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Les autorités locales informent qu’une malade mentale
s’est échappée ce matin de l’asile de San Antonio.
Elle était détenue pour tentative de meurtre
et souffre de troubles maniaco-dépressifs.
Il est nouveau, non ?
Mignon.
Oui.
Viens, Paula.
Papa et maman viennent nous chercher quand ?
La direction de l’école la Lagune noire vous souhaite la bienvenue.
Je suis Jacinta. La gouvernante.
Et ta chef.
Regarde où tu vas !
– Alfonso, vous avez perdu ça. – Merci.
Héctor de la Vega, directeur de l’école et...
votre tuteur légal.
Tu te souviens de l’ancien ermitage du bois ?
Regarde la vieille carte de la bibliothèque.
Tu n’as pas dit à ta sœur que vos parents sont morts ?
J’ignore s’ils sont morts.
Et vous ?
J’irai jusqu’au bout, que tu le veuilles ou non.
Je raconterai tout.
Mais tu t’entends ?
Elle sait.
– Elle sait des choses ! – Alfonso, pars.
Bienvenus pour une nouvelle année à l’école la Lagune noire.
L’INTERNAT LAGUNE NOIRE
TRADUCTION, SOUS-TITRAGE ET ENCODAGE : CÉRÉALES KILLER
Et comment as-tu trouvé ce boulot ?
Dans un journal.
T’avais pas de meilleur choix ?
Venir se perdre ici.
Je cherchais les fiches médicales des élèves de seconde.
Les fiches médicales ? Pourquoi ?
Que fais-tu là ?
Fuyez cette école. Elle est dangereuse !
J’avais 13 ans.
Mon fiancé l’a vendu à un couple de riches pour...
s’acheter un fix.
Alors...
ce garçon que tu cherches...
Est mon fils.
Cet endroit ne me plaît pas.
Il est moche.
Tout est sombre. Il y a des monstres.
Cette école est magique.
C’est pour ça que maman nous y a emmenés ?
– Parce qu’elle est magique. – Oui.
N’aie pas peur, il n’y a rien.
Paula est dehors.
Chacun dans une direction. Celui qui la voit prévient les autres.
Fée ! Bonne fée !
Au secours, maman !
Au secours !
Marcos, tu ne partiras jamais, hein ?
Bien sûr que non, Paula.
Si tu regardes le bois et comptes jusqu’à dix
il apparaît.
Et il fait quoi ?
Il emmène les gens.
Tu es un troll ? Tu réalises les vœux ?
Quelle imagination ont les enfants.
Oui.
– Votre fils est expulsé. – Expulsé ?
J’en ai plein les couilles !
Pas de ça ici.
Pas ici.
Lâche-moi, bordel !
Tu as besoin de ton fils,
et ce garçon réclame à cris une mère.
Où est Alfonso ?
Alfonso se sentait mal et a quitté l’école.
D’accord ?
Je les ai trouvés... Après tant d’années, je sais où ils sont.
Je n’ai confiance en personne. J’ai besoin de ton aide.
Ma vie est en danger.
Si tu n’as plus de mes nouvelles...
– Qu’y a-t-il ? – Ça disparaît...
Quelqu’un fait ça.
Quelqu’un sur le réseau, dans l’école.
Tiens, la bague est pour toi.
La fée me l’a donnée pour te protéger.
C’est du sang.
Il faut absolument le trouver.
Au secours, aidez-moi !
Vous avez entendu ?
On cherche cette femme.
On l’a aperçue près de la Lagune noire.
Vous la connaissez ?
Regardez ça.
C’est un grenier.
On dirait des noms.
Voyons. Esteban L.,
José E.,
Samuel E.,
Francisco H. et Lucas P.
5 octobre 1972.
Orphelinat...
la Lagune noire.
C’était un orphelinat ?
– Il me faut plus de temps. – On n’a pas de temps, Carlos.
– Tu nous donnes quelque chose ou... – Oui, oui. J’y travaille.
Vérifie cette empreinte.
L’étrange disparition de cinq enfants fait fermer l’orphelinat la Lagune noire.
Dans le grenier, il y avait cinq noms.
Tu peux débarrasser.
Iván me hait, me méprise.
Tu dois lutter pour ton fils. Sinon, tu ne te le pardonneras jamais.
Vous n’avez rien à me dire ?
Ils ont tué Alfonso.
– Quoi ? – Je sais que ça semble impossible.
Mais on sait qu’il est mort.
Cher Héctor, je t’embrasse depuis l’empire maya.
Salue tout le monde de ma part. Alfonso.
Alfonso est mort.
Tu t’en souviens, Victoria ?
Il est mort !
Quelqu’un envoie des cartes en se faisant passer pour lui.
– Allô ? – Verónica est là ?
De la part de qui ?
De... sa mère.
Tu as une fille !
Je t’ai dit de ne plus jamais m’appeler.
Je ne veux pas te parler.
Fous-moi la paix.
Poussez-vous ! Laissez-la respirer.
Victoria, ouvre les yeux.
Regarde-moi, ouvre les yeux.
Écris-moi un truc et je corrige.
– Vraiment ? – Bien sûr.
Tu veux quelque chose ?
J’aide María en grammaire.
Oui, en grammaire...
Passe tes journées avec Elsa.
Et la nuit...
tu vas au lit avec María.
Hein ? Qu’en penses-tu ?
Quand Héctor se désintéressera de toi,
appelle-moi. Hein ?
Car j’ai bien plus de patience que lui et...
ton cas risque de prendre des heures...
ou plutôt des mois.
Tu crois que j’aime trahir mon meilleur ami, mon frère ?
Que c’est sexuel ?
Il faut que ça cesse.
Je suis avec Amelia, elle me plaît...
Et je vais rester avec elle.
Pardon.
Ça, c’est le carnet d’un des enfants disparus.
Et tout ça existe ?
Je sais pas.
Ma sœur vit ici, je dois savoir ce qu’il y a dehors.
Qu’est-ce qu’on peut faire ?
La porte.
La porte est ici.
Allons à l’intérieur.
Je suis enceinte.
De...
De qui ?
Alors, je ne te verrai plus ?
Non, mais on aura été de bonnes amies.
Au début, il y eut la lumière...
Ensuite, les meurtres ont commencé.
– Hé, toi ! – Que fais-tu ?
– Tu es un taxi ? – Oui.
– Tu m’emmènes à l’île secrète ? – Oui, monte.
– Hé, on est là ! – Au secours !
Que veux-tu ? Fous le camp !
T’es sourde ?
Je t’ai dit de filer !
Bonniche de merde !
– Dehors ! – Non.
– Tu sais rien de moi. – Je sais une chose.
Tu n’es pas comme ton père.
En ce moment, l’idée
de partager ma vie avec toi
m’est difficile.
C’est moi.
J’ai dit que je viendrais.
Ma mère s’est suicidée.
Tu vois comme elle m’aimait.
Tu crois qu’elle me manque ?
Qu’y a-t-il ?
– Tu vas bien ? – Oui.
Contactez le centre de transplantation cardiaque.
C’est quoi ?
– Tu dois aller subir une greffe ! – Je t’ai dit de partir.
– Héctor est au courant ? – Si tu en dis...
un seul mot à quiconque,
je te jure de te dénoncer à la garde civile.
Quelqu’un a mis ça en marche.
Pourquoi ?
C’est les cinq orphelins.
Ils étaient ici même.
Ils ont été tués ici.
Ça fait vingt ans que j’écris à ma fille
pour qu’elle me pardonne.
Vingt ans que je reçois mes propres lettres non ouvertes.
Vingt ans que j’essaie de connaître mes petits-enfants
et leur mère
leur a dit
que j’étais morte.
Je n’ai plus envie de vivre, Héctor.
Tu vas mourir, Jacinta ?
Tu vas mourir ?
Le procès est dans la poche. Mon ex va se bouffer la demande.
Le garçon, je l’endors.
Oui. Il a vu des choses mais il dira ce que je dirai.
Tu peux pas déposer en sa faveur.
Tu dois dire la vérité au procès.
Les gars, où sont passés Iván et Marcos ?
Je sais pas.
Elle, c’est moi. Ça, c’est toi,
et ça, c’est le troll.
Tu ne devrais pas t’approcher autant de Paula.
Sois prudent.
Putain, c’est quoi ?
Je sais pas et je m’en fous !
Partons ! De l’autre côté !
Par ici !
C’est Alfonso.
Quoi ?
Et les cinq orphelins.
Vous ne traitez pas bien votre fils. Ne levez plus jamais la main sur lui.
Que dis-tu ? Qui diable es-tu ?
Quelqu’un qui sait des choses.
Comme vous avez acheté cet enfant.
Et je peux le prouver.
Pauvre Alfonso.
On a les photos des cadavres.
On a des preuves, on peut tout faire cesser.
Il faut les envoyer par courrier.
Monsieur ! Attendez.
Bonne journée !
Je dois prendre Paula et partir en courant de cette merde.
– Pourquoi tu le fais pas ? – Pour toi.
Voilà pourquoi.
Si j’étais pas avec Iván,
comment ce serait ?
C’est un dessin de ma sœur.
Là, c’est elle,
là, c’est moi et lui, c’est son ami le troll.
Je te soigne et on revient ?
Sinon, je vais rater
la fête de la Sainte-Isabelle.
Où est Paula ?
Elle arrive.
Elle est pas allée au bois ?
Pour soigner le troll.
Tu es fâché contre moi ?
Entre un moment, allez.
On oublie tout et on repart de zéro.
Tu vas refaire pareil et moi aussi.
Non. On a vécu dix ans ensemble.
Et on va tout foutre en l’air ?
Je n’imagine plus vivre sans toi.
S’il te plaît.
Ça me coûte beaucoup aussi, mais on doit se donner du temps.
Tu dois savoir une chose, mon frère.
Elsa est enceinte.
La garde civile vient d’appeler.
On a trouvé le corps d’un élève dans le bois.
On a vécu dix ans ensemble et on va tout foutre en l’air ?
DANS LE PRÉCÉDENT CHAPITRE...
Je n’imagine plus vivre sans toi.
Ça me coûte beaucoup aussi, mais on doit se donner du temps.
Je suis enceinte.
C’est aussi mon enfant. Je serai là.
Je te dis que je regrette.
Les résultats de l’autopsie de Cayetano sont arrivés.
Cause de la mort : défaillance multifonctionnelle
par surdose d’ecstasy et d’alcool.
Je ne peux plus rien faire pour sauver Cayetano.
Mais ça n’arrivera plus.
C’est pas à nous.
Violation de ma vie privée. Tu n’as pas le droit de fouiller.
Je jure que c’est pas à nous.
Ma priorité sont ces cinq élèves.
Je ne m’en débarrasserai pas au premier contretemps.
Mais il est clair que vous,
il vous faut un coupable.
Je n’ai pas d’autre choix. Je démissionne.
On te fait une proposition.
Veux-tu être la nouvelle directrice de la Lagune noire ?
Je dois l’emmener quelques jours pour raisons familiales.
Le procès est dans la poche.
Mon ex va se bouffer la demande. Le garçon, je l’endors.
Mais qui diable êtes-vous ?
Quelqu’un qui sait des choses.
Comme le fait que vous avez acheté votre fils.
Tu sais où est mon fils ?
– Iván, c’est toi ? – J’ai besoin d’argent.
Tu vas m’aider ?
– Tu as prêté ta voiture à María ? – Que dis-tu ?
Elle part avec.
Tu as l’argent ?
Mais tu me dis où tu vas !
Il ne va aller nulle part.
Quelle pute !
Vérifie si c’était sur la liste.
Mieux que le collier.
Demain, même heure, même lieu.
On va à la réserve piquer quelques bières.
La garde civile a appelé.
On a trouvé le corps d’un élève dans le bois.
Le portable !
Cayetano avait mon portable avec les photos des cadavres.
Ils ont envoyé un faux facteur pour intercepter les photos des meurtres.
On a mis des drogues dans nos armoires pour masquer le meurtre de Cayetano.
Iván a dû voir ce qu’il ne devait pas.
On l’a tué.
Et on l’a conduit au souterrain.
Ils vont pas le croire.
Ni Alfonso, ni les enfants, ni rien.
– Le portable de Cayetano. – Un message de toi.
De la nuit de sa mort.
Les gars...
Vous allez pas croire ce que je vois !
Les gars, vous allez pas croire ce que je vois !
À LA POURSUITE DE LUCIOLES ?
C’est hallucinant !
On dirait...
des lucioles !
Qui va là ?
Quelqu’un vient.
Bordel, c’est quoi ?
Les gars, cherchez Irene...
C’est horrible.
Tout ça est votre faute.
Si vous n’aviez pas remué cette histoire d’orphelins morts,
Cayetano serait en vie.
Iván, t’exagères. C’est injuste.
J’en ai marre de vos conneries !
Marre.
C’est ma faute ?
Non.
C’est moi qui étais avec lui au bois.
Il faut trouver ce que Cayetano voulait nous dire.
Je savais qu’on nous avait piégés avec l’ecstasy.
Je me fiche de l’autopsie.
La preuve de son meurtre est là.
– On va le montrer à Héctor. – Non. Non !
On peut se fier à personne.
C’est évident. Avoir une preuve est très dangereux.
Je dois la garder.
Non ?
Donne.
Je l’emmène.
Au grenier.
Le seul endroit sûr de cette école.
Et les lucioles ?
C’était quoi ?
Vous avez déjà vu ça dans le bois ?
Et qui est Irene ?
Merde.
L’INTERNAT LAGUNE NOIRE
TRADUCTION, SOUS-TITRAGE ET ENCODAGE : CÉRÉALES KILLER
Continuez tout droit.
Vous êtes arrivé à destination.
Aéroport.
Vous êtes arrivé à destination.
Aéroport.
Allô ? Pedro.
Oui, Pedro. Ta voiture est très bien.
D’accord, oui. Je t’envoie un baiser.
Voilà.
Je suis jolie ?
Oui.
Il y avait une cargaison de drogues dans leurs armoires.
Qui c’était ?
Elles, Iván...
toute l’équipe.
Et le nouveau. Marcos, je crois.
Qu’y a-t-il ?
J’ai des boutons ?
Dehors.
Vous pouvez pas entrer.
Pour ce qu’il y a à voir...
Héctor a démissionné.
Quoi ?
Sérieusement ? Pourquoi ?
Le conseil voulait nous expulser.
Il a refusé et a démissionné.
Et voilà.
Alors, on est pas virés ?
Quelle merde.
J’avais envie de vous perdre de vue.
Tous.
On t’a offert la direction de l’école ?
Je n’ai pas encore accepté.
Mais tu n’as pas refusé.
Tu t’en sortiras très bien.
Félicitations.
Vraiment ?
Héctor, je sais pas...
Cette école est ton rêve et c’est comme si je te volais.
Ne dis pas de bêtises. On forme une équipe, non ?
– Merci. – Peut-être qu’ainsi...
on gardera les enfants. D’accord ?
On peut ?
Je vous laisse.
Bon. Quelle est ta réponse ?
Tu acceptes la direction de l’école ?
M. Escobar, il y a un sujet qui me préoccupe.
Je ne cautionne pas l’expulsion des cinq élèves.
Héctor a démissionné.
– Cela ne vous suffit pas ? – Non.
Ce sujet n’est pas négociable.
Si expulser ces voyous te pose un problème,
tu n’es pas la personne que nous cherchons.
Oui ?
C’est quoi des cargaisons de drogues ?
Pourquoi tu dis ça ?
Une fille a dit que tu avais une cargaison de drogues dans l’armoire.
Bon.
Et tu l’as crue ?
Ben, je sais pas ce qu’est une cargaison.
– Eh bien, une cargaison... – Et les drogues ?
Et démissionner ? C’est quoi ?
Démissionner ?
Voilà. Démissionner, c’est...
quand on veut t’obliger à faire ce que tu n’aimes pas,
alors tu as le choix de démissionner
et tu t’en vas.
Eh bien, Héctor a démissionné.
Je veux pas qu’il s’en aille.
Il part parce que je me suis mal conduite.
Non, chérie.
Mais non, tu n’as rien fait de mal.
Tiens, je l’ai fait pour toi. Ça te plaît ?
Oui, c’est très joli. Tu me le mets ?
Regarde, il me va bien !
Merde...
Mais tu fais quoi arrêté au milieu de la route ?
Quoi ?
Ma jolie, c’est toi qui m’es rentrée dedans.
Je t’ai pas vu.
Eh bien, la prochaine fois, je viendrai avec le trolley-bus de mon père.
Putain !
Regarde ma chemise !
Le pauvre, je lui ai sali la chemise.
T’as vu les dégâts que tu m’as faits ?
Je note ton immatriculation,
je te donne mon numéro,
et quand t’auras pris tes pilules,
tu m’appelles et on remplit le constat.
Je suis pressé.
Je file, j’ai un entretien d’embauche.
Au point où on en est,
sais-tu où est l’internat de la Lagune noire ?
Regarde sur une carte, les mecs savent se débrouiller.
Bordel de merde !
Pas d’eau !
– Mets de l’huile. Fais voir. – Laisse, bordel.
Excuse-moi.
Comme si t’avais perdu ta main.
Désolé, María. Mauvaise journée.
J’ai aussi mes problèmes, mais je te les fais pas subir.
Et que t’arrive-t-il ?
Ah, hier, tu as volé mille euros au directeur puis sa voiture.
T’as trafiqué le démarreur ?
Je lui ai volé les clés.
Du travail soigné.
C’est pas drôle, Fermín. Ils vont peut-être me virer.
Tu remplaces Jacinta, comment veux-tu qu’ils te virent ?
En me virant.
Et si Elsa te voit comme ça,
elle est capable de te fouiller, vider ton armoire et te mettre dehors.
Je vais chercher du lait.
Putain ! J’ai eu peur.
Ne dites rien. Je ne veux pas entendre un mot.
C’est pour toi.
Vraiment ?
C’est joli ! Merci.
Aide-moi à le mettre.
Parfait !
Que c’est joli.
Je me suis bien conduite ?
Bien sûr ! Plus que bien.
Alors, pourquoi tu pars ? Pourquoi ceux qui m’aiment s’en vont ?
Allez, viens là.
Voyons. Je ne vais aller nulle part.
Tu entends ?
Même si tu t’étais mal conduite, ce qui n’est pas le cas,
je ne t’abandonnerai jamais. Je vais m’occuper de toi.
Toujours.
Et Marcos ?
Aussi.
D’accord.
File !
Faut voir ce qu’on accumule avec les ans. J’essaie...
de débarrasser un peu.
Ils ne se contentent pas de ta démission, Héctor.
Non. Le conseil exige l’expulsion des cinq élèves.
Et que vas-tu faire ?
– Héctor, ils doivent partir. – Non, Elsa. Non !
Tu dois leur tenir tête, comme moi.
Et ça t’a servi à quoi, Héctor ?
À rien. Et si je ne le fais pas,
le suivant les expulsera. Tu n’as pas compris ?
Je comprends.
Là, je comprends.
Tu veux la direction de l’école à tout prix.
Quel qu’en soit le prix.
Que veux-tu que je fasse ?
On s’est battus pour cette école et je ne resterai pas les bras croisés
alors que tu jettes dix ans de notre vie.
Ce sera sans moi.
Je te la laisse ?
– Bonjour. – Pardon. Elsa est là ?
Non. Il y a un problème ?
Le nouveau professeur l’attend pour l’entretien.
Si tu veux, je peux le faire.
Salut. Irene, c’est ça ?
– Oui. – Oui. Tu connaissais Cayetano ?
– Celui qui est mort ? – Oui.
De vue.
Et...
tu vas souvent vers le bois ?
Quoi ?
Dis, mec, t’es pas mon genre, alors...
trouve une fille de ta taille.
J’en peux plus. J’en ai marre d’être ridicule.
La prochaine, c’est vous.
On a déjà parlé à toutes les Irene de l’internat.
On sait même pas quoi demander.
En tout cas, ce fut la dernière chose qu’il nous a dite avant de mourir.
Il faut vérifier.
Iván, il faut qu’on parle.
Parler ?
Oui.
Tu dois laver.
On doit parler.
Qu’avez-vous toutes à vouloir parler ?
Je n’ai rien à dire.
Ni à toi, ni à personne.
Mais, pourquoi tant d’amertume ?
On était inquiet pour toi, en plus, tu veux nous pourrir la vie ?
Qu’as-tu fait ces quinze jours ?
Ça t’intéresse ?
À ton avis ? Oui, ça m’intéresse.
Raconte-moi.
Et toi ?
Tu n’as rien à me raconter ?
Non.
Je n’ai rien à te raconter.
Eh bien, moi non plus.
On dit que tu démissionnes ?
Tu as bien entendu.
À cause de nous, pour qu’on nous expulse pas ?
Essentiellement.
Toi aussi ?
Merci.
Mon père aurait fait de même.
Je n’ai jamais voulu rivaliser avec ton père, Marcos.
J’ai juste voulu être à vos côtés.
Je sais.
Il y a quelque chose ?
Oui, il y a quelque chose.
Le conseil scolaire ne se contente pas de ma démission.
Il veut vous expulser.
Si je dois partir, ma sœur vient avec moi.
Je suis votre tuteur légal pour le meilleur et pour le pire.
On trouvera un autre internat.
Pour les deux ?
Pour les trois.
Allez, en cours.
Bonjour. Je suis Elsa Fernández, chef d’études.
Quelle coïncidence !
J’économise la présentation.
Vous avez votre CV ?
Je l’avais envoyé, voici une copie.
J’ai de l’expérience dans plusieurs instituts.
J’ai une maîtrise en pédagogie et psychologie infantile.
Oui.
Je peux avoir des références.
Je regrette, mais
ce n’est pas le profil que nous recherchons.
Au téléphone, on m’avait donné le poste.
Peut-être, mais votre CV ne dit rien de vos...
Comment dire ?
Cafouillages émotionnels, mauvaise éducation.
Désolé pour ce matin, mais...
ça n’a rien de personnel.
Oui, bien sûr.
Tu peux prendre le trolley-bus de ton père et rebrousser chemin.
Ah, Elsa. Voici Mateo, le nouveau professeur.
Bienvenu, Mateo.
Je l’occupais en t’attendant.
Merci.
Tu as trouvé ta route ?
Oui. Merci beaucoup.
Voici la liste des livres du trimestre.
Héctor, c’est chiant !
Il s’agit de lire les livres, pas la liste, Roque.
À demain.
Qu’y a-t-il ?
Rien. Il ne m’arrive rien.
Que t’arrive-t-il ?
C’est déchiré.
Fais gaffe.
– Mec. – T’as un problème ?
Viens un instant.
Qu’y a-t-il ?
On doit parler.
Incroyable.
Bon... Parle.
Pourquoi as-tu fugué ?
J’avais envie de prendre l’air.
Ici, ça pue.
Où étais-tu ?
Qu’est-ce que ça peut vous faire à tous ?
En plus, t’as pas démissionné ?
Relaxe-toi, mec !
Tout ce qui arrive ici me concerne.
Et, mollo, hein ?
Ça vient du tribunal.
Ils vont prendre ta déposition
pour un procès contre ton père.
Fuguer pour ça, non.
Non ?
Ils vont venir ?
Un juge va venir ?
Ici ?
On ne peut pas prendre le risque que tu fugues.
Bordel ! C’est une putain de prison, mec.
C’est un procès contre ton père pour maltraitance.
Qu’en est-il ?
Ça regarde ma famille.
Ça ne te regarde pas.
Si c’est la raison de ta fugue, ça me regarde.
Qu’y a-t-il ?
Ton père frappait sa femme ? Maintenant,
il veut que tu témoignes en sa faveur.
Tu sais que tu n’es pas obligé de témoigner ?
Oui.
Et tu sais
que mentir devant le juge est un délit ?
J’ai peur.
Écoute, Héctor...
Merci pour l’information.
Mais fous-moi la paix, à la fin.
Et là se trouve la salle de classe des petits.
Avec Amelia, que tu connais déjà.
Amelia...
Elle est sympathique.
Cet après-midi, visite médicale. On va vous vacciner.
C’est quoi, un vaccin ?
C’est une piqûre faite aux enfants
pour que vous ne soyez jamais malades.
C’est quoi, une piqûre ?
C’est quand on pique. Hein, oui, Amelia ?
Je veux pas qu’on me pique.
Pourquoi ? Ça ne fait pas mal.
Alors, conduisez-vous bien avec l’infirmière
et vous aurez un cadeau.
Quel cadeau ?
D’accord.
On va avoir la visite d’un conteur
et il vous contera une histoire avec des marionnettes.
Papa ?
Je crois pas ce que je vais te dire, mais...
on doit parler.
Où est Fermín ?
Avec tout ce que j’ai...
et je m’occupe des casseroles.
Madame !
C’est quoi ?
Je ne sais même pas ce que je signe.
Des noix de Californie. Commandées la semaine dernière.
Vous pouvez nous laisser seuls, s’il vous plaît ?
Merci.
Hier, tu as volé ma voiture et mille euros
pour aider un élève recherché par la police.
Pourquoi ?
Si tu savais où il était, pourquoi n’avoir rien dit ?
Si tu savais qu’il avait des problèmes familiaux, pourquoi n’avoir rien dit ?
Désolée.
Pourquoi, María ?
Hein ?
Tu traites ainsi ceux qui t’aiment ?
Je ne peux pas te raconter pourquoi j’ai volé.
Désolée, mais je ne peux pas.
Et ne dis pas que tu m’aimes.
Tu es avec Elsa, non ?
Tu as choisi être avec elle.
Je me suis tue et retirée.
Alors, tu n’as aucun droit de me dire que tu m’aimes.
Et tu n’as aucun droit de me voler
ni ne pas donner d’explication.
Non.
Mais je ne suis plus directeur, sinon, je devrais te virer.
Qui es-tu ?
Mon nom n’est pas important.
Mais ce que je vais te proposer, oui.
Parle.
Tu veux sortir d’ici ?
T’es mon ange gardien ?
J’ai été condamné et j’ai pris six ans.
Je sais.
Mes avocats étudient l’affaire.
Je sais tout sur toi, Carlos.
Je connaissais ton père.
Bien.
Et pourquoi devrais-je te croire ?
Peut-être parce que...
celui qui cherche la vérité risque de la trouver.
Mon père disait ça tout le temps.
Que veux-tu ?
Que tu travailles pour moi.
À faire quoi ?
En faisant justice.
Mon idée de la justice n’est pas la même que la tienne.
Je crois que si.
Héctor, on doit parler.
Tu vas leur tenir tête ? Sinon, on n’a plus rien à se dire.
Qu’as-tu avec ces cinq enfants ? Ce ne sont que cinq élèves de plus.
Cinq élèves de plus ?
On en a vu grandir quatre.
Et je suis le tuteur légal de Marcos et Paula.
Ce sont des orphelins.
Je ne vais pas les séparer.
Ni les abandonner.
Tu vas partir avec eux ?
J’ai le choix ?
Ils n’ont que moi dans ce monde.
D’accord.
Et moi ?
Tu te fiches de me laisser ?
On va avoir un enfant, tu le sais.
Tu m’as dit vouloir être avec moi, que tu voulais...
essayer que ça marche,
jusqu’où tu veux essayer ?
Tu pourrais venir avec nous.
Tu veux que je choisisse entre l’école et toi ?
Si tu veux le voir ainsi.
Dis-moi une chose. Quand tu me dis...
que je vous suive,
tu le dis parce que tu m’aimes ?
Que tu ne peux vivre sans moi ?
Ou parce que tes principes t’interdisent d’abandonner la mère de ton enfant ?
Elsa, j’essaie.
J’ai dit que je serai avec toi mais tu me rends les choses difficiles.
Toi non plus tu ne me facilites pas les choses.
C’est l’histoire
d’une chose terrible qui survint au bois de la Lagune noire.
C’est l’histoire de Susanita.
Une fille très désobéissante qui fut au bois sans permission.
Que je suis heureuse, Dans le bois, je vais joyeuse.
Mais ce bois n’était pas comme les autres.
C’était un bois magique.
Oh, quelles jolies lumières ! On dirait des lucioles !
Je vais les suivre.
Et Susanita s’aventura dans le bois, poursuivant les lucioles.
Et la lumière
était si intense et éblouissante qu’elle incendia
les yeux de Susanita.
Ce que Susanita ignorait,
c’est que, au bout du chemin, l’attendait...
un monstre méchant !
Tu es tombée dans mon piège !
Et le monstre l’attrapa et la conduisit à sa grotte.
J’aurais dû écouter ma grand-mère et ne pas être allée au bois.
Des lucioles.
Et d’où a-t-il sorti cette histoire ?
Voici les questions qu’on te posera au procès.
Les questions... Et les réponses, à ce que je vois.
Je veux parler à mon père.
Seuls.
Qu’y a-t-il ?
Tu ne peux m’obliger à témoigner en ta faveur.
Je ne t’oblige pas, Iván.
Je te le demande.
Ce que tu me demandes est un délit.
Oui.
C’est aussi un délit d’avoir de l’ecstasy dans ton armoire.
Et je ne t’ai encore rien dit.
Écoute.
Je te demande ce que tout fils ferait pour son père.
Si tu le dis.
Ce serait différent si j’en tirais un avantage.
Que veux-tu ?
Que tu me sortes de l’internat.
Comme si c’était fait.
De toute façon, tu vas être viré.
J’ai pas fini.
Plus d’internat.
Je veux aller au lycée.
Vivre à la maison. Beaucoup plus d’argent.
Aller et venir à ma guise.
Uniquement si tu me promets
d’aller avec moi le dimanche au football.
Qu’en dis-tu ?
Autre chose.
Si tu lèves encore la main sur moi,
c’est moi qui vais aux flics.
Écoute, fiston.
Je t’ai dit que j’ai changé.
Vraiment.
J’ai envie qu’on forme à nouveau une famille.
Ça me rendrait heureux.
Ouais.
C’est bon.
Marché conclu.
Excusez-nous. D’où sortez-vous cette histoire ?
Celle des lucioles ?
Je sais pas. Ce sont...
des légendes locales.
Mais toutes les légendes ont quelque chose de réel, non ?
Et...
qu’a-t-elle de réel ?
Au village on raconte que, dans ce bois, des lucioles attirent les enfants.
Et ceux qui les suivent ne vivent pas pour le raconter.
Et s’ils ne vivent pas pour le raconter,
qui l’a raconté ?
Ce sont des légendes. J’en sais rien.
Qu’est-ce qui vous étonne ?
On sait mieux que quiconque que des enfants ont disparu.
Et Cayetano a vu les lucioles.
– Et n’a pas vécu pour le raconter. – Sauf dans son message.
Mettons la vidéo de Caye dans l’ordinateur.
On verra peut-être ce qu’étaient ces lumières.
D’accord.
Tu vois, tu n’as rien senti.
Suivant.
Eh bien !
Je te vois enfin.
J’ai cru que tu avais fugué avec ma voiture et un joli garçon.
Amusant.
Dis, on file à l’heure de la sieste ?
Eh bien...
Une nuit sans me voir et tu es dans un état...
C’est que...
je dois te dire un truc.
T’as bousillé ma voiture.
Je le savais ! Mais je le savais, putain !
Je te rembourserai, c’est rien.
Pourquoi ai-je accepté si tu conduis pire que ma grand-mère.
Va te faire foutre.
Tu me casses les couilles.
Vous deux, où allez-vous ?
On veut pas avoir la piqûre.
Ce sera pas long. Vous ne voulez pas un chupa-chups ?
Non. Je veux pas.
Je te promets que tu n’auras pas mal.
Non et non ! Et si tu m’obliges, je démissionne.
– Quoi ? – Je démissionne !
Tu n’y échapperas pas.
Allez, Evelyn. On y va.
Je démissionne aussi.
Oui ? Eh bien, je refuse ta démission. À la queue !
Vite, dépêchez-vous.
Lui, c’est qui ?
Le nouveau prof de maths.
Il est super canon.
Merde.
Il a la chambre d’Alfonso.
On peut plus aller au grenier ?
Putain...
On ne peut être tranquille nulle part.
Merci beaucoup.
De rien. S’il faut un autre double, je l’ai.
– D’accord, merci. – Au revoir.
Putain, on fait quoi ?
Le portable de Cayetano est là-dedans.
Comment récupérer la vidéo ?
Il faut faire sortir ce type.
Oui, bonjour. Je voulais publier une annonce vocale.
Échange coucou ancien
contre horloge numérique.
Collectionneurs s’abstenir.
Bien. Merci.
Annonces vocales.
C’est la procédure s’il t’arrive quelque chose
ou si tu perds la communication avec ton contact.
Nous te répondrons de la même façon.
Si tout va bien...
tu n’en auras jamais besoin.
Voici ton contact.
Ne donne à personne le numéro de ce portable.
Par sécurité, seul ton contact t’y appellera.
Personne d’autre.
Ni moi, ni personne ne le ferons en toute circonstance.
C’est clair ?
Voici toutes les informations que nous possédons.
Ta nouvelle identité,
la lettre de recommandation,
et cinq mille euros en liquide.
L’arme est clean.
Une question ?
Des milliers.
Mais tu n’y répondras pas.
Merci de m’avoir tiré de tôle.
Bienvenu.
On peut entrer ?
Je veux pas la piqûre parce que j’ai démissionné.
Oui, un petit oiseau me l’a dit.
Mais, comme moi aussi j’ai démissionné,
je vais rester ici avec toi.
Qu’est-ce qu’on voulait t’obliger à faire ?
C’est un peu compliqué.
C’est un secret ?
Non. C’est que c’est...
difficile à expliquer.
Mais je n’ai aucun secret pour toi.
Alors, raconte-moi !
Bon. Si tu veux...
si tu veux,
je peux te raconter un secret encore bien meilleur.
D’accord.
Mais à une condition.
Non, deux.
La première, tu ne le racontes à personne.
Et la seconde...
tu dois te faire vacciner.
Mais j’espère que le secret me plaira beaucoup.
Il va t’enchanter !
Je vais être papa.
C’est vrai ?
Où est le bébé ?
Le bébé est dans le ventre d’Elsa.
Il est encore tout petit et doit beaucoup grandir.
Et dans huit mois, nous le connaîtrons.
Non. Je ne ferai pas la piqûre.
Non ? Mon secret ne t’a pas plu ?
Non, parce que quand tu auras ton bébé,
tu l’aimeras beaucoup plus que moi.
Viens là, viens là...
Toi,
toujours...
tu m’écoutes ?
toujours...
je t’aimerai.
Même si j’ai
cinquante bébés.
Vraiment ?
Vraiment.
Et alors ?
On va le faire, ce vaccin ?
Oui ?
Allons-y.
– Un appel pour toi. – Pour moi ?
Je n’ai donné ce numéro à personne.
Je ne le connais même pas.
C’est parti.
Raté.
Vous soutenez le mur ?
Pas de cours ?
Canon, peut-être, mais quel boulet !
Pourquoi a-t-il fallu qu’il ferme à clé ?
On fait quoi, maintenant ?
Cette voiture est plus ancienne que son père.
À peine j’ai pris la voiture...
Oui ?
C’est comme l’histoire de la fille
qui demande si les clignotants fonctionnent.
Son mari regarde et dit...
Là, oui. Là, non. Là, oui. Là, non...
María, elle est mauvaise...
Bah, pas si mauvaise.
Tu ne te reposes jamais ?
Comment ?
Bon, je vais travailler.
Les appels, les hi-hi, les ha-ha...
J’ignore de quoi tu parles.
Ah non ? Et de quoi tu riais ?
De ce que je veux.
Tout ce que je fais n’a pas à voir avec toi.
Je te lâcherai quand tu seras indifférente.
Ça se voit tant ?
Un peu.
J’hallucine.
Tu es un peu égocentrique, non ?
Bien sûr que j’ai entendu vos conditions, M. Escobar, mais
j’aimerais aussi que vous écoutiez les miennes.
D’accord.
Elle a le bébé dedans ?
– Il fait quoi ? – Il grandit.
– Il respire comment ? – Par le cordon ombilical.
Menteuse. Tu viens de l’inventer.
Menteuse toi-même. Héctor me l’a dit.
En plus, je me souviens quand j’étais dans le ventre de maman.
Sérieusement ?
Moi, juste un peu.
C’est quoi, le cordon ?
C’est un tuyau qui va du ventre au nez d’Elsa pour amener l’air au bébé.
Et quand il grandira, il sortira par où ?
Par le nombril.
Et par où il est entré ?
Putain...
Et maintenant, la bonniche.
On ne peut être jamais seul dans cette putain d’école.
Que ça te plaise ou non, tu vas m’écouter.
J’ai volé mille euros, une voiture, risqué mon poste, tout ça pour toi.
Tu n’as aucun droit à me haïr.
T’as oublié de dire que tu m’as balancé à Héctor.
Je n’ai rien dit à personne. Il m’a suivi.
Je t’ai aidé, Iván.
Sans demander, sans rien attendre en retour.
Si tu veux me croire, fais-le. Sinon,
va te faire voir.
Bon.
Disons que...
je te crois.
Bon.
Alors, j’espère que désormais tu vas me respecter un peu plus.
Ç’aurait pu, mais...
dommage.
Je quitte l’école.
Quoi ?
Je pars. Je rentre à la maison avec mon père.
Comme ça, j’aurai plus à subir tes questions.
Te voir te mêler de ma vie toute la sainte journée.
Ce genre de choses.
Et il t’emmène chez lui ?
J’en doute.
J’ai fait un marché, maligne.
Bien sûr.
En échange, tu témoignes en sa faveur au procès ?
C’est ça, le marché ?
Et tu le crois ?
Oui, pourquoi ?
Oui, il va te sortir d’ici, mais pour un autre internat.
Tu crois que ton père te veut chez lui ?
Iván, ne témoigne pas.
Ne le fais pas !
Pardon. Je reviendrai plus tard.
Reviens quand tu décideras de tout me dire.
J’ai parlé au conseil scolaire.
J’ai obtenu un accord pour les expulsions.
Lequel ?
J’ai dû négocier, mais...
le principal est que Marcos peut rester à l’école.
Marcos reste. Bien. Et les autres ?
Ils ont accepté les circonstances de Marcos, qui est orphelin, etc.
Mais les autres doivent partir.
Tu appelles ça négocier ?
Félicitations.
C’est le seul moyen de continuer ensemble.
Désolé, mais je refuse.
Désolée, mais tu vas devoir accepter.
Tu n’es plus directeur de l’école.
Et ta fonction est d’agir en tant que tuteur légal de ces enfants
et père de notre enfant.
Ni Marcos, ni Paula, ni moi
n’irons nulle part.
La question est :
que vas-tu faire ?
Je sais qu’il t’arrive quelque chose.
Raconte-moi.
On nous expulse de l’internat.
– Quoi ? – Oui.
Héctor va trouver une autre école pour ma sœur et moi.
Un bébé peut pas passer par là.
Salut, bonjour.
Échange coucou ancien contre horloge numérique. Collectionneurs s’abstenir.
Regarde, Evelyn, par où sortent les enfants !
Mais c’est pas le nombril !
Il faut entrer dans le grenier.
Il faut revoir la vidéo de Cayetano.
Tu me diras comment.
Il ferme la porte à clé.
Vous êtes des taches !
Des taches !
La clé de la chambre du nouveau.
Quoi ?
D’où tu la sors ?
C’est super !
Marcos, j’aurai jamais de bébés.
Et pourquoi ?
J’aime pas d’où ils sortent.
Ça doit faire très mal.
Un peu.
Quand tu seras grande, tu voudras un bébé.
Non, j’en voudrai pas, j’aime pas ce qu’il faut faire
pour avoir des bébés.
Je l’ai vu dans un livre. Toi, ça ne te dégoûte pas ?
Non, pas moi.
Tu verras, quand tu seras grande, ça ne te dégoûtera pas non plus.
Eh bien je veux pas être grande.
Alors, tu t’es installé ?
C’est bon, j’ai mon premier cours.
Mais pour quelqu’un avec autant d’expérience
et de psychologie infantile, c’est du pain blanc.
Alors, mon profil convient ?
Félicitations, bienvenu.
Oui.
Bien, et le constat, on le remplit quand ?
Viens dans ma chambre et on s’en occupe.
Ah, dans ta chambre ?
Mais, si tu reconnais que le choc était ta faute,
on m’attribuera tout.
J’aurais pas dû m’arrêter l�
et encore moins faire marche arrière.
Me pardonneras-tu ?
J’essaierai.
– À 14 heures ? – Je prépare le constat.
Bon, maintenant.
La première rangée, allez au fond de la classe.
Allez, au fond de la classe.
Voilà, j’ai la phobie des fayots, traumatisme de l’enfance.
Je suis Mateo.
Votre nouveau professeur de mathématiques.
Félicitations.
Entre nous, vous me semblez être la plus apte à diriger cette école.
Merci.
– Salut. – Bonjour.
Veuillez me suivre dans mon bureau, vous y serez plus tranquilles.
M. Noiret, vous êtes l’accusé.
Vous devrez attendre dehors.
Bon. Asseyez-vous, je vous prie.
Si vous avez besoin de quelque chose, demandez-moi.
Excusez-moi.
Oui.
Oui, c’est moi.
Ah, oui. Ça va ?
Tout est prêt pour le transfert.
Noiret, León Iván.
Noiret vient d’arriver.
On peut vous l’envoyer aujourd’hui même.
Internat les Oliviers ?
Nous avons l’adresse, oui.
Bien. De rien. Au revoir.
Je vous laisse. À plus tard.
Tu es là par ta propre volonté ?
Tu sais que tu n’es pas obligé de déposer.
Bien, bien.
Je disais que tu n’es pas obligé de déposer.
Je veux déposer.
Alors, commençons.
As-tu assisté à des épisodes violents entre ton père, Jacques Noiret,
et la demoiselle plaignante, Miriam Arevalo ?
Oui.
Je veux parler au témoin.
Vous savez parfaitement que c’est impossible.
Peux-tu nous relater
l’épisode dont tu as été témoin ?
Il y avait un dîner à la maison.
Elle s’est moquée de mon père devant des amis.
Après leur départ, il lui brisa la mâchoire à coups de poing.
Après un dîner dans un restaurant, dans la voiture,
et mon père lui frappa le visage
et lui cassa le nez... pour un bikini.
Il lui dit qu’elle avait été très provocante. Des cris...
coups de poing... deux côtes brisées...
cachée sous la...
As-tu déjà été agressé par ton père ?
Objection. Ce n’est l’objet du procès.
Oui. C’est arrivé.
Ce que je dis,
c’est qu’Elsa a trouvé une solution qui n’est pas si mauvaise.
Ça te fait chier qu’elle soit ta chef ?
Ce qui me fait chier,
c’est de me sentir floué et manipulé.
Elle a utilisé quatre élèves pour obtenir la direction de l’école.
Pour rester avec toi aussi.
Qu’y a-t-il ? Tu veux plus rester avec elle ?
C’est pas ça, ce n’est pas le sujet. D’accord ?
Si tu le dis, soit.
Mec, t’as perdu cette bataille, reconnais-le.
Il te reste plein d’élèves pour qui te battre.
Et tu as...
une famille à venir.
Tu as raison.
Il y a encore beaucoup à se battre.
Qu’as-tu fait ?
Au football...
tu iras avec ton ami l’avocat.
C’est hallucinant.
On dirait...
des lucioles.
Pour moi, c’est pas des lucioles.
Qui va là ?
C’est quoi ?
Essaie d’agrandir l’image.
Ce doit être l’assassin de Cayetano.
C’est l’épouvantail du bois.
Je l’ai vu.
Vraiment ? Tu sais où il est ?
Oui.
Tu dois nous y conduire.
Cet après-midi, après les cours.
Bon. Tout à l’heure, je te passe la fiche des élèves.
Je file à la douche.
Je veux clarifier une chose.
Que...
si je fais tout ça, c’est pour nous.
Je ne veux pas te perdre
– ni perdre cette école. – Tu as raison.
Être intègre, c’est très bien.
Oui, Héctor. Mais tu as vu que ça sert à rien.
Qu’as-tu dit ?
Que tu as raison.
J’aime pas comment les choses ont fini, mais
bon, tu as raison.
Vraiment ?
Oui.
Je dois penser à nous, je dois penser à Marcos
et à Paula.
Et c’est ce que je fais.
C’est ce que tu voulais, non ?
Je te jure...
que tout redeviendra comme avant.
Et ça ?
C’est...
Nouvelles règles de discipline de l’école la Lagune noire.
C’est l’autre partie de ma négociation avec le conseil scolaire.
C’est original.
Il est formellement interdit de s’enfermer dans quelque endroit de l’école
y compris les toilettes.
Putain, ça veut dire qu’il faut chier la porte ouverte ?
Et celle-ci.
Il est formellement interdit de courir dans les couloirs
et de verrouiller les chambres et les parties communes.
Qu’en pensez-vous ?
Reste plus qu’à nous raser, nous désinfecter et nous mettre les fers.
Chacun à sa place, allez.
Ouvrez vos livres
à la page numéro...
vingt...
trois. Vingt-trois.
T’as lu le nouveau règlement ?
Oui, je l’ai lu. Page vingt-trois et...
Hé, un moment, un moment !
Ce règlement a été exigé par vos parents.
Je flippe.
Ils nous surveillent et veulent nous faire chier ?
Avec mes vieux, on n’irait à la maison même pas pour Noël.
On est abandonnés.
Ah bon ? Tu crois ?
Oui.
Carolina Leal, Victoria Martínez,
Iván Noiret, Marcos Novoa,
Roque Sánchez, venez immédiatement à la direction.
Vous avez entendu ?
Hé, un moment, un moment !
Je n’ai pas fait que râler contre ces mesures.
J’ai agi en conséquence.
J’ai démissionné.
Votre vie est entre vos mains.
Pas entre celles de vos parents ni de vos professeurs.
Si vous n’êtes pas d’accord,
agissez.
Et qu’allons-nous faire ?
Si on t’écoute pas, on va m’écouter ?
Peut-être pas toi, ni toi...
ni toi non plus.
Mais...
tous ensemble...
Ça va ?
– Pedro, le prof de gym. – Enchanté.
Amelia m’a dit que tu voulais faire un constat ?
C’est ma voiture, c’est moi qui signe.
Quoi ?
– Amelia... le constat. – Ah, oui.
Oui, entre. S’il te plaît.
Bon, Une signature là, et là.
Très bien.
En quinze ans, je n’ai jamais eu à faire un constat.
Mais prêter une voiture à une femme...
quoique là, c’était ta faute, non ?
Oui, bon, j’étais paumé.
T’inquiète pas, ces chemins sont très mal indiqués.
Amelia et toi êtes ensemble ?
Les hivers sont trop longs et froids pour les passer seul.
Tu verras. Bon, je dois y aller.
– Enchanté. – Moi aussi.
– Et bienvenu. – Merci.
Iván,
Carolina,
Roque,
Victoria...
vous êtes expulsés.
J’espère que cela vous servira à l’avenir
à comprendre la conséquence des drogues.
Pardon. Et moi ?
Vu ta situation familiale,
tu pourras rester à l’école pour ne pas te séparer de ta sœur.
Tu auras une punition qui reste à déterminer.
Vos parents viendront vous chercher demain matin.
C’est tout.
Je suppose que tout est fini, non ?
Adieu bourse...
et adieu à tout.
J’irai à l’école publique de mon bled.
Et moi, chez les curés.
Content pour toi, mec. Et pour ta sœur.
Ce sera plus pareil sans vous.
C’est si tendre...
Je vais pleurer.
Ça m’écœure.
Les gars, il faut aller au bois.
Maintenant ou jamais.
Merci.
On se connaît depuis longtemps.
Et tu sais en plus que je suis d’accord avec le conseil scolaire.
Mais je regrette ce qui t’est arrivé.
Tu as fait beaucoup pour cette école.
Merci, Camilo.
Venant de toi, j’apprécie.
Tu voulais une explication pour le vol ?
La voici.
C’est quoi ?
Une malade mentale s’évade de l’asile de San Antonio.
C’est moi.
L’évadée de l’asile psychiatrique.
Je suis...
recherchée par la police.
Ton père te trouvera sûrement un autre internat.
Tu n’auras pas à retourner vivre avec lui.
Je voulais vivre avec lui.
Il m’a promis de former une famille.
Un juge est venu.
Je viens d’envoyer mon père en prison.
Putain. C’est un salaud.
C’est un salaud mais c’est mon père.
Tu as été très courageux.
Et ça m’avance à quoi ?
Maintenant, je...
n’irai plus avec lui.
Je suis seul.
Je vais faire quoi ?
Écoute...
je suis là.
Ne donne à personne
le numéro de ce portable.
Par sécurité, seul ton contact t’y appellera.
Personne d’autre.
Pourquoi ils n’arrivent pas ?
Voilà Marcos.
Allons-y.
Iván et Carol ?
Ils ne viennent pas. Il y a que nous.
Tu avais une peine psychiatrique et tu t’es évadée ?
Je me suis enfuie pour récupérer mon fils.
Ton fils ?
Je l’ai eu à 13 ans.
Et mon fiancé
l’a vendu
à Noiret pour pouvoir...
c’était un junky.
Et Iván...
est ton fils ?
J’ai fait plein de choses dans ma vie dont je ne suis pas fière.
Mais de ce que j’ai fait pour mon fils, je ne regrette rien.
Je volerais à nouveau, je fuirais n’importe où.
Personne ne me séparera de lui.
Plus jamais.
Attends, attends.
Je ne voulais pas te mentir, Héctor.
Pas à toi.
De toute ma vie, je n’ai pas souvent connu quelqu’un comme toi.
Mais tu dois comprendre que c’est mon fils et...
que je souffrais.
Je suis désolée.
Je ne voulais pas te faire de mal.
Pas à toi.
C’est ici.
C’est ici que Cayetano a commencé à filmer.
Les lucioles étaient par là.
Vous espérez pas voir des lucioles en plein jour ?
Pas des lucioles. Regarde ça.
Voilà le câble.
Les gars.
Une autre.
Les gars.
Les gars, vous n’imaginez pas ce que je vois.
C’est hallucinant.
On dirait des lanternes.
Qui va là ?
Quelqu’un vient.
Putain, c’est quoi ?
Les gars.
Venez voir ça.
Les gars, cherchez Irene.
Cherchez Ir...
Bon après-midi.
Tout d’abord, j’aimerais vous remercier pour la confiance que vous m’accordez.
J’aimerais aussi, au nom de l’équipe,
et en mon nom,
remercier
Héctor de la Vega pour son travail dans l’école durant toutes ces années.
Personnellement, j’ai toujours cru en la discipline
comme base fondamentale de toute bonne éducation.
C’est super !
C’est ce que voulait Cayetano. Qu’on cherche Irene Espí.
Espí...
comme Samuel Espí.
L’orphelin qui a fait les dessins trouvés au grenier.
Irene Espí doit être sa sœur.
Elle a dû arriver là en suivant les lampes.
Comme la légende.
On a dû lui faire quelque chose à elle aussi.
Comme à Cayetano.
Un morceau du portable.
On l’a détruit volontairement.
Cayetano a été tué ici.
– Marcos ? – Oui.
Où êtes-vous ?
Vous devez voir ça.
Expulser-nous tous !
On peut savoir à quoi ça rime ?
Filez tout de suite dans vos chambres ! Allez !
Antonio, obéis immédiatement.
Alicia, tu vas y avoir droit.
Qu’on m’expulse !
Oui, expulsez-nous tous !
Expulsion ! Expulsion !
Enlevez ça immédiatement.
Allez.
C’est inacceptable.
Absolument.
« Expulser-nous » s’écrit avec un « z ».
Vous trouvez ça drôle ?
– Faites quelque chose. – Moi ? Non.
Je ne suis plus le directeur.
Marcos, il y a une fête ?
C’est pour Jacinta ou Héctor ?
Non chérie, pas pour Jacinta.
Marcos, tu as perdu le bracelet que je t’ai offert.
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