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LA FI�RE CR�OLE
MAISON DE HARROW IRLANDE - 1795
Emmenez-le vite pendant qu'elle dort.
Tu penses que tu ne pourras jamais oublier
mais tu seras surprise de voir comme le temps efface tout.
Je ne veux pas oublier.
- P�re... - Tu n'as pas pens� � moi quand tu as d�shonor� les Harrow.
Sean Fox, vous recevrez 20 souverains par an, pour le reste de votre vie.
T�chez de vous souvenir des conditions que j'ai fix�es.
Pour 20 souverains, je m'en souviendrai toujours.
Je dois �liminer toute pr�tention du gar�on.
Avec l'aide de Dieu, je ferai de lui un homme pieux.
Seulement fier de ses ampoules aux mains.
Il ne saura jamais quel sang coule dans vos veines.
Il pensera qu'il est le fils de Sean Fox.
- Je l'appellerai... - Ne me le dites pas !
D�sormais, je ne veux plus rien savoir de lui.
Emmenez-le. Imm�diatement.
Ce fruit du p�ch� !
Tu as entendu, Sara ?
Ne laisse pas �a arriver. Qu'on ne le brise pas.
Apprends-lui � se battre et � garder la t�te haute.
Parle-lui de moi...
� quel point je l'aimais.
Sara... apprends-lui � �tre fort et...
Attends...
Garde �a pour lui.
Donne-lui quand il sera plus �g�.
Et dis-lui de voir le monde.
De quitter l'Irlande... qui ne peut lui apporter...
que honte et chagrin.
...c'est � dire 32 ans plus tard, pour ceux qui n'ont pas suivi.
Mettez la planche.
Monsieur... s'il vous pla�t, pourquoi s'arr�te-t-on l� ?
Ils d�barquent un homme sur un banc de sable.
Sur un banc de sable ? C'est horrible !
O� est le capitaine ? Il faut l'emp�cher !
Tout le monde sait que la rivi�re d�borde de meurtriers.
Qu'a-t-il donc fait ?
Ils disent qu'il a trich� aux cartes.
- La compassion est inutile. - M. Fox...
Vous pouvez d�barquer.
- Que va-t-il lui arriver, Odalie ? - Il va sans doute se noyer.
Retirez la planche !
Comment peut-on �tre aussi cruel ?
- Il ne semble pas s'en soucier. - Il est trop fier pour le montrer.
Il est si s�duisant... tu ne trouves pas ?
Bien s�r, c'est une canaille.
Qui est l� ? O� est-il ?
Ici.
Ici � gauche, sur le banc de sable.
Ici � gauche !
Suivez cette direction.
Encore quelques coups.
C'est infernal ! Comme �a pue !
Une chargement de cochons, pour l'amour du ciel !
Que les d�mons me prennent !
Voil� un gentleman !
Un fou en plein milieu du Mississippi qui �clate de rire !
Et un capitaine au visage � faire fuir les d�mons !
Laissez mon visage tranquille. Vous ignorez � qui vous parlez.
Mike Farrell, en personne.
Le champion du ramassage de voleurs depuis 8 ans.
�tes-vous d'accord pour embarquer et nourrir un coll�gue ?
D'abord, expliquez ce que vous faites au milieu du fleuve.
- Le... cheval m'a renvers�. - Renvers� ?
Donnez-moi votre main et montez � bord.
M. Farrell...
M. Fox...
Quelles sont mes chances de m'�chapper vivant de ce navire ?
Et vous, qu'en pensez-vous, M. Fox ?
Minces, M. Farrell. Tr�s minces.
�a se pourrait.
Pourtant, on dit...
qu'il y a toujours une issue.
Surtout pour un homme intelligent comme vous.
C'est tout ce qu'il me reste.
Une pi�ce d'or de 20 $, 10 $ et la petite monnaie.
Avec cette petite tabati�re en or.
Pourquoi vous m'offririez tout �a ?
M. Farrell, ce serait un honneur si vous acceptiez.
- Vous ne pouvez pas dire non - Je n'aurais pas d� dire �a.
Que dire si c'est un honneur que d'accepter ?
Mais gardez la petite monnaie, vous en aurez besoin.
Je n'aurais jamais imagin� avoir une tabati�re en or !
M. Farrell...
M. Fox...
Quelles sont mes chances de m'�chapper vivant de ce navire ?
Tr�s bonnes, M. Fox, tr�s bonnes vraiment.
Pas grand chose � voir.
C'est la ville la plus corrompue du pays.
On va dans le pire quartier de la ville, le marais.
- Quel est l'autre quartier ? - Le Vieux Carr�.
Le riche quartier des cr�oles et des kaintocks.
Je n'y vais que pour affaires.
Mais pour le plaisir... je vais au marais.
C'est l� qu'on se s�pare.
Mon plaisir est l� o� sont vos affaires, M. Farrell.
Vous visez tr�s haut, mon gar�on.
Mais je pense que vous obtiendrez ce que vous voulez.
Tenez.
Un gentleman se doit d'avoir une tabati�re,
Surtout un gars raffin� comme vous.
Prenez la mienne. Et bonne chance !
Au secours !
Au secours !
Au secours !
Au secours !
- Il n'y a pas de quoi rire. - Je n'ai jamais rien vu de tel.
Souvent, un grand amour se termine par une �chapp�e rapide par la fen�tre.
Vous vous m�prenez, sachez qu'on m'a vol�.
Vous avez l'air d'un pingouin pendant la saison du rut.
Votre humour est de mauvais go�t.
- Je demande... - Vous n'�tes gu�re en mesure d'exiger quoi que ce soit.
Je cherche un lit. Vous cherchez un pantalon, on fait un �change ?
- Venez � la plantation. - Silence, voici mon lit.
Mais il est trop gros !
Inutile d'esp�rer la bonne taille par hasard.
Mettez-le vite avant qu'il me retire le mien.
Pauvre diable, je le lui rendrai. Demandez-lui son adresse
Filons d'ici.
Mon pauvre p�re... Il est toujours f�ch� contre moi.
En g�n�ral, je dors le jour et je tra�ne la nuit. �a le f�che.
Il veut que je travaille sur la plantation, je ne veux pas.
�a le f�che.
Il m'a trouv� une fille � �pouser.
Je n'arrive pas � me d�cider. �a le f�che.
Tout le monde vit ainsi � la Nouvelle Orleans ?
Les gens vivent bien ici.
Personne n'est tr�s riche ou tr�s pauvre, je pense.
Et pour le plaisir ?
Les femmes... le jeu...
Maspero est la meilleure maison pour le... jeu.
- Maspero ? - Oui, nous irons ce soir.
Et... le meilleur pr�teur ?
Pr�teur ?
- Oui. - Oh pas besoin, je le...
De vous ? Pas un sou.
Je ne d�trousse que mes ennemis.
- Je le r�cup�rerai bient�t, je le jure. - Je peux ?
C'est une merveille. D'o� l'avez-vous eue ?
De quelqu'un qui m'a aim�. C'est une sorte de... talisman.
Cette perle ne m'a jamais appartenu, Andr�.
- J'ai toujours appartenu � cette perle. - Elle doit avoir beaucoup de prix.
Elle ne doit jamais �tre vendue. Elle doit �tre port�e.
Et pas par n'importe qui.
- Seulement par un gentleman - Tr�s belle.
M�me en me couchant l'estomac vide, je ne l'ai jamais vendue pour manger.
Pourquoi la gager maintenant ?
Quelque chose me dit que... le moment est venu.
Andr� !
Excusez-moi
Ce sont les s�urs D'Arcenaux, les belles fleurs de Louisiane.
La plus jeune est Aurore, tr�s douce, tr�s gentille.
- Et l'autre ? - Odalie ? Fi�re et belle.
Elle ne peut oublier qu'elle descend de la d�funte famille royale.
Ils donnent un bal de charit�.
- Je ne pourrai pas aller avec vous chez Maspero. - J'irai au bal avec vous.
Si ce n'�tait pas les D'Arcenaux, j'aurais pu arranger �a,
mais c'est une r�ception priv�e, sur invitation.
- Oubliez �a. - D�sol�, j'esp�re que vous me comprenez mais...
- je ne peux pas vous emmener. - Bien, je vous verrai l�-bas.
Au fait, Andr�...
vous pouvez garder la gentille.
La fi�re est pour moi.
Mademoiselle.
- Puis-je ? - Philippe !
Odalie, aurais-je l'honneur ?
En tant qu'h�tesse, je ne devrais pas, mais volontiers.
Pourquoi portez-vous cet accessoire �trange ?
Je suis d�guis�e en "fille � la cassette."
l'une des jeunes filles fran�aises arriv�es il y a 100 ans,
avec un petit coffre o� il y avait
deux chemisiers, deux manteaux, six chapeaux, trois...
Qui �tes-vous pour ne pas reconna�tre ce d�guisement ?
Vous �tes l'homme du bateau.
Le tricheur !
Vous voyez, je ne me suis pas noy�.
- Je le regrette. - Si j'ignorais que vous �tes un brigand, je...
je vous prendrais presque pour un gentleman.
On exag�re souvent la diff�rence.
C'est assez �trange...
j'ai moi-m�me envoy� les cartes pour cette soir�e.
- C'est un bal de charit�. - Alors...
- soyez charitable. - Je n'ai pas vu votre nom sur les cartes.
- Non ? - Mais vous �tes tr�s habile avec les cartes.
Oui. Je les m�lange et le roi appara�t � c�t� de la reine.
- Il me suffit de dire un mot et chaque homme ici... - Dites-le.
C'est extraordinaire...
Vous �tes encore plus belle que dans ma m�moire.
Mais plus �g�e.
Et toujours c�libataire alors que les filles ici se marient � 14 ans.
Les pr�tendants ne doivent pourtant pas manquer ?
Vous �tes tr�s amusant.
Et il regrettable que vous deviez partir imm�diatement.
Ce n'est qu'une rumeur.
Je suppose que vous �tes venu ici pour exercer votre profession.
C'est la nature du joueur, mon p�re est un joueur inv�t�r�.
Je dois l'avertir ainsi que le reste des invit�s.
- �pargnez-moi un scandale. - Si vous m'accordez une danse.
Vous n'�tes pas en mesure de poser vos conditions.
Vous n'aimez pas les scandales. Moi, j'y suis habitu�.
Que pr�f�rez-vous, un scandale ou une danse ?
Je pr�f�re le scandale. Suivez-moi.
- Comment avez-vous eu l'invitation ? - Comme vous avez eu votre pantalon.
P�re...
- P�re, cet homme... - Elle veut vous dire que je suis un intrus.
- Et... ? - Et c'est vrai.
J'ai vu votre fille, je l'ai admir�e et viol� l'�tiquette pour la revoir.
Et �a valait la peine.
Je vous le dis honn�tement, seuls un homme magnifique
et un femme magnifique pourraient avoir une fille si magnifique.
J'y ai v�cu.
Une autre chose que nous avons en commun, en plus de votre fille.
Les femmes, les lumi�res, le bois, les femmes...
- Vous m'affectez. - Soyez-en fier.
- P�re, cet homme a fauss� ton hospi... - Mon enfant,
est-ce un crime de t'admirer ou de m'admirer d'�tre ton p�re ?
Et d'avoir tous deux une faiblesse pour Paris ?
- C'est un jeune homme imp�tueux. - Vous-m�me avez aussi �t� jeune...
Mon ami, vous allez avoir des ennuis.
Pr�sentez-moi ce jeune homme explosif.
M. le vicomte, mon vieil ami, Etienne Reynard.
Je m'appelle Fox, monsieur, et non Reynard. Mon pr�nom, Stephen.
En fait de vieil ami d'Andr�, je ne l'ai rencontr� que ce matin.
Une histoire avec un pantalon.
Et que faites-vous ?
Je suis un joueur.
Que diriez-vous d'une partie de cartes ?
Disons pour... 1 000 $ ?
Avec plaisir.
Je vous en prie, laissez-le gagner.
Votre ami est trop intelligent pour me laisser gagner.
Monsieur le vicomte, je vous assure...
Je vais redonner cet argent aux organisateurs de ce bal de charit�.
Ce sera plus appr�ci� de votre part, monsieur.
M. Fox, je vous pr�sente mes filles. Odalie et Aurore.
M. Fox fait un don de 1 000 $ pour votre �uvre caritative.
En �change, il ne demande qu'une danse.
Une demande tr�s modeste pour un don aussi g�n�reux.
Me ferez-vous l'honneur, mademoiselle ?
J'ai de bonnes betteraves, j'ai de bons choux.
Mes choux sont magnifiques.
Achetez mes choux-fleurs.
Qui veut un ventre de mul�tre ?
Y a-t-il des cannibales � la Nouvelle-Orl�ans ?
Donnez-moi deux ventres de mul�tre.
Ce sont des g�teaux de pain d'�pice ! Les cr�oles sont fous.
Peut-�tre que le vicomte est ici, il aime beaucoup cet endroit.
Le brick sir John Cameron est arriv� de Liverpool.
On propose la cargaison.
Compos�e de b�ches et de pelles et de scies � main...
moulins � caf� et � poivre, mandrins et tours.
Comment allez-vous ?
Regardez ce groupe. Chacun vaut 1 200 $
Et on m'offre 1 500 $ pour les trois ?
1600... qui donne plus ?
2 000 $. Qui donne plus ?
2 500... Qui donne 3 000 ?
D�cern� � M. Duval pour 2 500 $.
Ils vendent de tout ici.
Oui, actions, titres, esclaves, b�tail...
et la meilleure nourriture au monde.
C'est l'endroit que je pr�f�re dans toute la Nouvelle-Orl�ans.
- La Rh�nanie est toujours en veine ? - Je l'ai d�j� d�couvert � mes d�pens.
Otto Ludenbach, un planteur.
Pas tr�s agr�able, non ?
Non, mais il a des milliers de boisseaux de terres fertiles.
On dit qu'il les a acquis en affamant sa famille et ses esclaves.
Pourquoi faire semblant de jouer ?
Donnez-moi votre argent. Aujourd'hui, je suis invincible.
Vous retournerez bient�t chez votre pr�teur.
Soyez prudent, Stephen. C'est un sc�l�rat et un tricheur.
Arr�tez-vous d�j� ? C'est le probl�me avec vous, les cr�oles.
M�me avec les cartes, vous n'�tes pas dans le coup.
Je peux jouer ?
�tes-vous un kaintock ?
Non, je ne viens pas du Kentucky.
Pour nous, tous les Am�ricains sont du Kentucky.
Et tous mauvais, non ?
"You can always replace my feathers"
"The foolish fowl..."
J'ai les nouveaux esclaves, tout est charg�.
- Revenons � la plantation. - Tu ne vois pas que je suis occup� ?
- Oui, mais si on n'y va pas... - Je vais te cogner, cochon de Yankee !
Vous �tes un devin ou un escroc. Je n'ai pas encore d�cid�.
Quand vous le saurez, je devrais d�cider, soit...
de vous laisser en vie ou de vous tuer.
Jouons ces titres.
Enfin, nous pouvons tous aller nous coucher.
Je vous �cris une note. Ma plantation contre tous vos gains.
- Vous n'avez pas encore assez perdu ? - C'est pas vos affaires !
Pourquoi ne pas... r�fl�chir dans la journ�e ?
- Si vous voulez toujours, nous jouons ce soir. - C'est moi qui d�cide.
Gar�on ! Un stylo et un papier !
Un tour de plus.
Une seule main et j'en ai fini avec vous !
Gagner ou perdre.
Le plus haut distribue.
18 !
- 19. - Il a perdu.
Non, je ne vous la laisserai pas ! Vous n'aurez pas ma terre !
Vous avez insist� pour jouer, vous �tes le seul � bl�mer.
Fermez-la !
Vous �tes tous contre moi. Vous l'avez toujours �t�.
- Vous avez jou�, vous avez perdu. - Bande de cr�oles paresseux et ivres !
Tous jaloux ! De ma terre, de mes esclaves !
Ils d�fendent... ce sale fraudeur irlandais !
Et vous.. vous lui donnerez bient�t votre fille � marier.
Choisissez l'heure et le lieu.
Bien. Ici et maintenant !
- Je vous en prie... - Ma�trisez-vous, calmez-vous !
Comme vous voulez.
Pas ici. Vous ne pouvez pas vous battre ici.
C'est hors de question, absolument contraire aux r�gles.
- Faites-le dans la ch�naie, plus tard. - Ici et maintenant, messieurs.
Avec l'arme qu'il a choisie.
En tant que t�moin officiel, je proteste avec v�h�mence
contre ce duel peu orthodoxe.
C'est totalement contraire aux r�gles.
Et ce n'est pas digne de gentlemen.
Nous ne sommes pas des gentlemen, mais deux joueurs en duel, allez-y.
Prenez vos places.
Mettez-vous de dos.
Faites 5 pas. Arr�tez-vous. Attendez que je compte.
Retournez-vous quand je dis 1.
Visez quand je dis 2.
Tirez quand je dis 3. �tes-vous pr�ts ?
- Oui. - Marchez.
Un.
Deux
Il est bless� !
- Docteur... - Asseyez-vous.
Moins on en parlera, mieux ce sera.
Que voulez-vous dire ?
Je suis venu arbitrer un duel. Pas une ex�cution.
Comment ose-t-il ? Comment ose-t-il, ce Stephen Fox !
Qui l'a autoris� � me d�fendre ?
Qui lui a permis de lier publiquement son nom au mien et, par cette ruse,
de tuer d�lib�r�ment un homme ?
Lili ! Andr� a dit que l'Allemand avait tir� pr�matur�ment.
Aurore, Andr� me d��oit beaucoup.
Toujours sur les talons de cet �tranger parvenu.
La moiti� de la Nouvelle Orleans dit la m�me chose.
La moiti� de la Nouvelle Orleans est aussi stupide que lui.
En permettant � un parfait inconnu de cr�er une telle tourmente.
Et vous, p�re...
Entre eux tous, vous �tes le pire.
Vous allez bient�t l'inviter � venir chez nous.
Je l'ai d�j� fait. Plusieurs fois. Il n'a pas voulu venir.
Pendant que ta soeur reprend son souffle, donne-moi une brioche.
Mais, p�re, vous ne pouviez pas...
C'est un sauvage, on ne sait rien de lui, il...
- C'est un kaintock ! - C'est vrai.
Mais on ne peut pas nier que son sang est rouge.
Il se m�langerait tr�s bien avec le sang bleu de la lign�e cr�ole.
P�re ! Sugg�rez-vous...
Doucement, ma fille. C'est toi qui fais des suggestions.
Verse-moi une autre tasse
Si ce jeune sauvage ne t'attire pas physiquement ni intellectuellement,
pourquoi une telle indignation f�minine ?
Merci.
Mais l'effet que le kaintock produit sur toi est tr�s sain.
Je ne t'ai jamais vue aussi jolie.
Je vais boire ma seconde tasse tranquillement dans ma chambre.
P�re vieillit. Son esprit d�cline.
- Il n'a jamais �t� aussi �loquent. - Ne sois pas b�te !
Je suis d�sol�e...
Rory, ne pleure pas, tu sais combien je d�teste les larmes.
Je dois r�fl�chir, je dois...
Oui, bien s�r...
Je vais montrer � ce monsieur ce que je pense de son impudence.
Quoi, Lili, quoi ?
Attention � la boue, Miss Lili.
J'ignore pourquoi vous parcourez le pays toute seule en vous mouillant les pieds.
Donne-moi ce panier, Cyrus.
Mademoiselle...
Mme Ludenbach, je vous ai apport� de la nourriture et de l'argent.
Mais vous aurez besoin de quelque chose de plus.
Rassemblez vos enfants et venez avec moi.
Ce soir, vous serez chez mon p�re.
Demain, les avocats vous conseilleront pour les exigences de cet homme.
- Je doute qu'il rende la propri�t�... - Non, Fr�ulein, vous avez tort.
Il est mon ami, Herr Fox, un grand ami � moi.
Oui, il a tu� mon Otto, mais...
t�t ou tard, �a devait arriver. Il se battait tout le temps.
Avec tout le monde, les planteurs, ses esclaves, tout le monde.
Je savais qu'un jour �a arriverait. Et c'est arriv�.
Pour �a, je suis d�sol�e.
Mais surtout, je suis d�sol�e que ce soit Herr Fox.
Et l'argent, Fr�ulein...
1 000 $ que j'ai. Donn�s par Herr Fox.
Pour aller � Philadelphie chez mon oncle.
Et la dette de jeu d'Otto, il l'a d�chir�e, Fr�ulein.
Et la plantation, il dit qu'il va me la payer, Herr Fox.
Vous permettez ?
Merci, non.
Vous �tes tr�s jolie ainsi.
Les yeux flamboyants.
Doucement...
Malgr� tout, vous avez tu� l'Allemand, d�lib�r�ment.
- Vraiment ? - Vous le savez tr�s bien.
Dans ce cas, c'�tait pour vous.
- Laisse-moi passer. - Une question s'il vous pla�t.
- Si vous �tiez un gentleman... - Tout le monde semble s'en inqui�ter.
C'est la voiture des Cloutier.
C'est la deuxi�me fois que je vous compromets.
Encore une fois, votre p�re va m'obliger � vous �pouser
M'�pouser ?
Vous �tes insupportable et insultant...
Ne soyez pas si en col�re contre vous-m�me.
Avouez que toutes vos pr�ventions contre moi s'effondrent, sauf...
que je ne suis pas un gentleman. Et l� aussi, vous avez tort.
Je viens d'une bonne famille en Irlande.
Par chance, ils m'ont reni�.
Me permettant de voir le monde, plein de vie.
Cela m'a men� partout o� je voulais aller.
M�me jusqu'� vous.
C'est tout ce que vous �tes.
Un flash, un moment d'audace.
Cela ne sert � rien, Stephen Fox. Vous n'appartenez � rien.
Pas de racines, pas de but, sinon une balle ou une potence.
Vous n'avez de valeur pour personne.
Encore moins pour une femme.
Vous vouliez me poser une question ?
Vous venez d'y r�pondre.
Puis-je partir ?
Oui. Pour un moment.
Cyrus !
- Ils attendent �a � la maison, Achille. - Oui, ma�tre.
- Bienvenue Andr�, bienvenue � Harrow. - Harrow, en effet.
On dirait une jungle � peine d�frich�e.
J'ai d�pass� votre boucanier Mike avec un lot d'esclaves.
- Vous avez l'air affreux ! - Tout ce chemin pour me complimenter ?
Non, j'ai les derni�res nouvelles de la Nouvelle Orleans et une invitation.
- Quelles nouvelles ? - Tous disent que vous �tes fou.
- Pas tr�s nouveau. - Et que vous travaillez aux champs.
- Rien de plus int�ressant ? - Si, que vous avez le monopole sur le bl�.
Ils n'ont pas parl� du coton ?
- Comment faites-vous, Stephen ? - C'est une autre forme de jeu.
Sans doute vrai, vous trichez aussi bien avec le march� qu'avec les cartes.
Maintenant les nouvelles les plus importantes.
Les soeurs D'Arcenaux partent demain pour Paris.
- Pour y vivre ? - Non, pour visiter.
Le vicomte nous invite pour leur derni�re soir�e.
- Comment va-t-elle ? - Je suis toujours dans la course.
On lui pr�te six soupirants, mais comme d'habitude, toujours rien.
Stevie boy !
Fais-les descendre.
Le miracle n'est pas encore termin�. Tu vieillis, Stevie.
- Et le pr�t bancaire ? - Accord�. et j'ai trouv� de vieux entrep�ts.
Demain, il y aura 500 fours.
Les meilleurs de la r�gion. Ils les chargent ce soir.
C'est si simple, Andr�.
J'acc�de au march� avec le dernier mod�le de cuisini�re.
Pour manger chaud, il faudra payer mon prix.
- �a a l'air d'�tre bien, Tom. - Il le faut.
Ils ont co�t� tr�s cher.
Je l'ai achet�e � un Portugais. Elle vient d'Afrique.
Elle est une erreur, j'en ai peur.
Une beaut�.
- Alors ? - Elle est bien.
Tu la veux pour femme ?
Si tu peux la faire descendre, elle est � toi.
Une vraie sauvage, c'est �a.
Tout est en ordre, Andr�.
La femme court, l'homme la poursuit.
Tr�s �puisant !
Dieu merci, nos femmes d'ici sont paresseuses.
Venez ou nous serons en retard, vous vous changerez chez moi.
D�sol� Andr�. Je n'irai pas.
Non ? C'est la derni�re occasion de voir Odalie.
Pourquoi ne pas y aller ? Elle peut s'absenter un an.
Un an, vous dites ?
Parfait. C'est le temps dont j'ai besoin.
Et dans un an, ce sera l'inverse.
C'est elle qui viendra me voir.
M. Stephen Fox invite Mlles Odalie et Aurore d'Arcenaux
au banquet d'ouverture de Harrow,
le mercredi 10 avril � 20 heures.
Vouliez-vous me voir, p�re ?
Oui. Aurore dit que tu as d�clin� l'invitation.
- C'est exact. - Que diront les gens, � ton avis ?
Que Odalie D'Arcenaux a refus� de se rendre � la r�ception � Harrow.
S'il y a des gens l�-bas.
Andr� dit que tous les gens d'importance y seront.
- M�me le gouverneur et sa femme. - Attends-nous dans le salon. Va.
En allant � Paris il y a un an, tu t'enfuyais.
Quand arr�teras-tu de fuir ?
Je ne pensais pas qu'une de mes filles deviendrait l�che.
Tu as peur de cet homme. Admets-le.
- P�re, tout cela est-il n�cessaire ? - Oui.
Depuis ton retour, Lili, je n'aime pas ton comportement.
Tu es remplie de haine et d'amour sans pouvoir les distinguer.
- Comme savez-vous tout �a ? - Je suis ton p�re, Lili.
Et je connais ma fille. Et cet homme.
Il y a une passion dans ce kaintock, comme tu l'appelles.
Un d�sir br�lant qui te consumera tant que tu ne lui diras pas oui ou non.
Et tu ne peux plus t'enfuir.
- Est-ce tout, p�re ? - Oui, c'est tout, sauf...
Je t'aime, ma fille.
Fais comme tu l'entends.
Aurore et moi, nous serons pr�ts dans une demi heure.
Il l'a fait. La plus belle soci�t� de Louisiane lui rend hommage.
Pas � moi, Andr�. Au pouvoir que je repr�sente.
- Toujours cynique, Stephen. - Je ne me fais aucune illusion.
Je le fais autant pour eux que pour moi.
Avant la fin de la soir�e, j'aurai celle pour qui j'ai fait tout cela.
Pardonnez-moi, cela devient embarrassant, monsieur.
George peut-il annoncer le d�ner ?
- Attendons encore, Mme Warren. - Tr�s bien.
Stephen, admets-le. Elle ne viendra pas.
Elle viendra.
Le Vicomte Andr� Marie Louis Pierre d'Arcenaux.
Mesdemoiselles Odalie et Aurore d'Arcenaux.
Nous sommes un peu en retard, je le crains.
�a n'a pas d'importance. Bienvenue � Harrow.
Bienvenue chez vous.
M. le vicomte, mademoiselle... Me ferez-vous l'honneur ?
M. Fox, vous avez fait de cet endroit une v�ritable merveille.
Votre compliment m'�meut.
Un jour, nous parlions ici m�me.
Vous rappelez-vous ce que vous m'aviez dit ?
Oui.
Vous le pensez toujours ?
- Je ne sais quoi penser. - Regardez-moi.
Vous tremblez. Vous avez froid ?
Non.
Effray�e, alors.
Mais pourquoi ? Vous n'avez rien � craindre ici.
Il n'y a que de l'amour pour vous.
Pourquoi me r�sistez-vous autant ?
Je ne sais pas. Je ne sais pas, Stephen.
Je me suis pos� cette question maintes fois ces derniers mois.
Vous n'�tes pas un homme comme les autres, vous le savez.
Vous �tes fort, s�duisant � bien des �gards,
mais vous me rendez... mal � l'aise, incertaine.
Je ne pr�tends pas comprendre pourquoi.
C'est peut-�tre la grande violence que je trouve en vous,
votre regard pos� sur comme si j'�tais une esclave, comme si vous me poss�diez.
Stephen, qui �tes-vous ?
Je suis Stephen Fox.
N'est-ce pas suffisant ?
Sauf que...
Avant, il y avait une autre maison.
Un autre Harrow, une autre femme.
Ma m�re que je n'ai jamais connue et qui a �t� d�shonor�e � cause de moi.
Et votre p�re ?
Je ne l'ai jamais connu non plus.
Mais ce que je sais...
c'est que j'ai toujours r�v� de b�tir un nouvel Harrow.
Et en pensant � vous, cette id�e est devenue un besoin.
Une n�cessit�, une obsession.
Je n'aurais pas pu b�tir Harrow sans vous, Lili.
Et tant que vous n'y serez pas...
il n'y aura pas de vie.
Et l'amour ?
Et si je ne peux pas vous apporter l'amour ?
Voudriez-vous de moi de cette fa�on ?
Je vous veux.
De quelque fa�on que ce soit.
P�re...
Je vais �pouser Stephen Fox.
Oh... Lili !
- Tr�s bien, ma ch�re. - C'est merveilleux, Odalie !
Voudriez-vous l'annoncer, monsieur ?
Oui...
Ils sont tr�s jolis.
Montez les mettre sur le lit. Attendez...
Caleen... qu'est-ce que �a signifie ?
Il y a des choses que les Blancs ne doivent pas conna�tre.
Vous savez ce que le ma�tre pense du vaudou et de la sorcellerie.
Je l'ai fait pour lui et pour Harrow. Pour en faire une union heureuse.
Vous ne ferez rien de la sorte. Montez mettre la table.
Je l'ai mise il y a deux heures.
Je vais appeler Zerline.
Elle vous aidera.
Lili...
Stephen...
Stephen, je...
Mike Farrell !
On �tait press�s de venir voir la mari�e.
Montre-nous Mme Stevie Boy !
Je suis d�sol�, ma ch�rie.
Ils ont de bonnes intentions, c'est leur fa�on de te saluer.
Viens juste sur le balcon et ils seront satisfaits.
M'exposer devant cette meute d'animaux ? Jamais !
Dis-leur de s'en aller, qu'ils partent !
Je ne peux pas faire �a. Mike Farrell est mon ami, Lili.
Je m'en occupe. Je descends leur expliquer.
Regardez les gars.
Quel endroit magnifique !
Et vous �tes un chic type !
Ici, Mike !
Amusez-vous ! Ma cave est la v�tre.
- Reste avec nous. Il est t�t. - Non, d�sol� Mike.
Passez une bonne nuit.
Juste un verre.
Non, Mike. Une jeune mari�e m'attend l�-haut.
- Fermez la porte. - Non, Mike !
Juste un verre...
Un seul, d'accord.
Allez, Stevie.
Je vous souhaite...
bienvenue � la bande du vieux babouin qui m'a sauv� du banc de sable !
I'll eat when I'm hungry I'll drink when I'm dry
If whisky don't get me I'll live till I die...
Mike ! Donne-moi la cl�.
Stevie, tu peux pas partir d�j�.
Pas avant d'avoir pris un autre verre.
D'accord, donne-moi la cl� et je reprends un verre.
Vraiment ?
Oh je t'aime comme un fils !
Lili, c'est moi, Stephen.
Lili, tu vas bien ?
Oui. Je vais bien.
Alors ouvre la porte.
Pas avant que tu aies mis dehors cette racaille.
Ouvre la porte, Lili !
Ouvre la porte !.
Ouvre la porte ou je la d�fonce !
Lili...
Tu m'as demand�e un jour pourquoi j'avais peur.
Maintenant je le sais. Et je sais que j'avais raison.
J'ai essay� d'�tre honn�te avec toi, je t'ai dit que je n'�tais pas s�re.
Et un moment, j'ai �t� tromp�e par ta gentillesse.
Je sais maintenant, ce n'�tait pas le vrai Stephen Fox.
J'ai vu le vrai hier soir et...
je ne veux pas de lui.
Ce que je venais te dire...
Je sais que notre mariage a pris... un mauvais d�part et...
je suis vraiment d�sol�.
Je suppose que cela corrige tout.
Je porterai tes bijoux, Stephen, je pr�siderai ta table.
Y aura-t-il autre chose ?
Rien d'autre.
La porte sera r�par�e.
Avec un verrou.
Seulement de ton c�t�.
Il a gagn� huit fois d'affil�e. Les d�s sont diabolis�s ce soir.
Maspero, bonsoir.
Il est l�-bas.
- Que fait-il ? - C'est un nouveau jeu, qui vient de France.
- Je crois qu'on l'appelle le craps. - Craps ?
Hello, Stephen !
Andr� !
- Qu'est-ce qui vous am�ne ici ? - Il est venu � ma demande.
- Comment va ta petite femme ? - Aurore et moi sommes tr�s heureux.
Formidable ! C�l�brons �a.
Jack ! Trois autres verres.
- Vous jouez avec nous ? - Non, pas moi.
Tu as l'air d'oublier, je me suis assagi.
L'amour fait de toi un partenaire tr�s ennuyeux, mon ami.
Rien ne te retiens...
Stephen, toi et Odalie, vous pourriez venir d�ner chez nous bient�t ?
Merci Andr�, mais nous ne d�nons jamais dehors.
Nous nous asseyons ?
Merci, Jack.
�a ne r�sout rien, Stephen, de boire et de jouer tous les soirs.
Pas besoin de faire semblant avec moi.
Buvons et disons-nous bonsoir.
Vous �tes dur, Stephen. Et direct. Et je vous ai aim� pour �a.
L�, je d�couvre que vous pouvez �tre t�tu.
Je sais que ma fille l'est aussi, mais c'est une femme,
et �a devrait faire une diff�rence.
Nous autres cr�oles chouchoutons trop nos femmes.
Mais les r�compenses vont au-del� de leurs espoirs.
Ma r�compense met du temps � arriver.
Soyez patient, mon gar�on, attendez.
Ne laissez pas cette orgueil insens� entraver votre amour.
Vous avez besoin de cet amour, tous les deux
Sans lui, aucun de vous deux ne trouvera le bonheur.
Bonsoir Stephen.
Je vous ai dit combien de fois que la sorcellerie est interdite ?
Et si le feu se propage ? Vous avez pens� aux cannes ?
- Odalie, que fais-tu ici ? - Nous avons fait du vaudou, ma�tre.
Un vaudou puissant pour votre enfant � na�tre.
Odalie, est-ce vrai ?
Vas-tu avoir un enfant ?
Que fais-tu ici, en cette nuit humide ?
Viens. Je te ram�ne � la maison.
Odalie !
Tu es folle !
Tu aurais pu te blesser et blesser l'enfant.
Crois-tu que je veuille ton enfant ?
Merci d'�tre venu.
Comment aurais-je pu manquer la naissance de mon petit-fils ?
- Comment va Odalie ? - Le docteur dit qu'elle va tr�s bien, mais...
elle ne veut pas les aider.
On s'est vus il y a longtemps, je vous croyais r�concili� avec Odalie.
Non, rien n'a chang�. On vit comme deux �trangers.
L'enfant vous r�unira.
S'il ne nous r�unit pas, il apportera au moins la paix entre nous.
Ma�tre...
Ma�tre... je suis p�re.
Ma femme, Belle, m'a donn� un gar�on.
Venez le voir.
D'accord, allons-y.
Beau gar�on.
Il a la beaut� de sa m�re et la force de son p�re.
Un guerrier pour son peuple.
Elle l'a eu toute seule.
Je vous l'avais dit, ma�tre. C'est quelqu'un, cette Belle...
Oui, elle a bien travaill�.
Il faut bien l'�lever, lui apprendre plein de choses.
Je veux qu'il ait un corps d'esclave, pour mon fils.
Ce sera un gar�on, hein ?
Mon fils, pas esclave ! Lui, Prince !
Prince guerrier. Celui qui tue des lions.
Lui, chef des hommes !
Pas un serviteur, pas un esclave !
Tr�sor... il fera ce que dit le ma�tre.
- Allons, Belle, laisse-moi le regarder. - Non ! Ne touchez pas !
Elle va vers la rivi�re.
Non...
Je t'en prie, Belle, non !
Belle !
Lui, homme. Lui, guerrier.
Lui, meurs, mais lui pas esclave. Jamais !
Belle...
Elle est partie, ma�tre.
Ma�tre, elle est partie...
Elle est partie, ma�tre.
Elle s'est lib�r�e...
Oui, elle est libre maintenant.
Ma�tre !
Le docteur vous demande.
Reste avec lui.
Bonjour, Lili.
Le voil�, Lili, votre fils.
- Il va bien ? - C'est un bien beau gar�on.
Ses petites mains sont parfaites.
Quelque chose ne va pas ?
Il y a une petite torsion de son pied droit, mais...
ce n'est rien. Rien du tout.
- Il pourrait boiter un peu. - Il ne boitera pas !
Nous corrigerons cette erreur de la nature.
Nous le rendrons parfait.
Je ne lui permettrai pas de ne pas �tre parfait
Mon fils.
Notre fils, Stephen.
Chaque ann�e, l'anniversaire d'Etienne est plus beau que le pr�c�dent.
Tu as vu celle-l� ?
En voil� une autre, tu vois ?
- Elle va tomber quand ? - Maintenant, regarde.
Elle tourne, tourne et tourne encore, tu vois ?
Tu aurais aim� que cousin Mela l'ait vu ?
Et celle-l�, elle tombera quand ? - Maintenant.
�a va continuer de tomber, regarde.
Tu en vois une... deux...
�a tombe, tu vois ?
On dirait que c'est la derni�re.
Little Inch, ramasse les cadeaux. Etienne va se coucher.
C'est un bon anniversaire, hein ?
- Allez, mon ch�ri. - Laisse-le marcher.
Il est si fatigu�...
Laisse-le marcher.
Allez, mon tr�sor.
On m'a dit que vous avez achet� Bellefont.
Bellefont ? Que vas-tu faire de cette maison d�labr�e ?
Une belle maison le long du fleuve.
Un beau cadeau de mariage pour Etienne.
Pourquoi pas, le temps passe vite.
Quand il me succ�dera, de nombreux projets auront d�j� �t� faits.
Les paquebots remplaceront le bateau � vapeur
que je fais pour Mike Farrell.
Vapeurs, entrep�ts, hypoth�ques, titres...
- Vous fondez un empire ! - C'est comme �a.
Et quel prince pour en h�riter !
Regardez-le, Tante. Notre grand gar�on !
Tu es un grand gar�on, non ?
Je le dirais bien. Trois ans !
Presque un homme.
Les hommes n'ont pas peur du noir, n'est-ce pas, Tante ?
N'est-ce pas, Etienne ?
Plus de bougies la nuit.
Mais il n'est encore qu'un b�b�.
Une petite lampe, Tante... Pour un an ou deux.
Tr�s bien... une petite lampe... encore un an.
- Bonsoir, ch�ri. - Bonne nuit maman.
Caleen va te mettre au lit.
- Bonne nuit, Inch. - Bonne nuit, Little Inch.
Bonne nuit.
- Un verre avant de monter ? - Non, je vais aussi me coucher.
Dormez bien, p�re.
Aussi bien que possible, sans le bruit de la ville.
Bonne nuit...
- Un dernier verre ? - Non merci.
Bonne nuit.
Stephen...
J'appr�cie tes projets pour l'avenir d'Etienne.
Son avenir est le n�tre.
Je veux qu'il ait tout ce que je n'ai jamais eu.
Un foyer...
L'amour...
quelqu'un pour le soutenir.
Quant au nom que je lui ai donn�, c'est un renard.
Le premier d'une nouvelle lign�e.
- Les Fox de Harrow. - Stephen...
Je pense que je vais prendre ce cognac.
� son troisi�me anniversaire.
� son troisi�me anniversaire...
Bonne nuit.
Bonne nuit.
- Ma cape et mon chapeau. - Oui, ma�tre.
- C'est tout pour ce soir, merci. - Merci.
Bonne nuit...
Entrez.
Je peux vous aider, maitresse ?
Zerline.
O� va-t-il tous les soirs, que fait-il en ville ?
- Je ne sais pas, Ma�tresse. - Si, tu le sais !
Vous tous, vous savez tout de moi et du ma�tre.
- Vous feriez mieux de ne pas savoir. - Dis-moi, Zerline.
Non... Caleen me frappera si je vous le dis.
Je te ferai battre si tu ne dis rien.
Dis-moi, Zerline !
Je savais que tu mentais, il n'irait pas dans un endroit pareil.
- On rentre � la maison, ma�tresse ? - On rentre. Oui.
Bonsoir, M. Fox.
- Comment s'appelle-t-elle ? - D�sir�e.
O� habite-t-elle ?
- O� habite-t-elle, Zerline ! - En bas des remparts, n� 15.
Ma�tresse, n'y allez pas, non...
Non. Ma�tresse n'y va pas.
Que fait Ma�tresse maintenant ?
Ne quittez pas le ma�tre, non.
Je ne peux rien faire.
Recule. Genou � l'ext�rieur. Recule.
D�gage en avan�ant.
Recule. D�gage
C'est fait ! Quatri�mement.
Permettez...
Pr�t, fils ?
Bravo !
�a t'apprendra � ne pas �tre pris au d�pourvu.
Maman...
- Qu'y a-t-il, Etienne ? - J'ai fait un cauchemar.
Mon b�b� a fait un cauchemar ?
Rendors-toi. Maman reste pr�s de toi.
- Tu laisses la lumi�re ? - Oui.
- Ferme les yeux. Bonne nuit. - Que se passe-t-il ?
Que se passe-t-il ? C'est l'heure de se lever ?
Non. C'est l'heure de dormir, Little Inch. Rallonge-toi.
18.
19. J'ai encore gagn�.
D'accord. R�cup�re ton argent. Tiens.
Les voil� !
Tu le retiens trop. Laisse-le faire. Essayons encore.
Arr�te d'amener de l'eau chaude.
Il sera tremp� jusqu'aux os, il aura besoin d'un bain chaud.
Little Inch, va dire � Tante de pr�parer un punch chaud.
- On a presque �vit� la pluie. - Presque.
Maman !
J'ai saut� par-dessus la haie d'Hibiscus !
D'abord, Diablo a refus�...
on a recommenc�, on aurait dit un oiseau.
- Comme s'il avait des ailes. - Tu me raconteras demain, ch�ri.
Monte prendre un bain chaud puis va te coucher.
Au lit, � cette heure-l� ? Ridicule.
- Le gar�on d�ne avec nous. - Non, pas ce soir.
Il est fi�vreux et �puis�.
Monte vite, Tante t'a pr�par� un bain chaud.
Je te rejoins, mon gar�on. Qu'il ait bien go�t de rhum.
Stephen. Je veux te parler.
C'est ta pr�rogative de femme.
Monte, j'arrive tout de suite.
Tu m'accompagnes ?
Vous avez fil� avant l'aube. O� �tes-vous all�s ?
- En ville. - Dans le brouillard, et sous la pluie, dans quel but ?
Pour lui. Qu'il voie de ses yeux le coton pourrir sur les quais,
les sp�culations stupides sur le tabac et la canne � sucre.
Il doit comprendre la catastrophe vers laquelle le pays se dirige.
Et toi, tu dois comprendre qu'il n'est qu'un enfant.
Ta pr�occupation maternelle ne me touche pas.
- Je continuerai � �lever mon fils � ma fa�on. - Il est aussi mon fils.
Tu me le rappelles souvent.
Qu'essayes-tu en faire ?
Le pr�parer � vivre dans ce monde mouvement�.
Ne comprends-tu pas la situation ?
Les banquiers du Nord sp�culant sur le coton,
banques, commerce, particuliers �mettant leur propre monnaie.
Tout �a provoquera la panique.
Les probl�mes du Nord ne concernent pas Etienne.
C'est un cr�ole, pas un kaintock.
Etienne est am�ricain.
- Cela ne peut pas continuer. - �a, je te l'accorde.
C'est mauvais pour lui de nous voir nous disputer comme deux chiffonniers.
J'ai un march� � te proposer.
Quand il arrivera � l'�ge adulte, tu prendras soin de lui
mais tant qu'il n'est qu'un enfant, laisse-m'en occuper.
Pour qu'il soit un dandy, un faible, tu me prends pour un idiot ?
J'�tais folle de croire qu'on trouverait un accord pacifique.
Mais avec ou sans paix, j'emm�ne Etienne � Paris par le prochain bateau !
Tu ne l'emm�nes nulle part.
L�che mon bras !
Tu voulais parler.
Parlons jusqu'� ce que ce soit r�gl� une bonne fois entre nous.
Pour moi, c'est d�j� r�gl�. Je ne te le donnerai jamais, jamais.
Je me battrai pour lui, � d�faut d'avoir pu le faire pour moi.
Tu te sous-estimes. Tu me pi�tines depuis notre nuit de noces.
Je n'ai bless� que ta vanit� qui s'est gu�rie tr�s vite.
Ce n'�tait pas l'amour que tu voulais, Stephen Fox,
mais la flagornerie, la flatterie,
Et ne l'ayant pas ici, tu es all� la chercher o� tu pouvais.
Tu l'as achet�e sur les remparts.
Alors tu sais pour la maison et les remparts ?
Oui. Et je connais l'humiliation qui l'accompagne.
Un nouveau r�le pour toi, celui de la pauvre �pouse trahie.
Tu as toujours ri de la d�cence.
- Tu es pauvre, trahie et puis jalouse. - Jalouse ?
De cette cr�ature des remparts ?
Elle vaut deux fois plus que toi en tant que femme et m�me �pouse.
Qui pourrait le savoir mieux que toi ?
Toi qui es n� d'une relation illicite, sans p�re et sans nom.
N'est-ce pas ce qui te d�range tant, Stephen Fox ?
Tu voulais une terre pour b�tir une maison
et une femme pour te donner un enfant.
Un fils qui devait �tre le signe parfait de ta l�gitimit�.
Mais quelque chose s'est mal pass�, non ?
Ton fils n'�tait pas parfait. N'est-ce pas ?
Cela ne t'a pas arr�t�. Tu t'en fichais de savoir qu'il n'�tait qu'un enfant.
Faible et paralys�.
J'ai interdit ce mot dans cette maison !
Comment peux-tu interdire m�me la v�rit� ?
Je n'ai jamais frapp� une femme, mais... si tu r�p�tes ce mot...
Non !
Etienne !
Etienne, mon enfant, que s'est-il pass� ?
Emm�ne-le � l'�tage, vite !
- Attention... - George, va chercher le Dr Terrebornne.
Vite, George !
Comment va-t-il, Caleen ?
Comment est-il ?
- Maman... - Oui, mon ch�ri.
- Maman... - Oui ch�ri.
La lumi�re... La petite lumi�re...
Elle est l�, sur la table.
Je la laisserai toujours, c'est promis.
Juste � cot� de ton lit.
- Papa... - Oui mon fils.
�teins-la, papa.
Je... n'ai plus peur.
Maintenant... je n'ai plus peur...
du noir.
Docteur...
Stephen...
Arr�tez !
Arr�tez !
Partez tout d'ici ! D�gagez !
Le Harrow qu'on a construit est mort !
C'est fini ! Termin� !
Fichez le camp ! Il est mort ! Il est mort !
Annonce de la faillite de Joseph & Co. Bank of New York.
18 entreprises ont fait faillite au cours des derni�res 24 heures.
Le total � ce jour est de 190.
Stephen avait d�j� pr�vu cette crise il y a des mois.
Et ses affaires ?
�a d�pend de ce qui se passe.
J'ai encore voulu le voir ce matin...
Peut-�tre qu'avec vous...
Ce n'est pas n�cessaire...
Une table, Maspero, nous allons manger, la dame et moi.
C'est impossible. Je n'ai pas de table libre, vous voyez.
Le salon priv� alors...
Mangeons ici, Maspero. Dans la grande salle.
Messieurs...
Je compte sur votre chevalerie.
Envers une Dame.
Voici ma ch�re, des chevaliers cr�oles.
Un monsieur cr�ole qu'on ne comprend pas est celui qui chouchoute ses femmes.
On dit qu'il est r�compens� au-del� de ses espoirs.
- Il faut qu'il cesse. - Vous ne pouvez rien faire, Andr�.
Messieurs, messieurs...
Briggs and Company interrompt son activit�.
Je vous ai amen�e ici pour assister � cette com�die humaine.
Nul n'est plus calme que le gentleman cr�ole...
quand il est calme.
Regardez-les maintenant... en plein d�sarroi...
impuissant, douloureux.
Obs�d�s par une seule chose, sauver leur vie en d�composition.
Messieurs...
Je viens d'apprendre que la banque am�ricaine de Philadelphie
a ferm� ses portes !
� la Nouvelle-Orl�ans, les banques suivantes ont suspendu leurs paiements :
Louisiana City, Carleton,
M�caniciens et commer�ants, Banque d'Orl�ans,
�tat, Union, Commercial.
Eh bien... je suis en faillite.
Voyez comment ils suivent la meute.
Si l'un vend, tout le monde vend.
Ce n'est pas le moment de vendre, imb�ciles,
mais celui d'acheter, acheter !
Ce n'est pas le moment de vendre !
C'est le moment d'acheter ! J'ach�te ! J'ach�te !
Asseyez-vous, p�re...
Tu te sens mieux, Lili ?
Les choses ont mal tourn� pour toi, p�re.
Pas plus que pour toi, ma fille.
Stephen ?
Et Steven ?
Pendant deux jours, il a achet�, alors que tout le monde vendait,
essayant de mettre fin � la panique.
Peut-�tre qu'il a r�ussi � sauver des amis,
mais en faisant �a, il a perdu toute sa fortune.
- Il ne reste rien ? - Seulement Harrow.
Et �a aussi devra partir.
Que dois-je faire, mon p�re ?
Je pense que tu devrais rentrer. Avec moi.
Etienne...
Oh... mon Dieu... laissez-moi Etienne,
Toujours peur du noir...
Oh, Little Inch...
Il me manque tellement...
Oh Little Inch, il me manque aussi.
Son rire...
le bruit de ses pas courant dans le couloir,
quand il me suivait...
A partir de maintenant, Little Inch, tu seras � mon service.
Je veux que tu m'apportes mon repose-pieds et...
le coussin pour mettre derri�re mon dos...
Je veux que tu m'accompagnes partout.
Comme le faisait Etienne.
Tu veux bien, Little Inch ?
Et m'aider...
� me sentir moins seule ?
Oui, maitresse.
Vous voulez un verre d'eau ?
C'est exactement ce que je voulais, Little Inch.
P�re... Aurore...
Oh Tom... comme je suis contente de te voir.
Est-il possible de sauver Harrow ?
Je ne sais pas. L'argent ne vaut plus rien.
- Seuls l'or et la terre ont maintenant de la valeur. - L'or ?
- Mes bijoux pourraient aider ? - Oui, mais c'est insuffisant.
- Bellefont ? - C'est vendu.
Il ne nous reste qu'un chose � faire. Vider Harrow.
Tom, am�ne des gens de la ville et prends tout...
les tapis, les tableaux, les tapisseries, l'argent, tout.
Je dois vous pr�venir, le march� est pauvre.
Vous n'en tirerez pas plus du quart de leur valeur.
C'est mieux que rien. Faites ce que vous pouvez.
D�p�chez-vous, Tom.
Excusez-moi.
Aurore, rentre chez toi.
P�re, reste avec elle jusqu'au retour d'Andr�.
- Je vais voir Stephen. - Mais tu ne peux pas...
- Tu ne peux pas aller l�-bas. - Nous t'accompagnons.
Non, p�re.
- J'irai seule. - Ma�tresse...
Votre verre d'eau...
Merci, Little Inch. Allons ensemble en ville.
Je suis Mme Fox.
Je peux entrer ?
Voulez-vous demander � M. Fox de me recevoir ?
Oui.
Il �tait malade.
Quelqu'un devait prendre soin de lui.
Si la dame veut bien attendre dans le salon...
Stephen...
Je suis venu te supplier d'agir avant qu'il ne soit trop tard.
- Trop tard pour quoi ? - Pour sauver Harrow, sinon nous le perdrons.
- Laisse-le ! - Non, je connais tes ressentiments envers moi,
- mais n'abandonne pas Harrow. - Pourquoi pas ?
C'est pour toi que je l'ai construit.
Et pour que nos enfants puissent y vivre sans tricher comme je l'ai fait.
Tu as �t� le symbole de ma r�ussite.
De tout ce que j'avais souhait�.
Et je n'en veux plus.
Harrow peut dispara�tre. Bon d�barras.
Et le gar�on qui se repose parmi les cypr�s � Harrow ?
Il sera toujours entre nous, Stephen.
Toi et moi avons �t� responsables de sa vie.
Et de sa mort.
Peu importe nos efforts, nous ne l'oublierons jamais.
Stephen, j'ai eu tort depuis le d�but.
J'ai pris tout ce que tu m'as offert.
Maintenant, je veux donner.
Je veux te donner un autre enfant, Stephen.
Et si je r�ussis...
Etienne n'aura pas v�cu et ne sera pas mort... pour rien.
- Qu'est-ce que c'est ? - Les tambours. Les tambours vaudous.
- Que se passe-t-il, Tom ? - J'ai vendu les affaires.
Ce que j'ai apport� vaut peu. J'ai d� commencer la r�colte de canne.
- Et ces idiots refusent de couper. - Achille, qu'est-ce que cela signifie ?
Les tambours. Ils disent, homme blanc fini, argent perdu,
il a perdu des terres, il va se suicider.
C'est absurde !
Tom, allez voir les financiers et mettez en gage la r�colte.
Je vais les faire travailler.
Caleen, appelle tous les esclaves.
- Ils n'ob�issent qu'au ma�tre. - Et � moi.
- Vous ne pouvez pas... - Allez-y, Tom.
Envoyez-les aux champs !
Plus de ma�tre, plus d'esclaves.
Les tambours disent que ma�tre est mort.
Non, il est vivant, je viens de le voir.
S'il �tait vivant, il serait ici. Ma�tre est mort.
Caleen, arr�te avec �a.
Appelle-les, la canne doit �tre coup�e avant l'orage.
Il n'y aura pas de r�colte, pas de nourriture, seulement la faim.
D'abord la temp�te, apr�s la glace.
Rassemble-les, Achille, je sais qu'ils sont l�. Fais-les sortir !
D�sol�, ma�tresse. Ils ne travaillent que pour le ma�tre.
Ils travailleront pour moi.
Sors-les, j'ai dit ! Sors-les !
C'est moi qui vais les faire sortir !
Sortez !
Je sais que vous vous cachez l�. Sortez ! Allez !
Commencez � couper la canne ! Allez !
Allons travailler !
Sortez, je sais que vous �tes l� ! Sortez !
Vous devez couper la canne. Et vous le ferez ! Au travail !
Sors ! Sortez tous ! Arr�tez ces b�tises !
Vous, sortez de l� et mettez-vous au travail.
Coupez la canne.
Vous tous qui �tes l�, au travail ! Allez !
Achille, prends-les tous. Va voir la ma�tresse.
Tom, emm�ne �a en ville.
Obtiens ce que tu peux.
- Vends-le si besoin. - D'accord, Steve.
Achille.
Achille, o� est le ma�tre ?
La derni�re fois que je l'ai vu, il allait vers les cypr�s.
La tombe est si petite...
Au moins, la terre o� il repose sera toujours la sienne.
Oh Stephen...
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