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Original subtitles

PARIS MAI 1968

Je serai � Los Angeles.

Je devrais ?

Fais-moi voir.

C'est exactement lui.

Tu as m�me mis du gris dans sa barbe.

Je t'aime.

Au revoir, ch�ri.

Le parti des Black Panthers appelle tous les Am�ricains,

et en particulier les Noirs � faire tr�s attention.

Dans tout le pays, des policiers racistes

intensifient la terreur, la brutalit�, les meurtres

et la r�pression du peuple noir.

Le noir, c'est beau

Lib�rez Huey !

Lib�rez notre guerrier

Lib�rez Huey !

Ou gare ! Lib�rez Huey maintenant !

Ou gare ! Lib�rez Huey maintenant ! Ou gare !

Des tensions raciales ont embras� Oakland et Los Angeles ce week-end,

avec plus d'affrontements entre les Noirs et la police.

Dans le centre de Los Angeles hier,

les �tudiants et les d�fenseurs de Black Power se sont unis

pour protester contre la brutalit� de la police.

Lib�rez Huey maintenant ! Ou gare !

Les manifestations ont �t� en g�n�ral non-violentes,

mais le chef de Black Power, Eldridge Cleaver, a d�clar� :

La police doit �tre ma�tris�e par tous les moyens n�cessaires,

y compris � la force des armes.

Ces porcs racistes doivent cesser de brutaliser notre communaut�,

ou on prendra les armes, on les boutera hors d'ici.

M. Cleaver a demand� une imm�diate...

- Je le crois pas. - Quoi ?

Nom de Dieu, Linette.

Je croyais que le d�m�nagement nous permettrait de jeter de vieux trucs.

Si tu veux jeter de vieux trucs, commence par le tapis du salon.

Ma m�re nous a donn� ce tapis. Je croyais qu'il te plaisait.

C'est juste une bande dessin�e.

L'histoire d'origine par Jack Kirby, publi�e en 1941.

O� Steve Rogers prend le S�rum de Super-Soldat,

et devient Captain America.

Ce n'est pas une BD ordinaire.

Le S�rum de Super-Soldat, hein ?

Oui. Il �tait destin� � toute l'arm�e am�ricaine,

mais l'exp�rience a �t� sabot�e.

- Sabot�e ? - Les Nazis.

Ces salauds.

Votre sup�rieur m'a fait comprendre que vous �tiez un g�nie du son.

Oui, monsieur. J'�tais technicien, l�-bas. J'esp�rais pouvoir faire des reportages.

Le service d'enqu�tes.

- Pour entretenir votre bronzage ? - Oui, monsieur.

Vous avez de la chance, soldat.

Il y a des �l�ments dans notre soci�t�

qui n'aiment pas notre fa�on de faire, en Am�rique.

On le sait car on est partout o� ils sont.

Dans cette ville, en ce moment,

c'est ce fils de pute-l�.

Hakim Abdullah Jamal.

Pr�c�demment, Allen Donaldson.

Toxico, pornographe, et pendant quelque temps,

r�sident de la maison de fous � Roxbury, Massachusetts.

Il est devenu clean, a trouv� Allah.

� pr�sent, M. Jamal souhaite ardemment unir les groupes de Noirs radicaux

qui s'efforcent de renverser notre gouvernement.

Notre but est de l'en dissuader.

Incroyable. Qui a mis cette �coute ? Toi ?

Tu l'as plac�e o� ? Dans la putain de baignoire ?

Je peux y jeter un coup d'�il ?

Ouais, �clatez-vous.

Fais-y venir tous les fr�res.

Vous avez une route � c�t�. De la circulation.

Vous pouvez augmenter les m�diums ?

Fais-y venir tous les fr�res.

Tu la chercheras, Bert, � l'h�tel et...

Maintenant, isolez les hauts-m�diums.

Tu sais, on ne veut pas faire �a...

Et diminuez les basses.

- L�. - Le meeting s'est bien pass�.

On a eu une super foule � New York.

OK. Connectez-le.

Pan Am 23 au d�part de New York.

� 5 h environ, vendredi.

- Ce serait bien d'avoir... - Jack est notre nouvel ing�nieur du son.

- C'est �a. - Vous avez d�j� �t� affect� ?

Il n'y a pas de strat�gie.

- Un caf�, s'il vous pla�t. - Oui, monsieur.

Merci.

Tu l'as lu ?

Oui.

C'est de Paddy Chayefsky.

Elle a une chanson, Walt.

C'est une m�nag�re qui vit avec deux brutes.

Je ne... Shirley MacLaine va s�rement l'avoir, alors peu importe.

C'est un bon r�le. C'est beaucoup d'argent.

Une com�die musicale.

Une com�die musicale du Far-West.

C'est sans importance.

Je veux faire une diff�rence.

Qu'y a-t-il ? C'est le bout d'essai ?

Logan est... C'est un type bien. Un brave type, Jean.

Ce n'est pas Preminger.

Vous m'�cartez.

- Laissez-moi voir... - Vous ne pouvez pas entrer l�.

... o� sont tous ces Blancs invisibles.

- Monsieur. - Il y a tous ces si�ges, ici.

- Les gens dorment ! - Et juste ici ?

Et ces deux, juste l� ? Tous ces si�ges sont vides.

Vous devez garder les si�ges qu'on vous a donn�s.

J'ai la veuve du d�funt fr�re Malcolm X

coinc�e sur un tout petit si�ge comme un animal de ferme.

- Monsieur. - On devrait la traiter comme une reine.

J'ai de quoi payer le traitement de faveur de premi�re classe des Blancs.

Mon argent est trop noir pour vous ?

Monsieur, je ne m'int�resse pas � la politique.

Vous savez quoi, frangine ? La politique s'int�resse � vous.

C'est le r�glement des lignes a�riennes.

Cette dame doit avoir le si�ge qu'elle m�rite !

- Je suis pr�t � le payer ! - Regagnez votre place.

Et jusque-l�, je resterai assis ici.

- Monsieur, regagnez votre place. - J'y suis.

Excusez-moi.

Nous serions heureux de vous c�der nos places.

- N'est-ce pas, Walt ? - Ce n'est pas la peine, mademoiselle.

Je m'appelle Jean.

Je sais qui vous �tes, Jean.

Fais attention, blanc-bec.

C'est lui. C'est Jamal.

La femme, c'est Betty Shabazz, la gonzesse de fr�re Malcolm.

Jamal est en accord avec les Panthers, mais il fait cavalier seul.

C'est un grand collecteur de fonds. Il les a pr�sent�s � Brando.

Merci d'avoir choisi Pan Am.

- Bonjour. - Pouvoir au peuple !

Oui.

- Pouvoir au peuple. - Le noir, c'est beau.

- Pouvoir au peuple ! - Pouvoir au peuple !

- R�volution. Le noir, c'est beau. - Bien. Merci.

Mlle Seberg, une photo ?

- Mlle Seberg ! - Un grand sourire, je vous prie.

Bien. Je crois qu'on va aller...

- Jean. Jean. - Eh, Mlle Seberg !

Ouais, c'est pas une bonne id�e.

Jean ! Viens... Jean !

Vous avez une d�claration sur les manifestations ?

Vous vous identifiez aux radicaux ?

Vous contribuez au parti des Black Panthers ?

Vous soutenez la cause, Mlle Seberg ?

Vous avez une d�claration sur les r�centes manifestations ?

- Qui est-ce ? - Jean Seberg.

Une actrice qui a gagn� un concours de talents il y a quelques ann�es.

Elle est tr�s connue en France.

�a rime � quoi, ce salut ?

�a lui fait de la publicit� gratuite.

Et qui sait ? Elle aime peut-�tre la viande bien fonc�e.

Les Black Panthers ?

C'�tait idiot, Jean.

La presse n'est pas ton animal ou ton joujou.

Si tu leur mets le nez dedans, ils se retourneront pour te mordre.

Allahu Akbar.

Allahu Akbar.

"Olly Akbar. Olly Akbar."

C'est quoi, son probl�me ? Il peut pas s'offrir une t�l� ?

- Prise 40. - Allahu Akbar.

Je te pr�viendrai.

Si Malcolm X sort de sa tombe,

et vient faire des paniers de basket, je te le dirai.

Allahu Akbar.

- Une heure, compris ? - D'accord.

Mary veut savoir o� tu es, des fois ?

Quand tu bosses toute la nuit ?

L'�pouse d'un gars du Bureau ne demande pas.

Salut.

Bonsoir.

Vous devez �tre folle pour venir dans cette maison

au milieu de la nuit.

Dans ce quartier, dans cette voiture.

Avec ce visage.

Vos amis n'avaient pas l'air heureux de me voir.

S'ils voient des Blancs, en g�n�ral, c'est � la t�l�.

Ou derri�re une matraque.

J'ai r�fl�chi � ce que vous avez dit.

Dans l'avion.

Sur le probl�me de ce pays.

Et si j'avais su que j'allais boire seule...

j'aurais amen� une plus petite bouteille.

Que pense votre mari de vos balades dans Compton

au milieu de la nuit ?

Mon mari est fran�ais.

�a l'amuserait s�rement beaucoup.

Et si vous tra�niez avec un r�volutionnaire noir ?

Je veux participer � cette r�volution. Je suis l� pour �a.

Tout est li�, non ?

Le Vietnam. L'oppression du peuple noir en Am�rique.

C'est le m�me mal, la m�me maladie, le m�me racisme �c�urant.

Comment puis-je vous aider ?

Comment change-t-on �a ?

Un esprit � la fois.

Si on peut changer un esprit, on peut changer le monde.

L'�ducation engendre la compr�hension.

La compr�hension engendre l'amour, l'amour engendre la patience,

et la patience engendre l'unit�.

Mais l'�ducation co�te de l'argent.

Venez au centre.

J'adorerais vous montrer comment on change les esprits.

Vous m'avez vue monter dans cet avion.

Ces sottises sur les si�ges blancs pour de l'argent blanc.

Vous essayiez de m'atteindre.

C'�tait mon argent que vous poursuiviez, ou...

ou c'�tait moi ?

Que s'est-il pass� ?

Un homme a allum� un feu et m'a embras�e.

- C'est bien elle ? - J'ai fait v�rifier la plaque.

Enregistr�e � son adresse de Coldwater Canyon.

C'est pas ill�gal de coucher � la ronde.

M�me comme cette fille le fait.

Elle lui a offert de l'argent, monsieur. C'est enregistr�.

Elle a des ant�c�dents de donations � des groupes de droits civils.

Elle a adh�r� � la NAACP � 14 ans.

C'est une sympathisante, monsieur. Ils sont impliqu�s ensemble.

Elle pourrait nous �tre utile.

C'est une actrice renomm�e.

Plusieurs agents du Bureau

seraient peut-�tre int�ress�s par ses relations avec Jamal.

Si elle leur donne de l'argent et une tribune,

�a la rend dangereuse.

D'accord. Que vous faut-il ?

L'autorisation compl�te de mettre Jean Seberg sur �coute.

Je veux tout sur elle.

Bonjour.

- Comment vous appelez-vous ? - Je m'appelle Jean Seberg.

- O� �tes-vous n�e ? - � Marshalltown, dans l'Iowa

- Quand �a ? - Le 13 novembre 1938.

�a vous fait quel �ge ?

Dix-sept ans et onze mois.

Et 11 mois ? Presque 18 ans ?

Et vous avez envie d'�tre actrice ?

Une terrible envie.

Une terrible envie.

- Oui, celle-l�, ici. - Juste ici. D'accord.

Tu peux me procurer �a ?

Quand Jean avait 17 ans,

le r�alisateur Otto Preminger l'a engag�e pour jouer Jeanne d'Arc.

Ce r�le id�al est vite devenu un cauchemar

quand les flammes devinrent incontr�lables durant la sc�ne o� Jeanne est br�l�e.

Pendant une minute atroce, il sembla qu'elle allait vraiment �tre br�l�e.

Les pompiers ont vite ma�tris� les flammes,

mais entre-temps, Jean avait subi de s�v�res br�lures.

Elle dit plus tard que le poids �motionnel du travail avec Preminger

lui avait laiss� des cicatrices, et pas seulement sur le corps.

- Tu viens nager ? - Non.

Pourquoi acheter une si bonne viande pour la cuire aussi longtemps ?

- On dirait que c'est mort. - Tu la voulais bien cuite.

C'est pas bien cuit. C'est br�l�.

Elle doit �tablir ses priorit�s. Je lui ai dit.

Linette n'aura pas le temps d'�tre infirmi�re apr�s son premier.

Non.

- Un docteur. - Fais-moi confiance, ch�rie.

Tu n'auras pas le temps de te vernir les ongles des pieds.

Tu vas vraiment �tre docteur ?

Oui. C'est le plan.

C'est tellement cool.

- Maman, c'est pas cool ? - Oui, ch�rie, fantastique.

Excusez-moi.

- Tu veux partir d'ici ? - Totalement.

Jack !

- Je dois y aller. - Non.

Je te verrai plus tard.

Ne pars pas. Qu'y a-t-il de si urgent ?

Tu vas apprendre toutes ces paroles ?

Juste s'ils me veulent.

Ce n'est pas la question.

La question, c'est, les veux-tu, toi ?

Malheureusement, les auditions ne marchent pas comme �a.

Tu crois que si j'arrive dans une jolie robe, ils me donneront le r�le ?

Montre-moi comment �a marche.

Non.

"Vous ne me connaissez pas, M. Rumson."

Qui est-ce ?

Vous ne me connaissez pas, M. Rumson.

Aucune femme sur Terre ne serait pour vous une meilleure �pouse.

Tu devrais l'�tre.

J'ai assez pay� pour toi.

M�me pay�e, je ne suis pas votre propri�t�.

Saisissez-moi encore contre mon gr� et je vous abats comme un chien.

O� tu as pris �a ?

Une femme a ses secrets.

Pose �a, ou aucun de nous deux n'aura une nuit de noces.

Il faut �tre deux pour un mariage, M. Rumson.

Et on s'est fait un serment l'un � l'autre.

Vous aurez tout ce que vous voudrez,

tant que vous me promettez la m�me chose.

Je ne veux que quatre murs solides,

un four pour �loigner le froid

et une porte qui se verrouille pour que je puisse dormir tranquille.

Si vous pouvez me donner �a...

je ferai de vous le plus heureux des hommes.

Il y a du cran et de l'acier en toi, ma petite.

J'appr�cie l'honn�tet� chez une femme.

Je parie que ce n'est pas tout ce que vous appr�ciez.

Ce serait mieux avec un vrai pistolet.

Tu vas les menacer de les buter s'ils ne te donnent pas le r�le ?

Pourquoi pas ? �a pourrait marcher.

- Lee est d�j� l� ? - Il attend.

Ils attendent tous.

Jean !

Messieurs. Commen�ons.

- Bonjour. - Bonjour.

FONDATION MALCOLM X JEAN SEBERG

PARTI DES BLACK PANTHERS JEAN SEBERG

Se�ora ?

Se�ora Seberg ?

�a avance, ton puzzle ?

Lequel c'est, d'apr�s toi ?

On commence au centre ?

Tu crois que c'est peut-�tre bleu, Patrice ?

- Tu mets le bleu en haut. - OK. Je peux ?

Bravo. Tu as r�ussi.

Tu as besoin d'aide, cette fois ?

Bravo. Si vite.

Essaie de rester sur la planche, cette fois, OK ?

Eh, ma jolie. Comment vas-tu ?

Eh, ch�ri. Tu peux l'aider ?

Il a un peu de mal.

- Pas de probl�me. - Tu t'en occupes ?

Oui. Que fait-on, aujourd'hui ?

Alors, faisons �a.

- Montre-moi ce que tu as fait. - Sur quoi tu travailles ?

� force de se faire traiter de n�gro, l'enfant commencera � le croire.

On apprend � cette g�n�ration � grandir avec un sentiment de valeur personnelle.

Et c'est ce qu'on doit faire pour nous-m�mes.

On n'a pas de bourses, pas de financement du gouvernement.

Vous avez un fils, n'est-ce pas ?

Oui.

Vous devriez l'inviter, le pr�senter aux autres enfants.

J'aimerais bien, mais il est � Paris avec son p�re.

Qui est merveilleux avec lui, c'est une chance.

Je travaille beaucoup, alors c'est plus facile.

Oui.

Je suppose que l'industrie du cin�ma paie tr�s bien.

Oui. C'est vrai.

Mais compar� � ce que vous faites, �a semble frivole.

Vous avez tort.

La r�volution a besoin de vedettes. C'est une responsabilit�.

On doit brandir un fusil pour attirer l'attention.

Vous vous faites couper les cheveux et vous faites la une de Life.

J'adorerais vous aider, de n'importe quelle fa�on.

Dites-moi juste comment.

Ce serait assez, 5 000 ? J'ai mon ch�quier.

5 000 $ ?

Vous avez le temps de passer � la fondation ?

Bien s�r.

J'ai rat� le d�ner ?

Je t'aurais fait quelque chose, je ne savais pas quand tu rentrerais.

D�sol�.

Ils nous ont gard�s tard au bureau.

Encore une fois.

Tu veux une bi�re ?

J'ai un devoir sur l'h�matologie � rendre demain.

� bout de souffle a fait de vous une star de la Nouvelle vague.

Pourquoi les Fran�ais sont tomb�s amoureux de vous ?

C'est ce qui s'est pass� ?

Ils sont amoureux du personnage, Patricia.

Ils veulent la fille au T-shirt du Herald Tribune.

Et ils m'ont, moi, � la place.

Et qui est cette personne ?

- Pardon ? - Qui est Jean Seberg ?

Concentrons-nous sur les films, OK ?

Quel est votre projet suivant, � ce stade de votre carri�re ?

J'envisage un nouveau sc�nario. C'est de la dynamite.

Une histoire d'amour entre un homme noir et une femme blanche.

Vous croyez que les gens sont pr�ts � voir un amour interracial ?

Il faut qu'ils le soient. Ce pays est en guerre contre lui-m�me.

Quand les gens sont amoureux, ils sont daltoniens.

Vous avez ce qu'il vous faut ?

Mlle Seberg, je suis s�r que mes lecteurs, tout comme moi,

souhaiteront une fin heureuse � cette histoire digne de Cendrillon.

- Oui. - Merci.

Merci beaucoup.

Veillez � me le montrer avant la publication, d'accord ?

On a d�j� discut� de ton projet suivant.

Lequel ? Airport ?

Tu n'as pas dit de quoi il s'agit.

D'un a�roport.

Burt Lancaster vient de signer.

Tu as une responsabilit�, Jean.

Un million d'Am�ricains te voient comme une �vasion.

Ils veulent la fille du Midwest,

sauv�e du drugstore de Marshalltown,

qui a re�u la c�l�brit�, l'argent, le prestige.

Ce qu'ils ne veulent pas, c'est �a.

�a les met mal � l'aise. �a les menace.

C'est une insulte, Jean.

L'insulte, c'est le mensonge qu'on vend sur l'�galit� de tous en Am�rique.

C'est �a, la vraie menace.

All� ?

Je n'y participerai pas.

J'ai essay� toute ma vie de fuir cette fille-l�,

Je ne sais m�me pas qui elle est.

C'est la petite fianc�e de l'Am�rique.

�coute... je trouve �a super que tu aies amen� Romain ici.

Vraiment, c'est tout.

Ce qui me nourrit me d�truit.

Tu ne crois pas que c'est un peu trop t�t ?

C'est m�dicinal. Pour tes nerfs.

Je parlais de la maxime.

La fondation Malcolm X d�fend l'�ducation des Noirs,

l'�mancipation des Noirs.

On a des programmes de petits d�jeuners pour les enfants noirs,

des programmes d'�tudes pour nourrir leurs esprits.

On leur donne une chance.

C'est un dur labeur.

Et je suis fatigu�, parfois.

Fatigu� de voir les fr�res et les s�urs se d�truire � l'h�ro�ne.

Fatigu� d'entendre que les �glises de Noirs sont bombard�es,

et les petites filles noires, tu�es.

Fatigu� de voir un fr�re devenir haineux vis-�-vis d'un autre fr�re

sous la pression d'une haine plus puissante,

la haine de l'Am�rique blanche pour l'Am�rique noire !

- C'est vrai. - Parles-en, fr�re.

Je suis fatigu� d'attendre le jour

o� je verrai un homme noir avoir assez d'opportunit�s...

pour diriger cette nation et enterrer cette haine pour toujours !

Dis-leur.

Fais-leur savoir.

Vous savez tous ce qui doit �tre fait.

Creusez au plus profond.

Mettez votre argent dans ce que vous d�fendez.

Exactement, fr�re.

- Eh, ch�rie. Merci. - Fi�re de toi.

Fr�re Hakim. Ouais.

Que se passe-t-il ?

Bobby Seale vient d'arriver.

Ta gonzesse vient d'�tre promue, amigo.

Ces gars sont les grands pontes des Panthers.

Ch�ri.

J'ai aim� votre discours. Infiniment.

Jean m'avait parl� de votre rencontre mais j'ignorais son implication.

Elle me dit que vous �tes une figure unique dans le mouvement activiste.

Vous croyez en l'unit�, pas au s�paratisme.

J'encourage la coop�ration

entre ceux qui veulent changer le syst�me, pas le d�truire.

Mais certaines choses doivent �tre d�fendues,

on doit se battre pour elles, m�me violemment.

Les possessions, la propri�t�.

Les choses qu'on aime.

La violence n'est jamais la r�ponse.

Pas vrai, les gars ?

N'est-ce pas bien plus amical ?

Non, non, non. Ne me dis pas �a.

- On a perdu la connexion. - R�cup�re-la.

Acheter du lait pour les gosses noirs de Compton, c'est une chose.

- Si elle finance les Panthers... - �a y est.

Nom de Dieu. Allons-y.

- Bouge-toi, bouge-toi ! - D'accord.

Merci pour l'argent. Viens.

�a va ?

Si tu cours au-devant des Panthers les bras ouverts

et ton porte-monnaie � la main,

ils ne verront que ton porte-monnaie.

Je croyais que tout reposait sur la solidarit� pour Bobby et toi.

Les Panthers peuvent se prendre en charge.

Ils servent leur communaut�, comme toi.

Il y a assez d'argent qui circule.

Il y a assez de bonne herbe qui circule.

Tu devrais te calmer et prendre une bouff�e.

C'est quoi, ton probl�me ?

Tu te fiches de ce qui pourrait t'arriver ?

Tu te prom�nes avec une poign�e de clous et tu cherches une croix pour y mourir.

Tu ne peux pas me dire qui je peux inviter chez moi.

Ni toi, ni personne.

Si les faire venir ici attire l'attention sur la cause,

alors, j'aurai fait mon travail.

Et si �a attire l'attention sur toi ?

De quelle fa�on ?

Tu joues avec le feu.

Un petit joint parviendrait � le calmer.

Tiens, prends-en une taffe.

On a soutir� dix briques � Brando.

On peut en soutirer 20 � cette gonzesse.

C'est Bobby Seale.

Venu d'Oakland grignoter des hors-d'�uvre avec Hakim Jamal

en r�fl�chissant � la fa�on de d�penser son bl�.

C'est le moment. Si on divulgue l'affaire, les Panthers balanceront Jamal.

Termin�.

La petite amie blanche ne colle pas avec le truc du Black Power.

Ils ne toucheront plus Jamal apr�s �a.

Et elle ?

Monsieur ?

J'ai parl� avec Hoover.

Il est persuad� que Seberg repr�sente une menace

pour les organes protecteurs du corps politique.

�a veut dire quoi ?

Qu'elle �tait peut-�tre secondaire, � un moment,

mais que maintenant, elle est dans la ligne de mire.

Elle n'est pas la cible.

Bobby Seale fume des joints sur son putain de sofa.

C'est s�r qu'elle l'est.

Son prochain film sera une grosse production.

Je veux pas que mes filles lisent

que c'est branch� de tra�ner avec des r�volutionnaires noirs.

Faites flotter l'affaire sur la rivi�re. Voyons ce qu'elle va heurter.

- Maman, je ne veux pas porter �a. - Arr�te.

Maman !

All� ?

Vous devez �tre folle

pour venir dans cette maison au milieu de la nuit.

C'�tait mon argent que vous poursuiviez ou c'�tait moi ?

Les filles !

Oh, mon Dieu !

� qui le tour ?

- Tu veux essayer ? - OK, tu peux y aller.

Bien. Encore un, encore un.

Tu veux l'une de celles-l� ?

Voyons qui a la couleur orange.

Et toi ? Quelle couleur tu veux ?

- Laquelle ? - Jaune.

Tiens, ch�rie.

�tre maman est la chose la plus dure que j'aie jamais faite.

J'attends que �a devienne plus facile.

Plus grands, ils posent des questions plus difficiles :

"Pourquoi une vedette de cin�ma veut acheter des bijoux � leur maman

et faire des ch�ques en blanc � leur papa ?"

Voil�.

Doroth�e, je suis d�sol�e.

- Je ne voulais faire de mal � personne. - Tu leur fais du mal.

Je n'ai jamais voulu �a.

- Tu sais combien je me soucie de... - Je dois �tre reconnaissante ?

Non, je n'ai pas voulu dire �a.

Je voulais dire que je veux juste soutenir le travail que vous faites,

je sais combien il est important.

Tu crois que tu comprends.

Tu crois en �tre capable ?

Tu arrives dans ta limousine, tu ouvres tes jambes et ton ch�quier,

tu crois que �a te donne tous les droits.

Non. Absolument pas.

Je voulais juste aider.

�a fait de toi une touriste, pas une meilleure personne.

C'est ma vie.

C'est la derni�re fois qu'on se voit.

Je n'ai pas besoin d'une aide comme la tienne.

- Bonsoir. - Eh.

- Linette. - Salut.

- Comment �a va ? - Comment �a va ?

- Tu es tr�s chic. - Content de te voir.

- Comment �a va ? - Tr�s bien. Et toi ?

Content de te voir. Ravi de te voir.

- Entrez. - Bonsoir.

- � la tienne. - � la tienne.

Je veux te montrer quelque chose.

Qu'en penses-tu ?

N�GRO � LA C�TE DE PORC

- Tu plaisantes ? - Je sais. Un g�nie, hein ?

J'ai trouv� un tar� accro � l'acide sur Hollywood Boulevard,

Il fait des bandes dessin�es de c�l�brit�s pour les touristes.

Il l'a vraiment bien r�ussie.

Eh, les gars.

- Le d�ner est pr�t. - Super.

- Allez. On perd du temps. - D'accord.

On arrive.

Je suis rentr�, j'ai donn� un coup de pied � la porte, j'ai allum�

et j'ai cri� : "Qui veut jouer au ballon, ce soir ?"

Jack m'a dit que vous aviez un fils.

Non, �a va.

�a va.

Teddy vit � San Francisco.

Il se laisse pousser les putain de cheveux dans une communaut�, l�-haut.

Vous ne vous parlez pas ?

Croyez-moi, on a parl�.

J'ai failli me p�ter une jointure tellement on a parl�.

Il y a des gens qui n'�coutent pas.

O� vas-tu ?

Dans ma chambre.

- On n'a pas fini. - Si, on a fini.

Assieds-toi, je pr�tendrai que je n'ai rien entendu.

- Oh, mon Dieu. - Carl.

Tais-toi.

Tu as la langue bien pendue.

Si tu t'en servais pour donner des mani�res � notre fille ?

Tu vas le laisser te parler comme �a ?

Assieds-toi.

Assieds-toi, j'ai dit.

T'es � deux doigts. Pose tes fesses. On mange.

J'aime ta coiffure.

- Merci. - Oui, c'est super.

�a me rappelle quelqu'un.

� qui elle ressemble, Jack ?

Elle ne te rappelle personne ?

Ellie. Ellie, donne-moi �a.

Pourquoi les Panthers font �a ?

- Tu leur donnes de l'argent, pas vrai ? - Tu le sais.

- Tu leur as parl� de nous ? - Non, � personne.

Eh bien, ils l'ont appris.

Qui l'a appris ? Comment quelqu'un a pu l'apprendre ?

Et pourquoi... Pourquoi Bobby Seale se soucie de ce que tu fais ?

Parce que je l'ai trahi.

Il le verra comme �a, parce que je couche avec une Blanche.

Hakim.

Je suis vraiment d�sol�e.

Quiconque croit en Allah et au jugement dernier et agit correctement...

n'a rien � craindre ou � regretter.

Jean... c'est fini.

- Je ne peux plus te voir. - Quoi ?

V�rifie tes t�l�phones.

Et n'engage pas un nouvel employ�.

Le salopard a appel� chez moi. Mes gosses �taient l�.

- Ils ont une cassette de nous. - Une cassette ?

Quelle cassette ?

De nous, ensemble, au lit.

Rentre � Paris, Jean. Tu n'es pas en s�curit� en Am�rique.

Quoi ?

- Ils te d�truiront. - Qui ?

Hakim ? Hakim ?

Hakim, qui est-ce ?

Jean, sors de chez toi !

Je veux que tu le dises � tout le monde.

Pourquoi tu ne viens pas r�veiller le quartier ? Dis-le � tout le monde.

Disons � tes voisins que tu baises un Noir.

Ils le savent ?

Dans mon quartier, tout le monde le sait.

Ne t'avise pas de bousiller cette �coute.

Mes �tudiants, leurs parents.

- Elle va la tuer. - Mes propres gosses !

Elle fait juste du vacarme.

Tu as donn� ta langue au chat ?

Oui, c'est ce que je pensais.

N'approche pas de ma famille.

Elle n'a jamais compt� le faire.

Diego et moi, on rentrera � Paris demain.

Quelle chance qu'on n'ait pas �t� l�, hier soir.

�a devient incontr�lable, Jean.

Tu dois partir.

� New York, quand ils me demanderont o� est mon mari,

je leur dirai que tu t'es senti plus en s�curit� � Paris.

Tu ne peux pas le supporter, hein ?

Que je puisse faire partie de quelque chose

de plus important que les livres, les articles ou les films.

Dieu du ciel, Jean...

� quoi participes-tu hormis la fin de deux mariages ?

Ils ont fait �a.

Tu ne comprends pas. Quelqu'un lui a parl� de nous.

Quelqu'un...

Je dis des choses qu'ils ne veulent pas entendre.

Tu comprends ?

Tu comprends ?

Je n'arr�terai pas.

Jamais.

Tu ne peux pas rester avec moi jusqu'� la premi�re ?

S'il te pla�t ?

Je ne peux pas y aller seule.

Viens � New York.

S'il te pla�t.

Diego, chut.

All� ? All� ?

NEW YORK OCTOBRE 1969

Elle est mignonne.

- Tu l'as vue ? - Oh, oui.

Je comprends pourquoi Hoover veut des micros dans la chambre.

Il n'y a pas de micros dans la chambre.

Mon chef a �t� tr�s clair.

Hoover aime entendre les sommiers craquer.

Elle a son fils avec elle.

Tu crois qu'elle divertit les radicaux quand son fils est avec elle ?

Bien. C'est ton num�ro.

Si j'�tais toi, je les ferais sortir et je mettrais un putain de micro.

Comme tu es cens� le faire.

Je te remercie d'�tre venu.

Promets-moi que tu ne me prendras jamais mon fils.

Ils ont mis nos t�l�phones sur �coute � Los Angeles.

Je ne plaisante pas.

Ils nous �coutent.

J'entends ces petits clics sur la ligne.

Et ils me suivent.

J'ai vu le m�me van de r�paration trois ou quatre fois

devant la maison.

C'est parce que je finance les Panthers.

C'est le gouvernement.

Tu ne me crois pas.

Je n'ai rien dit.

Essaie de te reposer.

Jean.

- Allons-y. - D'accord.

Va-t'en, va-t'en !

Va-t'en !

Va-t'en.

Romain, s'il te pla�t.

- On a le temps. - Que se passe-t-il ?

Jean ?

N'en fais pas une histoire. Je veux juste...

Tu vas nous mettre en retard.

Tu as le Post dans 20 minutes.

Je transpire l�-dedans. Je vais prendre une douche.

Peux-tu me trouver ma cha�ne en or ?

Jean.

Reste dans la chambre, s'il te pla�t.

Pourquoi ?

Je ne sais pas ce qui s'est pass�.

- Je t'en prie. - Ils sont venus ici.

- Je t'en prie. - Je l'ai scotch� !

Ils sont venus ici.

Je l'ai scotch� avant qu'on parte.

- De quoi tu parles ? - Je l'ai scotch�.

- Je l'avais dit. - Non, arr�te.

Ils sont venus et l'ont tu� ! Je te l'ai dit !

Qui est venu ? Qui l'a tu� ?

Ils l'ont tu�.

Je te l'avais dit !

Mon Dieu... je ne peux m�me...

- Qu'est-ce que tu as fait ? - C'�tait moins une, hein ?

- Eh, je t'emmerde ! - Tu as tu� son chien ?

C'est m�me pas ma putain d'affaire !

Tu as tu� son chien ? Pourquoi ?

Pourquoi as-tu fait �a ?

Pourquoi ? Pourquoi ?

- Elle saura qu'on est venus. - Elle saura rien !

Elle saura qu'on est venus, esp�ce de putain d'amateur !

Je t'emmerde, Solomon !

Je t'emmerde, Solomon.

Alors...

Le film est compl�tement merdique.

Pas le bon moment pour une com�die musicale.

�a m'a plu.

J'�tais tr�s mauvaise ?

Tu �tais sublime, une immense star.

�coutez, Jean,

Walt m'a dit ce que vous faisiez

pour ces pauvres enfants de couleur � l'�cole,

et j'insiste pour qu'on fasse une contribution.

Quel est votre prochain projet ?

Je...

- Un autre Western. - Oui.

Ils filment au Mexique.

Excusez-moi, je vais aux toilettes.

- Je viens avec vous. - Non.

�a va, merci.

Excusez-moi.

Je ne sais pas.

Mlle Seberg, un appel pour vous.

S'il te pla�t, fais-le.

- Regardez �a. - Magnifique.

All� ?

Mlle Seberg...

je veux que vous restiez calme.

�coutez attentivement ce que je vais vous dire.

Qui est � l'appareil ?

All� ?

Qui �tes-vous ?

Je veux que vous...

Qui �tes-vous ?

Je veux que vous arr�tiez... les donations,

votre association avec les Panthers,

tout �a.

Ils s'en prendront � vous.

Qui c'est, "ils" ?

- Qui c'est, "ils" ? - �coutez-moi.

�coutez-moi. Ils vous d�truiront.

Votre r�putation, votre carri�re, votre famille.

Tout.

�coutez-moi.

Je vous emmerde.

Vous m'entendez ?

J'ai dit, je vous emmerde.

Et je les emmerde aussi.

Merde.

Linette ?

C'est le travail.

- Le travail ? - �a ne te regarde pas.

C'est compl�tement d�bile, Jack.

O� �tais-tu ?

J'ignore o� tu es. J'ignore o� tu vas.

Parce que je travaille pour le gouvernement f�d�ral, Lin.

- Tu as une liaison ? - Non.

Ce sont des photos de sa maison, Jack.

Des photos de sa chambre.

Je n'ai pas le droit d'en savoir plus ?

Non. Tu n'as pas le droit d'en savoir plus.

Car je n'ai pas le droit de te le dire.

Alors, ne me le demande pas, bordel !

MEXIQUE JANVIER 1970

Non ! Arr�te !

Non, arr�te !

Attendez, attendez.

Coupez !

- Qui c'est ? - Qui ?

Lui.

Il me d�visage.

Je veux qu'il parte. Il n'�tait pas l� hier.

Il �tait l� ?

Je ne l'ai pas vu, hier.

D'accord ! Faisons une pause. On reprendra apr�s le d�jeuner.

Je suis d�sol�.

OK, mais tu dois m'en dire plus que �a, Jack.

Qu'est-ce qui t'arrive ?

- Tu crois qu'ils nous �coutent ? - C'est notre travail.

Il y a des choses que...

j'ai re�u l'ordre de faire.

Il y a des choses que j'ai faites que...

Quelles sortes de choses, Jack ?

Parce que j'entends toutes sortes d'histoires.

Deux jeunes, des �tudiants, ont �t� but�s � Campbell Hall,

et sur le campus, les gens disent que le FBI a tout provoqu�.

Je n'ai rien � voir avec �a.

J'ai d�m�nag� ici pour ta carri�re.

Pas pour que tu aides � inciter des gosses noirs

� s'entretuer.

Ce n'est pas ce dont on m'a charg�.

Alors, c'est quoi ?

C'est cette femme ?

Oui.

Et... ils la poussent trop fort.

Elle s'effondre, et j'ai l'impression de regarder �a sans rien faire.

Pourquoi �a leur importe ? C'est juste une actrice.

Ce n'est pas ce qu'elle fait, c'est avec qui elle le fait.

Alors, contacte la presse.

Fais-le anonymement.

C'est le FBI.

Personne n'est anonyme.

Alors, d�missionne.

On rentrera chez nous.

Tu n'as pas accept� ce travail pour �a.

Je ne peux pas m'enfuir.

OK, mais tu dois demander qu'on t'affecte � autre chose.

Tu ne peux pas participer � �a.

Je perds les p�dales.

O� que j'aille, j'ai l'impression qu'ils �coutent.

Je t'ai dit qu'ils ne l�cheraient pas prise.

Tu dois surveiller tes arri�res.

J'ai vraiment besoin de parler.

Tu es en s�curit�, ici.

J'ai enlev� les t�l�phones il y a des mois,

juste avant de couper l'eau et l'�lectricit�.

Je suis vraiment d�sol�e.

C'est horrible.

Je ne peux m�me pas le regarder.

Tu n'aurais jamais d� te lier avec moi.

Tu n'es pas l'ennemie.

Il y a une guerre contre les Noirs en Am�rique.

Tu t'es retrouv�e pi�g�e sous les tirs crois�s.

Alors, on va les laisser gagner ?

Ce n'est pas ton combat, Jean.

Regarde autour de toi.

Une petite dame s'appr�te � gonfler comme un ballon.

Tu sais de qui il est ?

D'un gentil gar�on, au Mexique.

Je suis au deuxi�me mois.

Il y a des endroits qui peuvent g�rer �a.

J'ai perdu mon mari.

Je t'ai perdu.

Je veux ce b�b�.

Imagine si c'�tait le n�tre.

Ce ne serait pas merveilleux ?

Mais il ne l'est pas.

N'est-ce pas ?

LA PERMISSION DU BUREAU EST DEMAND�E

POUR RAPPORTER LA GROSSESSE DE JEAN SEBERG.

LA PUBLICATION �VENTUELLE DE L'�TAT DE SEBERG

POURRAIT LA METTRE MAL � L'AISE...

IL EST PROPOS� QUE LA LETTRE SUIVANTE D'UNE PERSONNE FICTIVE

SOIT ENVOY�E AUX CHRONIQUEURS R�GIONAUX.

J'AI PENS� QUE TU POURRAIS DONNER UN SCOOP AUX AUTRES.

BONNE CHANCE ET � BIENT�T.

� L'ATTENTION DE L'AGENT SP�CIAL JACK SOLOMON

AFFECTUEUSEMENT, SOL

"Affectueusement, Sol" ?

- Une blague entre nous. - On n'entre pas ici.

- Arr�tez ! On n'entre pas ici. - D'accord, merci.

- Vous plaisantez ? - D�sol�.

Qu'est-ce que �a veut dire ?

Vous d�passez les bornes, soldat.

Vous avez entendu la bande. L'enfant n'est pas de Jamal.

�a nous retombera dessus.

Dans sept mois, la preuve sera expos�e au grand jour.

Le gosse n'est pas noir, il est � moiti� mexicain.

Dans sept mois, tout le monde s'en foutra.

Il n'est pas de son mari. On n'est pas en France.

On ne fait pas ce genre de chose.

C'est ridicule. Elle n'en vaut m�me pas la peine.

�a vient d'en haut.

Notre boulot est de lui faire honte

et d'appauvrir son image aux yeux du public.

Votre boulot est de vous casser de mon bureau

avant que je diminue votre salaire !

Si on le fait publier,

ils iront voir Seberg illico pour qu'elle le confirme.

Non. C'est la rubrique des ragots. Trop savoureux pour v�rifier.

PARIS JUIN 1970

Jean !

C'est vrai ?

Non. Ce sont des mensonges.

Je suis venue ici pour te le dire.

Et qui est le p�re ?

Pas celui qu'ils pr�tendent.

Alors, on les poursuivra.

Diego, viens. Viens.

Jean.

- Non, j'ai juste... beaucoup de choses... - S'il te pla�t.

- Arr�te. - Non, j'ai cherch� partout.

- �a suffit ! - Je dois le trouver !

- Il y a un micro, ici ! - Arr�te. �a suffit !

Non.

- Non, non ! Donne-le-moi ! - Arr�te ! �coute-moi.

�coute-moi, ch�rie. �coute-moi.

S'il te pla�t, s'il te pla�t !

Jean. Jean !

Pense au b�b�, s'il te pla�t. S'il te pla�t, arr�te.

S'il te pla�t. S'il te pla�t !

S'il te pla�t.

Viens l�. Qu'est-ce que tu as dit ?

Je t'�rafle le visage ?

Scratch, scratch, scratch.

MLLE SUJET BR�LANT EST ENCEINTE

Qu'y a-t-il ?

Que se passe-t-il ?

JEAN SEBERG TENTE DE SE SUICIDER

Bonjour.

Ma fille...

Nina Hart Gary...

est morte.

Elle avait deux jours.

Je suis la seule � bl�mer pour sa mort.

Elle m�ritait mieux que moi.

Mais elle ne m�ritait pas les mensonges qu'on a r�pandus sur elle.

En souvenir de Nina...

j'ai l'intention de poursuivre Newsweek

pour l'article malveillant, sp�culatif et diffamatoire

qu'ils ont publi� r�cemment.

Diffamer une personne qui s'exprime contre les d�fauts de son gouvernement...

est un genre de pers�cution.

Mais ce n'est pas la presse qui a fait de moi une cible.

Je crois qu'une puissante institution...

a �t� manipul�e par un pouvoir encore plus grand.

Ne vous y trompez pas. Je ne suis pas la victime, ici.

Je le vois, maintenant.

On est tous responsables.

On est tous coupables.

Je ne pr�tends pas avoir les r�ponses.

Mais si on refuse d'accepter les mensonges...

je crois qu'un jour, la v�rit� sera r�v�l�e.

Merci.

Vos amis n'avaient pas l'air heureux de me voir.

En g�n�ral, c'est � la t�l�. Ou derri�re une...

J'ai r�fl�chi � ce que vous avez dit.

Comment puis-je vous aider ?

Comment change-t-on �a ?

Un esprit � la fois.

Si on peut changer un esprit, on peut changer le monde.

SEBERG, JEAN

PARIS JANVIER 1971

D�sol�e. Je croyais qu'on s'�tait rencontr�s.

On s'est parl�.

� New York ?

Quand ?

Au t�l�phone et au restaurant.

J'ai essay� de vous donner des conseils.

Vous devez partir.

- J'�tais dans votre chambre d'h�tel. - Partez, maintenant.

Je sais ce qui est arriv� � votre chien.

Vous �tes revenue plus t�t prendre votre cha�ne.

Qui �tes-vous ?

C'est sans importance.

On a entr� des milliers d'heures de surveillance.

Des photos, des transcriptions.

Des mouvements, des conversations.

C'est malade.

�a me rend malade.

Oh, mon Dieu.

"Jean Seberg est un soutien financier du BPP

et doit �tre neutralis�e. "

"Neutralis�e."

"Les pr�cautions habituelles seront prises par la Division de Los Angeles

pour exclure l'identification du Bureau comme source de la lettre

si l'approbation est accord�e."

"Pr�cautions."

Oui, vous avez �t� tr�s prudents.

Ma fille.

Ma fille.

Elle est morte.

- Je suis d�sol�. - Vous �tes d�sol� ?

Si je pouvais revenir en arri�re ou recommencer...

J'esp�re que je ferais les choses diff�remment.

Vous m�ritez de conna�tre la v�rit�.

Ce n'est pas la v�rit�.

Ce sont des mensonges.

Vous le savez.

- Oui. - Car vous y �tiez.

- Oui, j'y �tais. - � chaque instant.

Oui.

C'est pour �a que je suis l� maintenant.

Vous avez une famille ?

Ma femme attend notre premier b�b�.

F�licitations.

Partez.

S'il vous pla�t.

Prenez �a avec vous.

Comment vous appelez-vous ?

Jack.

EN MARS 1971, DES ACTIVISTES FIRENT EFFRACTION DANS UN BUREAU DU FBI

ET D�VOIL�RENT LE SYST�ME DE SURVEILLANCE ILL�GAL DE HOOVER.

LE CONGR�S CONDAMNA LE PROGRAMME SECRET

QUI VISAIT LES MOUVEMENTS DES DROITS CIVILS ET DES NOIRS NATIONALISTES.

JEAN RESTA � PARIS O� ELLE CONTINUA SES DONATIONS

AU PARTI DES BLACK PANTHERS ET � SOUTENIR LES CAUSES POLITIQUES

ELLE NE RETRAVAILLA PLUS � HOLLYWOOD.

LE 8 SEPTEMBRE 1979, JEAN FUT RETROUV�E MORTE DANS SA VOITURE,

ELLE �TAIT PORT�E DISPARUE DEPUIS DIX JOURS.

SA MORT FUT D�CLAR�E "SUICIDE POSSIBLE" AVEC "QUESTIONS NON R�SOLUES."

ELLE AVAIT 40 ANS.

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