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Difficile de cirer ses bottes avec un pantalon qui tombe.
Je pourrais aussi bien le laisser tomber,
mais avec ces enfants qui regardent...
Pourquoi ont-ils pris mes bretelles?
Comme si j'allais me pendre!
La corde � linge, ils l'ont laiss�e. Quelle absurdit�!
Le conseil de guerre pour du chocolat, c'est risible!
En 1945, apr�s six ans de guerre!
Bon, c'�tait du chocolat d'aviateur, du sp�cial,
mais je ne l'ai pas vol�, je l'ai r�guli�rement achet�!
Au march� noir...
Mais les officiers le faisaient aussi.
- Soldat Kleinschmidt, venez! - � vos ordres.
Je vais enfin m'expliquer sur cette histoire de chocolat.
En l'occurrence, il ne s'agit pas du tout de chocolat.
Le chocolat n'a rien � voir.
Il s'agit exclusivement de la discipline des troupes.
En cette heure glorieuse pour l'Allemagne,
notre patrie bien-aim�e, o� les fronts se rapprochent
et nos arm�es, mues par la foi en la victoire,
trouvent la force de se d�fendre et d'�craser d�finitivement
un ennemi mortellement affaibli...
En cet instant,
cet ennemi du peuple commet le plus vil des larcins
et prend � revers les efforts h�ro�ques de toute une arm�e.
Avec l'�vidente intention de d�moraliser nos forces arm�es!
Ne craignez rien! Vous �tes cit�s en t�moins.
L'accus� affirme avoir achet� le chocolat.
Je redemande l'audition des t�moins.
Et moi, je m'y oppose � nouveau!
D�voilerez-vous aux regards de l'�tranger
le spectacle pitoyable
de la corruption et de la bassesse dans nos rangs?
Je dis non!
En cette heure cruciale pour le Reich,
le respect formel des principes du code civil
nous ferait commettre une faute historique.
Il vous faudra peut-�tre en r�pondre un jour, messieurs.
Pensez-y.
Je d�f�rerai les trafiquants hollandais au tribunal comp�tent
et requiers qu'on condamne l'accus�,
coupable de sabotage et de vol de biens de l'arm�e,
� la seule peine appropri�e: la peine de mort!
Au coup de gong, il �tait exactement 7 h 02.
Attention! Une information sur la situation a�rienne.
Les bombardiers signal�s � Maastricht et Aix-la-Chapelle
se sont �loign�s vers le nord-ouest.
Plus aucune formation ennemie ne survole le territoire du Reich.
Fin des informations.
Maintenant, un peu de musique.
Laissez la musique, c'est agr�able.
Si j'avais su, je n'aurais pas cir� mes bottes.
Dr�le d'id�e, juste avant de mourir!
On aurait pu �viter tout ce chemin
en le fusillant sur la place du village.
Les gens auraient vu que nous s�vissons toujours.
La guerre n'est pas perdue, loin s'en faut!
Et si elle est perdue, vivre ne sert plus � rien.
En tout cas, pour les hommes fid�les � la nation.
Attention! Vous conduisez comme un cochon!
Section... halte!
Le tampon encreur!
Au nom du peuple allemand, le soldat Kleinschmidt,
coupable de sabotage etc,
est condamn� � mort.
- L'heure? - 7 h 20.
� couvert!
Vite, par ici!
Qu'attendez-vous? Fichez le camp!
Qu'attends-tu, esp�ce d'andouille? Fiche le camp!
Et voil� que tombe du ciel mon propre arr�t de mort.
Sign� par le procureur au conseil de guerre Schramm.
DES ROSES POUR LE PROCUREUR
Alors, ce petit-d�jeuner!
Manfred...
- Calme-toi! - L'�cole va commencer.
Appelle Werner. P�re souhaite que nous soyons r�unis.
- Grouille un peu! - Petit effront�!
Au petit-d�jeuner, et que �a saute!
Merci, Erna.
- Morning! - Bonjour, petit.
Morning...
Werner, s'il te pla�t!
- � quand le coiffeur? - Quand j'aurai le temps.
Bonjour, mes ch�ris.
- Tr�s ch�re Hildegarde. - Bonjour, mon Tout.
Jeunes gens, tout va bien?
Tu me feras le plaisir d'aller chez le coiffeur.
Autrefois, tu aurais eu 3 jours d'arr�t de rigueur.
- Autrefois... - Oui... autrefois.
Quel �tait ce cri, tout � l'heure?
- Maman m'a tap�. - Mouchard!
Tr�s bien, mon gar�on, tr�s bien.
La douleur forge le caract�re.
On serre les dents en pensant aux h�ros de l'Histoire:
- Alexandre, Hannibal... - Max Schmeling!
- Fr�d�ric le Grand... - Mais �a fait mal quand m�me.
Certes, mais �a fait endurer la douleur,
muet, fier, serein et conscient de sa force.
- Nom de Dieu, c'est br�lant! - Excuse-moi, ch�ri.
- Moi, je ne sens rien. - Tu as la peau dure!
C'est idiot de servir du caf� br�lant,
il est imbuvable!
Pense � l'Histoire: Hannibal...
Tais-toi!
- Quelle surprise! - Splendide!
Wilhelm, tu m'as fait envoyer des roses?
Minute, minute... Y a-t-il une carte?
C'est de la part d'une dame, pour M. le procureur.
- Ah, enfin. - Comment �a, une dame?
Quelle dame?
Wilhelm, qu'est-ce que �a signifie?
Et les roses pour le procureur?
La dame se nomme Zirngiebel. Te voil� renseign�e.
- La femme du professeur? - Oui.
Tu es son accusateur et sa femme t'enverrait des roses?
- Tu mens, Wilhelm. - Je ne mens pas.
Le professeur s'est enfui.
Ces roses signifient qu'il a r�ussi � passer la fronti�re.
Mais Wilhelm... tu �tais au courant?
Tu vois, les roses ne sont pas toujours des messages d'amour.
Tu as laiss� un accus�... s'�chapper?
Oui. Mais quelle accusation avais-je � soutenir?
L'honneur bafou� d'un marchand de meubles,
quelques remarques m�prisantes
- mais pleines d'esprit - sur la race juive.
- Mais il a tout de m�me dit... - Je sais ce qu'il a dit.
Il a �t� imprudent. Mais c'�tait dans une brasserie!
Sais-tu ce que signifie pour moi d'accuser un tel homme?
Me salir moi-m�me!
Que va devenir ce pays,
si les rares personnes int�gres s'y exterminent les unes les autres?
Je te comprends, Wilhelm.
Mais n'avais-tu pas un mandat d'arr�t contre lui?
- Il est toujours dans ma serviette. - Cela peut-il te nuire?
Hildegarde, qu'importe que cela puisse me nuire.
J'agis selon ma conscience!
Et puis,
il faut une faute grave
pour qu'un procureur soit mis en cause!
Suggestion du jour: jambonneau
Excusez-moi.
Aujourd'hui, nous avons un bon jambonneau.
Merci, j'attends quelqu'un.
Quel jeu minable!
- Tu attires les mauvaises cartes. - J'enrage!
- Vas-y, fais ton num�ro. - Allons.
Nul!
Contre!
- Pour ne pas dire plus! - � toi.
- Moi? - Oui, � toi!
Tiens. Vas-y, � toi. Joue.
- Qu'en dites-vous? - Il se d�masque!
Avec la dame de pique, j'aurais gagn�.
- T'aurais perdu quand m�me! - Jamais!
Avec la dame de pique, j'aurais eu du jeu.
- Facile � dire. - Minute, c'est � moi.
J'ai le droit de r�fl�chir, non?
- O� est-ce qu'on en est? - 20.
Pardon...
Il vous fallait la dame de pique? J'aurais pu vous aider.
Le public est pri� de se taire.
- On peut bien tirer une carte! - Prenez-en une.
- Et alors? - Dame de pique!
Bonjour, Hartmann. Qu'attendez-vous? L'audience...
- Que se passe-t-il? - Zirngiebel s'est enfui.
Quoi? C'est impossible!
Je vous ai pourtant remis le mandat d'arr�t, hier.
� moi? Non, M. le procureur.
Bon sang, Hartmann! Je... Suivez-moi.
Vous ai-je fait appeler hier apr�s-midi, oui ou non?
Oui, mais vous �tiez d�j� parti quand je suis venu.
Mais le mandat d'arr�t se trouvait sur mon bureau.
Je n'ai rien vu.
Comme toujours... Est-ce le dossier Zirngiebel?
- Oui. - Donnez-le-moi.
Tenez-moi �a.
Allons, reprenez-vous, Hartmann!
Et �a, qu'est-ce que c'est? Le mandat d'arr�t que j'ai sign�!
C'est impossible, M. Le procureur.
Mais il est bien l�! Et c'est moi, le responsable.
Passons l'�ponge.
Vous me soutenez et je vous soutiens.
O� irions-nous sinon?
Je ne peux que vous remercier, M. le procureur.
Voil� Schramm!
- M. le procureur! - Comment un mandat d'arr�t...
Je vous remercie de me donner l'occasion
de vous dire quelques mots.
Je suis outr�.
Jamais je n'aurais pens� que l'accus�, un haut fonctionnaire,
p�t se d�rober � la justice.
- Mais sans mandat d'arr�t... - Le mandat d'arr�t s'est �gar�.
- Comment? - La malchance.
Nous sommes une tr�s grosse administration,
un appareil o� une erreur humaine est toujours possible.
Voil�, je reste � votre disposition...
Un instant, M. le procureur...
� pr�sent, veuillez m'excuser.
Un fin renard!
Bravo, M. le procureur!
Je vous en prie, messieurs. Pas ici!
Quelle droiture!
- Ah, M. le procureur! - Bonjour.
Le pr�sident du tribunal vous attend.
� vous voir, Mlle Schneider, on a envie d'�tre pr�sident.
- Il n'est jamais trop tard. - Ah, mignonne.
J'aimerais conna�tre votre version de l'affaire Zirngiebel.
M. le pr�sident,
vous n'imaginez pas � quel point je suis constern� et outr�.
Fort bien, mais comment justifierez-vous l'affaire
devant votre autorit� de tutelle?
Si vous insinuez par l� qu'il existe le moindre doute
sur mes convictions d�mocratiques,
je ne peux qu'en rire, M. le pr�sident.
Pas possible! Passe-moi �a!
Le soldat de 1re classe Rudi Kleinschmidt,
coupable de sabotage et d'entrave au ravita...
Ravitaillement...
...ravitaillement des troupes,
est condamn� par le conseil de guerre � �tre fusill�.
Et voici mes papiers!
T'as perdu ton pari, Karl. Ce gar�on est mort!
Mais il a un sacr� app�tit! Un jambonneau!
Avec des lardons sur la pur�e!
Pas croyable... Pour deux bo�tes de chocolat?
Chez nous, ils ont fusill� un chauffeur qui s'�tait endormi.
Ils en ont tu� plein avant la capitulation.
Il faut que je revoie �a.
- Ne l'ab�me pas, j'en ai besoin. - Pourquoi?
Tu vois bien: pour gagner des repas gratis!
Tu fais quoi, � part �a?
Je suis camelot: cravates, cartes magiques, de tout.
Mais il a trop plu derni�rement. Je suis fauch�.
- Tu habites o�? - Je vais de ville en ville.
- O� vous allez? - � Hambourg.
Un bail que je n'y ai plus �t�!
Je parie que tu voudrais qu'on t'emm�ne.
Pari gagn�!
Voil� ce que j'aime:
une soir�e tranquille en famille.
Manfred, tu es fou!
- Et toi... - Bois encore un verre.
Tu as eu une rude journ�e.
C'�tait plus facile que je le pensais.
Attendons de voir ce que diront les journaux.
Ah oui, la presse. Il faut s'attendre au pire.
Mais plus ils �crivent, plus les lecteurs b�illent.
Cela ne nous touchera pas davantage.
"Nous devons nous forger des principes in�branlables
qui guideront tous nos actes et pens�es."
Voil� ce que dit Fichte dans son discours � la nation allemande.
Ne peut-on pas se passer de cette musique de n�gres?
J'avais pourtant mis un signet...
Ah, voil�.
"Nous devons,
en un mot,
acqu�rir du caract�re."
Superbe.
"Avoir du caract�re et �tre allemand est une seule et m�me chose."
- Je vous lis la suite. - Bonne nuit.
Werner, papa va lire!
Cela ne l'int�resse pas, c'est �a?
Une parole bonne et profonde est ennuyeuse, c'est �a?
Mon cher gar�on, je te l'ai souvent dit:
bien que je ne sois pas ton vrai p�re,
tu devrais chercher le contact avec moi.
- Je suis comme �a. - H�las, oui, h�las.
Tu donnes l'impression de ne pas pouvoir me souffrir.
Enfin, Wilhelm, quelle id�e?
Toujours des grands mots, �a ne nous int�resse pas!
Tant que tu mangeras � cette table, il faudra t'y faire.
C'est du propre! Je vais vous lire un po�me.
Je ne te comprends pas, Werner, papa est comme un p�re pour toi.
Assieds-toi! Toi, tu t'assieds l�.
Nous allons terminer la soir�e en paix.
Arr�te de jouer et viens t'asseoir!
"La lune s'est lev�e,
les �toiles d'or brillent
au ciel clair
et limpide.
La for�t est noire
et silencieuse,
et des prairies s'�l�ve
une brume blanche."
Magnifique.
Arr�tez-vous!
- Pourquoi? - Tu ne vas pas � Hambourg?
Je connais un bistrot ici.
Dis plut�t une fianc�e.
Non, pas vraiment. Au revoir, merci!
Tiens! Et attention en traversant...
Tous les quotidiens, s'il vous pla�t.
Et le "Journal du soldat allemand".
Pardon!
Bonjour.
- Mlle Lissy n'est plus ici? - Mlle Lissy? Non...
- Lissy? - Elle �tait l� l'an dernier.
- Ah, Mlle Flemming? - Oui.
- Oui, elle est l�. - Merci.
- Vous voulez lui parler? - Oui.
Dites, vous venez vendre quelque chose?
Quoi? Non, non. Dites-lui qu'un vieil ami...
Voyez-vous �a, te revoil�.
Salut, belle dame! Surprise, pas vrai?
Je passais par l�, et j'ai voulu voir ce que tu devenais.
Il a bien chang� ce vieux boui-boui.
- Toi aussi, tu as chang�. - Oui, je ne suis plus serveuse.
J'ai repris l'affaire. En location.
Fichtre! La pension aussi?
Oui, la pension aussi.
- L'addition. - Merci.
- Au revoir. - Au revoir.
Mes compliments, Lissy.
Tu manges ici ou tu repars?
Tu as bien une chambre pour moi?
Oui, une chambre serait libre.
Chouette! Je vais monter me rafra�chir un peu.
Encore une chose:
je suis content d'�tre ici et surtout que tu sois l�.
- Tes dettes, tu t'en souviens? - Comment?
64 marks 80, g�te et couvert.
Je te rembourse dans quelques jours.
Non, tout de suite!
�coute, je vais �tre franc:
je suis fauch�, il faut que tu m'aides.
- Je te promets... - Mon bail me co�te cher.
Les bonnes oeuvres, je ne peux pas me les permettre.
- M�me entre bons amis? - Amis?
Tu es incroyable! Pourquoi ne gagnes-tu pas ta vie?
- Tu ne dois pas tourner rond. - J'ai compris, Lissy.
J'ai �t� ravi de te voir.
Je donnerai de mes nouvelles.
Prends soin de toi.
Rudi?
Prends la chambre 12.
"Le scandale Zirngiebel!"
- "Une enqu�te s'impose!" - Je l'ai lu, celui-l�.
- "Schramm d�mission!" - Comment?
"Schramm d�mission!"
Une photo de papa!
- Laisse-moi tranquille. - Fais voir!
Ce qu'il fallait craindre... en effet...
Mon Dieu, ce n'est pas possible...
Schramm, l'un de ceux qui... notre d�mocratie...
"Prends l'�p�e, prends-la et reprends-la.
Monte la garde.
Tel est loyal au plus profond de l'�me
qui aime sa patrie comme toi.
Tel est loyal au plus profond de l'�me
qui aime sa patrie
comme toi."
Magnifique, non?
Viens, Wilhelm. Ces journaux m'exasp�rent.
- Voyons... - Pas un seul qui n'�crive sur toi!
- M�me � l'�tranger. - Des gribouilleurs!
- Tu t'�nerves pour �a? - "Le scandale Zirngiebel!"
"Schramm d�mission!"
Journal gauchiste, sans int�r�t.
Ne devrais-tu pas riposter?
Ce serait la pire des r�actions!
En revanche, je vais faire autre chose.
Je vais inviter le procureur g�n�ral,
le pr�sident du tribunal et leurs �pouses.
Ce sera une soir�e de f�te, avec un tr�s bon repas,
o� je pourrai leur montrer que j'ai la conscience tranquille.
Au fait, papa, de qui �taient ces roses?
- Cela ne te regarde pas! - Ce sera s�rement tr�s bien.
Les journaux, Manfred a bien raison d'en faire des bateaux.
On ferme, M. Graumann.
Nous pourrions finir la conversation l�-haut.
Il faut que j'aille au lit.
Je ne vous en emp�cherais pas!
Il faudrait am�nager la cuisine.
Pardon?
Vous oubliez notre affaire.
Mais non, je ne pense qu'� �a.
Voyons, M. Kugler!
Je ne pourrais pas mieux placer mon argent.
Vous �tes si travailleuse!
Et... si jolie...
Je vous suivrai, co�te que co�te.
Vous voudrez des assurances?
Non, au contraire.
J'aimerais que vous en ayez moins � mon �gard.
Plus de faiblesse, donc?
Nous pourrions en parler chez moi.
Je suis � votre disposition.
Je vais y r�fl�chir, M. Kugler. Bonne nuit.
Bonne nuit.
Tu es encore l�? Moi, je suis oblig�e, mais toi...
- Qui c'�tait, celui-l�? - Un homme d'affaires.
J'imagine l'affaire qu'il t'a propos�e.
On n'a rien sans rien.
- Tu veux �tre r�veill�? - Non, merci.
- Mlle Flemming... - Oui?
Les comptes sont justes, comme d'habitude.
Merci.
- Bonsoir � vous. - Bonne nuit.
- C'est quoi, ce d�sordre? - Rien...
La chambre devait �tre finie aujourd'hui.
Pourquoi ne m'as-tu rien dit?
- Quand on a des dettes... - Tu l'as fait expr�s.
- Quoi? - Tu veux me faire piti�.
Quelle id�e! Si tu as piti� de moi, je pars.
Viens.
Quoi encore? O� �a?
Tu ne vas pas rester ici.
J'ai connu pire.
- Bonsoir! - Bonsoir.
Bonsoir.
Il ne manquait plus que �a!
Merci.
- Alors? - Tr�s joli.
Tiens.
D'o� as-tu �a?
Les gens oublient souvent des choses dans une pension.
Merci. Allons-y alors.
"Le petit conseiller fiscal".
C'est avec lui que tu couches actuellement?
C'est � mourir de rire de voir comment et pour quoi tu t'�reintes.
- Toi, tu me fais pleurer. - Oui?
Tu es intelligent. Pourquoi ne fais-tu rien de ta vie?
Pourquoi, si tu ne te soucies pas de moi?
Tu ne penses qu'� plaisanter!
Et l�, tu attends l'homme qui cadre avec le d�cor?
Je ne l'attends pas, il viendra tout seul.
- Comment doit-il �tre? - Rien d'exceptionnel.
Un gar�on travailleur, pas un prince charmant.
Dommage, je suis un prince charmant.
- Avec rien dans les poches? - Si! Des trous...
Je ne peux pas dormir ici.
C'est de l'autre c�t� que tu dors.
Non, je ne peux pas dormir ici du tout.
- Qu'est-ce qui te d�range? - Je ne sais pas... Tout.
Les environs...
Je ne peux pas!
Ta chambre sera pr�te demain.
Demain? Sais-tu ce que je fais demain?
J'irai travailler comme une brute!
Je payerai mes dettes, sou par sou.
Et j'irai dans un palace.
Bon, je vais retrouver ma planche.
Messieurs dames, il faut l'avoir vu, il faut l'avoir v�cu!
Pour 3 marks 50,
vous ferez connaissance avec Fortuna, d�esse de la chance.
En voil� un!
Pour 3 marks 50, Fortuna vous sourira, approchez!
Elle a d�j� souri ce matin et �a continue.
C'est reparti, vous n'en reviendrez pas,
vous allez vous tordre de rire!
Belle dame, choisissez, choisissez!
- 7 de tr�fle. - 7 de tr�fle...
7 de tr�fle!
- Tu connais cet homme? - Non, pourquoi?
Pr�parez votre monnaie.
Tenez, s'il vous pla�t. Et l�.
S'il vous pla�t, madame, 3 marks 50.
Fais plaisir � ta maman et tire le 7 de tr�fle.
Le suspense est entier, le suspense commence.
Mesdames et messieurs, le 7 de tr�fle,
comme annonc�.
- Partons. - Qu'as-tu?
Tu es tout bizarre. Qui est-ce?
Allons-nous-en d'ici!
- Maman, ach�te-m'en un. - Quel casse-pieds!
Bon, je t'en ach�te un.
Wilhelm, qu'as-tu?
- Bonjour, Mme le procureur. - Bonjour, Mme la pr�sidente.
Tu ne salues pas?
Je veux savoir qui est cet homme.
- Tu l'as d�j� rencontr�? - Je ne sais pas.
Mais j'ai eu � faire � lui dans de p�nibles circonstances.
- Il m'a reconnu, non? - Oui.
Il t'a regard� bizarrement.
Bizarrement?
Excuse-moi, il faut que j'aille au bureau.
- Kruger est-il d�j� l�? - Oui, M. le procureur.
Le procureur Meyer souhaiterait vous parler.
Plus tard. L�, j'ai � faire.
Faites entrer Kruger.
- M. Kruger, M. le procureur! - J'arrive.
- M. le procureur. - Mon cher, je vous ai appel�...
- Je vous en prie. - Merci beaucoup.
J'ai remarqu� quelqu'un, j'ignore pourquoi,
mais les visages me trompent rarement.
C'est un camelot qui vend des jeux de cartes sur la Wilhelmplatz.
Oui, j'en ai achet� un. Regardez.
Voyez-vous �a! Joli...
Procurez-moi des renseignements sur cet homme.
Et voyez s'il n'est pas recherch�.
- � vos ordres. - Bien.
Vous m'informerez en personne.
Ce n'est rien d'officiel. Ce visage me dit quelque chose.
Prenez le temps de r�fl�chir.
Nous voulons seulement savoir si vous avez d�j� vu l'accus�.
Je ne sais pas.
� vous, M. le procureur.
Je demande au t�moin si elle conna�t l'accus�.
- Oui. - Comment �a, oui?
- J'en ai l'impression. - Voyez-vous �a!
Et d'o� vient cette impression?
C'est l� ce que j'ignore.
C'est insens�!
Quand on reconna�t quelqu'un, on se souvient,
en r�fl�chissant un peu...
"Le camelot se nomme Rudolf Kleinschmidt.
N� le 23 ao�t 1923 � Herne."
On se souvient d'o� on le conna�t.
Connais pas.
- M. le procureur! - Pas d'autres questions.
Pas encore arriv�?
Voulez-vous entendre le loueur de voitures?
- M. le procureur? - Oui, oui... j'y tiens.
L'audience est suspendue pour deux heures.
Que faites-vous ici?
Moi? Rien... Je ramasse mes cartes.
Qui vous a fait entrer? Que faites-vous ici?
C'est une audience publique, tout le monde peut venir.
- Vous me connaissez, non? - Moi?
Vous m'avez fix� hier.
Je vous ai fix�? Non.
C'�tait une impression, j'ai parfois des crampes aux yeux.
- Je ne vous connais pas. - Vous mentez.
Je vous pr�viens,
si vous mijotez un mauvais coup...
Je ne mijote rien et je n'ai jamais rien mijot�.
Que me veut ce type?
Je ne lui voulais rien.
Tu �tais simplement curieux.
- C'est �a. - Mais qui �tait-ce?
N'en parlons plus et annonce � Graumann que tu sors avec moi.
Quand le restaurant est plein, je ne peux pas.
Mais j'ai vendu 50 jeux aujourd'hui.
�a fait pile 175 marks. Blancs comme neige.
Il faut l'avoir v�cu!
- Confisqu�s! - Non, on le d�pense ensemble.
Rends-moi �a.
On ira chez l'Italien o� on �tait le premier soir.
- On peut aussi manger ici! - Non, pas ici.
- Et on ira danser. - � peine un sou en poche
et c'est d�j� la folie des grandeurs!
Je vais recommencer du d�but.
Merci beaucoup.
Si tu savais combien j'ai r�v� de ce panorama!
Pas celui-l�, celui du mur, le golfe de Naples.
Et toi, tu sais � quoi tu me faisais penser?
- � quoi? - � la Tour de Pise!
Elle tient debout.
Elle a un air bizarre, mais les gens l'aiment peut-�tre pour �a.
Je suis content que tu aies pens� � moi.
Et j'ai eu plaisir � te revoir.
Mais j'ai vite remarqu� que tu es toujours le m�me vagabond.
Tu es la seule � pouvoir changer �a.
Redresser la Tour de Pise?
Tu devrais essayer.
Ce qui est formidable...
- C'est quoi? - Ce ventilateur.
Il est silencieux, il me faut le m�me.
Peux-tu aller regarder la marque?
- Alors? - Il s'appelle Z�phir.
- Il ne d�range pas du tout. - Ah bon? Moi, il me d�range.
Tu te souviens que je t'ai embrass�e ici?
Je suis devenue toute rouge.
Cette fois, non.
Non, cette fois, je m'y attendais.
Allons donc, viens!
Gar�on!
Pourquoi n'y a-t-il pas plus de monde, comme autrefois?
Oui, c'est triste. Mais c'est la faute du patron.
- Comment �a? - Il s'est enrichi trop vite.
Il s'est dispers�. Les femmes, tout �a...
Il ne s'occupait plus de rien.
Une affaire comme celle-l�, il faut s'y atteler.
Dire qu'autrefois, c'�tait une mine d'or.
Tu crois qu'il faudrait de la musique chez moi?
- Pourquoi pas? - Un juke-box, tu sais.
On ins�re une pi�ce et �a met de l'ambiance.
S�r que l'ambiance, c'est important.
D'ailleurs, on va payer.
O� est-il? Gar�on, l'addition!
- Joli, non? - Ouais, joli.
Jolie soir�e aussi.
Ah, je devais te rappeler que le ventilateur est un Z�phir
et que tu voulais appeler pour le juke-box.
Je dois m'occuper de ces choses. Qui le ferait, sinon?
Peut-�tre ce ben�t de Kugler.
Bonne nuit, Rudi.
Je touche du bois pour la caisse.
Viens te coucher � la fin.
Je n'arrive pas � remettre ce type et �a me rend fou!
- Qu'importe! - Tu ne peux pas comprendre.
C'est Werner qui rentre.
� cette heure-ci? Tu plaisantes!
Il �tait � une f�te. Ce n'est plus un b�b�.
Tu d�fends ce garnement quand il rentre ivre!
- Il boit? - Bien s�r!
� son �ge, nous aussi... �tions tent�s.
Tu ne vas pas...
Si, il verra qui commande.
Tu es juste de mauvaise humeur!
- Bonsoir! - Bonsoir, papa.
- Sais-tu l'heure? - Oui, 1 h.
1 h 12! Tu trouves �a normal?
Non, mais l'ambiance �tait si...
- Ah oui, tu as bu! - Bien s�r.
- Bi�res, schnaps... - Non, du coca.
Fadaises! Moi aussi, j'ai �t� potache.
Mais je devais m'excuser devant mon p�re!
M'excuser? On est dans une caserne?
Ne me parle pas sur ce ton!
Bien s�r: le soldat de premi�re classe Kleinschmidt.
Mais il n'y avait rien de mal.
C'est bon, mon gar�on. Dors bien.
- Maintenant, je sais. - Quoi?
Qui est cet homme, ce camelot.
Je ne risquais pas de penser � lui. Pour moi, il �tait mort.
Comment cela mort?
C'est incroyable de le voir r�appara�tre ici.
Je ne comprends pas. En quoi est-il dangereux pour toi?
Dangereux? Mais non!
Il �tait condamn� au nom du droit militaire.
Condamn� � mort?
On ne peut rien me reprocher!
Alors, tout va bien, cet homme ne peut rien contre toi.
Tant qu'il se tait.
Mais s'il parle,
on apprendra que j'�tais au conseil de guerre...
Cela ne regarde personne!
- Que fais-tu l�? - Je venais m'excuser.
Va-t'en, file au lit!
Cet homme doit partir.
Cet homme doit quitter la ville!
Tr�s fut�! Quelle imagination!
Tirez-en une.
- La dame de pique. - Oui.
Fantastique! Je vais en acheter un.
- Avec plaisir, commissaire. - Combien vous en reste-t-il?
- Peut-�tre 40. - D'autres chez vous?
Non, il faudra que j'en commande d'autres.
D�sol�, mais je dois saisir la marchandise.
Mais j'en vends depuis six mois et je n'ai jamais eu de probl�mes.
Savez-vous ce qui s'est pass�?
L'un de vos clients a escroqu� les gens.
Plainte, enqu�te, saisie! Bien s�r, vous aurez un re�u.
Mais je serai ruin�. Je ne pourrai plus travailler.
Je n'y peux rien pour l'escroc!
- Vous �tes intelligent, non? - Oui.
Alors, n'attendez aucune logique de la part de l'administration,
�a vous �vitera des ennuis.
Attendez voir,
j'ai une proposition � vous faire.
Si vous quittez la ville,
je ne les saisis pas. - Comment �a?
Si j'�cris "l'individu est parti", l'affaire sera close.
- Ce sera oubli�. - Mais je veux rester ici.
Vous �tes chez nous depuis un moment, d�j�.
Votre march� doit �tre plus ou moins satur�.
Tenez, je vous paie vos cartes.
Rien ne vous retient, non?
Vous avez raison.
Rien ne me retient ici.
Je savais que vous aviez les pieds sur terre!
Mais je dois pouvoir compter sur vous. Vous partez, d'accord?
Oui, comptez sur moi.
Entrez.
- Bonsoir. - Bonsoir, Rudi.
Tu ne manges pas? Je t'ai mis quelque chose de c�t�.
Merci, j'ai d�j� mang�.
Tu fais tes bagages?
- Je pars demain. - Quoi?
Je me suis renseign�, j'ai un train de bonne heure.
Tu me caches quelque chose. Dis-moi pourquoi tu pars.
Qu'est-ce qui me retient ici?
Pour que je reste, il faudrait d�j� que tu me le demandes.
Voil�.
Tiens, prends le r�veil, tu dors toujours trop longtemps.
Merci, mais il est fichu. Il est bon � jeter.
- Bonne nuit, Rudi. - Bonne nuit.
Il faut l'avoir vu, il faut l'avoir v�cu...
Ah, c'est toi.
- Je t'apporte un r�veil. - C'est gentil.
Donne, laisse-moi faire.
Fichu aussi.
Non, ce n'est qu'un ressort.
Effectivement, il est fichu aussi.
Et tu ne le savais pas, hein?
Non, je n'en ai pas besoin pour me r�veiller.
Comme moi! Mais seulement � midi.
Alors, il faut que je reste avec toi.
- Quoi? - Pour que tu te r�veilles.
- Tu le savais, n'est-ce pas? - Quoi?
Pour le r�veil.
- M. le procureur? - Oui.
Qu'est-ce que je voulais dire?
Ah oui, envoyez-moi Kruger!
- Envoyer? - Oui, allez le chercher.
Mais Kruger est l�.
- M. le procureur. - Ah oui, il est l�!
Venez.
Ne m'avez-vous pas dit que cet homme �tait parti?
Il est parti hier matin.
Comment se fait-il alors qu'il vende des cravates en bas?
Quelle insolence! Il doit �tre revenu.
J'en fais mon affaire.
- Relisez le code du commerce. - � vos ordres!
Article 55, alin�a 4.
Il faut l'avoir vu, il faut l'avoir v�cu!
Et chacune de ces magnifiques cravates
garanties par tous les temps
ne co�te pas 10, pas 9, 8, 7, 6, 5, 4 marks.
Non, 3 marks 50! 3 marks 50, les trois!
Merci beaucoup.
D�couvrez la cravate de l'�re du spoutnik!
J'en ai lanc� une hier, elle n'est pas revenue!
Quelqu'un l'aura emport�e chez lui.
Ou alors, elle tourne autour du soleil et cela sans br�ler
parce qu'elle est garantie par tous les temps!
Puis-je voir votre licence?
Tenez, elle est en r�gle.
Et �a va continuer et �a va repartir!
Je vous laisse trois de ces magnifiques cravates
au prix ridicule de 3 marks 50!
- Vous ne pouvez pas faire �a. - Comment?
Il vous est interdit de g�ner la circulation.
- Mais la licence m'autorise... - � vendre.
Mais pour ce que vous faites,
votre licence doit �tre �tendue conform�ment � l'article 55.
Comment est-ce possible?
Pour les manifestations ni artistiques ni scientifiques,
il vous faut une licence sp�ciale.
Cessez ce tapage.
Mais dans d'autres villes...
Si vous continuez � faire le clown ici,
vous risquez une amende de 150 marks.
Je prends votre licence.
Pr�sentez-vous au poste de la place Hitl... place Ebert.
Dispersez-vous, mesdames et messieurs.
Dispersez-vous.
Dispersez-vous. D�gagez le passage.
Il n'y a plus rien � voir. Passez votre chemin.
Pourquoi restes-tu plant� l�?
�a t'amuse de me voir remballer?
- Au contraire, je vous plains. - Occupe-toi de tes affaires.
Ce qui se passe me regarde aussi.
Il doit te manquer une case. Que veux-tu dire?
Je vous conseille de quitter la ville.
- Qui es-tu? - Je ne peux pas vous le dire.
Mais quelqu'un vous en veut parce qu'il a peur de vous.
- Dis-moi qui tu es. - Peu importe.
Mais c'est pour votre bien, croyez-moi.
H�, Schramm!
Regardez-moi �a, Schramm s'ach�te une cravate!
S'il vous pla�t, ne me d�noncez pas.
Schramm...
Peur? Il a d� se tromper.
Non, non, il m'a parfaitement reconnu.
Explique-toi. Rudi!
Tu vois, tu t'effrayes pour un rien.
Par ici, ma�tre. Venez par ici, s'il vous pla�t.
- Prenez place. - Merci.
Ma femme vous a achet� des cravates. Vraiment bon march�.
Vous devez voler le mat�riau.
Le mat�riau? Non, je les vole d�j� faites.
G�nial! Moi aussi, j'aimerais vendre en plaisantant.
Je m'y mets demain.
Surtout pas. C'est interdit.
On me l'a interdit aujourd'hui, sous peine de sanction.
- Encore une blague! - Non, c'est vrai.
Il est d�fendu de faire rire.
Racontez-nous ce qui s'est pass�.
- C'est une longue histoire. - Sant�!
Il y a environ 15 ans, quelqu'un m'a condamn� � mort.
- Condamn� � mort? - Un certain Schramm.
- Notre Schramm? - Le procureur?
En personne!
Wilhelm!
- O� est-il pass�? - R�flexion faite,
cet homme est totalement inoffensif.
Tu comprends? Totalement inoffensif.
- Wilhelm, tu te fais du mal. - Oui.
Mais il y a quelqu'un derri�re lui.
Il a �t� pay� par quelqu'un et envoy� ici.
- C'est un instrument! - Et l'instrument de qui?
Un homme dans ma position a des ennemis, des adversaires,
il fait des jaloux.
Tout �a sent l'intrigue politique � plein nez.
Mais je ne ferai pas � des messieurs
qui agissent de la sorte le plaisir de me pers�cuter.
Et le jeune homme qui se pr�te � ce jeu,
je vais l'�craser
comme un pou.
Mais non, je ne lui veux rien du tout!
Je n'y songe m�me pas.
Qu'est-ce que �a m'apporterait? Je veux ma licence, c'est tout.
- Vous devez r�agir! - Ce qu'il a fait est criminel!
- Calmez-vous. - Int�ressant!
Notre bon Schramm! Je vais aller le voir.
Que s'imaginent ces messieurs l�-haut?
Il faut sonner le tocsin! Faire une p�tition!
- Du calme! - Une p�tition!
- Du vermouth. - Bonjour, Mme le procureur.
- Bonjour. - Mon mari arrive.
Merci. Une bouteille de cognac...
- Mme le procureur est l�. - �a m'est �gal.
Tu la sers, d'habitude.
- Plus jamais! Vieille bique! - Tu es fou.
J'ai entendu des choses sur son mari. Un scandale!
- Je me d�brouille. - Chut!
3 bo�tes de homard: 24,40 3 verres de mayonnaise: 9,60
2 ananas: 8,20
2 paquets de confiserie: 12,30
2 bo�tes de foie d'oie: 15,60
Une livre de caf�: 10,80
Pour le champagne, mon mari passera.
Mme le procureur, vous �tes ravissante avec ce nouveau bibi.
Votre �poux va bien? Pensez aux 3% de rabais.
Merci. Il travaille beaucoup.
Salet�!
Enfin, 85 marks 60...
C'est r�voltant, si r�voltant!
Un mauvais payeur?
Entre autres...
Non, je suis choqu� moralement et �thiquement.
Ah, si ce n'est que �a!
Mais c'est important.
Tu vas taper une lettre. Prends une feuille.
- Une copie suffira. - Je ne finis pas celle-ci?
Non, il me faut cette lettre.
- Qu'est-ce qui se passe? - Tu verras.
� monsieur le procureur Schramm...
Non, on va �crire directement � son chef.
� M. le procureur g�n�ral... G�n�ral, �a fait plus d'effet.
- En ma qualit�... - D'agent d'assurances?
Mais non! ...de citoyen de ce pays,
je me permets de vous soumettre un point scandaleux,
non, un cas scandaleux. Point.
La lettre doit �tre br�ve et bien tourn�e.
Je crois qu'il est de mon devoir
de vous informer,
d'urgence...
Je n'y suis pour personne!
Assurances Haase.
Non, mon mari sera de retour dans une heure.
De vous informer que, dans cette ville,
un honn�te citoyen est victime d'une injustice
pour la seule raison qu'il...
qu'il a d�j� �t� victime par le pass�
d'une injustice criante. Point.
M. le procureur Schramm?
- Oui? - J'ai � vous parler.
Me parler? Allez voir ma secr�taire.
Il est pr�f�rable que cette affaire reste entre nous.
De quelle affaire s'agit-il?
Une affaire du temps...
...du temps o� vous �tiez au conseil de guerre.
Venez.
- Dites-moi, monsieur... - Kugler.
Pourquoi me racontez-vous toute cette histoire?
Pour vous prouver ma sympathie.
Un homme comme vous doit savoir ce que l'on dit de lui.
Bien s�r...
Mon cher monsieur... monsieur comment?
Kugler, Otto Kugler.
Mon cher M. Kugler, c'est tr�s aimable de votre part.
Bien entendu, toute cette affaire est... absurde.
Ce n'est qu'un pauvre fou.
Ce n'est pas mon impression, M. le procureur.
- Mais si vous le dites... - C'est un fou!
Mais c'�tait tr�s aimable � vous.
Je verrai s'il convient de poursuivre cet idiot ou si...
Dites voir: Otto Kugler... Kugler...
J'ai d�j� lu ce nom quelque part.
Je suis dans le b�timent.
Mon nom appara�t sur les �chafaudages.
Mais oui! L'entreprise Kugler. J'ai souvent lu �a.
Pas si souvent que �a, M. le procureur.
On m'oublie toujours pour les chantiers publics.
Comment cela?
Je n'obtiens jamais les march�s municipaux ou nationaux.
Jamais.
Je dois avoir froiss� quelqu'un en haut lieu.
J'ai pens�, comme vous connaissez du monde,
qu'un mot de vous...
M. Kugler!
Mon cher M. Kugler, vous pouvez me faire confiance.
Ce sera un honneur pour moi.
Je vous remercie, M. le procureur.
Excusez-moi encore de vous avoir importun� avec mes soucis.
Mais je vous en prie, mon cher, nous savons tous ce que c'est,
on se donne bien du mal!
Erna, je crains que le r�ti ne soit trop cuit.
Pas d'inqui�tude, madame, il sera tout simplement parfait.
Ne reste pas l�, mon gar�on, va � la cuisine.
Que se passe-t-il ici?
- Qui �tes-vous? - La serveuse, M. le procureur.
Ah, ch�ri, te voil� enfin! Pourquoi rentres-tu si tard?
- Que se passe-t-il? - Pardon.
Tu n'as tout de m�me pas oubli� notre d�ner de ce soir?
- Les bouteilles? - Au frigo!
- Il faut annuler. - Tu plaisantes?
Il faut annuler!
Mais c'est impossible! Que dira le procureur g�n�ral?
Je ne peux pas m'asseoir et manger du r�ti de veau.
De boeuf!
...et manger, alors qu'une �p�e de Damocl�s me menace!
- Que s'est-il pass�? - Je suis victime d'un chantage.
Un v�ritable chantage:
ce Kleinschmidt jase � tort et � travers.
Qui te l'a dit?
Un constructeur auquel je suis cens� procurer des chantiers.
Qu'as-tu l'intention de faire?
Je prendrai le taureau par les cornes.
Je lui offrirai de l'argent pour qu'il disparaisse.
- Toi, tu appelles nos invit�s. - Mais c'est emb�tant.
- Que vais-je leur dire? - Ob�is et va.
Tu trouveras bien quelque chose.
Et ne bredouille pas!
Comment, des crampes d'estomac? Je suis d�sol�. Mais bien s�r.
M. le procureur g�n�ral sera sans doute navr� lui aussi.
Oui, je vais lui transmettre. Bon r�tablissement.
Au revoir, madame.
Mon cher coll�gue,
l'invitation inopin�e vient d'�tre inopin�ment annul�e.
- Voyez-vous �a. Pourquoi? - De brusques crampes d'estomac.
Sa femme bredouillait tant que je ne l'aurais pas crue comme t�moin.
- Vous pensez qu'elle ment? - C'est s�r.
Quelque chose cloche avec ce Schramm.
Je le pense aussi.
Que puis-je faire?
Je suis s�r qu'il a commis une faute dans le cas Zirngiebel.
- Mais sans preuve... - Oui, il est brillant et rus�.
Le type de juriste qu'on devrait �viter dans l'administration.
Que dit son dossier?
- Blanc comme neige. - Et son pass�?
Groupe 5. Antinazi depuis toujours.
C'est trop beau pour �tre vrai.
Je ne veux pas le limoger parce que sa t�te ne me pla�t pas.
Mais ce n'est pas seulement sa t�te.
Ah, si j'avais la moindre preuve contre lui...
La bombe peut exploser.
- Esp�rons qu'elle t'�pargnera. - Moi?
Ah oui... Bah! Je ne m'en fais pas.
Quelle belle soir�e! Magnifique.
Tu entends les cloches? Que de tels individus existent!
- Et de telles lettres! - Cinq pages.
Eh oui, il fallait r�agir.
D'un autre c�t�, on s'attire aussi des ennemis,
et nous en avons assez. Pardon?
- Rien, je toussais. - J'ai cru que tu �ternuais.
Je me demande si on ne ferait pas mieux de consid�rer
l'agitation du monde avec m�pris et d�tachement.
Cette lettre, vois-tu...
Je me demande si nous ne ferions pas mieux
de rejoindre la majorit� silencieuse de ce pays.
C'est peut-�tre mieux.
Viens, Gerda. Je suis heureux d'avoir fini par me d�cider.
"Citoyens, prot�gez vos espaces verts"
Lissy? Ah, te voil�!
Le restaurant est plein et tu es l�... Ce n'est pas ton genre.
- D'o� viens-tu? - Du travail.
- Les affaires ont �t� bonnes? - Moyen.
C'est pas mal, moyen, sans licence.
Comment le sais-tu? Par Kugler peut-�tre?
Rudi, j'ai quelque chose � te dire.
Quoi donc?
Je suis amoureuse de toi,
alors que je ne le voulais pas.
Tu dis �a tr�s bien!
�a para�t aussi authentique
qu'une inscription au registre de commerce.
- Oui, mais �a ne va pas. - Qu'est-ce qui ne va pas?
- Rien ne va. - Quoi donc?
- Tu es si... - Comment?
- Justement, tu es comme tu es. - Oui, je suis comme je suis.
Qu'ai-je encore fait? - Kugler m'a tout racont�.
Il a fait �a?
Comment peux-tu te mettre un procureur � dos
et claironner ces histoires?
Ta licence est fichue et le pire est � venir.
C'est tr�s dangereux!
- Pour lui. - Rudi...
Quand un puissant affronte un faible, pour qui est-ce dangereux?
- Cette fois, pour le puissant. - Non.
- Mais il a peur de moi. - C'est encore pire.
Pourquoi?
Tu aurais d� voir hier comme les autres enrageaient contre lui.
Enrageaient? Tu parles! Ils �taient saouls.
Curieusement, aucun de ces messieurs n'est l� ce soir.
Parce qu'ils ne veulent pas y �tre m�l�s.
Moi non plus!
On peut me retirer mon bail
et la police des �trangers vient chaque jour.
Si je ne r�cup�re pas ma licence demain,
j'irai au tribunal et je sonnerai le tocsin.
Dans ce cas, il vaut mieux
que tu partes, sur-le-champ!
Rudi, je ne le pensais pas.
Une femme ne devrait pas montrer si clairement
� un homme qu'elle le prend pour une mauviette.
Mais tu es une mauviette, Rudi.
La plus charmante et gentille que je connaisse.
Pas assez pour me laisser tyranniser par toi.
Au revoir, Lissy. Je pars.
Et cette fois, je ne reviendrai pas.
Si... si tu ne sonnes pas le tocsin, tu peux rester.
Je ne sonne pas et je ne reste pas. Rien... Bonne chance.
- Messieurs? - 4 bi�res.
Tout de suite.
- S'il vous pla�t. - Non, merci bien.
C'est bien ici qu'habite un certain Kleinschmidt?
- Oui, il habite ici. - J'aimerais lui parler.
Oui.
Ce monsieur cherche quelque chose.
- Vous d�sirez? - M. Kleinschmidt est-il l�?
Il est parti.
Parti? Quand reviendra-t-il?
Il ne reviendra pas.
Il ne reviendra pas... Ah bon?
J'ignorais l'existence de ce beau restaurant avec une si charmante...
- �tes-vous la patronne? - Oui.
Que lui vouliez-vous?
Maintenant qu'il est parti, plus rien du tout!
Messieurs, que diriez-vous d'une tourn�e?
Vous prendrez du champagne avec nous?
Non, merci. Je vous envoie le gar�on.
Tant pis.
Il est parti...
Bonjour.
- Bonjour, messieurs! - Bonjour.
Pour la premi�re fois, j'ai 10 minutes de retard.
Commencer la soir�e au champagne, �a ne me r�ussit pas!
- Quoi de neuf? - Une histoire �trange.
Un homme a bris� une vitrine pour 2 bo�tes de chocolat.
- C'est insens�! - Un adulte, probablement ivre.
- Donnez-moi le dossier. - Pardon?
Le dossier Kleinschmidt.
� ce que je sache, je n'ai pas dit son nom.
Allons donc, comment le conna�trais-je sinon?
Qu'est-ce qui lui prend? Il rentre chez lui?
Il n'a pas encore cuv� sa cuite!
Mon cher M. Kleinschmidt,
est-ce bien vrai ce que vous m'avez racont�?
- Bien s�r. - Vous ne l'avez pas invent�?
- Ou lu quelque part? - Non, c'est vrai.
Vous avez bris� la vitrine pour r�gler cette affaire?
Oui. Non, pour r�cup�rer ma licence.
C'est �vident. Bon, au revoir.
Au revoir.
Je vais essayer d'obtenir votre dossier au parquet.
Combien de chemises?
Combien de chemises, combien de chemises...
Pas autant, en tout cas!
Je ne comprends pas ce d�part pr�cipit�.
Si cet homme ouvre la bouche lors du proc�s, je suis fait.
Il ne me reste plus que le sanatorium.
Il est de mon devoir d'�tre malade.
Sauveras-tu ta retraite?
�videmment, elle est vers�e automatiquement.
Mais... ma carri�re!
Ma carri�re...
est termin�e et g�ch�e.
Quelles chaussettes?
Bon Dieu, fiche-moi la paix avec tes chaussettes!
- Quelqu'un vient? - Non. Les enfants sont � l'�cole.
- Mais que vais-je leur dire? - Que je suis malade!
Malade depuis longtemps, mais que je serrais les dents.
�a ne les �tonnera pas.
Je ne comprends pas que tu ne trouves pas d'issue,
toi qui es toujours si g�nial.
- Tu dois trouver quelque chose. - Tais-toi.
- Il existe une issue. - Je le savais.
Mais elle requiert une audace quasi napol�onienne.
Je me suis fait remettre les affaires de ce Kleinschmidt.
Il faudrait que je fasse
dispara�tre ceci.
La condamnation � mort?
Et si �a s'apprenait?
Elle ne figure pas dans la liste,
elle a �t� omise.
Non, Wilhelm, c'est trop dangereux.
Ma ch�re Hildegarde,
il est peut-�tre de mon devoir sup�rieur de courir ce risque.
Pense � ce que l'�tat perdrait, si je quittais mes fonctions.
Un tr�sor d'exp�riences, de connaissances,
et une pr�cieuse force de travail.
Vous m'avez bien eu.
- Pourquoi? - Ce document n'existe pas.
Mais... c'est impossible. On l'a vol�!
- Vous pouvez le prouver? - Mais il...
- Il �tait dans mon portefeuille. - Vous avez pu le perdre!
- Quand l'avez-vous vu en dernier? - Il y a 3 semaines.
En 3 semaines, on peut perdre bien plus.
Mais c'est la v�rit�!
�coutez-moi bien, vous m'�tes tr�s sympathique.
- Vous aussi, ma�tre. - Je promets d'essayer
de vous faire sortir de l� rapidement.
Mais il faut pouvoir prouver vos dires.
Je veux que cette histoire soit remise sur le tapis.
Vous risquez de vous mettre dans un joli p�trin.
Les recherches prendront probablement des mois.
La d�tention pr�ventive pourra durer longtemps.
- Combien de temps? - 6 mois, voire un an.
Bon sang!
Vous ne pourrez rien prouver et serez accus� pour diffamation.
- �a vous pla�t? - Pas du tout.
Si vous voulez sortir d'ici, il faut proc�der autrement.
Je vais vous d�crire
comme un homme raisonnable
qui avait bu un verre de trop.
Mais vous devez respecter notre engagement
et ne pas lier cette vieille histoire � notre affaire.
R�fl�chissez-y bien.
Pourquoi ne puis-je pas le voir?
L'avocat est encore avec lui.
- Je vais me renseigner. - Merci.
C'est bon, je vous promets de ne pas en dire un mot.
Bravo! C'est notre seule chance.
Vous croyez que je r�cup�rerai ma licence apr�s tout �a?
- Je vous le promets. - Ce serait chic.
- Alors, au revoir. - Au revoir.
� pr�sent, je m'imagine la justice
comme une jeune fille app�tissante et tr�s propre.
- Pourquoi donc? - Elle se lave trop les mains.
Sacr� farceur!
Restez, M. Kleinschmidt, vous avez de la visite.
Ma�tre, combien de temps �a va durer?
Allez le voir, tout va s'arranger.
Tout est de ma faute. Je t'ai vex�.
- Voyons, Lissy! - Si. J'ai r�fl�chi.
Tu avais raison. Il faut se d�fendre et riposter,
comme tu le fais.
Dommage.
Pour une fois que tu es de mon c�t�, je suis de l'autre.
J'ai appris la le�on: quand un puissant affronte un faible,
c'est le puissant qui gagne.
Mais Rudi!
Tu as ton juke-box, maintenant.
Pardon, M. le procureur!
Bonjour, Muller.
- Bonjour, M. le procureur. - Ma�tre, je vous attendais.
- Pourquoi? - Bonjour, ma�tre.
Bonjour.
Je voulais vous demander si notre accus�, M. Kleinschmidt,
n'avait rien dit de sp�cial � propos de...
cette myst�rieuse affaire de cambriolage.
Non, il n'a rien dit.
Rien? Vraiment?
Et � l'audience, il dira qu'il a bu un coup de trop
et que �a lui donne toujours envie de chocolat.
- Voyez-vous �a. - Rien de plus.
Bien, dans ces conditions, ce ne sera qu'une peccadille.
Je d�clare ouverte l'audience dans l'affaire Kleinschmidt.
Pourquoi instruit-il cette affaire sans importance?
Il n'a donc rien de plus important � faire?
Toute la maison s'en �tonne. Quelque chose ne colle pas.
J'ai envie d'y jeter un coup d'oeil.
- Vous m'accompagnez? - Volontiers.
- J'esp�re me tromper sur Schramm. - Je l'esp�re aussi.
� vrai dire, moins pour lui que pour nous.
Vous pr�tendez avoir eu une envie soudaine de chocolat.
Oui.
Les magasins �tant ferm�s, vous avez bris� une vitrine.
Oui, M. le pr�sident.
Combien d'argent aviez-vous � ce moment-l�?
Environ 90 marks.
- Et o� alliez-vous? - � la gare.
Justement! Vous auriez pu y acheter du chocolat.
Oui, mais c'�tait encore � 10 minutes � pied.
Ce genre de d�claration amuse peut-�tre le public,
mais ne convainc gu�re le tribunal.
Ce que vous vouliez dans ce magasin,
c'est vider la caisse.
Non, absolument pas, M. le pr�sident.
J'�tais �nerv� et...
- Dites que vous aviez faim. - J'avais une fringale.
Pourquoi �nerv�?
J'ai eu une... querelle priv�e.
- Priv�e? Avec une femme? - Oui.
Vous vous �tes querell�s et vous avez fait vos valises
pour aller � la gare. - Oui.
En chemin, vous avez bris� une vitrine.
- Et on vous a arr�t�. - Oui.
C'est � croire qu'il ne voulait pas partir.
Dites-moi,
aviez-vous vendu beaucoup de cravates ce jour-l�?
Aucune.
- Pourquoi donc? - On m'a retir� ma licence.
- Pour quelle raison? - Elle n'�tait pas en r�gle.
- Selon vous, elle l'�tait? - Oui.
Y a-t-il eu une proc�dure d'enqu�te � ce sujet?
Non, je... non.
Permettez-moi de poser une question � l'accus�.
Cette fringale, accus�, cela existe �videmment.
Cela vous prend souvent?
Je veux dire, il existe un dysfonctionnement de...
du pancr�as:
de l'insuline se r�pand dans le sang
et provoque une faim imp�rieuse.
Une fringale, comme l'a si justement formul� l'accus�.
- Avez-vous souvent �prouv� cela? - Oui, souvent.
Je me souviens d'une fois en particulier, mais...
c'�tait pendant la guerre.
Voyez-vous �a.
C'est donc maladif.
Cet �tat provoque parfois de petites pertes de connaissance
ou de l�gers troubles de la conscience.
- Premi�re nouvelle. - Si, si, �a existe.
Werner, que fais-tu l�?
Je viens prouver mon sens de la famille.
Mais pourquoi si soudainement?
Bonjour, M. le pr�sident, M. le procureur g�n�ral.
Il se plaint toujours de mon indiff�rence.
Oui, mais pas aujourd'hui, mon Dieu!
L'instruction est close.
Je vous donne la parole, M. le procureur.
Messieurs de la cour!
Cette audience a permis d'�tablir
que l'accus�...
a commis une effraction,
dans le but de s'approprier deux bo�tes de chocolat.
En revanche, il n'a pas �t� possible
de prouver son intention de...
de subtiliser d'autres biens.
Comme la caisse, par exemple.
Sinon, l'accus� se serait-il content�
de deux tablettes de chocolat?
S'il les avait empoch�es apr�s, ce serait autre chose,
mais il les a empoch�es avant,
avant que la caisse...
Oui...
Le motif, cr�dible, qu'il invoque
est une fringale de sucreries
dont les causes sont sans nul doute d'ordre m�tabolique.
L'accus� n'a pas d'ant�c�dents, il a reconnu les faits
et s'est montr� repentant,
si bien qu'� cet acte, manifestement irr�fl�chi,
ne pourra s'appliquer que la peine la plus l�g�re
pr�vue par la loi.
- �trange r�quisitoire... - Celui d'un avocat.
Silence!
"Je d�f�rerai les trafiquants hollandais au tribunal comp�tent
et demande qu'on condamne l'accus�,
coupable de sabotage et de vol de biens de l'arm�e,
� la seule peine appropri�e..."
Votre r�quisition, M. le procureur.
Oui. En cons�quence, je requiers pour l'accus�
la peine de mort.
J'ai dit "peine de mort"?
Pas la peine de mort, bien s�r. Je voulais dire...
4 semaines de prison, annul�es par la d�tention provisoire.
Excusez-moi.
Accus�, ne riez pas.
Excusez-moi.
Accus�, je vous pr�viens!
Un jour de prison pour outrage � la cour!
C'est trop, M. le pr�sident.
Taisez-vous ou ce sera plus.
Non, ce jour de prison, c'�tait pas pr�vu!
Comment, pas pr�vu? Ce sera 3 jours!
Alors quoi, 3 jours pour un condamn� � mort?
La peine de mort, c'�tait un lapsus...
Mais il me l'a d�j� promise, et pour la m�me affaire.
- Arr�tez. - De quoi s'agit-il?
Du conseil de guerre pour 2 bo�tes de chocolat.
Qu'on lui retire la parole! C'est un tissu de mensonges.
Ces affirmations sont insoutenables.
Laissez parler l'accus�.
J'en avais la preuve!
- On peut le confirmer. - Avec sa signature!
Demandez-lui o� elle est!
- Oui, nous l'avons vue. - Silence!
Asseyez-vous, je vous prie.
Pardonnez-moi. Je ne me sens pas tr�s bien.
Nous pourrions suspendre...
L'audience est suspendue! �vacuez la salle!
Que s'est-il pass�? Wilhelm! Pour l'amour du ciel...
Mais M. le procureur, vous ne pouvez pas sortir en robe.
Quelle histoire!
Encore un scandale juridique!
Finalement, mon t�moignage aura tout provoqu�.
Moi, j'ai toujours refus� de leur vendre quoi que ce soit.
- Un cognac? - Oui.
- 2 cognacs. - 2 cognacs!
- � la justice. - C'est juste.
Mlle Flemming!
- Pourquoi n'entre-t-il pas? - Peut-�tre qu'il ne veut pas.
- Allez donc le chercher. - Gar�on!
- Regardez, notre mort! - Mais oui!
- Et les tours de cartes? - Tout va bien.
Ton papelard en a tromp� d'autres?
Un seul, mais � fond celui-l�... O� vous allez?
- On va � Hambourg. - Une seconde!
- Du calme! - Tu viens avec?
- T'as fini ici? - Je ne sais pas.
Oui, j'ai fini ici.
Belle animation!
- Oui, tr�s belle. - C'est la brasserie!
Dites-leur que je rappelle.
Bonjour, o� dois-je monter �a?
- C'est quoi? - Le Z�phir.
Au-dessus de cette table.
Quand vient M. Kleinschmidt?
Pourquoi viendrait-il?
Pourriez-vous me faire la monnaie pour le juke-box?
M. Graumann, faites de la monnaie � M. Hessel.
- O� allez-vous? - Laissez-moi!
- Je pr�f�re descendre. Arr�tez. - Tu sais pas ce que tu veux.
- Merci, c'est gentil. - Tiens, ton barda!
- Au revoir! - Bonne chance.
Tous nos voeux!
Pour ARTE GEIE: Anne-Caroline Paquet
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