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Essaie pas de me perdre. Je connais Beyrouth.
Depuis quand tu es avec nous ?
J'ai fait un camp d'entra�nement en Jordanie, l'�t� 1970.
Je n'ai pas appris grand-chose.
Il y avait surtout des gauchistes europ�ens,
des �tudiants petits-bourgeois, pas de vrais combattants.
- Donc, tu ne t'es jamais battu. - Si.
J'�tais � vos c�t�s lors de Septembre noir,
sous les ordres d'Abou Iyad.
Puis j'ai combattu dans la montagne,
jusqu'en f�vrier, quand j'ai �t� bless� � la jambe.
Demande � Bassam Abou Sharif ou � Georges Habache.
- Habache n'est plus avec nous. - Je sais.
C'est la raison de ma pr�sence.
Je suis en d�saccord avec lui.
Je pense aussi que la lutte palestinienne
doit s'internationaliser.
Arafat est un tra�tre.
Il est pr�t � tous les compromis.
Notre organisation sert la r�volution palestinienne.
Les l�ches qui la trahissent sont nos ennemis.
Je vis � Londres.
Je pourrais y �tre tr�s utile.
Mohammed Boudia, qui dirigeait les op�rations en Europe,
a �t� assassin� par les Isra�liens du Mossad.
Je peux le remplacer.
Tu n'es qu'un gamin. J'ai besoin d'hommes.
Ma jeunesse t'inqui�te ?
Tu dois faire tes preuves.
Nous te confierons une mission.
Quelle mission ?
Andr� te le dira.
Andr� est le combattant que j'ai choisi
pour succ�der � Boudia.
Il est � Paris. Il te contactera.
Quand ?
En temps utile.
Attends.
Consid�re-toi comme un membre du FPLP.
Tu seconderas Andr�.
Choisis-toi un nom de guerre.
C'est d�j� fait.
- O� est ton patron ? - En haut.
Conduis-moi � lui.
- Conduis-moi � lui. - Par l�.
Appelle-le.
Monsieur !
Oui. Qu'y a-t-il ?
Tu bois quelque chose ?
Un whisky.
Je t'apporte �a.
- D�p�che-toi de finir. - Je sais.
- Il est puni ? - Non, mais je ne le l�che pas.
�a se passe mal � l'�cole ?
- J'ai loup� un examen. - Pourquoi ?
Je suis pas concentr�.
Tu devrais. Le brevet, c'est difficile.
De toute fa�on, si je rate, je ferai comme toi.
C'est-�-dire ?
Enseigner l'espagnol. Au moins, c'est ma langue.
Qu'est-ce que tu racontes ?
Je suis dipl�m� en �conomie.
- De l'universit� de Moscou. - Et alors ?
�a vaut rien !
- Qui t'a dit �a ? - Maman.
Tu lui as dit �a ?
Tu ne peux pas le nier, Ilich.
Aucun respect !
Quel souvenir avez-vous de ce qui s'est pass� ?
Absolument aucun.
C'est arriv�...
comme un �clair.
La porte de la salle de bains s'est ouverte.
J'ai vu une arme et c'est tout.
Sieff est un proche de Menahem Begin...
que l'opinion britannique conna�t tr�s bien.
Il a fait don � Isra�l
de plusieurs millions de livres sterling
pour aider Isra�l
� tuer les femmes et les enfants de Palestine.
Je ne t'ai pas vu � la manif contre le putsch de Pinochet.
Les manifs, �a m'emmerde. �a ne sert � rien.
Vous aurez beau protester, �a ne changera rien.
Les Chiliens doivent savoir qu'on les soutient.
Comme si les g�n�raux et la CIA s'en souciaient !
On a manifest� contre le putsch en Uruguay, et alors ?
Ils massacrent les Tupamaros. C'est une guerre.
�a ne se gagne pas en d�filant.
Comment, alors ?
Il y a d'autres m�thodes.
Lesquelles ?
Les mots ne suffisent plus. Il faut passer � l'action.
Votre table est pr�te, si vous voulez bien.
Quel genre d'action ?
Il faut s'engager.
S'engager � quoi ?
� faire la r�volution.
La r�volution ? Par l'action clandestine ?
Par la r�sistance.
J'ai form� un groupe.
Je veux que tu sois des n�tres.
Quel genre de groupe ?
Je ne peux encore rien dire.
On n'est pas nihilistes. On veut faire quelque chose de bien.
Ilich, affronter le capitalisme par la gu�rilla, c'est romantique,
mais c'est vou� � l'�chec.
Les combats d�sesp�r�s, �a ne m�ne � rien.
- Alors, on ne fait rien ? - Je ne fais rien ?
Tu joues les gauchistes dans les caf�s de Londres.
C'est �a, la solution ?
Pendant qu'on massacre nos camarades au Chili et en Jordanie ?
Je t'ai racont� ce que j'ai vu.
Le rapport de forces est contre nous.
- C'est un mythe. - Regarde le Che !
Comment il a fini, malgr� toute son exp�rience.
Pourquoi combattre la droite en Am�rique latine ?
Tu crois que les dictateurs sud-am�ricains sont autonomes ?
Ils ob�issent aux gringos.
Tu les renverses, l'imp�rialisme gagne encore.
Je pr�ne une lutte internationaliste de tous les coins du globe.
Tous les r�volutionnaires unis.
Les Vietnamiens ont humili� les gringos.
�cras�s comme des merdes.
Le rapport de forces n'est pas contre nous.
La lutte que je propose nous m�nera � la gloire.
La gloire ? C'est �a, ton but. �tre applaudi !
C'est �a qui te motive.
L'arrogance bourgeoise d�guis�e en discours r�volutionnaire.
T'es qu'un petit-bourgeois �gocentrique de merde.
Je te parle de la v�ritable gloire.
Pas de celle que proclament les m�dias sionistes.
Je te parle de la satisfaction d'accomplir un devoir en silence.
Derri�re chacune de nos balles, il y aura une id�e.
Parce que nous agirons en accord avec notre conscience.
Tu me trouves arrogant ? Alors, oui.
Pour la d�fense des innocents.
Et tu sais quoi ? Regarde-moi quand je te parle !
On n'a pas fini d'entendre parler de moi.
D'ailleurs...
je ne m'appelle plus Ilich.
Je m'appelle Carlos.
... un autre attentat d'un groupe terroriste arabe.
Mais en Angleterre o�, m�me aujourd'hui, un tel attentat
semble peu probable, il est tr�s difficile de maintenir
le niveau de vigilance n�cessaire pour d�jouer une attaque terroriste.
Lord Janner, du Conseil repr�sentatif des juifs britanniques,
a qualifi� la gu�rilla palestinienne de cruelle et inhumaine.
L'ambassade du Japon a traduit les documents que tu transportais.
Des projets d'attentats en Europe.
Des informations tr�s d�taill�es sur les cibles.
Je vous l'ai d�j� dit.
Je suis un marxiste-l�niniste membre de l'Arm�e rouge japonaise.
J'agis pour des raisons id�ologiques
par solidarit� avec la cause palestinienne.
Je n'ai rien � ajouter.
Si tu refuses de parler de tes activit�s politiques,
tu nous diras peut-�tre � qui ceci est adress�.
Je te lis la traduction. C'est tr�s instructif.
"Ch�re petite mademoiselle Pleine Lune,
"Je suis malade de d�sir pour vous.
"Laissez-moi embrasser encore votre corps sublime."
Sign�: votre esclave amoureux.
Que se passe-t-il ?
Nos camarades japonais ont �t� arr�t�s.
Il faut agir vite.
Tout est pr�t ?
Tu emm�neras cette valise � Londres. Aujourd'hui.
Il y a quoi dedans ?
- Il y a quoi dedans ? - Des armes.
Et des documents.
Garde-la chez toi,
jusqu'� ce que je revienne.
Paris n'est plus s�r.
On va voir Andr�.
Mais tu dois savoir une chose.
� Beyrouth, on se m�fie de lui.
Il a ordre de partager ses responsabilit�s avec moi.
Avec toi ?
Je te croyais trop jeune.
J'ai fait mes preuves.
D�sormais, tu ne suis que mes instructions.
L'ambassade de France n'est pas surveill�e,
mais attention aux gardes de l'ambassade US, en face.
L�, l'entr�e...
On se trouve ici.
Il faut prendre � gauche au prochain feu.
Montre-moi.
On est all�s trop loin !
On a tourn� � cet endroit. Fais demi-tour.
La voiture de l'ambassadeur !
- On est en retard. - Carlos est parti.
- On y va ? - D'accord.
C'est parti.
On ne bouge plus !
Vous, dans l'escalier !
Bougez de l� !
C'est qui, ceux-l� ?
Sortez !
Le bureau de l'ambassadeur. O� ?
O� ?
- Vous �tes l'ambassadeur ? - Oui.
Ici ! Je l'ai trouv� !
D�p�chez-vous !
Ils attendent votre r�ponse.
Pas question. C'est un pi�ge.
Vous �tes un ancien r�sistant.
Vous comprenez notre combat,
nos m�thodes.
Vous incarnez ce que nous combattions.
La terreur, le chantage, la prise en otages de civils.
Que font ces cons de Japonais ?
Pourquoi ?
L'ultimatum a expir� et personne n'est mort.
Furuya n'est pas en Hollande ?
Sans avion ni �quipage, �a ne sert � rien.
- Tu veux faire quoi ? - Agir � leur place.
� l'alg�rienne. Terreur subite et meurtri�re.
R�veillez-vous.
Le gouvernement fran�ais a d�cid� de vous fournir un Boeing 707
qui atterrira � Amsterdam demain matin.
L'�quipage sera compos� de trois volontaires.
Ils attendent un geste de bonne volont�.
On a d�j� lib�r� les filles. �a suffit.
C'est diff�rent.
Ils veulent que vous acceptiez de baisser la ran�on
� 250000 $.
C'est leur seule condition.
300000 $.
Prenez vos affaires. On s'en va.
D�p�chez-vous.
Vous n'ignorez pas que le pr�sident Pompidou
est mort en f�vrier dernier.
Je disais donc, la r�volution est en marche.
Gr�ce � une vraie coalition internationaliste.
J'aimerais bien participer.
Bienvenue.
En Colombie, le M-19 est pass� dans la clandestinit�.
Tu connais sa devise.
"Pour le peuple, avec les armes, jusqu'au pouvoir."
C'est ici que je travaille.
Tu fais quoi ?
Je fais le m�nage.
Trois fois par semaine.
Mais �a va.
Tu as besoin d'argent ? Je peux t'aider.
- Comment ? - Je ne peux encore rien dire...
mais je vais t'aider.
Fini les boulots humiliants.
Je suis venu un rameau d'olivier dans une main
et dans l'autre, le fusil du r�volutionnaire.
Ne laissez pas le rameau vert tomber de ma main.
Ne laissez pas le rameau vert tomber de ma main.
Ne laissez pas le rameau vert tomber de ma main.
Qui fournit les armes ?
L'Irak ?
Tu peux me faire confiance.
Les Cellules r�volutionnaires allemandes
sont les alli�es du FPLP. Tu sais �a.
On est contre le processus de paix au Moyen-Orient, comme vous.
Arafat est un chien.
Tu es libraire.
C'est �a ?
� Francfort ?
Je contribue modestement
� la transmission de la th�orie r�volutionnaire.
Dans une ville assez peu r�ceptive.
Vite !
Ils nous ont vus !
Fais vite, l'avion va d�coller !
- Que s'est-il pass� ? - Rien !
Faut filer !
Et les armes ?
Pas le temps.
- �a va ? - Non !
Les mecs, je viens d'appeler Reuters.
Quelqu'un a d�j� revendiqu� l'attentat.
- Qui ? - Des s�paratistes croates.
T'as touch� un avion yougoslave. Ils en ont profit�.
Il faut r�essayer. Tout de suite.
Trop dangereux.
Pas du tout.
Ils ne s'attendent pas � un autre attentat si vite.
On efface notre �chec et on les surprend.
Tu veux faire �a ?
Il faut trouver une autre position.
J'ai �tudi� les lieux.
L'endroit id�al serait la terrasse.
Mais il y a trop de monde qui vient voir les avions.
On pourrait peut-�tre...
faire �a un dimanche.
Dans la cohue, c'est plus facile de s'enfuir.
Peu importe. C'est la cohue tous les jours.
Il faut attendre jusqu'� jeudi.
Pour �valuer la pr�sence polici�re.
Il faut faire vite.
Nous devons discr�diter Arafat.
Avant qu'il ne soit trop tard. Il n�gocie d�j�.
Assembler le lance-roquettes, c'est long.
Les flics seront sur nous.
On l'assemblera aux toilettes.
L'avion d'El Al sera � l'heure.
On sort.
On ouvre le feu.
�a prendra moins de 30 secondes.
Trop de monde.
Il y aura des victimes innocentes.
Pas forc�ment.
Pas si on garde la t�te froide.
Le risque est l�. �a nuirait � notre cause.
30 secondes, c'est court.
Si tu veux agir aussi vite,
il nous faut une arme plus l�g�re.
Je vois d�j� deux gros probl�mes.
Pour fuir, il faudra prendre des otages.
Ils nous donneront un avion et on filera � Bagdad.
C'est la meilleure strat�gie.
Et le 2e probl�me ?
On met nos hommes en danger pour une op�ration mal pr�par�e.
Moi, j'en suis.
Moi aussi.
Qui va tirer ?
Mouloud.
Il a d�j� rat� une fois.
Il est courageux. J'ai confiance en lui.
OK, mon vieux ?
OK, chef.
On y va.
Qu'est-ce que tu foutais ?
Il y a quoi, l�-dedans ?
Un Tokarev.
Un Vzor 50.
Tu as peur ?
De quoi tu as peur ?
Les armes sont faites pour �tre touch�es...
et trait�es avec douceur.
Touche-le.
Une grenade.
On t'a pas appris �a au Venezuela ?
Ne ferme pas les yeux.
Qu'est-ce qui te fait rire ?
Toi.
Pourquoi ?
Toi et les femmes !
Toi et les armes !
�a te fait rire ?
Les armes sont une extension de mon corps.
Comme mes bras.
J'ai appris �a dans les camps de la Bekaa.
Et quoi d'autre ?
J'ai appris aussi que...
pour tuer, il faut agir vite
et viser droit dans le nez.
Je la laisse ici une semaine.
Vous ignorez ce qu'elle contient.
Je garde la cl�.
Suivez-moi.
Tu voyages souvent en Europe ?
Je suis dans l'import-export de tapis persans.
Tu crois qu'on ne sait pas ?
Tu sors de chez Wadie Haddad.
Je ne travaille pas pour lui.
Alors, que faisais-tu chez lui ?
- Je ne suis qu'un interm�diaire. - Un interm�diaire ?
Pour qui ?
Noureddine.
Qui est Noureddine ?
Le repr�sentant du FPLP en Europe.
Son nom ?
Je ne sais pas.
Je connais juste son pr�nom.
C'est toi qui le contactes ?
Non. Il me contacte s'il a besoin de moi.
Et c'est lui qui te paie ?
On t'a pos� une question.
Personne ne me paie.
J'aide la cause palestinienne.
Et Anselma ?
Elle est partie ?
Hier, � Londres.
Elle veut que je d�m�nage.
S�rieux ?
Tiens. Elle t'a laiss� une lettre.
- Tu ne la lis pas ? - Pas le temps.
- Je sais ce qu'elle dit. - Quoi ?
Elle m'en veut d'avoir couch� avec toi.
C'est une petite-bourgeoise.
Quand on a bais� � trois, elle �tait lib�r�e.
Je ne peux plus la toucher. Elle a mis un rideau
entre nos lits.
Aide-moi � d�placer les armes. Ce n'est plus s�r, ici.
Je dois les mettre ailleurs.
Prends les sacs � la salle de bains.
T'avais pas perdu tes cl�s ?
Je t'ai dit �a ?
Quand je t'ai foutu dehors.
Figure-toi que je les ai retrouv�es.
Merci.
De quoi ?
De m'aider, malgr� tout.
Je ne le fais pas pour toi.
Je le fais pour la r�volution.
Qu'est-ce qui se passe ?
Tes autres ma�tresses t'ont jet� ?
Un chef de mon groupe a �t� arr�t� � Beyrouth.
Plus aucune de mes planques n'est s�re.
Et pourquoi moi ?
Personne ne conna�t ton adresse.
Ils ne remonteront pas jusqu'ici.
Dis-moi ce que contient la valise.
Ne m'oblige pas � mentir.
Si tu la laisses ici, dis-le-moi.
- Je peux pas. - Pourquoi ?
Si on te le demande, tu ne savais rien.
Tu rendais service � un ami.
Va m'acheter des cigarettes.
S'il te pla�t.
Aucune nouvelle.
Il devait t'appeler de Londres.
J'ai attendu deux heures et je suis sortie.
Il s'est fait serrer � la douane. C'est s�r.
J'ai parl� avec Haddad.
Il dissout le r�seau europ�en. �a devient trop risqu�.
Je viens d'arriver. J'ai juste pos� mes sacs.
Andr� a disparu.
Il est au Liban ?
Il a eu la trouille.
- Il se cache peut-�tre. - Justement. C'est d�bile.
Il est de plus en plus nul.
- N'exag�re pas. - Je n'exag�re pas.
Il nous met tous en danger. Regarde � Orly.
Quel irresponsable !
- Tu ne t'en plaignais pas. - J'�tais con.
Mais je les avais pr�venus.
Ce connard est dangereux. Je le dis depuis longtemps.
Pistolet-mitrailleur Sten.
Tu connais ?
De nom, mais j'en ai jamais vu.
- Au revoir, camarade. - Salut, camarade.
Bonne chance.
Les armes seront � Francfort ce soir.
Les flics te connaissent pas. Va chez Andr�,
ramasse ce que tu peux et mets-le � l'abri en Allemagne.
En cas de p�pin,
sers-toi de �a.
Si les flics te coincent, tu aides des camarades espagnols.
C'est une bonne couverture en France.
Tu es le chef des Cellules r�volutionnaires ?
Je suis l'autre libraire.
Et ton coll�gue ?
Toujours en taule.
La voiture de location � Orly. Les flics sont remont�s jusqu'� lui.
Edgar est un bourgeois. Il parle toujours de r�volution,
mais il ne pense qu'� ses �tudes de droit international.
Il veut �tre avocat d'affaires.
�a me donne envie de vomir.
Quitte-le.
C'est pas si simple. On est mari�s.
- Divorce. - Je peux pas.
J'ai pas d'argent. Il y a les avocats,
la carte de s�jour et tout...
Quoi ?
Si c'est pas les flics, �a y ressemble. Je fais quoi ?
Vas-y, toi, Leyma. Tranquille.
Donne-moi �a.
Pourquoi ?
Amparo !
Amparo ! Ouvre, c'est moi.
Ilich ?
Donne-moi une cigarette.
- Que se passe-t-il ? - Tu liras le journal.
Je vais me cacher ici avant de quitter la France.
- O� est la valise ? - Sous le lit.
Va la chercher.
C'est lourd.
Parle-moi, s'il te pla�t.
Poste �a demain � la premi�re heure.
- Andr� a �t� tu�. - Par qui ?
Par moi.
Quand il a �t� arr�t�,
il a conduit les flics rue Toullier. J'ai d� tirer pour m'enfuir.
Je t'avais dit que c'�tait un l�che.
Carlos, quitte Paris.
J'ai une planque pour la nuit, mais le Quartier latin est boucl�.
S'ils me trouvent, ils m'abattront comme un chien.
Je fais quoi ?
Pr�viens tout le monde.
Qu'ils se mettent au vert le temps que �a se tasse.
D�truis tous les documents dont tu disposes.
�a va couper. Je te rappelle une fois hors de France.
Qu'est-ce que tu fais l� ?
Tu as entendu les nouvelles ?
Allons par l�.
J'ai tu� trois policiers et une merde d'Arabe qui m'a trahi.
Je tue ceux qui me trahissent.
Fais quelque chose pour moi.
�cris � Anselma.
Dis-lui de rester au Venezuela. Elle ne craint rien, l�-bas.
Je vais me planquer un moment. Puis je reviendrai.
Tu as chang�.
- L'oisivet� ne me r�ussit pas. - Je vois.
Tu es alcoolique ?
- Tu es juge de moralit� ? - C'est plut�t toi, le juge.
Ta justice est assez exp�ditive.
- Qui t'a permis d'ex�cuter Andr� ? - C'�tait un tra�tre.
Il a eu ce qu'il m�ritait.
Il travaillait pour les juifs du Mossad
et informait la DST.
- Il m'a balanc�, il a pay�. - Tu n'as aucune preuve.
S'il t'avait balanc�, ces flics auraient �t� arm�s.
Il m'a balanc� sous mes propres yeux.
T'aurais d� le voir. Il p�tait de trouille.
C'�tait un l�che. Indigne de ta confiance.
C'est moi qui d�cide en qui j'ai confiance !
C'est moi qui d�cide !
Qui es-tu pour me parler sur ce ton ?
Tu es l� pour ex�cuter mes ordres. � la lettre !
C'est moi qui d�cide qui doit vivre ou mourir. Pas toi.
C'est moi qui d�cide s'il faut t'�liminer ou pas.
J'ai toujours accept� la loi des armes.
Mais je pr�f�rerais mourir pour notre cause.
J'ai tout sacrifi�.
Tu le sais.
Sans retour possible.
Tu es devenu une star pour les m�dias occidentaux.
Le c�l�bre Carlos.
J'aurais pr�f�r� mener une op�ration spectaculaire.
Je peux t'en confier une.
Tu es intelligent et courageux,
mais tu manques de discipline.
Et tu n'es pas un homme prudent.
Tu dois apprendre.
Suis-moi.
C'est Khalid.
On peut parler devant lui.
Nous pr�parons une importante op�ration
et je veux que tu la diriges.
Le nouveau dirigeant irakien, Saddam Hussein,
a d�cid� d'�craser le mouvement ind�pendantiste kurde.
Il pr�pare une guerre contre l'Iran qui les soutient.
Pour cela, il a besoin de beaucoup d'argent.
Il veut imposer une hausse de 30 % sur le prix du p�trole.
Les Saoudiens ne voudront jamais.
C'est pour �a qu'on doit �liminer
leur ministre du P�trole, le cheikh Yamani.
Une fois qu'il sera liquid�,
les autres membres de l'OPEP s'aligneront sur Saddam.
La prochaine conf�rence de l'OPEP se tient en d�cembre � Vienne.
On prendra les ministres en otages
sous couvert d'une op�ration palestinienne.
Seuls les membres du commando conna�tront l'objectif r�el.
� savoir ?
Obtenir un avion,
lib�rer les ministres dans leurs pays respectifs,
o� ils liront
une d�claration de solidarit� bidon avec les Palestiniens.
Mais ta mission sera
d'ex�cuter le cheikh Yamani,
ainsi que le Dr Jamshid Amouzegar.
Le ministre du P�trole d'Iran.
Notre destination finale ?
Bagdad.
Ce serait un aveu.
Et s'ils se d�gonflent ?
Saddam Hussein m'a donn� sa parole de soldat.
Il n'a peur de rien ni de personne,
contrairement � son pr�d�cesseur, Hassan al-Bakr.
Et il a le soutien total du colonel Kadhafi en Libye.
Saddam a entendu parler de toi.
Il a �t� impressionn�.
Il veut que tu diriges le commando.
Tu as tu� quatre hommes � Paris.
Il te fait confiance pour en tuer deux autres.
Je suis flatt�.
Il y a de quoi.
Il est avare de compliments.
Et Khalid ?
Son r�le l�-dedans ?
� Munich, le chef du commando est mort pendant l'assaut.
Toute l'op�ration a capot�.
Khalid aura mes consignes.
S'il t'arrive quoi que ce soit, il te remplacera.
En attendant, sa mission
sera de te remettre en forme.
Regarde-toi !
Tu es une loque !
C'est quoi, �a ?
Quoi ?
Tu as trois mois...
pour redevenir un vrai soldat,
pas un mythe m�diatique.
On va passer 3 semaines au camp.
Entra�nement tous les jours.
Pas d'alcool.
Pas de tabac.
On va faire de toi un homme neuf.
On a besoin de vrais combattants et le temps manque.
Heureusement, on a les Allemands des Cellules r�volutionnaires.
Des nouvelles de ton mec ?
L'autre libraire...
Tu te souviens de �a !
Ils n'avaient rien contre lui.
C'est moi qui l'ai envoy�
chez Andr�, nettoyer la planque avant l'arriv�e des flics.
C'�tait d�j� trop tard.
Les flics fran�ais l'ont gard� 24 h, puis l'ont rel�ch�.
Donc, ils le connaissent.
Et ils le surveillent.
Boni et toi �tes trop visibles.
Vous ne participerez pas � l'op�ration.
Angie n'a pas �t� identifi�.
J'ai confiance en lui.
J'ai boss� avec lui � Paris et � Londres.
On peut compter sur lui.
Tu le contacteras d�s ton retour � Francfort.
Nada. Elle sera des n�tres � Vienne.
C'est moi qui l'ai entra�n�e.
Une femme ?
Une Allemande.
Elle passera inaper�ue.
Une �tudiante gauchiste ?
Je suis une combattante comme toi.
J'ai fait deux ans de prison en RFA.
Pour quoi ?
Usage de stup�fiants ?
J'ai tir� sur un flic pendant un braquage.
Je l'ai seulement bless�, h�las.
- Tu es arriv�e quand ? - Il y a trois heures, en avion.
Tu es au courant, pour Beyrouth ?
Je lis les journaux.
�a n'a jamais �t� pire pour la r�sistance palestinienne.
Beyrouth, c'est la derni�re bataille.
Les juifs
et les collabos des pays arabes mod�r�s
ont d�cid� de liquider nos camarades.
Les pays p�troliers nous aideraient,
mais ils ont la trouille et ne s'engagent pas.
Le FPLP pr�pare une op�ration qui les ram�nerait � nos c�t�s.
Quel genre d'op�ration ?
Prendre en otages les ministres de l'OPEP � la conf�rence de Vienne.
C'est carr�ment du d�lire.
On se fera buter avant d'arriver jusqu'aux ministres !
C'est difficile, mais r�aliste.
On a de bons contacts internes.
Le FPLP conna�t tout le syst�me de s�curit�.
On le neutralisera avant qu'ils puissent r�agir.
Les �tats seront oblig�s de n�gocier,
avec nos alli�s en position de force.
Pourquoi moi ?
Wadie Haddad a nomm� Carlos chef de l'op�ration.
Les Cellules r�volutionnaires fourniront deux hommes.
Carlos exige que tu sois l'un d'eux.
Il a confiance en toi.
Et l'autre ?
Ce sera une femme.
Nada.
Vous savez ce que vous faites, j'esp�re.
L'occupation du si�ge de l'OPEP et la prise d'otages
ne sera qu'un objectif secondaire de l'op�ration.
Les choses deviendront s�rieuses quand on d�collera de Vienne.
Chaque ministre sera lib�r�
dans son pays, apr�s avoir lu un communiqu� pro-palestinien.
Et si l'un d'eux refuse ?
Il sera ex�cut� et on d�collera pour la capitale suivante.
Et si l'assaut �choue ?
Si les otages r�sistent ?
Quiconque r�siste sera ex�cut�.
Quiconque n'ob�it pas � nos ordres sera ex�cut�.
Quiconque panique...
sera ex�cut�.
Et si un membre du commando n'ob�it pas � mes ordres
ou ne suit pas les consignes convenues � l'avance,
il sera ex�cut�.
Mais je ne suis pas un tueur et je ne veux pas en devenir un.
Tu es un soldat, un militant ?
Il s'agit du minimum requis dans toute lutte arm�e.
Donc, c'est clair ?
Oui, c'est clair.
Nous devrons �tre pr�ts pour le 19 ou le 20 d�cembre.
Le 20, c'est mon anniversaire.
Bienvenue � Vienne.
Ce que vous aviez demand�.
Regardez. Vous faites �a...
�a...
et �a. OK, mon ami ?
Voici le plan du b�timent.
La salle de conf�rences, au 2e �tage. L'escalier principal.
Trois ascenseurs faciles � bloquer.
En pla�ant un tireur ici, vous contr�lez les deux entr�es.
Et vous �tes en s�curit�.
Notre charg� d'affaires, Riyadh al-Azzawi.
Tr�s honor� de rencontrer le c�l�bre Carlos.
Je ne suis qu'un soldat de notre cause.
Notre chef, Saddam Hussein,
parle beaucoup de vous.
Il a lu la presse.
Il ne faut pas croire tout ce qu'on lit.
Il dit que vous avez du courage
et la t�te froide.
Il dit...
qu'au moment de v�rit�,
vous presserez la d�tente.
Il dit aussi...
que vous pouvez porter le poids de l'Histoire sur vos �paules.
Yamani sera l� dans la matin�e,
ainsi que ce chien d'Amouzegar.
Vous agirez apr�s-demain.
Le num�ro 1, c'est moi.
Je prends un pistolet-mitrailleur et un des brownings.
Num�ro 2, Khalid.
Pareil: un pistolet-mitrailleur, l'autre browning et 2 grenades.
Num�ro 3, Youssef.
Tu auras un Tokarev et de la m�linite.
Fais attention.
Dans la salle de conf�rences, tu amorces la charge,
et tu la fais sauter � mon signal. Compris ?
Num�ro 4, Nada.
Tu prends un Tokarev.
Tu bloques les ascenseurs
et tu nous rejoins.
Num�ro 5, Angie.
Tu prends un Colt 45,
le revolver et deux grenades.
Tu pousses les otages en salle de conf�rences.
M�fie-toi des policiers en civil.
Num�ro 6, Joseph.
Tu auras un pistolet-mitrailleur
et deux grenades.
Carlos me fout la trouille. La vie ne compte pas pour lui.
C'est un soldat. Un chef.
Tu es sous ses ordres, tu ob�is.
Je suis militant. Je d�teste l'arm�e et les soldats.
Je me bats pour une cause.
Lui aussi.
J'aimerais en �tre s�r.
Pour ton anniversaire.
Buvez-la ce soir en pensant � moi.
C'est bon. Ils sont arriv�s.
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