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- Oui ?
Bonjour.
- Je descends. - Je viens.
Je vais lire l'audition de Julien
puisqu'on avait renvoyé notamment pour ça.
Donc, concernant son audition,
vous le savez, quand on fait entendre un enfant parle service Puzzle,
je ne sais pas si vous le savez, je vous l'explique,
on dit aux enfants que ce qu'ils disent
sera retransmis à leurs parents.
S'ils ne veulent pas qu'une chose soit transmise, ils ne le disent pas.
C'est le principe du contradictoire.
Chacun doit être au courant de ce qui se passe dans le dossier.
Julien a 11 ans.
Il est en 6e A1 au collège Théodore Monod de Saint-Dumont
et il a dit :
"Mes parents sont séparés depuis un an.
"Je vis avec maman et ma sœur.
"On va fêter les 18 ans de ma sœur à la salle des fêtes.
"On habite tous chez papy et nanny, sauf mon père.
"Maman ne s'occupe pas de mes devoirs,
"mais je travaille bien.
"J'ai beaucoup d'amis et je me débrouille bien seul."
Donc, je reprends.
"J'ai beaucoup d'amis et je me débrouille bien seul.
"Je ne peux jamais jouer dans le jardin,
"on a peur que l'autre vienne.
"Papy se met à crier en le voyant, c'est pas bon.
"Quand il vient, je m'inquiète pour maman. Il veut juste
"la harceler."
Vous voulez bien écouter ce que je dis ?
Vous discuterez avec votre avocate plus tard.
"Je m'inquiète pour elle, il veut juste lui faire du mai.
"C'est pas un père. Je suis content qu'ils divorcent.
"Je veux rester avec ma mère pour pas qu'elle soit seule.
"Joséphine ne l'aime pas non plus, mais elle n'a pas à le voir.
"Je ne veux plus jamais le voir
"ou que le juge m'oblige à y aller une semaine sur deux
"ou un week-end sur deux.
"Je ne veux plus jamais le voir. C'est tout."
Maître Davigny, je vous écoute.
- Alors...
Pour Mme Besson, qui touche
une indemnité chômage de 981 euros par mois,
qui est mariée à Antoine Besson, responsable de la sécurité incendie
au centre hospitalier de Lecorney,
et qui a des revenus de 2200 euros par mois.
Il y a deux enfants.
Joséphine aura bientôt 18 ans.
Il n'y a pas de dispositions particulières.
Mais il faudra organiser la nouvelle vie de Julien,
qui a donc été auditionné.
Nous ne sommes pas d'accord
avec ce qui est demandé de l'autre côté.
Monsieur sollicite la résidence alternée
quand il sera installé dans la région
suite à l'accord récent de sa mutation.
Or, on constate clairement
que les enfants ne souhaitent plus revoir leur père.
C'est vrai que...
Pour Julien, tout cela s'exprime de façon un peu violente.
Il y a un rejet.
Ce qu'il traduit dans son audition, c'est la tension entre les époux
mais c'est aussi une grande insécurité.
A titre personnel.
Les éléments montrent pourquoi il ressent cette insécurité.
Il y a un certificat médical de Joséphine
qui fait état des violences subies par le passé
de la part de monsieur.
Nous demandons à ce que la résidence des enfants
soit fixée au domicile de la maman.
Joséphine sera bientôt majeure.
Réservez le droit de visite selon son souhait.
Nous demandons également à réserver celui de Julien.
En attendant que les tensions s'apaisent
et qu'il soit plus disposé à revoir son père.
La procédure a rajouté des tensions.
Ma cliente n'a retiré sa plainte que pour un gain de paix.
Elle avait subi des menaces de sa part pour qu'elle la retire.
Au téléphone.
Ou il venait dès qu'il pouvait devant chez ses parents.
- Vous avez des preuves ?
- Les parents témoignent que monsieur est venu...
- Je veux dire des preuves de menaces.
- Pas de témoins, évidemment. Madame n'a pas les messages,
elle a dû plusieurs fois changer de numéro.
Donc, pour un gain de paix, encore une fois,
ma cliente ne souhaite pas bénéficier de la pension au devoir de secours.
En revanche, elle est revenue
chez ses parents.
Elle a laissé l'intégralité de ce qui lui appartenait, en commun ou propre,
dans la maison d'habitation.
Elle doit repartir à zéro et n'a aucune économie.
Même si elle est chez ses parents,
elle verse un loyer et participe aux frais. Elle a à charge 2 enfants.
Elle doit faire face à des charges incompressibles immédiates
pour pouvoir se reloger.
Elle demande à bénéficier
d'une avance sur communauté 'a hauteur de 5000 euros.
Nous vous demandons à ce que vous condamniez monsieur à la lui verser.
Pour le reste, nous sommes d'accord
avec les parts contributives fixées à 110 euros par mois et par enfant.
Voilà les observations que j'avais à formuler,
tant pour les enfants que pour elle-même.
- OK.
Maître Ghénen ?
- Merci, Mme la Présidente.
Il y a des choses qui sont dites par Julien, bien sûr,
mais il y a surtout des extrapolations
qui ont été faites.
Je ne comprends pas le sens de cette audience.
Dans ce dossier, rien n'est blanc des deux côtés.
L'éducation, on en est responsables tous les deux. Le papa et la maman.
Je suis choquée par ce qui vient d'être dit.
Monsieur a obtenu sa mutation et demande la garde alternée,
et madame l'accuse de l'avoir harcelée,
menacée, d'avoir été violent avec sa fille,
en apportant un certificat d'une infirmière scolaire ?
Je trouve ça ahurissant
et vraiment très déplacé.
Vous trouverez dans mon dossier plusieurs témoignages.
D'abord, les parents de monsieur, victimes des desideratas de madame.
Ils n'ont pas revus les enfants depuis la séparation.
Ses collègues, qui le décrivent
comme un excellent chef d'équipe, équilibré, au tempérament posé.
Les témoignages de l'Amicale des chasseurs dont il fait partie.
Ils disent de lui qu'il est généreux, serviable,
amoureux de la nature, qui ne boit pas.
Un homme normal, quoi,
qui ne correspond pas au portrait
de l'homme violent et menaçant qu'on essaie de lui attribuer.
Si madame avait des preuves de menaces subies,
qu'elle les amène, qu'une enquête de police soit faite.
Mais qu'elle ne transforme pas en "harcèlement" et "menaces"
les tentatives d'un père meurtri.
Et je pèse mes mots quand je vous dis cela.
Il faut noter que madame a coupé tout lien avec monsieur d'un coup.
Elle a, jusqu'à ce jour,
refusé que mon client parle à ses enfants au téléphone.
Ses parents se sont mis sur liste rouge.
Oui, c'est vrai.
M. Besson a dormi dans sa voiture
devant le domicile des parents de madame. C'est vrai.
Dans le seul espoir de voir ses enfants, pas pour le plaisir.
Je peux vous assurer qu'aujourd'hui, M. Besson
est atterré d'entendre ce que Julien pense.
Ses mots ne sont pas l'image des moments passés avec son fils.
On peut soupçonner, vu le contexte, que quelqu'un a pu les lui dicter.
Aujourd'hui, M. Besson dit la chose suivante :
"Ma fille est bientôt majeure.
"Elle se fera sa propre opinion et elle reviendra vers moi.
"En revanche, je ne lâcherai pas mon fils.
"Je sais que mon fils m'aime et que je l'aime. Il a besoin de moi.
"Je quitte mes collègues, mes amis,
"je vends ma maison, je renonce à tout
"pour passer de bons moments avec lui."
Ça, Mme Besson ne pourra pas lui ôter. Vous le savez.
C'est un droit fondamental.
Si M. Besson n'a pas été un bon mari,
ça ne fait pas de lui un mauvais père.
Les termes de la loi ne prévoient pas
de rompre le lien père-fils.
Je maintiens donc
notre demande.
Pour mettre en place un droit de visite classique,
un week-end sur deux du samedi midi au dimanche 18 h.
Et dès la rentrée, quand mon client sera installé,
nous demandons la résidence alternée.
Une semaine sur deux avec le partage des vacances.
Nous aimerions connaître sa future adresse.
En espérant qu'elle ne retraverse pas la France,
afin de faciliter l'organisation de la nouvelle vie de Julien.
Nous sommes d'accord
pour les pensions alimentaires des enfants.
Mais s'il y a un point sur lequel vous devez trancher,
c'est sur l'alinéa 7 de l'article 255.
"Accorder à l'un des époux des provisions sur ses droits
"dans la liquidation du régime matrimonial si nécessaire."
Moi, j'aimerais bien savoir si c'est nécessaire ou pas.
Vous avez quelqu'un qui avait un emploi
et se retrouve au chômage,
mais c'est elle qui a décidé de s'installer ici,
du jour au lendemain.
De son côté, mon client a essayé de voir ses enfants,
mais on lui a dit que madame était partie en week-end.
On nous dit qu'on gagne que 900 euros,
et on part en week-end régulièrement et on loue une salle communale.
La situation ne le rend pas nécessaire
et ne justifie pas d'avance.
- Vous avez joint un bilan ? - Oui, on a tout mis.
- D'accord.
Par rapport au certificat de la gamine, c'est dans le débat.
C'est quoi, cette histoire ?
- Joséphine était en 3e.
Il la surveillait. Il ne voulait pas qu'elle fréquente.
Il l'avait vue embrassant Samuel devant le Conservatoire.
Elle fait du piano depuis ses 6 ans. Samuel est son petit copain.
Elle avait séché son cours pour le voir.
Il l'a surprise.
Le soir, il a attendu qu'elle rentre et il l'a frappée.
Étais au travail, il m'a appelé en menaçant de lui casser les mains
si je ne rentrais pas tout de suite. Et donc...
Elle avait mal et...
Le lendemain, elle est allée voir l'infirmière
pour lui signaler les problèmes qu'on avait à la maison.
- D'accord.
Monsieur ?
- Ma fille s'est foulé le poignet en sport. Que puis-je dire ?
- Lequel des deux ment le plus,
par exemple ?
- Regardez le certificat. Trois ans après.
- "Je soussignée,
Stéphanie Bossel,
"certifie avoir examiné Joséphine Besson
"le 12 octobre 2013.
"Douleur importante à la flexion du poignet
"avec limitation du mouvement.
"La pression du scaphoïde et du cinquième métacarpien
"provoquait une douleur et un hématome
"à la face interne du poignet."
"Joséphine a parlé de problèmes avec son père,
"mais a refusé d'utiliser ce certificat.
"Certificat fait à la demande de l'intéressée."
- Il y a une attestation d'une responsable de madame,
qui dit que monsieur venait la surveiller
au travail.
- Incroyable ! - S'il vous plaît.
Vos enfants sont remontés contre vous.
Vous pouvez l'expliquer ?
- Non.
Aimerais bien comprendre.
Je ne sais pas ce qu'on leur met dans la tête.
- On voit bien que Julien n'est pas prêt à revoir son père.
C'est trop stressant.
- Vous en rajoutez.
Pour l'instant, personne ne s'énerve à part vous.
Monsieur dit qu'il a acheté un téléphone
à son fils et qu'il n'arrive pas à le joindre.
- Julien veut plus répondre.
Il le menace pour qu'il me passe le téléphone. Il veut plus répondre.
On veut juste vivre en paix.
- Moi, je veux juste des nouvelles de mes enfants.
- Qui veut vivre en paix ?
- Pardon ?
- Vous dites : "On veut vivre en paix." Qui ?
- Julien...
moi, ma fille aussi. Demandez-le-lui.
- Demander à votre fille ?
Vos enfants semblent de votre côté. C'est ce qu'il faut éviter.
- C'est Julien qui a demandé à être entendu
quand il a su que son père venait habiter ici.
Moi, je veux que tout se passe bien.
Je pense au bien de mes enfants.
- Je peux dire quelque chose ?
- Monsieur ?
- Moi aussi, je veux que mon fils soit bien.
Il a besoin d'être encadré. Le priver de son père n'arrangera rien.
- OK.
Je mets la décision en délibéré au 29 mai. Vos avocats transmettront.
Au revoir, messieurs dames.
- Au revoir, madame le juge.
- Au revoir.
- Au revoir.
- Merci.
- C'est toujours éprouvant, une audience.
Je vous appelle dès que je reçois sa décision.
Je suis confiante. Elle a compris qu'il y a un problème.
- Antoine !
- Alors ? - Un fumier.
- Je vous appelle. Au revoir. - Au revoir.
- Ça s'est bien passé.
- Miriam !
C'est pour les enfants.
- C'est entre les mains de la juge.
- On saura quand ? - D'ici une semaine.
- Vas-y, elle va te tuer. - On s'en fout.
- Allô ? - Oui.
- Je t'attends au Conservatoire. - J'arrive, maman.
On est sortis plus tôt, j'ai accompagné Samuel à la gare.
- Arrête de mentir. Ta prof m'a dit que t'étais pas venue.
C'est la 5e fois en deux mois. A chaque fois que Samuel vient.
Je te paie des cours pour quoi ?
- Moi, j'en peux plus. - J'ai plus confiance en toi.
On discutera sérieusement. Crois-moi.
- Allô ?
- Suivez-moi, c'est celui-là.
Entrez.
Donc, c'est un F4.
78 m2 à peu près.
L'entrée. Vous avez les toilettes indépendantes.
Dans l'entrée, vous avez l'interphone,
le compteur électrique.
Les W-C sont séparés.
Ici, vous avez un dressing avec penderie et le séjour.
- C'est ma chambre.
- Ai un lit double. - T'as déjà dormi avec lui ?
- Qu'est-ce que ça peut te foutre ?
C'est lui ?
- Alors ?
- C'est ma chambre.
- T'as rêvé ! - Samuel peut plus venir.
Pas besoin d'un grand lit.
- T'es comme l'autre, en fait. - Hé oh !
Commencez pas.
- Tata ?
- C'est qui le monsieur ? - Cyril, un collègue de la mairie.
C'est lui qui a trouve l'appartement pour vous.
Qu'est-ce que t'as ? - Je tiendrai pas.
- Tu vas le voir bientôt. Pour ton anniversaire.
- C'est dégueulasse. - Faut te concentrer sur le concours.
- J'ai promis que je ne sécherais plus.
- Viens.
- Je ne me vois pas habiter ici.
- Tu vas aménager ta chambre, tu vas t'y faire.
Viens.
- Vous pouvez aller voir.
- Le centre-ville n'est qu'à 10 minutes.
En bas, il y a une station de bus. Sonnerie
- Pardon.
- C'est disponible ? - A partir du premier.
- Bonjour, maître.
Excusez-moi. - Je vous en prie.
- Oui, maître ?
Oui.
Ah bon ?
Pourquoi ?
- Oui ? - Miriam ?
- Oui ?
- Qu'est-ce qu'il se passe ? - Julien ne se sent pas bien.
- Sors, on va en parler.
- Il a mal au ventre. - Je l'emmène chez le médecin.
- Mais... - Sors me donner son adresse.
- Je veux pas que ça se passe mal.
- On applique la décision de la juge.
- Antoine, il est vraiment pas bien.
- Sors qu'on puisse discuter.
- Je sors pas, non.
- Il doit être avec moi ce week-end. S'il ne sort pas,
je porte plainte.
Est-ce que c'est bien clair ?
- Qu'est-ce qu'il a dit ?
- Au revoir, mon Juju. - Au revoir.
- Bonjour, mon cœur.
Bonjour.
Il paraît que t'es malade ?
Ta mère m'a dit que t'étais malade.
T'as des médicaments à prendre ?
Parle-moi, quand même.
Attache-toi, s'il te plaît.
- Faut prendre des réserves. - T'as rien mangé.
- Vous venez à la chasse demain ? On se lève tôt.
- La prochaine fois. Il n'est pas bien.
- Quand on n'est pas bien, faut pas insister.
- T'amèneras
le café au salon ?
- Blandine m'a demandée si tu viens à son mariage.
- C'est quand ? - Samedi prochain.
- Non, j'ai pas Juju, je vais pas faire 1000 bornes.
- Réponds-lui, qu'elle s'organise.
Hein ?
- On pourrait échanger de week-end.
- Tu vois ?
Blandine serait contente de vous voir.
Je t'ai préparé
une surprise, tu vas voir.
- Papa ?
On a qu'à échanger de week-end.
Aimerais bien aller
à l'anniversaire de Joséphine le samedi d'après.
Tu veux bien ?
- On a une heure.
Je t'ai récupéré une heure en retard alors je te ramène plus tard.
C'est qui, qui m'appelle "l'autre" ?
- C'est moi.
- Ta mère aussi m'appelle comme ça ?
- Non, c'est moi.
- Ta sœur aussi.
Tu veux y aller, à son anniversaire ?
Pourquoi elle passe par toi pour changer de week-end ?
Elle peut pas me le demander ?
Avec une mère normale,
on peut discuter pour changer de week-end, non ?
C'est à elle de demander. Pourquoi elle m'appelle pas ?
- Elle n'a plus de portable.
- Donne-moi ton carnet de correspondance.
Donne-moi ton carnet.
- Mais son numéro marche plus.
- Donne-moi ton carnet.
Julien, donne-moi ton carnet.
- Oui, allô ? - C'est l'autre.
- Julien est avec toi ? - Oui, il est avec moi.
Il demandait si on pouvait changer de week-end pour l'anniversaire
dans 15 jours.
- Comment t'as eu mon numéro ? - Je t'ai posé une question.
- Ce serait bien qu'on s'arrange.
- C'est à toi de le demander plutôt que d'envoyer ton fils.
- Antoine... - Je demande rien de compliqué.
- On peut changer de week-end ?
- "S'il te plaît."
- S'il te plaît.
- J'arrive, on va en parler.
- Coucou, mon Juju. Ça va ?
- Il veut pas échanger. - Il te l'a dit ?
- A cause de son travail. - Putain !
Fait chier !
- Pourquoi il reste là ?
- Calme-toi ! - Il veut que je sorte ?
- J'ai oublié un sac. Je vais le chercher.
- Purée...
- Elle n'est pas là.
- Vous êtes bien au 06 14 87...
- Quand je te dis qu'elle n'est pas normale...
- Elle n'est pas là. - Elle est où ?
- Je peux récupérer mon sac ?
- Dis-lui merci car l'anniversaire de ta sœur, t'iras pas.
Tu seras avec moi.
Salut, mon cœur, ça va ?
Tu peux aller chercher ta mère ?
Julien ?
Julien.
Julien.
Je vais te laisser y aller à la fête.
Faut que je voie avec ta mère quand je te ramène et quand je te récupère.
- Elle n'est pas là.
- Si, elle est là.
- Elle n'est pas là !
- Si elle n'est pas là, elle est où ?
Julien.
Elle est où ?
Elle est où ?
- Dans ton cul.
- Hé ! Oh !
Tu peux m'aider, s'il te plaît ? - Je pose mes sacs.
- Bonjour, mon grand. - Bonjour.
- Ça va rester combien de temps ? - Le temps que je récupère les clés.
- Ta mère t'a fait du lapin.
- Il sera où, ton appartement ?
- C'est à 10 minutes du nouveau CHU. C'est bien.
Il y a un petit balcon, une chambre pour Julien.
- Il ouvre quand, ce CHU ?
- Je t'ai déjà dit, à la rentrée. Je commence à l'ouverture.
- Vous continuerez à venir nous voir ?
- T'as le bonjour des Dutrieux. On les a vus au mariage.
- Ils vont bien ? - Oui.
On a vu Laëtitia, aussi. Mon Dieu...
- C'est pas comme ça qu'elle trouvera un bonhomme.
- La dernière fois qu'on l'a vue, ça fait 2 ans à peu près.
A l'anniversaire de Régis.
Je sais pas combien elle pèse...
- Elle se laisse aller.
- Elle n'a pas la vie facile.
Elle vit seule.
- Je vais la plaindre. - Elle travaille la nuit.
Elle rentre chez elle, il est 7 h du matin...
Elle vous a vus,
en rentrant chez elle, avec Joséphine.
- Elle habite où ?
- A la ZUP.
- Qu'est-ce que vous foutiez là-bas ?
- Tu te souviens d'elle ?
- C'était pas nous.
- Vous montiez dans le bus.
- Que foutiez-vous à la ZUP ?
Hein ?
Que faisais-tu là-bas ? - C'est pas grave.
- Qu'est-ce que tu faisais là-bas ?
- On allait chez une copine de Joséphine.
- Je comprends pas, vous montiez dans le bus.
- On revenait de chez elle.
- Pour aller où ?
- Antoine, arrête. - Pour aller où ?
- A l'école.
- Antoine, arrête. - Ta gueule, toi.
Vous étiez chez une copine avant d'aller à l'école ?
Je te pose une question.
- Antoine, arrête !
Tu peux pas t'empêcher
de faire des conneries !
Pauvre con ! Tu gâches toujours tout !
On pouvait être bien, il n'y a pas moyen !
- Ça recommence à chaque fois !
- C'est pas étonnant que tes enfants veulent plus te voir.
Qu'est-ce que tu vas faire ?
- Qu'est-ce que tu fais ? - Prends tes affaires.
- Pas de ça chez moi. Tu remets plus les pieds ici.
- Julien !
- T'es content de toi ?
Je vois bien que tu te fous de ma gueule.
Vous habitez à la ZUP ?
- Non.
- T'es devenu aussi menteur que ta mère.
T'es pourtant pas moins intelligent qu'avant.
Regarde-moi quand je te parle.
C'est chez son mec ?
Ta mère a une bombe entre les mains qui va lui exploser à la gueule.
Ce qu'elle fait, elle n'a pas le droit.
Tu comprends ça ?
Et elle va le payer très cher si elle continue à se foutre de moi.
Je suis ton père ! ♪ Ai le droit de savoir où tu vis !
Regarde-moi quand je te parle ! Regarde-moi !
C'est où ?
- Tout droit.
- Et là ?
- Toujours tout droit.
A gauche.
- Vous habitez quel étage ?
- Au deuxième.
A droite.
A gauche.
A droite.
- C'est chez son mec ?
- Elle n'a pas de mec.
Celui-là.
- Celui-là ? Là ?
Celui-là ?
Donne-moi tes clés.
Donne-moi tes clés.
Viens.
Laisse tes sacs. Viens avec moi.
- Accès refusé.
- Attends !
Arrête !
Julien !
Arrête !
Hé !
Arrête !
Putain...
Allez, viens.
Viens, je te ramène.
Mon cœur, j'ai pas envie de me prendre la tête tous les week-ends.
Allez, monte !
Monte, je te dis.
- On va où ?
- Je te ramène à Vial pour l'anniversaire de ta sœur.
- Je peux avoir mes clés ?
Je peux avoir mes clés ?
- Je viens d'appeler Laëtitia.
Elle m'a dit que c'était ici qu'elle vous avait vus.
- Je veux pas que tu tapes maman.
- Je vais le trouver tout seul.
C'est à quel étage ?
- Huitième.
- Bonjour, madame. - Bonjour.
- Je te dérange pas ?
- Qu'est-ce que tu veux ?
- Je viens voir où vivent mes enfants.
- Je dois partir, là.
- Et ma fille, elle est où ? - Je la retrouve à la salle.
- J'ai changé.
Ai changé.
Il sanglote.
- Il faut que j'y aille.
- Je le récupère demain.
- Pas de souci.
- Je te récupère à quelle heure ?
- On va dormir chez mes parents.
- Ah.
Alors, à 11 h ?
- D'accord. - D'accord.
- On dit pas qu'il est venu.
On dit que je vous ai croisés en ville.
- C'est quoi ? - Tu fais pas la loi, ici.
- Il est où, Julien ?
- Avec sa mère. Je le récupère demain.
- Tu manges avec nous ce soir ?
Hé !
- Je ne suis pas le bienvenu, apparemment.
- Fais ce que tu veux.
- Vous avez décidé quoi, avec Jo ? - Allô ?
Vous faites une chanson avant
ou après le gâteau ?
- Après.
- On peut le servir maintenant ?
- Elle voulait attendre Manon.
- Elle en est où, Manon ?
- Dès qu'elle sort de l'autoroute, elle appelle.
- Sam, tu vas pas faire 500 km ce soir.
- Non, ça va, je vais rentrer.
- C'est ridicule, dors chez nanny.
- Je vous assure. Merci, c'est gentil.
Je préfère rentrer. Avais prévu comme ça.
- Je veux pas vous empêcher de vous voir.
Mais je veux pas qu'elle sèche.
Faut qu'elle passe son bac. Elle prépare le Conservatoire.
Tu comprends ?
- Oui, bien sûr.
- On attend Manon, alors.
- Oui.
Musique assourdissante
- Qu'est-ce que tu fais, Miriam ?
- Vous avez vu Julien ?
- Il n'est pas sorti.
- On y va, Joséphine va rechanter.
- Que fais-tu là ? Je veux pas que mon père te voie.
- J'ai un cadeau pour Joséphine.
- Je vais lui donner, si tu veux.
- Il est dans la voiture.
- Tu peux pas lui donner demain en prenant Julien ?
- C'est pas assez humiliant pour moi d'être ici ?
- Je suis quoi, moi ?
Pourquoi tu me regardes comme ça ?
Je suis quoi pour toi ?
Je ne peux pas te joindre.
Tu changes de numéro. T'es jamais là, tu me fuis.
Je suis devenu quoi pour toi ?
- Si c'est pour entendre les mêmes trucs...
- Tu vas discuter, parce qu'on a fait deux gosses.
Quand tu disparais, ça me fait du mal. Et tu le sais.
- Faut te soigner.
- T'es qui pour dire ça ? C'est à toi de te faire soigner.
- Miriam !
- J'arrive !
- C'est qui ?
- Un ami de ma sœur. J'arrive.
- Que fait-il à l'anniversaire de ma fille ?
- J'arrive, je m'occupe du gâteau.
- Cyril... Enchanté.
- Antoine. - Je parle avec ma femme.
- OK.
Bonne soirée. - J'arrive, je m'en occupe.
Tu me donnes le cadeau pour Joséphine ?
- Tu fais ta belle.
- Lâche-moi !
- C'est qui ?
Qui c'est ce type ? - Arrête !
- Tu baises avec lui ?
- Lâche-la ! - Arrête.
- Tu la laisses !
Antoine !
- On discute.
- Tu la laisses ! Tire-toi !
- Je suis très calme.
- Tire-toi, connard.
Tu la touches encore, je te tue.
- Embrasse les enfants pour moi. - Dégage.
- Je te parle pas.
- Tire-toi ou j'appelle les flics, connard.
Si ça fait pas pitié...
Il est parti, ce con. Il t'a frappée ?
_ ça va.
- Porte plainte. - Ça servirait à rien.
- J'irai avec toi. Ça a trop duré.
Allez, venez !
- Je suis désolée. - Non.
C'est mieux si je ne viens pas, ce soir.
Hein ?
- Bonsoir, madame. On a galéré pour trouver.
- Ça va, Manon ? Vous avez mangé ? - On a faim.
- Allez-y, il y a ce qu'il faut.
Fais comme tu veux.
- C'est ma petite-fille !
- C'est quoi le caprice, là ?
- J'ai pas envie, c'est tout.
- Va dire au revoir à ta sœur.
A demain.
- Je te ramène ? - Cyril nous dépose.
- Julien dort chez toi ? Je viens vous chercher à 10 h.
Ça va aller ?
Bonne nuit.
- Salut.
- Il reste pas avec nous ? - Il ne veut pas.
Allez vous coucher, je viens demain pour ranger.
- Ça marche, je range juste le matos, quelques câbles...
- Ne faites pas attendre papy. - Il m'a donné ses clefs.
- Dormez bien, mes amours.
- Bonne nuit, maman.
- Bonne nuit.
A demain.
- Maman.
C'est lui ? - A ton avis ?
Va te coucher, mon cœur. - Je peux dormir avec toi ?
- Viens.
Il va s'énerver tout seul. Quand il en aura marre, il partira.
- Il est parti ?
- J'ai l'impression.
- Maman.
- Miriam !
On n'a pas fini de discuter.
- Allez...
Ouvre-moi !
Ouvre !
Ouvre-moi cette porte !
- B-O-U-H-A-D-D-I.
- Bouhaddi. - On arrive.
- Dépêchez-vous. - Au revoir.
TN-821 pour 71... TN-821.
TN-821 pour 71... TN-821.
- Parlez.
- A Saint-Dumont, 9 rue Winston Churchill.
Je répète : A Saint-Dumont,
9 rue Winston Churchill.
Un individu force la porte d'un appartement.
La voisine nous apprend qu'il porte une arme longue,
type fusil de chasse.
Les faits se déroulent au 8e étage. Je répète, 8e étage.
L'accès à l'immeuble se fera par interphone
au nom de Mme Bouhaddi. J'épelle...
Bravo-Oscar-Uniforme...
- Papa, arrête !
- Antoine, je t'en supplie, arrête !
- Ouvre ! - Antoine, arrête !
- Maman, j'entends plus rien !
Maman !
Les coups reprennent. - Miriam !
- J'entends plus rien, maman.
- Ouvre la porte !
- Maman !
- Police-secours. - Il a tiré !
- Quelle adresse, madame ?
- Il va nous tuer !
- Vous êtes où, madame ?
- Il a tiré sur la porte.
- Il me faut votre adresse. Quelle adresse ?
- ANTOINE, ARRETE ! - Ouvre ! Ouvre !
- Il me faut votre adresse.
- 9 rue Winston Churchill.
- C'est noté, on est dessus.
Les secours arrivent. Qui a tiré ?
- C'est mon mari.
- Vous n'êtes pas seule ? - Je suis avec mon fils.
Je vous en supplie...
Antoine hurle. Julien sanglote.
- Aidez-nous.
ANTOINE, ARRETE !
- Calmez-vous. Vous avez une pièce qui ferme à clé ?
- Oui.
- Enfermez-vous dedans avec votre fils.
- Ouvre !
Ouvre !
- Les secours arrivent.
Vous êtes où ?
- Dans la salle de bain.
- Vous avez fermé à clé ? ♪ - Oui.
- Vous pouvez mettre quelque chose devant la porte ?
- Oui.
Il est entré.
- Madame, vous allez m'écouter.
Vous avez une baignoire ? - Oui.
- Allongez-vous dedans avec votre fils.
Mettez-vous à l'abri.
- Dans la baignoire. Vite.
Couche-toi.
Plus, plus.
- Restez avec moi.
Vous n'êtes pas seule. Je reste là.
Je suis avec vous, madame. Les policiers arrivent.
D'une seconde à l'autre. C'est bientôt fini.
Restez bien dans la baignoire. Restez à l'abri.
- Miriam.
Ouvre.
Miriam.
- Police ! Lâchez cette arme !
- Restez là, les policiers sont en train d'intervenir.
Vous êtes en sécurité. Restez où vous êtes.
- C'est la police. Calmez-vous. - Miriam !
Bouge pas !
- C'est terminé, madame.
Restez avec moi.
- C'est ma femme ! C'est ma femme !
Les laisse pas me faire ça !
Miriam ! Miriam !
- On y va.
Les cris s'éloignent.
- C'est fini, madame.
D'accord ?
- C'est fini.
- C'est terminé.
- C'est fini...
- Je vais vous laisser,
des policiers vont s'occuper de vous.
D'accord ?
- C'est fini...
C'est fini.
C'est fini.
- Madame ?
Madame, vous m'entendez ?
Madame, vous m'entendez ?
Vous pouvez nous ouvrir la porte ?
Madame ? - Oui.
- C'est fini, vous pouvez sortir.
Ça va ? Vous êtes blessés ?
Appelle les SP. Venez.
Allez-y.
- Suite à l'intervention de Bac 100. Prise en charge de 2 victimes.
Une est blessée.
Appelez les SP. Merci.
- Bien reçu, enregistré.
- Un manteau ?
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