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Entre la Sicile et la Calabre,
dans la mer Tyrrhénienne, surgissent les îles Éoliennes,
anciens volcans corrodés par la mer.
Des ossements d'îles, faites de feu et de cendres.
Une d'entre elles s'appelle Vulcano.
Vulcano...
Dans cette île, ils n'ont pas d'eau, pas de police,
et pas de téléphone,
mais ils reçoivent des tas de lettres de New York,
de Buenos Aires, du Canada... tu sais où c'est, le Canada ?
De l'autre côté de la mer.
Ils sont drôles, ces gens des îles :
Ils ne se déplacent jamais, ou bien ils vont au bout du monde.
Mais leurs enfants reviennent se marier ici !
- Avec qui tu vas te marier ? - Carmela Lentini, vous connaissez ?
Oui, je la connais.
Comment est-elle ?
- Ça va. - Sur la photo, elle est belle !
C'est dangereux d'épouser une photo !
Maman !
- Fais voir. - Non !
- Bienvenu. - Attention !
Allez, musique ! Vive les mariés !
Où est la responsable de l'île ?
- Là ! - Grand-mère Licanto !
- J'ai une lettre de la police. - De la police ?
- Appelle le prêtre. - Je vais vous la lire.
Ça dit :
"La police des mœurs de Naples ordonne
à Maddalena Natoli, fille de feu Federico et Giovanna Carlini,
née à Vulcano en 1914,
de retourner dans sa commune, d'y rester
et de ne pas la quitter sans l'autorisation de la police".
À vous.
Au revoir.
Rosina, Maria, regardez qui arrive.
- Qui ça ? - Maddalena.
La police l'a renvoyée ici.
Regardez-la.
Qu'est-ce que tu regardes ?
Cent vingt-deux,
cent vingt-trois...
et il en reste.
On dirait qu'il y en a plus qu'autrefois.
Non...
quand on est jeune, on ne pense peut-être pas à les compter.
Oui, quand on est jeune, tout est différent.
Allez !
C'était si beau de partir, ce jour-là, lui et moi !
On était si heureux !
Au revoir, Maddalena ! Au revoir, Pasquale !
- Où allez-vous ? - À Naples.
À Naples ? Quelle chance !
Quelle chance...
C'était si bien de partir,
partir, c'est plus simple que revenir.
Chez Rosa il y avait une brèche due à l'éruption,
il y a 18 ans.
Rien n'a changé.
Elle est encore là,
18 ans après,
c'est désolant...
C'est désolant.
Les gens me regardent comme s'ils ne m'avaient jamais vue.
Quelle tristesse, 18 ans, et qu'est-ce que j'en ai fait ?
et elle est devenue toute rouge !
Je vais la porter !
- Pourquoi ? - Je suis forte.
J'ai l'habitude, merci.
Pourquoi tu me regardes ? Je ne me suis pas déguisée.
Vous êtes arrivée par le bateau postal, non ?
Non, à la nage !
C'est la première fois qu'on a une dame comme vous, ici.
Pourquoi vous êtes ici ?
Je suis venue en vacances,
pour bronzer, ça te va ?
Lci, le soleil brûle.
Je voudrais voir le monde.
Voyager, comme vous...
Vous venez de loin ?
De très loin.
Vous allez rester longtemps ?
Oui, très.
Je suis bien contente.
Ici, tout le monde part, personne n'arrive jamais.
Ils partent travailler loin, ils reviennent juste pour se marier,
il n'y a jamais personne avec qui discuter.
Je vous aide ?
Les maisons sont vides,
il n'y aura bientôt plus personne dans l'île,
tout le monde sera parti !
- Je suis arrivée. - Où ?
Chez moi.
C'est moi qui habite ici !
- Depuis quand ? - Depuis que je suis née.
Tu es Maria ?
Et toi...
tu es Maddalena.
Je ne savais pas que tu allais revenir, tu n'as jamais écrit !
Nino, Maddalena est là, regarde !
Caterina, Maddalena est revenue !
Maddalena, tu es revenue !
Qu'est-ce que tu attends ? Entre.
- Il ne vaut mieux pas. - Pourquoi ?
Je préfère vivre seule,
j'irai vivre dans la maison de tante Teresa.
Mais elle est vide !
Lci, quand quelqu'un part, tout le monde se sert.
Prends la chambre de maman,
si tu n'es pas à l'aise, on cherchera une autre maison.
Entre !
Voilà la maison.
Tu t'en souvenais ?
La chambre de maman est restée comme avant.
Elle ne va pas te plaire,
tu dois la trouver laide, maintenant.
Je comprends, la ville, c'est autre chose,
mais tu verras, tu t'y sentiras bien.
Je suis si contente que tu sois revenue !
Je vais emprunter des draps à Palmira pour faire ton lit,
que tu puisses te reposer.
Je reviens tout de suite.
Grand-mère Licanto, Maddalena est revenue,
je vais chercher des draps,
aidez-moi, je veux qu'elle soit contente d'être revenue.
Elle ne sait pas ?
- Quoi ? - Pourquoi sa sœur est revenue.
Elle est jeune, que veux-tu qu'elle sache ?
- Un vrai petit homme ! - Qu'est-ce qu'elles causent !
Qu'est-ce qu'elles ont dit ?
- Rien. - Quoi, rien ?
Tu veux savoir la vérité ?
Tu as quitté l'île, tu es devenue mieux qu'elles,
et elles sont toutes jalouses !
Je ne les supporte plus !
Pourquoi ?
Elles t'en veulent parce que tu es devenue une dame.
Que c'est beau !
- Ça te plaît ? - Et comment !
Je te l'offre, je n'en ai plus besoin.
C'est vrai ?
Pourquoi est-ce que tu pleures ?
- Pas à cause du cadeau. - Et pourquoi ?
J'ai peur que tu ne restes pas.
Bien sûr que si, au moins pour le moment, puis on verra.
Qui c'est ?
- Le fils de Lorenzo. - Qui est Lorenzo ?
Lls vivent à Buenos Aires, ils m'ont demandé une photo, on est fiancés.
Fiancés ?
- Quand est-ce qu'il revient ? - Je ne sais pas.
Quand le postal arrive, j'espère toujours qu'il y sera.
- Il m'a envoyé une bague. - Elle est jolie.
- Et la tienne ? - Je ne l'ai plus.
Je ne la porte plus depuis longtemps.
Il a recommencé à grommeler, celui-là ?
Ça empire.
Il ne manquerait plus que ça.
Le gardien du cratère, c'est toujours Giulio ?
Tu le connais ?
Oui, depuis que je suis toute petite.
- Bonjour. - Adieu.
- Serviteur ! - Je prends ça.
D'accord.
- Maddalena est revenue ! - Tout le monde le sait !
- Qu'est-ce que tu veux ? - Ma sœur est revenue...
- Ça m'est égal. - Prête-moi une cuillère et un bol.
Désolée, je n'en ai pas.
Je te les rendrai ce soir !
Je n'en ai pas, tu m'entends ?
Chut !
Bonjour.
Bonjour, tu as bien dormi ?
Entre les poules, les chèvres, les cloches
et les gens qui crient, c'est comme avoir un tram sous sa fenêtre,
c'est pire qu'à Naples.
Et ça ?
Je ne vais pas manger au lit comme une vieille.
Juste aujourd'hui.
N'en faites pas trop, je ne veux pas être un poids.
Et je n'ai pas faim.
Mange quand tu veux, je vais travailler.
- Qu'est-ce que tu fais ? - Ça dépend des saisons.
Je travaille à la carrière de ponce, je fais des filets...
C'est bien.
Aujourd'hui, je vais pêcher l'espadon.
Il faudra me trouver un travail.
- À toi ? - Pourquoi pas ?
- Vous n'allez pas m'entretenir ! - Oui...
Comme tu veux.
Je chercherai. Je dois me dépêcher !
Au revoir.
Bonjour.
Elle a bu mon petit-déjeuner !
D'où elle sort ?
Viens ici, voilà...
Tu vas me le redonner, mon lait, pas vrai ?
Voleuse !
C'est ma chèvre !
Et le lait qu'elle m'a volé ? Elle doit me le rendre !
Ma chèvre ne boit pas de lait, elle en donne.
Elle ne le vole pas comme toi !
- Qu'est-ce que tu veux dire ? - Tu m'as comprise.
Non, viens me le dire ici, que je te casse la figure.
Si j'étais toi, je ne créerais pas d'ennuis dès le premier jour.
Lipari est à 20 minutes, et les gendarmes de là-bas te connaissent.
Quel amour !
Lâche, tu me le payeras, Dieu m'en est témoin.
Elle envoie sa chèvre voler le lait chez les autres
et elle dit que c'est moi qui vole !
Va au diable !
Qu'est-ce que tu regardes, imbécile ?
Antonio, rentre !
On se donne en spectacle !
- Je t'ai vexé ? - Non.
Ça te tente, hein ?
T'es beau, tiens !
J'ai hâte de vous montrer ce qu'elle m'a apporté !
Une robe de chambre avec des plumes au col et aux manches !
Venez chez nous, je vous la montrerai.
Tu l'as raté !
C'est sa sœur qui porte malheur !
Descends, bonne à rien.
Ce n'est pas de ma faute, elle m'a fait rater !
Va-t'en !
Hé, toi !
- Qu'est-ce que vous voulez ? - Je ne peux pas te regarder ?
Les années passent mais vous restez un porc !
Parce que j'aime les belles femmes ?
Ne fais pas d'histoires, on pourrait être amis.
Il manquait une femme comme toi, dans l'île.
Si tu as besoin de quelque chose, dis-le-moi.
Ça fait plaisir.
Mais les bons comptes font les bons amis.
Oui, ça fait vraiment plaisir,
un gentleman comme vous dans cette île déserte.
Bien sûr, les bons comptes... Tu payes avant.
Aucun problème !
Un instant, quand même !
II est pressé, celui-là.
Je t'ai apporté du bon vin.
Ne dis rien à personne.
Si ma femme l'apprenait !
Voilà l'argent que ton mari m'a donné, achète-toi une robe,
essaye de t'embellir, qu'il me laisse tranquille.
Je ne vole que les chèvres, l'argent, je le rends !
Misérable !
Tu vas voir !
Tu lui fais faire le beau métier qu'elle a appris à Naples ?
Tu vas voir !
Sors !
À la maison, espèce de bouc !
Ma belle !
Tu es bien plus belle que ta maîtresse.
Avec toute cette poussière, je n'y vois presque plus !
Viens, que je te nettoie le museau.
Tu as raison, on s'aveugle, mais c'est pour manger.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je ne sais pas pourquoi ils m'en veulent,
plus personne ne me parle, depuis qu'on travaille ici.
Et le panier était renversé.
Ne t'en fais pas, les gens sont méchants.
Mais pourquoi ?
Ils ne sont heureux que s'ils font du mal,
même à ceux qui ne le méritent pas, comme toi.
Ne t'en fais pas, fais comme moi.
Malgré tout,
malgré ce travail de bête,
dans cet endroit oublié de Dieu, je suis presque heureuse.
J'ai trouvé une chose à laquelle je ne m'attendais pas.
Un frère et une sœur, ça ne se commande pas sur mesure,
il faut les prendre comme ils sont.
Si j'avais pu choisir, je les aurais pris comme vous.
Ne t'en fais pas.
Mon poussin !
Carmelo, mets le chien dedans !
Arrête, il y a le chien !
Qu'est-ce que tu fais ? Il y a le chien là-dessous !
Arrête ! Tu l'as mis là exprès.
Le chien !
Arrête !
Pourquoi tu as tué le chien de Maddalena ?
Je n'ai tué personne, les accidents, ça arrive, même aux chiens.
- Ce n'était pas un accident. - Son chien n'a pas sa place ici.
Tu es jalouse parce que tu es laide et qu'elle est encore belle !
Les femmes comme elle doivent être belles,
sinon elles meurent de faim.
Qu'est-ce que tu veux dire ?
- Comme si elle ne savait pas ! - Elle t'abîmera aussi !
- C'est la police qui l'a envoyée. - Nous, on est d'honnêtes femmes.
Ta sœur est une traînée !
Ça suffit, arrêtez !
Arrêtez !
Toi et ta sœur, ne revenez pas demain.
Pourquoi tu ne la chasses pas, elle ?
Ce n'est pas une fille de rien, comme ta sœur.
- Ce n'est pas vrai ! - Demande à la police.
Quelles charognes,
je vous maudis, charognes !
Demande-lui si la police ne l'a pas renvoyée ici.
Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
Laisse-moi.
Maddalena arrive, il ne faut pas la laisser entrer !
Je ne peux même pas aller à l'église ?
Qu'est-ce que vous voulez ?
Qu'est-ce que vous voulez ?
C'est ça votre charité chrétienne ?
Répondez, au lieu d'aller prier,
dites-moi ce que je dois faire.
Vous croyez que j'aime être ici, avec vous,
qui me traitez comme une chienne enragée ?
Ça me dégoûte...
vous me dégoûtez, mais je dois rester.
- Dites-leur de me chasser d'ici. - C'est une église, va-t'en !
Je suis venue prier !
Ça t'étonne, hein ?
Prier Dieu de ne pas m'abandonner,
parce que je n'en peux plus.
Prier pour que vous arrêtiez de vous acharner sur ma sœur,
c'est une enfant,
elle n'y est pour rien si j'étais une prostituée.
Car vous l'avez dit à tout le monde,
aux chiens, aux pierres...
Même à elle, et maintenant que dois-je faire ?
Vous voulez me pousser au désespoir ?
C'est être chrétiens, ça ?
Pourquoi entrez-vous là-dedans, si vous êtes si méchants ?
Vous n'êtes que des hypocrites !
Vous nous en voulez,
à Maria parce qu'elle est jeune et belle,
et à moi parce que j'ai eu une vie,
alors que vous êtes restées ici, à devenir laides,
et à faire les bêtes de somme !
Soyez tranquilles, je n'entrerai pas.
Dieu n'est pas que là-dedans.
Dieu est partout.
Maddalena !
Giulio !
Comment vas-tu ?
Chère Maddalena, quel plaisir de te voir !
Pourquoi tu n'es pas venue plus tôt ?
Pourquoi j'aurais dû venir ? Pour te dire quoi ?
Je me souviens bien,
je t'avais promis de revenir vite.
Que dire, 18 ans plus tard, et dans cet état ?
Tu n'es pas venue pour me voir. Où vas-tu ?
On ne vient pas ici quand on a cette tête.
Ne t'inquiète pas,
je cherche juste un peu de paix, car je l'ai perdue.
Et tu la cherches ici ? Tu ne la trouveras pas.
Cherche-la en toi.
Ils m'en empêchent, ils m'ont chassée de l'église.
Si on t'empêche d'aller vers le Seigneur, II viendra à toi.
- Il répond toujours. - À moi ?
Je ne crois pas que le Seigneur viendra me voir,
et je suis si fatiguée,
si inutile ici-bas.
Pauvre Maddalena, tu as beaucoup voyagé
mais moi qui suis resté là-haut j'ai plus appris que toi.
On est toujours utile, ici-bas, tout ce qui arrive est nécessaire.
Je ne comprends pas.
Tu as une sœur, non ?
Elle n'a pas besoin de moi,
au contraire, je lui fais du tort.
Comment peux-tu le savoir ?
Comment peux-tu le savoir ?
Attrape le bout !
La pêche a été bonne, mais ne recommencez pas vos jérémiades !
Vous allez bien nous le payer, non ? II pèse au moins cent kilos !
On le pèse d'abord, on voit après !
- Tu es scaphandrier ? - Non, traminot !
Ne t'approche pas, ou gare aux gifles !
Arrêtez !
Donne.
Tu le surveilles ? C'est bien.
Alvaro !
Viens, tu ne veux pas ton argent ?
Vous avez dit Alvaro ?
Oui, Alvaro Giuseppe.
Vous le connaissez ? C'est un ami à vous ?
Vous étiez à bord du Sirio, vous aussi ?
Après le naufrage, il est resté ici.
Il est convaincu qu'il y a un coffre plein d'or au fond de la mer
et qu'il doit le repêcher.
Il passe son temps à errer sur l'île, il est devenu fou.
Ici, plus personne ne l'écoute.
- Ça te coûtera cher en éponges ! - Il n'y a pas d'éponges, ici.
- Tu es déjà allé voir ? - Selon Alvaro, il y a mieux que ça.
Mais il ne faut pas l'écouter, il est fou.
Et si c'était vrai, s'il y avait un coffre sous l'eau ?
Celui qui le pêchera n'aura plus à s'en faire !
Mais l'argent, à quoi ça sert ?
Comme les femmes : Que des ennuis, mais on ne peut pas s'en passer.
Ne parlons pas de femmes.
- Comment vont tes épaules ? - Très mal.
- Pourquoi ? - N'en parlons pas.
Viens.
- Serviteur. - Au revoir.
- Tu as trouvé des éponges ? - Pas encore.
- Je te l'avais dit. - Quelqu'un pourrait m'aider ?
Ce garçon, là, il ne ferait pas l'affaire ?
Je ne veux pas mettre ma vie entre les mains d'un gamin.
- Attendez, où allez-vous ? - Qu'est-ce qui se passe ?
- Tu as vu passer un homme ? - Non.
- Il est passé par là, c'est sûr. - Non.
Allez, ne fais pas l'idiot.
Dis-moi où il est et je te donnerai ça.
- Tic tac... - Elle te plaît ?
Je te la donne, si tu me dis où il est.
Où vas-tu ? Va-t'en, je te montrerai les bonnes manières.
Et mon frère a fini de moucharder !
Tu es forte.
Comment tu t'appelles ? Si tu me le dis, je te payerai.
- Non. - Elle s'appelle Maria.
C'est un ami.
Maria, hein ? C'est joli.
- Tu veux travailler pour moi ? - Plutôt mourir.
Dommage, c'est un travail qui rapporte bien.
Moucharder ? Viens, Nino.
Je peux attendre,
viens me chercher au port, sur le bateau du scaphandrier.
Au revoir !
Vous allez enfin aux pâturages, on a fini d'avaler de la poussière !
- Je peux y aller aussi ? - Oui, vas-y.
Au revoir.
Turi !
- Vous vous en occuperez ? - N'ayez crainte !
- Tu as vu tout ce que j'ai fait ? - Oui.
Tu parles ! Allume-moi une cigarette, ça ira mieux.
Désolée, il n'y a pas de cigarettes.
- Pas de cigarettes ? - Non.
Et comment je vais faire, sans fumer ?
Je ne tiendrai pas,
sans cigarettes, autant donner ma vie aux chiens.
Je dois renoncer même à ça, sur cette saleté d'île !
Giuseppe voulait l'argent tout de suite,
et je n'en ai pas.
Tu n'avais pas dit qu'il te faisait crédit ?
On est dans de beaux draps, tu n'es bonne à rien.
Vous voulez tous me rendre folle ?
Après ce qui s'est passé,
ne pense pas que je vais gagner de l'argent.
Je ne t'ai rien demandé du tout.
Ne t'inquiète pas, j'ai trouvé du travail,
je vais travailler avec le scaphandrier.
Excuse-moi,
on doit bien pouvoir vivre sans cigarettes.
- On trouvera un travail ensemble. - Non.
Pourquoi ? On travaillera à nouveau ensemble.
- Tu as de jolies jambes. - Tu n'as pas encore vu mes mains !
J'ai vu, tu as aussi de belles mains, il ne te manque rien.
C'est vrai, j'ai même une grande sœur !
- Tu veux qu'elle s'en aille ? - Si tu continues, j'arrête tout !
D'accord, au lieu de rester là, elle pourrait nous aider.
- Tu peux l'embaucher ? - Pour toi, je prends tout le village.
- Et tu la payeras autant que moi ? - Bien sûr.
Maddalena, viens !
Voici Donato.
Ah, je le connais.
D'où ? Tu es sûre ?
Je t'ai vu descendre du bateau, hier.
J'ai fait sensation, comme toujours !
J'ai même dit à Nino : "Ce qu'il est antipathique !"
Quelqu'un d'autre cherche du travail, dans la famille ?
- Non, on est toutes là. - Bien, alors allons-y.
- Quel travail il fait ? - Il cherche des éponges.
Ou ce qu'il y a : Des éponges, des épaves...
Quand je descends, vous pompez, comme ça.
Essayez.
Essaye.
- Voilà. - C'est tout ?
Oui, n'arrêtez jamais, ou j'y passe !
Ce serait tellement dommage !
J'oubliais le plus important.
Faites attention,
si cette cloche sonne, c'est qu'il se passe quelque chose.
- Une sirène t'a attrapé. - Exactement.
Alors tu pompes plus fort, ou je remonte et je t'emmène avec moi.
- Je viendrai, je n'ai pas peur. - C'est bien.
- Tu apprends vite. - Qu'est-ce que tu crois ?
Tu es douée.
- Qu'est-ce que tu fais dimanche ? - Du rangement, pourquoi ?
Viens à Lipari avec moi, on s'amusera.
- Quoi ? Cherches-en une autre. - Allez...
Tu es folle ?
Bravo, Maria.
- Où tu vas ? - Voir qui est arrivé avec le postal.
- Reviens vite, compris ? - Oui.
Elle l'attendait depuis si longtemps.
Ne dis pas qu'il va revenir, je n'y crois pas.
Je vais passer toute ma vie ici, je ne quitterai jamais cette île !
Deux ans que je l'attends comme une idiote !
II ne viendra pas, je le sens !
Deux ans, c'est long, je le sais,
mais en Amérique ce n'est pas comme ici, où on vit comme on peut.
Là-bas, il faut être bien installé.
Il a eu beaucoup à faire,
ça coûte cher, de t'emmener là-bas et de t'offrir une belle vie.
Il vaut mieux qu'il perde du temps maintenant qu'après.
Moi, j'ai assez perdu de temps, je ne l'attends plus !
Mais le temps, ce n'est rien,
l'important c'est d'avoir quelqu'un à attendre,
à aimer.
Il reviendra, j'en suis sûre.
Le mari de Caterina aussi est revenu, dans un cercueil !
Ne dis pas ça !
Pardon !
Pardon !
Maria, viens ici !
Attends !
Laisse-moi !
J'aime les filles combattives, c'est bien plus intéressant.
Pourquoi tu es partie ? Tu n'aimes pas la musique ?
Ou tu ne voulais pas que les autres regardent ?
C'est vrai, la musique c'est important,
il faut l'écouter seuls, au large,
sur un voilier, avec une lune si grosse qu'on croirait la toucher.
Tu connais ces cartes postales où la mer semble argentée ?
Voilà, comme ça c'est mieux.
Laisse-moi partir !
Hé, toi !
- Qu'est-ce que tu veux ? Va-t'en ! - Non.
Le Sirio a coulé, sur la terre ferme on est tous égaux.
- Et alors ? - Toi et moi on a un compte à régler.
Et si je te tue ?
Tu ne peux pas, tu n'es qu'un lâche.
Tu espérais que je meure durant le naufrage,
mais on a fermé ce coffre ensemble,
et je dois le retrouver, même au fond de la mer.
Tu disais
qu'il fallait cracher sur les traîtres, non ?
Alors je vais te cracher à la figure.
Où es-tu ?
Sors de là !
Où es-tu passé ?
Tu vas trouver une excuse pour sortir à cette heure-ci ?
Comment ça ?
Tu es amoureuse, hein ?
- Va au lit, tu vas prendre froid. - Laisse-moi tranquille.
Tu fais une grosse erreur, tu le sais ?
Une femme qui a gâché sa vie, dans la famille, ça suffit.
Personne ne sait ce que j'ai subi,
si au moins ça servait à te faire ouvrir les yeux...
C'est une chance, d'avoir une sœur qui a l'expérience que j'ai,
une chance que toutes les filles n'ont pas.
Je ne sais pas de quoi tu parles.
Si tu me parles du fait que Donato me plaît,
ce n'est pas la fin du monde !
- Mais c'est peut-être ta fin. - Ma fin ?
Tu me ressembles tellement...
Quand j'étais jeune j'étais comme toi,
les yeux si pleins d'espoir,
si stupides.
J'ai été stupide, comme tu l'es maintenant.
Aimer un homme, c'est être stupide ?
Un homme ?
Si tu le laisses faire, il t'emmènera à la ville.
C'est justement ce que je veux.
Tu verras comme c'est beau, la ville,
j'en rêvais aussi, à ton âge, quand j'allais sur la plage
pour voir passer les bateaux à vapeur.
Puis je l'ai vue de mes yeux, j'ai connu les gens,
ils ne lèveraient pas le petit doigt pour t'aider.
Je voyais tout ça si je sortais de chez moi,
parce que ma fenêtre donnait sur une cour toute sombre,
un genre de citerne,
je voyais un bout de ciel si petit
qu'un drap étendu sur le balcon suffisait à me le cacher.
Et encore, si ton homme ne t'emmène pas dans une maison
où les volets sont fermés à clef.
Tu dois avoir beaucoup souffert.
Tu t'en es aperçue ?
Tu comprends, maintenant ?
Oui.
Mais pourquoi est-ce que c'est si bon
d'être dans les bras d'un homme ?
Elles doivent partir, on ne veut plus de Maddalena !
Ça suffit !
Vous l'écrirez ?
Cherchez quelqu'un d'autre, je n'écris pas ce genre de lettre.
On écrira nous-mêmes à la police !
Qui sait ce qu'il fait, là-bas au fond.
Tu ne crois pas qu'il cherche des éponges ?
Tu parles, tu les as vues, ces éponges ?
II dit qu'il en rapportera, mais ça n'arrive jamais.
Il faut du temps, personne ne va aussi profond, il en trouvera.
Peut-être, mais j'ai hâte de trouver un autre travail.
Avec Donato on travaille bien, pourquoi tu veux partir ?
Ne lui dis pas qu'on va à Lipari.
Je ne dirai rien. Que te veut la police ?
On le saura bien assez tôt.
La prochaine fois, vissez-le mieux.
Ça suffit pour aujourd'hui, enlevez-moi ça, je redescends pêcher.
Tant mieux, on rentrera plus tôt.
Passe-moi le fusil.
- Qu'est-ce que tu fais là ? - J'allais te le demander.
- Où allez-vous ? - Ça ne te regarde pas.
Dépêche-toi.
Attends-moi.
- Bonjour. - Ah, Maddalena Natoli !
- Qu'est-ce que vous me voulez ? - Ça ne se passe pas bien à Vulcano ?
Vous avez de l'humour ! J'aimerais vous y voir, à ma place.
Vous avez de la chance,
il y a une pétition des habitants qui demandent que vous partiez,
vous vous êtes faits des amis !
Beaucoup d'amis.
Où voulez-vous aller ? Je vais voir ce que je peux faire.
Après autorisation du bureau de Naples.
Alors ?
Je veux rester à Vulcano.
- Vous avez changé d'idée ? - Oui.
- Pourquoi ? - Comme ça.
Certains aiment manger du verre et des clous,
moi j'aime vivre à Vulcano.
Un transfert, c'est dur à obtenir,
après, ce sera trop tard, vous ne pourrez plus changer d'avis.
Je le sais.
Désolée pour le dérangement, je n'ai pas signé cette pétition.
- Je peux y aller ? - Allez-y.
Au revoir, commissaire.
- Qu'est-ce que tu fais ce soir ? - Laisse tomber.
- C'est la fête de San Antonio. - Alors allume un cierge !
- Tu as vu la fille qui était là ? - Elle est partie avec un type.
- Tu m'aides à la chercher ? - Je ne peux pas bouger.
- Ils t'ont cloué au sol ? - Je suis de service.
Et si un type se fait tuer 20 m plus loin, tu ne bouges pas ?
T'es beau, tiens !
Qu'est-ce que tu en penses ?
- Pas mal. - Elle est parfaite !
- Quand ? - Bientôt, j'espère.
D'accord...
Je te rappelle que le bateau quitte Naples vendredi.
Ne t'inquiète pas.
- Pas d'ennuis, compris ? - D'accord.
- Ça te plaît ? Je te l'achète. - Non.
- Pourquoi pas ? - Les gens causeraient.
Tu as raison.
À Naples, je t'achèterai des boucles d'oreilles, des chaussures à talon...
Tu auras l'air d'une princesse !
- Tu vas à Naples ? Quand ? - Dans quelques jours.
- Déjà ? - Pourquoi tu ne viens pas avec moi ?
Une fille comme toi ici, c'est du gâchis.
Ce n'est pas possible.
On se mariera.
Bien sûr, qu'est-ce que tu croyais ?
Allons-y, il faut arroser les promesses avec un verre de vin !
Du vin de l'Etna ! Bon vin fait bon sang !
- Vous connaissez Donato ? - Non, je ne le connais pas.
- Il est scaphandrier. - Je ne suis pas d'ici !
Regarde, ce que c'est beau !
Tu as vu ? Regarde.
- Voilà. - Non, je ne peux pas.
- Pourquoi ? - Ça va me monter à la tête.
- Une cigarette ? - Non.
- Pourquoi ? - On ne fume pas, chez nous.
- Pourquoi tu es partie ? - Je voulais voir la procession.
Je t'avais dit que ça n'allait pas être long.
On ne sait jamais quand on en sort.
Ça dépend de qui on est.
C'est vrai. Tu veux du vin ?
Oui, mais je le paye, tu le prendras de l'argent que tu me dois.
- Je vais chercher du vin frais. - Merci.
Tu n'as pas honte, une fille comme toi avec un type comme lui ?
II dit qu'il va m'épouser !
Ne me fais pas rire.
Qui est cette femme ?
Sa sœur.
- Comment tu vas t'en débarrasser ? - Facilement.
Ah oui ?
Le voilà, ils l'ont décloué.
Me voilà.
- Tu n'es plus de service ? - Vous cherchiez quelqu'un.
Je l'ai trouvée, je n'ai plus besoin de rien.
- Le voilà. - Qui ça ?
- Vous. - Et alors ?
Vous n'étiez pas devant le poste de police avec une jeune fille ?
- Qu'est-ce que ça peut vous faire ? - À moi, rien.
Voilà.
- On y va ? - Pourquoi ? On est pressé ?
II fait beau, on est bien, ici.
Ça suffit, la fête est finie.
Au revoir.
Tu ne m'as pas donné assez à boire, à moi.
Regarde dans quel état elle est.
Doucement !
Regarde dans quel état elle est, je vais faire le voyage toute seule.
- Pourquoi tu ne nous aides pas ? - Je ne peux pas.
- Tu n'es plus de service ! - Je vais te traîner !
Non, je ne veux rien de toi, vaurien !
Arrête-moi si tu peux !
Pauvre type, pourquoi tu ris ?
Regarde ce que tu en as fait.
Ne rêve pas, tu ne t'amuseras pas avec ma sœur,
tant que je serai là, tu ne t'amuseras pas avec, vaurien !
Bonjour mamie.
- Vous savez lire ? - Malheureusement.
Une lettre est arrivée.
Apprenez à lire, comment ferez-vous quand je serai parti ?
- C'est vrai. Qu'est-ce que c'est ? - On va voir.
Chère grand-mère Licanto, j'arriverai en Italie par le prochain pyroscaphe.
J'ai hâte de voir Maria et de l'épouser.
Ne lui dites rien, je lui ferai une surprise. Merci, Pietro.
C'est une lettre de Pietro.
Il dit qu'il s'est marié,
qu'il est désolé.
Pauvre Maria !
II vaut mieux que je la lui remette,
elle travaille avec moi.
On fait comme ça ?
D'accord, au revoir.
C'est la première fois que Maria n'attend pas le postal.
Elle s'en fiche maintenant, que son fiancé revienne ou pas.
- Vite, ils attendent les filets. - On arrive.
Carmela, autrefois on était amies, aide-moi à sauver Maria.
Avec ton exemple, tu pensais qu'elle allait se faire none ?
- Cette crapule veut sa perte. - C'est toi, sa perte.
Non, j'ai tout essayé pour la protéger de lui, tu le sais.
- Dis plutôt qu'il te plaît aussi. - Qu'est-ce que tu racontes ?
Allez, on est en retard pour la thonaire, qu'ils se débrouillent !
- Je t'en prie... - Qu'est-ce que tu veux ?
- Qu'est-ce que tu veux ? - Aidez-moi à le chasser de l'île !
II faudrait vous chasser tous les trois !
II nous manque un bateau pour la thonaire, tu veux venir ?
- J'en ai besoin. - Ça peut attendre.
Tes éponges attendront, les femmes ont besoin de cette pêche pour vivre.
Si c'est toi qui le dis...
Mais je veux être seul.
Giulio !
Tu n'as pas voulu quitter Vulcano, tu as bien fait,
un arbre doit pousser là où il a été planté.
Tu as compris que quelqu'un avait besoin de toi.
C'est ma sœur,
mais je n'arriverai pas à la sauver, cet homme est plus fort que moi.
Elle l'aime, comme les enfants aiment les mauvaises choses,
elle va tomber dans le piège.
On est tous dans les filets du diable,
quand il les remonte on dirait qu'il nous a eus,
mais si quelqu'un nous aide, on peut se sauver, et tu la sauveras.
Je n'y arriverai pas,
je ne mérite peut-être pas de sauver quelqu'un.
Maddalena, je connais bien les hommes,
il me suffit de voir leur empreinte dans le sable.
Tu vois la tienne ? C'est la meilleure que j'ai vue ici.
Tu vaux mieux que toutes les autres, sur cette île.
C'est toi qui me dis ça ?
Toi, que j'ai tant fait souffrir.
Et tu ne m'as encore jamais déçu.
Le filet est attaché au rivage et tiré jusqu'ici,
où il y a le piège pour le thon.
- S'il est assez bête pour y tomber. - Il y tombera.
Quand ?
Aujourd'hui, demain... Il faut être patient.
Demain...
Comment une fille jeune comme toi peut-elle gâcher son temps
loin de la vie et du monde ?
- Je ne partirai jamais d'ici. - Si, tu viendras avec moi.
Là où je t'emmènerai, nous pourrons danser toute la nuit,
tout le monde nous regardera,
parce que tu seras la plus belle.
Tu pourras dormir tous les matins
et à ton réveil, une bonne te servira au lit.
On ira au théâtre, au cinéma...
Je n'ai jamais vu le cinéma, c'est comment ?
- Comme voir des rêves sur la toile. - Vraiment ?
Je fais parfois des vœux, mais ils ne se réalisent jamais.
Je t'aiderai.
Nous serons riches, la vie à la ville est belle, si tu sais t'y prendre.
Maddalena dit que la ville est un endroit affreux.
- Et tu la crois ? - C'est ma sœur.
Tu ne peux pas te fier à ce genre de femme.
- Répète ça et je te crève les yeux ! - Pourquoi ?
Tirez !
Allez !
C'est Alvaro !
II faut appeler la police.
- Nino est revenu ? - Non.
Ce soir, il y a une surprise, Donato vient dîner.
Je ne veux pas de lui ici.
C'est aussi chez moi,
j'y ai très bien vécu sans qu'on me dise ce que je devais faire.
J'ai compris.
D'accord.
- Tu t'en vas vraiment ? - Je te laisse seule, cette nuit.
Maddalena, essaye de comprendre,
je l'aime, je suis sûre qu'il va m'épouser,
il m'emmènera à Palerme, au Caire.
Il t'a dit "Caire"?
Oui, il a dit ça,
on sera riches et je vivrai comme une dame.
Tu as du feu ?
Tu as changé de maison ?
Je n'en pouvais plus de vivre là-bas, et ma sœur est si têtue.
J'en ai eu marre.
Avoue, tu attends quelqu'un ?
Peut-être.
Un ami ?
Pourquoi, ça t'intéresse ?
J'ai un faible pour les femmes comme toi.
Je sais.
- Raison de plus de m'en aller. - Non, allez !
- On m'attend. - Ça aussi, je le sais.
- Tu sais tout, alors. - Tout.
Alors je m'en vais.
Tu ne m'offres pas un verre, avant ton rendez-vous ?
Je ne vais pas te manger,
tu entres un moment, on boit et tu repars.
On fêtera l'évènement !
Allez.
À tout ce qui nous plaît !
Du parfum français !
- Tu t'y connais, non ? - Assez.
Écoute-moi...
Et si on parlait franchement, toi et moi ?
D'accord, parlons franchement.
Pourquoi tu ne m'as pas laissée t'aider dans ton travail ?
J'aurais pu t'être utile, je suis d'ici et je connais ces choses-là.
Tu es injuste, je t'ai prise avec moi à la pêche aux éponges.
Pas cette pêche-là, l'autre.
Quelle autre pêche ?
Ne trichons pas,
si on doit être francs, on doit l'être tous les deux.
- Je comprends de moins en moins. - Ah oui ?
Alors écoute-moi bien.
La première fois que je t'ai vu j'ai eu la chair de poule,
et chaque fois que tu es près de moi, c'est la même chose.
Regarde.
Et alors ?
Je t'ai reconnu tout de suite, tu es...
Quoi ?
Tu es celui qui vise bien,
qui frappe juste puis va vendre au marché.
De quoi tu parles ?
De femmes, je parle de femmes.
Certaines, le bon Dieu les a faites pour toi,
si tu les prends pour cible, elles ne résistent pas.
Moi j'en suis une,
et ma sœur est de la même espèce.
On est faites pour toi, elle et moi.
Et il y en a d'autres, dans l'île,
tu ne les as pas encore vues, tu ne sais pas où elles vivent,
mais moi oui, et je peux t'aider.
Ensemble, on peut arriver où on veut.
Mais seulement si je te plais.
Si je te plais.
Pourquoi tu ne le dis pas ?
Tu veux savoir pourquoi il n'est pas venu hier soir ?
II était avec une autre femme.
Comment tu le sais ?
Personne ne le sait mieux que moi, il était avec moi.
Non.
Tu comprends que c'est une crapule ?
Je n'y crois pas.
Pourquoi tu ne lui demandes pas ?
Tu n'oses pas, tu as peur que ce soit vrai.
Hé, toi,
dis-lui où tu étais cette nuit.
Qu'est-ce qui te prend ?
- Dis-lui. - À quoi tu joues ?
- Tu étais avec moi ou pas ? - Et ? J'ai des comptes à rendre ?
Tu as entendu ?
Oui, je comprends tout,
tu as essayé de nous séparer parce que tu le voulais.
Tu crois que je n'avais pas remarqué ? Mais tu te trompes.
Vous avez été ensemble ? Peu importe, je ne te le laisserai pas.
Je ne le quitterai jamais !
Je veux partir avec toi !
- Emmène-moi, on se mariera. - D'accord.
On se mariera, je ne veux plus rester ici.
Je vais préparer mes affaires,
je veux quitter cet endroit,
je ne veux plus rester avec elle.
Tu n'es qu'une femme de rien, j'aurais dû m'y attendre !
- Reste moisir à Vulcano ! - Qu'est-ce que tu dis, Maria ?
Donato, je t'attends au port !
Pourquoi tu le lui as dit ? Je n'aime pas ce genre de blague.
- Je te hais. - Mais non...
Tu ne me hais pas.
- Je te dénoncerai à la police. - Tu ne dénonceras personne.
Passe-moi le casque.
Passe-moi le casque.
Et arrête de faire la tête !
Mon Dieu...
Au secours...
Non !
Au secours...
Mon Dieu, qu'est-ce que j'ai fait ?
Où sont les femmes qui travaillaient avec lui ?
On les a appelées.
Il ne fera plus son sale métier, tant mieux pour lui.
- L'argent a moisi. - Bien.
- Qui est grand-mère Licanto ? - Moi.
Pourquoi avait-il dans la poche une lettre qui vous est adressée ?
Je la lui ai donnée pour qu'il la remette à Maria.
Personne n'avait donc compris que c'était une crapule ?
Tu as de la chance, tu as échappé à une sale histoire.
On le connaît bien, il épousait des jeunes filles comme toi,
puis il les envoyait on ne sait où, quel horrible moyen de s'enrichir.
Arrête de pleurer et écoute.
"Grand-mère Licanto, j'arriverai en Italie par le prochain pyroscaphe.
J'ai hâte de voir Maria et de l'épouser.
Ne lui dis rien, je lui ferai une surprise.
Merci, Pietro".
Où est ta sœur Maddalena ?
Dans l'île de feu et de cendres, la paix est revenue.
Rien n'a changé,
même ciel, mêmes montagnes...
même mer.
Ce n'est pas l'histoire de Maddalena, Maria et Donato,
c'est l'histoire du volcan, qui est immuable.
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