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-Ah ! -On va aller à la police.
-Non. Ils bossent pour la préfecture.
C'est moi.
Loulou.
Il faut que je disparaisse.
Je prends ta place. -Tu es dingue!
-Inspecteur Kerlac. -Le fils de Maurice ?
-J'appréciais votre père.
-On a retrouvé unejeune fille morte,
Céleste -Tu t'y crois.
-Tu viens chez moi.
Ils ont tué une innocente. S'ils te trouvent...
-On se retrouve.
Gémissements. Ripped by WQM
-Tu foutais quoi chez Berger ?
Kerlac t'a envoyée ?
-Pas du tout.
-Casse-toi !
Fous-toi de ma gueule.
Kerlac ne perd rien pour attendre. Putain ! Mais casse-toi !
Coups et cris.
Arrête ! Bordel !
Arrête !
Arrête ! Arrête !
Crissements de pneus.
Fracas.
Halètements.
-(Oh ! Ma Loulou!
(Qu'est-ce qui se passe ?
(Parle-moi.)
-(J'ai tué un homme, Lydia.) -(Quoi ?)
-(Ca ressemble à un accident. Il puait le rhum.)
-Comment il savait que tu étais là ?
-Il était là
pour Antoine Kerlac.
Mais merde, Lydia ! C'est moi qui ai donné cette adresse.
Personne ne sait qu'il vit là.
-Non..
-Ceux qui ont tué Berger ont une taupe au 36.
-Quoi?
*-On l'a retrouvé à moitié cramé.
-Un accident ? Il avait bu en attendant Kerlac ?
*-Pas plus que d'habitude.
*Léon lui a fait signe que c'était nickel et qu'il allait se barrer.
-Jeannot n'a rien vu de suspect ? *-Juste une inconnue entrer.
-Sinon, Kerlac, ça donne quoi ? *-Il gobe l'histoire sur Berger.
*Comme pour son père. -Tiens-moi au courant.
-Au vu de la cicatrisation de sa balafre,
Céleste Dumont a été détenue au minimum
4 jours avant de mourir.
-Le meurtrier aurait-il pu la garder vivante plus longtemps ?
-C'est possible. Je ne peux pas préciser.
Le corps a passé 3 à 4 mois dans l'eau. En revanche,
la morphine a été injectée moins de 48 heures avant la mort.
-Oui. Sans doute pour la garder à sa merci inconsciente.
-Regardez. Là, sous la plante des pieds.
Il y a des traces de lichen, de fougère
et de sable jaune argileux.
-Ce n'est pas ça qui va nous aider.
-Je vous l'accorde. Maisje vais essayer
de préciser la nature des particules argileuses.
Dernière chose...
Il y avait du ciment dans le haut
de ses poumons. -Une cimenterie ?
-Probablement, ou un chantier. C'est épatant, ce que nous raconte
un corps. -Je m'incline, docteur.
-Et merci à M. Ketoff pour la qualité de ses photos.
-N'exagérez pas.
-Messieurs. A vous de jouer.
-Merci d'arriver enfin. On a fini. -Désolé, patron.
-Alberti,
trouve les peintres pour lesquels Céleste a posés.
René, liste les cimenteries,
et Max... Je veux savoir
qui a pris cette photo.
-J'ai un type en tête.
La cinquantaine... Céleste l'a viré avant de disparaître.
-Tu penses le trouver comment ? -Son chauffeur, un annamite, Phong.
-Un annamite ? C'est quoi ?
-Un Indochinois.
-Voilà autre chose.
-Elle fréquentait une Américaine. -Je t'ai demandé de parler ?
-Pardon.
Jenny Meyer. Dans ses soirées, des peintres recrutent des modèles.
-D'où vient ce tuyau ?
-Une copine l'a croisée dans un club de jazz, l'Apollo.
On a trouvé une boîte d'allumettes de ce club sur Céleste.
-Exact. -J'y suis passé la nuit dernière.
-D'où la panne d'oreiller... Bon. Max va s'occuper
de ton Américaine. Tu vas chercher le chauffeur.
Passe au ministère des Colonies.
Et la prochaine fois que tu passes la nuit dehors,
même pour la bonne cause, mets ton réveil.
-Une copine dans un club de jazz ? Elle en dit quoi, ton infirmière ?
Je te charrie.
J'essaie de trouver l'Américaine. -92, boulevard de Port-Royal.
-Merci.Je vous dirai.
SoupH.
-Ah ! Te voilà.
Un collègue a cramé en voiture. -Identifié avec l'immatriculation.
-Un accident ? -C'était un gros buveur.
Une embardée, pas de témoins...
Mais on vérifie plutôt 2 fois qu'une.
-Vous le connaissez ? -Il était rattaché à la préfecture
pour la protection des officiels.
-Alors, inspecteur Kerlac ? Ca roule ?
-Et toi, Emile, ça va ? -Oui. Ca roule.
-Le dossier
sort des archives ? -Oui. Pourquoi ?
-Pour en lire un, je fais quoi ? -Tu me demandes.
Tu veux quoi ? -Fusillade, rue des Ciseaux,
janvier 1918. -Ventura me l'a demandé hier.
Dès qu'il revient, je lui en parle. -Non.Je le ferai.
SoupH.
-Commissaire Ventura !
J'ai du courrier pour vous.
-Vous permettez ? -Ne vous gênez pas
-Vous n'avez pas faim, moi, si. Vous n'y avez pas touché en 15 mn.
-Vous me surveillez ? -Je vous observe, nuance!
Vous faites semblant de lire des papiers... Vous êtes paumé!
Je peux vous aider. -Vous ne me soutirerez pas d'infos
-Soutirer. Kerlac ! On est entre gentlemen, là, non ?
Echange de bons procédés.
Tout le monde y gagne.
-Surtout vous, apparemment. -C'est Pardieu qui vous a dit ça ?
J'avance plus vite que lui.
-Je vais y aller. Pour vous rattraper...
-Vous aurez du mal. Si je ne peux pas parler de Céleste Dumont...
-On n'a pas divulgué son nom.
-Chacun SGS SOUFCGS.
J'ai rencontré une copine à elle, hier, Gisèle, une vraie beauté...
-Ah oui ? Et qu'est-ce qu'elle vous a dit, cette Gisèle ?
-Elle pose pour des peintres.
-Ca, je le sais déjà.
-Mais moi, j'ai une piste pour rentrer dans son intimité.
Et vous ?
-Je me renseigne sur l'Indochine. Je suis folle de l'Asie.
La viande du sandwich est avariée.
Vous savez que dalle.
-Gisèle est rentrée hier avec un peintre, Valbonne,
un drogué.
Avec un peu de coke,
il nous dirait où la retrouver. J'en saurai plus sur Céleste.
On bosse ensemble ou vous préférez être idiote en lisant mon canard ?
-On verra.
-C'est tout vu.
-Tout va bien ? -Nickel.J'ai fait un tour
au cercle des Indochinois. Tu as vu l'Américaine ?
-Elle n'était pas là.
Une portière a reconnu la photo de Céleste.J'irai l'interroger.
-On ira l'interroger.
-Seigneur !
Et ton chauffeur ?
-Ils sont plusieurs milliers d'annamites.
Y a pas qu'un seul Phong parmi eux. -Ils portent parfois des surnoms.
Ton chauffeur est enregistré avec un autre nom.
Ilfaut les voir tous. -Oui.
Vu qu'il conduit une Limousine, je cherche dans les beaux quartiers.
J'y vais.
-Il cherche quoi ?
-J'en sais rien. Il enquête
sur le meurtre de la petite.
Céleste.
Souph.
On frappe.
-Oui ? Qu'est-ce que c'est?
Ah!
Attendez. -Tu pensais t'en tirer ?
Tu me dois 800 F. Aboule !
-Je vais te rembourser.
Coup et cri.
Il lui urine dessus. Ah!
-Tu as 48 heures.
Après ça, je mets le feu
avec toi dedans.
Il urine. Rire caustique.
Coup et cri.
Toussotements.
Claquement de porte.
Toussotements.
-Inspecteur Kerlac...
Visite médicale. -Maintenant ? On ne m'a rien dit!
-Quoi?
-Tu n'as pas changé de calbut ?
-C'est une formalité : poumons,
pisser dans un bocal... Basta !
-Allez. Vas-y. Fais pas attendre. -Parici
Bonne chance. -Merci.
-Bonjour.
Mon petit Antoine... Tu n'as qu'à commencer sans moi. J'arrive.
On se met torse nu...
Ah ! C'est ton père qui aurait été content
de te voir prendre la suite.
Alors... 4 ans de guerre,
des blessures, mais tu t'en sors bien. Tu vas me montrer
tout ça, jeune Kerlac.
Ben alors ?
Ote ta chemise.
On m'attend, là.
-Je suis la soeur d'Antoine, Louise.
-Il me raconte quoi ?
Tu joues à quoi ?
-(C'est une question de vie ou de mort.)
-Docteur ? -Une seconde!
-(Laissez-moi vous expliquer.)
-C'est une urgence, désolé. -Une minute !
(Expüquez)
-(J'étais chez Berger quand ils l'ont exécuté.
(Des gars d'ici. Ils m'ont vue.)
-Se foutre dans la merde, c'est une manie de la famille!
Je peux te dénoncer.
Tu sais ? On frappe.
J'arrive !
(Alors, Louise...
(Tu me retrouves chez moi à 19 h.
(16, rue de Passy.)
On frappe. -Ouvre !
On nous a dit que tu étais là!
Mme Vandel veut voir tes toiles. -Il n'y a rien à voir.
-Ouvre ! Bon Dieu ! Elle insiste!
-Je respecte votre radicalité.
Elle est tout à votre honneur. -Votre mari ne pensait pas ça.
-J'ai mon point de vue. -Tu nous laisses entrer ?
On sera mieux dedans.
-Faites mon portrait.
-C'est 2 000 F, payés d'avance.
Pas de remboursement. -Tu as perdu la tête ?
-Autre chose ?
-Le style et les couleurs que je veux, aucune contrainte.
-Une avance.
Vous aurez le reste demain, à Neuilly, impasse des Peupliers.
11h?
-Alors toi,
tu peux dire que tu as du cran, comme ton père.
Tu sais, sa mort, je l'ai toujours trouvée suspecte.
Tomber dans un guet-apens monté par un voyou,
ce n'était pas son genre.
-Vous pensez qu'il a été exécuté ? -Oui.
On a fait porter le chapeau à un innocent
ou à une innocente. -Mais pourquoi ?
-Un soir, juste avant sa mort,
une femme est venue le trouver. On sortait de la brasserie.
Et il semblait bien la connaître. -Une femme ?
-Oui.
Genre la cinquantaine triste.
Elle avait perdu son fils à la guerre.
Elle avait un dossier qu'elle voulait lui montrer
et il lui a promis de passer chez elle la voir...
-Je peux la trouver où ?
-Aucuneidée.
Ilavait décidé de trouver la vérité, mais...
Il ne se confiait pas beaucoup. -A part à Berger.
Souph.
Il a dû reprendre l'enquête de mon père et il est mort.
On frappe.
-Entre, ma chérie.
-Le dîner sera prêt dans 30 mn. -Delphine, mon aînée.
-Enchanté.
-Va demander à ta mère de rajouter un couvert pour Antoine,
le fils
de notre ami Kerlac. Elle sera ravie de te voir.
Depuis, tu as tant changé.
Tu as eu de la chance de sauver ta peau,
Louise.
De là à entrer dans la police...
-Vous allez me dénoncer ?
-J'adorerais ça, rien que
pour voir la tête de Pardieu, mais je ne dirai rien,
à condition que tu te tiennes à carreau.
-On me surveille.
Une voiture me suivait... -Ne bouge pas une oreille.
Ils ne doivent pas penser que tu te doutes des meurtres.
Pour faire couler tant de sang, il faut que l'affaire soit grave,
alors tu sauves ta peau
et tu laisses tomber, au moins pour l'instant.
-Hep,hep,hep! -Attention, toi !
-Bonsoir.
-Antoine ! Ca fait si longtemps!
Quel beau jeune homme tu es devenu !
-Merci de me convier à votre dîner. -C'est un plaisir.
-Oh !
-Ah !
Tu regardes ce tableau. Ta mère avait fait ça.
Nous dînions parfois chez tes parents. Sa joie de vivre
était un enchantement. Après son décès, ton père a changé.
Comment va ta soeur ?
-Elle s'est installée en Algérie. -Ah oui.
Une aventurière !
-Pas trop seul ? -Je suis fiancé.
-Oh ! -Pose-moi ça là.
Nous sommes assez de femmes pour servir.
-Et si on passait à table ? Tiens. Assieds-toi.
-Merci. -Dégage!
-Hé ! -Tu as fait des merveilles.
-Tu joues avec le feu. Même si ton Dr Paul a accepté de la boucler...
-Il faut que je prévienne Antoine de se méfier de ce journaliste.
-Tu as parlé des tueurs ?
-Oui. Si je me tiens à carreau, ça ira.
-Il sait que tu as dû en tuer un ? -Je ne l'ai pas dit.
-Tu ne devrais pas sortir. -Gisèle ne les intéresse pas.
-N'empêche ! Je te jure, ça me fait peur.
Ca t'amuse de te déguiser en poule de luxe pour traîner dans les bars.
-Oui. Tu sais pourquoi ?
Pendant ce temps-là, je ne pense plus à rien.
-Roman !
-Ca va, la beauté ?
-J'ai reçu ça pour toi.
-Encore une lettre de Granville. -Merci.
-Ca va ? Murmure approbateur.
Musiquejazzy.
Cliquetis des touches de machine à écrire.
Musique enjouée.
-Que fais-tu là ?
-Moi aussi, ça me fait plaisir de te voir. Ce sera bref. Viens.
Roman Ketoff, tu connais ? -Le journaliste américain ?
Vaguement.
Il traîne parfois par là.
Que lui veux-tu ? -Rien. Mais il me cherche.
Enfin, Gisèle. Il nous a vus hier. Il veut te parler pour la trouver.
-Je fais quoi si je le croise ? -Tu es là ?
Tu dis que Gisèle est une fille que tu as culbutée.
-Pour qui tu te prends ?
Pas un sourire ! Hier, tu t'es amusée dans mon plumard !
-On ne parle pas comme ça.
-Cette dame est avec moi.
-Tu rêves ! Beaucoup de bruit pour rien.
-Je voudrais vous inviter.
-Je n'ai rien à vous dire. -Où tu étais ? On va boire un coup.
-Viens par là. -Kiki.
-J'ai un truc à dire à ma copine.
Commande des bulles en attendant.
Tu as su pour Céleste ? -Oui. C'est horrible.
-Je la croyais en Amérique.
Elle a dû tomber pour un taré. -Elle posait pour qui ?
-Y en a eu pas mal. Elle avait besoin de pognon.
Un peintre l'aurait tuée ?
-Va savoir. -A vos amours, mesdames.
Je m'inscris sur ta liste.
-Gisèle, je te présente Man. On se marre bien, tous les deux.
Bisou sonore.
-Tiens. C'est le type pour qui elle posait avant de disparaître.
Il est tordu, sinistre, mais il paie bien.
-Il s'appelle comment ?
-Pascin. Il vend beaucoup.
C'est la coqueluche.
Tout le beau monde s'arrache ses toiles.
-Tu es libre, Kiki ?
Mon modéle m'a lâché. -Elle t'a fui ?
-Non. Un coup de froid. -Je peux pas.
On a des projets. Hein, Man ?
-Ah..Oui.
On doit y aller.
-Ah bon ? D'accord.
Oh!
Avant que j'oublie, Jenny organise une fête après-demain.
Ca t'intéresse ? Son copain clarinettiste sera à l'entrée.
Sidney Bechet. OK ? -D'accord.
-Vous posez aussi ?
Vous pourriez convenir.
-Je.
Oui. D'accord. On y va ? -Parfait. Ma voiture est dehors.
Va te déshabiller.
Je m'occupe du poêle.
Souph.
Laisse le châle là et allonge-toi sur le divan.
Nue. Tu es là pour ça, non ?
-Ca dépend combien tu paies.
-Toutes les mêmes...
Faut ajouter combien pour te baiser ?
-je ne mange pas de ce pain-là.
-Tu ferais quoi si je te culbutais ?
-Je me défendrais.
-J'en ai rien à foutre de ton cul!
-Céleste s'est fait buter par un taré, alors je me méfie.
-C'est l'argent qui l'a tuée.
Elle en voulait trop.
Elle m'a planté pour un type
qui lui en donnait plus que moi. Mets-toi à poil ou pars.
Sur le côté droit, le bras gauche par-dessus.
Plus arrondi.
C'est ça. Bouge plus.
-Pour quel type elle t'a planté ?
-J'en sais rien et je m'en fous.
Elle l'a croisé au bal des Ursulines, au carnaval.
Je ne l'ai plus revue.
Boucle-la et laisse-moi travailler.
-Plainte 218, c'est pour quelqu'un ?
-Tu étais où, hier ?J'ai dû aller au boulot. Je t'attendais...
J'étais inquiète.
-(Désolée. Je n'ai pas pu te prévenir.)
-(j'ai cru que tu étais morte.)
-(J'ai vu Antoine et fait en sorte que Ketoff le lâche.)
-(Tu as passé la nuit avec lui ?)
-(Ketoff ? Non. J'ai posé pour un peintre qui m'a laissée dormir.)
-"Posé" ? A poil ? -(Chut!)
-(Non!
(Raconte-moi. Je n'aurais jamais osé faire ça.)
-(On croit ça, et puis, tu vois... Attends. Ca, c'est pour la maison.
(Je te dirai.)
-(J'espère bien.) -(Zou !)
Souph.
-Déjà au boulot ?
Tu en es où ? -J'ai vu 61ndochinois,
mais pas un seul chauffeur. J'ai contacté les garages de luxe.
-Bonne initiative.
-Je suis passé à La Rotonde hier.
-Un vrai noctambule ! -La veille du carnaval,
c'est au bal des Ursulines que Céleste a croisé son peintre.
-Pourquoi ce serait lui ? -Selon sa voisine, elle a disparu
le lendemain du carnaval, non ?
Ca danse 2 fois par semaine, le lundi et le vendredi.
Et les modèles aiment bien s'y retrouver.
-D'accord.
Vous irez après-demain, à deux.
Le type y a peut-être des habitudes.
-Bien patron. -Elle en pense quoi,
ton infirmière ?
-Elle s'en fiche. 2 semaines par mois, elle a des gardes.
-je vois, mais arrête de bosser sans moi.
D'accord ? -D'accord.
-Bonjour.
Ravie de vous voir.
J'espère que ce matériel vous convient.
Un café ?
-j'ai apporté mes couleurs et mes pinceaux.
Le café, avec 2 sucres.
Installez-vous là.
Croisez les jambes.
Levez le visage.
Moins.
Ne bougez plus.
-On peut parler ?
-Et taisez-vous !
-Pas plus de 1 000 signes, ton article.
Tiens.Je l'ai coupé.
Arrête de passer ton temps sur Berger, les lecteurs l'ont oublié.
La couturière, ça, c'est une affaire qui plaît à nos lectrices.
Ton contact à la Criminelle, ça avance ?
-j'ai repéré une copine de Céleste. Elle sait des choses.
Je vais la coincer. -Remue-toi.
Je veux 3 colonnes pour ce soir. Ses rêves, ses amours, et fissa !
-Tu auras ça dans une heure.
Tu t'en vas ? -Je vais à Istanbul.
Ca bouge. -Le sultan va se faire renverser ?
-Les Alliés sont en embuscade
pour partager son empire. je ne veux pas rater ça.
-Amuse-toi bien. -C'est ton indic ?
Elle estjolie.
-Oui. Toi, tu vas me manquer. -Je ne pense pas, non.
-Un de nos gars. Il a foncé dans un arbre et sa voiture a pris feu.
-Ca ne va pas être facile de savoir pourquoi.
-Il devait être ivre. Il y avait cette flasque de rhum vide
et sa montre. Elles ont bien résisté.
-La montre...
Elle était dans son manteau ? -Oui. Pourquoi ?
-C'est une montre à gousset.
Tu l'as examinée ? Tu as trouvé
des empreintes ? -Pas encore, non.
-Je m'en charge.
-Salut, cousin ! Ca fait un bail. Comment va la famille ?
-Bien. Comment ça se passe avec le Dr Paul ? Content ?
-Plus que ça. J'apprends beaucoup avec lui.
C'est grâce à toi.
-Et le nouveau, Kerlac, il s'en sort comment ?
-Il est plutôt bon. Le Dr Paul l'a invité à une autopsie le 1erjour.
-Ah ? Tu vas me raconter ça. Je t'invite dans un petit bistro.
-Vous vouliez me voir ?
-C'est celle de ton père ?
Je la vois sur toi
et la trouve dans la poche d'un flic calciné.
-Je ne savais pas comment le dire. -Quoi?
-C'était lui ou moi.
Ilallait me tuer.
-Eh ben...
Tu peux dire que tu en as.
-Je peux y retourner ?
Reniflements.
-Désolée.
C'est fatigant.
Non. Continuez.
-Plus tard.
-Je peux voir ?
Fichez le camp d'ici ! Tout de suite!
-Je veux
mon argent! -Pas un sou de plus
pourça!
Sortez ou je vous fais jeter dehors!
Tintements de cloche.
-"Ca", comme vous dites, c'est vous, que ça vous plaise ou non.
-Tu as l'air vannée. Que se passe-t-il ?
Souph.
-Le Dr Paul a découvert la montre de mon père sur le cadavre.
j'ai dû tout lui raconter.
-Et alors ? -Il était furieux, mais a compris.
L'enquête va conclure que le type est mort
d'un accident, ivre.
-Et cet homme, on sait qui c'est ?
-Léon Bonnin.
C'était un flic attaché à la préfecture.
-Ca me fait peur, tout ça. -Tu peux m'aider ?
-Oui.
Souph.
Qu'est-ce qu'ils racontent ?
-C'est Ketoff. Pas un mot sur Gisèle ni sur Valbonne.
Il a bien avalé notre numéro hier soir avec Antoine à La Rotonde.
Il dresse un portrait de Céleste qui la rend vraiment attachante.
-Il a l'air intéressant. Il ressemble à quoi ?
-Ila 2 bras, 2 jambes... -Il t'intéresse ?
-T'es chiante !Je déteste les mecs qui se croient irrésistibles.
-Il l'est. -Pas du tout
Il doit avoir 3 maîtresses en même temps...
-Et puis, une alliance...
-Non.
-Tu vois ! Tu l'as noté ! C'est bien.
Tu fais des progrès. -Je ne lui plairai pas en Antoine.
-Non. Celle qui lui plaît, c'est Gisèle.
-Et Gisèle, ce n'est pas moi. -Tu en es sûre ?
Ambiance de café.
-On m'a dit que vous étiez ici. -Et alors ?
-Vous avez lu mon article ? -Pas mal.
-Prêt à collaborer ? -Ce sera donnant-donnant.
-Ilfaut voir.
-Vous allez me bouffer dans la main.
-Ah oui ?
-Je veux savoir qui a pris cette photo.
-Ca, je ne sais pas.
Mais... Vu le format et le cadre,
je peux vous dire quel appareil a été utilisé.
-C'est quoi, le modèle ?
-C'est un Kodak Vest Pocket On peut écrire au stylo dessus.
3 ou 4 magasins le vendent à Paris.
-"O-41 2", ça veut dire quoi ?
-A ton tour, Kerlac !
-On se tutoie ?
-On est partenaires.
-D'accord. A condition
que tu gardes cette photo sous le coude.
-Tu l'as trouvée où ?
-Dans ses affaires. -Le meurtrier l'aurait prise ?
-Possible. On va l'identifier.
Un homme aisé, 50 ans, avec une voiture blanche
et un chauffeur asiatique. Trouve les boutiques qui vendent ça.
-Photoplay, rue Lafayette.
Tiranti, pas loin.
Sipiar...
Peut-étre Vaugirard aussi.
A toi. D'où vient le chauffeur ?
-D'abord les boutiques Kodak. On va vérifier.
-J'ai les noms de tous ceux qui en ont acheté un.
Il ne me manque plus que ceux du magasin Vaugirard, qui est fermé.
Ensuite, je croiserai cette liste
avec celle des propriétaires de voitures blanches.
-Bien joué. Si le type de la voiture est le photographe.
-Si le photographe est le tueur. -Certains l'ont revendu
ou se le sont fait voler. -Vous n'en faites qu'à votre tête !
-C'est avec cet appareil... -Je sais. Qui t'a autorisé ?
-Moi. Désolé, patron. J'aurais dû vous avertir.
-Retracer le modèle de l'appareil utilisé, une piste audacieuse...
-Je pensais que ça ne donnerait rien, mais il faut bien l'occuper.
-On va interroger tous ces gens,
et si l'un a revendu son appareil, René, on suit la piste.
-Patron, pour vous.
-Allô, oui ? -Dernière fois que je te sauve.
-Pigé. Merci. -Fais gaffe à Ketoff.
-Il nous aide, non ?
-Il ne roule que pour lui. -Si tu le dis...
-Comment avez-vous su ?
Ca ne se voit pas quej'ai du sang noir.
-Je n'en savais rien.
C'est comme si vous aviez ça en vous sans que ça se voie.
-C'est le cas.
Ma famille vient des Antilles.
Ma mère était une octavon, petite-fille de mulâtre.
Que voyez-vous d'autre ?
-A part votre argent ?
Le tableau n'est pas fini.
-J'étais troublée, hier.
Mon portrait est magnifique.
Installez-vous ici.
-Je n'ai pas besoin de beaucoup de temps pour le finir.
-Laissez libre cours à votre talent.
Je peux vous apporter beaucoup: la reconnaissance,
le succès et ce qui va avec.
-Je n'en doute pas.
Mais on ne me met pas en cage.
Musique de fête.
-Mesdemoiselles -Oui.
-C'est bon, Roger. Elles sont avec moi.
-Sidney, how are you ? -Good.
Oh!
-Santé!
_Ah ! -jenny !
Hello ! -Bonjour.
-Tu es venue accompagnée. Tu as bienfait.
Elle est jolie,
ton amie. -Gisèle.
-Welcome dans ma demeure!
-Merci. -Viens, Kiki. Quelqu'un te cherche.
Tu lui manques. -Sûrement pas sans moi.
-You too. Come.
-Bonsoir. -Bonsoir.
-Vous dansez ?
-Mon patron n'aimerait pas.
-Il ne vous verra pas.
-Si. D'ailleurs, le voilà.
-Tant pis, alors.
-Tu cherches
quoi ou qui ?
-Rien.
-Ecoute, ma jolie. Ici, on vient
pour faire la fête et perdre la tête. Mais en sortant d'ici,
on oublie tout ce qu'on a vu
et ce qu'on a fait. Compris ?
Tu es belle !
J'aime aussi les femmes. On ne t'avait pas dit ?
-Mes hommages,Jenny.
-Edouard, vous m'avez manqué!
-Mais comment faites-vous pour rassembler tant de beauté ?
Plaisir des yeux...
-Pas seulement des yeux, j'espère.
Elle s'appelle Gisèle.
-C'est qui, ce type avecJenny ?
-Un ministre qui aime la chair fraiche.
Il t'a fait un truc aussi ?
-Pourquoi moi aussi ? -Parce que...
Jenny s'est pointée avec lui. Céleste, ça l'a retournée.
Elle s'est tirée. -Ah oui ? Il s'appelle comment ?
-Roberolle, il me semble. Pourquoi ?
Hé ! -Alors, les filles !
Ne restez pas là. Venez avec moi. -Wouh !
-Ils vont où ? -Voir le grand méchant loup.
-Ca te plaît ?
-Céleste !
Ripped by WQM
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