All language subtitles for Phantom of the Rue Morgue (Roy Del Ruth, 1954).Fransk

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Original subtitles

LE FANT�ME DE LA RUE MORGUE

A l'aide ! Police !

A l'assassin !

Un meurtre dans la rue Morgue !

Ce sont ses effets personnels Inspecteur,

le genre de quincaillerie qu'on trouve rue Morgue

mais qui attire les voleurs.

Pourquoi il n'a rien vol� ?

On dirait un crime passionnel mais d'une barbarie hors du commun.

Quelle barbarie ! Je me serais pass� de voir le corps.

Vous avez identifi� cette �charpe ?

C'est une �charpe de marin fabriqu�e � Malte.

Il faut rechercher un marin maltais.

Pourquoi ?

L'�charpe vient de Malte

mais le marin peut �tre fran�ais, anglais, italien, de n'importe o�.

Peut-�tre qu'il l'a laiss�e pour nous induire en erreur.

Nous en saurons peut-�tre plus au prochain meurtre.

Parce qu'il faut qu'il y ait un autre meurtre ?

Ces �tudiants... Beaucoup de bruit mais pas un sou.

Qu'est-ce qu'ils ont de plus que moi ?

Cette fois il n'est pas �tudiant et il a de l'argent.

Qu'est-ce que tu dis de �a ?

Regarde. Il veut vraiment la blesser.

Enfin, ils font �a tous les soirs. Demande au professeur.

- Quoi ? - C'est un soir comme les autres ?

- Non, bien s�r. - Tu vois,

c'est une soir�e unique dans l'Histoire.

Ce soir je me fiance avec la plus jolie fille de Paris.

Et la bague ?

C'est trop pr�s !

Ils se sont disput�s, ce soir.

Regarde, il a touch� son bras. Elle saigne.

Elle l'a pas vol� !

Merci.

Attends !

Qui c'est ?

D'o� vient ce bracelet ?

Qui c'est ?

Tu m'as assez empoisonn�e pour ce soir !

Ren�, pourquoi perdre ton temps avec elle ?

Ouvrez cette porte !

L�-haut !

Regardez !

Gendarme, je l'ai vu sur le toit.

Qui �a ?

Il �tait petit, trapu... il courait avec peine

et pourtant il allait tr�s vite.

Il �tait habill� comment ?

Il avait un chapeau d'op�ra

et il portait une grande cape.

Tr�s grande, presque aussi grande que lui.

Il �tait grand ?

Comme un clocher et fin comme une asperge.

Vous disiez qu'il �tait petit.

Oui.

Il l'�tait.

On allait se coucher, on n'a vu personne.

- Puis il y a eu ce cri et Albert... - Albert ?

Il est arriv� le premier, il a enfonc� la porte.

L'assassin devait encore �tre l� quand il...

Albert ! Il a d� le voir.

Demandez-lui ce qu'il a vu.

Il ne dira rien.

Il est mort.

Ce n'est pas moi je vous dis ! Vous n'avez aucune preuve.

Elle fait des histoires parce que je lui pr�f�rais Yvonne.

Goujat ! Je te hais.

Je t'ai toujours ha� !

J'en perds mon latin.

Pour moi vous �tes l'assassin mais vous le niez.

De toute �vidence j'ai tort, non ?

L'�minent Lombroso a �tudi� le physique de nombreux criminels.

Il a d�couvert des traits caract�ristiques

tels que l'absence de lobe d'oreille.

Je note que vous n'en avez pas.

J'en �tais s�r !

J'ai toujours su que c'�tait un criminel.

Observateur, n'est-ce pas ?

Gendarme, vous avez bien une th�se ?

Tous les gendarmes en ont une.

Oui. Il est descendu du toit avec une corde et il s'est enfui.

Pour �tre aussi rapide il faut �tre un sportif, un athl�te.

Il l'est ! Il a fait des spectacles !

Magnifique ! Acrobate ? Trap�ziste ?

Il se tient par les dents et il s'envole ?

J'ai �t� bless�, je n'en suis plus capable.

C'est tragique d'en �tre r�duit au lancer de couteaux.

C'est un m�tier pour un invalide ?

Je n'ai pas dit que je l'�tais.

Pardon, c'est ma faute, je tire des conclusions h�tives.

Vous dites qu'il parlait allemand ?

Il est allemand, n� � Francfort. Il a chang� de nom.

De mieux en mieux !

Racontez-moi votre dispute avec Yvonne.

C'�tait sans importance. Rien du tout.

Il ment, je les ai entendus dans les loges.

Elle lui a dit

''Tu m'as assez empoisonn�e pour ce soir !''

Ah, les crimes passionnels...

Quel genre de fille �tait Yvonne ?

Elle aimait les hommes !

C'est si mal que �a ?

Ces �tudiants

ils lui tournaient la t�te.

Vous �tiez avec lui hier soir ?

Dans le but de le raisonner.

On est all�s dans un caf�.

J'ai essay� de le calmer mais il ne parlait que d'Yvonne.

Il la d�testait...

Il voulait la tuer.

Il �tait quelle heure ?

J'ai baiss� les bras et je suis partie peu apr�s minuit.

Rel�chez-le.

- Le rel�cher ? - Apr�s ce qu'on a vu ?

Sans parler de ses menaces !

Vous l'avez quitt� apr�s minuit,

le meurtre a �t� commis avant minuit.

Gr�ce � vous Lombroso et moi on a tort.

D�tachez-le.

Pourtant je suis s�re que c'est lui.

Inspecteur, vous vous souvenez du meurtre de la rue Morgue ?

Les mutilations, l'horreur...

Celui-ci y ressemble beaucoup.

C'est exactement la m�me chose.

Mais cette fois-ci en guise d'�charpe de marin

nous avons un sentiment romantique, Lebon.

Le symbole de l'amour �ternel.

Une fois ferm� personne ne peut l'ouvrir.

Pas m�me la mort.

Pour �a il faut une scie.

Rangez �a avec l'�charpe de marin.

Il faut bien commencer par quelque chose.

Donnez-moi les photos des �tudiants d'Yvonne.

Voil�.

Des visages jeunes et innocents.

Pas un seul physique de criminel dans le tas.

J'aime mieux chercher des criminels qui ont la t�te de l'emploi.

''Votre main

''a fait de moi votre esclave �ternel.''

Vous pr�f�rez votre d�dicace ?

''Je suis combl� de savoir que je suis le seul et l'unique.''

Et vous encore monsieur !

''Mais m�me un esclave perd patience.''

A quel point ? Serait-ce de la jalousie ?

Ce n'est pas moi ! Demandez au Pr Dupin !

On �tait au cabaret pour f�ter ses fian�ailles

Camille et moi.

Vous �tes rest�s combien de temps ?

On est partis avant 23 heures.

Ce qui vous a laiss� du temps. Le meurtre a eu lieu vers minuit.

Mais � minuit il �tait chez moi.

On y �tait tous.

Ensuite on est rentr�s.

L'universit� est plus libertine que je pensais.

Il se trouve que la m�re de Camille est ma logeuse.

Quant � ces deux hommes du monde

je me porte garant de leur honn�tet�.

Foutez-le camp

et �vitez d'�crire trop d'idioties au moins sur vos portraits.

Alors comme �a ''m�me un esclave perd patience...''

Et la police perd son sang-froid.

C'est dans les recoins les plus obscurs d'un cerveau inconnu

que vous trouverez votre assassin.

Je vous remercie.

Cette information me sera tr�s pr�cieuse au QG.

En tout cas c'est un schizophr�ne,

un cas de double personnalit� en proie � des pulsions sadiques.

Votre domaine c'est la psychologie ?

Mais �a ne vaut que dans les salles de cours.

Le crime est pr�sent dans la salle de cours.

A petite �chelle bien s�r.

L'asthonatus oclulatus,

un poisson des tropiques

qui malheureusement d�vore ses petits.

Pourquoi ?

Il existe un instinct meurtrier

souvent aveugle et irraisonn�

qu'on retrouve dans tout le royaume animal.

On m'a demand� de livrer �a, �a vient du jardin zoologique.

Posez �a l�.

Bien, vous pouvez y aller.

Marais m'a demand� de l'attendre.

Votre employeur est le Dr Marais.

Bonjour messieurs. Je suis en retard.

- Pardon. - Vous tombez � pic.

Dr Marais, inspecteur Bonnard.

Bonjour.

Le Dr Marais est notre invit�.

Ah oui ?

Il enqu�te sur le meurtre d'hier.

La danseuse ?

Dr�le d'endroit pour enqu�ter.

C'est aussi un dr�le de meurtre.

Jacques.

Est-ce que tu peux le ramener ?

Vous ne pouviez pas le dire plus t�t ?

Votre nouvel employ� n'est gu�re poli.

Il pourrait passer pour un scientifique.

Ces temps-ci on ne jure plus que par Freud.

Freud et la libido.

Toutes les �tudes des zoologistes comme moi...

Ici au moins on vous �coute.

Le Dr Marais soutient que tout �tre vivant,

du microbe � l'homme, a un instinct meurtrier.

Le plus souvent il est canalis�

mais des fois cet instinct na�t d'une haine,

d'une passion, d'une frustration profonde

ou de l'effondrement des croyances du sujet.

La porte est ouverte mais ils ne prennent pas la nourriture.

Ils attendent que la cloche sonne.

Ils sont dress�s.

La cloche fait partie int�grante de leur monde.

Pas du sien.

Il n'a pas boug�.

Son univers s'est effondr�.

Le premier jour on n'a pas sonn�.

Le deuxi�me on l'a enferm� et le troisi�me on ne l'a pas nourri.

Pierre le Fou !

Je l'appelle comme �a.

Son seul instinct est de tuer.

Tr�s int�ressant docteur.

Si je d�couvre que le meurtrier est un poisson ou une souris

je sais � qui m'adresser.

Au revoir.

Il fait trop sombre.

C'est fini pour aujourd'hui.

Quel dommage ! Le tableau est presque termin�.

Vous embellissez chaque jour.

Je suis l� pour poser, c'est compris ?

Alors je crains de devoir vous laisser.

Une personne plus agr�able m'attend au caf�.

J'y vais avant qu'il pleuve.

Quand est-ce que je serai pay�e ?

Quand le tableau sera fini et que je serai pay�.

Je ne peux pas attendre autant !

�a m'�tonnerait. Et ce bracelet de valeur ?

Et ce cam�e ? Il a d� co�ter une fortune !

Le cadeau d'un admirateur ?

Vous vous d�brouillez bien Arlette.

A demain.

Pas de tableau, pas d'argent.

C'est ici !

Ouvrez !

Vous avez vu quelque chose ?

Impossible de fuir par le toit.

C'est un maniaque.

C'est un Italien d'apr�s ce que j'ai entendu.

Italien ?

Vous �tes la concierge, vous vivez dans cet immeuble.

- Un Italien vit ici ? - Signor Pignatelli, en dessous.

Signor Pignatelli ?

Je dois parler � ce Signor Pignatelli.

Quel boucan, impossible de dormir ! Je dois me lever t�t demain !

Qui vous �tes ?

Signor Pignatelli, j'habite en dessous.

Quelle agilit� !

Il �tait o� dans la nuit de mercredi ?

- lci m�me. - Jusqu'� quelle heure ?

Le dernier num�ro commence � une heure du matin.

C'est beaucoup trop tard. Quel dommage !

Je n'ai jamais vu une telle agilit�.

Allons-y. Nous finirons bien par trouver le coupable id�al.

Superbe !

Je voudrais parler � ce jeune homme.

Satisfait ?

Oui.

Pierre le Fou est dans un �tat de fureur d� � une frustration.

Il veut tuer

et s'il en a l'occasion il tuera

lib�r� des notions de bien ou de mal.

Qu'en est-il des �tres humains ?

Marie est sourde-muette

mais sous hypnose, elle peut parler.

Elle a peut-�tre toujours �t� folle mais nous le sommes tous un peu.

Oui, nous le sommes tous, sans exception.

Elle allait bien jusqu'� ce que son mari la quitte.

Elle a d�velopp� une haine contre tous les hommes.

Comme Pierre le Fou, elle veut tuer

aveugl�ment tel un vampire assoiff� d'hommes.

Or la civilisation lui a donn� un code moral.

Elle a appris qu'il y avait le bien et le mal,

elle est tiraill�e entre sa pulsion

et son sens du bien et du mal.

Ce conflit int�rieur est devenu trop pesant.

Ne trouvant pas d'�chappatoire

elle s'est retir�e du monde.

Elle ne s'est pas seulement exclue de la r�alit�,

elle s'est aussi condamn�e au silence.

Marie est un cas d'effacement complet.

Le monde avec ses codes �thiques

et ses d�finitions humaines du bien et du mal

ne peut plus l'atteindre.

Le prix � payer pour Marie est cet �tat de mort-vivante.

Merci.

Inspecteur ! Vous n'avez pas encore r�solu l'affaire ?

Vous avez trouv� �a o� ?

Le nom du bijoutier est dessus. Vous trouver a �t� un jeu d'enfant.

Vous connaissiez donc Arlette ?

Arlette ?

La mod�le qui a �t� tu�e ?

Cette broche �tait destin�e � ma fianc�e, on me l'a vol�e.

Vous niez ?

Naturellement je nie.

Bien s�r. Si Arlette avait su que vous aimiez une autre femme

elle aurait pu vous faire chanter d'o� le meurtre.

Vous n'�tes pas s�rieux !

Dr Marais !

Vous pouvez m'aider docteur.

Vous �tiez o� dans la nuit du 16 ?

Le 16 ?

Eh bien...

Mercredi dernier ? Chez St Clair pour jouer au whist.

- Avec ce jeune... - Chevigny.

Quand a commenc� la partie ?

Vers 20 heures je crois.

Vous �tes vraiment en manque de suspects inspecteur.

Les alibis sont toujours si troublants.

Mais celui-ci ne colle pas.

Arlette a �t� tu�e le 16 avant 20 heures.

Cependant je pr�f�rerais vous croire

dans l'int�r�t de mademoiselle.

En attendant, bonne journ�e.

Le voleur de la broche est le meurtrier.

- C'est bien votre broche ? - Tout � fait.

C'est un sentiment nouveau pour moi, c'est assez d�sagr�able.

Cette broche lui a �t� offerte pour m'impliquer dans cette affaire.

Mais pourquoi ? Pourquoi je suis la cible ?

Quel est cet individu ?

Mademoiselle, c'est le bien nomm� ''fant�me''.

C'est terrifiant de ne pas savoir d'o� peut venir le danger.

Plus maintenant mademoiselle.

La police est sur ses gardes, il n'osera plus attaquer.

Merci de m'avoir accompagn�e.

Je dois beaucoup � ce fant�me...

Les jeunes filles comptent sur ma compagnie.

Je suis attendu, je dois filer.

Bonne nuit.

- Vous �tes tr�s ponctuel. - La t�che est si plaisante.

Je voudrais que le trajet soit plus long.

Venez prendre un verre de vin.

Un demi-verre alors.

Par les temps qui courent il faut rester vif.

Regarde !

C'�tait quoi ?

Pas un geste ou je tire.

- Qui vous �tes ? - Inspecteur Mignaud.

Je vous file depuis le meurtre d'Arlette.

Mais je pourchassais le meurtrier !

Moi aussi et je l'ai trouv�.

Vos mains s'il vous pla�t.

O� elle est ?

Essayez les fen�tres.

C'est ferm�.

Elles sont condamn�es.

Impossible !

La porte �tait ferm�e, comment il aurait pu entrer ?

On va le savoir, il a �t� arr�t�.

C'est vous. J'en �tais s�r.

Vous me croyez assez b�te pour commettre un meurtre chez moi ?

Alors c'est un meurtre ?

Merci pour cette information que vous seul pouviez d�tenir.

Comment �a ? Tout le monde a entendu crier.

�a ne veut pas dire qu'il y a eu crime. Il faut un cadavre

et pour l'instant on le cherche encore.

C'est un guet-apens.

Un beau guet-apens.

Commettre un crime dans son logis demande beaucoup de talent, non ?

Il faut savoir brouiller les pistes.

Portes et fen�tres verrouill�es,

et pour couronner le tout : pas de cadavre.

Mais nous avons le meurtrier

gr�ce � Mignaud. Fouillez-le.

Gr�ce � Mignaud le meurtrier a fui. Sans lui je l'aurais arr�t�.

Vous pourchassiez le meurtrier, c'est �a ?

Dites-moi, c'est un poisson ou une souris ?

Je ne l'ai pas bien vu.

Je me rasais et j'ai vu une ombre sur le toit.

- Je l'ai suivie. - Donnez.

J'allais vous le montrer.

Il a d� le perdre en route.

Disons que vous l'avez perdu.

Vous avez le profil du coupable.

Cherchez l'autre partie.

Vous vous �tes mis dans de beaux draps.

Le cadavre est l�, bien ficel�.

D�crochez-la.

Regardez �a.

La guillotine est trop douce pour vous.

Vous me croyez insensible ?

Cette fille �tait une amie, une de mes �tudiantes.

Bien s�r qu'elle est trop douce pour le coupable !

D'abord la broche et maintenant �a.

C'est un complot.

Le v�tre et il a �chou�.

Pas encore.

Les fen�tres ne pouvaient pas �tre ferm�es.

Vous me traitez de menteur ?

Elles �taient ferm�es et condamn�es par des clous.

Qu'est-ce que vous r�pondez � �a ?

Que la porte �tant ferm�e il a fallu ouvrir une des fen�tres

sinon le meurtrier serait encore l�.

Essayez vous-m�me.

Essayez d'ouvrir la fen�tre pendant que j'appuie sur le loquet.

- Alors c'est l'autre. - Naturellement.

N'oubliez pas le loquet en haut.

Naturellement, le loquet.

Vous voyez ?

Les clous ne la bloquaient pas, ils sont trop courts.

Seul le loquet la tenait.

Assez mal d'ailleurs.

Le loquet aussi �tait d�fectueux.

Quand le meurtrier a fui la fen�tre a claqu�.

C'est une preuve ?

Que vous connaissez cette chambre.

Je n'y suis jamais entr�.

Nous avons examin� le toit pour voir s'il aurait pu attacher une corde.

- Mais c'est impossible. - Je le savais.

Les blessures ont �t� faites au couteau

ou avec ce rasoir.

''PD'' Ce sont bien vos initiales ?

Ce rasoir m'appartient.

J'ai d� le perdre. �a ne veut pas dire que je suis le tueur.

Le corps �tait dans la chemin�e.

Est-ce que �a prouve que je l'y ai mis ? R�fl�chissez !

Comment j'aurais fait s'il a fallu quatre hommes pour le d�gager ?

Tout comme vous saviez que cette fen�tre devait s'ouvrir

vous avez eu la force d'attacher ce cadavre puisqu'il �tait l�.

Emmenez-le.

Regardez, c'est Dupin, le tueur !

L'assassin en personne, hein ?

Paul Dupin ! L'atelier o� est morte la mod�le.

Paul ! J'ai appris qu'on devait vous amener ici.

- Vous me croyez ? - Vous savez que oui.

- Faire les yeux doux � ce maniaque ! - Elle veut mourir !

Bas les pattes !

- Docteur, prenez soin d'elle. - Comptez sur moi.

Plus je c�toie ces gens, plus j'aime mon zoo.

Qu'est-ce que vous en dites Dupin ?

Tout est comme vous l'avez laiss� ?

Vous perdez votre temps inspecteur. Vous ne me forcerez pas � avouer.

Nous sommes pr�ts.

D�tachez-le.

Votre sang-froid m'a toujours �pat�

mais c'est vrai qu'il en faut pour commettre de tels crimes.

Il faut aussi de l'audace pour passer par l�.

Si ce n'est de la folie.

Vous avez tous entendu sa voix. Vous l'aviez d�j� entendue ?

C'est la voix qui venait de cette chambre !

Vous mentez !

Vous reconna�triez n'importe qui.

Surtout quand il est en col�re.

C'est la m�me voix mais pas les m�mes paroles.

Il parlait italien.

Italien ? Vous parlez l'italien ?

Non, mais je reconnais l'intonation.

Moi je le parle, c'est ma langue. C'�tait de l'espagnol.

De l'espagnol ?

Qu'est-ce que j'ai dit en espagnol ?

Je ne pr�tends pas conna�tre les paroles.

- Mais vous connaissez l'intonation. - Oui.

Les t�moins du meurtre d'Yvonne

juraient qu'il parlait allemand sans conna�tre la langue.

Vous croyez � ces t�moignages ?

Ils sont fiables.

Votre dossier universitaire

fait �tat de dipl�mes en allemand, en italien et en espagnol.

Emmenez-le.

Nous allons reconstituer vos gestes apr�s le meurtre.

Votre fuite m'a longtemps laiss� perplexe

jusqu'� ce que je d�couvre ces marquises.

Qu'est-ce qu'elles prouvent ?

Elles expliquent la mani�re dont vous avez fui.

Regardez.

Allez-y ! Vous pouvez y arriver.

Il n'y arrivera jamais enfin !

Allez !

Alors inspecteur ?

Pour vous, c'�tait vital. Lui, il travaille.

Non, c'est morphologique. �'aurait �t� pareil pour moi.

Aucun �tre humain ne peut faire un tel saut.

Allons, rentrons.

Aucun �tre humain...

Inspecteur !

Et si ce n'�tait pas un homme ?

Quelqu'un comme vous alors ?

Vous n'y avez jamais pens� ? Vous n'entrevoyez pas la v�rit� ?

Un tueur assez agile et assez grand pour se d�placer comme �a dans Paris,

assez sauvage pour briser cette fen�tre,

assez fort pour ficeler un corps dans une chemin�e.

Un tueur qui parle une langue trop �trange pour �tre reconnue.

Pourquoi ?

Parce que cette langue n'est pas humaine !

C'est �a, c'est un animal !

Quoi ?

Vous avez vu les cadavres ! Quel animal aurait fait �a ?

Un animal ayant des mains, un singe.

Un singe ?

Colossal, puissant et sauvage ?

Un fant�me de votre imagination n� d'un profond d�sespoir.

Un singe fant�me !

Un vrai singe !

Tr�s bien.

Votre singe aurait achet� des bracelets pour ses victimes

avant de les tuer.

Des clochettes.

Ce singe a l'oreille musicale.

Inutile de prouver que vous �tes fou, on le sait,

mais ne nous rendez pas fous.

Attendez Bonnard !

- Ecoutez-moi. - Je n'�couterai que vos aveux.

Emmenez-le.

Jacques !

Comment va ? �a fait une paye !

Vous confondez.

C'est moi, Maurice. On a embarqu� � Malte.

Tu te souviens ?

On n'a jamais embarqu� ensemble.

Comment oublier cette trogne et ta bestiole ?

Un singe. Un vrai monstre captur� � Madagascar.

Il lui a arrach� un �il.

Un soir il s'est �chapp� et devinez quoi...

Maurice.

C'est bien votre nom, n'est-ce pas ?

�a y est, tu te souviens.

Bien s�r.

Le cognac qu'ils servent ici attaque le cerveau.

Je suis b�te de ne pas boire le mien.

J'en ai dans mon baluchon dehors.

On va en boire un coup ?

Avec plaisir Jacques.

Allons-y.

C'est en bas au bord de l'eau.

Dr�le d'endroit pour garder son cognac

mais de ta part, rien ne m'�tonne. Tu sais ce qu'on disait de toi ?

Le singe ne singe pas Jacques mais Jacques singe son singe !

C'est l�, dans le bateau.

J'esp�re que les p�cheurs ne m'ont pas vu le cacher.

- Va voir. - Oui. Merci Jacques.

Je ne trouve rien.

Comment ils vont ?

Bien docteur.

Ces deux-l� viennent d'Amazonie.

Ce sont de beaux sp�cimens.

Nous aurons la plus belle collection d'Europe.

Oui docteur.

Jeannette, je me demandais si vous aviez eu mon message ?

C'est tr�s dur, vous vous en doutez.

Les visites � la prison, le laboratoire...

C'est inutile. Sans Paul ce n'est plus un laboratoire.

Vous devriez chasser Paul de votre esprit pour quelque temps.

Ici vous pourrez penser � autre chose.

Et votre aide me serait pr�cieuse.

Vous �tes un fin psychologue.

Comment vous remercier ?

Toujours aussi maladroit !

Je vais l'attraper.

Vous avez eu peur. Il est tout � fait inoffensif.

Ce n'est pas lui qui me fait peur.

C'est Jacques ?

Je vous promets qu'il ne mettra pas les pieds au laboratoire.

Excusez-moi pour le d�sordre.

Au contraire, j'allais vous f�liciter.

C'est comme si votre assistante �tait encore l�.

Quelle belle �criture !

�a sera dur de faire mieux.

C'est la description des gazelles que nous avons achet�es � Hambourg.

Elles �taient si nerveuses le jour de leur arriv�e.

C'�tait il y a cinq ans.

- Cinq ans ? - Oui.

Et le stylo est encore l� ?

Vous voyez,

mon assistante �tait aussi ma femme.

Elle est morte cette nuit-l�.

Je suis d�sol�e.

Vraiment.

Je suis peut-�tre trop sentimental.

Mais en tant que psychologue et zoologue

je pense qu'il vaut mieux ext�rioriser ses �motions.

Venez.

Je ne peux montrer �a qu'� vous.

C'est sa chambre, telle qu'elle l'a laiss�e.

On dirait qu'elle va revenir dans un instant.

Pendant longtemps j'ai voulu le croire.

Elle aimait bien ce genre de b�tises.

Ainsi, elle oubliait qu'elle vivait

au milieu des lions et des tigres.

Elle avait peur ?

C'est ce qui explique ces grilles ?

Oui.

Je lui disais qu'elle �tait une enfant.

Mais vous n'auriez pas peur vous.

Il a �t� peint peu avant sa mort.

- Elle �tait si jeune. - Trop jeune.

Elle s'est suicid�e.

C'est pourquoi j'�tudie la psychologie

et je cherche � comprendre l'esprit humain,

le sien et le mien.

Vous allez d�couvrir notre plus beau joyau.

L'acc�s est interdit au public et � la plupart des employ�s.

Quel myst�re !

Comme pour tous les myst�res la solution est tr�s simple.

Vous �tes aussi nerveux que moi,

comme un sculpteur qui d�voile son �uvre.

C'est vrai mais je ne la d�voilerai qu'� vous.

Si tu veux la balle Sultan, prends-la.

Vas-y Sultan.

Prends la balle.

Tu ne veux pas la balle Sultan ?

Tiens. Prends la balle.

Regarde.

Maintenant je sais pourquoi l'acc�s est interdit.

Il n'est pas dangereux

mais les gorilles ont une f�cheuse tendance � imiter les hommes.

Je le tiens � l'�cart pour pr�server son intelligence.

Vous voyez cette balle ? Vous voyez ces objets ?

Ce sont plus que des jouets. Aujourd'hui

il est aussi intelligent qu'un enfant de trois ans.

Un enfant tr�s imposant.

Et fort sympathique. Regardez.

Je ne lui ai pas appris �a.

C'est comme �a que les gorilles manifestent leur affection.

C'est comme une poign�e de main.

- S'il ne mord pas, c'est amical ? - C'est �a.

Jacques n'a pas encore eu cet honneur.

Tu es jaloux, hein ?

Approchez-vous un peu plus, voyons sa r�action.

Je ne suis pas s�re de vouloir voir.

Vous devriez vous sentir flatt�e.

J'�tais certain qu'il vous aimerait.

Je ferais mieux de partir, une premi�re visite doit �tre courte.

Tr�s bien mais nous reviendrons demain.

Allez au bureau, je vous rejoins.

D'accord.

Vous n'auriez jamais d� l'amener !

Elle t'apprendra beaucoup de choses.

Il te d�teste parce que tu as peur.

Avance !

Allez !

Tu sens la peur. Tu empestes !

Mais elle Jacques... tu as vu ?

Arr�tez-le !

Sultan, regarde !

Tu peux encore me remercier.

Je ne vous remercierai jamais !

C'�tait ma b�te ! Vous en avez fait un tueur !

Tu as d�j� oubli� la rue Morgue ?

- Il a tu� avant que je le connaisse. - C'�tait un accident.

J'aurais d� aller voir la police. Si vous m'aviez fait moins peur...

Ils n'ont pas trouv� ton �charpe ?

Tu as de la chance d'�tre tomb� sur moi.

Vous croyez que la police va rester aveugle ?

Vous allez nous envoyer � la guillotine.

Tout �a est termin�.

Termin� ? Jusqu'� quand ?

Vous croyez que Dupin vous prot�ge ?

Elle vous abandonnera comme les autres.

Pas comme les autres, elle n'est pas comme les autres.

Il le sent lui aussi.

Elle est brave, compr�hensive.

Si je l'avais connue plus t�t elle aurait �t� la seule.

Vous dites �a � chaque fois !

Comme tous les idiots tu prends vite peur.

La police tient son meurtrier.

Le dossier est clos. Il l'est pour de bon.

Tu es � moi, tu comprends !

Tu es � moi !

Ob�is-moi ! Tu es � moi !

Je n'aurais peut-�tre pas d� entrer

mais apr�s ce que vous m'avez racont�

j'avais envie de la revoir, pour tenter de comprendre.

Vous �tes la seule personne que je puisse tol�rer ici.

Vous �tes ici chez vous, encore plus qu'elle.

- Comment vous pouvez dire �a ? - C'est vrai.

Jeannette, vous devez recommencer � vivre maintenant.

Il faut vivre pour vous et pas pour un homme emprisonn�.

Je crois encore en la justice.

- S'il est innocent. - Il est innocent.

Si le pire devait arriver nous devrions l'affronter ensemble.

Jeannette, vous comprenez ce qui vient de se passer ?

Non. Je ne comprends rien d'ailleurs !

Pourquoi vous dites �a de Paul ?

Comment oublier cette chambre ?

Laissez-moi partir ! Je veux partir avant de dire ce que je ressens.

Laissez-moi partir !

Qu'est-ce que vous ressentez ?

Je ne sais pas.

Votre voix, votre main...

Vous me faites peur. Oui, peur.

Je sais maintenant ce que je vois dans ses yeux.

De la peur.

Elle avait peur elle aussi.

Si c'est ce que vous pensez j'ai eu tort.

Je me suis tromp� du d�but � la fin !

J'oubliais.

C'est pour vous.

De la part de Paul.

Il m'a demand� de l'acheter pour vous.

Merci.

Au revoir. Excusez-moi.

Ne partez pas.

Pas maintenant.

Comment �a ?

Je croyais que vous �tiez une psychologue, une scientifique.

Je pensais que vous me comprendriez

mais vous �tes un petit animal sensible, tout comme elle.

Elle est comme toi, comme les autres !

Elle me m�prise, elle me d�teste !

Ces grilles ne la prot�geaient pas, c'�tait votre prisonni�re !

- Qu'est-ce que vous lui avez fait ? - Rien.

Rien � c�t� de ce qu'elle m'a fait.

En �change de mon amour elle m'a fait l'insulte supr�me,

elle a choisi la mort

plut�t que moi.

Marie

la sourde-muette que vous nous avez pr�sent�e

a �t� rejet�e par son mari.

Pas �tonnant que vous la compreniez. Vous �tes aussi fou qu'elle !

Je r�fl�chis, je prot�ge ma sant� mentale.

Mais apr�s ce que j'ai subi, j'aurais mieux fait de la tuer.

Je voulais tuer toutes celles qui lui ressemblaient.

Mais comme on dit ''Tu ne tueras point.''

J'aurais d� devenir une autre Marie,

un �tre avili par les notions de bien et de mal ?

Il me fallait une �chappatoire et je l'ai trouv�e.

Personne ne vous entendra.

Les r�gles sont strictes. On n'approche pas de chez moi !

Je vous en prie, laissez-moi partir !

Personne ne saura rien de tout ce que vous m'avez dit.

Vous n'avez pas � me craindre.

Je n'ai jamais tu� personne.

Ma conscience est aussi tranquille que mes mains sont propres.

Laissez-moi sortir d'ici !

Esp�ce d'imb�cile !

Je le retrouverai.

Il le faut !

Entrez Dupin. Il para�t que vous avez des aveux � faire.

C'est le seul moyen de m'entretenir avec vous.

Gardes, d�tachez-le !

Vous parlerez des singes si �a vous chante professeur

mais apr�s avoir sign� �a.

Vos aveux.

Ils sont r�dig�s.

Vous aviez raison pour autre chose.

Un singe ne peut pas acheter un bracelet. Un homme, si.

- Naturellement... - Un homme qui sait dresser les singes.

Vous pourrez faire une conf�rence sur ce sujet passionnant.

Vous connaissez d�j� le sujet, gr�ce au plus grand sp�cialiste.

La petite souris qui r�pond � la cloche.

- Quel rapport avec vos aveux ? - C'est �vident !

Quand vous m'avez montr� �a j'ai tout compris.

Si une souris peut �tre dirig�e par une cloche

un singe peut �tre dirig� par des clochettes !

C'est la seule fa�on d'expliquer ces meurtres.

Passez ces aveux au Dr Marais.

Vous vous souvenez de la souris, comment elle tuait,

de son cours sur la pauvre Marie.

Il nous expliquait son propre cas !

�a faisait partie de son plan.

Peu de gens auraient pu me voler �a.

Il n'y a pas de temps � perdre !

Mais vous ne comprenez donc pas ?

Pourquoi je suis ici ? Pourquoi il a offert �a � Arlette ?

Pourquoi avoir choisi Camille pour victime ?

Dans le but de m'impliquer et d'avoir Jeannette.

C'est la suivante sur la liste ! Il faut r�agir !

En effet.

Je ne vous oublierai jamais.

Vous ne me croyez pas.

Vous croire ?

- Gardes. - Attendez Bonnard !

Au moins faites une enqu�te, v�rifiez ce que je vous ai dit.

Promettez-moi de le faire.

Vous entrerez dans l'Histoire.

Votre portrait sera expos� au mus�e des bandits.

Inspecteur, je viens de voir...

Il a encore frapp� !

- Qu'est-ce que vous dites ? - Il a tu� une autre femme.

Une modiste. On pensait que c'�tait un mannequin

mais on a trouv� un corps mutil� dans l'arri�re-boutique.

Idiot ! Comment ce serait possible ?

C'est impossible.

Ce n'est pas impossible, je l'ai vu de mes yeux.

Ce doit �tre la fatigue, �a ne se peut pas.

Comme vous voudrez mais mes chevaux ne se trompent jamais.

Je l'ai vu de mes yeux. C'�tait...

Quoi madame ?

C'�tait un singe !

Un singe ?

Un homme l'accompagnait, un monsieur distingu�.

Ils ont disparu tout d'un coup par une bouche d'�gout.

Monte.

Ob�is !

Tue Sultan !

Le verrou.

Bloquez les issues !

Enfoncez-la !

L�-bas !

Il tient Jeannette !

Le fusil, vite ! Trouvez Marais !

Le filet !

Inspecteur !

Nous avons Marais.

Amenez-le-moi.

Marais, d�brouillez-vous, ma�trisez cette b�te.

Faites-le descendre !

Il ob�ira. Sultan ob�ira.

Sultan !

Regarde !

Tue Sultan !

Marais, taisez-vous !

Tr�s bien. Tuez-le.

C'�tait le dernier lien entre vous et le royaume animal.

Sans parler de celui qui vous rattachait � la police.

Voil�.

Je devais vous offrir un bracelet, j'esp�re que celui-ci conviendra.

Merci.

Essayez le fermoir.

Il ne s'ouvre pas.

C'�tait la seule bonne id�e de Marais. C'est pour la vie

mais sans cloches.

Il y en aura bien assez � l'�glise !

MEURTRES DE LA RUE MORGUE

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