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Original subtitles

C'est quoi, la nouvelle ligne du parti ?

C'est de descendre des boches.

Vous rachetez mon entreprise qui devient Schwartz-béton et à la fin de

la guerre, vous me rétrocédez, disons, 50% de mon entreprise.

J'ai menti hier, il avait mon dossier. Alors il m'a laissé choisir retour en prison ou alors j'acceptais de le renseigner.

Je sais tout, Lucienne. Ce soir, j'ai vu le feldwebel Kurt qui sortait de votre chambre.

Une femme de chez nous qui va avec un boche, c'est grave.

Je crois que vous êtes enceinte.

Mr Cabernis.

Il vous a donné combien, le youpin ?

Je ne vois pas ce que vous voulez dire.

Un mot de moi et vous perdez tout.

Tu en veux une ?

Non. J'ai arrêté.

Moi aussi.

Qu'est-ce qu'ils foutent, bon Dieu !

Tu le connais, toi, le camarade ?

Non.

Tu m'en files une ?

Si le parti l'a envoyé c'est que c'est un type bien... enfin, un type d'expérience.

Tu crois qu'il aura une arme ?

Ça m'étonnerait.

Les v'là !

Camarade.

Le train avait une heure de retard.

Salut à tous, camarades.

Camarade. Camarade. Camarade.

Pour vous, mon nom c'est Yvon.

Je ne me perdrai pas en bavardages. Ce n'est pas mon fort. Vous savez tous pourquoi je suis ici.

Il faut qu'on frappe.

Vite. Et fort.

Tu sais qu'on n'a pas d'arme.

On en trouvera.

Ce qui me soucie c'est l'objectif.

Où est-ce qu'on va pouvoir descendre un Boche sans se faire aligner à coup sûr ?

Je ne connais pas la ville. C'est à vous de me le dire.

Ben, à la terrasse du Café des Amis, sur la grand place.

Il y a parfois des officiers.

Parfois, c'est trop vague, camarade.

A la gare, il y en a souvent.

Mais ça grouille de soldats.

En fait, on n'a pas tellement eu le temps d'y penser.

Il faut déjà qu'on s'habitue à l'idée.

Le camarade Paul était contre le fait de descendre un Boche.

C'est tout à fait normal de répugner à tuer un être humain.

Mais on n'a plus le choix.

Si je suis ici, c'est que je suis prêt à faire ce qu'il faut.

Bon. Puisque vous n'avez pas de suggestions, moi, j'en ai une.

En venant de la gare, j'ai repéré un endroit qui pourrait convenir.

On est sûr d'y trouver un officier. Il y a des voies de dégagement...

Pour ce qui est de frapper fort, on ne peut pas trouver mieux.

Tu penses à quoi ?

La place devant la Kommandantur.

M’en fin, mais tu es complètement malade !

La consigne du parti c'est de descendre des Boches, pas de se suicider.

Quoi, Paul. Tu parles à un responsable mandaté par le parti.

Je dois dire que je te comprends mal, camarade. Au premier coup de feu on se retrouvera avec 10 soldats armés.

Vous négligez l'effet de surprise. Ils n'iront jamais imaginer qu'on pourrait faire cela là-bas.

Je suis certain que les mesures de sécurité sont molles.

Imaginez que ces mecs-là ne se sont pas battus depuis plus d'un an.

Ce n'est pas l'impression que ça donne quand on passe devant.

Les sentinelles ont le doigt sur la gâchette.

C'est du cinéma.

Le temps qu'ils comprennent ce qui leur arrive, on sera déjà loin.

Mais enfin, mais on fait comment pour se replier ?

La seule voie de fuite possible, c'est de passer juste devant la Kommandantur. C'est de la folie.

Et l'église ?

Une église, ça a plusieurs entrées.

...et donc plusieurs sorties.

C'est vrai que il y a la sortie qui donne sur l'avenue Clémenceau...

On pourrait avoir une voiture qui attend là.

Et s'il y a des Boches dans l'église ?

Si, si, si. Avec des si, on mettrait Paris en bouteille.

Ce que je vois, moi, c'est que si on descend un officier boche devant la

Kommandantur, ils ne se sentiront plus en sécurité nulle part.

...et c'est ça que vise le parti.

Edmond, tu organises la répartition des tâches et le repérage ?

Tu sais où me trouver.

- Surprise ! - Arrête !

Ce n'est pas le moment.

Il y a un problème ?

Tu m'aimes ?

Je veux dire, vraiment ?

Tu en doutes encore ?

Ça ne va pas ?

Je suis enceinte.

Tu es sûre ?

De 2 mois.

Tu comptes faire quoi ?

Je ne sais pas.

Je ne comprends pas.

On a pourtant fait attention.

Tu connais quelqu'un ?

Quelqu'un ?

Je dois y aller.

On se revoit bientôt.

Oui. Allô.

Madame Larcher ? C'est Henrich Muller.

Ne quittez pas.

Sarah, allez coucher Te Quiero, s'il vous plaît. Merci.

Je suis à vous.

Mes impressionnistes vous attendent, Mme Larcher, viendrez-vous les voir ?

Quoi... Maintenant ?

Mais, pourquoi attendre ? La vie est si courte.

J'ai une réunion qui vient de s'annuler.

Euh... Non, non, non, non, maintenant je ne peux pas. Pas aujourd'hui.

Quel dommage. Peut-être demain ?

Demain, je pourrai mais... le matin.

Madame Larcher ? Vous êtes toujours là ?

Oui, oui. Vous disiez demain matin ?

Oui. On pourrait se retrouver à 11h.

11h. Ça ne nous laissera qu'une heure, parce que je dois déjeuner avec mon mari.

1h. Ma foi cela fait 1/2h par tableau, ce n'est pas si mal.

Oui. Oui, bien sûr.

Alors, vous avez oublié ?

Oublié ? La femme qui vient pour scolariser son fils. Elle attend là. Ah.

J'ai mal dormi, cette nuit. C'est votre mal de ventre qui recommence ?

Non. J'ai mangé gras.

Ah. Vous avez de la chance. Je vous présente notre institutrice, Mademoiselle Borderie.

Bonjour. Marie Germain. Et voici Raoul.

Bonjour.

Nous nous étions rencontrées à l'église pendant l'exode, il me semble.

C'est possible.

Ben, tu ne dis pas bonjour, mon garçon ?

Bonjour.

Sacré client.

Bon. Eh bien entrez.

Asseyez-vous.

Je ne comprends pas. Le collège Jules Ferry a refusé Raoul ?

C'est-à-dire, il fallait des papiers que je n'ai pas. J'ai été incarcérée pendant 3 mois.

Attendez, Germain... Germain. Vous êtes l'épouse de Lorrain Germain ?

Oui. Si nous prenons votre...

Si nous prenons votre fils, il sera dans ma classe, donc avec des moyens et des grands.

Tu veux bien me regarder quand je te parles, Raoul ?

Tu es une forte tête.

Ici, tu vas devoir apprendre la discipline.

Tu connais tes tables de multiplication ?

Non. Il les connaît très bien. Raoul !

Laissez. Les fortes têtes c'est ma spécialité.

Sans doute parce que j'en étais une.

Tu vas venir avec moi, mon bonhomme... Allez.

Que je voie un peu ce que tu as dans le ciboulot.

Allez, debout.

Ça va ? Bon, Lucienne vous expliquez à Mme Germain les horaires, les règles... Allez, en avant mauvaise troupe.

Excusez-moi.

Il faudra que Raoul fasse de vrais efforts. Monsieur Bériot n'aura pas énormément de temps à lui consacrer.

Donc les filles et les garçons sont mélangés. C'est compliqué.

Je comprends. Ça va ?

Oui, ça va.

Vous êtes sûre ?

Il faut vérifier la deuxième entrée de l'église, le temps

que les soldats sortent de la guérite, pour intervenir quand ça pétera.

Le problème c'est qu'en ce moment, les types qui traînent seuls, ça attire vite l'attention...

Oui, mais deux types devant la Kommandantur, ça ne vaut pas beaucoup mieux.

On n'a qu'à jouer aux amoureux.

C'est vrai. Même les Allemands ne se méfieront pas d'un couple d'amoureux.

Oui. Ça peut marcher.

Bon, eh bien, qui vient avec moi ?

Je ne peux pas. Je suis trop connu des services de police.

Max, pas question. Il assure la sécurité d'Yvon !

Ben, toi tu ne peux pas. Tu coordonnes l'action.

En effet.

Bon, ben, la corvée est pour toi.

Radio Paris c'est vraiment n'importe quoi.

Qui peut croire à ces bêtises ?

Oui, mais c'est quand même là qu'il y a la meilleure musique.

Meilleure que quoi. Tu écoutes d'autres stations ?

Radio Paris ment, Radio Paris ment, Radio Paris est allemand.

Tu as entendu ça où ?

Radio Londres !

La musique est atroce : du jazz.

Mais les blagues sont amusantes.

Tu as l'air soucieux.

L'enterrement de papa se complique. On meurt de plus en plus mais il n'y a personne pour nous enterrer.

Du coup, demain matin je retourne à Moissey. Je ne pourrai pas faire la consultation.

Tu pourras faire les pansements à la veuve Henri. Elle vient à 11h.

A 11h. C'est que j'avais prévu de sortir.

Oh, je l'ai déjà reportée deux fois !

Bon. Bah écoute je... Je vais m'arranger.

Tu es gentille.

Tu es crédible en amoureux. On s'y croirait !

Bah, je fais ce que je peux !

C'est si difficile que ça ?

Ce n'est pas le problème.

Ah bon. C'est quoi, le problème ?

Ce coup est infaisable.

Même si on fuit par la rue Clemenceau les soldats venant de la Kommandantur nous tomberont dessus.

C'est infaisable. Ah tu es trop pessimiste.

Et puis si c'est infaisable ici, on le fera ailleurs.

Au fait, je me demandais... Comment on s'est rencontré, toi et moi ?

Quoi ?

Oui, si on tombe sur un contrôle et qu'on nous interroge.

Il faut que nos histoires se tiennent. Rappelle-toi en novembre.

Alors, on s'est rencontré où ?

Bonjour.

Mode du jour, s'il vous plaît.

Bah, disons... à la poste.

Sauf que je ne suis plus Suzanne Richard, postière, mais Gisèle Barbier, sans profession.

Il faudrait un peu que tu connaisses le nom de ton amoureuse.

Hein, mon Loulou !

Ben on s'est rencontré, disons, à l'église.

Je livrais des cierges Tu venais en brûler un pour ta mère...

...et je t'en ai donné un gratis. Ni vu ni connu.

Ça t'a fait rire.

Je t'ai offert un café.

Et puis je t'ai conté fleurette.

Et le soir même, on dormait ensemble.

En tout cas, depuis, on aime aller dans les églises. Viens.

Tu ne te signes pas ?

Je croyais que les Allemands étaient protestants.

Eh ben, visiblement, pas tous.

Chut ! S'il vous plaît !

Ça se présente mal.

Il y a peut-être une autre porte.

Oui, mais elle mène vers la Kommandantur.

Partons. Ça ne sert à rien.

Mais, enfin, qui est le père ?

Il n'y a pas de père.

Tu blasphèmes, Lucienne.

Il est marié ?

Non. Bon, alors, ce n'est pas si grave.

Je suppose qu'il t'a abandonnée, sinon, tu ne serais pas là.

Oui. Oui, c'est ça.

Pourquoi t'es-tu éloignée de Dieu, toi qui étais si proche de Lui ?

Ce n'est pas vrai. Je prie tous les jours.

C'est bien de prier, mais si tu étais restée proche de Lui, Il t'aurait aidée à résister à la tentation.

La fornication hors des liens sacrés du mariage conduit toujours au malheur... ou pire.

Vous croyez que Dieu me punit pour ce que j'ai fait ?

Lucienne, un enfant, ce n'est pas une punition, c'est un don.

C'est un don de Dieu.

Je ne peux pas élever un enfant toute seule.

Vous imaginez !

Ça, il fallait y penser avant.

Jure-moi que tu vas accueillir cet enfant et le choyer conformément à la volonté du Seigneur qui te l'a envoyé.

Ne me dis pas que tu penses à l'impensable.

Ah. C'est beaucoup plus grave que ce que j'imaginais.

Tu es au bord de perdre ton âme, Lucienne.

Si tu fais ce que... ce que je comprends que tu envisages de faire...

...et qui t'est soufflé par le Malin, tu te coupes de la communauté.

Tu ne pourras plus jamais recevoir l'absolution. Tu ne pourras plus jamais communier.

Le père est un soldat allemand.

De toute façon, même si le passage par l'église avait été possible, avec les sentinelles...

Tu as raison, c'était du suicide.

C'est infaisable.

Il y a trop de Boches sur la place.

Et la terrasse du café ?

- Les Allemands n'ont pas le droit d'y aller. - Bah, visiblement...

Il suffirait que quelqu'un attende sur une moto, rue Poincaré.

Le tireur n'aurait que 20m à parcourir après avoir tiré.

Vingt mètres, ça peut être très long.

Mais, ça ne coûte rien d'aller voir.

J'ai justement envie de boire un verre.

Bon, allez on descend, le bus va partir.

Excusez-nous on a changé d'avis.

Très bien. Comme vous voulez.

...et Jésus, le fruit de vos entrailles.

Mademoiselle Borderie ?

Mademoiselle Borderie ?

Je m'inquiétais pour vous.

Pourquoi ?

En prison, j'ai appris que la seule chose qui sauve, quand ça va mal, c'est de parler.

Ça dépend à qui.

Avec moi, vous ne risquez pas grand chose.

Laissez-moi entrer.

Laissez-moi entrer.

Vous... vous ne pouvez pas le garder ?

L'institutrice... Fille mère !

Mais, qu'est-ce que je vais dire à mon père ?

Il y a toujours... Il y a toujours une solution.

Ben, là, je ne vois pas laquelle.

Si vous ne pouvez pas le garder, vous ne pouvez pas le garder !

Mais je suis chrétienne.

Moi aussi.

Ça ne m'a pas empêché d'en faire passer un.

Avant mon mariage. J'avais 17 ans.

Vous connaissez Madame Morhange ?

Oui.

Je connais Madame Morhange.

Je vis chez elle en ce moment. Vous devriez lui parler. Elle sera de bon conseil.

Mais qu'est-ce que c'est que cette idée ?

Non, mais vous êtes complètement folle !

Elle dit qu'elle est à bout.

J'ai même eu l'impression qu'elle pensait en finir.

Oh, elle est émotive, c'est tout. Moi, je la connais la petite Lucienne. Elle ne va jamais au bout de rien.

Si vous vous trompiez ?

Non, mais vous êtes incroyable. Vous êtes chez moi, ici.

Je ne vois pas le rapport.

Vous n'avez rien de mieux à faire que de me ramener une situation qui peut nous mener toutes les deux en prison ?

Oh ! Vous exagérez.

Non. Les faiseuses d'ange risquent la peine de mort depuis janvier.

Bon, ben, on la laisse crever alors !

Non, non, non, non, non, je n'ai pas dit ça.

Ça ne vous est jamais arrivé à vous !

Si, ça m'est arrivé, à moi.

Et alors, ça s'est passé comment ?

Mal !

J'ai fait cela toute seule.

Ce jour-là, vous auriez peut-être aimé que quelqu'un vous aide.

Justin, tu aimes bien les animaux ?

Ben oui.

Alors, regarde. Tu va voir. On va aller lire ce livre chez la voisine.

Et pendant ce temps là, ta maman et moi, on a des choses à faire.

Vas-y mon chéri.

Allons, viens voir.

C'est vrai que là, si on avait une arme...

Mais on ne voit pas ce qui vient de la rue Poincaré.

Tout à l'heure des soldats sont passés...

Il en faut un qui surveille la rue et donne le signal.

Un qui tire, un sur la moto.

A trois sur une moto, ça commence à faire beaucoup.

Ou alors deux motos.

Pendant ce temps là on n'en a même pas une.

Il y a une voiture.

Mais elle stationnerait où ?

Là-bas.

Mon Dieu, Marcel ! Les deux types qui viennent vers nous.

Le civil c'est le flic des Essarts. Ça fait 15 jours que j'aurais dû l'appeler.

Mon Dieu, Marcel. S'il me voit !

Il faut qu'on décroche. Ils sont passés.

Comment on va justifier ça auprès des camarades ?

Je ne sais pas.

Excusez-moi. Comment ça va se passer ?

Je vais faire la chose avec une aiguille à tricoter.

Moi, je l'ai déjà fait. Enfin, ça va beaucoup saigner, mais c'est normal. Ça veut dire que c'est parti.

C'est très risqué.

Écoutez, Lucienne. On ne va pas vous raconter d'histoires. Si on fait très attention, ça devrait bien se passer.

Mais enfin, il y a toujours un risque. On n'est pas médecin, hein.

Vous êtes décidée ?

Oui.

Tu m'avais dit 11 heures, minuit.

Mais... je peux quand même rentrer chez moi à l'heure que je veux, non ?

Qu'est-ce que vous faites là, vous ?

C'est quoi, ce cirque ?

C'est de ma faute.

Tu allais faire ça chez moi sans m'en parler !

C'est aussi chez moi, non ?

- Excusez-moi... - Fermez-la, vous !

Tu sais ce qu'on risque avec des trucs comme ça ?

On fera atten...

Je ne te parle pas de ça.

Si on apprend que ça s'est fait ici, c'est la prison pour toi, la révocation pour moi.

Tu crois vraiment que j'ai besoin de ça en ce moment ?

Ça ne se saura pas. Qui voulez-vous qui parle ?

Et si elle parle, elle ?

Demain, dans un mois, dans 3 mois. Si l'abruti qui l'a engrossée parle !

Ah non ! Je ne vous comprends pas commissaire.

On a lutté ensemble. On a pris des risques, ensemble...

Vous êtes devenu insensible à la peine des autres ?

Ça n'a rien à voir.

Notre cause était juste.

Elle n'a qu'à le poser sur les marches d'une église si elle veut l'abandonner.

Mais enfin, Henri quand même !

Non, non, non Lucienne. Attendez, attendez.

Sinon, il y a une nouvelle procédure.

Vous accouchez, vous signez un papier et l'état s'occupe du bébé.

Oh ! Laissez-moi sortir.

C'est nul, ce que vous me ramenez.

Vous ne savez pas si on peut se garer près de l'église.

Vous n'avez même pas fait le pointage de ce qui circule rue Poincaré.

Si. Deux soldats sont passés une fois.

Qu'est-ce que tu veux qu'on te dise de plus ?

Ça n'explique pas pourquoi vous êtes partis si brusquement.

Mais on n'est pas parti brusquement.

Je suis passé quelques minutes voir si tout allait bien...

Vous vous êtes roulé un palot et puis vous êtes partis juste après.

Brusquement.

Ben, je ne sais pas.

Peut-être, je ne me souviens plus.

Attends, rassure-moi, ce palot, c'est du chiqué ?

(ensemble) - Ben oui. - Ben évidemment.

Alors, pourquoi vous êtes partis juste après ?

C'est curieux de faire semblant de s'embrasser et de partir juste après.

Si c'est vraiment du chiqué.

Je vous rappelle que les relations entre camarades chargés d'une action sont strictement interdites.

On n'a pas de relation, on était en mission !

Eh bien, vous l'avez salopée, la mission.

On ne peut rien déduire de ce que vous ramenez.

Demain, vous avez intérêt à assurer mieux que ça.

Parce qu'on y retourne demain ?

Cette fois, je veux un rapport précis, combien d'officiers à la terrasse, à quelle heure, combien de temps ils restent,

qui les accompagne, est-ce qu'on a une chance de garer une voiture,

combien de temps, est-ce que les soldats de la guérite ont le temps d'intervenir ?

Voilà. C'est ça que je veux savoir.

Mais... le coup des amoureux... on risque de nous remarquer.

Tu ne veux pas nous relayer ?

Non. Max est chargé de la protection d'Yvon.

Il dit qu'il est passé tout à l'heure, il peut y retourner.

C'est quoi cette façon de discuter les ordres ?

Bon. Ça va, ça va.

Je pourrais peut-être y retourner tout seul, cette fois.

Non, non. Le coup des amoureux, c'est nickel, hein.

Personne ne fait attention à vous. Enfin, je veux dire...

Bon. Vous y retournez tous les deux.

Et cette fois-ci au lieu de vous rouler des pelles, vous mémorisez les informations dont on a besoin.

C'est clair ?

...pardonnez-moi. Par les mérites de Jésus Christ, mon sauveur...

Pardonnez-moi.

...pour ce que je vais être obligée de faire.

Merci. Bonjour.

Tu as bien dormi ?

Oui, mais... j'ai été réveillée par le coup de fil de Blanche.

Tu n'as pas entendu la sonnerie ?

Ta cousine, Blanche Camelin ?

Oui. Merci Sarah.

Tu te souviens que son fiancé avait été fait prisonnier et transféré en Allemagne...

Des fiancés, elle en avait plusieurs, autant que je m'en souvienne !

Il vient de mourir du tétanos.

Oh, je suis désolé.

Pardon, ma chérie. Ce n'était pas bien heureux.

Alors Blanche est dans tous ses états. Ils devaient se marier en juin. Tu imagines.

Ce qui fait que je lui ai promis que je passerai ce matin...

...j'ai bien senti qu'elle n'avait pas envie de rester seule.

Tu as bien fait.

Et la veuve Henri et ses pansements, alors ?

Je ne peux pas l'annuler encore une fois.

Bon. Tant pis. J'irai à Moissey demain.

J'ai peur, Marcel.

Si le flic repasse, on fait quoi ?

Il ne repassera pas.

Tu vois, c'est moi l'optimiste aujourd'hui.

Et si on disait tout à Edmond ?

Lui dire que tu t'es entendue en septembre avec les flics ?

Que moi je le savais, je ne l'ai pas dit ?

On ne peut plus faire ça maintenant.

Marcel, quand tu m'embrassais hier...

...c'était juste pour la mission... ou...

Enfin, tu, vois ce que je veux dire.

Les relations entre camarades sont interdites. Tu le sais bien !

Si elles ne l'étaient pas ?

Elles le sont.

A quoi ça sert de rêvasser d'un autre monde ?

Ce n'est pas ce que vous faites en permanence, vous, les communistes ?

Tu dis "vous"!

Tu sais bien que je ne suis qu'une communiste de circonstance, moi.

Une communiste d'occasion.

Mon père disait toujours : "il n'y a qu'avec les occasions qu'on fait des bonnes affaires."

Bitte.

Pourriez-vous faire une photographie ?

Hier.

Oui.

Heu, plus proches.

Avec le drapeau ?

Drapeau... Ja.

Voilà.

Bonjour. Christiane.

Je pensais que le corps enseignant était ponctuel !

Excusez-moi.

Ce concours du gâteau, ça n'a l'air de rien, mais c'est très important !

Il est essentiel de réunir les gens autour de petites occasions sympathiques.

C'est comme ça qu'on fera le mieux passer la pensée du Maréchal !

Vous-même, vous présentez un gâteau ?

- Non. - Ben moi, j'en présente un pour montrer l'exemple.

Vous avez vu le grand portrait du Maréchal !

Il est arrivé hier.

Ah bien non, non. Les brochures sur la révolution nationale, ici, avec les recettes d'ersatz.

Recette, brochure. Vous voyez l'idée ?

Les participantes derrière ces tables, bien alignées. Chacune posera son gâteau, comme ça...

Oui. Ben qu'est-ce qui vous arrive, mon petit, vous ne vous sentez pas bien ?

J'ai mal dormi.

Alors, Madame la Présidente est satisfaite ?

J'aurais préféré la grande salle de la mairie...

Ah, Monsieur Alain, non. Ça ne va pas !

Mais qu'est-ce qu'il y a, Lucienne ? Ça ne va pas ?

Bon. Madame Schwartz, merci d'être venue. On se verra tout à l'heure.

Mais on n'a pas parlé du discours.

Eh bien on en parlera tout à l'heure.

Dites-moi au moins si c'est vous ou moi qui parlera en premier. Vous préférez quoi ?

- Bah moi ! - Eh bien ce sera vous. A tout à l'heure.

Mon Dieu, Lucienne.

Lucienne, Lucienne, Lucienne, Lucienne, Lucienne...

Vous voulez quelque chose ?

A 11h du matin !

Un thé ?

Qu'est-ce que vous lui avez dit ?

De nous apporter du thé... et de ne pas nous déranger sous aucun prétexte.

Et alors... Ces tableaux, comment sont-ils arrivés ici ?

Les hasards de la guerre.

Non. Les marchands d'art juifs de Besançon qui ont dû partir précipitamment.

Il faut prendre la beauté là où elle se trouve !

Chez des juifs.

Pourquoi pas ?

Ce n'est pas le manque de beauté qu'on leur reproche.

Qu'est-ce que vous leur reprochez exactement ?

Ben, d'être juifs.

Et si j'étais juive ?

Vous me le reprocheriez ?

Sûrement !

Mais, vous ne l'êtes pas.

Qu'est-ce que vous en savez ?

Si vous étiez juive... vous auriez peur de moi.

Mais, j'ai peur de vous.

Un problème ?

Il vient d'y avoir un attentat à Nantes. Un officier allemand a été tué.

Je vais devoir m'absenter quelques instants.

Vous m'attendez ?

Je vous préviens, je n'aime pas trop attendre.

Je ne serai pas long.

Restez avec nous, Lucienne, restez avec nous.

Sarah, ouvrez la porte du cabinet.

Qu'est-ce qui s'est passé ? Je ne sais pas.

Lucienne ? Sarah, aidez-moi à lui enlever sa jupe, s'il vous plaît.

Ouvrez vos yeux, Lucienne.

- Qu'est-ce qui est arrivé ? - Ben, je vous dis, je ne sais pas.

Bon. Allez dans la salle d'attente.

Et c'est grave, dites, il ne va rien lui arriver ?

Sortez. Monsieur Bériot, vous sortez, s'il vous plaît.

Vous nous avez fait très peur.

Vous avez perdu beaucoup de sang.

Heureusement que vous avez le cœur solide.

Excusez-moi. Merci.

Oui. Maintenant, vous êtes sauvée.

...et l'enfant aussi.

L'enfant ?

Mais, ce sang, tout ce sang ?

Vous vous êtes blessée, mais vous ne l'avez pas touché.

Faites-le partir, Docteur.

Je vous en supplie, faites-le partir.

Mais il est hors de question que je fasse cela.

Et puis, vous savez, un enfant c'est une lumière dans la vie, Lucienne.

Tenez, moi par exemple, avec ma femme, on ne pouvait pas en avoir...

Pendant l'exode, des cousins nous ont confié... enfin, bref...

On a notre petit Te Quiero, maintenant.

Parfois, quand je pense à notre situation, l'occupation...

...les morts, les prisonniers, toute cette misère...

...eh bien, vous savez ce qui me fait tenir ?

Un petit gazouillement dans le lit, le matin.

Un rire pendant le petit déjeuner.

Une petite main.

Toute petite qui se pose sur mon nez.

Ça change la vie, vous savez.

- Oui, mais le père... - Non, non, ça ne me regarde pas, Lucienne. S'il y a un père c'est bien...

...s'il n'y en a pas, ce ne sera pas facile mais vous ne serez tout de même pas la seule.

- Alors ? - Sarah, vous pouvez aller chercher une jupe dans l'armoire de Madame ?

Laquelle ? Oh, celle que vous voudrez, peu importe. C'est pour Lucienne, elle doit se changer.

Ça va aller. Elle a perdu beaucoup de sang, mais elle est robuste.

Évidemment, il faut qu'elle se repose.

Bien sûr, oui.

Il faut du soutien, je veux dire moralement.

Ah mais... Vous pouvez compter sur moi, oui.

Dans ce genre de situation, il est important que chacun assume ses responsabilités...

Euh... Ah... bien... Oui, oui, bien sûr, oui.

Elle est passé tout près du gouffre, Monsieur Bériot.

Oui, oui, je comprends, je comprends.

Cet enfant, c'est une chance pour elle.

Bien sûr. J'espère que vous l'aiderez... autant que vous pourrez.

Allez-y.

Le Dr Larcher a vraiment dit que vous deviez vous reposer.

Je vais prendre votre classe pendant quelques jours.

J'ai promis aux enfants de venir pour le concours de gâteaux.

On leur expliquera.

Non, ça ira.

On mettra un fauteuil.

Vous avez la clé ?

Là, derrière la valise.

Sinon, il faut que je vous dise... Le Dr Larcher, comment dire...

...il a cru que c'était moi le père.

Comme c'est moi qui vous ai amenée... Alors...

Je me suis dit...

Enfin, je ne l'ai pas détrompé.

Je me suis dit autant qu'il ne se pose pas trop de questions sur qui est le père, vous comprenez ? C'était pour vous protéger.

Je comprends.

Vous ne m'en voulez pas ?

Je suis fatiguée !

On m'a dit que vous étiez souffrante.

Oui, mais maintenant ça va mieux.

Je vous laisse. Je vous vois au concours ?

Je vous fais préparer un fauteuil.

Merci, Monsieur Bériot.

Je veux m'excuser.

Je n'ai pas été bien avec toi hier.

Je ne pensais que au risque de te perdre, d'être envoyé en Russie...

et puis aujourd'hui, petit à petit, j'ai pensé...

un enfant... un enfant de notre amour...

Je l'ai vu, Lucienne...

je l'ai vu !

Alors je ne sais pas comment on fera. Il faudra se battre...

...il peut se passer plein de choses, je peux partir loin...

...ce sera peut-être dur pour toi...

...mais quand la guerre sera finie, ce jour là, je serai là.

Avec toi. On se mariera et on élèvera cet enfant ensemble.

Je ne sais pas comment, je ne sais pas où, mais je te le promets.

Je t'aime.

N'oublie jamais ça.

Qu'est-ce que tu en penses ?

Visiblement, on peut se garer.

Il faudrait qu'un camarade vienne en avance pour garder la place.

Avec beaucoup de chance c'est faisable, à condition qu'il n'y ait pas des soldats aussi près.

On a vu combien d'officiers, 3 ou 4?

4. Et combien de patrouilles ? La relève toutes les deux heures.

C'est pénible de ne pas pouvoir prendre de notes.

Mais qu'est-ce qu'il vient foutre ici, lui ?

Il est malade ! Il va nous faire remarquer, ce con.

Je reviens.

Bonjour. Vous avez du feu ?

Alors, ça se passe comment ?

Qu'est-ce que tu fous ici, bordel ?

Je suis venu voir comment ça se passe.

Je m'emmerde dans ma piaule et j'ai mal aux dents.

Et les consignes de sécurité ?

Et Max il est où ?

Les consignes de sécurité c'est moi qui les décide.

Mais ça grouille de Boches, ici.

Ils risquent de nous remarquer.

Camarade, c'est nous qui les surveillons, pas l'inverse.

Tu crois franchement qu'ils se doutent de ce qu'on prépare ?

Je ne sais pas s'ils s'en doutent, mais le B.a.ba d'une opération c'est que celui qui dirige ne vient pas sur le terrain.

Ce qu'on m'a appris c'est qu'il fallait surprendre l'ennemi et par tous les moyens.

Ça donne quoi ton repérage ?

On peut se garer là-bas, si on a de la chance.

Il y a un Boche qui nous mate le portrait. Camarade excuse-moi d'insister mais tu ne dois pas rester là.

C'est bon, j'y vais.

Il ne faut pas rester là.

Qu'est-ce qui se passe, bordel ? Je n'en sais rien.

Dégage d'ici.

Il faut qu'on dégage d'ici.

Il faut qu'on dégage, vite !

Mais il y a Suzanne !

Viens par là.

Ma femme ! Ma femme ! Ma femme.

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