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- Quand as-tu commencé la danse ?
- A quatre ans.
- Tu as mal au dos ? - Non.
- Tu as déjà eu des opérations ? - Non.
- Allergies ? - Non.
- Monte sur la balance.
- 25.
126.
63.
- Mettez-vous près de la barre, attendez qu'on vous appelle.
Allez-y.
- C'est lui, Bojinski...
Il fait trop peur...
- On dirait un homme des bois.
- Mademoiselle Xenia Plisiska ?
Avancez au centre, s'il vous plaît.
Vous faites l'enchaînement
deux fois, s'il vous plaît.
Tendu,
cinquième position,
tendu seconde, première position,
sauté, échappé.
Trois fois, s'il vous plaît. Commencez.
Et un et deux...
Et un et deux...
Tendu...
Un, deux...
Et un et deux...
Polina Shanidze.
Mettez-vous en position.
Voilà, c'est mieux.
Et un et deux...
Non, je vous ai dit, tendu seconde.
Recommencez.
Et un et deux...
Vous ne m'écoutez pas.
Et un et deux...
Recommencez.
- Troisième position.
Première arabesque.
Ne me regardez pas. Regardez loin devant vous.
Levez la jambe.
Encore plus haut.
Vous n'êtes pas très souple.
- Alors ?
- J'ai passé l'audition.
- Je sais. Et...?
- J'ai été prise.
- Tu es prise ?
C'est formidable !
Je te l'avais dit, Natalia, Polina sera danseuse étoile.
- Ben, non...
- Qu'est-ce qui se passe ?
- C'est beaucoup trop cher.
Le dos bien droit.
Tenez la position.
Les bras.
Vous ne voulez pas regarder les élèves ?
- Je les vois très bien.
- Recommencez.
Bien droit.
Regard dans le miroir.
Stop.
- C'est quoi, pour vous, danser ?
- Ça vient tout seul.
- Vous pensez ?
On reprend à la pirouette.
Musique.
- C'est pas trop lourd ? - Non.
- C'est le dernier ? - Oui.
- Polina.
Polina, réveille-toi.
Aide-moi.
Tu mets les pantalons là,
les jeans et les t-shirts sur l'étagère.
Et ce sac aussi.
Et ça aussi.
- Comme convenu.
Recompte.
- Pas la peine.
- Beau travail.
Le coffre déborde !
- Au revoir.
- Salut, Sergueï.
Les filles...
- Un, deux, trois, quatre...
Un, deux, trois, quatre...
Plus haut.
Encore plus haut.
Regardez Xenia.
Sa position est presque parfaite.
Elle tourne idéalement dans l'axe.
Merci, le cours est terminé.
- Monsieur.
Pourquoi vous ne me regardez jamais quand je danse ?
- Travaillez, mademoiselle, au lieu de poser des questions stupides.
Et si vous ne manquiez pas les cours, vous seriez au niveau.
- Je dois aider ma mère à son travail.
- Une danseuse ne doit pas travailler autre chose que la danse.
- Chut !
Tu veux prévenir toute la forêt qu'on vient chasser ?
Regarde là.
Haut les mains, peau de lapin...
- Polina.
On se voit après les cours ? - D'accord.
- Le public ne doit voir que la beauté de vos mouvements.
Si vous ne montrez pas l'aisance et l'élégance,
il ne verra
que l'effort et la difficulté.
Et ça, ça n'intéresse que les supporters de foot !
- Polina !
- Attendez, vous allez voir...
- C'est pas le moment !
- Allez, papa, j'adore te voir danser.
- On casse pas l'ambiance, j'espère ?
Dis donc, t'es bien installé, Anton.
Les affaires marchent bien, alors.
Pas vrai, madame ?
Les affaires marchent bien.
Tu nous dois combien, déjà ?
- Je vous ai dit que j'allais vous payer.
- Ton père dit
que tu es une grande danseuse.
C'est vrai ?
- Anton ! - C'est bon !
Je vais faire la route de l'Afghanistan.
- J'aime bien travailler avec toi, tu comprends vite.
T'as de belles femmes, Anton.
- C'est quoi, la route de l'Afghanistan ?
- Rien de spécial.
- Pas d'effort sur le visage.
La jambe plus haut.
Les bras respirent,
les jambes respirent.
Non !
Non.
Vous n'y êtes pas du tout.
Vous pensez à quoi quand vous dansez ?
C'est quoi, cette position quand je vous parle ?
- Pardonnez-moi.
Vous êtes quelque part, mais pas ici.
Aucune grâce,
vos mouvements sont tous...
crispés, mécaniques,
hideux...
On reprend, s'il vous plaît.
Musique !
Ça fait combien de jours qu'on travaille là-dessus ?
Je ne compte plus.
Et à chaque fois, ça empire. Stop !
Encore une fois, s'il vous plaît, du début.
Ça ne va pas du tout !
C'est comme au cirque.
C'est mauvais. Stop !
Polina.
Vous comprenez ce que vous faites ?
Non !
Vous ne comprenez rien !
Vous ne savez pas où sont vos bras, vos jambes.
A chaque fois... Regardez-moi quand je vous parle.
- Encore une fois ?
- A quoi bon ?
Regardez, tout le monde vous attend.
Mais non.
Il faut savoir retenir ses émotions,
contrôler ses émotions.
Celui qui ne sait pas les contrôler
ne m'intéresse pas !
Dehors ! Vous êtes exclue de ce ballet.
Svetlana,
remplacez Polina.
Musique !
Qu'est-ce que vous faites là ?
- Je voulais comprendre ce qui ne va pas.
- Et donc ?
- Mes jambes sont trop crispées.
- Le problème n'est pas là, tout vient de votre dos.
A cause d'un dos relâché, vos jambes compensent.
Cinquième position.
Descendez vos omoplates.
Imaginez que votre tête est accrochée
par un fil.
Ouvrez les bras.
Fermez les yeux.
Sentez l'axe.
Passé.
A la seconde.
Attitude.
Vous sentez vos bras,
vos jambes...
- Oui.
- Ouvrez les yeux.
Voilà.
Pour l'audition de l'école du Bolchoï,
vous ferez l'adage du 3e acte de Raymonda.
- Merci.
- Polina Shanidze.
- Attends-moi là.
- Le Bolchoï ?
Vous avez encore du chemin avant d'y accéder.
Vous voulez y entrer ?
Eh bien, il va falloir travailler.
Travailler sérieusement !
Parce que le théâtre du Bolchoï,
c'est le symbole de la Russie.
Sa fierté !
Même son nom évoque la grandeur de la Russie.
Le théâtre du Bolchoï, c'est...
le plus grand répertoire au monde.
Une troupe de virtuoses exceptionnels.
Oulanova et Lepechinskaïa y ont dansé
et bien d'autres encore.
Cela fait déjà deux ans que je vous prépare sans relâche
pour intégrer la troupe
de ce théâtre majestueux.
Pour y parvenir,
il vous faudra de l'énergie,
de la détermination
et l'amour du travail.
L'échéance approche à grands pas.
Dans ce but, restez concentrés
et travaillez toujours plus.
- Polina, je t'avais dit
de m'attendre...
- Je vous rappelle ces règles et ces exigences
et je compte sur vous pour les respecter.
Allez.
C'est l'heure.
Je vous laisse filer.
- Alors, le frenchy,
on va au Karma Bar ce soir ?
- Oui.
Histoire de faire plaisir à Alexandrovna.
- On a pas cours demain.
Venez avec nous.
- Je peux pas, j'ai rendez-vous.
- Allez, viens !
C'est encore avec Bojinski ?
Tu vas pas gâcher ta soirée pour ce vieux.
- Il me chorégraphie un solo.
- Oui, mais c'est un ringard, non ?
- C'est toujours plus intéressant que les cours d'Alexandrovna.
- Tu viens quand même au festival de Budan ?
- Bien sûr.
- Allez, rejoins-nous après ta répète.
- Je vais essayer.
- Waouh !
Pas mal, le français.
- Impressionné ?
- Ouais.
- C'est pas mal.
Quelque chose ne va pas ?
- J'ai l'impression d'enchaîner les mouvements sans danser.
- C'est formidable !
Un vrai artiste se languit toujours de la perfection.
Seul le temps montrera...
si son chemin était le bon.
- On dit que le régime soviétique vous jugeait provocateur.
- Disons que...
on me reprochait un manque de patriotisme.
J'ai utilisé des musiques de compositeurs américains.
Je n'aurais pas dû m'obstiner.
- Au contraire.
C'est ce qui fait votre valeur.
Je reprends depuis le début et vous m'indiquez la suite.
- Il faut que je parte.
- Mais tu vas pas nous laisser ici ?
- Polina...
Regarde-moi dans les yeux.
Personne ne vous touchera. Jamais.
- Et toi ?
- Tu commences quand au Bolchoï ?
- En juin, si je réussis le concours.
- Tu réussiras.
- Je dois pas traîner. Au revoir.
- Tu reviens quand ?
- Polina Shanidze.
Polina Shanidze ?
- Allez-y.
- Tu vas repartir en France ?
Je viens avec toi.
- Comment ça, tu viens avec moi ?
- Je viens passer l'audition avec toi à Aix-en...
- Provence.
- C'est idiot, tu viens d'être prise au Bolchoï.
Et c'est une technique que tu connais pas.
- C'est pas grave.
Je veux danser sur scène ce qu'on a vu tout à l'heure.
- Non.
Fais pas ça.
- Comment ça ?
- Même si t'es à Moscou et moi à Aix, on va rester ensemble.
- De toute façon, si tu vas pas à cette audition,
moi, j'irai.
- T'es dingue !
- Tu pars longtemps ?
- Je ne sais pas...
peut-être.
- Tu pars en France, c'est ça ?
- Oui, dans le sud de la France.
- Et le Bolchoï ?
Tu sais ce que ça représente pour nous.
- Fais-moi confiance.
C'est très beau, ici.
- Ça te plaît ?
- Bonjour. Bienvenue à l'audition.
On va commencer par la première phrase avec Sergio.
Prenez bien l'espace.
Et bon courage. Bonne chance.
- 4, 5,
et...
On se remet en place.
Placez-vous en lignes.
4, 5, 6...
2, 3, 4, 5,
6 et 1!
Et tourne !
Troisième ligne, 1...
3, 4, 5, 6 et 1!
Saute !
Et sortez.
Alors : Sonia, Aurore, Claire, Kim, Elise, Margot,
Polina, Anthony, Théa, Lisa, Adrien, Emilie, Jérémie
et Chloé.
Les autres, vous pouvez partir. Merci à tous.
- On va travailler une autre qualité de mouvement.
Trouvez la respiration.
Cherchez, cherchez...
Voilà.
On recommence.
Lourd ! Lourd !
Lourd !
- Je peux traduire pour Polina.
- J'ai encore rien dit.
- Au cas où, je sais le faire.
- C'est pour ça que tu es là.
Je prends toujours les danseurs à l'essai.
Je vous prends comme stagiaires,
et si ça se passe bien, je vous engage.
- J'ai compris.
- Polina a pris quelques cours de français en Russie,
et on est ensemble depuis quelques mois.
On parle, et maintenant elle comprend.
- Mais c'est bien s'il est là.
Il peut servir quand même.
- Polina a raison, il peut servir.
Servez-vous.
Tu connais Blanche-Neige?
- Oui, j'ai vu.
A Budan, dans le festival.
- T'es très classique,
mais ta puissance m'intéresse.
Tu vas apprendre le rôle de Blanche-Neige.
Et toi, Adrien, le prince.
- Merci.
Vous allez travailler les parties d'ensemble avec Sergio,
et avec moi, les duos.
Sois vigilante.
Change ton approche technique.
Chez moi, les appuis sont plus ancrés dans le sol.
C'est plus terrien que le classique.
Le matin, faut vraiment que tu te prépares.
- Change...
Tous ensemble...
Tourne !
Pousse, et...
Rapide !
Bon, c'était pas si mal.
Par contre, au début,
ça a pas l'air très clair. On reprend.
Quand tu descends à genoux, c'est avec l'élan du bras et du buste.
- Tiens, ce sera plus confortable. - Merci beaucoup.
Et pour la suite, tu ramasses par le centre.
On reprend depuis le début ensemble ?
Sans musique.
- Aïe ! Mais arrête.
- Tu t'entraînes pour les commandos ?
- C'est quoi ?
- C'est un truc pour les vrais durs comme toi.
- J'ai des blessures partout.
- Ça s'appelle des bleus. Le métier rentre.
- Une partie de volley ?
- Ouais.
- Les filles ? - Pourquoi pas.
- Polina ?
- Non. Demain, on travaille avec Liria.
- Comme tu veux.
On y va ? - Ouais.
- Coupe, Sergio.
C'est trop joli, ça.
C'est trop joli. Je veux quelque chose de vrai.
C'est la première fois que tu vas te donner à lui.
Y a un danger, y a une urgence...
Y a une peur !
Et là, on sent rien.
D'où tu viens ?
D'où tu viens, d'ailleurs ?
- Mon père est d'une famille pauvre en Géorgie
et ma mère, de Sibérie.
- Tu vois, t'as tout.
Tu sais ce que c'est, le manque.
- Mais c'est un duo d'amour.
- C'est un duo
de désir, de passion.
Quand t'as rien
et que tu désires quelque chose par-dessus tout.
Je veux pas une jolie danseuse.
Je veux voir Polina danser.
Tu comprends ?
On recommence ?
- T'es déjà habillée ?
- Oui.
Je veux répéter un peu.
- On a répété toute la semaine.
Liria nous a donné une journée off pour se reposer.
Ça fait partie du travail.
Déshabille-toi, on retourne au lit.
- Non.
- Si.
- Non.
- Non.
Non.
- Oui.
- Fais ce que tu veux.
- OK.
Bye.
- Je vous avais pas donné un jour de congé ?
- Je voulais être sûre de faire les bons mouvements.
- Tu répètes sans Adrien ?
- Ben... oui.
Pour moi.
- D'accord.
Tu sais ce que c'est, l'absence ?
L'absence de celui qu'on aime ?
- Un peu.
- Toutes mes chorégraphies parlent de ça.
Du désir de retrouver quelqu'un qui est plus là.
C'est important que tu le sentes quand tu danses.
Le manque.
On se voit demain ? - Oui.
- Pense à tes appuis.
- Merci.
- Non, la hanche, c'est pas assez donné.
Tiens, viens voir, Sergio.
Faut se donner à l'autre.
La hanche doit épouser tout le long.
Tu vois ?
Il faut un point de contact entre vous sur tous les portés.
Un porté sur la tête...
Là, c'est une histoire d'écoute.
Prends son poids.
Prends son poids avant de partir.
L'une s'élève et l'autre avance.
- T'es pas devant moi. - Je suis devant toi.
Tu donnes la direction, sinon je glisse.
- Non, pas exactement. Vous donnez tous deux la direction.
Prends son poids pour qu'elle puisse avancer,
sinon ça peut pas marcher.
- Tu vois ? Tu fais mal le mouvement.
- OK, on y retourne.
- On va arrêter. On reprend demain.
On va pas s'énerver pour ça.
- C'était dur, aujourd'hui.
- Pourquoi tu m'empêches ?
- Je t'empêche pas.
Je fais ce que je peux, comme toi.
- A cause de toi, je fais de la merde.
Elle est pas contente.
- Tu fais pas de la merde. Elle veut juste qu'on avance.
C'est pas grave.
- Je suis trop classique.
- Tu t'es retourné l'ongle ?
- Peut-être. Pourquoi tu changes de sujet ?
- Je change pas de sujet. Je sais pas !
Je suis pas dans sa tête.
Je suis aussi paumé que toi.
J'essaie moi aussi de la satisfaire.
- Par le haut.
Tombe.
Le centre bien tenu. Attention aux pieds.
Non, les pieds doivent être...
S'ils sont pas bien posés sur terre, c'est bien.
Ça doit être comme une poupée.
Relâche ta tête.
Fais voir, Sonia, d'abord.
C'est mieux, déjà. T'as senti ?
Placez-vous.
Polina.
Polina.
Polina ?
- Ça va ?
- Où tu as mal ? - Ma cheville.
- Oh merde.
- Allonge-toi.
Respire.
- Je te propose Massimo dans Berratham.
Ça te va ? - Oui.
On reprend. - Ça va ?
Quatre ronds de jambe en dehors.
Un...
2, 3, 4.
Et battement de pied devant, passé...
- Pied à la main.
Devant, passe seconde...
Port de bras.
Et revient.
Et genou à la main.
Genou à la main.
Attention à ta hanche, Massimo.
- Tout va bien ?
- Je peux te parler ? - Bien sûr.
- Je veux faire encore le rôle de Blanche-Neige.
- Je crois pas que tu sois prête. - Si, je le sens.
- T'es bosseuse, t'as des capacités,
mais tu peux pas tout exiger.
Arrête d'être obsédée par toi-même, par ton travail.
Regarde autour de toi, observe.
Un artiste, c'est quelqu'un qui regarde le monde autour de lui.
Quand Sonia danse avec Adrien, il se passe quelque chose.
Elle l'écoute, elle le sent, elle le voit.
Sur scène, tout se voit.
Tu comprends ?
- Bonjour.
Je voulais savoir : est-ce que vous cherchez des danseurs ?
D'accord, merci.
- Non, commence pas à gesticuler.
Des bras, des jambes, j'en vois toute la journée.
Fais-moi vivre quelque chose.
Vivre ce que c'est de ressentir Dieu.
- Vous ne voulez pas que je danse ?
- J'aimerais mieux pas.
- Mais je suis danseuse.
- Puisque tu sais danser, quelle nécessité de voir ça ?
Tu voulais que je t'auditionne, non ?
- Non.
C'est pas ça.
Trouve autre chose.
- Mais qu'est-ce que vous voulez ?
- Je sais pas.
Qu'est-ce que tu fais ?
- J'y vais.
- Tu es sûre ?
- La même énergie, tout le monde à la même vitesse.
Rotation et...
Super. C'est pas grave.
Suivez-moi quoi qu'il arrive.
On récupère la formation.
Et ensemble, on récupère la formation.
Faut que ce soit cohérent.
On se décontracte.
Attention, on va tomber à gauche.
Très bien, super !
- Bonjour.
Je suis une danseuse.
J'ai fait l'école du Bolchoï. Je cherche du travail.
- On a besoin de personne maintenant.
- Merci.
Maman ?
Salut.
Oui, ça va très bien.
Oui, tout s'est bien passé à Berlin.
Oui, très applaudis.
Non, là, je suis à Paris,
la tournée continue.
Oui, je suis avec l'équipe.
Attends, je dis bonjour à quelqu'un.
Sergio ! Salut !
Je suis avec ma mère au téléphone.
Bojinski ?
Non, je ne l'ai pas vu.
Désolée, je dois te laisser, on va dîner.
Je te rappelle plus tard.
D'accord. Je t'embrasse.
Bonsoir.
J'ai la chambre 19.
- Vous avez pas payé, ce matin.
- Ah oui, pardon.
- Ça fait 35, s'il vous plaît.
Mais y a pas le compte.
- Je vais vous payer la suite très vite.
- Je peux pas vous laisser la chambre.
Je suis désolée. C'est pas moi qui décide.
- OK.
Bonjour. - Bonjour !
- Je cherche du travail.
- Désolée, on a besoin de personne.
- Merci.
- Viens faire la fête avec nous ! Allez !
- Bonsoir.
- Trois vodkas... - S'il vous plaît.
Et un scotch.
- Ramène-moi de la glace !
- Je cherche du travail.
Et un Jack Daniel's !
- Tu veux commencer tout de suite ?
- Oui, mais j'ai pas d'expérience.
- Tu vas apprendre vite. Fais le tour.
- C'est pas grave.
- Bonjour. - Bonjour.
- Tu parles français ? - Oui.
- Je t'ai vu travailler devant le bâtiment.
Je n'avais jamais vu faire ça.
C'est de l'impro pour sensibiliser les jeunes.
Excuse-moi.
- A l'école du Bolchoï, on ne fait jamais d'impro.
- Ah, t'as fait le Bolchoï ? - Oui.
- Je suis impressionné.
J'étais juste venu poser mon annonce.
- Excuse-moi. - Non, c'est bon.
- Ça peut être une fille ?
- De quoi ?
- Pour la colocation. Tu acceptes les filles ?
- Bien sûr.
- Alors ça m'intéresse.
- Je vais faire du thé. Ça te dit ?
- Oui, merci. J'arrive.
- On va faire une impro que j'aime.
On va se mettre dans la peau d'un animal.
Si vous voulez.
On va imaginer ce qu'il ferait s'il montait sur scène
et qu'il dansait.
Essayez pas de faire une imitation.
Cherchez quelque chose dans la gestuelle et l'énergie.
Et c'est un bon prétexte pour se mettre à danser.
Qui se lance ?
Très bien, Jan, très imagé.
Polina, tu nous fais une proposition ?
- Désolée, je sais pas faire ça.
Vas-y, lance-toi. Ça sera pas pire que nous.
- On a jamais vu de vraie danseuse.
- Si, Karl c'est une vraie danseuse.
- Mets-nous une musique pour Polina.
POLINA, POLINA !
- Anvers, en Belgique.
Mais papa,
tu vas pas faire ce détour...
C'est vraiment pas la peine.
- Polina.
Qu'est-ce qui s'est passé ?
- Rien.
- Ce n'est pas possible.
Il s'est passé un truc, c'est évident.
Reviens à Moscou.
- Non.
- Alors j'ai travaillé toutes ces années
pour que tu termines dans un bar.
- Et moi, j'ai pas travaillé ?
- Justement.
- J'en ai assez d'exécuter sans réfléchir les chorégraphies des autres.
Je veux apprendre à regarder le monde.
- "Regarder le monde".
Faut que je parte.
- On ne dîne pas ensemble ?
- Non, je dois aller travailler.
- Je t'amène en voiture ?
- Pas besoin. C'est à côté. J'y vais à pied.
- Tu as assez d'argent ?
- Oui, t'inquiète pas.
Embrasse maman pour moi.
- Un programmateur cherche des chorégraphes pour Montpellier.
Tu devrais lui présenter quelque chose.
Je peux le faire venir à Anvers.
Ton univers personnel passe tout de suite.
Les gamins m'en parlent encore.
Pour le programmateur ?
La Polina du Bolchoï n'existe plus.
- Le vent est tombé. On va marcher ?
Une balade te fera le plus grand bien.
- Non. - Si, si.
- Lâche-moi.
- Tu te dépêches. - T'as pas le droit !
- Je peux plus te voir comme ça.
Tu vas te laver,
prends tes fringues,
et tu te sapes.
Dépêche-toi.
- Tu peux vraiment le faire venir, ton programmateur ?
- Ouais.
Il vient à Bruxelles la semaine prochaine.
- On va lui présenter un duo. - "On"?
- Toi et moi. - Non, non, non.
Je parlais seulement de toi.
- OK.
On improvise ensemble comme sur le port.
Tu viens derrière moi et tu suis mes gestes.
- Un truc qui va pas ?
- Non.
Ça va.
Continuons.
Je te pousse...
Est-ce que tu peux te tourner ?
Tu tournes encore une fois.
- C'est bien, ça.
- Mais tu m'attends. - D'accord.
Tu me fais tourner, je te fais glisser.
- Quelque chose comme ça.
Ah oui ! - Pardon.
- Non, c'est une bonne idée.
Et est-ce que je peux m'asseoir sur ta jambe ?
Et tu me soulèves.
- Comme ça, par les hanches ?
- Oui !
- Comme ça ?
Sur la hanche, comme ça ?
- C'est bien.
- Comme ça ? D'accord.
- Ça va pas.
Ça marche pas du tout. - Si, c'est pas mal.
- Voilà, c'est pas mal.
Mais tu sais que ça suffit pas.
- On va prendre un peu l'air.
C'est pas mal, ça va nous mettre la pêche.
- Ça peut donner une énergie.
- Ou ça. C'est super aussi.
- C'est bien.
- Ça, c'est intéressant.
- Tu peux revenir demain, toute la nuit ?
- OK.
- On reprend.
- Non, pas ce soir.
- Hé, les filles ! C'est les vacances ?
Le bar est bondé. - On arrive.
- Y a des clients.
Polina. Ton téléphone. Trois fois, il sonne.
- Allô ?
Maman, je t'écoute.
Quand ?
- Ton père...
voulait tellement que tu sois une grande danseuse.
- Bon, ça suffit.
- Attends, elle va arriver.
- Je suis désolée, tout a été compliqué.
- Je dois partir.
- On en a pas pour longtemps, vraiment.
Il faut que vous nous voyiez.
- Je vous laisse un quart d'heure. - Parfait.
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