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Original subtitles

Berlin-Est, ao�t 1983

- Quand ? - Dans une heure.

- Tu n'as pas... - Ils ont encore fouill� chez moi.

Ils ont les n�gatifs. Je dois fuir ou je serai arr�t�.

Je te ferai passer, je te le promets.

- Mais si le visa... - Je te promets.

Je t'aime.

On y va.

Matthis va m'accompagner.

On l'a r�p�t� mille fois d�j�. Aucun probl�me.

Donne �a � Micha.

Je veux qu'il la conduise.

Qu'il r�pare ma Coccinelle comme je l'aurais fait.

Dis � mon petit fr�re que je compte sur lui.

- Et maintenant ? - Demi-tour ?

Non.

On y va !

Ils ne nous voient pas d'ici.

Allez !

- Attention aux barbel�s. - Mais oui !

Doucement... Attention !

Fais gaffe.

- Merde ! - Tant pis, cours !

- Vite ! - Halte !

On ne bouge pas ou on tire !

- Prends ma main. - Au secours !

Arr�tez, bande de salauds !

Matthis, accroche-toi. Un, deux...

Matthis, ne me l�che pas. Accroche-toi !

Accroche-toi !

LE MUR

Mes condol�ances.

Katja.

Tiens.

Andreas va s'en sortir.

Interview exclusive : Comment j'ai pass� le mur.

Suis-moi. Maman veut te voir.

Je suis enceinte.

- Andreas ne sait pas qu'il va �tre papa. - Tu ne lui as pas dit ?

Viens par l�.

Nous recommandons Matthias Schell au repos �ternel et pleurons ce jeune homme

qui vient de nous quitter dans un tragique accident de voiture.

Il s'appelle Matthis !

Il nous a quitt�s bien trop t�t.

Mme Schell, surveillez votre fils.

Il l'a appel� "Matthias". Vous allez lui voler son nom aussi ?

Toute notre sympathie accompagne la famille du d�funt.

Sa m�re Margret, sa s�ur Katja, son fr�re Michael.

- Cet accident tragique... - Ce n'en �tait pas un !

- Micha... - Menteur !

- Micha, �a suffit. - Matthis a �t� tu�.

- L�chez-le ! - Vous l'avez tu� !

Vous ne vous en tirerez pas comme �a ! Le Mur tombera un jour !

Il n'est pas mort pour rien, salauds ! Bande de salauds !

Quand maman part travailler Je reste � la maison

6 ans plus tard, Ao�t 1989

Je sors mon tablier et je nettoie toute la maison

Je ne sais pas cuisiner Je suis encore bien trop petite

Mais j'ai une jolie poup�e qui est tr�s...

Combien de fois je dois le r�p�ter ? Ralf ne doit pas jouer avec des chars.

D�sol�e. Mais cela ne regarde que nous.

Nous leur enseignons les bonnes mani�res, et leur donnons le bon point de vue.

Mlle Hoffmann, rangez les jouets, voulez-vous.

Mlle Hoffmann ?

Tout de suite.

D�sol�e.

�a risque de te co�ter cher. Zocke va baver au repr�sentant du parti.

Rien � faire. Tu as vu sa t�te ? Elle �tait furieuse.

Quand j'ai voulu ranger le 2e char, autre chose s'est cass�...

Entrez.

- Je ne savais pas que Mandy serait l�. - Elle a insist�.

- Comment elle a su ? - C'est pas toi ?

Elle est cool.

Comme c'est mignon !

Prends ce que tu veux.

Ma fille a besoin d'un matelas.

C'est vrai ce qu'on dit � la t�l� ? Tout le monde fuit en Hongrie ?

Jule ?

Tu peux t'occuper des hamsters de Sven ?

Il ne sait pas. Il croit qu'on part en vacances.

C'est la derni�re fois qu'on se voit.

Ne dis pas �a.

Merci pour ton aide.

Jule !

�a, c'est pour l'eau. Celui-l�, pour la nourriture.

- Et qui est qui ? - Lui, Mickey et elle, Minnie.

Je ne la connais pas.

Une coll�gue de Katja. Elle habite au bout de la rue avec son gosse.

- Et ? - C�libataire.

Son copain s'est barr� il y a 3 mois.

- Comment tu le sais ? - Je l'ai consol�e.

- Attends. - Merci.

�coute, Lutz. Salut, Jule.

Vous vous connaissez ? C'est mon pote Lutz.

Salut.

Jule !

T'as pas un mauvais pressentiment ? Comme si tout allait s'effondrer ?

Mes amis se barrent. Micha perd sa s�ur...

Je suis press�e.

Mon train va partir.

- Salut. - Salut.

- On va se revoir ? - Qui sait.

Je m'appelle Lutz.

Laisse �a ici.

Andreas n'a pas bonne r�putation � l'Est.

�a suffira � te faire jeter en prison, s'ils la trouvent.

�a fait longtemps. Vous n'�tiez pas mari�s, et il n'a jamais vu son fils.

C'est son fils.

Oui, je sais.

Je te pr�viens, n'attends pas grand-chose d'Andreas.

Ce n'est qu'un homme, et toi, tu abandonnes tout.

Je commence � oublier � quoi il ressemble.

M�me sa voix...

Maman va perdre sa seule fille et son petit-fils.

Je sais.

Mais ?

C'est comme �a...

Fais attention, petite s�ur.

J'esp�re que ton r�ve se r�alisera.

Lac Neusiedler, fronti�re hongroise

- On vous offre � boire ? - Merci, tout � l'heure.

- Et votre fils ? - Tu as soif ?

Viens prendre un peu de limonade en attendant que ta maman termine.

- Vous venez d'o� ? - Berlin.

Que le monde est petit !

La RDA, c'est petit. Mais le reste du monde est petit aussi.

- Je vous aide ? - Merci, mais �a va aller.

C'est un peu compliqu�,

mais apr�s deux ou trois fois, �a n'aura plus de secret pour vous.

- Et... voil� ! - Merci beaucoup.

- Gregor Sch�nfeld. De Stralsund. - Katja.

Hans, regarde.

Vous voyagez seule ?

Non, avec mon fils.

- Si vous avez besoin d'aide, je suis l�. - Merci.

�a y est, la tente est mont�e ! Pour vous.

Attention � qui vous parlez, �a grouille d'agents de la Stasi.

� plus tard, mon chou.

- Maman, tu viens ? - J'arrive.

Allez, viens.

Tu vas �tre bien sage, ce soir. Je compte sur toi.

On doit �tre tr�s discrets. Personne ne doit nous entendre.

Mais on va o� ?

- � Berlin-Ouest. - L� o� il y a des peintures sur le Mur ?

- Voir Andreas. - Pourquoi ?

On va enfin �tre r�unis. C'est ton p�re, tu sais.

� la maternelle,

on m'a dit qu'il �tait m�chant, un ennemi du Socialisme.

- Grand-p�re Kurt. - Enfin, mon gar�on.

- Tu es seul ? - Tante Lisa est l�.

- Comment vont mes tournesols ? - Ils sont sur le balcon, face � l'ouest.

- Et le petit ? - Il s'est ouvert.

Bien. Une seconde.

Cousin Hilde va passer te voir avec des friandises.

J'en ai rajout�. Prends soin de toi, mon gar�on.

- Des nouvelles de Katja ? - Elle n'est plus en RDA.

Elle va tenter de passer aujourd'hui.

M�me adresse ?

Pour les copains.

On y va !

Bon Dieu.

�a va ?

On avance.

- J'ai perdu ma chaussure. - Chut ! Ta chaussure ?

- Tu l'as trouv�e ? - Non, continue en chaussettes.

On veut passer, nous aussi.

Allons-y.

- Viens. - Par ici.

Ne t'�loigne pas.

Ne vous s�parez pas.

Mon Dieu, on est rep�r�s.

Sortons de la lumi�re. On ne peut plus reculer. Courons !

- Cours, Sven. - Par l�.

- Plus vite, allez ! - Vite !

Je n'en peux plus.

- Je vais te porter. - Allez !

Accroche-toi... Il va falloir que tu descendes, allez.

- Cours aussi vite que tu peux. - Vite !

- Allez ! - Plus vite !

Courez !

Maman ?

Maman...

Maman ?

Halte !

Restez o� vous �tes !

On ne bouge plus !

On ne passe pas ! C'est interdit !

Attention.

Faites demi-tour ! Arr�tez !

H�, petit !

Sors de l�.

Bouge pas, d'accord ?

On a trouv� un gamin.

Qu'est-ce qu'on va en faire ?

Passe la fronti�re !

Mais ma maman...

Va retrouver ta maman en Autriche.

Allez, file ! Va rejoindre ta maman.

Pankow, quartier de Berlin

- Bonjour. - Bonjour.

- Dites-moi... - Mickey...

- Minnie. - Ils restent encore longtemps ?

- Jusqu'au retour de vacances de son amie. - Mangez un peu.

- Si elle revient... - G�tz.

Jule ne va pas les nourrir jusqu'� ce qu'ils meurent de vieillesse !

Qui ne revient pas ?

- De qui s'agit-il, Jule ? - De ma coll�gue Katja Schell.

- Katja ? La s�ur de Michael Schell ? - Oui.

- Un probl�me avec elle ? - Tu la connais bien ?

- Je m'occupe de ses hamsters, c'est tout. - La famille Schell...

Katja Schell a eu l'enfant d'un tra�tre.

- Un tra�tre ? - Il a pass� le Mur.

- Comme tant d'autres. - Mais il est dans les m�dias � l'Ouest !

Il est en contact avec des journalistes, des politiciens et des diplomates.

Et tous ensemble, ils font du tort � la RDA.

- Bernd, un homme seul ne peut rien. - C'est un homme de t�l�vision.

- Il intoxique la population. - Il ne peut m�me pas entrer dans le pays.

Il a des contacts partout.

Une �meute �clate, et sa cam�ra se pointe !

Nous savions que les �lections �taient truqu�es.

La RDA refuse de donner les r�sultats. Et les Allemands de l'Ouest s'en fichent.

- On ne fait pas �a pour eux. - Vraiment ?

Les Allemands de l'Est en ont besoin. Pensez � ceux qui y sont rest�s.

Ceux qui n'ont rien dit toutes ces ann�es. Pensez � eux.

Va dire �a au boss. Pas d'antenne, c'est ma d�cision.

Personne ne dispara�t en prison quand des millions de gens regardent la t�l�.

- Cinq minutes. - Sept.

Connard.

Minist�re de l'Int�rieur

Halte � la terreur ! Pour des �lections libres !

- Enfin ! - La police anti-�meutes arrive.

- On les a vus. - Bien.

Fais attention, d'accord ?

Andreas nous envoie �a.

Notre rapport est pr�t.

Minist�re de la S�curit� d'�tat

La cam�ra est un mod�le japonais, appartenant � Andreas Wagner.

Le fuyard s'appelle Kai Hattorf. Nom de code : "Cousin Hilde".

Journaliste ind�pendant. Connu de nos services.

Vraiment ?

Il a un laissez-passer et ne se fait jamais fouiller � la fronti�re.

- C'est quoi, tout �a ? - Tous les dossiers sur Andreas Wagner.

- On tient un de ses proches ? - Oui.

- Proche comment ? - Tr�s proche.

40 ans, �a suffit !

Assez du SED ! (Parti Socialiste Unifi� d'Allemagne)

- Esther et toi, c'est s�rieux ? - Je pense, oui.

- Elle fait quoi ? - �tudes d'allemand.

- Et ? - Je la connais depuis quelques mois.

Tu lui fais confiance ?

Dirk.

Andreas veut des images. Ne parle pas quand je filme.

- Dirk. - Tout le monde dehors !

Doucement...

En ligne, allez !

Formez le cordon !

Avancez !

Allez, filme ! T'arr�te pas !

L�, Lutz.

Prends �a.

D�sol�, mais je dois descendre. Ouvrez-moi.

Pas "Sell", "Schell". S-C-H-E-L-L, Katja et Sven.

Passage clandestin. Ils sont probablement en Autriche.

Et si elle s'�tait fait arr�ter l�-bas ? Tr�s bien, j'attends.

Nous supposons que Wagner a d�j� la cassette.

C'est pas vrai ! Il doit y avoir un moyen de l'arr�ter.

Impossible de l'atteindre � l'Ouest, mais on peut s'occuper de ses contacts ici.

Dix nouveaux contacts referaient surface demain,

et utiliseraient les m�dias pour toucher nos concitoyens.

Juste avant la c�l�bration ? Pas question.

Mettons la main sur l'araign�e, nous trouverons sa toile.

- Sortez. T�te baiss�e. - Vite !

T�te baiss�e.

- Yeux au sol ! - T�te baiss�e !

- On regarde les chaussures. - T�te baiss�e.

Ne levez pas la t�te !

On ne bouge pas !

On garde la t�te en bas !

Ne levez pas la t�te !

- Marchez tout droit. - T�te en bas !

- Allez. - T�te baiss�e !

- En bas ! - Entrez.

D�tention pr�ventive, Prison de Hohensch�nhausen

Par ici.

D�shabillez-vous.

D�shabillez-vous enti�rement !

- Quoi ? - Enlevez tout !

Sortez la langue.

Levez vos pieds.

Penchez-vous.

Penchez-vous !

Un sac � main, une montre avec bracelet en cuir marron.

- D�odorant, collier avec m�daillon... - O� suis-je ?

Un porte-monnaie contenant 21 marks, une barrette � cheveux marron.

- O� est mon fils ? - Signez ici.

Instructions. R�gle n� 1 :

Le d�tenu doit ob�ir aux gardes et suivre les instructions.

Par ici.

R�gle n� 2 :

Quand un garde entre dans la cellule du d�tenu,

ce dernier doit se mettre debout.

Face au mur, et ne bougez pas.

R�gle n� 3 : Fumer est interdit comme allumer toute sorte de feu.

Face au mur, et ne bougez pas.

Art. 1 : Les biens qui vous sont fournis ne doivent pas �tre endommag�s

ni quitter les locaux.

Face au mur, et ne bougez pas.

Art. 2 : Le d�tenu ne devra pas vandaliser ni ab�mer de quelque fa�on

tables, chaises ou autre pi�ce de mobilier.

Art. 3 : Il est interdit au d�tenu de rentrer en contact avec ses cod�tenus.

Tournez-vous de ce c�t�.

- Quand passerai-je en proc�s ? - Le verre, ici.

La serviette sur ce crochet, et nulle part ailleurs.

Art. 4 : Pendant la nuit, le d�tenu doit �tre couch� sur le dos.

Les mains au-dessus de la couverture.

Art. 5 : Le lit ne doit pas �tre utilis� en journ�e.

R�gle n� 4 :

tout contrevenant � ces r�gles ou qui refuse d'obtemp�rer aux gardes

sera s�v�rement puni.

Tout acte de violence ou tentative d'�vasion se verra r�prim� par les armes.

Ne vous asseyez pas sur le lit.

Andreas Wagner.

Berlin-Ouest, quarter de Marienfelde

- M. Wagner ? - Oui ?

Nous avons retrouv� la grand-m�re du petit. Mme Schell va le ramener...

Non, je suis son p�re.

M. Wagner, vous n'�tes plus la personne la plus proche de lui.

Il ne doit retourner en RDA en aucune circonstance.

Salut, Sven.

C'est ton papa. Tu ne le reconnais pas ?

M. Wagner ?

Oui, c'est bien Sven.

C'est mon fils.

Tiens, regarde.

�a fait un moment qu'il t'attend.

Des nouvelles de Katja ?

Arr�t�e � la fronti�re hongroise.

Elle est d�tenue en RDA.

O�, exactement ?

Ne bougez plus, face au mur.

Allez.

Regardez en bas.

Face au mur. Mains dans le dos.

251.

Rentrez.

- Je m'appelle Katja Schell. - Pas ici, non.

Asseyez-vous sur la chaise, � ma droite.

Qui �tes-vous ? O� est mon fils ?

- Je pose les questions. - Dans une maison d'accueil ?

Vous �tes dans une maison de d�tention du minist�re de la S�curit� d'�tat.

Vous devez m'appeler Inspecteur en Chef.

Sous certaines conditions, nous parlerons de votre enfant.

Je ne l'ai pas vu depuis la Hongrie. Dites-moi o� il est.

Assise, les mains sur le bureau.

Le jugement a d�j� �t� rendu, et vous avez �t� reconnue coupable.

1 : passage clandestin d'une fronti�re. Paragraphe 213, section 2...

Code P�nal de la RDA.

2 : contact ill�gal avec les m�dias ennemis. Paragraphe 219.

Andreas Wagner.

Votre interrogatoire est enregistr�.

Signez et datez.

Comme vous devez le savoir,

depuis son entr�e en RFA, votre petit ami n'a eu cesse,

via des reportages frauduleux, d'attaquer le Socialisme en RDA.

Je ne parlerai pas.

Votre fr�re Micha et vous-m�me �tes consid�r�s comme ses complices.

Vous n'aurez rien de moi.

Malheureusement...

� cause de vos divers m�faits, dont votre tentative d'�vasion,

vous avez perdu le droit d'�lever votre enfant.

Pourtant, j'imagine que vous souhaiteriez l'�lever vous-m�me.

O� est...

Le destin de votre enfant d�pend enti�rement de vous.

Le minist�re de la S�curit� d'�tat est tr�s influent, vous savez.

Rien n'est impossible pour quelqu'un

qui nous aiderait � arr�ter cet homme.

Vous voulez que je trahisse Andreas ?

Jamais.

Nous avons le temps...

T'aimes pas les spaghettis ?

Tu veux essayer les miens ?

Si ce sont les olives, je te les enl�ve.

Mange quelque chose. Rien qu'un petit peu.

Un autre menu, s'il vous pla�t.

On ne va pas commencer sur ces bases-l�.

Si j'ai rat� quelque chose, dis-le-moi.

O� est maman ?

Maman n'a pas pu sortir de la RDA.

Elle est en prison ?

- Oui. - C'est ta faute !

- C'est moi. - Oui, c'est bien grand-p�re Kurt !

Heureux de t'entendre. Un petit canari s'est r�fugi� chez moi.

Tu peux parler, on est seuls.

Sven est l�, Micha.

Il est en col�re, sinon �a va.

Bien.

- Des nouvelles de Katja ? - Aucune, absolument aucune.

Je sais juste que la Stasi l'a arr�t�e.

- Tu sais o� elle est ? - Non.

- On la fera sortir. - Ah oui ? Comment ?

Un surveillant compatissant, pour elle et ses camarades.

Nous exer�ons une pression publique constante.

Je vais faire un reportage : "Une m�re s�par�e de son fils."

Avec des images ! Super, Andreas, mais �a changera quoi ?

Ils ont enferm� Katja pour nous atteindre : toi, moi et tout le groupe !

On ne les laissera pas faire.

Micha ?

J'envoie quelqu'un demain. Micha ?

- Impossible ! - Je l'ai vue parler � une femme, je te dis.

- Elle serait de la Stasi ? - J'ai du flair.

Tu te trompes.

Dirk, je comprends. Le cerveau n'a pas toujours le dessus...

- Ce n'�tait pas Esther. - Il y a une taupe, c'est s�r.

Qui a eu acc�s � la cam�ra ?

Reprenez la position de couchage.

Reprenez la position de couchage.

Reprenez la position de couchage.

Maman...

Sven ?

Venez avec moi.

O� �a ?

Pas de questions, t�te baiss�e.

Un interrogatoire ? Maintenant ?

- R�fl�chissez bien. - Je n'ai rien � dire.

- Mais si. - C'est toujours la m�me chose.

Je fais �a pour votre bien, vous comprenez ?

Vous ne voyez m�me pas le petit man�ge de Wagner,

qui s'est servi de vous � des fins subversives ?

Il ne s'est pas servi de moi.

Le 23 ao�t 1988, vous avez pass� une vid�o � un politicien de l'Ouest...

- qui est un pion de Wagner. - De mon propre chef.

Donc vous avouez fomenter un complot avec Wagner contre notre pays ?

Des images sur les d�chets d'une d�charge qui rendaient des enfants malades !

Personne d'autre n'en parlait.

Qu'est-ce qui vous prend ? Asseyez-vous.

Il a utilis� ces images dans un reportage sur la pollution en RDA,

diffus� en prime-time sur la cha�ne ouest-allemande.

Vous �valuez mal les cons�quences de vos actions.

Cet homme est responsable de la mort de votre fr�re Matthis.

Il est mort parce que vous lui avez tir� dessus.

Mlle Schell...

Vous d�fendez un homme qui vous a abandonn�e alors que vous �tiez enceinte.

Qu'a-t-il fait pour vous et votre enfant en six ans ?

M�rite-t-il vraiment votre confiance ?

Ceux qui fuient le pays ne sont pas seuls � mettre � mal le parti et Honecker.

Ceux qui rentrent aussi. Les voix de la protestation grondent.

Les Allemands de l'Est exigent libert� individuelle et droits civiques.

� Berlin-Est, le 7 septembre, des centaines de jeunes

ont manifest� pour d�noncer des �lections truqu�es.

La revendication de libre circulation met la pression sur la politique nationale.

Arr�te. Stop.

"Met la pression", �a ne va pas. Dis plut�t :

"La revendication de libre circulation remet en question le destin de la RDA."

Avec plus d'emphase, aussi. Tu es pr�t ? Vas-y.

La revendication de libre circulation remet en question le destin de la RDA.

Caserne g�n�rale de la Police du Peuple

Il y a pas mal de monde, aujourd'hui.

Ce n'est plus possible, les commissariats sont d�bord�s.

Ils affluent par centaines ici, tous les jours.

La moiti� du pays se soul�ve, et personne ne fait rien.

- Il nous faut une loi sur la circulation. - Et �a changera quoi ?

- Erich Honecker est toujours en place. - Depuis juillet, et on est en septembre.

�glise Gethsemane, Quartier de Prenzlauer Berg

Nous exigeons la lib�ration de tous les prisonniers politiques.

La lib�ration de Katja Schell, Thomas Cantos...

- Attention. - Friedrich Hato...

Helene Starke, Holger Pohl, Jan-Peter Husum...

Andreas Friedrich, Markus Friedrich...

Manuela Speter, Kerstin Lang...

- La Stasi est venue me voir. - Sans rigoler...

- � ton propos. - Et alors ?

- J'ai dit non. - �a ne fait pas partie de leur vocabulaire.

Jule !

Enfin, te revoil�. J'avais peur de ne jamais te revoir.

- Tu vas bien ? - Oui.

On prie � 18 h. Tu viendras ?

Personnellement, je pourrais m'en passer.

- Et le rassemblement d�mocratique apr�s... - Tu pourrais t'en passer aussi.

Oui, je pourrais.

Je connais un bistrot sympa. �a te tente ?

Une autre fois, je dois rentrer.

- Tu le connais ? - C'est mon fr�re.

Allons-y, lieutenant.

Bonsoir, papa.

Bonsoir.

Sens-moi �a, Jule.

�a vient de l'Ouest. Ne dis rien � ton p�re.

Susanne me les a donn�s en �change d'une tarte aux pommes.

- Bonsoir, G�tz. - �a va ?

- Le d�ner est pr�t ? - Presque.

- O� �tais-tu ? Il est 20 h pass�es ? - J'avais � faire.

M. le Ministre des Affaires �trang�res !

Nous travaillons � une solution, mais je ne peux rien d�voiler encore.

Je veux m'adresser aux citoyens de la RDA, enferm�s dans l'ambassade.

Au nom du gouvernement f�d�ral...

Nous sommes venus jusqu'� Prague

pour vous annoncer...

qu'aujourd'hui, vous �tes libres d'�migrer en RFA.

Honecker reste au pouvoir.

- Il est frais comme un gardon. - Le d�ner est pr�t.

On ne t'a pas appris � frapper ?

C'�tait la premi�re et la derni�re fois que je te vois devant cette �glise.

Je ne te dois rien.

Tu sais ce que tu fais ? Imagine la t�te de papa, s'il savait !

Moi, je connais ma place. Si on me demande d'�craser ces anarchistes,

je le ferai, m�me si tu en es !

Le g�n�ral a d�j� appel� 3 fois.

La fronti�re tch�que est ferm�e. Toute circulation est suspendue.

- D'o� viennent les ordres ? - Honecker veut des mesures fermes.

Pourquoi on ne m'a pas mis au courant ?

Tous les commissariats doivent ob�ir aux ordres, je compte sur vous.

Tout d�placement priv� est d�sormais interdit.

�a va les pousser � l'immigration. Ce n'est pas ce que nous voulons.

Le parti est pr�t � encaisser.

- Vous en pensez quoi, vous ? - Moi ? Je suis les ordres.

Le peuple n'acceptera pas et va assaillir les commissariats.

La R�publique est une vraie cocotte-minute...

Sur le point d'exploser. Votre boulot, c'est de l'en emp�cher.

Sous un tonnerre de protestations,

la c�l�bration du 40e anniversaire

de la naissance de la RDA

a commenc� � Berlin-Est.

Les manifestants marchaient sur Alexanderplatz...

alors qu'Erich Honecker accueillait M. Gorbachev � l'a�roport de Sch�nefeld.

Les habitants de Berlin-Est r�servent un accueil triomphal au leader de l'URSS.

La politique de la "glasnost" et les r�formes de la "perestro�ka"

donnent espoir � des millions de personnes

en qu�te de libert�.

Gorbatchev ! Gorbatchev !

- Dirk, ne t'en m�le pas. Rentre chez toi. - Pourquoi ?

Des �meutes vont �clater � Leipzig demain. Andreas veut des images.

Merde !

Honecker mobilise l'arm�e.

Jule, par ici.

L�chez-le, bande de salauds ! On s'est pas battu contre les Nazis pour �a !

Jule !

L�chez-le !

- 3e �tage, allez ! - Hors de question ! Vous partez !

- Je ne veux rien � voir avec les anarchistes. - C'est une coll�gue.

- Ce sont des �meutiers ! - Vite, tous au 3e !

Mlle Knoop, le propri�taire aura vent de tout �a, je vous pr�viens.

- Il faut une voiture inconnue de la Stasi. - Je ne viens pas.

- Quoi ? - Je ne vais pas � Leipzig.

On ne risquait que la prison. L�, c'est une balle dans la t�te !

- Tu me l�ches ? - Je ne servirai pas de gibier.

Et pour cet Andreas que je ne connais pas ?

Tu vas m'accompagner !

La Stasi est d�j� au courant pour nous. Il y a une taupe dans nos rangs.

C'est pas toi ?

- Assis ! - Tout le monde !

Assez ! Vous me faites mal.

- Mains dans le dos ! - On est innocents ! �coutez-nous !

Mains derri�re la t�te.

Mon enfant est encore dedans.

L�chez-moi ! Je veux r�cup�rer mon enfant.

- Halte ! - Restez ici !

Jule, viens.

Par l�.

- Je ne peux pas. - Allez, Jule !

Impossible.

Vous pensez vraiment qu'Andreas Wagner vous est fid�le ?

On ne s'est pas vus depuis six ans.

Je sais qu'il fr�quente d'autres femmes de temps � autre.

�a n'a rien � voir avec l'amour.

C'est son assistante.

En couple depuis deux ans.

Ils se voient tous les jours.

Et toutes les nuits.

C'est le r�sultat qui compte.

Le bloc socialiste s'effondre et vous ne pensez qu'� Katja.

La Stasi a s�par� une m�re de son fils. L'enfant est ici.

- C'est une histoire vraie. - Pas d'images, ni t�moignages, ni preuves.

Donc aucun reportage sur Katja Schell !

Vous m'en voyez d�sol�, mais �a ne cadre pas pour la t�l�.

Katja a �t� emprisonn�e par erreur.

Un drame personnel quotidien, malheureusement.

C'est tragique pour vous et votre enfant, mais notre boulot, c'est l'info !

Et �a ne concerne pas les drames personnels ?

D�sol�.

Le petit doit aller se coucher. Il est mort de fatigue.

- Bonnie, une seconde. - Bonne nuit.

Vous me laissez tomber...

Je suis moi-m�me p�re, je n'aimerais pas �tre � votre place.

Vous vivez un drame personnel, mais rendez-vous un peu compte...

Votre fils n'y gagnera rien si votre histoire devient publique.

Je peux esp�rer un reportage sur Katja, oui ou non ?

Passez moins de temps ici, et plus avec lui.

- �a veut dire non. - C'est exact.

- On nous emm�ne o� ? - � Rummelsburg, je pense.

On se tait. Pas un mot, compris ?

Caserne de Rummelsburg

On va rester assis longtemps ici ? C'est scandaleux !

- On veut des couvertures. - Et des pansements pour les bless�s.

C'est inhumain. Une vraie honte !

- Silence ! - Vous devriez avoir honte.

- Descendez. - C'est le 3e Reich, ma parole !

Allez, on descend !

Assez ! L�chez-moi !

G�tz !

Qu'est-ce que vous faites ?

Tu n'as rien � voir l�-dedans, vu ?

Pour papa et maman, tu rentrais � la maison.

Je te pr�viens.

Ne pleure pas, non.

Dirk, ouvre-moi.

N'ouvre pas.

Dirk ?

Retire ce que tu as dit ou je te d�molis ! Je ne suis pas un tra�tre.

Alors, viens � Leipzig.

Pourquoi tu l�ches tout ?

Ne dis plus �a. Je suis ton pote, connard.

J'ai fait ces films pour la bonne cause. Je voulais faire quelque chose de ma vie.

Ce qui est diff�rent de m'attaquer � des chars et des snipers.

- Ils sont l� pour nous effrayer. - Vas-y seul.

- Dirk ne vient pas. - C'est toi qui d�cides ?

Micha !

Je suis enceinte.

Et nous sommes heureux.

Que fais-tu de mon fr�re tu� ? De toi et moi ? De Lutz et des autres ?

- On devrait rien dire ? - Toi, t'as rien � perdre !

Katja a un enfant, et elle est en prison.

J'ai �t� emprisonn� deux mois, aussi !

Tout �a n'a rim� � rien alors ?

Demain apr�s-midi, Dirk.

Trouve une voiture, je t'attendrai.

Plus vite, on descend, allez !

Les femmes � gauche. Les hommes � droite.

Plus vite ! Et on se tait.

On regarde en bas et on la ferme !

�cartez les jambes !

- Qu'est-ce qu'ils vont nous faire ? - Nous interroger.

Et apr�s ?

- Vos jambes ! - Je veux voir mon enfant.

- �cartez-les ! - Je veux mon enfant !

On �carte les jambes, j'ai dit !

Vous ne pouvez pas me traiter comme �a.

Jule, te voil� enfin.

Nous �tions si inquiets.

Viens.

G�tz et Marina ont eu un gar�on.

Martin.

F�licitations.

- Ton fr�re ne l'a pas encore vu. - On sait ce qui s'est pass�.

G�tz a appel�.

- Pourquoi tu as pris cette route ? - Ce n'�tait pas un hasard.

J'�tais devant l'�glise Gethsemane, pour manifester.

- C'est pas vrai ? - Tu as ralli� les anarchistes ?

- Nous ne sommes pas des anarchistes. - "Nous" ?

J'ai bien entendu "nous" ?

Des citoyens pacifistes se sont fait taper dessus.

Ce sont des dissidents ! Je t'interdis de te joindre � eux.

Au moins, ils ne frappent pas les innocents, comme G�tz.

Retire ce que tu viens de dire ! C'est faux.

Ton fr�re ne dort pas depuis 72 h.

Il n'a pas assist� � la naissance de son fils � cause des insurg�s.

�a suffit !

- Jule. - Je peux dormir sur ton sofa ?

Impossible.

Sur le sofa, impossible !

Ma m�re devrait dire quelque chose.

- Ta m�re ? - Je sais ce qu'elle pense.

Mais elle se cache derri�re mon p�re, ob�issante et sage.

- Tes parents ont peur. - De quoi ?

Ils croient au socialisme, ils ont aid� � le construire.

Remettre en question le syst�me revient � questionner leur vie.

Mais je suis moi. Je n'ai pas � les suivre.

Ton p�re pourrait avoir des probl�mes et risquer la mise � pied.

Les rouges sont comme �a. Endoctriner, manipuler, extorquer.

Je l'ai v�cu des ann�es. Je revois mon prof d'allemand :

"Vous voulez aller � l'universit�, M. Baumann ?"

On m'avait demand� une dissert' sur le r�le de protection du Mur.

"L'av�nement d'une paix int�rieure et ext�rieure pour notre R�publique."

Matthis, le fr�re de Katja et Micha, venait de se faire tuer sur le Mur.

C'�tait mon ami.

Micha �tait un exemple pour moi.

J'ai donc �crit que tout n'�tait que mensonge...

que le Mur nous emprisonnait au lieu de nous pr�munir de l'imp�rialisme.

Et que la mort de Matthis �tait un assassinat pur et simple.

- Quel �ge avais-tu ? - Je ne sais plus, 18 ou 19.

Et alors ?

Rien, j'ai eu une mauvaise note.

La r�daction du sujet �tait objective, sans point du vue pr��tabli.

Quartier de Kreuzberg, Berlin-Ouest

H�, Sven, fais une passe.

Viens.

Je vais t'aider.

- Tu la vois ? - Oui, l�-bas.

- O� elle est ? - Dans le sable.

- On redescend. - Et ma balle ?

Je t'en ach�terai une autre.

On fait quoi ?

On va faire une pause.

Et maman ?

- Eh bien quoi ? - S'ils ne la rel�chent jamais ?

- Mais si, ils vont la rel�cher. - Comment tu peux le savoir ?

Je n'en sais rien, mais j'y crois.

Tr�s fort.

- Il pleut ! - Continuez � bouger.

- Je voudrais des affaires s�ches. - On se tait.

- Des affaires s�ches. - Vous demanderez �a demain.

Je demande aujourd'hui.

Je veux parler � mon Inspecteur en Chef !

- Maman n'a peut-�tre pas assez � manger. - Mais si.

- Comment tu le sais ? - Moi aussi, j'ai �t� en prison.

Trois semaines. C'�tait avant ta naissance.

Le pire n'est pas la faim ni le froid, rien de ce genre.

Le pire, c'est la solitude.

- Elle est toute seule ? - Oui.

Toute la journ�e ?

Oui.

Mais il y a un truc.

Regarde...

Tes pens�es, personne ne peut te les enlever.

Elles te suivent partout.

Si tu penses tr�s fort � quelqu'un, alors tu n'es jamais seul.

Je faisais �a, je pensais � ta maman.

� notre premi�re rencontre.

Vous ne pouvez pas tenir vos enfants ?

Je peux mais je ne le veux pas. Ils ne font que jouer.

Ils ne jouent pas, ils font les fous.

Vous avez raison. Vous ne jouez pas, vous faites les fous !

- Et c'est dr�le, non ? - Oui !

Debout, et habillez-vous.

Yeux vers le sol !

- Retournez-vous. T�te baiss�e. - Non.

- Demi-tour, t�te baiss�e, d�tenue ! - Mon nom n'est pas "d�tenue".

Je m'appelle Katja Schell.

- Demi-tour, t�te baiss�e. - J'ai 33 ans.

Ma m�re s'appelle Margret, mon fr�re Micha.

- On ne bouge plus. - Et j'ai un fils.

Sven, 6 ans. Et vous me l'avez enlev�.

- Du calme, d�tenue. - O� est mon enfant ?

Yeux au sol !

Vous avez des enfants ? Comment s'appellent-ils ?

Vous leur racontez quoi, quand vous rentrez le soir ?

Non, je vous en prie !

Non !

- Quelqu'un t'a vu ? - Non.

Bien.

Je bouge la voiture. Pas en face de la porte.

Une Wartburg. Blanc cr�me.

Plaque : IB 3326.

- Faber et Schell n'iront pas loin. - Je m'en occupe.

- Finies les photos pour le camp ennemi. - J'esp�re que vous avez raison.

Sinon nous gagnerons la bataille de la rue, mais perdrons celle des m�dias.

Aux Premiers Secr�taires du parti.

Urgent. Les protestations...

ont pour but d'�branler les fondations de notre Socialisme.

D'autres �meutes vont �clater. Toute future protestation...

... doit �tre emp�ch�e. Pour lutter contre les insurg�s...

... j'ordonne le d�ploiement total des troupes de S�curit� Nationale.

Nous sommes persuad�s que le 9 octobre sera d�cisif.

Leipzig conna�tra son lot d'�meutes.

Le gouvernement est pr�t � �craser les manifestants avec violence.

Les opposants au pouvoir comme les habitants craignent un v�ritable massacre.

En cas d'arrestation, un message pour nos familles.

Nous renon�ons � tout type de violence. Nous ne portons pas d'armes mais une cam�ra.

Vous �tes s�r que c'est la chose � faire ? Personne ne s'int�resse � Leipzig.

- Ne les sacrifiez pas. - Ils d�cident de leur propre destin.

Tr�s bien.

Arr�te-le d�s qu'il sort.

Mais o� �tais-tu ?

- Et toi ? Moi, j'ai d� m'�chapper ! - Tu crois que je dors chez moi ?

- O� ils sont ? - L� devant.

Mais quelle �pave ! O� tu as eu �a ?

- Dirk, qui te l'a refil�e ? - Mon beau-fr�re. On peut avoir confiance.

Qui est au courant ?

Esther.

Bordel !

Vite !

On se casse !

Non.

- Saute en premier. - Vas-y, toi.

Micha !

- D'o� elle sort, cette caisse ? - T'inqui�te et monte.

- Tu avais deux voitures ? - On n'est jamais trop prudents.

Tu savais qu'on allait �tre trahis.

Merde.

Et voil� ! La solution � la chinoise !

Dans les rues de Berlin-Est, les mauvais souvenirs refont surface.

Les souvenirs du massacre de P�kin...

Le Parti Communiste au pouvoir avait envoy� des tanks � l'assaut des manifestants.

Une centaine de manifestants chinois l'avaient pay� de leur vie.

Rentrez chez vous, Andreas. Vous ne pouvez rien pour eux.

Je les prends ?

On doit avancer, le plus loin possible.

Te l�ve pas, on pourrait te voir !

Le cache.

Les voil�. Ils arrivent.

Il y a la moiti� de la ville.

Toute la ville est dans la rue.

Ils sont des milliers.

Montrer �a � la t�l� fera l'effet d'une bombe.

Allez, concentre-toi dessus.

Tous ensemble ! Tous ensemble !

- Le voyant rouge ! - Merde !

- Prends mon chewing-gum. - Super.

Mais regardez-moi �a ! Encore plus b�tes que des policiers !

Mais vous attendez quoi ? Allez-y, vite !

- Merci. - Merci.

Merde !

On remonte !

Micha, par ici.

Ne criez pas.

- La cl� ! - Merde.

En haut ! Vite !

Ils sont partis.

Merci.

Nous sommes le peuple !

Nous sommes le peuple !

On reste ici !

Notre contact nous attend sur le pont, un Am�ricain, ami d'Andreas.

- Mais comment le reconna�tre ? - Facile, c'est un Am�ricain !

Nous restons ici !

- Qui c'est ? - J'en sais rien.

Micha, c'est de la folie. �a grouille d'agents de la Stasi.

Regarde les chaussures. On le reconna�tra � �a.

L'avenir, c'est le Nouveau Forum !

L'avenir, c'est le Nouveau Forum !

Hey ! Andreas ! Salut !

- Bill ! - Comment �a va ? T'as r�ussi !

D�p�che-toi de visionner �a.

Incroyable...

Passez �a aux agences de presse imm�diatement.

Quand les Allemands de l'Est verront �a, le nombre de manifestants doublera.

Une vraie avalanche.

En RDA, le parti SED pourrait c�der � la pression et entamer des r�formes.

Leipzig est au c�ur de cette vague d'espoir.

Le peuple clame : "Wir bleiben hier !" - "Nous restons l� !"

Il y a six semaines, 500 personnes

composaient cette manifestation pacifique hebdomadaire � Leipzig,

dont le but est de lancer des r�formes. On comptait 70 000 manifestants, ce lundi.

Le d�ploiement des forces de s�curit� n'a pas g�n� cette vague humaine.

Alors qu'il y a quelques semaines, ils n'�taient que quelques centaines,

on parle de 150 000 personnes dans les rues.

Ils crient quoi ? On n'entend rien.

"Nous sommes le peuple", M. le Secr�taire G�n�ral.

"Nous sommes le peuple" est le slogan

des manifestants issus de toutes les classes de la soci�t�.

Rejoignez-nous !

"Rejoignez-vous", une pri�re qui est exauc�e.

Au moment culminant de la manifestation,

un habitant sur trois de Leipzig est pr�sent.

Une telle parade n'�tait jamais arriv�e dans toute l'histoire de la RDA.

Mercredi, 18 octobre 1989

Chers camarades,

apr�s m�re r�flexion et d�lib�ration hier, lors de la session du politburo,

j'ai pris la d�cision suivante :

� cause de ma maladie et des complications qu'elle a engendr�es,

ma sant� vacillante ne me permet plus de rassembler les forces suffisantes

pour diriger notre parti, actuellement et � l'avenir.

Je demande donc au Comit� Central de me relever de mes fonctions

de Secr�taire G�n�ral du SED, dirigeant de la RDA...

et Chef du Comit� National de D�fense.

Le Comit� Central et le Parlement devraient pressentir Egon Krenz...

tout � fait � m�me de r�pondre � l'�norme responsabilit�

et � la masse de travail qu'impliquent la situation actuelle et l'int�r�t national.

F�licitations de la part de tous les m�dias.

Ne nous masquons pas la r�alit�, un �norme travail nous attend.

Travail, travail et encore du travail.

"Travail", "dialogue", comme des formules magiques !

Ils sont fous et confondent dialogue avec ru�e vers l'Ouest.

Il ne s'agit m�me plus de d�mocratie et libert� !

- De quoi alors ? - De bananes !

- Andreas. - Une seconde.

Nous avons toujours vu le Mur du bon c�t�.

Ils veulent des fruits exotiques, magn�toscopes, voitures et passeports.

Il ne s'agit pas de r�formes mais de R�unification.

Leur nombre est �valu� � 300 000, malgr� une pluie battante.

Des semaines, voire des ann�es d'emprisonnement vous attendent.

Comment pourrais-je vous aider si vous refusez de coop�rer ?

Ce tra�tre pass� � l'Ouest n'est pas tout dans votre vie.

D'autres personnes vous aiment. Pensez � votre m�re.

Comme elle doit souffrir.

Tous vos amis et coll�gues, qui vous estiment et vous aiment.

Notre Parti Socialiste vous remettra en selle.

Ne laissez pas la loyaut� vous �touffer, pas pour un tra�tre envers ce pays.

Pensez � votre fils,

� combien il a besoin de vous.

Il a besoin de sa m�re.

Vous �tes la seule � pouvoir l'aimer comme une m�re.

Vous voulez vraiment qu'il passe son enfance dans un orphelinat ?

Andreas a dit : "Les m�dias sont les yeux du monde."

Il disait aussi que les gens croyaient moins � la r�alit�

qu'� ce qu'ils voyaient � la t�l�vision.

Lui et Micha...

voulaient utiliser les m�dias occidentaux

pour consolider les bases de l'opposition dans ce pays.

L'ann�e derni�re, Andreas Wagner a fait passer une imprimante

destin�e � sortir des tracts en faveur de l'opposition.

O� est cette machine ?

Mlle Schell, o� est-elle ?

Chez ma m�re.

On monte, allez.

La RDA vient de d�clarer l'amnistie. Lib�ration des prisonniers politiques.

Tu vas bient�t revoir Katja.

- Maman va �tre lib�r�e. - Elle va venir � la maison ?

Mais elle est lib�r�e l�-bas... � l'Est.

Je pourrai la rejoindre ?

Debout. Prenez vos affaires.

Debout. Prenez vos affaires.

Debout. Prenez vos affaires.

Mardi 9 novembre, 1989

Vous devez rejoindre le minist�re, camarade Hoffmann.

Depuis que Krenz a rouvert les fronti�res avec l'URSS,

ils fuient tous le pays.

Le peuple panique, croyant qu'on va refermer les fronti�res.

Il faut une libre circulation des hommes et des indemnit�s de voyage.

Les r�serves seront � peine suffisantes pour des tickets de bus.

Arr�tez de r�ver.

La priorit�, ce sont les Tch�ques.

Ils voient d'un mauvais �il que nos camarades utilisent leur territoire

pour passer en RFA.

- S'ils �taient libres de voyager... - Faites-moi plaisir.

Je ne suis pas comp�tent. Cela regarde la S�curit� de l'�tat.

Deux coll�gues sont en chemin pour vous pr�ter main-forte.

C'est incoh�rent. On peut partir pour toujours,

mais si on veut rendre visite � sa famille et revenir, c'est impossible !

Il faut inclure un passage pour les voyages personnels.

- Dans le m�me projet ? - Oui.

Mais nous traitons le probl�me tch�que.

Nous ob�issons aux ordres, en voyant un peu plus loin.

Et comment vous imaginez �a ?

En principe, les voyages � l'�tranger... Enlevez "En principe".

Les voyages � l'�tranger pour motifs personnels sont d�sormais autoris�s...

Les visas seront d�livr�s sans pr�sentation d'itin�raires ou de raisons familiales.

Ils seront d�livr�s rapidement.

Les services civils des commissariats de police

peuvent �mettre des visas de sorties sans aucune conditions particuli�res.

On peut entrer et sortir ? Sans visa ?

- Il faut encore un visa. - Comme si �a allait les arr�ter.

- Quand cela prend-il effet ? - Je dirais... D�s maintenant.

Voyons ce qu'en disent les agences.

Attrapez vos t�l�phones, vite !

Nous ouvrons avec : "La RDA autorise les voyages priv�s."

- Non. - Quoi "non" ?

Il faut ouvrir avec :

"Le Mur s'effondre."

M. Schabowski. Que va-t-il se passer pour le Mur ?

Il est 19 h. Ce sera la derni�re question. Merci d'en prendre note.

Ce qu'il va arriver au Mur ?

Les seules informations que nous avons concernent les voyages.

�a n'a aucun sens. Qu'est-ce qu'il raconte ?

Nous n'avons re�u aucun ordre.

Avec les conneries de Schabowski, on va �tre submerg�s.

Passe-moi le poste-fronti�re 7. Je veux savoir ce qui se passe.

Et apr�s, appelle le minist�re.

- Poste 7. - Schabowski autorise la libre circulation.

- �a pourrait d�g�n�rer cette nuit. - Sans rire ? On a d�j� du monde, ici.

Gunda, viens voir, vite.

� la demande de nombreux citoyens, nous r�p�tons l'annonce officielle.

Les voyages priv�s � l'�tranger sont d�sormais autoris�s.

- Les mecs, le Ku'damm, c'est par l�. - Arr�te tes conneries.

Vous avez pas la t�l� ? Le Mur est ouvert.

Tu as entendu Schabowski ? On peut voyager librement, de suite.

�a ne devait �tre officiel que demain ! Ils sont fous, bon Dieu !

- Tu vas o� ? - Voir la Bornholmer Strasse.

Et si c'est vrai, me balader sur le Ku'damm.

Je voudrais prendre une fois dans ma vie un caf� au Kempinski.

Gunda, nous avons tout ici, et nous devons tout � la RDA.

Oui...

Il y a de tr�s bonnes choses.

Mais ta RDA, notre R�publique, s'enfonce depuis 40 ans.

Personne ne peut vivre comme �a, moi non plus.

Tu viens avec moi ?

Lutz ?

Lutz ? Viens. Les fronti�res sont ouvertes.

Lutz ? On peut aller voir le Reichstag ou regarder la Funkturm !

Visiter l'Europa Center.

Ch�re Jule, quand tu liras cette lettre, je serai en chemin pour l'URSS.

Je tenterai de passer � l'Ouest bient�t, mais sans toi.

Je pars car cette confiance que je vois dans tes yeux me fait souffrir

malgr� mes mensonges actuels et pass�s.

Ce que la RDA m'a demand� n'est pas rien.

Rien n'est jamais vain. Ils attendent toujours quelque chose en retour.

J'ai trahi mes amis, toi et Micha. J'ai espionn� les gens devant l'�glise.

Tous mes mensonges m'�touffent.

Mais je t'aime, et ce n'est pas un mensonge.

Je te demande pardon.

Un appel pour toi, une certaine Mme Schell, de l'Est.

- Wagner. - C'est Margret.

- Andreas ? - Margret. Je t'entends mal.

- Tu as des nouvelles de Katja ? - Il y a eu un probl�me. Katja est...

Quoi ? Margret ?

Sven, r�veille-toi.

- Sven, allez, debout. - Qu'est-ce qui se passe ?

- Habille-toi, on part. - Maintenant ? Mais o� ?

Voir maman.

Jule !

- Mon Dieu, que s'est-il pass� ? - C'est Lutz.

Ne pleure pas.

Ouvrez ! Ouvrez !

- Quand allez-vous ouvrir ? - Nous n'avons aucun ordre.

Schabowski l'a dit lui-m�me !

C'�tait � la t�l�. Toute la plan�te sait que le Mur va s'ouvrir.

- D�s qu'on aura l'ordre du minist�re. - Je veux voir votre sup�rieur.

- Impossible. - Allez le chercher.

Sinon vous allez vous faire �craser.

Non, je n'attends pas. Ils s'amassent par milliers.

Nous ne sommes que 14. Si vous ne faites rien, on sera d�bord�s.

Camarade Commandant, on vous demande au poste-fronti�re 7.

- On a peur. - On attend Krenz.

- Et Krenz attend Moscou. - Il nous faut un ordre.

Dites-leur de rentrer chez eux, de revenir demain pour les visas.

Totalement impossible. La t�l� a dit que c'�tait bon.

- Nous restons les ma�tres � bord, ici. - Pas aujourd'hui, camarade Commandant.

Aujourd'hui, c'est la t�l� qui d�cide.

Sortez les provocateurs.

Toi, toi et toi avec la veste en jean.

Toi, avec le chapeau.

- Ils n'en prennent que quelques-uns. - Tu parles trop, toi !

- Nous aussi, connard ! - Toi et toi !

Toi aussi.

Allez.

Toi et toi. Halte !

Allez, par ici.

Je vois tonton Micha.

- O� �a ? - L� !

Viens.

C'est Andreas.

- Andreas. - Micha, enfin.

Dirk, c'est lui.

Andreas, voici Dirk.

Merci.

Ouvrez les grilles !

- Le minist�re dit qu'on ne bouge pas. - Nous sommes 14 contre des milliers ?

Ils veulent ce que la t�l� a promis. Il faut agir, ou nous serons massacr�s.

Krenz nous abandonne.

Schabowski, Mielke, Neiber, o� sont-ils ?

Si personne ne donne cet ordre, faites-le !

Levez la barri�re. Laissez-les passer.

Doucement...

Mandy !

Tous les postes-fronti�res ont c�d�. C'est fini.

Regardez leur joie.

C'est sans commune mesure.

- � plus tard. - O� vas-tu ?

- � plus... - Mais o� ?

C'est pas le bon c�t�.

Laisse tomber. Allons-y.

H�, Jule, c'est super, non ?

Regarde leurs yeux. Le Socialisme, c'est fini.

Tu viens ?

Une autre tasse de caf� ?

Margret.

Margret, tu es l� ?

Maman ?

Maman, pourquoi tu pleures ?

- Comment tu es arriv� ici ? - C'est papa...

Le Mur est tomb�.

C'est fini.

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