All language subtitles for 1963_Hud-Le_plus_sauvage_d_entre_tous_HD_VOSTFREN.7.9

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Original subtitles

LE PLUS SAUVAGE D'ENTRE TOUS

- Merci. - Où vas-tu le chercher ?

Je ne sais pas. Si je vois une Cadillac rose, c'est qu'il n'est pas loin.

A plus tard.

- Qui est-ce ? - C'est Lon.

Je fais du chili, Si tu veux déjeuner, j'arrive,

Non, merci. Tu n'as pas vu mon oncle ?

Je lui ai fait un steak hier à 7 h, Je ne l'ai pas revu depuis,

D'accord. Daisy, je prends deux beignets.

D'accord, laisse l'argent sur le comptoir,

D'accord.

Il est 6h26 et on est jeudi, Il fait 22° pour une belle journée d'été,

Vous écoutez le Bobby Don Brewer Show,

On s'est bagarré ici !

On a eu Hud comme client !

Ça se voit.

M. Larker !

- Salut, M. Larker ! - Salut, Lon !

- Tu fais le rodéo, cette année ? - Je ne tiens pas à me faire amocher.

- Que fais-tu en ville si tôt ? - Je cherche Hud.

Je crois que j'ai vu sa Cadillac en bas de la rue.

A ta place, je n'irais pas le déranger.

Ça ne m'enchante pas, mais je dois le ramener.

Hud ?

Hud !

J'espère pour toi qu'il y a le feu à la baraque !

Désolé, mais on a des ennuis au ranch.

Toi, tu en as ici.

J'étais bien installé, mais il fallait que tu t'amènes.

Grand-père veut que tu viennes tout de suite.

Tout de suite ?

Mon vieux papa me laissera bien boutonner ma chemise, non ?

Allez, dépêche-toi, Hud.

Tu m'as fait lever du pied gauche. Ne reste pas sur mes talons.

Je pourrais me retourner et te mordre.

Merci, ma belle.

Salut, Joe.

Lequel de vous deux sort de chez moi à 6 h du matin ?

J'ai posé une question. Lequel, bon Dieu ?

Ça m'ennuie de cafarder mon neveu. Mais c'est ce petit morveux !

Je vais tuer ce voyou.

Une minute !

Tu as du diabète. Je m'en occupe.

Je vais le corriger, pousse-toi.

Joe, ne t'emballe pas ! C'est mauvais pour toi.

Je le mettrai au pas. C'est promis.

On va finir cette petite discussion derrière l'abri à bois.

Merci bien !

Te plains pas, ça va te faire une réputation d'étalon.

Si je suis encore en vie. J'aurais pu prendre un mauvais coup.

Moi aussi. J'ai eu de la chance de t'avoir sous la main.

- Tu devrais me garder avec toi. - Tu ne tiendrais pas le choc, petit.

Qu'y a-t-il de si important pour que le paternel t'envoie me chercher ?

- Il veut te demander un conseil. - A moi ?

Il ne m'a pas demandé mon avis depuis 1 5 ans.

Je ne suis pas plus qu'un homme de peine.

Tu tiendras la journée après une nuit pareille ?

J'ai pas 1 00 ans comme lui. J'ai pas besoin de dormir une semaine.

Ce n'est pas sa faute s'il est vieux.

T'as une façon de conduire !

Ca doit être Hud.

Garé en plein sur mes plates-bandes.

- Bonjour, Hud. - Bonjour.

Je te gâche ton jour de sortie. Lonnie, ferme cette porte.

La maison est toujours debout, tu bois ton café matinal,

pourquoi m'avoir ameuté ?

Une génisse est morte cette nuit.

Tu m'as fait venir pour ça ?

Ca m'inquiète. Elle n'était ni estropiée, ni enflée.

- Elle a mangé des mauvaises herbes ? - Non.

Je voudrais savoir de quoi il retourne.

José et Jesse sont partis pour éloigner les buses.

Lon, ces groseilles sont pour le gâteau.

Ne traînons pas. J'ai autre chose à faire.

Attention à la cendre de cigarette.

Je vais chercher le camion.

Pourquoi vous garez-vous sur mes zinnias ?

J'essaie de les faire pousser.

- Ne les plantez pas là où je me gare. - Vous êtes de bonne humeur...

Votre travail, c'est de vous occuper de la maison, pas de mon humeur.

Vous voulez des oeufs ou vous avez dejeuné au lit ?

Non. On n'en était pas encore là.

- Bonjour, les gars. - M. Bannon.

Difficile d'éloigner ces oiseaux-là. J'ai dû me servir d'une torche.

Sales charognards. lls reviendront. Même le canon ne leur ferait pas peur !

Ne fais pas ça. Les buses nettoient la campagne.

De plus, la loi interdit de les tuer.

Je dis toujours que la loi doit être interprétée avec souplesse.

J'essaie de le faire. Tantôt je penche d'un côté, tantôt de l'autre.

Je n'aime pas enfreindre la loi.

Elle ne va pas se lever et nous dire ce qu'elle a.

Qu'est-ce que tu en penses, Hud ?

Je ne sais pas. Pour moi, elle était saine.

Quelque chose l'a tuée. Je vais appeler le vétérinaire d'Etat.

Je ne veux pas de fonctionnaires sur nos terres.

En aucun cas. Ce n'est rien. Les buses s'en chargeront.

Non, je ne vais pas faire ça.

Je vais appeler le fonctionnaire et lui demander de venir.

Demande à un type comment mener tes affaires et ne demande pas mon avis.

J'aimerais que toi et Lon restiez ici.

J'emmène les gars pour qu'ils se reposent un peu.

Lon, prends cette gourde, si vous avez soif.

Pourquoi tu ne restes pas avec ton amie malade ?

J'en ai une qui est en pleine forme et qui ne m'attendra pas.

Heureusement que vous êtes là.

On a crevé et il faut rapporter toutes ces provisions.

- Tu veux de l'aide, Jesse ? - Ca va, merci.

Ca vous fatiguerait d'ouvrir la porte ?

- Vous avez pris mes bières ? - Une douzaine. Assez jusqu'à demain.

- Vous comptez ? - Je trouve plein de canettes vides.

Ca sent le Chanel N° 5...

Pas moi, j'ai pas les moyens.

Vous n'étiez pas dans la prairie tantôt.

- Sûrement pas. - Non.

Comment font ces femmes-là pour avoir du temps libre ?

Le temps de récurer les sols, nettoyer la baignoire, étendre le linge...

- Elles laissent tout choir, chérie. - C'est mieux que le ménage.

- Une orange ? Je vous la pèle. - Non, merci.

Ca vient de Floride.

On en fait pousser au Texas et ils nous les envoient de Floride.

C'est logique, n'est-ce pas ?

Ouais.

Le caissier de l'épicerie m'a dit que vous fréquentiez la femme de Truman Peters.

Il a dit ça ?

Paraît qu'elle a un sale caractère. Sa bonne est partie tellement elle râlait.

La nôtre va se faire virer parce qu'elle parle trop.

- Un biscuit aux figues ? - Non.

Laissez-nous-en pour le dîner.

Tu manges encore du pain ?

Après un steak avec de la sauce, du maïs, des oignons et des feuilletés ?

Ca paraît beaucoup, mais ça a fondu.

- Hud ne dîne pas ? - Il se pomponne. Il mangera après.

Et le dessert ?

Un congélateur plein de pêches givrées, ça suffira ?

J'ai attendu ça tout l'hiver.

C'est ce que t'attendais ?

Et ces pin up au teint de pêche cachées dans ton tiroir ?

Ca ne vous regarde pas.

Je suis une fille, elles ne m'émeuvent pas.

Je vous sers la glace dehors, il fait plus frais.

Merci, Alma.

Allez, avant de faire dans ta couche.

Alma !

Oui !

Une chemise blanche propre.

Vous avez le chic pour dire "s'il vous plaît" !

S'il vous plaît, magnez-vous le train et donnez-moi une chemise, merci.

- La tache de rouge à lèvres était tenace. - On devrait essayer le vôtre.

- Non. - Vous ne rajeunissez pas.

- Vous vous réservez pour qui ? - Le col est arrangé.

- Tu entends l'engoulevent ? - Je crois qu'il y en a deux.

Je n'ai jamais vu cet oiseau de ma vie. On les entend juste s'appeler.

A quoi penses-tu, Lon ?

Je ne sais pas. A ce qui va m'arriver.

Tu penses à tes ennuis et à tes ambitions ?

Oui, et à avoir une voiture à moi pour rouler vite. Aux filles.

Tu auras ta part du gâteau. Un garçon comme toi le mérite.

Il se fait tard.

Mon père avait l'air étranglé par son col.

- C'était sa tenue du dimanche. - Je ne m'en souviens pas.

Moi oui.

Tu n'as pas la photo de Hud sur toi ?

Non.

- Mais il est ton fils, comme mon père. - Oui, c'est vrai.

- Pourquoi tu lui en veux ? - Il le sait et t'as pas besoin de savoir.

- Et voilà. - Merci.

- Vous n'en prenez pas ? - J'essaie de perdre quelques kilos.

Je ferai la vaisselle plus tard. Je vais reposer un peu mes jambes.

- La cuisine, c'est votre affaire. - Je l'ai assez vue pour aujourd'hui.

Tu retournes en ville, ce soir ?

Je ne me suis pas habillé pour m'asseoir dehors.

Essaie de rentrer avant le matin. Le vétérinaire vient tôt.

Pas mauvais. Ca a bien goût de pêche.

Ca tient chaud, ce nylon !

Vous devriez mettre un sarong, comme dans les mers du Sud.

Oui, ce serait marrant !

Je ne vous ai jamais vu de souliers aux pieds.

J'en ai mis une fois. Pour mon mariage. En satin blanc.

Mais je n'ai plus ni souliers ni mari !

Je vais en ville.

Alma, vous venez boire une bière ?

Non merci. Je vais me lever de cette balançoire.

Ranger les biscuits et aller au lit.

Je m'inscris pour la 2e moitié du programme.

Je viens avec toi, Hud.

Et qu'est-ce que tu veux faire ? Aller manger une glace ?

Je voulais juste aller faire un tour avec toi.

D'accord. En route.

- T'as besoin de moi, grand-père ? - Non, vas-y.

Soyez prudents.

Prends le volant.

- Qu'est-ce qu'il a voulu dire ? - Je raconterai quand je serai saoul.

Appuie un peu sur le champignon.

- C'est une nuit où on se sent triste. - Elles ne sont pas toutes comme ça ?

J'aime ce bruit-là. Ca me transperce.

Ca fait peur au bétail.

Tu sais à quoi les trains me font penser ?

Non. Mais je vais le savoir.

J'adore les trains. C'est tout.

Les clés.

Nom d'un chien.

Regarde-moi cette selle.

Faut une grue pour la mettre sur un cheval.

- Elle est balèze. - Où tu vas ?

- Je traîne. - Pas avec moi.

Va boire des sodas. A plus tard.

- Bonsoir, M. Kirby. - Bonsoir.

Tu l'as lu ?

Oui, deux fois. C'est le meilleur bouquin que vous ayez eu.

Assez osé, hein ?

Les personnages ressemblent aux gens que je vois.

Tu as lu le passage où le sergent la prend pour la première fois ?

Oui, je l'ai lu.

Je t'ai assez vu pour ce soir.

Je vais sur la place, c'est tout.

Tu vas où, toi ?

Pour ne rien te cacher, je vais chez Mme Ruby Fletcher.

Je ne crois pas que tu connaisses cette maison.

J'en ai entendu parler. Je ne suis plus au biberon, tu sais.

- J'y vais depuis longtemps. - Tu as quel âge ?

Dix-sept ans ? A ton...

A ton âge, fallait pas m'en promettre.

C'était l'été où tu es né.

Ta mère est morte. Ton père essayait de s'étourdir.

On s'était acheté une vieille Chevrolet.

Elle tenait avec des fils de fer. On en a fait des tournées avec.

Je sais pas ce qu'on fatiguait le plus,

la bagnole ou les filles qu'on emmenait danser.

On a fait la fête et on s'en est envoyé, cet été-là.

Ca me déplairait pas.

Alors viens.

Non ! J'y tiens pas.

Entendu.

Debout. Allez, Lonnie. Ouvre les yeux.

- Tu vas rester au lit jusqu'à midi ? - Quoi ?

Lève-toi. Je ne peux pas me bagarrer avec toi toute la matinée.

- Pourquoi ? J'aime bien. - Ca m'étonne pas. Ca suffit, debout.

- Je ne peux pas, Alma. - Tu as encore dormi tout nu ?

T'as deux beaux pyjamas, bien repassés.

- Ca m'étrangle. - Allons.

- Comment vous dormez ? - Dans ma chambre, le verrou fermé !

Vous portez des petites nuisettes ?

- Drôle de question. - Je me demandais.

- Tu t'y intéresses beaucoup ? - On dirait.

Les garçons aux pensées impures ont de l'acné.

C'est de la blague !

Continue, tu verras.

Dépêche-toi !

Le vétérinaire vient ce matin.

Ecartons-nous de cette puanteur. J'ai ce qu'il me faut.

Il va falloir parquer votre troupeau, M. Bannon.

Au complet. Je vais devoir faire une inspection.

- Pour quoi faire ? - Trouver ce qui a tué cette génisse.

J'espère me tromper, mais je crains qu'il ne vous arrive le pire.

Je crois qu'elle a eu la fièvre aphteuse.

Bon sang... Je n'ai jamais pensé à une chose pareille.

Qu'est-ce qui nous attend ?

Rassemblez vos troupeaux. On va faire des prises de sang.

On infectera quelques veaux et chevaux et on attendra de voir ce qui se passe.

Je sais. S'ils sont malades, vous les tuerez.

Si les veaux tombent malades et pas les chevaux, c'est la fièvre aphteuse.

Lors de la dernière épidémie, on a dû abattre 77 000 têtes de bétail

et autant de moutons. Et même 20 000 daims.

C'est terrible.

Je viens d'acheter vingt vaches mexicaines.

- Pourraient-elles être infectées ? - Possible.

Il faudrait abattre toute bête ayant été en contact avec elles.

Autant dire tout mon troupeau.

Je sais.

J'espère me tromper et que c'est autre chose.

Pour qu'on n'ait plus à en parler.

J'ai encore atterri dans le mauvais coin.

Au boulot. Il y a des clôtures à réparer.

Alors, que dis-tu de ça ?

Tu vas les laisser abattre tes vaches pour une maladie imaginaire ?

Tu es si vieux que ça, Homer ?

Une longue quarantaine les satisferait peut-être. Tu crois qu'ils accepteraient ?

Lls n'ont pas à accepter, ils sont la loi.

Ca ne t'avancera à rien de discuter avec eux.

Ce M. Burris a l'air d'être un homme raisonnable.

Tu crois qu'ils viendraient tout liquider ?

Mais oui, tu n'y couperas pas.

J'ai 34 ans et pendant 24 ans, tu m'as fait trimer dans ce ranch.

Tu as eu ta main-d'oeuvre à bon compte.

J'ai ramassé le purin, j'ai attrapé des ampoules. Et pour quoi ?

Ta bénédiction le jour de ta mort ? Sûrement pas.

Je veux tirer de l'affaire ce que j'y ai mis.

Qu'est-ce que tu proposes, Hud ?

Prends ton téléphone et vends tes bêtes. Tu es encore libre.

Ce serait ta façon d'en sortir ?

Je peux emmener tout le troupeau avant les inspections.

Je vendrais des bêtes contaminées à mes voisins à leur insu ?

Tu ne sais pas si elles sont malades.

Je les emmènerai avant que ça ne se sache.

Au risque de déclencher une épidémie dans tout le pays ?

Des épidémies, c'est pas ce qui manque dans ce pays !

Des épidémies de magouilles, d'émissions de télé faussées,

de fraudes fiscales, de comptes truqués.

Tu connais combien d'hommes honnêtes ?

Sépare les bons des mauvais, il te reste Abraham Lincoln.

Laisse-nous nous débrouiller tant qu'il est encore temps.

Tu n'as aucun principe, Hud.

Ca ne fait rien, t'en as pour deux.

Rude journée.

- Tu es vidé ? - Je souffle un peu.

Rentre au ranch et va faire une sieste.

Non, je ferai ma part.

Je m'en serais douté.

Grand-père.

Grand-père, j'ai retrouvé les "longues cornes".

Le vétérinaire va avoir du mal à les inspecter.

Ces grandes cornes ne passeront pas dans le sas.

Il n'y en a plus beaucoup comme ça, hein ?

Non, elles disparaissent.

Je les ai gardées en souvenir, pour me rappeler le passé.

Tout ce qu'on avait venait d'elles nos meubles, nos rênes,

nos habits, nos chapeaux.

Grand-père, si on les laissait partir ?

Ce ne serait pas bien. Faut qu'elles aillent avec les autres.

- Grand-père. - Merci, Lon.

Je n'aurais pas dû t'emmener après cette journée.

Si le film est bon, ça me réveillera.

Il n'y a que toi ici qui n'ait pas de genou à pincer.

Je crois que je m'en passe bien.

Je ne comprends pas qu'ils payent 65 cents pour faire ça ici.

Lls peuvent aller dans une grange pour rien.

Allez vous tous, chantons en choeur cette bonne vieille chanson,

Suivez la balle qui rebondit,

Tu vas te mettre tout ça dans la bouche ?

Je vais essayer.

- Salut, Hud ? - Ca va ?

- C'est la femme de Peters avec Hud ? - Je crois.

- Tu veux que je l'appelle ? - Non, laisse-le.

Tu as un demi-dollar ?

Amène-toi.

Tu me rends la monnaie ?

Tiens, tiens. Plus on est de fous...

Cette fausse blonde est Mme Truman Peters.

- Enchanté. - Enchantée.

"Homer Bannon l'lndomptable", comme on l'appelait.

Et ce grand échalas est mon neveu, Lon.

Tu as remarqué, mon père ne nous a pas dit de nous asseoir.

Il ne veut pas me fréquenter.

Il soigne ses relations.

T'es une femme mariée. Ca ne lui plaît pas.

C'est un homme de principes.

On n'a pas le droit de s'amuser. Pas vrai ?

- Grand-père. - Homer, ça va ?

Ramène-moi à la maison, petit.

Baisse un peu la vitre, veux-tu ?

Ca fait du bien. On étouffait un peu là-bas.

Tu es resté trop au soleil aujourd'hui.

Quoi qu'il en soit, pas la peine de faire cette tête-là.

Je me sens mieux maintenant.

A la maison, je te préparerai un laxatif.

Oui, ça me remettra.

Il s'est endormi.

Il commence à être usé, tu ne trouves pas ?

Souvent j'oublie qu'il est si vieux.

- Ou bien je ne veux pas y penser. - Il serait temps.

Je sais qu'il mourra un jour. Je le sais bien.

C'est vrai.

Quand j'y pense, ça me glace.

Tout le monde y passe les chevaux, les chiens, les hommes.

Personne ne se sort de la vie vivant.

- Je vais t'aider à monter. - Lon va s'occuper de moi.

Comme tu voudras.

Bonne nuit, Hud.

Merci pour la partie ! On recommencera le jour de la paye.

- Vous avez une cigarette ? - Oui.

Ne me laissez pas dehors comme si je faisais du porte à porte.

D'accord, entrez.

- Elles sont un peu écrasées. - Ca ira.

- Vous avez bien arrangé, ici. - J'essaie.

C'est bien, à part votre plante qui est mal en point.

Je n'arrive pas à en garder une.

Elles ont besoin d'amour, comme nous.

Je m'en souviendrai. Je peux avoir du feu ?

Tiens, c'est quoi, ça ? Un séchoir électrique.

Triple écran.

Grille-pain automatique.

- Vous faites du vol à l'étalage ? - Je fais des concours.

"Comment le shampooing Shinette a changé ma vie", en 20 mots.

Lls offrent des voyages en Europe.

Mais je ne gagne que des stylos et des jumelles.

Une fois, j'ai gagné une dinde à une tombola,

mais c'était prévu avec la fille qui tirait les numéros !

Je vois.

Combien avez-vous piqué aux gars ?

20 dollars et quelques.

- Vous êtes dangereuse. - Je suis bonne au poker.

Vous êtes bonne maîtresse de maison.

Bonne cuisinière, bonne blanchisseuse.

- Vous êtes bonne à quoi d'autre ? - A prendre soin de moi.

Une belle fille comme vous !

C'est ce que disait mon ex-mari.

Avant de me prendre mon portefeuille

et de me laisser sans rien dans un motel à Albuquerque.

Qu'avez-vous fait pour qu'il se barre ? Vous mettiez des bigoudis au lit ?

Ed est un joueur.

Il doit encore être à Las Vegas, gagnant un jour,

perdant le lendemain.

Un type pareil, c'est un salaud !

Vous l'êtes tous.

Quand un chien a des puces, on n'abat pas les autres !

J'ai été mariée avec Ed pendant six ans.

Tout ce que j'en ai tiré, c'est qu'il me gratte le dos.

- Ca vous démange encore ? - De temps en temps.

Prévenez-moi quand ça vous démange.

On injecte à ces vaches et ces chevaux des échantillons pris sur votre troupeau.

Dans trois à six jours, nous serons fixés.

Avance, entre là-dedans !

Ca va, Lon ?

Elle t'a poussé contre la clôture.

Ta tête en a pris un coup !

Retourne travailler ou tu vas te faire mettre en boîte.

Ne le bouscule pas. Ca va, Lon ?

- Ca t'a sonné, hein ? - Va le mettre au lit.

Au travail, Jack.

Moi qui te croyais maigre. Tu pèses une tonne.

Je ne peux pas lever la tête.

- Je vais vomir mon petit-dejeuner. - Pas sur moi, retiens-toi !

- Tu es blanc comme un linge ! - C'est la farine que vous me mettez.

- Que s'est-il passé ? - Une vache l'a aplati.

- J'appelle le docteur ? - Payer 5 $ pour de l'aspirine ?

- Voilà, je ne vais pas te border. - Merci, Hud.

Tu peux flemmarder aujourd'hui, mais pas demain.

Je vais t'enlever tes bottes.

De la citronnade fraîche.

Allez, ce ne sont que des pépins de citron.

Ca va mieux ?

Tu devrais faire une petite sieste.

Vous êtes fraîche, Alma. Vous sentez le citron.

- Alma ? - Quoi, mon chou ?

- Vous êtes belle. - C'est ça.

Vous êtes une fille bien. Vous êtes gentille avec moi.

- Vous êtes gentille, tout court. - Sois gentil aussi et dors.

CES LlEUX SONT MlS SOUS QUARANTAlNE

POUR LE CONTROLE DE LA FlEVRE APHTEUSE

Bonjour, grand-père.

- Comment ça va aujourd'hui ? - Tout à fait bien.

J'ai fait le tour du cadran.

Je suis prêt à abattre du boulot !

Dis-moi ce que je dois faire. Réparer les clôtures ?

Arracher des mauvaises herbes ? M'occuper des veaux ?

On n'a pas grand chose à faire.

Tant qu'on ne sera pas fixés pour mes bêtes...

C'est ça, on joue perdant et on attend qu'ils nous enterrent.

Si le troupeau est infecté, c'est notre mort.

Notre ruine.

On a élevé des bêtes toute notre vie pour avoir le plus beau bétail du pays.

Et l'Etat nous donnera quatre sous d'indemnités.

- Pauvres, mais honnêtes, c'est nous. - Il n'y a qu'à s'asseoir et attendre.

Jusqu'à ce qu'on ait des durillons aux fesses !

Arrête ce bruit, Lonnie.

Va donc te dégourdir les jambes.

Où est la bouteille ? J'avais une bouteille de Jack Daniel's dans ce placard.

- Vous l'avez bue. - Quand ?

En guise de dîner mercredi soir.

Je ne m'en rappelle pas.

Ce n'est pas moi, je ne bois que du vin de Tokay.

En tenant le petit doigt en l'air !

Plongez-vous la tête dans l'eau pour vous dégriser avant le dejeuner.

Je ne suis pas maître de moi ?

- Marchez tout droit, pour voir. - C'est facile.

J'ai horreur de ces attaques brusquées.

Détendez-vous, la seconde vague arrive sur votre droite.

Vous ne demandez jamais ?

La seule question que je pose, c'est "A quelle heure rentre ton mari ?"

Qu'est-ce qui vous retient ? Vous êtes majeure.

- Depuis longtemps. - Alors enlevons nos chaussures.

On me demandait ça avec plus de finesse à l'époque.

Oui.

Je ne voulais pas paraître grossier.

Je vous offrirai une boîte de bonbons et peut-être du parfum !

Et un collier de fausses perles ?

- Si ça doit vous décider. - Non, merci.

Je me suis fait avoir une fois par un salaud. Je n'en cherche pas d'autre.

Trop tard, vous l'avez dejà trouvé.

Vous n'avez rien mangé.

Rien à voir avec votre cuisine. Je n'avais pas faim.

- Des nouvelles des vétérinaires ? - Non, ils prennent leur temps.

Je ne vais pas moisir ici. Il y a une fête qui m'attend.

- Tu vas à la course aux cochons ? - Oui.

Si je peux faire honneur à la famille, pour changer !

Si vous voulez venir, il y a des places dans les tribunes.

Les dames ne paient pas d'entrée.

C'est la première fois que Hud m'offre de sortir avec lui. Pourquoi ?

Il se sent seul, je suppose. Il veut de la compagnie.

Seul ? Il a toutes les filles qu'il veut.

C'est pas forcément une compagnie.

Les femmes aiment les êtres dangereux de temps à autre.

Même Hud peut se sentir seul, parfois.

Ca me déplairait pas de le voir attraper ces gorets.

- Allons-y. - Moi, je reste. Je n'aime pas les porcs.

Bravo à tous ces gamins. Applaudissez celui qui a le mieux dansé.

Mesdames et messieurs, le numéro 1 0 a gagné.

Maintenant, vous allez voir un autre genre de twist.

Dix gars solides tenteront d'attraper des cochons rapides comme l'éclair.

Le premier qui aura attrapé et amené ici son cochon sera le vainqueur.

Les gars, préparez-vous, ça va démarrer.

- Les gorets sont prêts ? - Pour sûr !

Allons-y.

Toi là-bas, tu dépasses. Enlève ton chapeau.

Je compte jusqu'à trois. Un, deux, trois, partez !

Hud Bannon est notre vainqueur !

Hud, tu es aussi sale que ton cochon !

Serviette ?

Merci d'être venus. Nous espérons que vous vous êtes amusés

et que vous serez tous là l'an prochain.

Je voudrais pouvoir encore me démener comme toi.

Tu la fais valser, la poussière !

Je vais faire valser autre chose, maintenant. Ca vous tente ?

J'ai eu assez d'émotions pour ce soir.

Je vais rentrer. Lon ?

Il est encore tôt. Je vais rester un peu avec Hud.

Je laisserai la porte ouverte.

Remonte ton froc. Je me nettoie et je t'offre un verre.

- Tu en veux un peu ? - D'accord.

Tu peux y aller !

- Jolie fille. - Je ne te retiens pas.

- Je ne pourrais pas l'aborder. - Pourquoi ? T'es pas rivé à ta chaise.

- Ca, c'est une belle fille ! - T'es plutôt beau garçon.

Lisse tes cheveux et boutonne ton col,

et t'auras peut-être une chance.

Ca m'irait de la reconduire chez elle.

Tu devrais essayer.

Profite bien de tes 1 7 ans. Ca passe vite !

Il faut que j'aime bien une fille pour pouvoir faire quoi que ce soit.

- Que j'apprécie sa personne. - Tu es un sentimental.

- Y a-t-il du mal à ça ? - Je ne sais pas, je n'ai jamais essayé.

- Tu dois me prendre pour un idiot. - Quelle importance, ce que je pense ?

Tu vas sans doute rigoler...

mais ça compte.

Tu vas reboire un coup. Et moi aussi.

Ca nous mettra dans une ambiance familiale.

Je vais mettre quelques pièces dans le juke-box.

- Bonsoir. - Qu'est-ce que tu regardes comme ça ?

- Rien. - J'aime pas les insolents.

- Personne n'est insolent. - Je vais te sortir et te donner une raclée.

Tu te disputes avec ce jeunot ?

- Je vais l'envoyer à l'hôpital. - Ah oui ?

- Il t'a embêté ? - C'est pas moi qu'il embête.

C'est elle.

Vous ne l'auriez pas encouragé, par hasard ?

- Non ! - C'est drôle.

J'étais assis là-bas et j'ai été encouragé !

- C'est votre façon de vous trémousser. - Alors, c'est toi qui vas déguster.

Je veux pas être gourmand. Lon, t'en veux un peu ?

Quelle soirée ! J'en voudrais six comme ça par semaine !

- Tu ne gagnerais pas à tous les coups. - Si, si tu me soutiens.

On en ferait, une équipe. Personne ne s'attaquerait aux Bannon !

Ca m'a rappelé le bon vieux temps.

- Ton père et moi, on sortait le samedi. - Ca devait être quelqu'un !

Norman ? Ouais...

Il laissait traîner son argent pour que je puisse le ramasser.

Il me laissait lui chiper une fille en faisant comme si je l'avais tombée.

Il était plus fort que toi et avait plus de sous,

mais quand tu ne m'énerves pas, tu me le rappelles.

- C'est vrai ? - Oui.

Alors pourquoi on ne s'entend pas mieux ?

J'ai visé trop court.

Il n'y aura jamais plus de gars comme Norman.

Il avait le chic. Il disait qu'il entendait l'herbe pousser.

Il m'a emmené un soir dans les prés pour écouter.

Après trois ou quatre heures, on avait assez bu

pour que je puisse jurer de l'avoir entendu aussi.

C'est cette nuit-là que j'ai balancé la voiture dans le pont de Samson Creek.

Il est mort en une demi-heure. Je n'avais pas une égratignure.

Je me demande si ton père entend pousser l'herbe sur sa tombe.

Cette histoire devrait te refroidir.

Non.

Ou t'as le coeur tendre ou t'as la tête molle. Je ne sais pas.

Salut, grand-père.

Il t'a fait boire ? A quoi d'autre il t'a fait goûter ?

On n'a bu que quelques verres. Tu ne bois pas que de l'eau non plus.

Je ne suis pas contre un peu de whisky.

- Quelque chose te ronge. - Toi, Hud. Comme toujours.

- Pourquoi t'en prends-tu à Hud ? - Tu estimes Hud ?

Tu crois que c'est un homme ? Tu te trompes.

C'est mon père, il me connaît.

Je te connais bien. Tu n'es pas bête, tu as même du cran.

Tu sais convaincre les hommes et te faire désirer des femmes.

- Tout va bien ! - C'est toi qui le dis.

Vide ton sac ! Tu m'en veux pour ce que j'ai fait à Norman.

Tu étais ivre et imprudent avec ton frère.

T'as eu 1 5 ans pour t'en remettre.

- Ce n'est pas ce qui nous sépare. - Tu parles.

Il y a plus longtemps que ça que je t'ai jugé.

On en apprend tous les jours !

Moi qui croyais que c'était à cause de mon grand frère !

Cette douleur-là, je l'ai enterrée.

Alors, de quoi tu m'en veux ? Bien que je m'en foute !

Justement. Tu t'en fous.

C'est tout le drame.

Tu ne comprends toujours pas ?

Tu te fous des gens, tu t'en fiches royalement.

Tu as du charme et les jeunes veulent être comme toi.

C'est là le malheur car tu n'as aucune valeur.

Tu ne respectes rien. Tu ne réfrènes pas tes envies.

Tu ne vis que pour toi et c'est malsain de vivre avec toi.

Ma mère m'aimait, mais elle est morte.

Pourquoi t'en prendre à Hud, grand-père ?

Il n'est pas le seul. Lls sont presque tous comme lui ici.

Il n'y a pas de quoi s'en rejouir.

Petit à petit, ce pays change à cause des hommes que l'on admire.

- Tu as quand même été dur. - Tu crois ?

Peut-être. En vieillissant, on devient aussi dur que ses artères.

Il faudra que tu te fasses ta propre opinion

sur ce qui est bien et ce qui est mal.

Où est cette garce de bonniche ? Je veux manger et tout de suite.

- Il est tard, elle dort. - Et alors ?

On la paye pas pour dormir, quand je crève de faim.

- Je peux te faire des oeufs. - Laisse tomber.

Tire-toi. Je peux pas réfléchir quand t'es dans mes pattes.

J'ai envie de cogner ! Ca pourrait être sur toi.

Fous-moi le camp !

- Lls n'ont pas l'air commodes. - Je n'aurais pas dû m'inscrire.

A les voir, tu seras vite liquidé.

Merci ! Je vais vérifier mon harnais.

Vérifie plutôt ta caboche.

Ce taureau va te démolir.

- Comment ça va, champion ? - Salut, Hud.

T'as une bonne place pour le rodéo ?

C'est deux dollars pour les gradins là-bas.

Je te l'offre.

- C'est un billet de dix dollars. - C'est pas un faux.

Merci.

Marche avec moi et t'en auras plein les poches.

Comment ça ?

Je vais te le dire.

J'ai mis une chemise propre et vu un avocat.

D'après la loi, quand un vieux n'est plus bon à rien,

on peut l'obliger à dételer, que ça lui plaise ou non.

Qu'est-ce que tu réserves à grand-père ?

Quelque chose de radical.

Oui, ça en a tout l'air.

Prends ton fric, j'en veux pas.

Ne fais pas le dégoûté. Je deviendrai vieux aussi.

Je compte pas finir dans un asile avec une soupe et deux cigarettes par jour

si je suis sage.

Je veux ce à quoi j'ai travaillé. C'est un droit.

Tu sais quoi ?

Si tu ne te défends pas,

la seule aide que t'auras, c'est quand on descendra ton cercueil.

Maintenant, va t'amuser.

- Hud ? - Tu es debout bien tard.

- J'ai bien des soucis. - Viens, installe-toi.

- Tu as parlé au vétérinaire ? - Oui, mais je n'ai rien appris de plus.

Tu t'y attendais ?

Si un fonctionnaire veut te parler, il te convoque.

Lls surveillent les tests sur les animaux, mais il n'y a rien pour l'instant.

- Hud. - Oui ?

Qu'est-ce que tu manigances ?

Lon m'a dit que tu voulais me couper l'herbe sous le pied.

C'est exact.

Je n'ai pas encore peaufiné les détails, mais je peux te donner une idée.

Ce qu'il y a de certain, c'est que t'es trop vieux pour mener l'affaire.

Qu'ils nous liquident ou non, quand tout sera fini,

tu me foutras la paix.

Que diable veux-tu dire ?

Quand un vieillard achète des vaches mexicaines malades,

c'est qu'il perd la boule.

Tu es incompétent, papa.

Et Lon est trop jeune pour reprendre l'affaire.

Le tribunal me donnera la gestion des biens.

Je l'aurai d'une façon ou d'une autre.

Tu te trompes lourdement.

Je dirigerai ce ranch tant que je vivrai.

Après ma mort, tu auras ta part.

Je ne sais pas. Mais tu ne contrôleras pas ce ranch de toute façon.

N'en sois pas si sûr.

J'ai peut-être été trop dur avec toi.

J'ai fait des erreurs. Tout le monde en fait.

Papa, tu n'en as jamais fait.

Tu me brandis tes Tables de la Loi

du haut de ta montagne depuis que je suis gamin.

Marche ou crève. C'est ta façon de régner.

Homer Bannon, l'lmplacable.

Les 1 0 Commandements, tu les dictais comme s'ils avaient été de toi.

Je devais forcément mal tourner, devant tant de noblesse.

Comment un homme comme toi peut-il être mon fils ?

C'est facile !

J'ai pourtant pas été déposé sur le pas de ta porte !

T'es un homme comme les autres sous la ceinture.

C'est comme ça que tu m'as eu, que ça te plaise ou pas !

Il était saoul, Alma.

Il vous a fait mal ?

Vous voulez que je vous emmène chez le docteur ?

Va-t'en.

- Qu'est-ce que tu regardes ? - Toi, Hud.

T'aurais bien voulu en faire autant.

Tu mourais d'envie de te l'envoyer.

Oui, j'en avais envie. Mais pas à ta manière !

Voilà M. Burris.

- Bonjour. - Bonjour.

- Vous arrivez trop tard pour le dejeuner. - Merci, j'ai mangé.

Si vous êtes là, c'est que vous avez du nouveau.

- Vous devez avoir les résultats. - Oui, monsieur.

Rien ne pouvait vous arriver de pire.

- Il n'y pas de remède ? - Pas à notre connaissance.

C'est comme la foudre. Quand elle frappe, il est trop tard.

Vos bêtes sont un danger. Il faut agir vite avant que la maladie se propage.

Que dois-je faire ? Les abattre ? Je ne pourrais pas.

- C'est terrible même d'y penser. - Je l'ai vu faire pendant la Dépression.

C'est pire de le voir que d'y penser.

Vous êtes âgé. Vous pouvez ralentir un peu.

Votre terre est intacte. Vous pourriez faire forer des puits.

Pour mon père, le pétrole, ce n'est pas grand chose.

S'il y en a, vous l'exploiterez quand je serai sous terre.

Mais ça ne me plaît pas.

Moi vivant, on ne creusera pas dans mes terres.

On ne viendra pas faire des routes pour que le vent m'emporte.

Je me fiche du pétrole.

A quoi ça m'avancerait d'avoir des puits ?

Je ne pourrai pas galoper autour comme avec mes bêtes.

Ni les élever, les soigner, les rassembler.

Ni en être fier, car ils ne seront pas mon oeuvre.

Mais ça rapporte !

Je ne veux pas de cet argent-là.

Je veux que mon argent vienne d'un travail dont je peux être fier.

Merci de vous être dérangé en personne pour nous prévenir.

Commencez à tirer.

Ca a été vite.

Il faut bien moins de temps pour les tuer que pour les élever.

On a oublié ces deux-là. J'y vais.

- Où allez-vous comme ça ? - Finir le boulot. Quelqu'un doit le faire.

Fermez ce portail.

Je tuerai ces deux-là moi-même, comme je les ai élevés.

Ca vous dérange ?

- Qu'est-ce qui nous garantit que... - Il a dit qu'il les tuerait.

Montez dans la voiture.

Nous allons finir d'enterrer ces carcasses, puis nous partirons.

M. Bannon achèvera. Lnutile de l'ennuyer.

Faites votre tâche, M. Burris. Je sais que vous n'y êtes pour rien.

Enterrez les bêtes et débarrassez-moi de votre tueur !

Je ne peux que vous dire que je suis désolé.

Je suis vraiment désolé pour vous.

Ce n'est pas un mauvais bougre.

Il a un boulot ingrat.

Les gars, je ne vais plus avoir de travail pendant un bout de temps.

Je ne peux pas vous garder tant qu'on en est là.

Je dois vous laisser partir.

Donne-moi le fusil.

Je les ai ramenées des milliers de fois, ces "longues cornes".

Je ne sais pas si je pourrai les tuer.

Mais je suppose que oui.

C'est le pire qui te soit arrivé.

Je m'en remettrai, si ma santé le permet.

Lon, va-t'en plus loin.

Ouais, c'est dur de les abattre.

Enlevez-les et enterrez-les ! Vite !

Tu t'es renseigné pour le car ?

- Il part à 1 0h26. - J'achète mon billet sur place ?

Oui, ils ont dit que c'était possible.

- J'ai 200 $ de côté, si vous avez besoin. - Garde-les.

Je suis prête.

Je voudrais que vous ne partiez pas, Alma.

Veille sur ton grand-père. C'est ton rôle, à présent.

On a besoin de vous ici. Moi, en tout cas.

Tu t'en tireras.

J'aimerais que vous restiez.

J'ai traversé le pays pour chercher l'endroit et les gens qu'il me fallait,

pour qu'une fois arrivée, je n'aie plus à repartir.

Ca a tourné autrement.

Adieu, mon petit. Soigne-toi bien.

Et ne paresse pas au lit !

Salut, Pee Wee.

On perd une bonne cuisinière.

On aurait peut-être dû vous augmenter.

C'est pas l'histoire de l'autre nuit qui vous fait fuir ?

J'irai aussi loin que le car me mènera.

Je suis pas le premier qui ait mis les pieds dans votre chambre ?

- Non. - Le premier à avoir été violent ?

Je suis désolé. Ce n'est pas mon style.

D'habitude, je ne suis pas violent avec les femmes. Pas besoin.

- Vous êtes violent avec tout le monde. - C'est ce qu'on me dit.

C'est drôle, mais ce serait arrivé quand même.

Vous êtes pas mal torse nu.

Quand je vous voyais par la fenêtre, j'en laissais tomber la vaisselle.

Vous auriez dû le dire.

Je ne vous oublierai pas. Vous seule m'avez résisté.

Allez !

Lmbécile ! Pourquoi as-tu freiné ?

Tu vas trimer pour payer les dégâts.

Grand-père est étendu en travers de la route.

Grand-père, que s'est-il passé ? Tu es blessé ?

J'ai voulu faire un tour.

Je suis tombé de cheval.

- Il a l'air mal en point. - Soulevez-moi.

Que je ne rampe pas dans la poussière.

Prends ma voiture et va au ranch. Appelle une ambulance.

Dis-leur qu'on a un blessé.

Redresse-moi.

Elle ne démarre pas.

Laisse tomber. Laisse tomber !

Il y a du whisky dans la boîte à gants. Apporte-le.

Ca va aller.

Ne me fais pas boire ça.

Va sur la nationale. Arrête une voiture. Trouve de l'aide.

- Je veux qu'il reste, Hud. - Je suis là, grand-père.

J'ai un peu froid.

Ca va aller mieux.

- Je ne sais pas si je le veux. - Dis pas ça. Tu te remettras.

J'ai envie de jeter l'éponge.

D'abandonner.

Tu n'as jamais abandonné de ta vie.

Hud attend que je m'en aille.

Et il n'est pas patient.

Il est mort, n'est-ce pas ?

Oui.

Je voulais lui acheter une bonne veste chaude.

Et la lui offrir un de ces jours.

Lonnie. Hé !

C'est ce qui pouvait arriver de mieux. Il était usé et il le savait.

Je ne le voyais pas si mal. Il n'allait pas mal du tout.

Il essayait de se relever, se faisant du mal.

Il n'aurait pas pu s'en tirer.

Il n'aurait pas vécu une heure de plus.

Il aurait vécu s'il l'avait voulu. Tu t'es arrangé pour qu'il ne veuille pas.

Tu ne connais pas toute l'histoire.

C'est vrai que lui et moi, on ne s'entendait pas.

Mais je peux dire que je l'ai aidé au moins autant qu'il m'a aidé.

Comment l'as-tu aidé, Hud ?

En essayant de l'évincer ? En lui arrachant le coeur ?

En l'obligeant à abandonner ? Tu l'as aidé ?

Il n'est pas dans la soi-disant vie éternelle.

Il est comme il l'a toujours été.

Heureux de ses chevaux. Prenant soin de la terre.

Luttant contre la sécheresse et le vent.

Viens. Il faut aller au cimetière.

Je sais ce que vous ressentez, mais il est dans un monde meilleur.

Je ne crois pas.

A moins que la poussière vaille mieux que l'air.

On l'a conduit au cimetière, mis dans la tombe.

C'est fini, maintenant.

- Qu'est-ce que c'est que ça ? - Mon baluchon.

Tu pars ?

Oui.

T'emportes pas grand-chose.

J'ai tout ce qu'il me faut.

Tu pars pour de bon ?

C'est ça.

Et ta part, la moitié du domaine ?

Mets ma part à la banque. Je vais travailler ailleurs quelque temps.

Si je trouve du boulot.

T'es pas un peu jeune pour partir à l'aventure ?

On verra.

J'avais ton âge quand je suis parti à l'armée.

Ton grand-père m'a acheté une barre de chocolat à la gare et m'a dit

"Du courage, c'est tout ce que j'ai à te donner. Sois un homme."

Il devait être inquiet. Tu en avais tellement fait pour ne pas partir.

Champion !

Je voulais juste que tu saches...

si tu ne gagnes pas ton million, tu pourras revenir travailler pour moi.

Je ne reviendrai pas.

Je vois que tu penses comme ton grand-père

que c'est malsain de vivre avec moi.

Dommage.

On aurait fait un beau tandem.

C'était ce que tu voulais avant.

Avant, oui. Adieu, Hud.

Petit, ce foutu monde est si plein de fumier qu'on finit par tomber dedans,

qu'on le veuille ou non.

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