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Une pièce rare.
- C'est un faux ? - Bien sûr, c'est un faux.
Personne ne trompe
le commissaire Laurence.
Massud Shaitana, esthète et collectionneur.
J'aime l'art, la perfection. La perfection sous toutes ses formes.
Dernièrement, je me suis lassé des objets de la création manuelle.
Et je vais vous étonner.
Aujourd'hui, je collectionne les âmes noires.
Vous me cassez les pieds.
Moi qui voulais vous lancer un défi.
Vous manquez de curiosité, commissaire.
Je manque de patience. Fichez le camp.
Il s'agit d'assassins.
J'en ai déjà quatre.
Et je ne compte pas m'arrêter là.
Ma petite collection va vous plaire, commissaire.
Ils ont réussi le crime parfait.
Tous. Et ils sont libres.
- Monsieur, veuillez me suivre. - Oui.
Entrez.
Le commissaire ne va pas tarder.
Enfin, je crois.
Ben, vous gênez pas !
Chère petite demoiselle, c'est un plaisir de vous rencontrer.
Massud Shaitana.
J'admire votre travail.
Votre qualité d'analyse, votre intuition, c'est remarquable.
Il n'y a pas non plus de quoi en faire un fromage.
Les histoires d'amour, c'est pas très compliqué.
Vous, par exemple, vous aimeriez que les femmes vous regardent.
Mais vous en faites trop. Soyez plus naturel.
C'est quoi, ces nippes d'opérette ? Arrangez-vous un peu.
Rasez la barbiche déjà. On dirait Mephisto.
L'amour ne m'intéresse pas.
Je n'ai pas besoin de conseils. Merci.
- Vous êtes là pour quoi ? - Pour vos qualités d'enquêtrice.
Vous avez besoin de moi !
Je voulais me faire une opinion.
Vous êtes directe, peut-être même un peu trop.
Voyez-vous certaines affaires demandent beaucoup de tact.
J'en ai.
J'en ai plein.
Ah, mais... Évidemment, je vous ai vexé. Désolée.
L'important, c'est d'avoir un style, un genre.
Vous êtes très bien... dans votre genre. Oui.
Moi, j'y connais rien en mode. Et j'ai pas un rond pour ça.
Je comprends.
Vous n'avez pas eu la chance d'être élevée au contact du beau,
dans un milieu raffiné.
Sur ce point, l'orphelinat laisse un peu à désirer, n'est-ce pas ?
Comment vous savez ?
Je sais beaucoup de choses, mademoiselle Avril.
Beaucoup de choses.
- Bonjour, commissaire. - Bonjour, Marlène.
J'ai tapé les identités de chacun pour vous faire gagner du temps.
Merci.
Hélène Nevers. Paul Coupet.
Émile Barillon.
Élise Schlumberger.
Je vous écoute.
Commissaire, je ne comprends pas.
Que voulez-vous qu'on vous dise ?
Ah, je ne sais pas.
Par exemple, ce que vous faites ici, avec des têtes de coupables.
Vous nous avez convoqués.
Je ne vous ai pas convoqués.
C'est une plaisanterie d'un goût douteux.
Je plaisante très rarement, madame.
Donc...
Quelqu'un qui n'est pas moi et pas policier
vous a tous fait venir ici. Pourquoi ?
Bien.
Âge, profession. Mademoiselle ?
J'ai 22 ans. Je m'occupe de personnes âgées.
"22 ans."
- Dame de compagnie ? - Oui.
J'ai un certain âge.
Je n'ai jamais travaillé. Mon mari était très riche.
- "Était" ? - Il est mort.
Coupet.
Vous nous suspectez ?
Répondez à ma question.
J'ai 30 ans. J'organise des safaris en Afrique.
42 ans. Médecin.
Vous êtes tous d'âges différents,
de milieux différents.
Quel est le lien entre vous ?
Aucun.
On se connaît même pas.
Est-ce que je peux partir ? Comme c'est une erreur.
Je n'arrête que des criminels, mademoiselle.
- Êtes-vous des criminels ? - Non coupable, commissaire.
Je vous remercie.
Préparez un fourgon pour une arrestation.
J'ai beau me creuser le ciboulot, je ne vois pas qui ça peut être.
Ne cherchez pas. Ça aurait pu être n'importe qui.
J'ai vraiment eu peur.
Oubliez cette histoire, mon petit.
Faites comme moi. Je n'y pense déjà plus.
Vous êtes verni, vous.
J'aimerais voyager.
Et je passe mes journées à soigner des rhumes et des bronchites.
Vous pouvez exercer à l'étranger.
Je vais rentrer. Merci pour le thé, docteur.
On doute que nous nous revoyons. Je vous souhaite le meilleur.
Merci.
Au revoir.
Beau brin de fille, hein !
Ce n'était pas indispensable, commissaire.
Je vous inculpe d'outrage à la justice.
Laissez-moi m'expliquer.
Allez, allez. Embarquez-le.
Dis-moi s'il y a une affaire.
Ah non. Je n'ai pas le droit.
Une carpe.
Mais il n'y a pas d'affaire.
C'était une journée bizarre, très bizarre, avec des gens bizarres.
D'abord, ces quatre convoqués qui n'étaient pas convoqués,
repartis à la queue leu leu.
Et après, ce monsieur bizarre avec un peignoir fleuri,
une tête de diable.
M. Shaitana. Sa tête n'allait pas avec le peignoir ni les menottes.
Laurence l'a arrêté ?
C'est très inconfortable, ici.
On s'habitue.
Nous sommes partis sur de mauvaises bases.
Je vous ai un peu forcé la main, mais je n'avais pas le choix.
Mes spécimens ne vous ont vraiment pas intéressé, commissaire ?
Crachez le morceau, Shaitana.
Vous n'avez rien trouvé sur eux parce qu'il n'y a rien.
Vous ne pouvez pas arrêter sans preuve.
Croyez-moi, ils ont tué tous les quatre.
Qui ? Quand ? Comment ?
Je vous le dirai,
mais laissez-moi le plaisir de la mise en scène.
Je ne marchande pas.
Barillon est mon médecin traitant,
je joue au bridge avec Hélène Nevers, Élise travaillait pour une amie
et je suis en relation avec Coupet pour un safari.
Mais ils ne se connaissent pas.
Et après ?
Ils accepteront tous une invitation à dîner.
Je m'amuserai avec eux, chacun se sentira seul sur la sellette.
Mais vous serez là, bien entendu.
Vous êtes malsain et bouffi d'orgueil,
mais suffisamment tordu pour dire la vérité.
Vous avez une seule carte, Shaitana. Jouez-la bien,
ou je vous écrase.
C'est très gentil à votre ami de m'avoir invitée. Ça me touche.
Il manquait une femme à la table.
Et ce n'est pas mon ami.
Vous êtes très en beauté, ce soir.
Le collier est une pièce rare.
Mais vous pourrez garder la robe.
C'est une soirée très spéciale.
Et je tiens à ce que vous soyez parfaite.
Vous vous êtes retrouvés au commissariat.
Et vous voilà encore ensemble ce soir.
La vie est merveilleuse, pleine de coïncidences.
S'il s'agit vraiment de coïncidences.
- Je ne crois pas au hasard. - M. Jouve.
Je ne vous ai pas présenté à nos amis.
Ferdinand Jouve, des services secrets.
Vraiment ? Dans quelle unité ?
Mon ami Ferdinand est aujourd'hui à la retraite.
Je ne me lasse pas d'écouter ses exploits.
Un espion redoutable.
Vous m'en direz tant.
Nous n'attendions plus que vous.
Eh ben, bonsoir, tout le monde.
- Je savais pas que vous étiez là. - Moi non plus.
Encore une coïncidence.
Le dîner est servi.
Élise.
Ça va ?
Tu as l'air bizarre.
Le commissaire a relâché le type au peignoir fleuri.
Il dîne chez lui, mais n'est pas son ami,
avec les quatre convoqués, qui n'étaient pas convoqués.
Je savais bien que Laurence était sur un coup.
Il y a un assassin parmi nous ce soir.
Mais non. Il s'agit d'un jeu.
Celui qui découvre une croix sur sa serviette
devra tuer les autres d'un clin d'oeil au cours de la soirée.
Il faut vraiment en passer par là ? C'est un jeu idiot.
Vous trouvez ?
Un assassin, ici, à cette table,
insoupçonnable,
moi, ça m'amuse.
Mais c'est pas possible.
Enfin... pas dans la vraie vie.
Erreur. Nombre d'assassins sont libres.
Grâce à l'incompétence de la police, d'ailleurs.
Un meurtrier finit toujours par se trahir, monsieur Jouve.
- Le crime parfait n'existe pas ? - Je n'en ai jamais vu.
La vérité finit toujours par éclater.
- Vous vous sentez bien ? - Je suis morte.
Moi aussi.
Merci. Le plus simple, c'est de faire disparaître le corps.
Pas de cadavre, pas de meurtre.
Évidemment, c'est enfance de l'art.
Les meurtriers devraient tous avoir une baignoire d'acide sous la main.
Ou une porcherie. Ça bouffe tout, les cochons.
Pourquoi pas un meurtre
maquillé en suicide ?
Pourquoi pas, en effet.
Ou un poison indécelable ? C'est facile, pour un médecin.
Bien vu, Shaitana.
Mais tuer ses patients n'est pas très rentable.
Plus le meurtre est froid,
plus le meurtrier est difficile à confondre.
La préméditation est essentielle.
Comment feriez-vous, Élise ? Un accident domestique,
peut-être.
Moi ? Mais je comprends pas. Enfin, j'ai jamais tué personne.
Je tuerais d'un coup de fusil. Accident de chasse.
Ah, vous y avez déjà pensé ?
Et je vous ai démasquée.
Vous êtes l'assassin.
Oh non !
Ça fait 2 heures que j'essaie de tuer M. Shaitana.
Un trèfle.
Passe.
Deux trèfles.
Nous allons gagner.
Vous pouvez toujours essayer.
Deux coeurs.
Et trois trèfles.
Je me demande où il veut en venir.
Je vous ai donné des indices, commissaire.
J'espère que vous les avez relevés.
La soirée sera longue.
Et le final... grandiose.
Commissaire ! Je ne sais pas jouer au bridge.
C'est pas grave.
Et si on jouait à autre chose ?
On pourrait mimer des films.
Je ne suis pas là pour amuser la galerie.
- Vous êtes là pour quoi ? - Oui, pour quoi ?
Je choisis les titres, mais je ne joue pas.
Manche et robre.
Faites comme si je n'existais pas.
- Quelqu'un veut un verre ? - Scotch, sans glace.
Les Hommes préfèrent les blondes.
À moi.
Miaou, miaou.
Un chat ! Un chat !
Un chat fille... Une chatte !
- La Chatte sur un toit brûlant. - Merci.
Oh, mince. J'avais presque tout trouvé.
Vous avez une veine de cocu.
Peut-être, mais c'est vous qui prenez une déculottée.
M. Shaitana s'est endormi.
Drôle d'oiseau, non ?
Gros matou, qui joue avec une souris.
Reste à savoir qui est la souris.
Un golfeur !
Un joueur de hockey !
Une nouvelle danse ?
Bon.
Non. Ça suffit, maintenant.
Désolé d'interrompre votre partie. Juste une question :
lequel parmi vous a tué Shaitana ?
Vous jouez plus ?
Ben vous en faites, une tête.
Il est mort.
En effet. Mais ça ne répond pas à ma question.
Le coupable est forcément l'un d'entre vous.
Évidemment. C'est logique.
Emmerdant, mais logique.
Un vrai jeu d'enfant. Ça s'enfonce comme dans du beurre.
Vous allez tourner de l'oeil ?
Tout le monde doit partir un jour. Merci.
Personne n'a rien vu ? Rien entendu ?
Bien sûr. Qui a quitté la table de jeu ?
Tout le monde, à un moment ou un autre.
Je ne peux donc innocenter personne.
Mais personne ne vous accuse.
Le commissaire peut pas nous arrêter tous les 4.
En effet. Mais tenez-vous tous les quatre à ma disposition.
Bonsoir.
- Vous pouvez disposer, M. Jouve. - Bien sûr. Je dérange ?
J'ai de l'expérience, du flair et des yeux pour voir.
C'est quoi, votre problème ? La frustration ?
Quel était votre poste exactement ? Vous étiez sur le terrain ?
Le travail de bureau est utile.
Vous avez raconté n'importe quoi à Shaitana.
Vous me fatiguez, Jouve.
- Elle a quitté la pièce un moment. - Non, mais ça va pas !
Je suis juste allée faire pipi.
Vous aussi, vous êtes sorti vous servir un verre.
Soi-disant.
Dehors.
Et Dieu créa la femme ?
Encore là ?
C'était La Mort aux trousses, non ?
Vous n'avez pas été surpris par la mort de Shaitana. Pourquoi ?
Qu'attendiez-vous ? Vous attendiez quelque chose.
Une fois n'est pas coutume, je vais vous expliquer.
L'un des 4 joueurs a tué Shaitana.
Il savait qu'ils avaient déjà tous tué une fois en toute impunité.
Chacun pensait être le seul à être visé. Ajoutez ma présence...
- Et la mienne. - Si vous voulez.
Et le comique des services secrets. La tension monte.
Une bombe à retardement qui a pété sous le nez de Shaitana.
Nous allons faire équipe, Avril.
Vous êtes tombé sur la tête ?
Mais je donne les ordres. Pas d'initiatives. C'est compris ?
Tout ce que vous voulez, commissaire. Demandez-moi ce que vous voulez.
Allez-y, pour voir.
Rentrez chez vous.
Oh, ben non !
Pas tout de suite... Si. D'accord.
Ça va pas fort, hein.
C'est la pire soirée de ma vie.
C'est sûr, ça pourrait être mieux.
Pourquoi tu trimballes une valise ?
Je sais pas où aller.
J'habite à Roubaix.
Enfin, j'y habitais avant de démissionner.
Shaitana me logeait chez lui.
Bon. Allez, viens chez moi.
C'est tout petit, mais on s'y sent bien.
Enfin...
Non. C'est une turne pourrie, mais on n'a pas le choix.
En fait, je vous ai entendu, avec Alice.
Vous êtes un amour, commissaire.
Détrompez-vous, je suis fourbe et retors.
Les flics font peur, Marlène.
On leur ment, on se tait.
Avec sa bonne tête de fouine, Avril inspire confiance.
Quelqu'un laissera peut-être échapper une info,
si elle ne fiche pas tout par terre.
Mais vous l'aimez bien, finalement.
Je me sers d'elle.
N'allez pas en plus me demander d'aimer cette erreur de la nature.
C'est moi, chef.
Alors ?
Qu'est-ce qu'on a ?
Non. Ne touchez à rien.
Je sens que ça va être un vrai bonheur.
Vous imaginez que je vais vous traîner partout comme un boulet ?
Je fais quoi ? Je vous admire de loin ?
Faites-les parler d'eux. Évitez de parler du meurtre de Shaitana.
Parlez pour ne rien dire, comme d'habitude.
J'ai besoin d'une piste pour démarrer.
Bon. Reprenons les indices laissés par Shaitana.
Nevers, faux suicide.
Élise, accident domestique. Barillon, poison.
Et Coupet, accident de chasse.
Commencez par Élise.
Trouvez le moyen de sympathiser.
Fastoche.
Vous êtes d'une prétention qui dépasse l'imagination.
Elle habite chez moi.
Ah ! Ça vous en bouche un coin, hein ?
Bonne journée.
À nouveau réunis ! Mais cette fois, ce n'est pas une plaisanterie.
Comment pouvez-vous être aussi détendu ?
J'ai la conscience tranquille.
Ça, c'est vous qui le dites.
Oui.
Et même...
Même si j'avais liquidé Shaitana, le flic ne peut rien faire.
Autant tirer nos noms au sort.
Vous le sous-estimez, docteur. Il lui suffit de trouver un mobile.
Et voilà la plus jolie.
Je n'aimerais pas apprendre que j'ai serré la main d'un assassin.
Le commissaire vous attend. N'importe lequel.
Plus vite j'aurai fini...
Je suis le seul à bosser, et mes patients m'attendent.
Ce n'est pas la galanterie qui l'étouffe.
Non. Il est plutôt sans scrupules.
J'étais son médecin traitant.
Il m'invitait de temps en temps à ses soirées.
J'aimerais jeter un oeil à son dossier médical.
Si vous voulez.
Demandez à ma secrétaire. Je n'ai rien à cacher.
Permettez-moi d'en douter, docteur.
Je comprends. C'est votre boulot.
- Vous êtes marié ? - Non.
- Une maîtresse ? - Non, même pas.
J'ai pas le temps...
Pourquoi Shaitana vous a attiré ici, lundi matin ?
C'est lui qui a fait ça ?
Ne me prenez pas pour un imbécile.
- D'accord. J'avoue, j'y ai pensé. - Oui.
Comme les trois autres, quand vous étiez chez lui.
Il était votre seul point commun. Personne n'a rien dit,
pas plus quand Shaitana a accusé quelqu'un de meurtre,
de façon suffisamment détournée, certes, mais...
assez claire pour un éventuel meurtrier assis à cette table.
Pour moi, il amusait la galerie. Ça ne repose sur rien.
Si. Sur le meurtre de Shaitana.
Ce sera tout. Merci.
Coupable. Il est sympathique.
C'est toujours le plus sympathique qui a tué. Et il est docteur.
C'est facile, pour un docteur.
Marlène, Shaitana a été poignardé.
C'est Barillon le coupable.
Une cigarette, docteur ?
Vous y allez aussi ?
Qu'est-ce qu'il voulait savoir ?
Excusez-moi, je suis pressé.
Je veux la liste de tous vos employeurs.
Avec les dates.
Mais... pourquoi ?
Parce que.
Mme Delacroix. Pourquoi l'avez-vous quittée ?
Elle voyait mal. Elle s'est tuée au volant de sa voiture.
Intéressant.
Et M. Langeville ?
Sa nièce est venue vivre chez lui. On n'avait plus besoin de moi.
Mlle Brunet, c'était une amie de M. Shaitana.
Au revoir, mademoiselle.
C'est tout ?
C'est vraiment dommage.
C'est toujours la jolie jeune fille qui a tué.
Eh ben, alors ? Il t'a laissée sortir ?
C'est pas drôle.
Désolée.
Ne t'en fais pas.
Tu veux bien que je reste encore 1 jour ou 2 ?
Je ne vais pas m'incruster.
Super.
Moi, j'adore papoter avec toi.
Il voulait organiser un safari. On devait en parler au dîner.
- Qui lui avait parlé de vous ? - Aucune idée.
Voici une liste des relations de Shaitana. Des amis en commun ?
Non. Je suis peu en France et je n'aime pas les mondanités.
Vous êtes sûr ? Personne ?
Personne.
Vous mentez, Coupet.
Rassurez-vous, vous n'êtes pas le seul.
J'espère que votre hôtel est bien.
Vous n'êtes pas autorisé à quitter le pays.
Tu as vu qui vient de sortir ?
Ah, j'aime pas ce type. Il me fout les jetons.
J'ai de meilleures photos, si vous voulez.
Ça ne sert à rien de vous dire que je ne suis pas coupable.
Que pensez-vous des autres, madame Nevers ?
Vous me demandez d'accuser quelqu'un ?
Dites-moi quelle sorte de joueurs ils sont.
Bien. Euh...
Coupet est un bon joueur, solide.
Il analyse le jeu, ensuite, il n'hésite pas.
Où voulez-vous en venir ?
Barillon ?
Flambeur. Il prend des risques. Ses annonces sont souvent fortes.
- Mais ça passe. - Oui. En effet.
Le contraire d'Élise, trop prudente.
Presque timorée.
Et vous ?
Je suis une bonne joueuse.
C'est tout ?
Quelle modestie !
Vous êtes une joueuse hors pair,
déterminée, imperturbable, sans émotivité.
Difficile de tricher au bridge, de masquer sa personnalité.
Si on s'y intéresse, il y a beaucoup à apprendre.
Vous feriez une bonne meurtrière.
Et vous, quel genre de joueur êtes-vous, commissaire ?
Très mauvais.
Je déteste perdre.
Vous aimiez votre mari ?
J'ai l'esprit de famille.
Mon père était au bord de la faillite, je me suis mariée.
Ça vous suffit ?
Donc vous ne l'aimiez pas.
D'après mes informations, il s'est suicidé.
En effet.
Une balle dans la tête.
C'est terrible.
J'aurai plaisir à vous revoir, madame.
Bonsoir, commissaire.
Coupable ?
Arrête ! J'ai pas envie de parler de ça.
Moi, je parie sur le toubib.
On dirait que ça t'amuse.
Ouais. Je trouve ça excitant.
On a assisté à un meurtre.
Toi, tu t'en fiches. T'étais dans l'autre pièce.
Comment je vais retrouver du boulot, si on me soupçonne ?
Je te crois. Ça va s'arranger.
Je voudrais rester sous mon édredon et plus rien savoir.
Il faut que j'aille bosser.
C'est bien d'aimer son boulot.
Je ne serai jamais styliste.
Je passerai ma vie à m'occuper de vieux.
- Mais ils sont sympas, tes vieux ? - Ça dépend.
T'as pas connu la mère Morel : mauvaise, radine, une vraie teigne.
Ah bon ? Pourquoi ?
Laisse tomber. On s'en fiche.
Bonjour, Élise.
- Je dois avoir l'air d'une boniche. - Vous êtes très bien.
- Je ne l'ai pas tué. - Je sais. Et moi non plus.
Je n'arrive pas à croire que personne n'ait rien vu.
Vous pensez à quelque chose ?
Même un détail.
Élise, quelqu'un a tué.
Il ou elle peut recommencer.
Je n'ai rien vu.
Je suis là, si vous avez besoin.
Pomme. C'est bon.
Barillon, coupable.
Schlumberger, coupable. Coupet...
Oh !
On m'entend rarement arriver.
Je viens bavarder avec vous.
Mais on n'entre pas comme ça !
C'est un commissariat, et vous êtes dans le bureau du commissaire.
Mais...
Mais !
Ôtez vos pattes de là.
Vous piétinez.
Sortez tout de suite !
Je veux mettre mon expérience à votre service.
Je n'ai pas besoin d'un gratte-papier.
- Vous me connaissez pas. - Ah non ?
Ferdinand Jouve. Archiviste incompétent
avec une tendance à la mégalomanie.
Vous avez été remercié après avoir mis votre nez partout.
C'est un malentendu. Je fais des envieux.
Dégagez, ou je vous fais boucler.
Réaction typique de l'homme qui se sent acculé.
Mais qu'est-ce que vous avez donc à cacher, commissaire ?
Allez.
Par ici la sortie.
Tenez.
- Merci. - À votre service.
- Qu'est-ce qui se passe, ici ? - Absolument rien.
Vous avez confié une enquête pour meurtre à un suspect.
J'accuse. Oui, j'accuse.
Cet homme a quitté le salon un temps suffisant pour assassiner.
Il a découvert le corps et prévenu les autres. Il pouvait tuer.
Non. Seule cette femme et moi sommes innocents.
Vous n'avez pas... fini d'entendre parler de moi.
C'est quoi, cette histoire de suspect ? J'ai le droit de savoir.
Je signerai des aveux plus tard.
Vous ne faites pas obstruction à l'enquête ?
Ce crétin fait obstruction. Et vous aussi !
Est-ce qu'on va me laisser bosser ?
Non, mais dites donc...
Bien. Alors, j'en étais où ?
Le mari d'Hélène Nevers était un sale type, Marlène, un salopard
qui s'en est mis plein les poches pendant la guerre : magouilles...
C'est pas joli.
Accusé de violence sur ses employés,
jamais inquiété, bien sûr.
Et il se serait fait sauter la cervelle ?
- Peut-être qu'il a eu des remords. - Non, non. J'y crois pas.
On a perdu ça.
Ça ne cadre pas avec le bonhomme.
Il n'y a pas eu d'explication, pas de lettre...
Rien. Pas de veuve éplorée non plus.
Affaire classée.
Il y a une photo dedans.
C'est le docteur. Il était bel homme, hein.
Montrez-moi ça.
- Le dossier médical de M. Shaitana. - Parfaitement.
Le docteur m'en a parlé. Je l'ai préparé.
Vous avez travaillé, samedi, mademoiselle...?
Poussin. Jeannine Poussin. Oui, j'ai travaillé.
Le docteur ne vous a pas paru inquiet ou contrarié ?
Non.
- Vous êtes très proches, non ? - Oui.
Vous faites fausse route, commissaire.
Émile ne ferait pas de mal à une mouche.
Shaitana n'a pas été tué avec une tapette à mouches.
- Je vais prévenir le docteur. - Ce n'est pas la peine.
Dites-lui que je suis passé et que je ne l'oublie pas.
Ceci lui appartient, je crois.
Les autres ne sont pas là.
Pourquoi ?
Parce que vous êtes intelligente, parce que vous savez quelque chose.
Un pour tous et tous pour un, c'est ça ?
J'ai appris à devenir égoïste. Et j'y arrive très bien.
Il faudra vous sortir de là tout seul.
Dans cette histoire, c'est chacun pour soi.
Je sais pourquoi nous étions au commissariat
et je sais pourquoi Shaitana nous a invités.
- Vous connaissez l'assassin ? - Pas vous ?
Bon. Il te plaît ou pas ?
C'est un aventurier.
Ils aiment les filles comme toi, fragiles...
Le genre biche aux abois.
Qu'est-ce que t'en sais ?
- Il venait peut-être pour toi. - Moi ? Mais tu m'as vue ?
Aucune chance.
J'ai l'air d'un bibelot précieux ?
Plus mon caractère de merde, il se barre en courant, le gars.
Et moi aussi.
Le mariage, merci, j'ai déjà donné.
T'as été mariée ?
Ouais.
Tout était bon pour me tirer de l'orphelinat. J'ai tenu 5 ans.
Tu crois vraiment que Paul me regarde ?
Ouais.
Oui.
Si t'en veux pas, je me jette dessus.
Tu es encore là ? Viens, je t'emmène dîner.
- La police est passée. - Il y a du nouveau ?
Tu avais oublié ça.
Je pensais l'avoir perdu.
C'est toi qui l'avais ?
Tout ce temps ?
Je n'ai pas d'excuse.
J'ai été égoïste.
Je n'ai jamais voulu te faire de peine.
C'est le courrier.
Merci, Marie.
Marie, je ne dînerai pas, ce soir. Apportez-moi seulement un thé.
- Bien, madame. - Merci.
Dites-moi, Marie.
Ce M. Jouve, quand il est venu, vous l'avez laissé seul ?
Oui. Il était au salon.
Il m'a dit qu'il avait tout son temps. Je n'aurais pas dû ?
Si, si. Tout va bien. Merci, Marie.
Ben, alors ? On piquait un petit roupillon, chef ?
Avril, au rapport.
D'accord. On s'en jette un petit dans le cornet.
Vous êtes simplement venue torpiller ma soirée ou bien...?
Vous avez avancé ?
Le mari d'Hélène Nevers était un salaud, un violent.
La preuve qu'il tapait aussi sur sa femme, c'est possible.
Si c'est elle, on peut pas lui en vouloir. C'est tout ce qu'on a ?
"On" ?
On a Coupet.
Un seul incident notable : la mort d'un botaniste,
un certain Louvier, qu'il trimbalait avec sa femme sur le fleuve Limpopo.
- De quoi il est mort ? - D'après la déposition de Coupet,
il serait mort des fièvres. Pratique.
Et, bien sûr, confirmé par la veuve.
Aïe ! Mais vous êtes malade.
Cette arme est chargée.
On n'a pas idée d'avoir ça chez soi !
Assise. Exécution.
La femme, Louvier, le mari encombrant,
et un beau célibataire sur un bateau...
Drame passionnel. Il faut déterrer le cadavre.
Oui, bien sûr.
Vous situez où le fleuve Limpopo ? Un affluent de la Marne ?
Ben...
Loin ?
Ah oui. Au fin fond de la brousse.
Louvier...
Quoi ?
J'ai la liste de toutes les relations de Shaitana.
Paul Coupet ne connaît personne, soi-disant.
Pourtant, je lis "Jacqueline Louvier",
la veuve du botaniste en balade sur le fleuve.
Bon boulot, chef.
- Oui. Et vous ? Élise Schlumberger ? - Euh... Nib.
Vous vous fichez de moi ?
Ben non. Rien pour le moment.
Je suis pas une pro.
Et j'ai pas votre talent, ni vos moyens. Les archives...
Appelez-moi con, ça ira plus vite.
Elle est secouée.
C'est une vraie pétocharde.
Pour moi, Shaitana s'est trompé. Elle a pas tué...
Coupet en pince pour Élise. Ça compte, ça, non ?
Déformation professionnelle, Marie-Chantal.
Rendez-vous à l'évidence, Avril : vous ne servez à rien.
Avril !
Barillon couche avec sa secrétaire. Faites-la parler.
Oui, chef. Bien, chef.
Bubu ?
Martin !
Bonjour !
Marlène... Renseignez-vous sur Louvier, Jacqueline.
À vos ordres.
Foutez-moi le camp !
J'ai dit urgent, Marlène ! Arrêtez de vous éparpiller.
On peut aussi demander gentiment, hein !
Qu'est-ce que je fais, moi ?
Martin !
Martin !
Je préférerais parler du docteur avec quelqu'un qui le connaît bien.
Ça, je sais pas, Mlle Poussin...
Non, mais j'essaie d'être objective.
Moi aussi, j'ai du mal à croire que M. Barillon soit coupable.
Ben oui.
Oui ? Formidable. Euh...
Quand ? Quand vous voulez.
D'accord. Je passe vous prendre.
À tout à l'heure.
Ça fait plaisir de voir qu'on ne vous a pas encore arrêté.
Alors comme ça, on est plus que 3 ? Vous avez éliminé Barillon ?
Ah ! Non. J'ai surtout obtenu le rendez-vous que je voulais.
Vous êtes là pour me parler d'Élise ?
C'était ma première intention.
Je veux l'aider. J'ai l'impression qu'elle sait quelque chose.
- Elle ne vous a rien dit ? - Ben non.
Je la sens tellement fragile.
Ce serait pareil si elle était moche ?
Non. Peut-être pas.
Je suis censée tenir la chandelle ?
Dites-lui de me faire confiance.
Désolée, mais je réponds toute la journée au courrier du coeur.
Je fais pas d'heures sup.
D'accord.
Invitez-la à dîner.
Vous ne lui parlez pas de meurtre et...
ça ira comme sur des roulettes.
Il faut que je réponde à toutes celles qui n'intéressent personne.
- À bientôt, Alice. - C'est ça.
Oublie, ma vieille.
Oublie !
Voilà.
Jacqueline Louvier a passé 2 ans en Afrique...
Oui. Marlène, ça, je sais.
Veuve, le fleuve Limpopo, le mari botaniste, ça, je sais.
Je ne vous sers à rien.
Mais si, Marlène.
Ce qui m'intéresse, c'est cette femme aujourd'hui.
Ça ne me regarde pas, commissaire.
La dame en question dirige une agence matrimoniale.
C'est parfait. C'est exactement ce qui me fallait.
Commissaire Laurence. Ne touchez à rien, Coupet. J'arrive.
Prenez un rendez-vous avec cette dame, aujourd'hui. Et insistez.
- Urgent ? - Oui.
Ne dites pas que je suis commissaire. C'est privé.
Bien sûr. Je ne suis pas idiote.
Il n'y a que des mensonges dans ces annonces.
Mais tout de même, ça m'étonne de vous.
Personne n'a rien vu. On rentre ici comme dans un moulin.
Il a laissé l'argent. Que cherchait-il ?
Aucune idée. J'ai pas vérifié.
Allez-y.
L'enquête avance ?
Non. Elle recule.
Pas d'empreintes sur le stylet, hormis celles de Shaitana.
Il était sur le bar.
- Vous l'aviez remarqué ? - Oui.
Je l'ai pris en me servant à boire, juste avant d'assassiner ce guignol.
Qu'est-ce qu'il vous a pris ?
Mes carnets de voyage.
Je comprends pas. Ça n'intéresse que moi.
C'est une espèce particulière de voleur fouineur.
Je vais vous récupérer ces carnets.
- Je serai de retour vers 14 h 30. - Prends ton temps.
Il y a 12 ans que je travaille pour lui. C'est le meilleur.
Le travail, c'est tout, pour lui.
C'est impossible de l'imaginer ôtant une vie.
J'ai vu la photo de vous deux sur le bureau et...
Vous êtes... Enfin, vous avez l'air heureux.
Non. Ce n'est pas Émile.
C'est Jean, son frère jumeau.
Même s'ils se ressemblaient, ils étaient très différents.
Jean est mort 1 mois avant notre mariage.
Je suis désolée.
Il s'affaiblissait de jour en jour. Personne n'y comprenait rien.
Ça ne ressemblait à rien de connu.
Émile a essayé tous les traitements possibles.
C'était son frère, c'est normal.
Non.
Vous ne comprenez pas.
Il aurait pu nous en vouloir.
J'ai rencontré Jean quand il est revenu à la fin de la guerre.
Nous sommes tombés follement amoureux.
On ne peut rien contre ça.
Mais à ce moment-là, j'étais fiancée à Émile.
Ça a été très dur, pour lui.
Mais c'est un homme généreux.
Je l'ai vu avec son frère, je l'ai vu avec moi ensuite.
Il n'a pu tuer personne.
Ben non. Bien sûr.
Jacqueline Louvier. Tout le monde m'appelle Jackie.
Monsieur Laurence.
Pas de petit nom ?
Swan.
"Swan."
Un ami m'a conseillé de venir vous voir.
Alors je ne sais pas.... C'est un peu gênant.
Allons.
Vous êtes bel homme, élégant,
doux. Les femmes adorent ça.
- Vous êtes divorcé ? - Veuf depuis 2 ans.
Je suis veuve, moi aussi.
- Des enfants ? - Non, non.
Bien. Ça complique, les enfants.
Je me suis beaucoup replié sur moi-même.
Je vois très peu de monde. Enfin...
Dites-moi,
quel genre de femme aimeriez-vous rencontrer, Swan ?
Je ne sais pas... C'est un peu gênant.
Qu'elle soit compréhensive, aimante et...
Vous ne vous intéressez pas au physique ?
Si, si, beaucoup, beaucoup.
Alors... Plutôt blonde.
Avec des formes,
féminine, pas trop jeune...
Si je vous dis une femme dans mon genre, ça vous aide ?
Ah, mais... oui, oui.
Ça m'aide beaucoup.
- Un café ? - Volontiers.
Du sucre ?
Non, merci.
J'ai, moi aussi, beaucoup souffert de l'amour.
Un amour impossible...
qui ne pouvait conduire qu'au drame.
C'est encore douloureux d'en parler ?
Douloureux et dangereux.
Dangereux pour un homme.
N'en parlons pas, alors.
Je ne devrais pas, mais... je sens que je peux vous faire confiance.
C'est arrivé... en Afrique.
Un voyage avec mon mari.
Marlène, salut. Il faut que je parle à Laurence.
Il a autre chose à faire de très urgent.
Tu veux fouiner ?
Je m'en fiche. C'est bien fait pour lui.
Les interrogatoires des suspects sont dans l'armoire.
Le dossier bleu.
Marlène, c'est quoi, ces noms ?
C'est quoi, ces noms ?
C'est quoi, le problème ? Vous vous êtes disputés ?
Tu écris quoi, là ?
J'écris à Marie-Chantal.
Marlène.
Marlène ! C'est moi, Marie-Chantal.
Non.
Là, tu es Alice qui fouine.
Très bien. Je vais te dire, ça m'arrange.
J'en ai marre, de donner des conseils à des merlans frits.
Fais voir.
C'est quoi, ce délire ? Laurence cherche une femme ?
- Mais tu grésilles du trolley. - Je le savais.
Je vais l'envoyer à Marie-Chantal.
Franchement, tu le vois dans une agence ?
Il a toutes les femmes qu'il veut !
C'est la vie. Moi aussi, il y a des gars qui me plaisent et que j'ai pas.
Ah bon ?
Ben oui.
Bon. On oublie.
C'est quoi ?
Tous les employeurs d'Élise Schlumberger.
Oui. Mais elle est où, la peau de vache ?
Il en manque une, Marlène.
Le drame est arrivé une nuit.
J'ai entendu des cris, une dispute horrible entre Paul
et mon mari, qui le menaçait avec une machette.
Il m'a vue.
Il s'est jeté sur moi.
Paul avait un fusil. Il a tiré à cause de moi.
Et depuis, Paul croupit dans une geôle africaine ?
Non. Nous avons dit que Robert était mort des fièvres.
J'étais libre.
Mais c'est du passé. Parlons plutôt de l'avenir.
Très bien. Trouvez une autre poire.
J'en ai assez entendu comme ça.
- Ça sent vachement bon. - C'est juste une soupe.
- Tu cuisinais pour tes vieux ? - Pas toujours.
À certaines, il leur fallait une vraie cuisinière.
C'est celle dont tu m'as parlé, là ? La mauvaise ?
La vache, c'est chaud. Comment elle s'appelait, déjà ?
Morel. Elle est morte.
Ah bon ? Quand tu travaillais chez elle ?
On va pas parler de mort.
Je me suis baladée. Je suis passée devant le journal.
Ah oui ?
J'ai vu Paul entrer.
Ouais, il est venu. On a blagué.
J'étais persuadée qu'il allait t'inviter à dîner.
Il l'a fait.
En fait, il voulait nous inviter toutes les 2.
Ah bon ?
Merci bien. Pour faire tapisserie toute la soirée...
Monsieur Jouve.
Décidément, vous allez m'emmerder jusqu'au bout, vous.
Jusqu'au bout.
Vide.
Le tueur a emporté son contenu, sans doute.
Donc vous l'avez trouvé chez vous en rentrant ?
Ouais. Il était 1 h 12.
Je me suis permis de vous réveiller.
Et la victime a été tuée avec cette arme ?
Mon arme de service, exactement. Je ne la porte jamais.
C'est embêtant, ça.
C'est très embêtant.
Ah ! Les résultats de la perquisition chez Jouve.
Il tentait d'établir un dossier sur chaque personne
mêlée à la mort de Shaitana, même sur moi.
Mettez ça dans mon bureau.
Eh bien, la confiance règne.
Jouve n'était qu'un minable. Il brassait du vent...
Il a fait que saloper mon tapis.
Il est mort chez vous, et vous n'avez pas d'alibi.
En effet. Autre chose ?
Il a porté de graves accusations contre vous, devant un témoin.
Je ne m'en souviens plus.
Merci, Marlène.
Je vous suspends pour la durée de l'enquête.
Vous n'êtes pas sérieux ?
Très bien.
Puisqu'on m'y force, j'ai un alibi.
Je ne pensais pas être obligé
de dévoiler l'intimité d'une jeune femme, mais puisqu'on me soupçonne...
Vous voulez son identité ?
Ben, mettez-vous à ma place.
Alice Avril.
Hein, quoi ? On a fait quoi ?
Ça ne m'amuse pas plus que vous.
- Il fallait citer une de vos poules. - Je déteste être redevable.
Mettons en place les détails que vous confirmerez.
Mais pas du tout. Ni en gros, ni en détail.
- Personne ne nous croira. - C'est assez improbable.
C'est n'importe quoi. Vous avez 20 ans de plus que moi.
Ça va, hein. Je risque de perdre ma réputation.
Non, mais vous vous êtes vue ?
Non. Avril, revenez ici. Avril, bon Dieu !
Vous vous excusez tout de suite.
D'accord. Vous plairiez à n'importe qui. On peut y aller ?
Je fais pas de faux témoignage.
Jouve avait un dossier sur vous. Tricard va vous soupçonner aussi.
Vous avez un alibi, pour la nuit dernière ? Non.
Et sur Barillon, vous avez quoi ?
Je pense qu'il a empoisonné son frère.
Vous pensez...
Rien de ce que vous direz ne sortira d'ici.
Bien. Où étiez-vous hier soir entre 22 h et 1 h du matin ?
J'ai travaillé assez tard...
Quand je suis sortie, Swan... Enfin, le commissaire Laurence...
m'attendait.
Je n'ai pas été surprise.
Il y a un petit moment qu'il me tournait autour.
Il ne me déplaisait pas, mais...
il est plus vieux que moi.
Il voulait me parler du meurtre de Shaitana.
Je suis montée dans sa voiture...
On a roulé, et puis Swan
s'est arrêté dans un chemin de campagne.
J'ai compris qu'il ne voulait pas vraiment...
parler.
Il faisait nuit, j'étais au milieu de nulle part.
Seule avec lui. Je me sentais piégée.
Vous deviez peut-être déposer une plainte pour viol, Alice.
Mais il était si démuni, tellement touchant...
J'ai eu pitié. Un moment de faiblesse...
J'ai cédé.
- Il était minuit, 1 h du matin ? - Beaucoup plus tôt.
Beaucoup plus tôt.
Il faut tout dire ?
Non, parce qu'en fait...
Enfin...
La... La chose...
À partir d'un certain âge, c'est...
Vraiment, c'est gênant.
Ça dure jamais très longtemps.
Voilà. Ensuite, le commissaire s'est endormi.
Pouf, comme ça.
Moi, je l'ai laissé dormir, le pauvre.
Il était 1 h quand il m'a reconduite.
Bien. On va mettre tout ça sur papier, et puis vous signerez.
Laurence, vous reprenez l'enquête.
Alors ?
J'ai pas été épatante, hein ?
Vous me le payerez, Avril.
Mademoiselle.
Le docteur est absent.
Je viens comparer la liste des relations de Shaitana
avec celle des patients du Dr Barillon.
C'est dans le tiroir, par ordre alphabétique.
Si vous avez du temps à perdre.
Oh, je...
Laissez, je vais le faire. Ça ira plus vite.
Désolé.
Merci.
Merci.
Je suis contente de vous voir.
C'est sinistre, ici.
Je suppose que c'est une reconstitution.
Tout va bien se passer, Élise.
J'ai été impolie, hier, en refusant votre invitation.
Mais je suis libre, ce soir.
C'est moi qui m'excuse. Je...
Je ne sais pas si c'est une qualité, mais je suis plutôt direct.
Vous êtes une femme adorable. Je vous ai laissée croire...
Je ne vous plais pas ?
Quelle gourde !
Vous avez joué avec moi.
Finalement, vous préférez une fille comme Alice, c'est ça ?
Alice ?
Je suis déçue.
Tu es une hypocrite et tu m'as prise pour une imbécile. Je suis déçue.
Marlène, attends, attends.
T'as pas cru à cette histoire ?
Moi et Laurence ?
Je préférerais plutôt me pendre.
Il avait juste besoin d'un alibi.
- C'est vrai ? - Ben oui.
Attends. Regarde ça.
"Accident domestique dramatique.
"Mme Morel confond une teinture pour chapeaux
"avec un sirop pour la toux.
"La malheureuse est morte dans d'horribles souffrances."
- C'est pas génial ? - Non. C'est très bête.
On va finir par devenir copains.
C'est d'assez mauvais goût, docteur.
- Quelqu'un en veut un ? - Ça ne se fait pas.
Pourquoi pas ?
J'espère qu'on ne va pas refaire les parties.
Je n'aurai sans doute pas un jeu de grand chelem, cette fois.
À la santé de Shaitana, qui nous a bien eus.
- Où étiez-vous, la nuit dernière ? - J'étais à mon hôtel.
Chez moi, mais je...
C'est moi qui pose les questions. Barillon ?
Chez moi aussi.
Chez Alice Avril, seule.
Personne n'a d'alibi.
Pourquoi en faudrait-il un, commissaire ?
Pour éviter que je me retrouve à chaque meurtre
avec les mêmes suspects. Jouve a été assassiné.
Le gars qui avait une tête de mort vivant ?
Exactement. Sauf qu'il n'a plus qu'une tête de mort, maintenant.
- Je ne le connaissais pas. - Sans blague.
Il enquêtait sur vous tous, et vous le saviez.
Il est peut-être cinglé
mais il a réussi à faire paniquer l'un d'entre vous.
Dans ce cas, l'un d'entre nous serait
un double meurtrier, commissaire ? J'ai du mal à y croire.
Triple meurtrier, madame Nevers. Triple.
Jouons cartes sur table.
Shaitana vous a accusés de meurtre.
Il vous a réunis au commissariat, et chez lui ensuite.
Il a joué avec vous toute la soirée. Il a perdu. Jouve aussi.
Il ne reste que moi.
La partie va devenir intéressante, non ?
Vous êtes libres. Pour le moment.
Coupet !
Vous restez.
- Vous les avez lus ? - Seulement certains passages.
Notamment la descente du fleuve Limpopo avec le couple Louvier.
Jacqueline Louvier.
Vous la connaissez très bien.
Venez avec moi.
Un thé vous fera du bien.
Vous connaissiez bien Shaitana.
Il était fou, non ?
Il était... pervers.
Je pense qu'il a inventé toute cette histoire.
Mais il est mort.
Et le commissaire croit que nous tous...
Oh, peut-être. Je ne sais pas.
On ne sait jamais ce qu'il pense.
Allez, buvez pendant que c'est chaud.
C'est faux.
C'est cette bonne femme qui s'accrochait à moi.
Elle était épouvantable.
Je vous jure que je plaignais son mari.
On était loin de tout. Il a chopé une mauvaise fièvre.
- Ne me dites pas qu'il en est mort ? - Il aurait pu.
Il en serait mort, je le sais.
Une nuit, je l'ai aperçu qui allait vers le fleuve. Il délirait.
Il ne tenait plus sur ses jambes.
Il allait tomber à l'eau et se noyer. J'étais trop loin pour l'aider.
Je suis un bon tireur, commissaire.
Je visais le genou pour l'en empêcher.
Et cette folle est arrivée en s'imaginant je ne sais quoi.
Elle a dévié le tir ?
Elle s'est accrochée à moi au moment où le coup partait.
J'ai atteint le pauvre type en plein coeur.
- Je l'ai enterré et... - Et vous vous êtes tu.
Bon.
Je ne vais pas vous arrêter tout de suite.
Et moi qui pensais passer une journée de merde. Finalement, non.
J'ai besoin d'un verre. Vous venez ?
Non. Je dois...
Ne cherchez pas d'excuse. Dites que vous n'en avez pas envie.
J'en ai envie.
Voilà.
C'est juste que je peux pas maintenant.
D'accord. Plus tard, alors.
Appelle-moi, Alice.
Appelle-moi quand tu veux.
Avril, je n'ai pas besoin d'alibi, aujourd'hui.
C'est quoi, ce sourire imbécile ?
Je ne souris pas.
Enfin, presque pas.
Vous vous sentez bien.
- J'ai trouvé, pour Élise. - Ouais. Moi aussi.
Ah bon ?
Élise était la première à la reconstitution.
À la soirée, elle portait un collier de valeur de Shaitana.
Elle ne l'a pas rendu. C'était tentant.
Le bracelet assorti au collier était dans le secrétaire du salon.
Il a disparu.
Une voleuse n'est pas forcément une meurtrière, mais...
Mais bien sûr.
C'est ça, le mobile.
Elle pique des trucs à la mère Morel, qui s'en aperçoit. Elle la liquide.
Quelle "mère Morel" ?
Barillon, fou de jalousie, joue le frère aimant
et injecte son venin jour après jour.
Il signe le permis d'inhumer. Pas d'enquête.
Et après, il propose du boulot à Jeannine. Quel fumier !
Nevers tue son mari, Barillon son frère, Élise sa patronne...
Et je n'ai pas une seule preuve.
Vous avez avancé sur Paul ?
Paul ?
Shaitana s'est peut-être trompé.
Oui. C'est possible.
J'ai pratiquement rayé Coupet de la liste.
- Il s'agirait d'un accident. - Oui ? Ah, c'est sensass.
Et qu'est-ce que ça a de "sensass", Avril ?
Ben oui. Euh... Rien, mais...
Et comment je rentre chez moi ? Je suis à pied, moi.
Eh ben... Marchez.
Querelle d'amoureux, commissaire ?
Élise ?
Je sais plus quoi faire.
Je dors plus. Je fais des cauchemars toutes les nuits.
Je vais devenir folle.
J'ai besoin d'aide, docteur.
Je vais vous faire une ordonnance. Pas plus d'un comprimé à la fois.
Merci.
Il m'arrive aussi que les fantômes m'empêchent de dormir.
Je n'ai jamais eu de vraie amie.
T'es la première.
Cul sec.
Cul sec.
Désolée de vous recevoir ainsi. Je n'ai pas la force de me lever.
- Ça ne pouvait pas attendre ? - Non.
Il me reste quelques mois à vivre.
J'ai beaucoup réfléchi et...
je ne tiens pas à emporter des secrets dans ma tombe.
Dans ce cas, je vous écoute.
Shaitana avait découvert que j'ai tué mon mari.
Vous ne m'apprenez rien, madame.
Il vous frappait ?
Vous savez beaucoup de choses.
Il me frappait, en effet.
Il lui arrivait même de me violer.
Il en avait le droit, j'étais sa femme.
La peur m'a paralysée pendant des années. Et un jour, j'ai réagi.
Je l'ai subi plusieurs mois encore.
Mais je voulais un crime parfait. J'ai réussi, je crois.
Oui.
Vous êtes impressionnante de détermination.
Mais... revenons à Shaitana.
Il s'est comporté de façon très déplaisante à cette soirée.
J'ai eu envie qu'il se taise.
- Vous l'avez tué, lui aussi ? - Oui.
Comment ?
Le suspense a assez duré.
Vous ne croyez pas ?
J'adore les feux de cheminée. Pas vous ?
- Non. - Pardon ?
Vous êtes froide, déterminée. Capable de tuer, mais pas comme ça.
Vous saviez que vous alliez tuer.
Je n'ai rien planifié.
Ça n'a aucun intérêt. Je l'ai tué, peu importe comment.
Personne ne peut faire quelque chose contre sa nature.
Vous mentez.
Soit vous avez prémédité ce crime, soit vous ne l'avez pas commis.
C'est complètement idiot.
Vous protégez quelqu'un.
Bien sûr. Ni Coupet, ni Barillon. Ils peuvent se débrouiller seuls.
Mais Élise... La douce et fragile Élise.
Je la connais même pas.
J'ai raison. Et comment pouvez-vous être sûre que c'est elle ?
Parce que je l'ai vue.
C'est à vous, madame Nevers.
Oui, oui.
J'ai un choix difficile.
Je ne répéterai pas un mot,
ni au commissariat, ni devant un tribunal.
Élise est une enfant. Elle a paniqué.
Je ne lui porterai pas le coup de grâce.
Votre protégée a déjà tué 3 fois : Shaitana, Jouve et une vieille dame.
Elle recommencera.
Nom de Dieu !
Martin ! Appelez un médecin, vite !
Avril. Avril, debout.
Avril. Avril.
On se met debout.
Non. On ferme pas les yeux. On ne ferme pas les yeux.
- Je veux dormir. - Non, surtout pas.
Marchez, marchez. Mais faites un effort, bon Dieu !
Je ne serais pas venu, vous y passiez.
Avril. Non, non, non. Avril. Voilà, c'est bien.
Ah, c'est pas trop tôt. Empoisonnement.
Tous les hommes disponibles.
Barrages sur les routes. Faites surveiller les gares.
Je fais suivre un portrait-robot.
A priori, elle n'est pas armée.
Tu as mauvaise mine.
J'ai mal dormi.
Qu'est-ce qu'on a, ce matin ?
Oh, mon Dieu, Émile !
Préviens la police. Il n'est peut-être pas trop tard.
- Où est la chambre de Mme Nevers ? - À l'étage.
Apportez-moi du cognac et de l'eau.
- Où est-elle ? - À l'étage. Première à droite.
Barbituriques.
J'aimerais me passer un peu d'eau sur le visage.
Je suis arrivé trop tard.
Elle s'accuse du meurtre.
Elle était malade, elle a préféré en finir.
Je me sens soulagé.
Ce suicide met un terme à cette histoire, non ?
Je vous tiens au courant.
Le mort est l'assassin, Marlène.
Monsieur Shaitana ?
Dans une partie de bridge, il y a toujours un mort.
Mais c'est horrible !
Élise a reçu une lettre d'Hélène Nevers.
Oui. Coupet, Barillon.
Tout le monde l'a reçue.
Elle est morte, alors ?
Mais pas coupable.
C'est le mort, l'assassin.
Ouais. Si tu veux, Marlène.
- Mais c'est qui, alors ? - Élise.
Nevers l'a protégée.
Cette garce qui a essayé de m'empoisonner ?
Vous connaissiez l'existence de Mme Morel. Vous étiez un danger.
Quand elle a peur, elle tue et disparaît.
Elle ira pas loin. Elle a pas un rond.
Oui. Mais elle a des bijoux.
Surprise !
Je vous arrête !
Une ambulance. Il faut appeler une ambulance !
Non. C'est trop tard. Elle est morte.
Mais c'est pas possible.
Non. C'est pas vrai.
En même temps, c'était ça ou la guillotine, Avril.
Alors comme ça, c'était la petite ?
- J'ai quand même du mal à y croire. - Et vous avez raison.
Élise a bien tué son employeuse, mais pas Shaitana, ni Jouve.
Ça demandait trop de sang-froid.
Nevers l'a vue. Que vous faut-il de plus ?
Mme Nevers a vu Élise penchée sur Shaitana et son regard affolé.
Elle en a déduit ensuite que c'était elle.
Élise est la 1re à remarquer la mort de Shaitana.
Elle a peur qu'on l'accuse. Elle se tait.
Elle a très mal joué la 5e donne.
Elle fait des erreurs...
Elle est ailleurs.
Et la donne précédente, vous demandez un grand chelem ?
- C'est quoi ? - Une annonce rare et risquée.
Vous comptiez sur le jeu de votre partenaire,
tout en sachant que vous alliez être le mort.
L'enjeu était si excitant que personne n'a rien vu.
Mon vieux, c'était impossible, mais vous l'avez fait.
J'aime le risque.
C'était risqué, en effet.
Moins risqué que de laisser parler Shaitana.
C'est n'importe quoi. Vous voulez que je sois le coupable ?
Et c'est quoi, vos preuves ? Ces bouts de papier ?
Vous ne laissez pas de preuves derrière vous.
Vous étiez très pressé d'enterrer votre frère.
Salaud. Vous n'avez pas le droit.
Il vous avait pris la femme que vous aimiez. Et vous l'avez tué.
À chaque dose de poison injectée, il souffrait un peu plus.
- C'était jouissif ? - Vous êtes fou !
J'en ai assez entendu.
Parlons de Mme Nevers. Il fallait clore cette enquête.
Le passé ne devait pas resurgir.
Elle était mourante. Pourquoi pas elle ?
- Qu'est-ce que vous faites ? - Chut. Tout va bien.
Non. Non.
Non. Non. Non.
Vous êtes malade, commissaire.
J'ai tout fait pour la sauver ! J'ai injecté un reconstituant !
Nitrogène Methylcyclo Exenil Méthylmalonyl.
Injecté à forte dose, il provoque un coma immédiat.
Associé aux calmants que prenait Mme Nevers, il provoque la mort.
Me croyez-vous assez stupide pour ne pas ordonner une autopsie ?
J'étais choqué. J'ai peut-être interverti deux produits.
Ça arrive.
Tout ce que vous avez vu, c'est que j'essayais de la ranimer !
Coupet ! Vous aussi, vous avez lu sa lettre.
Elle s'accuse ! Elle voulait mourir !
J'ai aussi demandé un examen graphologique.
C'est votre marque ?
C'est vous qui avez écrit ces lettres.
Emmenez-le.
À votre place, j'aurais noyé cette femme dans le Limpopo.
Je crois à la thèse de l'accident. Vous êtes libre de repartir.
Merci.
Bon. Eh ben... Il faut que je...
Salut.
- Vous êtes amoureuse, Avril ? - Pas du tout.
Vous êtes amoureuse de Coupet ?
Non !
Tu es sûre que tu ne veux pas partir avec moi ?
Tu me supporterais pas 2 jours.
Je te laisse réfléchir.
Je suis encore là toute la semaine. Je veux te voir tous les jours.
Ça marche.
Et toutes les nuits aussi.
Une semaine à l'hôtel ? D'accord.
Il faut juste que je passe prendre ma brosse à dents, mais...
Soyez réaliste, vous n'avez aucune chance.
De quoi je me mêle ? Foutez-moi la paix.
C'est dur pour moi aussi, Avril.
J'ai prié pour qu'il vous emmène en Afrique.
Eh ben, faites-vous une raison. Je reste.
Sous-titrage : Eclair Group
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