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...
Je vous écris cette lettre pour 3 raisons.
Vous dire que je vous aime.
Vous dire que je suis désolé.
Et vous dire adieu.
Je vous aime malgré ce que j'ai fait.
J'ai compris une chose quand Grazia nous a demandé de jouer avec elle.
J'ai compris qu'on avait perdu
quelque chose qui ne reviendrait jamais.
J'ai compris que dans la vie, il faut jouer.
Mais que la vie n'est pas un jeu,
surtout quand nos actes impliquent d'autres personnes.
Désolé
de ne pas être assez fort pour en assumer les conséquences.
Maman...
Je suis sincèrement désolé.
De vous avoir trahies.
De vous avoir déçues.
D'avoir tué Laura.
Merci pour le café.
- Maman ! - Je suis au salon.
Quoi ?
Non, rien.
Tu m'appelles pour me dire ça ? Ma foi !
- Tu fais quoi, demain aprèm ? - Ah non, Laura.
Il y a la fête au château.
Je serai au bar, donc tu ouvriras le stand.
On en a déjà parlé plusieurs fois.
T'as pas oublié ?
Non, je sais, mais...
Il est là, lui ?
Ravi de te voir.
- Il peut arrêter de s'incruster ? - Et toi, de réagir comme ça ?
Si t'es pas contente, va dans ta chambre !
Amuse-toi bien, alors.
On essaie.
Je m'en vais ?
Non, je lui parlerai demain.
- T'es sûre ? - Certaine.
A quoi on trinque ?
Carlo ?
Carlo, tu es là ?
Carlo, je...
j'ai pris une décision.
Une décision importante.
J'ai changé d'avis et...
je veux garder le bébé.
On en reparle plus tard.
Merde, la fille d'Anna arrive.
- Je me tire. - Non.
Tu risques de la croiser.
Va dans la cabine.
A quoi dois-je cet honneur ?
Je veux de la coke.
De quoi tu parles ?
Celle que tu caches chez ma mère. Ca te revient ?
A quoi tu joues ?
Soit tu me files de la coke,
soit je fouille la cave et je la donne à ma mère...
Tu me menaces ?
Vas-y.
Fais-le, t'as raison.
Première et dernière fois.
Et il faudrait que tu me déposes.
Ce truc va pas t'aider à résoudre tes problèmes.
T'es pas mon père.
Et cette merde, tu la vends. Me fais pas la leçon.
Qu'est-ce qui se passe ?
Je suis enceinte.
- T'es peut-être le père. - "Peut-être" ?
- Je vois quelqu'un d'autre. - Qui ?
- Ca change quoi ? - Il est au lycée ?
C'est pas Grazia.
Il est pas au lycée. Il est plus âgé.
C'est un adulte.
Pourquoi tu m'as fait venir ?
J'en sais rien, je...
j'ai peur.
Il t'a sautée souvent ?
Mon amour.
Tu as vu la gynéco ?
Oui.
Mais j'ai changé d'avis.
Comment ça ?
- Je le garde. - C'est de la folie.
T'as 16 ans, ça va te gâcher la vie.
Non... Ca va gâcher la tienne.
T'en fais pas, j'ai pas peur, vu que tu vas m'aider.
Je quitterai pas ma famille.
Et quand tu me baises, tu penses à elles ?
Tu fais quoi ?
J'appelle ma mère.
Non, donne-moi ce téléphone.
- Laura... - Non.
Donne. Donne-moi ce putain de téléphone !
"Désolé de vous avoir déçues. De vous avoir trahies.
"D'avoir tué Laura."
Je me suis...
réveillée en sursaut.
J'ai tendu la main
dans le lit et...
Giovanni n'était pas là.
J'ai entendu ce bruit.
Et puis...
cette odeur.
Comme une odeur de brûlé qui...
Et après...
je suis descendue ici,
par l'escalier, et...
Ensuite...
je l'ai vu.
Votre mari a avoué.
Tout.
Je suis désolé.
Si tu as besoin de quelque chose,
quoi que ce soit, Roberta et moi, on est là.
Merci.
Je voudrais que Laura voie le mal qu'elle a fait.
Donne-moi les clés.
Giovanni s'est suicidé.
Matteo, c'était lui.
C'est lui qui a tué Laura.
Et Grazia ?
Comment elle va ?
Viens.
- Laisse-lui du temps. - Il est où ?
Je dois lui parler !
- Il est où, Giovanni ? - Calme-toi.
Je dois lui parler !
Du calme.
Il est où ?
Giovanni est mort.
Il s'est suicidé.
Giovanni...
- Calme-toi. - Pourquoi ?
Mais pourquoi ça s'arrête jamais ?
Calme-toi.
Ca va aller.
- Je veux le voir. - OK.
Je veux le voir.
Il a pris ta fille.
Et il a détruit notre famille.
Il s'est vengé, Anna.
Et toi, tu étais où ?
Pourquoi t'as rien vu ?
Comment c'est possible que t'aies rien vu ?
Elle savait. Tu savais et tu l'as laissé faire.
Par peur de le perdre.
Affronte la réalité !
Allez, viens, on s'en va.
Grazia !
Tu sais combien de fois Giovanni est venu se confesser ?
Il ne m'a jamais rien dit.
On confesse ce qui nous arrange.
Et quand ça nous arrange.
J'aurais dû comprendre.
Allez, arrête, Carlo. C'est pas le moment de culpabiliser.
Demain, tout le monde saura qui a tué Laura.
L'un d'entre nous.
Et on a besoin de toi, Carlo.
Je compte sur toi.
On compte tous sur toi.
Y compris ton ami, là-haut.
Je l'avais pas regardé dormir depuis des années.
Il m'a pas dit un mot, aujourd'hui.
Tu es sa mère. Il te pardonnera.
C'est moi qui me pardonne pas.
Aucun doute, c'est la même écriture.
Quoi ?
Se suicider, c'est refuser de répondre.
L'affaire est close, Andrea.
Tu l'enlèves ?
Non, vas-y.
Tu es restée pour elle.
C'est fini.
L'emmerdeuse s'en va.
C'est pas trop tôt.
On se dit au revoir demain.
Appelle-moi avant de partir.
Moi, je pars maintenant, pour Trieste.
Si tu veux entrer à la crim', appelle-moi.
Je préfère avoir une vie.
Mais sait-on jamais.
Bravo.
- Pour l'autre soir... - Tu as dit ce que tu pensais.
Non ?
On se voit au bureau.
Sois à l'heure.
Ta voix me manque.
Ton bazar qui traîne partout aussi.
Même nos disputes me manquent.
Tu hurlais, tu t'énervais.
Avec ce regard...
Tu as les plus beaux yeux du monde.
Quand tu étais petite, je disais : "Que la plus belle lève la main !"
Et toi, tu riais, avec ta fossette.
Tu me manques.
Ton odeur me manque.
Ton souffle me manque.
Elle me manque.
Et c'est ma faute.
Maria a raison.
Giovanni s'est vengé sur elle à cause de moi.
Il ne faut pas dire ça.
Mettre un enfant au monde n'est pas une faute.
-Tu lui as offert une vie heureuse. - Mais trop brève.
Trop courte.
Carlo, j'aurais dû passer plus de temps avec elle.
Laura est dans ton coeur.
Pour toujours.
On doit rendre ça
au père Carlo.
Carlo,
je...
j'ai pris une décision.
Une décision importante.
J'ai changé d'avis et...
je veux garder le bébé.
On en reparle plus tard.
Carlo, je...
j'ai pris une décision.
Qu'est-ce qu'il y a ?
- J'allais t'appeler. - Reste.
C'est pas Giovanni.
Tu te souviens des marques au poignet de Laura ? Regarde.
On l'a repêchée sans son bracelet.
Le tueur a pu l'arracher.
Il a été acheté le 5 février,
le jour de l'anniversaire de Laura... par Maria.
- Maria ? - Oui.
Giovanni est innocent. Il savait qu'on le découvrirait.
Tu étais où le dimanche après-midi, le jour où Laura est morte ?
A la maison, puis à la fête.
C'est le bracelet que vous avez offert à Laura.
Vous le reconnaissez ?
Tu le lui as arraché après l'avoir tuée.
Tu étais furieuse. Tu venais d'apprendre que Laura...
couchait avec Giovanni.
Oui, je l'ai tuée.
Viens, Grazia. Assieds-toi.
Où est ma mère ?
Elle est en détention.
Pourquoi ?
Ecoute, Grazia...
Elle a fait des aveux.
Mon père aussi en avait fait.
Oui.
Mais...
on pense qu'il a voulu la protéger.
Il avait compris.
Et il se sentait coupable.
Je fais quoi, moi ?
Tu viens chez nous.
Ca te va ?
Matteo, emmène-la. Maman vous attend.
Elle prendra soin de toi.
D'accord ?
Je vais prendre l'air.
Il y a de la mozzarella, si tu préfères.
Tu en veux ?
Désolée, mais... j'ai pas faim.
Je passe chez moi prendre des affaires.
- Je viens. - Non, Matteo.
- Mais si. - Je veux être seule.
Je t'aime, et tu le sais, Grazia.
Quand tu auras des enfants, tu comprendras.
J'en aurai pas.
Un et deux. L'Université.
C'est à moi, la place de l'Université !
Tu dois à maman...
Soixante.
J'ai pas mes lunettes.
"Vous devez payer 25 pour chaque maison
"et 100 pour chaque hôtel."
Les enfants, c'est beau.
C'est un amour inconditionnel,
qui grandit avec le temps.
A quoi bon fonder une famille si on se parle pas ?
Peu importe ce qui s'est passé,
je sais que Laura t'aimait beaucoup.
Toi aussi, tu l'aimais.
Vous étiez comme des soeurs.
Je n'arrive pas à y croire.
Moi non plus.
Giovanni voulait la couvrir, mais avec l'histoire du bracelet...
Quel bracelet ?
Un cadeau d'anniversaire de Maria à Laura.
Elle le lui a arraché.
Montre-le-moi.
- Le bracelet ? - Oui.
C'est celui-là.
C'est pas Maria qui le lui a offert. C'est un cadeau de Grazia.
Grazia...
Laura ?
Grazia !
Lâche-moi !
Lâche-moi !
Laura me l'avait demandé en cadeau pour son anniversaire.
J'avais pas assez d'argent, donc c'est ma mère qui l'a acheté.
Laura était super contente.
Je me demandais tout le temps qui était la maîtresse de mon père.
J'aurais jamais pensé à elle.
Elle a toujours été surprenante...
cette salope.
Laura n'avait pas de père. Elle en a jamais eu.
Donc elle voulait le mien.
Ton père savait que c'était toi. Ta mère aussi.
Papa n'aurait jamais pu imaginer que c'était moi.
Ca l'arrangeait
d'imaginer que j'étais parfaite et heureuse.
En vrai, j'avais la rage.
Je l'observais.
Il était ailleurs, mais il essayait de le cacher.
Il avait des secrets, ça se voyait.
Je l'ai vu changer.
Peu à peu, sous mes yeux.
Et j'ai tout découvert.
Les adultes sont pathétiques.
On voit tout, vous savez.
Tout.
C'était moi.
C'était moi.
Andrea, c'était moi.
C'était moi.
Si.
Je t'en supplie.
Je t'en supplie, Andrea.
C'était moi.
Personne n'en saura rien. S'il te plaît.
Personne n'en saura rien.
Je t'en supplie...
Je voulais sauver notre famille, maman.
Mais je l'ai détruite.
J'ai froid, papa.
Tu te souviens ?
Tu disais que Dieu avait tout créé.
Que Dieu était partout.
Même ici, Carlo ?
Un jour, tu as voulu m'avouer quelque chose.
Tu regrettais.
Je ne regrette rien.
Chez Laura, tout était "trop".
Elle était... trop belle, trop différente, trop insouciante.
Elle était trop tout.
Elle rêvait à des choses auxquelles personne n'osait rêver.
Je l'aimais à la folie.
Mais comment aimer quelqu'un qui te détruit ?
Tout le monde était trop faible pour Laura.
Sa mère,
Matteo,
mon père...
et moi, probablement.
Mais moi, au moins, je l'ai tuée.
Tu vas pas me croire, mais...
en fait, cet endroit va me manquer.
Voilà pourquoi j'en suis jamais parti.
Ce silence va te manquer.
Adaptation : Chloé Lamireau pour france.tv studio
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