All language subtitles for Le mari de mon mari.fr

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Original subtitles

...

-T'y comprends quelque chose ? -Non. Que dalle.

-C'est quoi, ce bordel ?

On ne va pas se laisser abattre par une cabane en kit.

La petite fille soupire.

Zoé, Quentin, je bois un verre avec tatie,

puis on s'occupe de vos poux.

Allez...

-Ils ont des poux, les enfants ? -Oui.

-Super.

Tchin.

-Christophe,

il a rencontré quelqu'un.

-C'est une supposition ou une info ?

-Il a changé la déco et la carte de son restaurant.

Vraiment,

j'ai les boules.

-Vous êtes séparés depuis un an. -J'ai été conne de le larguer

pour ce mec. -Tu t'ennuyais avec lui.

Il était plan-plan.

T'as la mémoire courte.

Et le divorce ?

-C'est presque terminé.

Mais il a changé.

Et avec son nouveau look, on dirait George Clooney.

-George Clooney ?

-Oui.

-Il fait peut-être

tout ça pour toi. -Moi ?

-La reconquête.

-Tu crois ? -J'ai fait 10 ans de psychanalyse.

Il attend un signe. Mais que veux-tu ?

-Je veux qu'il revienne à la maison.

Lui, moi, les enfants, on divorce plus

et on fait une fête d'enfer.

-Dis-le-lui. -J'aurais l'air de quémander.

-Quémande, Juliette.

-Christophe, je te dérange parce que je voulais entendre ta voix.

-Allô ? *-C'est Juliette.

-Y a un souci avec les enfants ? *-Non.

Je me demandais... tu es libre dans la semaine ?

*Je dois te parler. -Viens quand tu veux.

-Super.

-Il y aura toujours une table pour toi.

-Je t'embrasse.

-Moi aussi, je dois te parler.

...

-Aïe !

-Attends.

C'est quoi, cette affreuse moustache ?

-Ca ne me dérange pas.

-Juliette, tu veux récupérer ton mari ou pas ?

Juliette hurle.

...

-Juliette !

Juliette...

-Allô ? Sophie ?

Tu sais quoi ? J'aurais dû garder ma moustache.

-On découvre

des choses sur soi à tout âge.

Heureusement, sinon vieillir serait barbant.

Par exemple, moi, j'ai toujours détesté les fruits de mer.

Depuis peu, je me suis mise à faire

des orgies d'huîtres.

Je dis ça, ma chérie... excuse-moi, ça n'a rien à voir.

Euh...

Non... je trouve que Christophe

a beaucoup de courage

d'assumer sa nouvelle orientation sexuelle.

L'avantage est que tu n'auras pas à te coltiner une marâtre jalouse.

Pour les enfants, ne t'inquiète pas.

Les gays font d'excellents parents.

Ces choses-là arrivent.

Par exemple quand on était jeunes,

eh bien, ta marraine...

-Stop ! Non, ce ne sont pas des choses qui arrivent.

Ce que j'ai vu hier n'a rien à voir

avec ta passion pour les huîtres. Il s'agit de mon mari,

avec qui j'ai vécu pendant 18 ans

et avec qui j'ai eu 2 enfants. Je me fais du souci.

Parce qu'avoir un papa qui... vit avec un homme...

ce n'est pas la chose la plus facile à vivre pour des gosses.

-Je suis étonnée que tu le prennes si mal.

Tu défendais les gays.

-Là, il s'agit de mon mec. Ce n'est pas théorique.

Vibreur.

Il m'appelle sans cesse.

Je ne sais pas quoi répondre.

-Ecoute-le d'abord.

Peut-être que ce type lui a sauté dessus

sans qu'il le veuille. Qui sait ?

-Quand papa vient nous chercher, il n'est jamais en retard.

Et tu n'as pas acheté le goûter. -Non.

La voiture ne démarre pas.

...

C'est pas possible.

-Au fait, papa nous a dit qu'il nous amènerait à New York

pour la Toussaint.

-C'est bien.

On a souvent parlé d'aller à New York quand on était ensemble.

-Et il a acheté un quatre-quatre qui démarre au quart de tour.

-Oh ben, ça va.

-Je suis désolé.

Je ne voulais pas que tu l'apprennes comme ça.

Il s'appelle Antoine.

Je voulais t'en parler, mais à chaque fois...

j'avais peur

de ta réaction, de celle des enfants.

Le restau ne marchait pas très bien,

et tu m'avais quitté. -Pour un type

avec qui ça a duré 15 jours. -Tu m'avais quitté depuis 6 mois.

Un matin, Antoine est venu me proposer ses vins. Il est caviste.

On a commencé à discuter, et...

C'est comme si on se connaissait

depuis toujours.

C'est pas une histoire d'homo. C'est une rencontre,

une évidence.

Il est revenu plusieurs fois,

il me faisait rire.

Je suis tombé amoureux.

Au début, je me suis senti mal.

Un mec. Tu imagines ? -Je préfère pas.

-Je déménage.

On va vivre ensemble. -Que vas-tu dire aux enfants ?

-La même chose qu'à toi. -Non.

Tu ne peux pas faire ça.

Puis je t'aime encore, moi.

Reviens vivre à la maison.

J'ai eu une aventure, toi aussi,

on efface tout et on recommence. On peut y arriver.

-Je suis amoureux.

C'est avec Antoine que je veux vivre.

La voiture cale.

Juliette tente de redémarrer, mais le moteur ne repart pas.

...

Klaxons.

...

-Oui. Oh !

Le moteur repart.

-Ta voiture devrait tenir, mais ne tarde pas à me l'apporter.

-Heureusement que tu étais là. -Si tu veux, un de ces jours,

on pourrait dîner. -Oui. Pourquoi pas.

-T'as fait quelque chose à tes cheveux ? C'est joli.

Ca te va très bien.

Bon, ben... je vais y aller.

Bon...

-C'est pour avoir un boy que tu es devenu pédé ?

Je veux bien t'aider à faire tes cartons, mais pas tous.

-J'aurais pas dû lui dire que j'emménageais avec toi.

-Elle l'aurait appris

tôt ou tard.

Si tu veux rester encore quelques mois dans ton gourbi,

j'aurai pas à vider mes placards pour ça.

-Elle m'a demandé de revenir vivre à la maison.

-Tu lui as dit quoi ? -Non. Evidemment.

Ca m'a rendu triste.

Il y a 6 mois, j'aurais dit oui. -Mais on s'est rencontrés.

-Je vais vivre avec un homme. Tu réalises ?

-Oui.

Et moi avec un père de famille.

-Mon Dieu... il faut que je le dise aux enfants.

-Je voudrais que tu invites Juliette à notre crémaillère.

-Tu es sûr ?

-Et Quentin et Zoé ?

Comment je leur explique ? -Simplement.

"Votre papa couche avec le monsieur

"qui vend le vin pour son restaurant."

Quand même, ça ne le fait pas. -Pas du tout.

-Tu leur dis : "Voilà, votre papa"...

-Allez, Quentin. Magne-toi un peu.

-Hier, je vous ai entendu parler de papa et Antoine.

-Vous le connaissez ?

-Le copain de papa.

-Oui. Antoine, c'est celui qui lui vend du vin.

-Ils sont ensemble ?

-Ben... -Des garçons ne peuvent pas

être ensemble.

-La ferme, patate. Tu ne comprends rien.

Bon, oui ou non ?

-Euh...

-Oui ou non ?

-Oui. Papa et Antoine sont ensemble. Oui.

-Ca veut dire

qu'ils sont amoureux ?

-Oui. 2 hommes peuvent

être amoureux.

-Donc je pourrai

me marier avec Violette ? -C'est pas obligé, non plus.

Hé ! Les enfants savent. C'était pas à moi de leur dire.

-Pourquoi tu l'as dit ? -En t'affichant

avec Antoine, ils ont deviné !

-Ils l'ont pris comment ?

-Mal. Surtout Quentin.

-Qu'a-t-il dit ? -Rien.

Tu attendais des compliments ?

-Non.

Bon, je vais leur parler. -Christophe.

Il s'agit de ta famille, tes enfants, ta femme.

Ne fous pas tout en l'air

pour une passade. -C'est pas une passade !

On fait notre crémaillère samedi.

Merde !

D'ailleurs Antoine t'a invitée.

-D'habitude, maman est en retard. -Désolé.

Allez, vite. C'est la 1re fois que ça m'arrive.

Allons manger une gaufre. -Ouais !

-J'aime pas les gaufres. -C'est nouveau.

-Il n'y a pas que toi qui changes de goût.

J'espère que c'est pas héréditaire.

-Je suis désolé. J'aurais voulu t'en parler, mais...

C'est dur à comprendre, ces choses-là.

Surtout à vos âges.

-A quel âge tu trouves ça normal qu'un père couche avec un mec ?

-J'ai 6 ans et j'aime Antoine. -Plus

tard,

tu comprendras qu'on ne peut pas passer à côté de ses sentiments.

-Et maman, tu en fais quoi ? -Maman, maman...

Je serai toujours là pour maman et pour vous.

Ca va bien avec elle. D'ailleurs, elle sera là à notre crémaillère.

-On va manger la gaufre ? C'est quoi, une "crémadière" ?

-Une crémaillère, andouille. -Crémaillère.

Mais arrête, toi.

On frappe.

-Tout est réparé.

T'as raison de la garder, on ne fait plus ces voitures.

-Tu as déjà eu envie d'embrasser un mec ?

-Quoi ? -Je veux dire... sur la bouche.

Une pelle, une galoche, avec la langue.

-Euh... ben, non. Pas vraiment.

Enfin, si c'est ton truc, je peux faire un effort.

Ravi que tu t'intéresses à mes fantasmes.

-Non... ben, merci pour la voiture.

Dis-moi combien je te dois. -Rien. C'est pour moi.

-Merci deux fois, alors.

-Ah ! Tes clés. -Merci.

-Je suis Marie-Catherine. Je suis femme de gay depuis 5 ans.

-BONJOUR, MARIE-CATHERINE. -Avec le recul, je me dis

qu'il y avait des signes, comme la chemise à fleurs qu'il portait.

-Quand j'y repense... il a arraché les pages de sous-vêtements homme

de mon catalogue VPC. Ca aurait dû m'alarmer.

-Un ami chirurgien lui a proposé de combler la ride du lion,

eh bien, sans être homophobe,

y a pas que la ride du lion qu'il lui a comblée.

-Y avait des dizaines de magazines gays sous son matelas.

Comme un môme. Notre matelas, oui.

-Bonjour, je m'appelle Juliette.

Je suis femme de gay depuis 5 jours.

-BONJOUR, JULIETTE.

-Sophie, Christophe n'a jamais maté les pages slips

et encore moins porté de chemises à fleurs.

La ride du lion, il sait pas ce que c'est.

*-Quoi ? -J'irai à la crémaillère.

Je récupèrerai mon mec.

House music.

...

-Hé !

Juliette, Antoine. -Bienvenue.

-C'est magnifique que tu sois venue.

Comment tu me trouves ? Cadeau d'Antoine. Entre.

Donne-moi ton manteau.

-Pardon.

...

-Alors ? -Elle est belle, ta femme.

J'ai bon goût.

-Je pensais pas qu'elle viendrait. -T'as promis d'être gentil.

...

-Tu ne danses pas ?

-J'ai pas changé à ce point.

...

Je te montre pas la chambre des enfants, elle n'est pas finie.

Mais ce sera mieux que le canapé de mon studio.

-Formidable.

-C'est bientôt les vacances.

T'es d'accord pour qu'on les emmène à New York avec nous ?

-Tu veux dire que New York, c'est avec Antoine ?

-Bien sûr.

-Tu trouves pas ça un peu rapide ?

L'appart, les vacances...

C'est...

Ca va vite, quoi.

Musique plus calme.

Quand même !

-Viens danser.

-Christophe n'aime pas danser. -Ca dépend du partenaire.

...

-Ca te plaît ?

-Je cherchais les toilettes. -Là.

...

Tu lâches pas le morceau, toi ? -Non. Je ne lâche pas le morceau.

...

-Aïe ! -Oh...

-Oh...

C'est toi, Juliette ? C'est ça ? -Oui.

-Je sais pas pourquoi, ça se voit.

Je suis Fred, un pote de son ex.

-A Christophe ? -Mais non, à Antoine.

C'est toi, l'ex de Christophe.

J'étais avec Antoine avant qu'il ne rencontre

ce connard de Christophe. Qu'est-ce que je fous là ?

Sans doute

à cause du pinard d'Antoine. -On peut leur reconnaître ça.

-J'en pouvais plus, des deux. Vas-y que je t'embrasse.

J'avais envie

de leur casser la gueule. -Moi aussi. Avec sa chemise

de tapette, j'avais envie de lui prendre son slip, de l'étouffer

et de lui donner un coup de pied dans les couilles.

-A Christophe ou à Antoine ? -Aux deux.

-Ah... -Ouais.

-Avant de leur faire bouffer leur slip,

on pourrait trouver un truc moins risqué.

-Quoi ? -On pourrait les faire "splitter".

-C'est quoi, "splitter" ? -Je t'explique.

Je trouve un mec à Antoine, genre bel Italien hyper poilu.

Il ne tiendra pas 2 secondes.

Et toi, tu trouves un mec à toi. Parce que la clé, c'est quoi ?

La jalousie.

Quand Christophe va comprendre que tu lui échappes,

son instinct d'hétéro beauf l'emportera.

-C'est un plan à la con, ton truc. -Mais non. J'en suis sûr.

Je connais ces mecs-là. T'as une "target" ou je m'en charge ?

-Je peux m'en occuper seule.

Je ne le ferai pas. Je ne suis pas tordue à ce point-là. Non.

-Donne-moi ton téléphone. Je vais te faire un truc.

Je te donne mon numéro, comme ça, si tu changes d'avis,

tu m'appelles. Fred.

-Merci. Bonne nuit. -Ciao !

Je vais où, moi, déjà ?

Ah oui.

-Le taxi est devant, il t'attend.

-Alors, c'était comment ? -La soirée de l'année.

Et les enfants ? -Zoé s'est couchée sans problème.

Mais Quentin n'a pas arrêté de faire la tête,

il a refusé de dîner,

il a passé sa soirée à regarder des photos sur l'ordinateur.

T'inquiète pas, ça lui passera. -Bon, le compteur tourne.

-Très jolie. -Merci.

...

Le téléphone sonne.

-Téléphone.

...

Ton téléphone.

Oh... ton téléphone.

Merde !

...

-Allô ?

Hmm... ah...

Oui. Je vous le passe.

C'est ta maman.

-Quoi ?

Ma mère ?

Maman ?

Mais quelle heure il est ?

Excuse-moi. On s'est couchés tard.

Je lui demande. Mes parents,

ils veulent déjeuner avec nous,

samedi 19, après New York. C'est bon pour toi ?

Oui. Il est libre.

Hein ? "Ses parents" ?

Non. Ses parents vivent à l'étranger.

On est contents aussi, oui.

Je t'embrasse. Bisou à papa.

Christophe raccroche.

Hé ! La grande classe, mes parents, non ?

-Oui.

-Sauf qu'ils appellent tôt. Tiens.

-Tu veux un café ? -Oui.

Et des croissants.

Et des fleurs.

Et un jus d'orange.

-Ca, c'est une autre proposition avec plus d'aventures.

-Ah... -Alors...

Ah... -"Danube"...

-J'ai l'adresse de la mairie, le nom des témoins,

c'est votre 3e mariage

à tous les 2 ? -Le 2e ensemble.

-Oui.

-Vous devez nous trouver ridicules de nous marier à notre âge ?

-Non. Au contraire.

C'est si romantique.

Ce mariage sera magnifique.

-Imaginez les escapades, le week-end.

La voiture ne démarre pas. -Excusez-moi.

Le moteur ne démarre toujours pas.

Le moteur démarre.

-Vous avez de la chance.

Brooklyn, Broadway, Madison Square Garden.

C'est génial, New York. -Tu connais bien ?

Tu y es allée ?

-Non. Mais j'aimerais bien.

Il faut se dépêcher,

on va être en retard.

-Comme d'hab.

-Quentin,

tu n'arranges pas les choses. On part dans 10 mn.

Tu vas à New York.

Tu te rappelles ?

Vous avez pas envie d'y aller ?

Ce n'est pas la peine de se forcer.

Vous allez pas dire oui,

juste pour le plaisir de papa.

-Je veux y aller.

-Moi aussi, mais...

Tu vas rester seule. -Non.

Ne t'en fais pas pour ça.

Je vais en profiter pour faire la fête

et la grasse mat'. -C'est quoi ?

-Un truc cool.

-Amusez-vous bien. Et si vous êtes tristes, appelez maman.

-Salut, ma chérie. Ca va ?

-Antoine a l'air gentil, non ? -Avec nous, il est super sympa.

-Bon voyage.

-Hé, salut.

-Tu ne t'inquiètes pas, hein ?

En route. A nous New York !

-Salut. Ca va ?

-Je me renseigne.

Oui, Monsieur.

J'aurai l'information.

Je peux passer chez vous si ça vous arrange.

Non, non. Très bien.

10 h 30. C'est noté.

A bientôt, oui. Je suis ravie.

Je te dérange ?

Tu fais quoi, ce soir ?

-J'ai senti à ta voix que ça n'allait pas fort.

-Les enfants me manquent.

-Je t'ai concocté un petit repas de fête.

-Des verrines avocat-crevettes ? J'adore.

-Désolé. Ce n'est pas fait maison, mais décongelé maison.

-Les verrines, c'est la spécialité de Christophe.

Il en fait plein. Ma préférée, c'était foie gras-abricot épicé.

Il disait de ne pas trop laisser mariner les abricots.

Pas étonnant que ce soit un grand chef.

-Tu peux arrêter de parler de lui ?

-Oui. Pardon.

-Bon, je te donne une 2e chance.

Goûte ça. Ce n'est pas décongelé,

mais commandé avec passion chez le traiteur.

Saint-Jacques poêlées, chutney d'ananas, et jeunes pousses.

-Hum...

C'est bon.

Mais avec un soupçon de chutney de raisin, ce serait parfait.

Je te dis ça, c'est le secret Saint-Jacques de Christophe.

-Y a un truc qu'il ne sait pas faire, ton dieu vivant ?

-Pardon. Je suis désolée.

C'est juste que... -Tu sais, tout ce qui t'arrive

ne doit pas te faire douter que tu es une femme exceptionnelle.

-C'est gentil, ça.

-...qui comblerait le plus exigeant des hommes.

-Je suis désolée. Je ne peux pas.

Fred ? C'est Juliette.

Tu peux l'avoir pour quand ton étalon italien ?

-Devine ce qu'a fait Antoine. -Chérie, je ne vais pas deviner.

Il n'a pas été méchant ? -Il m'a acheté la poupée Barty.

Elle n'existe que là-bas.

Regarde, pour Quentin, il a acheté ce nouveau modèle.

C'est pour ne pas qu'il soit jaloux de moi.

-Rends cette console.

-Pourquoi ?

-C'est trop.

-Et la poupée ?

-Zoé, ce n'est pas pareil. Elle est petite.

-Bonjour.

Buon giorno. Bonjour.

Je ne parle pas trop bien français.

-Italiano ?

-E tu ? -No. Francese, ma parlo un po'.

-Hai un buon accento. Mi chiamo Marcello.

-Antoine. -"Antoine"... Antonio ?

-"Antonio". -Piaccere.

-Piaccere. Che vuoi?

-Chianti. -Si.

Si. Qui.

Ma no ordinario. Top qualità qui.

-Migliore. -"Migliore".

-Very good.

-J'ai 3 bouteilles...

grande selezione.

Avec le coq noir sur la bouteille.

Come si dice? -Il gallo nero.

-"Gallo nero". -Si.

-80 % de sangiovese.

Le cépage. -Hmm... "cépage"...

Non.

Sangiovese, si. -Si.

Che vuoi? -Euh...

Tutte tre.

En français...

Les 3.

-3... tutte tre.

-Si. -Tutte tre.

-Aspetta. -Si.

-Fred ? Y a un Marcello qui roucoule devant moi.

Il lui manque qu'une carte de ta part.

Je me trompe ? Rapplique vite.

Ca va te coûter cher.

Merci.

-C'est pour M. Doncelle. Monte-le sur sa Triumph.

-Bonjour. -J'arrive.

Ta voiture t'a encore lâchée ? -Non.

Je voulais me rattraper. Tu es libre ce soir ?

-Ce soir... ce soir...

Pour dîner, tous les deux ?

-Je t'attends à 19 h 45 à la maison. Sois à l'heure.

-Promis.

José ! -Oui.

-150 euros, quand même !

-C'était mes meilleurs chiantis.

Il a pris les 3.

-Alors ? Il est gaulé, non ? -C'est sûr.

Autrefois, je l'aurais chopé, mais là, ça ne me fait rien.

Comment t'expliques ça ?

-Je ne sais pas.

Oui, pas mal.

-Seulement "pas mal" ?

-Et... New York, avec les gosses ? Tu ne racontes rien.

C'était comment ?

-Ils m'ont parlé de leur super maman.

"Maman sait faire ceci et cela..."

Ils évoquaient leurs vacances avec leur père.

J'avais l'impression de...

Enfin, je me sentais un peu...

-Oui. Tu te demandais

ce que tu foutais là ? -Un peu, parfois.

-18 ans de sa vie avec elle, ça ne s'efface pas en 24 h.

Je ne dis rien.

-T'as vécu combien de temps

avec une femme ?

-Tu te rappelles de mon Bruno ?

-Le banquier ? -Avec 3 gosses.

5 ans plus tard, c'est toujours pareil. Banquier, marié,

et 3 gosses. -Il ne t'aimait pas, ce mec.

-Christophe n'est toujours pas divorcé.

Le téléphone sonne.

...

-Christophe m'aime.

Oui, Paul ?

Hmm...

J'arriverai samedi par le dernier train pour Saint-Fortin.

A 16 h.

Oui, à la chambre d'hôtes. Ben, oui.

OK.

Oui. Je t'embrasse aussi.

Oui.

-Eh ben, je vois que monsieur a des tentations.

-Ne finis pas ton verre et pars directement,

s'il te plaît. -Avec plaisir.

On sonne.

-Vas-y. Ca doit être papa. -Oui.

Papa !

-Ca va, ma chérie ?

Alors, soirée cinéma ? -OUAIS !

-Vous avez 5 mn ? Prends un verre. -La séance commence dans 30 mn.

-Vas-y, sers-toi.

On sonne.

-Tu attends du monde ?

-Bonsoir. -Bonsoir.

-Ah... je suis en avance ? -Non. Entre.

Ils partent au cinéma.

Vous vous connaissez ? -On s'est déjà croisés.

-Bonsoir. -Bonsoir.

-Vous allez être en retard. Faut y aller.

-Les enfants, cinéma ! Bonne soirée.

A bientôt, on se reverra.

-Oui. Bonne soirée cinéma. -Allez ! Et les m

anteaux.

-Merci.

-Tu as réservé où ? -Désolée, mais entre-temps,

j'ai accepté un rendez-vous demain matin,

genre grand mariage, des Belges. Je voudrais me coucher tôt.

-Je comprends.

-Mais on peut aller au sushi du coin,

ou je te prépare une salade avec ce qu'il y a dans le Frigo.

-La salade que tu prépares. -OK.

Mais à 23 h, je te fous dehors.

-Je ne serai pas là ce week-end. -Oh, merde.

C'est le dîner des anciens de l'école hôtelière, samedi.

Je comptais t'y emmener. Goûte.

-Tes anciens sont au courant ? C'est chaud ?

-Ca aurait été l'occasion.

-Hmm...

-Ca manque de sel ? -Hmm.

Ca va être compliqué, pour moi.

-Tu seras où ? -Chez les parents de Fred.

Je les aide à déménager.

-Fred sera là ? -Hmm...

-Tu ne peux pas rentrer le samedi soir ?

-Non. C'est beaucoup trop loin.

Tu n'es pas jaloux ? -Non.

-T'es jaloux ? -Non.

-Mais comment tu peux être jaloux, toi ?

Tu seras avec tes copains.

Chéri...

-Mon garagiste aurait pu me sauter devant lui, il n'aurait pas bougé.

-Laisse tomber. L'Italien n'a pas fait bander Antoine.

-Enfin, il est déjà bien sympa d'aider tes parents à déménager.

-Samedi soir, je reste chez moi.

Je vais pas le voir. -Ah bon ?

-Qui t'a dit ça ? -Christophe.

-La dernière fois, dans son bar, il parlait au téléphone.

Il allait passer le week-end dans une maison d'hôtes à...

-Ca voudrait dire qu'il lui a menti

pour cacher un rencard.

-Il le trompe ?

-Pourquoi il aurait menti, sinon ?

-Attends. Antoine trompe Christophe ?

C'est un truc de dingue. -C'est génial, tu veux dire.

-A Saint-Fortin,

la maison d'hôtes.

...

-Je ne te dis pas ce que j'ai changé.

Attention, c'est chaud.

Vas-y, goûte.

-Hum...

C'est sublime. -Merci.

-Il y a un peu trop de safran, peut-être.

-Tu as raison. Trop de safran.

-Antoine a un amant.

-Quoi ? -Il était pas avec Fred, hier.

-Que racontes-tu ?

-Il a été dans un gîte

avec un mec.

Mais je ne pouvais pas garder ça pour moi. Tu imagines ?

Je l'ai vu enlacer cet homme... -Tu l'as vu ?

Que faisais-tu là-bas ?

Tu l'as suivi ? -Non. Pas vraiment.

-Comment ça ?

J'en reviens pas. Tu l'as suivi ?

Tu étais dans la chambre avec eux ?

-Non. Mais il t'a menti.

Il t'a menti et il t'a fait cocu. T'es cocu.

Mon mari est cocu !

C'est...

-Dégage.

Va-t'en. Dégage.

Casse-toi ! Fous le camp !

Quelqu'un entre et claque la porte.

-Qu'est-ce que tu as ? -Ca va ? Ca s'est bien passé ?

Les parents de Fred sont contents ?

-Oui.

Tu ne m'embrasses pas ? -Il n'y a pas eu de déménagement.

Tu te tapes un autre mec ?

-Mais ça va pas ? Pourquoi tu dis ça ?

-Juliette t'a vu. -Pardon ?

Juliette m'a vu, tu dis ? -Tu te tapes un autre mec.

-Réponds. Tu étais où, Antoine ?

-Je ne t'ai pas trompé.

Je t'ai menti, mais je ne t'ai pas trompé.

J'étais avec mon père.

-Ton père ?

Tu étais où, Antoine ?

-A Saint-Fortin.

Le village où vivent mes parents.

-Ils vivent pas

à l'étranger ?

-Le maire du village, c'est mon père, et ce n'est pas drôle.

Depuis qu'il sait que je suis homo,

il ne veut plus entendre parler de moi.

Ca fait 6 ans qu'on ne s'est pas parlé.

Quand je vais là-bas voir ma mère,

je ne dors même pas chez eux.

Je vais chez un couple de vieux copains

qui tiennent un gîte, une chambre d'hôtes.

C'est avec l'un d'eux qu'elle a dû me voir, ta...

Ta femme.

Hier, j'ai essayé de convaincre mes parents,

enfin, mon père,

de venir te rencontrer, et déjeuner avec les tiens.

-Et alors ? -Pff...

Je suis con. J'aurais jamais dû te mentir.

-Arrête.

-Je m'en veux.

J'ai tellement honte de mon père.

-On s'en fout, de ton père.

Je t'aime. -Moi aussi, je t'aime.

Est-ce que tu veux m'épouser ?

-T'es sérieux ?

-Oui, je suis sérieux.

-Tu es magnifique. Mes amies vont être jalouses.

-Elles ont le droit.

-L'agent secret, là.

J'ai demandé ton ex en mariage et tu sais

ce qu'il ma dit ? -Non.

-Il m'a répondu oui.

Beaucoup de bonheur.

-Tu peux pas faire ça, vous vous connaissez à peine.

On n'est pas divorcés. -L'avocat va accélérer les choses.

-Hors de question.

-Tu m'as trompé aussi. Assume ! -J'y arrive pas. C'est trop vite.

-Ca fait un an qu'on est séparés. -Pourquoi vous êtes si pressés ?

Il est enceinte ? Ou c'est toi ? -Où est la femme de conviction

que j'ai épousée ? Ne nous voyons plus.

-Et les enfants, alors ? -Les enfants...

J'ai pas besoin de toi pour voir les enfants.

Excuse-moi, j'ai du taf en cuisine.

Un téléphone vibre.

...

-C'est votre père.

Il vous attend.

-Pourquoi il ne rentre plus

pour venir nous chercher ? -Il reste dans l'auto.

Tu l'embrasses plus.

-C'est plus pratique et on perd moins de temps.

D'ailleurs, il vous attend. Allez.

Allez.

A tout à l'heure.

-Et la cabane ? Ca fait 3 mois

que tu dois la monter. -Je vais le faire.

Allez, bonne journée.

-Voilà.

-Merci. Parce que les tournevis et moi, c'est pas l'amour fou.

-Je savais que j'étais l'homme de la dernière chance,

pour cette cabane. -Elle est moche et ça encombre.

-Au printemps, je la remonterai dans le jardin.

-Attends.

-Je t'en prie. -Allô ?

Oui.

Comment ça, tu as oublié tes affaires ?

Ah... dans une heure, le match ?

Ton père peut peut-être passer ? D'accord.

Non. Il est très occupé. Très, très occupé.

Bon, ben, je vais venir. OK. A tout de suite.

Il faut que j'y aille.

-Ton ex peut pas venir

récupérer le sac ? -Non. On se parle pas trop.

Mon fils a peur de rater

son match.

Tu veux un sandwich ? -Ne sois pas en retard.

Je connais le chemin.

-Bonjour. -Juliette !

-Ben...

Quentin a oublié

ses affaires

de rugby. Je... -Ben, allez, rentrez. Rentrez !

On est tous là. -Oh... ma Juliette !

-Merci. -Asseyez-vous.

-T'as eu une bonne idée

de l'inviter pour le dessert.

Juliette,

cette tarte est

délicieuse.

-Papa, Antoine a fait la tarte.

-C'est très délicat de votre part,

jeune homme.

-C'est Antoine.

-Hein ? -Le jeune homme,

c'est Antoine.

-Quel jeune homme ?

J'avais pas compris.

-Merci.

-Non, merci.

-Hé... Antoine. -De la crème ?

-Oui. Pas trop. -Mais si, mais si. Allez !

-Juliette ? -Non, merci.

Hum...

Elle est bonne.

-Elle est très bonne. -Merci.

-Elle est bonne, la tarte de Juliette.

-Tu l'as vraiment oublié, ton sac de rugby ?

-La ferme, andouille.

-On est heureux, pour Christophe.

-Vraiment ? -Il faut bien.

Et Antoine est charmant.

Quand notre fils nous a avoué son mariage avec Antoine,

on a quand même eu un petit choc.

-Moi pareil. Petit, mais un choc quand même.

-Puis on s'est dit :

"On n'est pas immortels." Même si on vous préférait, Juliette...

Ah si, ah si. Ne rougissez pas.

Si notre petit garçon est heureux comme ça...

-L'important, c'est que le "petit garçon" soit heureux

avec son ami garçon et ses autres copains garçons.

-On dirait...

Vous avez un air de ressemblance, dans le bas du visage...

Ou c'est une expression.

-Avec qui ? -Avec Antoine.

C'est une chance pour mon Charles, car il n'est pas physionomiste.

Il confond les gens.

Je vous comprends, parce qu'à votre place, si Charles et...

-Ca ne risque pas. -Non.

Mais j'aurais réagi de la même manière.

Ca doit être dur, quand on organise des mariages,

d'être célibataire, surtout quand son ex s'est recasé.

Mais il faut savoir enterrer la hache de guerre.

-Vous savez quoi, Monique ?

Je l'ai tellement bien enterrée, votre hache,

que je vais leur faire un cadeau pour leur putain de mariage.

Je vais l'organiser. -Oh ! C'est épatant.

Oh ! Vous êtes épatante.

-Je ne peux pas refuser. Le mariage, c'est son truc.

-Je ne veux pas qu'elle s'en occupe.

Je ne veux même pas qu'elle vienne.

-C'est la mère de mes enfants.

Refuser, c'est une déclaration de guerre, et je veux la paix.

Alors, je ne le ferai pas.

Et les enfants ne disent rien, mais c'est difficile, pour eux.

-Pour le lieu de la soirée... -C'est réglé. Il te l'a pas dit ?

-Non.

-Ce sera au château Miremont,

à Saint-Fortin.

Il y aura 75 invités et l'ambiance sera champêtre-chic.

-C'est ce qu'on veut. -Ca tombe bien.

Ca colle bien avec ma proposition de décoration de table.

Que penses-tu

des pivoines, tes fleurs préférées ?

-C'est hors saison. -Ah oui.

Je voudrais des roses jaunes.

-Sans ça, j'avais cette petite serviette.

-Jaune sur jaune ?

-Non, évidemment. Maintenant qu'on n'a plus les pivoines...

On élimine les serviettes. -Ce sont

des verres à bordeaux ?

-Pour le Pauillac.

-On boira du bourgogne, du Griotte Chambertin, domaine des Chausay.

J'ai commandé.

-Donc plus de verres à bordeaux.

Autre chose ?

-La salière...

-Quoi "la salière" ? -Elle est moche.

Hein, Christophe ?

-Excusez-moi, je... j'ai un appel à passer.

-Plus de salière.

Ces macarons à la framboise,

Christophe les aime. -Il les préfère au chocolat noir.

-Non. -Il adore ça.

-Non. Je le saurais.

-Tu le connais mieux que moi ? -Par coeur. Ca fait 18 ans.

Et vous, ça fait combien ?

3 mois ?

-Il ne t'aura pas échappé

qu'il a changé, récemment, non ? Donc ce sera chocolat noir.

Et je veux 2 figurines pour la pièce montée.

2 hommes qui s'embrassent. -Oui.

-A notre effigie. Un mini-Christophe

et un mini-moi. -Un mini-toi. Pas de problème.

-Et abstiens-toi de porter ton alliance.

...

-Tu crois que je serais invitée

au mariage ?

-Pourquoi tu veux y aller ? C'est plus ta famille.

On divorce. -J'ai toujours aimé Christophe.

Quentin et Zoé y seront et tu l'organises.

-Je n'ai qu'une envie, c'est de massacrer leur réception

ou de les étouffer en les gavant de macarons,

tous les deux.

-Pourquoi cette haine ? T'es pas heureuse pour eux ?

Sois pas si conventionnelle.

Tout ça parce qu'Antoine est un garçon.

-J'aime les conventions.

-J'ai pas l'impression que notre mode de vie "peace and love"

vous ait traumatisées, ta soeur et toi.

-Sophie voit un psy depuis 10 ans, et je divorce d'un homo.

Quelle réussite !

Je veux une vie stable pour mes gosses. C'est pas compliqué.

-Si. Apparemment, c'est de plus en plus compliqué.

Tu ne crois pas que des parents qui s'aiment,

même séparés, c'est plus important qu'une famille de carte postale.

-Peut-être, mais j'adore les cartes postales.

...

Quelqu'un approche.

Mais qu'y a-t-il, ma chérie ?

Qu'est-ce qu'il y a ?

Zoé pleure.

Chut, ma chérie. Qu'y a-t-il ?

Tu as fait un cauchemar ?

C'est ça ?

-On était dans les toilettes de l'autoroute

et on partait en vacances.

-Et que se passait-il ? -Il y avait moi,

papa et Antoine, et j'ai porté ta robe de mariée,

et quand je suis sortie des toilettes, ils étaient plus là.

-Ton père ne pourra jamais t'oublier nulle part.

Sois-en sûre.

-Tu n'en sais rien. Sans Antoine,

papa vivrait encore avec nous. -Ce n'est pas si simple.

-C'est ce que les grands disent quand les petits ont raison.

-Je peux te dire

qu'aucun des 2 ne portera

de robe de mariée. -Qui la portera, alors ?

-Ce sera un mariage sans robe de mariée.

Mais tu auras la plus belle robe.

-Avec des paillettes et des coeurs ?

-Peut-être.

Quand est-ce qu'on a cessé de s'aimer ?

-Je ne sais pas.

C'est venu petit à petit, non ?

-Il n'est pas trop tard pour annuler le divorce, si on veut.

-C'est quoi, ce plan foireux ?

-Reviens à la maison. On formait une vraie famille, tous les 4.

Tu me manques. Tu nous manques.

-Mais j'aime Antoine.

-Eh bien, tant pis. Reste avec lui, je m'adapterai.

C'est ça aussi, les couples modernes.

Reviens pour tes enfants. -Je reviens et je fais quoi ?

De la figuration dans le rôle du papa ?

Et je pars voir Antoine le soir ? -C'est sûr, dit comme ça...

-Me demanderais-tu ça si Antoine était une femme ?

Je l'aime, il m'aime, on va se marier. C'est simple.

-Bien sûr. Ca a l'air si simple pour toi.

Tu rencontres quelqu'un, tu me jettes et tout va bien ?

-Tu crois que c'est simple de tomber amoureux d'un homme,

d'être vu comme un homo par toi et les enfants ?

-Et moi, j'ai vécu pendant 18 ans avec un pédé. C'est simple, ça ?

-Tu ne t'occupes plus de notre mariage. On se voit chez le juge.

...

-On va organiser ce déjeuner.

-Thierry, ma voiture fait un bruit bizarre.

Comme tu m'as dit que je pouvais passer...

-Plus tard. Désolé.

-Vous venez souvent ici ?

C'est le meilleur. Et je ne dis pas ça parce qu'on est proches.

-Je suis occupé. Repasse dans 30 mn.

-Inutile. Je vais vous laisser... entre proches.

-On se rappelle ?

Promis ?

Qu'est-ce qui t'arrive ? Depuis quand on est tellement proches ?

Tu fais quoi, là ? Tu me prends pour un manche à couilles ?

-Un manche à quoi ? -C'est une expression.

Ca va pas, de me sauter dessus comme ça,

alors que tu te fiches de moi ? -Pas du tout.

-Arrête.

Tu veux juste te prouver que tu es encore désirable.

-N'importe quoi. Si c'était le cas, je prendrais le 1er venu.

-C'est ce que tu fais avec moi. Tu crois que je n'ai pas compris ?

Ben, désolé. Je ne suis pas un homme facile, moi, Madame.

-Personne ne t'oblige

à divorcer. -J'ai signé les papiers.

La convoc, chez le juge, c'est une formalité.

-Tu fumes, toi ?

-Hmm...

Depuis que je bois.

-T'as beaucoup picolé ?

-Si peu.

-T'es sûre que tu ne veux pas que je t'accompagne ?

-Allez, quand il faut y aller...

-Ciao, ma belle.

Courage. Et haut les coeurs !

-Bonjour. -Bonjour, Madame.

-Excuse-moi de te demander ça maintenant,

mais penses-tu que quand on sera installés, Antoine et moi,

on pourrait faire...

La garde des enfants une semaine sur deux ?

-"On" ? -Bonjour. Veuillez rentrer.

-Bonjour. -Bonjour.

Vous divorcez par consentement mutuel.

Tout est signé

et en ordre.

-Non.

Personne ne peut m'obliger. Je veux pas.

-Quoi ?

-Ma cliente est indisposée,

M. le juge.

-Tu as bu ?

-Je peux boire un verre, le soir,

en soirée.

J'avais pas envie de divorcer et j'ai bu

des coups.

-Vous divorcez ?

-Non. Je ne veux pas. Et lui,

me demander la garde des enfants

une semaine sur deux ! Ca, c'est hors de question.

Son Antoine, il me pique mon mec et il veut

me piquer mes enfants ?

-Qui est Antoine ?

Et cette histoire de garde ? -Antoine,

c'est son amant.

Il est parti avec un homme. -C'est sérieux.

-Y a pas que moi

qui se pose la question. -Il faut revoir votre dossier.

Le divorce est repoussé sine die.

-C'est petit, à l'arrière.

-Ca dépend de la taille de vos enfants.

-On n'a pas d'enfants, on a des chiens.

-Ca dépend de la race. Si ce sont des dobermans, évidemment...

-Non. Ce sont des bichons guinéens. Ils s'agitent.

-Je reviens.

Quoi encore ?

-Faut que tu m'aides. -Un client m'attend.

-Je suis désolée. J'aurais pas dû me servir de toi comme ça.

Juliette vomit.

-Waouh ! La voiture.

Ca va ?

Tiens.

Tu es enceinte ? -Mais non !

J'ai bu. C'est le vin de midi.

C'était le jour de l'audience pour mon divorce.

Christophe a demandé la garde alternée des enfants,

et ça m'a foutue en colère.

Et il a dit qu'il voulait se marier avec Antoine.

-Quoi ? -Du coup,

j'ai dit que je voulais pas divorcer. Il doit m'en vouloir.

Il doit être énervé.

-Je ne sais plus quoi te dire. Tu te rends malade.

Ton mec a viré

sa cuti et tu voudrais lui interdire de voir ses gosses ?

Tu sais quoi ? Nous aussi,

on devrait arrêter de se voir.

-Mais qu'est-ce que vous avez tous à vouloir me quitter ?

-Pose-toi la question.

...

Juliette pleure.

...

-Ca ne va pas ?

-Je suis une grosse merde. -Ne dites pas des choses comme ça.

-J'offre des mariages de rêve à des princesses d'un jour.

Moi, je n'ai jamais été une princesse.

Donc mon mari préfère vivre avec un homme.

-Vous n'êtes pas responsable de ça.

-Je me dis que quelque part, je n'étais pas à la hauteur.

Je n'étais pas une assez bonne épouse.

-Vous n'êtes ni coupable ni responsable.

-Je crois que votre mari a simplement parlé avec son coeur.

-Sauf que je suis une mauvaise personne.

J'ai tout fait pour faire ajourner le divorce.

-Vous avez mal agi une fois,

mais vous n'êtes pas une mauvaise personne.

Et on peut toujours se rattraper. -Comment ?

-Priez pour que le juge revienne sur sa décision,

bien que je ne sois pas

pour le divorce.

-La prière, c'est pas mon truc. Il n'y a pas plus pratique ?

-A ce moment-là, il faut réparer erreur après erreur.

Une connerie à la fois.

-Vous ne parlez pas comme un curé, vous.

-C'est un compliment.

Ouais, c'est du vin de messe. Ce n'est pas...

-Oui, Christophe ? C'est moi.

Désolée. Je ne sais pas ce qui s'est passé.

J'étais pas dans mon état normal. *-Je ne t'en veux pas.

-C'est vrai ? *-Hmm...

*Tu m'inquiètes. C'est quoi ce problème avec l'alcool ?

-J'ai aucun problème avec l'alcool.

*-Je prends les gosses à la maison. T'es pas en état...

-Quoi ? Tu peux pas faire ça.

Crissement de pneus.

*-Allô ? Juliette !

*Juliette !

-Madame, ça va ?

-Je ne sais pas, Antoine.

Oui. Je te rappelle. Bise.

...

Pourquoi tu as fait ça ?

Tu imagines, si...

Je m'en veux.

Je n'ai pensé qu'à ma gueule.

Je suis un égoïste. Mais tout va rentrer dans l'ordre.

Le téléphone sonne.

-Oui, mon amour.

*-Je vais revenir vivre avec toi

*et les enfants.

*On prendra le temps qu'il faudra.

*Tout ira bien.

Antoine raccroche.

-Non. -Quoi "non" ?

-C'est vrai qu'il y a quelque temps,

j'aurais rêvé que tu me dises ça. Mais heureusement pour nous,

tu ne l'as pas fait. -Comment ça ?

-En valdinguant, tout à l'heure, j'ai compris.

Tu ne m'aimes plus.

Plus comme avant.

Et moi, c'est pareil.

Je n'ai pas tenté de me foutre en l'air, j'ai juste été

un peu irrationnelle, ces derniers temps.

Mets-toi à ma place.

Tu refais ta vie, tu es amoureux...

D'un homme, en plus !

Ce n'est pas évident.

-Je sais. -Si ça avait été

une femme, tout le monde aurait trouvé normal que je la déteste.

Mais parce que c'est un homme, je dois trouver ça formidable.

Non.

-Tu le détestes ? -Même pas.

Il est super sympa,

super beau, super intelligent, super belle-mère.

En plus,

il a déteint sur toi.

Maintenant, tu as beaucoup plus

de qualités et c'est même pas moi qui en profite.

-T'es vache, là. Les qualités, je les avais avant.

Tu ne les as pas vues. -Pas autant.

-Peut-être les fringues. Ca, c'est lui.

-C'est sûr.

-Je lui ai dit : "M. le juge, il faut prononcer le divorce."

-C'était où ? -Je suis allée au tribunal.

Le truc, c'est que je lui ai dit que tu buvais.

Il va revenir sur sa décision, à une condition.

Que tu fasses les 12 étapes des Alcooliques anonymes.

-Non. Tu déconnes ? -Mais oui, je déconne !

Je peux être très persuasive.

-Tu as fait comment ? -Ce qui compte, c'est le résultat.

Il semblerait que j'aie avancé des arguments convaincants.

J'ai été surprise et étonnée qu'il dise oui si facilement.

-Je vais pouvoir rattraper mes conneries ? Merci.

-Où tu vas, là ? Ce n'est pas fini.

-Oh, pardon. Merci.

-Au revoir.

-Coucou. Je voulais te le dire en personne :

le juge va nous divorcer en temps et en heure.

Ben, quoi ? T'es pas content ?

-Antoine est parti.

-Comment ça, "parti" ?

-Il s'est tiré, si tu préfères.

Il m'a laissé ça.

-Oh...

Oh non.

Je suis désolée.

Aïe.

Bonjour. Je cherche Antoine.

-Vous êtes Juliette ? -Oui.

Les présentations sont faites. Antoine est chez vous ?

-Il est au 1er étage.

-Et contrairement à ce que vous pensez, on ne vous juge pas.

-Contrairement à ce que vous pensez, moi non plus.

Antoine, c'est Juliette.

Ouvre. Il faut que je te parle.

Je sais que tu es là, tes amis me l'ont dit.

C'est des conneries, ce que tu as entendu.

-Il aime encore sa femme.

-C'était de la pitié. C'est un type bien.

Il voulait même revenir avec moi, pensant que j'allais me suicider.

C'est toi qu'il aime. Et je suis une salope.

-Oui. Toi, tu es une salope.

-Le divorce sera prononcé.

Vous vous mariez

le 30 mars.

T'es jamais tombé amoureux d'une fille ?

-Jamais.

Petit, je rêvais au prince charmant, pas à la princesse.

Ca catastrophait ma mère qui me disait : "N'en parle pas à papa."

Je rêvais d'un prince charmant avec un beau cheval blanc,

qui m'emmènerait dans un pays merveilleux.

-Remarque, moi aussi, je rêvais du prince charmant.

Mais, moi, le mien, il avait un cheval plutôt gris.

-Puis j'ai rencontré Christophe, un homme que j'adore.

Avec tes enfants que j'adore.

Puis je me suis dit que moi aussi, j'avais enfin droit au bonheur.

Quelqu'un entre.

...

-Je te dérange ?

-Qu'est-ce qui t'amène ?

-Devine.

-C'est pas possible.

-Comment ça ?

-Mon gars n'est pas libre et j'ai de la compta

en retard.

Tu veux le numéro d'un collègue ?

-Non merci.

...

-Bonjour. -Bonjour.

-Je suis une amie d'Antoine.

-Entrez. Pour une fois que je rencontre une amie de mon fils !

Ca me fend le coeur

de pas assister à ce mariage. -Venez sans votre mari.

-Je n'ai pas le choix.

Il ne veut pas y assister, il ne veut pas le célébrer.

-Si Antoine avait choisi une autre mairie, j'aurais pu y aller.

-Il peut se marier là où il a grandi ?

-Ce n'est pas si facile, vous savez.

Si vous filmez la cérémonie, vous m'envoyez la vidéo ?

-Oui, mais vous devriez réfléchir, quand même.

Bonjour. Je souhaite voir M. le maire.

-Il ne reçoit que sur rendez-vous. -Je suis ici que pour la journée.

Je peux l'attendre ? -Sur rendez-vous uniquement.

-Vous pouvez peut-être faire une exception ?

-Non. C'est le règlement.

-Et il est tout seul, là, M. le maire ?

-Oui. Il travaille. -Alors, je vais en profiter.

-Mais Madame, je vous ai dit...

-Qu'y a-t-il ? -Je suis l'ex-femme de Christophe,

le fiancé d'Antoine.

-Que voulez-vous ? -Il va se marier

fin mars, ici,

et sa mère n'y assistera pas parce que vous avez décidé

que 2 hommes peuvent pas s'unir. -Ca ne vous regarde pas.

-Tout de même !

-J'appelle la police.

-Non.

C'est une bonne intention, mais vous ne connaissez rien

de notre vie. -Lui et Christophe ont surmonté

beaucoup d'obstacles pour vivre leur amour. J'en étais un.

Ne commettez pas la même erreur que moi.

...

-Waouh !

Dans l'autre sens !

-Oh !

-Waouh ! Oh oh oh !

-Ouais !

-Celui-là est pas mal, non. -Je préfère le sien.

Pourquoi tu ne veux plus me parler ?

Même pour réparer ma voiture. -Surtout pour réparer ta voiture.

Tu veux quoi ? -Que tu m'accompagnes

au mariage. -Ah, c'est ça.

Pour faire enrager ton mari ?

-C'est vrai,

je me suis servie de toi.

Oui, je le regrette et je te demande pardon.

Recommençons tout

à zéro.

-Je vais la réparer, ta bagnole.

-Mais elle n'est pas cassée.

-Bon, je vais y aller.

C'est l'heure.

Moi, je ne veux pas rater le plus beau jour de la vie de mon enfant.

-Françoise, on en a déjà parlé. -Je sais !

Tu ne veux pas célébrer ce mariage, ton adjoint s'en charge.

Tu veux que je te dise, Richard ?

Ne le prends pas mal.

Tu m'emmerdes.

Tu me fais chier. Depuis le temps que ça me démangeait !

Tu nous fais chier avec tes préjugés.

En vieillissant, tu ressembles à mon père.

Si je l'avais écouté, on ne se serait jamais mariés.

Tu avais mauvais genre, seulement, moi, je t'aimais.

Je ne pouvais pas laisser

mon père m'empêcher d'épouser l'homme de ma vie.

Et tu sais quoi ?

40 ans après, je ne regrette rien,

car je t'aime comme au 1er jour.

Tu vas faire

une grosse connerie.

Peu importe l'âge, le sexe.

ce qui compte, c'est l'amour.

Christophe et Antoine, ils s'aiment.

Tu es sûr

de ce que tu fais ?

Tant pis pour toi.

-Ce n'est pas dans ma philosophie.

-Ce mariage est mieux que le 1er ?

-Oui. C'est Juliette qui l'a organisé.

-Bonjour. -Bonjour.

-Bonjour.

-Vous êtes ensemble ? -Depuis votre divorce.

-Je t'avais dit que j'avais des arguments imparables.

-(Hé... super.)

-Veuillez vous lever.

-Vous pouvez vous asseoir.

Mesdames, messieurs, nous sommes ici pour célébrer,

dans la joie, le mariage de Christophe Baroux

et d'Antoine Lavant.

J'aimerais débuter cette cérémonie par un discours personnel

en vous parlant,

d'abord d'une rencontre, et ensuite de retrouvailles.

-La place est libre ? -Oui.

-Vous m'avez fait me rendre compte des fautes que j'avais pu faire

au nom de principes qui ont peu à voir avec la réalité de la vie

et de l'amour.

-La blondasse est pas avec toi ? -C'est ma plus grosse cliente.

-Or, quoi de plus important que l'amour, l'amour de 2 personnes

qui s'unissent, peu importe leur sexe,

mais aussi l'amour d'un père pour son fils

et d'un fils pour son père.

Merci de m'avoir fait grandir, malgré mon grand âge.

C'est donc avec bonheur et émotion

que je vais avoir l'honneur de célébrer aujourd'hui

le mariage d'Antoine et de Christophe

Antoine, j'ai toujours rêvé d'un grand mariage pour toi,

que je célèbrerai moi-même. Aujourd'hui, mon rêve est exaucé.

Certes, j'avais rêvé d'un doigt un peu plus fin

pour l'anneau nuptial, mais finalement,

ce n'est qu'un détail.

Mon fils,

je suis fier de toi, aujourd'hui,

du courage qui t'a poussé à préférer la vérité

à l'hypocrisie que je t'imposais moi-même.

Du fond du coeur, je te demande pardon.

Et à vous aussi, Christophe.

Non.

Attendez d'être mariés.

Procédons à l'échange d'alliances.

Merci.

J'ai besoin de la signature

des époux.

Voilà. Maintenant,

vous pouvez vous embrasser.

Sifflets, applaudissements et cris enthousiastes des convives.

...

-C'était qui la femme blonde ? -La patronne d'une agence

d'événementiel, ma plus grosse cliente.

-Répète. J'aime bien entendre ça. -Je te répète.

C'est la patronne d'une agence d'événementiel,

ma plus grosse cliente.

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