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Pourquoi avoir sculpt� la roche?
Je veux parler des visages des Pr�sidents sur le mont Rushmore.
Pourquoi ont-ils fait �a?
Pour sculpter de grands visages? Pour laisser une trace?
Pour laisser une trace.
Ces personnes,
ce sont les p�res fondateurs.
Alors on va sculpter leurs visages sur cette montagne, que �a plaise ou pas.
Le mec s'est point� et il a commenc� � buriner le nez,
Ies yeux et tout �a.
Qui lui a donn� la permission de faire �a?
�a a peut-�tre foutu les lndiens en rogne de voir la gueule du mec sur la montagne.
Pourquoi il s'est pas fait arr�ter?
Je vois pas de diff�rence.
C'est pas ta putain de montagne que tu burines.
C'est pas vraiment une d�pendance, mais plut�t une maladie.
Quand tu commences, tu te contr�les plus. Si tu comprends vraiment ce que tu fais.
D�s que tu peins ton premier tag, tu sens que tu aurais pu faire mieux.
Et tu dois continuer.
La r�p�titivit� te rend accro.
Chaque fois que tu en peins un,
tu t'approches un peu plus de ton but, quel qu'il soit.
Le graffiti, c'est �tre aim�, ha�, ce que tu veux, �tre juste reconnu.
Les ego, les rivalit�s, la jalousie, la loi,
Ies maladies, les blessures, la haine, la violence.
Le graffiti, c'est �a.
Je crois qu'il y a beaucoup d'id�es fausses � propos du graffiti.
C'est n'importe quoi de dire que le graffiti est black,
ou de dire que le hip-hop est le moteur du graffiti.
Il ne s'agit pas d'un type de personne. Le graffiti va au-del� de �a.
Il ne s'agit pas de moi, mais juste d'un nom.
C'est un alter ego qui raconte sa propre histoire.
Le graffiti, c'est juste dessiner sur des murs.
Tout a commenc� par le fruit d�fendu, maintenant, on a les graffitis.
Les gens doivent braver les interdits.
Je peins des graffitis, il faut vous y faire.
O� est
Ia strat�gie de repli en Irak?
C'�tait ma premi�re question. La deuxi�me est tr�s simple.
Pourquoi j'ai commenc� � faire des graffitis?
J'�tais le genre de gosse qui voulait attirer l'attention en classe.
� la maison, je sais pas, je pense juste que j'avais peur,
je n'avais pas la libert�
de parler ou d'agir comme je voulais...
EARSNOT Fondateur d'lRAK
Je jouais de la fl�te.
Mais mon p�re m'a forc� � arr�ter
pour me punir apr�s avoir eu des probl�mes.
La seule chose que j'aimais, on me l'a enlev�e. Alors...
C'est ce que repr�sentait le graffiti,
c'�tait la seule chose qui me permettait
de m'�vader et d'�chapper � ma vie quotidienne.
J'ai vu un mec dessiner �a sur du papier, et je me suis dit : "Mortel!"
J'arrivais pas � faire �a, j'�tais d�go�t�.
J'ai commenc� � en voir partout et j'ai pens� : "Putain!"
Je trouvais �a trop sexy, et j'�tais un adolescent en chaleur.
On va faire un tour.
On pouvait avoir des probl�mes.
Il m'�tait d�j� arriv� de voler, mais �a! Dessiner ces trucs.
�a pouvait mal finir.
Tu pouvais avoir de s�rieux probl�mes, c'�tait dingue.
Le tag, c'est l'essence du putain de graffiti.
Quel que soit l'endroit o� il est, surtout � New York,
quelqu'un va le voir.
Des m�mes que je connais m'accostent en disant : "Yo, Earsnot, c'est toi?
"J'ai vu ce tag sur les berges. Earsnot, je savais pas ce que c'�tait."
C'�tait la premi�re fois que j'entendais �a. C'�tait plut�t...
C'�tait plut�t cool, j'adore ce sentiment. C'est quoi? �a fait...
Et apr�s, tu te sens comme �a...
J'�crivais Earsnot de mani�re tr�s lisible.
Je voulais que tout le monde voie �a.
C'�tait pas... C'�tait pas juste pour les tagueurs,
c'�tait pour tout le monde.
Le tag, c'est ta signature, ta marque de fabrique.
Les lettres. Les fresques...
Et faire un mur en entier...
C'est la m�me chose qu'un livre de coloriage.
Mais le tag, c'est le plus important.
C'est le top, tu �cris de courts messages.
On pouvait voir le point de d�part des tagueurs.
Les tags t'aident � suivre leurs parcours.
Tu finis par les rencontrer.
"Yo, tu es pass� par Elmhurst, non?"
J'adore �a.
Ce truc est vraiment intemporel.
En plein jour c'est simple, en ville.
Tu rep�res les tags, c'est trop bien.
Les mecs en costard se disent : "J'avais pas vu �a."
J'adore �a, surtout quand je vois un flic. Je me sens...
J'�cris mon tag... Fini. Je fais les contours, je souligne, je dessine une �toile.
Je vois o� il est, je sais que je me ferai pas choper.
Tu piges?
Comme la plupart des autres tagueurs,
personne ne me dicte ma conduite.
Tu veux enfreindre la loi.
Tu prends le risque de te faire arr�ter, et tu adores �a.
On aime les ridiculiser : "Vous savez que je vais recommencer,
"que j'arr�terai pas et vous pouvez rien y faire.
"Je vais y aller � fond."
On peut �crire des lois. �a veut pas dire que tout le monde va les respecter.
Des gens viennent quand je tague un mur,
TOOMER Fondateur de T.K.O.
ils disent : "C'est super. J'aime les couleurs
"et les animaux que tu as incorpor�s,
"le seul truc qui craint, c'est le tag. "
Je leur r�ponds : "C'est la m�me chose."
�a commence par un petit tag.
Le tag donne naissance � des throw ups,
puis � une fresque, et �a finit par recouvrir le mur entier.
Et si j'avais pas fait ce tag, j'aurais pas pu faire ce mur.
T�L�PHONE
J'ai d�couvert Toomer en 1992.
GKAE A.W.R., M.S.K. Graffeur
J'�tais pas all� dans le centre ville de L.A. pendant des mois.
Mon pote Bus et moi, on allait jeter un coup d'oeil.
Pour voir les graffitis.
Et ce mec avait tout bousill�.
On est pass�s par Broadway, par le centre ville,
par toutes les rues principales, sa signature �tait partout.
C'�tait une sorte de blague.
Plus tard, je l'ai rencontr�
et c'est un des mecs les plus sympa que je connaisse.
�tre un graffeur, c'est d�fendre son putain de nom.
C'est �a, il s'agit pas juste d'�crire sur un mur ou de faire une fresque.
Ou de peindre dans ton jardin et d'envoyer la photo.
Le graffiti devrait rester ill�gal. C'est de l� qu'il vient.
Tu vas au zoo et tu y vois un tigre.
Mais il est apprivois�.
Le graffiti n'appartient � aucun cadre.
Il appartient aux ruelles, aux trains.
L� o� il peut rester � l'�tat sauvage.
Voici mon bureau.
L.A. est un mus�e, comme les rues de New York.
C'est pareil pour les rues de Chicago.
� Los Angeles, tu peux te balader le long de la voie ferr�e,
et tu verras ces oeuvres sur les murs le long de la voie.
Gratuitement.
Tu paieras peut-�tre pour �tre au mauvais endroit.
�tre graffeur � Los Angeles, �a signifie
que les gangs et les flics ne t'aiment pas.
Alors tu es dans une sacr�e merde si tu vis dans les quartiers difficiles.
Tout le monde ici conna�t la sensation qu'on �prouve
en posant ses mains sur le capot d'une caisse de flic
qui a patrouill� toute la journ�e sous le soleil.
Ils t'obligent � poser tes mains dessus. Ils savent que c'est chaud.
C'est ma deuxi�me arrestation pour graffitis.
J'assume les cons�quences.
Je suis pas du genre � mettre �a sur le dos de la soci�t�.
Je l'ai fait, je suis all� en taule. J'ai recommenc�, j'y suis retourn�.
GLOlRE
Tu meurs. Tu vas au paradis, tu y cherches un coin o� taguer.
Me voil�, en train de casser une pi�ata. L�, j'en brise une autre.
L�, c'est la cons�quence de ces pi�atas.
Encore une pi�ata. Regarde � quel point c'est violent.
Les adultes sont violents.
Une pi�ata �clat�e...
Encore une autre.
Une autre. La violence est venue de l�.
Je connais cet enfoir� depuis qu'il est grand comme �a.
Il veille sur moi et je veille sur lui.
T.K.O. n'est pas un gang.
On n'est pas non plus des enfants de choeur.
C'est un groupe de barbares qui vandalise ou peint des graffitis.
� l'origine, le nom de T.K.O. �tait Total K-O.
Il y avait beaucoup de gangs, dont deux principaux.
Ils croyaient que j'�tais de l'autre gang,
ils me prenaient toujours pour un ennemi.
Ils voulaient m'attaquer.
- T'as pris combien de balles? - J'en ai re�u cinq.
Une ici. Une l�. Dans le bras.
Dans la t�te. Et dans la poitrine.
Alors on s'est mis � tra�ner ensemble,
� se prot�ger, �a a commenc� comme �a.
L'union fait la force.
Il y a des graffeurs au Canada.
Sur la c�te est, dans le Midwest, dans le sud, partout sur la c�te ouest.
Rien � faire, je peux pas m'en d�barrasser.
VANDALES
Rien n'est planifi�. �a se passe et c'est tout.
Je me rase pas la t�te en signe d'appartenance,
mais parce que c'est moins cher
que d'aller se faire couper les cheveux chez le coiffeur chaque semaine.
Les graffitis de gangs servent � marquer leur territoire.
Le graffiti, c'est marquer ton nom partout pour que tout le monde sache �a :
"Je suis pass� par ici. Et je vous emmerde."
Pouvoir - Argent - Sexe...
Le pouvoir, l'argent, le sexe. C'est �a qui contr�le les filles.
- C'est quoi? Un marteau rose? - Oui.
On bosse avec Claw parce qu'elle fait des super fringues.
D�TESTE-MOl
FAlS CE QUE TU VEUX
Et elle nous offre un style unique.
C'est un peu comme �tre une superstar en ville.
Je m'appelle Claudia, mon surnom vient de l�.
ON NE SERT QUE KASHER
Quand j'avais environ huit ans, le fr�re a�n� de mon copain
est arriv� � la maison, il �tait d�fonc� et il a dit : "Regardez, c'est Claw."
� une �poque de l'histoire de New York o� tout a �t� fait,
SACHA JENKlNS Journaliste et Graffeur
Ies trains ne sont plus l�, les gens doivent rester cr�atifs
et int�ressants, et, une ic�ne qui repr�sente
ce qu'�tait son nom, c'�tait passionnant.
Le fait que ce soit une ic�ne cr�e une attraction de masse
WEST Graphiste, Pr�sident de F.C.
que n'ont pas les tags et les throw ups les plus lisibles.
C'est un symbole puissant et c'est tr�s direct.
Je pose ma griffe, et je veux la voir partout.
Si tu sais pas te servir d'une bombe, tu peux pas faire de fresque. Laisse tomber.
Si tu cherches pas � �crire ton nom partout, le graffiti, c'est pas pour toi.
Parce que le graffiti, ce n'est pas juste de beaux dessins.
Tout �a, �a ne reste qu'apparences.
Comme si on �tait des artistes.
Mais pour atteindre ce stade,
il faut passer des ann�es dans la rue,
se faire un nom et une r�putation.
La premi�re fois que j'ai vu sa griffe,
j'ai pens� que la mode,
DAZE Graffeur sur Trains
Claw, son vrai nom,
sa personnalit� en tant qu'individu. Tout collait.
Cette ic�ne �tait parfaite.
N.Y.C. - L.A. - "1RE CLASSE"
� sa mani�re, c'�tait unique, mais �a r�sumait qui elle �tait.
Qui elle est.
Petite Maquerelle Scato. Pouvoir, Mecs, Sexe.
Peindre Mes Songes. Potion Magique Stup�fiante.
Punir Mes Semblables.
TUE L�CHE-MOl LA QUEUE!
COUTEAU LE SKATE OU LA MORT
EN CAVALE T.C. 5
PROPRl�T� PRlV�E lNTERDlT
REVlENS, PETlT! F.C.
Elle a fait �a au lyc�e.
Claudia �tait une fille bien.
Mais elle a fait des choses qu'elle n'aurait pas d� faire.
DENlSE M�re de CLAW
En grandissant, et surtout � l'adolescence...
Elle changeait d'humeur. Elle se braquait d'un coup.
JOHN Oncle de CLAW
- Vous voyez ce que je veux dire. - Tr�s rebelle.
Tr�s rebelle.
Mon autre fille est m�decin.
Elle n'a pas fait le meilleur choix.
Elle doit ouvrir les yeux.
GABRlELLE Soeur de CLAW
Si elle se faisait encore arr�ter, ce serait la troisi�me fois.
Et qui sait ce qui se passerait � partir de l�.
Je pense que j'ai un peu plus les pieds sur terre.
Parce que...
D�sol�e. Bernard, arr�te de faire �a.
La prison, ce n'est pas fait pour elle.
Elle se fait un peu vieille pour �a.
Claudia, en ce qui concerne son art, son occupation,
ne m'a pas dit exactement ce qu'elle fait.
Elle a peut-�tre peur que je me fasse encore plus de souci.
Je n'ai pas envie d'en parler.
J'ai m�me pas voulu essayer.
Ma m�re a sa vision des choses, et...
Non, �a n'a rien � voir avec �a, je t'en prie.
Je n'ai pas appris � aimer les graffitis.
Je ne crois pas qu'elle aime �a.
Je me souviens bien de sa r�action : "Peins donc un arbre ou une fleur.
"Pourquoi toujours �crire ton nom? C'est immature."
Tu produis des graffitis?
Si elle les produit? Elle les peint.
Je ne lui en ai jamais vraiment parl�.
Elle ne comprendrait pas.
Mais je ne lui en ai peut-�tre jamais laiss� l'occasion.
Je crois qu'elle ne me dit pas o� elle va car si je le savais,
j'irais l�-bas et je la ferais monter de force dans la voiture.
Alors c'est peut-�tre pour �a qu'elle ne m'en parle pas.
Plus jeune, quand j'allais � Manhattan avec mes amis,
on prenait le m�tro, c'�tait au d�but des ann�es 1980,
c'�tait l'�ge d'or des trains.
Pour un adolescent qui se rendait � Manhattan,
tu montais dans ces voitures et tu �tais impressionn�.
Voyager dans une galerie d'art ambulant, c'�tait incroyable.
Sud du Bronx, N.Y.
Il y avait quelque chose qui me manquait dans la vie.
Je n'avais pas l'impression d'�tre l�.
Et je voulais vraiment me prouver
que j'�tais bien r�elle, que c'�tait mon nom.
La graffiti a �touff�
Ie sentiment d'ins�curit� que je ressentais.
J'avais le sentiment que je pouvais tout faire.
Tu marches, sans personne autour de toi. Tu es dans ta petite bulle.
C'est un sentiment �trange d'osmose avec ce qui t'entoure.
Tu choisis un endroit et il t'appartient.
Je m'occupais de mon mur.
Par erreur, quelqu'un a cru que je dormais.
Que je ne m'occupais plus de mon coin.
Mais cette personne avait tort.
Je pouvais pas
Iaisser passer �a.
Les tagueurs de trains ont fait mon �ducation.
Et on m'a appris que si quelqu'un a un coin,
on ne peut pas lui prendre, sauf s'il t'a manqu� de respect.
Des throw up se greffent sur le tag,
VE TE FAlRE FOUTRE
et une fresque sur les throw ups.
Il y a tant de r�gles, de r�glements, c'est dingue.
Tout le monde ne les suit pas, mais moi, si.
Mes potes de N.B.S.
Enlever �a va me prendre deux secondes.
Une fois, je travaillais � Crenshaw,
et tout � coup, j'entends une voiture p�tarader.
J'ai trouv� une balle dans le panneau. Apparemment, quelqu'un
avait essay� de me tirer dessus.
TRAVAUX SUR LA ROUTE
Autoroute 10, Los Angeles
Je vais le laisser pour le moment.
Je n'arrive pas � lire qui c'est,
et puis, je veux voir s'ils vont recommencer.
Joe Connolly, la gu�rilla anti-graffiti.
MAlNTENANCE
JOE CONNOLLY GU�RlLLA ANTl-GRAFFlTl
En neuf ans, personne ne l'a jamais tagu�.
Celui qui fait �a a int�r�t � quitter le mouvement du graffiti.
Je n'aurai de cesse, jour et nuit, d'effacer tous ces graffitis.
JOE CONNOLY Gu�rilla Anti-graffiti
J'ai parl� � un grand nombre de graffeurs.
Je leur donne ma carte,
je les invite dans mon quartier, j'efface leurs tags.
Rien de personnel, ce sont les affaires.
Certains n'aiment pas ce que je fais.
Je m'en fous. Je suis vigilant. �a fait une grande diff�rence.
Il aime les confrontations.
Voisin de JOE
Il a fait beaucoup. Il a nettoy� tous les graffitis,
et il a aid� � faire baisser le taux de criminalit�.
On aime Joe. C'est un type bien.
Quand j'ai commenc�, les maisons ici valaient 189 000 $.
Ce type a vendu sa maison pour 1 400 000 $.
Un gamin tague dans ce coin.
Il tague tout sur le chemin de l'�cole.
Il tague tous les panneaux du coin
avec un crayon gras.
Le voil�. L�. Tu vois?
Il est plus adroit maintenant, le trait est fonc�.
Ses vieux tags sont effac�s.
Je vais prendre une photo, aller � l'�cole
et demander � tous les gosses qui est B.L.T.
Et je sais qu'il ne s'agit pas du nom d'un sandwich.
Et ils me diront qui c'est,
j'irai discuter avec lui chez ses parents.
Et on ne le verra plus dans mon quartier.
Prends un gosse,
PHlLADELPHlE - R�SEAU ANTl-GRAFFlTl
tu l'engueules dans son �cole pour les graffitis
et tu crois lui causer des probl�mes.
Mais tu viens d'en faire un h�ros aux yeux des autres gosses.
Maintenant, il est c�l�bre.
C'est un dur. Il est cr�dible.
Anti-graffiti, aucune tol�rance, et regarde � qui ils ont donn� �a.
Nubien Marteau, Nulle Merci,
ENEM O.T.M., W.A.B. Vrai M�chant de Luxe
Neuf Millim�tres, Nymphomane.
Ce sont les surnoms que je me suis donn�.
On m'a aussi appel� : "Naze M�diocre", "Nul � Mourir",
ce genre de trucs.
Philadelphie
On est � Philly, ici, les graffitis fleurissent.
Pas facile de faire son trou � Philadelphie.
Le graffiti de Philadelphie
est un m�lange entre le graffiti et le tag.
Le tag est pr�pond�rant ici.
DENSKl Ami d'ENEM, Graffeur
Quand je vois les trac�s � la main, c'est �a qu'on appelle le tag.
Je crois que c'est le style d'�criture qui domine ici.
� Philly, tu te rends compte que tu peux faire �voluer �a.
Il y a peut-�tre huit ou neuf diff�rents types de tags
que tout le monde doit apprendre.
Je n'ai jamais vu �a ailleurs dans ce pays ou dans le monde,
MEEZ Ami d'ENEM, Graffeur
ici, les gens �crivent leur nom aussi grand qu'ils le peuvent,
mais malgr� la taille, �a reste un tag.
Celui-l� est plut�t net, alors il faut juste que je...
De lui donner un peu plus de profondeur.
Je veux troubler les gens,
je veux pas que tout le monde puisse lire �a.
Voil� comment on �crit � Philly.
On a des lettres qui montent et d'autres qui s'�talent.
Voil�, "N.M.", avec une couronne, bien s�r.
Il y a des lettres si compliqu�es
que sym�triquement, elles forment un coeur.
Le centre est tr�s serr�, mais le haut et le bas sont d�color�s.
On dit que les extr�mit�s sont d�color�es.
Ensuite, je trace un visage souriant,
un p�tard dans la bouche, une petite couronne.
C'est mon nom � l'envers.
Entre guillemets.
On accentue un peu, et voil�.
C'est mon nom, Enem, mais des �l�ments pour le rendre moins lisible
sont ajout�s � tout �a.
Voil� une signature ind�chiffrable.
C'est celle de mon pote, Bate.
On essaie juste de remplir ces cahiers.
�a remonte � l'�poque o� on �tait en contact avec d'autres mecs.
On tra�nait avec diff�rents artistes.
J'ai grandi dans un quartier pluriethnique.
Germantown, c'est vraiment le top.
C'est pas loin des beaux quartiers,
mais on y trouve encore du crack.
On a r�alis� tr�s t�t que les exp�riences
pouvaient �tre nos mentors.
Alors je n'avais pas vraiment besoin...
d'un mod�le masculin.
Je faisais de l'athl�tisme, je jouais au basket,
mais �a ne m'int�ressait pas plus que �a.
C'�tait dur de vraiment sortir du lot.
Je trouvais mon nom si cool, je voulais l'�crire partout
avec ce tag "Enem".
Je pensais que les gens m'aimeraient. Ils m'ont d�test�.
Mais je dois l'admettre, mes tags �taient nazes.
Je ne contr�lais pas vraiment ce que je faisais,
mais j'adorais la peinture en bombe.
Un mec qui taguerait la ville de fond en comble.
C'est ce que je voulais �tre.
Je vivais pour �a. Je sortais voler de la peinture,
je rentrais, je cachais ma peinture.
Ma m�re essayait de me surveiller, mais je filais.
Elle avait trouv� ma peinture : "O� est ma peinture?"
Et elle r�pondait : "Quelle peinture?"
Il a eu des ennuis avec la police,
TRUDl M�re d'ENEM
j'ai d� aller le chercher en prison
pour d�gradation, et j'�tais furieuse.
� cette �poque, je n'arrivais pas � associer cela
avec le petit gar�on de sept ou huit ans
qui voulait obtenir les droits des personnages de dessins anim�s.
Ce que j'appr�ciais, c'est que cela le passionnait,
�a n'�tait pas pr�t de le quitter,
il cherchait toujours l'opportunit� de peindre.
Mais c'est � la m�me �poque que beaucoup de choses arrivaient
aux jeunes de certains de ces quartiers.
Et j'ai eu peur, j'ai eu peur pour mon fils.
Elle me demandait de ne rien taguer dans ce quartier.
�a lui faisait mal aux yeux.
Elle ne voulait pas voir �a tous les jours.
Parce qu'� un moment, j'�tais devenu dingue.
J'avais tagu� partout...
L'itin�raire du bus du coin.
Les gens devaient voir que c'�tait mon itin�raire.
C'�tait mon �criture. Personne ne peint l� o� je peins.
Tu prends le bus, le tram, le m�tro, c'est ton itin�raire.
Ton parcours du d�but � la fin.
Tu dois faire des throw ups, pas juste des tags.
Des initiales, mais aussi des fresques.
Il faut montrer jusqu'o� tu peux aller.
Les m�mes feront des throw ups partout.
"Je suis le roi des throw ups."
�a fait partie du jeu.
�a revient � dire que t'es le meilleur joueur de base-ball au monde,
mais tu sais pas frapper, juste lancer.
T'es pas le meilleur joueur. T'es peut-�tre le meilleur lanceur,
mais t'es pas le meilleur joueur de base-ball.
Parfois on gardait sur nous une lettre bidon
disant que le proprio �tait d'accord, au cas o� les flics viendraient.
Ou si on n'avait pas �a, on leur disait :
"Vous croyez vraiment qu'on serait l�, en plein jour, sans permission?"
Le long de la rue, tu vois que �a.
Enem. Enem. Enem. Enem. Enem. Enem.
Tu tournes et tu vois une fresque.
Tu regardes les toits, tu vois des initiales.
Et pas juste � la bombe. J'ai grav� mon nom sur des fen�tres,
j'ai utilis� des marqueurs, des autocollants.
Tout ce qu'il fallait. Je suis l'escroc du nord de Philly.
J'ai peint tout le quartier.
C'est pas le seul cadavre ici, crois-moi.
C'est incroyable le nombre de gosses
LYNN M�re de SABER
qui s'int�ressent aux oeuvres de Saber, de ses amis et d'autres,
mais ils ne savent m�me pas qui il est.
Certains gosses croient qu'il est hispanique,
d'autres croient que c'est un Noir ou un petit Blanc.
Certains gamins croient qu'il a 16 ans, d'autres le croient plus vieux.
J'ai entendu dire que j'�tais mort, plusieurs fois.
Les rumeurs font partie du graffiti.
Salut, ma belle.
Il y a ce mythe.
Il lui colle � la peau, mais �a ne repr�sente pas vraiment
qui il est.
GRlME Graffeur et Tatoueur
Il est tristement c�l�bre.
Il a un alter ego extraordinaire
en raison de son nom et de ses oeuvres.
Les effets de laser et de r�fraction. C'est sa r�putation.
Et c'est un pervers.
Le jour o� j'ai choisi mon nom,
c'�tait le lendemain de ma premi�re exp�rience sexuelle.
J'ai vu les lettres et j'ai pens�
que c'�tait la meilleure combinaison.
Le "S" pour commencer.
Le "A" est magnifique.
Un "B" au milieu, pour la sym�trie.
Avec les boucles qui se referment. Le "E" contrebalance le "A".
Et puis le "R", pour finir. C'est une combinaison d�mente.
C'est ce que je pense.
Je me baladais avec ma copine, je lui tenais la main, on traversait.
Et elle se fait renverser par une voiture.
Elle �tait allong�e au milieu de la route, sa t�te saignait.
Et au m�me moment, je regarde de l'autre c�t� de la rue
et je vois le mec qui m'a donn� mon nom se faire attaquer
par une bande de gangsters.
En fait, le monde f�minin et celui du graffiti
s'ouvraient devant moi dans une sorte d'ouragan. Je me suis dit :
"C'est ce qui m'attend durant... Le reste de ma vie."
Quand je l'ai tatou�, il s'est l�ch� et m'a racont�
toutes ces choses refoul�es au fond de lui.
C'�tait la temp�te d'�motions de Saber.
Mes parents sont des artistes, ils ont �tudi� � l'Art Center.
J'ai grandi � l'Art Center o� je voyais de super dessins, des mod�les de voitures.
J'ai tout improvis�.
J'avais une id�e g�n�rale, mais rien de sp�cifique.
Je me suis mis � coller des formes sur la voiture.
C'est trop agressif, je dois att�nuer �a.
Il dessine tous les jours depuis qu'il a deux ans.
C'�tait quelque chose qu'il devait faire, ou sinon,
il devenait tr�s irritable.
Pas de fr�re ou de soeur pour me taper.
Je passais beaucoup de temps seul.
Je me rappelle m'�tre battu au C.P.
pour d�cider qui �tait le meilleur artiste de la classe.
J'�tais le seul � vouloir me battre, alors...
Je vais m�me vous montrer comme j'�tais mauvais.
C'est ma premi�re fresque.
Il a commenc� � changer vers 13 ou 14 ans.
Un skateboard n'existe pas sans panorama urbain.
Je prenais le bus juste pour m'�chapper de la banlieue,
parce que je la d�testais.
Et j'ai remarqu� ce petit cahier noir qu'il emmenait partout.
J'ai demand� � le voir, il s'entra�nait � taguer.
Je ne suis pas le plus grand tagueur, mais...
Eklips est vraiment l'un des meilleurs.
EKLlPS PUR
Il a fond� notre groupe.
Eklips joue un r�le tr�s important dans nos vies depuis qu'on est jeunes.
Il s'est int�ress� � des gosses venant de milieux diff�rents.
Et il s'est identifi� � �a.
Appartenir � A. W.R., �a comptait
parce qu'il a aid� � cr�er le style de Los Angeles,
et ses membres sont mes mentors.
Une fois, j'ai emprunt� sa voiture, quel cauchemar!
Comment peut-on parcourir 50 000 km en moins d'un an?
Il devait faire plusieurs trajets de 50 ou 60 km chaque nuit,
depuis notre maison � Ventura
jusqu'� Los Angeles, Orange County, pour enfin revenir.
Et son coffre �tait rempli de bombes de peinture.
Le rouge le plus brillant.
Fi�vre rouge a plus une couleur de past�que.
Un rouge intense comme le rouge banni�re. Un rouge clair...
Je sais pas.
C'est l'entrep�t de peinture Montana
JASE, B.A. Peinture en Bombe Montana
pour toute l'Am�rique du Nord.
Il y a des bombes con�ues pour le graffiti et l'art.
Je dois pas dire �a.
On n'est pas cens�s l'approuver.
NEON Directeur, Bombes de Peinture Montana
On ne met pas ces bombes dans les mains des gosses
en disant : "Vas-y, salope tout."
99 % de nos clients sont des graffeurs.
Quand cette peinture a �t� lanc�e en Am�rique,
tout le monde se disait : "C'est vraiment trop cher.
"On la trouve pas dans les magasins o� on peut faucher. "
Cette peinture est de si bonne qualit� que les gens ne la volent plus.
Ils volent d'autres trucs qu'ils revendent pour acheter de la peinture Montana.
Les bombes de poche.
M�me si on me fouille,
j'arrive � en cacher une.
Et avec ces petits machins, on va encore plus loin.
Poltergeist, �a brille dans le noir.
Et �a, c'est un solvant.
Pour moi, c'est indispensable.
J'ai bousill� tant de vestes et de chaussures.
Je pense avoir �t� affect� par les solvants durant ces 20 derni�res ann�es de ma vie.
J'ai consult� des docteurs � ce sujet.
Je dis que je suis graffeur,
que je fais �a depuis mon adolescence.
Maintenant, j'ai la trentaine, j'ai vid� un paquet de bombes,
je suis s�rieux.
Ils me disent de ne pas m'en faire.
Je leur parle de rumeurs
disant que �a affecte la vessie ou le syst�me nerveux.
Mais ils pensent pas que j'aie pu en inhaler tant.
Je crois qu'ils ne comprennent pas.
L'entrep�t est � moiti� plein. Il doit y avoir
environ 40 000 bombes de peinture ici.
Tous �a sera utilis� en deux semaines,
�a repr�sente un paquet d'actes de vandalisme. Putain!
Il faudra nous envoyer beaucoup de vert pistache la prochaine fois.
Si je me suis d�j� senti coupable?
Je ne crois pas. Non.
Le graffiti est mondial.
Je suis pas le seul � en faire.
Je vais pas arr�ter parce qu'un mec doit les nettoyer.
Je veux pas avoir l'air pu�ril, mais c'est son boulot.
Si personne ne faisait de graffitis, on n'aurait pas besoin de ce mec.
Je m'en tape.
On �prouve tous de la culpabilit�.
J'ai un boulot, moi aussi.
Il y a eu des tags sur mon magasin,
et je me suis dit : "�a va. C'est de bonne guerre."
Je ne peux pas contr�ler �a.
Je ne vais pas en faire toute une histoire.
Du genre : "Oh, mon Dieu! Il n'y a plus de morale..."
C'est rien. Laisse tomber.
Je d�teste la religion et le fondamentalisme quel qu'il soit.
Je crois pas � l'histoire du fruit d�fendu.
Je suis pas stupide.
La Bible v�hicule un message.
Le suivre au pied de la lettre, c'est �tre � c�t� de la plaque.
Le m�me message peut �tre trouv� sans aucune connaissance religieuse.
Traiter autrui comme tu voudrais �tre trait�,
�tre honn�te.
Les gens s'en rendent compte.
Sans que la religion fasse jouer un sentiment de culpabilit�.
Ces conneries, c'est n'importe quoi.
- Des marqueurs Uni Paint? - Oui.
- ll n'y en a plus. - Plus aucun?
Ils ne sont plus fabriqu�s.
Non! Pas possible.
Ils font plus les marqueurs larges?
Vous voyez le rayon, l�-bas?
- Oui. - Ce sont les m�mes marqueurs.
Vraiment?
Pas besoin d'�tre David Copperfield
ou David Blaine pour voler des marqueurs dans un magasin.
Mais �a aide, dans les situations difficiles.
Je vole � l'�talage depuis que j'ai cinq ou six ans.
C'est un jeu. Tu entres, tu discutes amicalement.
"Salut, �a va?"
Tu cr�es un sorte de relation avec le commer�ant,
et il se doute pas que tu le voles.
Ou alors, il le sait. Mais il m'a vu si souvent
qu'il peut pas m'en emp�cher parce que je suis super sympa.
Lui et moi, on est compl�tement diff�rents.
TlMl Fr�re d'EARSNOT
J'envisage toutes les cons�quences possibles.
Et avec lui, c'est juste...
Je me laisserais bien tenter par un lecteur CD,
il se pointe et il le vole.
Il y a plein de choses pour lesquelles je paierai jamais.
Je paierai pas pour un blouson en Gore-Tex,
pour n'importe quel genre de viande,
Ies blancs de poulets, les steaks, je paierai pas pour �a.
Tout �a, je le tire.
J'ai d�j� d�pens� du bl� pour �a.
Et je me sentais idiot, j'aurais pu le voler.
Ce que j'en pense?
�a m'a bien aid� quand j'�tais lyc�en.
Ces marqueurs craignent. Quelle perte de temps!
Je vais les garder.
Mais je n'en suis pas satisfait.
La ville et le comt� d�pensent 250 millions de dollars par an,
I'argent de nos imp�ts, pour faire baisser la criminalit� et effacer les graffitis.
Alors pourquoi toute notre ville
en est remplie sauf dans mon quartier?
L'initiative, ils ne connaissent pas,
c'est �a le probl�me de leur programme.
Ils attendent que quelqu'un appelle :
"Il y a des graffitis � l'angle de Fairfax et de Pico.
"Venez les nettoyer. "
Ils devraient d�j� �tre sur place.
Avant, il y avait des milliers de graffitis ici.
Tout ici en �tait couvert
et maintenant, il n'y a plus une trace.
Ils laissent les gens taguer sur ces panneaux.
C'est le gang des Crips.
Disons qu'ils taguent dans un autre quartier en ville
o� il n'y a que des Bloods.
Les Bloods savent de qui il s'agit.
Et ils vont penser :
"Ils sont venus �crire sur mon territoire. "
Ils vont venir dans mon quartier tuer des gens.
On a de meilleures chances de rester en vie
sans ces graffitis de gangs qui nous narguent.
La ville refuse de nettoyer ces panneaux. Elle refuse tout net.
Mais elle a l'argent pour �a.
Je suis m�me pas oblig� de nettoyer �a.
Il va dispara�tre imm�diatement.
La ville donnait des produits canc�rig�nes.
Mais �a faisait peler la peau de mes mains.
C'�tait long? Deux minutes?
Je comprends pas pourquoi personne s'en occupe.
La ville pr�f�re ne rien faire, utiliser des produits toxiques
ou bien reconstruire de nouveaux �quipements.
Parce qu'elle a l'argent.
Ils ach�tent tant de tracteurs.
Pourquoi ne pas entretenir l'�quipement?
C'est ce que ferait Joe Connolly s'il �tait maire.
Joe y a r�fl�chi.
C'est magnifique. C'est superbe.
Mais si on d�tourne le regard,
on tombe sur ces saloperies.
Il y a peut-�tre 14 graffitis.
Le panneau est illisible. Il y en a d'autres.
Il y en a un l�-haut. Il y a un tout petit tag ici.
C'est �a qui �nerve les gens.
Pourquoi faire une fresque et ruiner le reste?
Je ne comprends pas...
Je ne comprends pas.
On a longtemps surveill� ce mur,
parce que quand tu ne fais pas �a,
des minables viennent le saloper en peignant dessus et...
Si t'es au milieu de nulle part et que t'as plus de peinture, tu fais quoi?
Quand la peinture commence � manquer,
tu pisses dans le pot pour la d�layer.
Il y a un peu de toi sur chaque mur.
Mettez des b�tons
sous les affiches, avec des personnages
qui les tiennent. �a sera incorpor� au mur.
C'est un bon conseil. Dites "non" � la drogue.
"T-E-E, K-A-E, O-H", �a fait T.K.O.
�a ne ressemble jamais � �a. C'est un petit croquis.
Et il va dessiner un personnage sur un ring de boxe.
Les m�mes et les gens en g�n�ral aiment �a.
Ils appr�cient ce genre de choses, et ont moins tendance � les d�grader.
J'avais deux ans, et mon fr�re et mon cousin
ont entendu le camion du marchand de glaces
et m'ont dit : "Va nous chercher des glaces."
Et comme un idiot, je traverse la rue,
j'attrape les glaces, je reviens.
Et j'ai � peine go�t� la glace qu'un gros camion me renverse.
Et depuis,
j'ai toujours �t� int�ress� par l'art et les couleurs.
Il s'est mis � dessiner sur la table, sur les murs.
Dans la salle de bains, il dessinait sur les murs.
NlDlA M�re de TOOMER
J'�tais furieuse. Je lui disais de nettoyer.
C'�tait en quelle ann�e?
Je crois que tu devais avoir huit ou neuf ans.
Alors c'�tait en 1980.
Je suis un vieux de la vieille.
Dans le jardin, il y a un dessin que je lui ai demand� de faire
et il l'a fait et...
Il me pla�t. C'est le genre d'art que j'aime.
Mais dessiner des graffitis dans les rues, �a ne me pla�t pas.
Et un jour, il m'a montr� qu'il s'�tait fait tatouer
un gros coeur et il m'a dit : "Tu es fier de moi?"
NlDlA
Je regardais �a et j'ai dit :
"Non."
Fais quelque chose de bien.
Va � l'�cole et instruis-toi.
Mes amis et moi, on se retrouvait sous mon porche.
C'�tait bien avant de faire des graffitis,
on tra�nait ensemble,
on parlait de Nintendo, parce qu'on n'en avait pas les moyens.
Ma m�re nous disait : "Allez dans le parc."
Et moi, je voulais pas y aller.
Parce que les gangs s'y retrouvent.
"Allez dans le parc."
On allait dans le parc et on se faisait attaquer.
J'avais des Prismacolors.
Et je mettais de l'alcool dedans
pour obtenir la consistance de la peinture.
Je faisais �a dans les toilettes de mon p�re.
Il m'a surpris, croyant que je sniffais de la peinture.
Je faisais cette t�te...
J'ai pass� un sale moment.
LE GRAFFlTl A BOUSlLL� MA VlE!!
Quand je peins un graffiti, je me sens bien.
Il n'y a plus de stress.
JE SERAlS RlEN SANS �A!!
Il n'y a que moi, le mur, la peinture.
Je peux prendre des coups de soleil. Il peut faire tr�s chaud.
Je peux avoir faim ou soif, mais je pars pas tant que c'est pas fini.
- Tu penses quoi du mien? - ll est super.
T'en fais pas. Tiens.
Je devrais ajouter plus de vert, plus d'�toiles vertes.
La prochaine fois.
J'esp�re que demain, on fera quelque chose de mieux.
On y lira "Saber".
Mais �a se fera en une minute.
�a fait un peu fouillis,
mais d'ici ce soir, �a aura fi�re allure.
S-A-B-E-R.
Les maths jouent un grand r�le dans le graffiti,
Ies gens ne se rendent pas compte � quel point.
Dans nos fresques,
on aime faire croire que les �l�ments sont en position de combat.
La jambe du "R" a une certaine forme,
des morceaux en ressortent...
Quand j'ai plusieurs points centraux,
je les mets en valeur avec des pointes,
des lasers, peu importe le nom.
Je me rappelle, avant que Saber soit c�l�bre,
Ies gens aimaient son style
parce qu'il �tait jeune et qu'il peignait des fresques techniques.
Et il �tait tr�s productif.
Il savait choisir de bons emplacements.
Il n'�tait pas du genre � taguer
tout ce qu'il voyait.
Il savait tirer le maximum des emplacements.
Saber est connu pour faire les choses � fond.
Pour faire les graffitis dont les autres graffeurs r�vent.
Mais tout le monde n'a pas l'ambition ou la volont�
de se lancer et de r�ussir.
Sur la c�te ouest,
on lui doit s�rement quatre ou cinq
des fresques et graffitis les plus monumentaux.
Comme le pont sur l'autoroute 5 avec G.K.A.E.
Le panneau M.S.K. � c�t� de l'immeuble Capitol Records � Hollywood.
C'est vraiment gigantesque.
Zes et moi, on a boss� trois nuits, �a fait trois �tages de haut.
Le plus dr�le, c'est qu'apr�s avoir fini, j'ai re�u un appel de G.K.,
il me disait de recommencer mon "S" parce qu'il avait une sale gueule.
J'�tais d�go�t�.
J'y suis retourn� en plein jour,
et je me suis dit : "Maintenant, c'est fini."
Dans ma vie, tout tourne autour du graffiti...
Il passe avant ma famille, avant moi.
Mes parents en ont souffert.
� certains moments, �a a pos� de gros probl�mes.
�a a beaucoup perturb� la famille.
Mon mari, moi, notre couple,
mais aussi au niveau financier,
�a a �t� difficile pour nous.
Nous devions continuer � aller travailler.
Et c'est effrayant
quand, en rentrant du travail, on trouve un policier devant sa porte.
On ne sait pas si notre fils a eu un probl�me
ou si le policier va vous annoncer une mauvaise nouvelle.
Parce que je sais que des amis � lui ont �t� tu�s.
Tu�s par balle, poignard�s.
Je sais qu'il s'est fait tabasser,
une fois, il a failli perdre un oeil,
c'�tait grave,
il a eu une commotion c�r�brale, il est pass� par la r��ducation.
Une v�ritable r��ducation.
Plus tard, j'ai appris que ses amis l'avaient tabass�,
ils l'ont attaqu� comme le font les gangs.
J'ai fait une h�morragie c�r�brale, j'ai perdu la m�moire � court terme.
Je suis rest� deux semaines � l'h�pital.
Ses genoux sont foutus.
Ses �paules sont foutues, c'est irr�versible.
Pour moi, de telles choses n'ont rien � voir avec l'art.
Je ne comprenais pas pourquoi il se rebellait.
C'est arriv� � un point o� rien ne marchait.
Les compliments, les menaces, les punitions, les restrictions.
Je leur ai dit que je le ferais quand m�me.
Soit vous me laissez faire, soit je m'enfuirai,
je volerai une voiture et j'irai peindre un pont.
Et je volerai de la peinture.
Je me rappelle lui avoir lanc� quelques billets dans les escaliers.
Je lui ai dit de les prendre et de ne pas revenir.
Appelle-moi, je veux savoir ce que tu fais, mais tu ne peux plus vivre ici.
�a a s�rement �t� le pire moment.
On ne veut jamais mettre son enfant � la porte.
12 De Folsome � Filmore
Quelqu'un a dessin� un tag sur un des miens...
C'est ce mec, l�-bas, Expert. Il a tagu� sa porte.
Je veux mettre les choses au point, je suis pass� par chez toi.
Tu vois...
C'est comme �a que �a se passe.
Mince.
Oups!
C'est pas comme �a d'habitude. Je suis au-dessus de �a.
Les factures et mon p�re, �a faisait deux.
Il avait jamais de vrai boulot.
Mais il s'arrangeait pour gagner du bl�,
Ia plupart du temps, en dealant.
Une fois, pour son anniversaire,
un des seuls moments joyeux de l'ann�e,
je lui ai demand� quel �ge il avait, et il m'a coll� une putain de baffe.
Je comprenais pas ce qui se passait.
Il a dit que c'�tait une question de respect,
qu'on demandait pas leur �ge aux a�n�s.
Chez moi, il �tait pas beaucoup question d'amour.
C'est la t�l� qui nous a �lev�s.
C'est l� qu'on a vu ce qu'�tait une famille.
Salut, Curls. On a ta taille.
On les a en gris et en gris et noir. Elles d�chirent.
C'�tait difficile, mais on trouvait des moyens de passer le temps.
J'�tais dans la salle de bains d'une chambre d'h�tel � Jersey,
il y avait de la vaisselle dans l'�vier. On venait de finir de manger.
Et mes parents m'engueulaient comme du poisson pourri...
J'aimerais me rappeler pourquoi.
C'�tait stupide et frivole, ils passaient leurs nerfs sur moi,
et j'�tais pas assez courageux ou j'en avais marre.
Pendant toute ma vie, ils avaient fait �a, et je me disais :
"Demain, je rentrerai pas � la maison apr�s l'�cole.
"Je me casse."
Vendre des baskets n�cessite de l'attention et de la tendresse.
Je me suis dit : "Je me barre." Et je suis pas rentr�.
Je crois que je venais d'avoir 17 ans.
J'ai pas fini le lyc�e. Je suis pas all� jusqu'au bout.
Je faisais du skate avec mes potes
et tard dans la nuit...
Je m'installais dans un train, �a allait.
Je volais ce dont j'avais besoin,
Ia situation me convenait comme �a.
Il portait un sac � dos devant,
et un autre dans le dos,
SACE, lRAK Ami d'EARSNOT, Graffeur
une planche de skate et deux sacs dans les mains.
Tout un tas de bombes de peinture, de marqueurs et Dieu sait quoi d'autre.
Je trimbalais tout �a dans un sac �norme.
Putain, �a me servait d'oreiller, j'avais qu'� m'asseoir.
Mais je restais vigilant, je dormais que d'un oeil.
On faisait la f�te, il y avait de la drogue, de l'alcool, on �tait des gamins.
On voulait juste s'amuser.
C'�tait excitant, tout �tait nouveau pour moi.
J'avais rien fait de ma vie.
Passer une semaine en prison, je trouvais �a super,
je me demandais ce qui allait arriver ensuite. C'�tait vraiment g�nial.
�a m'a endurci.
Tout ce qu'il avait refoul� en lui a explos�.
Et c'�tait vraiment un choc.
J'ai rencontr� mon premier et seul petit ami, Paul.
Et puis, j'ai emm�nag� avec lui dans le Bronx.
J'�tais compl�tement domestiqu�.
Je ne savais pas fonctionner
dans un cadre de vie normal.
C'�tait super.
Dans la vie normale, l'homophobie est d�j� assez dure.
Alors, dans le monde du graffiti...
Le fait qu'en tant que Noir
et graffeur, il soit fier de ce qu'il est, de sa sexualit�,
je crois que c'est incroyable.
Les gens pensaient : "ll ne s'en cache pas. Oh!"
Je veux faire tomber les barri�res, et les gens doivent savoir
que je suis gay, et tout �a...
Tout ce que je fais, c'est en tant que gay.
Je ferai des graffitis sous votre nez.
Et je vous battrai m�me au Jeopardy.
Je courrai le 100 m plus vite que vous.
Voil� un h�lico, on fait comme si de rien n'�tait.
CLAW et MlSS 17 Sud du Bronx
- Les flics. - Vraiment?
- Oui. - C'est pas eux.
- C'est la s�curit�. - J'ai vu une lumi�re.
Miss 17 et moi, on peint des graffitis ill�gaux
QUARTlERS CHlCS
I� o� il y a beaucoup de circulation, l� o� �a attire l'attention.
J'appelle �a les coins pour "sportifs".
Ce sont des coins
o� les mecs ont peur d'aller � n'importe quelle heure de la nuit.
Et je sais qu'elle y va avec 17.
Et j'ai �t� dans des endroits au beau milieu du Bronx.
Et je me sentais pas � l'aise dans tous ces endroits dingues.
Attention. Attention.
On est un commando.
On fait le guet � tour de r�le. Il y en a une qui surveille,
il faut regarder partout, s'assurer que personne ne vient.
On n'a pas le choix.
Sans surveillance mutuelle, personne ne voit ce qui se passe.
P.M.S. pour la vie, j'appartiendrai � aucun autre groupe.
Je vais dans ces quartiers pourris,
en tant que femme blanche, je me balade
o� je veux et j'�cris mon nom.
En m'associant avec Claw, il est devenu plus �vident
que je serais une victime, des mecs nous ont suivies.
Des mecs voulaient baiser avec nous,
qu'on le veuille ou pas.
Ce mec recule parce qu'il nous prend pour des putes.
Ils me prennent toujours pour une pute, et une pute bon march�.
Celui qui m'emmerde prendra de la peinture en pleine gueule.
Stop, arr�te, respire, maintenant.
J'adore la forme de tes lettres.
Quand on sort, si on rep�re des tags sur le petit pont,
�a veut dire que �a va �tre chaud...
Beaucoup de mecs ne venant pas d'ici taguent l�
dans cette petite zone industrielle, et ils se barrent.
"Je suis partout en ville. J'ai fait le Bronx."
Bon, on y va.
On fait quoi maintenant?
Ce coin sur l'autoroute Bruckner.
VEDETTES DE FlLMS
Oui, �a serait super.
- On doit franchir une palissade? - Non.
Tu faisais quoi? Je te vois tout de suite.
Quoi de neuf, Wiz?
ENEM Nord de Philly
C'est ton pote, Enem.
- Wiz. - Attends, tape-m'en cinq.
Je vais pas te voler tes frites.
Allez, tape-m'en cinq.
- C'est qui? - ll est pas de bonne humeur.
On doit se retrouver. On va au bar.
Je dois rester ici.
Demande la permission � ta femme.
W.A.B., Wagon � D�corer, White and Black, c'�tait notre groupe.
O.T.M., On Tague le Monde.
�a te donne une petite id�e de nos convictions.
Si tu es un vrai graffeur, tu peux pas nier le fait
que tu commets une infraction.
Tu peux essayer de te voiler la face, mais si tu rentres par effraction
et que tu voles ton matos,
tu es un voleur.
Si tu voles de la peinture
pour peindre un graffiti,
tu finis par franchir le pas.
Tu veux faire la f�te, t'habiller,
alors tu voles des fringues pour aller faire la f�te.
Avant, on d�troussait les gens.
On les volait.
On s'est beaucoup battus.
En un �t�, j'ai d� me faire arr�ter six ou sept fois.
Je sais m�me pas comment j'ai gagn� chaque proc�s.
Ma m�re �tait en col�re parce qu'elle croyait
que je n'en tirais aucune le�on.
Tu vas en prison et tu gagnes ton proc�s.
Et tu en ressors avec un grand sourire,
et elle disait : "�a ne s'arr�tera jamais."
Ma m�re, m�me en essayant de rester positive,
se faisait du souci.
Je n'ai pas eu de mod�le masculin, j'en ai cr�� un
d'apr�s ce que je voyais dans la rue.
Je ne me suis pas retrouv� dans un gang.
Je l'ai trouv� en moi, mais il venait de la rue.
Un de mes meilleurs amis est mort dans cet h�pital.
On lui a tir� dessus dans le nord de la ville. Reed Ryan.
Il signait "Neez", c'�tait un bon pote.
Apr�s avoir re�u la balle, il a conduit jusqu'� l'h�pital et y est mort.
Voil� un tag de Sam.
C'est un vieux tag. Parce qu'il est mort depuis 10 ans.
La m�re de Sam et sa famille vivaient ici.
Voil� la fresque que j'ai faite pour lui.
J'ai fait �a il y a longtemps, avec Espo.
"Sam Martinez. Mort, mais pas oubli�."
MORT, MAlS PAS OUBLl�
Voil� un de mes potes.
P. Wee, Deo et Deka.
Dekastar, �a assure.
Voil� ce qu'on faisait... C'est le style de Philly, avec la d�coloration.
Tu vois les points qui apparaissent?
Tu vois �a? Boum, boum, boum.
� Philadelphie, on a eu la chance de voir resurgir nos vieilles gloires.
Kadism, T.R.K., le vrai roi.
Il se fait appeler comme �a, ce mec tague depuis toujours.
Je parle de tous ces mecs, ils se sont r�pandus comme une �pid�mie.
Le graffiti est si important � Philly
qu'une fois qu'un mec s'est lanc�, tous ses potes l'ont imit�.
Quelqu'un a vu ces types commencer et il a suivi.
Tout le monde s'y mettait, m�me mon facteur taguait.
Il apportait le courrier, je savais pas que c'�tait Bull.
Il �tait tr�s c�l�bre. Il s'appelait Satan et Bull.
C'est la guerre. Un d�nomm� "B.E." a barr� nos graffitis.
Voil� un graffiti de Bull.
Il est plus vieux que moi, il tague depuis plus longtemps que moi.
Et il y a Kadism et dix mecs dans ce genre qui n'arr�teront jamais les graffitis.
�a force le respect.
Il a eu deux proth�ses aux hanches.
WALTER Commer�ant
Une semaine apr�s la premi�re op�ration, il se baladait d�j�.
Le danger l'excite, c'est pas possible.
J'ai le vertige,
mais si je ne vais pas l� o� vont les tagueurs,
j'aurai l'air bidon.
Si je nettoie les rues, ils taguent les panneaux,
alors j'ai d� monter ici.
Ils se rendent compte que je vais l� o� ils vont,
que je recule devant rien, et ils ne taguent plus.
Parce que �a sert � rien, ils savent qu'ils seront perdants.
Et puis, je suis plus vieux et plus lent qu'eux.
Ils sont plus nombreux... � quoi �a sert?
Ils savent qu'ils vont gaspiller leur peinture en venant ici,
alors, ils vont ailleurs.
Je peux pas les emp�cher de taguer partout en ville,
mais je les emp�cherai de venir ici.
Pour Nod, c'est non. Avec un tel nom, �a sera toujours non.
Ils s'en prenaient � un panneau
deux fois plus grand que celui-ci.
Apr�s avoir tout effac�, j'ai laiss� une note :
"Le prochain qui monte, je le balance d'en haut."
�a peut para�tre incroyable, mais ils ne sont jamais revenus.
Je crois qu'il faut �tre un peu dingue. Sinon, on te prend pas au s�rieux.
Alors, quoi de neuf ici?
Je laisse toujours ce genre de trucs
pour qu'ils sachent qu'ils ont rien � faire ici. C'est une sorte de blague.
Si j'�tais maire, tout se passerait bien ici.
Je veux un pourcentage de ce que je pr�serve.
Putain, je prends ma retraite.
PLUS DE GRAFFlTlS lCl. TROUVEZ UN BOULOT! MERCl.
1993 - JOE CONNOLLY... GU�RlLLA ANTl-GRAFFlTl
C'est la voie ferr�e.
C'est un coin c�l�bre. On peint ici depuis des d�cennies.
J'ai peint pas mal de fresques sur ce mur.
J'aime bien �a, "Beats". C'est assez r�cent.
On voit beaucoup de mouvement.
Mon style est aussi �vas� en bas, � cause du "J" et du "E".
�a me rappelle mes graffitis. C'est peut-�tre pour �a que �a me pla�t.
On cire le banc.
C'est une expression de New York pour dire que tu es assis dans le m�tro.
�tre assis sur le banc, attendre son m�tro en regardant les fresques.
Je sais que les gens adorent les trains, il y a du romantisme l�-dedans,
et je les aime, moi aussi.
Mais j'aime aussi taguer dessus et voir des graffitis dessus.
Le mouvement est quelque chose de merveilleux.
Ce tag, je l'ai fait � Baltimore ou � Washington il y a huit ans.
Il vient de loin.
J'ai grandi dans la banlieue de Baltimore.
Juste apr�s le mariage de mes parents, mon p�re a �t� envoy� au Vietnam.
C'�tait un pilote d'h�licopt�re, son h�lico s'est fait descendre
et ils n'en ont rien retrouv�.
Ils ont retrouv� des mitrailleuses
et l'alliance de mon p�re.
Je crois que �a m'a rendu aigri, parfois.
Je me fichais pas mal des probl�mes des autres.
D'une certaine mani�re, c'est...
Je n'aime pas dire �a, mais c'est automatique.
J'y pense beaucoup quand je peins, surtout quand je peins � la bombe.
Mais je suis fier de mon p�re. �a ne fait aucun doute.
Je me rappelle avoir dessin� le logo de Suicidal Tendencies
sur le mur de ma chambre, et pour un parent,
voir �crit "tendances suicidaires" dans la chambre de son gosse,
je ne crois pas que ce soit le top.
J'ai commenc� � signer "Graffiti Strikes".
Puis, j'ai chang� pour "Master".
Mais j'ai arr�t� parce que des gens �crivaient "bateur" apr�s
et c'�tait pas vraiment ce que je recherchais.
Il est plus naturel d'�crire son nom
plut�t que d'inventer quelque chose.
� cette �poque, j'avais tant de probl�mes en dehors des graffitis,
je commettais des vols avec effraction,
des vols � l'arrach�e, des vols de voitures comme si c'�tait des tags.
"Oh, je peux tirer une super bagnole ce soir. "
Le graffiti m'a permis d'�chapper � tout �a.
J'ai commenc� � me rendre compte
que les amis que j'avais �taient des minables,
je perdais mon temps.
Je voulais tra�ner avec les graffeurs,
ils �taient beaucoup plus int�ressants et honorables.
Jase est le premier mec � m'avoir emmen� voler.
EVADE Graffeur
C'�tait un march� convenable,
je suis le premier � l'avoir emmen� taguer des trains.
Les flics de la brigade ferroviaire savaient que tout le monde taguait,
mais pas quand les trains sont en mouvement,
et les trains ne s'arr�taient presque jamais.
Alors les flics venaient
I� o� les trains s'arr�taient, en pleine nuit,
juste au cas o�.
Une fois, je m'en rappelle, j'�tais avec Evade,
je tra�ais les contours d'un "J" et j'ai entendu une voiture...
... avan�ant le long des rails.
- Elle s'arr�te. "Plus un geste!" - "Plus un geste, les mains en l'air!"
- "Merde." - J'ai saut� la cl�ture...
Le haut de la cl�ture s'est cass�.
-... un chien a saut� sur Evade. - Jase a grimp�.
Il a saut� sur un garage.
- ll s'est �lanc�. - Mon pied a travers� le toit.
Il s'est relev�, il a couru...
- Quel boucan! - On a cass� le toit de cette maison.
On �tait cach�s derri�re une voiture,
un mec est sorti de chez lui.
"Qu'est-ce que tu fais � ma bagnole?"
Le flic s'est arr�t�, la poursuite a repris.
On a pass� une palissade.
Je courais dans un jardin, lui, dans un autre.
On courait � c�t� d'eux.
Il y avait une femme en chemise de nuit dans sa cuisine,
Ia porte �tait ouverte, Evade est pass� devant elle.
"Salut, �a va?"
Tu parles d'une surprise.
On s'est cach�s quelques heures.
Dans ce genre de situation, je d�tachais mes cheveux.
J'avais l'air diff�rent parce que j'avais les cheveux longs.
Je suis retourn� � la voiture, j'ai r�cup�r� Evade.
C'�tait la pleine lune, j'ai vu sa silhouette, cheveux au vent.
"Allez, viens."
J'ai peur qu'il ne rentre pas.
ANNE Petite amie de JASE
D'habitude, il revient le matin.
Mais ce sont des bonnes nuits.
Beaucoup de gens peignent des fresques sur des trains de marchandises
ou alors, ils �crivent quelques tags.
Pour lui, c'est une mise en bouche.
C'est pas une vengeance, je n'ai rien contre les trains,
mais �a m'aide � d�compresser de taguer tous les wagons.
C'est comme si j'�tais en guerre contre les trains.
Quand j'ai peint tous les wagons du d�p�t,
je me sens vraiment satisfait. J'adore cette sensation,
je ne perds pas mon temps. Tout compte.
On ne peut pas s'arr�ter � un passage � niveau
sans voir au moins quelques throw ups qu'il a tagu�s.
Neuf fois sur dix, tu vas voir au moins un J.E.
TlGER, C.M.A. Graffeur, San Francisco
Les gens parient...
SMOKE - P.C.F., C.M.A., F.T.L. Graffeur � S.F.
Qu'ils verront des tags de Jase
sur au moins un des wagons du train qui passe.
Si tu penses aux trains, tu penses � Jase.
Tu peux pas taguer tous les wagons. C'est impossible.
Mais tu peux en taguer un sur chaque train.
Ou tu peux avoir un tag partout o� les trains s'arr�tent.
Je veux �tre partout dans le pays,
pas simplement dans une ou deux villes en m�me temps.
C'est plut�t rare que je voie un train qui n'a pas �t� tagu�.
Mais �a arrive.
Personne ne l'a tagu�.
Et �a va prendre un bon moment. Je le sais.
Une centaine de wagons par nuit, 300, 400, peut-�tre 500 par semaine.
Et je fais �a depuis cinq ans, six ans, sept ans, huit ans, neuf ans, dix ans.
Tout �a, �a fait un total de 30 000, 40 000 ou 50 000 tags.
�a chiffre tr�s vite.
Mes graffitis ont plus voyag� dans le pays que je ne le ferai jamais.
Ils ont tout vu.
Si on y r�fl�chit bien, ils ont une vie � eux.
J'ai tagu� trois wagons sur le train qui vient de passer.
Le premier obstacle, c'est de pouvoir entrer avec son mat�riel.
Il faut savoir qui est l�, qui va appeler la police.
S'il y a des d�tecteurs de mouvement, tu peux pas entrer comme �a.
Puis, tu commences ton projet.
Ce qui est beau, c'est que tu sens que tu es le seul au monde � ce moment
� �tre dans cette situation.
� de nombreuses occasions, j'ai pu observer le monde
sous un angle que peu de gens ont la chance d'envisager.
Je suis au 12e �tage, j'�vite d'�tre rep�r� par un h�licopt�re.
Quand on est si haut et si visible,
qu'on fait un truc si d�ment,
on te rep�re � des kilom�tres � la ronde.
Il y a un mec qui scrute le ciel. Il a aussi des lunettes infrarouges.
Putain, ton coeur bat la chamade,
et une petite voix en toi te dit de ne pas le faire,
ce sont la culpabilit� et la peur qui parlent,
ton estomac fait des noeuds. �a me fout la trouille.
Je deviens compl�tement parano, j'ai peur pour ma vie.
Sur cette corniche de 15 cm sur laquelle je viens de glisser...
J'ai fait �a trop souvent.
Mais si tu fais pas �a, tu �choues, un autre mec taguera ce coin.
Et la gloire sera pour lui.
Tous les graffeurs sont des maniaco-d�pressifs anxieux.
C'est la seule raison
qui te pousse � sortir et � �crire sur les tags des autres.
Pour moi,
Ia col�re de Satan vient de l'anxi�t� caus�e par la s�paration d'avec Dieu.
D'o� le titre : L'Anxi�t� de la s�paration.
Je l'ai d�peint dans un moment de faiblesse o� transpara�t son amour pour Dieu.
Je n'essaie pas d'�tre gothique ou satanique.
Je ne fais que peindre ce que j'ai dans la t�te.
Voil� Satan. Je crois que je dois peindre un autre ange pour �quilibrer.
Parfois, mon imagination m'emporte.
LA COL�RE S'�L�VERA
Mes cauchemars me hantent sans rel�che.
Je me r�veille dans la cuisine, je flippe compl�tement,
ou bien je remue mes dessins dans mon sommeil.
J'ai des r�ves bizarres � propos d'araign�es. C'est dingue.
J'ai fini par fabriquer une petite araign�e, je l'ai mise � c�t� de mon lit.
C'est une sorte de talisman qui me prot�ge des araign�es.
Les graffitis fleurissent dans les pires endroits,
dans les coins les plus sombres.
Tu vois des choses que t'es pas cens� voir.
C'est incroyable le nombre de fois o� j'ai vu des S.D.F. baiser.
Tu peins, tu vas faire quoi?
Te barrer, � cause de cette ville de cons, tu vas te d�foncer au crack?
Non. Tu vas continuer � peindre. Alors, tu peins.
J'ai vu des tuberculeux cracher leurs poumons � force de tousser,
errant le long des murs pour aller crever dans une flaque de pisse.
Il y a beaucoup de gens amoch�s qui ont besoin
que quelqu'un prie pour eux...
Mais ils sont peut-�tre dans cette situation
parce qu'ils le m�ritent ou parce qu'ils ont fait les mauvais choix.
La vie, c'est pas une partie de plaisir. Mais en m�me temps, elle est belle.
Beaucoup de choses grandissent dans les t�n�bres.
Je viens ici depuis 14 ou 15 ans.
Mais je suis d�j� tomb� dans la rivi�re une fois.
Le courant m'a emport�.
J'ai d� me faire vacciner contre l'h�patite le lendemain.
Cet endroit est parfois tr�s dangereux.
Sur l'autoroute, les gens, les patrouilles, les h�licos peuvent te voir.
C'est un endroit �trange.
C'est une sorte de no man's land.
Il y a beaucoup de structures.
Voil� un truc dingue que j'ai fait.
J'ai renvers� 20 litres de peinture ici.
Je me suis mis � pleurer, j'ai tap� sur le pot de peinture pendant 45 mn.
Cette fresque m'a rendu dingue plus d'une fois.
Ici, nous sommes au bord de la L.A. River.
Voil� une de mes... Vieilles fresques, que j'ai peinte en 1997.
Elle fait environ 17 m�tres de haut
pour 76 de large.
Elle a n�cessit� environ 480 litres de peinture.
Et il m'a fallu 35 nuits pour la peindre.
Je me suis ruin� le genou sur cette fresque.
� force de marcher inclin�, �a a ab�m� le cartilage.
Alors j'ai d� me faire op�rer du genou.
Les contours vont durer encore 10 ans, au moins,
mais avec l'environnement, le soleil, la chaleur,
Ia peinture cuit chaque jour un peu plus.
� l'origine, quand je l'ai finie, j'avais utilis� 367 litres.
Mais un connard de New York est venu la saloper.
Alors je suis revenu faire les contours.
En fin de compte, je suis content qu'il ait fait �a,
j'ai �t� plus humble.
Et �a m'a vraiment rendu c�l�bre � New York,
�a y a raviv� ma pr�sence.
J'aimerais qu'elle soit aussi belle que le jour o� je l'ai finie,
mais c'est d�j� une grande chance qu'elle soit encore l�.
Dans chaque d�p�t de trains, il y a un T.K.O. pour que les gens sachent :
"Ce d�p�t appartient � T.K.O. Soyez respectueux."
Et ils le sont. En g�n�ral, ils ne taguent que le sol.
On trouve de nombreux graffeurs ici,
ils viennent d'Europe, de New York, du Mexique, du Canada,
et ils laissent leur trace sur le sol.
Ils n'ont pas touch� � nos fresques. Ils ont respect� notre boulot.
Et c'est bien. C'est �a, le respect.
LE ROl DES ROlS
C'est mon pote, Over.
Il �tait jeune, il avait 21 ans.
Il s'est fait assassiner cette ann�e
alors qu'on l'aidait
� d�m�nager.
Il a re�u une balle dans la poitrine.
Et j'essayais d'appuyer sur sa blessure parce que...
Parce que c'est ce qu'on voit � la t�l�...
Les gens appuient sur les blessures.
Mais beaucoup de sang coulait de sa bouche et de son nez.
J'ai pas pu l'aider. J'ai appel� au secours.
Mais personne n'est venu nous aider.
Les gens croyaient qu'on faisait partie d'un gang.
� quoi bon aider les membres d'un gang?
On a d� appeler d'une cabine.
On a d� appeler d'une putain de cabine.
C'est comme les graffitis. C'est une question de chance.
Si tu tagues toujours et encore la m�me rue,
tu vas te faire coincer.
Les graffeurs comme mon pote, Sam Martinez,
assassin�. Chicago, assassin�.
Il y avait aussi... Mon pote Dream, assassin�.
Reed, assassin�. Tous ces gens
dont j'�tais proche, avec qui j'avais boss�, ils faisaient la m�me chose que moi.
Vous voyez?
Ils sont tous morts, et beaucoup d'autres sont en prison.
Une fois, je me suis battu contre un mec et �a a mal fini,
il est rest� h�mipl�gique, son c�t� gauche �tait paralys�.
C'�tait horrible. C'�tait une bagarre,
il �tait d�fonc�, je l'ai envoy� au sol,
et il est devenu violent, il m'a donn� un coup de pied.
Je voulais le cogner.
Je l'ai frapp� � la t�te et j'ai continu� � taper.
Le lendemain, il s'est r�veill� paralys�,
il s'est piss� dessus, la totale.
J'�tais recherch� par les flics.
Je voulais presque me mettre � pleurer, je regrettais ce que je lui avais fait.
Je me demandais ce que sa m�re pensait de tout �a.
Je n'aurais jamais fait �a � personne.
Et comme je l'ai dit, j'avais fait tant de choses
qui me desservaient quand je p�tais les plombs
qu'il �tait temps pour moi de tout remettre en question,
de voir ce que je devais faire dans ce genre de situation.
On est dans le tunnel Duboce, � San Francisco.
Je ne repeins que les endroits salop�s
ou ceux o� les graffitis sont pourris.
Il y a trop de poussi�re.
Je picole toujours quand je pars taguer.
Surtout pour les trains de marchandises, �a me d�sinhibe.
Mais Sope, tu sais, Bill Schiff,
on partait tout le temps taguer ensemble
on se so�lait et on se d�fon�ait ensemble.
Dix ans ont pass�, je me suis rendu compte que j'avais jamais fait de graffiti
sans �tre bourr�.
J'�nervais tous mes amis, j'�nervais ma copine.
J'�tais tomb� dans les vapes dans des d�p�ts.
Sope a fini par aller trop loin et il en est mort.
Et je pense � lui tout le temps.
Il y a un hic quand je peins � la bombe.
Mes graffitis ont l'air nuls si je picole pas
parce que j'ai peur, et j'arrive pas � me concentrer.
Les bruits dans le lointain me font flipper.
Il faut que je sois bourr�.
Sinon, je passe ma nuit � conduire
en cherchant des coins sans sortir les taguer.
J'ai eu du mal. Je commen�ais, j'arr�tais,
je recommen�ais pour arr�ter � nouveau.
L'avoir perdu m'aide � survivre.
�a me permet de garder les pieds sur terre.
Je sais pas. Je risque de tr�bucher.
�a arrive.
Je dois avoir mauvais caract�re.
�tre en col�re, �a me g�ne pas. �tant gosse, je me mettais en col�re
quand je perdais le contr�le de la situation.
Comme tous ces gens qui ne veulent pas de la violence et des graffitis
mais qui veulent tout
ce qui rend la culture new-yorkaise si sp�ciale,
c'est n'importe quoi.
Si tu te bats pas, �a en dit long sur toi.
Il y a des �tapes que tu passeras pas.
On ne trouve plus cet �l�ment � New York.
Tu �tais capable de te battre et c'�tait th�rapeutique.
Les flics nous s�paraient et nous laissaient partir.
Aujourd'hui, si tu bouscules un mec en marchant et que tu cries,
une femme se met � appeler les flics
et ils rappliquent aussit�t.
Je dois me barrer des �tats-Unis.
Je peux plus me battre.
Je dois me battre dans la rue. Je suis en col�re.
Je suis gay et je te p�terai la gueule.
Et je vais ravager tout ton quartier.
Le contr�le de soi... Le fait de m�rir,
�a m'�puise, je peux plus continuer.
Je vais finir par crever.
Tu vois ce que je veux dire.
J'aime me battre.
Putain! Tu te mets � penser :
"J'ai une arm�e de soldats qui vont �cumer les rues
"et faire des trucs dingues. "
Mais il leur arrive un p�pin
et tu es bais�.
T'es bais� parce que t'as balanc� la vie de ce gosse aux chiottes.
Ce gamin a fait des conneries
et tu vas br�ler en enfer pour �a
parce que c'est toi qui lui as mis �a en t�te.
Tie montait ces escaliers.
Il a peint son tag, mais il y avait un d�tecteur de mouvement,
un mec l'a fait tomber et l'a tabass� avec la crosse de son flingue.
Tie hurlait, il est tomb� t�te la premi�re dans les escaliers en se sauvant,
cet enfoir� a but� mon pote d'une balle dans la nuque,
sa t�te a �clat�.
Et...
Alors...
Leurs femmes, leurs copines, leurs m�res me disent :
"Connard! C'est de ta faute si mon fils, mon petit ami, mon mari
"fout le bordel dans les rues."
Ils veulent faire partie de T.K.O.
Ses parents savaient rien de lui.
Ils ignorent l'h�ritage qu'il a laiss�,
ou m�me que c'�tait important.
Ils ne connaissaient pas leur fils.
Moi, je suis pr�t � mourir et j'en n'ai rien � foutre.
Je dois faire gaffe,
parce que j'ai une petite soeur
et une m�re qui veulent me voir
chaque soir quand je rentre chez moi.
J'ai eu le choix,
mais je n'ai pas su distinguer le bon choix du mauvais.
J'aurais pu me marier, avoir des gosses,
avoir un bon boulot.
J'aurais �t� plus tranquille avec ma famille.
Et tout �a, je l'ai perdu � cause du graffiti.
J'en ai marre.
Marre de me battre. Marre de m'engueuler. Marre d'avoir des probl�mes.
C'est �trange. Je ne pensais pas �a, �tant gosse.
J'aurais pas cru que je me baladerais tout le temps avec un flingue.
� cause de �a, je d�teste les graffitis.
Ils ont tous des histoires tristes.
C'est peut-�tre �a qui fait leur charme.
Moi... J'en ai assez d'aller � des enterrements.
J'en ai assez de faire des �loges fun�bres.
J'ai �norm�ment d'affection
pour les gens qui veulent s'en sortir et s'exprimer.
Si tu vis juste pour toi-m�me,
tu n'as pas vraiment v�cu.
Il faut faire des choses qui am�liorent la vie des autres.
Regarde comme c'est beau.
- Tu vois? - Elle lui fait un c�lin.
Elle �crit sur du papier. Voil� ce qu'il faut faire.
On ne dessine pas sur les affaires des autres.
� moins qu'ils soient d'accord, et dans ce cas-l�, c'est permis.
Va �crire sur du papier. C'est une bonne id�e.
Je contr�le le destin de mes fresques plus facilement que mes graffitis.
J'en ai marre qu'on les efface ou qu'on les salope.
Tout ce que tu as tagu�, tu peux �tre s�r
que �a sera salop�, effac� ou ab�m� par le temps.
Voil� Over. Il a touch� cette surface, il est mort.
Ce qui craint, c'est que c'est son h�ritage.
C'est tout ce qu'il aura laiss� au monde.
Et un jour, �a ne sera plus l�.
Mus�e d'histoire naturelle de L.A.
Ici, c'est L.A. River.
Sauf que �a sent meilleur.
J'ai eu la chance de pouvoir peindre �a.
Une telle institution ne s'int�resse jamais aux graffitis.
Le plus important, c'est quoi, vandaliser ou cr�er quelque chose qui va durer?
Ce n'est pas juste �tre un petit con qui d�truit tout sur son passage.
En ce moment, je pense � la maturit� du graffiti.
� quel niveau on l'�l�ve avec l'�ge.
Je ne peux pas seulement voir �a comme un tag.
Galerie d'Art d'ENEM, Philly
Je dois en faire un truc positif,
quelque chose qui peut inspirer les gens...
Tout �a, c'est ma vie. Mon histoire.
Tu vois quel genre de personne j'�tais.
Mais on peut faire des choses positives. On peut changer.
Je pense que le graffiti
m'a appris mon �thique de travail, le respect,
je pensais que �a ne s'appliquait qu'au graffiti,
mais j'ai compris qu'on s'en sert dans la vie quotidienne.
Je suis heureuse qu'elle soit respect�e et que les gens appr�cient son travail.
Le plus important, elle se respecte et elle est heureuse de la vie qu'elle m�ne.
C'est plus important qu'�tre per�ue comme une ic�ne culturelle.
Ai-je vraiment besoin de taguer les rues
si les gens portent une griffe sur leur poitrine?
Je sais pas.
�a ne finira jamais,
parce que mes premiers graffitis
commencent � s'effacer.
� partir d'un certain moment,
tu peux juste aller taguer le plus souvent possible
et de plus en plus.
Le graffiti, c'est une grande course o� il n'y aurait pas de vainqueur.
Tu peux juste rester en t�te le plus longtemps possible.
Je suis fi�re de mon fils.
MAXENE M�re de JASE
J'envie sa passion et son talent.
Je suis heureuse qu'il puisse les exprimer.
Si vous n'aimez pas �a, c'est... �a ne regarde que vous.
Vous n'�tes pas oblig� de regarder.
Il y a un train qui passe en ville
pas tr�s loin d'ici.
Chaque fois qu'il passe, je regarde attentivement chaque wagon
et je regarde si j'y retrouve la signature de Jason.
Je pense qu'un jour,
il m'�crira un message sur un train.
Tu vois �a? C'est mon fr�re.
Je suis fier de lui.
Tout le monde ne le verra pas.
Mais certaines personnes le verront. Et �a me suffit.
Le message, c'est que je suis pass� par ici.
"Regarde, c'est moi."
Tu continues � faire �a.
Plein de gens font �a pour la m�me communaut� de personnes.
C'est juste pour dire :
"Les mecs, j'en ai fait un autre."
Vous comprenez?
Et c'est humain que les gens aient envie de faire �a.
C'est termin�.
C'est termin� ici, aux �tats-Unis,
mais partout ailleurs dans le monde...
Fronti�re lnternationale Mexicali - PAS DE CAMlONS
LES ARMES SONT lNTERDlTES AU MEXlQUE
Super. Ils effacent plus mes fresques. Elles restent en place.
Il est temps d'�voluer.
Je ne vais pas arr�ter pour toujours.
Mais je vais arr�ter pour le moment
ou... Et puis merde.
Je vais pas arr�ter.
J'aurais d� dire la v�rit�,
Ies vieux graffeurs reviennent par orgueil.
Ils sont plus vieux, regardent ce que font les jeunes
en disant : "Je faisais pareil, mais en mieux."
Et ils retournent dans la rue.
Je crois que �a finira par m'arriver aussi.
�a sera ma crise de la quarantaine.
Mais dans mon cas, on utilisera le terme "retour".
Je serai l�.
Tu peux me croire.
Tu veux te taper un pingouin? Vas-y, �clate-toi.
�a me g�ne pas.
Si tu veux te le taper dans mon lit,
discutons-en d'abord.
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