Avec toi, je n'ai pas envie de brûler les étapes.
-Moi non plus.
Tu me prendrais pour une fille facile ?
-Non. Bien sûr que non.
Je n'ai jamais pensé ça.
-Ce n'est rien. Un peu de repos et ça ira.
Ah, je ne t'ai pas dit.
La cuisinière deJenny Meyer
lui a fait porter un plateau à 11h.
-Et alors ? -Jenny a mangé.
L'analyse du bol a confirmé qu'elle était morte avant 13h.
-Mon frère a sonné chez elle à 14h.
-Donc, ce n'est pas lui. Et Lydia m'a appelé pour la pneumonie.
Il ne peut pas avoir enlevé Céleste.
Et... Louise...
C'est trop risqué. Je préfère
que vous quittiez la maison.
-Je connais un meublé.
-Je vous emmènerai là-bas tous les deux. Reposez-vous bien.
-Ca va ?
-Hm.Je suis heureux pour ton frère et pour toi.
-Merci.
-Je suis très inquiet. Des bruits circulent à notre sujet.
-Vous avez une nouvelle maîtresse ? -Je vous en prie.
C'est un stock de viande que j'ai livré à l'armée. Des hommes
seraient morts. -Comment ça ?
je n'ai jamais connu ça.
Mon père...
-Votre père m'a laissé des conserves pourries !
Il a bien fallu les écouler. -Vous les avez vendues ?
-Il y a toujours quelqu'un
à acheter. -Comment avez-vous pu ?
Vous vous rendez compte ? -Vous auriez préféré la faillite ?
Avec cet argent, j'ai remonté nos finances.
Cette vie, c'est grâce à moi.
-Grâce à la guerre. Qui a tué mon frère.
-Nous sommes seuls. Ilfaut nous défendre.
Roman Ketoff est sur l'affaire.
Vous avez des relations. Avec les élections qui approchent...
-Ketoff. Mon Dieu.
Cet homme que vous avez pavé, il me faut son nom.
-Lucienne. -Roman ! Tu es revenu.
Oh, c'est chouette. -Ouais.
-C'est pour toi qu'on me vire ?
-C'est pour mon ami Antoine.
Ludenne. -Enchanté.
-On a eu des bons moments.
Pas vrai ?
-Hm.
-On se boit un verre, bientôt ? -Avec plaisir. A bientôt
Ca te plaît ?
-C'est parfait.
-La patronne me fait des prix. -Ca ne m'étonne pas.
-Tu te méprends.
-Tu aimes bien les filles qui offrent leurs charmes.
-Toi, ce n'est pas pareil.
-Je dois me changer.
-Tu vas où ?
-Je vais voir mon frère. Il n'aime pas que je sois en flic.
Tu restes tranquille ?
-Je ne crois pas.
j'ai une visite à faire. Tu vas vouloir venir.
-Il est mort, mon mari. Renversé par une voiture.
-Ca s'est passé quand ? -En octobre dernier.
-Il connaissait Marguerite Tissier ?
-Je m'en rappelle, de Mme Tissier.
Elle voulait qu'il écrive sur les conserves pourries
qu'on l'a forcé à servir aux soldats.
-Il l'a fait ?
-Oui. MaisJules est mort 3 jours plus tard.
Elle n'a jamais récupéré sa lettre.
-Et cette lettre, vous l'auriez gardée ?
"Entre juillet et août 191 7,
on a constaté qu'un grand nombre de conserves étaient avariées.
?Ceux qui les ont consommées sont morts soi-disant du choléra.
"Les conserves provenaient toutes de chez Rameau."
?Rameau", c'est le nom de jeune fille de Suzanne Vandel.
-Docteur Malkov. Bonjour.
C'est moi qui vous suis, si on se met d'accord.
-Sur l'argent?
-S'ilarrangeait tout, ça se saurait.
Mais la volonté de sortir de la dépendance est essentielle.
Mais si vous n'êtes pas décidé... -je la hais, ma dépendance.
-C'est bien. On va vous donner
des doses dégressives de morphine et des calmants.
Mais le traitement, c'est surtout nos entrevues.
Et votre parole.
-Comment ça ?
-Vous me parlerez de vous, de votre vie,
de vos souvenirs, de vos peurs, de vos angoisses.
Je serai là pour vous aider à y voir clair.
-Si je ne veux pas y voir clair ?
-C'est toute la question.
Sinon, votre soeur est là.
Louise. -Ma soeur ?
-Oui. C'est urgent.
Soyez brève.
-Merci, docteur.
Salut, Antoine.
Je dois te dire des choses qui risquent de te remuer.
C'est très important.
-Où tu as eu ça ? -Chez les Vandel.
Et on a retrouvé le portrait de Maria chez ton ami Vidovic.
Il est mort.
-Quoi?
-Le tueur des modèles l'a tué.
C'est toi qu'on soupçonne, à cause de ce portrait.
-Mais pourquoi ?
-Toutes les victimes portaient la même balafre
que celle de Maria.
Qu'est-ce qui s'est passé au Chemin des Dames ?
-Maria Coutant.
Je l'ai rencontrée à l'hôpital.
Elle m'a donné le courage de continuer.
-Et la balafre, c'était quoi ?
-Un éclat d'obus qu'elle avait reçu dans un avant-poste.
Ca la rendait encore plus belle.
je l'aimais.
Elle est morte à cause de moi. -Pourquoi à cause de toi ?
-Ce jour-là, elle est venue me dire au revoir. Elle avait été mutée.
Au moment de retourner à l'arrière,
un type se tordait de douleur dans une autre tranchée.
Elle avait de la morphine. Elle y est allée.
L'offensive ennemie a éclaté.
Une pluie d'obus s'est abattue sur la tranchée où elle était.
Elle s'est retrouvée enterrée vivante avec 12 soldats
pendant 5 jours. Voilà.
-Il s'est passé quoi, dans cette tranchée ?
-Quand ils les ont dégagés, les hommes étaient tous morts.
Sauf un qui est interné depuis.
-Et Maria ?
-Elle a été violée et torturée à mort !
Et c'est un des hommes de la tranchée!
Tu as ce qu'il te faut ?
Il sanglote.
Ripped by WQM
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