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Traduit de l'anglais par Jean- Fan�ois Trudel et Pascal Marcotte
"Le travail de toute ma vie, et de mon grand- oncle aussi. Promettez- vous de faire ce que j'ai demand�?"
L'horreur dans l'argile
"Vous br�lerez tout? Enti�rement?"
Avant sa mort, mon grand- oncle me demanda d'�tre l'ex�cuteur testamentaire de son domaine...
Je consultai tous ses dos- siers, avec l'intention d'arranger tous ses pa- piers.
1925 - Les R�ves et leur Oeuvre
Mon grand-oncle n'�tait pas de ceux qui sont int�ress�s par les choses farfelues, comme les r�ves. Puis je d�couvris son rap- port sur un ph�nom�ne qui d�buta le 1er Mars 1925...
"Avez-vous emmen� le sp�cimen?"
"M. Wilcox, je dois vous in- former, ce n'est pas un objet ancien. C'est r�cent.!"
"C'est r�cent, en effet, car je l'ai cr�e la nuit derni�re durant un r�ve d'�tranges cit�s..."
"...des r�ves plus anciens que la lugubre Tyr, le Sphinx contemplatif, ou Babylone et ses jardins."
"Oui Avez-vous ressenti le l�ger s�isme la nuit derni�re?"
"� travers tout cet en- droit de cauchemar, il y avait un son, qui m'est inconnu. Cela m'appelait. Je ne peux le d�crire..."
"A travers tout cet endroit de cauchemar, il y avait un son, qui m'est inconnu. Cela m'appelait. ~ Je ne peux le d�crire..."
"M. Wilcox, seriez-vous pr�t � noter vos r�ves pour moi? �crivez tout ce dont vous pouvez vous rappeler au r�veil, et apportez-moi �a."
Ils se rencontr�rent pendant trois semaines, l'artiste partageant ses r�ves �tranges avec mon grand- oncle. Mais le 23 Mars, le jeune homme ne vint pas...
"Je suis ici pour rencontrer le jeune Henry Wilcox. Est-il ici?"
Il �tait en d�lire, semi- conscient, hurlant dans ses r�ves infernaux. Ses docteurs ont cru qu'il �tait atteint d'une sorte de fi�vre.
"Quel est cet endroit? Que faites-vous ici?"
"L'H�pital G�n�ral de Providence. Vous �tes tomb� inconscient la semaine derni�re et ils... ~"
"Combien de temps... quel jour sommes-nous?"
"Le 2 avril. Dites-moi, avez- vous r�v�? Qu'avez-vous vu?"
"Rien. Rien du tout. Pour- quoi?"
Il ne se rappelait d'aucun r�ve fait durant sa maladie, ni d'aucun avant cela. M. Wilcox ne fut plus d'aucune utilit� � mon grand-oncle.
Les coupures d�crivaient d'�tranges et terribles �v�ne- ments s'�tant produit � trav- ers le globe vers la fin de Mars 1925.
Etranges co�ncidences, certes, mais non pas cauchemardesques. Je d�couvris alors les notes de mon grand-oncle concernant un �v�nement arriv� dix-sept ans plus t�t...
Le r�cit de l'inspecteur Legrasse
Mon grand-oncle y d�criv- ait une rencontre inatten- due lors d'une assembl�e d'arch�ologues en 1908...
"George Gammell Angell, Pro- fesseur de Langue S�mitique, Universit� Brown. Vous m'avez l'air �gar�."
"John Raymond Legrasse, Inspecteur de Police, Nouvelle-Orl�ans."
"Vous n'allez pas re- chercher un suspect ici, Inspecteur?"
"Non. J'avais esp�r� que quelqu'un ici puisse me parler de ceci ~"
"Qu'est-ce que c'est?" "D'o� �a vient?" "Je n'ai jamais rien vu de pareil..."
"Moi oui."
"Dans les ann�es 70, au Groenland, chez les Esquimaux. Des d�g�n�r�s, des adorateurs du diable m'ont montr� pareille chose..."
"Le shaman de la tribu marmon- nait des choses les plus �tranges: Ph'nglui mglw'na fh C thulhu R'I yeh w gah'nagl fhtagn"
"Messieurs, ce n'est pas une langue d'Esquimaux. Je n'ai jamais pu en d�terminer le sens."
"Cela veut dire: Dans sa de- meure � R'lye h, Cthulhu mort attend, r�vant."
"En Novembre, l'an dernier, mes hommes et moi avons �t� appel�s � nous rendre dans un recoin �loign� du mar�cage..."
Des gens de l'arri�re-pays avaient rapport� des dispari- tions de femmes et d'enfants, ainsi que des bruits de tam- bours loin dans le marais.
L'un d'eux a accept� d'y guider mes hommes.
"D'ordinaire, nos gens aiment pas s'tenir avec la police. Mais y s'passait d'quoi de pas bien l�-bas. Le Mal..."
"On est all� en groupe pour la chasse. On entendait des cris, des chants, pis on a vu des feux du diable dans l'bayou du fond. C'pas juste un culte de vaudou �a - c'est l'Di�ble lui-m�me!"
Les tambours nous ont guid�s � l'endroit; �a et des cris ter- ribles ~ mi-homme, mi-b�te, des cris de d�sir agonisant.
Puis les voix s'interrompirent un instant et reprirent en chantant ~ "Ph'nglui mglw'nafh Cthulhu R'lyeh wgah'nagl fhtagn."
Nous en avons arr�t� quarante- sept. Cinq tu�s. Quelques-uns se sont �chapp�s. Plusieurs de mes hommes furent bless�s, mais nous les avons ramen�s..."
"Comment vous appelez-vous?"
"Il nous raconta qu'ils vouaient un culte aux Grands Anciens, des �tres venus des �toiles durant une �re pr�humaine"
"Ils dorment pr�sentement, mais s'�veilleront pour r�clamer leur monde. Les Grands Anciens furent, les Grands Anciens sont, les Grands Anciens seront"
"Le grand Cthulhu, attend en dormant dans la cit� en- gloutie de R'lyeh. Quand les �toiles seront align�es � nouveau il reviendra"
"N'est point mort qui peut �ternellement g�sir, Au cours des temps, la Mort m�me peut mourir."
"Nous n'avons tu� personne. On a fait ce qu'il nous a �t� dit de faire. Nous avons ex- �cut� le rituel. Ils viennent des t�n�bres pour prendre ce qui leur �tait offert"
"Mon enqu�te sur ce culte de Cthulhu est devenue une croisade pour moi. J'avais esp�r� que l'un de vous en saurait plus..."
"Cela me semble �tre un secret bien gard�, en effet. S'il vous venait quelque chose � l'esprit, je vous saurai gr� de me contacter. ~ Messieurs."
En lumi�re de cela, je peux com- prendre pourquoi sa rencontre avec Wilcow eut un tel effet sur mon oncle. Se retrouva-t-il l�- dedans par hasard, ou quelque chose d'autre �tait-il � l'oeuvre?
Une curiosit� sans rel�che m'amena � continuer sa recherche du culte. La nuit, je r�vais d'une cit� cyclop�enne et entendais cet appel inhumain.
La folie venue de la mer
Apr�s des mois d'accalmie, je mis l'investigation de c�t�. Il semblait que tous ceux au courant du culte �taient morts ou fous. Ce fut un soulagement de retourner � ma propre recherche...
C'est par hasard que je trou- vai un bout de journal qui fut l'insupportable dernier morceau du puzzle...
1er Mars, l'Emma quitte la Nouvelle-Z�lande. Une forte temp�te tropicale l'a endommag� et forc� � d�vier de sa route.
L'�quipage a d�couvert l'Alert, un bateau de p�che abandonn�, � la d�rive au large du Pacifique Sud. Leur propre embarcation prenant l'eau, ils ont pris les com- mandes du chalutier...
"La derni�re entr�e date de trois jours. Ils disent avoir accost� sur une �le, ici."
"On a trouv� quelque chose, Capitaine!"
"Mettez le cap, Johansen. Allons voir pourquoi ils ont quitt� le navire."
L'article �tait atrocement vague: Six membres d'�quipage mouru- rent sur l'�le, seul le matelot surv�- cut. Il fut trouv� sur l'Alert quelques jours plus tard, avec l'idole.
Tout concorde: les dates, les r�ves, le culte, l'idole, la cit� engloutie. Quelque chose de gros, de cos- mique, �tait � l'oeuvre, et rien ne m'emp�cherait de percer ce myst�re.
"Aye, Johansen, pauvre homme. Les cheveux lui ont blanchi. Il est retourn� en Norv�ge, pas longtemps apr�s. Oslo, je crois. Quelque chose a eu le dessus sur lui."
"Moins on en parle, mieux c'est."
Les autorit�s de Sydney ne furent gu�re plus utiles. Aucune charge ne fut retenue, l'Alert fut vendu, l'Emma, d�mantel�. L'idole se retrouva au mus�e d'Hyde Park.
"De la mauvaise graine. Le Dr. Morrison n'a jamais pu identifier la pierre; il a dit qu'il n'y avait rien de semblable au monde."
Je ne pus abandonner. Je me rendis � Oslo dans l'espoir de voir Johansen, le seul survivant du voyage en mer.
Johansen �tait mort, mon voyage fut en vain et mon enqu�te, finie.
J'�cris ceci en anglais afin que jamais ma femme ne puisse le lire
Je sus que je ne devrais pas le lire, que je ne devrais savoir ce qui s'�tait d�roul�, l�-bas... Mais je ne pus r�sister.
Son journal racontait tout. Chaque petit d�tail maudit...
Johansen ne pouvait se rappeler davantage. On retrouva le bateau quelques jours apr�s, Brident �tait mort et Jo- hansen inconscient.
"Tous morts: Legrasse ~ Jo- hansen ~ mon grand-oncle ~ et moi aussi bient�t."
"Mais le culte vit tou- jours. Cthulhu vit aussi, j'imagine, atten- dant dans l'ombre."
"Ce qui a surgi peut som- brer, ce qui a sombr� peut surgir. Nous entendons son appel et attendons notre in�vitable destin."
"Br�lez-les, docteur..."
"Br�lez tout!"
La plus mis�ricordieuse chose en ce monde, je pense, est l'inaptitude de l'esprit humain d'en comprendre l'ensemble...
Il viendra un jour o� le rattachement de connaissances disparates r�v�lera une si terrible vision de la r�alit� et de notre effrayante position en elle, que soit nous en deviendrons d�ments, ou que l'on trouvera refuge loin de l'illumination maudite vers la paix et la s�curit� d'un nouvel �ge sombre.
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