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Original subtitles

Arrêtez-vous !

Arrêtez-vous.

Arrêtez-vous !

Commissaire, il faut faire quelque chose tout de suite.

J'envisageais un brunch.

- Un quoi ? - Un petit déjeuner à l'anglaise.

Un toast ou deux ?

Quelqu'un va mourir assassiné.

- Qui ? - Je ne sais pas.

- Comment ? - Je ne sais pas.

Pas de pourquoi non plus ?

Attendons quelque chose de plus tangible,

comme un cadavre ou...

Là.

"Murder-party ce soir.

"Un meurtre va être commis le 21 avril à 21 h

"au haras de Mme Leticia Salvan. Cet avis tient lieu de faire-part."

C'est écrit, alors c'est vrai.

Il va y avoir un meurtre, ce soir.

C'est une murder party, Marlène.

Murder comme "meurtre" et party comme "fête".

C'est en vogue, dans la bourgeoisie.

Alice. Elle doit savoir quelque chose.

On y va ?

Sans moi.

Vous n'allez pas me faire cavaler un dimanche pour un canular.

Si elle n'est pas chez elle, elle est ici à travailler.

La pauvre.

Non.

- Quoi ? - Chut.

Debout, Avril. Allez, allez, debout.

Pas de bruit. Pas de bruit.

Debout.

Qu'est-ce que vous faites là ?

Qu'est-ce que je fais là ?

Oh là là, ma tête.

On a fait la fête ?

- Non. - Pour moi ? Pour ma promotion ?

Plus de courrier du coeur. Je couvre les grandes affaires.

Je suis tellement contente pour toi.

C'est la meilleure nouvelle de la journée.

Je vais vous laisser avec la reine du crime.

On ne pouvait pas rêver mieux.

Qu'est-ce qu'on peut faire ?

Alice.

Lettie !

C'est épouvantable !

Tu as fait publier ça ?

Mais bien sûr que non.

Réfléchis, avant de parler.

Ah, mon Dieu ! Qui est-ce qui va mourir ce soir ?

Je savais qu'il fallait pas le faire, mais tu m'écoutes jamais.

Arrête ! Arrête.

C'est un jeu malsain, rien de plus.

J'ai peur. J'ai peur pour toi.

Écoute. On va faire exactement comme d'habitude.

C'est une journée normale. Tu peux faire ça pour moi ?

Oui. Je ferai tout ce que tu veux.

Je suis si contente d'être ici.

T'es tellement gentille de m'avoir accueillie.

N'importe qui ferait la même chose, pour une amie d'enfance.

Laisse-moi faire.

Oh, que t'es beau.

Oh, mon Flash.

Te voilà enfin.

Ah, Flash.

Tu es à moi.

Tu es à moi. Tu es beau.

Viens. Doucement.

Montre-toi. Oh que t'es beau, mon merveilleux.

Tu as peur, je le sens.

Moi aussi, parfois. Mais personne ne gâchera plus mon plaisir.

Vas-y !

Allez, Flash ! Allez !

C'est bien !

Allez, tout doux.

Qu'est-ce que tu fais ?

Tu joues au cow-boy ?

Notre tatie n'a pas l'air très contente. C'est toi ?

Non.

C'est de toi, cette plaisanterie morbide ?

Je te jure, j'ai rien fait.

Pour une fois qu'on aurait pu s'amuser.

Une murder party, c'est génial.

Ben quoi, c'est vrai. Tout le monde en fait, à Paris.

On éteint les lumières. Il y a un mort, un assassin.

C'est ridicule.

Flash est nerveux. Il sent les juments.

Formidable. Quelle vie excitante. Du crottin et des canassons.

Il faut guider les étalons pour la saillie, n'est-ce pas ?

Ils ont un truc énorme ?

Je vais me changer.

Vous êtes deux imbéciles.

C'est marrant.

On sait qu'il ne va rien se passer, et pourtant on attend.

- Je ne vous attendais pas. - Je sais.

Je lui ai dit, mais elle épluche toutes les petites annonces.

C'est une marotte.

Pardon. J'avoue, mais j'ai pas pu résister.

C'est tellement excitant. On n'a pas raté le meurtre au moins ?

Quelqu'un veut une cigarette ?

Vous voulez boire quelque chose ?

Ça commence.

Tante Lettie, vous êtes une cachottière.

Les mains en l'air. Vite !

Tout le monde retire ses bijoux.

Allez, sortez les bijoux !

Plus vite que ça. Les mains en l'air !

Je ne trouve pas ça drôle du tout.

Moi non plus.

Cet homme est mort.

Tu es blessée. Tu saignes.

Pour résumer : cet individu tente de vous dépouiller,

change d'avis et se met à tirer à l'aveuglette.

Tout s'est passé très vite et dans le noir, commissaire.

Je ne sais pas.

Ensuite il se suicide ?

Sa lampe est tombée au sol.

Il a pu s'empêtrer dans sa cape et se blesser par accident.

Maladresse impardonnable.

Il annonce ça dans le journal comme une mauvaise blague.

Il était cinglé, c'est la seule explication.

Je ne vous demande rien.

Vous le connaissez ?

Oui. Enfin, je crois.

Je suis presque sûre. On dirait le serveur de l'auberge du Sanglier.

- Tu le reconnais, Lettie ? - Ah oui, c'est possible.

Il est venu nous parler.

Il se souvenait m'avoir servie, à l'hôtel, en Suisse,

où j'ai séjourné avec ma soeur il y a deux ans.

Mais on se souvient rarement des serveurs.

Ça fait beaucoup, pour un pourboire.

Kurt Wengen. Nationalité suisse.

Il vous a manquée de peu, madame Salvan.

- Il vous visait ? - Il n'y a aucune raison.

Il a tiré au hasard.

Ma soeur est morte en Suisse. Un arrêt du coeur brutal.

J'étais bouleversée.

Quand ce Wengen m'a abordée ici, à l'auberge, je ne l'ai pas reconnu.

Il t'a demandé de l'argent.

Oui. Qu'il rembourserait, soi-disant. Mais je n'ai pas cédé.

Et il a voulu se venger.

- Il est venu pour te tuer. - Mais non, c'est ridicule.

C'était dans le journal, et on ne m'a pas crue.

Vous gardez des biens de valeur chez vous ? Des bijoux, de l'argent ?

Non, très peu. Le haras coûte plus d'argent qu'il n'en rapporte.

"Un haras" ? Avec des chevaux ?

Quelle angoisse. J'ai peur des chevaux.

On ne peut pas leur faire confiance. Dans Autant en emporte le vent,

la petite fille monte, tombe et meurt.

Et pourtant, c'était un tout petit cheval.

C'est tellement triste.

J'ai peur des vaches, aussi.

Mais on ne monte pas sur des vaches.

Revenons à nos moutons.

Vous n'avez rien contre eux, Marlène ?

- Ah non. - Merci.

Voilà un type qui imagine une mise en scène abracadabrantesque,

un Grand-Guignol, pour chaparder trois broches et quelques francs.

Il pouvait le faire sans risque dans la maison vide.

Cette histoire n'a aucune logique. Je n'y crois pas.

Quelle importance, maintenant ? Il ne nuira plus à personne.

- Au revoir. - Au revoir.

Au revoir.

Tenez.

Merci.

Elle n'est pas gâtée par la nature.

Pardon ?

La vie est mal faite, pour certaines.

Déjà qu'elle est laide, elle a en plus cette verrue sur la joue.

Un vrai repoussoir.

Les femmes n'existent que par leur physique ?

Sans beauté pas de salut.

On aurait dû la noyer à la naissance.

C'est pas ce que je voulais dire. Vous m'avez mal compris.

La beauté intérieure est primordiale, même si parfois, malgré tout,

l'apparence extérieure peut... influencer le jugement.

Finalement, chaque pot a son couvercle.

Pour votre gouverne, ce n'est pas une verrue sur sa joue,

c'est un mélanome.

Son espérance de vie est de 6 mois, peut-être moins.

Mais en effet, on peut rire de tout.

Je ne me suis pas présenté. Commissaire Laurence.

J'aurais dû m'en douter. Parlons boulot.

Ne le prenez surtout pas mal, docteur Maillol,

je ne mets pas en doute vos capacités,

mais ce n'est pas une position pratique pour une autopsie.

Elle est faite. Cette nuit.

Je dors peu.

J'aime l'obscurité et le silence, comme eux.

Belle et efficace.

Malgré tout... Je ne veux pas m'immiscer dans votre travail,

mais... c'est peu orthodoxe, pour un cadavre.

Rite inca.

"Rite inca" ?

On place le mort en position foetale pour fermer le cercle de vie.

Ça facilite le passage de l'autre côté.

J'en suis pas sûr. Il est rigide et plié en deux.

Comment est-ce qu'on va réussir à le fourrer dans un cercueil ?

Alice Avril, reporter. Bonjour.

Ta nouvelle carrière démarre. Un cambriolage qui a mal tourné.

Voilà l'adresse.

- On t'a dit que tu es ravissante ? -Oui, tout le temps.

Tu fais des jaloux. Ne me déçois pas.

Je suis déjà partie.

Le haras Salvan.

C'est l'annonce de Marlène. Merde.

Alice, je peux te parler ? C'est à propos de Kurt.

J'ai pas le temps, je suis en mission.

Il n'y a plus écrit "Marie-Chantal". Salut, Josie.

T'as rien à faire ?

Non, rien.

J'aime pas la manière dont tu me fixes.

Je cherche l'inspiration.

Et toi, tu m'inspires.

C'est hallucinant, ce qui s'est passé hier.

Oui.

Si j'écrivais une scène comme ça, qu'est-ce que tu dirais ?

C'est horrible. Mais c'est pas ça qui t'arrête.

Moi, je dirais que c'est franchement mauvais.

Un peu trop fabriqué.

Pas crédible.

Je me demande pourquoi.

Allez, Flash.

Vous m'aidez pas beaucoup. Vous avez rien vu ?

Non.

Antoinette.

On a les honneurs de la presse. Mademoiselle est journaliste.

Enchantée. Alice.

Mon frère adore les jolies filles.

Ma tante n'aimerait pas vous voir ici. On n'a rien à vous dire.

Je pensais faire quelques photos des lieux. Deux minutes.

Je suis pote avec le commissaire.

Et lui...

c'est un acharné.

Le genre qui lâche jamais son os, quoi.

Mais bon, après, s'il y a rien à trouver...

il y a rien.

Tout va bien, commissaire ?

- Mais oui. Pourquoi ? - Je ne sais pas.

C'est bizarre, vous souriez.

On dirait que vous ne lisez pas un rapport.

Que pourrais-je lire d'autre ?

La paperasse. Un mort, une autopsie. La routine.

J'ai oublié un détail essentiel, commissaire.

Nous allons travailler ensemble. Appelez-moi Swan. Asseyez-vous.

Kurt Wengen a la main gauche plus forte que la droite.

- Il était gaucher. - Oui.

S'il tenait l'arme main gauche, à moins de la tordre...

Il n'a pas pu se faire volontairement une blessure mortelle du côté gauche.

J'avais oublié le plaisir de travailler

avec une personne compétente, docteur.

Donc Wengen a été assassiné.

C'était la panique.

Quelqu'un m'a marché sur le pied. Ça m'a fait un mal de chien.

Quelqu'un qui se déplaçait vers la porte ?

- Oui, c'est possible, oui. - Bouboule, on ne voyait rien.

N'invente pas n'importe quoi pour un papier dans le journal.

Lettie est bête. Elle a aucune imagination.

Si on l'avait écoutée, on n'aurait pas vu l'homme mourir.

C'était incroyable.

Et... vous connaissez Mme Salvan depuis longtemps ?

Oui. Nous avons emménagé en même temps, il y a deux ans.

Ça a aucun rapport avec cette histoire.

On bavarde, c'est tout.

T'es pénible.

Les gens, ici, ils sont pleins de préjugés.

Mais Leticia a un coeur d'or. Elle juge personne.

Et vous êtes devenues amies.

Le canard est apprivoisé ?

Non. Je le calme.

J'ai très envie d'un magret au miel, ce soir.

- Mais elle va pas le... - Oh, si.

Ça sert à rien de gigoter, Donald. Tout a une fin.

Ma tante n'est pas là. Je lui dirai que vous êtes passé.

J'aimerais revoir les lieux.

Le grand salon, c'est l'autre porte.

Celle-là est condamnée. Elle donne sur le petit salon.

C'est la console qu'on a déplacée. On la met là, d'habitude.

Pourquoi l'avoir déplacée ?

Vous êtes un vrai flic. J'adore.

Pourquoi l'assassin a déplacé la console ? Indice numéro 1.

C'est passionnant, commissaire.

- Ça ne répond pas à ma question. - J'en sais rien.

Sans doute une idée de Philippine. Elle se mêle de tout.

Quand aurait-elle fait ça ?

Peut-être 2 ou 3 jours. Pourquoi ?

J'étais sûre qu'elle allait grincer comme les autres portes.

Elle a été graissée.

Pourquoi, puisqu'on l'utilise jamais ?

Ne cherche pas la petite bête. Un petit braqueur braque Wengen,

un étranger, et finit par se braquer lui-même. Malencontreusement.

Il meurt. Les honnêtes citoyens vivent.

La police clôt l'enquête.

Et tout le monde est content.

- Pas moi. - Vous, vous n'êtes jamais content.

Ah, si. Le commissaire est très content quand il lit un rapport.

Il suffit de peu de chose pour se sentir heureux.

Moi-même, le chant d'un oiseau,

une fleur...

le sourire d'une jeune femme.

Dites donc, commissaire divisionnaire.

Ou un rapport. Un rapport aussi, oui.

Nous avons un nouveau médecin légiste ?

Oui, le Dr Maillol. Chaudement recommandée par le préfet.

Désolé, je n'ai pas eu le choix.

Une femme. Et à moitié américaine.

- Il n'y a pas de problème. - Ah bon ?

Je suis très ouvert.

Dites-moi, elle est mariée ? Divorcée ? Veuve ?

Je ne sais pas.

Et son prénom ? "E. Maillol"...

C'est important ?

Non, absolument pas.

Bon. Je...

Ah, commissaire.

Vous n'avez pas pris mon compte rendu.

J'aimerais pouvoir le lire dans une langue moins aléatoire.

En français correct, par exemple.

Il faut vous concentrer davantage.

Est-ce que je suis... incompétente, commissaire ?

Si vous voulez, oui.

Marlène, il est encore là, Laurence ?

Oui, mais ce n'est pas le moment, il est de mauvaise humeur.

Une petite info pour moi ? Allez.

Tout reporter a une source dans la police.

Vous vous croyez reporter ?

La modestie va vous étouffer, Avril.

Pour ça, il faut du flair.

Et même la tête dans une poubelle, vous ne sentiriez rien du tout.

De mauvaise foi.

Votre journal publie l'annonce d'un meurtre, et vous restez là

à rêver du prix Pulitzer.

C'est injuste...

Merci, Marlène. Je n'ai pas besoin de votre avis.

L'homme qui attendait le docteur était fort séduisant

et très jeune.

- Il est vexé. C'est bien fait. - Mais pourquoi ?

Raconte.

Bureau du commissaire Laurence.

Il n'est pas là. Je vais prendre vos coordonnées.

Josette. Oui.

Bianconi.

C'est Josette ? Passe. Attends.

Oui, Josie ?

C'est Alice. C'est quoi, le souci ?

C'est Kurt.

C'était mon ami.

Il... Il ne voulait blesser personne. Je dois le dire à la police.

Il n'était pas méchant du tout.

Non, bien sûr. Par contre le commissaire, lui, il est méchant

et va t'accuser de complicité.

- Mais j'ai rien fait. - Je sais bien.

Mais tu connais les flics.

C'est Kurt qui t'a donné l'annonce à passer ?

Oui.

Il était content. Il a dit que c'était une blague

et qu'il m'offrirait une robe avec l'argent.

- Il t'a dit qui le payait ? - Oui. Justement,

c'est bizarre parce que... Je dois raccrocher.

Qu'est-ce que je dis au commissaire ?

Rien du tout.

Il le lira en première page... demain.

Josie ?

Josette ?

Josette ?

Vous le saviez. Vous le saviez et vous m'avez doublé.

Mais non.

Je voulais juste...

Je pensais pas...

Elle était morte quand je suis arrivée, je pouvais pas savoir.

C'est ça. Pleurez, vous pisserez moins.

J'arrête les rotatives. Alice, ponds-moi ton papier.

- Tu fais la une. - Mon papier ?

Félicitations. Une carrière à la hauteur de votre ambition.

Le corps est encore chaud.

Mais je ne pourrai pas.

- Je peux pas. - Non ?

Je peux vous aider. Une fois n'est pas coutume.

Mort brutale d'une jeune fille de 21 ans. Le crâne défoncé.

Son témoignage à la police aurait permis d'appréhender l'assassin.

Mais Josette n'a pas témoigné. Non. Josette est morte.

Soleil.

Tu danses ?

Tu te fous de tout. Tout le temps.

Toi, tu fais la gueule. Tout le temps.

Le flic est revenu.

Il y a un macchabée. Il fait son travail, c'est normal.

T'as dit qu'il y aurait pas de problème. Tu l'as dit.

Il n'y en aura pas.

Leticia !

- Je veux le monter. - C'est trop tôt.

Et vous le savez.

Pour vous.

Il écrit de mieux en mieux.

- Il vous manque ? - Oui, beaucoup.

- C'est dur, la pension. - C'est pour son bien.

- Il a de la chance, d'étudier. - Je sais.

C'est grâce à vous.

Vous êtes méritante, donc vous méritez qu'on vous aide.

Je viens de rédiger mon nouveau testament. En votre faveur.

Mais c'est beaucoup trop.

Je peux pas accepter. Je suis personne, pour vous.

Prenez ce qu'on vous donne.

Cet homme a une vraie classe.

- Commissaire. - Madame Salvan.

Mon cheval a besoin d'exercice, mais je peux reporter.

Certainement pas. Je vous accompagne. Vous permettez ?

Bien sûr.

Wengen jouait un rôle.

Payé par celui qui l'a fait entrer dans la maison.

Il ne savait pas que sa mort était préméditée.

Mais c'est absurde. Complètement absurde.

C'est vous qui êtes la cible, madame Salvan.

Si vous étiez morte, Wengen aurait été accusé.

Si je n'arrête pas l'assassin, il y aura une prochaine fois.

Aidez-moi à trouver un mobile. Haine ? Vengeance ? Argent ?

Je sais que vous pensez à quelque chose.

Je vous ai menti. En fait, je vous ai pas dit toute la vérité.

Ma passion pour les chevaux coûte beaucoup d'argent.

J'aime vivre simplement, mais je suis très riche.

Vraiment très riche.

Vous rangez là vos papiers ?

Ce n'est pas rangé.

C'est juste là.

Tout le monde peut les lire.

- Ah oui. - C'est beaucoup d'argent.

Je ne m'y attendais pas.

Sontag, c'est le financier millionnaire ?

J'ai été l'assistante de Denis très longtemps.

Et vous héritez de sa fortune. C'est beaucoup, pour une assistante.

J'étais sa maîtresse.

C'est le seul homme que j'ai jamais aimé.

Ma soeur est morte peu de temps après Denis.

J'ai perdu les 2 personnes qui comptaient pour moi,

alors tout cet argent...

- Il était marié ? - Non.

Dommage. Pas de femme qui vous en veuille à mort.

Si...?

Ça n'a sans doute rien à voir, mais il a vu une autre femme.

Vous étiez tolérante, dites-moi.

Il l'a connue avant moi. Les hommes sont assez lâches.

C'était une hystérique.

Elle avait fait des tentatives de suicide. Du chantage.

Un jour, à New York, il était fou furieux.

Il m'a dit qu'il avait rompu.

- Que savez-vous d'elle ? - Six ans de moins que moi.

Elle s'appelait Sonia.

Ça ne m'aide pas beaucoup.

Cette femme a sans doute oublié et refait sa vie.

Je ne suis pas sûr.

Les hommes sont peut-être lâches, mais les femmes sont rancunières.

Où étiez-vous, jeudi dernier ?

Tous les jours se ressemblent, ici. C'est important ?

Disons qu'un alibi vous éviterait des désagréments, mademoiselle.

Wengen était ici, jeudi. Il est venu en car.

- Le chauffeur l'a identifié. - J'ai travaillé à mon roman.

Quand j'écris, je vois rien et j'entends rien.

- Jeudi, j'ai rien fait. - Mais personne ne t'accuse.

Tu marches chaque matin. Tu as dû faire ça.

J'avais un contrôle en droit. J'ai pris le car pour Lille.

- J'aurais mieux fait de rester ici. - Tu te trompes.

- À 11 h, je t'ai vue à la maison. - Vraiment ?

On accuse les autres pour fuir les reproches.

- Antoinette. - La ferme.

J'en peux plus, de cette sainte-nitouche.

Demandez-lui ce qu'elle faisait dans les écuries avec Wengen.

Qu'est-ce que tu fais là ?

T'es pas contente de me voir ?

Tu ne me présentes pas à tes amis ?

Qu'est-ce que tu veux ?

Il était de dos, mais c'était lui.

Je n'ai vu personne. Elle veut me faire du mal.

Elle me déteste. Elle n'a aucune preuve.

Le type était peut-être là jeudi, mais c'était pour repérer les lieux.

Foutez-nous la paix. Qu'est-ce que vous cherchez ?

Le braquage a mal tourné. Personne ne va pleurer ce type.

Le commissaire pense que l'un de vous veut me tuer.

Vous maintenez vos témoignages ?

J'ai fait la grasse matinée, j'aurai zéro en droit.

- Je n'ai pas vu Wengen. - Tu lui as donné de l'argent.

Menteuse.

Tu comprends pas.

Josette est morte à cause de moi,

parce que je voulais la première page.

Parce que je voulais en mettre plein la vue à Laurence,

parce que je voulais être la meilleure, pour une fois.

Et comme d'habitude, j'ai tout foiré.

Je suis nulle.

On se sent tous nuls un jour ou l'autre.

Moi, je sais très bien ce que le commissaire pense :

que je suis la pire secrétaire au monde.

Ben...

Tu peux apprendre.

Ça s'apprend.

Je connais quelqu'un qui peut t'aider, si tu veux. Une instit.

Ah oui ?

Tu es gentille.

Elle était à plat ventre, et il y avait du sang partout.

J'arrête pas de la voir.

Tu pouvais pas y faire grand-chose.

Mais si, je pouvais.

Je pouvais lui dire d'aller voir Laurence tout de suite,

de lui dire tout ce qu'elle savait.

Je suis plus journaliste. C'est fini.

Mais merde, Marlène. Qu'est-ce que tu fais, là ?

T'es pas là pour le ménage.

Tu peux pas réfléchir dans ce chantier.

Et je suis là pour toi.

Écoute, j'ai pas envie de parler.

J'ai pas envie de penser.

J'aime mieux que tu t'en ailles.

C'est au sujet du testament de Denis Sontag.

Je me fiche complètement du secret professionnel,

j'enquête sur un meurtre. Dès son retour. Merci.

Où étiez-vous passée, Marlène ?

Je vous ai manqué ? Vous avez eu besoin de ma compétence ?

Non, pas plus que d'habitude.

- Quoi ? - Rien.

C'est Alice. Elle ne va pas bien du tout.

- La rapport du Dr Maillol est là ? - Et je me fais du souci.

Faites-vous-en en dehors du service.

Transférez mes appels en salle d'autopsie.

Bien, commissaire. Le travail avant tout.

Je n'ai pas fini.

Pas de travail nocturne, cette fois ?

Il y a des choses plus agréables à faire la nuit.

En effet.

De toute façon, c'est sans surprise : crâne défoncé,

mort instantanée. Il reste plus qu'à arrêter ce salaud.

- Il y a autre chose, commissaire ? - Non, non.

Je peux peut-être vous aider à "fermer le cercle de vie".

Vous m'intriguez. J'aimerais en savoir plus.

Ah oui ? Comme quoi ?

Eh bien, votre prénom, pour commencer.

Et quoi d'autre ?

Qu'est-ce qui peut pousser une jolie femme à choisir la médecine légale ?

Pourquoi pas juste une femme ?

Les patients ne se bousculent pas pour une femme médecin.

Et j'ai failli tuer le premier.

Au moins ici, je ne risque pas de les achever.

J'aime votre humour.

Et votre rire, aussi.

Vous êtes en train de me faire du plat.

Absolument pas, docteur.

Vous n'êtes pas mon genre.

J'ai un genre particulier ?

Non, très courant.

Celui d'homme séduisant, machiste, sexiste,

qui pense que de posséder un phallus le rend supérieur.

Vous n'avez aucune chance.

Je n'y pensais même pas.

Personnellement, j'aime les femmes féminines, douces, chaleureuses,

certainement pas des dominatrices donneuses de leçons, aigries,

et qui s'affichent avec des petits minets pathétiques.

Merci de déposer votre rapport sur mon bureau.

C'est quoi, votre problème ?

Ça vous plaît, de vous faire humilier ?

C'est un commissariat, ici, pas un chenil.

Allez faire votre toutou dehors.

Avril, c'est Laurence, ouvrez.

Si c'est Marlène qui vous envoie...

Personne ne m'envoie et personne ne me dit ce que je dois faire.

Et surtout pas une bonne femme.

- D'accord. - Mais qu'est-ce que vous vouliez ?

Être l'égale des hommes ? Avoir les mêmes droits ?

Ne plus être exploitée, ne plus être soumise.

Un ramassis de conneries.

C'est vrai qu'on nous exploite.

Regardez-vous. On dirait une serpillière.

Vous ne savez pas encaisser.

Au moindre coup dur, vous vous effondrez.

Ça se mérite, une paire de couilles.

C'est pas la peine de m'enfoncer, je suis au fond du trou.

Alors remuez-vous au lieu de pleurnicher.

Allez, mettez votre falzar et faites votre boulot de mec.

Tenez.

Grand A : on veut tuer Leticia Salvan.

Deux points : pourquoi ?

Petit a : argent. Petit b : haine.

Qu'attendez-vous ? Notez.

Ça vous évitera d'écrire n'importe quoi.

Vous êtes un amour.

Vous vous faites du souci pour moi ?

C'est tellement adorable.

Sans vous, je...

J'allais tout laisser tomber.

Et vous, vous êtes là.

Pour moi.

Je suis très touchée.

J'ai envie de vous embrasser, Laurence.

Merci.

- Avril. - Oui.

Je... Nous nous sommes vues au commissariat.

Mais oui, bien sûr. Personne ne peut vous oublier après vous avoir vue.

Mademoiselle.

Une amie m'a dit que vous étiez maîtresse d'école.

Je lève la punition, Basile. File en récréation.

Vous pouvez peut-être m'aider.

J'ai dit ce que je sais au commissaire.

J'aimerais être...

compétente.

Pardon ?

C'est pas le moment.

- Qu'est-ce que j'ai fait encore ? - Rien.

Tu es le frère d'Antoinette.

Antoinette est jalouse.

Pauvre chérie. Elle a juste essayé de m'envoyer en taule.

Je ne la crois pas.

Je m'en fous. Le flic, lui, il a des doutes.

C'est sa parole contre la mienne.

Tu comprends ça ?

Moi, je sais que t'as rien à cacher.

Je sais que t'as rien fait.

Philippine.

Écoute.

Ne le dis pas. Ne dis pas que tu m'aimes.

Tu comprends rien. Tu sais rien.

Mon fils est le seul dans ma vie. Je veux personne d'autre.

Personne !

Et surtout pas toi.

Alors ? On s'est pris une veste ?

Fous-moi la paix.

T'as pas besoin de jouer avec moi, je te connais.

- Lâche-moi. - D'accord.

Je veux juste savoir une chose.

Tu n'es jamais tombé sur le testament de Lettie ?

Elle donne presque tout à Philippine.

Mais bien sûr, que tu le sais.

Tu le sais. Et jusqu'où t'es prêt à aller pour tout ça ?

Tout ce fric, hein ?

Jusqu'où, mon petit frère ?

Et toi ?

Rien de remarquable au moment de la succession de M. Sontag ?

Quand il y a beaucoup d'argent, les vautours se précipitent.

Comment ?

Ça change beaucoup de choses. Emma comment ?

Vous avez son nom ?

Appelez-moi si ça vous revient. Merci, maître.

Imbécile de notaire. Une tête de piaf.

Dommages collatéraux.

Le centre est là.

Leticia était la maîtresse de Sontag.

Mais il y avait une autre femme, Sonia.

C'est pas joli, joli.

Et elle était prête à tout pour le garder. Lui et le magot.

Et maintenant, nous avons Emma.

- Emma ? - Oui.

La petite bâtarde.

Un prénom commençant par E.

Emma. Emma Maillol.

Non, pas Emma. Beaucoup trop doux pour ce sale caractère.

Une idée, Marlène, de prénom commençant par E ?

Hector.

Quoi ? C'est très bien, Hector, pour une femme

qui se comporte comme un homme, non ?

Je vais vous faire une liste des prénoms commençant par E.

Pour votre enquête.

Une bonne secrétaire doit connaître les priorités urgentes de son patron.

Oui. Une bonne secrétaire doit connaître l'orthographe.

Hector prend un H.

Emma serait la fille naturelle de Denis Sontag.

Ça change tout, non ?

Nouvel élément de taille. On avance.

Au fait, je ne vous ai pas dit, j'ai suivi votre conseil.

Vous aviez raison. Comme d'habitude. Notre Avril va beaucoup mieux.

Je l'ai remise en selle.

Essayez d'ouvrir les yeux.

Ah, non.

J'ai le vertige.

Il bouge. Il avance. Qu'est-ce que je fais ?

Redressez-vous doucement. Voilà.

Accrochez-vous à la selle.

Un petit coup de talons, sinon elle n'avance plus.

- Vous êtes employée ici ? - Oui.

Allez, vas-y.

Mme Salvan a pas d'enfants ?

Non. Pourquoi ?

Elle est sans doute très riche. Son étalon doit coûter des millions.

À qui profiterait sa mort ?

Vous êtes venue faire quoi, ici ?

Tiens, mais c'est ma petite journaliste.

Leticia.

T'es gentil.

Tu vois, quand tu veux.

Ils sont partis par où ?

Elle n'est pas...

Non, elle respire.

Madame Salvan ?

Vous m'entendez ?

Elle ne devait pas le monter.

- Je vais vous aider. - Merci.

Tu nous as fait peur. Ça va ?

Oui, je vais bien. C'est juste une chute.

C'était tellement bien. Magique.

On galopait tous les deux. Vite. Vite.

J'ai fermé les yeux.

J'aurais pu mourir de bonheur.

Dites...

Je n'y connais rien mais ce truc doit pas être en une seule partie ?

La sangle a craqué.

Pas toute seule.

Il y a une très jolie trace de couteau.

Bien propre.

Laurence va adorer.

Denis avait une fille ? C'est pas possible.

Après le suicide, Sonia a essayé autre chose :

se faire mettre enceinte.

Mais Sontag a refusé de reconnaître l'enfant.

C'était mal le connaître.

Et rien ne prouve que cet enfant était de lui.

C'est ce que le notaire a expliqué à la jeune femme,

lorsqu'elle s'est présentée avec sa mère pour exiger l'héritage.

Elles ont eu beau faire un scandale : aucune preuve,

fin de non-recevoir.

- De quoi me détester. - Oui.

Et on a à nouveau tenté de vous tuer.

Emma doit avoir une vingtaine d'années, sa mère, 45.

Avant, tout le monde se connaissait, dans un village.

Aujourd'hui, plus personne ne connaît son voisin.

Bonjour. On habite la maison à côté.

Greenblat. Et voici Henriette. Tout le monde l'appelle Bouboule.

Mesdames.

C'est la période des rosiers.

Merci.

Greenblat a les plus belles roses de la région.

Je suis plus pragmatique : navets, oeufs et poulet.

C'est très gentil. Il fallait pas. Vraiment.

Vous verrez, c'est très calme, ici.

Le contraire de la vie aventureuse que vous meniez avec M. Sontag.

Vous voulez prendre un thé ?

Donc elles savaient qui vous étiez.

Et pour les autres ?

Ma soeur aimait les chevaux. C'était sa vie.

Elle souffrait d'une malformation qui la complexait.

Elle vivait cloîtrée.

Je suis seule aussi. Veuve avec un petit garçon.

Vous louez des chambres. J'ai pas d'argent,

mais je soignerai les chevaux et donnerai des cours.

Le loyer n'a pas d'importance.

Mais je n'accepterai pas qu'un de mes chevaux soit délaissé.

Quelques mois après, vous en faites votre héritière.

C'est mon argent, j'en fais ce que je veux.

Vous faites votre métier, vous cherchez des preuves,

mais moi, j'écoute mon coeur.

Et non, Philippine, ce n'est pas possible.

Bien. Alors il reste les neveux.

Des nouvelles après si longtemps, ça me fait plaisir.

À part une carte, je n'avais plus de contact avec votre mère.

- Et vous voilà adultes. - On voudrait pas déranger.

La maison est grande, vous pouvez rester.

Merci. Parce que moi, la pampa, j'en pouvais plus.

Des vaches, des vaches.

J'arrive pas à croire que je suis là.

En France. Ici, je vais pouvoir écrire tous les jours.

Écrire n'est pas un métier, Marcel.

Ce ne sont pas mes neveux, mais les enfants d'une cousine.

Mais c'est ma famille. Je n'en ai pas d'autre.

Ils avaient 5 ans quand ils ont fui en Argentine.

Leur père était juif.

Donc aucune chance que vous les reconnaissiez.

Antoinette a l'âge d'Emma. Philippine aussi.

Ah non ! Assez. Stop. Aucune d'elles ne ressemble à Denis.

Vous gâchez ma vie. Vous m'obligez à soupçonner mes proches.

Laissez-moi tranquille.

Un homme est mort. Une très jeune femme aussi.

Vous l'oubliez, pas moi.

Vous avez raison. Excusez-moi.

Quand vous étiez séparée de Sontag, il vous écrivait ?

- Oui. - Qui était au courant ?

Personne. Ah si, ma soeur. On s'écrivait, je lui racontais tout.

Je veux ces courriers.

Un flic ne juge pas, il cherche des indices.

J'utilise l'imparfait de l'indicatif dans une... subordonnée

pour exprimer la simultanéité.

Dans une phrase avec proposition subordonnée, j'utilise

le plus-que-parfait de l'indicatif

dans la subordonnée pour exprimer...

l'antériorité.

- C'est le Bled ? - Oui.

- C'est un livre sur les règles. - Oui.

- Je sais, Marlène. - Sur toutes les règles.

- J'y arriverai jamais. - Sans doute pas, non.

À titre indicatif, vous êtes une subordonnée imparfaite,

mais tellement plus que parfaite.

- Vous m'embrouillez. - Ne changez pas, Marlène.

Restez telle que vous êtes.

On a encore voulu l'assassiner.

- Leticia est tombée de cheval. - Je sais ce que je dis.

Arrête avec ces fichus timbres.

On a l'impression que rien ne t'atteint jamais.

C'est agaçant.

- On éteint ? - Oui.

Je suis sûre que ça va mal finir.

Il y a d'abord eu ce type.

Et puis la jeune femme avec la tête écrabouillée.

On dirait que ça te fait plaisir.

Non. C'est juste excitant.

Tout le monde a ses secrets. Tout le monde.

Même nous.

Ne remue pas la merde.

On cherche quoi, là ?

Sontag était très amoureux de Leticia.

Sa soeur était folle de jalousie.

Ça nous avance à quoi ?

Qu'est-ce qui vous fait dire qu'elle était jalouse ?

Je sais pas. Parce que je suis une femme.

Parce que vous comprenez rien.

Quand on a une vie de merde, on déteste tout le monde.

Leticia avait une vie rêvée.

Sa soeur vivait seule avec ses chevaux,

cloîtrée, handicapée.

Elle dit qu'elle est laide. C'est quoi, son problème ?

Je ne sais pas. Une difformité quelconque.

Elle devait fantasmer la vie de sa soeur.

Ça ferait un article à pleurer dans les chaumières.

Mais aujourd'hui, mon job, c'est le crime. Bonne nuit, Laurence.

Ça va mieux, Avril.

- Le petit coup de mou est passé ? - Oui, oui.

Ne vous sentez pas obligée de me remercier.

Ben non.

Vous êtes la seule femme qui ne me voie que des défauts.

Les autres ont de la merde dans les yeux.

Dites-moi, j'aimerais... m'améliorer.

En tout cas, donner le change

pour une f... personne

qui m'intéresse.

- Je comprends pas. - Je ne demande pas de comprendre.

Vous êtes crispante, insupportable, féministe.

Vous lui plairez.

Vous trouverez les mots.

Je suis dans une impasse.

La situation est complètement bloquée.

J'ai besoin d'un élément extérieur.

C'est un cauchemar.

Je n'ai que vous sous la main.

- Vous avez besoin de moi ? - Oui.

En même temps, plus j'y pense, plus je crois que c'est une erreur.

Bonjour. Alice Avril. Je suis reporter.

Entrez.

Oui, mais non...

Je suis pas très, très à l'aise avec les macchabées.

Il n'y en a pas, aujourd'hui.

Vous écrivez sur quoi ?

J'enquête.

Je travaille avec le commissaire.

- Sans blague. - Oui.

Je lui dois beaucoup.

En fait, je lui dois tout.

Sans lui, je serais encore au courrier du coeur.

En fait, on a résolu une grande affaire ensemble.

Et il m'a laissée toute la gloire.

Il est resté dans l'ombre.

C'est un grand.

Et discret, avec ça.

Modeste, même.

Presque trop.

Je vous apprends rien.

Ah, si. Je m'étais fait une autre idée.

Vous m'intriguez. Je le voyais plus macho,

plus pétri de préjugés.

Pas du tout.

Votre taf, ce sont les morts. On ne peut pas être bon partout.

Après, il cache bien son jeu.

En fait, c'est un timide.

Non, Swan, c'est...

Swan, c'est...

C'est peut-être le seul à penser que la tête d'une femme,

c'est pas seulement fait pour porter des chapeaux.

Ça va ? Vous n'en avez pas trop fait, au moins ?

- Non. - Parce que je vous connais.

On vous voit venir, avec vos gros sabots.

Même pas la reconnaissance du ventre.

Mettez-vous à ma place. Vous êtes plutôt calamiteuse.

Je retourne en mettre une couche.

Et là, je vais vous tailler un costard.

Aux petits oignons.

Avril, stop.

Je vous présente mes excuses et je vous remercie.

Ça va, comme ça ?

Qu'est-ce que ça vous fait, qu'elle vous voie tel que vous êtes ?

- Odieux, désagréable, suffisant. - Merci.

Mais non.

Mais si. Vous êtes amoureux ?

C'est trop mignon.

Avril, oubliez-moi, s'il vous plaît.

Et pas elle ?

On a bobo à son petit coeur ?

Ça va.

- Je pourrais rigoler, moi aussi ? - Ça, pour rigoler, tu vas rigoler.

Commissaire.

J'ai été très désagréable, la dernière fois.

Je suis toujours sur la défensive, avec un homme qui a trop de charme.

Je me suis un peu emporté, moi aussi. Oublions ça.

Que diriez-vous d'une relation amicale et professionnelle ?

- Sans ambiguïté ? - Aucune. Au contraire.

C'est reposant, de ne pas avoir à séduire une femme.

Les recherches de l'état civil de Philippine Leroy.

Merci, Marlène.

Et le commissaire divisionnaire veut vous voir. C'est très urgent.

Vous ne m'aimez pas beaucoup.

Au contraire.

Vous allez tomber dans les filets du commissaire

et j'ai de la peine pour vous.

Certainement pas.

Vous ne le connaissez pas.

Il me harcèle tous les jours et je ne sais pas quoi faire.

Il faut résister, Marlène. Vous défendre.

Je suis une secrétaire.

J'ai besoin de mon salaire pour ma pauvre mère.

Et lui ne recule devant rien.

Vous, par exemple...

Oui.

Non, rien.

Quoi, moi ?

Alice, la petite journaliste, elle est sous sa coupe, elle aussi.

Il l'a obligée à venir vous débiter des mensonges.

Tricard n'est pas dans son bureau.

Vraiment ? C'est bizarre.

Que diriez-vous de prendre un verre ensemble ?

Que diriez-vous d'arrêter de me prendre pour une conne, Swan ?

J'ai jamais eu de chance, mais là, j'ai pensé en finir.

Il faut être riche comme Lottie, pour bien vieillir.

Je lui ai écrit. Je savais plus vers qui me tourner.

- Et vous êtes venue vivre ici ? - Oui. De sa charité.

Je suis sur son testament, je le sais.

J'aime bien les jolies choses.

Pas pour la valeur marchande.

Ben non, bien sûr. C'est plus sentimental.

Pauvre Lottie.

Elle a le droit d'être heureuse. Elle a tellement souffert.

Je sais pas tout, mais je trouve que sa vie est plutôt agréable.

Vous ne savez rien.

- Je n'ai pas besoin de le lire. - Vraiment ?

C'est pourtant très intéressant.

Par exemple, il n'y a pas d'acte de décès au nom de votre mari,

Albert Leroy.

Une petite idée ?

Je vais vous aider.

Vous n'êtes pas veuve.

Quel soulagement, n'est-ce pas ?

Vous ne sautez pas de joie ?

Je reconnais que ce n'est pas le mari idéal.

5 ans de prison pour braquage. Je peux comprendre.

Qu'est-ce que vous comprenez ? J'ai épousé un criminel.

Je préfère que mon garçon croie son père mort.

Leroy est sorti de prison il y a un mois.

Antoinette vous a vue avec lui ?

Il voulait de l'argent, je lui en ai donné.

- Le passé s'accroche à moi. - Soyez optimiste.

Sous serez très riche, dès que Mme Salvan aura quitté la scène.

Je ne suis pas veuve. Le père de mon fils est un repris de justice.

Un voleur minable. Et tu sais quoi ? J'ai été follement amoureuse de lui.

Tu peux le dire, je m'en fous.

Le vernis craque.

C'est très intéressant.

Bon. Pour le moment, on va simplement évaluer vos connaissances.

Basile, tu prends ton cahier, ça te fera pas de mal.

Dictée.

"Le soir", virgule,

"dans le grand champ",

virgule,

"les enfants..."

- "les enfants..." - Que faites-vous là, Marlène ?

Je...

Marlène prépare son certificat d'études.

Elle a de l'ambition.

Basile, dehors.

- Quelque chose ne va pas ? - Non, simple routine.

La curiosité, aussi.

Vous avez été mariée, Mlle Greenblat ?

J'ai toujours été homosexuelle.

- Et Mlle Parisot ? - Elle a été détruite par les hommes.

Aucun homme ne peut rendre une femme heureuse. C'est en vogue.

- Il la battait, j'imagine ? - Je ne pose pas de questions.

- Elle a eu des enfants ? - Le passé est tabou.

Nous avons décidé de repartir de zéro.

- Je vous raccompagne, Marlène ? - Oui.

À bientôt, Mlle Greenblat.

Elles sont vraiment toutes les deux...

À votre avis, Marlène.

"L'excellent commissaire Laurence ne lâche pas l'affaire malgré..."

C'est pour me faire lire votre prose, que je suis là ?

Je suis une professionnelle, je veux votre accord.

Mon accord sur quoi ? C'est du vent. Vous brassez de l'air.

Il n'y a rien.

Non, mais... J'y ai passé des plombes.

Je n'ai rien, Avril. D'accord ? Rien que des soupçons.

Alors, ça avance ? J'attends ton papier.

On est comme qui dirait dans une impasse.

C'est regrettable.

Raoul va te remplacer. Il a plus de bouteille.

Tu rigoles ? Je vais m'arracher, là.

J'ai écouté mon coeur, mais j'ai fait une erreur.

C'est pas un boulot de fille.

Tu m'as eu au charme.

Les rousses sont irrésistibles. N'est-ce pas, commissaire ?

On peut peut-être rattraper le coup ?

Viens chez moi ce soir, je t'apprends les rudiments.

On y passera la nuit. Qu'en dis-tu ?

Tu peux enlever ta main de ma nuque ?

Cette femme n'est pas un objet sexuel à votre service.

C'est une honte. Il devrait y avoir une loi contre des types comme vous.

Être jeune et jolie n'empêche pas d'être intelligente.

Elle a sa place ici au même titre qu'un homme. Foutez-moi le camp !

Vous le pensez vraiment ?

Non. Je pense qu'une femme est une source d'emmerdements.

Elle est parfaite en femme d'intérieur.

Cela dit, c'était un beau galop d'essai.

Je me trouve très crédible, en défenseur de la cause féminine.

Le Dr Maillol appréciera.

Il y a quelqu'un ?

Qu'est-ce que tu fais debout au milieu de la nuit ?

J'arrivais pas à dormir, j'ai sorti le chien.

Greenblat, qu'est-ce que tu me caches ?

Rien. Je voulais pas te réveiller. Je suis désolée, chérie.

Tu m'as pas dit. Elle est jolie, ta nouvelle élève ?

Non. Un laideron.

C'est à moi, ça.

Je t'ai cherchée partout.

Mais tu savais où me trouver.

Tu exagères.

Que penserait-on, si on te trouvait couchée à côté d'un cheval ?

Ça m'est égal.

Je suis plus en sécurité avec lui qu'à la maison.

Est-ce qu'on va toujours avoir peur ?

Non.

- Et surtout pas aujourd'hui. - Tant mieux.

Je suis fatiguée. J'ai eu tellement mal à la tête.

Il y a de l'aspirine sur ma table de nuit.

Repose-toi.

Tiens. Bon anniversaire.

Tu n'as pas oublié. Merci.

Merci.

Et la journée n'est pas finie.

- Tu fais quoi, là ? - Ça se voit, non ?

Tu comptais partir sans dire au revoir à ton frère ?

La vieille va se faire zigouiller. Je reste pas là.

C'est une attitude de coupable, ça.

- J'ai tué personne. - Moi non plus.

On n'a pas le choix, mon coeur. On doit faire profil bas ensemble.

Lettie a invité les demoiselles.

On sera tous là, comme l'autre soir.

J'aime pas ça, Marcel.

On devrait... Je sais pas.

- Allez, arrête de faire la tête. - Je déteste les anniversaires.

Un pas vers la mort, pas de quoi faire la fête.

- Je suis en retard. Entrez. - Madame Salvan !

Retournez aux fourneaux, Leticia. J'y vais.

- Bonjour. - Bonjour.

- Merci. - Bonne journée.

Voilà le gâteau.

Tu nous as fait la Mort exquise. J'en rêvais.

Ce n'est pas drôle.

Ton gâteau est tellement bon qu'on peut mourir après.

- Où est la reine de la fête ? - Elle se repose.

Antoinette, tu veux aller la chercher ?

Allez, mémère.

On se lève.

Allez, tout le monde t'attend en bas.

Ah, docteur. Quel plaisir de passer un moment avec vous.

Je n'y suis pour rien, rassurez-vous.

Très drôle.

Vous m'en voulez. Pourquoi ?

- C'est la dame au mélanome ? - En effet, oui.

Elle gardait tout comme si le moindre objet était un trésor.

Elle chapardait aussi. Certainement.

Un carton d'invitation pour Leticia,

une petite cuillère en argent, un peigne à cheveux.

Ah, un cheveu blond.

Volé, lui aussi.

Qui finalement ne manquera à personne.

Toute sa vie à essayer d'être quelqu'un,

mais n'être jamais rien pour personne.

C'est naïf, mal exécuté. Regardez. Ce cheval ressemble à une girafe.

Aucun sens des proportions.

Pas de perspective, tout est à plat.

Tellement raté que ça en devient touchant.

Tant de solitude.

Une constatation, docteur ?

Oui. Le crabe ne l'a pas eue. Son coeur s'est arrêté brutalement.

Au moins, elle a pas souffert. C'est le principal.

Que Marlène vous a-t-elle dit sur moi ?

Je suis flic, je sais additionner 1 plus 1. Qu'est-ce qu'elle a dit ?

- Vous êtes tout ce que je déteste. - Je sais.

- Prêt à tout pour séduire une femme. - Faux.

Je suis prêt à tout pour vous séduire.

Je veux une autopsie.

Cette femme était malade.

C'est de l'argent gaspillé pour arriver à vos fins.

Vous me sous-estimez, docteur.

On meurt beaucoup, dans cette maison.

Faites votre boulot. J'espère que vous n'aviez pas de rendez-vous.

- Non, pas ce soir. - Parfait.

Ce sera donc une soirée entre femmes.

- C'est une crise cardiaque ? - C'est une 3e mort.

À part elle, tout le monde savait qu'elle était condamnée.

Alors un peu plus tôt, c'était presque un service à lui rendre.

Qu'insinuez-vous ?

Les gens ont tendance à reprendre les mêmes places.

Inconsciemment.

Vous étiez comme ça, à la mort de Wengen.

Non. Pas Bouboule.

- Tu crois ? - Tu étais là.

Vous étiez la seule à ne pas être aveuglée par la torche.

Vous avez vu quelque chose ?

Un déplacement, une ombre. Réfléchissez.

Je sais pas.

Je crois qu'il a d'abord éclairé Marcel.

Non. Antoinette et Odette.

Affolées, les yeux fermés.

Leticia, vous... Vous avez tellement de peine, mais...

Commissaire, je suis bouleversée. Je n'arrive pas à me souvenir.

Je n'ai rien vu.

C'est très fâcheux.

Je renonce à vous comprendre, Maillol.

Je sais reconnaître mes torts.

J'avais tort.

Et vous aviez raison.

On boit sec.

Au meilleur des flics.

Logiquement, une vacherie devrait suivre.

- Chlorure de suxaméthonium. - Ou succinylcholine.

Bravo. J'en ai trouvé dans le sang et dans les tissus.

Cette cochonnerie paralyse le diaphragme.

Elle est morte en quelques minutes. Mais comment on lui a administré ?

L'analyse ne sera qu'une confirmation.

Leticia Salvan est increvable.

Si elle n'avait pas donné l'aspirine à Odette,

elle l'aurait prise à un moment ou un autre.

- Arrêt du coeur. - Elle finira par être assassinée.

Oui, je sais.

Méthode Laurence.

Des faits et de la réflexion.

Si, je vous jure. Reine de bal de promo.

Non ? Avec la robe longue et les talons ?

Et le petit bouquet épinglé et le chevalier servant.

- Qui vous tripotait dans la voiture. - Comment vous savez ça ?

Parce que je l'ai fait moi-même.

Rouge jusqu'aux cheveux et complètement paniqué.

Oui, Avril.

Comment vous le savez ? On s'en fiche, c'est pas grave.

- J'ai réfléchi. - Ah, vous réfléchissez.

- Allez-y, je suis de bonne humeur. - C'est Odette.

Je sais qu'elle a pas l'âge de Sonia.

Je sais qu'elle a pas grand-chose à gagner avec la mort de Leticia,

mais elle tuerait pour une cuillère en argent.

Pourquoi vous m'en voulez comme ça ?

Écoutez-moi. Arrêtez de faire le zouave.

C'est vous, qui m'écoutez.

Odette a été tuée aujourd'hui. Bonne nuit, Avril.

Quoi ?

Non mais... si on me dit jamais rien...

Évidemment, t'as rien remarqué.

Une surprise.

Un cadeau pour toi. Tu ne fais jamais attention à rien.

- C'est quoi ? - Tant pis. T'attendras ce soir.

Oh là là, il va commencer à pleuvoir, puis j'ai mis du linge à sécher.

Les mains en l'air.

Les mains en l'air !

Retirez vos bijoux. Vite !

Mais non, c'est pas possible. Réfléchis, ma vieille.

Mais si.

Mais si. Mais alors pourquoi ?

Bonjour.

Mlle Henriette ?

Henriette ?

En même temps, elle a l'habitude.

Elle va s'en sortir ?

Je ne sais pas. Il faut attendre.

Son cerveau a été privé d'oxygène.

Elle a pas beaucoup de cervelle, alors ça va aller.

Je vais préparer ses affaires pour l'hôpital.

Oui.

Bien joué, Avril.

Pas tant que ça.

J'ai raté l'assassin, mais de ça.

Commissaire ! Commissaire, attendez.

"Antoinette et Marcel rêvent de venir te voir l'année prochaine.

"Affectueusement, Nadine."

Vos neveux sont toujours en Argentine.

Qui êtes-vous ?

Je suis désolé, mais là, ça commence à devenir difficile.

Je m'appelle Eugène Perrier. Écrivain sans le sou.

J'ai une liaison avec Antoinette.

Quand elle m'a proposé le rôle de son frère,

j'ai trouvé ça marrant, j'ai accepté.

Et il y avait de l'argent à prendre.

Vous êtes Emma, la fille de Sonia.

Je suis la bâtarde de Denis Sontag.

Je voulais voir la femme qui a bousillé mon enfance

et volé ma fortune.

Il ne voulait pas d'enfant. C'est ta mère, qui l'a piégé.

J'aimerais te voir crever.

Et apparemment, je suis pas la seule.

C'est pas moi. J'en ai eu envie.

- Mais c'est pas moi. - Je le saurai.

Dans quelques heures, Henriette se réveillera et parlera.

D'après les médecins, elle vivra.

Merci.

Elle a vu quelque chose dans le salon

et elle a sans doute vu son assassin.

Personne ne quitte la maison.

Pas même vous, Mlle Greenblat.

J'imagine que l'ambiance va être tendue,

mais je ne vous oblige pas à rester dans la même pièce.

Elle les a tous accueillis et ils veulent peut-être sa mort.

C'est vraiment moche. Pauvre Lottie.

Lettie.

Non. Enfin, Odette l'appelait Lottie.

On s'en fout.

J'aime bien cette femme.

Mais je ne monterais pas à cheval, même en souvenir de ma soeur.

Qu'est-ce que vous racontez ? C'est sa seule passion.

Non. C'était dans les lettres.

Sa soeur était folle des chevaux, mais Lettie détestait les canassons.

Et c'est maintenant que vous le dites ?

Pourquoi ?

- Rappelez-moi le prénom de sa soeur. - Charlotte.

Vous comptez emporter cette croûte ?

De quelle difformité souffrait votre soeur ?

- Pardon ? - Vous voulez que je répète ?

De la polio. Elle avait un pied bot.

Je pensais plutôt à un goitre, énorme et monstrueux.

Qu'est-ce que ça change ?

C'est très vilain, un goitre. Les gens regardent.

Leticia Salvan a essayé de décider sa soeur à sortir, à vivre un peu.

Après la mort de Sontag, elle l'a emmenée en Suisse.

Là, elles ont croisé Kurt Wengen.

Les soeurs Salvan, oui.

Lettie et Lottie.

Voudriez-vous retirer votre foulard ?

Je n'aimerais pas employer la force.

Vous êtes Charlotte Salvan. Leticia est morte en Suisse.

Ne m'obligez pas à exhumer le cadavre pour une autopsie

quand vous serez en cellule.

Elle ne savait même pas à quel point je la détestais.

Elle me traînait dans les palaces et les restaurants, avec son argent.

J'étais obligée de supporter sa bonté, sa pitié.

Vous l'avez tuée. Elle est morte à l'étranger.

Vous avez interverti les prénoms sur l'acte de décès et pris sa place.

L'héritage vous a servi à vous offrir le meilleur spécialiste

pour vous faire opérer.

Wengen est arrivé. Il avait pas oublié la femme au goitre.

Il allait tout gâcher, cet imbécile.

Il allait raconter mon histoire.

Les mains en l'air.

Tout le monde retire ses bijoux. Vite !

Mais je comprends pas. Odette, elle savait.

Elle avait connu votre soeur.

Odette était mon amie.

Mais elle jacassait, elle se trompait de prénom.

Je ne pouvais plus lui faire confiance.

Odette. Je suis tellement contente.

Charlotte ! Mais Lettie m'a écrit que tu étais morte.

C'est une histoire compliquée.

Et c'est aussi un secret.

Tu te rappelles ? On avait des secrets, petites.

Et Bouboule ? Pourquoi elle ?

Elle avait compris que Mme Salvan n'était plus dans le salon.

Greenblat, arrêtez !

Arrêtez ! Stop !

- Stop. - Mais c'est pas possible !

Elle saignait, on l'a vu.

Fastoche. Tu te coupes le lobe de l'oreille, ça pisse le sang.

Allez, relevez-vous.

Vous ne pouvez pas comprendre.

Personne ne peut. J'aurais tout donné pour avoir Flash.

Lettie avait des millions. Elle m'a ri au nez.

Elle n'a jamais rien compris.

Allez.

Je suis plus ou moins un sale type.

Et un menteur. Mais tout le monde a menti.

Des fois, je dis la vérité.

Peut-être.

N'empêche que t'auras toujours des doutes.

Des regrets ?

Oui.

Cherche pas, elle héritera pas.

Même après qu'on ait coupé la tête à cette salope.

Madame Salvan.

Madame Salvan, soyez raisonnable.

Non.

Pardonne-moi. Pardon.

Mais pourquoi ?

Je vais pas écrire votre fichu papier.

Il faut que j'assure, Laurence.

Remarquable, commissaire. Une fois de plus.

- Merci. - Non, vraiment. J'oubliais.

- Le Dr Simon reprend du service. - Comment ça ? Pourquoi ?

Le Dr Maillol est parfaite.

Elle est aux États-Unis. Une urgence.

C'est formidable !

Tout le monde rêve d'aller aux États-Unis.

- N'est-ce pas, Alice ? - C'est sensass.

Elle va revenir. Une urgence, je peux comprendre.

- Une affaire à régler avec son mari. - Avec qui ?

Son mari.

Vous savez, le truc à l'église, pour le meilleur et pour le pire.

Vous m'aviez demandé.

Maillol se prénomme Euphrasie.

- Ça ne s'invente pas. - On dirait un blase de médicament.

Un sirop pour la toux !

C'est bien. Allez, c'est ça. Marrez-vous.

Ça ne m'étonne pas d'Avril, mais vous, Marlène, vous me décevez.

Allez, fichez-moi le camp. Disparaissez.

Sous-titrage : Eclair Media

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