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Original subtitles

CHAPITRE UN

LE GÉNÉRAL

Vous venez chercher du boulot ?

Pas vraiment, non.

Si vous n'êtes pas là pour du boulot, mon garçon,

vous prendrez un verre ?

Avant que vous me disiez ce que vous venez faire par ici,

est-ce que je peux vous demander si vous êtes un vétéran, Monsieur ?

J'en suis un.

Dans ce cas...

maudits soient ces Yankees.

Eux et leurs foutus idéaux.

Me chasser de ma maison,

me chasser de mon état,

pour lequel j'ai saigné,

pour lequel j'ai sacrifié mes fils.

Est-ce que vous savez qui je suis, mon garçon ?

Je le sais,

Général.

Comment vous vous appelez ?

Breecher.

Eh bien, M. Breecher, je commence à me lasser de cet exercice

et j'aimerais que vous me disiez ce que vous venez faire ici.

Les Pinkerton.

Ils nous ont espionnés durant toute la guerre.

J'ai dû trancher la gorge de plus d'un innocent, Monsieur,

car je les ai cru susceptibles de bosser pour les Pinkerton.

Vous bossez pour les Pinkerton, Détective ?

Général Corbin Dandridge,

vous êtes recherché pour actes de guerre criminels

et la pendaison est votre peine.

MANDAT D'ARRÊT

Je suis là pour veiller à ce que la sentence soit exécutée.

Comment vous comptez vous y prendre exactement ?

Je trouverai un chêne assez solide pour un homme de votre stature.

Comment vous m'avez trouvé ?

Un serpent est facile à trouver quand on déplace assez de pierres.

C'est pas aujourd'hui que je vais me balancer à un chêne.

Que vous pensiez pouvoir venir ici et m'exécuter

prouve votre extrême stupidité.

Vous refusez de vous rendre calmement, Général ?

Rien de ce qui se passera maintenant ne se passera calmement.

Mais je vais vous laisser boire un dernier verre.

Un dernier verre avant de rejoindre

les vers six pieds sous terre.

Croyez-moi,

on ne vous accordera pas le privilège d'une belle boîte en bois.

Avale ce whisky !

Qu'y a-t-il, Henry ?

C'est un télégramme de votre homme, Monsieur.

"Pour le Sénateur Benjamin Burke.

De la part de Mathias William Breecher.

Le Général confédéré Corbin Dandridge a refusé de se rendre pacifiquement.

Des mesures défensives ont été prises,

le Général a connu une fin violente.

Deux autres mandats d'arrêt ont été déposés.

Je vous tiendrai informé par télégramme

dès que l'occasion se présentera."

Ceux qui croient à la cause des Confédérés,

ne se rendent pas.

Ils n'accepteront pas de se faire pendre.

Ces gens pensaient que la justice ne les retrouverait jamais.

Je peux imaginer leur surprise

quand un homme débarque chez eux pour les tuer.

La plupart des hommes ne le prendraient pas très bien.

Nous l'avons bien pris, peut-être,

d'être esclaves et de porter des chaînes ?

Puisque j'occupe une position de pouvoir,

je ferai de ces hommes un exemple.

J'ai mis du temps à trouver

quelqu'un capable d'accomplir cette tâche,

quelqu'un qui ne redoute pas l'effort,

en qui je peux avoir une confiance aveugle.

Cette tâche,

et l'homme que vous avez choisi, Mathias Breecher,

sont indispensables pour avancer vers un meilleur avenir.

TERRE À VENDRE !

IL EST TEMPS DE CONSTRUIRE UNE MAISON À VOUS

- Harlan. - Breecher.

C'est une visite de courtoisie ou je dois être prêt à riposter ?

Tu as tué le général.

Qu'est-ce qui te fait penser ça ?

Il m'a fallu pratiquement un an pour retrouver ce vieux Dandridge.

Jour et nuit,

j'interrogeais les gens du Mississippi jusqu'au Colorado.

J'ai croisé un trappeur près de Deadwood,

il avait entendu parler d'un homme

ayant combattu du côté des perdants, qui gagnait sa vie dans le Sud.

Je suis arrivé dans ce camp.

Les loups dépouillaient les os,

il n'y avait plus rien à récupérer.

Pas même un scalp.

Désolé de t'avoir privé de ça, Harlan.

Il y a peu de primes par ici en ce moment.

Ce qui m'amène à penser

qu'on a des chances de se recroiser très bientôt.

On ne peut pas dire

qu'on ait la plus calme des activités, mon ami.

Non, c'est certain.

Alors, comment peut-on éviter de se croiser ?

Tu pourrais prendre ta retraite.

Figure-toi que j'y travaille.

Cela dit, tu ferais bien de suivre ton propre conseil.

Qu'est-ce qu'un homme comme moi ferait, Mathias ?

Mes terres ont presque disparu.

La route...

Ce cheval...

Ce boulot...

C'est tout ce que j'ai.

Non.

Me ranger à mon âge, je n'y arriverai pas.

Je t'ai toujours beaucoup respecté, Mathias.

Tu es honnête,

juste, correct,

et intègre pour un homme blanc...

C'est une qualité très rare.

Dans un futur proche, Mathias, toi et moi,

on devra sortir nos armes et tirer l'un sur l'autre.

C'est inévitable.

Si ce jour arrive, Harlan,

quel que soit le vainqueur,

pourvu que la mort soit brève et miséricordieuse.

- Adieu, Mathias. - Adieu, Harlan.

Jamais entendu parler d'eux.

Madame ?

CHAPITRE DEUX

LES COOKE

C'est une offre généreuse.

Il n'y en aura peut-être pas d'autres.

On n'en a pas besoin.

Ma réponse sera toujours "Non".

Ce n'est pas malin de refuser la générosité de M. Quaid.

Hors de chez moi !

Madame.

Je peux vous aider ?

Il se peut bien, oui.

On verra selon ce que vous voulez.

Je dois dire que je suis méfiante et pas très serviable aujourd'hui.

Je cherche Reginald Cooke.

Dites-moi ce que vous lui voulez.

J'espère qu'il ne s'agit pas d'acheter notre terre !

C'est un vieil ami.

- Vous venez lui dire adieu ? - Adieu ?

Vous ne savez pas.

Quoi, Madame ?

Je m'appelle Sarah.

Très bien, Sarah.

Si vous êtes un ami de mon père, excusez mes manières.

Votre cheval aimerait sûrement de l'ombre et de l'eau.

J'ai encore du café chaud à l'intérieur.

Venez donc par ici.

Merci.

Ça ferait très plaisir à mon père de voir un visage familier.

Votre père ?

C'est le seul que j'ai.

Votre cheval sera très bien là.

On a pas vu de serpents depuis un moment,

et on a un chat tigré qui tient les rats à l'écart.

Voilà.

Venez.

Asseyez-vous.

Merci.

Comment connaissez-vous mon père ?

On a fait la même guerre.

- Et vous en êtes fier ? - Non.

Peu d'hommes en diraient autant. La plupart en sont très fiers.

Il y a peu de choses dont je suis fier.

C'est pas courant de nos jours.

J'ai oublié de vous demander votre nom, désolée.

Breecher. Mathias William Breecher.

Un nom fort.

Dites-moi, votre père, qu'est-ce qui ne va pas ?

Il a une forte toux.

Ce qu'ils appellent une pneumonie.

Il a du mal à respirer, et même à parler parfois.

À un moment, je faisais venir le docteur tous les deux jours,

mais il n'y avait pas de résultats.

Je l'aide, mais il n'en a plus pour longtemps.

Je suis désolé.

Merci.

Ça va être triste pour vous de le voir comme ça.

C'était un homme solide.

Mais je ne vous apprends rien.

Vous aimeriez le voir maintenant ?

Oui, ce serait bien.

Père,

tu as de la visite.

Bien, je vous laisse à vos retrouvailles.

Sonne la cloche si tu as besoin de moi.

Tiens, bois.

En ce moment, je ne suis pas le feu le plus ardent

dans la nuit la plus sombre et glaciale.

Excusez-moi de ne pas reconnaître le visage d'un ami.

Vous n'avez pas à vous excuser.

- Vous avez servi sous mes ordres ? - Non.

- Travaillé pour moi ? - Non, Monsieur.

Alors comment nos chemins se sont-ils croisés ?

Nos chemins viennent de se croiser à l'instant.

Bonté divine !

Ça fait très longtemps que j'attends quelqu'un comme vous.

J'ai toujours su...

que mes pêchés me rattraperaient.

J'ai fait un tas de choses horribles durant la guerre.

J'ai toujours su...

qu'à un moment...

je devrais payer pour ce que j'ai fait.

J'imagine que vous avez combattu vous aussi.

En effet.

C'est dans votre regard.

Vous l'avez, moi aussi.

Tous ceux qui ont fait la guerre l'ont,

car on reste imprégné de cette odeur de mort.

Quand on prend une vie,

on ne peut jamais l'oublier.

Je sais que vous l'avez.

Le mandat. Sortez-le.

Lisez-le, que ce soit officiel.

Vous savez les faits, Capitaine.

Vous n'allez pas m'appeler Capitaine. C'est une plaisanterie ?

C'était il y a très longtemps.

Je vous l'ai dit, Monsieur Cooke,

vous et vous seul connaissez vos crimes.

Vous en discuterez avec le Seigneur le moment venu.

Et ma fille ? Qu'est-ce qu'elle va devenir ?

Je n'ai pas la réponse.

Pourquoi vous n'avez pas le courage ?

Tuez-moi dans mon lit.

Tirez.

Vous préférez me traîner dehors et me pendre à ce foutu saule ?

Non. Sûrement pas le saule.

C'est là que mon épouse est enterrée

et ça me rend fou d'imaginer que ma fille

ira désormais se recueillir sur la tombe de sa mère

en ayant en tête l'image de son père pendu au-dessus d'elle.

Je ne vais pas vous pendre.

Je ne vais pas vous abattre.

Je vais laisser Dieu vous rappeler à lui.

Mais je vais rester là, car c'est mon boulot de vous voir

rendre votre dernier soupir.

C'est le fardeau que je dois porter.

C'est un lourd fardeau, hein, fiston ?

J'espère que c'est convenable pour vous.

Plus que convenable, Madame.

Sarah.

Sarah.

Si vous voulez ranger vos affaires, nous avons un coffre ici.

N'hésitez pas.

Merci.

Pourquoi en avoir deux ?

Je tiens à avoir deux armes chargées en cas de besoin.

Une activité qui nécessite qu'un homme porte plus d'une arme

doit être d'une très haute importance.

Ou du genre illégal.

Mais ce que vous faites ne me regarde pas.

Ça fait si longtemps qu'on a pas eu de cheval ici.

Pour quelle raison ?

Sûrement car on n'arrive pas à les garder en vie.

On arrive à peine à rester en vie nous-mêmes.

Il y a des hommes par ici

qui aimeraient nous prendre notre terre.

Un homme en particulier, un certain Quaid.

Ce sont ses hommes que vous avez vus ce matin.

Mon père est en train de mourir,

et il se dit que c'est l'occasion idéale.

Ils feront tout pour essayer de nous chasser.

C'est un pays coriace.

Pour l'affronter, il faut l'être plus encore.

Vous avez toujours tenu bon, ça montre votre force de caractère.

C'est une qualité admirable, Sarah.

Bon, je vous laisse vous installer.

Vous savez, j'ai préparé de la soupe.

Peut-être aimeriez-vous dîner avec moi.

Ou, si vous êtes fatigué du voyage,

vous préférez sûrement vous reposer.

- Je vous apporte un bol. - J'aimerai beaucoup dîner avec vous.

Très bien, dans ce cas, je vous dis à tout à l'heure.

J'espère que vous aimerez.

Je ne suis pas vraiment un cordon-bleu.

Ce sera meilleur que des biscuits rassis.

J'imagine, oui.

Alors, dites-moi, M. Breecher, vous avez vraiment fait ce chemin

juste pour voir mon père ?

Je vous en prie, appelez-moi Mathias.

En effet.

Pour des raisons que vous préférez garder pour vous ?

Non, mais ce n'est plus très important maintenant.

Mon père voit sûrement en vous quelqu'un de très bon,

pour vous avoir demandé de rester.

Je ne l'ai jamais vu inviter quelqu'un à passer la nuit ici.

J'imagine qu'on est d'accord sur bien des choses.

J'espère, oui.

Vous étiez longtemps sur la route ?

Un an,

six mois...

trois jours.

Ça fait un bail.

Ça donne très envie de vous demander ce que vous faites dans la vie.

Je suis détective.

Vous êtes venu pour mon père.

Après la guerre, il est vraiment devenu un autre homme.

Il était comme hanté.

Il m'a raconté peu de choses sur ce qui s'est passé,

mais je sais qu'il regrette ce qu'il a fait.

Il avait peur...

des répercussions de ses actions.

C'est pour ça qu'il nous a emmenées vivre ici, au milieu de nulle part.

Il craignait qu'on subisse le châtiment qu'on lui réservait.

Pour ma mère, cette vie était beaucoup trop dure.

Elle détestait.

Elle est décédée peu de temps après notre arrivée.

Pendant de longues années, je l'ai tenu responsable de sa mort.

Mais, il y a du bon en lui. Je le sais.

Il essaye de se racheter.

Il nous a construit une belle vie à tous les deux, ici.

Il a changé.

Excusez-moi.

Ne partez pas.

Quels que soient ses pêchés,

quels que soient ses démons,

ils mourront avec lui.

Tout comme le passé.

Et vous, que ferez-vous, Sarah ?

Pour tout vous dire, j'y ai beaucoup réfléchi dernièrement.

Cette terre est vraiment un sacré défi,

mais j'aimerais en faire quelque chose de bien.

Une belle ferme dans ce cas.

Oui. C'est une bonne terre.

C'est un bon sol pour les cultures et les bêtes

et j'aimerais beaucoup avoir

ma propre tête de bétail.

C'est une activité rentable.

J'ai dirigé du bétail dans les plaines. C'est très dur.

Je m'en sortirai très bien.

Pourquoi vous souriez ?

C'est rare de rencontrer une femme si persévérante et courageuse.

Ça fait plaisir à voir.

Merci beaucoup.

Qu'en est-il de vous, Mathias Breecher ?

Qu'est-ce que l'avenir vous réserve ?

Une terre ?

Qu'est-ce que vous en ferez, quand elle sera à vous ?

Une scierie.

Une ferme.

Du bétail.

Ce qui me permette de poser ma tête sur un oreiller

plutôt que sur une pierre ou une bûche.

Un endroit à moi.

Je vois.

Merci pour le souper et la conversation.

C'était aussi inattendu que plaisant.

Quoi ?

Ma compagnie ou la soupe ?

Je vous avais prévenu.

On se voit demain matin.

Avec plaisir.

Sarah.

Bonjour, Mathias.

- Elle travaille très dur. - Je vois ça.

C'est pas tout à fait la vie...

dont je rêvais pour elle.

Elle a l'air de s'en sortir très bien.

Vous l'avez bien élevée, Monsieur.

Peut-être.

Mes jours sont comptés.

Ça doit vous faire plaisir de me voir comme ça.

Je n'éprouve aucun plaisir à vous voir mourir.

Vous voulez bien me rendre un service ?

Apportez donc cette chaise par ici.

Que je vous regarde en face.

Je suis en train de mourir

et ma fille...

doit subir ça.

J'ai besoin...

que vous m'aidiez à rejoindre l'au-delà.

Si je vous rends service, ce sera avec une corde.

Non. Il faut que ce soit discret.

Je ne fais pas les choses en douce.

Pourquoi pas du poison ?

Ce serait un meurtre.

Un meurtre ?

Pour l'amour du ciel !

Les meurtres sont votre fonds de commerce.

Expliquez-moi la différence entre me pendre dehors à un arbre

ou me laisser boire quelque chose...

qui mettra fin à ma vie ?

Si je vous pends, j'applique la sentence de la cour.

Vous empoisonner est un meurtre.

- Comment justifier cette façon... - Justifier !

Mais comment osez-vous dire ça ?

Ce que vous faites est justifié ?

Vous êtes un salopard,

car vous...

empêchez un homme

de mourir comme il le souhaite.

Faudra vivre avec.

Cette mort est tout ce que vous aurez

et je vous fais une faveur.

Profitez-en.

Salopard.

- Tout va bien ? - Tout va très bien.

Il y a une ville pas loin ?

Oui, à quelques kilomètres.

Ce Quaid, il habite dans cette direction ?

Oui.

Après la route principale, à 800 mètres à l'ouest.

Je ne pense pas que vous tombiez sur lui.

RANCH DE QUAID ATTENTION, ON TIRE !

Patron ?

Vous pourriez vous faire fumer en entrant dans un ranch, l'étranger.

Qu'est-ce qui vous amène ?

Les Cooke et leur ferme.

De quoi il s'agit ?

Je vous demande de les laisser tranquilles.

Vous plaisantez ?

- Je suis prêt à payer. - Payer ?

Je n'ai pas besoin d'argent,

mais il me faut cette terre.

Elle est quoi pour vous, la fille ?

C'est juste une amie.

Juste une amie.

Je ne crois pas, non.

Elle s'est trouvé un professionnel de la gâchette.

Comme je vous l'ai dit, je ne cours pas après l'argent.

Mais j'aime bien un bon divertissement.

Vous êtes joueur ?

J'apprécie un bon jeu de cartes.

Je ne vous parle pas d'un foutu jeu de cartes.

Je vous propose un marché.

Vous battez mon homme de main

et la traînée peut garder sa terre.

Quelle est la contrepartie ?

Il n'y a pas de contrepartie.

Hector ?

Allez, viens.

C'est terminé.

Dégage vite.

Tout doux.

- Vous vous êtes battu ? - C'était un combat équitable.

Vous vous êtes bien défendu en tout cas.

Que s'est-il passé ?

Un simple arrangement.

Un arrangement ?

Cet homme, Quaid, ne vous importunera plus.

Mathias ?

Oui ?

Je vous prie, venez à l'intérieur.

Je suis vraiment très sale, Sarah.

Oui, c'est vrai.

Venez.

J'ai fait bouillir de l'eau tout à l'heure pour votre retour.

J'ai pensé que vous aimeriez vous laver.

Je vous ai aussi fait un peu de savon.

Vu votre état, c'est encore plus approprié.

Je n'ai pas grand-chose à vous offrir pour vous remercier

de votre aide.

J'espère que ça vous suffit.

Votre chemise est sale.

Je peux la laver pour vous.

Je vais vous aider.

Donnez.

Mettez-vous à l'aise, j'apporte une serviette.

Excusez-moi de vous déranger,

mais je pense que vos plaies ont besoin d'être soignées.

Vous permettez ?

C'est inhumain de s'infliger ça.

Ce sont les risques du métier.

Ni tout l'argent du monde, ni la fierté, ni l'honneur

ne justifient tout ça.

Je pense qu'il y a plein d'autres hommes,

avec des cicatrices ou non,

qui pourraient prendre le relais.

Je suis incapable de tenir en place, Sarah.

Je pense que vous pourriez apprendre.

Je pense que ça vous effraie.

Je pense que...

Je pense que la violence et vous

avez un rapport que vous seul comprenez.

Et je pense que vous avez peur...

Désolée.

...de ce qui arriverait si vous abandonniez.

J'ai peur de ce que je pourrais devenir si j'arrêtais tout.

Vous deviendriez un homme encore meilleur.

Allez-y.

Tiens. Bois ça, Père.

Je suis désolée.

Tu n'as pas à être désolée.

- C'est moi qui devrais être désolé. - Non.

Si.

C'est moi qui vous ai amenées, ta mère et toi ici.

Maintenant, je te laisse toute seule.

J'ai tout ce qu'il me faut

parce que tu m'as bien élevée.

J'ai fait des choses effroyables.

Des choses que je ne peux même pas...

Peux-tu comprendre ça ?

Je sais ce que tu as fait.

Mais c'était il y a tellement longtemps.

Cette époque est révolue depuis longtemps et pourtant tu vis

comme si cette guerre avait eu lieu il y a 15 jours.

Père,

est-ce que tu...

Tu regrettes ces actes ?

Je ne sais pas.

Je ne serai pas la dernière à te juger.

Mais moi, je te pardonne, Papa...

Tu es pardonné.

Toute ta famille t'a toujours aimé.

T'en fais pas, ça ira pour moi, ici.

Ça ira pour moi dans ce monde.

- Comme je t'aime. - Moi aussi, je t'aime fort.

Je t'aime très fort.

C'était quoi ça ?

Sale garce.

On avait pas un marché, Quaid ?

On l'a toujours !

Le voici !

Non !

Papa !

Papa !

Je ne sais pas pourquoi je pleure.

Je savais que ça arriverait un jour ou l'autre.

Vous l'imaginiez différemment.

Merci...

d'être un homme aussi droit et intègre.

Vous aviez une tâche à accomplir

mais vous avez laissé le Seigneur décider du moment de sa mort.

Et, quand le temps est venu,

il a choisi de ne pas rester allongé dans son lit

mais de se lever et de protéger sa maison et sa famille.

C'est sûrement la plus belle mort dont il pouvait rêver.

ÉTATS-UNIS D'AMÉRIQUE

MANDAT D'ARRÊT CONTRE HUXLEY WAINWRIGHT

CHAPITRE TROIS

LE SHÉRIF

L'ivrogne n'y verra rien.

En plus, on est pas assez payées pour ce qu'on fait.

Il faut pas que le Shérif l'apprenne.

Hé, l'étranger !

Qu'est-ce qui vous amène chez nous ?

Pour boire, c'est le meilleur endroit.

- Ce saloon fait aussi hôtel ? - Oui.

Et les filles sont pas mal du tout.

Madame ?

- Bonjour. Que puis-je pour vous ? - Il me faut une chambre.

Juste pour quelques nuits.

Quelque chose de simple, un oreiller pour poser ma tête.

Il me reste une chambre à l'étage au fond du couloir.

Ça me semble parfait.

Je pourrais avoir votre signature ?

- C'est quel genre de ville ici ? - C'était une ville minière.

- La mine s'est effondrée ? - Il y a longtemps.

Toute la ville s'effondrait avant que le patron ouvre l'établissement.

Je suppose que tout le monde a besoin de se divertir.

Ne vous fiez pas à l'allure de cet endroit,

c'est un commerce très rentable pour le patron.

- Vous n'appréciez pas ce boulot ? - Non, ce patron.

Qu'est-ce qui vous amène ici ?

C'est sur ma route.

Vous allez au Texas ?

On peut dire ça.

Beaucoup viennent de Californie.

Vous risquez de ne pas trouver cette ville très accueillante.

Mais c'est tout ce qu'on a.

La jument marron à l'extérieur,

c'est la mienne.

On en prendra bien soin.

Mais c'est un service offert par la maison.

Merci, Madame.

Chambre 8, au fond du couloir.

Un nouveau visage, c'est toujours rafraîchissant.

Pas intéressé.

Peut-être que moi non plus.

Peut-être que je cherche juste quelqu'un avec qui discuter.

Si on montait dans votre chambre pour oublier les soucis ?

C'est grossier de ne pas boire avec une dame.

Honey,

viens faire un tour, chérie.

Jasper, je te l'ai déjà dit.

Je ne ferai pas grincer le lit avec toi !

- Compris ? - Pourquoi ?

Pourquoi tu me méprises comme ça ?

Je travaille, ça se voit pas ?

- Qu'est-ce qu'il a de plus que moi ? - De la classe, pour commencer.

D'ailleurs, qui vous êtes ?

Il me semble pas vous avoir déjà vu.

C'est juste une courte halte dans un très long voyage, fiston.

Vous devriez faire attention à votre langage.

- C'est une menace ? - Peut-être bien.

C'en est une ou pas.

Jasper, je t'en prie. Fais pas ça.

- Retourne derrière ton bar, Alice ! - C'est un client...

Tout de suite !

À nous deux.

Tu vas pointer cette arme sur un homme que tu ne connais pas ?

Tu n'avais pas vraiment réfléchi.

Le whisky te ravage le cerveau comme une rivière en méandres.

Je vais te laisser partir.

Mais avant,

je te donne une information au cas où tu voudrais dégainer.

Tous les matins, je me réveille,

et j'affronte la journée,

toujours prêt à serrer la main de la faucheuse en personne.

Tu peux en dire autant ?

Vous êtes extrêmement rapide, c'est vrai.

Je crois quand même que j'ai l'avantage, ici.

Croyez-moi, Monsieur,

je n'ai pas l'intention de vous faire de mal.

Je connais bien mon associé,

vous étiez en forme pour lui faire sauter l'arme des mains.

Emmenez Jasper chez le docteur, qu'on s'occupe bien de lui.

Je vous présente mes excuses pour mon associé.

Vous semblez avoir plein d'associés.

Un homme n'est jamais assez prudent quand il a des ennemis.

Asseyez-vous, je vous en prie.

J'essaye toujours de rencontrer ceux qui s'arrêtent dans ma ville.

J'aime connaître leurs intentions.

Comme la plupart, il fait une halte.

Il se rend au Texas, m'a-t-il dit.

Merci beaucoup, Alice.

Bon, dans ce cas, je suppose que ça clôt le sujet.

Un étranger de plus qui ne fait que passer et qui cherche un lit.

J'aimerais rester pour écouter vos aventures et votre voyage,

mais il faudra attendre un moment plus propice.

J'ai des affaires en cours.

Honey.

T'es si mignonne.

Alice.

Jackson était-il là ce matin ?

Oui, il a passé la nuit avec Honey. Il est parti ce matin.

Comment on va régler ça ?

Qu'est-ce qu'on fait aux voleurs dans ma ville ?

Je vais lui rendre son argent. Regardez.

Tout est là, vous voyez ?

Dans ce cas,

ça clôt le sujet.

Neuf, dix, onze, douze.

C'est ce que ta vie vaut pour toi, douze dollars ?

Prostituée ou non,

c'est un prix vraiment dérisoire pour une femme, non ?

Oui.

Tout voleur subit les conséquences de ses actes.

Ce sont mes règles. Vous les connaissez tous.

Je vous demande de les suivre à la lettre.

Viens là, Alice.

Je t'ai engagée pour que tu gères ce bar.

Si tu n'arrives pas à tenir les filles,

je mettrai quelqu'un d'autre à ta place, compris ?

Bien.

Maintenant, occupe-toi d'Honey. Elle est en train de salir mon sol.

Café ?

Oui.

On devrait prendre un café demain matin.

À condition que vous soyez encore là.

On ne gâche pas un bon whisky, particulièrement dans cette ville.

Bonne nuit.

Désolée de vous déranger, M. Breecher.

Je peux vous parler ?

Je sais de quoi le shérif est capable.

Des hommes comme lui, j'en ai vu toute ma vie.

Des hommes avec une haine très ancrée.

Ils se réjouissent...

de la souffrance d'autrui,

de la détresse,

de la destruction...

C'est une histoire sans fin.

Je vous en supplie, quittez notre ville tout de suite.

Un homme comme vous est une menace.

Il aura envie de vous tuer.

Je ne supporterai pas de voir encore du sang couler sur ce sol.

Est-ce vous croyez en Dieu, M. Breecher ?

Je trouve que ça atténue la peur de l'au-delà.

Il y a une vieille mission derrière.

Ça me permet de m'échapper de tout ça.

Je vais là-bas pour être seule, pour réfléchir...

Je prie.

Je prie pour l'aide qui n'arrive jamais.

J'irai ce soir allumer un cierge pour Honey,

car c'est tout ce que je sais faire.

Pourquoi ne quittez-vous pas cette ville ?

C'est le seul endroit pour moi.

Pour certains d'entre nous, c'est un passé

que nous avons fui

et qui nous a tous conduits dans cette ville,

que nous devons supporter.

C'est notre purgatoire, à mon avis.

DÉTECTIVE

MANDAT D'ARRÊT

CANTINE DES CHANCEUX

Amène-le en bas.

Bonjour, Monsieur.

Je suis un lève-tôt.

Je l'ai toujours été.

Le sommeil me fuit quand mon esprit ressasse des choses du passé.

Je suis arrivé ici, il y a très longtemps.

C'était un endroit hostile.

Mais j'étais sûr que, comme d'autres, cette ville avait du potentiel.

J'y ai vu une opportunité.

Porter ce badge est un privilège, pas une opportunité.

Bien dit, Monsieur.

Avant de m'installer ici,

j'allais un peu partout où le travail m'appelait,

parce que je possède des compétences très spéciales.

Ces compétences spéciales me permettent de sentir,

de lire les hommes.

J'en ai connu un paquet au fil des années.

De toutes sortes.

Des hommes intègres,

des lâches,

des ivrognes et des voleurs.

Tous les hommes ont un regard différent et particulier.

Si vous savez les lire...

vous pouvez connaître leurs intentions.

Oui.

Je savais que vous n'étiez pas un chasseur de primes.

Trop déterminé.

Trop professionnel.

Il y a quelques mois,

un de mes amis, qui m'écrivait régulièrement

s'est fait tuer.

On l'a laissé pourrir dans son uniforme,

on l'a donné en pâture aux vautours et aux corbeaux.

Je me suis demandé qui avait pu faire ça.

Surtout à ce vieil ours mal léché que j'ai bien connu.

Le Général Corbin Dandridge.

Alors...

Ce n'était pas à la portée de tous de se pointer et de le tuer.

Tout le monde ne parlait que d'un seul homme.

Et vous voilà.

Un grand visionnaire,

plein de rêves.

Mais un homme malgré tout.

Et les hommes, on est d'accord, Jasper,

doivent souffrir pour leurs rêves.

Mais pas avant de s'être amusés un peu.

Ça m'appartient.

Merci infiniment.

Voyons ce qu'on a là. "Détective Mathias Breecher."

Vous êtes peut-être assez bon pour éliminer Dandridge,

mais je vous assure que l'issue de cette situation

risque de vous surprendre.

Avez-vous quelque chose à dire ?

Capitaine Huxley Wainwright...

vous...

êtes accusé...

d'actes criminels...

Le seau.

Ça suffit.

Et vous...

avez été condamné...

à la corde raide.

Allez-y.

Ça suffit.

Je suis ici...

pour m'assurer que cette sentence...

soit exécutée.

J'ai brûlé des villages entiers,

pendu des femmes et des enfants de toutes les couleurs.

Et tout ça, au nom de la Confédération.

Hélas, cette guerre est derrière nous.

Vous refusez de vous rendre calmement ?

Jasper, emmène cet enfant de salaud hors de ma ville et enterre-le.

Vivant.

Ça fait mal !

T'as pas fini de te plaindre, mauviette ?

Prends-toi une balle dans la main.

- Tu lui as fait les poches ? - Pour quoi faire ?

Imbécile !

Il travaille pour le gouvernement. Il gagne bien plus que nous.

Qu'est-ce que je disais ?

C'est ma tournée, ce soir !

Vous êtes en vie !

Mon Dieu. Qu'est-ce que je peux faire ?

De quoi vous avez besoin ?

De mes affaires. Dans ma chambre.

- Je vais chercher un docteur. - Non.

Il y a un service de télégramme en ville ?

Oui, il y en a un.

Un crayon et un papier pour écrire.

Dépêchez-vous.

Tenez.

Il faut que ça parte immédiatement.

C'est vraiment...

très important.

Attendez la réponse.

Et revenez tout de suite.

Allez-y, vite !

Un shérif !

Un homme de droit !

Je ne veux pas imaginer

quel serait son jugement dans une situation pareille ?

Quelqu'un a jugé bon

de mettre cet homme, cet Huxley Wainwright,

dans une position de pouvoir.

Qu'est-ce que je demande à un homme comme Mathias ?

C'est une situation tellement improbable.

C'est un badge contre un autre badge.

Je me retrouve moi aussi

en terrain inconnu.

Monsieur,

vous êtes allé trop loin pour ne pas aller au bout.

Il est allé trop loin.

Alors, dites-moi, Henry,

qu'est-ce que je dis à un homme...

à qui j'ai donné une aussi lourde responsabilité ?

Un homme qui a dû verser son propre sang ?

Qu'est-ce qu'on peut dire face à la tempête qui gronde ?

Dites-lui ça, Monsieur.

J'ai votre réponse.

Lisez-la, s'il vous plaît.

"À l'attention du détective Mathias William Breecher.

Information transmise.

Faites ce qui vous semble juste...

en usant de tous les moyens nécessaires."

Quatre associés prennent leur petit-déjeuner dehors.

Deacon et quelques autres sont dans la cantine.

Où est le shérif ?

Je dirais qu'il est à l'autre bout de la ville, dans son bureau.

Prenez ça.

Mieux vaut que vous restiez là, loin du chaos.

S'il devait m'arriver quelque chose, remettez ceci à Mlle Sarah Cooke.

J'indique comment la trouver à l'intérieur.

Merci.

DÉTECTIVE

Je vous en prie ! Ne me tuez pas !

- Ferme-la ! - Tuez-le, s'il vous plaît !

Posez votre arme, Monsieur.

Vous ne mourez pas facilement !

Vous connaissez l'adage, on n'est jamais mieux servi que par soi-même.

C'est pas parce que je suis lent que je suis arrivé là.

Moi non plus.

Bien.

Que diriez-vous d'offrir à ces braves gens

un bon duel à l'ancienne ?

Non !

Vous êtes gravement blessé.

- Allez chercher le docteur ! - Mon cheval !

Mon cheval.

D'accord. D'accord.

SHÉRIF

- Alice, s'il vous plaît, envoyez... - Je sais.

Je lui enverrai un rapport sur ce qui s'est passé.

Ce sera bien raconté.

La ville vous appartient.

CHAPITRE QUATRE

Ne pas aller directement voir un docteur

signifie que tu as en tête une chose plus importante que ta santé, l'ami.

Tu mérites un peu de paix,

Mathias.

Je suis souillé.

Je suis brisé.

Je ne suis pas fait pour la paix.

Tu n'as connu que la violence.

Maintenant, apprécie la paix.

Knife's Edge.

C'est à un jour, au sud.

T'y trouveras son corps.

Il est à toi.

Merci, partenaire.

Sarah.

Tu es en vie.

Tu es là.

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