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Monsieur ?
Monsieur ? Vous m'entendez ?
Bougez pas, je vais chercher de l'aide.
Je ne comprends pas.
Pourquoi pas Martin ?
Ça aurait dû être Martin.
Martin ?
Monsieur ?
Monsieur ?
Je ne peux pas, désolée.
Pardon.
Oh, ma pauvre dame...
Oh, c'est horrible.
- Vous pouvez m'aider ? - Oui.
Il y a quelqu'un qui est mort.
- Qui est mort ? - Oui.
Où ça ?
Mais là, là-haut, il est tombé dans le vide.
C'est horrible !
Vous pouvez attendre près de lui ?
Je vais prévenir la police.
- Bien sûr. - C'est juste là.
Merci.
Ça ne vous gêne pas, le son ?
Disons que je fais abstraction, même si je préfère l'opéra.
C'est moins bien sans la musique.
Ah, zut ! J'ai raté un wagon.
Ils vont le repasser, c'est sûr. Enfin, j'espère.
Il faut trouver un proverbe.
C'est difficile.
Très difficile. Je ne trouve jamais.
Mais si, en plus, je rate un wagon, alors là.
Laurence !
"Commissaire Laurence". On frappe avant d'entrer.
Vous ressortez, vous frappez, et je vous dis : "N'entrez pas".
J'ai trouvé un mort.
- Vous avez vu ? Je tremble encore. - Allons-y.
Ah ! "Il faut battre le fer pendant qu'il est chaud", Marlène.
Waouh !
Non, non...
Non, non, je n'y vais pas, moi.
Ne me regardez pas comme ça, j'y retourne pas.
J'attends là.
Nom, prénom ?
Roland Delavallee.
Je loge chez mon frère quelques temps.
Je ne pourrai vous aider, je n'ai rien vu.
- Vous n'avez rien entendu ? - Non.
L'endroit est dangereux. Il a dû faire un faux pas.
Que faisiez-vous ici ?
Comme tout le monde, je me promenais, je rêvassais sans doute.
- Et vous n'avez croisé personne ? - Non, personne.
Merci, M. Delavallee.
- On a un nom ? - Non.
Il n'y a rien sur lui qui puisse l'identifier.
Et vous faites quoi dans ces cas-là ?
On fera un portrait de l'inconnu et on publiera en 1re page.
Pourquoi pas une photo ?
Ah, c'est vrai ça. Pourquoi ?
Peut-être parce qu'il aurait l'air abîmé après une chute de 10 m, non ?
Ouais, j'y avais pas pensé.
En règle générale, vous ne pensez pas à grand-chose, Avril.
Et si personne ne le reconnaît ?
C'est possible.
Enlevez vos pieds.
Tout de suite.
L'homme que vous avez croisé, il montait le chemin ?
Pourquoi cette question ? Il y a un truc louche ?
Déformation professionnelle.
Vous ne croyez pas à l'accident ?
En général, il y a 3 causes possibles :
l'accident, le suicide ou le meurtre.
Et non, Avril, je n'ai aucune préférence pour le moment.
Et voilà, monsieur.
Tu veux une sucette ?
Vas-y, sers-toi.
Merci, maman.
- Voilà, ça sera tout. - Alors 25 plus 2... 27 francs.
- Merci, Claudine. - Merci.
Il est mort sur le coup.
Espérons qu'on ait prévenu sa famille.
Oh, sans doute.
J'ai l'impression de le connaître. Pas toi ?
Non, je ne crois pas.
J'ai pas tellement la mémoire des visages.
- Non. - C'est si bête, les accidents.
- Tonton, regarde ! - Non, non, Frederic, moins haut.
T'as vu l'heure, Andre ?
On t'a pas attendu. J'ai laissé au chaud au four.
Je prendrais juste un café.
Tu vas finir par tomber malade, si tu ne manges rien.
Tu travailles trop.
Fous-moi la paix, Suzanne.
Il y a ton fils, si tu veux materner.
Elle s'inquiète pour toi, c'est tout.
C'est pas vrai ?
Oui. Merci, Roland.
Pardon, je... Je suis à cran en ce moment.
Je te promets de rester à la maison, ce week-end.
Asseyez-vous, Mme Tourbier.
Jean !
Approchez la chaise.
Je vais la lâcher.
Elle pèse une tonne !
C'est qui ?
On revient de la morgue. Elle a identifié le corps.
- Sa femme ? - Non, sa soeur.
Personne n'épouserait une telle femme.
Pas trop fort quand même.
Voilà.
C'était toute ma famille...
J'ai plus personne.
Buvez chaud, ça va vous faire du bien.
Votre frère s'appelait Jean Tourbier, 45 ans.
46, le 16 mai.
Je voulais lui faire une fête surprise.
Votre frère vivait au Dahomey depuis 10 ans. Pourquoi était-il là ?
Pour me voir.
Nous nous adorions.
Il était en vacances.
J'étais tellement... tellement heureuse de le voir.
Bien.
Marlène, soyez gentille de mettre au propre
la déposition de Mme Tourbier et de la lui faire signer.
Je ne peux plus rien en tirer.
Elle n'est pas en état. Elle a tout de même vécu un drame.
Ça va un peu mieux ?
J'ai les jambes coupées.
Et le commissaire et toutes ses questions.
Comme si j'étais coupable.
Il est un peu brusque, mais il est très, très sensible.
Enfin, je crois.
Mon seul soulagement est qu'il n'ait pas trop souffert.
Presque pas.
Il était encore en vie lorsque Mlle Avril l'a trouvé.
Ah, je suis désolée. J'aurais pas du vous dire ça, mais...
Il était juste un petit peu vivant, presque plus.
Ça a du être un réconfort, de ne pas partir seul.
- Quelqu'un était là ? - Il est bien tombé.
Enfin, c'est une expression.
C'est comme dire : "Il aurait pu tomber plus mal."
Ah non, c'est pas ça non plus. Que je suis bête...
Bref !
Alice était la personne qu'il lui fallait.
Elle sait vraiment écouter.
Écoutez, vraiment, je ne peux pas accepter.
Je n'ai rien fait.
J'espérais juste qu'il puisse s'en sortir.
Il avait l'air tellement lucide.
Il a dit quelque chose ? Un mot ? Une phrase ?
Il a parlé de Martin.
Qui ça ?
Martin.
"Pourquoi pas Martin ?" Ou "Ça devait être Martin."
Quelque chose comme ça.
Et vous êtes sûre que c'est tout ?
Ben... oui.
Enfin, je crois. Écoutez, j'étais très secouée.
En tout cas, s'il a dit autre chose, ça ne me revient pas.
- Je vous remercie. - Je vous en prie.
- Au revoir. - Au revoir, madame.
Pardon. La très jolie femme sur la photo dans sa poche...
Vous l'avez fouillé ?
Non, pas du tout.
Je cherchais un mouchoir.
La photo est tombée, donc je l'ai regardée.
Vous n'auriez pas dû !
C'est merveilleux.
Vous avez vraiment pensé à tout.
Trinquons, voulez-vous ?
Finalement, je n'ai peut-être pas pensé à tout.
C'est un cauchemar. Je vais me réveiller.
Ben, merde... Marlène m'a dit qu'il y avait personne, ici.
C'est ce qu'elle m'a dit aussi.
C'est vachement bath, ici.
Un vrai petit paradis.
Ça l'était, Avril, avant votre arrivée.
Vous vous connaissez ?
Oui, on fait équipe.
Pardon. Alice Avril. Enchantée.
Ben, à la bonne franquette.
Je vois vous avez du pâté, moi, j'ai du sauciflard.
On met en commun ?
Le pâté, Avril, c'est du foie gras.
C'est un déjeuner pour deux.
Je ne veux entendre que le chant des oiseaux,
très loin de votre langage de poissonnière.
Est-ce suffisamment clair ?
- Toujours aussi aimable, Laurence. - Toujours aussi pignouf, Avril.
Je m'en fous.
Moi aussi, j'ai besoin de calme.
J'ai du boulot.
Un article à écrire. Faut que je me concentre.
C'est ça, faites-moi rire.
Parfaitement.
Bon travail, Avril.
Bon appétit !
Vous l'avez vexée, la pauvre.
- Elle ne va plus vous parler. - Si seulement...
Oh, Swan...
"Oh, Swan."
Je n'ai pas envie de rentrer.
Allons chez moi.
Mon mari est idiot, mais pas à ce point-là.
Laurence...
Du boulot, tu parles !
Des soucis, commissaire divisionnaire ?
Ça ne vous arrive jamais !
Non, en effet.
J'ai rendez-vous chez le préfet, je vais être en retard.
Bonne journée.
Ah, au fait, j'oubliais.
On a un suicide sur les bras.
Un chasseur a découvert le corps inanimé d'une jeune femme.
Elle doit être à l'hôpital ou à la morgue.
Barbituriques, une enquête de routine.
Nous sommes lundi, votre voiture est en panne, vous êtes contrarié.
Pas au point de me confier une enquête de routine ?
Si vous me laissiez terminer ?
Vous la connaissez.
C'est la petite rousse qui est journaliste.
- Dr Rouvier. - Commissaire Laurence.
- Quelles sont ses chances ? - Le pronostic vital est engagé.
Peut-être que si quelqu'un l'avait découverte plus tôt...
La morphine est un produit très toxique.
- La quoi ? - Morphine.
C'est ce qu'a révélé l'analyse de sang.
Après, suicide, overdose... On ne peut pas savoir.
Non, elle a plein de défauts, mais elle ne se drogue pas
et n'est pas dépressive.
J'emporte ça au labo.
Merci, docteur.
Oui, entrez.
Ah, c'est pas trop tôt.
Marlène, ça ne sert à rien de pleurer.
Je sais.
Placez un homme devant la chambre de Mlle Avril.
Bien, commissaire.
Je m'en veux tellement.
C'est votre faute aussi. Vous êtes toujours méchant avec elle.
Marlène, trouvez une occupation, mais taisez-vous !
Elle a voulu mourir et personne n'a rien vu.
- La morphine était dans sa gourde. - Comment ? Dans quoi ?
"Gourde" ! Ça devrait vous dire quelque chose.
Ce que vous êtes méchant !
Je suis désolé. Mais vous n'avez rien à vous reprocher.
Quelqu'un a essayé de tuer Avril.
Marlène, écoutez, ça suffit. Vous allez rentrer chez vous,
vous reposer,
prendre un bon bain, une tisane, mais laissez-moi travailler.
Au revoir.
Dire que vendredi elle était là.
Mais réfléchissez, Jourdeuil !
J'essaie.
Elle était normale ou elle avait l'air de mijoter un coup
du genre : j'ai décroché un prix ?
Elle était en retard dans le courrier du coeur. Ça, c'est normal.
- Pas de rendez-vous ni de visite ? - Non.
Ah si. Il y a eu cette bonne femme.
Ça n'a sans doute rien à voir.
Le genre rombière cocue qui lit Marie-Chantal.
Attendez, "enchignonnée", vulgaire, boudinée dans son tailleur ?
Salut, Marlène.
Elle s'est réveillée.
Elle s'est réveillée ! Je sais que vous avez pris de ses nouvelles.
- C'est normal, j'enquête. - C'est ce qu'on dit.
Vous avez parlé d'Avril à Mme Tourbier ?
Ah oui, la pauvre femme.
Oh, elle avait faim !
En pleine forme, après ce qu'elle a vécu.
- Tourbier, Marlène. Tourbier. - Oh, oui.
Je lui ai dit qu'Alice était restée près de son frère jusqu'au bout.
Commissaire. Alice a dit que vous l'aviez laissée tomber
alors qu'elle était mourante. C'est vrai ?
- Elle a réagi comment ? - Elle était furax.
- Non, Tourbier. - Oh, elle.
Elle est allée voir Alice pour la remercier, je pense.
- On lui achète des chocolats ? - Marlène...
On ne lui rend pas visite. Je vais prendre sa déposition.
Vous, prenez un bus. Direction le commissariat.
C'était une tentative de meurtre, Avril.
Vous me faites marcher.
Pourquoi on me ferait ça ?
Pour un tas de raisons.
Tout le monde a envie de vous étrangler.
Seulement là, quelqu'un l'a fait sans hésiter
et a mis de la morphine dans votre gourde.
Elle était pas bonne, l'eau dans ma gourde.
Elle n'était pas bonne du tout.
Je vais le coincer, Alice. Je vous le promets.
Vous m'avez appelée "Alice".
Ça m'étonnerait.
Arrêtez de jouer avec la nourriture. C'est vraiment écoeurant.
Primo, vous assistez à un accident mortel,
et deuzio, la soeur du mort vient vous voir. Pourquoi ?
Pour me donner de l'argent, pour me remercier.
Non, non, c'est pas le genre. J'y crois pas.
Et ensuite ?
Elle voulait savoir si son frère avait parlé avant de mourir.
Mais bon, "pourquoi pas Martin", ça lui a rien dit non plus.
Vous ne m'en avez jamais parlé.
Vous ne m'avez rien demandé.
Elle était furieuse quand j'ai vu la photo...
Attends, stop ! Quelle photo ?
Ben, celle qui était dans la poche... du mort.
Non. Je lui ai remis ses affaires, il n'y avait aucune photo.
- Ben, si je l'ai vue... - Impossible !
Attendez ! Quelqu'un est resté près du corps en vous attendant.
Roland Delavallee, oui.
Mais il était arrivé comme ça, là, par hasard ?
C'est lui qui a pris la photo.
Vous en avez parlé à Tourbier
et vous êtes devenue un danger.
Peut-être, oui.
C'est génial ! On a trouve quelque chose.
Ben, non. T'as déjà coupé à coeur.
Excuse-moi. Je ne suis pas au jeu.
Qu'est-ce qu'il y a, Suzanne ?
Je ne sais plus quoi penser.
Je me sens tellement seule.
On ne voit presque plus personne.
Heureusement que t'es là.
Ça fait un moment que je veux t'en parler.
Je dérange ?
Ben, non. Pas du tout.
Frederic t'a réclamé, avant de dormir. Tu rentres tard.
J'avais besoin de prendre l'air.
- Qu'est-ce qu'on en fait ? - Mais rien pour le moment.
Je peux le garder, commissaire ?
Oui, si vous voulez.
Mais pourquoi ?
Je le trouve... beau.
Et il a l'air... si seul.
On se demande comment il pouvait avoir une soeur si moche.
Oui, je me pose la question, moi aussi.
Vous avez pas le droit de me virer.
Ben, oui, je suis la victime. J'ai le droit de savoir.
Vous avez interrogé Delavallee ?
Je l'ai convoqué. Mais comme on n'a pas la preuve
qu'il ait fait disparaître la photo...
Oui. Laurence.
Oui.
Ah !
Oui, merci.
Ça se corse.
- Demandez qu'on fasse un double. - Merci.
Vous l'enverrez à La Voix du Nord pour une nouvelle publication.
Et trouvez-moi l'adresse de Tourbier dans sa déposition.
Qui est-il ?
Je peux savoir ce qui se passe ?
D'après l'état civil,
Paulette Tourbier n'a jamais eu de frère.
On va lui rendre visite.
C'est une idée ridicule, comme d'habitude.
La morphine vous a attaqué le cerveau.
C'est la seule solution.
C'est fermé. L'oiseau s'est envolé, bien sur.
C'est vide à l'intérieur.
Non ! C'est complètement idiot ! Et c'est dangereux !
Vous l'avez dit : interroger Delavallee ne donnera rien.
Donc, je m'infiltre et je fouine.
C'est niet, Avril. Vous oubliez.
Et on fait quoi, là ?
Ça ne sert à rien.
Je ne vous demande pas votre avis.
La, ça schlingue.
On dirait un rat crevé.
Elle ne lèvera plus le petit doigt pour nous aider.
Je ne sais pas vous, mais...
je la trouve de plus en plus antipathique.
Non ?
Désolé pour l'attente, j'ai eu une journée chargée.
- Pas de problème. - Il doit s'agir d'une broutille.
Le témoin de l'accident dit avoir vu une photo dans la poche du mort.
Oui. Et ?
Et cette photo reste introuvable.
Elle est peut-être bêtement tombée par terre.
Oui.
Vous ne l'avez pas remarquée ?
Non, je vous ai attendu à distance du cadavre.
- Oui, je comprends. - Et votre témoin est formel ?
Cette personne est dans le coma.
Il y a peu de chances qu'elle se réveille.
- C'est triste. - Oui, en effet.
- Bien. Merci, M. Delavallee. - Bonsoir, commissaire.
Je comprends pas pourquoi il fallait se lever à 5 h du matin ?
Ça s'appelle une planque, Avril.
Et puis, j'ai faim.
Dans les films, ils ont du café, des sandwichs... Nous, on n'a rien !
Et si Delavallee vous reconnaît ?
Il vous a vue.
J'aime pas ça du tout.
Mais non, il me croit dans le coma.
Franchement avec mon casque et mes lunettes,
je vois pas comment...
Et puis Marlène m'a transformée en poupée.
Même moi, je me reconnais pas.
Et puis, si ça se trouve, c'est pas lui.
Non, c'est le frère.
La maison lui appartient.
Industriel, marié, un gosse.
Il est encore temps de changer d'avis, vous savez ?
On laisse tomber ?
Je parle du prénom choisi.
Greta !
C'est grotesque.
Moi, j'adore.
Ça fait chic.
C'est lui.
Allez, on y va !
- Ça va ? - Oui.
Effacez-moi ce sourire, ou je vous assomme, Greta.
- Elle est morte ? - Non !
Va vite chercher du secours !
Aidez-moi un peu, là.
On dirait un sac de patates !
- Vous me tenez ? - Pas comme ça.
- Mon Dieu, elle est blessée ? - Inconsciente.
- Où peut-on l'allonger ? - Par là, entrez.
Maman !
C'est Frédéric. Il s'est fait mal.
Elle a un petit côté mère poule, non ?
Quelle délicatesse ! Merci.
Bon ! C'est quoi, le plan, maintenant ?
Où tu as mal ? Hein ?
Où, tu as mal mon coeur ? Dis à maman. Dis-moi !
Tu t'es cogné la tête ?
Pourquoi tu me fais peur, comme ça ? Il t'arrive toujours quelque chose.
C'est le lutin. Il m'a poussé.
- Arrête, Frédéric. - Il l'a fait exprès.
Le lutin n'existe pas. Tu avais promis d'arrêter.
Oui, il existe. Tonton Roland me l'a dit.
Non, c'était pour rire, Frédéric !
Claudine !
- Vous avez appelé une ambulance ? - Pas la peine.
- Plus de peur que de mal. - Tant mieux.
- Elle s'est réveillée ? - Oui et elle va rentrer chez elle.
Je vous raccompagne ?
Je n'ai pas l'habitude de ce genre de situation.
Je ne comprends rien aux femmes et je ne sais pas quoi faire.
J'étais là, elle a délibérément lancé sa voiture contre l'arbre.
- Vous voulez dire qu'elle voulait... - En finir, oui.
Elle a quoi... 25, 26 ans ? La vie devant elle.
Quel gâchis !
Elle doit être très malheureuse.
J'ai un peu parlé avec elle.
Il y a bien sur un chagrin d'amour mais...
Ce qui m'inquiète, c'est qu'elle n'a personne, ni famille ni...
ni vrais amis.
On ne peut pas toujours être là. Elle recommencera sans doute.
Je ne vais pas la laisser partir comme ça.
Ne vous imposez pas la présence d'une étrangère.
Pourquoi pas ? La maison est immense.
J'aime qu'on me dérange. Et puis, je m'ennuie à mourir, ici.
C'est décidé, je la garde au moins aujourd'hui.
Tenez.
- Buvez ça. - Merci.
Je m'appelle Suzanne.
Moi, c'est Greta.
Merci beaucoup.
Ça va, vous vous sentez mieux ?
- J'ai bousillé la voiture ? - Oui.
Normal, je rate toujours tout.
Bon. Ben, je vais rentrer chez moi.
Mais vous ne voulez pas rester un peu ?
Ça ne me dérange pas.
Ah oui ?
Mais... ça va s'arranger.
Hein ?
Vous verrez, tout s'arrange.
Non, mais c'est juste que...
J'ai pas l'habitude qu'on soit gentil avec moi.
Je sers à rien.
Vous savez ce que vous allez faire ? Vous allez vous reposer encore.
On parlera après. D'accord ?
À tout à l'heure.
Merci.
Qui c'est, la meilleure ?
Chut ! La dame dort.
- C'est qui, la dame ? - C'est une fée ou une sorcière.
C'est n'importe qui que ta mère a installé à la maison.
- On sait pas pourquoi. - Elle est adorable
C'est pas une raison.
T'es jamais là, toi.
- Je peux sortir de table ? - Oui, mon chéri.
T'as très bien fait.
On va pas laisser mourir cette jeune fille.
Et toi, tu comptes rester longtemps ?
Comme ça, c'est clair !
Je ne voulais pas dire ça. Tu es ici chez toi.
Ben, non. Justement, je suis ici chez toi.
J'ai invité le Dr Sarrazin ce soir, avec sa femme.
Ah bon ? Je croyais que tu ne l'aimais pas.
Non. Pas du tout.
Il me met mal à l'aise parfois, c'est tout.
C'est un bon psychiatre, il me conseillera pour aider Greta.
Cette fille n'est rien pour toi.
Il y a un rapport sur votre bureau.
Merci, Marlène.
- C'est horrible. - Oui. Ce sont les risques du métier.
Paulette Tourbier trafiquait.
On a retrouvé dans la ferme les traces d'un labo de drogue.
Vraiment, quelle sale bonne femme.
Commencez par les coins, c'est plus facile.
Moi aussi, j'adore les puzzles.
Ce ne sont pas les coins qui m'intéressent.
Ah, zut ! Il manque des morceaux.
Elle est belle.
Oui.
Vous regrettez, bien sûr.
Pardon ?
Vous regrettez, je le sais.
On déchire une photo, sous le coup de la colère,
après on regrette.
Mais voila, il manque des bouts et c'est trop tard.
Si j'étais vous,
je lui dirais que je l'ai perdue.
Elle vous en redonnera une autre.
- Je t'ai fait peur ? - Non.
C'est cet endroit. Ça me rend nerveuse.
C'est une clinique, Alma.
Je les entends crier.
C'est décidé, tu ne viens pas ?
Ça te changerait les idées.
Peut-être une autre fois.
Je suis fatiguée, j'aimerais dormir.
N'oublie pas ton somnifère.
Bonsoir, chérie.
J'espère que ce n'est pas grave.
Dommage, ça m'aurait fait plaisir de voir Alma.
Claudine, vous débarrassez le docteur ?
Bonsoir, Philippe.
Ah, Greta !
Venez, que je vous présente.
Mon mari, André.
- Enchanté. - Bonsoir.
Et le Dr Sarrazin, un ami.
- Appelez-moi Philippe. - Enchantée, Philippe.
- Pas trop en retard ? - Non, ça va.
Tu m'as apporté quoi, comme cadeau ?
Demain. J'ai pas eu le temps, aujourd'hui.
Et voila certainement la demoiselle qui a embouti notre tilleul ?
Je suis désolée.
Mais moi, je suis ravi.
Je savais pas que vous étiez si jolie.
Elle est belle, hein ?
- Où est la sublime Alma ? - Elle est souffrante.
- Tu mets Frédéric au lit ? - Oui.
On va passer à table.
Et en route !
Bonne nuit, chéri.
- Bonsoir. - Bonsoir, Frédéric.
- C'est très bon. - Merci.
Vraiment.
- Non, merci. - Il faut vous retaper !
Les carottes, ça fait les cuisses roses.
Roland, tu exagères !
C'est pas le problème. Je préfère les patates.
Servez-vous, allez-y.
- C'est vrai ? - Bien sur !
On m'a dit que vous l'aviez échappé belle, ce matin.
Ah, oui.
Suzanne ne m'en a pas parlé.
J'emploie un petit coursier vif et très observateur.
Il était sur place.
Un homme était là également ?
Oui, celui qui m'a transportée jusqu'ici.
C'est étrange qu'il ait d'abord fait demi-tour
avant de vous porter secours, non ?
Je ne comprends pas la question.
Permettez-moi de vous expliquer.
Vous étiez ici
et la voiture, dans la direction d'où venait le gamin à vélo.
Logiquement, le conducteur arrivait donc du même point que lui.
Il aurait dû, logiquement là aussi, le doubler un peu avant, mais...
aucune voiture n'a dépassé le gamin.
- T'aurais fait un très bon flic ! - N'est-ce pas ?
L'homme a fait demi-tour.
Mais comment voulez-vous que je le sache ?
J'étais dans les pommes.
Vous partez quand ?
- André ! - Quoi, "André" ?
Tu sais qui c'est ? Personne ne le sait !
Pourquoi elle est là, d'abord ? C'est insupportable !
- Je crois que je vais rentrer. - Mais non ! Greta...
Excusez-nous. Mon mari est fatigué, en ce moment.
Je me suis sentie mal hier, je vais partir.
Non, restez, vous faites du bien à Suzanne.
Écoutez...
Je me sens presque heureuse ici, mais je ne veux pas m'imposer.
Mais elle s'ennuie :
trop d'argent et rien à faire.
Mon frère est un ours. Elle, elle aime voir du monde.
Même moi, le pique-assiette de la famille.
Pourquoi "pique-assiette" ?
Parce que je viens ici que quand je suis fauché.
Juste pour ça ?
Non.
J'adore Frédéric.
C'est un gamin attachant.
Et vous ? Vous n'avez pas d'enfant ?
Surtout pas, non.
Je suis bien trop égoïste.
On vous a dit que je suis un sale type ?
Ça m'étonnerait.
Vous êtes adorable.
Bon. Je...
- J'y vais. - Vous partez ?
Non. Sauf si André me met dehors. Je vais chercher des affaires.
- Je vous emmène. - Ce n'est pas la peine.
J'ai une voiture et rien à faire.
- J'en ai pour 5 minutes. - Je ne bouge pas.
Commissaire.
Mais qu'est-ce qu'il fout ?
Vous auriez pu me prévenir qu'il était là !
Comment ? Avec un pigeon voyageur, peut-être ?
Tenez. Des affaires prêtées par Marlène.
Ah.
Merci.
Vous étiez obligée de l'amener ici ?
- Je n'ai pas eu le choix. - Pourquoi ? Il se méfie ?
Non, il est juste bien élevé et adorable !
À mon avis, ce n'est pas le coupable.
Chassez Marie-Chantal, elle revient au galop !
Vous êtes désespérante.
Écrivez-vous une lettre ? Vous pourrez vous répondre d'abandonner.
Un homme comme lui ne peut pas éprouver la moindre chose
pour quelqu'un comme vous.
Je peux parler, oui ou merde ?
Si j'ai le choix, je choisirais plutôt "merde".
Il y en avait un hier qui avait une tête d'assassin.
Le Dr Sarrazin.
Lui, il m'a fichu les jetons.
C'est sûr, il se méfie de moi. Grâce à vous !
J'aurais pas fait mieux !
- Vous vous êtes garé à l'envers ! - Mettez-la en veilleuse, d'accord ?
Tout le monde me regardait.
Mais lui, il me fixait avec ses yeux fouineurs.
- Je vais le convoquer. - Pour quelle raison ?
Ça, c'est mon travail. Je trouverai.
Il doit y avoir beaucoup de morphine dans sa clinique.
Rien d'autre ?
Andre Delavallee.
Lui aussi, il a un truc pas clair. Ça, c'est sûr.
Greta ?
Greta !
Oui, j'arrive !
Tout va bien ?
Oui, oui. J'arrivais pas à me décider.
Vous êtes très jolie !
Mais j'ai des choses plus féminines.
On y va ?
Oui.
Vous ne fermez pas la porte à clé ?
Si, bien sûr.
Je ne sais pas quand je pourrai revenir.
Philippe ne me laisse pas beaucoup de liberté.
À sa place, je serai jaloux, moi aussi.
Oui, peut-être.
En tout cas, je n'en peux plus.
Tout va finir par s'arranger.
Tu verras.
C'était une amie à vous ?
Alma,
la femme de Sarrazin.
Elle était venue voir Suzanne.
- Celle que vous trouvez si belle. - J'ai dit ça, moi ?
Oui, pas plus tard qu'hier soir.
Elle a toujours l'air d'un petit oiseau tombé du nid.
Elle est beaucoup trop fragile pour moi.
C'est pour les enfants ! Ce n'est plus de votre âge.
Je le fais pour Suzanne.
Elle est toujours un peu inquiète.
La branche a cassé il y à 2 mois. Frédéric aurait pu se tuer.
C'est moi qui le poussais. Un peu fort, sans doute.
Il s'est fait mal ?
Il a heurté le sol et est resté sonné quelques heures.
Depuis, à chaque déconvenue il accuse une espèce de lutin.
C'est assez bizarre.
J'adore cette maison !
Moi aussi.
J'y suis né.
Ah oui ?
Voila, c'était ma chambre, avant que mon père ne me vire.
Je suis le bon à rien de la famille.
André faisait toujours ce que mon père voulait,
alors il a hérité de la maison.
- C'est pas juste ! - Non, ça ne l'est pas.
Mon père était un vieux con.
C'est bizarre, j'ai l'impression qu'on se connaît.
On ne s'est pas déjà rencontré ?
Je m'en souviendrais.
- Dimanche, j'étais à une kermesse. - Non, c'est pas mon style.
Et puis, j'étais ici avec des gamins pour l'anniversaire de Frédéric.
Eh ben, j'ai dû me tromper.
C'est une plaisanterie, commissaire ?
Cette plainte date de 3 mois et est restée sans suite.
En effet, mon prédécesseur l'a classée mais...
j'ai pas pu m'empêcher d'entendre certaines rumeurs sur votre clinique.
On y entend des cris affreux, paraît-il.
Le patient qui s'est plaint d'internement abusif est toxicomane
et souffre de paranoïa.
Il parait, oui.
Les cures de désintoxication ne sont pas faciles.
- Je ne fais que mon métier. - J'en suis persuadé, docteur.
Mais j'aime me faire une opinion par moi-même.
Passez à la clinique quand vous voulez.
Désolé de vous avoir dérangé.
Docteur, dites-moi.
Le nom de Martin, ça vous dit quelque chose ?
Martin ? C'est un nom et un prénom très répandu.
Je vous l'accorde.
Un de vos patients ?
Non, je ne vois pas.
Que faites-vous avec tout ce courrier, Marlène ?
Ce sont vos admirateurs ?
Non, commissaire.
C'est pour avancer Alice. Il faut qu'elle travaille,
vu qu'elle est pas payée pour ses missions secrètes.
Elle m'a fait une liste.
Nom de Dieu !
- Que voulait-il ? - Rien.
Ce flic ne me plaît pas du tout.
Mais il ne t'a pas fait venir pour rien.
C'est ça qui me dérange.
Il faut que je fasse des petits tas :
femmes trompées, femmes quittées, amoureuses sans espoir...
Pardon, je vous ai fait peur.
Ça ne va pas ? Quelqu'un vous importune ?
Pas du tout.
- Je suis juste nerveuse. - Non, vous avez peur. Je le vois.
Une querelle avec mon mari.
Il prétend que j'ai une tendance à la paranoïa.
Il doit le savoir, il est psychiatre.
C'est ridicule, je dois vous paraître cinglée à vous aussi.
Non. Folle, non.
Mais effrayée, oui.
Swan.
Alma.
Je ne peux vraiment rien faire pour vous aider ?
Je ne crois pas, non.
Personne ne peut rien.
Alma !
Je vous en prie, partez.
Pas question ! Je ne vous laisse pas.
Demain, ici à la même heure.
Merci.
- Bon après-midi. - À vous aussi.
Bon courage !
T'es là, toi !
Tu veux voir mes photos d'anniversaire ?
Oui.
- Waouh ! T'étais déguisé en indien ? - Ben, non.
J'étais en Geronimo !
Ah ! Pardon.
Ça a l'air bon.
- Là, je n'y suis pas... - Attends.
C'est qui la dame à côté de ta maman ?
- Alma ? - Oui.
Elle est mariée avec le docteur des fous.
Ah oui ?
Elle est jolie ta maman, dessus.
- Je peux la garder ? - Oui.
- T'en veux une avec moi aussi ? - Oui, bien sûr !
- Vous partez ? - Je vais faire un tour.
Maintenant ?
Mais il va pleuvoir.
J'ai envie de marcher.
- Je vous accompagne. - Non.
J'ai envie de marcher seule.
Et puis... je ne suis pas en sucre !
Je sais.
Je suis désolé.
Suzanne n'aurait pas dû,
mais elle m'a parlé de votre accident.
Oh !
Et du coup, je n'aime pas vous savoir seule.
Je ne ferai plus de bêtises.
Promis.
- Que faites-vous, Marlène ? - J'emmène Bubulle prendre l'air.
Par ce temps ?
La pluie, c'est de l'eau.
Les poissons aiment l'eau !
Je le ramènerai demain, commissaire.
Et j'ai peur qu'il s'ennuie tout seul ici, la nuit.
Non, Marlène, c'est tout à fait impossible.
Sa mémoire est à peu près équivalente à la durée d'un tour de bocal.
- Bonsoir, commissaire. - Bonsoir, Marlène.
Attention !
Je sais qui est la femme sur la photo !
Alma Sarrazin, la femme du bon docteur.
- Je vous avais interdit de venir. - Je me suis fait saucer pour rien.
- Vous savez ce que dit mère ? - Je m'en carre.
Les belles filles passent à travers les gouttes d'eau.
Apparemment, pas vous. On dirait une serpillière.
Oh... Vous voulez pas la décrocher ?
Ses empreintes ont révélé
que cette brave dame était fichée dans nos services...
soupçonnée de trafic de drogue.
Non !
Mais c'est elle ! Roland était à la fête de Frédéric !
Il n'a pas pu m'assassiner ! C'est donc cette garce.
Ça, c'est tout à fait anecdotique.
Quelqu'un l'a tuée. C'est ça qui est important.
Tourbier n'était qu'un instrument.
Je vous entends penser.
Ça, ça m'étonnerait !
Vous pensez que Roland a volé et déchiré la photo d'Alma
et vous êtes déçue.
Amoureuse, Avril ?
Il avait sa photo dans sa poche !
C'est ces deux-là, qui sont liés.
Personne ne s'est manifesté. On ne sait toujours pas qui il est.
- Il faut l'interroger. - Non, Alma a peur.
On ne brusque pas une femme qui a peur.
On s'y prend par la douceur.
Si elle avait la tronche de Mme Tourbier,
vous l'auriez traînée ici par les cheveux. Non ?
Elle vous plaît, hein ?
On ne peut rien vous cacher.
Bonsoir.
Sinon, André se pique à la morphine.
Il n'était pas à l'anniversaire de son propre fils.
Sarrazin non plus.
Salut.
Amoureux, Laurence ?
C'est terrible que personne ne le reconnaisse.
Il est mort seul et personne ne le pleure.
C'est triste.
J'ai l'impression de le connaître, en fait.
- Ah oui ? - Oui.
Il ressemble à quelqu'un qui est venu à la maison une fois, avec des amis.
Alain... Il arrivait d'Afrique.
Mais ça pourrait coller !
Il a une tête d'aventurier, non ?
Mais j'ai peur de me tromper. C'est grave.
Alain Lanvin.
Non, pas Lanvin.
Alain...
Langevin.
Oui, c'est ça.
Alain Langevin.
Oui, entrez.
Vous êtes le monsieur de l'accident !
Je ne vous savais pas commissaire.
Nous n'avons pas eu le temps de parler.
Pas de mauvaises nouvelles de la jeune fille, j'espère ?
Non, elle va bien.
Je pense avoir reconnu la personne du journal.
Merci, mon Dieu !
Donc Alain Langevin séjournait chez des amis communs.
- Il vous a dit être ethnologue ? - Oui.
Vous savez pourquoi il était en France ?
À cause de la mort brutale d'un de ses amis, Jean Savage.
Un millionnaire.
Apparemment, ils étaient très liés.
Savage...
- Il s'est suicidé ? - Oui.
Et quand nous en avons parlé, M. Langevin était furieux.
C'est impossible !
- Savage n'était pas dépressif. - Vous n'en savez rien.
Les gens riches se sentent souvent seuls.
- Et il se savait très malade. - C'est des foutaises !
C'était mon meilleur ami ! Ne me racontez pas n'importe quoi.
Excusez-moi, je suis désolé.
Oh, quelle bonne surprise !
Venez, nous en sommes au café.
On passait juste. On ne veut pas déranger.
Je vais chercher des chaises.
Non merci. On ne reste pas. J'aurais l'impression de m'imposer.
- À plus tard, Suzanne. - Comme vous voulez.
Bon après-midi.
Elle est belle, hein ?
Oui, en effet.
- Au revoir, commissaire. - Au revoir.
Ça me fait tellement plaisir !
Vous croyez au hasard, Marlène ?
Bien sur, commissaire.
Moi, non.
Langevin n'est pas venu par hasard chez Delavallee.
Tu sors ?
Non, pas pour le moment.
J'irai peut-être faire un tour tout à l'heure.
Et tu as besoin de te maquiller ?
J'ai mauvaise mine.
Et toi, tu restes à la clinique ?
Non, je m'absente une heure ou deux.
Peut-être plus.
Ça y est, Frédéric est dans son bain.
Bon. Racontez-moi, je veux tout savoir.
- Qu'a dit le commissaire ? - C'est passionnant !
Il va vérifier tout ce que j'ai dit.
À propos du commissaire, vous devinerez jamais qui c'est.
Ben, non.
Vous vous rappelez du monsieur qui était là le jour de l'accident ?
- Non ! - Si.
C'est moi qui ai couvert l'affaire.
Une balle dans la tête. Il a fait ça chez une amie.
Quel manque de tact !
Elle n'a pas eu à se plaindre. Il lui a laisse tout son fric.
Tiens !
Commissaire, c'est impossible !
Le testament de M. Savage était ma 1re affaire.
Je l'ai établi dans les règles de l'art.
Pourtant ses cousins éloignés contestent.
Des millions sont en jeu, tout le monde veut sa part.
Ils perdront, évidemment.
- Aucun doute pour vous ? - J'étais présent.
M. Savage était dans son lit, affaibli, mais conscient.
Une fille de cuisine était là, complètement paniquée.
En plus, c'était son 1er jour d'embauche dans la maison.
Et il y avait aussi Mme Destrange, sa légataire
et sa maîtresse, j'imagine.
J'ai noté puis relu les dernières volontés de M. Savage,
et les témoins ont signé.
- M. Savage était sain d'esprit ? - Totalement, oui.
Vous êtes en contact permanent avec cette Mme Destrange ?
Elle voyage beaucoup.
- Je lui écris en poste restante. - Pas d'adresse ?
Non. C'est ce que j'ai dit à l'homme qui venu me voir
après le suicide de M. Savage.
Quel homme ?
Alain Langevin ?
J'y crois pas.
Je comprends votre douleur, mais ce sont ses volontés.
C'est faux.
Il m'écrivait régulièrement.
Les femmes défilaient dans son lit.
Il m'a parlé de la dernière de la même façon. Il s'amusait.
Il ne l'aimait pas.
Jamais il ne lui aurait laissé son argent.
Je suis désolé, mais Mme Destrange hérite en toute légalité.
Où puis-je trouver cette garce ?
La force n'a jamais rien résolu.
Je vous prierai de quitter cette étude.
Je me débrouillerai sans vous.
C'est l'heure de sortir du bain !
Au secours !
Au secours !
Quelqu'un !
Frédéric, réponds-moi !
Au secours !
Réponds-moi, Frédéric ! Roland !
- Qu'est-ce qui se passe ? - Il ne respire plus.
Il ne respire plus.
Il ne respire plus, Roland !
Pousse-toi, tu t'y prends mal.
Ne le laisse pas mourir, Philippe. Je t'en supplie.
Fais quelque chose.
Je t'en supplie, Philippe.
Respire, respire... Voilà.
Frédéric !
Frédéric, c'est maman.
Ça va ? Tu m'entends ?
Oh, mon amour !
Il dort, maintenant.
Tout va bien.
Tout va bien !
Suzanne, Frédéric est sauvé !
Il a encore parlé du lutin !
Il a dit qu'il lui avait tenu la tête sous l'eau, tu l'as entendu.
Je vais devenir folle.
Tout va s'arranger.
Fais-moi confiance. Je parlerai avec lui.
Je ne sais pas ce que je ferai sans toi.
Merci.
Roland est allé chercher André.
Frédéric va bien, il dort maintenant.
Sans Philippe, je n'ose pas imaginer...
Oui. Quelle chance que vous soyez arrivée à ce moment-là.
Je voulais parler à Suzanne.
Ah bon ! Pourquoi ?
C'est au sujet d'André.
- Comment va-t-il ? - Tu te drogues depuis quand ?
- Ne m'y forcez pas. - André...
- Laisse-moi ! - Tu t'en sortiras pas seul.
Tu es sadique.
Tu tortures tes malades, tout le monde le sait.
Chéri, ça peut pas continuer comme ça.
Je ne suis pas drogué.
Hein ?
Tu me crois ?
C'était pour soulager ma douleur, mon arthrite.
- C'est Roland qui en a parlé le 1er. - C'était il y a 6 mois.
Si j'avais su que ça te rendrais dépendant...
J'en prends juste un peu.
C'est vrai.
On est là.
On va t'aider, tu sais.
Je passerai te chercher demain.
Vous devriez dénoncer celui qui vous fournit.
Vous croyez que c'est le moment ?
Non, mais il y a bien quelqu'un derrière tout ça !
Eh ben, allez à la police !
Dénoncez-le, comme ça, tout le monde saura que mon mari se drogue.
Je n'ai pas dit ça, Suzanne.
- C'était maladroit. - En effet !
Je n'aurai plus trop de temps à vous consacrer
jusqu'à la guérison d'André.
Vous êtes venu.
Oublions ce que j'ai dit hier.
Marchons un peu, vous voulez ?
J'ai beaucoup pensé à vous.
Je me suis fait du souci.
Il ne fallait pas.
J'étais fatiguée et à cran.
Non, vous étiez comme folle, paniquée.
Laissez-moi vous aider.
Personne ne peut rien pour moi.
Regardez-moi.
Je vais essayer.
Je vous promets d'essayer.
Philippe me terrorise.
Je crois qu'il veut me tuer.
Venez.
Je suis une gêne pour Philippe.
Il est fou amoureux de Suzanne, ça crève les yeux.
Et elle ?
Je ne sais pas quoi penser d'elle.
Elle est toujours si lisse...
Elle me regarde bizarrement, des fois.
En tout cas,
je sais que Philippe veut faire interner André.
Dieu sait ce qu'il arrivera ensuite.
Après, ce sera mon tour.
Il me regarde comme si j'étais déjà morte.
- Il faut prévenir la police. - Non.
Vous ne comprenez pas, Swan.
Je n'ai aucune preuve.
Personne ne me croirait et Philippe le saurait.
Moi, je vous crois.
Alma,
je suis flic.
Rassurez-vous, je ne ferai rien qui vous nuise.
J'en fais une affaire personnelle. On va vous sortir de là.
J'ai des preuves. Il se passe des choses bizarres à la clinique.
Non, c'est trop dangereux, je ne veux pas.
Je me sens plus forte, depuis que je vous ai rencontré.
Dites-moi, Alma,
Alain Langevin, ça vous dit quelque chose ?
Bien sur. C'est ami très cher, mais je ne le vois plus.
Je l'ai aperçu par hasard chez Delavallee, mais j'ai fui.
J'ai eu très peur que Philippe me questionne.
Vous ne lisez jamais les journaux ?
Il n'y a que des choses horribles. Pourquoi ?
Je n'ai pas de bonnes nouvelles.
Je m'en veux.
J'ai été nulle !
Il faut s'accepter tel que l'on est.
D'ailleurs, ça n'a aucune importance.
Moi, je n'y comprends plus rien.
Et moi, alors ?
Je compte pour du beurre, moi ?
Pardon, mais...
Ouf ! Écriture de cochon et gros sentiment de supériorité.
- Vous pouvez disposer. - Hein ? Mais...
Je me concentre sur la clinique.
Sarrazin n'a pas d'alibi pour la mort de Langevin
ni lors de la tentative contre vous.
Il a de la drogue, Tourbier trafiquait.
Donc vous ne servez plus à rien.
- Merci d'avoir éveillé ses soupçons. - Vous pouvez pas me virer comme ça !
- Ah non ? Pourquoi ? - Mais parce que...
Reprenez vos activités et cessez d'exploiter Marlène !
- Elle n'est pas votre nègre ! - Je suis normande.
Oui, bon... Rendez-lui son courrier.
Tout ça... Mais, t'as rien trié ?
Je n'ai pas pu. Ça me faisait trop mal au coeur.
Enfin seul !
C'est qui ?
Laurence ?
Laurence, arrêtez votre cinéma, je sais que c'est vous.
Alors, on peut pas se passer de moi ?
Attendez !
Bonjour, docteur.
J'ai retenu votre invitation à visiter la clinique.
Un autre jour, avec plaisir. Je suis très occupé aujourd'hui.
- Un nouveau client ? - En effet.
Un patient et un ami.
Quelqu'un d'autre peut me faire visiter ?
Votre femme, peut-être ?
Ma femme est absente pour quelques jours.
Où est-elle ?
Je ne crois pas être obligé de vous répondre mais soit.
Alma déteste la province et va souvent à Paris.
Maintenant, si vous voulez m'excuser.
Je me passerai de guide.
Vous n'avez pas le droit, pas sans mandat de perquisition !
Je sais que les présomptions ne sont pas des preuves, mais...
Un homme et une femme sont en danger.
Je n'ai pas de preuve non plus, mais plus on traîne et plus...
J'ai besoin de ce mandat, monsieur le juge !
Bordel !
- Je peux repasser si vous préférez. - Non.
Concentrez-vous.
Celle-ci.
- Vous êtes sûr ? - Formel.
Il s'agit de Mme Destrange, la maîtresse de M. Savage.
J'ai l'impression que tu comprends pas.
Non, ça s'est pas passé comme on a dit.
Maman !
Je te laisse. N'appelle plus à la maison.
C'était papa ?
C'est votre belle-soeur qui a identifie le mort sur la falaise.
Ah bon ?
Elle m'a rien dit.
Elle avait d'autres soucis à la maison.
Il s'appelait Alain Langevin.
Vous avez déjeuné avec lui, il y a un mois.
Oui.
Vous êtes resté près du cadavre, avant mon arrivée.
Comment ne pas le reconnaître ?
Un mouchoir recouvrait son visage.
Vous n'avez pas eu la curiosité de le regarder ?
Non, c'est trop macabre.
Très bien.
Toujours pas de souvenir de la photo ?
Non.
Une explication, Delavallee ?
D'accord.
La photo dépassait de sa poche.
Quand j'ai reconnu Alma, j'ai pas réfléchi.
Elle m'a jamais dit que son mari était violent.
Je ne voulais pas qu'une enquête lui gâche sa vie.
Je suis désolé, j'aurais pas dû.
Maintenant qu'Alain est identifié, ça sert à rien d'en parler.
En effet.
Vous pouvez partir.
Merci, commissaire.
Au secours !
Au secours !
- Tout va bien, commissaire ? - Oui.
Tout est parfait, Avril a décidé de me laisser tranquille.
Pas tout à fait.
M. Jourdeuil est passé.
Il est un peu collant.
J'aime pas la façon dont il me regarde.
- Il a les mains baladeuses. - Concentrez-vous.
Ah, oui. La lettre.
Il l'a trouvée sur le bureau d'Alice.
C'est pour vous.
- Que dit-elle ? - Elle s'est fichue dans le pétrin.
"Je suis sur la piste du tueur. Rejoignez-moi à la ferme."
Ce qu'elle est stupide !
- Elle est en danger ? - Non. Elle brasse du vent.
- On a déjà essayé de la tuer. - Tant pis pour elle !
Imaginez qu'il lui arrive malheur et qu'on n'ait rien fait.
- Enfin, vous surtout. - Vous pouvez rentrer chez vous.
Je ne pourrais jamais. Je suis trop inquiète pour Alice.
Avril ?
Chic ! Interlude.
C'est pas trop tôt.
Ça fait une heure que vous roupillez.
Merci beaucoup, Avril.
Vous êtes une source intarissable d'emmerdements.
- J'ai rien fait. - Une tête sans cervelle.
Un caillou dans le ciboulot.
Un neurone et demi dans le carafon.
Une catastrophe ambulante.
Mon pire cauchemar même éveillé. Taisez-vous !
Ça y est ?
- C'est bon, vous êtes calme ? - Non, je suis attaché.
Et ça me retient de vous achever.
Mon seul réconfort, c'est que quelqu'un le fasse.
Vous me reprochez quoi, à la fin ?
Votre lettre : "Je suis sur la piste du tueur."
J'aurais du m'en douter.
Il était derrière vous, idiote !
Je ne vous ai rien écrit ! C'est pas moi.
Ah, oui.
Sortez l'arme que vous planquez, et vous nous sortez de là.
Vous dépassez mes espérances.
Quoi ? Vous n'avez pas d'arme ?
Une ânerie à la seconde.
Face à ça, je suis totalement désarmé.
Même pas un petit couteau ?
Tu restes dîner ?
J'aimerais...
Mais je suis déjà en retard. On m'attend.
À demain.
Sarrazin aurait tué Langevin par jalousie ?
- J'y crois pas. - Langevin fouinait.
Il ne croyait ni au suicide de Savage, ni au testament.
Mais il l'a vraiment fait, ce testament.
C'est un truc de fou.
Il ne manque plus que la pièce maîtresse.
C'est pas en restant là qu'on va la trouver.
Je l'ai.
Vous pouvez allumer, on vous a reconnu.
Sarrazin a une bonne tête de coupable.
N'est-ce pas, M. Delavallee ?
Oh, c'est pas vrai...
Je vous aimais bien, moi...
Alice.
J'ai eu des doutes,
après la démonstration du docteur au sujet de votre accident.
Alors je vous ai suivie, observée.
Mais qu'alliez-vous donc faire au commissariat ?
C'était un jeu dangereux, ça. Hein ?
Je regrette...
de ne pas pouvoir vous laisser vivre.
Je dirai rien.
Vous pouvez lui faire confiance.
Elle sera muette comme une tombe.
Je dirai rien, c'est vrai. Je le jure.
Arrêtez-moi si je me trompe.
- Un accident ? - On peut rien vous cacher.
Votre voiture va plonger dans le vide.
- Les freins seront endommages. - Et je roulais trop vite...
Bien sûr.
Je ne veux pas mourir...
- J'ai encore des détails à régler. - Comme quoi ?
Tuer votre frère et votre neveu ?
- Au secours ! - Silence !
Si on pouvait nous entendre, il vous aurait bâillonnée.
Mais qu'est-ce qu'on va faire ?
Eh bien, nous allons avoir un accident.
Il faut voir le côté positif.
Nous avons un lien : Delavallee et Tourbier étaient complices.
Je ne veux pas mourir ! Je ne veux pas mourir !
Je ne veux pas mourir !
Chut ! Écoutez.
C'est quoi, ça ? C'est une voiture.
- On vient nous sauver ? - Non, c'est le moteur de ma voiture.
Pas maintenant, pas tout de suite, s'il vous plaît.
Marlène, c'est Marlène.
J'espère que je l'ai pas trop abîmée. J'ai fait doucement.
Prenez le couteau qui est dans la boite à gants.
Tout de suite.
- Et fermez la porte. - Tout de suite, commissaire.
Qu'est-ce que tu fais, là ?
C'est toute une histoire.
Ce n'était pas la même écriture. Alice l'avait écrite devant moi.
- La liste, c'était Alice. - Le couteau.
- Oui. - Les liens.
Ah, oui.
Et avec ça, pas de nouvelles de vous.
On s'en fout. Grouille !
C'est toi qui m'as demandé de raconter.
Bref ! Donc, j'ai fait du stop pour venir jusqu'ici.
2 voitures se sont arrêtées en même temps.
J'ai choisi la bleue.
- J'aime bien le bleu. - Merci, je vais le faire.
Venez.
Ne me laissez pas.
Mon Dieu, s'il vous plaît. Faites que ce soit Laurence.
- Vous pouvez rallumer. - Merci.
Et moi ?
Pour une fois que vous vous tenez tranquille...
Vous haïssez votre frère.
Vous êtes un raté, il réussit tout.
Vous ne serez jamais comme lui.
Heureux dans la maison d'où votre père vous a chassé.
Et il est si gentil.
Tout le monde aime André. C'était avant de devenir une loque.
Grâce à la morphine que vous lui donniez.
Vous vouliez le détruire, lui et sa famille, même son gamin.
Il est comme lui.
C'est le même. Il est à vomir.
Vous lui avez parlé d'un lutin.
Et c'est vous qui le poussiez sur la balançoire.
Vous êtes malade.
Oui ?
Ah, je suis soulagé. J'étais fou d'inquiétude. Pardon.
Ne vous inquiétez plus, le criminel est sous les verrous.
Comment ?
Si vous voulez. C'est parfait pour moi.
Moi aussi, chérie.
- C'est le moment de minauder ? - Où en étions-nous ?
Et vos rapports avec Tourbier et Langevin ?
Et Martin, c'est qui ?
Je ne dirai plus rien.
Plus un mot.
J'ai réfléchi. Ça va pas du tout.
D'accord, Delavallee a tenté de tuer son frère et le petit.
Il a voulu nous tuer aussi. Vous, une fois, moi, deux.
Il a zigouillé sa complice qui en savait trop.
Rentrez chez-vous, Avril, ma patience est à bout.
Mais...
Pourquoi a-t-il balancé Langevin dans le vide ?
Et pourquoi...
Ne m'obligez pas à vous assommer.
- Mais pourquoi ? - Disparaissez.
- Il n'y a plus de danger ? - Non, rassurez-vous.
Swan...
Vous avez arrêté Philippe ?
En fait, c'est un peu plus compliqué.
Votre mari est plutôt une victime.
Roland est coupable.
Je ne le crois pas, c'est pas possible.
Buvons un verre.
J'ai besoin d'une cigarette. Elles sont dans mon sac.
À nous.
Stop ! Elle a mis un truc dans le verre.
Je me débrouillais très bien, Avril.
- Cyanure. - Ah.
Un petit moment de panique ?
Pourtant vous êtes plus calculatrice, professionnelle.
N'est-ce pas, Mme Destrange ?
Destrange.
- La Mme Destrange ! - La pièce maîtresse.
La pièce manquante.
Vous vous êtes rencontrés il y 6 ou 8 mois,
et vous avez tout de suite couché ensemble.
Vous avez compris que vous aviez besoin l'un de l'autre.
La clinique servait de couverture à votre trafic de drogue.
Et Delavallee avait besoin de la drogue pour son obsession :
anéantir son frère.
Mais donnant-donnant.
Il vous fallait l'argent de Savage.
Mais il n'avait aucune intention de vous le donner.
- Il ne s'est pas suicidé. - Merci de ne pas m'interrompre.
Prenez exemple sur nos amis.
Vous quittez souvent la clinique pour Paris.
Et Sarrazin est une bonne poire, il vous croit.
Le notaire qui rédige le testament de Savage
trouve un homme dépressif, couche dans la pénombre d'une chambre.
Abattu, fatigué.
Il n'a aucune raison de douter de cet homme
qui dit être Jean Savage.
Et c'est Roland qui joue le rôle... pardon.
Oui. Et Savage est déjà mort.
Alma retourne auprès de son mari et attend l'héritage.
Seulement, voila.
Quelqu'un n'y croit pas.
Quelqu'un à qui Savage écrit régulièrement
et à qui il a envoyé la photo de sa nouvelle conquête.
Alain Langevin.
Il s'entête, il fouine, il devient dangereux.
Bonjour.
En balade ?
Je réfléchissais.
Vous connaissez bien Alma Sarrazin ?
Pas vraiment, pourquoi ?
Parce qu'elle ment. C'est sans doute une meurtrière.
Vous plaisantez ?
Mais vous jouez de malchance.
- Un témoin a vu la photo. - Moi.
Il y a Sarrazin, que vous ne contrôlez plus.
Il est amoureux de Suzanne, et il se pose des questions.
Pourquoi ne pas achever André dans sa clinique,
et lui faire porter le chapeau ?
Je les ai assez vus. Emmenez-les.
Vous êtes encore là, Avril ?
Non, mais...
Et Martin, alors ?
C'est les derniers mots de Langevin : "Pourquoi pas Martin ?"
C'est qui Martin, bordel ?
Vous le savez ?
- Tu n'as rien dit à André ? - Non. Plus tard.
Suzanne...
Il va avoir besoin de moi.
- Toi, tu es fort. - Non.
Je suis qu'un imbécile prétentieux.
J'ai même pas vu que Roland souffrait de schizophrénie.
- Maman, j'ai faim. - J'arrive, chéri.
Martin, je voudrais savoir.
- C'est qui, Martin ? - Je vais doubler, Avril. Dégagez.
Alors ?
D'accord.
Georges Martin, c'était un domestique.
Il s'occupait de la maison
où Alma, sous le nom de Destrange, recevait Savage.
Oui, mais je comprends toujours pas.
Un domestique qui sert à table, bougre d'andouille,
qui circule dans la maison, qui connaît Jean Savage...
C'est à lui qu'on aurait dû faire appel comme témoin du testament,
pas à une fille de cuisine embauchée le jour même.
Il aurait vu que ce n'était pas Savage dans le lit, mais Roland.
Pourquoi pas Martin ?
Ça y est, Avril ? Une lueur d'intelligence ?
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