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Enl�ve �a.
Pourquoi ?
Pas de jumelles au petit-d�jeuner de No�l. Enl�ve !
Donne !
Ne vous chamaillez pas.
- C'est pas moi. - Non, c'est moi !
Donne le bon exemple.
C'est ton fils qui devrait le donner.
C'est mon fils, tout � coup ?
- J'suis pas le tien ? - Tu n'as rien de moi.
Voyons, Victor.
Les yeux, l'implantation des cheveux, la d�marche...
Il ne s'agit pas de �a.
Il veut dire que je suis un incapable. Alors que lui...
- C'est �a que tu veux dire ? - Oui.
Il a pu devenir administreur, lui.
Administrateur. Et je n'en suis pas un.
Ton p�re est sous-directeur.
- Ah bon, je croyais administreur. - Administrateur.
T'es s�r ?
- A mon avis, c'est... - ADMINISTRATEUR !
On ne s'est pas encore souhait� un joyeux No�l.
Joyeux No�l.
Joyeux No�l.
Et essayons pour une fois de ne pas nous disputer.
Pourquoi, on se dispute ?
Je nous souhaite simplement un No�l sans dispute.
C'est �a, insiste !
- Tu vas gagner. - Tu d�formes tout, nom de Dieu !
Je fais le point, c'est tout !
Parle pour toi, d�bile !
Arr�tez !
Tu vois, on s'engueule. Fallait pas insister.
�a t'�tonne ?
On s'est toujours enguirland�s � No�l.
Et pourquoi ?
Parce qu'� chaque No�l, tu commences par dire,
avec ton air de Sainte Nitouche:
'Essayons pour une fois de ne pas nous chamailler !"
Et toi, avec ton regard de chacal,
tu t'arranges chaque ann�e
pour g�cher l'ambiance.
Tu entends ?
II cherche la bagarre !
Ne pousse pas trop loin, Victor.
Dis donc...
Fameux, le saumon.
N'est-ce pas ?
�a nous change des crevettes.
J'ai jamais aim� �a. Lui en raffole.
Tu m'agaces.
Je n'aime pas du tout les crevettes.
C'est toi qui en redemandes toujours.
Colombe, qui veut toujours des crevettes ?
Colombe ?
Ton p�re a raison.
Alors je mens ?
Alors je mens ?
Non, mais tu en voulais toujours.
Alors je mens ?
Dis que je mens !
Dis que je mens !
Tu mens !
�a fait toujours plaisir.
La m�re traite son fils de menteur.
C'est un complot.
Je le savais !
Pourquoi je reste ici ?
Parce que tu es un imb�cile
qui n'ose pas sortir.
Nous avons � te parler s�rieusement, Abel.
Ton p�re a une id�e.
Bient�t tu auras trente et un ans.
Trente-trois.
- Demain nous irons dans les dunes. - Un endroit calme et d�sert.
Une simple sortie, rien de plus.
Le grand air te fera du bien.
Nous irons en voiture, nous ne verrons personne.
Et les pi�ges � renard ?
J'irai devant et frapperai le sol d'un b�ton.
Et bien s�r, on va se perdre.
Je vois �a d'ici.
Mais non, Abel.
Ton p�re prendra une boussole.
Ta m�re pr�pare le pique-nique. Rien ne peut nous arriver.
Et les balles perdues ? II y a des chasseurs dans les dunes.
On lit souvent: "Victime d'une balle perdue".
On ne chasse pas dans les dunes.
Parfois un collet � lapins, c'est tout.
Et qui les pose ? Les braconniers !
Tous des d�g�n�r�s !
Ils deviennent fous furieux quand on est sur leur terrain.
Tu veux quoi ? Guide, porteurs, fusils, munitions,
trousse de secours,
moustiquaire, sextant ?
On ne part pas pour la jungle, merde !
Ce n'est rien.
Le psychiatre te pose une question et toi, tu lui r�ponds.
Psychiatre ? Je ne suis pas demeur� !
�a, c'est � lui de voir.
Docteur van Boven, voici Abel.
Ne fais pas l'imb�cile !
Ne vous laissez pas pi�ger.
Tout �a, c'est de la com�die.
Comment t'appelles-tu, mon gar�on ?
Abel, arr�te, nom de Dieu !
Vous voyez bien, docteur, qu'il fait le malin ?
Oui, je vois. Je ne suis pas demeur�.
Non, bien s�r.
La question est de savoir quelle en est la cause.
Oh, c'est tr�s simple...
Asseyez-vous.
Depuis combien de temps n'est-il pas sorti ?
- Deux ans. - Dix ans.
Et depuis, il essaie de couper des mouches en deux.
Pas de complications � la naissance ?
Si.
Qu'est-ce que tu racontes ?
L'accouchement a �t� douloureux.
Abel �tait bleu, il avait des troubles respiratoires.
Qu'est-ce que tu dis ?
Vous �tiez � l'accouchement ?
Bien s�r...
enfin, j'�tais dans le couloir, mais je sais
ce qui s'est pass�.
Au d�but, il avait de l�gers signes de paralysie.
Et vers 14 ans, il a eu de l'ecz�ma aux aisselles.
D� � la nervosit�, d'apr�s le m�decin.
�a passe les bornes ! S'il te pla�t...
dis que ce n'est pas vrai !
Je ne veux pas tirer de conclusions h�tives,
mais j'ai l'impression que le n�ud du probl�me r�side...
en grande partie chez le p�re.
Quoi ?
Vous avez honte d'Abel.
Vous n'auriez pas honte d'un tel fils ?
La question n'est pas l�.
D'autre part, le c�ur du probl�me r�side chez la m�re.
Vous le prot�gez trop.
Vos comportements d'�ducateurs s'opposent
et il se retrouve dans le vide.
Avant d'en arriver au probl�me d'Abel,
je vous conseille d'harmoniser
votre relation.
J'attends de vos nouvelles.
Maintenant tu arr�tes.
"Vous vous emballez trop, monsieur.
Je n'ai pas l'habitude que..."
Si impudemment...
...on me fasse la cour.
Reprenez !
"Vous vous emballez trop, monsieur.
Je n'ai pas l'habitude qu'on me..."
Elle est merdique cette r�plique !
Christine, cette r�plique merdique traduit l'�motion de Maggie.
Qui est mal � l'aise. Et elle s'exprime ainsi.
C'est donc une tr�s bonne r�plique.
De plus,
quand Victor essaie de t'embrasser,
je veux voir plus de stup�faction.
Mettons que tu n'aies jamais �t� embrass�e par un homme.
Quant � vous, Victor...
Exag�rez. Compliquez la situation !
On pourra toujours all�ger.
Oui ?
De la stup�faction, Christine. Du d�go�t !
Du d�go�t !
Stop !
- Qu'est-ce que c'est ? - J'ai un blocage.
�a va durer encore longtemps ?
C'est un moment crucial.
Je veux que �a soit parfait !
Christine, d�tends-toi !
Rien que l'id�e d'un baiser te d�go�te.
Je vais avoir trente-deux ans.
Et je n'ai jamais pu regarder la t�l�.
On a besoin de Victor pour acheter une t�l� ?
Ton p�re me donne un budget serr�. A la fin du mois, j'ai tout d�pens�.
Je sais.
Regarde ce que nous bouffons: du saumon,
des hu�tres, du homard... Toujours quatre plats.
Et puis toutes ces fringues.
Chaque hiver, une nouvelle garde-robe.
Et l'�t�, c'est pareil.
A quoi �a me sert ?
Ne m'ach�te plus de v�tements,
r�duis les repas...
dans un mois nous avons une t�l�.
- Pas de hors-d'�uvre ? - Pas eu le temps aujourd'hui.
- De Beer a �t� cong�di�. - De Beer ?
�a fait mille fois que tu entends ce nom.
De Beer ? Connais pas.
Un coll�gue.
Qu'est-ce que c'est que �a ?
Une croquette de poisson.
Elle est bien malheureuse, ta croquette !
Continue avec De Beer.
Oui !
II a �t� cong�di�.
Parce que ?
II avait une liaison avec la femme de Merkelbach.
Merkelbach ?
Merkelbach, oui. Tu connais pas non plus ?
Aucune id�e.
C'est le patron de ton p�re.
Non mais je r�ve, un seul l�gume !
Derri�re le Rideau de Fer,
les gens se p�meraient devant cette croquette.
Ils travaillent toute la journ�e � l'usine.
Sans voir le soleil.
Ils en sortent quand il fait noir !
C'est pourquoi sur les photos, les Russes
ont toujours des petits yeux brid�s.
Suffit !
Et qu'en penses-tu, toi ?
De quoi ?
De cette liaison secr�te ?
Tant qu'elle reste secr�te...
Quel �ge a-t-elle ?
Qui ?
La femme de Merkelbach ?
Trente-huit environ.
Et encore f�conde !
Si De Beer veut � tout prix
avoir une liaison secr�te,
il n'a qu'� prendre une femme st�rile.
Si elle tombait enceinte ?
�a peut �tre l'enfant de Merkelbach.
Avec la t�te de De Beer ?
Quelle t�te il a ?
Rougeaude avec des yeux de poisson.
Mais non ! II est tout p�le
avec des yeux de porc.
Qui est rougeaud avec des yeux de poisson ?
N'est-ce pas Prokowski ?
Lui, tu le connais ?
Tu en as parl�. Il �tait asthmatique, non ?
II est dans un sana depuis trois ans.
�a doit �tre le pied, un sana. Toute la journ�e au lit, la t�l�,
�tre dorlot�...
Qu'y a-t-il ?
O� est le dessert ?
Qu'est-ce qui se passe ?
Pas d'entr�e, une seule croquette,
un seul l�gume...
Mais merde, je ne suis pas un ouvrier !
Alors...
c'est toi Abel ?
Tu ne veux pas sortir de chez toi, hein ?
Tu as peur de moi ?
Parfait, c'est d�j� �a.
Qu'est-ce que c'est ?
Nous pouvons nous passer de �a.
Viens.
Madame, j'avais dit: pas d'argenterie.
- Je l'ai enlev�e ! - Il y en a !
- Je ne peux pas travailler comme �a. - Mais j'ai enlev� l'argenterie !
Vraiment !
Je regrette, je ne suis pas un d�tecteur de m�taux.
Rappelez-moi lorsqu'il n'y aura plus d'argenterie. Au revoir.
Pourquoi n'avons-nous pas la t�l� ?
�a ne serait pas mauvais pour Abel.
Il ne voit jamais rien, ce gar�on.
Il voit bien assez.
Mais toujours les m�mes choses.
A la t�l�, c'est beaucoup plus vari�.
La vie des termites, par exemple.
�a lui va bien, les termites.
Il y a d'autres �missions aussi.
�a lui changerait les id�es.
Pas de t�l� dans cette maison.
C'est presque l'heure.
D�j� ?
II n'y a pas de feu d'artifice.
Bizarre.
Je connais un jeu amusant.
On fait comme si on ne se connaissait pas.
Oui !
Bonjour, monsieur. Je ne vous connais pas.
Moi non plus.
Je m'appelle Abel.
Quelle co�ncidence, moi aussi.
Comment �a ? Tu es Victor ! Sinon, �a pr�te � confusion.
Mais c'est un jeu !
C'est pas dr�le si tu t'appelles Abel.
Oui, c'est b�te.
Prends Alphonse. Ou Harry.
OK, Harry.
Dis-moi, Harry, tu es mari� ?
Oui. Avec une femme tr�s b�te.
Je ne suis pas b�te !
- Qui est cette femme ? - Je ne la connais pas.
Je me pr�sente...
J'aime mieux pas. Et toi ?
Je n'y tiens pas non plus.
Oh ! Je suis dans le coup !
Mais on joue !
A trois, oui !
Mais tu participes !
Non ! Vous ne voulez pas que je me pr�sente.
Mais c'est �a le jeu ! C'est � toi de t'y glisser.
J'ai deux tickets pour les courses de chevaux. Tu m'accompagnes ?
Ouais, on va se marrer.
Je peux poser une question ?
Tu entends quelque chose ?
Non, rien.
C'est vache ! Comment voulez-vous que je joue ?
L�, j'ai entendu quelque chose.
Maintenant, oui.
Pourquoi tu arr�tes ?
Victor marchait sur l'autre trottoir.
Il traversait la rue.
Je l'ai vu, sans lui pr�ter attention...
et tout � coup il �tait devant moi.
Et il a dit:
"Vous ne voulez pas prendre un verre avec moi ?"
J'ai h�sit�.
Apr�s tout, c'�tait un inconnu.
Alors il a fait un geste.
J'�tais toute troubl�e.
Qu'a-t-il fait ?
Il m'a regard�e...
un peu s�v�rement...
et il a approch� sa main de ma t�te.
J'avais peur.
Il a �cart� une m�che de mes yeux, comme �a...
comme �a, doucement.
Comme �a.
Tr�s doucement.
Abel ne sait m�me pas ce qu'est un Noir.
Tu plaisantes ? Tout le monde sait ce que c'est.
Oui, mais la t�l�, �a aide.
La t�l�vision, c'est de la connerie.
N'importe quoi.
Ces inconnus qui vous sourient... Grotesque !
"C'est formidable de vous voir tous l� !"
C'est idiot. Qu'en savent-ils ?
Je ne suis pas l�, ni toi, ni Abel.
Il y a de beaux films...
C'est pire.
Prenons un western. Le cow-boy,
n'a-t-il pas de parents ?
Sont-ils morts ? Est-il un enfant trouv� ?
N'a-t-il pas de fr�re ni de s�ur ? Quelle �ducation a-t-il re�ue ?
On ne vous en parle jamais.
Quand tu joues une pi�ce, est-ce que tu dis aux spectateurs:
"Mesdames, messieurs, je suis untel, j'ai �t� au lyc�e,
j'ai deux fr�res" ?
Non. Mais c'est int�gr� dans la pi�ce !
En ce moment, je joue un comte, un d�prav�, et je dis � ma partenaire,
Christine, que j'ai �t� � l'universit�.
L'an pass� tu jouais un inspecteur qui ne parlait jamais de ses �tudes.
Justement, �a a �t� un four.
Repeins la cuisine d'abord.
Tu lui serres la main et tu te pr�sentes.
Pas broy�e !
Normal.
Et pas le genre spongieux ! Une poign�e normale.
Bonjour, je suis Abel.
Tu vois, c'est simple.
Puis, dis quelque chose.
On verra ce soir.
Maintenant !
�a d�pendra de la fille.
�a d�pend de toi.
La fille est mal dans sa peau, tu la mets � l'aise.
- Elle peut parler en premier ! - Elle ne le fera pas.
Comment tu sais ?
C'est comme �a. L'homme parle, la femme r�pond... parfois.
Ensuite ?
Je dis: "Qu'est-ce que �a sent ?"
Tu ne dis pas �a.
Si, car alors elle dit: "Mon parfum".
Et puis moi, je dis: "�a sent bon !" ou bien "Beurk !"
�a d�pend de son parfum.
Tu dis "�a sent bon !". Compris ?
M�me si elle sent la frite ?
- Elle ne sent pas la frite. - Elle est d'une famille d'ouvriers.
Les pauvres �a sent la frite.
C'est toi qui lui as dit �a ?
Les pauvres sentent les pommes de terre saut�es.
N'�tant pas d'une famille d'ouvriers,
elle ne sent pas la frite. Elle sent bon.
Tu dis: "Hummm, bon !" Et pas "Beurk !"
"Hummm, bon !" Et Colombe
donne son assentiment.
Alors elle dit: "Merci".
Un bref silence et tu continues.
Je dis: "Tu bois quelque chose ?"
Elle demande "Qu'avez-vous ?"
Colombe ?
De la bi�re, du vin,
du caf�, du th�,
du geni�vre, du whisky,
des liqueurs et du gin.
Et de l'eau min�rale ? Car elle ne boit pas d'alcool.
Et de l'eau min�rale.
Colombe sert, et toi tu commences � rompre la glace.
Sur le rideau de fer ?
Il n'en est pas question !
Pourquoi pas ? Abel en sait long l�-dessus.
Je veux une conversation courante !
"Tu as des fr�res et s�urs ?"
�a, c'est une bonne question.
Elle en a ?
- Je ne crois pas. - Si elle n'en a pas,
on repart � z�ro.
Je demande:
"Pourquoi fais-tu du th��tre ?"
Oui, tu demandes �a.
Apr�s, c'est du bla-bla.
Je te le conseille. Je veux du spontan�, ce soir.
Une chose encore:
si je touche mon nez, comme �a...
ta m�re met un disque...
et toi, tu l'invites � danser.
Et si je passe la main droite dans mes cheveux...
Colombe raconte son histoire.
Quelle histoire ?
L'histoire du lama dans le zoo.
On la conna�t d�j� !
Nous ne la connaissons pas !
Christine, voici Colombe, ma femme.
Enchant�e.
Et �a, c'est Abel, mon fils.
Tu bois quelque chose ?
Un verre de gin, peut-�tre ?
C'est Victor qui vous a dit �a.
Oui.
Asseyons-nous.
Oh, la jolie plante !
On dirait une tomate.
J'adore les tomates.
Mais je n'en mange pas.
Elle adore les tomates.
Tu en veux une ?
Non, merci. Je n'en mange pas.
Pourquoi pas ?
Pourquoi tu ne manges pas de tomates ?
Les tomates sont de la famille des solanac�es...
et elles sont nuisibles.
Comme les pommes de terre, par exemple.
Les pommes de terre ?
Oui.
Pourquoi fais-tu du th��tre ?
Moi ?
J'aime entrer dans la peau de quelqu'un d'autre.
Et dans la peau d'une chose ?
D'une chose ?
Oui, dans la peau...
d'une pomme de terre ?
Ah non, je ne pourrais pas.
A mon avis, tu serais tr�s bien en pomme de terre.
Pourquoi tu tripotes ton nez ?
Ah oui !
Bon. Revenons � nos moutons.
Que diriez-vous d'un bon hareng sal� ?
Pas pour moi.
Tu n'aimes pas le hareng ?
Si ! Mais je ne peux pas en manger.
Il est de la famille des solanac�es ?
Pas vraiment !
Alors ?
C'est mauvais pour le c�ur.
- Ne sois pas stupide. - Laisse-moi y aller.
Attends. Laisse-les un moment.
Ridicule. C'est le fiasco, ces deux-l�.
Tant que les enfants sont petits,
et incapables de travailler � l'usine, ils sont nus...
car on n'a pas assez d'argent pour les habiller.
Les m�res portent de longues jupes en laine.
Quand ils sortent, les enfants vont tout nus sous leurs jupes.
Avec la neige, ils meurent souvent de pneumonie en route.
Sers-lui un verre, Colombe.
Merci, il m'en reste.
Le poisson, �a doit nager.
Je n'en ai pas mang�.
Non mais tu ne veux pas que je me tape
l'histoire du lama ? !
De quoi tu parles ?
La mesure, ma petite. Il faut suivre Abel !
Impossible de danser avec elle.
Non.
Tu as une liaison ?
Bonne nuit.
Tu as une liaison...
avec une jeune femme belle et f�conde, je le sens !
Dis que tu as une liaison.
Je n'ai pas de liaison.
Pourquoi ces soir�es...
tu insinues toujours des choses...
...ne se passent-elles jamais normalement ?
Pourquoi la vie n'est-elle pas normale ?
Vicky...
Allons, Christine, ton texte. "Je n'ai pas l'habitude..."
Pourquoi pas ? Tr�s bien.
Continue.
Eh bien tu cales ?
�a t'�tonne, avec tout ce bruit ?
Il te faut un peu plus de cin�ma, peut-�tre.
Un jour, j'ai couch� avec un g�n�ral, c'�tait tr�s excitant.
Tu l'as fait avec un g�n�ral ?
Ce n'�tait pas un g�n�ral.
Le type s'�tait habill� en g�n�ral.
Ah, tu voudrais que je...
Ou un autre uniforme, si tu veux.
- Qu'est-ce que tu portes ? - Un col roul�.
Je croyais que tu les d�testais.
Laisse-moi faire.
Oh la jolie tache rouge !
Quel bonheur de bien nous entendre
de nouveau.
Je n'ai pas vu �a depuis 1962.
Tu exag�res.
Pour vous montrer
que je ne suis pas un mauvais bougre, j'ai eu une id�e.
Demain, j'ach�te un t�l�viseur.
O� est ce t�l�viseur ?
O� est cette saloperie ?
Bordel !
Laisse-moi t'expliquer !
Rien du tout !
C'�tait une surprise !
Ah oui ? Vous m'avez trahi !
Je te fous � la porte, toi !
La porte, nom de Dieu !
Allons, Victor !
Ta gueule.
Je fais un malheur !
O� vas-tu ?
Je m'en vais.
Tu crois que je vais rester l� ?
�a pue ici.
Pousse-toi, tu me bouches la vue.
Donne-lui son manteau !
Victor, je t'en prie ! Je t'en supplie !
Trop tard. Donne-lui son manteau !
Tu me fous dehors pour de bon ?
Qu'est-ce que tu crois ? Tu me prends pour un con ?
Embrasse ta m�re.
Arr�te-toi l�.
- O� �a ? - L�.
Ridicule. Que ferait-il dans un salon de th� ?
Arr�te-toi.
O� vas-tu ?
On peut se revoir ?
- Qu'est-ce que tu faisais ? - Je cherchais !
- Tu me donnes le bras ? - Pourquoi ?
Avec tous ces hommes...
- Je ne vois pas d'hommes. - Ils nous voient, eux.
Si tu me donnes le bras, ils croiront que je suis avec toi.
C'�tait la premi�re fois ?
C'�tait la premi�re fois ?
�a ne fait rien.
Tu as pris ton temps...
- Au suivant. - Une douzaine d'hu�tres.
J'�tais avant vous.
Vous venez d'entrer.
Sans blague.
Ces personnes sont t�moins.
Ces dames se d�brouillent ?
Y a pas � se d�brouiller. Elle �tait la premi�re.
�a fait un moment que je suis l�.
C'est � elle.
Une vingtaine d'hu�tres.
O� est Abel ?
Zus !
C'est moi.
Le facteur !
Zus !
Laisse-moi entrer.
J'ai un objet pour toi.
Un objet tout raide.
Qu'est-ce que tu fais ici ?
Je voulais te faire une surprise.
Il y a quelqu'un chez toi ?
Personne.
Victor...
il faut faire une pause.
Il y en a un autre ?
Oui.
Tu ne veux plus me revoir ?
Non.
Non ! Il faut que je m'en aille.
Il faut que je te parle.
- Nous devons nous parler. - Non !
Et il ne faut plus venir l�-bas.
Je t'en prie ! C'est fini, comme �a, tout d'un coup ?
C'est la vie.
Hello !
Je suis Nico, le gant de toilette errant.
Je cherche le Mont-Chauve.
Tiens, le voil� !
Il est dr�lement chauve !
Que vas-tu faire sur le Mont-Chauve ?
Regarder.
Du sommet, on a une vue magnifique.
C'est tr�s haut.
Et il fait tr�s froid aussi.
Brrr... froid !
Et qu'est-ce que tu vois ?
Je ne vois rien.
- Tout est tellement loin... - Tu ne vois pas une fille ?
Une fille ?
Oui oui...
en regardant bien...
j'aper�ois vaguement une fille.
Et que fait-elle ?
C'est emb�tant.
- Je ne vois pas d'ici. - Va la rejoindre.
Non, je ne peux pas.
Pourquoi ?
Mes jambes sont toutes petites, �a me prendrait un an.
Bon et alors ?
R�fl�chissons.
Je sais.
Il me faut des jumelles.
Tu vas l'�pier ?
Tu sais, les filles adorent �tre �pi�es.
Viens, Zus !
Je sais o� il perche, Abel.
Chez une femme.
Je te l'avais dit.
Pourquoi tu ne me demandes pas
ce que je fais comme travail ?
Qu'est-ce que tu fais comme travail ?
Je suis professeur.
Je suis... mannequin.
Je travaille au "FINU".
- Professeur ? - Non.
- Mannequin ? - Non.
- Au "FINU" ? - Oui.
Au "FINU"...
C'est un asile ?
Un asile ? De quoi ?
De filles nues.
Au "FINU", il y a des hommes qui regardent des filles nues.
Vraiment ? Que des hommes ?
Oui. Et des gar�ons.
Tu ne demandes pas: "Comment l'as-tu trouv� ?"
Comment l'as-tu trouv� ?
Chez le poissonnier, une femme portait le pull d'Abel.
Avec des poissons, tu sais.
Je l'ai suivie.
Il y a beaucoup de pulls avec des poissons.
J'ai renifl� l'odeur du pull.
- Et �a sentait quoi ? - Abel.
Il habite chez cette femme ?
Je le suppose.
Cet apr�s-midi, il y a un facteur qui a sonn�.
Oui...
je connais.
Et c'�tait bien ?
Parfois.
Il est mari� ?
Oui.
Il a des enfants ?
Oui, un fils, je crois.
Mais il ne veut pas en parler.
Je le connais, ce fils.
C'est moi.
Je peux t'en raconter des choses, sur ton p�re !
Je ne veux rien entendre sur mon p�re !
D�sormais, il n'existe plus !
Et ta m�re ?
Demain je vais chercher Abel.
Qu'il reste o� il est ! C'est un voyou !
Tu ne feras plus la loi.
Abel rentre � la maison !
J'aime mieux crever !
Eh bien cr�ve.
C'est lui ou moi !
Tu as les mains froides...
et s�ches.
Tu te sens bien ?
Pourquoi non ?
Je me fais du souci.
Tes mains �taient toujours chaudes et moites
et voil� qu'elles sont froides et s�ches.
Je trouve que tu as mauvaise mine.
Zus dit le contraire.
Tu as l'air malade. Et ta chemise est affreuse.
Arrangeons un peu cette pi�ce.
Zus !
Viens !
Allons boire un verre.
S'il te pla�t !
Monte !
Un petit moment !
Viens !
Mais qu'est-ce qui te prend de d�placer
mes meubles ?
C'est son id�e.
- C'est ma m�re. - On s'est d�j� rencontr�es.
Et tu la laisses faire ?
Sans broncher ?
O� sont les fleurs ?
Elles les a jet�es.
Elles �taient fan�es.
C'�taient des immortelles.
Vous voulez dire: "Deux immeubles en huit ans".
C'est �a, M. De Beer ?
C'est ce que je veux dire.
C'est un constat r�aliste ou vous voulez d�nigrer ?
Je dirais plut�t d�nigrer.
Et vous voulez, je pense, que tout aille plus vite ?
Plus vite !
Toujours votre obsession de la vitesse !
Dehors, vous deux !
Doucement, petite, c'est ma femme.
Achevons d'abord la discussion.
Oui, nous achevons toujours les discussions.
Victor a eu une liaison avec Zus.
Avec la jeune femme belle et f�conde.
C'est vrai ?
Oui, c'est vrai.
C'est vrai ?
Oui. Demande � Zus.
Je te hais !
Moi je ne te hais pas. Tu es une bonne �pouse.
Mais il ne faut plus que tu touches � Abel. �a ne se fait pas.
Je t'avertis...
Ecoute, ch�rie, tu prends des rides, tu n'es plus f�conde...
Et c'est toi qui dis �a ?
Vieux d�go�tant !
Les femmes deviennent moches en vieillissant. Les hommes eux,
deviennent plus int�ressants.
Arr�te.
T'as rien � boire, Zus ? Un verre de vin ?
Arr�te !
T'as pas une bouteille quelque part ?
Dehors ! Tous les deux !
Bon.
Je sors.
Je sors.
Fais pas �a, Colombe !
Allons...
N'approche pas !
Je vais sauter.
O� est Colombe ?
Ma jolie ?
O� es-tu ?
Colombe ! On prend un verre ?
Ne m'approche pas.
Pas un pas de plus, tu m'entends ?
Nom de Dieu !
Victor, je t'en prie, rentrons.
Victor, allons !
- Juste un verre ! - Ferme-la.
C'�tait une soir�e extra.
La prochaine fois chez nous ?
Adaptation: Isabelle Longuet - H.G.
Sous-titrage: TVS - TITRA FILM
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