All language subtitles for Last.Rampage.The.Escape.of.Gary.Tison.2017.MULTi.1080p.BluRay.x264.AC3-EXTREME.FR

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Original subtitles

"Moi, ton Dieu, je suis un Dieu jaloux

qui punit l'iniquité des pères sur les enfants

jusqu'à la troisième, voire la quatrième génération de ceux qui me haïssent."

Exode 20.5.

Enculé !

Enculé !

Ceci est une histoire vraie.

Trois semaines plus tôt

- J'ai rêvé du paternel. - Quoi ?

- J'ai rêvé du paternel. - C'était bien ?

Oui. Il savait qu'on allait réussir.

- "Le sang appelle le sang", qu'il disait. - Ça lui ressemble bien.

Pourquoi ça s'appelle le pénitencier de l'État d'Arizona ?

- Tu veux qu'ils appellent ça une église ? - Non, c'est une prison.

- Eh oui. - Pourquoi ils disent pas ça ?

C'est un joli mot pour "prison". Comme "maison centrale".

Ah, c'est une prison ? Je croyais que c'était une maison au milieu de la ville.

Faut raconter ça à papa, il va bien se marrer.

Taisez-vous et écoutez. Faites exactement ce qu'on a dit.

Pas de seconde chance. On peut pas se planter.

On te suit jusqu'à ce qu'on récupère le vieux. Après, c'est lui le chef.

- Oui, mais pour l'instant, c'est moi. - Oui, chef.

Déchaînés

Pénitencier de l'Arizona Dimanche matin, 30 juillet 1978

- Bonjour. - Bonne journée ?

- On espère. - Il y a quoi, dans ce sac ?

Deux dimanches d'affilée, pas de bol, Eddie.

Comme dit Johnny Cash, le dimanche, ça va, ça vient.

Visiteur !

Papa...

- Donnie est venu ? - Oui.

Je savais pas s'il viendrait, mais je savais que je pouvais compter sur toi.

Ça, oui.

Maman t'a fait des sandwichs.

Faut que je mange un bout.

Sécurité, ouvrez la section A.

Détenu en sortie.

Greenawalt, au boulot.

C'est quoi, ça ?

C'est Noël en avance. La dernière machine IBM, la Selectric.

Toutes les petites secrétaires en rêvent.

Alors ?

J'aime pas les machines électriques. Leur bruit me fout la migraine.

Les voilà !

Je m'attendais à vous voir vu que votre frangin est là.

Faites voir.

Du calme. Faites pas de connerie et ça ira. On veut blesser personne.

- Posez ça. - Garde-les en joue, Ricky.

- Doucement, Greenawalt. - À terre. Sans bouger.

- Fais pas de connerie. - Vous non plus.

Vite !

On la ferme ! Fermez-la !

Personne ne bouge.

Papa...

Bougez pas.

- Reste calme, vieux. - C'est bon. Ça va.

Papa.

Un doigt sur ces boutons et je vous descends tous.

- Enlevez vos ceintures, tous les deux. - Du calme.

- Et pas de sale blague. - Non, t'inquiète pas.

Je m'inquiète pas. Si vous déclenchez une alarme ou autre chose,

je repeins les murs de votre sang.

Restez à terre.

Allez, Rick.

Garde-les en joue.

Habillez-vous vite. Et on les enferme. Vite.

Entrez là-dedans. Allez.

- Magnez-vous. - Allez.

Entrez là-dedans. Les gars, récupérez les armes.

La dernière fois que j'ai vu une paire comme ça, c'était dans un magazine.

- Vous allaitez ? - Oui, monsieur.

Le petit veinard. Allez, on se casse !

Sortie de visiteurs via la porte sud.

Je suis épaté, les gars.

C'est comme Noël. Tu te souviens, papa ?

C'est Noël, Pâques et ton anniversaire, tout-en-un. Nom de Dieu !

Et toi, vieux ? Ça va ? Maintenant que tu es un homme libre ?

Tu viens de te faire la malle sans avoir tiré un coup de feu.

- Aussi propre que la Bible d'une pute. - Comment ça, papa ?

Les putes n'ouvrent jamais leur Bible.

- C'est quoi, ça ? - La voiture qu'il nous a filée.

Je voulais un 4x4. On va traverser le désert avec ce veau ?

Oncle Joe a dit qu'il n'a rien pu trouver de mieux.

Oncle Joe est un minable. File les clés, je vais la conduire, cette caisse.

- On est en retard, Jack. - Non, ça va aller.

Aide-moi avec ça.

John Cooper, sans moi, je te jure que...

Tu jures avant d'aller à l'église ?

Allons-y vite, avant que tu nous envoies en enfer.

- Tu vois ce que je veux dire. - Oui.

- Laisse sonner, Jack. - Non, je prends.

Cooper ?

Ici M. Blackwell. Vous pouvez venir ?

- Pour quoi ? - Il y a eu une évasion.

- Gary Tison... - D'accord, j'arrive.

Qu'y a-t-il ?

- Gary Tison s'est échappé. - Tison ? Comment est-ce possible ?

Ce qui me surprend, c'est qu'il ne l'ait pas fait plus tôt.

Tu vas faire quoi ?

Je vais le ramener en prison.

Tu dois aller les chercher. Ils sont à Hyder.

Tu ne devrais pas m'appeler ici.

Ils n'auront pas le temps de me repérer.

Tu avais une adresse. Une cabane dans la montagne.

Il s'est fait la malle sans me donner le temps de m'organiser.

Je peux pas tout lâcher.

À ta place, je m'occuperais de trouver cet avion

ou tu auras leur mort sur ta conscience.

Fini la parlotte, il est temps d'agir.

- Salut. Assieds-toi. - Salut. Merci.

Je te sers quoi ?

Une tasse de café et une part de tarte au citron du Tennessee.

- Désolée, je lui ai servi la dernière. - Ah oui ?

Pardon.

Tarte aux pommes ?

- Une boule de glace ? - Évidemment.

Évidemment.

- Vous êtes du Tennessee ? - Non. Et cette tarte non plus.

J'aime bien vos cheveux.

Merci, ma belle.

- Dorothy Tison ? - Qu'est-ce que vous me voulez ?

- Vous allez devoir nous suivre. - Qu'est-ce qu'elle a fait ?

Madame !

Votre mari s'est échappé de prison. Suivez-moi.

Pour sa propre sécurité.

- Vous voulez que j'appelle quelqu'un ? - Non. J'ai l'habitude du panier à salade.

On a Dorothy Tison. Dis à Cooper qu'on arrive.

On y va.

Ici Fuller. Tu as quelque chose sur une évasion ?

Vous avez vu la tête d'Eddie quand il a vu mon gros calibre ?

Il se chiait dessus, ce bâtard.

On aurait dit qu'ils espéraient que quelqu'un les défende.

Ça me fait trop marrer quand j'y repense.

Vous avez vu ?

Pas un blessé, on est déjà loin et papa est libre.

Écoutez bien.

Donnie, tu mettras une housse sur la voiture quand elle aura refroidi.

Ray, tu prends le premier tour de guet.

Ricky, va écouter ce qu'ils disent à la radio.

- On va passer à la radio ? - En haut du hit-parade.

- Randy, qu'est-ce que j'ai dit ? - Y a de la bière dans la glacière ?

Les autorités disent contrôler la situation.

Ils ne sont pas dangereux,

mais si vous les voyez, éloignez-vous et appelez la police.

- C'est une bonne nouvelle. - Pourquoi ?

Les gens vont nous foutre la paix.

S'ils contrôlent la situation, ils sont à nos trousses ?

- Ou ils bluffent. - Voilà ce qu'on va faire :

on se fait petits, comme ils ont dit à la radio.

Oncle Joe va venir nous chercher en avion, direction le Mexique.

Et s'il est en retard, il y a une banque qu'on peut se faire dans le coin.

Les casinos y déposent leur fric, ça déborde de partout.

C'est la chose à faire ? Braquer une banque en cavale ?

- Tu as combien sur toi ? - Pas beaucoup.

Donne-moi un chiffre. Vide tes poches.

Huit dollars.

Tu crois que ça va suffire ? Alors, laisse-moi faire.

Je suis si fier de vous.

La loi ne peut pas séparer ce que Dieu veut réunir.

Le sang appelle le sang. Et le sang répond.

Je vous aime.

Au fait, papa...

- Quoi ? - Dis-lui.

J'ai rêvé de toi. Et tu disais ça : "Le sang appelle le sang."

Vous entendez ? Mon cadet, enfin à ce qu'on sait,

qui rêve de ce que je dis le jour suivant.

C'est pas le plus malin, mais il en a dans le ventre et c'est pareil.

- Pleure pas, gamin. - Je suis pas triste. Je suis content.

Content que tu sois là, papa.

- Et je suis content d'être là. - Il vient avec nous au Mexique ?

- Je t'ai dit de me laisser faire. - Le sang appelle le sang.

- Il est ni mon sang ni le tien. - Pas que tu le saches.

Il est quoi, alors ? Un cousin ? Un oncle ? Faut l'appeler Oncle Randy ?

Il est pas de ton sang, mais il est du mien. Et tu sais quoi ?

Il prendrait une balle pour moi. Et il en distribuerait aussi.

Quand les portes de l'enfer s'ouvriront pour nous avaler,

tu feras la même chose ?

Oui. Évidemment.

Tu es l'aîné, Donnie.

Tu dois montrer l'exemple. Je dois pouvoir compter sur toi.

Oui, papa.

- Hé, papa ? - Oui ?

Elles sont belles, les Mexicaines ?

Je sais pas, mais elles sont plus chères que la gnole.

Dites pas à votre mère que j'ai dit ça.

On concentre toutes les unités au nord de Casa Grande. Reçu.

Je veux vous poser quelques questions pour comprendre ce qui se passe.

- Je ne comprends pas trop moi-même. - Élucidons ça ensemble.

Vous savez pourquoi vous êtes là ?

- Ils ont parlé d'une évasion. - C'est ça.

Je ne vois pas comment je peux vous aider avec ça.

Vos fils Richard, Raymond et Donald

ont aidé votre mari et un autre meurtrier, un certain Randall Greenawalt,

à s'échapper ce matin.

Quand avez-vous été en contact avec votre mari pour la dernière fois ?

"Un".

- Pardon ? - Mon mari et "un autre" meurtrier ?

Mon mari n'est pas un meurtrier.

Vous savez... Deux de vos fils sont majeurs.

Ils seront jugés en tant qu'adultes.

- Parce qu'ils aiment leur papa ? - Ils aiment papa, bien sûr...

Vous lui rendez visite une fois par semaine ?

Chaque dimanche.

- Vous l'avez donc vu dimanche dernier ? - Oui.

Et vous ne saviez rien de cette évasion ?

Vous parlez d'évasion, mais je ne sais même pas si c'est vrai.

Le type qui s'est évadé avec lui, Randy Greenawalt, vous le connaissez ?

- C'est peut-être lui le cerveau. - Vous le connaissez ?

Je ne sais pas. Je ne vois pas comment vous aider.

Commencez par la vérité, c'est ce qu'il y a de plus facile à retenir.

- Je veux vous demander quelque chose. - Allez-y.

- Direz-vous la vérité ? - Je vous le jure.

J'ai besoin d'un avocat ?

- Qu'est-ce que tu fais ? - Je suis pas ton oncle.

- Je sais, oui. - Mais je peux te corriger tout pareil.

Retourne te coucher.

C'est moi qui donne les ordres. Avec Gary.

Et je t'ordonne de te lever et de faire le guet.

Bouge ton cul.

- Tu devais faire le guet. - Désolé, je me suis endormi.

Laisse-moi te demander quelque chose. Ta mère m'a dit que tu avais des doutes.

Mais je lui ai dit qu'avec toi, pas besoin de s'inquiéter.

- Je me suis trompé ? - Non.

- Donc je n'ai pas à m'inquiéter ? - Pas pour moi.

Tu ne connais pas Randy comme moi. Il m'a aidé plus d'une fois en taule.

Oncle Joe va venir en avion et tout va bien se passer.

- Que Dieu t'entende. - Je savais pas que tu croyais en Dieu.

Chut, Il le sait pas.

Emmène Ricky en ville. Pour faire des courses. Pour qu'on mange.

Et deux cartouches de blondes king size.

Debout, trouduc. On va en ville.

- Bonjour. - Salut.

- Sympa, votre magasin. - Ce n'est pas le mien.

Sympa quand même.

...pour voies de fait graves et meurtre. Prisonniers évadés

On prend nos trucs et on se casse.

- Vous avez des cigarettes king size ? - Certainement.

Ces hommes sont armés et dangereux. Èvadés

Armés et dangereux

- Elle m'a souri. - Je te la laisse, vu le boudin.

- Tu la trouves moche ? - Il faut aimer la moustache.

Hé, regarde.

Il faut la changer.

Aucun de vous trois n'a pensé à vérifier la roue de secours ?

On a tous les flics du pays au cul et vous pouvez pas faire mieux ?

- Désolé. - Ta gueule !

- C'est de ma faute. - Ta gueule !

Bon, écoutez.

On ne peut plus se permettre de merder. Pigé ?

- Pigé ? - Oui.

Putain !

Qu'est-ce que tu regardes, Donnie ?

- Ça va aller. - Je sais.

On va essayer de trouver un pneu. Ou un garage.

On fait ce que Gary dit.

- Allô ? - Dorothy Tison ?

Je m'appelle Marisa Fuller. Je suis journaliste.

Mme Tison ?

Mince.

Les unités terrestres sont attendues au poste 7.

- Bonjour. - Le directeur, M. Blackwell.

Il est occupé.

Dites-lui que John Cooper est là. Il me connaît.

- Je vais voir. - S'il vous plaît.

- Quelle merde, hein ? - Vous en savez plus ?

Qu'y a-t-il à savoir ?

Tison et son acolyte sont sortis comme on sort d'un moulin.

Et moi j'ai l'air de... Attendez.

Blackwell.

Eh bien, faites-le.

Et faites-le bien pour une fois. Ce qui veut dire discrètement.

Vous pouvez sûrement m'expliquer

pourquoi ces deux-là n'étaient pas enfermés dans leur cellule.

Écoutez, ils ont eu d'excellents rapports.

L'année dernière, il y a eu une émeute et ils n'y ont pas participé.

Ils avaient demandé un transfert. Ça a été accepté,

donc on les a transférés.

Est-ce la procédure standard pour les meurtriers ?

Peu importe. Avez-vous consulté le registre des visiteurs ?

Pourquoi ? Ce sont ses fils qui l'ont sorti.

- Personne d'autre ? - Qu'est-ce que vous insinuez ?

Vous dites qu'ils sont sortis comme d'un moulin. Qui leur tenait la porte ?

Je n'aime pas votre ton. Ils étaient lourdement armés.

Mes hommes ne les ont pas aidés. Je le jure devant Dieu.

Personne n'organise un truc pareil sans que ça se sache.

Vous avez parlé à des codétenus de Tison ?

Donc vous l'avez fait. Quoi ? Vous étiez au courant ?

Un certain Tucson est venu me raconter une histoire abracadabrante.

Un ramassis de conneries.

Alors, oui, je savais qu'il allait y avoir du mouvement,

mais si j'écoutais toutes les rumeurs et les bruits de couloir,

- j'en verrais pas le bout. - Mais ça pourrait empêcher des évasions.

Facile à dire après coup. Mais si vous voulez les coincer, allez-y.

Mais tout ce que je sais, c'est qu'ils ne sont pas ici.

Je veux voir le registre des visiteurs.

Mme Tison, parlez-nous de votre mari et de vos fils.

Saviez-vous ce qui allait arriver ?

Que voulez-vous ?

Je vous ai fait une tarte au citron du Tennessee.

Mais les citrons ne viennent pas du Tennessee.

Bon.

- Vous voulez quoi ? - Vous parler.

- Vous êtes l'une d'eux. - Marisa Fuller, journaliste criminelle.

Si vous croyez que je veux voir ma tête à la télévision !

Je veux entendre votre version de l'histoire.

- Quelle histoire ? - La vérité.

La chose la plus facile à retenir.

- Vous pensez qu'ils veulent la vérité ? - Je ne parle qu'en mon nom.

Je suis coincée ici comme un animal. Je dois aller dans un motel.

Je peux vous y conduire.

- Je ne voudrais pas vous embêter. - Ça ne m'embête pas.

J'ai toujours voulu une fille. Quel âge avez-vous ? 20, 22 ans ?

J'ai 23 ans.

C'est un tout petit peu plus que mon Donnie. C'est un bon garçon.

Parlez-moi de lui.

Alors ?

- Ça s'enfonce jusqu'au nez de Jefferson. - C'est celui Washington.

- On s'en fout. C'est quoi, comme pneu ? - Ceux qui ont une bande blanche.

Je vois, oui. Mais c'est quelle marque ? Goodyear, Firestone ?

- BF Goodrich. Ça change quoi ? - Ça change tout.

Mais c'est bien, BF Goodrich. C'est pas une saloperie japonaise.

On attend Oncle Joe un jour de plus ? Peut-être qu'ils l'ont coincé.

Cet avion ne viendra pas. On part ce soir, on conduira tant qu'il fait frais.

Chargez la caisse. Je vais le tuer quand je le choperai.

- Allez, on charge la bouffe et le reste. - Ramène-toi, Rick.

Et là. Regardez comme il est beau.

Trop mignon. Ça a dû être dur d'élever ces enfants sans père.

- Vous les traitez de bâtards ? - Désolée, je ne voulais pas dire ça.

- Je sais ce que vous vouliez dire. - Qu'il n'était pas à la maison.

Drôle de tournure de phrase.

Ces gars connaissent mieux leur père que la plupart des fils.

C'est pour ça qu'ils ont fait ça. Par amour. Pour un homme innocent.

Vous les aimez, c'est évident.

- Vous allez m'interviewer ou pas ? - Je ne sais pas par où commencer.

Lundi 31 juillet 1978

- Merde ! - Gare-toi.

- Mais gare-toi, nom de Dieu ! - Oui.

Putain ! Nom de Dieu de merde !

Saviez-vous que Gary a été mon seul et unique homme ?

Il m'a fait la cour comme un gentleman.

Rencontré en prison ?

Je suis allée lui rendre visite avec sa sœur.

- Comment s'est-il retrouvé en prison ? - C'est une série de malentendus.

Gary est bon. Parfois, les hommes bons écoutent des hommes mauvais.

On ne lui a pas donné les meilleures cartes et le sort s'acharne sur lui.

Coupez.

Pourrait-il faire ce dont on l'accuse ?

Tout le monde pourrait le faire. Mais l'a-t-il fait ?

On sait bien que non.

J'ai lu dans le compte rendu que vous avez apporté un pistolet...

- Le compte rendu ? - Du tribunal. Daté de 1969.

Votre mère ne vous a jamais dit de ne pas croire tout ce que vous lisez ?

Sans doute que si, mais vous êtes jeune et naïve, vous ne savez rien de la vie.

À savoir ?

Le monde est plein de menteurs et de salopards.

Certains mentent et appellent cela la loi.

Comme si ça les cachait de l'œil de Dieu.

Pourquoi mes garçons ont pu le libérer si facilement ?

Parce que Dieu veillait.

Et Il sait. Et ça devrait vous suffire.

Écrivez ça.

- Salut. - Salut. Un problème ?

Merci. On a crevé, mais on n'a pas de roue de secours.

- Pourquoi avez-vous le capot ouvert ? - Restez tranquille et tout ira bien.

Allez, ma belle. Sortez. Rejoignez votre mari.

- Je ferai tout ce que vous voulez. - Tante Donna ?

- Ne bouge pas. - Voilà.

Je ne partirai pas sans mon bébé. Il est sur le siège arrière.

Il s'appelle Christopher. Christopher Lyons.

Il y a un bébé.

- Viens avec maman. - Prenez-le.

Merde !

C'est un enfant innocent. Il n'a jamais fait de mal à personne.

Pensez-y.

Tu veux faire quoi, Gary ?

Allez vous asseoir sur le siège arrière de cette Chrysler.

Toi aussi, sœurette. Sors. Allez.

- Tu veux faire quoi, Gary ? - Merde, pourquoi il était pas seul ?

- On veut pas de problèmes. - La ferme !

Prenez la voiture, notre argent et le reste.

Il y a un .38 dans la boîte à gants et un .45 dans le coffre. Prenez-les.

Mais ne nous faites pas de mal. Donnez-nous de l'eau et on restera ici.

- J'ai une tête à vous faire du mal ? - Non, pas du tout.

Installez-vous à l'arrière. Allez. Donnie, tu conduis.

Ray, tu vas à l'avant et tu les gardes en joue. Ricky, tu viens avec nous.

On va retourner sur le chemin pour changer de voitures.

Allez, on descend. Vite.

Donnie, tu les tiens en joue.

Prends leur argent, leurs armes, leurs papiers.

On se dépêche, on n'est pas là pour pique-niquer.

Mettez tout ce merdier dans la voiture, on n'a pas toute la nuit.

- Tu en as déjà utilisé un ? - J'ai fait mon service militaire.

C'était pas ma question.

Faites taire le chiard, s'il vous plaît.

On ne sait pas qui vous êtes et cela ne nous concerne pas.

- Mais qu'est-ce qu'il fait, là ? - Solide, une Chrysler.

- Elle est prête pour le départ ? - Pour sûr.

- Donnie, fais-les monter dans la voiture. - Écoutez.

On fera tout ce que vous voulez, mais ne faites pas de mal à ma famille.

On ne veut faire de mal à personne. Détendez-vous.

- Papa, je peux te parler ? - Le soleil va se lever.

Je sais. Mais je veux savoir ce que tu vas faire avec cette famille.

Allez !

- Va me chercher de l'eau. - Oui.

Non. Donne.

Va avec tes frères.

Vas-y.

- Il a dit quoi ? - Ça va aller.

On fait quoi, Gary ?

- Je retourne pas au trou. - Moi non plus.

Papa ! Non !

C'est réglé.

Ray, tu conduis.

Qu'est-ce que tu fais ?

Je n'arrive pas à dormir. Retourne au lit, chérie.

- Tu veux que je te fasse du café ? - J'en ai déjà fait. Va te coucher.

Tu veux en parler ? Tu sais que tu peux me parler de tout.

Je sais, oui.

Un homme en fuite finit par ne plus avoir nulle part où aller.

Tu vas le coincer, John.

- On avance, c'est ce qui compte. - Amen.

Au lieu de faire la gueule, videz leurs portefeuilles. On a besoin de fric.

Papa, regarde ça.

Tyson. Comme nous, mais avec un Y. Elle pourrait être de la famille ?

Joe est le seul qui l'écrit avec Y. Il pense qu'il vaut mieux que nous.

- T'étais pas obligé de les tuer. - Quoi ?

Il nous fallait juste une voiture. Tu n'avais pas à les tuer.

Va dire ça à Oncle Joe.

C'est lui qui nous a filé une Chrysler sans roue de secours.

- Ils auraient pu nous identifier. - Ah oui ? Le bébé aussi ?

On lui a rendu service. Tu voulais qu'il grandisse sans parents ?

- Qu'il grandisse tout court, connard. - Tu me rediras ça en face.

Va te faire foutre, Randy.

Fermez-la et filez-moi cet argent.

Je veux plus entendre parler de ce gamin.

Salut, Joe.

- Merde. Je voulais vous appeler. - J'en suis sûr.

Ce connard me déteste. J'ai eu aucune nouvelle.

Ah non ?

Je vous jure. J'en ai juste entendu parler à la télé. Gary ne me parle jamais.

Vous savez comment il est.

Tu peux m'aider à découvrir avec qui il a parlé.

- Tu reconnais un de ces noms ? - Je sais rien, merde !

Hé ! Joe !

Un faux pas et tu peux dire adieu à ta libération et à la fac.

Tu m'aides ou je m'arrange pour que tu aies le temps de réviser ?

- T'a-t-il déjà parlé de Greenawalt ? - Non. Je vous l'ai dit, on ne se parle pas.

Regarde ça.

Il n'y a que Dorothy et les garçons qui lui rendent visite. Et son avocat.

S'il reste en fuite, il va finir par t'appeler. Tu réponds.

Et ensuite, tu as intérêt à m'appeler.

Cette femme, Simmons. Elle était la seule à venir voir Greenawalt.

Peut-être qu'elle sait quelque chose.

Caroline Simmons. Un terrain de caravanes au nord de la 134.

Reçu, je suis en chemin.

La vache.

Ça fera l'affaire.

Je suis désolé que vous ayez assisté à ça. Ça n'aurait jamais dû arriver.

C'était pas mon intention. Quand il a un truc en tête, faut qu'il aille au bout.

Je vous promets que dès qu'on arrive au Mexique, on vire Randy. D'accord ?

- Je vais chercher de la peinture. - Non, on en trouve une autre.

Tous les flics doivent être en train de chercher celle-là.

Enfin fini de chier ? Je croyais que tu étais tombé dedans.

Quoi ? Qu'est-ce que j'ai fait ?

Ce qui compte, c'est ce que tu vas faire.

Tu vas aller en ville avec Donnie et Ricky pour récupérer le pick-up de ta copine.

Allons le chercher, ce pick-up.

C'est là, arrête-toi.

- C'est lequel le sien ? - Celui-là, je crois.

- Et les clés ? - La vie a beaucoup à nous apprendre.

Viens, mon grand, je vais te montrer quelque chose.

Tu vas où ? Toi, tu restes là.

Ricky va à l'école.

- C'est bon, Donnie. - Viens.

Prêt à apprendre quelque chose ? Des leçons précieuses, mon grand.

On peut obtenir tout ce qu'on veut. Si on sait comment le voler.

Abracadabra. Ce deuxième tour de magie...

je l'ai appris dans les relais routiers.

Et voilà. Tu soulèves ça et Sésame, ouvre-toi. Après toi, fiston.

Ouvre l'autre côté.

Merci. Prêt à apprendre ce qu'on n'apprend pas à l'école ?

- Oui. - Non. "Oui, monsieur."

Montre-moi le même respect qu'à ton père.

- Oui, monsieur. - Voilà.

Prends ça.

Avec les serrures, on peut faire dans la douceur

et la finesse. Mais il arrive que ça suffise pas.

Il arrive qu'elles soient salement têtues.

Merde.

Comme ton frangin. Assis là, à nous observer.

Salut, Donnie.

Il est têtu.

Bref... Quand ça coince comme ça...

Qu'on n'obtient pas ce qu'on veut...

Il suffit d'être... plus brutal.

- Bingo ! - Putain !

Merde !

Mardi 1er août 1978

- Caroline Simmons ? - Qui la demande ?

- Police d'État de l'Arizona. - Je suis Caroline.

- Vous connaissez ce type ? - Qu'est-ce que Randy a fait ?

- Vous l'avez vu ? - Il y a 15 jours, à la prison.

- Et depuis ? - J'ai des journaux à livrer, monsieur.

"Lieutenant". Je peux jeter un œil ?

Une femme défend son mari et des fils en cavale

La réponse est "mot de passe". Joli.

Vous les livrez sans les lire ? Vous l'avez vu en première page, non ?

Je lis le courrier du cœur et l'horoscope.

Quelle est votre relation ?

- Ma relation ? - Vous allez le voir.

Il a été gentil avec mon fils quand il s'est fait arrêter. Depuis, on s'écrit.

- Il ne ferait de mal à personne. - Oui...

Contactez-moi dès que vous entendrez parler de lui.

- Qu'est-ce que je lui dis ? - Il vous écoute ?

- Je crois, oui. - Alors, dites-lui de se rendre.

Bonne journée.

- Alors ? Pas mal, non ? - Tout terrain, comme tu voulais.

C'est pas un camping-car.

- C'est un bon pick-up, papa. - Absolument.

Comment on va tous tenir dedans ?

Si j'étais toi, je contrôlerais ce poing. Pas de conneries, fiston.

Tu avais dit que son pick-up avait de quoi dormir.

Et il n'y en a pas. Mais c'est bon.

- Les gars peuvent monter à l'arrière. - Ray va devant, à côté de moi et Ricky.

Donnie et toi, vous allez à l'arrière, comme des Mexicains.

- Vous avez écrit ça ? - Mon Dieu !

Pourquoi écrire un truc pareil ?

Vous voulez que les gens aient pitié de ces animaux ?

- C'est une interview. - A-t-elle été en contact avec eux ?

Non ?

Pas que je sache.

Bloquer une enquête policière est punissable par la loi.

Vous savez que la liberté de la presse existe aux États-Unis.

J'ignore ce que vous comptez faire. Vous ne le savez pas non plus.

Je fais juste mon travail.

Soit... Si vous entendez quelque chose, je vous conseille de m'appeler.

Merde.

- Tu dors ? - Non, je réfléchis.

Oui. Moi aussi.

Ça me plaît pas, ce qu'ils ont fait. Ils étaient pas obligés de les tuer.

Je ne pensais pas à papa. Je pensais au Mexique.

- Qui fait le guet ? - Moi.

- Tu fais quoi, Donnie ? - Rien.

J'ai pissé et je tiens compagnie à Ray.

Tu dois te reposer. Tu conduis demain.

Et je ne veux pas que vous vous montiez le bourrichon.

On discutait, c'est tout.

Donnie a dit qu'on n'aurait pas dû tuer cette famille.

Écoutez-moi. Je vous l'ai déjà dit.

C'était l'idée de Randy, tout ça.

Je n'ai jamais voulu ça.

Oui, papa.

J'ai déjà fait du mal à quelqu'un qui ne le méritait pas ?

C'est comme ça qu'on vous a élevés ?

Tu penses que je suis un chien enragé à abattre ?

- Non. - Alors, ne parle pas de moi comme ça.

Et ne monte pas tes frères contre moi.

Dégage.

- Qu'est-ce qu'il a dit d'autre ? - Rien.

Tu fais du bon boulot, Ray. Tout va bien se passer grâce à toi.

Merci.

Reste attentif.

Reste éveillé.

J'entends des cavaliers.

J'ai appelé, mais c'était toujours occupé.

- Je vous remercie. - De quoi ?

- C'était une belle histoire. - Il y a toujours deux versions.

- Il fallait raconter la vôtre. - Entrez, asseyez-vous.

- On m'a appelée aujourd'hui. - Ah ?

- Vous connaissez Mary Jo West ? - De la télévision ?

Son équipe m'a appelée. Ils veulent m'interviewer demain.

Et vous voulez le faire ?

Beaucoup de gens veulent me parler. J'ai besoin d'aide.

- Je vais l'appeler. - Parfait.

- Avez-vous parlé à quelqu'un ? - Comme qui ?

- Les garçons, votre mari ? - Je vous l'aurais dit, non ?

À quelle fréquence alliez-vous voir Gary en prison ?

Nous y allons tous les dimanches.

Vous êtes allés chaque semaine en prison ?

Oui. Dès qu'ils ont pu, les garçons y sont allés seuls,

parfois à des heures différentes, mais tous les dimanches.

Les garçons ont besoin de Jésus. Et de leur père.

- C'est quoi, ces conneries ? - Chut, je regarde.

Vos garçons ont donc passé du temps en prison.

C'est là qu'était leur père. Jusqu'à la semaine dernière.

Êtes-vous fière de vos enfants ?

Vous en avez, Mary Jo ? Puis-je vous appeler comme ça ?

- Elle devrait fermer sa gueule. - Chut !

Il a pris deux fois perpète. Même mourant, il ne sortira jamais.

- Elle aurait dû le quitter. - Je ne l'entends pas.

Ça compte pas, ce que je dis ?

- T'étais pas à Hyder ? - Nom de Dieu, mec !

- Pas le temps pour les bondieuseries. - T'es où, putain ?

- Ton téléphone est sur écoute ? - Bien sûr que non.

Tant mieux, parce que c'est terminé les conneries.

- Tu nous as laissés comme des cons ! - Écoute...

Toi, tu m'écoutes. Retrouve-nous avec un avion au Nouveau-Mexique.

Tu connais le coin et les pistes. Tu nous emmènes au Mexique aujourd'hui.

Au Mexique ?

Vous êtes plus à Hyder ?

La petite amie de Randy nous a filé un pick-up.

Elle a fait plus que mon propre frère.

- Je ne veux pas être impliqué là-dedans. - Tu l'es déjà, crétin.

- Il me faut plus de temps. - On n'en a pas. Tu vas m'aider ou pas ?

- Les garçons vont bien ? - Super.

Tu vas m'aider ou pas ?

Il y a une piste d'avions poudreurs, à Clovis.

- J'y serai dans trois ou quatre heures. - Écoute.

Il n'y a que deux places en plus dans l'avion.

Laisse les garçons partir, ils ont fait ce qu'ils pouvaient.

- Assure-toi d'être là. - Je vais essayer, mais c'est compliqué.

Je m'en fous. Me refais pas de sale plan, tu m'entends ?

Dans quoi tu t'es fourré ?

- Bureau du shérif. - Passez-moi Cooper.

Ici Cooper.

C'est Joe. L'amie de Greenawalt lui a donné un véhicule.

Allez, déployez-vous.

Caroline Simmons ? Police d'État de l'Arizona. Sortez.

- Mme Simmons... - Putain.

Où est Randy Greenawalt ?

- Je sais pas de quoi vous parlez. - Malheureusement, je ne vous crois pas.

Dites-moi où il est ou je vous arrête pour complicité.

Tout ce que je sais, c'est qu'ils ont pris mon pick-up.

Ça m'a surprise : il a pas démarré depuis la mort d'Oncle Ben.

- Ils sont partis par où ? - Aucune idée.

- Dans un seul véhicule ? - Je vous l'ai dit, j'en sais rien.

Je veux parler à un avocat.

Comme vous voulez. Occupez-vous de la dame.

Venez, Caroline. Dépêchez-vous.

Vous avez le droit de garder le silence.

Qu'est-ce qu'on fait ?

Il faut de l'eau.

Tu m'aimes pas, hein ? Pas grave. Je t'aime pas trop non plus.

Je préférerais même te tirer dessus plutôt que te regarder.

- Tu dirais pas ça s'il était là. - Tu crois ? Tu te trompes.

Mais je vais pas te tirer dessus. Parce que toi et moi, on a un lien.

Non. Je n'ai aucun lien avec toi.

Si. On a un lien.

Ce qui nous lie, c'est l'antipathie qu'on a l'un pour l'autre.

Et ce pick-up nous lie. On l'a volé ensemble.

Et le moment venu, on va foncer ensemble.

J'ai trop hâte, connard.

Comment ton père peut-il être si malin et toi, si con ?

Trou du cul.

Dimanche 6 août 1978

Vous promettez de nous protéger, ma famille et moi ?

On surveille ta maison.

- Bougez pas de ce motel. - Je suis sérieux.

Je veux être sûr de pas me faire baiser. Si ça merde, il va me tuer.

Si tu gardes la tête froide et si tu m'écoutes,

tu resteras au volant de ta voiture et pas à l'arrière de la mienne.

Vous croyez que ça m'amuse ? Je veux le voir tomber aussi.

- Cooper ? - Oui.

On a retrouvé le corps de deux adultes et un enfant dans le désert.

Blessures par balle.

Des traces de sang signalent qu'une 4e personne est peut-être encore en vie.

Selon les enquêteurs, la Chrysler trouvée sur place a dû servir pour l'évasion.

- C'est tout ? - Oui, shérif.

Ça te dit quelque chose, une Chrysler ?

- Je te parle, Joe. - Je sais pas ce qu'il a fait.

La frontière n'est qu'à quelques heures. Oublie l'avion, on y va à pied.

On va faire ça bien.

- Mais on a le pick-up. - Tu m'emmerdes avec ce pick-up.

Entre le sable et le soleil, on va griller comme du bacon.

Il y a des tas de Mexicains morts ici qui voulaient faire pareil.

- Papa ? - Quoi ?

Donne-moi ces jumelles, mes vieux yeux ne sont plus bons.

- C'est quoi ? - Qui ça peut être ?

La vache, c'est Joe.

C'est Joe.

C'est Joe ! Je vais pas le déshériter, finalement !

Papa, c'est quoi, ça ?

Oh, non. Joe...

Putain...

Espèce d'enfoiré !

Joe ! Je vais te tuer, même si c'est mon dernier geste !

Va te faire foutre, Joe !

Va te faire foutre !

Va te faire foutre, Joe !

- Tu sais pas conduire ? - Les vitesses sont coincées.

Tu te fous de ma gueule ?

Ferme-la.

Aucune trace du pick-up.

- Alors ? - Rien.

Quelqu'un a dit avoir vu Terri Jo Tyson. Mais c'était une fugueuse de Gila Bend.

Gila Band... Tison a braqué une armurerie là-bas il y a quelques années.

C'était une fausse alerte, pas de lien avec Terri Jo.

- Ils l'auraient emmenée ? - Non, Tison ne mange pas de ce pain-là.

- Et les garçons ? Ou Randy ? - Je ne sais pas pour les garçons.

Mais Greenawalt n'est pas un tueur de femmes.

Non, il préfère tuer des routiers.

Il dessinait un X sur la porte des camions, là où les chauffeurs dormaient.

Et il tirait à travers la porte.

Ça nous dit quoi sur lui ?

- Ce n'est pas mon département. - Aucun des deux n'a peur de tuer.

Tison a tué l'un des nôtres il y a 10 ans.

Il s'appelait Steiner.

Tison était transféré de la salle d'audience à la prison.

Sa folle de femme a réussi à lui donner une arme à feu.

Il a pris le chauffeur en otage.

Il aurait pu le laisser partir et s'enfuir.

Mais il lui a tiré dessus.

Et il l'a laissé mourir dans la boue, sur le bord de la route.

- Tu le connaissais. - Oui, c'était un bon gars.

Une femme, des enfants. C'était un ami à moi.

On va les coincer, Cooper. Et les ramener.

Je l'ai juré.

Pourquoi avez-vous laissé cela se produire ? Pourquoi ?

Dot ?

Pourquoi avez-vous laissé cela se produire ? Pourquoi ?

Est-ce que ça va ?

Je ne vous entends pas.

- Vous voulez me tromper ? M'humilier ? - Non, madame.

- Épargnez-moi le "madame". - Dot ? Mme Tison ?

Je suis leur mère.

Ils ont tué un bébé. Vous le saviez ? Un garçon.

- Pourquoi ont-ils fait ça ? - Laissez-moi vous aider.

Sortez d'ici ! Allez vendre votre torchon ailleurs. Dehors !

- Dot ? - Sortez !

- Tu la sors d'où, cette salopette ? - D'un chantier, pas loin.

Et un camion avec une boîte en état ?

Crache le morceau.

Je suis de ton côté, papa. Jusqu'à la fin.

- Oui, mais ? - Ricky n'a que 17 ans.

Il n'a pas de casier judiciaire. Un bon avocat le fera acquitter.

Et ça réglerait le problème des places dans le camion.

- Y a pas de problème. - Parce que Ricky ne se plaint jamais.

Il fait tout ce que tu dis.

Si tu lui demandais de sauter d'un pont, il le ferait.

Il pourrait dire aux flics qu'on va dans la direction opposée.

Ça nous laisserait le temps d'aller au Mexique.

Sans qu'ils nous cherchent.

- Tu y as bien réfléchi. - Je ne veux pas que Ricky soit blessé.

Tu crois que je ne l'aime pas ? Que je ne vous aime pas ?

Vous êtes tout pour moi.

Tu crois que vous avez un mauvais père ?

Le mien me fouettait et m'a fait trimer dans un champ jour et nuit.

Ras-le-bol...

Je reprends ce qui m'a été pris.

Alors, laisse Ricky partir.

S'il te plaît.

Je ferai tout ce que tu veux si tu le laisses partir.

Bon. On verra demain.

C'est bien que tu m'en parles. Mais pas un mot aux autres.

- Compris ? - Oui.

On va en faire quoi, de ce pick-up ?

Aucune idée.

Lundi 8 août 1978

- Tu as éteint le feu ? Il faut le faire. - Je m'en occupe.

Que dit la carte ?

On prend la route touristique ? Ou on passe par la ville ?

- Allez à l'arrière. - La ferme.

Descendez. Sortez.

À l'arrière !

- Du calme. - La ferme.

Laissez-nous partir. J'ai quelques centaines de dollars de cadeau de mariage.

On vient de se marier.

- Prenez ça, le van et laissez-nous partir. - Je vous en prie, laissez-nous partir.

Sale lune de miel, dites donc.

Venez. Par ici. Allez.

Restez ici. On va s'occuper de ce couple.

- Attends. - On va faire vite.

Gary.

- Tu m'as appelé comment, là ? - C'est le moment, pour Ricky.

On les attache, il les conduit vers le nord.

- Et il les relâche quand on est loin. - Retourne dans le pick-up.

Vous allez faire quoi de ces gens ? Tu peux pas me tenir à l'écart.

Écoute-moi.

Tu te rappelles quand tu m'as dit que tu voulais lâcher l'école pour l'armée ?

Montre-moi que tu sais suivre les ordres. Monte dans le pick-up.

Ce sont des gens bien, monsieur.

S'il te plaît.

Ils ne valent pas mieux que moi. Ou que toi.

Retourne dans le pick-up.

- Éteins le moteur, Donnie. - Ray, on fout le camp.

Papa a perdu la tête et Greenawalt est un sale fumier.

Tu veux voir du sang ? Commence avec moi.

Ray, fais pas ça. Pose-le.

C'est Randy qui a tué la famille.

- Papa a rien à voir avec ça. - Tu es con ou quoi ?

Tu l'as vu toi-même. Tu crois tout ce qu'il dit ?

Réveille-toi. Papa n'est pas comme tu le crois.

Il l'a peut-être jamais été.

Éteins le moteur, mon garçon. Descends.

Marche.

- Il va peut-être juste les ligoter. - Il veut pas qu'on parle entre nous.

- On fait que parler. - Il veut pas de ça.

Suivez-les. Vite.

Rien ne peut sauver mon âme

Rien que le sang de Jésus

Il n'a rien dit sur le chant.

Pour elle je ne réclame

Rien que le sang de Jésus

Précieux sang de l'Agneau

Qui me donne un cœur nouveau

Rien d'autre, je ne veux plus

Rien que le sang de Jésus

Pour mon pardon, je ne vois...

- C'est bien, ici. Tu en penses quoi ? - Oui, c'est bien. Ça me plaît.

Lâche-le. Allez.

- Toi, tu vas là. - Occupe-toi de lui. Je m'occupe d'elle.

Viens avec moi. Allez. Viens, Donnie.

Va par là.

- Margene. - Ferme ta gueule. Et va par là.

- Vous n'êtes pas obligé de faire ça. - Bon sang ! Arrête-toi.

Tu veux rester ici ? Comme tu veux.

Je te ferai taire d'une façon ou d'une autre.

Non, papa.

Je suis la seule loi qui compte.

La loi du père sur le fils.

Tu ne pourras y échapper qu'avec ça.

Ne me défie plus jamais. C'est ta dernière chance.

Cooper.

- Allô ? - Qui est-ce ?

Marisa Fuller du Flagstaff Sun.

- Vous vouliez me voir. - Oui. Merci d'être venu.

Pas de problème. Merci.

- Café ? - Oui, s'il vous plaît.

- Vous voulez un menu ? - Non, seulement du café.

- Alors ? - Elle est complètement perturbée.

- Dorothy Tison ? - Oui.

J'aurais pu vous le dire.

À cause du bébé, mais ce n'est pas tout.

Elle pense vraiment que ses fils ne connaissent pas la vérité.

- À quel sujet ? - Au sujet de Gary.

Ils croient tout ce qu'on leur a raconté sur lui.

Depuis toujours. Et maintenant, elle est complètement perturbée.

Où voulez-vous en venir ?

Je peux la convaincre de leur dire de se rendre.

- Et pourquoi donc ? - Elle me fait confiance.

Vous êtes comme mère et fille ?

- Ça vous fait rire ? - Non.

Écoutez...

Elle est dérangée. Mais je ne crois pas qu'elle veuille plus de morts.

Et certainement pas ses garçons. Et moi non plus.

- S'il y a du nouveau, vous m'appelez. - C'est tout ?

Non.

Une jeune personne comme vous n'a encore jamais vu le mal.

Gary Tison est un vrai charmeur.

Comme beaucoup d'hommes. Il est souriant,

il serre la main de tout le monde, tout le monde le connaît.

Mais derrière tout ça, c'est le néant.

Il n'y a pas de cœur.

Juste un type qui parvient toujours à ses fins, peu importe le prix,

même au prix de sa chair et de son sang. Un tel homme est un danger pour tous.

La famille qui est dans votre journal a payé un prix élevé.

Je dois m'assurer que personne d'autre que Tison ne paye le prix de sa dette.

Je suis désolée.

- Ce n'est pas la peine. - Je... je ne savais pas.

Eh bien, maintenant, vous le savez.

Qu'est-ce que tu fais ? Ça va pas ?

- Je dors pas. Il est quelle heure ? - Presque minuit.

Tant pis. Je dois aller à la maison.

Ce n'est pas sûr, là-bas. Tu l'as dit toi-même.

Je vais juste prendre quelque chose. Je ne resterai pas.

- Je viens avec toi. - Mais merde !

Laisse-moi faire ce que j'ai à faire.

Je viens, je te dis.

Gare-toi. C'est la maison de cet enfoiré de Joe.

Restez ici.

Pourquoi tu es si silencieux ?

Tu as peur, hein ? Oui, tu as peur. Comme un poisson.

Tu sais ce que c'est, un poisson ? En taule ?

Ton père en a déjà parlé ?

C'est un bleu, un nouvel arrivant. Comme lui.

Avec de grands yeux terrifiés.

Tu fais un AVC ou quoi ?

Pourquoi on reste là ?

- Oh mon Dieu ! - Merde !

C'est pas parce que tu conduis que tu es le chef. Je t'ai vu.

Gerber à côté de cette fille. Lopette.

Mais qu'est-ce que tu fabriques ? Tu vas nous faire tuer, imbécile !

Ferme-la.

Laisse-moi réfléchir.

- J'espérais que ton père te buterait. - Partez.

Il faut foutre le camp d'ici.

On gagne pas à tous les coups.

Petit poisson effrayé.

Qui voudrait nager loin d'ici.

Nage loin d'ici, petit poisson.

- Il était là ? - Non, il est planqué ailleurs, ce lâche.

On y va. Il est sûrement dans un bar.

Randy, va devant. Je vais à l'arrière avec mes garçons.

Donnie, on va en ville voir s'il est là.

C'est moi !

- Vous avez du nouveau ? - Je veux parler. S'il vous plaît.

- Vous avez une cigarette ? - Je veux juste vous aider.

M'aider ?

C'est bien ce que je disais : parce que vous êtes allée à l'école,

que vous avez des livres, des mots et des histoires,

vous croyez être la main droite de Dieu ? Capable d'aider tout le monde ?

Mais vous ne voyez pas que vous ne pouvez aider personne.

Vous êtes comme nous tous. Impuissante.

Si vous avez une cigarette, je veux bien. Sinon, remontez dans votre voiture.

- Depuis quand vous fumez ma marque ? - J'espère que vos garçons vont rentrer.

Où allez-vous ?

Loin de vous.

- C'est calme, ce soir ! - C'est pour vous.

- Cooper ? - Il est là, bordel.

- Dans un Ford Econoline. Il me cherche. - Quoi ?

Je suis allé chez moi et cet enfoiré m'y attendait.

Vous deviez me protéger.

Reste où tu es. Compris ? On s'en occupe.

Merde !

Cet enfoiré rentre au bercail. Appelle Ketchum. Qu'on bloque toutes les routes.

Que tous les agents de Maricopa, Pinal et Pima

soient opérationnels dans 15 mn.

Route fermée

Que le personnel au sol réponde immédiatement.

- Vous avez eu la mise à jour ? - On cherche une Ford jaune.

Non, un Ford Econoline avec des plaques d'immatriculation du Texas.

Reçu.

Bien. Je vais au bureau. Prévenez-moi s'il y a du nouveau.

Chut !

C'est une famille. Laissez-les passer.

Avancez.

Vous devriez voir arriver une famille en combi.

Reçu.

Le sang appelle le sang.

- Comment ça ? - C'est ce que tu dis.

Si tu réfléchis, tu pourras peut-être savoir où est Oncle Joe.

Ou peut-être que c'est des conneries.

J'enverrai quelqu'un lui régler son compte quand on sera au Mexique.

Ou alors je reviendrai le faire moi-même.

Mais pour l'instant, direction la frontière.

Il y a quelque chose arrive. Attention.

- Merde ! Papa ! Il y a un barrage ! - Les flics !

Comment ils ont pu savoir ?

Doucement, les gars.

Bon, écoutez-moi.

Ça marchera pas. On passera jamais.

- Prêt, Randy ? - Oui.

- Tu les vois ? - Vous, dans le véhicule !

- Papa, on passera jamais. - Ferme-la et écoute-moi.

Fais ce que je dis. Tu es un Tison.

Appuie sur cette pédale. Allez ! Magne-toi !

Quelqu'un a été touché ? Alors, on y va !

- Vite ! - Il y a eu un échange de tirs.

Camionnette bleue et noire, nombre inconnu, sur vous dans 5 mn.

Vous me recevez ?

- Putain ! - Viens là ! Viens là, Randy.

Baisse-toi, Ricky.

- Plus vite ! - Je peux pas aller plus vite.

Accélère, putain !

Papa !

- Un autre barrage, papa ! - Fonce !

Il ne s'arrête pas.

Feu à volonté !

Ricky, je les laisserai rien te faire...

Je suis désolé, Ricky. J'ai essayé de te protéger.

Tu as réussi, Donnie. Tu as réussi.

Viens.

Papa !

Laisse-le, mon garçon. Maintenant, c'est chacun pour soi.

- Gary ? - Papa ?

- Viens, il faut partir. - Et Donnie ?

- Je vais avec papa. - Et Donnie, alors ?

Je vais avec papa.

Et merde !

- Nom de Dieu ! Pas un geste. Chopez-le. - Je l'ai.

À genoux.

Pas un geste.

- Vous en avez combien ? - Deux.

Mettez-vous à l'abri. Vous, sortez de là.

Onze jours plus tard 11 jours plus trad

Enculé !

- John ? As-tu... - Oui, je viens juste de le ramener.

Vivant ?

Six personnes.

Un petit garçon.

Trois femmes, deux hommes. Sans oublier le jeune Tison.

Ça fait sept. J'aurais dû les protéger.

- Tu as fait tout ce que tu pouvais. - Tu crois ?

Gary Tison est mort de déshydratation, à 50 mètres d'une source d'eau.

Randy Greenawalt a été exécuté par injection létale en 1997.

Ricky et Raymond Tison purgent une peine de réclusion à perpétuité.

Dorothy Tison leur a rendu visite chaque dimanche jusqu'à sa mort en 2006.

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