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Grenades. Ripped by WQM
-Ils visent la route !
Le prochain sera pour nous.
Fais demi-tour. -Non!
On va y arriver.
Vite ! Les derniers n'ont plus beaucoup de temps.
-Lui, stade 5.
Lui, c'est fini.
-Il est où, Antoine ?
-Encore un passage en force! Stade 5.
Unjour -Il a passé sa visite ?
-Pas encore.
-Il ne supportera plus d'y retourner.
-S'il est guéri, je n'aurai pas le choix.
-Bien sûr que si.
C'est mon frère. Il ne me reste plus que lui. S'il vous plaît!
-Je suis désolé.
-Merde, Antoine!
Antoine !
Antoine !
Arrête !
Arrête !
-Lâche-moi !
-Ne fais pas ça.
Je t'en supplie!
-Je veux pas crever comme un rat!
-Si tu sautes, je saute.
-Louise !
Antoine ! C'est fini !
La guerre est finie! -Oui !
-Tu entends ? C'est fini.
Antoine, c'est fini. C'est fini.
C'est fini. C'est bon.
Vous m'avez fait demander ? -Oui.
-C'est quoi ? On n'est pas à la fin du mois.
-Ta paie pour la semaine.
Lucien est passé hier. Il reprend le boulot. C'est fini pour toi.
-Vous me virez ? -Lucien s'est battu pour son pays.
Il doit nourrir sa famille.
-Je fais comment ? -Ton frère peut bosser.
Il faut que les choses reviennent à la normale, tu comprends ?
Conduire les ambulances, ce n 'est pas pour une femme.
-"La guerre est finie, rentrez chez vous, les filles !"
-Pas assez de boulot pour tout le monde.
-J'ai besoin de ce boulot. Je nai plus de maison.
-Et l'appartement de ton père ? -On s'est fait virer à sa mort.
-Tu dors où ?
-Un copain d'Antoine lui a prêté un atelier. Pas de place pour moi.
-On va boire un coup à La Rotonde. Je régale.
-Il n'y a pas de place ?
Ils partent.
Ca va te remonter le moral. Qu'est-ce que tu bois ?
-Limonade. -Limonade ?
2 limonades. Tu vas venir
chez moi. -C'est gentil.
Je vais vivre de quoi ? Du bordel ? -Ah non !
Ce serait du gâchis. Epousez-moi plutôt.
-Un mari, un mac C'est pareil!
-La répartie, en plus!
J'adore ! -Moi, vous me cassez les pieds.
-D'accord.
Je ne bouge pas d'ici.
-Ca rêve, en plus ! -Tu es dure. Il n 'est pas mal.
-Rappelle-le. Pour moi, c 'est fini.
-Ca fait 2 ans, Etienne.
Il n 'aurait pas voulu ça.
Il faut vivre.
-Chercher un autre homme ? Je dois nous trouver à bouffer.
-Laisse Antoine se débrouiller.
Il est grand. Il peut gagner sa vie.
Vous n'y arriverez pas en restant collés.
-Tu ne peux pas comprendre.
-"L'inspecteur Antoine Kerlac
"est attendu à la brigade criminelle le 12 juin prochain
pourintégrer le groupe du commissaire Pardieu."
Antoine...
Ce boulot à la Criminelle, pourquoi tu nas rien dit ? Cest inespéré.
-Ce qui est inespéré, c'est de pouvoir exprimer quelque chose
après ces années d'enfer.
C'est un miracle, Loto. -Tu es défoncé !
-Laisse-moi bosser.
-Je me suis fait virer. Je ne sais pas comment on va bouffer.
-Il reste des patates. -Avec ou sans magot ?
Je ten prie ! Le temps quon se retourne.
-On m'a volé le temps. J'ai plus une seconde à perdre.
Ma vie, c'est ça. -On est vraiment dans la merde, là.
-Tant pis. Je ne serai jamais ?ic.
Je hais ces gens. -Tu mélanges tout.
Ce n 'est pas parce que papa...
-Tu lâches jamais !
-Heureusement pour toi. -C'est ça...
Il faut que je te remercie ? Hein ? Ho !
Ecoute bien. Plus jamais personne ne me dira ce que je dois faire.
Surtout pas toi.
Souph.
-(Merde !)
-Louise ! -Je suis contente!
-Ah ! Moi aussi. Bon sang ! Ce que tu as changé!
Et ton frère ? On doit préparer son entrée à la Criminelle.
J'ignorais quil allait mal
à ce point. -C'est un artiste. Comme maman.
-Toi, tu es comme ton père.
-Merci.
-Je m'en veux.
Depuis sa mort, je nai pas été là pour vous.
Moi aussi, j'ai morflé.
-Il faut pas vous en vouloir.
-Depuis quil sest fait descendre, ce n 'est plus pareil.
Il m 'a laissé une sale affaire sur les bras.
C'est dur. -Pourquoi ?
-Laisse tomber.
Si je te racontais, il se retournerait dans sa tombe.
Qu'est-ce qui t'amène ?
-J'avais besoin de travailler et je me demandais si...
-Va dans la pièce à côté et bouge pas jusquà ce que je revienne.
Que faites-vous là ?
-Tu nas pas une petite idée ? -Non. Sortez de chez moi.
-Ca, ce n 'est pas très gentil.
-Ah !
Fracas.
-Y a quelqu'un !
Va voir.
Petite pute !
Petite pute, va !
Georges !
Là-bas!
Ah!
-On va aller à la police.
-Je ne peux pas Ils bossent pour la préfecture.
Ils ont une plaque officielle.
-Comment cest possible ? -J'en sais rien.
Si je témoigne, ils vont le savoir. Je fais quoi, Lydia ?
-On va chez moi.
-Edition du soir ! Un policier
lâchement assassiné par une femme blonde en veste bleue!
Un policier assassiné par une femme blonde en veste bleue!
-J'ai oublié ma veste chez Berger.
-Il y en a plein. -Non.
A lintérieur, il y avait mon nom dessus.
Quelle conne! -On va trouver une solution.
Si tu partais ? Tu rêvais d 'aller aux colonies.
-Là, partir, tout laisser,
me cacher ? Non.
-Le temps de rétablir la vérité. On ira leur raconter
aux flics. -Ils s'en prendront à vous.
Il faut que jaille le voir. Il est en danger aussi.
-Non .
Louise !
-Antoine !
Antoine !
"A toi dejouer."
Rires.
-Y a un type qui nous mate. -Hein ?
Hé ! Ho ! Qu 'est-ce que tu fais là, toi ? T'es qui ?
-C'est moi, Antoine. Loulou.
-Louise ?
-Après avoir essayé de me tuer, ils m'accusent davoir tué Berger.
Je dois disparaître, Antoine.
Le meilleur moyen : prendre ta place à la Criminelle.
-Tu es dingue! -Non.
Au contraire. Les lois, je les ai potassées
avec toi pour ton concours.
Je sais tirer, conduire...
Et le seul qui te connaissait à la Criminelle, cétait Berger.
-Ils vont voir que tu es une femme.
-On parie ? Même toi, tu ne m'as pas reconnu.
-Tu réalises dans quoi tu tembarques ? Faut que tu te tires.
Planque-toi.
-Foutre ma vie en l'air ?
Non, Antoine.
Je dois trouver qui a tué Berger pour prouver mon innocence.
Jai une chance.
-Ca texcite d'être flic. Tu as toujours voulu être moi.
-Non.Pastoi Pouvoir faire comme toi, oui.
-Oui Et suivre les traces de ton cher papa.
Souph.
Si tu prends mon nom,
je deviens quoi, moi ?
-Valbonne.
Cest le nom que tu signes. Ils tappellent tous comme ça.
-Ca me plaît, ça, Loulou. Je n 'en peux plus d 'Antoine Kerlac.
De toute façon, tu n 'en feras qu'à ta tête.
Vas-y.
Mais je veux la moitié de ton salaire et viens pas pleurer.
-Tu t'attendais à quoi ? Il est en colère contre la terre entière.
Il en veut à ta mère d 'être morte, à ton père de l'avoir obligé
à être flic... -On doit faire de moi un vrai mec.
-C'est du suicide.
Et le reçu ? -Ils l'ont pas trouvé.
Sinon, je serais morte. Tu m'aides ?
-Je veux bien t'héberger, te nourrir, mais ça, cest non.
-Tu vas le faire.
SoupH.
-Tournez, madame. Tournez. Enfin, monsieur, je veux dire.
Mais...
-Ah ! -Ce n 'est pas trop serré ?
-Non. Ca va.
Et là, je men sors comment ? La démarche ?
-Tu passeras pour une tapette.
Pense à ton père. Mets la chemise.
Souph.
Lève la tête. Naie pas peur.
La veste !
-Je dois travailler la voix.
-Si un jour on mavait dit que je te verrais en homme...
-Je te plais ? -Oui.
-Je te plais ? Hein ?
Cest mieux ? -Non. Là, tu n'y es pas.
Si tu regardais plus les hommes...
-Comme ça, ça va ?
-Là, c 'est bien.
Souph.
-Bonjour. Antoine Kerlac.
Bonjour. Antoine Kerlac.
Bonjour. Antoine Kerlac.
Souph.
Ca va, le chapeau, là ? -Oui. Là, cest bien.
Tu fais attention.
-Allez. On y va.
Bonjour. -Bonjour.
Bonjour. Inspecteur Kerlac ?
Voici la fiche de renseignements à remplir pour l'administration.
Le commissaire Pardieu vous attend au bureau 215. Prenez le couloir.
2e étage, gauche. -Bien.
Merci.
-Vous cherchez quoi ? -Le bureau 215.Je suis
linspecteur Kerlac. -Le fils de Maurice ?
Commissaire Ventura. Salut!
-Salut !
-Tu lui ressembles. -Patron, j'ai un tuyau pour Berger.
Une fille qui sort de tôle.
Son jules est mort. -Ca lui fait un mobile. On y va.
-Pourquoi elle aurait tué Berger ? -On te fera un rapport.
-On m'envoie un bleu qui n 'a jamais fait de terrain...
-A part 4 ans sous les bombes.
-J'ai bien connu ton père.
Un héros pour beaucoup, une forte tête pour dautres.
Si tu veux rester, il va falloir faire tes preuves
et un peu de muscle.
-Je compenserai avec mon cerveau. -L'insolence ne suffira pas.
je compte sur toi pour le mettre au pli.
-Entendu, patron.
Tu as de l'estomac à défaut de biceps.
Maxime Weber. On mappelle Max. -Antoine Kerlac.
-N'en fais pas trop. Le patron déteste se faire chambrer.
Démobilisé depuis quand ? -6 mois.
-Tu as fait quoi ? -Rééducation.
-Tu crèches où ? -je te dirai tout ça sur ma fiche.
-C'était pour rompre la glace.
Maintenant...
-Je nai pas aimé comment le commissaire a parlé
de mon paternel. -En vrai, ton vieux lui manque.
-Dis-moi. On dit
que Berger a été tué par une femme.
Le couteau, ce n 'est pas vraiment une arme de femme en général.
-Il y a des femmes prêtes à faire jeu égal avec des hommes.
-Comment pendant la guerre ?
-Perso, je n 'en ai jamais vu dans les tranchées.
-Bien sûr... Tu étais où, toi ? -Dans l'Est.
28e RI. L 'enfer. Comme toi, j'imagine.
Tu vis seul ? -Avec ma fiancée.
-Tu es fiancé, toi ? -Ben oui.
-Fais gaffe à la détente.
-Je connais. -Jacques Alberti, dit Le Corse,
le spécialiste des armes. -Il n 'est pas bavard.
-Il connaît son métier, alors écoute-le.
-La Seine a rejeté un cadavre près des moulins.
On y va. -Prêt pour le baptême du feu ?
-Paré.
-Mets-le dans ton dos si tu tiens à tes couilles.
-Ah ! Commissaire... Jaimerais quelques photos.
-Déjà là ? Qui vous a rancardé ?
-Je prenais un café avec le Dr Paul quand on ma prévenu.
-Pas de cadavre dans les journaux. -On va se contenter de vous.
-1 . Tenir la presse à l'écart. -Ca nous arrive d'être utiles.
Vous êtes nouveau ? Ne vous laissez pas impressionner.
-C'est qui ? -Ketoff, un reporter américain.
-Il n 'a pas d 'accent.
-Il a grandi en France. Il est revenu se battre et il est resté.
Il travaille au "Petit Parisien", mais le patron le déteste.
-Pourquoi ? -Il a dit que cétait
grâce aux plaintes quon avait arrêté le monstre.
-Ce n 'était pas vrai ? -Si.
-Mes hommes l'ont repêchée vers 6 h.
Ces algues ont pu retenir le corps au fond.
Le courant a pu l'entraîner sur plusieurs kilomètres.
-En petite tenue...
Elle devait vivre au bord du fleuve.
Cest quoi, cette entaille sur sa jambe ?
-Une hélice de bateau ? -Possible.
C'est un accident ou un suicide.
-Non. Cette marque,
je l 'ai vue sur des prisonniers mis au fer.
Cette fille a été enchaînée.
Elle s'est cassé les ongles pour se libérer.
-Bien vu.
Une bonne recrue, commissaire! -On verra à l 'usage. Docteur Paul,
inspecteur Kerlac.
-J'appréciais beaucoup votre père. Il nous manque.
Alors...
Ma pauvre petite...
Raconte-moi ce qui t'est arrivé.
Qui a pu t'infliger cette balafre ?
-Il aime faire le spectacle, surtout devant le patron.
Il est très doué, tu verras. -Diverses plaies sous les pieds...
Tu as couru sur des cailloux acérés.
Tu devais être sacrément terrifiée pour en arriver là.
Tu étais poursuivie.
Et tu as paniqué au point de sauter dans la Seine,
mais tu ne savais pas nager. -Vous écrivez l'histoire
qui vous arrange. -je parle à la place des morts.
Si le coeur ten dit, Kerlac, je t 'invite à l'autopsie.
-Non. Je l 'emmène avec moi. -Les gros esprits...
Dites-moi. J 'aimerais que mon ami Ketoff
prenne quelques clichés du corps. Vous permettez ?
Le temps
que vous débloquiez des crédits pour un appareil.
-Bon. Kerlac, tu le fais venir.
Tu récupères la bobine. -Vous pouvez venir ? Le docteur
a besoin de photos du corps. -On a besoin de moi !
-Parent
avec le commissaire ? -Son fils. Vous l'avez connu ?
-J'en ai entendu parler. Un grand flic,
qui utilisait la presse pour avancer ses enquêtes.
-Quelques photos suffiront.
-Ketoff, je voudrais 1 ou 2 clichés d 'ensemble,
puis les détails qui nous intéressent.
Vous avez loeil. Montrez-lui les marques et les cicatrices.
Nous allons faire une bonne équipe ensemble, mon petit.
Votre père était un ami. On a de bons souvenirs ensemble.
-Vous lavez impressionné.
-j'ai été
à bonne école. -Dites-moi
Berger était son adjoint ? Vous pensez quoi de sa mort ?
Bizarre,
non ?
-Je ne sais pas.Je ne l'avais pas vu depuis longtemps.
Vous avez fini ? -j'ai fini.
-Bonjour, les enfants. Il faut que je te parle.
La meurtrière de Berger, vous lavez coincée ?
-Elle s'est pendue. -Berger
s 'est fait avoir par une pute! -Sa veste était recouverte de sang.
-Bravo, les gars !
-Le préfet nous a mis la pression.
-Pourquoi aurait-elle tué Berger ?
Quoi ?je peux comprendre.
-Mathilde ! La prochaine tournée est pour moi !
Cris dejoie.
-C'est quoi, le probléme ?
Je veuxjuste comprendre.
-Demande pas devant tout le monde.
-Berger a été tué à cause de ton père.
-Comment ça ?
-Il faisaitjustice lui-méme.
Unjoun
il a voulu monter un flagrant délit contre des malfrats.
Ily a eu des morts.
Parmi eux, 3 innocents. Une femme,
Nicolina, et 2 gamins. -Non. je ne peux pas croire ça.
-Tu as la vérité.
Le mari de Nicolina a tendu un piège à ton paternel.
Il l'a descendu. -Mais Berger ?
-C'était son adjoint.
Il avait monté l'opération.
C'est pour ça que la soeur de Nicolina l'a tué.
-Impossible. Mon père a été abattu ily a 8 mois.
Pourquoi aurait-elle attendu ?
-Elle était en tôle. Elle est sortie le jour du meurtre.
Désolé. Va manger.
Une autopsie l'estomac vide, cest dur.
-Ila franchi la ligne, ton père.
On ne te juge pas.
-Parfois, on te comprend.
je te présente René, dit Néné.
-Tu attends quoi ?
Qu'on t'avance une chaise ?
Souph.
-Pardon.
-Ah !
-Et pour le joli garçon ? -Comme les autres.
-Merci. -Dis donc...
Tu as le ticket.
-J'ai une fiancée, une infirmière.
-Non ! C 'est pas vrai ! Elles sont à poil sous leur blouse ?
Elle te fait quoi comme gâteries,
ton infirmière ?
-Des linguine et des farfalle.
-Des linguine ? Ben, mon cochon...
-Avec de l'huile d'olive. Des pâtes italiennes.
-Ah !
Oui...
-En fonction des insectes qu'on trouve sur un cadavre,
suivant leur espèce, leur cycle de reproduction,
on peut dater le moment de la mort. -On ne traîne pas.
-Quand le corps était dans l'eau ? -Ca biaise tout,
alors on cherche autrement.
La balafre sur la joue...
Lame fine... Antérieure à la mort.
Ce salopard a vraiment voulu la faire souffrir.
Le majeur, au niveau de l 'ongle, a l'air rétréci.
Tu as vu ?
Tu penses quoi ?
-Un dé à coudre.
Les toilettes, c 'est où ? -Au fond, à gauche.
Un dé à coudre... Il a grandi dans les jupes de sa mère!
-Hé !
Cest les femmes.
1 re autopsie ? Vomis tranquille. Tu auras le temps d'y retourner.
Colin, assistant du Dr Paul.
-Antoine Kerlac. -C'est toi ?
Le docteur m 'a parlé de ton numéro. -Les toilettes ?
-C'est là-bas. -Merci.
-Tu as raison pour le dé à coudre.
-j'ai trouvé des traces d'aiguille sur ses doigts.
-Une couturière professionnelle ? -Et mère de famille.
Elle a enfanté.
-Une couturière blonde avec un même...
On va sortir les signalements
de femmes disparues les 12 derniers mois.
Kerlac, on y va.
-je ten prie, entre.
-je veux couvrir le meurtre de Berger.
-Cassel est dessus. -Il est nul.
Berger était ladjoint de Kerlac. 2 flics tués en un an.
-Tu n 'aimes pas les coïncidences. -Non.
-Tu as des infos ? -Non.
Jai une source à la Criminelle, le fils Kerlac.
-Le fils Kerlac ?
Murmure d'approbation.
-Tu es sur la noyée.
-Je peux faire les 2.
Daccord. Berger, cest pour toi.
Rends-moi service.
Oui ?
-Pas le jour. Attends demain. -Il ne veut pas de mon papier!
Les Anglaises obtiennent le droit de vote.
-Par contre, tu as beaucoup de chance, je suis libre ce soir.
Bonne nouvelle, non ?
-"Affaire Berger. La meurtrière à la veste bleue retrouvée morte."
Demandez "Le Petit Parisien". Demandez.
Tout sur l'affaire Berger! Demandez, messieurs dames.
-Tant de femmes disparaissent ?
-Pas toutes mortes.
Avec la guerre,
difficile de savoir...
Allô ?
Cest pour toi.
Une femme ! -Allô ?
-Louise !je suis contente de t'entendre. Ca va ?
-Oui. Ca va.
*-On a vu le journal. -Je ne sais pas quand je finis.
Viens me chercher à 18 h. Je te laisse.
-Elle en pince...
-Oui
-Ecoute ça.
"Céleste Dumont, 28 ans,
"couturière, célibataire, 1 enfant, 48, rue Lepic, signalée disparue
il y a 4 mois
"par Valentine Richard."
-Elle est partie à un rendez-vous...
-Avec qui ? -Un peintre.
Elle posait pour lui. -Vous avez son nom ?
-Non.j'en sais rien.
-C'était quand ? -En février.
Après le carnaval.
-On peut voir sa chambre ?
-La logeuse la relouée.
Jai juste pu garder quelques affaires au cas où.
-Merci.
C 'est quoi, ça ?
-Céleste les a faits.
Elle rêvait d'ouvrir sa boutique.
Elle voulait bien élever son petit.
-Il est où ? Ila un père ? -Oui. Un étudiant
mort au front avant davoir pu l 'épouser.
Elle a mis son petit en nourrice.
-Pas dautre homme ? -Non. Elle était sérieuse.
-C'est de la soie.
Ce parfum coûte cher.
-Tu t'y connais!
-Tu nas pas de fiancée!
Comment elle soffrait ça ? -C'est lAméricaine,
une femme riche qui lui faisait des cadeaux.
Elle linvitait partout. -Son nom ?
-je ne sais pas
-Tu connais l'Apollo ? -C'est à Montmartre.
Une boîte de jazz.
-Tiens. Tu as vu ?
2 allers simples pour New York pour Céleste et son fils.
Le bateau a quitté Le Havre une semaine après sa disparition.
-Une fille sérieuse ? -Elle ne recevait pas de coquins.
-Doncjamais de visites ?
-Un homme est venu 1 ou 2 fois.
-Son nom ?
-Je ne sais pas. Céleste lui criait dessus.
Elle ne voulait plus qu'il revienne. Elle lui a dit
qu'il ne l'auraitjamais. -Décrivez-le.
-Un type de la haute.
Cheveux gris, bien mis,
avec une voiture blanche et un chauffeur annamite.
-Vous êtes sûre ?
-Ah ben...
Céleste l'appelait Phong. Il était venu pendant la guerre d'Indochine.
Messieurs...
-je parie sur l'amant riche.
Il a pris les photos. Ca explique les robes,
les parfums... -Pourquoi il l 'aurait enlevée ?
-Elle voulait se barrer, il l'a punie.
-Elle avait rendez-vous avec un peintre.
-Le vieux lattendait après.
-Avec le chauffeur indochinois, on va retrouver le nom du type.
Max, Lydia, ma fiancée.
-Mademoiselle
Jai entendu parler de vous. Enchanté.
-Tout le plaisir est pour moi.
-Vas-y. On ne fait pas attendre unejolie dame.
-(Que fais-tu là ?) -(Je tavais prévenue.)
Tu as le reçu, mais ils ont tué une innocente
pour maquiller leur crime!
Sils te trouvent...
-Ils ne cherchent pas Louise Kerlac.
-Tu as peur aussi. -Non. Je suis sur mes gardes.
-Arrête ça. Antoine est daccord. Si tu l'avais vu...
-Je vais aller le voir.
-Il y a une sortie de l'autre côté de l'hosto Cest plus court.
-D'accord.
-Putain !Jai paumé Kerlac ! -Imbécile !
On va planquer en bas de chez lui pendant des heures!
-Ce n 'est pas gratuit.
-Laisse-moi finir. Et tu es tellement belle comme ça...
-Ca ne marche pas comme ça.
-Ca va. On a passé un bon moment. -Peut-être, mais bon,
mon temps est précieux, mon joli, et pas gratuit.
2 F de l 'heure.
-Tiens. Regarde. -C'est moi, ça ?
-Les lignes de ton corps.
-Si cest
pour faire ça, tu nas pas besoin de moi.
-Mademoiselle
Tu travailles dur.
-Tu fais chier ! Tu as ruiné ma journée avec tes conneries!
Alors ?
Tu nes plus obligée de te cacher. -Antoine Kerlac ne peut pas
disparaître. Ce serait bizarre et dangereux.
-Tu nas plus rien à faire là-bas.
-je veux comprendre pour papa et pour Berger. Il s'est fait tuer
sous mes yeux. -Tu ne régleras pas ça.
-Ils font courir un bruit sur papa. Je ne peux pas laisser faire.
-C'est pas vrai ! A lui aussi, tu veux prouver son innocence ?
C'est ça ?
Il s'est toujours cru au-dessus de tout.
-Pas des lois. -Continue de le voir en héros.
-Tu en connais beaucoup, des modèles ?
-Pas mal. Pourquoi ?
-On a retrouvé une jeune fille morte dans la Seine, Céleste.
Elle posait pour un peintre. Ca te dit quelque chose ?
-Tu t'y crois vraiment ?
-Une Américaine riche, excentrique, la cinquantaine, l'Apollo...
-Ca pourrait êtreJenny Meyer. Je la croise parfois là-bas.
-je veux y aller. Emmène-moi.
-Là ? Maintenant ?
Tu crois que je vais
y aller avec un flic ?
-Et avec une avance
de ta moitié
de mon salaire ?
-Tu es une vraie chieuse, tu sais ?
Bon.
En Louise, tu es grillée.
En Antoine avec moi, ça ne va pas le faire.
Par contre...
Regarde. Tu te souviens de celle-là ?
-Maman la portait. -Elle sent son parfum.
Elle aurait aimé que tu la portes. Laisse-moi faire.
Hop ! -C'est complètement démodé.
-Fais-moi confiance. Tu vas voir.
-Tu es sûr ?
-Tu te rappelles... -Chut !
Attends. J'ai pas fini. Voilà.
-Quand on a piqué leurs fringues, quel savon on a pris!
-Oui. Surtout moi !
j'ai la marque
de la chevalière sur le cul. Tu veux voir ?
-Non. Ca va. -Je vais te montrer.
-Arrête ! Non !
-Attends.
Je vais te mettre ça.
-Ca me rappelle maman. -C'était à elle.
Et voilà.
Attends. Hop là!
La touche finale...
Et voilà.
Super!
Viens voir.
je te présente Gisèle.
-On dirait une poule. -C'est un peu l'idée.
Tu es sublime comme ça.
Musiquejazzy.
-Pardon. Bonsoir.
Coucou!
Les filles, je suis là.
-Viens. Tout le monde est là.
-Vous voyez du monde.
-Un peu, oui. Tu cherches un coquin ?
-Une copine. Céleste, un modèle. -Tu lui veux quoi
à Céleste ? -Ca fait des lustres
que je ne l'ai pas vue. -T'inquiète.
Elle dit bonjour à Miss Liberté.
La statue à New York !
Elle rêvait d'y aller.
A Céleste !
Linfo va te coûter un cognac.
-j'ai pas d'argent -Pauvre chaton !
je ne paie pas mes verres.
-Il faut que je gagne de l'argent. Elle a dit que je pourrais poser.
-Oui. Cest possible. Il ne faut pas avoir froid aux yeux.
-Je nai froid nulle part.
-Passe à La Rotonde. Je te présenterai des peintres.
-Céleste les rencontrait chezJenny Meyer.
Tu la connais ?
-Hé ! -Hé !
Je t'offre un verre ? -Je le disais...
Sydney connaîtJenny. Ton nom ? -Gisèle.
-Offre un verre à ma copine Gisèle. -2 pour le prix d'une.
Evidemment ! Champagne!
-Viens. On bouge.
Musique enjouée.
Je croyais que tu n 'avais pas froid aux yeux!
Jeanne!
Tu as vu les dernières toiles de Pascin ?
-Ce n 'est rien à côté des portraits de Soutine.
Cest à cause d'elle qu'on ne te voyait plus ?
Qui c'est? -Une poule !
Soutine est génial. Il aime jouer à l'artiste maudit.
-Un gaminjuif dans un ghetto misérable.
On a tous dû se battre. -Sauf moi.
A part contre mes démons.
-Je suis fatiguée. -D'accord. On rentre.
Musiquejazzy.
-Je veux te présenter des amis.
Des amateurs pour ta peinture.
-Je nai rien à montrer.
Nada. Zéro. -Ce n 'est pas vrai ! Viens boire
un verre !
Musiquejazzy.
-Sborowski ne tarit pas d'éloges sur votre talent.
Mon épouse et moi
aimerions voir vos oeuvres. -Quand j'en serai satisfait.
-Laissez-nousjuger.
-Mejuger ?
Cest fini, ça. je nautorise personne à me juger.
-Valbonne, M. Vandel est un collectionneur avisé.
-Je nai rien à vendre!
Vous voulez faire des affaires.
-Votre arrogance
vous perdra.
-Ma liberté, je la garde.
Musiquejazzy.
Monsieur...
Viens par là.
-C'est qui, cette fille ?
-Qu'est-ce qui t'a pris de m'arracher comme ça ?
-Tu te donnais en spectacle.
Tu nes pas censée échapper à des tueurs ?
-En fait, tu te fais du mouron pour moi.
-Tu es mon gagne-pain. Je fais quoi si tu disparais ?
C 'est bon.
-Ilvaut mieux pas qu'on te voie près de chez Lydia.
je vais m'en sortir et toi aussi.
-Ton sac.
Une voiture arrive.
Quelqu'un entre.
-Comme on se retrouve, ma belle ! -Ah !
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