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LUCIA ET LE SEXE
Excuse-moi pour ce que je t'ai dit en partant.
Oui. Mais t'as raison.
Tu vis avec un malade.
Non, ce n'est pas vrai.
J'ai été trop dure.
Ce n'est rien Lucia, c'est comme ça.
Je suis dans un trou et je n'arrive plus à en sortir.
Je me suis perdu à jamais.
Je demande un congé et on part
sur ton île.
Tu me la feras visiter, OK ?
On sera tous seuls à cette époque de l'année.
On pourra se baigner et bronzer !
Je ne veux pas y aller.
Mais t'as toujours voulu y retourner.
Ne t'inquiète pas, mon amour.
Écoute, reste éveillé
et ce soir tu me racontes tout.
Tu peux tout me dire.
Il s'est passé quelque chose, là-bas ?
C'est ça ?
Désolé, je ne peux pas te le dire. Jamais !
Il vaut mieux que tu ne saches rien.
Vite, c'est plein à craquer !
Je dois te laisser.
C'est plein, mais...
Oui, plein à craquer. Salut !
Je pars. Lorenzo a besoin de moi.
À ta place, je le traînerais chez un psy.
Lorenzo ?
Lorenzo Alvarez habite ici ?
Oui.
Vous êtes une parente ?
Je suis sa copine, pourquoi ?
Je suis policier.
J'ai une mauvaise nouvelle à vous annoncer.
Ne m'attends pas, je ne sais pas si je reviendrai.
Une voiture l'a heurté de plein fouet.
Je ne sais pas où je vais, très loin. Je te laisse tout,
sans moi. C'est tout ce que je te demande.
Je vais vivre seule.
Sans personne.
Je n'ai pas besoin des gens.
Vous avez choisi ?
Vous venez d'où ?
De Malte.
Je connais. C'est au cur de la Méditerranée.
C'est toujours plein de monde, là-bas !
Alors ?
De la paella.
Désolé, on n'en a pas pour une personne.
Excusez-moi !
Je suis désolée.
Seule,
une insolation, seule.
De l'eau, non ! Une insolation, oui !
Seule,
insolation, seule.
Seule, toute seule...
LE SEXE
6 ANS AUPARAVANT
Le meilleur coup de ma vie
et je ne sais pas ton nom.
C'est mieux, ça évite les problèmes.
Un indice, alors...
Quelque chose. Moi, ça me plairait.
En souvenir. T'es d'où ?
De Madrid.
Je suis de Valence.
Un autre.
Deux indices chacun et on se quitte.
Je suis experte en paella.
- C'est normal ! - Pas tant que ça.
T'as baisé avec une pro de la paella.
C'est vrai, c'était délicieux.
Bien sûr !
Mais t'as forcé sur le sel.
Et ton indice ?
Voilà...
- Dis-moi. - Je suis né à Madrid.
Aujourd'hui.
Environ à cette heure-ci.
C'est ton anniversaire !
Oui.
L'anniversaire de mon Madrilène !
Tu le fêtes bien, hein ?
Je suis ta pro de la paella, ta Valencienne et ton cadeau.
Ça fait trois choses !
J'en sais que deux sur toi.
Je vais trouver la 3e, OK ?
J'ai appelé toute la matinée.
C'est pas ma faute s'il est occupé.
Et c'est la faute de qui ?
Du travail.
Qu'il travaille moins.
J'appellerai plus tard.
Il ne peut toujours pas.
Je peux laisser un message ?
Bien sûr, je lui en ferai part.
Il se trouve que je suis enceinte.
Il n'est pas de lui, il n'en veut pas, mais je m'en fous.
Donc, je pars chercher le père.
Vous partez ?
Oui, mais je vous donne un indice à tous les deux.
Il ne vit pas à Valence.
Allez, un autre indice.
Je pars immédiatement pour... Madrid !
Ils t'avancent 20 % du salaire de ton 1er roman.
- Je n'ai pas eu mieux. - C'est bon, merci.
Avec ça, je tiens l'hiver et en été, je sors le 2e.
Vraiment ? Depuis 2 ans, t'as rien écrit.
Je remets en question l'écriture.
L'écriture ?
Tu sais rien faire d'autre !
Reprends donc cette histoire sur l'île.
Avec la Valencienne ?
Pourquoi pas.
Je vais acheter des clopes.
Mets-y beaucoup de sexe, ça plaît toujours.
Oui, beaucoup.
Je peux vous parler ?
- Maintenant ? - Ou plus tard.
Je ne suis pas seul.
C'est pour quoi ?
Eh bien...
Vous avez un problème ?
Oui.
Dites-moi.
Maintenant ?
Oui.
Comment vous appelez-vous ?
Et moi, Lorenzo.
Je sais.
Je vous connais.
J'ai lu votre roman.
Plusieurs fois. J'ai rien lu depuis.
Ça m'a pris aux tripes
et ça ne me lâche plus.
Je vous suis dans la rue,
quand je vous vois.
J'aime marcher derrière vous, savoir où vous allez,
sans que vous me voyiez.
Je sais même où vous habitez.
C'est près d'ici.
Et je vous observe dans ce bar.
Vous me reconnaissez ?
Je suis serveuse,
dans ce restaurant.
Vous n'êtes jamais venu.
Mon patron est cool.
C'est un bon cuisinier.
Il veut vivre avec moi.
Et en fait...
ça me plairait
parce que... il a besoin de moi.
Il me plaît un peu.
Aussi,
j'ai décidé...
Quoi ?
C'est avec vous que je veux vivre.
Pas parce que vous êtes seul,
mais je suis amoureuse de vous.
Folle amoureuse...
Vous avez du cran !
Oui.
C'est fait, je l'ai dit.
Ça vous a plu ?
Allez-y si vous voulez.
Vous voulez autre chose de moi ?
Oui.
Qu'avec le temps
et la vie de couple,
vous finissiez par tomber amoureux de moi.
C'est fait, Lucia.
On part fêter ça tout de suite.
Elles sont belles, tes lumières !
Comme je suis heureuse !
Déshabille-moi.
Excuse-moi.
Je n'ai pas l'habitude de ça.
Fais de moi ce que tu voudras.
Tu commences, d'accord ?
Doucement...
avec amour. Ce n'est que le début.
Il ne faut pas l'user trop vite.
Je meurs !
Mon amour,
j'en peux plus !
Je vais mourir !
Qu'est-ce que c'est bon !
Attends de voir le poisson qui arrive.
Mon entourage a toujours su cuisiner.
Je sais pas comment je fais.
Mais mon patron ne m'entoure plus !
Ma mamie, si, avec sa cuisine traditionnelle...
juste pour moi.
J'ai vécu avec elle à 6 ans,
quand mes parents et ma sur
ont ouvert une papeterie au ciel
en face d'une école d'anges.
Librairie-papeterie ! La leur n'était pas rentable.
Un jour, ils sont partis en voiture.
Ma pauvre mamie, ça fait 2 ans...
Elle me l'a si bien raconté
que j'y crois encore. J'aime les gens inventifs.
Ils me rassurent.
Et toi ?
Tu cuisines grâce à ta mère ?
Elle a quitté mon père très vite.
J'ai cuisiné pour lui jusqu'à ce qu'il se fasse tuer.
Je suis nulle
en cuisine, mais merde, je suis serveuse !
J'ai un appareil photo.
Et le strip-tease ?
Je le fais sans bouger d'ici si tu le fais après.
T'oseras pas.
Qu'est-ce que tu veux ?
Je le savais bien. J'ai ce que tu veux.
Sache que tout est en règle.
Sache que mes comptes sont en règle.
J'ai qu'une carte
et un flair de chienne.
C'est clair que si je trime,
c'est pas pour rien. Je vais pas me crever pour rien.
Je me suis matée
et j'ai trouvé en quoi je serais douée.
Je me démerde, je me démerde.
Je suis une nana dégourdie.
Fais monter la passion et le truc.
Je compte les minutes.
Lorenzo, mon amour.
J'en peux plus...
Je vais mourir à force d'amour.
Je meurs !
Je meurs !
Arrêtez de crier, vous exagérez !
Poussez.
Allez.
Un peu plus.
Encore un peu.
Ça y est !
- Je préviens le père ? - Oui, bien sûr !
Vous voyez, ça sert à rien de crier.
Il n'y a personne.
Tant pis, ma fille m'aidera à le trouver.
Et avec les autres filles,
c'était mieux qu'avec moi ?
Dis-moi la vérité.
Peut-être une fois, une seule fois,
mais c'est différent.
Cette fois-là, c'était sur l'île ?
Oui.
Facile !
Une inconnue,
à la pleine lune.
On devrait y aller, séparément,
et nous rencontrer comme des inconnus.
On tirerait le coup du siècle.
Que préfères-tu ?
Tirer un coup sauvage avec une inconnue,
ou avec quelqu'un de connu,
que t'aimerais, mais sauvage aussi ?
Comment ça ?
Tu dois choisir :
soit un coup sauvage avec inconnue
soit faire l'amour avec sauvage connue,
folle de toi et toi d'elle, bien sûr.
- Sois franc. - Avec toi.
Enfin !
Je ne m'y attendais pas.
Je te croyais réservée aux hommes
dans ton genre.
Tu es un cadeau.
Le restaurant devint à la mode
grâce aux paellas de cette fille
qui pensait à sa mamie enterrée près de ses parents.
Aux clients intéressés, elle se disait timide
car elle était de Malte.
Un soir, son destin changea
quand un vrai Maltais la félicita.
Un rayon de soleil,
m'a envoyé ton amour
Un rayon de soleil,
dans mon cur.
- Salut. Ça va ? - Très bien.
Je m'adapte à cet air si pur.
Ici, on s'adapte très vite.
Cette île est simple.
Et t'es un pro,
bien sûr.
T'as de l'oxygène.
En été, je louerai du matériel de plongée.
Je l'essaye en ce moment.
T'aimes la plongée ?
Non, au contraire !
Excuse-moi,
mais je préfère l'air
et le soleil.
Quel dommage.
Ces eaux sont exceptionnelles.
Chacun son truc.
En réalité, ce n'est pas une île.
Ah non ?
C'est un couvercle,
un bout de terre qui flotte.
Comme un radeau.
Mais,
ça ne bouge pas.
Ici, la tempête donne la nausée.
On ne sait pas pourquoi.
À part toi.
J'ai plongé partout sous l'île.
Elle est entièrement creuse,
avec des milliers de grottes.
Mais rien... Pas une seule roche
qui l'unisse au fond de la mer.
Comment tu t'appelles ?
Carlos.
Moi, c'est Lucia.
Fais-moi confiance,
je te montrerai ça.
D'accord.
Mais je reste en haut.
D'accord.
La fille, du bon côté
et le crabe, du mauvais.
Le côté rugueux
et horrible.
Tu veux connaître
cette île ?
Oui.
Je vais te présenter Hélène.
Je suis Hélène.
Tu restes dîner ?
D'accord.
Tu peux dormir aussi, c'est une pension.
C'est mon seul hôte. Il me reste 9 chambres.
Tu veux les voir ?
Viens.
Voici la mienne.
Je cuisine en dialoguant sur le Net.
Entre.
Excuse-moi.
Je ne veux pas entrer dans la vie des autres.
Je sais celle qui va te plaire.
Elle est faite pour toi.
Viens.
Le 2e étage reste vide jusqu'à l'été.
3000 pesetas par jour.
Je baisse à 2000, plus 2000, pension complète.
Je suis la meilleure cuisinière de l'île.
Je peux rester cette nuit sans dîner ?
Demain, on en reparle.
Bien sûr.
J'ai vécu une chose horrible et j'ai dû fuir.
Ici, on va s'occuper de toi.
Un rayon de soleil
dans mon cur.
Il arriva et me donna ton amour,
que j'ai tant cherché
et que j'ai enfin trouvé.
J'ai une hôte
qui chante à merveille.
Je vais donc cuisiner encore mieux.
Si c'est possible.
Je peux dire ton prénom ?
Mon prénom ?
Oui, Lucia.
Tu l'écris ?
Je l'ai pas envoyé.
Tu peux le changer, si tu veux.
Sur le Net, on a tous un pseudonyme.
C'est Lucia, un...
Un quoi ?
Un rayon de soleil.
Ça te va ?
Parfaitement.
Regarde,
c'est pour toi !
"Chante, Lucia."
Un rayon de soleil...
dans mon cur.
"Bienvenue, Lucia, tu chantes bien.
"Où es-tu ?"
Chaque jour plus ici que là-bas.
Ça me plaît.
Ça plairait aussi à Carlos.
Il est ici depuis 6 mois, mais il n'arrive pas à oublier.
Mais il inspire confiance.
Il y a quelque chose entre vous ?
Que du sexe.
De temps en temps.
On préserve notre intimité,
comme ça il me plaît plus et je ne m'attache pas.
Que du sexe, sauvage !
Sur cette île, c'est possible.
Oui, mais...
Carlos a le sexe le plus gros que j'ai jamais vu.
Quelle chance !
Je sais pas d'où il le sort. C'est mortel.
Je t'attends.
- T'en es où ? - Quand elle veut avorter.
Qu'est-ce que ça veut dire ?
Va te balader.
C'est ce que je fais.
Oui, mais dehors.
On dirait un accouchement.
Exact.
Et tu es la mère.
Le roman est très positif et plein de bonheur.
Mais je m'attendais à une tragédie,
comme dans ton 1er roman.
J'aurais dû le lire pendant que tu écrivais
pour me faire à l'idée.
J'ai mal fait, je regrette.
Je vais me balader.
Je n'ai pas touché ton cur
puisque je suis déjà dedans.
Tu te souviens de l'anniversaire sur l'île ?
Quel cadeau t'as eu !
Prépare-toi,
car ce soir, je vais t'en offrir un sacré.
Tu te lances !
Tu sais, ma sur,
l'infirmière ?
Elle est devenue l'amie d'une patiente,
il y a 4 ans, après l'avoir aidée à accoucher
d'une petite fille.
En parlant de filles,
comment va ton roman ?
Je ne sais plus quoi dire aux éditeurs.
Tu t'en sors toujours.
Et en plus, je te trouve une histoire.
Les filles pour de vrai...
Si tu l'écris, on ne te croira pas.
- Quoi ? - Au fait,
ma sur ne sait pas que c'est toi, la mère non plus.
D'ailleurs, je ne la connais pas.
J'ai gardé le secret.
Quel secret ?
Eh bien...
la fille est née à Madrid,
mais fut conçue sur une plage,
sur une île,
une nuit comme celle-ci,
avec un inconnu, de Madrid,
qui fêtait son anniversaire.
Ça peut être le roman de ta vie
et mon cadeau d'anniversaire.
Elle est tous les après-midi sur une place,
sans sa mère.
- Comment elle s'appelle ? - La mère ?
Non, la fille.
C'est Luna.
Bien sûr, Luna.
Joyeux anniversaire !
- Comment t'appelles-tu ? - Luna.
Et le soleil ?
Lorenzo.
Comme moi.
Et la lune ?
- Tu veux être la lune ? - Oui.
La lune s'appelle Luna.
C'est un jour très important.
Tu n'as jamais vu ton père ?
Tu connais son nom ?
Non.
Le nom n'est pas important.
Tu aimerais...
que je sois ton père ?
- Tu peux ? - Si tu veux.
Oui.
Mais en secret.
Mon vrai père ?
Il pensa que c'était un secret trop lourd pour une fille.
Son sourire s'effaça.
Mais il s'approcha d'elle et s'assit.
Et si quelqu'un découvrait le secret
entre la lune et le soleil ?
Alors, la mer se retirerait...
et se retirerait...
avec un bruit...
... à faire des montagnes à l'envers.
Il pourra peut-être le lui dire un jour.
En attendant, il préférait ne pas y penser.
Quelle importance d'être père,
si sa fille l'ignorait ?
Il sentit que s'il le lui avait dit
elle aurait gardé le secret.
SECRET
T'as une fille ?
Lorenzo, chéri,
as-tu une fille ?
- Pourquoi ? - Je l'ai lu sur ton ordinateur.
Et j'adore !
Je ne vais pas continuer.
- Pourquoi ? - Je ne suis pas père.
Alors, invente !
C'est bien que t'écrives à nouveau !
J'avais un poids sur la conscience.
Tu n'es pas responsable.
Luna ne connaît pas son père.
- Sa mère est seule ? - Non.
Elle vit avec un footballeur très con.
- Je n'ai jamais vu mon père. - Non ?
Moi non plus.
Ma mère est actrice,
de cinéma...
porno.
Ça me plaît.
Elle a arrêté l'année dernière.
Elle a rencontré un client hallucinant.
Elle en est devenue gaga.
On vit ensemble.
Il l'a poussée à arrêter.
C'est bien.
C'est le mec le plus doux
qu'on connaisse. Il a le cur sur la main.
En plus, il est canon et super sexy.
Il te plaît ?
À moi ?
Pourquoi, ça se voit ?
Beaucoup ?
Allez, arrête.
- Tu le ferais avec lui ? - Non !
C'est l'amant de ma mère.
Pour une fois qu'elle tombe amoureuse.
Tu crois que tu lui plais ?
S'il te le proposait sans le lui dire ?
Juste une fois, pour essayer.
Pour essayer ?
C'est entre nous, personne ne le saura.
Juste une fois ?
Oui.
Pourquoi pas ?
Pourquoi pas.
Mais il vaut mieux pas,
s'il me cherche, il me trouvera.
Mais c'est elle qui fit le 1er pas.
Un jour où sa mère était sortie,
elle se doucha la porte entrouverte.
- On a failli le faire. - Quoi ?
L'essai, avec Antonio.
Raconte-moi.
Hier soir, quand ils se sont couchés,
j'ai maté un film de ma mère au salon.
Ça te semblera bizarre,
mais ça m'excite de voir ma mère en action.
Et tu t'es masturbée.
Tu devines tout.
J'ai pris un vibro dans la pièce où ils dormaient.
J'étais étendue, nue, sur le sofa,
dans le noir, face à la télé.
J'imitais les poses de ma mère.
C'était le 7e ciel.
Il la fit taire de peur d'éveiller sa mère.
On a décidé de le cacher à ma mère
et de ne plus jamais le refaire.
J'ai promis à Antonio de trouver un copain
pour continuer à jouer avec lui.
Tiens, je te prête ma mère quelques jours.
Je me masturbais pour toi
et j'ai fini par penser à lui.
Mais on l'a pas fait.
Je ne suis pas sûre de l'avoir vu.
Je l'ai senti derrière moi
en train de m'espionner.
Enfin, je crois.
C'est super,
ça faisait longtemps !
Je rentrerai tôt, dorénavant.
Merveilleuse, ta mère,
une vraie actrice.
- Tu l'as fait ? - Oui.
J'aurais aimé te voir,
à travers un petit trou.
T'es le copain de Belén ?
- T'aimerais qu'il le soit ? - Oui.
Alors, c'est réglé.
Ce soir, je dors chez Luna.
Ses parents sortent.
Je demanderai à ma boss si tu peux venir.
Elle est cool.
Elle s'appelle comment ?
Hélène.
Eh bien,
je préfèrerais ne voir que Luna et toi.
Quel besoin ont-ils de se voir ici ?
C'est peut-être pas simple pour eux.
- C'est pour baiser. - Parfait !
Et s'ils le font dans notre lit ?
Tu deviens comme ton chien.
Salut, la voie est libre !
Tu le laisses entrer ou je te castre.
T'as compris ?
Délicieux ! Tu cuisines très bien.
Tu travailles dans quoi ?
Tu ne vas pas me le dire.
Je te le ferai avouer plus tard !
Je veux de l'eau.
Avant, je ne voulais pas d'enfants.
T'aimerais une fille comme Luna ?
Bien sûr.
Pour moi,
tu seras toujours ma 1 ère fille.
Et pour toi ?
La 1 ère et l'unique.
Je peux regarder la télé ?
Il est tard.
Alors Lorenzo me couche.
Montre-moi ta chambre.
Et le bisou ?
- Tu racontes des histoires ? - C'est mon métier.
Sais-tu que la lune touche presque l'île ?
On est très peu à le savoir.
C'est l'île du beau temps
et des désirs.
Si tu veux une chose, les roches la font
et te l'offrent.
Mais attention aux trous dans le sol.
De toute façon, là-bas,
personne ne meurt.
Si tu tombes, tu peux ensuite choisir ta vie
ou devenir ton poisson préféré.
L'île aimait beaucoup cette fille. Les roches aussi.
Elles voulaient lui faire un cadeau mais ignoraient quoi offrir.
Une bouée.
Plus grand.
Un chien.
Une chose qu'elle n'avait pas.
Son père.
Ça, c'est autre chose, ma rose.
Garde la maison dehors !
Maintenant,
il fallait que la fille cherche son papa et le trouve.
Il serait comme elle voudrait.
Mais elle se mit à douter :
un papa gardien de phare ou pêcheur ?
Comme elle avait le choix,
elle voulait que sa mère devienne une belle sirène.
Elle ne t'entend plus.
Belén, je veux te dire quelque chose.
Ça te gêne pas que je porte ça ?
Salut, c'est Hélène.
Belén est là ?
Oui.
C'est Hélène.
Oui ?
- Comment ça va ? - Mieux.
Je récupère petit à petit.
Et toi ?
Je n'ai pas pleuré, tu sais ?
Je ne peux pas. Je ne l'ai pas vue.
On me l'a raconté mais je ne comprends pas.
Je ne veux pas l'imaginer. Je suis ici
pour être plus près d'elle, en me baignant.
Pleure, Belén,
puisque tu le peux.
Ça m'aide... de t'entendre pleurer.
C'est ça, pleure, pleure !
Tu dois pleurer.
Elle t'entend aussi.
Un gros bisou de nous deux, depuis la mer.
Tu ne sors plus de ton lit.
Tu sais l'heure qu'il est ?
C'est une journée de vent et de soleil.
Et c'est mon jour de congé.
Debout, fainéant !
Tu te bourres de somnifères, maintenant ?
T'as toujours dormi comme un loir.
Lorenzo chéri,
tu m'inquiètes, t'es triste ces jours-ci.
C'est le roman ?
C'est ça ?
T'as pas bonne mine.
- Il m'est arrivé une chose. - Quoi ?
Tu transpires !
Je ne suis plus là et je ne peux plus revenir.
Ta vie importe plus que ton roman,
même si, pour toi,
c'est vital d'écrire. Fais gaffe à toi.
T'es trop bien pour comprendre cette merde qui est en moi.
N'exagère pas !
Je ne suis pas mieux que toi.
J'ai lu ton roman,
tout le roman,
quand tu dormais. Ça ne te dérange pas ?
Je comprends qu'il t'ait affecté
et que tu refuses de continuer.
Ça ne doit pas être facile de vivre
cette relation tourmentée avec eux.
Avec ces désirs contenus mais incontrôlables.
Il bousille une relation mère-fille,
qui est sacrée, mais il y a aussi la passion
et le sang qui bout.
Je m'identifie à la fille.
Je comprends ce qu'elle ressent :
coupable et égoïste face à la jalousie de sa mère.
Elle doit choisir entre l'amour-passion pour un homme
et l'amour pour une mère.
J'aurais fait le même choix,
car au fond,
c'est les tripes qui décident. Le sexe !
Le désir du sang enflait le corps de la femme,
de l'homme et de la fille.
Ils s'empoisonnèrent
de sexe fétide et putréfié.
La mère avec l'homme...
l'homme avec la fille...
la fille avec l'homme.
Et l'amour infecté de l'homme seul avec la fille.
L'air était moite, lourd, au ras du sol,
sans échappatoire,
respiré plusieurs fois,
exténué.
La peinture s'écaillait
et les murs suintaient,
comme ceux d'une grotte.
Une écurante bouche de...
Sors, tu vois pas que j'écris !
Calme-toi.
Je voulais te dire que j'étais là.
Cet homme égoïste et lâche
se détesta si fort et sans pitié,
qu'il ne pensa pas au pardon,
mais uniquement à la mort.
Mourir...
Belén va bien et vit avec sa famille.
Donc, oublie tout ça.
T'as assez souffert.
- Tu me laisseras lire ton roman ? - Bien sûr.
Autre chose.
Je veux des nouvelles d'Hélène.
Ma sur communique avec elle
sur son site "Cuisine méditerranéenne".
- Son surnom est "Alsi". - Alsi ?
"Isla", c'est "île" à l'envers.
"Salut, Alsi !"
Je ne te connais pas.
Tant mieux, je suis là pour t'aider.
Quel est ton surnom ? Et ce symbole ?
Un phare pour ton île.
T'es gardien de phare ?
Oui.
Et je veux t'écrire
un conte plein d'atouts.
J'adore.
Merci !
Le 1er atout, c'est qu'à la fin,
ça continue car le conte tombe dans un trou
et réapparaît au milieu.
Le 2e, et le plus important :
on peut alors en changer le cours,
si tu m'en laisses le temps !
Tout le temps que tu voudras.
Continue, s'il te plaît !
À suivre.
Pourquoi t'arrives si tard ?
Mon chef m'a invitée à dîner.
C'était pour goûter des nouveaux plats.
Vous l'avez fait ?
Quoi ?
Tu te l'es fait ?
Eh bien oui, t'as deviné.
Et c'était comment ?
Raconte !
Raconte, toi d'abord !
C'est quoi ton problème avec moi ?
Je ne te suis plus.
Tu ne sais pas vivre !
C'est la 1 ère fois avec lui ?
La deuxième.
La 1 ère, c'était avant de te connaître
ou plutôt de me déclarer, donc ça ne compte pas.
T'aurais pu me le raconter avant.
Oui, j'aurais pu.
Et celle d'aujourd'hui ?
Eh bien,
ça ne compte pas, j'ai menti.
Ça a manqué de peu.
Combien de peu ?
De sa part ou de la tienne ?
Et ta part avec moi, comment est-elle ?
Tu m'aimes ?
J'ai besoin que tu le dises maintenant.
Profondément, plus que moi-même.
Mais je suis perdu.
Laisse-moi t'aider !
Tu ne mérites pas ça.
Pourquoi ? Je suis ta copine.
Je t'aime plus que moi-même.
C'est moi qui perds ma vie pour toi.
Je fais tout pour revenir et m'accepter.
Mais si je n'y parviens pas, ne m'attends pas.
Moi-même, je ne me supporterai plus.
Mais que s'est-il passé ?
Belén, c'est Hélène.
Ça va ?
Il fait chaud, ici.
Viens, la mer te fera du bien.
J'ai rempli ma pension tout l'été.
Fin août, une chambre se libère,
en haut, c'est la meilleure.
Coucher de soleil au lit !
Tu peux venir accompagnée. Alors ?
J'adorerais aller sur une île,
- accompagnée. - Alors, c'est OK.
- C'est difficile. - Comment ça ?
Pas ici, le mal reste derrière soi.
On n'emporte que le bien.
C'est ça,
le bien devant soi.
Je veux te voir, mais ici.
On ne peut pas se perdre de vue.
Dis-moi que tu vas venir.
Promets-le-moi !
Je te le promets.
J'essaierai.
Salut.
Je vais en finir avec ce cauchemar.
Je vais les tuer pour de bon.
Toutes les deux.
Tout de suite !
Si t'arrêtes d'écrire,
tu dois m'expliquer pourquoi.
Raconte-moi ce qu'il t'est arrivé.
Sinon je te pardonnerai pas !
Jamais, t'entends !
- Je peux pas parler ainsi. - Parler ?
Mais c'est toi qui ne me parle pas,
qui garde tout.
Tu me laisses pas t'aider !
Tu remplis l'espace et je peux plus entrer.
Écoute,
t'es fait pour vivre seul,
te torturer seul,
et t'empoisonner avec tes putains de déprimes.
T'es malade, Lorenzo.
T'es malade de toi-même,
de ton besoin d'être écrivain.
De tes secrets de merde !
Je dois être là sans rien savoir,
sans me plaindre.
Tu te fous de ce qu'il peut m'arriver.
Ton seul souci, c'est toi.
De moi, tu veux juste savoir si je baise avec mon chef.
J'en peux plus.
Je deviens folle, en plus je suis en retard.
Profites-en, tout seul dans ton trou,
pour pourrir, ignoré de tous.
Je n'ai jamais été aussi infecte
avec quelqu'un.
Je ne te parlerai plus comme ça.
Je le fais pour moi.
C'est ça.
Je vais penser à moi,
à ce qui me convient.
Car avec toi, je n'ai pas d'avenir.
Lucia !
Viens.
Couche-toi à côté de moi.
Détends-toi, laisse la boue
te débarrasser du surplus.
Elle le déposera dans la mer.
Je ne veux pas de sexe.
C'est trop tôt.
Ne t'inquiète pas.
On restera comme ça,
à sécher au soleil.
Oui, on dirait que c'est Carlos.
"Disparus depuis six mois.
"Manuela, sa fille Belén et Antonio
"vivaient ensemble.
"Si vous savez où ils sont, contactez d'urgence la police."
- La police ? - Bon, alors,
on va faire comme si on n'avait rien vu.
Il vivait avec 2 femmes.
- La mère et la fille. - Et la fille...
Quoi ?
La fille...
gardait... ma fille.
Elles s'en allèrent sans lui dire au revoir,
sans bruit mais à ses côtés,
endormi, comme dans un rêve.
Au réveil, il sentit que ces femmes,
sans vie, étaient encore là,
comme tous les matins,
si tôt.
Calmement, il désira que sa vie
s'écoule, en se vidant de son sang.
À quoi lui servirait-il ?
Il le désira doucement, sans courage.
Il choisit de fuir,
de s'effacer, être neuf, de changer son sang !
Il s'en alla,
en disant au revoir.
On doit lui donner une chance.
On mérite tous une 2e chance.
Au cas où, dans le doute,
mieux vaut se fier aux gens.
À son retour, il s'expliquera.
C'est mieux.
- Surtout pour toi. - Pour moi ?
Moi, il vaut mieux que j'oublie.
On n'oublie pas tout.
Ici, on vient pour tout oublier.
C'est trop tard !
J'aurais dû venir avant,
quand il était encore temps.
Avec Lorenzo.
Je voulais qu'il me montre l'île,
mais il ne voulait plus revenir.
C'est bientôt son anniversaire.
- Quel jour ? - Le 23.
Mai ?
On aurait pu le fêter ici,
sur cette île,
avec toi peut-être.
On aurait pu te rencontrer ?
Oui.
Quand est-il venu ici ?
Ça fait longtemps.
- Avant de me rencontrer. - Quand ?
Six ans environ.
Je crois qu'il a fêté ses 25 ans ici.
Qu'est-ce que t'as ?
Je suis émue, mais je n'arrive pas à pleurer.
Tu n'as pas à pleurer.
Je me charge de pleurer pour lui.
Alors j'ai la nausée.
La mer doit être houleuse.
Je ne pleurerai plus.
Je vais au lit.
Que se passe-t-il ici ?
"Luna, printemps 1998"
Quelle importance d'être père
si sa fille l'ignorait ?
Il sentit que s'il le lui avait dit,
elle aurait gardé le secret.
Ne me parle plus jamais de ça.
Je ne veux pas en savoir plus.
Moi, si !
Il fait de la plongée,
sous l'île.
Il te plaît, Carlos ?
Moi, c'est fini.
Vous êtes libres et je ne serai pas jalouse.
Que fais-tu ?
Je demande conseil à un ami inconnu
mais qui me plaît beaucoup.
Depuis mon arrivée, il me fabrique un conte,
très doux, pour m'aider.
Il m'a fait oublier
et fuir ce qui fait mal.
Tu veux le lire ?
Tu peux vivre ici.
C'est un conte plein d'atouts, car à la fin,
il y aura un trou pour revenir...
au milieu...
et en changer le cours, si tu te laisses faire.
Le symbole de son surnom est un phare.
Ici, on n'a pas de gardien de phare.
Ça doit être contrôlé par ordinateur,
le sien, peut-être.
Tu y rencontreras ma fille.
Je ne peux pas.
Pourquoi ?
Pour ne pas être prise aux tripes.
Ça ne me lâchera plus.
Mais c'est génial.
Il a réussi à la fin ?
- Quoi ? - À changer le cours.
Pas vraiment, il n'a pas eu le temps.
Je l'appelle pour ça.
Où es-tu, gardien de phare ?
Ne l'appelle pas.
Il ne pourra plus changer quoi que ce soit.
Il t'a écrit depuis que je suis là ?
Salut, Lorenzo, comment ça va ?
C'est dans ton regard.
T'as l'air plus éveillé.
Qui suis-je ?
Pepe.
Mortel, mon vieux.
T'es pareil ! Tu vas bientôt pouvoir écrire.
Où est Lucia ?
Il est écrit ici que ton hématome cérébral se résorbe
et que les lésions corporelles ont disparu.
Et Lucia ?
T'étais gravement atteint.
On a cru que tu y resterais.
- Je suis là depuis quand ? - Eh bien...
une semaine de coma avec un respirateur au bruit horrible.
Deux semaines de plus, sans respirateur,
mais inconscient.
Et dans cette chambre, depuis quelques jours,
parlant comme un fou dans tes rêves.
Quand tu te réveillais, t'étais pas net.
Je ne sais rien de Lucia depuis 1 mois.
Je l'ai cherchée partout.
Elle n'est pas retournée chez toi, ni au restaurant.
Elle doit croire que tu es mort,
et elle est partie. L'ambulancier m'a dit
qu'un flic lui avait annoncé au téléphone
qu'une voiture t'avait fauché.
Elle a raccroché aussitôt.
Il a rappelé,
mais plus rien.
Je veux aller aux toilettes.
- Pas la peine, t'as un pot. - Si, il le faut !
Attends.
Merci, mais je peux le faire seul.
Garde ta pudeur,
je me suis occupé de toi.
Tu t'en souviens pas.
Je sais où elle peut être.
T'es venu en voiture ?
En 4e vitesse.
Bonjour !
Pourquoi t'es venu sans Belén ?
Je ne veux plus oublier. C'est grâce à toi, ma belle.
Et toi ?
Tu ne réponds pas ?
Tu vas voir de quel bois je me chauffe.
T'étais avec Belén dans ma chambre...
quand ce clébard a tué ma fille ?
- C'était pas moi. - Non ?
Et pourtant la police te recherche ?
Belén fréquentait un type au parc, en gardant ta fille.
Après ce soir-là, elle ne l'a plus revu.
Comment va Belén ? Où est-elle ?
Puisque tu sais tout.
Elle est partie avec sa mère, je ne sais où.
Finalement, elle l'a préférée à moi.
Je ne lui reproche rien.
Toujours, en premier, la mère.
Je ne te fais plus confiance.
Je ne te questionnerai plus, c'est le rôle de la police.
Tu ne pourras pas leur mentir.
T'as vu comme je suis courageuse.
Attends.
N'appelle pas la police, s'il te plaît.
Pourquoi ? Tu sais autre chose ?
Je n'ai plus personne
à qui faire confiance.
Où vas-tu ?
Tu t'enfuis ? Ils te trouveront, enfoiré !
Si t'appelles,
je pars aussi.
- T'es conne ou quoi ? - Oui.
Où tu vas, putain ?
Je ne te comprends pas.
J'ai confiance en Carlos, je le crois.
Ça, c'est facile, Lucia,
de croire ce qui te convient.
J'étais comme toi jusqu'à ce soir-là.
Je fais ce qui me plaît.
Moi, les hommes ne me plaisent plus.
Ils m'ont rien donné.
- À part le sexe. - Ah non ?
Et le gardien de phare ?
Il t'a donné du sexe
et une fille, non ?
N'oublie jamais ce conte qu'il t'a écrit !
Oui, justement.
Ton mec était unique sur terre.
Non.
Tu te trompes, mais ça me regarde.
Le fugitif, ça ne regarde que toi aussi,
car t'es la seule à lui courir après.
Je cours toujours après les mecs
qui me plaisent.
Chacun son truc. Pas toi ?
Il est parti par où ?
Je ne sais pas.
Je rentre, mais c'est à vous de cuisiner.
Pardon.
Carlos, c'est Lucia ! Je veux descendre.
Viens m'aider !
Je sais faire de la plongée aussi.
Lucia, c'est moi, Hélène.
- Où est Carlos ? - En bas.
Il s'est échappé ?
Il ne s'est pas tué, j'espère ?
S'il est vivant, c'est qu'il faut le croire.
Comme tu veux.
Oui, c'est un crabe.
Rentrons.
Pour quoi faire ?
Manger.
À cette heure-ci ?
- Je n'ai pas faim. - Tu la fermes
et tu m'aides.
On va faire une bouffe pour tous se réunir,
comme on aime !
Tu es la plus gentille au monde.
Hélène, tu pleures !
De joie. Je vais enfin être heureuse.
J'espère que c'est contagieux.
C'est du tout cuit. Allons-y.
Le 1er atout, c'est qu'à la fin, ça continue
car le conte tombe dans un trou,
et réapparaît au milieu.
Et le 2e, et le plus important :
on peut alors en changer le cours
si tu m'en laisses le temps !
Un rayon de soleil...
Adaptation : Victoria Saez
Sous-titrage : B.B. COM - Paris.
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