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Zulu
L'Afrique.
Cet espace naturel vaste et magnifique
abrite quelques-uns des animaux les plus rares et fascinants de la planète.
Certaines de ces espèces sont paisibles et cohabitent,
alors que d'autres sont agressives et des prédateurs menaçants
qui instillent la peur dans le cœur des animaux du continent.
Nous allons suivre quelques-uns de ces animaux incroyables
et voir comment ils survivent
dans ce paysage parfois désert et sans merci.
Nous observerons aussi les épreuves qu'ils affrontent
et les relations qu'ils établissent.
Certains animaux ont appris à s'adapter pour survivre
de façons étranges et originales.
D'autres doivent effectuer de grandes migrations à travers le continent
en quête d'eau et de nourriture.
Certaines espèces construisent des liens familiaux forts qui durent toute une vie
et utilisent le travail d'équipe et la camaraderie pour survivre.
Mais d'autres survivent grâce à l'agression, à la force et à l'instinct.
Certains survivent simplement en prenant ce qu'ils peuvent.
Il s'agit d'un écosystème de diversité et de contraste
qui abrite des personnages vraiment incroyables.
Les défis que ce paysage présente pour certains animaux
a conduit à nombre d'adaptations évolutives surprenantes
et à un comportement hautement spécialisé.
Une terre comme celle-ci, appelée savane,
couvre 20 % du globe.
Cela reste cependant un type de terre dont on sait très peu.
L'eau, source de vie et habitat de nombreux animaux d'Afrique.
Mais ce qui est sans doute le plus surprenant concernant l'Afrique,
ce sont les difficultés incroyables que ces animaux affrontent
pour atteindre l'eau et rester en vie.
Des dizaines d'espèces différentes s'embarquent dans des périples
sans fin et ardus à travers la savane.
Ils voyagent d'un point d'eau à l'autre juste pour survivre.
Nulle part ailleurs dans le monde on ne trouve un si grand périple
entrepris par autant d'animaux.
Et nulle part ailleurs la migration est aussi dangereuse.
Avec des prédateurs partout
et le danger qui se tapit même dans la seule chose qui les maintient en vie,
il n'est pas surprenant qu'autant d'animaux périssent en chemin.
Afin de donner un cadre à cette grande migration,
observons le mouvement migratoire typique des gnous au cours d'une année.
Tanzanie
Parcourant de grandes distances mois après mois,
Parc National du Serengeti
Février/Mars
ces animaux tournent dans le Parc National du Serengeti.
Avril
Ils vont d'un point d'eau à l'autre.
Ils doivent se déplacer sans cesse.
Mai
Juin
En un sens, ces animaux suivent le calendrier de la nature
Juillet/Août
et sont chaque mois à un nouvel endroit.
Rivière Mara Août/Septembre
Ces gnous sont vraiment les plus grands voyageurs existants.
Octobre/Novembre
Décembre/Janvier
Mais quand ces grands voyageurs sont rejoints par les zèbres,
ils forment l'un des spectacles les plus impressionnants qu'offre la nature.
En chemin, les gnous croisent différents animaux africains, comme les hippopotames.
Bien qu'il semble paisible,
l'hippopotame est l'un des animaux les plus agressifs et imprévisibles.
Le bâillement qu'ils font souvent est en fait une forme d'intimidation.
Ils aiment se rassembler en troupeaux qui peuvent compter jusqu'à 100 hippopotames.
Ces troupeaux sont généralement menés par un mâle dominant.
Un adulte peut peser jusqu'à trois tonnes
et courir jusqu'à 29 km par heure.
Un hippopotame adulte peut retenir sa respiration jusqu'à 20 minutes,
nager ou marcher le long du lit de rivière afin d'éviter le danger.
Le nom hippopotame, ou "hippo" pour faire court,
vient du grec antique qui signifie "cheval de rivière".
Les hippopotames passent beaucoup de temps dans l'eau,
mais ils peuvent aussi passer des mois d'affilée hors de l'eau, dans la brousse.
Après avoir passé l'essentiel de la journée dans ou près de l'eau,
ces hippopotames vont à l'intérieur des terres la nuit pour paître de l'herbe.
Pour beaucoup d'animaux, cette rivière au courant fort
serait incroyablement dangereuse,
mais les hippopotames y sont chez eux.
De l'eau à la terre,
ici en Afrique, on trouve quelques-uns des animaux les plus fascinants au monde,
comme le léopard.
Les léopards sont des créatures mystérieuses et gracieuses
qui vivent le plus souvent seules.
Il aime chasser la nuit pour rester caché et éviter la chaleur de la journée.
Le léopard explore son territoire doucement et furtivement.
Il utilise sa fourrure à motifs comme camouflage
afin de pouvoir s'approcher le plus possible d'une proie avant de bondir.
Suivons-le tandis qu'il cherche son dîner dans les broussailles.
Ces oiseaux qui ne se doutent de rien n'ont pas réalisé que le léopard les épie.
Il est trop fatigué pour les chasser en pleine chaleur.
Il préfère se reposer.
Ces pintades casquées peuvent errer plus loin dans la savane
et rendre visite à la famille zèbre.
Le zèbre passe l'essentiel de sa journée à paître.
Il semble peut-être seul ici, mais il fait partie d'un grand groupe.
Voici la famille et les amis du zèbre.
Ils aiment rester ensemble,
parce qu'à la différence du crocodile et du léopard,
ils sont très vulnérables.
Comme nombre d'animaux qui vivent dans la savane,
les zèbres dépendent énormément de l'eau et de l'herbe
et ils passent beaucoup de temps à migrer
afin de toujours se trouver près d'une source de nourriture de qualité.
Ils sont au septième ciel quand ils ont un endroit au frais et à boire,
mais ils oublient souvent que les crocodiles les tiennent toujours à l'œil.
Les zèbres sont très proches des chevaux.
Ce sont des ongulés périssodactyles, bâtis pour la vitesse et les longues migrations.
Les zèbres mesurent entre 1,20 et 1,40 m à l'épaule.
Ce rhinocéros noir erre toujours dans les plaines seul, en quête d'eau potable.
Bien qu'étant adapté pour les conditions sèches,
il doit vite trouver de l'eau.
Ses cornes pointues font peur, mais il s'agit en fait d'un herbivore
qui mange des brindilles, des branches et d'autres plantes plutôt que de la viande.
Les rhinocéros sont agressifs si on les dérange.
Mais les humains les ont tués pendant des siècles,
car leurs cornes sont très précieuses.
Cela fait d'eux l'une des espèces en voie de disparition.
Un autre herbivore pour qui la savane est sa demeure
est la girafe, laquelle défie la gravité.
Les girafes sont les plus grands mammifères sur la terre.
Elles atteignent la taille incroyable de six mètres.
Bien que les girafes passent beaucoup de temps en groupe,
elles ne se lient pas vraiment avec d'autres girafes.
Voici une girafe qui mange des feuilles d'acacia.
Rien que son cou fait deux mètres de long
et a évolué au cours de millions d'années
afin qu'elle puisse atteindre les feuilles des plus grands arbres.
Les gros yeux exorbités des girafes leur offrent un champ de vision panoramique,
et ainsi, elles repèrent les prédateurs.
En plus de leur cou incroyablement long, les girafes ont aussi des langues
qui peuvent mesurer jusqu'à 50 cm de long.
Tout comme notre empreinte digitale,
chaque girafe a un motif de fourrure propre.
Ces dessins complexes lui offrent un camouflage qui la rend
plus difficile à voir pour les prédateurs.
Comme vous le voyez, la nourriture ne manque pas par ici.
C'est une chance pour elle et sa famille, car les girafes doivent beaucoup manger
et brouter les feuilles, mais aussi les brindilles,
car elles contiennent plus de calcium et de protéines,
nécessaires aux girafes pour leur taux de croissance.
Elle aime aussi manger l'herbe, les arbustes et les fruits.
Les girafes sont des animaux affamés
qui mangent près de 34 kg de feuillage par jour.
Les girafes digèrent les feuilles et autre feuillage de la même façon que les vaches.
Elles aiment mastiquer la nourriture, l'avaler, pour aider en partie la digestion,
avant de la repasser dans la bouche pour la mastiquer davantage.
Afin de satisfaire leur gros appétit,
les membres de la famille passent à un autre groupe d'arbres.
Mais il reste d'autres animaux superbes à explorer en Afrique.
Voici un nouveau venu dans un troupeau d'éléphants.
Ce jeune éléphant a quinze jours environ.
Comme les petits de zèbre, les éléphanteaux marchent presque immédiatement.
Cela pour leur donner plus de chance contre les prédateurs
et parce que les éléphants voyagent sur de grandes distances.
Ainsi, les jeunes ne retardent pas trop le troupeau.
Les parents guident leurs jeunes protégés vers le point d'eau suivant.
Les éléphants dépendent beaucoup de l'eau
et ils passent l'essentiel de leur vie à un point d'eau ou bien à en chercher un.
Par ailleurs, les éléphants se rafraîchissent en agitant les oreilles.
Comme il fait très chaud dans la savane, ils ont développé de grandes oreilles.
Accompagnons-les à leur bain matinal.
Les éléphants, qui vivent longtemps, ont un gros cerveau et sont très intelligents,
d'où l'expression "avoir une mémoire d'éléphant".
La vie des mâles et des femelles est très différente.
Les femelles forment des liens forts entre elles et nourrissent leur progéniture,
alors que les mâles tendent à passer leur temps de façon indépendante.
Il leur arrive même de quitter leur groupe pour se joindre à un autre.
Cet éléphant est sorti de l'eau avec une belle couche de boue sur le cou.
Il sait que cette boue le protège du soleil
et repousse aussi les insectes.
En fin de journée, dans les hautes herbes de la savane,
différentes espèces se déplacent sans interruption.
Voici un guépard, l'un des animaux les plus rapides au monde.
Les guépards peuvent atteindre des vitesses jusqu'à 120 km par heure.
Ce guépard passe le plus clair de sa journée à se reposer et à s'abriter du soleil chaud.
Mais à la différence de la plupart des félins d'Afrique, il préfère chasser de jour.
Comme vous le voyez, le guépard est un animal bâti pour la vitesse.
Il a un corps long et mince
qui est extrêmement léger pour un animal de sa taille.
Il a aussi de longues pattes, une colonne vertébrale souple
et une très longue queue pour l'équilibrer quand il poursuit sa proie.
Observer un lever de soleil sur la savane
est sans doute l'un des plus beaux spectacles au monde.
Alors que la lumière du soleil avance discrètement à travers la prairie,
on aperçoit la vie sauvage qui se réveille pour une journée passionnante de plus.
Un animal se réveille toujours tôt.
Il s'agit de la hyène tachetée, en quête de nourriture.
La plupart des gens pense que les hyènes sont des charognards
qui se nourrissent de restes d'animaux tués par d'autres prédateurs
comme le guépard ou le léopard.
Cependant, on a découvert récemment que les hyènes tachetées
tuent près de 95 pour cent de la nourriture qu'elles mangent.
Les hyènes peuvent être des animaux très féroces
et sont connues pour se battre contre les léopards, voire les lionnes,
afin de défendre leur nourriture.
Les hyènes sont connues pour attaquer les humains.
Voici des hyènes tachetées.
Il s'agit de l'espèce la plus sociable des hyènes,
ainsi que des meilleurs chasseurs.
Les hyènes tachetées peuvent peser jusqu'à 75 kg,
ce qui fait d'elles une force à ne pas négliger.
Ce paysage romantique semble paisible et calme.
Mais cela est trompeur,
car cette lionne cherche une proie appropriée.
Ce qu'elle ignore, c'est que le repas parfait se trouve juste derrière la colline.
Ces buffles africains sont lents et peu intelligents,
donc ils peuvent être facilement chassés par des prédateurs comme les lions.
Toute la faune de ce point d'eau tire parti de la boue rafraîchissante,
sans prendre garde à tous les dangers tapis dans la savane alentour.
La lionne remarque enfin les buffles qui s'éloignent du point d'eau.
Les buffles avancent doucement,
mais un ou d'eux d'entre eux semblent nerveux.
Ils se sentent peut-être observés.
Le buffle africain a ce qu'on appelle une relation de symbiose avec de petits oiseaux.
Le buffle offre à manger aux oiseaux sous forme d'insectes,
en échange de quoi il se fait nettoyer.
Tout à coup, la lionne et sa sœur passent à l'action
et se lancent sur le grand troupeau de buffles.
Les buffles pourraient sans doute battre les lionnes s'ils faisaient bloc.
Cette fois, cependant, ils s'enfuient.
Les lions sont des animaux très sociables qui vivent en groupes.
Outre la chasse et le toilettage les uns des autres, ils se reposent beaucoup.
C'est essentiellement pour conserver de l'énergie et rester cachés.
Les lions grandissent ensemble et forment des liens familiaux et amicaux très forts.
Aujourd'hui, les sœurs ne sont pas parvenues à rapporter à manger.
Cette lionne risque de devoir attendre longtemps avant son prochain repas.
Mais l'Afrique offre encore d'autres animaux fascinants,
comme ces babouins.
Ces babouins chacmas aiment errer dans la savane en groupes
en quête de nourriture.
Chez ces babouins, le rang social d'un membre
joue un rôle important dans les prises de décision.
Les membres les plus dominants, généralement les mâles alpha,
dirigent le reste du groupe et décident où aller chercher de la nourriture.
Ce petit profite du voyage sur le dos de sa mère.
Une fois que ces babouins arrivent au bon endroit,
ils vont manifester un comportement collectif
afin de tous manger la même quantité de nourriture.
Les babouins chacmas vivent en grands groupes sociaux appelés troupes.
Au sein d'une troupe, des babouins mâles et femelles
peuvent former ce qu'on pourrait appeler des "amitiés".
Observons ces petits babouins qui jouent ensemble
et grimpent sur un vieil arbre,
comme des enfants au terrain de jeux.
Alors qu'ils jouent bien innocemment, les singes oublient presque
que dans la savane, il y a toujours quelque chose d'étrange aux aguets.
Ces oiseaux qui volent en cercle ne peuvent signifier qu'une chose.
Quelqu'un s'est fait tuer.
Ces charognards opportunistes se sont jetés sur les lieux de la mise à mort
pour essayer de voler de la nourriture gratuite.
La victime est un buffle africain qui s'est fait tuer par les hyènes.
Ce spectacle horrible et sanguinolent est courant dans la nature africaine.
Les oiseaux charognards comme les marabouts
et les vautours se rassemblent au sommet de cet arbre,
attendant leur tour pour manger un bout.
Ces marabouts sont d'abord des échassiers, mais ils ne refusent jamais un repas gratuit.
Se nourrir de charognes est bien moins fatiguant et requiert moins d'énergie,
alors la plupart des animaux saisissent l'occasion si elle se présente.
Cette hyène fait de son mieux pour repousser les vautours,
sachant qu'ils mangeront vite sa nourriture.
Mais les vautours sont acharnés.
Il faut plus que ça pour les faire renoncer à un repas.
La détermination des vautours finit par payer,
et tandis que les hyènes mangent de bon appétit, les vautours se jettent
sur la carcasse.
Bien qu'étant plus grands que les vautours,
les marabouts ne possèdent pas leur agressivité et leur force
et ils doivent se contenter de regarder de loin.
La savane est calme sous le soleil brûlant de l'après-midi.
Les gnous continuent à migrer.
Voici des gnous bleus.
Ils effectuent la migration longue et épuisante
à travers les terres durant la saison sèche en quête d'herbe fraîche pour se nourrir.
Durant cette migration, les gnous peuvent être très vulnérables face aux prédateurs
comme les léopards, les guépards, les hyènes tachetées et le crocodile du Nil.
Les gnous ont tendance à se regrouper en grands troupeaux
quand les chances d'être attaqués par un prédateur sont élevées.
Ce troupeau s'est fait repérer par un léopard juché dans les arbres.
Il a remarqué que l'un des gnous est blessé à la patte.
Cela lui facilitera la tâche pour attraper et tuer l'animal.
Son comportement passe presque immédiatement du chat paresseux
au tueur hautement motivé et habile.
Il descend rapidement de son poste de surveillance vers les broussailles.
Le léopard se déplace rapidement et se faufile en évitant de faire du bruit.
Il fait profil bas afin de ne pas attirer l'attention des gnous.
Les vautours savent ce qui va suivre et s'amassent, comptant sur un repas gratuit.
Il s'assure de rester dans l'herbe haute
et utilise au mieux sa fourrure comme camouflage.
Il bondit aussitôt et se jette droit sur le cou du gnou.
Sa mâchoire se referme autour de la trachée du gnou
afin d'étouffer l'animal.
Les vautours ont observé tout le violent épisode
et ils savent qu'un repas est en route.
Le léopard finit la chasse en portant le gnou dans l'herbe haute
afin de le cacher aux charognards et autres prédateurs.
Les léopards aiment stocker leurs proies
afin de pouvoir les manger sur une longue période.
Il leur arriver d'en stocker plusieurs à la fois
et de se nourrir de chacune.
Les léopards doivent s'assurer que ces carcasses
sont extrêmement bien cachées, sinon, comme on vient de le voir,
d'innombrables charognards se trouvent là,
affamés et prêts à manger tout ce qu'ils trouvent.
Les éléphants ont été forcés de quitter le point d'eau
pour aller dans les plaines nues et sèches
afin de manger de l'herbe et d'autres végétaux.
Un éléphant adulte d'Afrique
mange entre 100 et 150 kg de nourriture par jour
et il passe près des trois-quarts de son temps,
jour et nuit, à manger.
Celui-ci utilise sa trompe, qui est incroyablement adroite,
pour extraire l'herbe du sol et la mettre dans sa bouche.
Les défenses des éléphants ont des usages multiples.
Elles peuvent creuser, arracher ou marquer des arbres,
arracher des branches et du feuillage,
et quand ces géants tranquilles sont obligés de se battre pour défendre leur famille,
leurs défenses deviennent une arme extrêmement dangereuse.
Les éléphants ont un grand contrôle sur leur trompe.
Cet outil puissant lui permet également de respirer quand il est dans l'eau,
de produire son célèbre son de trompette puissant
et d'avoir un sens aigu du toucher.
Mais le sens le plus vital pour l'éléphant est celui de l'odorat.
On estime que l'odorat de l'éléphant
est quatre fois plus sensible que celui du limier.
La saison sèche peut être particulièrement rude sur les plaines africaines,
et beaucoup d'animaux meurent de déshydratation ou de manque de nourriture.
C'est pour cela que la migration est leur seul espoir de survie.
Les gnous ont enfin terminé leur longue migration
en quête d'un pâturage frais.
Ils ont trouvé un point d'eau approprié pour boire
après la longue marche sans eau.
L'extraordinaire grande migration annuelle des gnous
est l'une des Sept Merveilles du Monde.
Nulle part ailleurs il n'existe un mouvement d'animaux immense à ce point.
Les gnous ont évolué afin que leur migration corresponde
au rythme annuel des précipitations et de la pousse de l'herbe.
De cette façon, les gnous restent constamment près de points d'eau.
Tandis que les gnous assouvissent leur soif,
ce zèbre se lie avec les autres zèbres de son troupeau.
Les alliances sont précieuses dans cet environnement hostile.
Comme ils ont souvent soif, les zèbres n'ont pas d'autre choix
que de faire face aux dangers tapis comme les crocodiles.
Ce crocodile reste bas dans l'eau afin de passer inaperçu.
Mais cette fois, les zèbres le remarquent
et les membres de la tribu parviennent à se sauver.
L'un des zèbres vient de mettre bas.
Les femelles zèbres, ou juments, arrivent à maturité plus vite que les mâles.
Elles peuvent se reproduire dès l'âge de trois ans,
alors que les mâles n'ont pas la force de se reproduire avant l'âge de cinq ou six ans.
Tout comme les chevaux, les petits du zèbre se tiennent debout
et marchent presque immédiatement après la naissance.
Il s'agit d'un développement évolutif afin de les rendre moins vulnérables.
Les petits naissent avec les rayures marron et noires, mais elles foncent avec l'âge.
Le petit naît relié au placenta,
que la mère peut manger après la naissance car il est riche en substances nutritives
et en sel dont elle a besoin après les efforts du travail.
Le placenta peut aussi servir de goûter nutritif pour d'autres animaux.
Ces aigles ravisseurs sont les premiers à remarquer cet organe abandonné.
Mais d'autres oiseaux passent vite à l'action.
Ce vautour est plus grand que les aigles
et il a toujours la première bouchée.
Tout à coup, c'est la frénésie
alors que plus en plus d'oiseaux essaient d'avoir un bout du déjeuner gratuit.
Les aigles, qui étaient là les premiers, doivent se contenter de regarder
alors que les vautours ont leur lot.
Le petit se serre contre sa mère.
Ces vautours désespérés et impitoyables sont sa première expérience de la vie.
Les zèbres restent près des petits.
Ils protègent instinctivement le nouveau membre du troupeau
qui finira par comprendre son rôle dans la hiérarchie de la nature locale.
Voyons ce que le nouveau venu observe durant les premiers moments de sa vie.
Mère et fille font leur première promenade ensemble.
L'aptitude du petit à marcher si tôt est incroyable.
La mère emmène sa fille au point d'eau.
Elle a désespérément besoin de boire après l'effort épuisant de la mise à bas.
Aucun animal n'a de pelage aussi distinctif que le zèbre.
Il n'y a pas deux zèbres qui se ressemblent.
Il existe plusieurs théories
qui tentent d'expliquer la raison de leur pelage rayé voyant.
Peut-être que par leur singularité, les rayures leur permettent de se reconnaître.
Le motif peut aussi empêcher les prédateurs d'identifier
un animal dans un troupeau en fuite et fausser la distance.
Pour un déplacement plus en sécurité, les zèbres se joignent souvent aux gnous.
Ce troupeau de gnous compte des milliers de têtes,
il couvre toute la plaine jusqu'à l'horizon.
La saison de la mise à bas est bien avancée dans la savane.
De nombreux animaux ont une jeune progéniture.
Les gnous sont à nouveau en route, en quête du point d'eau suivant.
Même quand ils se reposent, les guépards cherchent une proie potentielle.
Les jeunes félins halètent pour essayer de rester au frais.
Ces jeunes guépards vivent encore et apprennent auprès de leur mère.
Leur mère ramène une proie blessée aux petits
pour leur apprendre l'art de chasser et de tuer
jusqu'à ce qu'elle les juge prêts à affronter le monde seuls.
Au bout de 18 mois environ, la mère abandonne les petits guépards
qui forment un groupe appelé "parenté".
Deux ans plus tard, les sœurs quittent le groupe,
et les mâles restent ensemble, parfois tout au long de l'âge adulte.
Difficile d'imaginer que ces petits chatons seront des machines à tuer agiles
dans deux ans.
Avec sa jeune famille à nourrir, il est constamment en recherche d'une proie.
Cependant, il ne sait pas trop comment se frotter au gnou.
Il repère à sa place une gazelle de Thomson avec son petit.
Les gazelles sont un des plats favoris des guépards.
Le guépard sait que cette rencontre pourrait finir en une mort,
alors il emmène ses petits pour leur apprendre la technique.
Les gazelles sont des animaux extrêmement athlétiques
et peuvent courir jusqu'à 100 km par heure.
Cela signifie qu'elles ont une chance contre les guépards
et elles s'échappent environ une fois sur deux.
Cependant, un springbok avec un petit
est bien plus vulnérable, vu que le petit ne peut pas fuir aussi vite que sa mère.
Le guépard a vu que le petit a été séparé de sa mère,
alors il choisit ce moment pour lancer son attaque éclair.
Sa vitesse incroyable est évidente et il rattrape vite la gazelle.
La gazelle slalome et esquive,
mais le guépard est de taille,
grâce à son équilibre et à ses réactions incroyables,
pour slalomer avec la gazelle avant de finir par l'attraper.
C'était tout juste un défi pour le guépard,
mais les animaux prennent toute la nourriture disponible.
Elle servira également de leçon importante pour ses petits.
Ces guépards, en grandissant, doivent apprendre bien des leçons de leur mère
avant d'essayer de tuer un animal tout seuls.
Les petits guépards, à ce stade de leur vie, ont un appétit presque insatiable,
vu qu'ils ont besoin de protéines, de graisse et de calcium pour grandir.
Ils doivent manger leur proie le plus vite possible,
pas à cause des petits charognards comme les vautours et les marabouts,
mais à cause de plus grands prédateurs comme les lions, qui sont tout près.
Mais ici, ils peuvent apprécier paisiblement un repas en famille.
La mère s'assure
que les petits guépards se gavent de leur proie,
car ils risquent de ne pas manger avant bien longtemps.
L'Afrique a bien plus à offrir.
Les phacochères sont très courants dans le Masai Mara.
Le phacochère est un membre de la famille du cochon.
Ils n'ont pas vraiment l'instinct du territoire. Au lieu de ça, ils occupent ce qu'on appelle
"l'aire de distribution" où ils se nourrissent en groupes appelés "hardes".
Ils s'alimentent en s'agenouillant pour brouter.
Ils sont herbivores, ils se nourrissent essentiellement d'herbe,
de feuilles, de racines et d'autre matière organique.
Cette lionne a repéré l'un des jeunes phacochères
et, comme le guépard, elle sait que les animaux jeunes
sont plus faciles à attraper que les adultes.
Ce repas ne suffira pas à nourrir le groupe,
mais il lui donnera l'énergie nécessaire pour chercher le prochain gros repas.
Tout à coup, ses instincts de chasse passent à l'action.
Le jeune phacochère voit le danger et tente de s'enfuir.
Sa vitesse n'égale pas celle de la lionne qui s'empare facilement de lui.
Même si ce n'est qu'un repas léger,
les autres lionnes de son groupe se bousculent pour un en-cas,
mais elle n'est pas d'humeur à partager.
Par respect, elles la laissent apprécier son repas en paix.
Ces impalas mâles mangent de l'herbe fraîche près de l'eau.
Les mâles sont caractéristiques, avec leurs longues cornes.
Les femelles, qui n'ont pas de cornes, ne sont pas loin derrière,
et observent les mâles qui broutent.
Mais qui voilà en train de brouter avec eux ?
Les gazelles de Thomson, qu'on a déjà vues, peuvent vivre avec les impalas.
Il leur arrive de partager les mêmes territoires
et de cohabiter sereinement.
Ces gazelles de Thomson sont en rut,
ce qui arrive une fois par an à la fin de la saison des pluies,
quand elles sont au sommet de leur forme physique.
Les mâles le font pour affirmer leur dominance et impressionner les femelles.
Un troisième mammifère vit dans notre groupe.
Il s'agit de kongonis.
Ils sont liés à la fois aux gazelles et aux impalas,
qui font partie d'une espèce appelée bovidés.
Les kongonis sont de gros mammifères avec des mâles qui pèsent autour de 140 kg
et des femelles qui pèsent autour de 120 kg.
Les topis, qu'on voit ici, sont plus athlétiques qu'ils n'en ont l'air
et peuvent courir jusqu'à 80 km par heure.
Les topis mâles ont des cornes,
et la taille de leurs cornes permet de déterminer leur rang social dans le troupeau.
Malheureusement, cet élégant descendant de l'antilope est menacé d'extinction.
Espérons que ce jeune topi ne sera pas la victime d'un guépard ou d'un léopard.
Cet animal magnifique est appelé éland commun
et se déplace en troupeaux de 10 à 30.
En plus de ces magnifiques marques caractéristiques,
l'éland peut s'arrêter de transpirer afin de conserver de l'eau.
Cela est vital dans un environnement où l'eau manque.
Il est incroyable de penser que notre groupe de bovidés, avec les élands,
peut trouver assez à manger dans la sécheresse de la savane pour survivre.
Cette lionne, une des nombreuses lionnes du groupe, n'a pas de crinière.
Voilà un exemple de dimorphisme sexuel
qui fait qu'il est extrêmement facile de distinguer un mâle d'une femelle.
Mais cette lionne a toujours été la préférée du mâle dominant.
Les lions ne s'accouplent pas à un moment précis de l'année,
vu que les lionnes sont polyœstriennes,
c'est-à-dire qu'elles peuvent concevoir à n'importe quelle période de l'année.
Ces deux-là quittent régulièrement le groupe pour passer du temps seuls.
Tandis que les deux lions se cachent dans l'herbe,
les marabouts et les vautours affamés volent en cercle en quête de nourriture.
Une bande de hyènes a encore tué, cette fois sans se faire voir des oiseaux.
Les hyènes tachetées développent des dents tranchantes derrière les prémolaires.
Cela signifie qu'elles peuvent tuer des proies vivantes
plutôt que de compter sur les restes d'animaux déjà morts.
Pendant ce temps, les marabouts casse-pieds ont senti l'odeur.
Les hyènes sont voraces. Leurs mâchoires hautement spécialisées
et leur système digestif font qu'elles peuvent absorber les substances de la peau et des os.
Une hyène a la capacité de manger la quasi totalité d'une carcasse, hormis les poils,
les cornes et les sabots.
Ainsi, lorsqu'un groupe de hyènes a fini de manger,
il ne reste presque aucune trace de la carcasse.
Quelques marabouts gourmands sont plus faciles à éloigner que des vautours,
et cette hyène facilite le travail.
Ici, des chacals adultes rentrent dans leurs terriers avec leurs petits.
Pendant qu'ils élèvent leurs petits, ils vivent dans des terriers de phacochères.
Dans leur tanière souterraine, les chacals dorment profondément la nuit,
protégés des prédateurs comme les léopards ou les guépards.
Le troupeau de zèbres se prépare à migrer.
Plusieurs troupeaux se sont réunis pour le périple.
Ce crocodile pense avoir trouvé l'endroit parfait
où les zèbres et les gnous en migration vont traverser.
Les zèbres ont rejoint les gnous
et se rassemblent au bord de l'eau pour traverser.
Leur instinct fait qu'ils sont réticents à s'aventurer dans l'eau.
À cette occasion, le crocodile a raté sa chance.
Le troupeau s'éloigne de la rivière pour l'instant.
Près de 1 10 jours se sont écoulés depuis qu'on a vu les deux lions seuls.
Ce laps de temps est la moyenne pour la grossesse d'une lionne.
Elle a donné naissance à deux lionceaux, résultat de son accouplement.
Les lionnes aiment donner naissance dans une zone retirée, loin du groupe.
Les lionceaux sont vulnérables à l'attaque de chacals, serpents, aigles, léopards
et même d'autres lions.
Les lionceaux naissent aveugles et ne voient qu'au bout d'une semaine.
Ils sont pratiquement sans défense au cours des premières semaines
et comptent presque exclusivement sur leur mère pour les garder en vie.
Généralement, une lionne n'introduit les lionceaux à la vie de groupe
qu'au bout de six à huit semaines.
Cela afin de s'occuper d'eux dans l'abri de leurs cachettes
sans être dérangée par les membres du groupe.
La maman déplace les lionceaux dans différentes cachettes chaque mois.
Cela pour éviter que l'odeur ne soit trop forte
et puisse alerter des animaux prédateurs des alentours.
Elle les déplace en les prenant dans la bouche.
Cela peut sembler douloureux,
mais les lionceaux ont une peau très lâche et élastique sur la nuque.
C'est ainsi que maman déplace ses lionceaux d'une cachette à l'autre,
en les portant un par un d'un endroit à l'autre.
Ils ne commencent à marcher qu'au bout de trois semaines.
C'est très différent des espèces que nous avons vues auparavant,
comme les zèbres et les éléphants,
dont les petits marchent presque aussitôt après la naissance.
Cela est dû au fait que les lionceaux restent dans une cachette
les premières semaines de leur vie.
Bien des défis attendent ces lionceaux.
80 % des lionceaux meurent avant d'atteindre la maturité.
Il n'y a pas que la lionne qui a trouvé un partenaire et donné naissance.
Le léopard solitaire doit lui aussi augmenter la population.
Elle a choisi un partenaire et ils se faufilent dans l'herbe haute.
Comme vous le voyez, il y a un certain dimorphisme sexuel
entre les léopards mâles et femelles,
avec le mâle qui est bien plus gros que la femelle.
Tout comme les lions, les léopards peuvent s'accoupler toute l'année.
La grossesse des léopards dure entre 90 et 105 jours,
et ils aiment donner naissance dans des grottes ou arbres creux.
Le couple reste ensemble plusieurs jours durant l'accouplement et chasse ensemble.
Quand ils sont seuls, ils s'accouplent plusieurs fois par jour.
Le troupeau de gnous et de zèbres doit encore traverser la rivière.
Le plus grand troupeau de gnous connu compte plus d'un million d'animaux.
En termes humains, cela représente presque toute la population de Manhattan.
Les membres de notre troupeau se regroupent sur les bords de la rivière.
Au bout d'un moment, quelques zèbres courageux
osent faire les premiers pas dans le courant rapide.
Il est tout de suite clair que cette traversée
va être incroyablement dangereuse pour ces animaux.
Chaque année, 1,5 million de gnous
effectuent une longue marche en quête d'eau et de nourriture,
et malheureusement, chaque année,
on estime que 250 000 animaux n'arrivent pas à destination.
Les chances de mourir en cours de route sont donc très élevées.
De plus en plus d'animaux se rassemblent au bord de la rivière,
et la scène devient chaotique.
Même si cela semble complètement désorganisé, aléatoire et frénétique,
des recherches ont montré que les troupeaux qui traversent des rivières
possèdent une "intelligence de masse".
Les animaux travaillent en groupe pour essayer de surmonter des obstacles.
La hâte avec laquelle les animaux ont traversé
a créé une sorte de bouchon sur l'autre bord.
Des animaux restent coincés dans l'eau, ce qui les rend vulnérables.
Ils prennent confiance en voyant que les compagnons
ont traversé la rivière,
et de plus en plus de gnous et de zèbres entrent dans l'eau.
Pour certains, c'est peut-être moins simple que ça en a l'air.
Ce grand rassemblement d'animaux n'est pas passé inaperçu pour ce crocodile.
Ses amis et lui se réunissent légèrement en aval
en attendant qu'un animal en difficulté arrive vers eux.
Le courant est de plus en plus fort,
et certains animaux risquent vraiment d'être emportés.
Les moins bons nageurs du groupe commencent à lutter
et sont entraînés de plus en plus loin du bord
qu'ils essaient d'atteindre.
Les zèbres et les gnous doivent nager extrêmement fort
pour éviter d'être emportés par le courant fort.
Certains animaux, bien qu'épuisés physiquement,
parviennent tout juste à atteindre l'autre côté.
Malheureusement, cet animal n'était pas assez fort
et se fait capturer par les crocodiles.
Ce gnou est parvenu à traverser la rivière,
mais il se retrouve coincé sur le rebord,
incapable d'atteindre le niveau supérieur.
Les gnous communiquent visuellement, vocalement et aussi avec l'odorat.
Le mugissement peut être entendu 2,5 km à la ronde.
Les membres du troupeau utilisent des sécrétions
pour guider leurs compagnons durant leur périple.
Ainsi, les retardataires sauront quelle direction suivre.
Comme nous le voyons ici, aucun animal de notre troupeau n'est abandonné.
Alors que quelques-uns des derniers retardataires finissent de traverser,
le troupeau continue sa migration longue et ardue à travers l'Afrique.
La grande variété de vie à travers l'Afrique est évidente
pour quiconque a la chance de l'observer.
Depuis les habitants de l'eau
jusqu'aux félins féroces qui traquent et chassent leur proie des arbres et buissons.
En passant par les simples herbivores,
la patrie de toute vie reste, comme toujours, une métropole d'espèces différentes.
Chaque créature a sa propre aventure et sa propre histoire à raconter.
Chaque animal, aussi féroce ou mortel soit-il,
devra faire face à de bons et à de mauvais moments.
L'environnement en perpétuel changement où ils vivent
peut être abondant et désert, sec et humide,
et ces animaux doivent être précis dans la moindre de leur décision.
Nous vous avons conduit à travers la savane africaine
et nous vous avons montré des personnages incroyables qui y vivent.
Nous avons vu leurs luttes et leur mode de survie,
leur façon de travailler ensemble ou de vivre à l'écart.
Nous avons observé un cycle annuel de naissances et de morts,
ainsi que la vie quotidienne dans les plaines.
Mais ce qui unit ces animaux, ce n'est pas juste la recherche de nourriture et la survie.
À l'époque moderne, leur grand défi
est d'éviter l'extinction.
Espérons que tous les animaux que nous avons vus
continueront à prospérer dans la savane encore pendant bien des années à venir.
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