All language subtitles for Gangsta (2018)

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Original subtitles

Vite fait tiré d'une putain d'histoire vraie

Mon nom, c'est Adamo, comme le chanteur. Tombe la neige, tu connais ?

Et je suis un putain de patser.

J'ai grandi dans le quartier de Kiel. À Anvers, en Flandre, en putain de Belgique.

Le gamin trop cool en maillot d'Anvers là, c'est moi.

- Tête de bite ! Connard ! - Sales rats de Kiel !

De mère italienne et de père marocain. J'ai un beau tempérament du sud.

- C'est quoi ton problème ? - Cachet d'aspirine de merde.

Voici Volt et Junes, mes deux meilleurs potes. Deux balèzes du quartier.

Mais la plus couillue, c'était celle qui n'avait pas de couilles :

Badia, alias Tong Po. Celui de Kickboxer avec Jean-Claude Van Damme.

Inséparables, on passait notre temps sur la console comme si notre vie en dépendait.

Qu'est-ce qui s'est passé ? Pfiou.

Junes, c'était le b-boy de la bande, le breakdancer.

Il dansait non-stop, comme s'il vivait dans un clip vidéo.

Comme Tony Montana. Comme Tony Montana.

Dégage, gros tas de merde.

Volt, c'était l'hyperactif. Toujours sous tension.

Il se prenait pour un personnage de film de gangsters.

Faut que tu sois un gangster comme moi, mec, comme Tony Montana.

Putain de merde. Je déchire. Je vais te botter le cul, mec.

Badia était la kickboxeuse, la JCVD du quartier.

Si vous la touchiez du bout du doigt, elle vous brisait la main.

Elle était balèze et canon, une caïd au cœur d'or.

Mohim, la fille de tes rêves, si tu vois ce que je veux dire.

Et moi ? Je suis Adamo.

Avec ma casquette Gucci et mes Nike Air Max personne n'avait autant la classe que moi.

Mi-marocain, mi bouffeur de spaghettis.

Et grandir dans les immeubles du Kiel, c'était la merde du siècle.

- À celui qui crache le mieux. - Oui.

Regardez les mecs, touché.

On était les patsers du 2020, du Kiel.

La ville, que dis-je le monde, nous appartenait.

Je vis avant tout pour mes potes, mes amis, mes frères.

Je ferais tout pour mes frères.

Je ne les laisserais jamais tomber, quoi qu'il arrive.

On était les Tortues Ninja ou les Quatre Mousquetaires.

Un pour tous et tous pour un.

Ce n'est qu'ensemble qu'on atteint ce putain de sommet.

Orgueil, avarice.

Luxure, gourmandise.

Envie, colère, paresse.

Nous sommes tous en proie à ces sept péchés capitaux.

Ma mère est une fille de mineurs du Limbourg.

Italienne, elle a eu une éducation catholique et chaque dimanche, j'allais à l'église.

Orgueil, avarice, luxure.

Je trouvais pas ça chiant. Vraiment pas.

Gourmandise, envie, colère, paresse.

Au contraire, ça me fascinait de voir ce prêtre en action.

J'avais l'impression qu'il était en contact direct avec les anges et les saints,

qu'il était le pote de Jésus.

Sérieux, je croyais que ce mec possédait la Force, comme un maître Jedi.

Ouah !

Mon père, par contre, avait d'autres préoccupations que la religion.

Bon, il était musulman. Classique, tu vois.

Mais il aimait tant ma mère, qu'il se fichait de la religion que je choisirais.

Et mon choix était vite fait. J'aimais trop les œufs au lard

et je savais que j'allais boire des litres d'alcool plus tard. D'office.

- T'es musulman ? - Je suis catho.

- Quoi, t'es pas musulman ? - Ma mère est catho.

Écoute, mec. Le catholicisme, c'est Windows. L'Islam, c'est Apple.

Parce qu'Apple, c'est l'avenir.

Les péchés capitaux sont pas forcément négatifs.

Ça peut être une ligne de conduite.

Pas de façon tordue comme le tueur en série de Seven.

Non, dans le sens de vivre et laisser vivre.

Notre péché favori était la paresse. Qu'est-ce que tu croyais ?

La majeure partie de nos journées était consacrée aux jeux vidéo.

C'était notre came. L'école était secondaire.

Jouer les bons élèves, écouter les profs, faire ses devoirs,

ça fait peut-être bander les blancs, mais pas nous.

- Tu crains à ce truc, salope. - Quoi, tu me traites de salope ?

Bordel. Arrête de crier, connasse. Tu sais pas perdre.

Avance, avance. Je suis en train de perdre.

- Tu vois, tu dis toi-même que tu perds. - Pfiou, pfiou.

- Oh pfiou, pourquoi ? - Je t'ai eu, enfoiré. Je t'ai eu.

Le souci, c'est que Badia était une telle compétitrice,

que ça finissait généralement en rwina. Ça m'enrageait.

On jouait toujours chez Badia, chez oncle Farid.

C'était pas vraiment mon oncle, mais le meilleur pote de mon père.

Frères de sang quand ils étaient jeunes au Maroc,

ici, ils avaient un petit business ensemble :

Importation d'un produit régional marocain très populaire.

Je ne fais pas confiance à ces gangsters. Faut se méfier.

Stresse pas. Tout ira bien.

- Farid, tu viens nous aider ? - Quoi ? Attends.

- Qu'est-ce que vous faites ? - Rien.

Si tu ne fais rien, viens porter ces sacs.

- L'ascenseur est encore en panne. Bon à rien. - C'est bon. On vient aider.

- Voilà, fini de jouer. - Non.

Toi, tu la fermes. Ferme-la, fils de pute.

Regarde-nous maintenant,

une bande de losers fumeurs de joints qui se battent pour la télécommande.

Toujours la même rengaine.

Chaque jour est une copie d'une copie, d'une copie.

- On est dans le coup ou pas ? - On est dans le coup.

M. Lacoste avec tant de colis, je bosse à la poste

à l'origine des ennuis, the big bang theory

ici, que de la pratique, pas de théorie les mouchards sont nos ennemis

- Hé, c'est quoi cette merde ? - Quoi ? J'ai pas droit à un bisou ? Tiens.

Tu dois te dire : "Fais quelque chose de ta putain vie."

"On t'offre une chance, alors saisis-là." Merde.

Hé, petit !

Mais même avec cinq diplômes de merde, tu restes toujours un rebeu.

Alors, au diable, dans la vie faut faire des choix.

Et il y a longtemps que j'ai fait les miens.

Ouah, ça me déchire les poumons. Je le sens. Prends. Prends.

Oncle Farid, tu peux compter sur nous. On s'en occupe.

- Merci pour votre aide. - Oncle Farid, prends soin de toi.

À la prochaine.

Tu nous connais, mon oncle.

Vous oubliez qu'enfants je vous pourchassais.

- Jamais. - À bientôt.

Adamo, évite les ennuis.

- On est des enfoirés qui coûtent cher. - Fais gaffe sur la route, mon frère.

- Arrivé aujourd'hui du Maroc. - Laisse-moi goûter ça.

Excellente qualité.

- Et ? Comment se passent les livraisons ? - Bien, comme toujours.

C'est tout ce que tu manges ? Tu trouveras jamais une bonne épouse.

- Mange plus. - Ça va aller.

Je vais me trouver une femme à Marrakech. Une belle petite femme.

- Le gros cliché ! - Pourquoi vous ne vous marriez pas ?

- Maman. - C'est quoi ces conneries ?

- Pourquoi pas ? - Désolé.

C'est vrai. Impossible. On est de la même famille.

Si on fait des bébés, on aura des bébés débiles à la Stephen Hawking.

Des gamins retardés avec un petit joystick. Ça ne va pas. Elle est comme ma sœur.

Non, ça ne va pas.

Quoi qu'elle dise, ça entre par une oreille et ressort par l'autre.

Suis-moi. Faut qu'on parle.

- T'es quand même pas lesbienne ? - Maman... Encore ?

Orlando Marie arrive demain d'Amsterdam. Sois à l'heure.

Ça m'énerve d'être toujours tenue à l'écart des trucs sérieux.

Calme-toi, Badia.

Des patsers arrivent des Pays-Bas et je ne suis bonne qu'à faire la cuisine.

Crois-moi, tu veux pas tremper dans ce business.

J'ai le droit de décider moi-même ? C'est un putain de sexiste.

Ça n'a rien à voir avec le sexisme. C'est juste de la fierté.

Dealer du shit et faire croire à ta femme et à ta fille

que ce que tu fais est légal. J'en reviens pas que ma mère le croie.

En plus, il sait que je sais.

- Je ne sais pas s'il sait que tu sais. - C'est ça, oui.

T'auras ta chance un jour ou l'autre.

Si demain, je me réveille avec une bite entre les jambes.

Un bon entretien d'embauche tourne autour de trois choses.

Primo, pourquoi postules-tu dans cette entreprise ?

Secundo, pourquoi postules-tu pour ce poste ?

Et tertio, qu'est-ce qui te qualifie pour ce poste ?

NIVEAU 2 ENVIE

- C'est qui ce patser ? - C'est Orlando Marie.

- Marie ? Quel nom de pute ! - Peut-être, mais c'est pas une tapette.

C'est un malade.

C'est pas un patser. C'est un patser au carré.

Un vrai. Un Salvatore Totò Riina.

Il y a quelques années, c'était un moucheron comme nous.

- Il a grandi dans le Bijlmer. - C'est où ?

Amsterdam, Sud-Est.

C'est comme Kiel, Borgerhout, Molenbeek. Un vrai niggerhood.

Son frère et lui avaient leur terrain de jeu au Hollandse South Central.

Un peu de deal, un peu de glandouille.

Mais un jour...

son frangin a été tué d'une balle devant tout le monde

par une putain de lopette blanche néonazie.

On ne touche pas avec la famille d'Orlando. Et tout le monde allait le savoir.

Avant qu'il puisse faire quoi que ce soit, le tueur a fini en taule.

Pour une fois, les flics ont fait leur boulot.

Coupable.

Orlando voulait se venger.

La lopette en a pris pour 10 ans et est ressorti 3 ans plus tard.

Orlando s'est fait sa place dans le business et est devenu un OG respecté,

mais il n'a pas oublié son frère.

Personne ne touche à la famille d'Orlando.

Il allait s'assurer que tout le monde ait bien compris le message.

Il se prend une balle et s'écroule. Orlando se penche sur lui,

le regarde droit dans les yeux et lui montre qui commande.

Il explose alors comme la putain de fusée Spoutnik.

Il vend le shit au kilo, pas au gramme.

Puis, il passe à la coke avec les Colombiens.

T'as pas intérêt à le baiser ou c'est d'office game over.

- Ouah, comment t'es sapé, toi ? - Quoi ?

On dirait un businessman turc. Il manque la tête plate.

C'est par respect pour Orlando Marie.

Je suis un entrepreneur. Je réfléchis. Je veux avancer.

File-moi ça. Va jouer les entrepreneurs. Businessman turc.

- Oh putain, c'est qui lui ? - Hé. Doucement.

- C'est qui lui ? - Va te faire avec ta tête de champi.

- Relax putain. - Pourquoi t'es passé par-derrière ?

- Mon neveu. - Un peu de discrétion. C'est chez moi.

- La discrétion va te tuer. - Va te faire avec ta chemise en rideau.

- Tire-lui dans la tronche. - Les gars, c'est bon.

Tu vas nous sortir d'autres Marocains de ton chapeau ?

- Pourquoi t'es en retard ? - Allez, mec.

- Avance, avance. - Grouille.

Va te faire, LL Cool J de seconde classe.

J'ai failli te mettre une balle dans le crâne. Assieds-toi, mec.

Il m'a pointé une arme sur la tête.

Farid, ton réseau nous intéresse.

Tu as ouvert la voie entre le Maroc et Anvers.

Tu connais le port. C'est pourquoi on veut bosser avec toi.

C'est sans moi. On ne fait que dans le naturel.

T'as la moindre idée de ce que ça va te rapporter ?

La moindre idée de ce que ça peut me coûter ?

OK, quelle est votre marge ?

Un kilo de farine vous rapporte dix fois plus.

Mon oncle...

c'est notre chance.

Non, c'est trop risqué. Et je ne parle pas de prison.

- Faut prendre des risques pour réussir. - Non.

Il y a un blème ?

Non, mon neveu doit juste apprendre à réfléchir avant d'agir.

- D'agir ? Ou plutôt de parler ? - On dit réfléchir avant de parler.

- Non, c'est réfléchir avant d'agir. - Sauf qu'il ne fait rien.

- Pardon ? - C'est comme baiser.

- Pour nous baiser, c'est pas faire l'amour. - Non, c'est berner.

Pour nous baiser, c'est...

OK, mec.

Les gars...

Réfléchissez-y. OK ?

On ne parle pas de quelques centimes.

N'oublie pas ta pizza.

C'est pour ça que t'es là, non ?

Il déchire, le mec.

Je te jure. Je comprends pas cette queue. Je comprends pas cette queue.

- Ouah, quelle bombasse ! - Je vais la baiser, mon frère.

Non, je vais la niquer. La niquer.

Regarde-moi ça. Ça sont des mecs cools.

Un mec sensé du milieu roulerait en Golf. Profil bas.

- C'est la vieille école, mon oncle. - Putain, putain.

Si tu t'associes à ces mecs, tu te feras des thunes comme avant.

C'est du passé tout ça, mon grand.

Regardez-moi ça. Vous avez vu ? Eux au moins, ils ont une vie.

On ne voulait plus être des rats d'égouts

qui dealaient du shit pour quelques euros, comme des losers.

On refusait que notre vie soit une copie, d'une copie, d'une copie.

On voulait être des putains de patsers, comme Orlando Marie.

Vivre la vie de vraies légendes du cinéma, comme Tony Montana.

Ou de cools rappeurs OG des clips vidéo, comme 2Pac.

Un patser est respecté par les autres patsers

et peut avoir toutes les filles qu'il veut.

- Avec tes sales mains. - Un hélico, un hélico.

- Demi-Italien à la con. - Quoi, Italien ? Oh là, ma casquette Gucci.

- Et ? Tu crois que ça fait de toi un homme ? - Cool, la nana. Cool, la nana.

"Cool, la nana. Cool, la nana. Je peux toutes me les faire."

- Tu peux tous te les faire. Rends-moi ça. - Non.

C'est ma casquette Gucci, putain.

Loser.

- Hé ho, ne me fais pas peur comme ça. - Quoi de neuf ? De grands projets ?

Non, je me balade, je flâne dans le coin. Et toi ?

Je mange une pizza.

- Et ta promotion ? - Comment va Orlando Marie ?

Yasser était un gamin cool. Vraiment. Il était l'espoir du quartier.

Hé, mes frères.

C'était le seul allochtone d'une école catho.

À part Jurgen, mais il a été adopté, ça ne compte pas.

I rap in the microphone every single day

Yasser a été repéré comme avant-centre, un Espoir chez les Diables rouges.

Mon meilleur pote. J'étais si fier de lui.

- Yasser ! - Puis, une catastrophe arriva.

Tes devoirs, maintenant !

Cette lopette est devenue un putain de keuf.

Parle-moi. Je ne peux pas t'aider si tu ne me parles pas.

Et pas n'importe quel keuf. Non, un keuf qui y croit.

À toujours vouloir aider les faibles.

Les immigrés clandestins maltraités. Ce con croyait pouvoir tout arranger.

- Elle dit qu'elle ne sait pas. - Pourquoi pas ?

Il voyait pas comme les gens sont pourris. Surtout les keufs.

Il pratiquait la politique de l'autruche.

Je te comprends, mais comprends-nous. Les immigrés ne peuvent pas nous payer.

- Regarde juste ce dossier. - D'accord, mais je promets rien.

Vous gagnez assez en pénal.

Tu le dis toi-même. On est des pénalistes. Le reste, c'est pas notre domaine.

Faites-le par bonté d'âme.

Et ça va nous payer à manger ? Je ne crois pas, non.

Cet endroit pourri est rempli de racistes.

Et tu t'étonnes de ne pas encore avoir eu de promotion ?

Qui voilà ? Mr. Propre.

Commissaire, encore un cas d'immigrés clandestins ennuyés par des flics racistes.

Je te l'ai dit, Yasser. Il n'y a pas de flics racistes ici.

- D'où viennent les plaintes alors ? - Le racisme est relatif. Viens voir.

Autre chose. Tu connais Orlando Marie ? Le baron du commerce hollandais de coke.

Il a été vu dans ton quartier, avec tes potes et ta famille.

Tu devrais discuter avec ton oncle Farid.

Vos noms ont été évoqués au bureau.

Une teuf avec des patsers hollandais ? Fais gaffe.

On ne fait pas la teuf, on vit, mon frère.

- Tu comptes rester là ? - Tant que tu brasses de la merde, oui.

Oh, brasser de la merde comme de devenir un keuf ?

Retourne chez tes potes racistes et va arrêter les militants qui rentrent de Syrie.

T'es culoté pour un mec qui n'est pas un vrai frère.

Tu peux parler. T'as passé combien d'examens pour monter en grade ?

- Cinq, six ? - Mon heure viendra, inch Allah.

Tu viendras toujours de Kiel, t'es marocain.

Ils t'accepteront jamais avec ta tête de singe.

C'est ça, reproche aux autres ce que t'es devenu.

Fais l'autruche. Tu ne comprends pas ? T'as le cul entre deux chaises.

Entre les blancs et tes frères.

- Va te faire. - Personne ne te respecte, mec.

Tu sais même pas qui tu es. C'est pour ça que tu joues aux gangsters.

Je te croyais plus intelligent. Gros débile.

- La vie n'est pas un jeu vidéo. - Calme-toi, mon frère. Calme-toi.

Italien de mes deux.

Tu viendras pas pleurer quand tu te feras enculer. Comme une foreuse.

- On n'est pas des mauvais gars. - Pas du tout.

On essaie juste de faire notre boulot et de t'aider.

Les gens comme toi ont une mauvaise opinion de nous.

C'est simple. Si tu te balades avec des trucs en poche, t'es stressé.

Et on veut que tu sois à l'aise. Mais t'as pas de papiers.

Pas bien. Nos collègues t'auraient déjà remis sur un vol.

Pas nous. On a de la compathie. Tu connais ce mot ? Compathie ?

- Compassion. - Compassion, compathie, empathie.

- C'est du pareil au même. - Il ne comprend pas.

Non ? Je dois le reformuler ?

Je t'explique ?

Quoi... Qu'est-ce que t'as dit ?

- Hé, la ferme ! OK ? - Où est mon argent ?

Où est la dope ? Où est la dope ?

Ferme-la !

Oncle Farid était loin d'être un patser.

Il voulait se la jouer profil bas.

Pour le monde extérieur, il était l'humble proprio d'une petite pizzeria.

La Piza avec un Z, pour économiser sur les néons.

C'est tellement old school.

Je devais le pousser. Je sentais qu'au fond de lui, il voulait aussi voir plus grand.

Ils trouvent rien dans le port. Ils coincent que les idiots. C'est toi qui l'as dit.

Ils ne cherchent pas le shit.

C'est faux. Un frère avec un joint se fait arrêter, pas un blanc avec de la coke.

Tu peux te faire un tas de thunes.

- Tu sais quoi ? Je vais l'appeler. - Tu n'appelleras personne.

- C'est mon business. - Un demi-million, bon sang. En un an.

Comment peux-tu refuser ? Seule la marchandise change,

et tu retrouves ta gloire d'antan.

Allez, mon oncle.

Allez.

Il faut surveiller Yasser.

- Il veut nous coincer depuis des années. - Il est de la famille.

De la famille... C'est ça...

- Ne dis rien à Badia. - Non, d'office.

Non, pas "d'office".

- Ou t'auras affaire à moi. - OK.

- OK ? - OK.

Il nous fallait une caisse pour récupérer la came.

Le frère de Volt avait un garage. Aziz, un mec méga cool.

Quand je te demande de venir tôt, c'est l'heure GMT, pas AMT, OK ?

- AMT ? - Oui, AMT. Arab Man's Time.

Désolé, mon frère, j'avais des trucs à régler.

Des trucs à régler ? Des trucs...

Des trucs à régler ? Notre business est clean.

Notre business est professionnel. Si j'ai des ennuis, je te massacre.

Je te massacre !

Voilà les clés. Tu me ramènes la voiture nickel, OK ?

D'office, Aziz. D'office.

Ferme-la. C'est ma plus belle voiture. Une pièce de collection.

Tu me la ramènes sans la moindre égratignure. OK ?

Compris ? Ou ce sera la Troisième Guerre mondiale.

- Youssef, va chez le coiffeur. S'il te plaît. - OK.

Orlando Marie voulait juste bosser avec nous pour la perle de l'Escaut, le port d'Anvers,

le plus grand en Europe après Rotterdam.

De toute façon, Rotterdam compte pas, tout est complètement bouclé.

Tolérance zéro. Des contrôles partout.

Et chez nous, c'est une putain de passoire.

Tout passe sans soucis, les bananes comme la coke.

Le bourgmestre ferme les yeux sur cette merde pour que son port reste compétitif.

T'aurais pu trouver une meilleure caisse. Un marqueur fluo.

Un fluo ? Tu veux voler ? Un F-16 ? Sois content de ce que tu as, enfoiré.

Rudy. Ouvre la fenêtre.

- Tout va bien ? - Oui, oui.

Quel dock ?

- Cent... - Cent combien ? Allez, accouche.

Cent... Cen...

Merde, Rudy. Réveille-toi. T'as bu combien de bières ?

C'est quel dock ?

- C'est... - Quoi ?

- Rudolf pour toi. - Je vais te défoncer. Putain...

Enfoiré. Donne-nous ce putain de numéro.

C'est quel dock ? Parle, grosse pédale.

- Cent... - Cent quoi ?

Cent... Cent cinquante-sept.

- Sûr ? - Oui.

- Si tu vois des gardes, préviens-nous. - Bien sûr.

- Et Rudy, ne nous baise pas. - Je nous baise pas.

- Je nous baise pas. - Roule.

Gare-toi hors de vue. Au besoin, t'appelles.

- D'office. - Et éteins ces lumières de foire.

- Ici, ici, c'est celui-ci. - Oui, allez.

Tiens ça.

OK, OK, OK. Lumière, lumière.

Doucement.

- Mec... - Regarde-moi ça. Les sacs, les sacs.

- Qu'est-ce qui se passe ? - Ouvre la barrière.

- Éteins-moi cette musique de merde. - La barrière, poivrot.

C'est bon. Bande de ringards.

Oui, Rudy, ma salope.

La sécurité arrive.

- Quoi ? Tu les as laissés entrer ? - Ouais.

Tu pouvais pas dire plus tôt qu'ils arrivaient ?

Suce-moi, mec. Vas-y.

Sale pédé.

Merde, mon iPhone. Putain de batterie de merde.

OK. Encore personne en vue. Je suis trop stone pour ça.

Gagner du temps. Gagner du temps.

Eh merde.

Lumière, lumière. N'éteins pas.

Vite, vite, vite.

- C'est quoi ça ? - Tu vois ce que je vois ?

- T'attendais quelqu'un ? - Non.

- T'as encore commandé une pizza ? - Non.

C'est quoi ça ?

- Il vient par ici. - Recule. Recule.

Concentre-toi.

Accélère, mec. En arrière.

Enfoirés.

C'est quoi ce bordel ? C'est quoi ça ?

Ça va pas ? Mon frère va me tuer. Ça va être la Troisième Guerre mondiale.

- Les gars de la sécurité sont dans la flotte. - La Troisième Guerre mondiale.

- La ferme. Prends les sacs. - Faut y aller. Maintenant.

Monte, Monte. Roule, roule.

Pfiou ! La Troisième Guerre mondiale avec mon frangin.

T'inquiète, on lui filera des thunes à ton frangin.

Ce salopard a des couilles en or. Trop cool !

- Putain de patsers. Putain de patsers. - Patsers pour la vie !

Trop cool, les mecs !

- Ho là, on se calme. - Ho, ho.

Doucement. Tiens. Pour les dégâts.

Un petit cadeau de Farid.

Où est le parechoc ?

- Quoi ? - Le parechoc arrière, abruti.

Dans l'Escaut. D'office dans l'Escaut.

J'espère pour toi qu'il ne remontera pas à la surface, branleur.

Personne ne peut retrouver ce parechoc, OK ? Compris ?

Mon frère, faut faire disparaître la caisse.

Démonte-la, réduis-la en pièce s'il le faut, mais elle doit disparaître.

D'office. Dégage.

Venez, venez.

- Déjà venus dans un endroit pareil ? - Une fois pour un combat de Badia.

- Sérieux, tu te bats ? - Oui.

OK, je devrai venir à un de tes combats.

- Hé, Orlando, vieux. - Salut, mec.

- Comment ça va ? - Bien, bien.

Mathijs, toujours en vie.

Oui, je suis indestructible. La mauvaise herbe revient toujours.

- T'as l'air en forme. - Merci.

- C'est qui cette pouffe ? - Quoi ? T'as dit quoi ?

Oh, cet accent anversois. Ça me rend tout chose.

Dommage qu'ils resserrent la vis à Rotterdam. Ils sont stricts, non ?

Passe par Anvers. C'est plus facile.

Hé, Mathijs... nous ne sommes que des amis, OK ?

OK.

Bon spectacle, mec.

Hé, Orlando ? C'est qui ce vieux dégoûtant avec les canons ?

Mathijs Steensma, un vieux briscard du métier.

Qui sait, tu seras peut-être un gros bras comme lui.

- Sérieux ? - Je te vois venir.

- Je te vois venir. - Toi aussi, Adamo.

D'office.

- Hé, chérie, tu fais partie de l'équipe ? - Soutien moral.

Et Farid est d'accord ?

Il ne doit pas tout savoir.

C'est ma sœur. C'est ma sœur. Indestructible.

Alors Farid est ton oncle ?

Pas vraiment. Mon père était son meilleur ami.

- Était ? - Oui.

Mes parents sont morts quand j'avais 10 ans.

Sérieux ?

C'est hard, mec.

Qu'est-ce qui s'est passé ?

Moi aussi, j'ai traversé des merdes.

Mais la vie est une lutte, mon frère.

Faut traverser des merdes pour savoir ce qu'est le bonheur. Hein ?

N'oublie pas que tout ça te rend plus fort que tu ne l'es. OK ?

D'office, mon frère.

D'office.

Viens. Approche.

On pourrait faire quelque chose demain. T'es libre ?

Je viens te chercher pour faire un truc sympa ?

Reste ici.

- Désolé, il te faut quoi ? - Vingt.

Yo.

Tiens. Regarde-moi. Tu trouveras pas meilleure came ailleurs.

Dis-le à tes frères, ta mère, tes sœurs, tes cousins...

- Tu t'es déjà branlé en pensant à Badia ? - Non, mec. Non, non.

- Non, t'es dingue ? - Gros dégoûtant. En pensant à Badia ?

- OK, en fait, oui. - Moi aussi. Toi aussi ?

- Comme un moulin à poivre ? - Non, non, à deux mains. Du lait battu.

- Non, mec. Avec une main endormie. - C'est quoi ça ?

Tu t'assieds dessus 20 minutes jusqu'à ce que tu la sentes plus et tu te branles.

- Super bonne idée. - Salut.

- Tout va bien ? - Oui. Et vous ?

- Super. - T'es maquillée ?

- Je viens pas. J'ai un rencard. - Avec qui ?

- À ton avis ? - C'est une idée de merde.

T'es juste jaloux.

- Non, je croyais que tu voulais venir. - Non.

Fais ce que tu veux. On s'en va, mes frères.

Amuse-toi et embrasse Orlando pour moi.

- Tiens. - Ah, tiens, tiens, tiens.

Tu comprends ? On est dans le coup. Tiens, tire un coup.

- Souris, tu ne souris pas. - Il fait froid.

Tu ne souris pas. Tu dois sourire.

Souris ! T'es minuscule.

Quoi ? Tu me prends pour une gamine ?

let me tell you a story now all of these girls always ask me how

trying to make money of this coke all these bitches see that we're not broke

we got bling, we got the nice clothes we got this 'mood' and so much flow

if you don't know, but now you know.

we try to get these whores easily as it goes

since I was born, it was always a game girls getting guys for money and fame

but we being gangsta's that also entertain

I don't joke let me tell you about this girl I've met

damn these girls and their names I forget I think it was Elisabeth

she got into my bed, so fine, but instead, she fucked up my head

she was like: No sex, it costs too much stress

I dumped her and got onto the next

when she asked me why, I said: Bitch, I'm Junes

Junes, c'est la merde. C'est la merde, mec.

- Il y a des keufs. - Quoi ?

- Des putains de keufs. - Où ?

- Derrière nous. - Jette les sacs dans l'Escaut.

- Jette ces putains de sacs dans l'Escaut. - T'es fou ?

Je vais pas me faire enculer. Donne-moi ce sac.

- Va te faire foutre. T'es fou ? - Donne-moi ces putains de sacs.

- Non mec. Ne les jette pas. - Ferme-la.

Fais pas ça. Non, mec.

Faut courir les mecs.

Courir. Courir. Merde.

- C'est quoi ? - Un pansement.

- T'es une infirmière ? - J'essaie d'aider.

- Qu'est-ce que tu fous sur Instagram ? - Je vérifie les infos.

Rien sur de la drogue, de la coke, un accident. Pas normal.

- On dit quoi à Orlando ? - Les flics ont gardé les sacs pour eux.

- Orlando va nous tuer. - Personne ne va nous tuer.

- Faut lui dire la vérité. - Je vais péter un câble. Quelle vérité ?

Bon, on dit ce qui s'est passé à oncle Farid. Que veux-tu qu'on fasse ?

- Sortir la coke de l'eau. - T'es dingue.

Va te faire.

Ah, voilà, voilà. La lopette de Marie.

- Ouais ? - Hé, tout va bien, mon frère ?

Écoute. On est au Versuz. Chouette teuf. Vous venez ?

- Oui, OK. - Tout de suite.

OK, j'arrive.

Ça t'apprendra. Tiens.

T'essaies de me baiser ? T'es en train de me baiser ?

C'est ce qui s'est vraiment passé.

Non, s'il te plaît. S'il te plaît.

- Qu'est-ce que tu fous ? - Badia, reste en dehors de ça.

Ça va ?

Si tu veux le tuer, tu devras me tuer moi aussi.

- Qu'est-ce qui s'est passé ? - On a perdu leur putain de coke.

Foutaises. Putain de foutaises.

Pourquoi mentirait-il ? Hein ?

Tu jures sur l'âme de tes parents que c'est la vérité ?

Je le jure.

Tu sais ce que ça veut dire.

Toi...

Je te laisse cette fois. C'est la dernière fois qu'on bosse ensemble.

Je ne veux plus jamais voir ta sale tronche. Sale rital de merde.

Ça va ?

Ça va ?

Si tu te demandes pourquoi aucun journaliste

n'a parlé d'une caisse qui a fait un tonneau

ou d'une saisie de dizaines de kilos de coke par les keufs, regarde-moi ça.

C'était un mec avec des rastas.

Tout à fait. Les keufs sont nos amis, pas vrai ?

C'était ta première et dernière erreur.

J'ai une réputation à tenir.

Hé. Regarde-moi quand je te parle.

C'est ta dernière mise en garde. Compris ?

Compris.

Et Badia ?

Elle n'est pas au courant.

Ma dernière mise en garde ? Va te faire foutre.

Pourquoi serais-je le seul rat d'égout ?

J'avais une chance en or et il était temps de la saisir par les couilles.

NIVEAU 3 AVARICE - Prochain niveau de merde.

Il est où le négro ?

Là, là.

Donne.

Saleté d'eau.

- C'est tout ? - Oui.

- Il y avait quatre sacs. - Trois.

- T'as regardé au fond ? - Vas-y, toi.

- Non, j'ai peur des poissons. - T'es un voleur.

- C'est bon ? - Oui, ça va.

Eh mon pote, je veux 25 %.

- On avait dit 22 %. - J'ai déchiré ma combi.

Pourquoi ? T'as un gros bide ?

Ferme-la. Ferme ta gueule. C'est pas à toi que je parle.

OK, ça marche.

- 25 %. - Ça va.

Badia, faut que je te parle.

Monte.

Je ne voulais pas que tu me voies comme ça.

- T'allais tuer mon meilleur ami. - Je voulais juste lui faire peur.

Je n'allais rien lui faire. Sérieux.

Dans mon monde, si tu montres un signe de faiblesse, t'es mort.

Fallait que je lui montre.

Regarde-moi.

Regarde-moi.

Je suis désolé.

Je veux pas qu'Adamo s'immisce entre nous.

Tu es spéciale à mes yeux et je ne veux pas te perdre.

Je n'aime pas perdre.

C'est moi qui paie ce soir. VIP, OK ? Very Important Patsers.

Quoi, VIP ? Very Important Potes.

- S'il te plaît. - D'office, mon frère.

Vous me prenez pour une conne ? Tous les trois introuvables.

Ni sur le toit, ni en train de jouer, ni au snack et vous répondez pas à mes messages.

- Oh là, attends. - C'est toi qui ne voulais pas venir.

Du calme. Du calme.

- T'as juré sur l'âme de tes parents, salaud. - J'ai pas menti.

C'était vrai au moment où je l'ai dit.

Et c'est juste une opportunité. Désolé.

C'est vrai. Désolé.

Je suis vraiment désolé, mais ce business est dur.

Nous ne sommes ni des anges ni des saints. Nous dealons de la coke.

Tout ce dont tu as rêvé est désormais possible. Tu comprends ? À toi de choisir.

Soit on rend les 80 kilos à ton petit ami et c'est fini.

Soit on se fait un tas de thunes.

À toi de choisir.

Si ça tourne mal, je serai la première à me faire baiser.

Parle.

Tôt ou tard, tout le monde veut être un patser.

C'est plus fort que soi.

OK, mais je veux être tenue au courant. Je veux tout savoir.

- Et plus de couillonnades. - Ah, elle a parlé.

- Ça c'est notre Badia. - Badia, Badia.

C'est parti. C'est parti. Patsers. Putains de patsers.

Qu'est-ce qu'on fout ?

J'explique. Cette poudre blanche, on ne peut pas la vendre pure.

Faut la mélanger à quelque chose. On a choisi l'inositol.

C'est une sorte de vitamine B. C'est sain, tu vois.

D'autres dealers utilisent de la poudre à lessiver ou la poudre de vieilles lampes TL.

La nuit, le garage d'Aziz nous servait de labo et de planque.

Je comprends pas pourquoi Volt disait que son frère était chiant.

Aziz est méga cool.

Normalement un gramme coûte 50 euros. On vendait notre came à 35.

Même qualité, meilleur prix.

- Putain de trio. - Première fois ?

Arrête de te plaindre, allez.

Le business était florissant.

Putain de thunes, mec.

Anvers est la capitale européenne de la coke.

La crème de la crème de cette ville sniffe comme c'est pas permis.

Ils ont même analysé l'eau de l'Escaut.

La concentration de la molécule de la coke atteint des sommets.

Et où exactement à Anvers ? Au Zuid évidemment.

Que des hipsters pseudo-artistes de gauche qui achètent de la merde bio équitable.

Ou des extrémistes qui votent N-VA

car ils veulent plus de keufs en rue pour mater les Marocains.

Tout le monde en consomme. Profs, businessmen, magistrats, avocats

ou juges d'instructions, comme ce vieux porc.

Ou le député du bourgmestre.

Comme je suis de la N-VA, les gens croient que j'aime pas les rebeux. C'est faux.

Pas de bonne poudre blanche sans bougnouls.

La coke rassemble les gens. Kumbaya brol.

Cette merde t'explose la cervelle.

Tu te prends pour Jean-Claude Van Damme, alors que t'es un loser.

Tu te sens aussi futé qu'Einstein, alors que t'as le QI d'un poisson rouge.

Einstein.

Cette merde, c'était de l'or blanc et on gagnait enfin un tas de thunes.

- Pas mal, Einstein. - Pas mal ? C'est le top du top.

De la pure, tout droit de Colombie. Colombie !

En Colombie, ils savaient que dalle.

Ils sont de l'autre côté du monde. Et personne ne voit aussi loin.

Anvers devient de plus en plus dangereux.

Depuis la dernière saisie de coke, j'ai des doutes, Orlando.

Il y a une balance. Je pensais que tout était sous contrôle.

Tout est sous contrôle. Je vais trouver qui c'est.

T'as intérêt.

Tant qu'on se la jouait rusés, discrets il n'y avait pas de quoi paniquer.

- Un mec comme toi avec de la coke pareille ? - Donne-moi la main, mon frère.

Señor Einstein va t'expliquer.

Des pauvres cultivateurs de coca en Colombie aux riches nez du Zuid.

La came arrivait sans embrouille et à prix raisonnable, comme FedEx.

C'est crapuleux quand on y pense, mais...

Quand on achète des Adidas ou des Nike,

qui se demande si un gamin du Bangladesh a souffert pour les fabriquer

dans des conditions de merde pour trois fois rien ?

Non, sérieux, écoute. Ces gens ne sont pas différents.

De gauche ou de droite, rien à foutre

du nombre de personnes qui ont souffert et sont morts pour cet or blanc.

NIVEAU 4 LUXURE

Tant qu'ils peuvent fourrer leur nez de riches dans notre marchandise.

Et nous serons les derniers à nous en plaindre.

Après, c'est mon tour, hein, Sylvia ?

- Après, c'est à papa. - Ferme ta gueule, mec.

Hé, Batman. Ça fait un bail.

- T'étais en vacances ? - Non. Non.

- C'est qui ? - Vital.

Où est notre cash ?

Bien, bien.

- C'est tout ? - Oui.

- Il y a écrit débile ici ? - Non, mec.

Il y a écrit débile ici ? Où est le reste ?

Désolé, mec. Ta marchandise ne se vend plus.

- Tu te fous de ma gueule ? - Non, mec, non.

- Non. - C'est M. l'Inspecteur.

Oui, M. l'Inspecteur.

Ou tu veux qu'on traîne ta tronche autour du bloc ?

Il y a des mecs qui cassent vos prix en vendant la même marchandise. Même qualité.

- C'est vrai ça ? - Je le jure, mec.

- Vas-y, gamin. Va jouer. - Putain de rebeux. Merde.

C'est à moi que tu parles ? Hein ?

C'est à moi que tu parles ? Je te pose une question.

C'est à moi que tu parles ?

C'est à moi que tu parles ? À qui tu crois que tu parles ?

Hé, c'est à moi que tu parles ? C'est à moi que tu parles ?

C'est à moi que tu parles, enculé ? C'est à moi que tu parles, mec ?

T'as un problème ? Un problème, négro ?

Dis bonjour à mon pote.

C'est moi qui frappe.

Oh là, c'est quoi ça ?

Ça ici ? C'est quoi ? Ce truc en or étincelant à ton poignet ?

- Une Rolex Submariner. - Ah, une Rolex Submariner.

- Cool, hein ? - Une montre à 30 000 balles.

- On attire déjà l'attention. - Que 24 000 en seconde main.

Ton nouveau chéri pouvait pas te l'acheter ?

Et si on te demande comment tu te l'es offerte ?

- Je dirai que c'est une fausse. - Ah, que c'est une fausse.

Un Marocain te croira peut-être, pas lui. Cache-moi ça.

- Fais gaffe. - Cache ça.

Je dois te parler, Farid.

Dommage que la transaction n'ait pas fonctionné.

C'est vrai. Mais je comprends qu'on ait dû en rester là.

Sauf que certains pensent qu'on n'en est pas restés là.

Il est toujours aussi facile de se procurer de la poudre en rue.

Les Colombiens pensent qu'on a une balance.

Il n'y a pas de balances dans ma famille. Il n'y en a jamais eu.

Bizarre.

Serait-ce des coïncidences ?

Destin, acte divin, karma et tout le toutim.

Darwin, le Yi Jing, le putain de yin et de yang.

OK, j'ai du respect pour toi, Farid.

Mais je te préviens.

Si tout part en couille, n'aie pas peur de moi, mais de mes collègues.

Ils n'ont aucun respect pour la vieille génération.

- N'oublie pas ta pizza. - Je n'aime pas la pizza.

T'as quelque chose à me dire ?

Non.

J'ai déjà vécu tout ça. Une fois, ça me suffit.

Putain d'Orlando Marie.

Le négro mangeur de fromage et le demi-Marocain bossent ensemble.

Sous le nez de Yasser.

On va le coincer le tocard.

- Ça va ? - Oui. Merci. Et toi ?

Ça va, merci.

Écoute, oncle Farid, je vous aime, tante Saloua, Badia et toi.

Dis juste ce que t'as à dire.

Tu m'as toujours protégé, depuis que je suis petit.

Mais si j'ai assez de preuves contre toi, je ne vais pas me gêner.

Fais ce que tu as à faire, mon fils. On verra bien.

- Comment vas-tu, mon fils ? - Bien, ma tante. Bonne journée.

Une plantation de cannabis.

Des plants de trois mètres de haut.

Vous êtes fous ou quoi ?

Vous êtes complètement débiles ? On aurait pu crever.

On avait dit qu'on se la jouait profil bas. C'est quoi ça ?

Cette putain de caisse ? On parade pas avec des Rolex, des caisses tunées, rien.

On ne fait rien. Ramenez-moi cette merde. Direct.

Trouillard.

- Il est écrit poule mouillée ici ? - Non, il est écrit furax.

Vous êtes pas normaux ? Vous voulez que votre sang soit répandu dans la bagnole ?

Demeurés. Fini de faire la teuf et de jouer. Que dalle.

Et ce putain de Yasser me colle au cul.

Orlando ne sait rien. Il m'a envoyé un SMS.

Garde tes distances.

- C'est sûr, il se posera pas de questions. - Tu l'aimes vraiment ?

- C'est pas tes affaires. - C'est un malade mental, Badia.

- Ouh, les amoureux. - La ferme !

- Hé, Mussolini, t'as vu ce film ? - Quoi ?

Paranoïa. T'es parano, mec.

On a volé une cargaison de coke et on peut pas s'amuser. Tu délires.

C'est toi qui délires.

Qui doit nous coincer en premier ? Yasser ou cette lopette de Marie ?

On doit se tirer et se faire oublier.

Qu'est-ce que tu veux faire ? On doit se cacher ?

À quoi sert ce fric si je peux même pas rouler avec cette caisse ?

Easy come, easy go. Vivre et laisser vivre. Non ? Non ?

Vivre et laisser vivre, mec.

Tony Montana, Scarface, putain.

Volt n'avait pas tort.

À quoi bon avoir des thunes si on ne peut rien en faire ?

Fallait se faire oublier. Où est-ce qu'ils se fichent des Marocains blindés de thunes ?

Vivre et laisser vivre.

Au Maroc.

NIVEAU 5 GOURMANDISE

Tanger, une ville au nord du Maroc.

En été, c'est the place to be pour tous les patsers.

La seule couleur qui compte ici, c'est celle de l'argent.

Plein de casinos, appartements et hôtels ont été construits avec de l'argent sale,

blanchi via les salons de coiffure, les snacks pita et les pizzerias.

- Cette connerie est fichue. - T'as plus d'essence ?

Non, j'avais deux barres, c'est bon. Viens là, viens là.

C'est bon. Fonce, fonce.

Ici, tout ce qui brille attends l'argent sale.

Chaque été, les frères de partout en Europe viennent ici

jouer les patsers sans gêne ni contrôle.

Tranquilles.

I think it's time I've got a rap if you don't mind

let me take you into town a big-ass family right here like mine

Bien, on ne pense à rien.

Bébé, qu'est-ce que tu fous avec ces clodos ?

C'est moi que t'appelles bébé ? Fromage pourri.

Le mongole belge croit que c'est à lui que je parle.

- Tu te crois le plus rapide, mec ? - Tu vas voir, travelo. Sac de merde.

OK, les règles. Si je gagne, la bombasse Tong Po vient s'asseoir sur ma queue

et je lui montre combien de chevaux j'ai, sale chèvre.

C'est pour ça que vous êtes les baiseurs de chèvres.

Madame a une grande gueule.

On verra si elle sera toujours aussi grande quand j'exploserai ton hymen.

Ferme ta gueule ou je te tranche ta langue d'Hollandais.

Avant ou après avoir léché sa chatte de flamande ?

Yallah, yallah.

En été, plus de 4 millions de Marocains viennent ici.

Du monde entier, de Belgique y compris. Et oui, des putains de Pays-Bas aussi.

Les Marocains sont des dingues, c'est connu. Mais les Marocains hollandais !

Pire que de la merde radioactive de Tchernobyl et Fukushima réunis.

Les keufs sont nos amis.

Très bien. Très bien.

En l'air.

- Saloperie de galets. - Ça fait mal.

- Je suis brûlé ? - Un peu.

Je sens que ça brûle.

Tes joues aussi.

Tiens.

- Je viens de pisser dans la mer. - Gros dégueu.

C'est le macaque qui remonte à la surface.

- Désolé. - Putain, mec.

- Va nager. Va nager. - C'est le vent marocain.

Einstein. Ça, c'est la putain de vie. Je vais migrer.

On est dans le coup, putain. D'office, on est dans le coup.

Goûtons ça, mon frère. Goûtons ça.

On m'a dit que tu n'as eu droit qu'à une petite frite belge.

- Tu veux goûter une patate hollandaise ? - Dégage, gros gland.

Tu veux un gland ? J'ai un soldat au garde-à-vous dans mon froc

prêt à envahir ta chatte flamande. Ça t'excite ?

Enfoiré.

Qui en veut ? J'ai baisé Orlando Marie. Je vais tous vous baiser.

J'enculerai tous les Hollandais, bande de fils de putes.

Je suis Tony Montana, Don Corleone, Stephen Hawking, putain.

Plus vite. Plus vite.

Courez, putain.

Merde ! Sales Belges.

Ce n'était qu'une question d'heures avant que la police marocaine nous coince.

Et ils sont moins cools que les keufs du Kiel.

Bris de bouteilles dans le cul, électrochocs dans les couilles, tu vois ?

Il était temps de partir.

- Merci, merci. - Tiens. Bienvenue à la maison.

- OK, OK. Un snack, un snack ? - D'office. Un bon gros durum mexicano.

- Non, une merguez. D'office, une merguez. - Non, du poulet. Qu'est-ce que tu racontes ?

Des chicken fingers et un coca. Des chicken fingers et un coca.

Vous nous attendez depuis tout ce temps ?

- Je n'ai rien fait d'illégal. - Occupe-toi de tes fesses, mec.

- Va te faire, je n'ai rien fait d'illégal. - C'est pas vrai.

Ne me touche pas. Ne me touche pas, j'ai dit.

Ne me touche pas. Je ne te suivrai pas. Je ne te suivrai pas.

T'es juste un keuf parce qu'ils ont besoin d'un singe de foire.

- Sale couille molle. - Ferme-la, mec.

- Quoi ? Qu'est-ce que tu vas faire ? - Merde !

Pourquoi étiez-vous si pressés d'aller au Maroc ?

C'est l'été. Tout le monde part en vacances, sauf toi.

Vos noms apparaissent dans quelques dossiers.

On est populaires. Les gens nous mentionnent pour faire partie du gang.

- Quels noms ? Lesquels ? - Orlando Marie.

Marie ? Ton ex que j'ai baisée cette nuit ?

Non. Mais je dois aller aux toilettes. Aux toilettes.

- Marie est soupçonné de six liquidations. - Liqui-quoi ?

- Connais pas. - Problème. Je dois vraiment pisser.

Écoute, rebeu. C'est une erreur procédurale de merde pro Deo. OK ?

Putain !

Je dois plus y aller.

Une drogue de qualité à 35 euros le gramme a disparu du marché

quand vous êtes partis au Maroc. Comment ça se fait ?

- Je veux un avocat. - T'as surtout besoin d'un Malaïka.

Un ange gardien.

Mon ange gardien est juste là.

- Tu te crois plus malin que les autres. - T'as des preuves ? Je crois pas.

Je le vois à ta tronche.

- Bureau d'avocat... - Je sais qui vous êtes.

Farid nous a demandé de représenter ce jeune homme.

Ne dis plus rien, ce clown n'a rien contre toi.

Tu t'es pissé dessus ? Tu t'es pissé dessus ?

- Oui. - C'est de la maltraitance.

- J'ai rien fait, enfoiré. - Tu ne fais jamais rien.

T'es plus comme avant.

C'est parce que je t'ai jamais rendu ton jeu de PlayStation 2 ?

On a trouvé des erreurs de procédure. L'affaire sera rejetée...

- Yasser, tu laisses partir tes petits amis ? - C'est quoi ton problème ?

- On sait qu'ils sont coupables. - Les rebeux se couvrent entre eux.

Les racistes aussi à ce que j'entends.

- Fais gaffe à ce que tu dis, Yasser. - Ou quoi ?

Quoi ? Qu'est-ce que tu regardes, branleur ?

Il se rend pas compte qu'il s'est fait enculer. Bien comme il faut.

On aurait dit que notre absence avait attiré encore davantage l'attention.

Le pire, c'était pas que Yasser voulait nous coincer,

mais que d'autres enfoirés commençaient peut-être aussi à s'intéresser à nous.

Merde.

- On est plus malins. - Je veux retourner au Maroc.

On est plus malins. Il ne peut rien nous faire.

- Dis-moi ce que t'as fait. - Rien.

- Rien ? - J'ai rien fait, papa.

Tu vends de la drogue avec ces enfoirés ?

Tu veux devenir une junkie ? Ma fille est une criminelle.

- C'est faux. - Calme-toi, Farid.

Je voulais juste être comme toi.

Badia. Reviens.

NIVEAU 6 COLÈRE

- On l'a dans le cul. Yasser va nous coincer. - Orlando va nous violer.

D'office, c'est l'un ou l'autre.

- Faut liquider la coke, mes frères. - Cette came est trop dangereuse.

Quoi qu'il arrive, on la divise et on vend tout.

Oui, allons manger des crêpes à Ostende.

Mais non.

Les lopettes.

- Qu'est-ce que tu regardes, branleur ? - Les lopettes.

Sales fils de putes.

Putain ! Ils nous ont enculés. Ils nous ont enculés.

- Allô. - Salut. Ils ont pris la coke et les thunes.

- Quoi ? Qui ? - Les keufs.

Je suis sûr que ce sont ces deux porcs racistes.

- OK. - Quoi, OK ?

C'est quoi ça ? On vient de se faire baiser.

Adamo, je n'en ai plus rien à foutre.

Monte.

- Mollo. C'est à mon frère. - Je m'en fiche.

On va coincer les keufs. Ces fils de pute vont nous rendre notre came.

Je vais me procurer une arme et leur mettre une balle dans la tête.

- Ce sont des porcs. - Ce ne sont pas des keufs.

Ce sont des patsers en puissance. On va les tuer. On va les coincer.

Écoute, Italo de mes deux, j'ai brassé beaucoup de merde,

mais je veux pas la mort d'un keuf sur ma conscience.

- On se prend pour la mafia maintenant ? - Tu délires, mec.

Je ne me laisserai pas enculer. Je ne subis pas, j'agis.

Vous me suivez ou pas ?

- Allez vous faire foutre. - Tu délires.

C'était comment le Maroc ?

- Bien. - Et la famille ?

Sympa.

Tu me files ton GSM, chérie ?

Pourquoi ?

Ne joue pas aux dures. Donne-moi ton GSM.

- C'est quoi ça ? - Quoi ?

C'est quoi ?

C'est quoi ça, chérie ? Hein ?

C'est quoi cet endroit de merde.

C'était avec ma famille.

La prochaine fois, je t'emmène. Tu verras ce que c'est de vraies vacances. OK ?

- Où est ma marchandise, salaud ? - Quoi ?

Quoi ? Tu me prends pour un attardé ?

Toi et ta pute de skinhead avez chouré ma coke. Où est-elle, putain ?

- Branleur, c'est toi ? - Qu'est-ce qui se passe ici ?

Bordel. On m'a tiré dessus. Tu peux pas juste m'aider ?

- Je t'ai dit de garder Badia en dehors de ça. - Elle ne sait rien.

Tu vois pas que je suis handicapé ?

Pourquoi il n'y a que des menteurs dans ma famille ?

- Peut-être parce que t'en es un toi-même. - C'est ça, enfoiré.

T'es le plus gros menteur de tous. Le plus grand hypocrite.

OK. OK.

Tu veux que je te parle comme à un homme, comme je parlerais à ton père ?

Tu veux être un homme ? C'est maintenant ou jamais.

Dis-moi où est Badia. Tout de suite.

Vas-y, Noureddine.

Super, hein ? Il fait ça super. Noureddine.

Allez, mec, allez. Ne baisse pas ta garde.

Allez, mec. Couvre-toi. Couvre-toi. Quoi ?

Orlando, Hassan veut te parler. Il dit que c'est urgent.

- Hassan ? - Hassan Kamikaze.

Dis-lui de s'agenouiller et de me sucer ma bite noire.

- Il n'est pas seul. - Nous non plus, si ?

- T'es sûr ? - Oui, je suis sûr. Dégage.

Allez, mec. Debout. Bien. Gauche, gauche, couvre-toi.

Sale singe.

Logique que ton peuple ait connu l'esclavage. Vous êtes trop cons pour attaquer.

On dirait un singe de cirque avec tes traînées,

pendant que ces connards de Belges vendent ta coke dans ton dos.

Je m'en fous qu'ils t'enculent,

mais ils me baisent moi aussi. Pourquoi tu crois que le prix de la coke a baissé ?

Je devrais peut-être dire aux Colombiens qui mène réellement la danse ici.

Hassan Kamikaze.

Ce nom te va bien, mec.

T'es suicidaire ?

La salope marocaine.

Appelle Pitchie. Dis à tout le monde de s'apprêter. Appelle Pitchie.

- Quoi ? - Écoute-moi bien, macaque,

tu ignores à qui tu as affaire. C'est moi qui mène la danse maintenant.

Je vais te couper ta banane cramée

et la fourrer dans le gosier de ton gorille de mère.

Enculé.

C'est la Troisième Guerre mondiale. Amsterdam va péter ce soir.

Ils veulent la guerre ? Ils auront la Troisième et la Quatrième Guerre mondiale.

Sur la tête de ma mère, Amsterdam va exploser ce soir.

Ça va ? Ça va, chérie ?

Ça va ? Oui ?

Qu'est-ce que vous avez foutu au Maroc ? Comment connais-tu Hassan ?

Je ne connais pas ce mec.

- Tu m'as baisé dans mon dos ? - Non.

T'as vendu de la coke à Anvers ? Sale petite traînée.

Non.

Quelqu'un vend de la coke colombienne à Anvers. Qui d'autre ce serait ?

Parle. Parle. Tu m'as enculé. Qui d'autre ? Parle.

Parle, sale traînée. Parle.

Dis-le-moi. Parle, parle, parle.

Parle.

C'étaient les keufs.

Des keufs peu scrupuleux.

Mauvaise adresse, mauvaise adresse.

C'est quoi ça ? J'ai rien fait, j'ai rien fait.

- À genoux. - C'est quoi cette merde ?

- On est des flics, bande de cons. - Ferme ta gueule.

- Merde. - Ta gueule.

Mauvaise adresse.

Il y a un filigrane sur les paquets de coke.

Si je ne le retrouve pas, je saurai que tu mens.

Et la partie sera terminée. Compris ?

Sale traînée.

Elle reste ici, OK ?

Bingo.

La partie est terminée.

Trouvons maintenant cet enculé d'Hassan.

Jadis un criminel de haut vol actif dans le grand banditisme hollandais,

il est désormais le reporter criminel aux plus gros scoops.

Mesdames et messieurs, applaudissez Mathijs Steensma.

Il faut le dire, ce mec est dangereux, il est sur le point d'exploser.

Il s'appelle Hassan Kamikaze. C'est un enculé dangereux.

Une bombe à retardement. Il fait... Il faut faire attention.

S'il explose, le sang coulera à flots.

Nous ignorions qu'Hassan Kamikaze était le grand rival d'Orlando Marie.

Ils se disputaient le contrôle de la coke colombienne aux Pays-Bas et en Europe.

Et cette bombe à retardement avait été enclenchée il y a des années.

L'attaque est indubitablement liée à la guerre des drogues qui a lieu à Amsterdam.

Les 3e et 4e Guerres mondiales ont débuté et les médias n'en rataient pas une miette.

La victime a été exécutée d'une balle dans la nuque, comme dans la mafia.

Amsterdam est en état de choc.

La nuit passée un homme a été blessé par une grenade.

La guerre faisait rage au sein de la mafia marocaine.

- Les enquêteurs ont photographié le véhicule. - La tête a été retrouvée dans le canal.

L'homme est en danger de mort.

Deux jours après le meurtre au bordel où un client...

C'était dans tous les médias. Les corps s'amoncelaient.

Les patsers tombaient comme des mouches.

Mais cette merde touchait les Pays-Bas.

Voici Mathijs Steensma.

À Anvers, trois mecs et une bombasse

gèrent tout le commerce de la coke via Anvers pour un gros bonnet hollandais.

- Orlando Marie ? - C'est vous qui le dites.

Mathijs Steensma a été assassiné dans un club de strip-tease. Nuque brisée.

J'ai trouvé tes balances. Un gang foireux d'Orlando à Anvers.

Ils ont volé ton fric et ta coke.

Laisse-moi régler ça une fois pour toutes.

Ça marche. On reste en contact. Je t'envoie des hommes.

Les gars, ce gang d'Anvers est en train de nous baiser.

Raul, Tong Po, le spectacle peut commencer.

Il n'y avait pas de raisons de paniquer. À Anvers, c'était calme.

Même si on recevait des courriers zarbis.

- Salut. - Ils m'ont envoyé une carte de Colombie.

Relax, j'ai un second appel. Attends.

Salut.

J'ai les Colombiens au cul, spaghetti junkie.

- Je lance une discussion de groupe. - Tu trouves ça normal ?

- Hé, mes frères. - Si je meurs...

Relax. Restez calme. Pas de panique, respirez.

- Va te faire, OK ? Va te faire. - C'est du bluff. B-L-U-F-F. Du bluff.

Il s'est avéré que c'était loin d'être un coup de bluff.

Qu'est-ce qu'il y a ?

Hé, c'est moi, Papa Doudo. Écoute, j'ai vendu mon bateau.

Ne me cherche pas, je retourne en Afrique.

D'abord Ahmed et Maria, et maintenant ta fille.

Je t'avais prévenu que ça arriverait.

Mais tu n'écoutes pas. Regarde-moi. Réponds-moi.

Tu n'es pas un homme.

Faut que tu nous aides, mec.

Avoue. Donne-nous la coke, laisse-moi t'arrêter et tout ira bien.

Tu sais très bien qu'en prison on est morts. D'office.

On n'a rien, ni coke ni thunes. Tout est fichu, je le sais.

- Mais sans toi, la partie est terminée. - En quoi ça me concerne ?

- Comment t'es arrivé là ? - Va te faire, j'ai bossé dur.

- Qui t'a tuyauté ? - Pour éliminer la concurrence.

- Tu nous lâches ? - T'a déclenché la 3e Guerre mondiale.

Deux collègues sont toujours portés disparu.

Au diable ces racistes.

Badia est ta cousine, idiot.

- Ils vont nous tuer, tu comprends pas ? - C'est ta faute.

OK, c'est bon.

On te balancera.

On te fera tomber avec nous en disant que tu bossais avec nous.

- Ferme-la. Personne te croira. - Ah non ?

Ils croiront qui ces racistes à ton avis ?

Ils ont hâte de voir ta tronche de macaque derrière les barreaux.

Et les journalistes s'en donneront à cœur joie.

Désolé, mec.

Désolé, je sais. C'est ma putain de faute.

J'ai déconné, je le sais. Et je suis désolé. Sérieux.

Mais il faut que tu nous aides. Tu comprends pas ?

S'il te plaît.

Si tu ne nous aides pas...

c'est comme si tu nous tuais.

Yasser était un keuf, mais il restait notre frère malgré tout.

J'ai élaboré un plan de malade.

Yasser devait juste convaincre le juge d'instruction.

NIVEAU 7 ORGUEIL

Vous me demandez de mentir ?

De dire à tout le monde qu'on a saisi toute la drogue alors que c'est faux ?

Inspecteur Dahmani...

Vous réalisez ce que vous me demandez ?

Je n'ai jamais menti de toute ma carrière. Pas même à ma femme ou mes enfants.

Il y a plus de vingt morts Aux Pays-Bas. Vous seul avez le pouvoir de stopper ça.

Si ça dérape, ta tête est en jeu.

13 h, VTM NIEUWS. Birgit Van Mol.

Bonjour. À Anvers, la police a fait une nouvelle saisie de drogue.

Après des semaines d'enquête, une grande quantité de cocaïne a été saisie.

La drogue était dans des conteneurs entre des caisses d'huile d'olive du Maroc

dans des paquets avec un filigrane les reliant à un cartel colombien.

Avec une valeur de revente de 30 millions d'euros.

Cette info n'est divulguée que maintenant pour respecter le secret d'enquête.

M. le commissaire.

La cocaïne vient du cartel Cartagena en Colombie.

En apprenant que leur came a été saisie, les Colombiens se sont calmés. Enfin !

Si cette opération a été un succès, c'est grâce à l'inspecteur Yasser Dahmani.

Yasser était le héros. Il a reçu une médaille et a été qualifié de super flic.

C'est dingue ce que quelques kilos de farine peuvent faire.

Les Colombiens ont appelé Orlando pour enterrer la hache de guerre.

Et Badia et lui étaient de nouveau cool. Les gros chanceux.

Grâce à l'assurance, Aziz a refait un garage avec des caisses de patsers.

Volt était content et Aziz aussi.

Junes s'est consacré à sa passion.

Il va participer à Belgium's Got Talent. On parie qu'il va gagner ?

Et moi ? Je dois dire que la vie de patser n'est pas sans danger.

J'ai retenu la leçon, d'office.

Mon conseil : ne touchez pas à la drogue, les enfants, et tout ira bien.

Et sinon, je...

Je fume des joints, je joue à la console.

Je pense à la vie, les sept péchés capitaux, mes parents.

Et je repense à cette putain d'aventure qu'on a vécue.

L'orgueil est le pire de tous les péchés. Un plan de génie ? Mon cul.

Cette conférence de presse est montée de toute pièce. Je n'en crois pas un mot.

La route a été compromise.

Nous allons éliminer tous les maillons faibles.

- C'est obligé ? Parce que la coke... - Tu veux finir dans un cercueil ?

Il faut partir tout de suite.

Merde. Ça craint.

Badia, reste couchée. Reste couchée, reste couchée.

- Regarde ce froc. De la pisse. - Pourquoi tu pisses ?

- C'est le stress. - On est morts.

Que feras-tu quand les Colombiens viendront te chercher ?

- Mon frère. - S'il te plaît. S'il te plaît.

Je t'en supplie, mon frère.

La ferme.

- Badia. - Badia.

Badia.

Badia. Badia.

- Où est Adamo ? - On ne l'a pas trouvé.

Pas trouvé ? C'est quoi cette merde ?

- Si je meurs, ma mère me tuera. - Ferme-la, sale belge.

Laissez-la. Laissez-la.

Tu te souviens de ce que j'ai dit maintenant ? Sale traînée. S-A-L-E.

Junes. Junes.

Ce ne sera pas long, chérie.

Adamo. Regarde, tes copines sont là, Adamo.

Oh, sexy. Je crois qu'elles m'aiment, Adamo.

Elles ont même demandé mon autographe. Toi aussi tu le veux, Adamo ?

Ouvre sa bouche. Ouvre.

Il veut sucer. Sucer.

Suce ça. Suce, suce, suce.

Qu'est-ce qui ne va pas, chérie ? T'es sens dessus dessous ?

Adamo. Viens à Antwerpen Centraal. Seul.

Avec le reste de la coke et de l'argent ou je te jure que je les tue.

Sale menteur.

L'amitié, c'est cool, tant que t'as pas un cartel colombien collé au cul.

Il était donc grand temps de me tirer.

Allez, merde.

Adamo. Je t'ai manqué, mon chéri ?

Regarde. Regarde-les.

Voilà ce qui t'arrivera si tu échoues au grand quiz.

- Quel quiz ? - Le quiz où sont ma coke et mes thunes.

Tu peux peut-être gagner.

Tu vas m'embrasser, ma salope ?

Amenez le miroir. Vite.

Regarde-toi. Regarde. Ça te plaît, ce que tu vois ?

Un sale traître qui a abandonné ses amis. Je hais les traîtres.

Tu veux ressembler à Tony Montana ? Pas de souci, je vais t'aider.

Baissez vos armes.

Police. Baissez vos armes.

Je ferais tout pour mes frères.

Yasser, mon frère. Écoute. Suis-moi. 24 h/24. OK ?

- Ne me lâche pas. - OK, compris, on ne te lâche pas.

Tout le monde stand-by.

Ils sont en route.

Go, go, go.

- Police. Baissez vos armes. - Baissez vos armes.

Allez vous faire foutre.

- Enculés. Allez vous faire foutre. - Yasser, Yasser.

Vous savez qui je suis ? Je suis Hassan Kamikaze. Fils de putes.

Baissez vos armes.

Au nom du Père, du Fils et du Saint Esprit.

Seigneur, accordez-lui le repos éternel. Et que brille sur lui votre lumière.

Que son âme repose en paix. Amen.

Yasser était le héros du jour. Un exemple à suivre pour tous.

Tant pour les Marocains que pour les Belges.

Il a permis de démanteler un réseau international de trafic de drogue.

Il avait enfin le respect qu'il méritait.

Quant à nous, on aurait dû moisir en taule jusqu'au démon de midi.

- Mais on avait Karim et Nassim. - C'est une question de vie ou de mort.

- Mon collègue va vous montrer un truc. - Qu'en pensez-vous ?

Les meilleurs putains d'avocats pénaux de Flandre.

C'est réglé ?

Volt a décroché de la coke et est devenu assistant social.

Si t'es aussi dur que le roc, tu fais fuir les gens.

Mais si t'es aussi léger que l'eau, les gens te piétinent.

Sois comme l'eau qui dépasse le rocher, comme disait Bruce Lee.

- Compris, oui ou non ? - Oui.

Il fait de son mieux pour mettre les jeunes sur le droit chemin et les y garder.

Junes a été sélectionné pour participer à Belgium's Got Talent et a gagné.

Il est en tournée avec une anglaise et ils remplissent les salles

avec un mix de claquettes et de breakdance,

comme Fred Astaire et Ginger Rogers version moderne.

Badia se consacre entièrement au kickboxing, comme Jean-Claude Van Damme.

Championne de Belgique, elle participe au championnat du monde.

Et incroyable mais vrai, Oncle Farid et tante Saloua sont ses plus grands fans.

Et moi ? Je repasse des entretiens d'embauche.

Parce que c'est vrai. Cette putain de vie n'est pas un jeu vidéo.

Il faut vivre une vraie bonne merde pour savoir ce que c'est le bonheur.

Mais ce n'est pas simple.

Je ne veux pas jouer les philosophes, mais c'est quoi le bonheur ?

Pécho la fille de tes rêves ? Une maison, un chien et ce genre de merde ?

Ou est-ce être le patser le plus cool du monde ?

Qu'est-ce que tu choisirais, toi ? Gauche ou droite ?

Cette fois, c'est du sérieux.

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