Afrikaans
Akan
Albanian
Amharic
Arabic
Armenian
Azerbaijani
Basque
Belarusian
Bemba
Bengali
Bihari
Bosnian
Breton
Bulgarian
Cambodian
Catalan
Cebuano
Cherokee
Chichewa
Chinese (Simplified)
Chinese (Traditional)
Corsican
Croatian
Czech
Danish
Esperanto
Estonian
Ewe
Faroese
Filipino
Finnish
French
Frisian
Ga
Galician
Georgian
German
Greek
Guarani
Gujarati
Haitian Creole
Hausa
Hawaiian
Hebrew
Hindi
Hmong
Hungarian
Icelandic
Igbo
Indonesian
Interlingua
Irish
Japanese
Javanese
Kannada
Kazakh
Kinyarwanda
Kirundi
Kongo
Korean
Krio (Sierra Leone)
Kurdish
Kurdish (Soranî)
Kyrgyz
Laothian
Latin
Latvian
Lingala
Lithuanian
Lozi
Luganda
Luo
Luxembourgish
Macedonian
Malagasy
Malay
Malayalam
Maltese
Maori
Marathi
Mauritian Creole
Moldavian
Mongolian
Myanmar (Burmese)
Montenegrin
Nepali
Nigerian Pidgin
Northern Sotho
Norwegian
Norwegian (Nynorsk)
Occitan
Oriya
Oromo
Pashto
Persian
Polish
Portuguese (Brazil)
Portuguese (Portugal)
Punjabi
Quechua
Romanian
Romansh
Runyakitara
Russian
Samoan
Scots Gaelic
Serbian
Serbo-Croatian
Sesotho
Setswana
Seychellois Creole
Shona
Sindhi
Sinhalese
Slovak
Slovenian
Somali
Spanish (Latin American)
Sundanese
Swahili
Swedish
Tajik
Tamil
Tatar
Telugu
Thai
Tigrinya
Tonga
Tshiluba
Tumbuka
Turkish
Turkmen
Twi
Uighur
Ukrainian
Urdu
Uzbek
Vietnamese
Welsh
Wolof
Xhosa
Yiddish
Yoruba
Zulu
Les travaux pour l'extension de la zone industrielle
sont toujours en cours.
La fin du chantier est prévue pour 2021.
Maintenant, on retourne en studio.
Le corps d'Andrea Saponaro a été retrouvé.
Il avait récemment été interrogé
par la substitute, Mme Tataranni
suite à la découverte
du corps de l'architecte Domenico Bruno.
Selon les enquêteurs, il s'agirait d'un suicide.
Mon Dieu.
M. Saponaro était un ancien élève du célèbre architecte.
Il l'a même suivi à Bari,
où il a, lui aussi, percé dans le métier.
Valentina arrive.
- On verra ça plus tard. - Salut.
- Quoi ? - Ils ont vu le reportage
de Lucania News.
Je savais pas que la Basilicate avait son CNN.
Un journaliste local qui n'aime pas ma mère.
On en vient, ta mère...
Un gars qu'elle a interrogé s'est suicidé.
C'est une blague ?
Ca arrive souvent après un interrogatoire.
Ma mère est pas comme ça.
- Pourquoi tu t'énerves ? - Comme les autres,
tu juges et tu condamnes sans savoir.
Je suis désolée.
T'as raison, j'ai eu tort.
Comment vous dites ici "sécher les cours" ?
Lucania News balance l'info 2 heures après son interrogatoire.
Comme par hasard, Zazza était là.
La presse a le droit d'entrer au Parquet.
Donc, s'il vous plaît, tenons-nous-en aux faits.
Saponaro était l'amant de Bruno.
Bruno meurt après avoir reçu un message de menace
écrit par Saponaro.
C'était pas une menace.
C'était pas un mot d'amour.
L'architecte est mort, pas besoin d'épiloguer.
Ils se sont vus une dernière fois, ils se sont disputés
et le pauvre M. Bruno en est sorti perdant.
Pardon, mais où sont les faits ?
Comment ça ?
Votre récit n'est pas fondé sur des certitudes.
Pour moi, jusqu'à preuve du contraire, il est innocent.
Son suicide, c'est pas un signe de culpabilité ?
Pour vous, ça n'a aucune valeur ?
Ca veut dire une chose.
Je vous en supplie, épargnez-moi ce stress inutile.
Que voulez-vous dire ?
Mon prochain interrogatoire, je le ferai à l'extérieur.
Au Parquet, les gens sont trop curieux.
Au revoir.
Allez faire un tour dehors.
Allez-y.
Comment je vais faire avec elle ?
J'étais présent lors de l'interrogatoire.
En cas de sanction disciplinaire, je témoignerai.
Et alimenter les rumeurs ?
Ils se feraient un plaisir
d'en inventer des vertes et des pas mûres.
Pourquoi ?
Madame la Substitute,
quoi que vous décidiez de faire, je suis de votre côté.
Moi aussi, je suis avec toi, Im... Enfin...
Je suis de votre côté, madame la Substitute.
Vous pensez que je vais vous laisser tomber ?
On est tous avec vous.
Très bien, allez...
Vous allez me faire pleurer.
La seule chose à faire, c'est se remettre au travail.
Entrez.
Excusez-moi.
Je voudrais parler à Mme Tataranni.
Je vous en prie.
Andrea s'est tué à cause de moi.
Que voulez-vous dire, M. Manna ?
Tout d'abord, sachez qu'il a un petit chien.
Il était pour sa fille, mais c'est lui qui le sort pour...
Bref, c'est lui qui s'en occupe.
Généralement, il m'appelait à ce moment-là.
Quand il était seul avec son chien.
Qu'est-ce qu'il vous a dit hier soir ?
Qu'il avait été interrogé pour l'histoire avec M. Bruno.
Il avait peur que ça dégénère et qu'on soit découverts.
J'ai essayé de le rassurer.
Je comptais pas faire mon coming-out.
J'accepte de vivre dans l'ombre, mais...
si ça éclatait, ça m'était égal.
Pour lui, ça aurait été un drame.
Il a une femme et une fille
et ses parents sont importants à Matera.
Je sentais qu'il était agité, mais j'aurais jamais pensé...
Je suis vraiment désolée, M. Manna.
Et dire que tout a commencé avec Domenico Bruno.
Comment ça ?
En 2004, j'avais...
15 ans.
Je travaillais dans le magasin de la tante d'Andrea.
Andrea traînait toujours là-bas.
Il était si beau, madame la Substitute.
J'ai eu un coup de foudre,
mais j'avais pas le courage de l'aborder.
Puis, un soir de début décembre 2004,
je suis sorti pour ranger des caisses dans le jardin du magasin
et j'ai vu Andrea se disputer avec un homme.
Vous avez entendu ce qu'ils disaient ?
Non.
Mais Andrea était en train de pleurer.
Vous avez vu le visage de celui qui l'a fait pleurer ?
Non.
Mais je suis sûr que c'était M. Bruno.
Comment pouvez-vous en être certain ?
Quand je me suis mis avec Andrea,
il m'a dit que c'était Bruno
qui lui avait fait découvrir son homosexualité.
Mais lui, il ne l'aimait pas.
Et ce soir-là, il avait décidé de le lui dire.
Depuis quand t'aimes dessiner ?
J'ai toujours aimé ça.
Comment tu l'as compris ?
Les choses importantes se rencontrent.
- Kierkegaard ? - Non.
J'ai vérifié, c'est d'Oscar Wilde.
Ton père avait raison.
Mais ma mère a préféré que j'étudie les langues mortes.
Elle est contre le dessin ?
Non, c'est pas ça,
mais l'école où je veux aller, elle est loin.
C'est à Milan, pas loin de chez mon père.
On peut s'enfuir.
On va à Milan ensemble.
Et ta mère, elle le prendrait comment ?
Mal.
Mais ça serait génial.
Vivre ensemble ?
Oui, vivre toutes les deux.
- Bonsoir, chérie. - Bonsoir.
J'ai l'impression qu'on va manger des patates.
J'ai fait brûler la sauce que j'ai faite ce matin.
Donc ça sera pâtes et patates.
On est au bord de la famine ?
Non, j'en fais juste un peu plus.
Chérie...
T'es sûre que ça va ?
J'ai entendu parler du suicide.
Je vais bien, mais tu me distrais.
Je suis désolé.
Merci de votre présence.
Je vous ai convoqués
afin d'éviter que se répètent
des événements qui ont causé
la révélation de secrets d'instruction.
On apporte notre soutien
à la famille Saponaro pour ce terrible drame.
Ce n'est pas à nous de juger un choix
et un geste de cette ampleur.
Quand un homme se suicide,
il se prive aussi de la possibilité de se défendre.
Oui, M. Zazza.
Une question pour madame.
M. Saponaro était accusé de meurtre ?
Non, pas par moi.
Mais la presse, vous l'aviez déjà condamné.
Très bien.
C'est un moment difficile pour le Parquet et pour vous,
madame la Substitute.
Enfin,
aujourd'hui, c'est ce suicide,
la semaine dernière, les déclarations de M. Romaniello
qui vous accuse de le persécuter.
Je voulais savoir
ce que vous pensiez de votre surnom de "shérif de Matera".
Fuis-moi je te suis...
Madame la Substitute ?
Tout va bien ?
Ca peut aller.
Je pensais aller à l'enterrement d'Andrea Saponaro.
A San Pietro Barisano.
C'était pas un mafieux.
Pas besoin d'y aller pour voir qui y sera.
J'y vais pas pour ça.
Toi aussi, tu te sens coupable ?
Oui, mais vous n'avez rien à vous reprocher.
Je vais à l'enterrement de Bruno
et toi, à celui de Saponaro et on se tient au courant.
Je veux voir qui sera là.
Allô, Calogiuri ?
A part son fils
et la mère, il n'y avait personne.
Même son frère n'est pas là.
Il avait peut-être plus envie de venir d'Argentine.
Toi, c'était comment ?
Je suis déjà rentré.
Des manifestants gays militaient contre l'homophobie
au sein des institutions.
J'avais l'impression d'être en procès.
Tu vas t'y faire.
On va tous payer à cause d'un crétin,
mais là, retourne au bureau.
Je pensais vous voir à l'église.
On se connaît ?
Je m'appelle Concetta Saponaro.
Je suis la mère d'Andrea.
Je comprends votre peine,
- mais, je... - J'ai une question à vous poser.
Vous qui êtes cultivée,
qui avez du vocabulaire.
Quand une femme perd son mari,
elle devient veuve.
Quand elle perd son père
ou sa mère,
elle devient orpheline.
Comment on appelle quelqu'un qui a perdu son enfant ?
Pour ça, il n'y a pas de mot.
Je veux pas vous haïr.
Même si tout le monde dit qu'il est mort par votre faute.
Y a trop de haine dans ce monde.
L'enquête est en cours,
avant de tirer les conclusions, je ne juge personne.
Mon fils...
Il était différent des autres.
Il était spécial.
J'ai dû le protéger de la méchanceté.
Le monde est méchant, vous savez.
J'ai même pas réussi à le protéger de mon mari.
Je l'ai eu très jeune.
Ici...
Il y a des années,
ceux comme mon fils n'avaient pas leur place.
Ces mots...
Vous les connaissez.
Depuis son enfance,
elles lui collaient à la peau.
Et là, on ajoute un nouveau mot.
"Assassin."
Vous avez tué mon fils.
Et là, c'est moi que vous tuez.
Votre fils m'a avoué sa liaison avec l'architecte.
Je suis certaine
que mon fils n'a pas tué Bruno.
Parce que j'ai parlé à Bruno
deux jours avant sa disparition.
Je l'ai appelé du magasin.
Je lui ai dit de laisser mon fils tranquille.
Sinon, je l'aurais tué de mes propres mains.
Il a accepté ?
Il m'a dit que j'avais mal compris.
Qu'il voulait juste lui proposer un boulot.
Mais je savais qu'il mentait.
Andrea, après ce soir-là,
il est tombé malade.
Il a eu beaucoup de fièvre et il est resté enfermé.
Jusqu'au jour de la disparition.
Je m'en souviens.
C'était autour de Noël
qu'il y a eu le reportage à la télévision.
Et vous ?
En voyant l'émission, vous avez pensé quoi ?
Avec mon fils, on s'est dit la même chose.
Qu'avec un peu de chance,
cet homme était sorti de nos vies pour toujours.
Mais...
Il était beau, mon Andrea.
Vous trouvez pas ?
Qu'est-ce qu'il était beau.
Madame la Substitute.
Il s'est passé quelque chose ?
Désolé pour mon accoutrement.
On va pas au théâtre, Calogiuri.
Je voulais faire le point sur l'enquête.
Sans problème.
Mais là, tout est fermé, même le bar.
On peut aller à la caserne.
T'inquiète pas, on en a pour cinq minutes.
Je viens de parler avec la mère d'Andrea.
Elle est persuadée que son fils n'a pas tué Bruno,
car à cette période, Andrea était enfermé chez lui
parce qu'il était malade.
Le témoignage de la mère n'a aucune valeur juridique.
T'utilises les termes de ton manuel ?
Désolé.
L'examen arrive vite, ça me permet de réviser.
Maria Luisa est toujours contre cette idée ?
Honnêtement...
Oui.
Elle m'a encore dit
que ce concours est inutile.
Que j'y arriverai jamais.
Que je suis bon à rien.
Vous savez ce que je lui ai répondu ?
Je lui ai demandé si elle croyait en moi.
Comme ça, de but en blanc.
Vous savez ce qu'elle m'a répondu ?
Elle s'est mise à rigoler.
Ca veut tout dire, non ?
- Et tu l'as pas bien pris ? - Non.
Je l'ai envoyée au diable.
Elle, son père, les bonbonnières et tout le reste.
Bien fait pour elle.
C'est quand ton examen ?
La semaine prochaine.
Donc tu pars bientôt.
Oui, je pars dans deux jours.
Je pars en voiture avec un collègue.
Comment ça dans deux jours ?
Ca va pas ?
Excusez-moi, c'est de ma faute.
Ma mère me dit toujours que je parle trop.
Je peux faire quelque chose ?
Tu peux te taire, s'il te plaît ?
Tais-toi, Calogiuri.
Allô ?
T'es où, ma chérie ?
Pardon ?
Tout va bien ?
T'es où ? On t'attend.
Où je suis ?
C'est normal.
C'est naturel.
T'es magistrate, pas facteur.
Pourquoi je me sens si mal ?
Tu gardes tout à l'intérieur.
Tu parles jamais de tes problèmes.
Je peux pas ramener mes problèmes à la maison.
Pourquoi ?
Tu peux toujours compter sur moi.
Une épaule sur laquelle pleurer.
Non.
Je suis aussi là pour te dire quand tu fais erreur.
Même si ça arrive très rarement.
Dans ce cas, je te dirai jamais rien.
Quand j'étais petit...
J'avais...
J'aimais bien démonter les montres.
Pas les montres qu'on met au poignet.
Je parle de vraies horloges,
celles qu'on met au mur, les réveils.
Une fois,
j'étais devenu tellement bon
que j'en ai remonté une les yeux bandés.
Voilà.
Je suis certain que...
Même si tu te brises en 1 000 morceaux,
je serais capable de te rafistoler.
Et de te réparer.
Je pourrais le faire les yeux fermés.
Tu penses vraiment que c'est la bonne chose à faire ?
Allô, Diana ?
Pietro à l'appareil.
Oui, Diana, c'est moi.
Je prends un jour de repos.
J'ai des congés en retard, ça ne va tuer personne.
Mon Dieu, c'est la première fois que je fais ça.
T'as vu que tu y es arrivée.
Sinon, ma chérie,
tu veux faire quoi, aujourd'hui ?
T'as pris un peu d'eau ?
Non, j'ai oublié d'en prendre.
- T'as oublié ? - Oui.
Chérie ?
Tu es sûre...
que le seul jour de congé que tu prends depuis des années,
tu veux le passer en te baladant ici ?
Pourquoi ? Ca te plaît pas ?
Non, c'est super.
Mais tout se ressemble, non ?
Et on est pas loin de la maison.
Tu travailles là ?
- Tu bosses là ? - Non.
Regarde-moi.
Non, Pietro, je te le promets.
- Tu bosses ! - Non, je réfléchis.
A quoi ?
Aux zones d'ombre de l'enquête.
M. Rossetti ?
Et lui, c'est qui ?
Madame Tataranni.
Quelle surprise !
De me trouver ici ?
Non, vous vous souvenez de mon nom.
On s'est vus qu'une fois.
- Pietro, mon mari. - Pietro De Ruggeri.
Ettore Rossetti.
Il est de Florence, il étudie les Murge.
- Chez eux, y a pas ça. - Tout à fait.
Ici, y a un microsystème très particulier.
Il a déjà beaucoup évolué.
Les fouilles ont provoqué des dommages.
- Quelles fouilles ? - C'était il y a 15 ans.
On disait qu'il y avait ici une nécropole samnite.
Ils ont fait des fouilles
et ça a fait fuir les animaux pour toujours.
Oui, ça me revient.
Mais au final, ils n'ont rien trouvé.
Rien à part une énorme cavité.
Mais, après les fouilles,
l'endroit a perdu son label de site protégé.
Une grande cavité...
Comment vous êtes-vous connus ?
C'est lui qui a trouvé le cadavre de Domenico Bruno.
Oui, il était dans ce trou-là.
Ma femme est la pro pour faire d'une pierre deux coups.
- Comment ça ? - Rien.
Pietro, désolée, mais je vais passer un coup de fil.
Allô, Diana ?
Ecoute-moi bien.
Je veux un rapport sur le Vallone della Femmina.
Là où on a trouvé le cadavre.
Je veux tout savoir.
D'avant la disparition à aujourd'hui.
Les demandes de permis de construire, tout !
Et tout ce que tu trouves sur les fouilles faites il y a 15 ans.
Oui, très bien. Je vais l'appeler la Moliterni.
Elle a déjà appelé trois fois...
- Salut, Nikolaus. - Bonjour.
Elle, c'est Penelope.
- Enchanté. - Pareillement.
Mamie !
Brunella !
Comme t'es belle.
Elle pense qu'on a le même prénom.
A Matera, 90 % des femmes,
avant les années 70, s'appelaient toutes Brunella.
Enchantée, madame.
- C'est une compagne à toi ? - Oui.
Vous dites compagne au lieu d'amie.
T'es vraiment belle à croquer, Penelope.
Ta grand-mère habitait dans les Sassi ?
Oui.
Elle a déménagé ici dans les années 60.
Et elle ?
C'est maman quand elle avait 8 ans.
J'adore cette photo.
Mamie ?
Je peux prendre la photo de maman ?
T'as dit quoi, ma chérie ?
Merci beaucoup.
Mamie, qu'est-ce que tu fais ?
Madame, on a pas faim.
Quoi ? Vous êtes malades ?
Diana !
Quand le chat n'est pas là, les souris dansent.
- C'était drôle. - J'y crois pas.
Bonjour, madame la Substitute.
- On est allés déjeuner. - Avec Capozza ?
Mais non, j'étais avec Cleo.
Je peux pas la laisser, mon mari est pas là.
Et si y a pas de miracle, il reviendra jamais.
Encore avec cette histoire.
Tu sais que sur certaines choses, je ne change pas d'idée.
J'ai dit quelque chose ?
Non, mais évite-moi tes lamentations.
A vos ordres.
Cleo va perdre son père, mais je dis rien.
T'as le rapport sur le Vallone della Femmina ?
Tu devais pas être de repos ?
Je me repose en travaillant, ça te dérange ?
Les fouilles ont été organisées
par la Surintendance pour trouver la nécropole
qui n'a jamais été découverte.
Après ça, l'écosystème était détruit
et les lieux ont perdu le label de site protégé.
Suite à ça,
on a voulu construire un quartier résidentiel.
Le chef du projet était Giulio Bruno, le fils de Domenico.
Mais le projet n'a jamais abouti.
Cette année, Giulio a redéposé un dossier
pour un projet qui devrait s'appeler "Le Jardin".
Le Jardin ?
Je te ferai remarquer
que malgré mes problèmes, j'ai tout fait.
Tu veux que je te félicite ?
Ca fait longtemps que je crois plus aux miracles.
Capozza, t'as même pensé au champagne.
Bonjour, madame la Substitute.
C'est la fête ?
Un anniversaire ?
C'est un pot pour le départ de Calogiuri demain.
Il va passer son examen.
Ils nous le volent.
Impossible de trouver le même à Rome.
Demain, on convoque Giulio Bruno, le fils de l'architecte mort.
- Vous avez du nouveau ? - Non.
C'est une suggestion, je sais pas où ça va nous mener.
Je vous le vole deux minutes.
- Allez-y. - Excusez-nous.
Ecoute, par rapport à l'autre soir...
Vous inquiétez pas, ça reste entre nous.
Et vos sentiments vous honorent.
Très bien.
N'exagérons pas.
Je te souhaite bonne chance pour ton examen.
Et surtout, fais attention à toi.
Attends, c'est ma mère. Je reviens.
Viens, dépêche-toi !
J'ai une super bonne nouvelle !
J'ai réussi à convaincre ma mère.
- Pour quoi ? - Le lycée à Milan.
- Pour l'année prochaine ? - Non, cette année.
Comment ça ?
Elle a demandé le transfert et y avait une place.
- Tu pars quand ? - Dans deux semaines.
Tu sais que pour moi, le dessin...
T'embête pas.
Valentina...
Tu viendras me voir, OK ?
On va rester en contact.
Allez.
Bonjour, M. Bruno.
- Bonjour. - J'en ai pas pour longtemps.
J'ai quelques questions sur la mort de votre père.
Vous me confirmez qu'après la disparition de votre père,
vous avez présenté un projet de construction ?
Oui.
Pour votre père, ça a dû être un choc.
Son fils qui lance un projet qui aurait défiguré une zone
que lui essayait de protéger.
Je pense que si vous êtes sorti de sa vie,
ce n'est pas parce qu'il était gay,
mais parce qu'il s'opposait à vos projets.
Ce n'est pas si simple.
Vous ne connaissiez pas mon père.
Pour lui, son opinion était une vérité absolue.
Mais le monde est en train de changer.
Et peut-être qu'un quartier résidentiel
qui apporte richesse et bien-être, c'est mieux
qu'un beau paysage désert.
Il voulait porter plainte contre moi et mon entreprise.
Il ne croyait pas en ces fouilles.
Il était persuadé que le seul objectif,
c'était de retirer le label protégé.
Asseyez-vous, M. Bruno.
Au final, votre père n'a dénoncé personne.
Comme s'il avait pris peur.
Vous pouvez me dire quel rôle a joué votre oncle,
Santino Bruno, le frère de votre père ?
Santino Bruno...
Il a été condamné pour coups et blessures.
Il a même fait un an de prison.
Bien sûr que je connais
l'histoire de mon oncle.
Quand j'étais petit, on m'a dit
qu'on l'avait envoyé en Argentine après la prison,
pour le protéger.
Mon oncle, c'était un dur à cuire.
Mon père disait que c'était un fasciste,
un bigot, un ignorant.
Mais il le respectait à sa manière.
Vous lui avez proposé de revenir ?
J'étais persuadé que c'était mon dernier espoir.
J'ai appelé mon oncle en Argentine et je lui ai dit
que s'il arrivait à convaincre mon père de pas porter plainte,
je lui aurais donné de l'argent.
Il est venu,
mais une fois ici,
il m'a demandé...
Il m'a demandé beaucoup trop d'argent.
- Vous lui avez donné ? - Non.
J'avais besoin de temps.
Entre-temps, mon père a disparu.
Peu après, j'ai appris que mon oncle
était rentré en Argentine en catastrophe.
Attendez...
Vous pensez qu'il y a un lien
entre mon oncle et la mort de mon père ?
Vous saviez que votre père a donné 100 000 euros à votre oncle
peu avant son départ ?
Oui.
Ca m'a surpris, car mon père c'est pas le genre dépensier.
Ensuite, ça m'a énervé.
Cet argent aurait dû aller à ma mère et moi.
Dernière chose.
Pourquoi votre projet est-il tombé à l'eau ?
Vous savez ce que c'est... L'administration a changé.
Et ça va se faire dans le futur ?
Je l'espère.
On attend les élections du président de la région.
Bien sûr.
Très bien.
On a terminé, vous pouvez y aller.
- Au revoir, madame la Substitute. - Au revoir.
- Au revoir. - Bonne journée.
Alors, Diana.
Trouve tout ce que tu peux sur Santino Bruno.
On doit au moins avoir un dossier sur lui d'il y a 50 ans
qui contient ses empreintes.
Très bien. Tu penses à quoi ?
Je sais pas, une intuition.
Faut bien commencer quelque part.
Tu penses que Giulio
a demandé à son oncle de faire peur à son père
et comme ça n'a pas fonctionné, il lui a demandé de le tuer ?
J'en sais rien.
Faut qu'on sache à quelle date il est parti de Matera
quand il est venu convaincre son frère.
Tu prends des notes ?
Oui, je prends des notes,
parce que j'ai la tête ailleurs, donc c'est plus sûr.
Je suis désolée,
mais je peux pas faire ce que tu me demandes.
Je sais.
C'est pour ça que je t'en ai pas reparlé.
Qu'est-ce que tu veux ?
Je trouverai un autre moyen ou...
Je m'adapterai.
La vie, c'est pas toujours facile.
Le transfert est validé, c'est qu'une question de temps.
Mais j'ai pas le temps.
Si Giuseppe ne revient pas rapidement,
on va finir par se quitter, tu comprends ?
Si on se quitte,
je te promets...
J'en pâtirai aussi.
OK.
Salut, Imma.
Lui, c'est M. Tataranno senior.
Il a émigré en Amérique
et il est mort.
Lui aussi ? Ils sont tous morts.
A cette époque,
si t'étais pas mort-né
ou atteint de la coqueluche, de diphtérie
ou d'une autre saleté du genre,
t'avais la chance de mourir de vieillesse.
Qu'est-ce qu'il y a, ma chérie ?
Ton amie te manque ?
Comment tu le sais ?
Quand t'es venue avec elle, t'étais heureuse et là...
Tu es triste.
Oui, c'est vrai.
Elle est partie.
Où ça ?
En Amérique, comme le vieux Tataranno ?
Non, elle est plus près. Elle est à Milan.
Elle est partie suivre un de ses rêves.
Toi aussi, tu peux aller à Milan.
Mais, fais attention,
car Milan, c'est pas une belle ville.
Je peux pas à cause de l'école.
Alors...
Fais quelque chose que t'aimes.
Quelque chose que t'adores faire.
Comme ça, ça t'occupera et tu te sentiras moins seule.
Apprends-moi à cuisiner.
Tu sais pas cuisiner ?
Tu sais pas faire la viande à la scisciello ?
De la cervelle frite ?
Les tripes d'agneau ?
Non, je sais rien faire du tout.
Et il va manger quoi ton mari ?
Des patates bouillies à tous les repas ?
T'étais un peu fatigué ?
Qu'est-ce que tu racontes ?
C'est Vito qui m'a épuisé.
C'est qui, Vito ?
Le Préfet.
On joue au foot ensemble.
On joue pas au même poste et pas dans la même équipe.
Il est plus âgé que moi,
mais quand il court, c'est une bête.
Tu joues au foot avec le mari de Moliterni
et tu me dis rien ?
Y a tellement de choses que tu sais pas sur moi.
Mais non, ce sont des secrets de vestiaire.
Des amitiés de vestiaire.
Je sais plus comment on dit.
Quand il a su que j'étais ton mari,
il m'a dit que sa femme
veut organiser un dîner depuis longtemps.
Et elle y arrive pas, parce que t'es toujours occupée.
A mon avis, t'as pas envie d'y aller.
Tu sais que je déteste ces soirées.
Mais je sais que c'est mal de pas y aller.
Tu viens avec moi ?
Bien sûr.
Ca me pose aucun problème.
Non, Pietro, on vient de finir.
Je suis toujours prêt.
- Allez, arrête. - C'est l'heure des prolongations.
Pietro...
Pietro, arrête !
Imma !
J'ai du nouveau.
En enquêtant sur Santino Bruno,
j'ai découvert qu'il est parti après la disparition de son frère.
La télé s'est trompée.
Il aurait eu le temps de demander 100 000 euros à Domenico,
de le tuer et de partir. Pour quelle raison ?
Y a pas de mobile.
Qu'est-ce qu'il a fait en Argentine pendant tout ce temps ?
Après avoir reçu l'argent de son frère,
il a quitté Buenos Aires
et il a ouvert un bar de plage à Bahia Blanca.
Un bel endroit peu touristique.
Le scoop, c'est que tu vas pouvoir l'interroger.
Comment ça ?
J'ai demandé l'historique des voyages
entre l'Italie et l'Argentine, sans spécifier les dates.
Ils m'ont tout transféré.
Santino est actuellement en Italie.
Il est là pour l'enterrement ?
Il est arrivé la veille et il repart là.
Son avion décolle de Rome dans une heure et demie.
En ce qui concerne ses empreintes digitales,
faut attendre un peu, mais ça va arriver.
Ils ont déjà du mal à trouver un dossier d'il y a 15 ans,
donc quelque chose qui remonte au siècle dernier !
C'est pas mal de prendre des notes.
Elle se moque, mais elle dit pas merci.
Bravo, Diana.
- Allô, Calogiuri ? - Bonjour, madame.
Je me prépare pour l'examen.
- Bonne chance. - Merci.
Ecoute, j'ai besoin de toi.
Tout de suite ?
- Maria ? - Imma.
Ecoute, pour le dîner...
- Tu seras là ? - Oui.
C'est vrai ? Je suis ravie, Imma.
J'ai fait des orecchiette.
C'est ce soir.
Je te l'ai pas confirmé parce que t'as dit...
On sera deux.
- C'est à 20 h. - Excuse-moi un instant.
- Allô, Calogiuri ? - Il vient de monter en voiture.
Dans 4 heures, il sera à Matera.
Super, Calogiuri. Bien joué.
- Bonjour. - Madame la Substitute.
Il vous attend.
Bonjour.
Bonjour.
Enchantée, Mme Tataranni.
- Enchanté, Santino Bruno. - Je vous en prie.
J'espère que vous avez une bonne raison
de me faire venir ici.
J'espère que vous n'allez pas avoir besoin d'un avocat,
parce que vu l'heure, vous en aurez un commis d'office.
J'ai rien à cacher.
M. Bruno, vous êtes venu assister
à l'enterrement de votre frère ?
Oui.
Pourquoi n'êtes-vous pas entré
dans l'église ?
Dans la Fiat 500 que vous avez louée.
Pourquoi rester caché ?
Je n'avais pas envie.
Je suis lié à Domenico, pas à la famille et ni à cette ville.
Qu'est-ce que vous avez fait ces derniers jours ?
J'ai visité la Basilicate.
Je voulais découvrir des nouveaux endroits.
Vous savez, je suis parti d'ici,
j'avais 18 ans.
Oui, je sais.
Je sais aussi que vous avez fait de la prison
pour avoir tabassé un jeune du quartier.
C'est vrai.
Il avait insulté mon frère.
Je lui ai fait payer.
D'ailleurs, pourquoi vous a-t-il donné 100 000 euros ?
Faites une séance de spiritisme et posez la question à mon frère.
Vous connaissez ce qu'on appelle le Vallone della Femmina ?
Tous ceux qui ont grandi à Matera
connaissent cet endroit.
Vous y êtes allé
avec votre frère, quand vous êtes revenu en 2004 ?
Non.
Dernière question, M. Bruno.
Vous saviez que votre frère était homosexuel ?
Si vous voulez bien, je voudrais aller me reposer.
On m'a promis une chambre dans le coin.
Demain, j'espère être accompagné à l'aéroport.
Je veux être sur le 1er vol pour Buenos Aires.
A vos frais.
Au revoir.
Il a un garde du corps.
C'est normal, c'est le Préfet.
T'aurais dû voir l'escorte qu'il avait
au foot.
- Je sais, mais les privilèges... - Tu détestes ça.
- On fait quoi ? On monte pas ? - Je sais pas.
Diana, elle te demande pas un piston.
Il s'agit juste d'accélérer un transfert acté.
C'est pas du pistonnage.
Fais-le toi. Vous jouez au foot ensemble.
On s'adresse à peine la parole et je vais lui demander un piston.
C'est pas un piston !
Allez, viens.
Allez, on va bien s'amuser.
Voyons voir qui la connaît.
Points de suspension.
C'est quoi la suite ?
M. Vitali, on a le droit d'appeler un ami ?
C'est quoi cette question ? Je vous en prie, allez-y.
Je demande de l'aide à un ami,
je demande une voyelle.
Imma, t'es la seule
à pouvoir sauver l'honneur du Parquet de Matera
contre l'envahisseur napolitain.
Non, j'ai pas envie de me lancer comme ça.
Tataranni était célèbre pour une chose.
Au lycée, elle était nulle en version.
Ca vous va ?
J'en ai une !
Si on traduit les deux parties de la maxime, ça donne :
"Est faux tout ce qui est contraire à la vérité.
"Mais tous les fils
"sont beaux aux yeux de leurs petites mamans."
Reprenons.
Ca signifie
"Est faux tout ce qui est contraire à la vérité,
"mais qui se présente de manière à paraître vrai."
C'est beau.
C'est ce que j'ai dit.
Non, vous avez dit "ad severantur".
Alors qu'on dit "ad severatur".
Pour une consonne ?
C'est une petite erreur,
mais une erreur quand même.
Elle doit toujours avoir le dernier mot.
Elle est très pointilleuse.
Maintenant...
Qui se présente de manière à paraître vrai.
Excusez-moi un instant.
Chérie ?
Y a pas plus pointilleuse.
M. Bruno, désolée de vous déranger.
Que puis-je faire pour vous ?
Je voulais vous demander,
quelle pointure faisait votre père.
Du 40.
Vous êtes sûr ?
Domenico faisait plus d'1m80, ça me semble bizarre.
A l'école, on le surnommait Cendrillon
à cause de ses petits pieds.
Pourquoi cette question ? Vous avez du nouveau ?
On a intercepté votre oncle à l'aéroport.
On a des questions à lui poser.
Je peux pas en dire plus.
Merci et bonne soirée.
Bonne soirée.
F4 et c'est échec et mat.
Il a pris ma tour !
- Allô ? - Bonsoir, Taccardi.
J'ai une question à vous poser.
Vous vous souvenez de la pointure du cadavre retrouvé ?
Il avait de grands pieds. Du 43 ou même du 44.
Tout est dans le dossier, vous l'aurez demain.
43 vous dites ? 43.
Merci, Taccardi.
Merci et bonne soirée.
Bonne soirée à vous.
Je vais le gagner ce tournoi.
Tous ensemble.
Que les femmes.
C'est parfait, De Ruggeri.
Je vous en prie.
Allez, madame Tataranni, ne faites pas baisser le niveau.
Allez !
- Allez, ma chérie ! - Allez, madame Tataranni.
Tous ensemble.
Madame la Substitut ?
Donnez tout.
Madame D'Antoni, venez là.
Je suis désolée, Maria,
mais demain, j'ai un interrogatoire important.
Mais c'était sympa, non ?
En toute modestie, le dîner était réussi.
Oui.
Les orechiette étaient délicieuses, n'est-ce pas ?
Maintenant que Pietro et Vito sont amis,
on pourrait faire des sorties à quatre.
Bien sûr, pourquoi pas.
Maria, je peux te poser une question ?
Je t'attends dehors.
Je voulais pas te demander ça à table.
Diana...
Ma greffière.
Son mari a un petit problème.
Tu parles du transfert à accélérer ?
Je suis déjà au courant.
Elle m'a déjà posé la question.
Ca pose aucun problème.
Quand elle me l'a demandé,
elle était très gênée.
J'en ai parlé à Vito.
Super, donc tout va bien.
Oui, y a aucun problème.
Mais c'est gentil de ta part, parce que je te connais un peu...
T'es pas vraiment du genre à...
Merci pour cette belle soirée, Maria.
Je pourrais l'étrangler.
Elle est pas méchante.
- Je parle de Diana. - Je comprends mieux.
Le seul vol disponible était l'après-midi.
C'est pas grave.
Je veux partir d'ici le plus vite possible.
Je voulais profiter de ces heures en votre compagnie
pour vous poser quelques questions.
C'est vrai qu'on surnommait votre frère Cendrillon ?
Je m'en souviens plus.
Vous avez dit que le jeune que vous avez tabassé
avait insulté votre frère.
Tu peux me contrôler ça.
Tout de suite.
Allez, fais vite.
Il l'a appelé Cendrillon ?
C'était pas lié à sa pointure.
C'est parce qu'il était homosexuel.
Un gay.
Je me trompe, M. Bruno ?
Vous avez tué votre frère quand vous avez appris qu'il était gay.
C'est la vérité ?
Non.
Laissez-moi vous présenter mes hypothèses.
Vous avez découvert l'homosexualité de votre frère.
Vous comprenez que vous avez gâché votre vie
pour un gay.
L'idée vous est insupportable, donc vous le tuez
et vous le jetez dans le ravin en espérant que les loups
finissent le travail.
Mais le corps reste dans une position étrange.
Il se momifie.
Et on le retrouve tel quel 15 ans plus tard.
C'est plausible.
C'est plausible, mais...
Y a quelque chose qui cloche.
Les chaussures.
Elles sont en cuir de cabiaï.
Un animal qu'on trouve uniquement
en Argentine.
Taille 44.
Vous avez beaucoup d'imagination.
Vous vous trompez, M. Bruno.
J'ai pas une grande imagination, mais j'ai une très bonne mémoire.
Y un souci avec ces chaussures.
Malheureusement pour vous,
les empreintes prélevées il y a 50 ans, après votre bagarre,
ne correspondent pas à celles laissées sur votre verre d'eau.
Ca confirme que vous n'êtes pas Santino Bruno.
Vous êtes Domenico.
Le cadavre retrouvé dans le ravin,
c'est celui de Santino, votre frère.
Vous êtes allé à l'enterrement pour affronter votre passé.
C'est pour ça que vous êtes à Matera.
Vous vouliez parler du meurtre de votre frère.
Après 15 ans,
ce secret était trop lourd à porter.
Je me trompe ?
Je pouvais pas accepter que le Vallone della Femmina
finisse comme ça.
Que ça devienne un quartier résidentiel.
Et que mon fils soit derrière tout ça.
Giulio a appelé mon frère.
Il devait me faire peur.
Me convaincre de rien faire,
de dénoncer personne.
Santino a essayé de me faire peur.
Je lui ai demandé
combien Giulio lui avait promis.
"Je te donne la même somme si tu t'en vas."
Il m'a demandé 100 000 euros.
Je les avais.
Je les lui ai donnés.
Continuez.
Avec Santino, on est allés à la banque pour faire le virement.
Et pendant qu'on y était,
la mère d'Andrea m'a appelé.
La mère d'Andrea Saponaro.
Je crois pas que Santino ait relevé quoi que ce soit.
Il a vu que j'étais perturbé.
Je lui ai demandé s'il voulait aller au Vallone.
On y jouait souvent étant petits.
Une fois sur place,
je lui ai tout avoué.
Je pensais pouvoir lui faire confiance
après lui avoir donné tout cet argent.
Il a compris qu'il était allé en prison
pour avoir défendu un gay.
Il m'a dit que cette histoire avait changé sa vie.
Savoir qu'il avait fait de la prison pour un gay,
ça l'a mis hors de lui.
C'était de la légitime défense ?
Il était aveuglé par la colère.
On s'est battus.
J'étais sur le point de mal finir.
J'ai trouvé un morceau de fer
et je lui ai brisé le crâne.
Il est mort
sur le coup.
Et vous avez décidé d'échanger votre vie contre celle de votre frère.
Je n'avais rien à perdre.
Il avait déjà tout mon argent sur son compte.
Je pouvais pas rester à Buenos Aires.
Il connaissait beaucoup de monde.
Ca aurait été trop dangereux.
J'ai choisi un endroit magnifique.
Et c'est là
que j'ai réussi à me reconstruire.
Vous allez aller en prison.
Oui, je le sais.
Dissimulation de cadavre,
vol d'identité, homicide involontaire.
- J'ai oublié quelque chose ? - Non.
Vous savez quoi, madame la Substitute ?
Ces 15 années passées dans la peau d'un autre
ont été les plus belles de ma vie.
Mon seul regret,
c'est qu'en Argentine, j'ai un compagnon.
Il peut venir ici.
Vous en pensez quoi ?
C'est toujours impossible d'être gay à Matera ?
Aucune déclaration des enquêteurs
qui ont procédé ce matin à l'arrestation de Domenico Bruno,
le célèbre architecte dont les autorités
pensaient avoir identifié le cadavre.
Comme vous savez,
l'enquête a débuté dans la sphère professionnelle
et a été élargie à la sphère personnelle
avec la convocation du frère de la victime
qui réside en Argentine depuis des années.
Des petits indices
ont permis de mettre en lumière un meurtre
qui aurait permis à l'architecte de recommencer une nouvelle vie
en s'appropriant l'identité de son frère Santino,
la vraie victime.
Le procès va servir à éclaircir les zones d'ombre
d'une des affaires les plus sombres de ces dernières années.
La Cour est là.
Ma chérie ! Qu'est-ce que tu portes ?
Viens voir, maman.
Ma chérie !
Qu'est-ce que vous faites ?
Morue et poivrons séchés.
La recette de mamie Tataranni.
C'est bientôt prêt.
Elle aime bien cuisiner.
- Depuis quand ? - Je sais pas.
Va te reposer, on s'occupe de tout.
Allez, vas-y.
Valentina ?
Ca, on peut le mettre au four.
- Et ça ? - On peut tout mettre ensemble.
OK.
Je sais pas qui c'est ce monsieur.
Qu'est-ce que tu racontes ?
C'est ton père.
Adaptation : Alice Régis
Sous-titrage : HIVENTY
Can't find what you're looking for?
Get subtitles in any language from opensubtitles.com, and translate them here.