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C'est pas possible, de conduire comme ca !
Vous auriez pu me tuer.
Ah, c'est vous.
Mais qu'est-ce que...
Je dirai rien. Je vous jure que je dirai rien !
Aidez-moi ! Au secours !
Non, je vous en prie !
Ravie de vous voir.
Ca fait bien longtemps, en effet.
Passez une bonne soiree.
- Que fais-tu la ? - Je m'ennuyais.
J'ai eu envie de m'amuser un peu.
Vous me servez un autre verre ?
C'est un crime ?
Ca suffit. Tu viens avec moi.
Desole, commissaire.
J'espere que l'affaire en vaut la peine. Combien de cadavres ?
Attendez, attendez...
Lequel de vous transpire de cette facon ?
Magnifique appartement, commissaire.
Acidite intense, nervosite extreme.
Une nouvelle desagreable a m'annoncer, Martin ?
Commissaire Petipont, Inspection generale des services.
IGS.
Je suis un de vos plus grands admirateurs.
Je ne crois pas vous avoir dit d'entrer.
Ouah ! Dites-moi, dites-moi,
c'est un original ou une copie ?
Vous avez un ordre de perquisition ?
Je leur ai dit : "C'est une grave erreur.
"Swan Laurence est au-dessus de tout soupcon."
Plait-il ?
Une enquete sur vous. Et ca vient de tres haut.
Mais rassurez-vous. Je suis la.
Plus pour longtemps.
Vous entravez une mission de justice.
Non, j'econduis un importun.
Les fonctionnaires dans votre genre n'ont rien a voir avec la justice.
- Au revoir, messieurs. - Mais...
Surtout pas. Il y a le type de la banque.
Ca sent la faillite a plein nez.
Bonjour. Excusez-moi, je vous l'emprunte une petite minute.
Achetez l'edition de ce soir, on se l'arrachera.
Je reviens.
Lache-moi. Tu es cinglee ? Ce type peut nous achever !
Respire, mon petit Jourdeuil.
Alice va sauver la situation comme toujours. Ecoute.
- Si tu m'as derange pour rien... - "Chere Marie-Chantal,
"il se passe des horreurs au club L'Eden ou je suis serveuse.
"Un meurtre affreux a ete commis. J'ai vu un cadavre.
"J'ose pas aller a la police car j'ai eu des soucis dans le passe.
"J'ai confiance en vous. Aidez-moi." Signe : "Ginette Tassin."
Alors, c'est pas de la dynamite, ca ?
Qu'est-ce qu'on dit a sa petite Alice ?
- Tu es viree. - Tu es vraiment un ingrat.
Imagine, les poulets sont meme pas au courant !
La tete que Laurence va faire !
- Je file. Pas une seconde a perdre. - Avril !
- Vous n'auriez pas vu Shakespeare ? - Pardon ?
Shakespeare, un lapin blanc avec des yeux rouges.
Affectueux mais farceur.
Vous venez pour l'annonce ?
Vous n'avez pas traine.
Je vous previens, la patronne est a cran, en ce moment.
Faut dire qu'elle exagere, Ginette.
- Ginette ? - 3 jours qu'elle vient plus.
Et pas un mot. Une serveuse qui disparait, c'est genant.
Et les salles sont pleines.
On vient de loin pour applaudir votre serviteur.
Stanislas,
illusionniste. Houdini reincarne.
Bon. Il est ou, ce lapin ?
- On a prevenu la police ? - La police ?
Pour la serveuse.
C'est pas le genre de la maison, croyez-moi.
- Tournez-vous. - Pour... ?
Tournez-vous.
Merveilleux, sublime. Exactement le genre de silhouette qu'il faut.
- C'est comment, votre nom ? - Alice.
Elle vient pour l'annonce.
Vous avez deja ete serveuse ?
J'ai bosse dans beaucoup d'endroits.
Enlevez votre veste, marchez un peu.
Comme ca ?
Delicieuse. Tout a fait delicieuse !
Dis a ta delicieuse de remuer un peu le popotin.
J'y vais. Je vous prends a l'essai.
Je veux un service impeccable ou je vous vire.
A votre 1er jour chez nous, ma colombe.
Merci.
On aime jouer a cache-cache, M. Shakespeare ?
"Ginette Tassin."
Que faites-vous la ?
Je suis la nouvelle serveuse.
La nouvelle serveuse ?
Oui. Je remplace Ginette.
Ah oui.
Apprenez a tenir l'alcool, ma petite.
On ne refuse pas de trinquer avec le client.
Je vais m'accrocher, patron.
Je vous jure.
En plus, j'adore cet endroit.
Quand j'etais gamine,
a l'orphelinat, je revais de devenir chanteuse.
Je prenais un balai comme ca, et hop,
ca devenait un micro.
Au moindre coup de cafard,
je chantais, et le cafard passait.
Vous avez l'air inquiet.
Comment ne pas l'etre ? Je recois des menaces de mort regulierement.
"Des menaces de mort" ?
Des truands qui veulent fourguer leur came ici. Je ne me laisse pas faire.
Faudrait pas qu'ils mettent leurs menaces a execution.
Non mais... ne vous genez pas, surtout !
- Excusez-moi. - Je vous previens,
le commissaire est tres fort et peut etre mechant.
Je l'ai vu mettre a terre un homme de 110 kg avec 2 doigts.
Vous avez des chaussures...
magnifiques.
Ah oui ?
J'adore les chaussures.
Relevez-vous. Que faites-vous ici ?
Excusez-moi. Je...
- Le poisson rouge est a vous ? - Oui.
J'ai le meme a la maison.
Je me presente : Hubert Petipont, IGS.
Je viens aider votre patron.
Entre nous,
il pourrait avoir de gros,
de tres, tres gros ennuis.
Des ennuis ?
Il en croque, si vous me suivez. Vous n'avez rien vu de suspect ?
Le commissaire est le plus honnete des hommes.
Je vois.
Je vois.
Excusez-moi de vous demander ca,
mais vous ne seriez pas...
un peu amoureuse de lui ?
- Mais non, pas du tout. - Tant mieux.
Enfin je veux dire...
on ne pourra pas vous soupconner de complicite.
Le desordre sur mon bureau etait necessaire ?
Ravi de vous revoir, commissaire.
Sortez d'ici. Immediatement.
Vous etes contrarie, je le comprends parfaitement.
Mais je ne fais que mon metier.
Sortez.
Vous ne voulez pas savoir pourquoi on enquete sur vous ?
Sincerement, non.
A votre place, Laurence,
j'ecouterais ce qu'il a a vous dire.
Simon le Belge, ca vous dit quelque chose ?
Le roi de la nuit ? Une douzaine de clubs a Paris et dans le Nord.
Non ? C'est bizarre. Lui nous a beaucoup parle de vous.
Le Perroquet bleu,
le Vegas.
Ca vous dit toujours rien ?
Il parait qu'on vous y voit bien accompagne.
Ah, les filles de Simon le Belge, elles savent y faire.
Enfin... il parait.
Vous m'en direz tant.
Seulement, le vilain proxo touche aussi la drogue,
et vous auriez recu pas mal de pognon pour fermer les yeux sur son trafic.
Qu'ont promis vos superieurs a ce Simon le Belge ?
Je ne crois pas un mot de toute cette histoire.
- Je vous ai maintenu a votre poste. - J'en suis touche.
A condition que je ne vous lache pas. Rassurez-vous,
je suis quelqu'un de tres, tres discret.
- C'est hors de question. - C'est ca ou la mise a pied.
Considerez-moi comme votre allie.
Et si je prouve votre innocence, je serai le plus heureux des hommes.
Pourquoi je ne vous crois pas ?
On vient de nous signaler un cadavre.
Apres vous, commissaire, je vous en prie.
Si tu t'arretes encore, adieu au nouveau spectacle.
Je sais pas ce que j'ai. Je me sens pas bien.
Il faut laisser sa vie au vestiaire.
Je me plains, moi ?
Alors bouge tes petites fesses et vas-y.
Eloise ! Ou tu vas ? Reviens !
Je ne te comprends pas.
Tu es ne et tu as grandi la-bas. A Buenos Aires, tu auras des femmes.
Je ne monterai pas sur ce foutu paquebot, papa. Hors de question.
A quoi tu joues ?
Si tu prends pas ce bateau, je suis mort.
Alors vas-y.
Je prefere que ce soit toi qui le fasses.
Qu'est-ce que tu attends ? Vas-y, tue-moi.
Je ne comprends rien.
Je te demande pas de me comprendre, mais de me faire confiance.
Ta mere et moi, on te rejoindra au plus vite.
Et la, je t'expliquerai.
Miguel ?
Quoi ?
Merci.
Pourquoi tu me remercies ? J'ai pas dit que j'allais partir.
Tu ne me laisseras pas tomber.
Tu feras ce que ton pere demande, tu prendras ce bateau
et je resterai la comme une conne. - Pas du tout.
Ca se passera pas comme ca.
- Cette fois-ci... - Quoi ?
- Je vais trouver une solution. - Bien sur.
"Une solution."
Je t'aime, Eloise.
Regarde-moi.
- Je veux que tu gardes cet enfant. - "Cet enfant" ?
- Comme si c'etait pas le tien. - C'est pas ce que je voulais dire.
Miguel ?
Eh ben, qu'est-ce que tu attends ?
Va rejoindre ta chere maman.
Que fais-tu la ? Depeche-toi, je te conduis a la gare.
Ta valise est prete ?
Je vous jure, je me fais tout petit.
Par ici, commissaire.
Pas de papiers, le visage defonce a coups de pierre.
Ce sera pas facile de l'identifier.
- Quelle horreur. - On ne l'a pas ratee.
Je parle de ses chaussures. Quel manque de gout !
Pourtant, je sens qu'elle devait etre charmante.
- Commissaire... - Chut. Oui, oui.
Tout de meme,
si jeune, si seule sans doute.
Un oiseau pour le chat.
Une jeune fille que personne n'attendait, et couic.
Pardon, je me tais. Je vous jure.
Regardez ou vous mettez les pieds, vous saccagez tout.
Pardon, pardon.
Pardon.
Quel monde cruel, quand meme. Pauvre petite.
Pardon, je...
Je me tais.
Vous avez raison.
Pas d'arme du crime ?
- Un bout de corde ? Un foulard ? - Rien, commissaire.
Continuez a chercher.
Et qu'on prenne une photo du velo.
- Oh, mon Dieu ! - Quoi, encore ?
Elle avait peut-etre un animal.
Et alors ?
Et alors, si ca se trouve, la pauvre bete n'a plus rien a manger.
Et si c'est un poisson ou une tortue,
personne ne risque de l'entendre se plaindre.
Je comprends pourquoi on vous a designe pour cette mission.
"Faites-le craquer, mettez-le hors de lui."
C'est rate, mon vieux. Je suis calme. Extremement calme.
Bon. J'en ai termine.
Je me disais, il manquait quelqu'un dans mon cauchemar.
Moi aussi, rassurez-vous, vous m'avez vachement manque.
Un petit nouveau ?
Bougez votre machin. Il faut pas vous garer la.
Vous nous presentez ?
Besoin d'aide, Petipont ?
Enchantee. Alice Avril.
- Journaliste ? - Reporter a La Voix du Nord.
- Eh oui, monsieur. N'est-ce pas ? - Puisque vous le dites.
C'est tres interessant.
Ah bon ? Vous ne detestez pas la presse, comme l'ours mal leche ?
Au contraire.
Vous allez bien vous entendre.
On a resolu des affaires,
le commissaire ici present et moi-meme.
Il n'y a pas de Laurel sans Hardy.
Il n'y a pas de Tom sans Jerry.
- Nous, c'est pareil. - Non, non.
Avril, je suis calme. J'ai decide de rester calme.
Vous ne pourrez pas m'enerver, meme ligues tous les deux.
Petipont, telephone pour vous dans mon bureau.
Vous etes la pour quoi, Avril ?
Un meurtre et une disparition, ca vous interesse ?
Vous sentez l'alcool ?
Tres bien. Passez une bonne journee.
M. Petipont, lui, se fera une joie de m'ecouter.
Attendez. La disparition dont vous me parlez ne serait pas...
une petite blonde d'une vingtaine d'annees qui roule a velo ?
Blonde, je ne sais pas.
Mais elle roule a velo, c'est sur. Comment vous savez ?
On a retrouve son cadavre ce matin dans un bois.
- Merde. - Vous veniez me dire quoi ?
J'ai recu une lettre.
Une certaine Ginette Tassin, serveuse dans un club.
Elle a vu un cadavre, il se passe de drole de trucs.
Elle est pas venue bosser depuis 3 jours.
- Le nom du club ? - L'Eden.
Le patron a ete menace rapport a un trafic de drogue,
on sait pas trop.
Sur ce coup-la,
je vous epate un petit peu, je sais.
Vous pouvez le dire.
J'ai du mal avec les femmes qui sentent l'alcool.
Veuillez sortir, mademoiselle.
Ca va pas ? Un mort ? On dirait que vous avez avale une pendule.
Sortez.
Je suis desole.
Pas de chance, commissaire.
Il y a un deuxieme temoignage contre vous.
Une prostituee du Perroquet bleu.
Elle vous filerait une partie de ses gains.
Si vous m'aviez aide un peu,
j'aurais peut-etre pu vous sortir de la, mais...
Ca vient du ministere. Ils demandent votre mise a pied.
Rendez-moi votre carte et rentrez chez vous.
Interdiction de revenir dans ce bureau.
Sauf pour la confrontation, bien entendu.
Demain, 10 h.
Si vous faisiez vraiment votre travail,
vous vous demanderiez pourquoi on veut a tout prix me faire plonger.
Ne quittez pas la ville.
Je me suis porte garant ou c'etait la cellule.
- "La cellule" ? Oh, mon Dieu ! - Et l'enquete ?
Petipont s'est propose de vous remplacer.
- Il a deja quelques idees. - "Quelques idees" ? Vraiment ?
Si le commissaire s'en va, moi aussi.
Non. Merci, Marlene. C'est gentil, mais c'est inutile.
A demain, messieurs.
- Tenez, Marlene. - Non, merci.
- Je l'ai repasse hier soir. - Non, merci.
Oh, Marlene, je...
Ca va vous paraitre insense, mais...
Quand vous etes entree dans le bureau,
ca m'est tombe dessus comme dans les romans.
C'est completement fou, je sais. Une fille comme vous
avec un type comme moi...
Mais bon, je me lance, je me jette a l'eau.
Que faites-vous ce soir ?
Commissaire !
Commissaire !
Il est affreux.
En plus, il ne sent pas tres bon. Il vient de m'inviter a diner.
Vous vous rendez compte ? Mais rassurez-vous, j'ai refuse.
- Si j'etais vous, j'accepterais. - Mais, commissaire...
Rangez-vous de son cote. Enfin, faites semblant.
Ouvrez l'oreille, observez.
Et avisez-moi de l'avancement de l'enquete.
Donc...
vous voulez que je fasse l'espionne ? - Exactement, Marlene.
Exactement. Je suis sur que vous ferez une Mata Hari redoutable.
Tenez, voyons si vous avez le sens de l'observation.
Fermez les yeux et imaginez qu'on vous demande de me decrire.
Vous diriez quoi ?
- Vous ? - Oui, moi.
Fermez les yeux.
Je dirais...
que vous etes grand.
- Oui ? - Tres grand.
Que tout chez vous est grand.
Surtout vos mains.
De belles mains avec de longs doigts et des ongles impeccables.
Comme Cary Grant.
Des yeux un peu cruels.
- Ah bon ? - Mais rieurs en meme temps.
Des chaussures anglaises, pointure 44.
Et une bouche...
Une bouche...
Oui, c'est tres bien, Marlene.
Merci.
Mais chut ! Pas un mot a quiconque.
Surtout pas a cette fouine de journaliste.
Recu cinq sur cinq, patron.
Dites a Petipont que vous acceptez.
Oh mon Dieu, rien que d'y penser...
Ca va aller, Marlene. Ca va aller.
Mademoiselle ?
Oui. Y a pas le feu, non plus.
Pardon, excusez-moi. Excusez-moi. Je ne fais que passer.
- Mademoiselle. - J'arrive.
- Une heure que j'attends ! - Je n'ai pas 4 mains.
Et ce costume qui me gratte, qui me gratte !
Monsieur.
Cognac.
Ca va pas, non ?
La femme-objet, c'est termine. Mets-toi ca dans le crane.
Faites attention !
Je suis desolee, ma petite dame. C'est ma premiere soiree.
Probablement votre derniere. Regardez ca. Une robe toute neuve.
Oh mais laissez, espece de gourde.
He ho !
On reste polie ! Je n'ai insulte personne, moi.
Excusez-nous pour cet incident.
Evidemment, la maison vous offre le champagne.
Maintenant, mesdames messieurs, celle que vous attendez tous,
la merveilleuse, la divine Eloise Monin !
Mademoiselle ? Psst !
Mademoiselle !
Quoi ?
Mais...
Qu'est-ce que vous foutez la ?
Discretion, Avril. Vous ne m'avez jamais vu,
vous ne me connaissez pas.
C'est cense vous rendre sexy, cette tenue ?
Un sac de pommes de terre avec des resilles
reste un sac de pommes de terre.
Je vous arracherai les yeux a la fourchette a huitres.
- A la fourchette a huitres ? - Qu'est-ce qu'il boit, le monsieur ?
- Un scotch, mademoiselle. - Un scotch. Certainement, milord !
S'il vous plait, mademoiselle ?
Hubert Petipont. J'ai reserve une table.
Bien sur. Suivez-moi.
- Messieurs dames, vous desirez ? - Des cigares.
Tenez, Marlene.
C'est pour vous.
Mais...
Vous me connaissez a peine, commissaire.
Hubert. Appelez-moi Hubert.
Une seconde a suffi pour savoir que vous etiez une femme exceptionnelle.
Quand je pense que votre commissaire Laurence s'en est meme pas apercu.
Vous vous trompez.
Le commissaire est un ange, pour moi.
Un ange dechu.
Qui connaitra bientot la prison.
Un conseil : misez sur le bon cheval.
Mesdames et messieurs, le numero que vous attendez tous,
pour lequel je vais appeler une jeune femme.
Mlle Alice, venez me rejoindre sur scene. Ne faites pas la timide.
Je ne vous veux aucun mal, juste vous couper en deux.
Sous vos applaudissements.
C'est Alice !
Mais... c'est la journaliste.
Le visage souriant d'Alice.
La main d'Alice.
La jambe d'Alice.
Et maintenant, je vais decouper Alice.
Oh, mon Dieu ! Regardez cette scie, elle est enorme.
Vous allez lui faire mal !
Espece de satyre, lachez ca immediatement !
- Marlene, c'est bon. - Poussez-vous, on voit rien.
Tout va bien.
- Il y a un truc. - Un quoi ?
Un truc !
Excusez-moi.
Il y a un truc.
Et maintenant, je vous demande un silence absolu.
Mademoiselle Alice, vous pouvez reprendre votre service.
- Sous vos applaudissements. - Bravo !
Dieu merci, elle est entiere !
Moi aussi, j'ai besoin qu'on me recolle les morceaux.
Dites oui a cette bague.
Dites oui a mon coeur qui s'offre.
Oh, votre bouche...
vos seins...
Avec vous, j'ai l'impression d'etre James Dean.
James Dean ?
Alice ! Je ne savais pas que tu travaillais dans un club.
C'est pas ce que je gagne au journal qui paye mon loyer.
Ah ca, ca peut s'arranger. J'ai un scoop pour vous.
Une info qui va faire un sacre ramdam.
Je passerai demain matin a La Voix du Nord,
et je garantis que vous pourrez demander une augmentation.
- Tu es toujours le meilleur. - Gilbert !
Comment tu vas ? Ca fait quoi ? 12 ans.
Tu veux un mouchoir ?
C'est ca, fous-toi de ma gueule.
Par contre, question serrure...
- Un petit comme avant ? - "Un petit comme avant."
T'as pas change. Toujours aussi British.
Je me suis renseigne pour ton proxo.
Tu vois, on m'appelle et je suis la.
Je te revaudrai ca.
Apparemment, il a bien negocie.
Ils l'ont remis en liberte, malgre toutes ses casseroles.
Sais-tu qui essaie de me faire tomber ?
On peut dire que tu as pas mal d'ennemis, au 36.
2 ou 3 anciens collabos veulent ta peau depuis longtemps.
J'en ai parle a mon superieur.
On devrait pouvoir arranger l'affaire mais...
Je sais exactement ce que tu vas me demander,
mais la reponse est non.
Tu etais le meilleur, merde.
Pourquoi tu ne viens pas travailler avec nous aux services secrets ?
Et jouer a James Bond ? Non. Merci, mais je me debrouillerai seul.
Je savais que tu allais repondre ca.
Tu es vraiment une tete de mule.
- Sante, Gilbert. - Sante.
Voila. Derriere la petite voiture bleue.
Bon. Bien, bonne nuit.
Ah non, non, non.
Marlene, c'est pas la bo-bonne...
La bobonne ?
C'est pas la bonne replique. La bonne replique, c'est :
"Et si vous montiez prendre un dernier verre, Hubert ?"
C'est que j'habite au rez-de-chaussee.
Et vous avez deja beaucoup trop bu.
Comme je dis toujours a Toulouse : la vie est breve.
"Toulouse" ?
- C'est mon poisson rouge. - Ah !
Je suis sur...
Je suis sur que vous allez le trouver tres sympa. Hein ?
- Un petit bisou ? - Non, Hubert.
- Un petit bisou. - Non. Monsieur Petipont !
Je suis tres chatouilleuse, en plus. Arretez.
Arretez.
Mon nez.
Je saigne !
Desolee, j'ai pas fait expres.
Excusez-moi. Bonne nuit.
Mon Dieu !
- Que s'est-il passe ? - Paul a ete enleve.
Laisse. Tu me detacheras apres. Appelle la police.
Non mais franchement, j'y crois pas.
C'est un coince, d'accord. Un misogyne, un maniaque.
Mais un pourri ?
Je pensais exactement comme vous.
La, malheureusement, il faut se rendre a l'evidence.
On croit connaitre les gens...
De toute facon, a la confrontation, on va bien voir.
La parole d'un proxenete vaut plus que celle d'un poulet ?
Son train de vie, vous l'expliquez comment ?
Vous avez vu son appartement ? Et sa bagnole ?
Les heritages, ca existe.
Il y a un tas de choses que vous ignorez.
Pourquoi il exige de travailler toujours seul ?
Il faisait partie d'un reseau de resistance.
Ces types-la, ils ont l'habitude d'avoir une double vie.
Si vous ne voulez pas de mes infos,
je devrai aller voir ailleurs.
Ce serait dommage.
Je suis sur que vous etes la meilleure.
Alors, on bosse ensemble ?
OK. On bosse ensemble.
Hou, hou, Marlene ?
Commissaire, desolee...
Que faites-vous la ? C'est dangereux. Si M. Petipont...
Qu'avez-vous dans le cou ?
Un sucon ? J'espere que la soiree a ete bonne.
Oh, commissaire, je vous assure, il ne s'est rien passe.
- Il a essaye, mais je l'ai repousse. - Votre vie privee ne me regarde pas.
Bien. Simon le Belge est arrive ?
Pas encore.
"Deboise" comme ca se prononce ? C'est note.
Je transmets. Au revoir.
Du nouveau ?
Un certain Paul Deboise a ete enleve.
Le patron d'un club sur la route de Tourcoing.
Vous savez, L'Eden.
C'est marrant, parce qu'hier soir...
Je vais faire un tour la-bas. Mais...
Je ne vous ai rien dit.
Et la confrontation ?
- Tu jettes ton travail, maintenant ? - C'est mauvais. C'est tres mauvais.
- Je peux ? - Rends-moi ca.
Tu es mon employee, c'est moi qui paie le papier.
Oui, mais ca vaut rien.
Le commissaire Laurence soupconne d'etre un ripou, c'est rien ?
- Ca va nous sauver. Bravo. - Attends.
Ce sera dans l'edition de ce soir. En premiere page.
Et si je refuse ?
Quelqu'un publiera l'info. Mieux vaut nous.
A propos, le patron de L'Eden a ete enleve cette nuit.
Quoi ?
Il devait etre 2 h du matin. On allait bientot rentrer chez nous.
On a entendu du bruit dans le couloir.
C'est quoi, ca ?
Je ne sais pas.
Paul, ca va ?
Tu cries et tu es morte.
Et sa voix ?
Ca ne vous a rappele personne ?
Votre mari avait recu des menaces de mort ?
C'est exact.
On voulait le mouiller dans un trafic de drogue. Il a toujours refuse.
Oh, le fumier !
Petit fumier !
Oui, c'est Paul. On s'est rencontres a Buenos Aires.
Il avait achete un cabaret, et moi, j'etais danseuse.
- Je peux garder la photo ? - Bien sur.
Et le jeune homme ?
C'est notre fils, Miguel. Il a 23 ans.
- Il est ou, en ce moment ? - Au Havre.
Il retourne a Buenos Aires.
Dolores ?
- Un policier veut te parler. - Un policier ?
Toujours une guerre de retard, Petipont.
Vous etes en etat d'arrestation.
Emmenez-le.
Emmenez-le !
Ca va, ca va.
- Eloignez-vous. - Je suis journaliste.
- J'ai dit de vous eloigner. - Laissez, laissez. Laissez.
Alors la, on peut dire que vous tombez bien, ma petite.
L'etau se resserre.
Ca sent le trafic de drogue, tout ca.
Ma tete a couper que Laurence est implique.
Vous avez un appareil photo ?
Euh oui, mais...
Parfait. Ouvrez le fourgon.
Allez-y. Je vous offre l'exclusivite.
Allez-y, mitraillez.
Ne vous genez pas. Vous en mourez d'envie.
Attendez, attendez.
- Je suis dans le cadre ? - Oui, oui.
Bon...
On reprend.
Tu es alle faire quoi, dans ce club ?
Mon metier.
Ton "metier" ?
Tres drole.
- Vous ne trouvez pas ca drole ? - Non.
Tu n'es plus flic, tu n'es plus rien.
Tu es fini, tu comprends ?
Tu vas te retrouver en taule avec des types qui te haissent.
Alors a ta place, je viderais mon sac,
et moi, je verrai ce que je peux faire.
La seule chose que vous pouvez faire pour moi, c'est reculer.
Vous avez une haleine de cheval.
Mais que faites-vous ? Vous n'avez pas note ca ?
- Mais si. - Passons aux choses serieuses.
Simon le Belge, vous le sortez quand, de votre chapeau ?
J'ai hate de lui etre presente.
C'est ca, fais semblant de pas le connaitre !
Il sera la d'une minute a l'autre.
- Marlene, je prendrais bien un cafe. - Tu prendras rien du tout.
Ou alors 10 ans de prison. C'est drole, non ?
Asseyez-vous, Marlene. Asseyez-vous.
Je suis sur que tu es alle dans ce club pour intimider la patronne.
Quand il y a une histoire de drogue, Laurence n'est pas loin.
Eh bien, notez, Marlene, notez ca.
- Des nouvelles ? - Volatilises.
- Quoi ? - Vos 2 temoins.
Disparus, envoles, aucune trace.
C'est un coup fourre de tes copains. Attends donc. Emmenez-le en cellule.
- Pas question. - Bien dit !
Je ne suis pas a votre place, monsieur le divisionnaire,
mais je n'aimerais pas qu'on vous accuse de le couvrir
ou, pire, d'etre son complice.
Vous savez comment ca va.
La rumeur, tout ca... Faudrait pas que ca nuise a votre carriere.
- Merci de votre sollicitude mais... - Non. Laissez tomber, Tricard.
Je vais vous dire :
meme en cellule, j'avancerai plus vite que vous dans votre enquete.
Mais oui... Mais oui, bien sur !
En tout cas, plus besoin de tue-mouche ici,
votre haleine suffit.
On y va ?
Et elle chante.
Je savais que vous etiez une perle. Vous avez une voix magnifique.
Arretez, je chante comme une casserole.
Magnifique.
Dolores cherche une chanteuse. Enfin, cherchait.
Apres ce qui s'est passe, pas sur qu'on reste ouvert.
Arrete de la baratiner, Stan.
Elle a un joli brin de voix. Avec un peu de travail...
Mais oui. Tu as raison, Stan, je suis sure qu'elle est prodigieuse.
Comme les autres.
Tu as l'air d'aller mieux, toi.
- Miguel n'a pas pris le bateau. - Quoi ?
Je te jure.
Il s'est installe a l'hotel.
Mais chut, pas un mot a ses parents.
D'accord, mais tu aides la petite a passer l'audition.
Tu es encore plus salaud que je le pensais.
Des nouvelles ?
Rien.
Aucune demande de rancon, aucune piste.
Je crois que je vais devenir folle.
Mais on ne baisse pas les bras et on ne ferme pas boutique.
Je ne sais pas vous, mais moi, je peux pas encaisser ces flics.
Je dors dehors, et alors ? Je fais de mal a personne.
Je me suis trouve une petite usine sur la route de Montreuil.
Il y a que moi et les oiseaux.
Enfin, il y avait aussi mon pote.
Dede.
Un cingle l'a refroidi. Vous le croyez ?
Il a balance le corps dans son coffre.
Je l'ai dit aux poulets, mais personne m'a cru.
- Commissaire ! - "Commissaire" ?
Je vous ai apporte deux trois choses, dont des chocolats.
Vous en raffolez.
Pourquoi vous parlez aussi fort ?
Faites semblant de rien. On nous ecoute surement.
Il y a aussi du dentifrice, un rasoir...
Cachez ca. Ce sont les depositions.
Les interrogatoires de Petipont ne donnent rien. Voila !
Si vous avez besoin d'autre chose...
- Que ferais-je sans vous ? - Oh, commissaire...
- Marlene. - Oui, commissaire ?
- Une mission pour vous. - Une mission !
- Chut. - Une commission.
Appelez ce numero pour moi et demandez Gilbert Bourdet.
Il faut absolument lui remettre ces 2 photos.
Une liste de courses a faire ?
Qu'il fasse agrandir le visage de Paul Deboise
et qu'il se renseigne a son sujet.
Et il y a cette femme en vison.
Je crois l'avoir deja vue quelque part.
Tres bien. J'irai vous acheter des pommes, aussi.
Au revoir, commissaire.
Parfait.
Tenez-moi au courant si on met la main dessus.
Vous etiez passee ou, Marlene ?
Excusez-moi.
Je suis un peu barbouillee, et aussi un peu nerveuse.
J'ai tellement peur de vous decevoir.
Vous etes si... si...
"Si..." ?
Competent.
C'est gentil, ce que vous dites la.
Tout espoir n'est donc pas perdu ?
Vous avez mise sur le bon cheval.
Vous avez raison.
Notre enquete avance. Vous savez la derniere ?
Miguel Deboise n'a pas embarque ce matin sur le Vasco de Gama.
Pour moi, c'est clair. Il est mouille dans cette affaire de drogue.
Les parents l'ont eloigne.
- Des nouvelles de Simon le Belge ? - Non, chef.
Je vous ai apporte La Voix du Nord.
Parfait ! Merci, Martin.
Regardez ca, Marlene.
Vous me trouvez comment ?
Tres...
- Tres beau. - C'est vrai ? C'est merveilleux.
Je reviens.
Je reviens, mon petit poisson.
- Salut. - Bonjour, madame.
Alors, Laurence ? On prend du bon temps, a ce que je vois.
Je t'ai apporte de la lecture.
Je ne suis pas mauvais bougre.
En plus, tu es en 1re page.
Commissaire !
Oui, Marlene ?
On vient de decouvrir le cadavre de Paul Deboise.
Merci, Marlene.
- Le fils du patron n'a pas embarque. - Merci, Marlene.
Commissaire !
- Commissaire, excusez-moi... - Oui, Marlene ?
Je pourrais vous accompagner pour voir comment vous travaillez ?
Le commissaire Laurence ne m'emmenait nulle part.
Ecoutez...
Pourquoi pas ?
Merci.
Montez.
J'avais ecrit "soupconne", pas "sous les verrous". Encore un coup foireux.
Je comprends pas. Tu voulais ton nom en 1re page, et tu rouspetes encore.
Tu comprends vraiment rien de rien !
Ne me remercie surtout pas.
Bon. Ecoutez...
Je m'excuse.
C'est pas bien. Mais je ne voulais pas.
Cet article, je l'avais mis a la poubelle.
C'est cet enfoire de Jourdeuil.
Et le titre n'est pas de moi.
Traitez-moi de conne, d'emmerdeuse.
Allez-y, balancez-moi une saloperie dont vous avez le secret.
Dites quelque chose, au moins.
Ben... je m'en vais, alors.
Tenez.
Il a laisse l'argent.
Ca sent l'execution.
Non. Je vous previens, c'est pas joli a regarder.
Laissez-moi passer.
Oh, mon Dieu...
- Pourquoi s'etre acharne comme ca ? - Vous reconnaissez votre mari ?
Malheureusement.
Vous etes sure ?
Oui. Il n'y a pas de doute.
On retrouvera ces salopards, je vous le promets.
Etrange...
Tres etrange.
Pourquoi on l'a defigure ?
Exactement comme cette pauvre Ginette Tassin.
Pas de doute : les deux meurtres sont lies.
En tout cas, j'ai bien suivi vos instructions.
- J'ai essaye de tout observer et... - Et... ?
Je ne sais pas si ca a de l'importance.
- C'est un tout petit detail. - Allez-y, Marlene.
Mme Deboise porte une alliance, mais pas son mari.
Alors on a pu la lui voler, mais comme...
rien n'a ete pris dans le portefeuille...
Vous etes formidable.
Commissaire, vous allez me faire rougir.
C'est un detail d'une importance capitale.
Vous pensez que je devrais suivre des cours ?
- "Des cours" ? - Pour entrer dans la police.
J'ai toujours adore les uniformes.
Vous etes la petite amie de Miguel Deboise, oui ou non ?
- Oui. - Et vous ignorez ou il se planque ?
Excusez-moi, mais j'ai du mal a vous croire.
Je vous surprends ? C'est mon cote animal.
- Je ne suis pas trop dur ? - Non.
Bon. Alors vous allez arreter de me prendre pour un con. D'accord ?
Je ne peux pas inventer pour vous faire plaisir.
La, vous etes en train de devenir sa complice.
Et si ca se trouve, votre Miguel a tue son pere.
D'abord Ginette, et puis son pere.
Vous etes dingue. Miguel est incapable de ca.
Je savais que vous alliez me dire ca.
Voila comment je vois la chose, moi.
Miguel trempe dans un trafic de drogue.
N'importe quoi.
La petite Ginette surprend quelque chose,
elle menace de parler, Miguel la tue. Mais... le patron comprend tout.
Il decide d'eloigner son fils. Miguel fait semblant d'obeir
mais au lieu d'embarquer, il revient ici.
Et...
couic !
Au revoir, papa. Bonjour, les millions.
- Je vous en bouche un coin, hein ? - Je peux partir, maintenant ?
On se reverra tres vite, ma petite.
Allez, debarrassez-moi le plancher.
C'est Petipont. La jolie petite qui sort du bureau, suis-la discretement.
Et voila le travail.
La petite souris va nous emmener jusqu'au gros chat.
Miguel ?
Que fais-tu la ?
Reponds-moi.
Eloise est enceinte de moi. Je ne pouvais pas partir.
Pauvre imbecile !
Tu t'es laisse pieger.
La petite garce !
Ce que tu penses ne changera rien. Je vais l'epouser.
Ou est papa ?
Tu me demandes ou est ton pere ? A la morgue !
Voila ou est ton pere : a la morgue.
Papa est mort ?
J'espere que ca te fait plaisir.
Si ton intrigante voulait le pognon, il faudra me tuer aussi.
- Ou vous n'heriterez de rien. - C'est horrible, ce que tu dis !
Comment as-tu pu te faire manipuler ?
Oublie-la, et le plus vite possible.
- Cet enfant est-il bien de toi ? - Arrete ! Elle m'aime.
- Tu entends ? Elle m'aime. - Vas-y, serre.
Serre.
Qu'est-ce que tu attends ?
- Excuse-moi. - C'est fini, mon bebe.
C'est fini.
Allez, allez, on bouge un peu !
Que font-elles sur ces tables, ces chaises ?
Dolores veut ouvrir a l'heure, on ouvrira a l'heure.
Paul n'aurait pas supporte un retard.
Non, mais tu l'as vu ?
Ca joue deja au patron.
Vite remplace, monsieur Paul.
Si ca se trouve, c'est lui qui l'a tue.
Et la petite Ginette aussi.
Il m'a toujours fait froid dans le dos.
Je crois pas pouvoir chanter ce soir.
Quoi ?
Pourquoi tu me regardes ?
Si tu me remplacais ?
Ah non. Je ne suis pas prete du tout.
- Non, je vais etre ridicule. - Ecoute, tu fais comme tu veux,
mais une chance comme ca, ca se reproduit pas.
Vous pouvez nous laisser, Avril ?
Oui, pardon.
Miguel a ete arrete.
Les flics l'ont pris a la sortie du club.
Arrete ?
Mais il n'a rien fait.
Pourquoi personne ne veut nous laisser tranquilles ?
Que faites-vous la ? On ouvre dans 15 minutes.
- C'est votre fils. - Quoi, mon fils ?
Il parait qu'on l'a arrete.
Oh, mon Dieu.
Pourquoi on ne vient pas me chercher ?
Pourquoi on ne m'interroge pas ?
Je veux voir mon avocat !
Qu'est-ce qu'il y a ?
Pourquoi vous me regardez comme ca ?
Un innocent n'exige pas un avocat toutes les deux minutes.
Vous n'avez pas a me donner des lecons. Je sais qui vous etes.
Je vous ai vu dans le journal, alors fermez-la.
- A votre place, je m'excuserais. - Ah oui ?
Et pourquoi ?
Je suis le seul a pouvoir sauver votre tete.
Sauver ma tete ? J'ai rien fait.
Je sais. Mais Petipont va vous charger au maximum.
Vous etes le coupable ideal :
pas d'alibi,
3 ou 4 bonnes raisons de tuer votre pere,
un heritage a la cle,
et cette histoire de paquebot. Ca commence a faire beaucoup.
Je ne parle meme pas du cannabis dans votre poche.
- 3 g, c'est rien. - Pour Petipont, ca suffit.
Vous introduisez de la drogue a L'Eden,
votre pere s'en apercoit, il menace de denoncer votre trafic,
et vos copains lui font la peau.
J'aimais pas beaucoup mon pere, mais jamais j'aurais laisse faire ca.
Cette histoire de trafic est ridicule.
Et maintenant, accueillez chaleureusement notre nouvelle venue,
tel un ange venu du ciel : Mlle Alice Avril.
Laissez-moi vous confier
Les hommes, les hommes
J'en prends et j'en consomme
Moi, je veux personne
Ou seulement une nuit, bon
Laissez-moi vous parler
Oh... des hommes
Ils nous trompent, on pardonne
On les trompe, ils sermonnent
Alors, moi, je fais ma vie
- Vraiment ? - Ben oui.
Ben, ca donne ca, a peu pres.
J'exige, vous m'entendez, j'exige de voir mon fils.
Vous n'avez aucun motif, aucune preuve.
Calmez-vous.
J'ai perdu mon mari et on traite mon fils en assassin.
Et vous dites de me calmer ?
Allez le chercher.
Pas trop tot.
Pour ne rien vous cacher
A vous, les hommes
Oui, je croque la pomme
Mais non, j'ai pas de bonhomme
Pour m'eviter l'ennui
C'est tres simple. Oui, mesdames. Ben oui.
Baissez pas les yeux, c'est pas grave.
Pour moi, c'est le paradis. Et ca...
Ah, les hommes, je te jure.
Bye-bye, mon petit.
C'est bien !
- Une autre ! - Bravo !
C'est pas possible !
Ah, Miguel.
Mon cheri, je t'en prie,
dis au commissaire que tu n'as rien a voir la-dedans et rentrons.
Regarde-moi !
Tu n'as pas tue ton pere ?
On vient de m'informer...
Eh bien quoi ? Accouchez, mon vieux.
On a trouve le corps de Paul Deboise a L'Eden.
Vous rigolez ? On a deja son cadavre.
Maman ?
Maman ! Maman !
Alors, Petipont ? Vous avez une explication, j'imagine.
Vous avez toujours une explication.
La, j'avoue que je n'y comprends plus rien.
Ca sent mauvais, cette affaire.
Je ne connais qu'une personne capable de nous tirer de la.
Que ca vous plaise ou non.
Pourquoi je sortirais ? On est tres bien, ici.
S'il vous plait, c'est assez complique comme ca.
Prenez un chocolat. Ils sont excellents.
Arretez de jouer au con.
On a deux cadavres pour le meme mort.
Jamais vu ca en 35 ans de carriere. Reprenez l'affaire, et au plus vite.
Vous n'en voulez pas ? Vous avez tort.
Que voulez-vous ? Que je me mette a genoux ?
D'accord. Resolvez cette affaire et je me mettrai a genoux.
- Et les charges contre moi ? - Envolees.
D'ailleurs, les temoins aussi.
Et Petipont ?
Il va prendre le 1er train pour Paris.
- Non. - Comment ca, "non" ?
Il va rester et assister a l'enquete jusqu'au bout.
- Elle est quasiment resolue. - Comment ca ?
Encore 2 ou 3 choses a verifier.
Mais oui, bien sur. Du bluff !
Toujours du bluff.
Comment il a pu resoudre quoi que ce soit assis dans une cellule ?
Il y a des cellules utiles dans une enquete.
Les cellules grises, par exemple.
Apparemment, on n'a pas du vous en distribuer beaucoup a la naissance.
Vous faites une enorme erreur.
Enorme !
Commissaire ! Si vous saviez comme je suis contente.
Je n'arrivais plus a manger.
Tenez. C'est de la part de votre ami Bourdet.
Merci.
Fidele Marlene.
- Commissaire... - Pas un mot, Avril.
Vous m'ecoutez, vous acquiescez, et je m'en vais.
Arrangez-vous pour qu'on publie ca tres vite.
Toute personne qui reconnait cette femme
doit me contacter. Hochez la tete si vous avez compris.
Tres bien.
- Commissaire. - J'en etais sur, c'etait trop beau.
- Dolores avait de faux passeports. - Vous fouillez dans les sacs ?
Pour elle et pour son mari. C'est etrange, non ?
Tout a fait logique, au contraire.
J'ai trouve une petite usine sur la route de Montreuil.
Il n'y a que moi et les oiseaux.
Enfin,
c'etait Dede qui avait trouve cette planque.
Un solitaire, mais la, il me propose de venir.
Le soir meme, il se fait etrangler.
J'ai pisse dans mon froc, tellement j'ai eu peur.
J'aurais rien pu faire.
Alors je suis reste cache,
et le type qui a refroidi mon pote ne m'a pas vu.
Gus ! Couche, Gus !
Viens la ! Gus !
En retard, comme d'habitude.
Et pas discret, en plus.
On peut savoir ce que vous foutez ici ?
Pas encore.
Mais ce soir, je rendrai mes conclusions.
"Ce soir, je rendrai mes conclusions."
J'en ai marre, de vos grands airs.
Et surtout, que vous me preniez pour un con.
Ca, c'est ce qui arrive quand on vous rencontre.
Desole d'ecourter notre echange, mais moi, j'ai du travail.
J'ai connu des gars presque aussi limites que vous,
mais au moins quand ils se battaient, c'etait les yeux dans les yeux.
J'ai dit que je ne voulais voir personne !
Sortez.
Sortez ou j'appelle votre collegue.
Je vous montre deux visages et je vous laisse tranquille.
Vous la connaissez ?
- Non. - Regardez mieux.
C'etait la maitresse de mon mari.
Que faites-vous ? Vous avez pas le droit.
Qu'est-ce qui se passe ?
Si tu m'aimes, dis que ce fouille-merde m'a frappee.
- Allez chercher du desinfectant. - Non.
Depechez-vous.
- Ne me laisse pas toute seule. - Asseyez-vous.
J'ai dit : asseyez-vous !
Et si vous m'expliquiez ?
Je ne dirai plus rien du tout.
- Et lui, vous le reconnaissez ? - Jamais vu.
Il s'appelait Andre.
Cela ne vous fait ni chaud ni froid.
La vie d'un clochard, ca ne vaut pas grand-chose.
Vous etes une sacree femme.
Vous ne vous etes pas contentee
d'attendre sagement que votre mari en ait fini.
- Je ne comprends pas. - Mais si.
C'etait pas le tout, un cadavre.
Il fallait qu'il ressemble vaguement a Paul Deboise.
Vous etes completement fou.
Cette histoire n'a ni queue ni tete.
Pourquoi se faire passer pour mort ?
Parce qu'on le faisait chanter.
Servez-moi un verre.
Non.
De toute facon, vous n'avez aucune preuve.
Il y a tout de meme les faux passeports. Et puis...
on mettra la main sur cette mysterieuse femme en vison
qui venait une fois par mois
faire payer votre mari.
Enfin il y a le meurtre de Ginette Tassin.
C'est quoi, ca ?
- Je pensais qu'on etait seuls. - Moi aussi.
Ginette ? Ginette !
Je ne suis pas femme a finir ma vie en prison.
A votre place, je ne m'inquieterais pas.
Vous serez probablement condamnee a mort.
Quand on l'aura soignee, emmenez-la.
Bonjour. La Voix du Nord, s'il vous plait.
Merci.
Ou est Laurence ?
Marlene ?
Bon, ca suffit. J'ai merde, d'accord. On ne va pas en faire un fromage.
Comment oses-tu parler de "fromage" ? Quelle trahison !
Judas, lui au moins, s'est pendu. Il n'a pas parle de fromage.
C'est vrai, on vous a retire l'affaire ?
Pas de commentaires, degagez.
La liberte de la presse comptait, pour vous.
- Foutez-moi le camp ! - Pardon ?
- Sortez ! Sortez ! - Je n'ai pas entendu.
Marlene, tu as entendu quelque chose, toi ?
J'ai pas dit mon dernier mot. Croyez-moi,
j'ai envoye plus de flics au trou que n'importe qui.
C'est pas fini.
T'as toujours pas change ta serrure ?
- Merci pour le coup de main. - Tu nous revaudras ca.
- Je me suis permis. - Tu as bien fait.
Sexy, la petite secretaire, hein !
- Tu as eu les infos ? - Pas grand-chose.
Ah si. Paul Deboise, visiblement, c'est un nom d'emprunt.
Il y en a 3 en vie au fichier national.
Le 1er a 12 ans, le 2e est en maison de retraite
et le 3e est militaire de carriere.
Il y a eu quelque chose
dans les annees 30 entre ce type et la femme en vison,
assez grave pour qu'il disparaisse en Argentine plus de 20 ans.
Elle l'a retrouve, elle l'a fait chanter.
Et il a tente de disparaitre a nouveau.
- Bon. Je te laisse. - Salut.
A propos, vous avez fait quoi de Simon le Belge et de la prostituee ?
On les a cuisines...
a notre maniere. Ne te tracasse pas, t'es pas pres de les revoir.
Salut, Gilbert.
- Mademoiselle. - Bonjour.
Merci.
Fermez la porte.
Vous ne me jetez pas ?
Vous ne m'en voulez plus ?
Parce que, vraiment, je m'excuse.
Non, Avril, on ne dit pas "je m'excuse".
On dit "excusez-moi", a la rigueur. Mais avec vous, c'est "je, je, je".
Excusez-moi, commissaire. Je ne suis qu'une moins que rien.
Je peux me mettre a genoux.
Tricard m'a fait la proposition. Trouvez autre chose.
- Vous me pardonnez ? - Je n'ai pas dit ca.
J'aurai peut-etre besoin de vous. Mais ce sera risque.
Vous savez que j'ai peur de rien.
C'est ce qui m'inquiete.
On fait un saut a votre journal.
Et ensuite nous ferons chanter l'assassin.
C'est le commissaire Laurence, ici.
La petite annonce ?
Ah oui, oui.
Oui, parfait.
Dans une demi-heure ?
Parfait.
A tout a l'heure, madame.
Vous n'avez pas le droit. C'est deloyal.
- Et 1936. - Parfait.
La Voix n'a pas forcement parle d'une affaire a Paris.
Mais oui...
- Allo, oui ? - Ecoutez, Avril.
- C'est Petipont. - Desole pour tout a l'heure.
Mais la, il y a du nouveau.
Je peux vous le dire en exclusivite,
j'ai resolu le meurtre de Paul Deboise.
Si j'etais vous, je rappliquerais en 4e vitesse au commissariat.
Tout de suite.
Alors, monsieur le divisionnaire, c'est qui, le meilleur ?
Pour une fois, vous tombez bien, commissaire.
Permettez-moi de vous presenter...
Marthe Salmont, je suppose.
- Enchante. - Bonjour, monsieur.
- Mais... - Le 14 avril 1935,
votre mari, proprietaire du Select a Belleville,
est retrouve assassine dans son bureau. C'est exact ?
- Exact. - Le coffre a ete vide,
et l'homme de confiance, Francis Valls, a disparu.
Ou il a ete pecher ca ?
- Vous et Francis etiez amants ? - On m'a soupconnee de complicite.
Pendant 20 ans,
vous etes restee sans nouvelles de celui qui vous avait tout pris.
Vous n'imaginez pas ce que c'est, commissaire.
Se retrouver soudain sans un sou.
Je n'etais pas preparee a la misere.
Vous allez nous faire pleurer.
- Bonne soiree. - Merci.
Bonsoir. J'espere que tout se passe bien.
Pardon.
L'idee de faire chanter votre ancien amant vous est venue a ce moment-la ?
Madame, je ne comprends rien a votre histoire.
Je ressemble peut-etre a ce Francis Valls,
mais j'ai rien a voir avec lui.
Regarde cette broche. C'est tout ce que tu m'as laisse.
Tu imagines ce que j'ai vecu ?
Il faut sortir, madame. J'aurais bien voulu vous aider.
J'etais a la rue, enceinte. Et toi...
Je ne suis pas celui que vous cherchez.
Releve ta manche.
- Quoi ? - La gauche, releve-la.
Francis avait une cicatrice au coude.
C'est ridicule.
Si vous n'etes pas le salopard qui m'a pourri l'existence,
je vous en prie, relevez votre manche.
Que veux-tu ?
Longtemps, j'ai reve de te voir mort.
J'ai reve de t'arracher les yeux.
Mais la, non, ce serait trop facile.
J'irai pas te denoncer.
Mais ca va te couter de l'argent.
Beaucoup d'argent.
Il a commence par payer,
puis il a tente de disparaitre en simulant sa mort.
Mais, coup de theatre,
il s'est vraiment fait tuer.
Et on a deux cadavres sur les bras.
Ca ne nous dit pas qui a tue le vrai Deboise.
Enfin, le faux. Le vrai Francis Valls.
C'est pourtant limpide.
Vous l'avez abattu quand vous vous etes rendu compte qu'il allait filer.
Pensez ce que vous voulez. Je suis fatiguee.
J'ai tue personne.
C'est ce que disent les assassins.
Elle est innocente.
Des que le commissaire Laurence peut me contredire...
Vous pouvez egalement liberer Miguel Deboise.
Et s'il etait pas deja mort, on pourrait liberer Landru, aussi !
C'est vraiment n'importe quoi !
Cette nuit, l'assassin dormira en prison.
Faites ce que je vous ai demande.
Tu as l'argent ?
Je ne parlerai pas. Je m'en fous, que tu aies tue Paul.
Il a eu ce qu'il meritait, ce salopard.
Ca va ? On dirait que tu as vu un fantome.
Je... crois que je vais rentrer, la.
J'ai un peu de mal a respirer.
Qu'est-ce qui se passe, maman ?
Je t'en prie.
Dis-moi ce qui se passe, tu me fais peur.
Cet homme qui est venu a notre table.
Le patron du cabaret ?
N'oublie jamais son visage.
C'est lui qui a tue ton pere. Il nous a tout pris.
Qu'est-ce que tu fais la ?
J'ai un message pour vous.
"Un message" ?
De la part de ma mere.
Comment tu as devine ?
Marthe nous a dit qu'elle etait enceinte
lorsque son mari a ete tue.
Un coup de fil a suffi pour decouvrir que Monin n'etait pas votre vrai nom,
n'est-ce pas, Mlle Salmont ?
En epousant Miguel et en tuant son pere,
vous alliez profiter de l'argent dont vous aviez ete privee.
Vous auriez peut-etre supprime Dolores, aussi.
J'ai essaye d'etre une gentille petite fille sage.
Ca n'a pas marche. Vous n'imaginez pas ce que j'ai fait pour survivre.
Monsieur Paul et les autres pervers dans son genre
m'ont fait comprendre qu'une fille sage n'a aucun avenir.
Il m'a humiliee.
Comme il a humilie ma mere.
Alors je l'ai saigne comme un porc, et il le meritait.
Vous plaiderez les circonstances attenuantes.
Rien a foutre des circonstances attenuantes !
Mais...
Lachez-moi ! Vous etes comme les autres, vous etes de leur cote.
- Du cote des porcs ! - Mais oui. Allez.
Elle porte notre enfant.
Elle n'est peut-etre meme pas enceinte.
Elle m'aimait.
Elle m'aimait...
J'en suis certain.
Je vais ecrire un article sur vous. Ca va pleurer dans les chaumieres.
Connaissant votre style, Avril, je pleure deja.
Ne vous laissez pas aller.
Fini. Je suis un homme fini.
Il ne faut pas dire ca.
Vous allez retrouver un uniforme.
C'est beau, les uniformes.
Moi, ca m'aurait plu...
d'etre a la circulation. Un geste et tout le monde obeit.
Que faites-vous, M. Petipont ? Lachez ca immediatement.
Vous ne m'avez jamais aime.
Je vais emmener Toulouse au canal et me jeter avec lui.
Le pauvre ! C'est tres sale.
Je vous repose la question. Si je vous demandais
de venir avec moi a Paris, vous diriez non ?
Oui.
Enfin oui, je dirais non.
Je suis desolee.
- Encore la, Petipont ? - J'allais partir.
Adieu, Marlene.
Jurez-moi de ne pas faire de betise.
Rassurez-vous, j'ai toujours tout rate, de toute facon.
Meme ma mort, je la raterai.
Au revoir. Embrassez Toulouse pour moi.
- "Toulouse" ? - Son poisson rouge.
- Bonsoir, messieurs dames. - Bonsoir, Georges.
Mesdames et messieurs, bonsoir. Soiree exceptionnelle, ce soir,
avec la presence parmi nous du celebre commissaire Laurence.
Mais aussi, pour notre plus grand plaisir,
mademoiselle Alice Avril.
Rassurez-moi, elle ne chante qu'une chanson ?
Adaptation : Marion Roche pour Eclair Media
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