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Original subtitles

UN DOCUMENTAIRE ORIGINAL NETFLIX

Je suis rentré un soir et ma femme consommait de l'héroïne.

J'en suis vite tombé amoureux.

Un shoot de came est devenu un gramme.

Un gramme est devenu deux grammes.

Plus on en prend, plus on augmente les doses pour conserver l'effet.

Je n'ai jamais pensé vivre jusqu'à 25 ans.

Je ne peux rien y faire.

Si je ne me came pas, je vais être malade.

J'ai 19 ans, je prenais jusqu'à cinq Percocet par jour.

Je n'avais pas de boulot.

J'étais à la rue.

J'avais l'impression que le monde n'avait pas besoin de moi.

J'étais au lycée la première fois que j'ai fumé du crack.

J'ai pris de l'héroïne peu après.

Je n'ai jamais vraiment voulu aller en cure de désintox.

J'ai trop de proches qui ont échoué, encore et encore.

Je croyais que la drogue et l'alcool...

J'ai grandi avec.

Je croyais que tout le monde vivait comme ça.

Je ne savais pas que la sobriété existait.

CE FILM SUIT LE PARCOURS DE QUATRE HOMMES EN CURE DE DÉSINTOXICATION SUR 18 MOIS.

LEUR CURE A DÉBUTÉ AU CENTRE JACOB'S LADDER,

À AURORA, EN VIRGINIE-OCCIDENTALE.

Salut, Chad.

- Ça va ? - Je m'appelle Jeff.

- Je te présente Jeff. - Chad Bishop.

Enchanté.

- Enthousiaste ? - Oui, très.

C'est super.

JEFF EST LE PREMIER RÉSIDENT DU CENTRE.

IL A ÉTÉ LIBÉRÉ DE PRISON POUR SUIVRE UN PROGRAMME DE SIX MOIS.

Salut, Jeff. Ça va ?

Il y a des choses à porter ?

Non, il a tout dans les mains.

D'accord.

Bel endroit.

On était encore en train d'y travailler lorsqu'on a ouvert.

Même salle de bains, même chemin.

C'est à toi.

- C'est à toi. - Tu veux quel lit ?

- Celui-là. - D'accord.

Tu aurais vu le matelas où je dormais...

Je sais ce que c'est.

C'est comme dormir sur une serviette.

Ces lits sont confortables. Essaie-le.

C'est génial.

Il a eu son audience hier, pour ses filles,

et parce qu'il venait ici, ils ont étendu son délai,

FONDATEUR DE JACOB'S LADDER

pour qu'on ne lui retire pas ses filles.

- C'est bien. - Quel âge ? Un et trois ans ?

- Deux et trois ans. - D'accord.

- Depuis quand es-tu marié ? - Depuis l'âge de 20 ans.

Vraiment ? Tu as 25 ans ?

- Vingt-six en juin. - Vingt-six ?

- Pas d'appartenance à un gang ? - Non.

Très bien.

Demain, on te réveillera, on te donnera à manger,

on ira à la ferme pour nourrir les animaux

et travailler un peu là-bas.

Le soir, vers 18 h,

tu recevras des cours.

Tu es là depuis environ 45 minutes.

Tu es officiellement notre plus ancien résident.

- C'est une sacrée responsabilité. - Oui.

- Oui, c'est moi. - C'est toi.

DEUX MOIS PLUS TÔT

Si ça ne leur fait pas changer de point de vue sur la vie,

je ne sais pas ce qui le fera.

APRÈS AVOIR FONDÉ PLUSIEURS CENTRES D'URGENCE,

LE DR. KEVIN BLANKENSHIP A OUVERT JACOB'S LADDER,

UN CENTRE DE DÉSINTOXICATION AGRICOLE.

Les résidents n'auront pas beaucoup de contacts avec l'extérieur

autres que surveillés.

Il faut vraiment les empêcher de s'isoler,

parce que c'est ce qu'ils ont fait toute leur vie.

Ils se sont isolés avec leurs drogues.

La vie d'un fermier est faite de progrès et de revers

et ils en feront l'expérience en étant sobres.

La vie ne sera jamais parfaite, ni toujours agréable,

et il faut apprendre à vivre avec ces difficultés

sans drogues pour les atténuer.

Bonjour.

- Salut ! - Ça va ?

Super.

Tu as déjà travaillé avec des animaux ?

- Mon grand-père avait une petite ferme. - Bien.

Ce sont ceux qui vont aller paître.

Mets-le devant lui.

Au moins pour un moment.

Penche-le. Voilà.

- Tu as déjà fait ça ? - Oui.

Bien.

C'est mon frère, Benny.

Il est salement accro à l'héroïne et à la meth.

Lui, c'est le copain de ma mère, John, son mari actuel.

C'est son fils, qui a fait une overdose.

Il est décédé. Lui, c'est mon frère AJ.

Qui est en prison

pour avoir braqué un fast-food à Morgantown,

pour se payer de la drogue.

C'est ma sœur,

ma mère et ses deux enfants,

mais elle les voit jamais.

Elle est en cavale.

Ma mère garde les enfants.

Elles sont mignonnes.

C'est ma fille.

Quand elle commençait à marcher.

Je dois me racheter auprès de beaucoup de gens,

mais je ne sais pas qui ils sont.

J'ai cambriolé beaucoup de ces maisons.

À cause de mon addiction.

Il y a des fautes qu'on ne peut pas racheter.

C'est vrai.

Pour certains, tu peux peut-être envoyer une lettre.

Ce serait risqué de frapper à la porte,

et de leur dire ce que tu as fait, ils pourraient mal réagir.

Surtout dans le coin, où beaucoup de gens sont armés.

Oui, ils me tireraient dessus.

Tu vois l'église, sur la colline ?

- Oui. - Mon vrai père est enterré là-bas.

- Vraiment ? - Oui.

- Tu l'as connu ? - Il est mort quand j'avais trois ans.

- Après, ma mère est partie. - Il est mort comment ?

Un arbre lui est tombé dessus.

- Vraiment ? - Oui.

Dans une exploitation forestière.

Un an plus tard, ma mère est partie et n'est jamais revenue.

- Tu avais trois ans ? - Oui, c'est ça.

J'avais 15 ou 16 ans quand elle est revenue.

Bon Dieu.

Où est-elle allée ?

J'en sais rien.

J'aime bien venir m'asseoir ici, au calme.

Quand on est défoncé,

on pense pas vraiment à...

Tu vois ce que je veux dire ?

Au réveil, mon premier réflexe

est de trouver ma seringue et de la came.

Tu vois ?

Mais quand on ne l'est plus,

on vient là le matin, on écoute les oiseaux.

Quand on est shooté, on n'y fait pas attention.

J'entends un oiseau par-là. Tu vois ?

Et il y en a d'autres par-là.

Quand ils chantent ensemble, ça fait... Tu vois ?

On apprécie les petites choses.

C'est vrai, mais quand on est défoncé,

on fait pas attention à ces trucs-là.

- Ça nous échappe. - Oui, c'est vrai.

C'est magnifique.

On y va !

Au lieu de le planter, essaie de le caler.

Si tu le cales, ne le sors pas complètement.

- Minimaliste. - Oui.

En deux mots, je suis drogué depuis l'âge de 16 ans.

J'ai suivi plusieurs programmes, c'est mon dixième.

Je suis venu ici. Avant, j'ai suivi un programme dans la nature.

Ma mère me l'a trouvé,

je ne suis jamais allé dans un centre où il y avait une ferme.

Je sais ce qu'ils veulent entendre,

c'est facile pour moi de passer inaperçu.

Ils se disent que je m'en sors bien.

En fait, je me foutais d'eux,

j'attendais de sortir pour aller me camer.

Je veux vraiment être sobre. Je ne veux pas mourir.

Personne ne veut mourir. Même les gens normaux.

Je sais pas, je...

Je suis enthousiaste à l'idée de me donner à fond,

parce que je ne l'ai jamais fait avant.

Je n'ai jamais vraiment essayé.

- Craig, addict. - Bonjour, Craig.

THÉRAPEUTE

On va faire le tour,

voir comment se déroule votre semaine,

quelles sont vos difficultés, ce qui se passe bien.

- Je suis Adam, je suis addict. - Salut, Adam.

Cette semaine, y"a eu des hauts et des bas.

J'ai reçu la première lettre de ma grand-mère.

Elle est au cœur de mon addiction.

C'est chez elle que je trouvais de l'argent.

J'y allais en cas de besoin,

parfois, elle m'en donnait ou la plupart du temps,

je lui soutirais d'une manière ou d'une autre, pour le dire franchement.

Elle m'a envoyé une lettre où elle dit

"Je te pardonne, je ne peux pas t'en vouloir.

Je t'aime."

Et je me disais,

"Je lui ai pris tellement d'argent."

J'ai l'impression d'avoir gâché sa vie.

Elle a 86 ans,

elle travaille pour une œuvre de charité pour ne pas être à la rue.

Je ne peux pas me pardonner ça.

Je m'en fous.

Je ne mérite pas le pardon que j'ai reçu,

aussi vite et sorti de nulle part.

Je ne sais pas quoi faire.

Vous comprenez ?

Ouais.

PARADE DU MEMORIAL DAY GRAFTON, VIRGINIE-OCCIDENTALE

On s'enfuit pas, les gars.

J'ai failli le faire.

Merci.

Vous m'avez souvent sauvé la vie.

Vous ne savez pas à quel point.

Quatorze overdoses.

Quatorze.

Je me suis éclaté le tibia sur cette corde.

Chad m'a dit qu'on allait faire une balade en tracteur.

J'imaginais autre chose.

Voilà les poivrons.

Ça se voit aux feuilles.

Oui.

Je pense que si on fait preuve de souplesse

FONDATEUR DE JACOB'S LADDER

et de compassion,

c'est pour moi la meilleure solution pour aider les gens.

Si on perd l'une de ces qualités,

c'est très handicapant.

Peu importe ce qu'on fait,

si on leur donne un endroit où ils sont bien entourés,

ils partent avec un avantage.

LE DR. BLANKENSHIP A OUVERT JACOB'S LADDER

AFIN DE RÉPONDRE AU MANQUE DE CENTRES EN VIRGINIE-OCCIDENTALE

ET À L'ADDICTION DE SON PROPRE FILS.

On est allés pêcher des conques avec Jake et sa sœur Jerrica.

JAKE BLANKENSHIP SOBRE DEPUIS TROIS ANS

Jake était sans doute en sevrage sur cette photo.

- C'est vrai. - Je l'ignorais, à l'époque.

- Je croyais que tu le savais. - Je le savais ?

- Tu t'en doutais. - Oui.

Je ne m'en souviens pas, mais regardez comme il était maigre.

C'est vrai.

- J'ai connu pire. - Oui.

J'étais plutôt branché pilules.

Je crois que j'avais emporté un Oxy en douce.

Vraiment ?

Tu avais l'air à bout de forces.

- Je l'étais, oui. - Oui.

Tout le monde souffre.

On lève encore les bras et les jambes.

Comment s'est passée ton audience ?

Oh, purée...

Pas bien ?

L'audience s'est bien passée,

mais j'ai eu des mauvaises nouvelles au sujet de ma fille.

Ça m'a mis de mauvaise humeur.

Ma fille a été placée en famille d'accueil.

Elle a subi des abus sexuels.

Je viens de l'apprendre.

Il y a une enquête en cours.

C'est une mauvaise semaine.

Jeff, tu es bien silencieux. Qu'est-ce qui se passe ?

Comment ça ?

Tu es plus bavard, d'habitude.

- Je suis posé. - Hein ?

Je suis tranquille, j'écoute.

Dis-moi ce que te fait ce dont je viens de te parler.

Je sais pas, je me suis dit toute la journée

que si je m'étais pas drogué,

si je m'étais pas fait attraper,

ils n'auraient pas placé mes enfants, elle n'aurait jamais subi ça.

Tu vois ?

Mes actes ont causé ça.

J'ai envie de le tuer.

Je comprends.

Une partie de moi me dit que je fais ce qu'il faut,

que je dois rester ici, que tout va rentrer dans l'ordre.

Que je dois laisser les flics et les juges s'en occuper.

Mais une autre partie de moi me dit

"Fais ce qu'il faut, bute cet enfoiré."

Tu vois ?

"Protège ta fille."

Je suis perdu, je sais pas quoi faire.

J'ai pas envie de faire ça.

Une partie de moi veut rester, alors... Je suis paumé.

Je sais pas quoi faire.

Aucune idée.

Je sais pas.

Alors ?

Tu fais ce qu'il faut, non ? Tu en parles, tu partages.

Toute cette histoire te travaille.

Tu crois que tu peux t'en sortir avec tes blagues,

mais il est évident qu'une telle épreuve

ne va pas se régler comme ça.

Ça va pas disparaître.

Ici, tu es avec tes frères.

Et c'est le vôtre, d'accord ?

C'est l'un des vôtres, et il est en difficulté.

On ne fait que raconter des conneries ?

On ne fait que s'amuser ?

Il traverse une épreuve. Ça se voit sur son visage.

Qu'allons-nous faire pour soutenir Jeff ?

On le voit tous.

Ça craint parce que j'ai vécu ça,

et j'y ai survécu. Il y a cette culpabilité du survivant.

J'ai vu beaucoup d'amis mourir.

Tu as vu ta fille vivre des choses difficiles.

On m'a pris ma fille à cause de l'héroïne.

Ça va te sembler dur, mais tu dois être égoïste,

demande-toi ce que tu peux faire pour protéger ta fille.

Rien du tout.

Jusqu'à ce que tu te reprennes en main.

J'ai vraiment déconné.

J'avais trois ans.

Et j'en avais déjà pris plein la gueule.

Comment arrêter ça ?

J'en peux plus.

Va le voir.

Je serais curieux de savoir comment vous vous sentez.

J'ai connu cette situation. Pas exactement la même,

mais j'ai connu ce moment où j'hésitais

entre partir et rester, et j'ai fini par partir.

J'ai rechuté, et j'ai refait quatre overdoses.

C'était à cause de ça ?

- Non. - On a abusé de ton enfant ?

- Non, j'ai été violé. - Ça laisse des traces.

J'ai été violé à l'âge de six ans, je sais ce que c'est.

C'est pas un concours.

C'est pas ça, je raconte mon expérience.

C'est pas un concours de l'expérience la plus horrible.

Chacun a son parcours.

- Pas vrai ? - Oui.

Je suis soulagé

qu'il ait vidé son sac, qu'il en ait parlé.

Maintenant, il peut y faire face. Il accepte ce qu'il ressent.

C'est lequel, le nouveau ?

Je dirais le barbu aux cheveux longs.

Avec le t-shirt des Grateful Dead, sûrement.

Un vieux hippie.

C'est notre premier résident qui vient directement de la rue.

Sa dernière prise est sans doute récente,

ce sera un vrai défi.

Les autres sont sobres depuis un petit moment.

C'est une petite maline.

Soulève-la.

Soulève-la un moment. Voilà.

II est dans le dur du sevrage,

ça amène une ambiance très différente.

Je compatis.

- Je compatis vraiment. - Oui, on a tous vécu ça.

Presque tous, en tout cas.

Les frissons, les vomissements, la diarrhée...

Se chier dessus.

- La fièvre, les sueurs froides. - Ouais.

- Ça ressemble à la grippe. - Les articulations,

comme si on te poignardait les articulations à chaque mouvement.

UNE SEMAINE PLUS TARD

Je veux pas aller en haut.

Ils vont tous en bas.

C'est l'heure de la récolte.

Fais-toi de la place.

Enlève ça.

Une semaine de sobriété.

Bravo.

Bien joué.

Une semaine de passée, plus que cinq mois et trois semaines.

C'est pas vrai ?

Si...

Et ensuite, toute une vie.

Tu l'imagines où dans un mois ?

Bien musclé.

Je vais finir comme Bruce Lee, je vais être balèze.

Bon...

- Tu enfiles les bottes par-dessus ? - Oui.

Tu ne connais pas encore Ryan ?

Non, enchanté.

C'est que des femelles ?

Ouais...

Les femelles ont des tétons, non ?

- Viens par-là. - Chope le crade !

Chope-le !

J'en suis arrivé à un point où

j'ignorais comment vivre ma vie.

J'étais paralysé par la peur et l'apitoiement,

les crises d'angoisse.

Mais je me suis dit : "Si ce que j'ai fait

m'a rendu malheureux, a fait souffrir mes proches,

alors je n'ai rien accompli.

Et si je faisais le contraire,

qu'est-ce que ça ferait ?"

Il faut le retourner. Je le tiens.

Ça ne sera pas long.

Tire ses testicules.

Assure-toi d'avoir les deux.

- C'est bon. - Y'en a deux.

Et voilà, mon petit.

Ça doit faire mal.

J'avais jamais porté une vache.

Ne me frappe pas.

On reste des êtres humains, quoi qu'il arrive.

On est nés humains,

on mourra humains, on n'est ni parfaits

ni défectueux.

Les produits défectueux, on les jette à la poubelle.

On arrête de les produire.

J'ai lu dans un livre que le mot "stigmate" vient du grec,

ils marquaient le visage des gens

parce qu'ils appartenaient à une caste méprisée par la société.

Quand on est drogué,

nos vêtements, notre apparence nous trahissent.

Les tatouages, tout ça.

Les gens te jugent dès qu'ils te voient.

Je vois pourquoi les gens veulent être perçus différemment.

Ce sera peut-être un objectif à l'avenir.

En attendant, je veux changer intérieurement.

L'apparence viendra peut-être après.

C'est marrant, regarde ces photos.

Voilà d'où viennent toutes les MST, d'un cinéma.

Donc...

Apprenez à connaître votre partenaire autour de frites et un verre d'eau.

Restez calme, gardez le contrôle.

Limitez votre consommation d'alcool.

Oups.

C'est pour les chlamydia, la gonorrhée,

le VPH, l'hépatite A, B et C,

et le VIH.

Le dépistage du Sida, c'est plus tard.

Ça fait un peu peur.

Je me souviens, je suis allé chez mon pote,

qui dealait aussi.

C'était la première fois que j'allais me shooter chez lui,

et il me sort : "Au fait, ma femme et moi, on a l'hépatite C."

Je lui dis : "Cool."

Je m'en foutais.

70 % des gens qui se piquent l'ont.

Donc, je sais pas...

Ça fait sept personnes sur dix.

On est cinq à se piquer, ici.

Donc ça fait au moins...

70 % de cinq,

donc trois et demi d'entre nous doivent l'avoir.

- Je viens de voir le tableau. - Ça te plaît ?

Ouais, c'est génial.

BON ANNIVERSAIRE, ADAM ! JE T'AIME !

- On en met combien ? - À ton avis ?

Il a 22 ans, mais y'en a pas assez.

JOYEUX ANNIVERSAIRE, ADAM

Trois coups, t'es foutu.

Joyeux anniversaire

Joyeux anniversaire

Joyeux anniversaire, Adam

Joyeux anniversaire

Facile !

APPEL AVEC LA MÈRE D'ADAM

Joyeux anniversaire.

Quoi de neuf ?

Rien, j'attendais ton appel.

J'ai appelé mon père, mauvaise décision.

Il a entamé la conversation par : "Je te donnerai pas de boulot."

C'est le premier truc qu'il a dit.

Pas : "Ça va ? Je suis fier de toi ?"

Non, non.

Tu demandes vraiment ?

Au moins, il a dit que...

Je sais pas d'où ça sortait,

il a dit : "Je pense à toi, des fois."

Ouah.

Bon Dieu.

Mais bon...

Tu vois le genre.

Je suis désolée, c'est vraiment nul.

Mais c'est mon anniversaire, on s'en fout.

Exactement.

LESLIE MÈRE D'ADAM

Je ne t'ai pas vu depuis si longtemps.

Oui.

Ça fait un moment.

Tu es vraiment costaud.

Avec des copains, on fait du sport tous les jours.

Super.

- On monte à la corde. - C'est haut.

J'adore le plafond.

Tu as une cigarette ?

Oui, mais je n'ai pas envie de t'en donner,

tu me disais que tu t'en sortais bien sans fumer.

- Oui. - Je ne...

Parfois, je fume trois clopes par jour.

Je ne veux pas...

encourager ça.

Je suis très contente.

Très contente.

Il n'a pas eu l'air aussi en forme depuis ses 14 ans.

Il a l'air en pleine forme.

Ouais, j'en ai mangé.

On dirait la tanière d'un ours.

C'est la plus belle tanière que j'aie jamais vue.

J'arrive pas à la scotcher.

Du scotch argenté, mon gars.

C'est bien vrai.

C'est une grande ?

Un vrai Taj Mahal.

Fais ce que t'as à faire.

- Fais ce que t'as à faire... - Les anneaux sont...

J'ai appelé ma mère.

Son chien vient de mourir,

elle a des problèmes avec la maison,

elle n'a pas aimé me voir

mal coiffé, donc...

Où est la moutarde ?

JEFF A OBTENU LE DROIT DE RECEVOIR SES FILLES

AU BOUT DE TROIS MOIS DE CURE.

Comment ça va ?

Papa, j'ai un cadeau pour toi.

Un singe ?

Oui.

On a un nouveau bébé.

On a des bébés moutons.

Restez là, je vais vous porter.

Saute.

- Vous entendez ? - Oui, il est dedans ?

Ici, venez voir.

Regardez.

Coucou, bébé.

- Trop mignon. - Oui.

Trop mignon !

Fais-moi un bisou.

Papa, je veux que tu rentres.

- Papa ne peut pas. - Pourquoi tu dois rester ?

Encore un peu, d'accord ?

Et Papa rentre vous chercher.

- Promis ? - Promis.

Pourquoi tu as des larmes ?

Des larmes de joie.

- Des larmes de joie ? - Oui.

Tu es triste.

Des larmes de joie, ma grande. Je vous aime.

C'est dur quand elles partent.

C'est dur d'attendre cinq mois. C'est long, cinq mois.

C'est trop long.

Jeff, c'est ce qu'il faut pour qu'elles aient un papa

sobre, heureux et libre, tu vois ?

Sinon, elles te perdront.

Il n'y a rien d'acquis,

si tu ne travailles pas sur toi.

Elles seraient livrées à elles-mêmes.

C'est pourquoi ce que tu fais est si important.

Là, tu es triste, mais elles ont de la chance de t'avoir.

Elles ont un papa sobre.

- J'appelle ça des larmes de joie. - Oui.

Je voulais leur dire que j'étais heureux.

Triste de les voir partir,

- mais content qu'elles soient venues. - Oui.

Des larmes de joie.

C'est nouveau.

Oui.

Si vous voulez du Naloxone gratuit pour sauver une vie,

venez vous inscrire

pour la formation qui va avoir lieu.

Chacun repartira avec un kit gratuit d'une valeur de 3600 $.

Aujourd'hui a lieu la toute première

journée de prévention des overdoses en Virginie-Occidentale.

Ne les oublions jamais.

N'oublions pas ce moment qui nous les a enlevés.

Seigneur, nous te demandons

de nous aider dans notre lutte

pour trouver des solutions.

Sois à nos côtés pour avoir la force

de mener le combat.

Andrew Placo, 25 ans.

Rose Alero, 51 ans.

Cruz Shepherd, 23 ans.

Patrick, 38 ans.

James Brandon Burnett, 29 ans.

Jonathan...

Il y a deux mecs avec des lunettes de soleil.

Ça se voit qu'ils sont défoncés, mais au moins, ils sont là.

- Ouais. - C'est déjà ça.

Ouais.

C'est une journée de prévention.

On s'en fout qu'ils soient défoncés. Au moins, ils sont là.

Ils essaient.

Thomas Surelle.

Matt Brown.

Travis Cougar, 38 ans.

Ils ont dit le nom d'un gosse de 16 ans.

Shelia Bayes, 27 ans.

- Ça va ? - Oui.

- On a apporté des courses. - Vous n'allez pas le reconnaître.

Super, il s'en sort bien ?

- Il s'en sort très bien. - C'est bien.

MARIA AMIE DE RYAN

La classe !

Ça fait plaisir.

Viens. Câlin collectif.

- Quoi de neuf ? - Pas grand-chose.

Tu ressembles à Willie Nelson.

- Ça me va. - Laisse-moi te regarder.

- T'as pris des couleurs. - Oui.

- Et du muscle. - Un peu.

- Oui. - Tu es moins pâle.

Fais voir ta main.

- Ouais. - C'est ça !

Ce mec...

C'était pas mal du tout. C'était cette année.

- Vraiment ? - Oui.

- Regarde-toi. - Bel endroit.

- Arrête. - Oui.

Bon, j'arrête. On est là pour se voir.

- Pas juste sourire. - C'est tout ce que tu fais ?

J'avais une conception très bizarre de ce qu'était l'amour.

Je traitais les gens comme de la merde.

Je me foutais de l'amour.

C'était pas important. Je pensais que c'était une invention.

Juste une construction sociale.

Que les gens te disent qu'ils t'aiment pour t'exploiter.

Maintenant, je vois que ça existe, comme l'air, l'eau...

Comme un élément.

Il faut vivre dans le monde réel pour le ressentir.

Je l'avais quitté depuis longtemps, donc ça fait bizarre,

mais dans le bon sens.

Voilà, j'ai fini.

- Merci. - Merci, Ryan.

Oui.

C'est ça qu'on fait ?

Je marche sur la route

Une rue à sens unique

Où que j'aille...

Andrew est venu me voir,

pour me dire qu'il y aurait de l'alcool à la soirée dansante.

Ce qui pose un problème.

Ça m'inquiète.

Je sais que vous travaillez dur,

et que cette soirée est importante pour vous,

mais il va y avoir de l'alcool,

et vous n'êtes pas là depuis longtemps,

surtout les nouveaux.

Pouvoir vivre une situation réelle,

ça peut être bénéfique.

Personnellement, ça me dit pas trop.

C'est la soirée dansante d'Aurora.

Il y aura un tas de gens qui nous aiment pas,

ça va être gênant.

Désolé, Adam, il peut y avoir des anciens drogués, là-bas.

On n'en sait rien.

On peut pas partir du principe qu'il y aura que des connards

qui nous aiment pas. C'est pas vrai.

J'y vais pour m'amuser.

La drogue et l'alcool, c'est tout le contraire.

Vous me croirez peut-être pas,

mais j'en suis arrivé à un point où c'était pas amusant,

c'était une corvée.

C'est important de ne pas y aller

en se disant : "Je suis fort, ça fait longtemps, je ne vais pas me défoncer."

C'est des conneries. On est encore fragiles.

- On y va. - On va devant.

- Non. - Va devant.

- Laisse-moi tranquille. - Allez, je t'accompagne.

- Tu te sens décalé ? - Oui.

Surmonte ça, tu es à ta place.

Il nous faut des gens sur la piste. C'est une danse très simple.

Choisis une partenaire.

- Allez, vas-y. - Allez, Ryan !

- Voilà. - Je suis Ryan.

Enchanté.

- Je m'appelle Rush. - Debbie.

- Enchanté, Debbie. - Moi aussi.

Va choisir une partenaire.

Allez, messieurs !

On a des dames qui ont besoin d'un partenaire.

Tenez vous la main et formez un cercle.

Allez à droite.

Faites tourner votre partenaire.

Et on y va.

Tous les quatre.

Tous les quatre ?

On s'en fiche !

Couple numéro un, sur la droite.

Allez-y.

Je crois que tu mets le bazar.

Je ne me suis pas amusé comme ça depuis longtemps.

Merci, vous pouvez vous asseoir.

LE DR. BLANKENSHIP CONSTRUIT UNE MAISON POUR RÉSIDENTS SOBRES PRÈS DU CENTRE.

Elle doit être prête quand ?

Dans quelques mois.

Oui.

Même si c'est une maison de sobriété,

on peut y vivre en finissant de la construire.

Jorge termine la cuisine.

Tout le monde veut rester ici à sa sortie du centre,

on a donc acheté une propriété et on la retape

pour qu'elle soit un bon cadre de vie.

S'ils peuvent trouver du travail et qu'ils souhaitent rester,

ça les pousse à poursuivre leurs efforts.

- Tu es fatigué ? - Oui.

- Tu as gratté ? - Beaucoup.

J'ai peur qu'ils rentrent chez eux,

qu'ils retournent à leurs vies, leurs fréquentations

et tous leurs ennuis.

Venir ici leur fait des vacances,

loin du chaos de leur vie,

mais ils doivent retourner dans le monde réel.

Notre rôle est de les y préparer.

C'est un excellent début.

COORDINATEUR

Rien n'est certain quand quelqu'un quitte le programme.

Jeff, je suis addict.

LA SOBRIÉTÉ, ÇA DÉCHIRE !

J'ai deux filles,

et mon addiction a fait d'un type bien

un vrai monstre.

Peu importait qui je blessais,

ou de ce qu'il fallait que je fasse.

Briser des familles,

gâcher des vies.

Je veux changer de vie. J'y pense tous les matins.

Quoi qu'il arrive, ne te pique pas aujourd'hui.

Mais j'ai grandi là-dedans. Je connais rien d'autre.

Ma famille le fait, mes amis le font.

Toute ma ville le fait.

Et c'est...

Je connais personne de sobre, où je vis.

Ça me fait un peu peur.

Voilà.

- Merci. - Merci beaucoup.

FÉLICITATIONS, JEFF !

La coopération, c'est la clé !

Et voilà.

- La coopération, c'est la clé ? - C'est vrai.

Je suis allé chercher Jeff en prison, il y a six mois.

Il est arrivé

avec tout ce qu'il possédait dans les mains,

il m'a regardé, il ne me connaissait pas,

et m'a dit : "Partons avant qu'ils changent d'avis."

Je surnomme Jeff "grand-père".

Il est plus jeune que moi,

mais il a une sagesse

dont j'avais besoin.

Je suis content qu'il reste, parce que j'adore ce mec.

C'est dur de ne pas craquer.

Cet endroit va me manquer.

Je veux te remercier.

Tu m'as écouté, accepté et donné ma chance.

- Merci. - Je t'aime, mon grand.

Je t'aime.

Je veux tous vous remercier

d'être venus fêter la sortie d'Adam.

Je suis Leslie, la mère d'Adam.

On a connu des années difficiles.

Je suis si fière de toi,

et de ton travail acharné qui donne des résultats.

Je ne pourrais pas être plus fière.

Je t'aime à la folie.

Je suis pas très doué pour les discours.

La route a été longue.

Vraiment longue.

J'ai appris ce qu'est un ami.

Je savais pas,

et maintenant j'en ai des tas.

MAISON DE SOBRIÉTÉ DE JACOB'S LADDER AURORA, VIRGINIE-OCCIDENTALE

APRÈS SIX MOIS DE CURE, ADAM, RUSH ET JEFF VIVENT ENSEMBLE

DANS LA MAISON DE SOBRIÉTÉ DE JACOB'S LADDER.

ADAM EST SOUDEUR DANS UNE MINE DE CHARBON.

RUSH Y EST TECHNICIEN DE MAINTENANCE.

Jeff, debout.

Lève-toi, en route.

Je suis prêt.

JEFF EST CHAUFFEUR POUR JACOB'S LADDER.

On n'a pas le droit d'écouter de rap à la mine.

Mais on s'en tape.

Je suis déprimé depuis deux jours.

Je sais pas pourquoi.

J'avais pas le moral.

Pas en forme.

Elle est encore en construction.

C'est pas comme si on s'éclatait, ici.

J'ai traîné avec une fille hier, elle était bizarre.

Tu vois ?

- Plus jamais. - Plus jamais.

Je m'ennuie, ici.

Vraiment.

Je me lève à 4 h du matin, j'emmène Adam au travail.

Je vais le chercher à 16 h.

Je vais à quelques rencards, je vais au restau et c'est tout.

Scott, mon patron,

il a fumé de la beuh devant moi.

Ça me dérange pas qu'il en fume.

La beuh, c'est pas mon truc. L'alcool non plus.

Mais si il avait eu de la came, j'aurais sûrement...

SI je l'avais vu se piquer, j'aurais fait...

Tu vois ?

Quand je monte dans mon camion

je mets du son,

tu vois ? Et je conduis.

J'ai envie de fumer un gros blunt.

C'est mon truc.

Merci à tous d'être venus.

Nous fêtons la sortie d'un résident très spécial.

Si chaque programme a un cœur, alors Ryan est le nôtre.

Il est le cœur de ce programme.

Ryan, si tu as quelque chose à dire...

Je voudrais exprimer ma gratitude.

D'accord ?

Chaque jour de ma vie, je compte

vous exprimer ma gratitude,

à Jacob's Ladder.

J'aime tellement tous ceux

qui prêtent main forte à ceux

que la société méprise.

C'est fantastique.

C'est vraiment incroyable,

et il n'y a pas beaucoup d'endroits comme ça dans le monde.

C'est un endroit vraiment spécial.

Ceux qui viennent ici ont une opportunité

que beaucoup de gens n'ont pas.

Il y a des gens qui meurent en ce moment.

Vous savez ?

C'est horrible.

Ça arrivera toujours,

mais il faut arrêter de contribuer au problème.

C'est vrai.

Voilà, c'est notre vie.

C'est tout ce qu'on a.

MORGANTOWN, VIRGINIE-OCCIDENTALE 67 KM DE JACOB'S LADDER

Mes clés, vous entendez ?

Quel joli son.

Je crois que la porte est là.

J'aime bien le bar.

Il y a une machine à laver, aussi.

Tout va bien.

Personne n'a laissé de cachetons.

C'est bon.

Tu as pris la maison, tu as la plus grande chambre.

Pour le moment.

Avec Joey, on a parlé de la suite des événements

il m'a dit qu'il pensait

que je pourrais vivre seul et qu'il valait mieux

que je ne sois pas dans un environnement cadré,

tant que j'ai un bon groupe de soutien.

Il y a une bonne communauté d'anciens addicts, ici.

Tu vas bien t'intégrer.

Voilà, ça va être sympa.

Ça l'est déjà.

Mon Dieu.

Tu as l'air totalement différent. Tu es tout beau.

Acceptable, responsable et productif.

MAISON DE SOBRIÉTÉ JACOB'S LADDER AURORA, VIRGINIE-OCCIDENTALE

J'ai pas envie de me lever.

Je dois aller pisser dans un pot.

C'est l'histoire de ma vie.

Pisser dans des pots toute la journée.

Je dois pisser dans un pot.

J'ai eu vent de rumeurs.

Jeff aurait bu.

Chad m'a dit qu'il était sorti un soir,

qu'il lui avait donné un éthylotest,

le résultat avait l'air positif.

Il n'était pas certain.

mais Jeff affirme ne pas avoir bu.

Chad m'appelle et me dit : "Tout le monde s'inquiète pour toi."

Je demande pourquoi.

Il me dit : "Tu revois beaucoup ta famille."

Je lui dis : "Je compte pas arrêter.

Pourquoi j'arrêterais, parce que vous me le dites ?"

J'ai passé 18 contrôles

en à peine deux mois.

Et dix éthylotests.

Et personne d'autre n'a ce problème,

seulement moi, va savoir pourquoi.

Ils croient que je vais rechuter parce que je vois ma sœur.

Si je veux me piquer, j'irai me piquer.

Si je veux boire, j'irai boire.

Je choisis de ne pas le faire.

J'ai des choses plus importantes à faire.

Je m'inquiète pour mes filles, je travaille.

Je fais ce qu'il faut, foutez-moi la paix.

Mais ils me lâchent pas.

Qu'est-ce qui se passe, Jeff ?

J'en sais rien.

Je sais pas ce qui va se passer.

Cette baraque part en couille.

Tout le monde se défonce, couvre les autres,

picole dans la maison.

Fait des conneries.

J'ai bu.

Je me suis fait choper.

Je sais pas ce qui va se passer.

Mais il paraît qu'ils vont fermer la maison.

Alors...

...pour régler le problème. Je ne sais pas.

- Craig, tu tombes à pic. - Pour quoi ?

On essaie de régler le problème.

Jeff nous a dit qu'il était chez une fille.

Il rentrait, tôt le matin,

il est sorti de la route, il a heurté une maison, puis il s'est enfui.

De toute évidence, il a rechuté.

Apparemment, ce serait quotidien.

On pourrait le reprendre et l'aider.

À ton avis ?

Je ne pense pas qu'on devrait tous les reprendre ici,

maintenant qu'ils consomment ensemble

et s'engrènent.

Je crois que Jeff a besoin de davantage d'attention.

La question des enfants se pose.

S'il ne les récupère pas dans les 30 jours,

il les perdra définitivement.

C'est ma plus grande peur, que l'on dise à Jeff :

"C'est la seule solution",

il sait ce que ça signifie,

qu'il ne récupérera jamais ses enfants, et à ce moment-là

autant lui dire adieu.

On peut imaginer qu'il sera mort sous une semaine.

C'est un scénario très plausible.

Le problème, c'est que,

si on lui confie ces enfants...

- Je sais. - Elles sont aussi en danger de mort.

- Il faut qu'on... - Il n'y a pas...

On doit choisir entre des options merdiques,

aucune décision n'est la bonne.

Il faut en prendre une, mais aucune n'est la bonne.

Les gars, venez.

Je suis désolé de ne pas avoir anticipé le fait

que c'était une mauvaise idée pour vous.

J'ai pensé que, même si elle n'était pas terminée

et que nous n'avions pas de manager,

je pensais qu'avec vos progrès,

ça se passerait bien jusqu'à ce qu'elle soit finie.

Donc, c'était un handicap pour vous.

Cela dit, vous avez déconné.

Nous sommes tous responsables de ce qui se passe ici.

On doit trouver un moyen de vous protéger.

Cet endroit ne convient évidemment pas.

Qu'est-ce qu'on va faire, alors ?

Je crois qu'Adam a déjà parlé avec Craig d'aller vivre au Minnesota,

je crois que c'est une bonne option pour lui.

C'est un projet qui t'intéresse ?

- Oui. - Bien.

Rush, voilà ce qu'on te propose.

L'opportunité de réintégrer Jacob's Ladder,

de repartir de zéro,

et de recommencer le programme,

puis de travailler sur toi.

Si ça t'intéresse.

Honnêtement, je...

Je me sens mieux que ces dernières semaines

parce que je n'ai plus à mentir.

Je ne suis jamais resté pour faire face aux conséquences.

J'ai toujours fui.

J'avais de l'argent en poche, j'en ai encore,

et mon réflexe était de fuir.

Oui.

Je ne l'ai pas fait, c'est important pour moi.

Je te l'ai dit hier, pour ça, je suis fier de toi.

Il ne reste que Jeff.

Ton cas est compliqué.

Il est compliqué,

à cause des proportions de tes écarts.

C'est ta vie d'avant.

La seule différence est que tu ne te piques pas encore.

Enfreindre la loi, mentir,

prendre ce que tu veux, quand tu veux.

La situation avec tes filles, j'ai déjà appelé Kristen Antolini,

je lui ai demandé s'il y avait une marge de manœuvre.

Elle doit en parler au juge,

mais elle pense que tu peux avoir jusqu'au mois de janvier

pour te reprendre en main et demander de l'aide.

La question est, où ça ?

Qu'est-ce que tu veux, Jeff ?

Rien.

Tu ne veux pas de notre aide ?

Je suis déjà foutu.

Je veux mes filles, c'est tout.

J'ai picolé et tout est foutu.

Maintenant, je les aurai jamais.

Quand je sortirai,

j'aurai pas le temps de me retourner.

Ce sera mort, de toute façon.

Donc, tout est foutu

parce que j'ai un peu bu.

On t'a vu capable du meilleur et du pire.

Là, tu as baissé les bras.

Si j'étais toi, je ne ferais pas ça.

Je me demanderais quoi faire.

Je prendrais les étapes une par une

et j’espérerais qu'on puisse repartir sur de bonnes bases.

C'est vrai.

Si tu baisses les bras maintenant, tu ne les récupéreras jamais.

Tu le sais.

J'en ai marre de déménager.

Je sais, Maman, je suis un grand garçon.

Des fois, il y a des obstacles sur la route.

Je vais essayer de m'en sortir, Maman.

MORGANTOWN VILLE NATALE DE JEFF

Salut, quoi de neuf ? Comment ça va ?

Je sais que picoler, c'est grave, mais...

Je sais pas comment dire.

Boire, c'est pas bien.

Faire des conneries, c'est pas bien, et quand tu picoles...

C'est pas comme si on s'était piqués,

qu'on avait rechuté.

Si ta vie devient ingérable à cause de ça,

même si c'est juste une histoire d'horaires,

juste être en retard ou ne pas respecter le couvre-feu.

Même si rien d'autre n'est arrivé,

picoler ouvre la porte aux conneries,

ce style de vie en général.

AURORA, VIRGINIE-OCCIDENTALE 5 KM DE JACOB'S LADDER

Je suis retourné chez ma mère un petit moment,

et j'ai laissé tomber Minneapolis.

J'ai appelé mon patron, j'ai demandé si je pouvais garder mon boulot

si j'avais une voiture et un logement.

Il m'a dit : "Ramène ton cul lundi."

Ma décision était prise.

Je paie les factures, et ça me plaît.

Tenez, les vaches.

Venez là.

- C'est bien. - Venez là !

Je n'ai jamais travaillé aussi dur.

Je ne sais pas quoi faire.

Je suis perdu dans mon petit monde.

Mais je vais bien trouver.

Dieu, donne-nous la sérénité

d'accepter les choses que l'on ne peut pas changer,

le courage de changer celles qu'on peut,

et la sagesse d'en connaître la différence.

J'ai demandé à un ami de nous lire les 12 étapes.

- Je suis Rush, je suis un addict. - Bonjour, Rush.

Nous admettons notre impuissance

et notre perte de contrôle.

Nous croyons qu'une puissance supérieure peut nous rendre la raison.

Nous avons listé ceux que nous avons lésés

et consenti à réparer nos torts envers eux.

Nous avons réparé nos torts envers ces personnes

sauf si cela aurait nui à eux ou à d'autres.

Donne-moi ça, pas besoin.

Je m'en fiche, c'est fini.

JEFF EST ACTUELLEMENT SANS EMPLOI ET VIT AVEC SA BELLE-MÈRE ET SES FILLES

Non, ça suffit.

Tu as tout renversé, c'est fini.

- Je vais le fermer. - Ça m'est égal.

- Je fais un chemin de fer ! - Non, arrête !

Je veux remettre de l'eau !

- Non, je m'en occupe. File ! - Non !

Je ne suis pas prêt pour ça.

- Beurk. - Tiens.

Alors, tu n'auras rien.

Ce n'est pas toi qui choisis.

Je posais des joints sur un mur, le chef arrive et j'avais ma gamine.

Il me demande si je vais bosser, je lui dis que j'ai pas de baby-sitter.

Là, il me dit qu'il a pas besoin de moi.

Il claque la porte et il sort.

Il faut que je quitte cette ville.

Elles sont bien, ici.

Elles ont un toit sur la tête, elles sont véhiculées.

Quelqu'un les nourrit, les aime.

Moi, j'ai rien de tout ça.

Je les aime, mais c'est tout.

J'ai plus pensé à me camer depuis hier

que depuis ma sortie de Jacob's Ladder.

C'est ta garçonnière ?

Je vais fermer la porte.

Je paye une fortune en chauffage.

Dans dix jours, ça fera un an que je suis sorti de prison.

JOEY FERGUSON COORDINATEUR

Ma vie a été chamboulée.

- Oui. - J'étais à la rue.

Je fréquente le monde de l'addiction depuis un moment,

j'ai remarqué que tu avais maigri.

Tu vois ?

Je suis plutôt en forme.

Je peux grimper neuf étages en courant.

Je veux juste vivre ma vie.

Et il y a des gens

qui viennent me voir pour me demander de retourner à Jacob's Ladder,

parce que j'ai été contrôlé positif à la beuh.

Les gars...

J'aurais jamais dû acheter cette voiture à Jacob's Ladder.

Tu as passé un accord ? Pour les contrôles d'urine ?

Pour la voiture, puisqu'il te l'a payée ?

Il m'a fait signer un contrat disant que je dois pisser quand il veut

pendant deux foutues années.

Qui fait ça ? Pour une voiture ?

- Tu parles de Kevin ? - Ouais.

Il me fait : "Le contrôle est positif, on récupère la voiture."

Tu t'es drogué, tu me suis ?

Il faut assumer les conséquences.

Non, c'est pas ça.

C'est pas ça, mec.

Je sais pas quoi dire.

Je veux juste vivre ma vie.

Ça va, mec.

Il n'y a rien du tout à faire, dans le coin.

Oui, j'ai remarqué.

J'ai dû passer un milliard d'heures sur la console.

Ouais.

Je vais y aller.

- OK. - Je t'aime, mon pote.

Moi aussi.

Je suis là pour toi, si t'as besoin de quoi que ce soit.

- Appelle-moi. - J'ai ton numéro.

Si tu as besoin de médicaments...

La pilule des chtarbés !

Le moment préféré des drogués, l'heure des médocs.

C'est tout ce que tu prends ?

- Oui. - "Un demi par jour."

Oui, un demi-comprimé.

- C'est des demis ? - Non, il faut les couper.

Je prends des antidépresseurs. Du Zoloft, je crois.

Ça commence par Z.

Je les prends, parce que...

Y'avait des hauts, des bas, ça fluctuait tout le temps.

Ça faisait...

J'en pouvais plus.

J'ai eu des idées noires, des pensées meurtrières, suicidaires.

On m'a diagnostiqué une dépression clinique quand j'étais petit

mais je n'ai jamais pris de médocs, je me suis auto-médicamenté.

Maintenant, je ne peux plus le faire, alors...

J'ai décidé d'essayer, voir si ça marche.

Je suis content de pas avoir rechuté.

Personne n'a de nouvelles de Jeff, ça m'inquiète.

Il a manqué un test urinaire.

Je sais pas ce qui va se passer.

Le numéro que vous tentez de joindre n'est plus en service.

S'il s'agit d'une erreur,

vérifiez le numéro et composez-le à nouveau.

LE TÉLÉPHONE DE JEFF A ÉTÉ DÉSACTIVÉ. IL EST INJOIGNABLE.

PENDANT PLUS DE DEUX MOIS,

IL A MANQUÉ DES RENDEZ-VOUS ET DES CONTRÔLES OBLIGATOIRES.

Bonjour.

Vous devez être...

KRISTEN ANTOLINI AVOCATE DE JEFF

- Vous êtes... - En terrain glissant, oui.

Oui, donc...

Levez-vous.

Vous pouvez vous asseoir.

Votre honneur, il avoue avoir fait de mauvais choix,

et ce qui s'est passé,

c'est qu'à cause de ces choix, il a pris peur

et au lieu de demander de l'aide

que ce soit à moi ou à son agent de probation,

il a totalement coupé les ponts.

Avez-vous quelque chose à déclarer ?

Je voudrais présenter mes excuses pour mon comportement,

et mes actes, j'ai eu peur.

Pardon à mon agent de probation pour avoir coupé le contact.

J'ai laissé tomber tout le monde, j'en suis vraiment désolé.

J'aimerais avoir une autre chance.

Préférez-vous aller en prison ou en liberté conditionnelle ?

Votre honneur, je préfère la conditionnelle.

Vous devrez obéir à mes consignes.

Je ne veux pas aller en prison.

Vous pourriez y passer une longue peine.

- Ce sont des faits graves. - Oui, Monsieur.

Si vous aimez fréquenter des prisonniers,

c'est tout à fait possible.

- Vous comprenez ? - Oui, votre honneur.

Je peux uriner aujourd'hui si vous voulez.

Bien, j'accorde la liberté conditionnelle.

Votre peine est de 30 jours avec sursis.

Oui, Monsieur.

- Merci. - Je vous en prie.

BON RETOUR, ADAM !

- Et Mad TV ? - Tu as vu l'histoire de Sean Spicer ?

Je suis en désintox, bien sûr que non.

- Je l'ai vu. - Je te l'enverrai.

Ce cheveu gris, je l'ai appelé Adam.

- Tu vas l'enlever ? - Tu sais combien j'en ai ?

J'ai reçu un coup de fil d'Adam,

qui m'a avoué avoir repris de l'héroïne.

Et il ne voulait pas...

Il ne voulait pas continuer.

Il a un ami qui est mort d'une overdose,

et il ne savait pas quoi faire.

Alors, je l'ai ramené.

Ça va ?

Comment ça va ?

- J'ai vu mieux. - Au moins, tu es là.

- Il caille. - Tu es le bienvenu.

Merci de me reprendre.

Je t'ai dit qu'on serait toujours là pour toi.

Ça ne marche pas toujours du premier coup.

Demande-leur.

J'ai fait des mauvais choix.

Je n'aurais pas dû rester dans le coin.

Tu n'aurais pas dû retourner à Wheeling.

Non, ça c'est sûr.

Ni accepter ce boulot.

Que de la drogue et des conneries.

Tu le savais, mais parfois, on doit l'apprendre à la dure.

Je me suis brûlé les doigts.

Le feu ne t'a pas entièrement brûlé, heureusement.

C'est vrai.

Tu as eu chaud. On va te sortir de là.

DEUX JOURS PLUS TARD

Dimanche, j'étais chez moi,

et je reçois un message disant : "Adam a quitté Jacob's Ladder."

Il était inflexible et déterminé.

MIKE SIMMONS COORDINATEUR

Il ne voulait pas entrer en cure,

il a dit : "J'apprécie votre offre,

mais je ne suis pas prêt à arrêter."

Il a fait sa valise et il est parti.

WHEELING, VIRGINIE-OCCIDENTALE VILLE NATALE D'ADAM

J'étais malade comme un chien, je suis resté deux nuits.

Impossible de dormir, et je me foutais de tout.

L'héroïne,

c'est vraiment un truc de fou.

Je ne veux jamais inciter qui que ce soit à essayer,

mais si on essaie,

on adore ça.

L'héroïne.

C'est la pire drogue du monde, parce que c'est tellement bon.

On ne devient pas accro parce que c'est mauvais.

Ma mère déteste que je sois là.

Quand elle a appris que j'avais rechuté,

ça lui a brisé le cœur

Comment tu te sens ?

Déprimé.

Je regarde beaucoup la télé.

Beaucoup.

Vous avez vu Fear the Walking Dead ?

C'est une bonne série.

Je ne sais pas ce que je fais, j'improvise.

Parce que ça recommence.

J'ai l'impression que rien n'a changé.

J'ai l'impression de revenir où j'étais il y a un an et demi.

Qu'est-ce que je dois faire ? Le mettre à la rue ?

Je l'ai fait. Ça n'a pas marché.

J'étais encore plus inquiète, j'attendais le coup de fil

me disant qu'on l'avait trouvé sous un pont

ou qu'il s'était fait arrêter.

J'ai besoin d'un mouchoir.

Alors je ne vais pas faire ça,

à moins qu'Adam ne m'y oblige.

Ce sera le facteur décisif.

Si je rentre et que toutes mes affaires...

Si je dois racheter cette satanée télé une quatrième fois,

je vais m'énerver.

J'ai déjà acheté trois fois ma télé.

Il y a trois semaines, il avait tout.

Sa maison, sa voiture, un travail, un bon salaire.

C'était peut-être trop d'un coup.

Qu'est-ce que tu en penses ?

Je sais pas.

Je sais pas ce que je veux.

Comme tu peux le voir,

ma vie n'est pas idéale en ce moment.

Mais on ne peut pas recevoir d'aide à moins de le vouloir.

Il doit se décider.

C'est triste.

MORGANTOWN, VIRGINIE-OCCIDENTALE

APRÈS QUATRE MOIS À JACOB'S LADDER,

RUSH EMMÉNAGE DANS UNE AUTRE MAISON DE SOBRIÉTÉ.

Rush, tu es pire que ma mère.

Premier jour.

- Je n'ai besoin que de cet espace. - OK.

- Tout cet espace en hauteur. - Des livres. J'ai une bibliothèque.

On a un règlement. On doit aller à cinq réunions par semaine.

Alcooliques ou Narcotiques Anonymes.

Deux réunions par semaine à la maison.

Tout le monde participe à une activité bénévole une fois par mois.

On a un couvre-feu.

Je veux être responsable.

Je veux être sûr que quand je réintégrerai la société

après cette étape,

je serai en mesure de réussir à vivre

en dehors d'une maison de sobriété ou d'un centre.

C'est ici que je dois être.

- Merci. - Autre chose ?

- Non, je crois que c'est tout. - OK.

LA MAISON DE L'AMITIÉ CENTRE DE RÉTABLISSEMENT

Bienvenue à la Maison de l'Amitié.

C'est le groupe de toxicomanie de 10 h.

Le sujet de cette réunion sera la dépendance aux substances,

mais nous parlerons de toutes formes de rétablissement.

Je suis Ryan.

APRÈS UN AN DE SOBRIÉTÉ,

RYAN EST DEVENU CONSEILLER ET ANIME DES GROUPES DE SOUTIEN.

- Je suis Heather. - Bonjour.

- Stephen. - Bonjour.

Si vous avez des problèmes à évoquer et à surmonter,

nous sommes là pour ça. Je ne vous jugerai pas.

Ni par Keith. Nous sommes nombreux à vivre ça.

- Aujourd'hui, ça aurait fait 47 jours. - Super.

Mais je suis revenue en arrière.

- Tu as fauté ? - J'ai fauté.

Il s'est passé quelque chose,

pendant ou le lendemain, tu t'es dit

"Je n'aurais pas dû boire parce qu'il s'est passé ceci ?"

Quand mon cerveau commence à aller à fond,

il ne fonctionne plus du tout.

Ne vis pas dans la honte et la culpabilité,

aujourd'hui tu es là, dans un groupe de soutien,

sobre, et c'est très important.

Le rétablissement a plusieurs aspects.

On a envie de prendre des choses et d'en laisser d'autres.

Dites-moi, prenez ce que vous voulez, laissez le reste.

C'est vrai.

Exactement.

Après le groupe, on parlera de votre bien-être.

Les objectifs liés à votre bien-être

physique, mental ou spirituel,

on va vous aider à les atteindre.

Rush !

- Rush, tu as l'air en forme. - Merci.

- J'aime bien tes cheveux. - Merci.

- C'est nouveau. - Ça te va bien.

- Tu fais de la muscu ? - Non.

- Ça va ? - Ça va, mec ?

Mon Dieu.

Je croyais qu'on était en avance.

- Attention. - On va pas chanter "Kumbaya".

Allez, "Kumbaya" !

On refait des chansons de feu de camp ?

Je dois avoir des chaussures de sécurité pour demain.

Tu veux bien m'accompagner

pour aller en acheter ?

Oui. Je préfère acheter tes chaussures plutôt que te donner de l'argent.

- OK. - Je veux dire...

Je commence un nouveau travail, demain.

Dans une autre usine.

Ça commence à 13 $ de l'heure.

Je suis optimiste.

Il reprend du Suboxone. Il s'est bien comporté à la clinique.

C'est positif.

Je préfère le voir sous surveillance

sous Suboxone plutôt que dehors à prendre de l'héroïne.

C'est un moindre mal.

Ça a l'air d'aller.

Il a l'air plus en forme, il n'a plus ses énormes cernes,

il ne s'endort plus en pleine phrase.

- Ce genre de choses. - J'ai jamais fait ça.

- Peut-être que si. - Si, je t'assure.

Il s'en sort bien.

Cette semaine, on est sur la bonne voie.

Cette semaine, oui. On verra pour la suite.

Comme je le dis, je suis très optimiste.

Prudemment optimiste est peut-être plus adapté.

Voilà, elles sont bien.

JEFF SORT DE PRISON APRÈS 30 JOURS POUR AVOIR VIOLÉ SA CONDITIONNELLE.

On ignore où il vit, où il va.

Techniquement, ses seuls proches qui vivent ici

sont sa sœur, son ex-femme et sa belle-famille ?

- Oui. - Les filles sont avec la belle-famille ?

Sa belle-mère.

Pauvres enfants.

C'est affreux la manière dont ils relâchent les gens.

Comment les gens sont-ils censés repartir du bon pied

et suivre les règles de leur conditionnelle sans ressources,

en étant simplement relâchés dans la nature.

- Ça va ? - Bonjour.

- Comment allez-vous ? - Bien.

- Et vous ? - Bien.

- Bonjour. - Ça va ?

- Comment ça va ? - Quel est le projet ?

Quel est votre projet ? Nous n'avons rien.

Juste quitter cette ville.

- Impossible. - Alors, j'ai pas de projet.

C'est impossible.

- Quand vous... - Je peux pas rester ici.

Morgantown est mauvais pour moi.

Pour le moment, il va falloir rester ici.

En sortant, allez directement au refuge

afin de vous assurer d'avoir un endroit où dormir.

Et vous devrez trouver un emploi rapidement.

Je suis un délinquant récidiviste, comment je peux trouver un travail ?

J'ai postulé dans tous les fast-foods de la ville.

Personne ne veut de moi.

Voyez les choses en face.

Vous avez fait des erreurs.

Votre situation est ce qu'elle est.

Idem pour votre femme.

Vos enfants sont dans l'incertitude.

Aucun de vous d'eux n'est franchement un modèle,

alors qu'est-ce qu'on peut mettre en place ?

- Les Narcotiques Anonymes ? - Oui, carrément.

Ne consommer aucun stupéfiant. Pas d'alcool, pas de drogues.

Pas de K2, pas de bath salts.

Rien qui ne figure pas sur votre ordonnance.

Si vous décidez de prendre du Subutex ou du Suboxone,

le Subutex n'est plus autorisé...

C'est perdu d'avance.

Je peux pas rester là.

Impossible.

C'est ton frère, Jeff. Je viens de sortir.

Je croyais que ce serait demain, mais non.

Je sais pas quoi faire.

Ils me disent d'aller au refuge, mais c'est mort.

Y'a que des camés là-bas. Des clodos camés.

DOUZE JOURS PLUS TARD

Chad, c'est Jeff.

Je pense à revenir à Jacob's Ladder.

J'en ai besoin.

Je perds le contrôle de ma vie.

J'ai déconné, j'ai pris un rail de cocaïne, aujourd'hui.

Je veux plus de cette vie-là.

Appelle-moi.

Je t'aime.

Grand-père est de retour.

Quoi de neuf, mon pote ? Comment ça va ?

- Mieux. - Ah oui ?

On est contents que tu sois en vie.

Vendredi, sans cette personne,

ce passant anonyme

qui a vu tes copains te verser de l'eau sur la tête,

et te secouer, qui dit qu'ils auraient appelé les secours ?

Mais cette personne les a appelés.

Voilà ton ange gardien.

Un passant t'a vu en danger et a appelé les secours.

Il n'était pas obligé.

Tu aurais pu être un camé mort de plus.

Avec des gens sur Facebook, qui disent "Laissez-le crever."

SOBRE DEPUIS 17 MOIS, RUSH TRAVAILLE DANS LE BÂTIMENT.

ADAM TRAVAILLE ET VIT TOUJOURS AVEC SA MÈRE.

SOBRE DEPUIS 21 MOIS, RYAN EST THÉRAPEUTE.

JEFF EST INTROUVABLE.

KEVIN ET SON ÉQUIPE GÈRENT TOUJOURS JACOB'S LADDER.

90 % DES AMÉRICAINS AYANT BESOIN D'UN TRAITEMENT N'EN REÇOIVENT PAS.

Sous-titres : Béranger Viot-Pineau

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