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Original subtitles

...

-Voil�. -Merci.

El�onore, je bois � votre beaut�.

-Je culpabilise de vous arracher � vos occupations, commissaire.

-Je suis serein,

..j'ai moi-m�me form� mon 2d. -Je me sens si seule, sans Firmin.

-On peut r�sister � tout, sauf � la tentation, n'est-ce pas ?

-Bon app�tit. -Magnifique !

Merci, Mlle. Magnifique !

-Jean, vous �tes un ogre. -Ha ! Ha ! Ha ! Ha !

El�onore...

-Commissaire !

-Qu'y a-t-il, M�nard ? -C'est affreux.

On a tir� sur l'inspecteur Lampion. -Quoi ?

-Il a abattu l'individu, mais...

-Il est bless� ? -Une balle en pleine poitrine.

On sait pas s'il va s'en sortir.

-C'est vous qui avez pris l'appel :

..qu'a dit exactement notre indicateur ?

-Qu'il avait log� Henri Marelle rue du Four de la Terre.

-Et moi, qu'ai-je dit ? -Inutile de ressasser tout �a !

-Qu'ai-je dit, moi ?!

-Vous avez dit � l'inspecteur... -Plus fort, M�nard.

-Qu'aller le cueillir..

..�tait un jeu d'enfant, et qu'il pouvait s'y rendre seul.

-Exactement.

J'ai bien dit �a.

J'aurais d� le pr�voir, mais j'ai �t� aveugl� par un jupon.

-Commissaire...

-Docteur ! Est-ce qu'il est vivant ?

...

Lampion ! J'ai cru que vous ne vous r�veilleriez jamais.

-Commissaire... -Ne dites rien ! Ne bougez pas.

J'ai vu le m�decin : la balle n'a pas perfor� le poumon.

Il vous faut juste du calme,

..du repos, du silence...

Vous avez eu le malfrat.

Vous �tes un h�ros, Lampion.

Le pr�fet parle d'une d�coration ! -Commissaire... Je vous ai d��u...

-Pardon ?

-Je vous ai d��u, commissaire ?

-Non... Non, Lampion, au contraire.

...

Le clocher sonne.

...

-Y'a personne ? -Non, Mlle Louise.

-Mes parents savent pourtant que je reviens aujourd'hui.

-Le d�ner sera servi � 19h. -Je les d�teste.

-Encore en train de fouiner !

-Non, je serai tr�s bien chez moi.

-Vous ne pourrez pas monter les 4 �tages jusqu'� ce lieu insalubre !

-Insalubre ? -Et bruyant !

Non ! Il faut vous mettre au vert. C'est un ordre !

-Je n'ai pas les moyens..

..de m'offrir une vill�giature. -Bah, je les ai, moi, les moyens !

-Tu es Louise ? -Qui �tes-vous ?

-On ne t'a rien dit ?

-Non. -Je suis Cl�mence.

Je m'occupe de tes fr�res. -Pourquoi ?

-Ta m�re, Mme Simonet...

-Bonjour, Louise.

-Vous vous �tes lav� les mains ? -ON VOULAIT VOIR LOUISE.

-Allez ! A la salle de bains.

-Eh bien, qu'attends-tu ?

Ne reste pas plant�e l�.

-Louise a quand m�me 18 ans !

Il faut qu'elle trouve un mari ! -Bon courage !

Avec sa t�te d'enterrement, on dirait qu'on lui a mang� sa soupe.

Faut sourire, pour plaire. -T'en sais quelque chose, toi !

-Regarde !

Lucien m'a offert un coeur. C'est du plaqu�.

-Ce serait plus convenable qu'il t'offre une alliance.

-Elle s'est mis du rouge..

..sur les l�vres ! -On ne montre pas du doigt, Pierre.

-Il n'y a pas de mal � s'arranger un peu, hein ?

-C'est meilleur qu'au pensionnat.

-Beaucoup plus cher, aussi. Et plus gras. D�barrassez, Guite.

-Bien, M. -Que comptes-tu faire, maintenant ?

Rien, comme d'habitude ?

-Je sais pas, j'y ai pas pens�.

-Dieu merci, on ne te demande pas de penser, mais de te rendre utile.

-Ffff ! Hou ! -Ha ! Ha ! Ha !

-Ha ! Ha ! Ha ! -Chut, les enfants...

-On s'est sacrifi�s en vain pour que les Soeurs..

..fassent de toi une jeune fille convenable, certes,

..mais je ne vais pas en plus te nourrir � ne rien faire.

-Ha ! Ha !

-Ca suffit ! C'est insupportable ! Cl�mence, �loignez-moi ces enfants.

Qu'ils mangent dans la cuisine, comme les cochons qu'ils sont.

Vous mangerez avec eux : une domestique ne prendra pas ma place.

-Prends tes rem�des, Henriette. -Retourne donc � ton �tude,

..r�diger les testaments de ceux qui avaient de l'ambition, eux !

-Maman... -Va-t'en, disparais.

-Elle est calm�e. C'est une chance, elle a rien cass�, cette fois.

-Ca te regarde pas. Aide-moi, au lieu de fourrer ton nez partout.

Tu finiras par perdre ta place, ici et chez les autres.

Fais-moi le fond de plat ! -J'ai plus le temps.

Je suis d�j� en retard � cause de la dingue.

-Les enfants ne sont plus l� ?

-Mlle Cl�mence..

..les a emmen�s se coucher, M.

-Bien. Mme va se reposer. Veillez � ne pas la d�ranger.

-Monsieur !

Quelqu'un a gliss� cette lettre pour vous.

...

-"C'est ton cul de garce que tu devrais tremper dans le b�nitier.

"L'odeur du foutre empeste..

"..tout le village."

C'est insupportable ! -Ca suffit comme �a.

Je pr�viens la police. -Pas question.

-C'est la seule chose � faire.

-Non, la police s'int�ressera certes au corbeau,

..mais aussi � ce qu'il �crit ! -Et apr�s ? Je m'en fiche, moi.

Mais toi, non. Hein ? Ma petite soeur a des choses � cacher,

..elle aussi ? Des secrets honteux ?

-La ferme ! On entre.

T'es en retard, Guite.

-Tes douleurs au dos, �a va mieux ? -Un peu mieux, Dr.

Me Simonet en a re�u aussi. -De quoi je me m�le ?

Y'a du travail � la cuisine.

-Regardez ce paysage, Lampion !

C'est magnifique ! Tellement bucolique !

-J'aime pas trop la campagne : tout ce vert, �a m'angoisse.

-"C'est un trou de verdure o� chante une rivi�re,

"..accrochant follement aux herbes des haillons d'argent."

-"Le Dormeur du val".

-Oui : pile ce qu'il vous faut ! -Euh... Le type dans les gla�euls,

..il dort pas : il est mort.

-Nous y voil� ! Nous faisons tout droit, Lampion ?

Hein ?

Emile ! -Hein ? Quoi ?

-Vous m'avez fait peur !

-Qu'est-ce que j'ai fait ? -Je vous ai cru mort !

Vous �tes livide, Lampion, il faut reprendre des couleurs.

Ne bougez pas.

Excusez-moi, mon p�re,

..nous cherchons la demeure de Mlle Dubreuil.

-Emilie est � la sortie du village.

-C'est donc vrai : cette vieille ch�re Emilie est sur la paille.

Elle loue sa lugubre demeure.

Elle en est r�duite � partager la maison du gardien avec sa bonniche.

Grandeur et d�cadence !

Dimitri Kochenko, collectionneur esth�te,

..l'homme scandaleux de ce village. Il en faut bien un, n'est-ce pas ?

Tout le monde me d�teste,

..�videmment.

Un �tranger au regard de braise...

Enfin un peu d'animation dans ce trou !

-Tu viens, Hector ?

Bonne journ�e, MM. -Bonne journ�e, Mme.

Alors, Lampion, o� allons-nous ?

-Laissez-moi vous accompagner.

C'est ici, MM.

Ch�re Ang�lique ! Ce pr�nom est fait pour vous, d�cid�ment :

..toujours fra�che comme la rose.

Sinistre, n'est-ce pas ?

-Ce M. a eu la gentillesse de...

-Justement, nous n'avons plus besoin de vous. Merci beaucoup.

-N'effarouchez pas la vieille dame, elle n'a jamais vu le loup :

..2 hommes dans sa maison, elle ne s'en remettra pas.

Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha ! Ha !

-C'est qui, ce triste sire ? -J'en sais rien, mais � l'�vidence,

..vous lui plaisez. -Quoi ?

J'ai l'air d'une tapette ? Mademoiselle...

-Je ne sais pas si tout ceci est tr�s convenable.

-Je vous demande pardon ? -2 hommes seuls dans cette maison !

Je pensais n'avoir qu'un locataire. -M. Lampion a eu un grave accident,

..je l'ai simplement accompagn�.

-Nous veillons, avec quelques dames, � pr�server ce village..

..de tout scandale. M�re m'a appris � d�noncer et � combattre le vice.

Ang�lique, voulez-vous prendre les manteaux de ces messieurs ?

-Je vais garder mon �charpe.

La maison est fra�che. -N'est-ce pas ?

En �t�, tout le monde envie sa fra�cheur. J'y suis n�e. H�las,

..les tracas de la vie m'obligent � la louer. Vous prendrez ma chambre.

Si vous le d�sirez, Ang�lique peut s'occuper de la maison,

..pendant la journ�e, moyennant un petit suppl�ment.

-Je suis tr�s ordonn�, ce ne sera pas n�cessaire. Merci.

-Si, il accepte. Combien ? -Pendant cette p�riode difficile,

..Ang�lique a la gentillesse de m'h�berger... 150 !

Ang�lique est une perle, et un peu l'�me de la maison.

-Voil�, 150.

...

Quel calme !

Je suis content d'avoir d�nich� cet endroit ! Musarder dans les bois,

..respirer la puret� de ce lieu... Je vous envie, Lampion, vraiment.

Bon, il est temps que je parte. -Emmenez-moi avec vous !

-Non, restez tranquille. Reposez-vous dans votre chambre.

-Elle est tellement froide...

-Ah bon ? Ang�lique ! -Oh non ! Commissaire !

-Ang�lique, vous ferez du feu dans la chambre de M. Lampion.

-Mlle, elle chauffe pas. -Pr�parez-lui un d�ner consistant :

..une viande rouge. -Mlle, elle mange une soupe.

-Pourvu que je la croise pas dans les couloirs, elle me fait peur.

-C'est une question..

..d'autorit� et de prestance. Entra�nez-vous, Lampion !

...

On entre.

-Je vous avais pas entendu entrer.

Klaxon.

Il fredonne.

...

-Ah !

-A quoi vous r�vassez, bon sang !?

-Je r�ve jamais. -J'ai failli vous tuer !

-Tant mieux ! -Et ce crapaud aussi.

"Le crapaud respirait toujours.

"Sans abri, sans asile, il rampait. On e�t dit que la mort,

"..difficile, le trouvait si hideux qu'elle le refusait." Victor Hugo.

Maintenant, �cartez-vous, il faut achever cette b�te.

-Non ! Non !

-Que faites-vous ?

O� allez-vous ? Ce v�lo ne marche plus !

Si vous me promettez de ne plus faire de b�tises,

..je ne dirai rien � personne. Mais il faut promettre, hein ?

Certaines maisons ont du charme, car elles ont une �me.

Celle-ci a �t� abandonn�e, mais elle est rest�e, comment dire...

-Vivante ? -Oui,

..peut-�tre. -C'est beau.

Je m'appelle Louise.

-Jean Larosi�re.

-C'�tait la maison d'un peintre. Il est parti il y a 5 ans.

On l'a jamais revu. -Les artistes sont des originaux.

Les dames du village n'aiment pas trop cela,

..n'est-ce pas ?

-Ce sont des sorci�res. -Ah ?

Bon !

Venez, je vous ram�ne.

-Maintenant que t'as fait ta petite affaire, tu te cavales ?

-Guite, je suis en retard, le patron m'attend.

On se voit demain !

-Tu peux toujours courir, la prochaine fois !

Lucien ?

C'est toi ? Arr�te, c'est pas dr�le.

Je dirai rien, je vous promets !

...

-Prenez soin de vous, Louise.

-Merci.

...

-Encore une.

-"T'as confess� � maman que les enfants de choeur..

"..tripotent ton tout petit goupillon ?"

-Je t'interdis de lire ces mensonges.

Je suis s�r que c'est ce d�prav�. -Dimitri Kochenko ?

Je ne crois pas, maman. Je l'ai vu lire une de ces lettres, ce matin.

Il �tait blanc de rage.

-Que ce monstre contre-nature en re�oive,

..c'est normal. Mais nous ? Moi ?!

-J'ai pas attendu qu'il se d�cide � venir manger.

J'y ai mis le plat sur la table : j'allais pas poireauter apr�s lui.

Faudra qu'il s'y fasse, le babache !

-On raconte que Guite se conduit mal,

..avec les gar�on. -Elle fricote avec le Lucien.

C'est pas le 1er ni le dernier. -Quelle honte !

...

Une porte claque.

Le plancher grince.

...

L'horloge sonne.

-Ah ! -Vous n'�tes pas couch� ?

Vous ne gu�rirez jamais, si vous menez une vie de patachon !

-C'est vous qui m'avez r�veill�. -Ca m'�tonnerait.

Je suis le policier le plus furtif de France. Allez ! Au lit !

Bon, o� vais-je dormir, moi ?

-Vous �tes revenu pour moi ? -Ne dites pas n'importe quoi.

Je m'inqui�te pour une jeune fille un peu trop seule.

La v�tre est plus accueillante. -Je peux dormir ici, patron.

-Certainement pas !

Je sais me sacrifier quand le devoir l'exige. Bonne nuit.

Le clocher sonne.

-Oh ! Pardon, commissaire ! Je savais pas...

-Veillez � n'utiliser que le c�t� gauche du lavabo, d'accord ?

Moi, je vais � la messe. -Vous allez � l'�glise ?

-Je compte observer les paroissiens du village en plein recueillement,

..et y lier quelques connaissances. -La jeune fille sera l�,

..n'est-ce pas, commissaire ? -N'allez rien imaginer.

Et cessez de m'appeler commissaire,

..nous sommes ici incognito !

-Comment doit-on s'appeler ? Jean ? Et vous, Emile ?

-Le mieux serait qu'on ne s'appelle pas.

D'accord ?

Chut !

Belle messe, n'est-ce pas, Mlle Dubreuil ?

-Je vous croyais reparti.

-Mlle Villiers. -Ravi. Jean Larosi�re.

-Rose, pour les amis. -Rose est une �me charitable.

-J'essaie de soulager la mis�re humaine. C'est une t�che ingrate.

-Tout le monde vient prendre le th� � la maison cet apr�s-midi !

Ne me dites pas que vous �tes pris, on s'ennuie toujours, le dimanche !

-Henriette, le moment est mal choisi.

-Il est id�al !

Evidemment, vous �tes invit�e, Mathilde, avec le p�re Hector.

Vous aimez la tarte � la rhubarbe ? -J'adore !

C'est aussi amer que la vie.

Nous pourrons dire du mal de tout le monde, comme d'habitude !

Ce v�tement vous donne une prestance extraordinaire.

C'est anglais, comme coupe ? -Qu'est-ce qui vous prend ?

-Incroyable ! J'aurais pari� qu'il s'agissait d'�paulettes.

Mais non, il n'y a que du muscle ! -Enlevez vos sales pattes,

..ou je vous casse la figure. -Ne me tentez pas, Jean.

A plus tard.

-Ce parasite s'impose partout. -Soyons charitables, Rose.

M�me si je reconnais que c'est parfois difficile.

-Eh bien, je vous attends � 16h !

-Seigneur ! Que cette pauvre enfant est disgracieuse !

-Bon, eh bien, � cet apr�s-midi. -A tout � l'heure.

-Excusez-moi, mon p�re.

Guite �tait pas � la messe ? -Non, toi non plus, d'ailleurs.

Comme d'habitude.

...

-Eh !

J'ai ramen� du saignant. Et y'a du courrier � la bo�te aux lettres.

-Un dimanche ? -Et alors ?

Y'a pas toujours besoin d'un facteur, ici. Hein, ma p�p�te ?

Bisou maman ! H� ! H� ! H� !

...

-Je les d�teste.

-Quand je suis triste, je lis des po�mes.

Apr�s, �a va toujours mieux.

Tiens, je te le donne.

-C'est vrai, Clara ? C'est pour moi ?

-C'est un accident de chasse.

-La respiration est sifflante, mais rien d'inqui�tant.

Inutile de garder votre �charpe. Je passerai refaire votre bandage.

-Vous �tes le seul Dr du village ?

-Oui.

-Tout �a est tr�s emb�tant.

-Qu'est-ce qui vous prend, Lampion ?

-Nous avons re�u une lettre un peu... Euh...

-Vous n'avez pas que des amis, ici.

-Absurde ! Je ne bois que de l'eau. -Et vous n'assassinez pas..

..vos patients. -C'est donc vrai !

Mon Dieu !

Dans ces conditions, je peux plus vous louer cette maison !

-Expliquez-vous, au lieu de jouer les pudibondes.

-Cet homme est-il toujours nu ?

-Emilie, je vous ai d�j� auscult�e, vous aussi.

-Qu'auriez-vous pens� si vous aviez re�u cette chose ?

M�re disait qu'il n'y avait pas de fum�e sans feu.

-C'est vrai.

-Lisez, Emile.

-"Ta salope de m�re..."

-Oui ? Continuez.

"Ta... doit se retourner dans sa tombe.

"Les 2 fornicateurs sodomites s'enfilent sur son lit de mort."

-C'est tout ? -C'est d�j� pas mal.

-Ma maison n'a jamais �t� m�l�e � un scandale. Je n'y survivrais pas.

-Emilie...

Ces lettres sont mensong�res. Faites comme moi :

..mettez-les au feu.

-Vous en avez re�u, vous aussi ? -Oui.

Dans la derni�re, ce d�traqu� s'en prenait � vous.

Mais je n'en ai rien cru, �videmment.

Vous n'�tiez pas �pargn�e non plus.

-Mlle !

-Charmant petit patelin.

-Mme, y'a pas de rhubarbe, en cette saison.

-Eh bien, nous mangerons des sabl�s.

-Si Guite n'arrive pas, je devrai en plus servir !

-Toujours une oreille qui traine, toi !

-On a gliss� une lettre pour vous sous la porte.

-De quoi je me m�le ?

De quoi je me m�le ?

-"M�fie-toi du boucher qui te soigne.

"Le poivrot n'en est pas � son 1er crime."

-Qui peut �crire de telles horreurs ?

-Vous �tes bien sensible, Lampion. -C'est les oignons. Y'en a assez ?

-Vous appelez �a des �pluchures ?

Ce n'est pas compliqu� de n'en retirer qu'une infime partie :

..comme �a.

-Vous croyez que c'est un ma�tre chanteur ?

-Non, il enverrait les lettres aux int�ress�s.

Ca, c'est le plaisir de nuire : une femme s�rement aigrie et frustr�e,

..comme il y en a dans tous les villages.

Instruite, vocabulaire recherch�, pas de fautes d'orthographe...

Le th� chez la femme du notaire risque d'�tre passionnant.

-J'esp�re qu'il y aura quelque chose � grignoter.

-Nom de Dieu ! Lampion !

-Je me sens bien mieux, maintenant. J'ai juste besoin de repos.

Je vais profiter de la douceur de cet endroit.

-Bonsoir, Louise.

-Ah ! Les charmes de l'homme m�r !

-C'est pas dans cette tenue qu'elle trouvera un parti.

-Qu'est-ce que l'apparence, si l'�me est pure ?

-Vous verrez, notre village est un havre de paix.

-Malgr� les lettres ? -Pardon ?

-Je parle de celles qu'un corbeau r�pand partout comme de la fiente.

-Ma m�re en a re�u une, ce matin. -Louise !

A vrai dire, j'avais oubli�. J'ai � peine lu la lettre,

..vu qu'elle concernait Mathilde. -Non ? Dites-nous !

De quoi pourrait-on accuser une personne si irr�prochable ?

-Comment le saurais-je, M. Kochenko ?

Ma lettre vous concernait. Elle dit que vous d�pouillez les morts.

-Quel horrible raccourci !

-Ces ragots me consternent ! Les lettres s'en prennent m�me � Rose,

..la plus m�ritante d'entre nous. -Quoi ? Je veux savoir..

..ce qu'a �crit ce cingl�. -Inutile.

-J'insiste !

-Il �tait question de vous et de Jeanjean, le chiffonnier.

-Ha ! Ha ! Trop dr�le ! Rose et l'ivrogne du village !

Ha ! Ha ! Quel tableau ! Cro-Magnon et la grenouille de b�nitier !

-Fermez-la, p�d�raste ! -Monsieur !

-Je vais me sentir mal... -Une gorg�e de th�, peut-�tre ?

Elle �touffe.

...

-Elle est morte.

Incroyable !

Il doit s'agir d'un poison tr�s violent. On dirait du cyanure.

-Il faut pr�venir la police.

-La police, c'est moi !

Commissaire Larosi�re. Et voici l'inspecteur Lampion.

L'enqu�te est en marche !

-Mais... On n'a pas pu la tuer ! Qui pouvait en vouloir � Emilie ?

-Il suffit de voir..

..� qui profite le crime : Emilie a refait son testament � l'�tude,

..cette semaine,

..en faveur d'Ang�lique, sa bonne. Qu'en pensez-vous,

..Larosi�re ? Enfin, commissaire. -Elle n'�tait pas vis�e isol�ment :

..n'importe qui aurait pu boire ce th�.

-C'est absurde, �a n'a pas de sens. -Au contraire, mon p�re.

Le corbeau est ici, dans cette pi�ce.

Il ne croasse plus :

..il tue !

Ecoutez �a : "Le Simonet n'a pas pu faire enfermer la dingue,

"..alors il va la crever."

-Nous avons affaire � un fou.

-Merci, Lampion. M�me diminu�, vous m'�tes d'une aide tr�s pr�cieuse.

-M�me si la vieille demoiselle avait des habitudes sp�ciales...

-Appelons un chat un chat : elle couchait avec la bonne.

-C'est tout de m�me pas une raison suffisante pour supprimer Emilie.

Ca peut �tre un crime passionnel : elle h�rite !

Ang�lique est capable de tout !

-Retenez que, pour l'assassin, un mort en vaut un autre. Tout est l�.

Peu importe qui buvait le th�. Il va continuer. Oui !

Il va continuer, Lampion.

-Qu'est-ce que vous foutez l�, vous ?

-J'envisageais de me reposer.

-C'est Mlle, qui repose ici, jusqu'aux obs�ques !

D�barrassez vos affaires ! C'est pas convenable,

..dans la chambre d'une morte.

Je vais vous faire une belle toilette.

-Cette maison doit valoir une coquette somme.

-Je l'ai pas tu�e ! Compris ?

Je vais vous mettre votre blouse pr�f�r�e. Elle vous va si bien !

Elle fredonne.

...

-"Mathilde, la bigote racornie au cul bouch�,

"..a accouch� d'un b�tard." Belle prose, hein ?

Dur d'imaginer Mathilde vivant dans le p�ch�, et pourtant...

Qu'avez-vous, Lampion ?

Vous ne dites rien ! -Elle va dormir dans ma chambre...

Dans le lit o� je dors. -Pourquoi vous chuchotez ?

-A cause de la pr�sence de la mort.

-Mangez ! Vous �tes aussi p�le qu'Emilie !

Concentrez-vous sur l'enqu�te.

Partons du principe que les accusations port�es sont vraies.

-Vous avez raison, �a me d�tendra. -Alors, que nous dit le corbeau ?

Que Jean Villiers boit. -Il boit que de l'eau.

-Et alors ? Qu'en d�duisez-vous, Lampion ?

-Que le corbeau ment ? -Non, il ne ment pas.

Seulement, ce bon Dr ne boit plus.

Ces gens respectables cachent des secrets honteux.

...

-Je peux pas, commissaire. -Enfin !

C'est pas votre 1er cadavre ! Voyez le bon c�t� des choses :

..cette femme ne ronfle pas. -Quand je dors avec quelqu'un,

..il est pas mort !

-Votre vie priv�e vous regarde. -Evidemment.

-Quoi ? Je ne vous juge pas ! -Non, mais vous �tes blessant.

Assez souvent, m�me.

-Pas du tout. A part Kochenko, je n'ai rien contre les homosexuels.

Il est 1h du matin, allez vous reposer.

-Je pourrai pas fermer l'oeil, commissaire. S'il vous pla�t...

Je sais pas si on devrait faire �a.

-Cessez de geindre. On la remettra en place demain, ni vu ni connu.

Vous restez de votre c�t�, d'accord ?

-Je ne bouge pas d'un pouce, patron.

Ils ronflent.

...

-Eh... Eh !

-D�sol�, je voulais pas, c'est parce qu'il y a un trou,

..au milieu.

-Taisez-vous, Lampion.

-Qu'avez-vous fait de la d�pouille ?

-A cause de vous, maintenant, on croit que je suis de la jaquette !

-C'est cocasse. -Vous faites tout de travers.

Vous trempez ! -Pardon ?

-Votre pain ! Vous le trempez !

Apr�s, �a d�gouline et �a fait des miettes gluantes au fond !

Moi, je ne trempe jamais ! -Moi aussi, �a m'�coeure,

..mais je laisse un petit fond. -Pendant que vous mangez,

..moi, je m'appuie la grand-messe : assis, debout, � genoux, encensoir,

..goupillon !

Tout le toutim, quoi ! Merci, Lampion, merci !

-Et voil� ! Merci, commissaire...

Les cloches sonnent.

...

-Vous n'avez rien de plus gai � faire, ce matin ?

-Je suis pas l� pour la vieille.

Vous m'aimez bien, non ? Vous m'avez d�fendue, l'autre jour.

-Oui... Bien s�r.

-Vous �tes le 1er � �tre gentil.

-Alors !

"Le 1er trou est creus� pour la vieille, tous les autres suivront."

Pour une fois, la lettre est sign�e :

.."Clara".

-A genoux, tous ! Implorons l'aide de Dieu !

-Ha ! Ha ! Ha ! -Ca suffit, esp�ce de cingl�e.

-Ha ! Ha ! Ha !

-Maman, je t'en prie, rel�ve-toi !

Nous devons accompagner Emilie aux portes de la vie �ternelle !

S'il vous pla�t, entrez.

-Pardon.

...

C'est elle, Clara ?

-Elle est revenue pour se venger. -Personne ne revient de l�-bas.

-Elle est revenue, et ils vont mourir de peur.

Ils n'y peuvent rien.

Vous non plus, M. le commissaire : on n'arr�te pas les morts.

Elle est belle, hein ?

-"Sur l'onde calme et noire o� dorment..

"..les �toiles, la blanche Oph�lia flotte comme un grand lys."

-On l'a retrouv�e l�, j'avais 14 ans.

M�me morte, elle �tait si belle... On aurait dit qu'elle dormait.

-Mourir � 20 ans !

-Ca te tient, hein ? Tu peux pas t'en passer !

-Ah !

Faites sortir le chien ! -Pourquoi ?

On est en famille, l� ! Toi aussi, tu couines comme une chienne.

Je vais t'en donner pour ton argent, ma cochonne.

-Ah ! Ah !

Ah ! Ah ! Ah ! Ah !

Ah ! Ah !

-Je viens souvent ici. Son p�re, on le voyait presque pas.

C'�tait un peintre, il s'appelait Malaverde. Il �tait un peu connu.

Il peignait l�.

Clara... Elle avait toujours un mot gentil, pour moi. Elle �tait...

Je sais pas comment dire. -Originale ? Libre ?

-Toutes les femmes..

..en crevaient de jalousie : les hommes bavaient quand elle passait.

M�me mon p�re.

-Vous avez froid ?

Vous n'aimez pas beaucoup votre p�re, n'est-ce pas ?

-Lui non plus, il m'aime pas. Il est toujours blessant,

..cruel...

Il voulait pas de moi, ma m�re non plus. On les a oblig�s � se marier.

...

-Louise !

Sans donner raison � votre p�re, on dirait que vous faites expr�s de...

-De quoi ?

-Votre cape est en loques, vos bas sont trou�s,

..c'est une catastrophe ! Et cette coiffure, �a pendouille...

Ca ne ressemble � rien. -Je m'en fiche !

Vous �tes comme les autres. Je vous d�teste !

...

-Que fais-tu ? Tu es devenu fou ?

C'est pas le moment de recommencer, que vont dire les gens ?

C'est une porcherie, ici. Guite n'est pas venue ?

-Fous-moi la paix ! Je me fiche de ce que les gens pensent !

-Regarde-toi pleurnicher ! T'es pas un homme, tu me fais honte !

-Va-t'en !

Et vire ces cr�tins qui attendent : le docteur, il re�oit plus !

Y'a plus de docteur !

-Hum !

Hum, hum !

Hum !

-Vous �tes l� depuis longtemps ?

-Un peu... Je savais pas s'il fallait vous r�veiller.

Je suis Lucien Bolet.

C'est vous, le policier ? -Inspecteur Lampion, oui.

-J'aimerais mieux voir le chef. Il est pas l� ?

-Non, le commissaire n'est pas l�. Revenez demain.

-C'est rapport � Guite.

C'est pas normal. -Guite, c'est votre petite amie ?

-Elle est introuvable !

-Vous vous �tes disput�s ? -Oui, mais avec elle,

..�a dure jamais longtemps. Je m'inqui�te pour elle.

On se fiche des bonniches, ici. Les gens disent, comme vous,

..qu'elle est avec un autre ! -Bon... O� elle loge, cette fille ?

-Que de secrets sont d�vers�s ici, n'est-ce pas, mon p�re ?

-Des secrets inviolables.

Je vous �coute. -J'aimerais vous entendre moi,

..mais il ne s'agit pas d'une confession, bien s�r.

-Un interrogatoire ?

-Non. Je voudrais que vous me parliez de Clara.

-Elle s'est noy�e.

-Je connais les faits. -C'est parfois dur � accepter.

Elle n'avait que 20 ans.

-Que pensiez-vous d'elle ? -Je ne sais pas trop qu'en dire,

..je l'ai tr�s peu connue. Je faisais mon s�minaire, � l'�poque,

..et je rentrais rarement chez ma m�re.

Je suis mauvais juge, bien s�r, mais Clara �tait tr�s belle.

Il y avait quelque chose en elle de tr�s vivant, de tr�s gai.

-Ca ne peut pas �tre un suicide ? -Non, certainement pas.

C'est ma m�re qui m'a appel� pour m'annoncer la triste nouvelle.

Je pronon�ais mes voeux, ce jour-l�.

Je prie souvent pour Clara.

-Quelqu'un est venu fouiller chez elle. Elle s'est peut-�tre sauv�e.

-Vous saviez que votre petite amie chapardait chez ses patrons ?

Elle crie.

Fracas.

-Ecartez-vous !

...

-Je l'ai vue tomber !

Je l'ai vue tomber !

-Ca va, Lampion ? -Je l'ai vue tomber !

-Henriette !

Oh ! C'est ma faute !

C'est ma faute. -Pourquoi vous dites �a ?

-Elle avait l'air � bout, ce matin, elle parlait toute seule.

J'aurais d� rester avec elle.

Elle a fait une tentative de suicide, il y a quelques mois.

J'�tais arriv� � temps.

Et voil�... C'est terrible.

...

-Le notaire a retrouv� les restes d'une lettre calcin�e.

Il semblerait que le corbeau ait accul� cette femme au suicide.

Buvez, Lampion.

Lentement !

-Je sais qu'elle �tait fragile des nerfs, mais cette image m'obs�de !

Je sais pas pourquoi, mais j'ai lev� les yeux, et je l'ai vue.

Le corps qui bascule et qui tombe.

Un autre.

-Je ferme toujours la petite porte � cl�, depuis que des gamins..

..sont mont�s l�-haut.

-O� est cette porte ? -Derri�re l'�glise.

Elle m�ne au clocher. Et aujourd'hui, elle �tait ouverte.

-Mais �videmment ! J'arr�te pas de la voir tomber !

-Vous avez trop bu, Lampion. -Je vois clair, commissaire !

Comme de l'eau de roche ! -Vous voyez double, surtout.

-J'ai vu Henriette tomber � la renverse.

Elle avait les mains tendues, elle est tomb�e de dos. On l'a pouss�e !

-Et, pendant que je me pr�cipitais vers le corps disloqu�,

..l'assassin a fui par la petite porte.

La lettre n'a servi..

..qu'� attirer Henriette l�-haut. -Elle a br�l� la lettre.

H� ! Tu parles ! Ha ! Ha ! Ha ! -C'est pas possible.

2 meurtres ? 2 femmes mortes assassin�es ?

-Et une disparue !

Une disparue ! La petite bonne : Guite !

-Et c'est maintenant que vous me le dites ?

-Oh !

Oh l� l� !

-R�fl�chissez, Lampion.

-Elle a pas fait le service durant le th� chez Simonet.

Elle avait donc d�j� disparu dimanche.

Kochenko l'a pas vue non plus... Il �ternue.

-Vous allez attraper la mort. -Non, l'air frais me fait du bien.

Elle a d� �tre surprise en flagrant d�lit de vol, et elle a fui !

-Non. Vous �tiez brillant, tout � l'heure.

Mais 2 fois par jour, c'est trop demander. Je suis inquiet.

-C'est gentil, mais je vais mieux.

-Je ne parle pas de votre so�lographie !

Voil� une jeune femme qui a le tort de fouiner partout !

Il faut la retrouver, vite !

-Quelle id�e saugrenue ! J'emploie cette fille de temps en temps,

..uniquement pour r�curer : personne ne touche mes oeuvres.

Comment saurais-je o� la trouver ?

Elle est si insipide que je la croiserais sans la reconna�tre.

Mais je n'oublierai pas ce que j'ai vu l'autre jour.

-Une allusion et je vous assomme. -Inspecteur,

..cet objet est fragile, merci.

-Guite a en commun avec vous le fait d'avoir commis des larcins.

-Je ne me laisserai pas insulter chez moi ! J'en ai marre, de...

Fracas.

-Quels rapports aviez-vous avec Clara ?

-Aucun. Je me suis install� ici il y a 2 ans. Je ne sais rien.

-Qu'avez-vous vol� au peintre ? -Les objets s'ab�maient.

Tout �tait � l'abandon : je leur ai redonn� vie.

On ne peut pas parler de vol. -Vous me faites penser..

..� un charognard. Alors ? -La t�te, l�-bas,

..et un vase, sur le gu�ridon. Ne touchez plus � rien !

Merci. Une toile, dans ma chambre.

-La chambre, c'est par l� ?

Ca aussi, c'est une toile. -Oui, mais elle est moins r�ussie.

Il doit s'agir d'un autoportrait de Malaverde, j'imagine...

-Vous �tes un sale type, Kochenko, mais vous avez du go�t.

Je d�teste ce p�d�. Enfin... Cet homosexuel.

-Ca, il est pas tr�s reluisant, mais il est pas p�d�.

-Qu'en savez-vous ?

-Je le sais, c'est tout.

-Ah oui ! Vous savez de quoi vous parlez. Joli, le coup du vase !

-Pardon ?

-Oui, �a l'a d�stabilis�, et il a craqu�.

-Il m'a tout bonnement �chapp�. -Bravo quand m�me !

-C'est tout de m�me bizarre.

-Quoi donc ? -Aucune lettre n'accuse Henriette,

..alors pourquoi a-t-elle �t� tu�e, elle aussi ?

-Je commence � croire..

..que la maladie a d�velopp� un espace inconnu de votre cerveau.

Tout est l�, sous mon nez, et je n'ai rien vu.

-Ah !

Buvez, �a vous r�chauffera.

-On a envoy� mes fr�res chez ma grand-m�re, et mon p�re..

..est enferm� dans son bureau avec cette sainte-nitouche de Cl�mence.

Je savais pas o� aller. -Vous avez bien fait, mon petit.

-Maman m'aimait pas, mais c'�tait pas sa faute.

Elle �tait malade.

Et maintenant, elle est morte !

J'aurais pu l'en emp�cher.

-Vous ne pouviez rien faire, Louise,

..je vous le promets. Vous voyez quelque chose..

..qui pourrait la relier � la mort de Clara ?

-Non.

Elle �tait m�me pas l� quand c'est arriv�.

Elle faisait une cure, dans un h�pital.

Elle, elle m'avait dit qu'elle partait en vacances.

-Pleurez, pleurez, �a soulage.

...

Louise,

..il faut manger.

-Vous �tes tellement gentil. -Pas toujours.

D�sol� de vous avoir bless�,

..l'autre jour.

-De toute fa�on, je sais bien que je suis moche.

-Mais non. Regardez-moi.

Vous �tes belle. Simplement, vous ne le savez pas.

Vous vous sentez assez forte pour r�pondre � quelques questions ?

Apr�s, je vous demanderai un service.

-Je ferais n'importe quoi, pour vous.

-Bonjour, M. Simonet. Non, restez, Mlle Cl�mence. Vous aussi, Louise.

Quel dommage que votre femme ait br�l� la lettre du corbeau.

Etrange... Pour quelle raison, � votre avis ?

-Je n'en sais rien. Ma pauvre femme �tait d�rang�e.

-Elle vous a confi� quelque chose ? Vous �tiez presque de la famille...

-Non, rien.

-Cl�mence n'a pas vu partir Henriette.

Nous avons pass� un long moment dans mon bureau,

..pour des probl�mes d'intendance. -Dans notre jargon,

..nous appelons �a un alibi. Pourquoi en auriez-vous besoin ?

-Qu'insinuez-vous, commissaire ? Cette enqu�te n'avance pas !

Vous pi�tinez ! Vous attendez qu'il nous assassine tous un par un ?

-R�ussir un crime parfait,

..c'est comme un tour de magie : il faut obliger les autres..

..� regarder ailleurs.

-Les d�sorienter. -Exactement :

..cr�er un leurre. O� est votre manteau ?

-Pardon ?

-Celui que vous portiez hier, o� est-il ?

-Il est l�, sur le canap�.

-C'est de la qualit�.

Le mien est si us� que, forc�ment, quand il pleut, je m'enrhume.

Oh ! Il manque un bouton ! -Et apr�s ?

Que voulez-vous que �a me fasse, bougre d'�ne ?!

-Il va falloir le remplacer.

Voyons dans la doublure... -Inutile, inspecteur.

Vous �tes chanceux,

..je l'ai retrouv�. Et vous ne devinerez jamais o�.

En haut du clocher. Le corbeau n'a pas pouss� votre femme au suicide :

..il ne lui a jamais �crit. Vous l'avez pouss�e.

En tombant, elle a tent� de se raccrocher � quelque chose,

..mais vous n'avez eu aucune piti�.

-C'est ridicule, j'aimais ma femme. Et je vous l'ai dit :

..j'�tais avec Cl�mence, au moment du meurtre.

-Vous confirmez, Mlle ?

-Sachez qu'un faux t�moignage vous rendrait complice d'un crime.

-Soyez pas impressionn�e, ils ont aucune preuve.

-Je suis d�sol�e, Andr�.

J'�tais seule avec les enfants. Il est sorti juste apr�s Mme Simonet.

-Cl�mence...

-D'un c�t�, une femme qui vous empoisonne la vie,

..de l'autre, la belle Cl�mence.

La mort d'Emilie Dubreuil a �t� le leurre que vous attendiez :

..on croirait � un nouveau crime du corbeau.

-Cl�mence,

..je l'ai fait pour vous. -Non, j'ai pas voulu �a.

J'ai pas voulu qu'il la tue.

-Lampion.

...

Je vais consulter le dossier de Clara Malaverde, � Lille.

Voyez si vous ne trouvez pas un indice dans la maison abandonn�e.

Coincer Simonet ne suffit pas :

..le corbeau court toujours.

-J'esp�re avoir autant de chance que vous : sans ce bouton,

..pas de preuve. -Il n'y avait pas de bouton,

..dans le clocher. -Quoi ?

Comment l'avez-vous eu ? -Je ne suis pas fier de moi,

..mais je n'ai pas eu le choix. -Louise.

-Au revoir, Lampion.

Au revoir !

-J'ai dit � Cl�mence de d�guerpir. Vous l'avez pas arr�t�e..

..parce qu'elle est jolie ? -L'adult�re n'est pas un crime,

..et elle n'est pas si jolie que �a.

-Au moins, elle a pas le nez rouge quand elle pleure.

-Ne soyez pas si triste, Louise... Prenez �a.

Je vous emm�ne ! Lille, vous connaissez ? Allez, montez !

...

-M. Larosi�re ! Nous avons re�u les derni�res chemises de chez Belin !

-Je suis venu pour ma ni�ce, Louise. Elle a besoin de vous !

Vous avez carte blanche. -Mais il y a tout � faire !

-Justement, je vous la confie. Trouvez-lui un bon coiffeur.

Mettez tout �a sur mon compte. Merci ! A tout � l'heure, Louise.

-Regarde, elle a un nouveau manteau.

-Voil�, M. -Merci beaucoup.

"Interrogatoire de M. Malaverde."

"Clara adorait la vie, je ne l'ai jamais vue aussi heureuse.

"Ma fille nageait parfaitement, elle n'a pas pu se noyer."

...

-Police !

Arr�tez ! Police !

Police ! Arr�tez !

Police !

Ah !

Il est essouffl�.

...

...

...

-M�me morte, elle �tait si belle. On aurait dit qu'elle dormait.

Vous n'aimez pas !

-Mais si, au contraire ! Vous �tes d'une beaut� surnaturelle !

-C'est gr�ce � vous.

-Les pr�tendants vont se bousculer. -Je n'aime pas les hommes jeunes.

Vous venez ? -Oui.

-Qu'y a-t-il, le chien ? O� tu vas, v�role ? Viens ici !

Eh ben ! Il en tient une bonne aussi, lui !

-Vous partirez,

..quand vous aurez eu le coupable ? -Je suppose, oui.

-Et que me direz-vous ? Que vous ne m'oublierez pas, c'est �a ?

-Je ne vous oublierai pas. Mais vous, si. Et c'est bien.

Il fait quoi, cet imb�cile, l� ?

Pousse-toi !

Il klaxonne.

-C'est l'inspecteur ! On l'a tu�, aussi !

-O� est le docteur ? Vite ! Il se vide de son sang, aidez-moi !

-Jean ! Jean !

-Bon, faites du caf� tr�s fort.

Allez !

-Me touchez pas !

-La ferme, ou je vous noie ! -Ah ! Hou !

La blessure s'est rouverte, il a perdu beaucoup de sang.

C'est grave. Il s'en sortira pas sans transfusion.

-On a le m�me groupe.

Essayez de trouver la veine du 1er coup.

Le docteur tremble.

...

Quel idiot j'ai �t�, de l'envoyer l�-bas. Je me pardonnerai jamais..

..d'avoir risqu� sa vie.

-Vous vous entendez bien ? -Plus que �a. Il est de ma famille,

..c'est un petit peu le fils que j'ai jamais eu.

J'ai mauvais caract�re, je le houspille souvent,

..mais je voudrais personne d'autre � mes c�t�s.

Il est tout ce que je ne suis pas, il est sensible,

..attachant...

Sortez-le de l�, docteur, je vous en prie.

-Faut que je le recouse, votre ami. -Quoi ? C'est pas la 1re fois..

..que vous op�rez so�l ?

-J'ai commis une erreur, �a vous est jamais arriv� ?

-Non,

..et je n'ai tu� personne.

-Le pouls est faible, mais il devrait s'en sortir.

Bon, commissaire...

-Villiers ! Vous n'avez rien � me dire ?

-Apr�s tout, je m'en fiche ! A l'�poque, je buvais beaucoup.

La femme avait chut� dans les escaliers : des c�tes f�l�es...

J'ai fait un bandage serr�, comme celui-l�. Je suis rentr� chez moi,

..pour boire. Mais voil�, la rate avait �clat�, et elle est morte..

..dans la nuit. J'aurais d� voir que la tension chutait !

Une h�morragie interne !

Elle aurait peut-�tre pas surv�cu, mais j'aurais d� l'op�rer !

Je l'aurais sauv�e, moi : je suis un bon m�decin.

-Sans doute. D'ailleurs, � ce propos :

..� quoi ressemble le visage d'une noy�e apr�s plusieurs heures ?

Pas beau � voir, non ? Bleui, boursoufl�... C'est �a ?

-Oui, affreux.

...

-Qu'est-ce qu'il fait ?

-Il a ordonn� qu'on exhume le cercueil de Clara.

-Quelle honte !

-Il demande une contre-autopsie.

-Prions pour le repos d'Henriette,

..et celui de Clara, aussi.

-Je suis d�sol�, vu les circonstances, de vous ennuyer.

-Ca ira, commissaire. Je pr�f�re ne pas penser.

-Vous �tes venue ici quand la maison �tait habit�e,

..je veux savoir ce qu'il y manque aujourd'hui.

-Jean ?

-Non ! Restez o� vous �tes !

-Ah !

-Le cr�ne fracass�. Buvez, Lampion.

-C'est bon.

-Oui, j'ai ajout� du c�leri, pour donner du go�t.

-Pourquoi la tuer ? Elle n'avait pas re�u de lettre.

-Non, mais elle en avait vol� et cach� une dans son jupon.

"Clara, mon amour.

"Ces moments pass�s ensemble pr�s de notre �tang sont inoubliables.

"La vie sans toi est insupportable. On pourrait croire que le bonheur..

"..nous est interdit, mais crois en moi, je t'en supplie,

"..patiente encore.

"M�me si les cons�quences sont terribles, je ferai ce qu'il faut..

"..pour que nous ne soyons plus jamais s�par�s.

"La lumi�re se fraie un passage pour �clairer la v�rit�,

"..elle ne sera pas belle.

"Je t'aime comme tu m'aimes."

Lampion ! Le rapport d'autopsie !

C'est quoi ? -Quelques notes, mes r�flexions,

..mes DSI. -Vos quoi ?

-DSI : D�tails Sans Importance. -Vous m'�patez toujours, Lampion !

Alors allez-y, je vous �coute. -J'ai trouv� cette chambre �trange,

..spartiate, trop sobre : un lit, un vieux fauteuil sans valeur,

..pas de superflu, rien d'eff�min�. Ca ne colle pas avec vous,

..M. Kochenko. -Formidable !

Nous voil� tous r�unis..

..pour parler d�coration !

-Chaque d�tail compte, voyons ! Comme la n�gligence du Dr Villiers,

..par exemple.

-Vous voulez d�terrer d'autres cadavres ?

-Cette femme est morte un jour avant Clara.

Et elle travaillait chez vous, Mme. -Et apr�s ?

-Bien ! Tous ces souvenirs ne me concernent pas.

Pouvez-vous aller parler de tout cela ailleurs que chez moi ?

A moins que vous ayez encore un d�tail capital � nous confier ?

-Certainement : Clara n'est pas morte noy�e.

-Impossible. -On l'a jet�e � l'eau,

..apr�s l'avoir frapp�e � la t�te.

Quelle �tait sa faute ? Son p�ch� ? Elle avait aim� ! Passionn�ment !

Vous avez toujours voulu que votre fils soit pr�tre, n'est-ce pas ?

-Oui, pourquoi ? -Il a fallu vous battre,

..pour �lever un enfant sans p�re, pour cacher cette honte.

-Le p�re d'Hector a �t� emport� par la grippe !

-Ca suffit, maman.

Je suis n� sans p�re, mais je n'ai aucun reproche � faire � ma m�re.

-Elle vous a pourtant..

..emp�ch� de vivre.

Elle a fait de vous un pr�tre pour effacer sa faute.

-Foutaises !

Hector a toujours eu la vocation. -Jusqu'� ce qu'il rencontre Clara.

C'est � vous, n'est-ce pas ?

Vous l'aimiez au point de renoncer � vos voeux.

Vous l'avez tu�e !

-Non... Non !

C'�tait un accident.

Hector, je ne te reconnaissais plus.

Tu �tais devenu fou.

Je voulais juste la raisonner, qu'elle laisse mon fils tranquille.

Elle a ri, elle a dit que j'�tais une vieille grenouille de b�nitier,

..qu'ils allaient partir, tous les deux...

Je l'ai frapp�e !

Elle est tomb�e...

Hector, ne me regarde pas comme �a.

-Ca devait arriver.

Cette fille allumait tout le village !

Emilie l'avait pr�venue ! Mathilde �tait boulevers�e : on l'a aid�e.

Jean a sign� le permis d'inhumer. -Et Mathilde n'a rien dit,

..pour la mort de sa cuisini�re.

-J'�tais so�l, quand les 2 sorci�res sont venues me voir.

Je l'aimais bien, cette gosse.

-Ordure ! Ordure !

-On ne se fait pas justice, quelle que soit la souffrance,

..M. Malaverde !

J'ai demand� justice pour Clara !

Personne ne m'a cru ! La police ne m'a pas �cout� ! Vous l'avez tu�e !

Je vous hais tous ! Aves vos mis�rables secrets !

Vous n'�tes que de la merde ! Je veux tous vous voir crever !

Un par un !

-C'est l'inspecteur Lampion, qui m'a permis d'y voir plus clair.

-Ca aussi, c'est une toile. -Oui, mais elle est moins r�ussie.

C'est un autoportrait de Malaverde.

-Malaverde, le p�re de Clara, et Dimitri Kochenko ne font qu'un.

Vous n'avez jamais cru � la noyade de votre fille. Fou de douleur,

..vous �tes revenu vous venger. -Non !

Je suis l'homme scandaleux du village. Il en faut bien un, non ?

-Personne ne vous a reconnu. Vous avez commenc� � leur envoyer..

..des lettres anonymes, mais �a ne suffisait pas.

Alors, vous avez mis du poison dans une tasse, au hasard.

La derni�re lettre du corbeau est sign�e Clara.

Ils ont tous trembl�,

..en entendant son nom. -A genoux, tous !

-Mais croyez-vous que votre fille vous aurait gard� son amour ?

Qu'elle vous aurait laiss� briser le cr�ne d'une bonne trop curieuse,

..sans vous ha�r ?

-Elle fouillait partout. Elle m'avait reconnu.

-Personne n'a rien dit ?

Vous saviez tous comment Clara est morte, et personne n'a rien dit ?

-Oui. Mathilde a tu�, mais le village est coupable.

Il faut que la surface du cloaque reste toujours lisse,

..que personne ne sache ce qui se passe derri�re les portes closes.

C'est facile :

..il suffit de clouer un cercueil et de se taire.

...

Lampion !

Je vous attends ! -Ouais !

-Faudra en parler autour de vous, hein !

Bisou !

...

-Allez, va-t'en.

-Attendez-moi, j'en ai pour 5mn.

-Vous coupez pas le moteur ? -Non.

-Vous partiez sans me dire au revoir ?

-Je pr�f�re avoir des regrets que des remords.

-Et vous en aurez ?

-In�vitablement.

Au revoir, Louise.

Quoi ? -Rien ! Rien du tout !

-C'est le mot : il ne s'est rien pass�. Rien.

-En tout cas, je suis pas m�content de retrouver mon petit chez moi.

-Vous avez raison, Lampion, les vacances, � la longue, �a lasse.

Sous-titrage MFP.

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