All language subtitles for 20The crime of Christmas

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Original subtitles

*Le crime de Noël

Chauds, les marrons !

Approchez. Du lait frais tiré de ce matin.

Monsieur, des petits bonbons ? 30 francs le kilo.

13 à la douzaine !

Moi je vais prendre du pain d'épices, voilà.

- Y a des pommes d'amour ! - J'aime pas ça.

Au voleur !

Au voleur ! Pardon, mais...

- C'est affreux ! Affreux ! - Merde !

Rien de cassé ?

Mademoiselle, être bousculé par vous fut un vrai plaisir !

C'était ton cadeau, dans le sac.

- Mon cadeau ? - Alors là.

Vous pouvez pas mieux tomber, tenez.

Joyeux Noël !

Prenez, je vous dis !

Il a l'air vrai.

Bien entendu qu'il est vrai.

À quoi bon s'encombrer de tout cet argent ?

J'irai plus léger dans mon cercueil !

Merci.

Merci, monsieur Noël !

Marlène, y a une couille dans le potage.

T'auras pas fini qu'il t'aura vendu une tondeuse.

J'étais comme vous, mademoiselle.

J'avais peur, je me méfiais de tout,

et puis un jour,

j'ai essayé le bonheur.

Le monde s'est ouvert, les étoiles se sont alignées,

et ce sourire, mademoiselle, n'a plus quitté mon visage.

Joyeux Noël !

Et bonne année !

Joyeux Noël !

C'est merveilleux !

Mais, Marlène, redescends sur Terre.

C'est qu'un bonimenteur et un tour de magie minable.

Non, c'est un vrai !

Regarde le filigrane !

Merde...

Oh, non !

Il est passé où, le gros ?

Alice !

C'est le Père Noël, tout de même.

*Orphelinat Sainte-Cécile

Faut pas rester ici, Louison.

Mais c'est pas juste, il a rien fait, mon frère.

Je sais,

mais là, je peux pas l'aider.

Et que ça te serve de leçon.

Que fais-tu là ? Au dortoir.

Et toi, Baptiste, ne me manque plus jamais de respect !

Un jour, tu me remercieras de t'avoir endurci.

Le monde ne te fera pas de cadeau. Tu m'entends ?

- Oui. - Oui, qui ?

Oui, Mme la directrice.

Allez, au lit.

T'as pas eu trop mal ?

Je m'en fous.

- C'est pour ce soir, Louison. - Ce soir ?

Je te promets, on remettra plus jamais les pieds ici.

Mme la directrice,

je me disais, une petite ambiance de Noël, ça ne ferait pas de mal.

J'ai un plan pour le sapin. Ça nous coûtera rien.

- Et ça ferait plaisir aux enfants. - "Plaisir" ?

Vous les habituez à ça et vous les lâcherez dans le monde ?

C'est un mauvais service, Gaston.

Notre devoir est de les préparer à la réalité.

D'ailleurs, vous êtes trop gentil avec eux. N'est-ce pas, Max ?

Oui, madame.

La nouvelle institutrice est arrivée ?

Pas encore.

En voilà une qui commence très mal. Elle devrait être là depuis 2 jours.

Ah, commissaire,

dites-moi qu'on a enfin une affaire sur les bras,

un joli petit crime à élucider.

Non. Il faut dire que c'est bientôt Noël.

Justement, oui... Noël.

Ça me donne des envies de meurtre, et je dois pas être le seul.

C'est quoi, ça ?

C'est Marlène.

Décidément, cette femme a tous les talents.

Qu'est-ce qui se passe, ici ?

Ma tête à couper qu'il a oublié !

Oublié quoi ?

La chorale,

le concert !

C'est ce soir ?

À moins d'avoir deux 23 décembre cette année, oui.

C'est que j'ai...

Ce n'est pas grave.

Comment ça, "ce n'est pas grave" ?

Tu voulais qu'il t'entende chanter.

Oui, mais j'ai tellement le trac.

Tu sais quoi,

continue de répéter, t'auras moins la trouille.

D'accord.

Merci.

C'est bon, d'avoir des amis.

Deuxième couplet.

Qu'en dites-vous ?

Comment dire ? C'était...

Commissaire, votre avis compte beaucoup pour moi.

C'était...

C'était puissant, Marlène.

Vous avez une voix...

- Qu'on reconnaîtrait entre mille. - Voilà.

Vous m'ôtez les mots de la bouche.

Si j'étais vous, Marlène,

comment dire... je chanterais plus...

peut-être, je chanterais...

plus intérieurement. - "Intérieurement" ?

Dans la musique, ce qui compte parfois, c'est...

C'est le silence.

Vous la fermez, oui ?

Vous voulez que Max débarque ?

Et voilà !

À quoi ça sert ?

"À quoi ça sert ?"

C'est un transistor, abruti.

Pour écouter de la musique. Tu sais ce que c'est ?

Ben, oui.

J'ai vu des gens le danser. Ça s'appelle du rock'n'roll.

Mme Hautin dit que ça ne sert à rien.

C'est toi qui sers à rien.

T'as intérêt à la fermer ou je remplis ta bouche d'araignées.

Qui veut danser avec moi ?

Toi.

Y a Hautin qui rapplique !

Vous avez 5 secondes pour me dire d'où venait cette musique.

Charlotte !

Oui, Mme la directrice ?

- D'où venait cette musique ? - Je ne sais pas, Mme la directrice.

Tu ne sais pas ?

Je suis très déçue, Charlotte.

Très, très déçue.

J'ai trouvé ça, madame,

sous le matelas de Bouboule.

Je vous jure, c'est pas à moi !

Tu as une explication ?

J'ai jamais vu cette revue de ma vie !

Non, c'est pas moi ! Je vous promets !

J'ai rien fait !

Taisez-vous !

Tous en pyjama et au lit immédiatement !

Et le premier qui parle passera demain à genoux sur une règle.

Louison,

on y va.

Waouh.

Tiens. Sans argent, vous irez pas très loin.

Merci, Rudy.

Je veux pas rater le Père Noël. Y a qu'à partir un autre jour.

Dis-lui.

Dis-lui, je te dis !

Écoute, Louison,

le Père Noël,

il existe pas.

Mais c'est n'importe quoi. Bien sûr qu'il existe.

S'il existait, pourquoi je reçois rien ?

Parce que t'es méchant avec Bouboule.

Je te jure, si je croise ton Père Noël,

je lui fais la peau.

Merci, Rudy.

Bonne chance, et arrange-toi pour qu'on se voie plus jamais

dans cet endroit de merde.

C'est pas poli de dire "merde".

Salut, Louison. Tu vas me manquer.

Allez, foutez le camp.

Où est-ce qu'on va aller ?

On va retrouver maman.

Mais tu sais pas où elle est.

On va la retrouver, je te jure.

Pourquoi vous ne dites rien ?

Le concert ne vous a pas plu, c'est ça ?

Si. Si, si.

En fait, c'était...

C'était...

Inoubliable.

Vous dites ça, commissaire, mais...

- Vous dormiez, je vous ai vu. - Absolument pas, je ne dormais pas.

Je fermais les yeux,

pour mieux profiter de...

de la beauté de votre voix.

C'est gentil.

Regardez !

Il neige !

Noël sous la neige.

N'est-ce pas merveilleux ?

Pour une fois, je suis d'accord avec Laurence.

Noël, c'est sinistre.

Pourquoi tu es toute triste ?

Je déteste ce quartier.

J'y ai passé les pires années de ma vie,

et je peux te dire, Noël à l'orphelinat,

c'était le jour le plus affreux.

Mais c'est beau, la neige, non ?

Les petites lumières qui clignotent, les jolies boules sur le sapin.

Même le petit Jésus.

Les petites réunions de famille,

les jolis cadeaux qui font plaisir à personne...

Je vais vous dire le fond de ma pensée, Marlène :

le secret du bonheur, c'est de passer Noël tout seul.

Ouais.

Avec un bon disque de jazz et un bon whisky.

Commissaire.

Il neige.

Waouh !

Regarde.

Un manège !

Cache-toi, Louison !

- Tu vois bien qu'il existe. - Abaisse-toi !

Rudy et toi n'êtes que des menteurs.

Cours ! Ne te retourne pas !

Attention !

Oh, mon Dieu !

Ça va ? Tu n'as rien ?

Le Père Noël...

- Le Père Noël... - Quoi, le Père Noël ?

Il est mort.

Quelqu'un l'a tué.

Qu'est-ce qu'elle raconte ?

Tout va bien, maintenant.

Comment tu t'appelles ?

Louison.

C'est joli comme prénom, Louison.

Mais que fais-tu toute seule en pleine nuit ?

J'ai pas le droit de le dire.

Mais tu peux nous dire où tu habites pour te raccompagner chez toi.

Baptiste a dit : "Cours, cours." Et il était plus là.

Baptiste ?

C'est qui, Baptiste ?

Mon frère.

Bon. Très bien.

Tu vas nous raconter tout ça, mais d'abord,

tu nous montres où est ta maison ?

Et si le Père Noël, il est mort,

comment il va distribuer les cadeaux ?

Vous voyez bien.

Je mentais pas.

Alice, regarde.

C'est le zinzin qui donnait de l'argent.

De l'argent ? Quel argent ?

Et mon frère,

il est où ? - J'en sais rien.

Une chose à la fois.

Vous êtes policier ou vous êtes pas policier ?

Alice, qu'est-ce que tu fais ?

C'est une vraie.

Évidemment que c'est une vraie.

Une vraie barbe, un vrai billet de 500.

Alléluia, le Père Noël est mort.

On va pouvoir se débarrasser de toute cette mascarade.

- Toi, je t'aime pas. - Moi non plus.

Les petites pestes, on devrait les noyer comme les petits chats.

T'inquiète pas, Louison.

En fait pour le commissaire, y a que 2 sortes de filles :

les pestes ou les idiotes.

Et aussi celles dans votre genre, qui sont dans les deux catégories.

Ça suffit !

On est très fatigués.

Tu vas plutôt nous dire où tu habites, mon ange.

Qu'est-ce que tu fais là, toi ?

Commissaire Laurence.

Cette petite a été témoin d'un meurtre.

- Un meurtre ? - Oui.

Quelqu'un déguisé en Père Noël a été tué près d'ici.

C'était pas quelqu'un déguisé en Père Noël,

c'était le Père Noël.

Tais-toi, idiote !

Peux-tu m'expliquer ce que tu faisais dehors ?

- Et ton frère est où ? - Disparu. Envolé.

Et s'il a vu le meurtre, il est en danger.

Que faites-vous là ? Remontez tout de suite !

Non, attendez.

Est-ce que l'un d'entre vous a remarqué

quelque chose de bizarre, ce soir ?

Personne ?

Et Baptiste, quelqu'un l'a vu ?

C'est fini ?

Mais qu'attendez-vous ?

Allez, au lit !

- Toi aussi, Louison. - Non.

Elle vient avec nous.

Pas question, c'est ma responsabilité.

Un meurtrier aux abois est dangereux.

Elle reste avec nous.

Sylvie.

Oui, madame ?

Au lieu d'espionner, raccompagne le commissaire.

Bien, madame.

Toi, tu perds rien pour attendre.

Ici, on sera tranquille.

Pourquoi ?

De quoi t'as peur ?

Tu te souviens pas ?

C'est encore pire qu'avant.

Max fout la trouille à tout le monde.

Il frappe si fort que ça fait des bruits énormes.

Personne peut rien faire.

Si, je peux faire quelque chose.

On s'en fiche.

Qui s'intéresse à un orphelinat minable ?

Moi. Je suis journaliste à La Voix du Nord,

et je vais écrire un article.

T'aurais dû l'écrire depuis longtemps.

Oui, t'as raison.

Tu veux bien me chanter une chanson ?

Oui, si tu veux.

J'avais rêvé d'une poupée

Qu'on câline comme une maman

Qui me dirait

je t'aime tant

Je suis fière de toi, mon enfant

J'avais rêvé d'une maison

Remplie d'amour et de jouets

J'avais rêvé

d'une belle école

D'un chocolat chaud au goûter

Excusez-moi, mademoiselle.

Je voulais pas vous déranger.

Vous chantez tellement bien. On dirait la voix d'un ange.

Ne reste pas dans le froid, là.

Allez, hop.

Il est si terrible que ça, ce Max ?

Oui, je crois qu'il aime nous frapper.

Qu'est-ce que c'est que ça ?

Bouboule, que fais-tu debout à cette heure ?

Ça te plaît, les rendez-vous avec Max ?

Non, madame.

Allez, au dortoir immédiatement !

Nous réglerons ça demain.

Et vous, qui êtes-vous ?

Mademoiselle Chevalier, enfin.

Vous avez une bonne excuse, au moins ?

J'espère que vous avez quelque chose de plus classique dans vos bagages,

qui sont arrivés à l'heure, eux.

Je suis...

Navrée, je sais. Tout ça ne sert à rien.

On va vous montrer votre chambre.

Sylvie !

On va passer la ville au peigne fin.

Mais discrétion absolu à propos du Père Noël. C'est clair ?

On va commencer par ratisser le quartier et on élargit.

Je veux qu'on retrouve ce gamin avant demain matin.

Vous entendez ?

Sinon, on passera le réveillon ici.

Allez, exécution.

Bien. Louison, pour la dernière fois,

comment était le tueur du Père Noël ?

Je sais pas, il faisait noir.

As-tu une idée de l'endroit où ton frère a pu aller ?

Il a dit qu'on allait chercher maman.

Ta maman ?

Tu as encore ta maman ?

Ben oui.

Pourquoi tu n'as rien dit ?

Parce que tu me l'as pas demandé.

Et elle habite où ?

J'en sais rien.

On va lancer une recherche.

Même s'il y a pas beaucoup d'espoir,

on sait jamais.

Et pour la petite ?

Mettez-la dans une cellule, je l'interrogerai demain.

Elle n'embêtera personne.

Vous n'êtes pas sérieux, après tout ce qu'elle a vécu.

Je suis d'accord, commissaire.

Ben, prenez-la chez vous ! Je vous souhaite du plaisir.

C'est que...

- Ma femme est malade. - Comme par hasard.

Je l'aurais bien hébergée,

mais c'est tout petit, chez moi.

J'y suis plus à l'étroit que Bubulle dans son aquarium.

Imaginez,

le meurtrier nous suit,

il défonce ma porte...

Quelle horreur !

Non,

il n'y a qu'un endroit où elle sera vraiment en sécurité,

c'est chez vous.

Chez moi ?

Vous êtes folle !

C'est hors de question. Vous m'entendez ?

Hors de question.

Waouh !

Tu descends immédiatement.

Ne saute pas sur ce canapé.

Marlène, faites quelque chose.

Du calme, mon ange.

"Mon ange" ?

Vous appelez ça un ange ?

Une furie, oui !

Non, ne touche pas à ça !

- Elle va tout casser. - Mais non !

C'est quoi ?

C'est de l'art.

Ça coûte très cher.

J'ai faim.

Bon. Eh bien, je vais vous laisser.

Bonsoir.

Attendez, vous voulez que je reste seul avec...

Je ne peux pas rester.

Je n'ai pas d'affaires avec moi et un milliard de choses à préparer.

Non, je ne vous laisse pas partir.

Demandez-moi n'importe quoi, la Lune, mais je vous en prie, restez.

- Non. - Marlène.

C'est un ordre !

Mon Becker.

Elle a cassé mon Becker !

Qu'est-ce que je vous avais dit ?

Tu sais ce que ça vaut, un Becker ?

Si tu touches encore à quoi que ce soit, je t'envoie à la guillotine !

- Commissaire ! - Tu connais la guillotine ?

C'est une jolie lame qui va trancher ton joli cou de monstre.

Bon, bon, bon !

Je vais rester jusqu'à ce qu'elle dorme.

Les draps sont lavés une fois par semaine, le lundi.

Elle a pas l'air commode, la directrice.

Une vraie peau de vache.

Ils font la paire, elle et son chien de garde enragé, Max.

C'est le diable, lui.

Vous le rencontrerez bien assez tôt.

Voilà votre chambre.

Vous verrez, on s'habitue à tout,

même au matelas.

Merci.

D'accord.

Merveilleux.

Excusez-moi, j'ai oublié de vous dire :

il y a des souris.

Bonne nuit.

Merci.

Arrêtez !

Non !

Qu'est-ce qui se passe encore ?

Baptiste...

Baptiste, il est mort.

Mais non, qu'est-ce que tu racontes ?

Tu as fait un cauchemar, c'est tout,

Y a plein de policiers qui le cherchent dans toute la ville,

Ils vont le retrouver.

Allez,

bonne nuit.

Je veux une chanson.

Quoi ?

Je veux une chanson.

D'abord on dit pas : "Je veux."

Et ensuite...

Je connais pas de chansons.

Tout le monde connaît des chansons.

Sauf moi. Tu es tombée sur le seul type qui n'en connaît pas.

Même pas Une souris verte ?

Tu vois.

Tu la connais !

- Après, tu dors ? - Après, je dors.

Une souris verte Qui courait dans l'herbe

Je l'attrape par la queue Je la donne à ces messieurs

Je la montre à ces messieurs.

Oui, je la montre.

Je la montre à ces messieurs

Ces messieurs me disent

Trempez-la dans l'huile Trempez-la dans l'eau

Ça fera un escargot tout chaud

- Bonne nuit. - C'est pas fini.

Et tu l'as chantée trop vite.

Je la mets dans mon tiroir

Elle me dit qu'il fait trop noir

On va pas y passer la nuit.

Recommence depuis le début.

Mademoiselle ?

Excusez-moi.

Qu'est-ce qu'il y a ? Qui c'est ?

- Je suis Gaston. - Oui.

Et ça vous donne le droit de me réveiller ?

Non, mais on vous attend en classe.

Oh, merde !

Quelle heure il est ?

- Oh, merde ! - Ça va aller ?

Oui, ça va aller.

Je m'occupe de la directrice. Vous prépariez vos cours.

Oui, voilà... Gaston.

Merci.

Et merde !

Excellent, Mlle Chevalier. À peine 30 minutes de retard.

Un petit café ? Un croissant ? Un bon bain chaud ?

Un café, je dirais pas non, mais bien serré.

Vous ne ressemblez pas au rapport qu'on m'a envoyé.

Vous avez enseigné quelle classe ?

Toutes.

Enfin, à peu près.

"À peu près."

C'est cet "À peu près" qui me fait peur.

Quoi ?

- Parle. - Pas devant elle.

J'arrive.

Allez dans votre classe, vous !

Allez, les enfants !

On jette son dernier papier, voilà. C'était le dernier.

Arrêtez ! Laissez Mademoiselle parler !

C'est qu'il est amoureux, notre Bouboule !

Bouboule est amoureux !

Bouboule est amoureux !

Vous voyez cette gomme ?

Le dos tourné, je la mets dans la corbeille là-bas,

et vous vous taisez toute la journée.

Marché conclu ?

Parfait.

- Tu t'appelles comment ? - Rudy.

S'il te plaît, va sur l'estrade.

L'estrade ?

Ce truc un peu surélevé,

qui permet au prof de penser qu'il a le pouvoir.

Je te remercie.

Rudy,

qu'aimerais-tu faire quand tu seras grand ?

Cambrioler des banques.

J'ai connu un gamin qui te ressemblait beaucoup,

et j'ai appris qu'il était mort dans un cambriolage.

Pourquoi me faire peur ?

De toute façon, que va me donner la société ? Rien.

Je pensais comme toi à ton âge.

Ça te choquerait si je te disais que j'ai passé 8 ans ici ?

Orpheline,

comme vous.

J'en ai bavé comme vous.

J'ai reçu des coups,

j'ai eu la trouille,

et je me disais : "Faut vraiment que je sois une moins que rien,

"pour qu'on m'ait abandonnée dans ce trou à rat."

Je me disais...

Enfin, je pensais,

que j'étais une erreur de la nature,

et que je méritais pas d'être aimée.

Évidemment,

que je ferais rien de ma vie.

Vous essayez de faire quoi ?

Nous faire chialer ?

Eh bien, je me trompais...

Qu'est-ce que vous faites au milieu des élèves ?

Bon, bon...

Asseyez-vous !

Rudy, à ta place.

Continuez. Faites comme si je n'étais pas là.

Pourquoi ai-je l'impression que vous tombez de la Lune ?

Pour une première prise de contact, j'ai pensé que...

Que quoi ?

- Oui ? - Je peux aller au tableau ?

Oui.

Futur simple du verbe réussir :

je réussirai, tu réussiras,

il réussira, nous réussirons,

vous réussirez, ils réussiront.

Bravo. Tu peux retourner à ta place.

Est-ce que quelqu'un pourrait me donner

un autre exemple du futur simple ?

Oui, Rudy.

Je résisterai,

tu résisteras,

il résistera,

nous résisterons,

vous résisterez, ils résisteront.

Je te remercie.

Marlène, vous lui donnez une feuille et de quoi dessiner.

Quant à toi, si tu touches encore à quoi que ce soit,

tu feras connaissance avec de jolies menottes ?

Commissaire !

- Je vais à la morgue. - C'est quoi, une morgue ?

Ça ne te regarde pas.

*Urgent avis de recherche Baptiste Sauvage

Pour l'heure du crime, pas de surprise : 23 h 30, minuit.

Et l'arme ?

Un Luger.

Y a pas à dire, ce type ressemble furieusement au Père Noël. Non ?

Pendant que je le découpais, j'étais un peu mal à l'aise.

Un médecin légiste avec un diplôme qui croit encore au Père Noël ?

C'est touchant.

Ce soir, c'est réveillon, on pourrait se détendre un peu.

J'ai un crime sur les bras,

et une disparition d'enfant, c'est plus important qu'une dinde

et des huîtres, vous ne pensez pas ?

En parlant d'huîtres, j'en ai trouvé une douzaine dans son ventre,

intactes.

C'est toi qui vas le ressusciter ?

Faudrait pas trop traîner,

il a plein de cadeaux à distribuer.

Mais...

Que fais-tu là ? Je t'avais dit...

Je m'ennuyais !

J'ai dit à Marlène que j'allais faire pipi.

Elle est gentille, elle croit tout ce qu'on lui dit.

Bon.

Ça suffit, maintenant.

Allez, tu sors.

Aïe ! J'ai mal !

Je vais le dire à Marlène.

Non, mais lâchez-la. C'est une petite fille.

Vous allez pas vous y mettre aussi.

Puis après tout, tu vas rester avec le docteur.

Il te montrera comment découper un cadavre.

C'est très drôle.

Et je suis sûr que ça te servira un jour.

Allez...

- Bonne chance. - Non, attendez !

Commissaire !

Commissaire !

Non, non !

Touche pas à ça.

Et merde.

Y a quelqu'un ?

Maison Griboule !

S'il vous plaît,

Le vin chaud qui rend maboule !

Alors, les amoureux ?

Un petit vin chaud à la cannelle ?

Un petit renseignement suffira.

Police.

Vous le connaissez ?

Jésus, Marie, Joseph ! Mais c'est Hubert.

Le pauvre !

Ça tournait plus très rond là-dedans.

Allez voir Mathilde, elle le connaissait bien.

Et on la trouve où, Mathilde ?

La femme qui s'occupe du manège.

Merci.

Merci.

Maison Griboule !

Le vin chaud qui rend maboule !

Il tenait un restau...

la belle brasserie, là-bas.

Mais depuis sa maladie, son fils a repris l'affaire.

- Sa maladie ? - Pardon, c'est le moment du pompon.

Le pompon, qu'est-ce que j'ai pleuré enfant.

Jamais j'ai réussi à l'attraper.

Qu'est-ce que je disais ? La maladie.

Y a 3, 4 ans, il est devenu zinzin.

Son fils a essayé de le mettre à l'hôpital,

mais Hubert s'est pas laissé faire, une vraie tête de mule.

Puis il s'est mis à distribuer son argent.

Geoffroy a essayé de l'en empêcher.

Ils se sont même bagarrés, l'autre jour.

Quel gâchis.

C'est une belle brasserie.

Les meilleures huîtres de toute la région.

Le fils qui travaille et le père qui distribue son argent,

ça ferait un joli mobile.

C'est pas ce que je voulais dire.

Deux cafés.

Bonjour.

Vous avez réservé ?

Bonjour. Je voudrais parler au patron.

En brouillade et 2 nature !

Chéri, c'est pour toi.

Monsieur est de la police.

Ça donne faim, tout ça.

Écoutez, là, vous...

vous tombez mal.

C'est...

C'est mon père ?

Il veut pas se faire soigner.

Qu'a-t-il fait ?

Il est mort.

- Quoi ? - Quoi ?

Tué par balle, hier soir.

Un supplément frites pour la 15 !

Quelle horreur !

Serge, donne-moi un whisky.

Vous voulez quoi ?

Votre emploi du temps d'hier soir, entre 23 h et minuit.

Où pourrais-je être sinon dans mon restaurant ?

On vérifiera.

Vous êtes en train de me soupçonner ?

C'était pas le grand amour entre votre père et vous.

C'est ignoble, ce que vous dites.

C'est pas ignoble,

c'est le monde qui est ignoble.

Tuer le Père Noël, avec tous ces enfants...

J'ai tué personne.

Il se déguisait depuis longtemps ?

À chaque Noël, il devenait dingue.

Il allait à la banque, il sortait des sous et les distribuait.

Le pire est qu'il pensait être le Père Noël.

Et pourquoi pas ?

C'est vrai, on sait pas, finalement.

On vit à côté des gens et on les connaît pas.

Merci, Marlène.

Il s'installait toujours là-bas.

Déguisé en Père Noël, tout le monde le regardait de travers.

Il faisait pitié.

J'imagine, oui.

Moi aussi, ça m'aurait coupé l'appétit.

Les langoustines, on enlève !

C'est bizarre, on dirait qu'il sourit.

Avant qu'il ne devienne fou, je ne l'avais jamais vu sourire.

Il pouvait être tellement dur.

Il s'est jamais intéressé à moi, occupé à culbuter les serveuses.

Ma mère n'en pouvait plus.

Elle s'est fabriqué un cancer pour échapper à tout ça...

tellement il était ignoble.

Elle en est morte.

Puis il a commencé à perdre la tête, et là, il est devenu gentil.

Sauf avec moi, évidemment.

C'est mieux.

Beaucoup mieux.

Les jurés seront plus cléments si vous ouvrez votre coeur.

C'est quoi, votre problème ?

Mon problème ?

Savoir ce que vous faisiez entre 23 h et minuit.

J'étais au restaurant.

Vous vous êtes absenté une demi-heure.

C'est possible, je me souviens pas.

Donc votre père avale une douzaine d'huîtres, et puis...

il s'en va. C'est ça ?

Il avait rendez-vous.

- Avec qui ? - Je sais pas.

Il était tout excité, presque joyeux.

Tiens donc...

Il avait peut-être rendez-vous avec son assassin ?

Vous l'avez suivi ?

Oui, je l'ai suivi.

Il a réussi à me semer.

Il était pas si dingue, quand il voulait.

Pourquoi j'ai tant de mal à vous croire, M. Dopagne ?

Peut-être parce que vous changez les versions ?

Vous étiez au restaurant, vous n'y étiez plus...

J'ai droit à un avocat, non ?

Je me souvenais pas qu'elle était si laide.

En même temps, c'est le seul cadeau qu'on ait jamais reçu.

Alors c'est comme ça qu'on sera, quand je serai grande ?

Eh oui.

Désolée.

Non.

Moi, je me trouve très belle.

Je vais encore rester longtemps ici ?

Faut pas t'inquiéter.

On a une belle vie, maintenant.

Enfin, je veux dire...

On s'est plutôt bien débrouillées.

L'autre jour, il y avait un papillon dans le dortoir.

Il est reparti par la fenêtre et j'ai voulu le suivre.

Regarde-moi.

Regarde-moi.

Je me souviens bien de ce papillon.

T'as bien fait de pas le suivre.

T'as bien fait de pas sauter.

Tu me fais confiance ?

Oui.

Qu'est-ce que vous faites ici, mademoiselle ?

Vous n'êtes pas autorisée à traîner ici.

Vous êtes sourde ?

Sortez d'ici.

Immédiatement.

Quelle conne.

Alice.

Alice. Alice !

Viens, Alice.

Viens, Alice.

À quoi riment toutes ces questions ?

Il a toujours été réglo avec moi, Hubert.

J'avais entendu les pires horreurs à son sujet,

mais il était plutôt gentil.

"Les pires horreurs" ?

Mais vous savez.

Ce qu'on raconte,

comme quoi il aurait forcé une jeune serveuse à...

Il l'aurait obligée quoi, c'était le patron.

Elle se serait pendue.

C'est ce que qu'on raconte.

Il faut que j'y aille.

On a interrogé le personnel. On vous a pas beaucoup vue hier soir.

Je suis plus serveuse, commissaire.

C'est difficile à admettre mais c'est comme ça.

J'étais dans le bureau.

Et pourquoi je l'aurais tué ?

Tout cet argent qu'il distribuait, ça a dû vous rendre malade, non ?

L'héritage qui fond comme neige au soleil ?

Jamais je l'aurais touché.

C'est le seul satisfait de mon mariage.

Une petite serveuse avec le fils du patron ?

J'ai entendu plein de saloperies.

Je peux y aller ?

Oui,

mais interdiction de quitter la ville.

Pardon, excusez-moi !

Je crois qu'on a trouvé quelque chose.

La maman de Louison s'appelle Delphine Sauvage,

née à Montreuil-sur-Mer, en 1931.

Sans domicile, mais a priori, toujours vivante.

Ce serait formidable si on la retrouvait.

Un vrai conte de Noël.

Ah, oui ?

Et si on trouve une épave ?

Une pauvre femme abîmée par l'alcool,

avec la moitié de son cerveau, sans souvenir de ses gosses ?

Ça ressemble à un conte, vraiment ?

J'ai plus beaucoup d'effectifs, mais je vais voir comment faire.

Bureau du commissaire Laurence.

Quoi ?

Oh, mon Dieu.

Oui, oui.

Il y a eu un autre meurtre, à l'orphelinat.

Elle fouinait partout, mais de là à se faire tuer.

Deux cadavres en deux jours,

à même pas 100 m de distance.

Si vous voulez mon avis, ça sent le roussi pour votre établissement.

Allez, fouillez-moi cette baraque.

Ce visage vous parle ?

Hubert Depagne, alias le Père Noël.

Jamais vu.

Même sans la barbe ?

Je connais pas cet homme, je vous dis.

Vous êtes toujours nerveuse ou que lorsque vous mentez ?

Regardez cette pauvre fille. Comment pourrais-je ne pas l'être ?

Cette pauvre fille a vu quelque chose,

c'est certain.

Elle est pas morte pour rien.

L'assassin est dans les parages, madame.

Et qui sait,

peut-être même qu'il vit ici, dans cet orphelinat.

C'est absurde.

Je réponds de mon personnel.

Bon,

y a bien la nouvelle.

La nouvelle ?

La nouvelle institutrice,

Mlle Chevalier.

Elle est arrivée hier.

C'est elle qui a découvert le cadavre.

Tiens, tiens.

Tu m'attraperas pas, tu m'attraperas pas !

Rends-moi mon chapeau.

Rends-lui son chapeau.

C'est adorable de venir avec nous.

Avec cet assassin,

je ne voulais pas vous laisser sortir sans garde du corps.

Je dois vous faire une confidence :

j'adore les marchés de Noël.

C'est quoi, ce truc ?

De la barbe à papa. Tu veux goûter ?

Oh, oui, oui !

Une pomme d'amour, Marlène ?

Non, merci.

Marlène, pourquoi t'as pas d'enfants ?

T'en veux pas ?

Si, j'en veux bien, moi.

Demande le commissaire en mariage.

Non, c'est pas possible, ça.

Pourquoi ?

Parce que...

Parce que...

Ce sont les hommes qui demandent.

Et le commissaire n'aime pas les enfants.

Si, j'aime les enfants.

On parlait pas de toi. Toi, t'es trop gros.

Ben, merci.

J'ai une idée.

Si on jouait à cache-cache ?

Je me cache, vous me trouvez.

Tenez.

Merci.

- Où est-elle ? - Hein ?

Elle était là, puis elle est partie.

Louison ?

Louison ?

Félicitations, Avril. Laissez-moi vous regarder.

Vous venez de franchir un sommet de plus dans le ridicule.

C'est ça,

posez vos petites fesses serrées sur le bureau,

prenez vos airs supérieurs.

C'est pas vous qui auriez le cran de vous faire passer pour prof.

Trop peur qu'on vous massacre à coups de compas ?

Alors ça, c'est pas mal.

Vous êtes assis à mon bureau.

C'est là que je me mettais, petite.

Mais qu'est-ce vous en avez à cirer ?

Ce que j'ai vécu ici, qui ça intéresse ?

Vous vous trompez, Avril.

Je sens la moitié d'une larme tenter une petite sortie.

Je peux savoir à quoi vous jouez ?

Ces mômes ne vous lâcheront rien :

pas à un flic.

Moi, c'est pas pareil. Je suis passée par ici.

Je suis comme une grande soeur.

Même les bulots tirent des leçons de leurs échecs.

Mais vous, non.

C'est toujours les mêmes déguisements improbables.

Vous ressemblez autant à une prof que moi à une unijambiste.

Même unijambiste, j'arriverais à vous mettre mon pied au cul.

Vous ne savez rien d'ici.

Les gamins sont terrorisés, Max est un sadique.

Excusez-moi.

Oui ?

On vous demande au téléphone.

Oui, j'arrive.

Ce rose...

Oui, j'étais en train de payer la barbe à papa et hop, disparue.

On l'a cherchée partout.

Mais vous vous rendez compte de ce que vous dites ?

J'ai tellement honte, si vous saviez.

J'irais bien me jeter dans le canal,

mais il est gelé.

Bon. Retournez au marché, j'arrive.

D'accord, commissaire.

J'en peux plus, j'en ai marre !

C'est qui ? Le serveur ?

Qu'est-ce que ça change ?

Quand tu manges, quand tu dors, tu penses à ton restaurant.

Toujours ton restaurant !

Qu'est-ce qu'il y a ?

Y a un problème ?

Ça vous emmerde que je sois là !

Rassurez-vous, ça ne va pas durer.

- Tu vas la fermer ? - Sinon quoi ?

Où tu vas ?

- C'est plus tes oignons ! - Mireille.

Mireille !

Merci pour le téléphone.

Est-ce que, oui ou non, je vous avais interdit de quitter le commissariat ?

L'incompétence, je peux la pardonner, mais la trahison, jamais !

Vous m'avez désobéi.

Commissaire, l'erreur est humaine. D'ailleurs, tout est ma faute.

Vous vous rendez compte, elle est peut-être déjà morte,

pendant que Marlène pleurniche.

Je m'en veux tellement, si vous saviez.

Mais elle était tellement heureuse, ici.

Et à la morgue, elle sera heureuse aussi ?

Pardon, pardon !

Joli conte de Noël qui tourne au cauchemar,

et tout ça, grâce à vous.

Une brigade est sur le coup.

- On va la retrouver. - J'espère bien.

Louison ?

Louison ?

J'étais bien cachée ?

T'es pas si mauvais, comme policier.

Mais les autres, zéro.

Ah, Tricard.

Mais qu'as-tu fait ? C'est grave, c'est très grave !

Marlène est très fâchée !

Marlène, ce n'est qu'une enfant, après tout.

Ne refais jamais ça, Louison.

- T'étais inquiet pour moi ? - Non.

Tout s'arrange.

Je ferais bien un tour de manège.

Et puis quoi, encore ?

- Je veux faire du manège. - Louison !

Je l'accompagne.

J'y serais bien allé aussi.

J'étais le roi du pompon, vous savez.

Non !

Non !

Mlle Chevalier ?

C'est moi, c'est Gaston.

Ça va ?

Non.

Venez.

Venez, venez.

Asseyez-vous.

Je pensais que je serais plus forte.

J'aurais jamais dû revenir ici.

"Revenir ici" ?

Les mêmes odeurs,

la même peur au ventre,

la directrice qui m'arrache la poupée,

et moi qui crie.

Et on m'enferme à la cave.

J'étouffe.

- Je vous ramène de l'eau. - Me laissez pas.

Il faisait tellement noir,

et j'étais toute petite,

et j'ai senti un rat qui me frôlait...

C'était horrible.

Jamais j'oublierai.

Excusez-moi, je suis ridicule.

Non.

Ça va aller.

Oui.

Ça va aller.

Si les flics commencent à fouiller mon passé...

Personne n'a intérêt à ce qu'on fouille dans le passé.

Personne.

Me regarde pas de cette façon.

Je ne suis plus qu'une vieille femme qui pourrit dans un trou à rat.

Vous n'avez jamais été aussi belle, madame.

Strangulation, sans aucun doute.

Les marques sont claires.

Je dirais un linge, une serviette.

Et vu les brûlures sur les doigts, elle s'est débattue.

Sinon, rien d'autre.

Personne n'a rien vu,

personne n'a d'alibi sérieux.

On a trouvé un billet de 500 francs sur elle,

le frère jumeau de celui que Marlène a reçu au marché, la même série.

Vous savez ce que je pense, Glissant ?

Je dissèque les cadavres, je ne lis pas dans les pensées.

Je pense qu'elle s'est essayée au métier de maître chanteur.

Oui.

Et voilà tout ce que cela lui a rapporté :

finir entre vos mains.

C'est pas si mal.

J'en connais beaucoup qui en rêvent.

Si vous n'avez plus besoin de moi...

Pressé d'aller réveillonner ?

C'est pas votre mère qui habite à plus de 300 km.

Ah j'oubliais :

si vous pouvez éviter que la petite fille revienne ici...

Merci.

Bravo !

Martin, que faites-vous ?

Excusez-moi, commissaire.

Tu veux bien faire le cheval ?

Hein ?

Et puis quoi, encore ?

- T'as retrouvé Baptiste ? - Non.

Si tu fais le cheval, je te dirai qui a tiré sur le Père Noël.

Quoi ?

Louison, c'est sérieux, c'est très sérieux.

Ne dis pas n'importe quoi.

Je dis pas n'importe quoi.

Quelqu'un à l'orphelinat a un pistolet.

Pistolet ?

Quel genre de pistolet ?

Jette un coup d'oeil là-dessus,

et dis-moi si tu reconnais le pistolet que tu as vu.

C'est très bien, Louison.

Maintenant, dis-moi où tu as vu ce pistolet ?

Je te le dirai que si tu fais le cheval.

Ce n'est pas un jeu.

C'est ridicule.

Mais non.

Allez, le cheval, à 4 pattes.

Juste quelques secondes, d'accord ?

Promis ?

Au galop !

- Au galop ! - Bravo !

Plus vite !

Bravo, commissaire cheval !

Ah, Laurence...

Descends, descends.

C'est déjà fini ?

Oui. Bon...

Ils ont fouillé l'orphelinat : aucune trace du gamin.

Mais ils ont trouvé une arme chez l'un des surveillants.

Max ?

Non. Un certain Gaston.

- Bonjour ! - Bonjour.

Je suis Mlle Chevalier, la nouvelle institutrice.

Mais vous êtes inconsciente ou quoi ?

Pardon ?

On vous a pas prévenue ?

L'épidémie.

L'épidémie ? Quelle épidémie ?

Le typhus.

Faut partir. Y a déjà eu deux morts.

"Deux morts" ?

Faut pas rester là.

Moi-même, d'ailleurs, je me sens pas...

très bien.

Dépêchez-vous, sinon vous serez en quarantaine.

Et mes affaires ?

Vos affaires...

Contaminées.

Complètement contaminées.

Mais vous êtes bouchée ? Allez, hop, hop !

On se bouge, demi-tour,

et on part le plus loin possible. Allez !

C'est bizarre, j'ai exactement le même manteau.

Vous croyez que c'est le moment de parler chiffon ?

Allez.

Qu'est-ce qu'elle voulait ?

De l'argent pour une collecte...

Vous avez pas l'air dans votre assiette.

Ils ont trouvé une arme, vous imaginez ?

Dans les affaires de Gaston.

Cela dit, ça ne m'étonne pas. Je le sentais pas, ce garçon.

Je comprends pas.

J'ai jamais vu cette arme de ma vie.

On vérifiera les empreintes.

Alors...

c'est bien celle-là ?

Oui, mais c'est pas lui.

C'est pas Gaston qui a tué le Père Noël.

Gaston, il est gentil.

Louison, qui t'a montré cette arme ?

Si tu veux aider Gaston, c'est maintenant.

T'inquiète pas, je te protégerai.

C'est...

C'est Rudy.

Il a dit : "Si je le croise, ton Père Noël,

"je lui fais la peau."

Et il la cachait où, son arme ?

C'est vrai qu'on a trouvé une arme dans la chambre de Gaston ?

Oui. Pourquoi ?

J'ai vu Max, hier soir.

Il est rentré dans la chambre de Gaston avec un air bizarre.

- T'es sûr de ce que tu dis ? - Oui.

Faut raconter ça au commissaire. Viens.

Je peux pas ! Max va me tuer !

Tu préfères que Gaston aille en prison ?

Oh, mon Dieu !

C'est mon cadeau pour Alice !

Comment ça, votre cadeau ?

Le gamin qui m'a volé mon sac sur le marché,

si ça se trouve, c'est ce Rudy, là.

Je l'ai toujours dit, ce gosse finira à la potence.

Faites votre devoir.

J'espère que le juge sera particulièrement sévère.

Bon. Ça suffit.

On rentre.

En rang par deux, s'il vous plaît.

Je veux voir deux têtes.

Allez, les derniers.

En rang par deux.

Rudy !

Tu peux venir un instant ?

Putain, merde.

Monique.

C'est quoi, ça ?

Je vais te faire une confidence : j'ai jamais aimé le Père Noël,

mais de là à le tuer.

Vous êtes malade ? J'ai fauché des trucs, mais c'est tout.

Tu es tellement prévisible et désespérant, Rudy.

Je vous retrouverai et je vous ferai la peau.

- On pourra me couper la tête ! - Ça suffit !

Allez, emmenez-le.

Les enfants, ils vont juste lui poser quelques questions.

Alice ?

Mais que fais-tu là ?

Je t'expliquerai.

Allez, on rentre dans la classe.

Calmement.

C'est joli, cette petite tenue.

Je savais que ça te plairait.

J'ai une merveilleuse nouvelle.

Quoi ? On a trouvé le meurtrier.

Non, ton transistor, ton cadeau de Noël,

Le petit voleur, c'est un enfant d'ici, il s'appelle Rudy.

Marlène, il faut que je parle à Laurence.

Tu peux me remplacer ?

Que je te remplace ?

Que veux-tu que je fasse ?

- Surveille-les, je reviens vite. - Mais je...

Merci, Marlène !

Oh, mon Dieu.

Bonjour, bonjour !

Bonjour !

Bonjour.

Bonjour, les enfants !

C'est joli, ici.

Il fait froid.

Alors je m'appelle Marlène Leroy,

Comme un roi !

Et je suis...

Vachement bien roulée !

Silence !

Silence.

Moi, si j'avais une poupée, je l'appellerais Marlène.

Bon. Alors...

Et si on chantait une chanson ?

Un petit chant de Noël.

On en connaît pas.

On chante jamais, ici.

Je vais vous en apprendre un.

Je fais partie d'une chorale : Les Cigales enchantées.

D'ailleurs, j'ai fait un concert, hier soir. C'était...

Ce n'est pas le sujet.

Bon. Je le fais une fois, et puis ensuite, ce sera à vous.

Mon...

2, 3...

Mon beau sapin

Roi des forêts

Que j'aime ta verdure

Quand par l'hiver

Bois et guérets

Sont dépouillés

De leurs attraits

Mon beau sapin

Roi des forêts

Tu gardes ta parure

Oh, mon trésor...

Oui, je sais, ces chansons-là vous retournent le coeur.

Bon !

À vous maintenant.

Après moi.

Mon beau sapin

À vous !

Mon beau sapin...

Ces gamins racontent n'importe quoi.

Qu'est-ce que j'aurais été faire dans la chambre de Gaston ?

Y cacher l'arme du crime.

Lequel vous a raconté ces salades ?

Vous lui ferez quoi, si je vous le dis ?

Vous lui défoncerez le crâne à coups de marteau ?

Non, plutôt à coups de poing.

C'est plus marrant.

C'est plus dans vos cordes.

Une bonne correction ne fait pas de mal.

C'est ce que je dirai à votre compagnon de cellule,

quand vous serez inculpé pour violence sur mineurs.

Les gars comme vous passent de sales quarts d'heure, en prison.

De toute façon, personne n'osera porter plainte.

N'est-ce pas, mademoiselle ?

On a encore perdu sa langue ?

C'est qu'avec vous, on sait pas combien de mots on peut utiliser.

Cinq. Est-ce que ça irait, cinq ?

Va te faire foutre, connard !

- Il a tout compris, là ? - Vous avez un problème ?

Il va faire quoi ? Me frapper ?

Finalement, ça serait assez logique.

Les femmes et les enfants d'abord,

mais pas quelqu'un qui rend les coups.

Allez, on se calme.

Vous aimez les gosses qui vous supplient ?

Vous en avez bousillé combien ? Combien de rêves détruits ?

Avril, laissez tomber.

J'ai un message du commissariat.

Ils ont retrouvé la femme que vous cherchiez,

une clocharde.

Merci, Martin.

Et on recommence !

Mon beau...

C'est quoi, ce vacarme ?

Que faites-vous là, vous ?

Je...

Mon Beau Sapin.

Une des plus stupides chansons.

Stupide ?

Mon Beau Sapin ?

Mais c'est vous qui êtes stupide !

Pardon ?

Regardez-moi ces enfants.

Ils sont merveilleux, et quand ils chantent,

se sont de petits anges.

Ah !

Commissaire, vous tombez bien.

Faites partir cette hystérique.

"Hystérique" ? Moi ?

Vous n'arrêtez pas de crier sur eux et c'est moi l'hystérique ?

Marlène, Marlène, on y va.

Qu'attendez-vous ?

Reprenez votre cours.

Et vous, silence !

Mais on a rien dit, madame.

Oui, mais vous pensez.

Je vous entends penser.

- Martin, conduisez-les chez moi. - À vos ordres.

Et cette fois, vous m'attendez bien sagement. Compris ?

Pourquoi tu viens pas avec nous ?

Parce que j'ai du travail.

- Mais je te promets... - Promets pas.

Tu tiens jamais tes promesses.

Louison,

et si on lui préparait une surprise ?

Une surprise ?

Quelle surprise ?

C'est Noël, ce soir.

Ah oui, oui ! C'est Noël !

Je vais te dire :

on le fera si bien

que même le commissaire aura des étoiles dans les yeux.

On va lui faire passer le plus beau Noël de toute sa vie.

D'accord ?

J'ai soif.

Pourquoi qu'on m'a mise là ?

J'ai rien fait de mal, moi.

Vous vous appelez Delphine Sauvage. C'est ça ?

Quoi ? C'est un crime ?

Avez-vous un lien de parenté avec Louison et Baptiste Sauvage ?

Ce sont vos enfants.

C'est pour ça que je suis en prison ? Parce que je suis une mauvaise mère ?

Non.

Non.

Il leur est pas arrivé quelque chose ?

Louison est en sécurité.

Cela dit, entre nous,

c'est une sacrée tornade, votre fille.

Elle nous fait tous tourner en bourrique.

Et Baptiste ?

Baptiste a disparu depuis 24 heures.

On s'est dit qu'il était peut-être parti à votre recherche.

Je crois pas, non.

Vivre avec moi, c'est pire que tout.

Je suis pas capable.

J'ai jamais été capable.

Bon. On va encore me garder longtemps ou... ?

Il suffirait peut-être d'arrêter de boire.

Mais qu'est-ce que vous savez de ma vie ?

Hein ?

Qu'est-ce que vous savez de ma vie ? Rien !

Que dalle !

Et vous vous permettez de me juger ?

J'essaie juste de vous aider.

Tu parles, Charles !

Tout ce que je veux, c'est sortir d'ici.

Mais vous êtes libre.

Tenez, si vous avez besoin d'aide...

Vous savez,

ma mère était loin d'être un cadeau,

mais le jour où j'ai failli la perdre,

j'en menais pas large.

Hé oh !

Qu'est-ce qui se passe ?

Je comprends pas.

Noël est la plus grosse soirée de l'année, on peut pas fermer.

C'est pas normal.

Y a quelqu'un ?

Y a quelqu'un ?

Alice, Alice !

Viens.

Viens.

Pourquoi sommes-nous ici ?

Tu te souviens vraiment pas ?

Non !

Non !

J'ai rien fait !

Qu'est-ce que t'as ?

Rien, mon trésor.

Ben, si.

T'es triste.

C'est juste que...

Toi,

le sapin...

J'ai l'impression d'avoir une famille.

Ben, oui.

T'es ma famille, maintenant.

Il est beau, notre sapin.

Il est magnifique.

C'est le plus beau jour de ma vie.

Il arrive quand, le commissaire ?

Il devrait plus tarder, maintenant.

Dis...

Tu veux que je te chante une chanson, en attendant ?

Merci.

Mon Dieu, Geoffroy, que se passe-t-il ?

Venez, madame.

Qu'est-ce que t'as fait ?

Qu'est-ce que t'as fait ?

Je l'aimais, commissaire. Je l'aimais.

Comme un fou.

Curieuse façon de lui montrer votre amour.

Vous échapperez peut-être à la guillotine.

Quoi ?

Vous l'aimez, mais elle a un amant, vous la tuez...

Une histoire qui fait pleurer dans les chaumières.

Vous êtes fou.

Je l'ai pas touchée.

Je suis innocent, commissaire.

J'ai pas tué Mireille !

Je vous dis que je suis innocent !

Baptiste.

Baptiste ?

Vous auriez pu appeler.

Je suis désolé.

La petite se faisait une joie.

J'espère que vous avez une bonne excuse.

Avoir retrouvé sa mère, c'est une bonne excuse ?

Quoi ?

C'est formidable !

Non, pas tant que ça.

Elle refuse de voir ses enfants.

C'est pas possible.

Oui.

La vie n'est pas un conte de Noël, Marlène.

Dans la vraie vie,

certaines mères abandonnent leurs enfants

et ne cherchent pas à les retrouver.

Faut descendre au petit déjeuner.

S'il te plaît.

Non.

Aide-moi avec tes camarades.

Qu'est-ce qui se passe, ici ?

Je suis désolé.

Tournez-vous face au lit.

Baissez la tête.

Qu'attendez-vous ?

Enlevez votre ceinture et corrigez-moi ces morveux.

Tous, sans exception !

Vous êtes un dégonflé, un minable.

Mauviette !

Vous croyez que vous leur rendez service ?

Bon. Voyons si Mlle Chevalier sera plus courageuse. Elle est où ?

On la trouve nulle part, elle s'est volatilisée.

Que se passe-t-il, dans cette maison ?

Il manquait plus que celui-là.

Votre enquête progresse ?

Seulement si vous cessiez de mentir.

- Moi ? - Hubert Dopagne.

- Ça ne vous dit toujours rien ? - Non.

Alors suivez-moi.

Un petit séjour en cellule stimule toujours la mémoire.

Je refuse de quitter ces enfants.

Vous préférez les menottes ?

C'est inadmissible.

En s'approchant de la maison,

les deux enfants découvrirent

qu'elle était en pain d'épices et en gâteaux.

"Hum", dit Hansel.

"Je vais goûter un morceau du toit."

Ils entendirent alors une voix qui disait :

"Grignoti, grignotons,

"qui grignote ma maison ?"

Les enfants...

C'est qui ?

Bonjour.

Excusez-moi.

Bonjour, madame.

Est-ce que je suis bien chez le commissaire Laurence ?

C'est qui, la dame ?

Oui, mais il n'est pas là pour le moment.

Ah bon.

Ben, tant pis.

Au revoir.

Je m'excuse du dérangement.

Mais si vous pouvez lui dire que Delphine Sauvage est passée.

Delphine Sauvage ?

C'est bizarre, la dame, elle a le même nom que moi.

Louison ?

Louison.

La dame, c'est ta maman.

Maman ?

Ma petite fille !

Comme t'es belle !

Maman.

Comment votre père est-t-il mort, Mme Hautin ?

Qu'est-ce qu'il a à voir là-dedans ?

Vous aviez 14 ans, non, quand il a mis fin à ses jours ?

Et alors ?

Un joli petit restaurant qui marchait du feu de Dieu,

et puis une brasserie qui s'installe à côté.

Et 6 mois après,

la faillite.

Vous connaissez le nom du propriétaire de la brasserie ?

Hubert Dopagne.

Étrange coïncidence, non ?

Commissaire,

vous ne pensez pas que c'est moi qui ai commis ce crime ?

Le mobile, deux cadavres à côté, ça commence à faire beaucoup.

De toute façon, l'arme a été retrouvée chez Gaston.

Oui,

et probablement dissimulée par Max.

Le bon Max, le fidèle Max.

Je me suis également renseigné sur lui.

Passé très chargé : agressions, coups et blessures, etc.

Un ancien élève à vous, paraît-t-il,

et peut-être aussi un ancien amant ?

Pourquoi "ancien" ?

Max est un homme, un vrai.

C'est mes affaires, ce que je fais la nuit.

Eh bien, je vais de ce pas convoquer cet amant irremplaçable.

Emmenez-la en cellule.

Vous tiendrez compagnie à Rudy.

Un petit tour, commissaire ?

J'aimerais en savoir plus sur Hubert Depagne.

Vous avez toute la journée, j'espère.

La vie d'Hubert est un véritable roman.

On a parlé d'une serveuse qu'il aurait séduite

et qui se serait suicidée ?

Oui.

Oui, je me souviens. La pauvre fille...

Elle est tombée enceinte de lui et il l'a rejetée très durement.

Elle a accouché et elle est retournée travailler comme si de rien n'était.

Sauf qu'un jour,

on l'a retrouvée pendue dans la cuisine.

Vous connaissez le nom de cette femme ?

Son nom, je m'en souviendrai toute ma vie : Martine Verné.

"Verné" ? Vous êtes sûre ?

Oui. Sûre et certaine : Martine Verné.

- Ça vous dit quelque chose ? - Oh, oui.

Ça me dit que je me suis complètement trompé.

À l'aide !

À l'aide !

Fais semblant de dormir.

Lève-toi !

Cours !

Ça va, tout va bien.

Max est hors d'état de nuire dans la cave.

Baptiste.

Baptiste !

Vous n'êtes pas Mlle Chevalier.

On peut rien vous cacher.

Vous arrivez un peu tard, commissaire.

Je vous présente Baptiste.

Très content de te voir, Baptiste.

Max est entre quatre murs.

Avril, Avril, Avril...

Si la niaiserie était un sport, vous seriez couverte de médailles.

Max est une brute épaisse,

mais il n'a rien à voir avec la mort d'Hubert.

Je comprends que vous soyez un peu vexé,

mais de là à nier l'évidence ?

Il a raison. C'est Gaston qui m'a enfermé.

Quoi ?

Félicitations.

Cacher l'arme du crime dans votre propre chambre,

et demander à Bouboule, qui détestait Max, de faire un faux témoignage,

c'est un coup de maître.

Alors, mon gaillard,

toujours certain d'avoir vu Max entrer dans la chambre de Gaston ?

C'est très grave, de mentir à un policier.

Ça te rend complice d'un meurtre.

Vous avez assommé la mauvaise personne.

C'est Gaston qui a tué le Père Noël.

C'est Gaston qui a séquestré Baptiste.

Mais pourquoi ? Pourquoi ?

N'approchez pas ou je le tue !

Chacun reste à sa place.

Ça sert à rien, Gaston !

Vos clés de voiture !

Vous serez intercepté au barrage.

Les clés, j'ai dit !

Non. Surtout, ne tirez pas.

M'oblige pas à tirer, Baptiste ! M'oblige pas !

Lâchez cette arme.

C'est qu'un môme, Gaston. Un môme !

Lâchez cette arme, c'est terminé.

C'est fini, lâchez votre arme.

Non, non !

Non, non...

Allez, emmenez-le.

Aux yeux de mes grands-parents, c'était moi le responsable :

comme si j'avais poussé ma mère au suicide.

Ils ne m'ont jamais touché,

jamais appelé par mon prénom, jamais souri...

J'étais qu'un truc encombrant qui dormait dans le grenier

et qui leur faisait honte.

Et tout ça à cause de ce fumier.

Et je savais même pas qui c'était.

J'ai dû menacer mon grand-père pour connaître mon géniteur :

Hubert Dopagne.

Il était hors de question que ce salaud reste en vie.

Et Mireille ?

Elle était responsable de quoi ?

Non. Ça, je ne voulais pas.

Je voulais pas.

Gaston ? Mais t'es fou ? Qu'est-ce que tu fais là ?

Pourquoi t'es pas venue au rendez-vous ?

On est riches, ma belle.

On est riches.

- Tu peux quitter ce con. - Comment t'as eu tout ce pognon ?

On s'en fout.

L'important, c'est qu'on va ouvrir notre petit restau à nous,

et on va être heureux.

T'as quand même pas tué le vieux ?

Gaston.

C'était une ordure.

À cause de lui, ma mère s'est suicidée.

Je lui ai téléphoné, lui ai dit que j'étais son fils.

Quoi ?

Il m'a joué la scène des remords, mais ça sonnait faux.

Il en a jamais rien eu à foutre ou voulu savoir ce que je devenais.

Il avait déjà un fils,

alors je lui ai demandé du fric, beaucoup de fric.

Il avait changé, c'était plus le même homme.

Foutaises ! Une ordure reste une ordure.

Et la jeune femme à l'orphelinat, c'est toi aussi ?

Elle savait tout, et elle voulait du fric.

Que voulais-tu que je fasse ?

Et nous ?

Quoi, "nous" ?

Tu savais ça, quand on s'est rencontrés ?

Tu m'as séduite juste pour te venger.

Non, Mireille.

Je voulais me venger, mais je suis tombé amoureux.

Crois-moi.

Écoute, Gaston, je...

Je dirai rien, garde le fric.

Je te le promets, mais va-t'en, s'il te plaît.

Mais je l'ai fait pour toi, mon amour.

Viens, on va partir, on va partir loin.

Je peux pas, je suis désolée, je dirai rien.

Je t'aime, Mimi. Tu es ce qui m'est arrivé de mieux.

Mais lâche-moi !

On mérite du bonheur. Ne gâche pas tout.

C'est toi qui as tout gâché !

Mireille ?

Mireille !

De toute façon ma vie était foutue depuis le début.

Alors maintenant...

que tout aille le plus vite possible.

La guillotine, ce sera comme un cadeau.

Et pour Baptiste, vous alliez faire quoi ?

Le tuer ?

Vraiment ?

Lui aussi était coupable.

Au fond, on est tous coupables, sauf vous.

J'aurais pu devenir quelqu'un de bien aussi,

quelqu'un comme vous.

Jamais j'aurais touché à Baptiste.

Emmenez-le.

Je me demande ce que cette grande baraque va devenir.

Rassurez-vous, Avril,

je veillerai personnellement à ce que ni Max,

ni Mme Hautin ne sévissent plus jamais dans un orphelinat.

- Et Rudy ? - En prison.

- Ils ont découvert sa cachette. - Merde.

Ne vous en faites pas, il sortira bientôt.

Baptiste !

Louison ?

C'est maman, Baptiste. C'est maman.

Je sais que ça va prendre du temps,

mais je te demande de me pardonner.

Je vais tout essayer pour être une bonne mère.

Mais rassure-toi, je ne promets rien.

Je vais juste essayer d'être à la hauteur.

Mon petit bonhomme.

Ma chérie.

Mes petits amours.

Il n'y a rien à faire,

les contes de Noël m'ont toujours fait pleurer.

Avril ?

Ça va ?

C'est quoi, ce sourire de ravi de la crèche ?

Je vous expliquerais bien, mais...

Il faudrait que vous trouviez le chemin de votre coeur,

et ça, c'est pas demain la veille.

Alors je peux m'en aller ?

Personne n'a porté plainte, mais je te préviens,

si tu reviens, pas de cadeau.

Merci.

C'est chic de votre part. Vous auriez pu m'enfoncer.

Que cela te serve de leçon, Rudy.

J'adore comme vos lèvres bougent quand vous prononcez mon prénom.

Rudy !

Vous êtes vraiment canon.

- Vous voulez sortir avec moi ? - Quoi ?

Tu n'y penses pas !

Si, tout le temps.

Bon. Ça suffit, maintenant. Allez, tu files.

Quel succès !

Commissaire.

J'allais oublier.

Qu'est-ce que c'est ?

C'est pour moi ?

Allez, pas de chichi, déballez !

Il n'en est pas question.

Pas question que j'enfile ça !

Vous m'avez fait une promesse.

Une promesse ? Quelle promesse ?

Je pouvais tout demander, même la Lune.

Je m'en souviens pas.

Commissaire.

Ne te fatigue pas, Marlène.

Quand il tiendra ses promesses, une femme marchera sur la Lune.

Je tiens pas mes promesses ?

- Laurence. - Oui ?

- Laurence ? - Quoi ?

Souriez, vous allez faire peur aux enfants.

L'habit vous va si bien.

J'ai toujours rêvé de faire le Père Noël.

Le costume m'irait très bien, seulement on me le propose jamais.

Pas de photos ou de commentaires,

et pas d'allusions jusqu'à la fin de votre vie.

Ça, c'est votre hotte.

Le Père Noël, le Père Noël !

Tiens, ça c'est pour toi.

Merci, Père Noël.

Au revoir, mon Bouboule.

Et sois bien sage.

Oh !

Ça alors !

Je t'ai reconnu, tu sais.

Mais t'inquiète pas, je dirai rien aux autres.

C'est super que tu le remplaces, cette année.

Ah, oui ?

Je peux te dire un secret ?

Bien sûr.

Je t'aime beaucoup.

Moi aussi.

Bon. Allez, faut laisser la place aux autres.

Qu'est-ce que tu attends ?

Mon cadeau.

Tiens.

Merci, merci !

Attention, Louison. Attention.

Moi aussi, j'ai toujours rêvé de m'asseoir près du Père Noël.

C'est étrange, je ne vois pas de cadeau pour vous dans ma hotte.

Peut-être n'avez-vous pas été assez sage, cette année.

Comme d'habitude,

Avril, vous avez été lamentable.

Et une fois de plus, vous avez été imbuvable, Laurence.

Souriez, Avril.

On nous regarde.

- Tordu. - Morveuse.

Psychorigide.

Hystérique.

3, 4 !

Mon beau sapin

Roi des forêts

Que j'aime ta verdure

Quand par l'hiver

Bois et guérets

Sont dépouillés

De leurs attraits

Mon beau sapin

Roi des forêts

Tu gardes ta parure

Sous-titrage : ECLAIR

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