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Original subtitles

Tiens bon, Pablo. Ne meurs pas.

Je suis l�.

Personne te fera de mal.

Tu vas t'en sortir.

Je t'en prie, Pablo...

Il fait une h�morragie, pr�parez le bloc.

Laissez-nous travailler.

Il me faut son nom.

Il est l�.

Que faites-vous ?

L�chez-moi, il va tuer mon fr�re !

Pablo !

L�chez-moi !

Pablo ! Il va tuer mon fr�re !

Je vous en prie... Pablo.

Quoi ?

On vient d'arriver.

Vous devez venir lire le testament.

J'ai pas l'intention de me farcir 3 000 km.

C'est votre boulot en tant qu'avocat.

�coutez, j'ai pas le temps de discuter.

Tr�s bien, faites ce qu'il faut.

Je sais que vous n'avez pas de bureau ici.

C'est emb�tant, arrangez �a.

Oui, c'est �a.

Au revoir.

Tu as �t� s�che, non ?

Tu lui tends la main, il te prend le bras.

Bonjour.

On est les enfants de Gabriel de Luca.

Pablo et Malena.

Je suis Daniel Lerhmann.

La derni�re fois que je vous ai vus, Pablo �tait tout b�b�.

Malena �tait tr�s...

sage et silencieuse.

Elle a bien chang� depuis.

O� peut-on parler ?

On est press�s et on veut r�gler �a rapidement.

Vous pouvez l'incin�rer ici ?

Oui. Bien s�r.

Suivez-moi.

Le voici.

Vous aviez parl� de signer des papiers,

pas de le voir.

D�sol�, je pensais que vous voudriez voir votre p�re

avant de vous d�cider.

Occupons-nous des papiers.

C'est bon, on a le temps.

Il souffre ?

Son cerveau ne fonctionne plus.

Les machines le maintiennent en vie,

mais il est cliniquement mort.

Je peux vous parler ?

Une signature suffit ? Je connais Pablo et je le vois venir.

Soyez gentille...

Si vous d�cidez de d�brancher le respirateur,

il nous faut vos deux signatures.

Ne me jugez pas, mais Pablo ne le connaissait pas.

Je comprends qu'il veuille... Mais pas moi.

Je suis venue signer des papiers et prendre un testament.

Un instant.

Maman. Tout va bien.

Pablo va tr�s bien.

C'est pas moi qui voulais venir, c'est lui.

Qu'on rentre � la maison ? Ben voyons.

Je le mets de force dans l'avion ?

Ne t'�nerve pas. On s'occupe du testament et on rentre.

Papa.

Je suis ton fils, Pablo.

Si tu veux me parler, serre ma main.

M�me un petit peu.

�a va ?

Oui. C'est la super forme.

Depuis quand vous le connaissez ?

Depuis toujours.

On a fait notre internat ensemble.

� l'h�pital de Terre de Feu.

Je me souviens de son arriv�e ici.

Il savait pour sa tumeur depuis un mois,

mais il n'en avait parl� � personne.

Parcourir 3 000 km, c'est de la folie

quand on a 72 ans et une tumeur c�r�brale.

Il a gar� sa voiture, il est mont� ici, tout seul...

Il s'est assis sur le lit

et quand il m'a vu, il a dit :

"Mon ami, je suis vaincu.

"Occupe-toi de moi."

�coute-moi, Pablo.

Ce n'est pas ton p�re, l�.

Ton p�re est mort depuis longtemps.

Ne garde que le meilleur.

Comme ceci.

�a, c'�tait ton p�re.

Non, impossible.

Attends. O� tu vas, Pablo ?

Il faut bien s'occuper de la paperasse.

Elle est belle, hein ?

� qui elle est ?

Monte.

Allez, monte une minute.

Alors ?

- Tu sens pas ? - Quoi ?

�a sent papa.

Regarde.

Tu avais promis de pas faire d'histoires.

Tu dois signer l�.

Regarde la photo.

M�me mort, il continue � me pourrir la vie.

J'�tais pr�matur�.

Je tenais pas en place.

Je suis n� dans cette maison. Je veux y aller.

Non, c'est pas une bonne id�e.

Au contraire.

On prend sa voiture.

3 000 km, �a se fait en deux jours.

On a pas le temps.

C'est l'occasion de se voir.

- Allez... - Arr�te, j'ai dit non.

Si �a tenait qu'� toi,

tu l'aurais d�j� d�branch�.

Manque de bol,

il leur faut deux signatures.

Je veux en savoir plus.

Une photo ne me suffit pas.

� toi de voir.

Signe et on va o� tu veux, mais signe d'abord.

Non, on y va et je signe en rentrant.

Si tu veux jouer � �a,

on oublie tout et on rentre � la maison.

D'accord.

Je les signe.

�a te fait rien ?

Je peux pas voyager dans cet �tat.

�a va �tre g�nial, Malena.

Tu vas voir.

Tu comptes te d�rider ?

C'est une fonctionnaire.

Tu l'as appel�e tous les jours.

On va les prendre, ses actes de naissance.

L'avocat fait rien ?

Il va voir quelle avocate tu es.

- Je suis procureur. - Procureur.

Mais une procureur du tonnerre.

Quelle horreur, cette chambre. Ce soir, c'est moi qui choisis.

Pr�viens-moi si quelqu'un arrive.

Salut.

Tu as perdu quelque chose ?

Laisse-moi t'aider.

Tu lis quoi ?

Je sais pas.

Un truc bizarre.

On appelle �a un livre.

Je suis mort de rire.

Il faudrait trouver un h�tel.

Tu vois ? Je t'avais dit que c'�tait l�.

C'est quoi, cet endroit ?

Un h�tel typique.

Et pas cher.

Bonsoir.

Une chambre double.

Avec salle de bains, c'est 80 pesos.

Si vous payez en dollars, on offre 10 % de remise

et un porte-cl�s musical.

- D'accord. - �a vous va ?

Il joue l'hymne national.

Surtout, te fatigue pas. On a quelle chambre ?

- Quelle importance ? - La 207 ?

Prenons-en une autre.

La 206 ?

Je suis nase et sale. On s'en fiche, du num�ro.

Pas du tout. S'il vous pla�t.

On peut changer ?

Reste ici si tu veux, moi, je monte.

L'ancien g�n�ral est rentr� au Chili...

Ben voyons...

On a eu que ce qu'on m�ritait.

Maman a encore appel�. Elle attendra.

Elle est f�ch�e.

Pourquoi tu dis �a ?

- Elle �tait pas ravie, mais... - Je t'en prie !

Elle a failli se coucher devant l'avion.

Elle parle jamais de papa.

Pourquoi, d'apr�s toi ?

Tu crois que c'est facile de partir avec ses deux enfants ?

Sans rien ?

�a se fait pas sur un coup de t�te, r�fl�chis un peu.

Papa te battait ou quoi ?

J'aurais pr�f�r�, �a me ferait une raison de le ha�r.

J'ai cru qu'il la frappait, que c'�tait un salaud.

Mais non.

Il l'a jamais touch�e.

Je sais pas... Ils ont d� cesser de s'aimer

et se s�parer.

Papa passait ses journ�es � l'h�pital.

Je pensais que je l'avais d��u,

qu'il m'en voulait.

J'avais que 7 ans.

J'essayais d'�tre bien sage,

mais il me parlait jamais.

Enfin si, il m'a parl� une fois.

J'avais demand� ce que j'avais fait de mal.

Il m'a r�pondu que j'avais rien fait.

Il m'a dit :

"Ton seul d�faut, c'est de pas �tre un gar�on."

Un gamin. Il voulait un fils.

Du coup, tu pr�f�res les filles.

Imb�cile.

Attends...

Tu sais ce qui s'est pass� ici il y a 20 ans ?

Le 23 juillet 1980, quelqu'un a �t� assassin�

dans la chambre d'� c�t�.

Flippant, hein ?

Commence pas.

Toutes les chambres doivent �tre pareilles.

C'�tait un couple avec leur fille.

� 3 h du matin, un homme a forc� la porte,

arm� d'un aiguillon.

Tu sais ce que c'est ?

On s'en sert encore pour abattre les vaches.

L'�lectricit� les paralyse et on les ach�ve.

C'est bon !

La m�re a �t� la premi�re � se r�veiller.

Le type l'a frapp�e et la petite s'est mise � pleurer.

Le p�re a voulu intervenir, mais...

une d�charge �lectrique l'a projet� au sol.

�coute �a.

"3 h 27".

Ce type a tout d�taill� minute par minute.

"Il faut toujours viser les centres nerveux.

"Ici, la victime a re�u une d�charge dans la nuque.

"C'est doublement efficace.

"La trach�e bloqu�e emp�che l'arriv�e d'oxyg�ne

"et la colonne paralys�e exclut toute possibilit� de fuite."

Merde...

Apr�s le type noie le p�re dans la baignoire.

Je te lis.

"Je le maintiens sous l'eau. Les veines

"de son cou se gonflent.

"Ses poumons cherchent l'air. C'est incroyable,

"cette obstination � survivre du corps humain."

�a va ?

O� tu l'as trouv� ?

C'est invent�, du calme.

C'est quoi ?

Il �tait o� ?

Je te dirai pas. Je savais que tu criserais.

Donne-le-moi.

Je sors d�ner.

- Repose-toi. - Donne, je plaisante pas.

Je t'ai dit que je l'avais jet�.

Je voulais pas te mettre mal � l'aise.

S�rieusement... Le mec tue son amie,

son copain et son chien, et regarde-la.

Sans blague. � sa place, je pense pas

que je courrais les seins � l'air.

Ils sont petits.

Tous les films d'horreur sont pareils.

Il y a toujours une fille � poil.

Si ses seins �taient gros,

on regarderait plus que �a.

Le cerveau masculin peut pas m�langer seins et intrigue.

Sinon, les seins gagnent

et on regarde �a comme un film de cul.

Mon pauvre, tu es vraiment trop b�te.

Attends, c'est tout un entra�nement.

Je suis content que tu sois l�.

Je dis toutes ces conneries...

parce que je suis heureux.

Je t'aime.

Moi aussi, je t'aime.

R�veille-toi, y a quelqu'un...

L�, y a quelqu'un.

- Qu'est-ce que tu racontes ? - �coute.

Appelle le r�ceptionniste.

Laissez mon papa tranquille.

�a r�pond ?

Une petite fille.

Y a une petite fille.

Il lui arrivera rien. Elle va s'�chapper.

- De quoi tu parles ? - Je sais pas...

C'est comme dans le livre.

Quel livre ?

Ce qui se passe � c�t� n'a rien � voir...

Je veux pas savoir ce qui se passe, tirons-nous.

Merde, j'ai oubli� un truc.

Je reviens.

Tu l'as pas jet� ?

Arr�te, j'ai pas envie de discuter.

Tu joues � quoi ?

Maintenant, tu veux en parler ? C'est de la fiction.

Dans ce cas, c'�tait quoi ?

Je sais pas.

La m�re et la fille...

Tu l'as lu, elles deviennent quoi ?

J'en sais rien.

Elles se sont enfuies.

Elles sont parties et...

Quoi ?

Tu fais quoi ?

On les emm�ne avec nous.

Merde !

Il se serait arr�t� plus loin. � 80 kilom�tres.

Le corps du p�re �tait dans son coffre.

Je capte pas. Il faut pr�venir la police.

Il l'a enterr� dans une usine d�saffect�e.

Tu fais quoi, l� ?

Il faut faire quelque chose.

Il faut aider ces gens. On doit aller � l'usine.

J'irai nulle part.

Il faut pr�venir la police.

Je pige rien,

mais c'est pas une co�ncidence.

C'�tait il y a 20 ans.

Un type s'amuse � le refaire.

� la m�me heure.

C'est impossible.

Quelqu'un l'a tu�. Tu l'as entendu, toi aussi.

On l'a vu les ramasser. Je te lis ?

"Elles se sont enfuies.

"Mais je n'ai pas eu le temps de m'inqui�ter

"car je les ai retrouv�es sur la route.

"Je me suis arr�t� et elles sont venues � moi."

Je continue ?

- Non, �a ira. - Donc on fait rien ?

- Et ce qu'on vient de voir ? - C'�tait rien.

Si c'�tait rien, on peut tr�s bien aller y faire un tour.

Si on voit rien, c'est que tu avais raison.

Tu me fais chier.

Tu viens ?

Je bouge pas d'ici.

Tu sais...

si c'�tait un film comme celui de tout � l'heure,

tu serais � poil.

- Et ces gens qu'on a vus... - Quoi ?

Ce serait...

Des fant�mes ?

Tu l'as dit.

J'y crois pas.

Je crois aux mauvaises ondes et ici, on est servis.

Tu as pill� le minibar ?

Bon...

Je vais voir. S'il me d�capite, c'est pas grave.

Tu veux une couverture ?

Qu'est-ce que tu fous ?

Je la garde.

Rends-la-moi.

Tr�s bien.

�a fera l'affaire.

Vas-y, mais je te pr�viens,

si tu hurles, je te tue. OK ? S'il t'arrive un truc...

je te tue.

Aide-moi.

Ne pars pas.

O� est ma fille ?

Il faut la sauver.

Il arrive, aide-moi !

Je veux pas mourir. Aide-moi !

Piti� !

�a va ?

Dis-moi ce qui s'est pass�.

Je te parle.

Tu veux pas me dire ?

Tu chiales encore ?

Tu veux appeler maman ?

Bon sang, r�agis !

- Arr�te de faire ta chieuse ! - L�che-moi !

Sale con !

C'est fini.

Il l'a emmen�e sous mes yeux.

Elle �tait enceinte.

J'ai peur, Pablo.

Si peur...

Ne t'inqui�te pas.

Au prochain village, on ira voir la police.

Une fois � l'h�tel, il attend la nuit.

� 3 h, il monte dans la chambre et tue le mari.

Il l'enterre � l'usine.

Et la m�re et la fille, il en fait quoi ?

La fille.

Elle est morte.

Le salaud.

Je reviens.

C'est pas la peine.

Arr�tez !

12 h 25.

10 minutes.

Y a quelqu'un ?

Je vais te sortir de l�.

O� est ce salaud ?

Maman...

Je reviens, promis.

D�marre.

Vite.

Quoi ?

D�marre, bordel !

- O� tu l'as trouv�e ? - Tu vois pas ?

Vite !

Je r�ve.

Faut toujours que tu te m�les de ce qui te regarde pas.

Tu as enlev� une enfant !

Ben voyons. Depuis quand une enfant voyage dans le coffre ?

Tais-toi.

Fallait demander de l'aide.

Tu te prends pour un justicier ou quoi ?

- C'est un d�lit. - Je lui ai sauv� la vie.

Je l'emmerde, l'autre.

On en fait quoi, maintenant ?

J'en ai marre. Fait chier. Tu me gonfles.

Acc�l�re !

L'enfoir� !

Vite !

Je suis � fond !

Par l�, il y a un resto.

D�marre.

- Vite ! - J'essaie !

Rien � faire.

Il arrive !

Sors !

Ouvrez !

Ouvrez, je vous en prie !

Je vous en prie !

Tirez.

C'est pourtant �crit sur la porte.

Tout va bien, d'accord ?

Tu saignes.

Mangeons.

Manger ? Faut appeler les flics.

Un caf� cr�me.

L�ger, mais bien chaud.

Et quelque chose � manger. Et toi ?

Caf�.

Un caf�. Et toi ?

Tu veux rien ?

Vous voulez autre chose ?

Un peu de c�r�ales pour elle.

J'appelle la police.

On a sauv� cette gamine.

On s'en fout, des flics.

Tu veux les appeler ?

Super !

Tu vas leur dire quoi ?

Connard.

All� ? Je voudrais porter plainte.

Oui, j'attends.

All� ? Quelqu'un nous poursuit.

Il a essay� de nous faire quitter la route.

Non, on n'est pas bless�s, mais...

C'est difficile � expliquer.

Vous envoyez quelqu'un ?

Deux, enfin trois. Il y a une fille que mon fr�re...

Non, laissez, c'est rien.

Inutile de vous d�placer, j'ignore o� on est.

Oui, je vous rappelle.

Chapeau.

J'aurais pas fait mieux.

Allez...

Juste une bouch�e.

Allez.

Il faut manger pour �tre grande et forte.

- Appelez une ambulance. - Quoi ?

Une ambulance.

On peut encore la sauver.

- Vous allez bien ? - Remuez-vous !

Appelez les secours !

- Vous avez bu ou quoi ? - Vous voyez pas ?

- C'�tait pas r�el. - Je veux pas en parler.

C'�tait pas r�el. Personne ne nous aidera.

Je veux rentrer � Barcelone. Je me fous du reste.

J'en peux plus...

J'arr�te.

Je veux rentrer.

Et toi ?

Je sais pas.

Je dois les aider.

Ils sont morts, on s'en fout.

Parle pour toi. Tu es minable.

Tire-toi, tu sais faire que �a.

Fais ce que tu veux, mais l�che-moi.

Reste avec moi.

On prendra le ferry demain.

Jure-moi que c'est fini.

Je te le jure.

Bon, je vous ai r�par� �a.

C'est une vieille voiture, mais elle est solide.

La porti�re, je peux rien faire, j'ai pas les pi�ces.

C'est rien, du moment qu'elle roule.

J'aime le boulot bien fait.

Mais on nous livre plus de pi�ces par ici.

Le projet d'autoroute a �t� abandonn�.

Pourquoi �a ?

Pourquoi ? Pour les raisons habituelles.

Il fallait d�molir une usine. Ils ont commenc� � creuser.

Ici, il vaut mieux pas trop creuser.

La suite est simple.

Ils ont trouv� un squelette vieux de 20 ans.

La police et les m�dias ont d�barqu�.

Et du coup, le projet est tomb� aux oubliettes.

O� �tait le cadavre ?

Approche.

L�.

� 600 km d'ici, dans une usine de m�taux.

Les journaux ont mentionn� une enqu�te.

On a soup�onn� la milice, puis un tas de gens...

O� je peux trouver ces journaux ? J'ai de quoi payer.

Pour la r�paration de la voiture, �a fait 380 pesos.

Pour les journaux, suis-moi,

mais garde tes dollars.

- Comment va, Pelegrini ? - �a va.

Ce jeune Galicien recherche de vieux journaux.

Il veut pas plut�t un moteur de bateau ?

C'est une bonne affaire. 70 pesos.

Il a juste besoin d'un petit r�glage.

Tu veux un moteur ?

Non, je veux juste les journaux.

50. C'est ma derni�re offre.

50 pesos, c'est donn�.

"La d�pouille

"serait celle de Manuel Leonardi.

"Son �pouse Amalia

"et sa fille ont disparu en f�vrier 1980."

Malena.

J'ignore comment, mais on a chang� le pass�.

Il faut faire quelque chose.

Il faut y retourner.

On a modifi� le pass�.

Comment lui dire ? Elle voudra jamais.

Bon, on y va ?

�a va ?

Pablo...

J'aurais voulu pouvoir les aider,

mais parfois, on est impuissants.

Je sais que c'est minable de dire �a,

mais c'est dur de changer les choses

et �a en vaut pas toujours la peine.

C'est comme �a.

Les gens se sont faits � l'id�e qu'ici,

rien ne changera jamais.

Toi aussi ?

Je veux t'�viter de souffrir.

Laisse tomber.

Il est presque 19 h. On devrait �tre partis.

Je vais aux toilettes.

Je sais que tu dis tout �a pour mon bien,

mais je dois apprendre � me d�brouiller.

Merde...

Je retourne � l'h�tel.

�a va recommencer.

N'interviens surtout pas.

T'inqui�te pas. On ira � la maison demain.

Je dois les aider, je leur ai promis.

Je t'en prie...

Tout peut encore changer, tu entends ?

J'esp�re.

Bonsoir, vous fermez ?

Oui, � l'instant.

Des affaires de mon p�re ont �t� envoy�es ici.

Je vois l'avocat demain

et si je n'ai pas les actes de naissance...

S'il vous pla�t.

C'est � quel nom ?

Dr Gabriel de Luca.

Je t'ouvre.

All� ?

Monsieur Kleinman ?

D�sol�, j'aurais juste quelques questions

� propos de votre article publi� dans La Raz�n.

Sur M. Leonardi.

Il n'est fait mention que du cadavre du p�re.

Je voulais savoir ce qu'�taient devenues la m�re et la fille.

Leurs corps n'ont pas �t� retrouv�s.

Que faisaient-ils � l'h�tel ? Ils n'avaient pas de maison ?

- Ils fuyaient. - Quoi ?

Le Docteur.

Les Leonardi ont disparu

apr�s avoir �t� enlev�s chez eux le 3 f�vrier 1980.

Comment �a, disparu ?

"Les familles de 30 000 disparus r�clament justice."

Excuse-moi !

Tout va bien ?

Tu veux prendre un caf� ?

Lui, l�,

le professeur, c'est Mario Portela, mon mari.

On s'est mari�s en 1976.

Je trouvais �a idiot de me marier en blanc

comme je n'�tais plus vierge.

Mais c'est comme �a.

Il faut parfois faire semblant.

J'avais fait l'amour avec Mario pour la premi�re fois,

le 3 octobre 1975.

Un moment magique, mais je n'ai pas de photos.

Le gar�on tout sage, l�,

c'est Sebasti�n Garc�a.

� l'�ge de 16 ans, il a �t� enlev� par l'AAA.

L'Alliance Anticommuniste Argentine.

Ils le soup�onnaient de r�bellion.

Il avait �t� pris en photo lors d'une manifestation.

Quand ils l'ont tortur�, le pauvre petit,

ils lui ont demand� des noms.

Il ne savait pas quoi r�pondre.

Son silence lui valait des coups d'aiguillon.

Il a fini par donner tous les noms qui lui venaient.

Ceux de ses camarades de classe et de son professeur.

Ce jour-l�, je venais de rentrer.

Ils ont enfonc� la porte, ils m'ont attrap�e

et j'ai vu Mario,

une cagoule sur la t�te...

Amanda.

Rien ne vous oblige � me raconter. �a vous fait du mal.

Non, mon ange, au contraire.

�a me fait pas de mal.

�a ne doit pas me faire de mal.

Pour moi, tu sais ce qui a �t� le plus dur ?

Pas l'aiguillon, ni les viols,

ni le jour o� cette ordure

m'a arrach� la plante des pieds avec un rasoir.

Le plus dur a �t�

la derni�re fois que j'ai vu Mario vivant.

Ils l'ont amen�

apr�s la torture.

Juste quelques minutes.

Il faisait peine � voir

et j'ai pens� que je devais �tre dans le m�me �tat.

Que c'�tait comme se regarder dans un miroir.

Il tenait � peine debout.

Son corps �tait bris�.

Je me suis dit...

que c'�tait ce m�me corps qui m'avait si souvent enlac�e...

On ne s'est pas parl�.

Ensuite, ils l'ont emmen�.

J'ai pleur�

parce qu'ils m'avaient pris la seule chose

qui me faisait tenir.

En 1982, je me suis install�e ici.

Sur l'�le de Terre de Feu.

J'ai ouvert ce garde-meuble.

Et j'ai...

essay� d'oublier.

Mais...

les m�decins n'�taient pas impliqu�s ?

Si.

Il y avait des m�decins militaires

charg�s de faire des calculs.

Ils estimaient le voltage maximal

utilisable avec l'aiguillon.

Si tu pr�f�res,

ils �taient charg�s de mesurer

la quantit� de douleur qu'un homme pouvait endurer

sans que son c�ur l�che.

C'est pas ici.

Calme-toi.

Tu es en vie.

L�che-la !

L�che-la. L�che ma fille

ou je te bute. L�che-la.

Magne-toi, l�che-la.

Ou je te tue.

Baisse ce couteau.

- L�chez �a. - Toi d'abord.

Jetez �a.

Du calme, du calme.

- Laisse-la. - O� sont les autres ?

Qui �a ?

Ne l'emm�ne pas.

Il faut partir.

Ne l'emm�ne pas.

L�che-la, connard.

�a va aller, ma ch�rie.

Maman !

- Lui fais pas de mal. - J'en ai pas l'intention. Partons.

Pas cette fois.

Ils m'auront pas.

Je les laisserai pas m'emmener.

Manuel ! Non !

All� ?

Pablo, o� es-tu ?

�coute-moi bien.

Ce type est de m�che avec l'arm�e.

O� �tait le journal ?

On s'en tape.

- Il �tait dans la voiture. - Et ?

Fais-moi plaisir, r�fl�chis une seconde.

Qui a pu tenir ce journal ? Qui a pu �crire �a ?

Pas lui, impossible.

Papa �tait un enfoir�.

Peut-�tre pour toi, mais pas pour moi.

J'ai r�fl�chi.

Et s'il l'avait trouv�, qu'il �tait pas � lui ?

Il serait � qui ?

� un autre m�decin, je sais pas.

Fais-lui confiance.

Pour moi.

Et s'il �tait innocent et cherchait la v�rit�

avant de tomber malade ?

Je dois l'aider.

C'est absurde.

Tu sais ce qui est absurde ?

Tenter de sauver des morts.

Tu sais...

Ils ont �t� s�questr�s pendant 4 mois.

On les a tortur�s.

Mais un jour, ils se sont �chapp�s.

Ils ont fui avec leur fille.

Ils voulaient repartir de z�ro et oublier.

Mais ce salopard

les a retrouv�s.

Et il les a tu�s.

Pablo, �a va ?

Comment voudrais-tu que �a aille ?

Comment on peut faire �a ?

Un truc me rend dingue.

On sait rien de leur vie d'avant.

J'aimerais en savoir plus sur eux.

�a va couper.

Je te rejoins demain.

Sois prudent.

Ne bouge pas d'ici.

Maman ? O� est maman ?

Calme-toi, elle va bien.

Reste ici, sois sage.

Je t'ai dit de pas bouger.

O� est ma maman ?

Elle est partie, mais...

J'y arrive pas. Quel enfoir� !

Ta maman...

m'a dit qu'elle reviendrait vite.

Elle veut que tu sois sage

et que tu l'attendes ici.

- Tu mens. Elle reviendra pas. - Je te jure que si.

J'ai peur, me laisse pas toute seule ici.

Esp�ce d'enfoir�, arr�te ! O� t'es ?

Je veux pas la revoir mourir, par piti�...

Aide-moi.

Piti�.

Voil� le v�tre.

11 janvier 1974.

Mais celui de votre fr�re pose probl�me.

On ne le trouve pas. Vous me dites

qu'il est n� en juillet 80, mais je ne le trouve pas.

Comment �a ?

Votre fr�re n'est pas n� ici ou on a �gar� son dossier.

On est en pleine informatisation.

Mon Dieu...

On a retrouv� sa voiture dans la for�t,

� 30 km au sud de Tolhuin.

Elle avait �t� abandonn�e.

� l'int�rieur, on a trouv� cette photo.

Si vous voulez, je vous emm�ne au poste.

Vous signalerez la disparition de votre fr�re.

Qu'y a-t-il ? �a va pas ?

Il y a du sang.

O� �a ?

Elle est sale, mais je vois pas de sang.

Bien s�r.

- Je la prends. - Dans cet �tat ?

Merci.

Tr�s bien...

Vous �tes bien au commissariat

de Rio Grande. Nous allons r�pondre

� votre appel. Ne quittez pas.

Police, j'�coute.

Mon Dieu !

"Dieu" ?

Vous, les communistes,

vous �tes dr�les. Vous clamez que Dieu n'existe pas

et au moindre probl�me, vous l'appelez.

Mais Il ne vous r�pondra pas,

car vous �tes du mauvais c�t�.

Je t'en prie, papa.

Arr�te, je suis ta fille.

Tu es ma fille ?

Ma fille Malena a 6 ans. Elle est � la maison avec sa m�re.

Tu n'es pas ma fille, tu es une minable agitatrice.

On est l� pour vous �duquer

et vous remettre dans le droit chemin.

Vous devez comprendre

que l'�glise et l'�tat sont les parents

de la patrie.

Ils ont de grandes responsabilit�s et m�ritent le respect.

Mais comme vous ne respectez rien, on doit s�vir.

Personne ne te cherche.

Ta famille et tes amis n'en ont rien � faire de toi.

Tu ne sortiras pas d'ici vivante, je ne le permettrai pas.

Et si tu te sauves, je te retrouverai.

Je te retrouverai.

Tu craques d�j� ?

Je dois r�ver. Tu peux pas me faire de mal.

Je peux pas ?

En ce moment, je fais quoi ?

Papa, je t'en supplie...

C'est moi.

Malena.

Tu te souviens ?

Arr�te de me faire du mal, papa.

Apr�s tout, tu as peut-�tre raison.

Tu connais l'histoire d'Abraham ? Bien s�r que non.

Dieu a exig� d'Abraham

qu'il tue son fils Isaac

et Abraham n'a pas h�sit� un instant.

Il a regard� son fils comme un ennemi � �liminer.

Il l'a emmen� en haut d'une montagne,

il a sorti un couteau pour l'�gorger,

et au moment o� il allait le faire...

Dieu l'arr�ta.

Si je suis ton p�re comme tu l'affirmes,

Dieu devrait m'arr�ter.

Tu veux un secret ? Ici, il n'y a pas de Dieu.

R�veille-toi.

R�veille-toi.

Pablo, r�veille-toi.

Allons, allons...

Tu es un homme.

Tu es un homme, mon fils.

Un homme.

Tu seras Pablo.

Il fait une h�morragie interne.

On n'a pas le mat�riel n�cessaire pour le soigner.

On a fait au mieux,

mais s'il n'est pas vite op�r�, il mourra.

Il fait une h�morragie, pr�parez le bloc.

Je suis l�.

Laissez-nous travailler.

Il nous faut son nom.

Je suis Malena de Luca. C'est mon fr�re, Pablo.

On est venus de Barcelone pour notre p�re.

Il est l�.

Arr�tez.

L�chez-moi, il va tuer mon fr�re !

L�chez-moi !

Pablo ! Il va tuer mon fr�re !

Calme-toi.

Tu veux qu'on appelle la police ?

Docteur, aidez-moi.

- Il va tuer mon fr�re. - Calmez-vous. Calmez-vous...

Je vous en prie. Le m�decin ne portera pas plainte.

Dites-moi ce qui se passe.

Mon p�re... Je sais pas comment...

mais il vit encore.

Attendez, vous n'avez pas eu mon message ?

Apr�s votre visite, son activit� c�r�brale

a repris.

Il est dans le coma, mais son cerveau fonctionne.

Quoi ?

Je vous explique qu'on ne l'a pas d�branch�.

Il est vivant !

Mon Dieu ! Quel enfoir� !

Calmez-vous, Malena. Pensez � votre fr�re.

C'est ce que je fais !

Je vous en prie, il va le tuer. Il va tuer Pablo.

Je vous en prie...

Attendez.

Quoi encore ?

Comment peut-on ha�r autant ?

Faire tant de mal sans le moindre remords ?

De quoi parlez-vous ?

Je parle des tortures, du journal,

des photos o� on vous voit � ses c�t�s.

Lib�rez-moi.

Rel�chez-moi !

Je vous en prie...

H�mostase. Compresses.

Il est stable ?

Ses pupilles sont r�actives.

Le m�decin a dit de ne pas pr�venir la police,

mais de te garder un peu ici.

Je me sens mieux.

Je voudrais un caf�.

Un, deux, trois...

On recommence.

C'est fini.

Docteur !

Maman ?

Non, j'�tais r�veill�e.

Oui, je t'avais dit qu'on rentrerait cette semaine, mais...

Pablo peut pas te parler, il est...

au lit.

Maman, attends.

�coute-moi.

J'aimerais te lire un truc.

"Manuel Leonardi �tait �crivain et journaliste..."

Il �crivait des contes.

Sa femme Amalia

faisait les Beaux-Arts,

mais elle a tout arr�t� quand elle est tomb�e enceinte.

La derni�re chose qu'elle ait peinte fut la chambre de sa fille.

Bleue avec des poissons multicolores.

La petite s'appelait Andrea.

Un joli nom, tu trouves pas ?

Tu ne dis rien ?

Non, pas maintenant.

Une autre fois.

Au revoir.

S'il vous pla�t...

O� est mon fr�re ?

- Du calme. - O� est mon fr�re ?

Que se passe-t-il ?

Le m�decin m'a dit hier que tout allait bien.

Son coma �tait stable.

Je suis d�sol�e, mais depuis deux semaines,

il n'y a pas eu d'am�lioration.

Malena !

- Qu'est-ce que t'as ? - Le con !

Tu m'as fait peur.

Pourquoi ? Je me sens super bien.

On est quel jour ?

Le 10 septembre.

2001, non ?

J'ai pas dormi jusqu'en 2007 ?

Non, juste 15 jours.

Tu sais quoi ?

Je sens que tout va aller mieux.

Dans le monde.

On est au 21e si�cle.

On a tir� les le�ons du si�cle pass�.

D�s demain, le monde sera meilleur.

Tu verras.

Il y a un truc que je t'ai pas dit et que tu devrais savoir.

Adaptation : V�ronique Mottini

Sous-titrage : DUBBING BROTHERS

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