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...
Tiens, Andrea.
Ecoute...
on en parle plus tard ?
J'ai un truc à faire.
Matteo ?
Le café est prêt !
Matteo !
C'est pas toi ?
Réponds.
Réponds, putain !
Réponds-moi !
L'enfant de Laura est de toi.
Qu'est-ce que je dois en déduire ? Hein ?
Andrea, lâche-le ! C'est un gosse !
C'est le père du bébé.
Comment tu peux penser que j'ai tué Laura ?
Putain, où tu vas ?
Lâche-moi. Je dois le dire à Grazia.
Lâche-moi !
Et je ne répondrai
ni à toi ni à l'autre conne !
T'es devenu fou ?
Je suis devenu fou ?
Regarde si je suis fou.
C'est le test ADN.
J'ai pris un cheveu.
J'ai fait ça en cachette.
Matteo !
Il faut que je te parle.
Qu'est-ce qui t'arrive ? Tu me fais peur.
Le bébé que Laura attendait...
c'était le mien, Grazia.
Je sais pas ce qui nous a pris, mais c'est arrivé.
Tous...
Vous m'avez tous trahie.
Grazia !
Ma chérie ?
Alors...
Qu'est-ce qu'il y a ?
Je me demande ce que vous me voulez.
Il faut que tu signes ça.
C'est quoi ?
Une déclaration qui atteste que tu as bien été informé.
Le juge des tutelles te rappelle qu'une ordonnance de protection
t'interdit d'approcher ton ex
et ta fille.
Ah ! Bien sûr.
Si on te chope avec ta fille,
t'auras des emmerdes.
Je ferai attention.
Je peux y aller ?
Tu crois qu'il a compris ?
J'en ai rien à faire, Dino.
J'ai l'autorisation.
L'interrogatoire de ton fils est prévu demain, ici, à 10h.
C'est la seule façon de l'obliger à parler, et tu le sais.
Et en fonction de ce qu'il dira, le procureur...
décidera si on le met en détention provisoire.
En détention provisoire ?
Mais tu délires ou quoi, Luisa ?
Il a 16 ans, c'est un gamin !
Et si c'était pas lui ?
C'est le père du bébé.
Ca veut pas dire qu'il a tué Laura.
Et si tu te trompais ?
Peut-être. Et les coups dans le ventre ?
Et Max ? Il sortait avec qui, lui ?
Je cherche à le découvrir !
C'est pour ça que j'ai besoin d'entendre la version de Matteo.
Très bien.
Entendu.
Mais c'est moi qui l'amène, demain matin.
D'accord.
Grazia !
Qu'est-ce que tu fais ?
Où est Laura, maintenant ?
Tu le sais ?
Je n'en sais rien.
Mais la vie est un cadeau...
de Dieu.
Moi, j'ai jamais cru en Dieu.
Et moi, on dirait que je n'y crois plus.
Tu es la première personne à qui je le dis.
Matteo et Laura m'ont trahie...
Je me suis dit qu'elle avait bien mérité de mourir.
Et je le pense toujours.
Je suis un monstre.
Les monstres existent.
Ils sont au fond de nous.
On les combat tous les jours.
Toi et moi, on se ressemble plus que tu le crois.
Je voudrais te parler.
Tu t'es foutu de nous.
Moi ? C'est du délire !
- C'est notre fils qui a commencé. - Mon fils.
Tu n'es pas son vrai père.
Ca n'a rien à voir.
Bien sûr que si.
Tu avais promis de l'aimer comme ton fils.
Mais tu le traites comme un criminel.
S'il avait été ton fils, tu n'auras pas douté de lui.
Grazia !
Tu étais passée où ?
Tu t'en vas sans nous prévenir ?
Tu te réveilles enfin ?
Je ne te permets pas !
Tu as compris ?
Maria...
Putain.
Je peux entrer ?
Laisse-moi.
Non, je te laisserai pas.
Essaie de comprendre ta mère.
Elle t'aime.
Quand tu auras des enfants, tu comprendras.
J'en aurai pas.
Non... Pourquoi tu dis ça ?
Ma chérie, c'est ce qu'il y a de plus beau.
C'est un amour inconditionnel,
qui grandit avec le temps.
Je t'aime, et ta maman aussi.
La gifle qu'elle t'a donnée en est la preuve.
Elle m'a fait mal, papa.
Ta mère a la main lourde.
Papa ?
Oui.
Tu l'aimes, maman ?
Bien sûr. Pourquoi cette question ?
Pour moi, c'est important.
Il fait quoi, lui ?
Maria les appelle "les vautours".
Ils prennent des photos du lieu du meurtre,
puis ils viennent ici.
Pour moi.
Et ils peuvent raconter que la mère de la victime leur a servi un café.
- Fichez le camp ! - Comment osez-vous ?
Du balai ! Il y a rien à voir.
Allez vous amuser ailleurs !
Ces gens sont malades.
Je peux t'offrir un café ?
On va se tutoyer.
Regarde. Ca appartenait à Laura ?
Jamais vu.
Mais elle me cachait beaucoup de choses.
Tu vas trouver qui a tué ma fille ?
Dans notre métier, il y a des victimes à part.
Il y a quelque chose qui me lie profondément à Laura.
Et je ne partirai pas avant d'avoir trouvé le tueur.
Je te le jure.
Laura aimait beaucoup notre bar.
Elle venait bosser ici, de temps en temps.
Mais ça n'a plus aucun sens.
Merci.
Donnez-moi les clés des caissons.
Ca, c'est mon trousseau et...
les trois clés de couleur ouvrent les caissons.
Il y a pas tout.
Ca suffira pour refaire ta vie avec ta fille.
Ecris-moi et je te filerai le reste.
Nico, j'oubliais.
Si je te revois, je te descends pour de bon.
Je ne te laisserai pas emmener mon fils.
C'est un interrogatoire,
et Matteo doit nous dire la vérité, pour son bien.
Et toi ?
Tu ne veux pas savoir ?
Il s'agit de mon fils, pas d'un article dans les journaux.
Un psy sera là pour l'aider.
C'est la procédure quand on interroge un mineur.
Il s'est enfui avec le pistolet !
Allez, va chercher Matteo.
Je m'occupe du reste.
Qu'est-ce qu'il y a ?
Rien.
Je vous offre le petit déjeuner ?
N'approche pas.
Ne bouge pas.
Matteo, jette ce pistolet.
Je suis ton père.
Je suis pas ton fils !
Pour moi, tu l'as toujours été, toujours.
- Laisse-moi approcher. - Si tu bouges, je tire.
Ca m'est égal, Matteo.
Ca m'est égal.
- Alors, je me tue ! - Non !
- Si ! - Matteo, non.
J'ignore ce que tu as fait...
mais je te soutiendrai jusqu'au bout.
Viens.
Andrea, toi, tu dois rester derrière le miroir sans tain.
Alors...
Je vais te dire ce qu'on sait.
Tu as passé un appel anonyme, et tu l'as nié.
Laura était enceinte. Et c'était toi, le père de l'enfant.
Pour moi, c'est ça, le mobile.
Qu'est-ce que je devrais en déduire ?
Que c'est moi qui l'ai tuée.
C'est toi ?
Non, c'est pas moi.
Matteo, c'est le moment de parler.
J'ai appris qu'elle était enceinte le jour de la fête.
Elle m'avait donné rendez-vous sur la plage sans me dire pourquoi.
Là-bas, elle pleurait, elle riait...
Elle pétait les plombs.
Laura était en bas de la falaise ?
Oui.
Dès qu'elle m'a vu, elle me l'a dit.
"J'attends un enfant, Matteo.
"C'est peut-être le tien."
Elle en était même pas sûre !
Que veux-tu dire ?
Laura avait quelqu'un d'autre.
Quelqu'un d'autre ?
Elle me l'avait dit.
Pas quelqu'un du lycée.
Quelqu'un de plus âgé. Alors j'ai craqué.
Depuis notre rupture, on n'avait couché ensemble qu'une fois.
Avec l'autre, ça devait y aller !
Tu l'as traitée de pute.
Non.
Tu l'as pensé et tu l'as tuée.
Non, je l'ai pas tuée !
J'avoue...
Oui, je me suis dit que c'était une pute
et qu'elle me dégoutait.
Mais je l'ai pas tuée.
C'est bien.
Continue.
Après, elle s'est mise à pleurer.
Pour monter voir l'autre, elle voulait que je vienne.
Elle voulait que je l'aide à lui faire face, mais...
je me suis barré, je l'ai envoyée chier.
Et je l'ai laissée toute seule, voilà.
Matteo, tu sais qui pourrait être cet homme ?
J'ai pensé à Max.
Mais Laura ne m'a rien dit.
On va arrêter là.
Ce sera tout. Tu peux y aller.
Allez, monte.
- Papa ? -Maintenant, tu m'appelles "papa" !
Après tous tes bobards ?
Je sais pas pourquoi Luisa t'a laissé partir.
Tu me crois pas ?
Non, tu aurais dû me le dire tout de suite, putain !
Dieu merci, je suis pas ton père.
Allô ?
Oui, c'est moi.
Donc vous me le confirmez ?
Très bien, merci.
- Vous savez où est Andrea ? - Non.
Vous lui direz de m'appeler.
J'ai du nouveau sur la clé trouvée à l'hôtel.
Nico Grimaldi ?
Commissaire-adjoint Ferrari.
Attention, le sol est mouillé.
Vous utilisez ce genre de clés dans ce lycée.
Qu'est-ce qu'elle ouvre ?
Voilà. Les vestiaires sont là.
Le casier de Laura Mancini.
Et celui de Francesca Scandellari ?
C'est le 32.
Attendez dehors.
- Ferrari te cherchait. - Pourquoi ?
Au sujet de la clé.
Je suis désolé pour tout ça.
T'as rien fait, toi.
C'est Matteo.
Il aurait pas dû mentir.
Si j'avais encore un chez-moi, je t'inviterais à dîner.
Il y a d'autres casiers ?
- Ceux des professeurs. - Montrez-les-moi.
Oui, mais il faut la permission de la proviseure.
Entrez.
Le commissaire-adjoint Ferrari
voudrait accéder aux casiers des professeurs.
Pour quelle raison ?
Pour savoir ce qu'ouvre cette clé.
Nico, laissez-nous, s'il vous plaît.
Entrez.
Ce que je vais vous dire ne sortira pas d'ici ?
Je ne peux pas vous le promettre.
Tout dépend de ce que vous direz.
Je suis mariée.
Et c'est votre clé.
Vous fréquentez Max ?
Je préfère ne pas répondre.
Essayez de me comprendre.
Je suis proviseure d'un établissement public.
Je devrais donner l'exemple.
L'adultère n'est pas un délit.
Vous faites ce que vous voulez.
Je ne vous jugerai pas.
Mais en reconnaissant cette relation,
vous innocenteriez Max.
C'est notre suspect numéro un.
Quoi, encore ?
Je sais tout, Max.
Je voulais pas l'impliquer.
Laura le savait aussi ?
Oui.
Elle a gardé le secret.
Et cette blessure à la main, c'était à l'hôtel.
Elle voulait qu'on arrête de se voir.
Elle avait peur que son mari l'apprenne.
Et là, j'ai cassé une lampe.
Vous m'avez fait perdre un temps fou.
On peut retirer Max de la liste des suspects.
Tu me demandes pas pourquoi ?
La photo de Matteo reste ?
Pourquoi tu l'as relâché ?
Parce que je peux pas l'arrêter.
Et parce que je le crois.
Tu le crois, mais il est suspect ?
Je te suis pas.
Laura a pu avoir une relation avec un homme plus âgé.
Ca expliquerait plein de choses.
Mais ça ne suffit pas pour le disculper.
Pour moi, il a raconté que des bobards.
Moi, j'arrive à être objective, contrairement à toi.
Qu'est-ce que tu regardes ?
Qu'est-ce que tu veux ?
Te poser des questions.
Tu sais faire que ça.
Anna, s'il te plaît.
Andrea.
Bon, très bien.
Laura...
fréquentait un adulte.
Et Matteo, on en parle ?
Matteo n'est pas un adulte.
Comment oses-tu me poser des questions sur Laura ?
J'essaie de savoir ce qui est arrivé à ta fille.
Je vais te le dire.
Ton fils l'a mise enceinte et il l'a tuée.
Non. On n'en sait rien.
Arrête de dire des conneries.
Comme l'histoire de Laura avec un adulte !
Maintenant, fous le camp !
- Laisse-moi parler. - Fous le camp !
Va-t'en.
- Je peux te parler ? - Bien sûr.
Viens.
J'ai dit à Matteo des choses...
que j'aurais jamais dû lui dire, jamais.
Quoi donc ?
Que j'étais content de ne pas être son père.
Pourquoi tu lui as dit ça ?
Parce qu'il a menti à tout le monde.
C'est Matteo qui a mis Laura enceinte.
Tu en es sûr ?
Oui, ça ne fait aucun doute.
Je sais pas quoi faire.
Je suis nul comme père et comme flic.
Ce n'est pas vrai.
Si.
Je suis un père qui doute de son fils
et un flic qui ne veut pas l'envoyer en prison.
A quoi ça rime ?
Dis-le-moi.
Tu devrais peut-être chercher la vérité
et partir de là pour trouver la réponse.
Matteo m'a dit que Laura fréquentait un homme.
Un adulte.
Tu sais quelque chose ?
Non, rien du tout.
Carlo, je...
Agrandissez le bateau sur la gauche, s'il vous plaît.
Tu es venu me coffrer ?
Je ne viens pas parler du passé.
Si tu le dis.
Je viens pour Laura.
Je la connaissais à peine.
Est-ce que tu l'as vue ici, au port, dimanche vers 15h ?
Non.
J'étais pas là.
Et tu étais où ?
A la fête, comme toi, comme tout le monde.
On s'est croisés. Tu te souviens pas ?
Je t'ai tout dit.
- Allô ? - Va-t'en immédiatement.
Qu'est-ce qui se passe ?
Andrea est venu me poser des questions sur Laura.
Si je plonge, tu plonges aussi.
Fini, la belle vie avec ta fille.
Disparais.
Je vais changer d'air.
Je peux pas rester. Il faut que je m'en aille.
Et moi ?
Toi, tu viens avec moi.
Tu crois vraiment que je te laisserais avec ta mère ?
Je voulais t'en parler.
J'en ai assez.
Je peux pas... te voir quand j'en ai envie.
Et je le supporte plus.
Dans une autre ville,
on pourrait tout recommencer ensemble, non ?
Oui.
Je suis d'accord.
Je m'occuperai de toi.
Quoi ?
Ils ont trouvé le tueur ?
Non, pas encore.
C'est une sale histoire. Ne pense pas à ça.
Luisa, arrête.
Attends !
Adaptation : Muriel Blanc-Pignol
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