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Zulu
Reste.
Tu reviens quand ?
Peut-être deux semaines.
- C'est long ? - Trop long.
Je vais prendre une douche.
Mary...
Scotland Yard te surveille depuis des mois.
Moi aussi. Oh ! Tu as l'air contrariée.
C'est pas ce que tu voulais, hein ?
Rester en France, passer plus de temps avec moi ?
Tu ne m'aimes plus ?
Je promets de venir te voir en prison.
Bon. À très vite, Solange.
Où va la drogue ? Qui la réceptionne ?
- Je ne sais rien. - Non, c'est fini.
Tu joues la comédie amoureuse depuis le début ?
Pas toujours.
Jack Murphy a été arrêté à Londres. Il t'a balancée.
La drogue transite par l'Angleterre avant d'arriver en France.
- Je ne le connais pas. - Tant mieux.
Le pauvre type a été égorgé hier dans sa cellule,
entre deux interrogatoires.
Les trafiquants ne prennent pas de risque.
Ils doivent se demander si Murphy nous a parlé de toi.
Bien...
Tu es libre. Tu peux partir.
Tu pourras expliquer à tes amis pourquoi je t'ai laissée sortir.
- Tu pourras les convaincre. - Ils ne me croiront jamais.
Bonne chance.
Je le vois la nuit. Toujours.
Il ne me parle pas. Je ne vois même pas son visage.
Ça pourrait même être une femme.
Je te jure.
- Je te jure. - Tu lui livres la drogue ?
Non, que de l'argent. Je transporte que de l'argent.
- Je dois vous parler. - Vous voyez bien que j'enquête.
Non, justement, ça ne se voit pas.
Ou alors c'est une nouvelle méthode ?
Quand, le prochain rendez-vous ?
- Ce soir. - Où ?
S'il voit la police... il me tue. Je ne veux pas mourir, Swan.
Pas si tu fais exactement ce que je te dis.
Il ne t'arrivera rien.
Martin ?
Ne rien entendre, ne rien voir et ne rien dire.
- Alors cette urgence ? - C'est ma sœur. Elle a des ennuis.
Vous avez une sœur, Marlène ?
Oui, je comprends, mais je préférerais une autre solution.
Non, bien sûr. Je ferai ce que vous avez décidé.
Je vous rappelle après.
- Bonjour, N'Daye. - Bonjour, madame Vanilos.
Vous semblez épuisée et vous avez maigri.
- On ne vous a pas nourrie ? - Si, mais le voyage a été long.
J'ai juste besoin d'un bain et d'une sieste.
Dépêchez-vous.
On ne s'est pas vues pendant longtemps.
Solange était dans une mission en Afrique.
C'est beau, hein ? Elle est revenue il y a un an.
Ah ! Non, c'est la liste des commissions.
Elle tient une pension pour jeunes.
Ça, c'est la liste des choses à penser.
- "Des choses à penser" ? - Oui, je fais toujours ça.
Maintenant, il y a tous ces vols.
Elle ne voulait pas que j'en parle à la police.
Trop fière. Ah ! La voilà.
- On n'a pas touché à l'argenterie. - Non.
Ni aux bijoux de famille. Volé de l'argent peut-être ?
On a déchiré un foulard,
plus le vol du poudrier, celui du rouge à lèvres, de...
Est-ce que je peux voir la liste ?
Appelez Scotland Yard et demandez l'inspecteur Japp.
Ça, c'est urgent.
- Alors ? - Ben, tu vois...
Tu m'avais parlé d'une enquête, mais là, c'est pas...
très excitant.
Ça peut pas faire la une.
Un être malfaisant veut détruire la réputation de ma sœur.
Non, il faut redescendre. Tu t'emballes, là.
Tu arrêtes tout de suite. C'est juste une pauvre fille jalouse.
Elle a chipé 3 conneries, ça arrive.
C'est ma sœur.
Tu ne peux pas comprendre.
Ben, non, désolée.
Pourquoi tu ne demandes pas à Laurence ?
C'est son job : les crimes, les tordus, les vols...
- Il te faut un pro. - Il s'en fiche.
Il est débordé. Il travaille avec Scotland Yard.
Sur quoi ?
J'ai de quoi faire un papier ? C'est un gros coup.
Énorme. Un trafic de drogue.
Super. Tu sais avec qui il est en contact ?
- T'as un nom ? - Oui.
Il appelle tout le temps.
Donnant donnant.
Merci.
Vous n'avez pas l'allure d'une dactylo.
Je commence juste les cours.
Les blue-jeans sont faits pour les garçons, mademoiselle.
Vous pouvez m'appeler Alice.
- Ma sœur vous a donné l'adresse. - Ben, oui.
Elle m'a dit que vous aviez une chambre libre.
Ça m'arrangerait bien.
Non, c'est fou.
Vous et Marlène, on ne croirait jamais que vous sortez du même moule.
Vous êtes tellement...
- Et elle est tellement... - C'est une dévergondée.
Le souper est à 20 h,
la pension ferme à 22 h, 23 h le samedi.
Interdiction de recevoir des hommes, de boire de l'alcool, de fumer.
Les filles sont au premier, les garçons au second.
D'accord.
Louise !
Alice occupera la chambre à côté de vous. Accompagnez-la.
- Merci. - Vous pouvez y aller.
Enchantée.
Dis donc, elle fout les jetons, la proprio.
Elle est stricte. Nous, on ne la voit pas souvent.
Vous êtes tous étudiants ?
Non. Moi, je suis préparatrice en pharmacie à l'hôpital Ste-Catherine.
- Et l'ambiance, c'est sympa ? - Oui.
Des fois, c'est un petit peu tendu. Chacun a son caractère.
Oui.
Rose a un salon de coiffure. Pourquoi elle vit encore ici ?
Si j'avais les moyens, j'aurais mon appartement.
Tu sais pourquoi quelqu'un aurait 2 passeports ?
Comment ? Avec deux noms différents ?
- Pour embrouiller la police ? - Non. Ça, ça m'étonnerait.
Tu les as trouvés où, les deux passeports ?
Nulle part.
- Je devrais peut-être lui en parler. - C'est quelqu'un d'ici ?
- Tout est en place, commissaire. - Bien.
- Autre chose ? - On est en avance.
Ça s'appelle une planque, Martin.
Mais on aurait dû arriver à l'heure dite
toutes sirènes hurlantes pour annoncer notre présence.
Disparaissez.
Et soyez discrets, nom de Dieu !
Tu fais exactement comme d'habitude.
- Je prends l'argent ? - Oui.
Je serai là tout près de toi.
Ils ne se douteront de rien.
- J'ai peur. - Tu n'as plus le choix.
Bon appétit.
- Du pain, Guiguite ? - Ne m'appelle pas comme ça.
Ça fait vieille fille.
Ça va avec l'étude des fossiles.
Tout le monde n'est pas doué pour les études.
Toi, j'hésite. Histoire de l'art.
Alice veut être secrétaire.
Dans 2 ans, j'aurai besoin d'une secrétaire.
- Il te faut une nouvelle coiffure. - Ah bon ?
Passe au salon, je te ferai un prix.
C'est insupportable ! Qui a fouillé dans mon sac à dos ?
Lequel de vous ?
- Rien à faire, de tes grigris. - Ta gueule !
Pierre, personne ne jure sous mon toit.
Qu'a-t-on pris ?
Rien, mais on a fouillé, j'en suis sûre.
Je n'ai pas fait tout un fromage lorsqu'on m'a volé mon escarpin.
Qu'est-ce qui se passe ?
Des choses disparaissent ici, perdues ou volées.
Elles vont réapparaître.
Vous n'êtes pas soigneux. Vos affaires traînent partout.
Contentez-vous de ranger.
J'aime pas qu'on farfouille dans mes affaires.
Moi, j'ai rien à cacher.
Moi non plus,
mais tout le monde a ses petits secrets.
Alice, tu fais le jus pour tout le monde.
- Je ne sais même pas où est le café. - C'est ton tour.
- Qu'est-ce qui leur prend ? - Les Maîtres du mystère à la radio.
Aujourd'hui, les jeunes aiment le crime.
L'adresse de l'auberge, pour dormir.
En Angleterre.
Ils sont turcs. Pas un mot de français.
Merci.
- Je t'ai gardé la place. - C'est gentil.
- Vous partez ? - Je rentre demain dans la journée.
- Bonne route. - Au revoir.
Chut ! Ça commence.
Les Maîtres du mystère.
Pierre Billard a choisi pour vous Une si charmante soirée.
La police !
Mary, pourquoi tu ne m'as pas écouté ?
- Je ne voulais aller en prison. - Je ne voulais pas...
Mary ! Mary !
Vous allez payer, comme vous avez fait mourir le pauvre Lemoine.
Avec Michel Piccoli...
Merde !
Qu'est-ce qu'elle a ?
Yvonne Clech...
- Elle ne va pas bien du tout, là. - Oh, mon Dieu !
Louise ?
Louise ?
Commissaire, téléphone pour vous. C'est urgent.
Vous ne bougez pas d'ici. Que personne n'entre.
Elle suffoquait. Elle souffrait, j'ai rien pu faire.
- Vous êtes médecin ? - Presque.
- Alors un diagnostic, docteur ? - Non, je ne sais pas.
Elle s'est peut-être étouffée en buvant son café.
- On appelle ça une "fausse route". - Le profane vous remercie.
Vous pensez à un accident
dû à l'inhalation dans les voies aériennes de liquide
destiné à l'œsophage :
apnée, convulsions, arrêt cardiovasculaire.
Forte odeur d'amande amère.
Je pencherais pour un meurtre. Chacun sa spécialité.
Mais... du cyanure.
Qui d'entre vous avait une raison d'empoisonner cette jeune femme ?
C'est mon tour.
C'est dégoûtant. Mais ils s'en fichent.
- Méthodes de flics. - Pourquoi ? Tu t'y connais ?
Ils nous traitent tous comme des coupables.
- Ils veulent nous déstabiliser. - Il a dit qu'on l'avait tuée.
L'un de nous.
Mademoiselle Avril.
Qu'est-ce que vous fichez ici ?
Je loge à la pension.
La bouffe est bonne et puis on ne s'ennuie pas.
Ne me faites pas perdre mon temps.
- Je mène votre enquête. - Quelle enquête ?
La sœur de Marlène. Les vols.
C'est pas sympa de laisser tomber Marlène pour les English.
Comment vous savez ça, vous ?
Cette affaire de drogue, ça avance ?
Alors...
"Un poudrier, un rouge à lèvres, un escarpin
"et un foulard."
Enfin... ce qu'il en reste.
Louise était la voleuse.
Vous pouvez retourner vivre dans votre gourbi.
À moins que vous n'ayez remarqué quelque chose, par hasard ?
À votre service, commissaire.
Marguerite aime Jean-Baptiste, Louise l'aimait également.
Rose est une garce, Vanilos une peau de vache,
Pierre est sympa,
N'Daye était furieuse qu'on ait fouillé son sac
et quelqu'un a deux passeports.
- Je peux y aller ? - Oui.
Merci.
Avril ?
Quoi ?
- J'étais absente presque un mois. - Pourquoi ?
J'étudie la littérature anglaise. J'ai suivi des cours là-bas.
Vos rapports avec Louise ?
Elle était gentille, plutôt effacée.
On s'entendait bien. On a déjeuné 1 ou 2 fois ensemble.
Vous êtes allée à Sainte-Catherine ?
- C'est arrivé, oui. - Et vous avez pu voler le cyanure.
C'est pas une conversation entre amis, c'est un interrogatoire.
Vous étiez très en colère au dîner. Pourquoi ?
Je... On...
On avait quoi ? Volé dans votre sac ?
Trouvé quelque chose, alors ?
Louise avait trouvé quelque chose ?
Non. J'ai rien fait, je... Je suis fatiguée.
Puis-je avoir votre passeport, mademoiselle Sissoko.
Merci.
Alors pour résumer :
stage à l'hôpital Sainte-Catherine, service neurologie,
accès aux poisons de la pharmacie.
Vous étiez où, dans le salon ?
Je vous l'ai dit : a côté de Louise.
C'est exact.
Et cerise sur le gâteau, c'est vous qui lui avez servi son café.
Oui, j'ai servi le café à tout le monde. Et après ?
N'importe qui aurait pu y mettre du cyanure.
Je n'avais pas de contact avec cette fille.
- Elle était transparente. - Vous croyez ?
Pourtant, quelqu'un l'a vue où elle n'aurait pas dû être.
- C'est très répétitif, non ? - Si vous le dites.
"Il ne m'a pas regardée aujourd'hui.
"Il peut être si dur, presque méchant.
"Hier, il a failli me surprendre dans sa chambre.
"Je ne peux pas m'en empêcher, je caresse ses affaires, je..."
- Elle parle de votre chambre. - J'imagine.
L'odeur de mon tabac, mon intimité...
- Vous saviez qu'elle y allait ? - Non.
- C'est pathétique. Pauvre fille. - Oui.
Mais sa prose ne m'intéresse pas.
Les deux pages suivantes ont été arrachées,
alors je me pose des questions.
Qu'est-ce que Louise...
avait bien pu écrire ?
C'était épouvantable et humiliant.
Je sais, il est fourbe.
Moi aussi, il a essayé de me coincer.
Il a sous-entendu que j'étais jalouse de Louise.
C'est pas vrai.
Jean-Baptiste n'aime que les femmes intelligentes.
Même s'il l'a embrassée une fois.
Attends, Jean-Baptiste et Louise ?
Il a besoin de séduire. Il l'a juste embrassée une fois.
Qui a embrassé qui ?
Il y a des flics partout. Je n'ai pas pu rentrer.
Au fait, personne n'a vu mon stéthoscope ?
Tu perds tout. Et Louise n'est plus là pour...
C'est tellement triste.
Madame Vanilos ?
J'ai déjà tout ce qu'il me faut, Bible, encyclopédie...
Je plaisante.
Je comprends pas ce que je fais ici.
Mais moi non plus.
Nom, prénom ?
- Oh ! Solange ? - Mais... qu'est-ce que tu fais là ?
Tu n'écoutes jamais quand je parle.
Je travaille ici.
- Non, c'est... - Oui, c'est ma sœur.
- Et là, c'est ma place. - J'imagine comment tu l'as eue.
Ça suffit ! Asseyez-vous.
- Que se passe-t-il ? - Un meurtre à la pension Vanilos.
Oh, mon Dieu !
Louise Lambert a été tuée hier vers 21 h.
Je n'étais pas là.
Bien sûr que tu n'étais pas là. Le commissaire ne t'accuse pas.
- Vous étiez où ? - Elle a une bonne raison.
Bon. Marlène, s'il vous plaît.
- J'étais à Bruxelles. - Vous avez roulé de nuit ?
- J'avais des affaires à régler. - Oh ! C'est un alibi, ça.
Quel genre d'affaires ?
Des tracasseries administratives. Rien à voir avec ça.
C'est à moi d'en juger.
Marque du véhicule, couleur, immatriculation.
Écoutez, vous faites fausse route.
Cette jeune femme était instable, kleptomane,
déséquilibrée.
Elle s'est suicidée.
Elle a fait ça chez moi. Elle n'a pensé qu'à elle.
Décidément, Marlène a tout pris, y compris la gentillesse.
Louise était amoureuse.
On ne se tue pas quand on est amoureuse.
Bureau du commissaire Laurence ?
Elle était réservée, elle n'aurait pas mis sa mort en scène,
et elle connaissait les poisons.
Elle n'aurait pas choisi le poison le plus douloureux.
Un appel de Sainte-Catherine.
Mary Patterson est sortie du coma. Vous pourrez l'interroger.
On a tué Louise. À bientôt, madame Vanilos.
Solange ?
Ne t'inquiète pas, le commissaire est un amour.
C'est le plus grand flic de France.
C'est vrai. Il travaille même avec Scotland Yard :
un trafic de drogue et tout en anglais.
Quel trafic ?
Il va retrouver le meurtrier de ta jeune fille.
- Je suis là pour l'aider. - Tu plaisantes ?
Tu ne sers à rien.
Tu n'as jamais servi à rien.
La petite chérie de papa, si mignonne.
Toujours dans mes pattes, oui, à pleurnicher !
"Solange, occupe-toi de ta petite sœur."
Hypocrite.
Mais c'est pas vrai, je voulais juste être avec toi.
Mais je n'ai pas besoin de toi.
- Tout va bien, Marlène ? - Très bien, commissaire.
Parfait.
J'ai seulement un peu papoté avec ma sœur.
Bien sûr, c'est normal.
On se voit pas beaucoup, mais nous sommes très proches.
Elle est un peu rude, mais c'est un grand cœur.
Mais je vous ennuie.
Pas du tout. Au contraire, ça m'intéresse beaucoup.
Parlez-moi de votre sœur.
Quand nous étions petites...
On va peut-être sauter quelques épisodes, hein ?
Oui. Mais alors...
- Je ne sais plus. - Comment a-t-elle créé la pension ?
Elle a hérité de son mari.
Quelqu'un l'a épousée ?
Je veux dire veuve si jeune, c'est dur.
André était un cœur sur pattes.
Très vilain, mais si gentil.
Il a créé des auberges de jeunesse dans le monde entier.
Ah, oui ! Solange en a hérité, elle aussi ?
Bien sûr.
Vraiment très laid, mais un cœur en or.
En or massif, oui.
Il est mort comment ?
- On dirait un interrogatoire. - Oh ! Pas du tout.
Tout ce qui vous touche me touche.
Comment il est mort ?
Un bus en Afrique.
Il paraît que ces gens conduisent n'importe comment.
Merci, Marlène.
J'ai trouvé le commissaire charmant, plein de tact.
Si tu le dis.
- Ça ne va pas tenir des mois ? - Non, c'est qu'une mise en plis.
Commissaire, bonjour.
Je ne coiffe pas les hommes. Mais votre coupe est parfaite.
Je sais.
Pour embellir vos clientes, même si c'est peine perdue,
vous utilisez un certain nombre de produits toxiques, non ?
Oui. Les teintures sont corrosives, mais je mets des gants.
Comme les chirurgiens ou les assassins.
Paulette ?
Séchoir.
Non, celui-là, il ne marche pas. Je te l'ai déjà dit !
C'est bon.
Vous ne trouverez pas de cyanure ici.
C'est du tartrate de cyanure qui a tué Louise.
Il y en avait là où elle travaillait.
Une petite armoire marquée poisons, ça ne vous dit rien ?
Je ne vais jamais dans les hôpitaux, les malades me dépriment.
- Et je ne parlais jamais à Louise. - Vraiment ?
Je n'aime pas perdre mon temps. Excusez-moi.
Vous permettez ?
C'est beaucoup mieux.
Vous êtes d'une beauté remarquable. Vous pourriez faire du cinéma.
Merci.
Il fait très chaud.
Encore 30 minutes de patience.
Par remarquable, j'entends une personne qui se remarque,
qui ne passe pas inaperçue dans la pharmacie d'un hôpital.
Ça ne vous revient pas ?
J'y suis allée une fois, mais je ne me souviens plus pour quoi.
Quant à une carrière au cinéma,
vous êtes douée pour jouer la comédie.
Tu le trouves toujours aussi charmant ?
- Allô, Marlène ? - Solange, c'est toi ?
Le commissaire
veut encore t'interroger ? - Non.
Je n'ai pas l'habitude de m'excuser...
mais... je n'ai pas été très gentille
avec toi ce matin.
Pardon.
Je te pardonne.
Tu étais perdue,
inquiète,
et le commissaire avec ses questions...
Veux-tu venir
prendre un thé avec ta grande sœur ?
C'est vraiment gentil, ça.
- Au revoir. - Au revoir.
Qui est entré dans la chambre ?
Personne, commissaire, à part un médecin.
- Vous l'aviez déjà vu ? - Non. Un médecin inconnu.
"Un médecin inconnu."
Non. Je ne peux vraiment pas faire ça.
On s'est toujours soutenues, non ?
Oui, mais...
Là, c'est vraiment pas possible.
Ah !
Tu as gardé ma photo.
Je sais que je peux compter sur toi.
Je me souviens comme tu m'as défendue quand j'ai tué ce chat.
Tu as réussi à convaincre papa.
Oui, mais c'était un accident, le chat.
Hein ?
Évidemment. Tu l'adorais.
Comment aurais-je pu lui faire du mal ?
Je te demande pas grand-chose.
Je ne peux pas trahir le commissaire.
Tu jettes un œil à cette affaire. Tu notes les noms.
C'est pas la mer à boire.
Pourquoi tu t'intéresses à Scotland Yard ?
Rentre chez toi. Penses-y.
Je devrais pas être là. C'est pas très raisonnable.
- Tu devrais parler à la police. - Parler de quoi ?
Ben, de ton secret. Ils vont te suspecter, sinon.
Ça ne regarde que moi. D'accord, mon cœur, hein ?
Personne n'embrouillera les flics avec ça.
Je n'aime pas quand tu te fais du souci pour moi.
Pardon. Je suis en retard, j'ai mal dormi...
- Elle est... - Étranglée, oui.
Retour à la case départ.
Je n'ai plus aucun lien avec le réseau.
- Je l'ai déjà vue. - Ici, oui.
Non, ailleurs.
Elle quittait la pension de Solange.
Je me suis peut-être trompée, commissaire.
T'as perdu quelque chose ?
Oh, la peur ! Je ne t'ai pas entendu arriver.
- Tu cherches quoi ? - Mais... rien du tout.
J'ai perdu un truc.
T'es la nouvelle Louise ?
À quoi tu joues, là ?
- Je te parle ! - Lâche-moi !
- T'es sourde ? - Ça va pas ? Lâche-moi !
Tu me réponds quand je te parle !
- Tu me réponds ! - Ça suffit !
Eh ben, c'est toi qui couines ?
Un nouveau meurtre à la pension, ça ferait beaucoup.
On aurait dû lui dire qu'il ne faut pas énerver Pierre.
Excuse-moi.
Je m'en carre, de tes excuses !
La patronne est où ?
Jamais vu cette femme. Marlène a confondu.
- Montrons-la aux Turcs. - Quels Turcs ?
Ils sont partis quelques jours.
Bien sûr, oui. On voyage beaucoup, ici.
Jolie, un peu âgée pour être une étudiante.
Elle ne vieillira plus, elle a été étranglée à l'hôpital hier
avec un stéthoscope.
Oui, mademoiselle ?
- Non rien. - Ne soyez pas timide.
- Eh, bien... - Pierre a perdu son stéthoscope.
Vous venez de perdre votre domestique.
Mary Patterson est venue ici voir un complice.
Complice de quoi ? Ça a un rapport avec Louise ?
- De trafic de drogue. - C'est une blague.
Non. Quelqu'un dans cette maison a été le contact de Mary Patterson
et elle pouvait l'identifier.
Louise a découvert quelque chose sans savoir de quoi il s'agissait
et elle a été tuée aussi.
Nous avons fait un pas en avant. Ce n'est qu'une question de temps.
Personne ne va nulle part. Je garde vos passeports.
Il me manque le vôtre, madame Vanilos.
Il a un grain, j'ai cru qu'il allait m'étrangler.
Il n'a peut-être pas aimé votre nouvelle coiffure.
C'est un sac à dos, ils en ont tous un.
Moi aussi, j'en ai un. Le même. Le surplus américain.
Mais pourquoi le brûler ?
Pour effacer toute trace de drogue.
De la drogue ? Oh, mon Dieu !
- Je vais voir ma sœur. - Non.
Mais enfin...
Écoute, Marlène...
On t'aime bien et...
elle passe son temps à te débiner.
C'est pas une sœur, c'est une peau de vache
et c'est dangereux.
Toujours aussi délicate, Avril.
Tu ne peux pas comprendre, tu n'as pas de famille.
Elle n'est pas démonstrative.
Dans Solange, il y a ange.
J'y vais.
- Elle a besoin de moi. - Moi aussi, Marlène.
Et... les horaires sont les horaires, désolé.
Fin de la discussion.
Bon. Eh ben, je vous laisse.
Et faites attention,
je n'ai pas besoin de m'occuper en plus de votre cadavre.
Apportez-moi les dossiers de Mary Patterson et de Louise.
- Tout est lié. - Je ne veux pas savoir.
- Tu es toujours en train de bosser ? - Oui, j'ai pris du retard.
Pourquoi tu fais des choses pareilles ?
On dirait que c'est plus toi.
Ce matin, avec Alice, tu m'as vraiment fait peur.
Ben, oui, mais ça vient comme ça, ça monte
et j'arrive plus à me maîtriser.
J'imagine que c'est héréditaire.
Je t'ai dit que mon père est dans un asile ?
Ben, si.
Dans un quartier de haute sécurité. Il sortira jamais.
Je suis sûre que tu ressembles à ta mère.
Hé !
J'ai trouvé ça pour vous en rentrant.
Comment ça, "trouvé" ?
Quelqu'un l'avait posé devant la porte.
À votre avis, Marlène...
Pour l'état civil, Jean-Baptiste Millet,
étudiant en lettres classiques, n'existe pas.
- Une explication ? - Oui.
J'aurais dû vous le dire, même si ça n'a rien à voir.
Maintenant, j'ai l'air suspect.
"Mokado.
"Jean-Baptiste, né le 22 février 1933."
Signes particuliers : néant.
Que diriez-vous de menteur ?
J'ai changé d'identité à la mort de ma mère, il y a 3 ans.
Je voulais couper les ponts avec mon père.
Je hais jusqu'à son nom.
Ma mère était une femme adorable, faible.
Il l'a cassée et l'a plongée dans la dépression.
Un rapport avec Eugène Mokado, Prix Nobel de biologie ?
C'est lui.
On peut vouloir sauver le monde et être un salaud à la maison.
J'ai un nom célèbre et je devrais en être fier.
Et toutes ces questions sur le grand homme...
c'était à gerber.
Je veux qu'il crève.
Je vérifierai.
Mon géniteur est facile à trouver.
Évitez de lui dire où je suis.
Je garde l'autre, monsieur Mokado.
- Tu as bien réfléchi ? - Oui.
- Tu es sûre ? Pas de regrets ? - Non.
Bien.
Tu prends du sucre ?
- Vous êtes en retard, Avril. - Oui, ça va.
Je peux aussi me faire tatouer "auxiliaire de police",
ça ira plus vite.
Tout le monde s'observe, ça devient intenable.
C'est pas compliqué, le casque, avec la choucroute ?
On fait quoi, avec ça ?
Qu'est-ce que vous faites ?
Espèce de malade, il m'a coûté un max !
Vous comptez voyager ?
Et pourquoi pas ?
Personne ne vous prendra en stop avec ce...
Je vous déteste.
Mais vraiment. Hein ?
Combien de cocaïne, on peut mettre là-dedans ?
Un kilo ? Deux kilos ?
- Un paquet. - Eh, oui.
Marlène, le commissaire Laurence vous fait travailler la nuit ?
Oh ! Je...
Vous allez y perdre votre santé et brouiller votre teint de rose.
J'ai juste un dossier à consulter. J'en ai pas pour longtemps.
Le commissaire n'est pas facile du tout, je le sais.
Mais s'il dépasse les limites, n'hésitez pas à m'en parler.
Oui, monsieur.
Je vous ai fait peur. J'aurais dû frapper, pardon.
J'ai réfléchi et... j'ai pensé, je me suis dit...
On se côtoie tous les jours et on n'a jamais le temps de...
Vous m'êtes très sympathique.
On pourrait apprendre à se connaître un peu mieux.
Enfin, en toute amitié, après le travail.
Peut-être prendre un verre ?
Oui, enfin... pas tout de suite, une autre fois,
si les circonstances le permettent,
si vous n'avez rien prévu, évidemment.
Évidemment...
Évidemment.
Qu'est-ce qui se passe ?
- Les chambres des garçons ? - Au 2e étage.
Il y a eu un meurtre ? Hein ?
Ça suffit maintenant, je vous embarque.
Allez, pas d'histoire. Allez, allez.
- Qu'est-ce qui se passe ? - Je sais pas, il a embarqué Pierre.
Pourquoi je suis là ? Vous m'emmerdez en pleine nuit !
On a retrouvé votre stéthoscope.
Il y a vos empreintes dessus. Ça vous suffit ?
Pas de défense non plus, non ? C'est pourtant facile.
"Je ne suis pas bête pour mettre mes empreintes sur l'arme.
"Je ne connais pas cette femme..."
Je ne connais pas cette femme, non.
Bel effort. Peut mieux faire.
En fait, je...
- J'ai perdu mon stéthoscope, oui. - Oui. Bien sûr.
Il paraît que vous êtes colérique, violent même.
Vous avez perdu vos moyens et vous oubliez de mettre des gants.
Vous jouez de malchance.
Sans le meurtre de Louise, vous vous en seriez sorti.
Mais voilà, tout nous ramène à la pension Vanilos.
Il est temps de se mettre à table !
- Je ne comprends rien. - C'est tout ?
Mais je suis innocent.
Emmenez-le.
Radiodiffusion télévision française.
Longueur d'ondes : 312 mètres.
Le service des émissions culturelles présente en transmission différée
l'hommage solennel au grand compositeur français...
- Bonjour. Inspecteur Legrand. - Bonjour. Commissaire Laurence.
C'est Madame qui nous a prévenus.
Apparemment, le corps a été traîné pour le dissimuler.
- L'arme du crime ? - Oui. Plusieurs coups de couteau.
Bien. Apparemment, la victime est une femme.
Jolies jambes !
Elle n'a pas de sac à main, rien qui ne permette de l'identifier.
Quelque chose qui ne va pas, commissaire ?
Je suis secrétaire, et je m'attache très facilement.
Vous allez bien ?
Commissaire ?
Laurence... il faut... Je sais que c'est difficile.
Je ne peux pas le croire. J'aurais dû la raccompagner.
J'aurais dû insister.
Si seulement...
Elle serait encore vivante.
Pourquoi lui avoir demandé de venir ici la nuit ?
Une si jolie femme à pied, elle a croisé un malade.
- Ça ne pouvait pas attendre ? - Je lui ai rien demandé.
Mais si, elle cherchait un dossier pour vous.
- Démission temporaire. - Ne faites pas l'imbécile.
Je vais retrouver ce fumier et lui régler son compte.
Hé, oh !
Vous êtes au milieu de la route.
Je vois qu'on va se marrer.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Laurence ?
Marlène...
Quoi ?
Non.
- Qu'est-ce que vous voulez ? - On peut commencer, commissaire.
- Commencer quoi ? - L'autopsie du cadavre.
- Donnez-moi la clé de cette pièce. - Mais pourquoi ?
Personne ne touche à Marlène. Personne !
Vous voulez savoir quoi, hein ?
La mort a été provoquée par un couteau retrouvé sur les lieux.
Plusieurs coups violents qui ont perforé l'abdomen et les poumons.
Le cœur a cessé de battre entre 22 h et 22 h 30,
ça vous va ?
Dégagez !
Dégagez !
Elle a dû avoir tellement peur.
Elle a eu mal ?
Elle a eu mal ?
Ils sont en cours ou au boulot.
- Solange ? - Elle n'était pas là ce matin.
Hier soir non plus pour m'ouvrir la porte.
Vous croyez que ça a un rapport ?
Marlène est venue me voir au bureau avant de...
Avant.
Je pense qu'elle voulait aider sa sœur.
Cette idiote avec son grand cœur.
Vous fouillez en haut, moi en bas. On va désosser cette baraque.
- Vous n'avez pas de mandat. - Et il n'y aura pas de procès.
Vous n'êtes pas obligée de m'aider.
Salope !
J'ai trouvé !
- Elle le portait tout le temps. - Il était où ?
On va où ? J'ai le droit de savoir.
- T'as le droit de la boucler ! - Qu'est-ce qu'elle fait là ?
T'étais où, hier soir ?
En taule.
- Vous devriez le savoir. - Avant !
Où tu étais à 21 h, 23 h, hein ?
À la pension, dans ma chambre.
N'Daye est allé le voir, il n'y était pas.
Tu as suivi Marlène jusqu'au commissariat,
tu l'as attendue dans un coin tranquille
et tu l'as poignardée dans une impasse.
- Mais je ne connais pas de Marlène ! - Et Louise non plus ?
Louise qui a découvert ton trafic et Mary qui pouvait te dénoncer.
Marlène, elle savait quoi, pour mériter la mort ?
- Je veux un avocat. - C'était mon amie.
- Je sens encore son parfum. - Je ne comprends rien.
Tu mens. Je l'ai trouvé dans ta chambre.
Mais... il était par terre, alors je l'ai ramassé.
On va arrêter de jouer, maintenant.
Une balle.
Une chance sur six. Redis-moi ça.
Tu n'as pas tué Marlène ?
Non.
Question suivante.
Non, vous ne pouvez pas faire ça, commissaire.
J'étais avec ma maîtresse, hier soir.
Nom, prénom, adresse.
Geneviève Hartmann, la femme du préfet de police.
Petit con.
Un flic, c'est censé arrêter les assassins avant qu'ils tuent.
J'étais pas là.
Je suis une merde.
Ben... ouais.
Tu sais ce que j'ai fait quand elle m'a parlé de sa sœur ?
- Tu t'es marré. - Oui.
Oui, exactement.
Et après, elle m'a plus rien dit, rien du tout.
Plus confiance, Marlène.
Elle était amoureuse de toi.
Comment tu sais ça, toi ?
Ben...
elle écrivait à Marie-Chantal.
Qu'est-ce que tu lui as dit ?
Ben... on lui a dit... enfin, toutes les deux, que...
que...
Je ne sais plus.
Une merde et un sale type.
Mais non.
On n'était pas là ! Elle était toute seule !
- Elle était tellement gentille. - Oui.
- Qu'est-ce qu'elle était jolie. - Ouais, c'était la classe.
Elle était coiffée...
et toujours bien maquillée
et ses ongles impeccables.
La grande classe.
Pourquoi tu...
Oh là là ! Je me sens pas très bien.
Allez, viens, on se fait du mal, là.
Je te fais pouet-pouet Elle me fait pouet-pouet
On se fait pouet-pouet et puis ça y est
Non, mais Laurence ! Ça suffit !
Les ongles courts sans vernis.
Vous imaginez Marlène sans vernis ?
Oh ! C'est horrible, arrêtez.
Ah oui.
Mais c'est... la peau de vache !
Ah oui.
Non, mais arrêtez.
Et la vraie, elle est où ?
Il y a des poteaux qui foncent sur nous !
- Non ! - Circulez, c'est la police !
Non, non, pas de cris.
Tu devrais venir là, il y a de l'air. Oh ! Ça fait du bien.
Non, mais, c'est là.
Marlène ?
Marlène ?
Marlène ?
Marlène !
Marlène !
- Oh ! Je vais vomir et pleurer. - Marlène.
On a défoncé la porte ! J'ai cru mourir de peur.
Non, appelez-moi Swan.
- Oh oui. Un câlin. - Mais qu'est-ce que vous faites ?
Vous avez bu ? Oh ! Commissaire, vous êtes soûl.
- Oui, comme un Polonais. - Eh bien, ce n'est pas convenable.
Non, c'est pas convenable.
Mais attends, c'est pas sa faute, t'étais raide morte.
Ça vaut un coup.
Alice, tais-toi, tu dis n'importe quoi.
Qui est mort ?
Il faut qu'on parle, Marlène.
Non, mais vous n'êtes pas humain. Mais fichez-lui la paix.
Traînez-vous jusqu'à la cuisine et essayez de faire un café.
Très noir.
C'était pas une trafiquante. C'est pas possible.
- Tu as bien réfléchi ? - Oui.
Je suis désolée, je ne peux pas faire ça.
C'est pas grave. Bois, c'est chaud.
Je ne peux pas lui mentir, tu vois, et il le saurait.
Il sait toujours tout.
Oh ! Je me sens bizarre.
Solange...
Deux personnes sont mortes.
Je n'ai pas voulu ça.
La petite Louise, ça va trop loin.
Mais j'ai peur. Tu comprends ?
J'ai peur.
Après, je ne me rappelle plus.
Mais elle me voulait pas de mal.
Non, peut-être pas, mais elle vous a droguée, ligotée,
bâillonnée.
Elle pensait rentrer après avoir fouillé mes dossiers.
Elle a commencé à paniquer, c'est sans doute pour ça qu'elle est morte.
Il y a un truc qui me "fichonne".
Je ne comprends pas comment elle a fait. Voilà.
Parfait.
Ce qu'elle veut dire, c'est que...
Solange n'était pas très coquette.
Voilà.
Elle n'a pas pu devenir Marlène toute seule.
J'en reviens pas. C'était juste une plaisanterie.
Elle voulait faire une blague à sa sœur.
Bien sûr, oui. Tout à fait le genre de la maison.
Une sacrée farceuse, la Vanilos.
J'ai pas trop réfléchi. J'ai pris ça comme un défi.
Tenez-la.
C'est incroyable.
Je suis elle. Je suis ma sœur.
J'ai bien bossé, elle était méconnaissable.
Tellement, qu'il n'y a que vous qui pouviez le savoir.
Autre chose, commissaire ?
Il y a un petit détail dont je n'arrive pas à me...
C'est pas grave, ça me reviendra.
Je sais, mais c'est tellement difficile.
J'ai les images dans la tête tout le temps.
C'était peut-être pas le bon choix.
Je crois que quelqu'un est au courant.
Je savais qu'ils ne te garderaient pas.
Ce flic est cinglé, tu ne peux pas savoir.
J'arrivais même plus à penser, j'étais en panique.
- J'aurais dit n'importe quoi. - Je suis là.
- Ça va, toi ? T'as pleuré ? - Non.
Je te fais un chocolat ?
Non. Je veux juste dormir et oublier tout ça.
Je te remercie.
Pour toi, Guiguite.
Ça sent quoi ?
J'ai fait de la soupe, ça me change les idées.
Et j'ai rangé le salon aussi.
Les hommes devraient faire la queue pour t'épouser.
J'ai l'impression de vivre un cauchemar.
On va se faire tuer les uns après les autres ?
Il faut mettre les fleurs dans l'eau.
C'est super bon, ça. Ils sont où, les autres ?
- N'Daye n'a pas faim et Pierre dort. - Ils l'ont relâché ?
Bon. C'est quoi, le problème ? T'as ta tête des grands jours.
Tu n'as rien à me dire ?
Ben, je pensais faire ma demande plus tard.
Je voyais quelque chose de plus romantique, avec une bague.
- Pourquoi t'as deux passeports ? - Tu recommences ?
Je te l'ai dit. Tu veux que je te le chante ?
J'arrête pas de gamberger, tu comprends ?
Pour ton père, j'y ai cru, mais c'était avant ça.
Là, je ne sais plus, je suis perdue.
Je ne sais pas quoi te dire. J'ai rien à voir avec tout ça.
Ce que pensent les autres, je m'en fous,
mais toi, tu dois me croire.
Qui fait tout ça ?
Qui ?
Oh ! Vous m'avez acheté une nouvelle machine.
- Oui ? - Rapport de la balistique, chef.
Il est positif.
- C'est l'arme de Vanilos qui a... - Merci, Martin.
Solange ne voulait la mort de personne.
En tout cas, on ne pourra pas le prouver.
Arrêtez-le. Arrêtez celui qui a fait ça.
Entrez.
Une nouvelle initiative, Avril ?
Ouais. Et c'était coton de les ramener jusqu'ici.
D'abord le chinetoque et maintenant le Turc.
Ça me troue le cul.
"Brighton", c'est joli.
Oh ! Ça ne sent pas la rose.
Oui, il fait ça tout le temps. C'est une manie. On ne sait pas trop.
Appelez-moi Japp à Scotland Yard.
- On les interroge ? - Non, ils sont innocents.
Quoi ?
Ça ne sert à rien que j'argumente :
"On vient de trouver 2 kg de came dans leur sac."
Ils quittent la pension avec les adresses des auberges.
Les auberges de Solange.
J'en ai bien peur. Solange était le contact de Mary en France.
Une fois sur place, les trafiquants échangent les sacs.
Ils ne savent pas ce qu'ils transportent.
Évidemment.
En anglais. Normal.
Vous permettez ?
Vous allez utiliser les mêmes méthodes qu'avec Pierre ?
Non, on va faire simple : je pose les questions, vous répondez.
Vous travaillez beaucoup.
Littérature anglaise, c'est ça ?
Vous êtes restée combien de temps en Angleterre ?
- Trois semaines. - Vous avez eu beau temps ?
Question subsidiaire, vous n'êtes pas obligée d'y répondre.
Pas de visa pour l'Angleterre.
Une erreur, sans doute.
Mais j'ai noté un visa pour la Suisse.
Pourquoi ?
Une mission à remplir pour Mme Vanilos ?
Le père n'en voulait pas.
Il voulait pas de moi non plus.
Et...
Et il y a mes études.
J'ai... menti pour aller accoucher en Suisse.
Tout le monde me croyait en Angleterre.
Vous pouvez vérifier.
Il a été adopté là-bas.
- Il sera bien. - Oui.
Il sera bien.
Je ne suis pas un délateur, mais là, ça s'impose.
Effectivement.
J'ai rien contre elle, mais cette fille est louche.
Vous avez enquêté sur Mlle Avril.
Personne ne sait d'où elle vient.
Tout ça a commencé dès son arrivée.
Et alors ?
Elle n'a jamais été inscrite aux cours Pigier.
- Très intéressant. - C'est ce que je me suis dit.
Marguerite l'a surprise en train de fouiller.
Bureau du commissaire Laurence.
Qui ? Ne quittez pas.
Marguerite Richard. Non, c'est à lui qu'elle veut parler.
Elle a l'air très bizarre.
Marguerite ?
Calme-toi, je ne comprends rien à ce que tu racontes.
Tu as vu quoi ? T'en es sûre ?
Non, non, j'arrive.
Tu montes t'enfermer dans ta chambre et n'ouvre...
Marguerite !
Elle dit qu'elle connaît le meurtrier.
Non !
Non !
Je veux rester là auprès d'elle.
Toujours là quand y a un meurtre !
Non. Je vais arrêter l'assassin, croyez-moi.
Maintenant, je vous demande de vous calmer et de redescendre.
Allez.
Elle a ouvert la porte sans se méfier.
Qui d'autre était là ?
- Pierre et N'Daye. - Ensemble ?
Non. La porte d'entrée était fermée à clé, donc personne n'est venu.
Rose est hors du coup.
Rose, oui, elle est toujours hors du coup.
Pas celui-là, il ne marche pas ! T'es bouchée ou quoi ?
- Police. Tout le monde dehors. - Comment ça ?
- Allez, on se dépêche, mesdames. - Vous n'avez pas le droit.
Mandat de perquisition. J'ai tous les droits.
C'est un malentendu, mesdames.
- Votre patronne est sortie ? - Non, monsieur.
- Elle n'a pas bougé ? - Non, elle était là.
Vous ne trouverez rien.
Vous savez combien ça va me coûter, tout ça ?
Bien sûr, vous vous en fichez.
Vous saccagez des années de travail.
Un sacré investissement pour une jeune femme de 30 ans.
Où avez-vous trouvé l'argent ?
Rien, voilà. Vous avez fait fuir ma clientèle.
Ça suffit, maintenant.
Nous savons que c'est pas votre seul fonds de commerce.
Le trafic de drogue est bien plus lucratif, non ?
Eh bien, allez-y, arrêtez-moi. Vous n'avez aucune preuve.
Non, je n'en ai pas, mais...
je savais que ça me reviendrait.
Solange avait forcément une complice.
J'ai juste participé.
C'est elle qui a tout mis en place.
Pourquoi la tuer ? Pour une plus grosse part du gâteau ?
Je n'ai tué personne.
Vous allez me raconter tout ça.
- Fin de l'histoire. - Du nouveau pour Marguerite ?
Non. Pas de nouveau pour Marguerite.
Il manque un élément. Ça ne colle pas.
Mais avec un peu de patience, chaque problème a sa solution.
C'est pour moi.
Une petite confirmation.
Laurence. Oui. C'était à quelle heure ?
Et le lieu ?
Merci.
J'ai eu une conversation avec votre père.
Il a essayé de vous retrouver, il a même engagé un détective.
Vous aviez déjà changé d'identité. Planqué ici,
c'est là que le 2e passeport est devenu utile.
- Je ne comprends pas. - Je vais être clair.
Une double identité permet de voyager incognito.
Et Solange Vanilos vous a fait entrer dans son trafic
quand vous l'avez découvert.
Très mauvaise intuition de sa part.
Elle ignorait combien vous étiez déséquilibré.
- N'importe quoi ! - Avide de pouvoir, mégalo.
Mais quand elle s'en est aperçue, vous aviez déjà tué Louise.
C'est que du bluff, du vent.
Du vent.
Salope.
Qu'est-ce que tu croyais ?
Que j'allais tomber seule ?
Ouvre, bordel !
Qu'est-ce que t'as fait ? C'est quoi, ce sang ?
- Appelle-les, il faut qu'on se voie. - Qu'est-ce que t'as fait ?
J'allais pas me laisser emmerder !
C'est moi le patron, maintenant. On va le dire aux Anglais.
T'as tué Solange ?
Je l'ai vue ici, je t'ai vue la transformer
et je l'ai vue chez les flics.
Pour faire quoi, hein ?
Elle voulait me coincer ? T'étais dans le coup ?
Arrête ! Lâche-moi !
Elle voulait savoir où en étaient les flics !
On a mis des mois à se mettre en place,
et toi, tu vas tout foutre en l'air !
Ils te feront jamais confiance !
On va se faire buter. T'es complètement malade !
La ferme ! Ferme-la ! Hein ?
Je suis plus ton larbin ni celui de Solange.
C'est moi qui reprends l'affaire, en plus grand.
Alors tu vas le dire aux Anglais et tu vas les convaincre.
Tu vas les convaincre. T'as intérêt de les convaincre.
Je voulais de l'argent facile, pas tous ces meurtres.
J'avais dit à Solange de ne pas l'accepter.
Il est complètement ingérable. T'es cinglé !
Je ne suis pas fou !
J'ai hérité de l'intelligence du vieux con.
Je suis un prince et je vous emmerde tous !
Vous croyez avoir gagné, commissaire ?
Mais qui a liquidé Marguerite ? Pas moi, j'étais avec vous.
Qui va m'accompagner à la guillotine ?
Vous hésitez ?
La Négresse, le médecin ou la fausse dactylo ?
Non, ce ne sera pas pour moi. Je travaille avec le commissaire.
Vous y marcherez seul.
Je vous arrête pour les meurtres de Louise, Mary,
Solange et Marguerite.
Vous avez le droit de garder le silence.
- Je vous ai assez entendu. - Vous bluffez.
J'étais au commissariat quand Marguerite a été tuée.
Elle m'a appelé là-bas.
Faux. L'appel a été passé depuis le salon de Rose.
C'est Rose qui a appelé.
Il m'a menacée.
J'avais pas le choix.
Marguerite n'a jamais téléphoné.
Elle était déjà morte.
C'est quoi, ça ? Tu mens depuis le début.
Je suis parti de chez moi, il fallait bien trouver du fric.
Je suis rentré dans la combine de Vanilos.
Tu as tué Louise
et Mme Vanilos.
Pauvre Guiguite.
Ma tête de mule.
L'église était tellement vide.
En même temps, elle n'avait pas tellement d'amis.
Merci d'être venus. C'est gentil.
- C'est tout naturel, Marlène. - Je vais rentrer.
Je suis fatiguée.
Elle ne m'aimait pas, hein ?
Oh ! Mais si, Marlène, elle...
Elle était juste renfrognée,
pudique. - Oui, elle était pudique.
Mais tu hérites de tout.
Tu peux arrêter de bosser. Plus de chef sur ton dos.
Mais de quoi je me mêle, vous n'allez pas lui dicter sa conduite.
Je ne veux rien.
C'est de l'argent sale.
Oui, d'accord.
Mais bon, quand même.
Je ne veux rien.
À demain.
- Au revoir, Alice. - Au revoir.
C'est pas la morale qui vous étouffe.
À sa place, vous auriez sauté sur le magot.
Pas vous ?
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